Les chiens de paille - le remake
Transcription
Les chiens de paille - le remake
///////////// Sommaire ///////////// Cinéma Musique Mes Meilleures Amies Green Lantern Trolljegeren Shekarchi- The Hunter Colombiana Super 8 Schellebelle 1919 The Zookeeper Harry Potter et les reliques de la mort - partie 2 Les Contes de la Nuit Le Moine 13 Assassins Il n'est Jamais Trop Tard Cars 2: World Grand Prix Tender Son - The Frankenstein Project Hanna James Blake He Who Saw The Deep label Absolute Dissident O Senior Interpol Barking History of Modern Strange weather, Isn't It? Who We Touch Mines 20TEN The Runaway Blood Like Lemonade The Boxer Where Did The Night Fall Wait For Me Remixes Compass The Way of the Animals Powers Speaking Parts From the Blazing Rows/ Tonnerre Vendanges/ Balloons DVD Alamar Rendez-vous l'été prochain The Door - La porte du passé Trash Humpers / The Life and Death of a Porno Gang Shahada Welcome to the Rileys Le Marchand de Sable 30 Rock - Saison 4 Tremblements Lointains Californication - Saison 3 Damages - Saison 3 Même la pluie Seconds Apart / Prowl Rien à déclarer Les Chemins de la Mémoire / / Ninõs Stir of Echoes: The Homecoming Blu-Rays Une Pure Affaire Tucker & Dale vs Evil Dark Vengeance Rango 127 Heures Paul Eternal Sunshine of The Spotless Mind The Man from Earth Elle s'appelait Sarah Comment Savoir Polly et moi Gangland - season 1 & 2 Love Ranch Sanctum 3D Barb Wire 2h22 Dossiers Interview de José Padilha, réalisateur de 'Tropa de elite 2' Drie jaar geleden kaapte het controversiële Braziliaanse actiedrama 'Tropa de elite' de hoofdprijs weg op de Berlinale. Het vervolg moet er echter niet voor onder doen. Trust Laten we het maar meteen verklappen, kwestie van je voor te bereiden... Het is inderdaad David Schwimmer, Ross uit de serie 'Friends', die de film 'Trust' regisseert. Les chiens de paille - le remake Sam Peckinpah, groot en onvergelijkbaar ambachtsman van het droge en genadeloze geweld (en maker van klassiekers als 'Bring me the head of Alfredo Garcia', 'The Wild Bunch',...), levert in 1972 een van zijn strafste werken af Conan the Barbarian Marcus Nispel kun je moeilijk omschrijven als een maker van acteurfilms... maar wel als de man achter halve missers ('Pathfinder') of mislukte remakes ('The Chainsaw Massacre', 'Friday 13th')! ///////////// Cinéma ///////////// Mes Meilleures Amies A la moitié de 'Bridesmaids', la meilleure amie du personnage principale enfile la robe de la mariée et s'élance dans la rue en direction de la toilette de l'autre côté. Elle subit une intoxication alimentaire tout comme les quatre autres demoiselles d'honneur. Le sprint est vain et elle s'accroupit au milieu de la rue dans une position misérable, le pantalon complètement souillé. Admettez que ce n'est pas vraiment le genre d'humour que vous attendez dans 'Sex and the City'. 'Bridesmaids' veut montrer que toutes les femmes ne sont pas seulement des adeptes des chaussures chères et de la pédicure, et qu'il n'est pas nécessaire d'être élégantes et naïves dans toutes les circonstances. La mission que l'actrice principale et la coscénariste Kristen Wiig a en tête, mérite certainement des applaudissements et si le succès de 'Bridesmaids' est au rendez-vous, nous pourrons nous attendre et être heureux de voir plus de femmes comiques à l'oeuvre. Ce film n'est certainement pas aussi plat que cette seule scène pourrait le suggérer. Il manque malgré tout une intrigue qui apporte quelques rebondissements et dénouements surprenants et il faudrait parvenir à secouer les clichés émotionnels ("You're your problem, but you're also your solution"). En attendant une vraie perle, Wiig et ses collègues méritent votre attention. Film: 6/10, B.O.: 0/10 Date de sortie : 03 Août 2011 Durée: 125 min Réalisé par: Paul Feig Avec: Kristen Wiig, Maya Rudolph, Rose Byrne, Chris O'Dowd, Ellie Kemper, Wendi McLendon-Covey, Melissa McCarthy, Matt Lucas, Jill Clayburgh, Rebel Wilson, Michael Hitchcock Ruben Nollet Green Lantern Aviez-vous déjà entendu parler de Green Lantern ? Moi non plus et j'ai pourtant farfouillé régulièrement dans les rayons de mon magasin de BD favori. Première indication: on n'est pas au même niveau que Batman ou Spider-man. Cela n'est pas un problème en soi. Finalement, le succès d'un film de super héros dépend d'abord de ce que fait le héros en question. Malheureusement 'Green Lantern' déçoit dans ce domaine. Le film se déroule dans un monde mystérieux, une planète lointaine où les méchants prennent la forme d'un peuple sombre avec un visage particulier et de longs tentacules. Le travail visuel et graphique a été particulièrement léché, mais le résultat manque un peu de vie. Cela vaut aussi pour la partie qui se passe sur la Terre. Le scientifique frustré qui devient un méchant vaut encore le coup, mais pour le reste 'Green Lantern' (en tant que héros et en tant que film) brille par son manque d'idées. Particulièrement peu original. Film: 4/10, B.O.: 5/10 Date de sortie : 03 Août 2011 Durée: 114 min Réalisé par: Martin Campbell Avec: Ryan Reynolds, Mark Strong, Blake Lively Ruben Nollet Trolljegeren Norvège: des étudiants armés de caméras et de micros traquent la piste des chasseurs d'ours, et recueillent les témoignages des pratiquants de ce culte sauvage. Mais alors que la routine s'installe, ils remarquent un étrange protagoniste qui ne semble pas suivre les règles d'usage en la matière. D'ailleurs, les manipulateurs d'armes de chasse ne connaissent pas cette tête pour le moins patibulaire. Décidés à suivre ce personnage singulier, les étudiants se retrouvent de nuit, et au fond de la forêt, nez à nez avec une créature féroce dévastant tout sur son passage! Ils apprennent à leurs dépens que non seulement les Trolls existent, mais que l'inconnu se charge secrètement de leur régulation! Un documenteur de plus me direz-vous... Certes, vous avez raison. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faille rejeter sans réfléchir ce délire signé André Øvredal. Vu que ' The Troll Hunter' possède pas mal de qualités: beaucoup d'humour et de dérision, une mise en scène bateau, mais efficace, un casting sympa, et des créatures carrément drôles, un peu débiles, mais au final réussies au possible. Personnellement, nous votons pour, et vous souhaitons un maximum de fun lors du visionnement de ce délire nordique. Film: 8/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 27 Juillet 2011 Durée: 104 min Réalisé par: André Øvredal Avec: Otto Jespersen, Hans Morten Hansen Gauthier Keyaerts Shekarchi- The Hunter Dans 'The Hunter' le réalisateur Rafi Pitts joue aussi le rôle principal, un homme qui a fait de la prison dans le passé et qui maintenant veut profiter de la vie avec sa femme et sa fille. Il gagne sa vie en tant que gardien de nuit, ce qui signifie qu'il ne voit pas souvent sa famille. En tant qu'ancien détenu, il peut déjà s'estimer content d'avoir trouvé un emploi. C'est alors qu'il se produit quelque chose qui le pousse à mettre le feu sur les policiers. Pitts a quitté l'Iran quand il avait douze ans, laissant derrière lui une longue guerre entre son pays et l'Irak. Il a grandi à Paris, Londres et en Russie et a développé le goût pour le cinéma occidental (son réalisateur favori est John Cassavetes). Mais pour tourner son premier long métrage, il est retourné dans son pays natal dans les années '90 et depuis il est soumis comme tout cinéaste ou artiste à la censure politique. Qui sait ce que le gouvernement iranien pense de 'The Hunter', mais vu la critique ardente envers la police (et le gouvernement en général), je ne pense pas que Pitts sera accueilli les bras ouverts. Le film est un plaidoyer émotionnel et poignant contre l'attitude répressive du pouvoir en place, et l'interprétation tout en silence de Pitts brûle l'écran. Film: 7/10, B.O.: 6/10 Film: 7/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 27 Juillet 2011 Durée: 92 min Réalisé par: Rafi Pitts Avec: Rafi Pitts, Mitra Hajjar, Ali Nicksaulat Ruben Nollet Colombiana Au fil des ans, le réalisateur français Luc Besson s'est forgé une image de marque solide. Des titres comme 'Nikita', 'Léon' et 'The Fifth Element' ne révolutionnaient pas le contenu, mais portaient le fantastique et le divertissement à un haut niveau. Sous la casquette de scénariste-producteur d'entre autres 'Taxi' et 'The Transporter', il s'est fait le maître du cinéma popcorn. Ces derniers temps, Besson semblait avoir perdu sa "magic touch". Sa série pour enfants 'Arthur' fut décevante. John Travolta s'est totalement ridiculisé dans 'From Paris with Love'. Et sa dernière production est tout simplement ... ennuyeuse. Sur papier, le projet semblait prometteur. L'actrice d''Avatar' Zoe Saldana - qui même sans animation digitale peut être parfaite - incarne un assassin discipliné qui veut venger de façon ingénieuse le meurtre de ses parents. Sa relation avec un artiste cool (Michael Vartan dans 'Alias') semble malgré tout périlleuse. 'So far, so Nikita.' En comparaison avec ses amours de 1990 - qui était véritablement convaincante et qui sortaient des sentiers battus - nous avons droit ici à une berceuse cinématographique. Dès la première seconde, ça se passe mal. L'Anglais à l'accent sud-américain des méchants n'est pas sans rappeler un sketch bon marché. Les performances d'acteur de la jeune fille qui incarne le personnage de Saldana enfant frise le mépris. L'acteur de 'The Last Airbender', Cliff Curtis joue le rôle de l'oncle de la protagoniste comme dans une version mentalement retardée de Scarface. Le pire de tout : l'absence complète de scène d'action originale. Film: 2/10, B.O.: 0/10 Date de sortie : 27 Juillet 2011 Durée: 107 min Réalisé par: Oliver Megaton Avec: Zoe Saldana, Michael Vartan, Callum Blue, Max Martini, Cliff Curtis Steven Tuffin Super 8 1979: un groupe d'adolescents vaque - en douce - de nuit, à l'une de ses occupations favorites et fédératives: le tournage d'un court-métrage d'horreur. Mais alors qu'ils investissent pour décor une gare branlante, ils assistent à une énorme catastrophe ferroviaire, provoquée par un chauffeur de camionnette kamikaze. Echappant de peu à la mort, la bande comprend bien vite que ce crash n'a rien d'innocent, et que ce convoi n'est pas un simple transport de marchandises. Un constat vite partagé par les habitants du village où ils vivent, vu la multiplication d'événements pour le moins étranges... Scénariste, producteur avisé et parfois de génie ('Lost', 'Fringe', 'Cloverfield', 'Alias',...), JJ Abrams réussit également ses examens de passage en matière de réalisation: 'Mission Impossible 3', et surtout, le génialissime reboot de 'Star Trek'. Souvent surprenant, mais jamais encore à ce point, Abrams réussit avec 'Super 8' un tour de force supplémentaire: se la jouer subtil sur le plan de la geek attitude, peu frimeur au niveau de l'image, doux et posé dans le montage, racé au niveau du choix de la B.O., l'oeil ouvert en matière de photographie. 