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© Copyright Bisbas Publishing SA 2007
A tous les éleveurs, sans qui nous n’aurions pas nos chiens, en hommage
à leur amour du chien,
à leur travail difficile et parfois dramatique,
à leurs nuits blanches,
à toutes leurs dépenses, d’énergie, de temps et d’argent.
Michel Hasbrouck
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Du même auteur
Le Dressage Tendresse, Marabout, 1994, L'Archipel 2003, LEDUC.S 2006
Traduit en anglais par Jean Gill, Gentle Dog Training, Souvenir Press, 2007
Traduit en russe par Marina Caroff, Dresseerwem Laskoy, Bisbas 2008
Le berger allemand, Gisserot, 1995.
Le métier de maître-chien, Gisserot, 1995.
Le cocker, Gisserot, 1996.
L’éducation du chien pour la ville, Gisserot, 1997.
Bien vivre avec son chien, Gisserot, 1998.
L’arrivée du chiot, 2006.
En collaboration
J’éduque mon chien, Solar, 1989.
The German Shepherd Book, Hoflin, 1985.
L’Art du ring, Suran, 1984.
Le Livre des chiens, Solar, 1983.
Traductions
Le Chien d’agility, La Vie animale, 1987. (The agility dog, Peter Lewis)
L’Odeur & Chien de pistage, Suran, 1982. (Scent & the scenting dog, W. Syrotuck)
Le Chien de défense, le mordant, Bornemann, 1980. (Der Schutzhund, H. Raiser)
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Avant-propos : le jour J
1. La préparation (le matériel, le liclos, les assurances, la liste d’urgences)
2. Qu’est-ce qu’un chiot ? (questions des débutants, votre chiot est unique, déjà
expérimenté, un animal d’apprentissage, un sacré nez, le langage ses gestes, ses
pulsions, le dominant, ses antennes)
3. Les papiers officiels (attention aux usines à chiots, identification, cas d’annulation
de vente, dysplasie de la hanche)
4. En voiture (où le placer, la ligne d’horizon, le vieux pull, une conduite coulée)
5. Son nouveau logement (son coin sommeil, son minimum vital, le box, la niche, un
chenil impeccable, sa première nuit)
6. Soyez bienveillant (tests de comportement, bien saisir un chiot, attention au
stress de séparation, une réprimande pour 10 000 compliments, punitions, ni coups ni
cris, soyez plus malin que le chiot, tonnes de tendresse, banalisez vos allées et venues)
7. La santé du chiot (conseils santé de l’éleveur, l’examen de routine)
8. La sécurité (malveillance et bêtise, dangers à I’extérieur et dans la maison)
9. L’eau, source de vie (la régulation thermique, l’eau sale, l’eau en voyage, le coup
de chaleur, le coup de froid)
10. Les repas (le self service, le réflexe gamelle, refus d’appâts, bonnes manières)
11. La propreté (un chiot est propre de nature, ne soyez pas un tigre de papier,
soyez intelligent, la technique du journal, le nez dedans, une bonne recette pour la
moquette, l’apprentissage de la propreté avec le liclos, le pipi d’émotion, le pipi de peur)
12. La promenade (le jeu pour l’équilibre, la sortie en sécurité, le manteau, les
accessoires indispensables, la prévention d’abord, le collier insecticide, la médaille)
13. La maternelle du chiot (rappel, marche en laisse, le couché, initiation sportive,
les dressages inverses, le pistage, la fatigue, un expert du dressage)
14. L’apprentissage de la solitude (l’assurance, les destructions, les aboiements,
une présence en votre absence)
15. Les problèmes classiques (aboyeur, mordilleur, trous dans le gazon, agression
vers le facteur, dangers, fugueur, les autres chiens, il saute sur vous, l’aide-jardinier, le
char d’assaut, votre chiot se roule dans des immondices, il mange ses crottes)
En conclusion : prudence et modération
Nos produits sélectionnés
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Avant-propos : le jour J
Voilà. Il est là, devant vous. Vous l’attendiez depuis si longtemps ! Dans un instant, il
sera à vous. Juste le temps de régler quelques formalités, de signer la carte de tatouage,
de payer peut-être, et vous changerez de vie.
Mais pourquoi tant d’acheteurs de chiots passent-ils si rapidement du nirvana à
l’enfer ? Pourquoi tant de bons jeunes chiens finissent-ils prématurément leur vie dans
une fourrière après avoir été abandonnés par des gens excédés ? Et pourquoi tellement
de plaintes pour nuisances incessantes aboutissent-elles dans les commissariats de
quartier ?
