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brownrudnick www.brownrudnick.com DROIT DE LA CONCURRENCE AUX EMIRATS ARABES UNIS MAY 2013 1. LA LOI ET SES EXCEPTIONS 2. LES REGLES Des mesures ont récemment été prises aux Émirats Arabes Unis afin d’introduire un régime de contrôle efficace des comportements anti-concurrentiels et imposer l’autorisation préalable des fusions. Le nouveau régime introduit une série complète de règles pour évaluer les fusions, incriminer les pratiques et accords anticoncurrentiels et prohiber les abus de position dominante. Ces règles trouvent clairement leur source dans les normes internationales et reflètent de nombreux éléments communs au régime de concurrence de l’Union Européenne et de ses États membres. Jusqu’au 23 février 2013, il n’existait aucune loi spécifique visant directement la mise en œuvre de règles générales de concurrence, traitant de pratiques de concurrence déloyale ou régulant les fusions. Comme mentionné ci-avant, la mise en œuvre de ce régime est prévue après l’écoulement d’un délai de six mois à compter du 23 février 2013. Adoptée le 23 octobre 2012, la loi fédérale n° 4 de 2012 a remédié à cette lacune. Elle est entrée en vigueur le 23 février 2013 et sa mise en œuvre par les autorités est attendue pour le 23 août 2013. Les règles s’appliquant aux fusions Avant toute réalisation d’une fusion, l’approbation est requise si une telle transaction a pour effet (i) un changement dans l’actionnariat ou le contrôle de la société, (ii) le dépassement d’un seuil en termes de parts de marché et (iii) un impact sur la concurrence. De façon peu commune, ce troisième test exige des parties à une fusion qu’elles évaluent l’impact concurrentiel de leur propre transaction. Cela est très inhabituel, un tel test étant absent de tous les régimes de l’Union Européenne et des pratiques internationales communément admises : une telle évaluation est généralement laissée à la charge des autorités de régulation plutôt qu’à celle des parties à la fusion. Jusqu’alors, il existait quelques règles limitées sur le secret des affaires, le débauchage des salariés d’un concurrent, la publicité mensongère visant à porter atteinte à un concurrent, ainsi que certaines règles sur la négociation loyale en matière de marchandises et quelques règles limitées sur le comportement abusif. Ce nouveau régime constitue un énorme pas en avant pour le droit des Émirats Arabes Unis. Toutefois, cette loi n’est pas d’application universelle. Elle ne s’applique pas aux activités gouvernementales, aux entreprises publiques et aux PME. De plus, certains secteurs d’activité sont soustraits à son champ d’application : les services financiers, les services publics, les services de ramassage des déchets et de traitement des eaux usées, le transport et la distribution, l’industrie pharmaceutique, les activités culturelles, le gaz et le pétrole, les services postaux, l’électricité et la distribution des eaux ainsi que les chemins de fer (la possibilité restant ouverte de supprimer ou ajouter des catégories à cette liste). Si le besoin d’une notification est enclenché, il sera obligatoire de soumettre le projet de fusion pour approbation au moins trente jours avant la date prévue pour sa réalisation. Le Ministre de l’Économie dispose toutefois d’un délai de 135 jours pour émettre une décision d’approbation ou de refus de la transaction en question. Pratiques anti-concurrentielles (cartels et abus) Les règles en la matière suivent les normes internationales et prohibent toute pratique (explicite ou non, écrite ou orale) provoquant une distorsion de concurrence ainsi que tout abus de position dominante. Par conséquent, si la nouvelle loi va sans aucun doute dans la bonne direction et est largement conforme à la tendance générale de protection et de promotion de la concurrence dans les pays développés, il est regrettable que ces règles ne s’appliquent pas uniformément à toutes les entités dans l’ensemble des domaines. De telles pratiques comprennent la manipulation des cours, le trucage des appels d’offres, la limitation de l’offre, et pour les abus, le maintien des prix de revente, la vente à perte en vue d’empêcher toute concurrence loyale sur le marché, la discrimination, le refus de vente et l’achat imposé de biens et / ou services sans rapport avec les produits demandés. 