'Super 8' n'est pas un creature feature, mais bien un opus profondément humain, dédicacé à l'adolescence, à une certaine nostalgie, plutôt belle dans sa justesse. On y ressent le profond respect pour le mentor de toujours: Steven Spielberg, et ses productions de l'âge d'or (80's), ou encore l'extraordinaire 'Stand By Me'. Croisez ce dernier avec 'E.T.', 'Rencontres du troisième type', et un petit quelque chose de la "coolitude" d' 'Arrack Attack', et vous tenez une vague idée de l'énormité de 'Super 8'. Probablement le long-métrage le plus rafraichissant de l'année! Film: 9/10, B.O.: 9/10 Date de sortie : 27 Juillet 2011 Durée: 110 min Réalisé par: JJ Abrams Avec: Kyle Chandler, Elle Fanning, Noah Emmerich, Ron Eldard, Gabriel Basso, Joel Courtney, Ryan Lee, Zach Mills, AJ Michalka et Riley Griffths Gauthier Keyaerts Schellebelle 1919 On ne le dit pas facilement, mais certains films transcendent la critique. C'est le cas de ce film au croisement entre le drame paysan flamand et le western américain. Que ce film ait bénéficié de la participation des habitants du village en question donne un charme incomparable et comble les défauts du film. Certes, certains acteurs sont moins talentueux que d'autres. Oui, certaines séquences sont un peu bricolées. Et c'est vrai que le tragique de l'histoire est un peu exacerbé. En même temps une partie des acteurs amateurs livre un travail crédible qui vaut la crème de la crème des acteurs flamands et le coréalisateur Johan Heldenbergh mélange les genres et les scénarios les plus originaux. De quoi s'agit-il ? Le père et l'aîné de la famille Van De Velde rejoignent leur maison une année après la fin de la Première Guerre mondiale. L'amour maternel n'est plus et la fille aînée a pris les rênes. Ce qui n'est pas évident puisque la ferme des Van de Velde est entretemps devenue un orphelinat. Et c'est sans compter les plans néfastes du bourgmestre local. Film: 6/10, B.O.: 0/10 Date de sortie : 27 Juillet 2011 Réalisé par: Johan Heldenbergh, Kenneth Taylor Steven Tuffin The Zookeeper On se demande parfois comment les comédiens comme Kevin James et Adam Sandler choisissent leur film. Une idée et c'est assez? Quelques blagues faciles suffisent? Ou une envie de reproduire les mêmes gags dans chaque film? Une chose est sûre: ces répétitions et ce manque d'originalité lassent très rapidement. The Zookeeper ne déroge pas à la règle : des blagues gores pour amuser les gosses et les éternels enfants, une intrigue secondaire romantique et une côté mielleux pour le bonheur des dames et une morale profonde pour donner l'impression d'élever le niveau. Bref, le genre de film dans lequel vous devez compter sur un loup comme personnage principal, tout comme sur les remarques d'un singe capucin. Pour le reste le film provoque un long bâillement, un travail créatif aux allures d'une bouse d'éléphant. Et comme si les bêtises prévisibles ne suffisaient pas, 'Zookeeper' hurle pendant une demi-heure dans vos oreilles. Préférez le zoo à cette absurdité. Vous y trouverez un grand plaisir. (RN) Film: 2/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 20 Juillet 2011 Durée: 99 min Réalisé par: Frank Coraci Avec: Kevin James, Rosario Dawson, Leslie Bibb Ruben Nollet Harry Potter et les reliques de la mort - partie 2 Il ne fallait pas particulièrement se la jouer perspicace pour percevoir- dès la mise en circulation des trailers annonçant la première partie de "Harry Potter et les reliques de la mort" - que le grand final, ce double feu d'artifice magique attendu le souffle cout par des millions de fans transis, sentait la désolation. Et même si la franchise cinématographique allège de beaucoup la prose de Joanne Kathleen Rowling, la délestant souvent de ses nuances psychologiques, ou de sa puissante "violence", il n'en reste pas moins que David Yates ne pouvait -même sous la pression des producteurs - totalement effacer la dramatisation totale du bouquet final! Et si "Les reliques de la mort" - première partie - a ennuyé certains, alors qu'il est un bel exemple d'exposition réussie pour un diptyque destiné à vite retrouver son immédiate entièreté en consommation domestique (DVD, Blu ray, PPV, etc.), il met en place l'affrontement final... à l'instar de l'étrange "apesanteur" provoquée par la moiteur et la montée d'adrénaline ressenties avant un orage. Mais ne vous y trompez pas, cette seconde partie ressemble plus à un ouragan émotionnel, malgré les quelques affrontements impressionnants, qu'à du fantastique sans âme. Bien au contraire, il y en aurait malgré tout un peu trop, avec un gros nappage de nostalgie, mais aussi une mise en abîme intéressante: Harry Potter est une oeuvre générationnelle, et se transmettra... Un peu comme l'enseignement de la magie à Poudlard! Film: 6/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 13 Juillet 2011 Durée: 130 min Réalisé par: David Yates Avec: Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint Gauthier Keyaerts Les Contes de la Nuit La 3D était-elle pertinente dans ce film ? C'est une question fréquente de nos jours lorsqu'on achète ses places de cinéma. Dans la plupart des cas, la 3D n'apporte pas grand-chose au projet, tel un truc inutile pour attirer le monde. Que 'Les contes de la nuit' tombent dans le panneau, est doublement décevant, car il est le chef du réalisateur français Michel Ocelot. Il avait montré dans le passé qu'il mettait la priorité sur la qualité. Le problème avec 'Les contes de la nuit' est qu'il traite d'un recueil d'histoires qui ont déjà été créées précédemment (et aussi diffusées à la télévision). La couche 3D qu'Ocelot applique par-dessus, est faiblarde, bien que les contes soient colorés et adorables en soi. Le réalisateur fait fit de ce manquement par une histoire originale qui reste spectaculaire même en format 3D et balance tout le reste aux néants. En tant que réalisateur de film d'animation, Ocelot est à la hauteur de ce que nous attendons de lui. Mais en voulant expérimenter la 3D, le cinéaste se met des bâtons dans les roues. (RN) Film: 6/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 20 Juillet 2011 Durée: 84 min Réalisé par: Michel Ocelot Avec: Julien Beramis, Marine Griset, Michel Elias Ruben Nollet Le Moine C'est avec de belles paroles que le jeune Frère Ambrosio s'adresse aux habitants d'une petite ville espagnole. Mais il va vite découvrir que son appel à la vertu et son combat contre le Mal ne signifie rien tant qu'on n'a pas goûté à la vie. 'The Monk' se base sur le roman éponyme de Matthew Lewis de 1796, qui par son grand succès a ouvert la voie du genre gothique. Les caractéristiques de ces histoires sont bien connues : des couloirs sombres, des bâtiments médiévaux, des portes grinçantes, la nuit précoce, des hommes et des femmes sur le qui vive aux intentions malhonnêtes. Le réalisateur français Dominik Moll intègre certaines de ces caractéristiques dans son histoire mais il choisit en même temps une approche moins extravagante. Et cela fonctionne, aussi car Moll avait avec Vincent Cassel un excellent acteur principal. Bon à savoir : en 1972, le réalisateur grec Adonis Kyrou avait déjà adapté 'The Monk', basé alors sur un scénario de Luis Buñuel. Dans cette version, le moine cédait à la proposition du Diable et se révoltait contre le pape. Dominik Moll ne va pas aussi loin, mais son 'Monk' ne fait pas moins impression. RN Film: 7/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 13 Juillet 2011 Durée: 101 min Réalisé par: Dominik Moll Avec: Vincent Cassel, Déborah François, Sergi López Ruben Nollet 13 Assassins Si vous avez déjà vu le film de samouraï le plus célèbre des temps, l'intrigue de '13 Assassins' vous paraitra peut-être un peu banale. Lorsque le réalisateur japonais Eiichi Kudo réalisait la version originale en 1963, il s'inspira à volonté du célèbre 'Seven Samurai' d'Akira Kurosawa. Ce n'est pas un problème car finalement il s'agit du bien contre le mal, et l'histoire couvre les trois-quarts de l'histoire du cinéma. La question est de savoir comment être satisfait de la version que propose le réalisateur Takashi Miike dans son remake '13 Assassins'. Si vous deviez décrire le film en un mot, vous le diriez alors bien maîtrisé. Miike, que l'on connait surtout pour ses films d'horreur fous ('Audition', 'Ichi the Killer'), révèle ici un côté plus réfléchi. '13 Assassins' démarre avec un épisode remarquable qui prend le temps de présenter ses protagonistes (tant le méchant sadique que le samouraï). Une fois prêt, Miike les laissent s'entrechoquer dans la scène de combat la plus longue et la plus bluffante que vous verrez au cinéma cet été. Si la justice existait, après avoir vu '13 Assassins' Michael Bay laisserait au rancart sa caméra. RN Film: 8/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 13 Juillet 2011 Durée: 126 min Réalisé par: Takashi Miike Avec: Kôji Yakusho, Takayuki Yamada, Yusuke Iseya, Goro Inagaki Ruben Nollet Il n'est Jamais Trop Tard Je peux bien sûr me tromper, mais selon moi la chance de voir des visages radieux sur des gens qui ont perdu leur emploi suite à la crise bancaire est plutôt mince. En général, quand ça vous arrive, vous en voulez à la personne responsable de l'envoi de votre C4. Ce genre de rancune n'a pas sa place dans 'Larry Crowne', le nouveau film de Tom Hanks (son deuxième en tant que réalisateur après 'That Thing You Do!' en 1996). Hanks a écrit le script avec Nia Vardalos, qui a déjà fait fort avec 'My Big Fat Greek Wedding' et qui est depuis spécialisé dans le charme préfabriqué. Ils ont concocté ensemble l'histoire d'un homme qui malgré tous ses déboires ne perd jamais le courage et considère chaque crise comme une nouvelle chance. Cette histoire aurait pu taper rapidement sur les nerfs mais 'Larry Crowne' parvient à maintenir à distance le sentiment pur. Et cela grâce à la combinaison Hanks-Roberts. Ne me méprenez pas: strictement parlé, vous ne croirez pas à 'Larry Crowne'. Mais vous ne serez pas trop déçu de passer une bonne heure en sa compagnie. (RN) Film: 6/10, B.O.: 6/10 Date de sortie : 06 Juillet 2011 Durée: 99 min Réalisé par: Tom Hanks Avec: Tom Hanks, Julia Roberts, Taraji P. Henson, Bryan Cranston, Wilmer Valderrama, Pam Grier, Enuka Okuma, Nia Vardalos, Maria Canals-Barrera, Jon Seda, Rami Malek Ruben Nollet Cars 2: World Grand Prix Depuis des années, les studios d'animation de Pixar sont garants d'une certaine qualité. Des bijoux comme 'The Incredibles', 'Ratatouille' et 'Wall-E' n'ont d'ailleurs rien à envier aux films 'live'. Même des titres moindres comme 'A Bug's Life', 'Finding Nemo' et la première partie de 'Cars' font preuve de quelques moments mémorables. Sous le capot de cette suite faiblarde, vous trouverez quelques matières bonnes pour la ferraille : de la 3D inutile en passant par l'histoire affreuses des "bourrins prêts à tout" aux blagues plates. Pendant un moment, il semble que l'hommage aux films d'espionnage des sixties et seventies - y compris le travail de Michael Caine 'Harry Palmer', l'intrigue internationale et les airs de jazz - sauve la donne. L'imbécile dépanneuse Mater va trop loin sur différents circuits de course internationaux, chope des espions talentueux et essaye de démasquer une conspiration massive. Avec comme apothéose, la scène dans laquelle une voiture roule dans un camion rempli de merde. 