Tout simplement parce que beaucoup de gens ne connaissent pas le mode d’emploi
de leurs compagnons à quatre pattes. La bonne manière de prendre son chiot, de le tenir
sous contrôle, de réagir face aux problèmes, ou de se comporter quand tout va bien,
autant de thèmes que nous aborderons ici en essayant de brosser le panorama le plus
étendu de la vie avec son nouveau compagnon canin.
Certes, vous ne saurez pas tout quand vous aurez tourné la dernière page de cet
ouvrage. Ce serait extraordinaire de pouvoir apprendre à nager, à skier ou à parler
Chinois rien qu’en lisant un livre. Il vous manquera le savoir-faire, le coup d’oeil, la
synchronisation des gestes. Mais vous aurez découvert de vraies réponses.
Depuis Anubis, le premier canidé de l’Antiquité, des légions de passionnés ont
approfondi l’art d’éduquer et d’entraîner les chiots. Depuis l’invention de l’imprimerie et le
développement des moyens de communication, les cynophiles ont pu passer de la
tradition orale à la transmission écrite.
Chaque mot que vous lirez ici provient d’abord d’un apprentissage empirique, traditionnel, puisé à l’école la plus difficile, celle des grands maîtres franco-belges, ensuite
de mon expérience d’enseignant, puis de mes lectures des œuvres de comportementalistes célèbres, tels Trumler ou Hart.
Chaque mot a été passé à l’épreuve de l’efficacité auprès de mes chiens personnels
d’abord, et des milliers de propriétaires qui m’ont fait confiance, ou qui ont fait confiance à
mes collaborateurs, pour l’éducation, la rééducation ou la préparation de leurs chiots à la
vie dans la société humaine, et qui nous ont demandé de leur enseigner le rôle du bon
maître.
Les as du chien écrivent peu. Ils savent bien que leurs méthodes, leurs
comportements, leurs exigences, évoluent avec le temps. Ils ont appris que tous les
animaux sont différents, qu’il faut s’adapter, se remettre en cause, à chaque instant. Je
ne vous assommerai donc pas avec des variations de détails. Dans vingt ans je ne
travaillerai pas les successeurs de mon Hero exactement à ma manière d’aujourd’hui.
Mais je resterai fidèle à ma philosophie de toujours : un minimum de contrainte, un
maximum de récompenses, et l’envie de toujours en savoir plus sur le chien, cet être
tellement merveilleux !
En attendant, prenez déjà quelques photos en gros plan de votre nouveau
compagnon : ce seront des souvenirs, et, surtout, vous disposerez d’un outil excellent si
votre chiot se perdait...
Michel HASBROUCK dogmasters.com
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Chapitre 1. Préparez-vous !
Visitez les animaleries et magasins spécialisés de votre région. Sachez où on vend
nourritures et articles canins, et où on pourra toiletter votre futur animal.
Choisissez votre vétérinaire.
Le matériel (voyez le dernier chapitre)
Achetez ou bricolez un matériel quasiment indispensable :
• un collier pour chiot
• une laisse fine de 2m de long
• une ficelle fine et solide de 10 m, genre fil de boucher
• quelques jouets tendres en caoutchouc à mordiller
• un liclos largement assez vaste pour votre futur compagnon à quatre pattes
(voyez le dernier chapitre «Mes produits sélectionnés»)
• deux gamelles, pour l’eau et la nourriture
• quelques vieux habits moelleux, ou un tapis pour chiens
• si vous voulez lui permettre de sortir seul, installez chez vous une trappe à
bascule dans une porte qui donne vers l’extérieur.
Un outil quasi-indispensable : le liclos
Adapté de l’ancien lit-clos d’antan, où les seigneurs et les riches dormaient à l’abri,
il possède de multiples avantages.
Une citation de Rolan Tripp, docteur-vétérinaire, (université de Californie, Davis,
1979), auteur du livre « Gérer la perception animale » : « Organiser la vie de votre chien
au moyen de son liclos, bien à lui, c’est une excellent formule, douce et intelligente. Les
chiens descendent du loup, ils possèdent donc l’instinct du nid. Parfois, vous voyez votre
chien se coucher sous une table pour dormir. Il essaie seulement de retrouver son nid…
son nid personnel où il peut se réfugier à volonté quand il en a besoin, pour se reposer ou
laisser passer un stress. »
Un liclos, c’est une boîte ! C’est l’appartement de votre Mirza. Si vous vous sentez
une âme de bricoleur, vous qu’on surnomme le Boulle du Louis Caisse, fabriquez donc
un parallélépipède où votre chiot pourra se retourner à l’aise. Ne faites pas forcément
trop grand : dans la nature, les canidés dorment dans un fond de boyau juste à leur taille !
Placez une porte grillagée à l’entrée de votre petit Chenonceaux canin. Les
premières nuits, ne fermez pas cette porte quand votre trésor de curiosité y entrera pour
déguster le morceau de gruyère ou la rondelle de salami que vous y aurez déposée. Ce
n’est pas une prison, c’est sa maison !
