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brownrudnick www.brownrudnick.com Protocole d’Orientation (Memorandum of Guidance) relatif à l’exécution des jugements entre la Commercial Court (Londres) et les DIFC Courts (Dubaï) L’exécution effective des jugements est un élément essentiel de la règle de droit. Afin que le commerce prospère, il est indispensable qu’une partie gagnante soit capable de faire exécuter le jugement rendu en sa faveur par les juridictions d’un État donné devant les Tribunaux d’un autre État. MAY 2013 Le Protocole précise qu’il n’est doté d’aucun effet juridique obligatoire mais œuvre plutôt à fournir une orientation reflétant une compréhension commune de la position juridique en vigueur. Aussi, si les entreprises ne peuvent avoir la garantie que les juges se conformeront aux termes du Protocole dans chaque espèce, il demeure très probable que ces derniers le consulteront lorsqu’ils seront amenés à statuer sur les demandes d’exécution de jugements émanant de l’autre juridiction. Plusieurs pays ont à cet effet conclu des Traités visant à garantir la reconnaissance et l’exécution des jugements étrangers par les Tribunaux locaux. Bahreïn, l’Arabie Saoudite, le Sultanat d’Oman, le Qatar, le Koweït et les Émirats Arabes Unis sont par exemple parties à la Convention du Conseil de Coopération du Golfe (« CCG ») de 1996. L’article 1er de cette Convention (la « Convention ») dispose : « Chacun des États du CCG est tenu d’exécuter les jugements définitifs rendus par les juridictions d’un état membre, en matière civile, commerciale et administrative, ainsi qu’en matière de statut personnel en conformité avec les procédures prévues par la présente Convention ». La position telle qu’établie dans le Protocole est comme suit : un jugement portant sur des sommes d’argent (money judgment) rendu par les DIFC Courts ou la Commercial Court sera exécuté par l’autre juridiction si : Les DIFC Courts reconnaissent la Convention par l’intermédiaire de la section 24(2) de la DIFC Court Law qui dispose : « Le Tribunal de Première Instance est tenu de se conformer aux dispositions des Traités ratifiés par les Émirats Arabes Unis portant sur l’exécution réciproque des jugements, ordonnances et sentences ». En l’absence d’un tel Traité entre les Émirats Arabes Unis et le Royaume-Uni, la Commercial Court d’Angleterre et du Pays de Galles et les DIFC Courts ont récemment conclu un Protocole d’Orientation ou « Memorandum of Guidance » visant à établir une compréhension commune de la procédure applicable à l’exécution des jugements portant sur des sommes d’argent (money judgments) rendus par l’une ou l’autre des deux juridictions. • premièrement, le jugement est final et définitif (un jugement peut être considéré comme final et définitif alors même qu’il fait l’objet d’un appel) ; • deuxièmement, le jugement n’ordonne pas le paiement de taxes, amendes ou pénalités (i.e. il n’est pas de nature pénale) ; • troisièmement, la juridiction ayant rendu le jugement avait compétence pour trancher le litige. La Commercial Court comme les DIFC Courts considèrent que la juridiction a compétence seulement lorsque la personne à l’encontre de laquelle le jugement a été rendu (a) était présente dans le ressort du Tribunal au moment où la procédure a été engagée, ou (b) avait la qualité de demandeur au principal ou à titre reconventionnel dans le cadre de la procédure, ou (c) s’est soumise à la compétence du Tribunal, ou (d) a accepté, avant le début de la procédure, de soumettre l’objet du litige à la compétence de ce Tribunal. 1 ATTORNEY ADVERTISING This document is a French translation of the original English version of an article published in Brown Rudnick’s May 2013 MENA Bulletin. bulletin Si l’un ou l’autre des Tribunaux estime que ces conditions sont satisfaites, le Protocole prévoit que seul un nombre très limité de circonstances pourrait permettre à une partie de s’opposer à l’exécution. Sont inclus les motifs suivants : (i) le jugement a été obtenu par fraude (ii) le jugement est contraire à « l’ordre public anglais » (lorsqu’il s’agit d’exécuter un jugement des DIFC Courts auprès de la Commercial Court) ou à « l’ordre public » (lorsqu’il s’agit d’exécuter un jugement de la Commercial Court auprès des DIFC Courts) (iii) la procédure a été menée en violation des principes du droit naturel (principles of natural justice). Certaines questions demeurent inévitablement en suspens. Comment en pratique le Protocole renseignera-t-il le juge siégeant à Dubaï ou à Londres confronté à une partie cherchant à exécuter un jugement devant l’un ou l’autre des Tribunaux ? L’expression « ordre public » sera-t-elle interprétée par les DIFC Courts comme incluant les principes du droit des Emirats Arabes Unis tels que la Charia ? En présence d’une partie tentant d’utiliser le Protocole pour exécuter un jugement rendu par la Commercial Court anglaise devant les Tribunaux « onshore » de Dubaï en passant d’abord par les DIFC Courts, comment les Tribunaux « onshore » réagiront-ils ? Dans l’attente de ces réponses, les Tribunaux méritent d’être félicités pour leurs efforts visant à offrir aux entreprises un cadre dans lequel opérer avec confiance. Le Protocole établit clairement qu’aucun des Tribunaux ne procèdera à un réexamen du fond de l’affaire ayant donné lieu au jugement de l’autre Tribunal, et que le jugement ne peut être contesté sur le fondement d’une erreur de fait ou de droit. Le texte intégral du « Memorandum of Guidance as to Enforcement between the DIFC Courts and the Commercial Courts, Queen’s Bench Division, England and Wales » en date du 23 janvier 2013 est accessible sur le site Internet suivant : www.difccourts.ae Le Protocole offre une clarification bienvenue de la position des deux Tribunaux. Comme l’a précisé Monsieur Michael Hwang SC, Chief Justice des DIFC Courts : « Nous accueillons chaleureusement ce Protocole d’Orientation, qui apportera clarté et confiance à la relation entre nos deux juridictions. Sans une compréhension claire des modalités d’exécution et des procédures judiciaires au-delà des frontières, les entreprises sont incapables de nouer et entretenir les relations commerciales internationales nécessaires à la croissance économique ». 2 This document is a French translation of the original English version of an article published in Brown Rudnick’s May 2013 MENA Bulletin. bulletin New York Seven Times Square New York, NY 10036 +1.212.209.4800 +1.212.209.4801 [fax] Boston One Financial Center Boston, MA 02111 +1.617.856.8200 +1.617.856.8201 [fax] BROWN RUDNICK is an international law firm with offices in the United States and Europe. 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