'How low can you go?' Film: 2/10, B.O.: 0/10 Date de sortie : 06 Juillet 2011 Durée: 112 min Réalisé par: John Lasseter, Brad Lewis Steven Tuffin Tender Son - The Frankenstein Project Le touche-à-tout artistique Kornél Mundruczó poursuit son drame incestueux 'Delta' avec cette adaptation de la légendaire histoire de 'Frankenstein'. Il en a fait une adaptation libre et les connaisseurs de la littérature classique de Mary Shelley y reconnaitront quelques éléments familiers. Le sujet traite d'un réalisateur qui est aux prises avec un sérieux manque d'inspiration. Bien que le casting ait déjà commencé, il n'a aucune idée de ce qu'il recherche. Ce problème devient complètement accessoire quand apparait une mystérieux jeune-homme sur scène. Malgré quelques astucieuses trouvailles - le vieux bâtiment crée un décor fantastique, les explosions soudaines vous tiennent en haleine et la neige a rarement été aussi éblouissante - Mundruczó atteint rarement le niveau de ses précédents films. Pire : on a souvent le sentiment que le cinéaste n'a rien à dire. Qu'il tienne le rôle du réalisateur à son compte renforce le soupçon qu'il était lui-même victime de la page blanche quand il a commencé ce projet et qu'il trouvait judicieux de faire part aux spectateurs de quelques réflexions autobiographiques. Film: 4/10, B.O.: 0/10 Date de sortie : 06 Juillet 2011 Durée: 118 min Réalisé par: Kornel Mundruczo Avec: Rudolf Frecska, Kornel Mundruczo, Kitty Csíkos Steven Tuffin Hanna Le début se veut intriguant. Dans un décor silencieux et lumineux une jeune fille file comme une flèche. Elle tire sur un animal et commence à le désosser. Elle se jette avec beaucoup d'adresse sur l'homme qui surgit soudain derrière elle. Hanna apprécie l'autonomie, apprise par son père, un ancien espion. Aussi longtemps qu''Hanna' joue le jeu du suspens, il nous tient bien en haleine. La première confrontation avec la méchante et glaciale Marissa, l'échappée spectaculaire, les premiers pas d'Hanna dans un monde qu'elle ne connait pas, vous vous demandez comment tout cela va continuer. Il ne faut pas longtemps avant de comprendre que le film ne brasse pas assez d'air frais. Eclatant et éblouissant, d'accord, mais malheureusement trop superficiel. Le réalisateur Joe Wright, est un homme qui s'intéresse toujours plus au style (il exhibe volontiers les plus grandes trouvailles visuelles) qu'au contenu. Dommage que les acteurs comme Cate Blanchett, Saoirse Ronan et Eric Bana en soient les victimes. On notera le bon son des Chemical Brothers. (RN) Film: 5/10, B.O.: 8/10 Date de sortie : 06 Juillet 2011 Durée: 111 min Réalisé par: Joe Wright Avec: Saoirse Ronan, Cate Blanchett, Eric Bana, Olivia Williams Ruben Nollet ///////////// DVD ///////////// Alamar Une belle histoire d'amour entre un Mexicain, enfant des mers (plus précisément de Banco Chinshorro), et une Italienne, Romaine de son état, s'étiole avec le temps. Seul témoignage de cette idylle: le petit Natan. Lorsque le couple se sépare, l'enfant part vivre avec sa mère. Après une longue séparation, il rejoint pour quelques jours son paternel, afin de vivre au gré des marées, des envies de la nature, du passage des poissons, et ce au milieu du plus grand récif corallien au monde. 'Alamar' repose sur de précieux petits "riens", sur des silences, sur la magie du moment, et archive une civilisation hors du monde, vouée à disparaître. Film: 8/10, Extras: 0/10 Sortie: 06/2011 - Durée: 73 min Réalisé par: Pedro Gonzalez-Rubio - Avec: Jorge Machado, Roberta Palombini, Natan Machado-Palombini Distributeur: Lumière Extras: interview, scènes coupées,... Gauthier Keyaerts Rendez-vous l'été prochain Et pourtant... Et pourtant je suis fan de la première heure de Seymour Hoffman. Parfois brillantissime, parfois moins, mais régulièrement hanté par ses personnages au point de leur accorder en entier son impressionnant physique, subtil malgré tout. Il aurait par contre fallu qu'il oublie la carte de la réalisation cinématographique, car il n'est capable ici que minauderie, clichés et fadeur. Calibré "Sundance" tendance branchouille, 'Rendez-vous l'été prochain' / 'Jack Goes Boating' exaspère par sa "retenue" sans saveur, ses situations et personnages en forme de clichés usés. Dommage, vu qu'au milieu de cet ennui, de très beaux moments font irruption. Film: 5/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 91 min Réalisé par: Philip Seymour Hoffman - Avec: Philip Seymour Hoffman, Amy Ryan, John Ortiz Distributeur: Twin Pics Extras: Interviews Gauthier Keyaerts The Door - La porte du passé Permettez-moi de revenir un instant quelques mois en arrière, vu que je n'avais pas eu l'opportunité de chroniquer lors de sa sortie le film germano-danois 'The Door - La porte du passé'. Un long-métrage qui serait resté anonyme s'il n'avait pas connu les honneurs d'une diffusion au BIFFF, et surtout, ne possédait pas l'incontournable Mads Mikkelsen en tête d'affiche. Fable fantastique assez cruelle 'The Door' manque peut-être un peu de burnes (sa cible est clairement le public mainstream) pour être efficace à 100%, mais son propos - variation sur le voyage dans le temps - parfois cinglant et intelligent le fait flotter au-dessus de la moyenne. Film: 7/10, Extras: 6/10 Sortie: 06/2011 - Durée: 1000 min Réalisé par: Anno Saul - Avec: Mads Mikkelsen, Jessica Schwarz, Valeria Eisenbart, ... Extras: Interviews Gauthier Keyaerts Trash Humpers / The Life and Death of a Porno Gang Mesdames et messieurs, voici les deux pelloches extrême de ce mois de juillet! Dans le coin gauche, l'oeil mauvais et le délirium très mince, nous avons Harmony Korine (' Julien Donkey-Boy','Gummo') qui propose un sale trip, bardé d'un bout à l'autre de visions dégueulasses, complaisantes dans la crasse et l'inutilité. Soit les faits et gestes de petits vieux crades, enculeurs de poubelles, anarchistes à la petit semaine... vains, et carrément glauques. Le tout est emballé sous forme du visionnement d'une vielle VHS quasi démagnétisée. Ni queue, ni tête, ni rien. Enter the Void. Dans le coin droit, nous avons le travail frontal et sexuel de Mladen Djordjevic, dont le 'Made in Serbia' (documenteur sur le milieu de la pornographie en Serbie) avait été évoqué en nos pages. Djordjevic en revient à sa fascination pour le X, et "l'agrémente" d'une sorte de descente aux enfers volontaire de son personnage principal, instigateur d'une troupe de cabaret porno itinérante. Parfois gratuit, mais souvent politisé, le discours de Mladen Djordjevic se voit ici radicalisé par l'apparition d'un élément choc: le snuff movie. Il dépeint une Serbie perdue en tradition radicale, traumatisme menant ses habitants au désespoir, vendant la mort pour de l'argent. Bref, c'est dur, mais plutôt bien foutu. Vous l'aurez compris, ' The Life and Death of a Porno Gang' gagne haut la main cet affrontement. Film: 6/10, Extras: 6/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 0 min Réalisé par: Harmony Korine, Mladen Djordjevic - Avec: Paul Booker, Dave Cloud Distributeur: Filmfreak Extras: Interview, coulisses,... Gauthier Keyaerts Shahada Shahada ("témoignage de foi", en arabe) évoque le destin croisé de trois jeunes berlinois issus de l'immigration dont les valeurs vont être ébranlées par les accidents de parcours de la vie. Au travers les tourments intérieurs de ces jeunes musulmans tentant de concilier pratique religieuse et mode de vie occidental, Burhan Qurbani, tisse le portrait du mal être de jeunes qui se cherchent et mettent à jour les contradictions entre ce qu'ils sont et ce qu'ils pensent devoir être, en tant que musulmans. Une réflexion passionnante, porté par des acteurs exceptionnels, sur l'acceptation de soi comme fondement de l'acceptation des autres. Film: 7/10, Extras: 7/10 Sortie: 08/2011 - Durée: 90 min Réalisé par: Burhan Qurbani - Avec: Maryam Zaree, Jeremias Acheampong, Carlo Ljubek, Sergej Moya, Anne Ratte-Polle Distributeur: Melimedias David Morelli Welcome to the Rileys Doug Riley rencontre Mallory, stripteaseuse dans un club de la Nouvelle-Orléans. Elle a l'âge qu'aurait sa fille si celle-ci n'était pas morte tragiquement, 8 ans auparavant. Sa vie, son mariage et ses émotions vont être bouleversés. Sur base d'une trame archi-conventionnelle, le fils de Ridley Scott signe un film extrêmement touchant sur le deuil et le besoin irrépressible de recevoir mais aussi de donner de l'amour. Cette chronique d'une renaissance familliale réussit à ne pas sombrer dans le mélo grâce à l'interprétation supérieure de James Gandolfini, (M. Tony Soprano) et de Kristen Stewart (la Bella de "Twilight"). Film: 7/10, Extras: 7/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 110 min Réalisé par: Jake Scott - Avec: Kristen Stewart, James Gandolfini, Melissa Leo, Lance E. Nichols Distributeur: Melimedias David Morelli Le Marchand de Sable Catastrophe au pays des rêves: le fourbe Tourni-cauchemar a volé le précieux sac du marchand de sable! Ce dernier demande alors à son ami le mouton Philibert de trouver le capitaine le plus courageux du monde afin de l'aider à récupérer son sable magique. Mais plus enthousiaste et impatient qu'intelligent, Philibert ramène au pays des rêves un petit garçon du nom de Théo... Commence alors une grande aventure dans un univers où tout est permis! Joliment passéiste et clairement résistant à la modernité en matière de films d'animation, 'Le marchand de sable' rappelle les productions des années '60, voire '70, avec un petit quelque chose de papy Burton. Sans être un chef-d'oeuvre, ce long-métrage pour les petiots, fera naître quelques jolis sourires. Film: 6/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 84 min Distributeur: Melimedias Extras: Making of Gauthier Keyaerts 30 Rock - Saison 4 Voir débarquer une nouvelle saison de '30 rock', c'est un peu comme un souper avec la famille éloignée: on ne sait jamais très bien ce que ça va donner, et si on a de la chance, tonton Roger nous fera hurler de rire. Par contre, si c'est la cousine Jeanne qui tient le crachoir, la soirée sera totalement incompréhensible et limite ennuyeuse. Si la troisième saison était plutôt réussie, ici, on tangue entre le moyen et le très bon, avec amélioration vers la fin. Une évolution due à un passage à la vitesse supérieure en termes de réparties qui fusent, d'auto-critique et de décorticage de la société américaine. Parfois un rien trop US, mais revigorant. Film: 6/10, Extras: 0/10 Sortie: 04/2011 - Durée: 484 min Réalisé par: Don Scardino, Gail Mancuso, Beth Mccarthy-Miller - Avec: Tina Fey, Alec Baldwin, Tracy Morgan Distributeur: Universal Adeline Weckmans Tremblements Lointains Bandiougou, un jeune sénégalais vivotant comme il peut, a quitté son village il y a déjà quelques temps... laissant sur place traditions et responsabilités qui lui était destinées. Son rêve: quitter l'Afrique, et partir vivre avec son amour en France. Mais alors qu'il reçoit de sa dulcinée un courrier lui annonçant une fois de plus son affection, et le fait qu'il pourrait obtenir un visa, Bandiougou est victime d'une mensonge de la part d'une de ses "amies": Marie, une coloniale, fille d'un médecin, éprise de lui. Elle lui annonce qu'il n'a pas droit à son visa, et que du coup cette aventure est sans lendemain. Cette contre vérité amène des conséquences graves, entraînant Bandiougou, Marie et ses proches au coeur d'une Afrique ombrageuse, où la magie régit les vies. Parfois un peu scolaire, la réalisation de Manuel Poutte, et sa connaissance de terrain, font de ces 'Tremblements lointains' un film fort particulier. Soit une belle réflexion sur la cohabitation entre le scepticisme colonial face aux traditions et religions locales, et sa gestion de l'âme par l'alcool et les médicaments, et les profondes croyances animistes, encore proches des éléments. Film: 7/10, Extras: 0/10 Sortie: 05/2011 - Durée: 104 min Réalisé par: Manuel Poutte - Avec: Jean-François Stévenin, Amélie Daure, Papa Malick Ndiaye, Daniel Duval Distributeur: Melimedias Gauthier Keyaerts Californication - Saison 3 Ah, si seulement les gens savaient s'arrêter au bon moment... Si les frasques sexuelles et intellectuelles d'Hank Moody nous ont intéressées lors de leur premier tour, son retour à une vie normale nous avait émus lors du deuxième. Mais là, monsieur Moody, vous sombrez dans la caricature de vous-même. Choquer pour le plaisir, sans la moindre profondeur, et en laissant loin derrière l'humour des saison précédentes, c'est triste. Peut-être que les scénaristes se sont dit que c'était facile: il suffisait de montrer des scènes de beuveries et de cul pour plaire au public. Eh bien non, on aime aussi qu'il y ait une histoire derrière, ne vous déplaise. Film: 5/10, Extras: 0/10 Sortie: 05/2011 - Durée: 325 min Adeline Weckmans Damages - Saison 3 On a beau être fan absolu de Glenn Close (mon cas), avoir apprécié la première saison pour ce qu'elle était - une série de qualité plus que supérieure, haletante, très intelligemment construite, excellemment jouée -, là, c'est trop. Ce qui marchait auparavant est devenu bien trop systématique: la construction en flash-backs courts, tellement géniale dans la première saison alourdit ici les choses, et on se retrouve du coup avec des indications temporelles constamment à l'écran, doublées d'un