L’intérieur doit être sombre. Si vous construisez cette boîte en grillage fort ou en
treillis soudé, étendez dessus une nappe ou une couverture qui apporteront la pénombre
bienfaisante, mais laissez l’accès libre : de l’intérieur, le petit animal pourra ainsi vous
observer et enrichir ses connaissances sur l’humanité.
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En votre absence, votre chien détruit les rideaux ? Urine sur les moquettes ? Lacère
l’intérieur de votre porte de maison ? Quand il est en mue, vous ne voulez pas de poils
sur votre robe de soirée ? Vous voulez vous habiller et sortir sans problème ? Vous ne
supportez pas d’être dérangé par Médor pendant que vous travaillez ou dormez ? Vous
refusez que Finette asperge le sol de gouttes rouges pendant ses chaleurs ? Vous
souhaitez disposer d’un endroit où le chien pourrait se reposer tranquillement après un
traitement médical ou un accident ? Vous préférez protéger votre animal de la nervosité
de vos neveux venus en visite ? Vous voulez recevoir sans souci vos voisins qui n’aiment
pas les chiens ? Vous refusez que votre chien, rentrant boueux de sa promenade, sèche
dans la maison en éparpillant la poussière un peu partout ?
Alors, voici une solution très pratique, qui vous évite de vous gendarmer à tout
propos : le liclos.
C’est tout simplement la petite chambrette personnelle de votre compagnon à 4
pattes. Sa particularité ? Etre bien aérée et avoir une porte solide que vous pouvez
fermer. Autrefois, on la fabriquait en bois. Aujourd’hui, divers fabricants sont arrivés sur le
marché avec des caissons en matière plastique.
Avec un liclos, fini le vandalisme en votre absence ; vous pouvez bloquer votre
adorable porte crocs quand vous vous absentez momentanément.
C’est également une meilleure sécurité en cas d’accident. Les boîtes en plastique
de transport par avion sont calculées anti-crushing, c’est-à-dire anti-écrasement. Si vous
placez le liclos sur votre siège arrière, le chien à l’intérieur, l’animal sera très bien protégé
au cas où votre véhicule serait pris dans un carambolage. Evidemment, cet accessoire ne
résout pas tout. Rien ne résiste à la chute d’un jumbo jet, que l’animal soit dans l’avion ou
dans la voiture écrasée dessous. Mais il apporte une solution simple à bien des
problèmes.
Dès son apparition, aux Etats-Unis, vers 1980, la Vari Kennel de la Doskocil
Manufacturing Company devint un immense succès, jamais démenti depuis. D’autres
fabricants de caissons en plastique sont maintenant sur le marché, à côté d’une multitude
de fournisseurs de cages pliables en treillis de fer soudé.
Lavables sous pulvérisateur à pression, bien aérées grâce à trois parois à
ouvertures protégées, ou totalement aérées dans le cas des cages en grillage, elles
répondent parfaitement aux besoins du chien dans la maison.
Dans de nombreux hôtels aux USA, quand on arrive avec un chien, on peut louer
une pièce seulement si on arrive avec un liclos. Les aubergistes américains ne veulent
plus devoir réparer leurs chambres au départ des chiens !
Faire accepter le liclos
Si vous avez choisi la cage grillagée, posez dessus un drap ou une couverture, pour
créer une atmosphère sombre, propice au repos.
Votre chien doit vouloir y aller de lui-même. Alors, ne refermez pas la porte ; laissez
votre quadrupède libre d’y entrer puis d’en sortir. Au début, donnez-lui même sa
nourriture à l’intérieur de la boîte. Pendez-y, dans un coin, une gamelle d’eau. Tout doit
être tenté pour développer l’attrait de cet endroit. Mettez dedans ses jouets favoris et
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quelques friandises. Placez-y son tapis. Les meilleurs matelas s’appellent Drybed, vous
les trouvez sur le catalogue dogmasters.com
Quand l’animal accepte volontiers de pénétrer de lui-même dans sa boîte, vous
pouvez maintenant l’y enfermer.
N’utilisez jamais le liclos pour punir votre chien comme si vous le mettiez en prison
ou au coin. Il le prendrait en grippe.
Ne le sortez pas non plus de force quand il veut y rester : vous risqueriez qu’il se
croie attaqué…
Quelle taille ?
Comptez, en gros, un volume de liclos qui permette au chien de se lever, de se
retourner et de se coucher confortablement. Mais l’idéal, pour l’usage en intérieur, c’est la
plus grande taille, « dogue allemand », même pour un Yorkshire. Il peut y vivre à l’aise.