1 ATTORNEY ADVERTISING This document is a French translation of the original English version of an article published in Brown Rudnick’s May 2013 MENA Bulletin. bulletin De façon peu commune, le Ministre de l’Économie peut émettre une exemption individuelle s’il est convaincu que le comportement potentiellement anti-concurrentiel emporte des garanties d’efficacité ou des avantages potentiels suffisants pour les consommateurs ou s’il renforce le progrès économique. Ici encore, la décision doit être prise dans un délai de 135 jours. Cette politique d’exemption pourrait s’avérer problématique, le nombre de demandes étant susceptible d’inonder le Ministère, avec les coûts et délais que cela implique. Cela pourrait finalement s’avérer ingérable d’un point de vue administratif. L’Union Européenne a abandonné une approche similaire depuis un certain temps, transférant ainsi la charge des coûts et de l’évaluation aux entreprises et à leurs Conseils. 4. CONCLUSION Il s’agit dans l’ensemble d’un pas en avant important qui met les Émirats Arabes Unis en ligne avec les économies les plus développées. Ceci est de nature à augmenter la confiance des investisseurs internationaux et des hommes d’affaires dans la région. On peut espérer que les exclusions insérées dans la loi relativement au secteur public et à d’autres secteurs majeurs seront supprimées afin de protéger davantage les consommateurs et promouvoir la concurrence pour l’avenir. Malgré ces exceptions, l’industrie dispose d’un court laps de temps pour procéder à une revue de ses activités commerciales et sera bientôt assujettie à un régime suspensif de fusions. Or, en cas de violation, les amendes sont substantielles et les parties contrevenantes peuvent en outre se voir contraintes d’arrêter leurs activités pendant une période atteignant un semestre. 3. EXECUTION Un nouvel organe a été créé afin d’administrer ce nouveau régime : le Comité de Régulation de la Concurrence, présidé par le Ministre adjoint de l’Économie. En bref, les premières étapes importantes ont désormais été franchies ; les sociétés opérant aux Émirats Arabes Unis vont devoir agir dès maintenant afin d’éviter tout risque financier ou toute atteinte à leur réputation qui pourrait résulter d’une violation de la nouvelle loi. Le Comité est chargé d’un rôle de conseil sur la politique générale ; il est également chargé de proposer des lois et règles supplémentaires, de conseiller le Ministre afin de l’aider à la prise de décisions. Dans le cadre du nouveau régime, le Comité / Ministre a le pouvoir d’imposer les amendes suivantes : • • • Au titre de pratiques anti-concurrentielles - entre 500.000 et 5 millions de dirhams émiratis ; Au titre d’un défaut de notification d’une fusion - 2 à 5 % des revenus annuels de l’entreprise contrevenante (relativement aux biens et / ou services en question dans les Émirats Arabes Unis) ; Au titre de la mise en œuvre d’une fusion avant d’y avoir été autorisé - entre 50,000 et 500,000 dirhams émiratis. L’amende est toutefois doublée en cas de récidive. En outre, allant en cela certainement au-delà des pratiques courantes ailleurs, la loi accorde aux Tribunaux émiratis compétents le pouvoir d’ordonner la fermeture des activités locales de toute partie contrevenante pendant une durée de six mois, ainsi que la publication de la décision dans la presse nationale. 2 This document is a French translation of the original English version of an article published in Brown Rudnick’s May 2013 MENA Bulletin. bulletin New York Seven Times Square New York, NY 10036 +1.212.209.4800 +1.212.209.4801 [fax] Boston One Financial Center Boston, MA 02111 +1.617.856.8200 +1.617.856.8201 [fax] BROWN RUDNICK is an international law firm with offices in the United States and Europe. Our 200 attorneys provide assistance across key areas of the law, including bankruptcy and restructuring, finance, complex litigation and arbitration, corporate, intellectual property, tax, government law and strategies, climate and energy, and real estate. Washington, DC 601 Thirteenth Street NW Suite 600 Washington, DC 20005 +1.202.536.1700 +1.202.536.1701 [fax] Orange County 2211 Michelson Drive 7th Floor Irvine, California 92612 +1.949.752.7100 +1.949.252.1514 [fax] For further information on this topic, please contact your Brown Rudnick lawyer or one of the following lawyers: Michael Bryceland +44.20.7851.6081 [email protected] Manan Singh +44.20.7851.6014 [email protected] Hartford 185 Asylum Street Hartford, CT 06103 +1.860.509.6500 +1.860.509.6501 [fax] Providence 10 Memorial Boulevard Providence, RI 02903 +1.401.276.2600 +1.401.276.2601 [fax] London 8 Clifford Street London, W1S 2LQ United Kingdom +44.20.7851.6000 +44.20.7851.6100 [fax] Dublin Alexandra House The Sweepstakes Ballsbridge, Dublin 4 Ireland +353.1.664.1738 +353.1.664.1838 [fax] © 2013 Brown Rudnick LLP Prior results do not guarantee a similar outcome. www.brownrudnick.com Brown Rudnick LLP is a Limited Liability Partnership (“LLP”) regulated by the Solicitors Regulations Authority and registered in England & Wales, No. OC300611. 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