changement de qualité d'image pour ceux qui n'auraient vraiment pas compris. Bilan? Insupportable, malgré la fabuleuse Miz Close. Film: 5/10, Extras: 0/10 Sortie: 03/2011 - Durée: 585 min Réalisé par: A. Kessler Todd, Matthew Penn, Tony Goldwyn - Avec: Glenn Close, Rose Byrne, Zeljko Ivanek Distributeur: Sony Pictures Extras: Commentaires audio, scènes coupées Adeline Weckmans Même la pluie Même la pluie. Derrière ce titre mystérieux se cache l'un des principaux sujets de ce film: la révolte menée par les habitants d'un bidonville contre la privatisation de l'eau par une multinationale. Une privatisation qui pousse sa logique jusqu'à interdire à cette population pauvre la collecte... de l'eau de pluie. Iciar Bollan dissèque le comportement d'artistes "militants" face à un mouvement social qui tourne à l'émeute. "Même la pluie" pointe assez subtilement, grâce à une interprétation impeccable, la fracture entre le discours consensuel en faveur des droits fondamentaux et le comportement du citoyen qui doit les défendre concrètement, à ses risques et périls. Le film n'est malheureusement pas exempt d'un manichéisme un peu irritant qui transforme à son corps défendant cette réflexion sur la désobéissance civile en une charge un peu courte contre la privatisation des ressources naturelles. Une goutte d'eau amère qui ne parvient pas à gâcher ce formidable film. Film: 8/10, Extras: 7/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 104 min Réalisé par: Icíar Bollain - Avec: Luis Tosar, Gael García Bernal, Karra Elejalde Distributeur: Melimedias Extras: Making of, Inerview David Morelli Seconds Apart / Prowl Voici deux productions After Dark (cfr: 8 Films to Die For) sans véritable saveur. Assez similaires dans leur traitement visuel, dans leurs effets de twist, dans l'énervant montage clipesque tape-à-l'oeil, 'The Prowl' et ses vampires et 'Seconds Apart' aux vrais faux jumeaux "scanerriens" n'emballent pas vraiment. Le premier souffre d'un scénario anémique (d'où la quête de sang?), et d'une réalisation en flatline... Le second, un peu plus aguichant, manque un peu de pêche, et ne laisse pas le suspense s'installer, la moindre "nuance" étant grassement soulignée. Bref, pas hyper intéressant! Film: 5/10, Extras: 0/10 Sortie: 06/2011 - Durée: 0 min Réalisé par: Antonio Negret, Patrik Syversen - Avec: Orlando Jones, Edmund Entin; Ruta Gedmintas, Joshua Bowman Distributeur: Paradiso Gauthier Keyaerts Rien à déclarer 'Rien à déclarer'? Si seulement! Le spectateur ouvrant ce récent coffre à jouets de Dany Boon en sera pour sa bonne humeur. Son nouveau bébé n'a pas la superbe de 'Bienvenue chez les ch'tis', carton quasi universel au box office, loin s'en faut. Filmé de manière scolaire, joué comme une mauvaise pièce de boulevard par des acteurs soit absents, soit cabotins, 'Rien à déclarer' ressemble aux comédies 70's trop grand public. Mou, consensuel, pas particulièrement drôle, agaçant plus que grinçant, Boon prouve ici les limites de son talent, et en arrive même à régresser au niveau du jeu d'acteur. Dommage pour un gars aussi sympathique! Film: 5/10, Extras: 6/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 108 min Réalisé par: Dany Boon - Avec: Benoît Poelvoorde, Boon, Chritel Pedrinelli, Joachim Ledeganck, Julie Bernard, Jean-Paul Dermont, Karin Viard, François Damiens, Bouli Lanners, Eric Godon Distributeur: Melimedias Extras: Making of (73'), scènes coupées, bêtisier, ... Gauthier Keyaerts Les Chemins de la Mémoire / / Ninõs Plus de 30 ans après la mort de Franco, l'Espagne commence à lever le voile sur cette terrible période et à rendre justice aux victimes du franquisme. "Les chemins de la mémoire" rend compte de ce processus de deuil et de la fracture qui existe dans la population quant au bilan et à l'héritage du Caudillo. Le sort de l'ancienne prison madrilène symbolise la difficulté des Espagnols à gérer leur mémoire collective. Fallait-il conserver ce chancre et en faire un lieu en hommage aux républicains qui s'y sont fait torturer? Ou fallait-il la détruire afin de définitivement tourner la page? Ce documentaire fait partie intégrante du processus de prise de parole des victimes de la dictature. Exhumant, au sens propre, les cadavres du passé grâce à aux archives de la dictature récemment ouvertes, Patricio Guzman explore ce traumatisme et envisage la transmission de la mémoire et la justice comme les seuls moteurs envisageables de paix et de réconciliation. Apre et passionnant. Film: 8/10, Extras: 9/10 Sortie: 06/2011 - Durée: 96 min Réalisé par: José Luis Peñafuerte - Avec: Francisco Etxeberría, Jorge Semprún, Marcos Ana, Emilio Silva, Natividad Rodrigo Distributeur: Melimedias Extras: interview, scènes coupées,... David Morelli Stir of Echoes: The Homecoming Ex soldat des forces armées américaines parquées en Afghanistan, Ted Cogan revient parmi les siens meurtri, physiquement et psychologiquement. Secoué lors d'une mission ayant mal tourné, au cours de laquelle il assista à un massacre, et fut gravement blessé (d'où son retour), Ted gère difficilement le quotidien domestique rassurant enfin retrouvé. Surtout qu'il est victime de violentes et effrayantes hallucinations. Mais sont-ce vraiment des images de l'esprit, ou des esprits venus de l'au-delà afin de délivrer un message? Petit film, petit budget, réalisation sans atours... 'Stir of Echoes 2' / 'Hypnose 2' (fausse "suite" à l'opus de 1999 avec Kevin Bacon) peine à trouver ses marques, à l'instar de son personnage principal. Film: 5/10, Extras: 0/10 Sortie: 06/2011 - Durée: 89 min Réalisé par: Ernie Barbarash - Avec: Rob Lowe, Marnie McPhail, Ben Lewis Distributeur: E1 Entertainment Gauthier Keyaerts ///////////// Blu-Rays ///////////// Une Pure Affaire David Pelame avait beaucoup d'ambition, des objectifs clairs et précis... Mais voilà, trop d'embûches et de doutes ont fait dévier notre homme de sa trajectoire idéale. Il lui reste une vie moyenne, partagée mollement avec sa femme et ses deux enfants. Pas trop de malheurs, mais pas vraiment de bonheur non plus. Un soir de déprime, alors qu'il promène son chien, sa route croise celle d'un malfaiteur poursuivi par des policiers. David se fait bousculer et chute. Une fois la troupe passée, il entend un téléphone sonner. Il le trouve au fond d'un sac rempli de cocaïne. Sans trop y réfléchir, David se lance dans le deal de drogue, et y trouve des avantages financiers non négligeables, à même de soigner son éventuelle culpabilité. Une comédie française pas trop idiote, au-dessus de la moyenne de la crétinerie ambiante, mais un peu fade malgré tout. Film: 6/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 88 min Réalisé par: Alexandre Coffre - Avec: François Damiens, Pascale Arbillot, Laurent Lafitte Gauthier Keyaerts Tucker & Dale vs Evil Une bande de jeunes part s'encanailler au beau milieu de l'étendue forestière des Appalaches. Au menu de cette virée: bières, pétards, sexe si possible, et bien entendu une "confrontation" avec une paire de rednecks. Si ce n'est que ce duo de bouseux n'est pas du coin, vu qu'ils prennent également des vacances. Et mis à part une tendance à sauvagement descendre la binouze, ces braves gars sont posés, voire philosophes à leurs heures, et ne feraient pas de mal à une mouche. Mais suite à un malentendu, les corps mutilés vont pourtant s'empiler... par accident! Détournement brillant du "survival flick", fait sans trop de bouse postmoderniste, ' Tucker & Dale vs Evil' fait par moments hurler de rire! Une grande réussite pour une parodie amoureuse du cinéma de genre, un cas rare, très rare! Film: 9/10, Extras: 0/10 Sortie: 08/2011 - Durée: 88 min Réalisé par: Eli Craig - Avec: Alan Tudyk, Katrina Bowden, Chelan Simmons Distributeur: E1 Entertainment Gauthier Keyaerts Dark Vengeance Notre brave et adipeux Steven Seagal, aux implants capillaires hilarants, nous revient avec une série télévisée assez clichée et un peu bête, mais finalement pas insupportable: 'True Justice'. Il y incarne un flic à qui on ne la fait pas, capable de filer des coups de tatane magistraux malgré la surcharge pondérale, mais aussi de résoudre les enquêtes criminelles les plus ardues. En fin de compte, Seagal trouve ici une honorable pension de combattant. Un peu gauche et nul, mais pas fondamentalement atroce à regarder! Film: 6/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 87 min Réalisé par: Keoni Waxman - Avec: Steven Seagal, William 'Big Sleeps' Stewart, Alex Mallari Jr. Distributeur: Dutch Filmworks Gauthier Keyaerts Rango Un caméléon domestique se retrouve en plein désert par accident. Perdu sans les petites attentions de ses propriétaires, il erre désespérément sous le soleil, comprenant rapidement que le danger rôde à chaque pas... Ses pérégrinations involontaires l'amènent dans la petite ville de "Poussière", où règne encore l'esprit du far-west: bagarres, duels, et autres rudesses de vie. Afin de ne pas se faire dévorer tout cru, notre ami baratine un peu les habitants de cette miteuse bourgade assoiffée, se faisant passer pour un véritable héros, roi de la gâchette, et répondant au nom de 'Rango'. Une très mauvaise idée! Infographie de luxe, détaillée au possible, humour référentiel pince-sans-rire, délires parfois gentiment abscons, mine à clin d'yeux pas idiots, 'Rango' fait passer un excellent moment! Belle idée de la part de Gore Verbinski, alors que la franchise 'Les pirates des caraïbes' prend, elle, carrément l'eau. Film: 9/10, Extras: 8/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 119 min Réalisé par: Gore Verbinski - Avec: Johnny Depp, Isla Fisher, Timothy Olyphant Distributeur: Paramount Extras: Scènes inédites, P-I-P, coulisses,... Gauthier Keyaerts 127 Heures Avril 2003: féru de frissons et de sensations extrêmes, et solitaire maladif, Aron Ralston se met en route pour une randonnée dans les gorges de l'Utah, et plus précisément un canyon peu pratiqué. Alors que la journée se déroule plutôt agréablement, Aron est victime d'un accident: un rocher se détache, et dans la chute entraîne notre homme et lui bloque le bras contre une paroi. Il ne peut se libérer seul, et malheureusement, il n'a prévenu personne de ses intentions ou de sa destination. Durant cinq jours, Aron va lutter pour survivre, garder tous ses esprits alors que la faim et la soif le tenaillent, le faisant halluciner. Tout problème à une solution, mais pas toujours enviable... Coincé entre un récit passionnant assorti de moments sublimes, et un trop plein d'effets stylistiques et de digression inutiles, le spectateur perd un peu le Nord dans ce dernier-né de Danny Boyle, qui devrait perdre son horrible maniérisme et son hyperactivité créative parfois fort peu inspirée. Film: 6/10, Extras: 7/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 94 min Réalisé par: Danny Boyle - Avec: James Franco, Kate Mara, Amber Tamblyn Distributeur: Melimedias Extras: Commentaires audio, documentaire, scènes coupées,... Gauthier Keyaerts Paul Graeme Willy et Clive Gollings, britanniques de leur état, profitent de leurs vacances pour assouvir quelques-uns de leurs fantasmes ultimes de geeks: se faire une virée au Comic Con, mais aussi, et surtout, s'offrir un petit pèlerinage sur la "route des extra-terrestres", passant bien entendu du côté de la célèbre Zone 51. Au beau milieu de nulle-part, leur rêve se transforme en une virée inattendue. En effet, leur route croise celle de Paul, un E.T. délirant et à la logorrhée impressionnante. Ce dernier tente de rentrer chez lui... Ce qui n'est pas du goût de tout le monde, notamment du F.B.I. S'en suivent imbroglios et courses-poursuites. Greg Mottola ('Supergrave') n'est pas Edgar Wright, et son approche de la "nerditude des choses" s'apparente plus à une grosse moquerie qu'à de la complicité. 