Vérifiez seulement qu’il n’y fasse ni trop chaud, ni trop humide. Lavez souvent le tapis.
Les assurances
Avertissez votre assureur de votre acquisition, qu’il établisse si nécessaire un
avenant à votre police de responsabilité civile.
Assurez votre futur chiot au moins contre les risques de maladie et d’accidents.
Vérifiez la réalité de votre assurance !
Votre contrat responsabilité civile (généralement inclus dans votre multirisque
habitation) englobe la couverture des dégâts que votre chien peut commettre dans le
cadre de votre vie privée. Cependant certaines compagnies excluent les chiens dits
“dangereux” (1ère et 2 ème catégorie selon la loi du 6 janvier 1999), et les dommages
occasionnés lors de votre participation à des concours, expositions ou compétitions.
Vérifiez ces points sur votre contrat et interrogez votre assureur : quelquefois, il faut
souscrire une assurance supplémentaire.
Depuis quelques années sont apparues sur le marché des polices « sécurité sociale
canine ». Les contrats prévoient souvent une franchise - vous n’êtes pas remboursé
intégralement - et un délai assez long d’attente entre le jour de la souscription et la prise
d’effet de la garantie (en maladie) : le délai de carence.
Voici les garanties, qui peuvent être incluses, des différents contrats, lesquels
s’échelonnent généralement de 100 à 300 euros :
• tous les frais chirurgicaux ou médicaux suite à accidents ou maladies,
• vaccinations,
• assurance-hospitalisation,
• assurance-décès,
• frais de garde du chien au chenil suite à une hospitalisation du maître ou de son
conjoint,
• frais d’annulation de voyage si l’animal est hospitalisé,
• petites annonces après perte ou vol,
• frais d’incinération,
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•
•
•
•
•
•
frais engagés sur prescription vétérinaire,
mortalité et perte d’exploitation,
incapacité de reproduction et d’entraînement aux concours,
suites d’accident, suites d’accident et de maladie,
recherche d’animal perdu,
radiographies, etc.
La liste des services utiles
Constituez une liste des adresses utiles et des services d’urgence :
• vétérinaires locaux
• pompiers
• gendarmerie ou police
• refuges et fourrières
• taxi canin
• pensions canines
• salons de toilettage
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Chapitre 2. Qu’est-ce qu’un chiot ?
Les questions des débutants
Ne vous sentez pas ridicules de vous les poser, et, surtout, de demander conseil.
Sur www.dogmasters.com, je réponds gratuitement à toutes les interrogations canines,
sauf celles qui concernent les vétérinaires. En voici quelques-unes, parmi les plus
fréquentes.
Quelle race choisir ?
Tous les chiens sont des canidés. Ne comptez pas trop sur des caractéristiques de
comportement spéciales à telle ou telle race. Quelle que soit la race que vous choisissez,
contentez-vous de refuser un animal peureux, même seulement un peu craintif.
Mais malgré tout, si vous souhaitez acheter un animal de compagnie agréable, je
peux prudemment vous conseiller, en petites races, le cavalier King Charles, en race
moyenne, le bouledogue anglais, en grande race, le berger allemand, et, chez les
molosses, le mastiff anglais.
Attention, selon les pays, certaines races sont interdites. Si, habitant l’Espagne,
vous voulez entrer en France avec votre pitbull, vous aurez de gros soucis…
Renseignez-vous avant de pénétrer avec votre chiot dans un pays étranger.
Où faut-il l’acheter ?
Dans l’idéal, chez un petit éleveur spécialiste de la race. Mais n’hésitez pas à
acquérir un chiot dans une animalerie, chez un gros éleveur multiraces, ou chez un de
vos voisins, éleveur de hasard, à l’expresse condition que cet animal présente un
caractère ouvert, qu’il ne soit pas craintif, ni malade, et, bien sûr, qu’il vous plaise.
Un ou plusieurs ?
Je préconise toujours d’avoir deux chiens, ainsi ils ne s’ennuient pas quand vous
êtes absent. En tout état de cause, prenez deux mâles ou bien un mâle et une femelle,
pas deux femelles. Sachez quand même que trois chiens, ça fait une meute. C’est
autrement plus compliqué que deux !
Il faut le sortir tous les quand ?
Au début, le plus souvent possible. Et surtout, à chaque fois que votre chien montre
clairement qu’il a besoin de sortir.
Quand sera-t-il propre ?
Il devrait déjà être propre. Soyez quand même patient au cours des premiers jours.
Ne vous mettez pas en colère, ne criez pas, s’il fait ses besoins à l’intérieur de votre
logement.
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Comment faut-il le nourrir ?
Le self service représente, à mes yeux, la meilleure des solutions. N’utilisez en
aucun cas la nourriture comme un outil de dressage, d’éducation ou de prise de pouvoir
sur votre chiot. Ne croyez pas les gens qui vous racontent qu’il faut nourrir votre élève
seulement une fois que vous-même avez terminé votre repas.
Que faire s’il refuse de manger ?
Si vous avez choisi un bon aliment, laissez-le à sa disposition à plein temps. Mettezy quelques gouttes d’une sauce appétissante. Si le refus devait durer deux jours, voyez le
vétérinaire.
A-t-il besoin d’un manteau pour sortir ?
Oui, au début, si vous le promenez longtemps par mauvais temps, surtout s’il
appartient à une race d’agrément. Ou s’il fait très chaud chez vous et froid dehors. Ou si
votre chiot n’est pas dans une santé éblouissante.
Aura-t-il assez de place à la maison ?
Bien sûr ! Un chauffeur de poids lourds accorde combien de mètres carrés à son
chien dans sa cabine, d’après vous ? Pourtant, son chien est le plus heureux du monde,
parce qu’il vit auprès de son maître. Un chiot n’a pas besoin d’espace infini, il a besoin de
la présence de son maître.
Combien de temps peut-il rester seul ?
Largement assez pour vous permettre d’aller travailler une journée entière. De la
même manière qu’il peut rester seul pendant toute une longue nuit en hiver.
Quels jouets acheter ?
Tant qu’il aura ses dents de lait, préférez les jouets en caoutchouc ou en nylon
souple. Assez volumineux pour qu’il ne puisse pas les avaler entiers ou en gros
morceaux et mourir étouffé.
A quel âge faut-il commencer son obéissance ?
Le plus tôt possible, comme l’a fait sa mère.
Avec quoi faut-il nettoyer ses pipis ?
Avec du vinaigre blanc.
Faut-il aller chez le toiletteur ?
Attendez que son poil d’adulte ait remplacé sa laine de bébé. Sauf s’il sent
réellement très mauvais...
Comment choisir son vétérinaire ?
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Questionnez les professionnels de votre secteur, les salons de toilettage, les
éleveurs, les pensions, les dresseurs.
Quels dangers le guettent ?
Tous. Soyez extrêmement vigilant.
Comment préparer les enfants à vivre avec un chiot ?
En les obligeant, plus que d’habitude, à ne pas crier, ni faire de geste brusque, ni se
mettre en colère. Ils ne doivent pas considérer le chiot qui arrive comme un nouveau
jouet. Ils doivent apprendre à se contrôler.
Faut-il le laisser caresser par des étrangers ?
Non. On ne laisse pas les étrangers caresser nos enfants.
A-t-il besoin impérativement d’une niche ?
Non. S’il peut se mettre à l’abri du vent et de la pluie dans un garage ou sous un
auvent. Bien des chiens délaissent leur niche toute neuve mais mal située à leur goût, et
préfèrent les basses branches d’un arbuste touffu.
Votre chiot est unique !
Pourtant, il présentera de nombreux points communs avec ses congénères, sa race,
sa lignée. Alors, si vous allez chez son éleveur, inquiétez-vous de cette famille,
demandez à voir les parents, les frères et les sœurs, si c’est possible. Vous en retirerez
un éclairage fort utile.
Tous les chiens sont les mêmes. Ils se ressemblent exactement comme tous les
tableaux de toute la peinture, passée et future, se ressemblent. Un tableau, c’est toujours
un support avec une trace colorée dessus. Un chien, c’est toujours des pattes, un
museau et un nez. Mais voilà, si deux tableaux sont à vue d’œil parfaitement identiques
l’un à l’autre, vous savez qu’il y a au moins un faussaire quelque part : il n’existe pas
deux oeuvres pareilles.
« Ah quelle histoire ! Ce chien-ci ne cesse pas de me causer des tracas. J’ai
pourtant eu d’autres animaux de la même race pendant trente-quatre ans, qui ont tous
été adorables. Je ne comprends pas pourquoi celui-ci me fait tant de misères ! »
J’entends cette complainte presque chaque jour. Elle s’appuie sur la conviction
fausse que le ramage ressemble au plumage. Or, dans chacune des portées des races
répertoriées par la Fédération cynologique internationale et par les Kennel clubs, vous
découvrirez de tout et le contraire de tout. Vous verrez des fox placides, des golden
retrievers dangereux et des labradors maigres. Pourtant Dieu sait si, en général, les fox
peuvent être nerveux et les golden retrievers amicaux. Sans parler des labradors qui,
eux, grossissent sans manger, rien qu’en respirant...
Votre chien, votre chiot, possède une personnalité unique.