'Paul' manque de souffle, de finesse, mais par contre accumule le mauvais goût d'un bout à l'autre. Dommage, avec un casting pareil, 'Paul' avait de quoi devenir une merveille de culterie! Film: 6/10, Extras: 6/10 Sortie: 08/2011 - Durée: 102 min Réalisé par: Greg Mottola - Avec: Simon Pegg, Nick Frost, Seth Rogen, Jason Bateman, Sigourney Weaver Distributeur: Universal Extras: Bêtisier, featurettes,... Gauthier Keyaerts Eternal Sunshine of The Spotless Mind Coincé entre 'Human Nature', son premier-long métrage sublime et justement remarqué, et 'La Science des rêves', 'Eternal Sunshine of the Spotless Mind' prit lors de sa sortie des airs de véritable miracle cinématographique. Ce récit d'amour gigogne, sinueux et fractal à l'instar des connexions synaptiques, et parfois totalement personnel et sans guide véritable, se paye le luxe de cartonner... malgré ses tendances "expérimentales" et purement plastiques! Mais il faut avouer que ses géniteurs Michel Gondry pour l'image, Charlie Kaufman au scénario, trouvent à chaque instant le juste équilibre: entre le drame et l'émerveillement, le rationnel et le fantastique, le narratif et la plus-value personnelle purement artistique. Admirable, 'Eternal Sunshine of the Spotless Mind' peut donc se savourer maintenant en haute-définition, avec des yeux dévoreurs de détails! Du baume au coeur, malheureusement dépouillé de ses excellents bonus DVD, ou encore de sa bande-son incluse dans l'édition spéciale. Voilà qui est fort dommage... Film: 8/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 108 min Réalisé par: Michel Gondry - Avec: Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst, Elijah Wood, Tom Wilkinson, Mark Ruffalo Distributeur: Cinéart / Twin Pics Gauthier Keyaerts The Man from Earth Un scientifique s'apprêtant à quitter son poste à l'université dévoile sa véritable identité à ses collègues: il est un immortel âgé de plus de 14 000 ans. Que voilà un bon pitch : simple, original et formidablement excitant pour tout fan de SF. Sauf que Richard Schenkman, le réalisateur, rend tout décollage métaphysique impossible - et il y avait pourtant matière - à cause d'une mise en scène d'une platitude qui n'est pas sans rappeler les meilleurs moments de "Au théâtre ce soir". Ajoutez à cela un casting jouant au minimum syndical et vous aurez un bel exemple de caviar gâché. Pour le vertige, il faudra fermer les yeux. Film: 2/10, Extras: 0/10 Sortie: 08/2011 - Durée: 87 min Réalisé par: Richard Schenkman - Avec: David Lee Smith, Tony Todd, John Billingsley Distributeur: Melimedias David Morelli Elle s'appelait Sarah Journaliste de son état, Américaine de naissance, Julia vit en France depuis 15 ans déjà. Mariée, mère d'un enfant, sa vie bascule progressivement vers une énorme remise en question lorsqu'elle commence en enquêter - pour un article - sur l'un des épisodes les moins glorieux de l'histoire contemporaine française: la rafle du Val d'Hiv, soit des milliers de juifs arrachés à leurs foyers par les collabos, parqués ensuite comme des animaux dans un vélodrome. Une première étape inhumaine vers les camps de concentration... Julia se rend compte en fouillant un peu que le nouvel appartement cédé par sa belle-famille, dans lequel elle va bientôt emménager, appartenait à l'une des familles arrêtées en 1942. Dès lors, sa vie, son article, et le destin de Sarah, une jeune fille ayant réchappé au Val d'Hiv et à l'holocauste, vont s'entremêler. Parfois un peu mammouth dans un magasin d'émotion de porcelaine, 'Elle s'appelait Sarah' a pourtant le mérite d'aborder frontalement ce morceau douloureux d'histoire, et de ne pas choisir les détours faciles. Extrêmement touchant. Film: 6/10, Extras: 6/10 Sortie: 03/2011 - Durée: 111 min Réalisé par: Gilles Paquet-Brenner - Avec: Kristin Scott-Thomas, Niels Arestrup, Mélusine Mayance Michel Duchaussoy Extras: Making of Gauthier Keyaerts Comment Savoir Lisa, joueuse de base-ball, se voit évincée de l'équipe nationale. Et ce n'est pas son nouveau prétendant, Matty (Owen Wilson), égoïste invétéré, qui va améliorer son estime de soi. Elle rencontre alors George, homme d'affaires, mignon et adorable, mais aux prises avec la justice. Alors, lequel choisir? La réponse, on la connaît à la lecture de la jaquette - en partant du principe que la question vous ait une miliseconde taraudé - le visionnement de ce film est donc d'une inutilité absolue. Pas un moment de rire ni même de sourire, c'est affligeant de bout en bout. Une comédie romantique sans comédie... Voilà qui est bien triste. Film: 2/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 121 min Réalisé par: James L. Brooks - Avec: Reese Witherspoon, Owen Wilson, Paul Rudd Distributeur: Sony Pictures Extras: Bêtisier, commentaires audio, ... Adeline Weckmans Polly et moi Ben Stiller, pas drôle. Jennifer Aniston, sympa. Les deux ensemble? Allez, pourquoi pas. Si ce n'est qu'ici aussi, comme dans d'autres comédies romantiques récentes, l'humour fait défaut, de même que l'inspiration - sous-intrigues tout droit tirées de 'Friends' - même si on est loin d'atteindre les abysses de 'Comment savoir'. Ce qui les sauve? Quelques blagues intestinales, un Philip Seymour Hoffman cradingue et fat, et surtout, un furet aveugle qui fonce dans les murs. Oui, notez chers amis, le film est sauvé par un furet. Ce qui en dit long sur la moyenne du reste de cette oeuvre... mineure? Film: 4/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 90 min Réalisé par: John Hamburg - Avec: Ben Stiller, Jennifer Aniston, Philip Seymour Hoffman, Alec Baldwin Distributeur: Universal Extras: Scènes coupées et alternatives, making of, bloopers Adeline Weckmans Gangland - season 1 & 2 Déjà 5 saisons au compteur pour cette série de documentaires dévouées aux bandes les plus radicales - importées ou nationales - sévissant aux Etats-Unis! Le tout dans une atmosphère jusqu'au boutiste... qui ne plaira pas aux âmes sensibles. Certains témoignages, certaines vidéos et photos en choqueront plus d'un(e)s. D'autant que le rythme soutenu, et la systématique répétition de leitmotivs (technique typiquement ricaine pour ne pas paumer le spectateur entre deux breaks publicitaires), provoque une tension bien méchante, voire une sorte d'effet de lancinance assez malsain. 'Gangland' vous propose donc de retracer l'historique de groupes tels que MS-13, la maffia mexicaine, les barons de la drogue durant les 70's à Harlem, les Hells Angels, les skinheads, etc. Que du beau monde! Malgré un côté tape-à-l'oeil fatiguant, et une voix off un peu soûlante, 'Gangland' se dévore sans trop d'efforts. Anglais sous-titré néerlandais uniquement... Film: 7/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 0 min Distributeur: E1 Entertainment Gauthier Keyaerts Love Ranch Prenez le fond du panier. Vous le tenez bien? Balancez-lui un grand coup de pied, puissant et décidé. Une fois cela fait, posez-le sur le sol, et commencez à creuser au coeur du vide. Au bout de quelques heures, faites une pause, vous l'avez bien méritée. Une fois désaltérés et repus, recommencez... Au bout d'un moment, vous devriez croiser 'Love Ranch', oeuvre honteusement mauvaise, à cacher au fond de puits anciens recouverts afin de ne pas être retrouvés... A raison! Film: 3/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 117 min Réalisé par: Taylor Hackford - Avec: Helen Mirren, Joe Pesci, Gina Gershon Distributeur: E1 Entertainment Gauthier Keyaerts Sanctum 3D Avoir le privilège de pouvoir observer un navet en 3D peut-il être considéré comme de la chance? Je ne sais pas... En tout cas, souffrir les 108 minutes de 'Sanctum' vous offrira la possibilité d'y réfléchir âprement. Adoubé par James Cameron, 'Sanctum' coule à pic dès ses premières minutes: vide, mauvais acteurs, scénario au rabais, le seul relief- sans saveur - se fera via vos lunettes et écrans coûteux Film: 4/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 105 min Réalisé par: Alister Grierson - Avec: Rhys Wakefield, Allison Cratchley, Richard Roxburgh, Alice Parkinson Distributeur: Paradiso Gauthier Keyaerts Barb Wire Amusant de constater qu'avec le temps, un nanar- par exemple - tel que 'Demolition Man' devient un compagnon de soirée plutôt agréable. Du coup, ça donne envie d'aller fouiller dans le tiroir des oeuvres honteuses, afin de dégotter quelques pépites de mauvais goût de bon aloi. Malheureusement, 'Barb Wire' n'en fait pas partie... mais se classe directement dans le rayon "trou du culte"! Film: 5/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 98 min Réalisé par: David Hogan - Avec: Pamela Anderson, Temuera Morrison Distributeur: Universal Gauthier Keyaerts 2h22 Ça ressemble à du téléfilm, ne vole pas plus haut qu'un téléfilm (à l'image un peu pisseuse), se paye un casting au rabais, et tente pourtant de jouer dans la catégorie badass pour grand écran. Malheureusement, '2h22', reste définitivement un maigrelet et maladroit film de gangsters, et n'arrive clairement pas à donner l'illusion d'avoir été fait pour le confort des salles obscures. Et ce n'est pas "Val qui meurt" (sosie de Depardieu) un peu plus ballonné artistiquement à chaque nouveau navet, qui va sauver l'ensemble du naufrage. Film: 5/10, Extras: 0/10 Sortie: 07/2011 - Durée: 105 min Réalisé par: Phillip Guzman - Avec: Mick Rossi, Val Kilmer, Robert Miano, ... Distributeur: Dutch Filmworks Gauthier Keyaerts ///////////// Musique ///////////// James Blake (James Blake) Cantonnée pendant des années à de discrètes caves londoniennes, la scène dubstep sort son pâle visage à l'air libre pour profiter, via les sampling de Rhianna, les sonorités du nouveau Radiohead et des figures montantes comme Magnetic Man, des sunlights du mainstream. Avec son premier album, James Blake devrait confirmer cette tendance tout en lui proposant une direction novatrice et emballante. Adepte du less is more, le crooner met en avant sa voix, suave et mélancolique, fille de James Buckley et Antony Hegarty, en l'entourant... de trois fois rien. Ici des loops rythmiques minimalistes, ici d'un piano lunaire et, surtout, un peu partout, d'un silence lumineux et fragile. A plusieurs reprises, le jeune londonien touche au sublime (le soulfull "Wihlems Scream" où rôde le fantôme de Marvin Gaye, "I never learnt to Share", prêche extatique à l'auto-tune). Cet album antispectaculaire n'est certes pas parfait et bégaye quelque peu sur la longueur. Mais il en émane une grâce, palpable et irradiante, qui le rend à la fois unique et énigmatique. A écouter à la pointe de l'aube. CD: 9/10 Genre: Rock Label: A&M - Distribution: Universal Music David Morelli I Like Trains (He Who Saw The Deep label) Sombres, mélodramatiques, rimbaldiens. Voilà les images, prometteuses de densité émotionnelle et d'élans lyrico-dépressifs, qui venaient à l'esprit à l'écoute de l'excellent premier EP 'Progress Reform', publié en 2006. Quatre ans et deux albums plus tard, les iLikeTrains font du surplace dans leur petite flaque de larmes. Promenant ostentatoirement leur mal de vivre sur les traces de Sigur Ros, Editors et autres And Also the Trees, les wagons du quatuor peinent à nous transporter dans les profondeurs de l'âme humain. Ils y réussissent parfois de belle manière comme sur le bouleversant crescendo de 'Sea of Regrets' ou le morceau d'ouverture 'When We Were Kings' aux relents post-rock. Pour le reste, le groupe de Leeds décline mollement son vague à l'âme, porté par la voix monocorde de Guy Bannister et des violons envahissants. Creuser toujours le même sillon ne fait pas le mineur de fonds, surtout s'il n'en sort que de trop rares pépites. LT: And Also the trees, 'Virus Meadow' CD: 6/10 Genre: Pop, Rock David Morelli Killing Joke (Absolute Dissident) Groupe mythique pour les adorateurs de métal, néo ou gothique, toujours fers de lance d'un esprit punk destroy et "findumondiste", énorme du riff, et dansant à sa manière, Killing Joke ne cesse de renaître (30 ans au compteur)! Ceux qui assistèrent à leur double soirée de concerts prodigués l'année passée à l'AB vous le diront: le combo était au comble de sa forme, affichant son line-up de base avec une fougue et une fierté contagieuse. Leur premier album, éponyme, est devenu mythique, 'Ha' reste un des lives les plus électrisants captés à ce jour, 'Love Like Blood' fait toujours danser les romantiques (ou nioukaks comme dirait l'autre), 'Eighties' hurler de joie, et l'album 'Pandemonium' a changé la face du métal... et la suite (dont une collaboration avec Dave Grohl) n'a pas à démériter. 