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Il est capable de n’avoir rien de commun avec ses parents. Peut-être un grand-père
de cinquième génération lui a-t-il transmis, par delà un quart de siècle, un trait dominant,
le goût de l’aboiement par exemple, dont aucun autre animal de la famille n’a jamais été
porteur ? Peut-être l’éleveur a-t-il déclenché chez lui sans le savoir le plaisir du
braconnage, pour l’avoir caressé juste après qu’il ait mis en fuite une souris que lui seul
avait vue ? Et surtout, vous-même vous l’imprégnerez jour après jour par votre comportement et vos manies.
Ce petit bout de chou, qui vous réchauffe les mains, ne sort pas du néant vaste et
noir. Dans le meilleur des cas, il provient des mains d’un éleveur véritable, d’un
passionné qui connaît par coeur chacun des ancêtres, sur dix générations, de votre chiot.
Au pire, vous avez devant vous un marchand de chiens. En tout état de cause,
demandez au vendeur un maximum de conseils.
L’éleveur, et même le marchand des quais de Paris, connaît les erreurs qui rendent
les chiots malades : il a intérêt, du simple point de vue de son porte-monnaie, à vous en
faire part. En outre, beaucoup de ces commerçants, des vendeurs en animalerie, aiment
vraiment le chien.
Si on vous l’accorde, observez avec attention les parents de votre nouvel adopté.
Regardez surtout leur attitude. Sont-ils doux, agressifs, renfermés, expansifs, gais,
tristes, aboyeurs ou silencieux ?
Certes, vous modifierez la conduite de votre Milou, si vous faites ensuite appel à un
bon dresseur, mais vous ne pourrez pas tout changer à fond.
Les règles de la génétique sont fort complexes, mais on peut retenir facilement la
première loi de Mendel. Croisez une souris blanche et une souris grise : s’ils ont huit
petits, deux seront blanc pur (25 %), deux seront gris pur (25 %), quatre seront entre les
deux (50%).
Votre chiot ressemble donc, ou bien beaucoup à son père, ou bien beaucoup à sa
mère, mais il peut aussi emprunter quelque chose à chacun d’eux.
La ressemblance physique, c’est du concret. Les similitudes du caractère sont
beaucoup moins évidentes, mais elles existent bien sûr. Les spécialistes parlent
d’influences intérieures (endo) et extérieures (exo).
L’imprégnation sur le comportement de la mère n’appartient pas aux causes
intérieures, génétiques. La femelle qui met bas ne va pas se contenter d’allaiter sa
portée. Elle lui transmet, à la fois par ses chromosomes et par son attitude, toute une
série de comportements. Certains tics appartiennent au domaine du défaut, comme
l’aboiement pour un oui ou pour un non, ou comme la peur panique de l’étranger.
D’autres caractéristiques sont éminemment souhaitables, le calme et la confiance
en soi par exemple.
Scrutez la conduite de la mère : elle a déteint pendant sur votre nouveau protégé.
En effet, même dans les pires usines à chiots, on laisse les petits avec leur mère jusqu’au
sevrage : il suffit de nourrir la femelle, celle-ci en outre se charge de nettoyer les crottes
en les avalant tant que les jeunes sont nourris exclusivement avec son lait !
Nous savons désormais que la maturation mentale du chiot connaît trois seuils :
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• la période néo-natale juvénile, de la naissance à l’âge de deux semaines,
• la période d’éveil, jusqu’à la fin du premier mois,
• et la période de sociabilisation, qui se termine entre les douzième et quatorzième
semaines.
•
Il faut bien prendre garde à cette fatidique douzième semaine. Pour les animaux les
plus précoces, peut-être le vôtre en est-il, sa période de sociabilisation primaire est
terminée. Les grandes lignes sont fixées : toutes les espèces vivantes qui ont approché le
chiot seront, durant toute sa vie, considérées par lui comme des amies. Toutes les autres
provoqueront au minimum un sentiment de suspicion : est-ce un ennemi, ou une proie?
Un chiot déjà expérimenté
La nature, en effet, a prévu un garde-fou : si à l’état sauvage le chien réagissait en
démontrant de l’amitié à toute rencontre nouvelle, il ne mangerait pas souvent !
Ce chiot qui vous regarde avec intérêt a déjà subi de multiples agressions.
Inquiétez-vous de savoir comment il a réagi au sevrage.
Vers la fin de la quatrième semaine, le lait de sa mère a commencé à ne plus suffire.
Il y a eu des bagarres. Comment s’est comporté votre petit protégé lorsque ses frères et
sœurs l’ont repoussé, ou lorsqu’il les a combattus ? La plupart du temps, après de
féroces assauts à coups de dents bien pointues, on assiste à un retour durable au calme.
Au lieu des bagarres se déroulent désormais des rituels plus pacifiques, appui des pattes
sur le dos de l’arrivant, postures de soumission ou recul des plus faibles.
La nature préfère l’économie. Si les chiots ne savaient pas se calmer, s’ils
s’entretuaient tous, l’espèce disparaîtrait en une génération...
Votre nouvel élève donc ne ressemble pas à une feuille vierge. Il a vécu une histoire
avant de parvenir dans vos bras. Renseignez-vous sur lui. Si vous avez devant vous un
éleveur digne de ce nom, pas un naisseur, vous apprendrez beaucoup de détails
importants. Par exemple, comment s’est comporté votre protégé lorsque ses frères l’ont
repoussé ou lorsqu’il les a combattus ?
En un mot, demandez à votre éleveur toutes les indications utiles sur le passé de
votre chiot et sur sa lignée. Vous pourrez modifier votre comportement à bon escient,
pour le bien de votre avenir commun.
« Tel maître, tel chien », le vieil adage reste vrai, même s’il faut le nuancer : on vous
offre un chien, il vit auprès de vous pendant un mois, cela ne suffit pas à le rendre
semblable à vous.
En raison donc de causes internes, comme l’influence de ses ancêtres, ou sa taille,
et de causes externes, comme l’action sur lui de son environnement ou l’état de sa santé,
votre chiot n’est identique à aucun autre. Vous n’en avez jamais possédé un comme lui,
vous ne retrouverez jamais le même.
Les standards de races prennent presque uniquement en compte l’aspect physique :
taille au garrot, couleur, texture du poil. Vous vous tromperez si vous vous fiez pour le
caractère à la référence annoncée dans un standard.
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Dans tous les clubs de race, des juges ont accepté de primer en exposition des
étalons épouvantables sur le plan du comportement, mais qu’ils trouvaient très beaux.
Tous les standards accordent quelques lignes au caractère, presque rien en comparaison
du luxe des détails qui y définissent la silhouette et l’allure.
Chaque standard définit son caractère idéal. Les auteurs d’encyclopédies canines à
grande diffusion veulent vous faire croire que ce caractère idéal appartient
automatiquement à chacun des sujets de la race. Soyez plutôt prêt à accepter l’inattendu
: que votre briard ne sera pas un sage-hardi, ou que votre setter ne fera preuve d’aucun
goût pour la chasse.
Maintenant, il reste évident que votre petite boule de poils aura très probablement
plus tard de nombreux points communs avec ses congénères d’abord, sa race ensuite, et
enfin, surtout, avec sa famille proche, sa parentèle : frères, sœurs, parents. Vous avez
donc tout intérêt à vous inquiéter de cette famille. Je le répète : demandez à la voir, si
c’est possible. Observez chacun de ses membres, vous en retirerez un éclairage fort utile
pour votre action future.
Un animal d’apprentissage
Vous serez guetté par un danger sournois, celui de croire que, par exemple, puisque
toute la portée de votre chiot aboie beaucoup, il n’y aura rien à faire pour guérir votre
protégé de ce défaut. Méfiez-vous des formules à l’emporte-pièce, énoncées d’un air
pénétré par la plupart des gens, et surtout par ceux que les grands spécialistes appellent
les « dresseurs Kro », ceux qui ne quittent jamais le bar de leur club canin.
Bien souvent, leur compétence se résume à la répétition de lieux communs : « cette
race, bien trop indépendante, ne peut pas obéir au rappel » ; « cette race n’obéit qu’à un
seul maître » ; « avant six mois, douze mois, un an et demi, ou après trois ans, un chien
ne peut pas être éduqué ou rééduqué », etc.
Le chien est avant tout un formidable animal d’apprentissage, comme le dit
Eberhardt Trumler. Depuis plus d’un demi-siècle, j’en ai vu défiler, de toutes les formes et
de toutes les difficultés. Pratiquement toujours les problèmes sont résolus en un jour et
demi. A condition de connaître les boutons et les ressorts cachés, on peut tout demander
à un chien. Enfin, presque tout : à ma connaissance, aucun animal ne sait ranger la
vaisselle.
Il n’y a pas de cas désespéré : j’en suis encore à la recherche du fou irrécupérable.
Beaucoup de vétérinaires ou d’éleveurs arrivent en disant : « vous êtes la dernière
chance de ce chien. Il a mordu, remordu, on l’a fait passer dans tel ou tel club où on me
l’a rendu méchant, il faut le piquer ! »
Or, à toutes les fois, quand le maître apprend à bien faire et applique ce qu’il a
appris, le chien redevient stable, gentil, normal, en moins de deux jours. Pourquoi ?
Parce qu’il est un animal d’apprentissage !
Le loup et le chien descendent d’un même ancêtre. Le premier reste sauvage,
peureux, fermé, le second a été sélectionné au cours de plusieurs millénaires sur ses
qualités d’adaptation, sur son courage, son aptitude à supporter la volonté de l’homme,
sur son efficacité.