'Absolute Dissent', 13e album studio des Killing Joke, marque également le retour du quatuor originel. On y retrouve une sorte de résumé de la carrière des gars: guitares rageuses, chant transcendant, percus et basses métronomiques, assortis de quelques étonnants slow tempo. Loud! CD: 7/10 Genre: Metal, hard rock, hard core, Rock Label: Spinefarm Records - Distribution: V2 Gauthier Keyaerts Oval (O) Au départ combo allemand formé en 1991, alors trio (Markus Popp, Sebastian Oschatz, et Frank Metzge), Oval sort un album - déjà visionnaire - sur la label Ata Tak en 1993. Une sorte de chaînon manquant entre l'acception en recherche du krautrock (Neu! en ligne de mire) et les futures stars d'une pop indépendante héritière de cette exploration musicale typiquement germanique, telles que Kreidler ou To Rococo Rot, voire l'esprit Kitty Yo. Bien entendu, Oval rallie la clique Mille Plateaux (le label mythique créé en 1993 par Achim Szepanski), puis rejoint l'écurie Thrill Jockey. Le groupe se réduit rapidement à une unité solo: Markus Popp, roi de l'art fragmentaire, musical et installationiste. Popp s'allie à la cause de son ami et "concurrent" dans l'élégance electronica Jan St. Werner, membre de Mouse on Mars (autre formation incontournable), histoire de former le fabuleux projet Microstoria. Puis digresse au sein de Gastr De Sol (album Camoufleur), ou encore de So (avec Eriko Toyoda). Bref, laissons l'exhaustivité de côté, le pédigrée ici décrit dépote suffisamment! Après un insupportable hiatus, Popp nous assène coup sur coup 'Oh' et 'O'... respectivement E.P. et album. Deux perles, sises entre la pop futuriste, et le design sonore. Léger, intriguant, mutant, entre le post rock et l'electronica tendance, parfois génial, souvent brillant. 'O' c'est une évidence à acquérir d'urgence! CD: 9/10 Genre: Pop, Electronica, Experimental Label: Thrill Jockey - Distribution: Konkurrent Gauthier Keyaerts Royksopp (Senior) Le pari couillu du duo norvégien de tenter un follow up instrumental radicalement différent du sautillant 'Junior' était, a priori, remarquable. A postériori, les neuf morceaux de dream pop ambientale et sombre risquent de ne pas être remarqués par grand monde. Insipides et chichiteux, 'Senior est aussi excitant qu'un trajet dans le luxueux ascenseur d'un home de vieux nantis. Bon sang, mais c'est madame Laurent que l'on assassine! Et elle aura bien besoin de Télésecours pour ne pas sombrer dans une dépression comateuse provoquée par cet agrégat d'élégant ennui. On en viendrait presque à regretter le dernier Air tant il ne se passe rien ici. Et lorsque l'électro-cardiogramme tente une pulsation, comme sur 'Triky 2', revisitation peu inspirée de 'Junior, c'est Jean-Michel Jarre qui pointe son nez. 'Senior est la bande originale idéale pour accompagner un documentaire sur la neurasthénie. Débranchez les sonotones! LT: Brian Eno,'Music for Airports' CD: 3/10 Genre: Dance, Electronica Label: Virgin - Distribution: Pias David Morelli Interpol (Interpol) Les accents lyriques et pas toujours convaincants de 'Our love to admire' avaient décontenancé pas mal de fans de la première heure. Interpol tente, avec cet album éponyme, un salvateur retour aux sources. Sans égaler, loin de là, la beauté irradiante de leur exceptionnel premier album, le désormais trio (le bassiste a quitté le groupe juste après l'enregistrement) réinvestit l'exploration du côté obscur de l'âme avec classe, sobriété et sans donner l'impression de resservir la soupe. Le fantôme de Ian Curtis semble moins planer sur les compos des new-yorkais même si, à l'image de sa pochette, celles-ci évoquent les brisures mélancoliques, les cicatrices toujours béantes et autres tourments dépressifs. Armés de guitares chirurgicales posées sur des basses au galop, Interpol insuffle à ses mélodies une énergie du désespoir qui transperce même la carapace des mélodies plus faiblardes. Interpol continue à (se) chercher et c'est très bien ainsi. Listen to : The National, 'Boxer' CD: 7/10 Genre: Pop, Rock Label: Cooperative Music - Distribution: EMI David Morelli Underworld (Barking) Le sixième album d'Underworld, groupe majeur sinon essentiel de l'electronica, est une claque. Dans le mauvais sens du terme. Leurs deux derniers albums, ainsi que leur production, copieuse, exclusivement accessible sur le web, démontrait une volonté authentique, à défaut d'être toujours convaincante, de continuer à explorer les recoins en friche de la musique électronique. Ce 'Barking' donne surtout l'impression que le duo tente, de manière par trop opportuniste, de revenir sur le devant de la scène en ressortant les synthés vintage pour surfer, comme tant d'autres, sur cet interminable revival 80's dans laquelle la scène techno semble s'être majoritairement engluée. Résultat des courses: un album bancal où se cotoient les beaux restes (le single 'Scribble', impeccable), le correct ('Grace', 'Between stars'), le remplissage arty et le carrément embarrassant ('Always loved a film', hit eurodance en puissance). 'Barking' n'est pas à la hauteur du pedigree. LT:Orbital,'Insides' CD: 5/10 Genre: Electro Label: Underworld.live - Distribution: V2 David Morelli Orchestral Manoeuvres in the Dark (History of Modern) Souvenez-vous le mythique groupe électro OMD s'était reformé et avait donné un concert à l'Olympia, à Paris, en mai 2007. Ils avaient joué l'intégralité de leur meilleur album, "Architecture and Morality" (1981), puis en seconde partie avait interprété leurs plus grands succès. Aujourd'hui, 14 ans après le reformation et 30 ans après "Electricity", OMD sort un album ! Les fans trentenaires voire quarantenaires devraient apprécier. Sentimentalement. Musicalement, c'est autre chose. Certes, ces pionniers refont leur "History of Modern" avec un panel de sons électro impressionnant. Des synthés à la Kraftwerk aux lignes de basse à la Moroder. Les voix d'Andy McCluskey et de Paul Humphreys ont gardé de la fraîcheur et de l'éclat ; mais musique et voix sont perdues dans un flot continu de choeur (balancer les bras svp) quasi sur la même note dans tout l'album. Le single "If you want it" l'illustre bien. Une "histoire" qui ne restera pas dans les annales. CD: 7/10 Genre: Pop, Electro Label: Blue Noise - Distribution: Pias Frédéric Jarry Chk Chk Chk (Strange weather, Isn't It?) Le nouvel album des !!! (prononcez tchk tchk tchk) est à la fois très excitant et un chouia décevant, soufflant, d'une manière tempérée qu'on ne leur connaissait pas, le bouillant et le tiède. Bouillant, "Strange Weather, Isn t It?" l'est sans aucun doute quand les tchk lâchent les brides de leurs chevaux disco punk funk. "The Most certain Sure", "Wannagain Wannagain" et surtout le bien nommé "The Hammer", tuerie discoïde à rendre Vitalic vert de jalousie, prouvent que les tchk en ont encore dans le short. Le reste de l'album, s'il est loin de démériter en proposant des mélodies solides et nerveuses, déçoit, à l'image de la mélodie proprette du single "AM/FM", par son aspect plus lisse, plus sage et étrangement désabusé. Sans doute est-ce dû à la période chaotique qu'a traversé le groupe (départ de deux musiciens et du second chanteur John Pugh, décès accidentel du batteur) et qui a failli mettre un point final à son existence. Dans ces conditions, ce premier album en quatre ans semble presque tenir du miracle. On attend néanmoins les !!! là où leurs morceaux prennent toute leur démesure festive: sur scène. En espérant que désormais, le groupe soit au beau fixe. Listen to: Zongamin, 'Fleshtapes' CD: 7/10 Genre: Electro, Pop Label: Warp - Distribution: V2 David Morelli The Charlatans (Who We Touch) Seuls survivants de la scène Baggy avec Primal Scream, les Charlatans sont surtout associés à l'incontournable 'Only one I know'. Pourtant, en 15 ans, le quintet indie n'a pas chômé et a sorti, et dans une indifférence totale en dehors de la perfide Albion, une série de galettes d'excellente facture. Le petit dernier 'Who we Touch', est de cette même veine. Il débute sans crier gare par un déluge de guitares chaotiques tendant à prouver que les vétérans ont encore la pêche, S'ils calment néanmoins rapidement le tempo, c'est pour offrir une belle brochette de mélodies pop rock, efficaces et souvent mélancoliques, portées par des guitares en verve et un orgue apportant densité et emphase (le beau 'Trust in Desire' et son crescendo, la ballade 'Your pure soul'). Le tout s'achève par un morceau caché aux relents southern rock scandé par un prêtre habité par le démon. Les Charlatants sont indubitablement un groupe à (re)découvrir. LT: Ian Brown, 'Solarized' CD: 7/10 Genre: Pop Label: Cooking Vinyls - Distribution: V2 David Morelli Menomena (Mines) Le merveilleux "Queen Black Acid", bouleversant de limpidité, pose dès le départ l'ambition de ce trio de Portland: dynamiter les mélodies pop et, avec une virtuosité d'orfèvre confondante, orner, chaque fragment de la plus belle parure qui soit, pour aboutir, une fois ordonnancés, à des morceaux évidents, parfaits et... différents. Portés par des arrangements aussi variés (saxo, piano, glockenspiel...) qu'élégants et qui ont le bon goût de ne jamais prendre la pose pour damer le pion à la mélodie - et quelles mélodies! -, Menemona enfile avec une facilité déconcertante ses perles. Qu'elles soient de lumière (les entrelacs vocaux de 'Dirty cartoon') ou en acier délicatement forgé ("TAOS" scellant la rencontre de Hendrix et de Elbow), 'Mines' ne souffre d'aucun temps mort. Long en bouche et d'une variété sonore remarquable, Menomena propose rien de moins qu'un des albums indispensables de 2010. LT: Flaming Lips, 'The Fearless Freaks' CD: 9/10 Genre: Pop Label: City Slang - Distribution: V2 David Morelli Prince (20TEN) C'est l'histoire d'un mec qui fait un tour à vélo, un samedi (le 10 juillet 2010) de canicule. Passant devant une librairie, il se demande s'il reste une copie du quotidien 'Het Nieuwsblad', dans lequel se retrouve inséré le nouvel album de Prince (oups, de unpronounceable symbol). Curieux (ben un album de machin chose à 1,40 euro, ça le fait), le cycliste s'approprie l'objet "collector" en devenir. Il glisse alors dans la poche son bermuda le CD, et se colle la gazette dans le dos. Quelques kilomètres et litres de sueur plus tard, il revient à son domicile. Le Cd a pris un coup d'humidité, et un quart de page du journal est imprimé au-dessus de son arrière-train. Ce gusse, vous l'aurez compris, c'est moi. Un ex fan d'un talentueux artiste qui fut un temps dénommé Prince, vibrant encore régulièrement aux accords du monstrueux album 'Sign O the Times', et de ses prédécesseurs. '20 Ten', annoncé comme le retour à certaines sources ('1999', 'Purple Rain', etc.) n'est pas la bombe attendue. L'amiral Nelson ressort avec ferveur ses rythmique flangées et sautillantes, ses gros accords dégoulinants de synthé, et beaucoup de squelettes mélodiques empruntés à ses anciennes tueries, provoquant des cascades de suées et de coups de reins. Ici tout sonne donc à l'ancienne, mais par contre, côté mélodique, rien de très bon à se mettre sous la dent. Ne dépensez pas trop d'énergie pour acquérir ce coup de nostalgie inutile, et actuellement hors commerce (mais soldé sur le net). CD: 5/10 Genre: Funk Gauthier Keyaerts The Magic Numbers (The Runaway) Les Magic Numbers sont une anomalie, un anachronisme dans l'univers agité et souvent cynique de la scène indie anglaise. La paire de frères et de soeurs qui composent ce combo folk rock proposent une nouvelle fois d'éteindre nos GSM et de couper la connexion internet. Ils nous donnent rendez vous dans le jardin (ou près d'une botte de foin s'il y en a une pas loin), de nous coucher sur le sol, un brin d'herbe (ou de foin si...) en bouche et, les yeux levés vers le ciel, de profiter du moment, de déconnecter. Déconnecté. Voilà le terme qui sied le mieux à ce troisième album qui fuit sans courir les modes éphémères et nous invite à retrouver, en mordant dans leur émouvante madeleine à base de mélodies fraiches et revigorantes, des bribes de la sérénité optimiste des seventies. "The Runaway" n'est pas un album nostalgique mais une magnifique fuite en avant sur fond de "feel good songs" dans la lignée des Mama's and the Papa's, des Bee Gees et du rock west Coast. Les Magic Numbers sont une anomalie. Une anomalie magique dont "The Runaways" est le sésame. CD: 8/10 Genre: Rock, Pop David Morelli Morcheeba (Blood Like Lemonade) "'Blood Like Lemonade', c'est l'album que nous aurions dû réaliser après 'Big Calm', en 1998, mais nous avions besoin d'explorer d'autres horizons pour pouvoir revenir à notre habitat naturel", a reconnu Paul Godfrey, l'un des 2 frères fondateurs du groupe trip hop de Douvres, Morcheeba. A la question de savoir quel son caractérise ce 7ème album, Skye Edwards, la chanteuse des débuts mythiques du groupe, répond: "cela sonne Morcheeba bien sûr!". Ce qui est vrai mais pas si évident, après les errances, heureuses et surtout malheureuses du groupe. Ici, retour aux mélodies légères douces-amères, comme l'évoque le 1er single 'Even Though' avec sa guitare sèche, ses micro-scratch hip hop, très fin années'90. La programmation electro flirte toujours avec le blues, la folk et même la country. La voie de Skye, enfin de retour, a gagné en profondeur, même si le ton est plus pop que soul dans ce road-movie étrange où la musique très chill, contraste avec des paroles de violence et de sang. Perso, 'Self Made Man' exprime le mieux ce paradoxe, très séduisant. Comme l'opus. CD: 9/10 Genre: Lounge Label: Pias - Distribution: Pias Frédéric Jarry Kele Okereke (The Boxer) La premiere vertu de cet album solo du chanteur de Bloc Party est d'être clair quant aux objectifs: faire danser jusqu'à l'épuisement, des boîtes les plus huppées New York aux campings les plus beauf de la mer du Nord (et vice-versa, y a pas de raison). Un objectif qui a son importance lorsqu'on se remémore avec une pointe d'agacement le dernier album - raté des Blocs Party qui ressemblait, de base, à leur traditionnel album de remix et sous-utilisait leur pourtant excellent batteur. Un peu difficile à digérer pour les fans de la première heure qui voient encore en Bloc Party un groupe post punk crédible plutôt qu'un groupe dance rock assez quelconque. Jouant à fond les basses et sans ambiguïté la carte electro, Okereke réussit indéniablement sous coup. 'The Boxer' est agressif, puissant et les rythmiques et sonorités africaines, les mélodies efficaces et la voix de Oreke apportent un supplément d'âme. Il y a des hits à la clé: le single, 'Tenderoni' et surtout 'Rise' et ses basses monstrueuses façon Vitalic, sont des tueries. On succombe. LT: Vitalic, 'OK Cowboy' CD: 7/10 Genre: Electro, Rock Label: Wichita - Distribution: V2 David Morelli UNKLE (Where Did The Night Fall) Après deux albums de très haute tenue ('War Stories' et 'End titles'), Unkle marque sévèrement le coup avec ce 'Where Did The Night Fall'. Jusqu'alors à l'avant-garde d'une scène électronique explorant les profondeurs du rock (et inversement) et tentant, avec la morgue d'explorateurs sonores intrépides, de faire fusionner l'hermétique (Les Beatles, le rap et le trip hop dans un même mix, couillu), ce cinquième album sort avec une date de péremption déjà dépassée. 'Where Did The Night Fall' trace en ligne droite dans un sillon électronique/dark wave fréquenté depuis bien longtemps sans tenter d'en influencer la direction. Unkle, qui a perdu en cours de route Richard File au profit(?) de l'ex-Psychonaut Pablo Clements, livre un album froid, répétitif et -horreur- prévisible auquel il ne semble croire qu'à moitié. Le splendide 'Another Night Out' qui clôture l'album laisse néanmoins planer l'espoir d'une reprise en main prochaine. LT: Siouxie and the Banshees, 'The Rapture' CD: 5/10 Genre: Electronica, Pop, Experimental David Morelli Moby (Wait For Me Remixes) Sorti pile il y a un an, "Wait for Me" était le 9ème et très attendu album studio du producteur américain Moby, qui depuis la fin des années'80 (Voodoo Child) mixe avec génie qualité musicale et succès planétaire. L'opus plutôt "ambient" et très mélodique, tout en cordes et notes au piano, n'hésitant pas sur les choeurs et les voix filtrées, vient d'être "remixé" par les meilleurs producteurs house et techno du moment. On passe sans transition du downtempo aux beats dansants, ce qui veut dire que les remixes ne s'adresseront peut-être pas au même public que la musique du Moby d'après "Play". D'autant plus que les meilleurs remixes ne sont pas ceux de Tiesto, Laurent Wolf ou de Carl Cox, mais bien d'artistes plus underground comme Popof, Paul Kalkbrenner, Savage Skulls et surtout, Gui Borrato. En bonus, un 2ème CD où Moby renoue avec l'électro puisque c'est lui qui mixe les remixes, avec brio. CD: 8/10 Genre: Electro, House Label: Little Idiot - Distribution: Pias Frédéric Jarry Jamie Lidell (Compass) Voici sans doute l'album le plus abouti de Jamie Lidell, du moins le mieux équilibré. On avait découvert le bonhomme dans un univers apocalyptique assez bruitiste et on l'avait vu évoluer vers une soul-funk de plus en plus propre, de moins en moins folle. Pas avare et encore moins pudique en interview, Lidell avoua s'être un peu perdu artistiquement; la faute à une vie personnelle un peu tumultueuse, ces dernières années. Il a depuis déménagé de Berlin à New-York, s'est pris la mort de Michael Jackson (l'une de ses idoles!) dans les gencives et a choisi comme collaborateurs rapprochés du jour Beck et Chris Taylor (de Grizzly Bear). Résultat du franchiment de ce nouveau cap : un album à la fois soul et bruitiste, déviant et accessible, cohérent et barré, où la voix exceptionnelle du bonhomme se pose sur du funk certes bordélique mais toujours entraînant. CD: 8/10 Genre: Soul, Funk, Electronica Label: Warp - Distribution: V2 Serge Coosemans Zu (The Way of the Animals Powers) Avoir un album de ZU à se mettre sous la dent, c'est toujours une excellente nouvelle! Mais "attention", 'The Way of the Animals Powers' n'est pas une nouveauté, mais la ressortie d'une plaque ayant vu initialement le jour sur le label italien Xeng. Déconstruites, mais pas forcément agressives, les compos hantant cette oeuvre fleurent bon une certaine folie, cadrée et maîtrisée. Un travail impressionnant, où le trio transalpin est épaulé par Fred Lonberg-Holm (Valentine Trio, Peter Brötzmann, Chicago Tentet, etc.). Le plaisir auditif (morceaux superbes et nouveau mastering opéré par James Plotkin) se double d'un plaisir tactile: soit le contact d'un bon gros vinyle 180 grammes! CD: 8/10 Genre: Electro-Pop Label: Public Guilt Records - Distribution: Mandaï Gauthier Keyaerts LEO (88 Man)/ The Healthy and the Badass Motherfucker/ ROOM 204 (Speaking Parts From the Blazing Rows/ Tonnerre Vendanges/ Balloons) Le label nantais Kythibong nous a glissé sous l'oreiller trois petite gâteries à se mettre dans le lecteur CD... La première (sans ordre d'importance, mais bien de situation dans la pile "à chroniquer") passée en revue sera donc les exploits soniques du duo Leo (88 Man), joliment folk. Comparé à d'illustres homologues étasuniens (Smog, Lambchop, Giant Sands...), le duo développe ici un son pop-folk plutôt joli, mais jamais vraiment totalement prenant, car peut-être un chouïa trop bien pensé, et poli. Healthy Boys (and the Motherfucker), malgré un nom de groupe crasseux, reste tout autant sous le charme de l'acoustique. L'E.P. ici présenté rassemble quatre morceau de Benjamin Nerot accompagné de quelques amis (ex Bastards), enregistrés en résidence. Ne cherchez pas le tonnerre, ni la vengeance... Duo bétonné et armé, Room 204 continue à explorer les transgressions du bruit en formation minimale. Plutôt sympa! Petite précision: les fans de vinyls commanderont via la France. Pour l'édition CD il faudra passer par la case Japon (Stiff Slack). CD: 6/10 Genre: Folk, Rock Label: Kythibong Records - Distribution: Mandaï Gauthier Keyaerts ///////////// Dossiers ///////////// Interview de José Padilha, réalisateur de 'Tropa de elite 2' Lorsque José Padilha a reçu l'Ours d'Or à Berlin en 2008, les réactions ont été mitigées. Du côté des pro, on soulignait la morale osée de ce film d'action, et sa justesse, les critiques parlaient eux de manifeste protofasciste défendant l'utilisation de la torture et de l'assassinat par un corps de police d'élite. Quoi qu'il en soit, dans son pays, 'Tropa de elite' connut un succès monumental, il a décroché quasiment tous les prix cinématographiques possibles et Padilha est devenu instantanément célèbre. Le réalisateur, qui n'avait jusqu'alors tourné que des documentaires, a décidé de battre le fer tant qu'il était chaud. Dans 'Tropa de elite 2', il s'attaque à un angle encore plus sensible, au-delà d'une police corrompue et du trafic de drogue: la suite parle de politique, tout aussi corrompue que le reste. 'Tropa de elite 2' a à nouveau été un super hit au Brésil, et il s'est aussi retrouvé au programme du Festival de Berlin. Avec un résultat plus mitigé. Décevant, mais compréhensible, estime le réalisateur. Padilha: Je préfère quand mes films suscitent de chaudes discussions, mais il est clair que 'Tropa de elite 2' est plus aisé à comprendre que le précédent. Le premier 'Tropa de elite' présentait une structure inhabituelle avec un narrateur qui n'évoluait pas. Le personnage qui se voit transformé était quelqu'un d'autre. Si on s'identifie au narrateur, il y a des chances que l'on passe à côté de la critique contenue dans le film. Cette critique n'émane en effet pas du narrateur. Il faut regarder plus loin afin de découvrir ce que le film raconte. 'Tropa de elite 2' est bien plus simple. Le narrateur a compris qu'il s'était trompé la fois précédente, qu'être un flic violent n'est pas bien. Mais finalement, il n'est quand même que la marionnette des politiciens. Raison pour laquelle le film porte beaucoup moins à controverse. Doit-on voir 'Tropa de elite 2' comme une réponse aux critiques avancées pour le premier? Padilha: Je ne travaille pas comme ça. Le cinéma est un médium unique pour moi. Je suis toujours frappé par cette tendance que les gens ont de juger un réalisateur film par film, alors que les peintres sont évalués sur tout une période. Les critiques oublient parfois que ma carrière comporte plus qu'un film. 'Tropa de elite' et 'Tropa de elite 2' sont dans la lignée immédiate de ce que j'ai fait auparavant. Faut-il être Brésilien pour entièrement comprendre 'Tropa de elite 2'? Padilha: Il y a évidemment des détails qu'un étranger ne remarquera pas, mais c'est vrai pour tous les films. Un film de gangsters de Scorsese comme 'Goodfellas' contiendra aussi d'autres niveaux de compréhension pour quelqu'un originaire de New York. Un film perd par définition une partie de sa signification à l'exportation. L'histoire ne se passe pas seulement à l'écran, mais aussi dans la tête du spectateur. Il ajoute ses propres expériences à ce qu'il voit. Pourriez-vous donner un exemple de quelque chose qu'un étranger interpréterait différemment? Padilha: La scène au cours de laquelle le personnage principal Nasciemento s'attaque à la personne à cause de qui son fils est à l'hôpital en est un bon exemple. C'est une scène qui marche dans l'histoire, car le gars en question est un méchant, et le spectateur veut qu'il soit puni. Pour le public brésilien, cet homme représente véritablement la politique corrompue en général, et c'est là que la réalité entre dans le film, ce qui amène une catharsis. Au Brésil, à ce moment-là, le public se lève et applaudit. Mais à l'étranger, ce n'est pas le cas, car les gens n'en on pas marre le la politique brésilienne. Pourtant, les politiciens corrompus et incompétents ne sont pas une exclusivité brésilienne. Padilha: C'est aussi vrai. J'ai été interviewé par un journaliste autrichien qui m'expliquait qu'en Autriche, les choses se passaient exactement de la même manière, les balles en moins. (rit) La corruption se retrouve en effet partout. Et le thème du film souligne l'effet négatif de la corruption sur le tissu social. C'est universel. Mais tout le contexte, dans 'Tropa de elite 2', est spécifiquement brésilien. Avez-vous réalisé beaucoup de recherches pour ce film? Padilha: Enormément. Mes coscénaristes Rodrigo Pimentel et Bràulio Mantovani [à qui on doit 'Cidade de Deus', rn] voulaient que le moindre détail soit correct. Lorsque j'ai tourné le documentaire 'Bus 174', j'ai rencontré plus de 30 agents de police et j'ai demandé à l'un d'entre eux de travailler avec moi sur le script. Nous estimions que cette approche était nécessaire afin de rendre une image fidèle de la situation. Pour 'Tropa de elite 2', j'ai passé beaucoup de temps au parlement. Les citoyens peuvent y entrer sans problème pour y suivre les débats. J'ai consulté toutes les minutes des enquêtes sur les milices. J'ai visité la prison de Bangu. Nous n'avons rien laissé au hasard. L'une des figures les plus marquantes du film est un politicien possédant son propre programme télé, où il démolit ses opposants politiques. C'est du vrai? Padilha: Absolument. Ce programme existe. Il y en a même plus d'un. J'ai entendu dire qu'ils en avaient aussi en Italie. Au Brésil, cela ne pose pas le moindre problème qu'un show télé de ce genre soit présenté par un politicien. Nombre de ces programmes sont également énormément populaires. On les entend également tout le temps à la radio. La plupart des radios brésiliennes appartiennent à des politiciens. Cela fait partie de la corruption. Ces politiciens aident le gouvernement, et en échange, ils reçoivent une licence pour lancer leur propre station de radio. Ruben Nollet Les chiens de paille - le remake Grand artisan de la violence sèche et sans concession, mais imparable et adoubée, Sam Peckinpah (les ultras classiques' Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia', 'Croix de fer', 'Osterman week-end',...) balance en 1972 à la fois une de ses oeuvres les plus puissantes, de même qu'un nouveau véritable casse-tête pour les censeurs (qui sortent avec frénésie les ciseaux): 'Les Chiens de paille', et ce dans la foulée de 'La Horde Sauvage'. Le western le plus méchant - hors délires transalpins jamais réalisé. Une critique américaine (Pauline Kael) n'hésite pas à qualifier 'Les Chiens de paille' de "premier film américain qui soit une oeuvre d'art fasciste". Ok, laissons-lui la responsabilité de ces paroles douteuses... Dustin Hoffman livre avec 'Les Chiens de Paille' une interprétation viscérale, basculant de la "nerderie" un peu gauche du mathématicien loin de son U.S. natale - emmené vers l'Europe sur les désirs de sa femme , vers un instinct de survie sans faille l'amenant à tuer pour s'en sortir. Il faut dire que son personnage a maille à partir avec une bande de bouseux défendant stupidement leurs terres de Cornouailles. Une sale bande de xénophobes... Controversé d'accord, mais au final, 'Les Chiens de paille', tout comme la majeure partie des films de Peckinpah, prend place aux côtés des classiques du 7e art, et devient un modèle copié, recopié et usé jusqu'à la corde par de nombreux réalisateurs. Nous vous recommandons plus que chaudement de (re)découvrir ce "proto survival", poisseux à souhait. Vu que malgré son "grand" âge, il garde toute sa fulgurance, et décuple son bouquet au gré des ans. Alors, fallait-il vraiment lui envisager un remake pour fêter ses 40 ans (il est sorti en 1971 aux Etats-Unis)? N'est pas là un outrage ultime? Aucune idée, mais les relectures de ces dernières années, mis à part le cas singulier d'Alexandre Aja, n'ont généralement rien apporté à la cinématographie mondiale, loin s'en faut. Prenons d'ailleurs pour exemple une autre balise du cinéma rude et sans concession: 'La dernière maison sur la gauche'. Réalisé en 1972 par un tout jeune Wes Craven, cette oeuvre sans finesse ni charme, se fraie pourtant un chemin dans l'univers des films cultes, et attire de décennie en décennie un public de plus en plus large. Et pourtant, le film n'est pas terrible! Son remake, mis en boîte par Dennis Iliadis, sorti en 2009 est encore plus naze, et passa totalement à côté de son sujet. Tout comme les nouvelles moutures de 'I Spit on Your Grave' , 'Mother's Day' (sans être le pire du lot),... Quoi qu'il en soit, 'Les Chien de paille' 2011, c'est pour bientôt! Rien de bien particulier à mettre en avant, si ce n'est que le scénario joue la carte de l'inversion: le héros est anglais, et subit l'attaque de rednecks américains. Dommage, ça pue déjà le cliché inutile! Au commandes: Rod Lurie, réalisateur de 'Prix du Silence'. Autant dire que ça fait maigre comme C.V. pour s'attaquer à Peckinpah. Allez, prions pour ne pas trop s'ennuyer lors de la sortie de cet opus - fort probablement inutile, en salles obscures. Trust Allez, disons le tout de suite, afin de préparer les esprits... C'est bien David Schwimmer, Ross dans la série 'Friends', qui réalise le film 'Trust'. Loin d'être une comédie, ce long-métrage lorgne plus du côté du drame et du thriller. Mais qu'est-ce qui a bien pu mener notre homme sur cette voie quelque peu inhabituelle le concernant? Après quelques années de petits rôles - ou presque -dans des téléfilms et autres séries télévisées ('A Deadly Silence', 'The Wonder Years', 'L.A. Law', 'NYPD Blue', ...), David Schwimmer gagne le gros lot en 1994 en signant un contrat qui sera reconduit pendant 10 ans. 'Friends' fait un carton, et révèle au monde une poignée d'acteurs merveilleux dans leurs rôles d'amuseurs sentimentaux! Malheureusement, aucun d'entre eux ne fait une véritable carrière en parallèle, ou après la fin de la série en 2004. Ceux qui s'en sortent le mieux sont Courteney Cox (encore aperçue récemment dans 'Scream 4', sans parler de la série 'Cougar Town'... Dommage que l'excellent 'Dirt' n'ait pas eu de véritable succès), un bref moment Matthew Perry (le feuilleton méconnu mais génial 'Studio 60 on the Sunset Strip', 'The Whole Nine Yards' - avec Bruce Willis, ...), et dans une moindre mesure, mais plus constante, Jennifer Aniston ('The Switch'), ex-compagne de Brad Pitt. Lisa Kudrow et Matt LeBlanc sont nettement plus pathétiques! Mais pour en revenir à David Schwimmer, la carrière de notre homme n'a pas vraiment connu de pics, si ce n'est son apparition assez intéressante et remarquée (vu le personnage à la ramasse) dans 'Band of Brothers', ou celle plus caustique dans 'Curb Your Enthousiasm', voire encore sa prestation vocale dans la franchise animée 'Madagascar'. Qui se souvient de 'Big Nothing' ou 'Nothing But the Truth' (voir l'article sur 'Les Chiens de paille')? Autre corde à son arc, David Schwimmer se pose parfois derrière l'objectif, et endosse le rôle de réalisateur. Nous lui devons quelques téléfilms ('Nevermind Nirvana', 'New Car Smell'), des épisodes de 'Joey' (quelle daube cette série), et 'Little Britain USA', mais aussi le long-métrage pour salles obscures 'Run Fatboy Run', où il retrouve Simon Pegg une nouvelle fois, après 'Big Nothing'. Pas de chef-d'oeuvre à l'horizon, mais une certaine maîtrise de la mise en scène malgré tout 'Trust' opte donc pour le thriller et le drame, et narre l'histoire d'une jeune fille (14 ans) traquée sur Internet par un prédateur sexuel, dont elle s'éprend, et qu'elle rencontrera malheureusement en chair et en os... La bande-annonce donne le ton: sérieux, élégant, visiblement assez bien troussé. Le casting constitue aussi un attrait de choix: Clive Owen, Catherine Keener et la petite nouvelle Liana Liberato, aperçue dans différentes séries, telles que 'Sons of Anarchy', 'House M.D.', 'Cold Case',... Au final, pas de traces dans tout cela du pourquoi de l'implication de Schwimmer dans un tel projet. Mais d'après les premières images, et la note moyenne sur IMDB, nous irions bien faire un tour du côté du cinéma dès la sortie! Conan the Barbarian Marcus Nispel peut difficilement se voir qualifier de réalisateur de films d'auteur... Mais plutôt de géniteur de semi-ratage ('Pathfinder') ou de remakes casse-gueule ('Massacre à la tronçonneuse', 'Vendredi 13')! Le voilà qui s'attaque une fois de plus à un classique indéboulonnable: 'Conan le barbare'. Une guerre des trônes dans laquelle Nispel risque de perdre encore un peu plus de crédibilité? L'avenir nous le dira... Mais n'est pas Zack Snyder qui veut, et ce n'est nullement un blasphème de penser que ce paquebot prend l'eau avant son largage. Mais revenons-en à notre saigneur favori... 'Conan le Barbare' ou 'Conan le Cimmérien' voit le jour en 1932, sous la plume de Robert E. Howard dans une histoire publiée dans le "pulp" Weird Tales.... Ainsi nait l'heroic-fantasy, un style toujours à l'honneur auprès de nombreux geeks amateurs de jeux vidéos ou de rôles. Mais aussi des amateurs de bandes-dessinées (éditées par Marvel Comics puis chez Dark Horse), et autres cinéphiles, notamment grâce à la cinglante incarnation de Conan mis en boîte en 1981 par John Milius, révélant une musculeuse star en devenir: Arnold Schwarzenegger. Ce dernier remettra le couvert à plusieurs reprises, soit dans la peau du cimmérien, ou de personnages proches de celui-ci: 'Conan le destructeur', 'Kalidor',... Pour en revenir à John Milius, force est de reconnaître que s'attaquer à son impeccable vision de l'univers de Howard frôle l'inconscience, ou la mission suicidaire! En effet, 'Conan le barbare' n'a pas tardé à devenir le maître étalon d'un sous-genre cinématographique encore d'actualité (ne fut-ce qu'à travers l'adaptation des livres de Tolkien) de nos jours, de par une perfection à tous les étages. Schwarzy affiche une plastique démesurée qui sied parfaitement au personnage, son jeu peu subtil en rajoute une couche! Il se voit "secondé" par des acteurs hors pair: James Earl Jones, Max von Sydow, ... Milius n'hésite par à se lancer dans la pure barbarie quand c'est nécessaire, ou encore à faire appel à un érotisme fumeux, mélangé parfois à de la sorcellerie. Les combats à l'épée déchirent, transcendés par la puissante musique de Basil Poledouris. Évidemment, tout cela ne laisse pas trop de latitude à Nispel! D'autant que son acteur principal, Jason Momoa, la nouvelle incarnation de Conan, nous prouve semaine après semaine qu'il a le charisme d'une crotte de nez géante à la voix gutturale... Pour preuve, c'est lui qui interprète avec un sérieux papal et un non-talent provoquant des fous-rires, Khal Drogo dans la série 'Game of Thrones'! Les bandes-annonces ne sont pas trop rassurantes. Mais allez, nous ferons un détour par les salles obscures malgré tout, afin de ne pas louper les quelques moments forts certainement présents, tout comme dans 'Pathfinder'. Un film moyen, mais pas totalement dénué de charme, et un peu vite passé à la trappe malgré tout.
Documents pareils
TT 91 FR.indd - Filmfestivals.com
Pop, Disco... J’adore la musique, je pourrais
en parler à longueur de journée!!!
Hugh, on dirait pourtant que vous avez
le New Age dans la peau!
Hugh Grant: Complètement bidon! L’aspect
musical de ...