15
Le chien est un animal admirable. Après tant d’années, je m’émerveille encore à
chaque fois de la rapidité avec laquelle il modifie durablement son attitude. Rien n’est
jamais perdu avec notre brave compagnon à quatre pattes. On peut vraiment tout
rattraper. L’euthanasie pour raison de mauvais comportement est seulement le fait des
gens qui croient aux anciennes formules : « en vieillissant le berger allemand devient
fou » ; « un doberman qui a mordu, remordra toujours » ; « j’ai amené mon labrador au
dressage, cela l’a rendu méchant ».
Il y a du vrai dans la sagesse populaire, mais il faut savoir faire la part des choses.
Le dressage au travail mordant, garde et défense, appartient au domaine du spécialiste,
qu’il soit professionnel de la sécurité ou, idéalement, qu’il soit concurrent de concours de
haut niveau.
Démarrer un chien à l’attaque sans connaître de solides éléments du contrôle sur
cet animal, cela revient, selon la célèbre formule du grand écuyer Baucher, à remettre
« un rasoir entre les mains d’un singe ! »
En revanche, un chien de berger, bien réglé, qui sait tout faire, et son contraire, offre
toujours un spectacle enthousiasmant quand il travaille, tellement il joue en communion
mentale avec son conducteur.
Canalisez en souplesse l’énergie de votre chiot, puis de votre jeune chien.
Accompagnez ses bons mouvements. Vous serez surpris de la facilité avec laquelle vous
lui apprendrez son métier plus tard.
Tout se révèle plus facile avec un jeune animal. Attention pourtant : dans certaines
lignées de chiens faciles, vos fautes n’ont pas de conséquences trop graves, si vous ne
les réitérez pas trop fréquemment, puisque avec ces animaux souples on peut
rapidement tout faire et tout défaire. Dans d’autres familles, ce qui est inscrit s’efface fort
difficilement. Un très bon chiot apprend merveilleusement vite. Y compris comment faire
des fautes !
Un sacré nez !
Quand j’étais chien, dans une vie antérieure, mon maître ne saisissait pas pourquoi
je me levais seulement quand il avait réellement décidé de me faire sortir. Cet ahuri ne
savait pas que, juste à ce moment-là, il se mettait à sentir la cannelle verte. Pourquoi la
cannelle verte ? Je n’en savais rien, mais j’avais noté le fait...
La plus grande qualité du chien est, bizarrement, assez peu connue. Or, avant tout,
le chien est un nez. Si on déplie toute la surface des cellules de son odorat, on obtient
une couverture qui peut l’envelopper entièrement. En comparaison, l’homme dispose
d’une surface olfactive d’environ 4 centimètres carrés.
Le chien réagit essentiellement par son nez. Il ne dispose pas, comme nous, d’une
vue très efficace. Il ne voit pas son maître quand celui-ci reste totalement immobile à
deux pas de lui. Il saisit mal les nuances de couleurs. Mais, grâce à son nez, d’entre deux
traces de pas sur le sol il choisit sans l’ombre d’un doute celle qui appartient à la
personne qu’il veut retrouver.
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Souvent, nous, les humains, ne comprenons pas pourquoi notre meilleur
compagnon a compris telle ou telle de nos intentions : il a tout simplement identifié une
odeur particulière que nous venons d’émettre à notre insu !
Le langage des gestes
Dans la même vie antérieure, ma maîtresse s’émerveillait de me trouver devant la
porte de la cuisine à six heures tapantes, chaque jour que Dieu faisait. Elle n’avait pas
compris que je savais lire l’horloge. Cette dame, très méticuleuse, préparait mon repas
tous les jours quand la petite aiguille était dirigée pile vers le bas et la grande pile vers le
haut. Il ne m’avait pas fallu plus de trois jours pour noter ce détail !
Le chien est véritablement le champion de la communication non orale, le virtuose
de l’interprétation des mouvements et des gestes.
Ses pulsions
Le chien réagit en suivant trois puisions vitales : la survie, la reproduction, l’esprit de
meute. Appuyez-vous sur ces trois pieds.
Les deux premiers ne peuvent pas être sollicités indéfiniment. Quand votre petit
glouton a gobé cinq kilos de viande, vous ne l’intéressez plus en lui présentant un beau
morceau de foie : il n’en veut plus ! Lorsqu’un étalon a couvert quatre femelles dans la
demi-journée, un malfaiteur peut toujours essayer de la distraire en agitant devant son
museau un chiffon imprégné de l’odeur d’une chienne en saison : il s’en tamponnera la
coquillette ! Au contraire, la troisième pulsion, l’esprit de tribu, peut toujours être activée.
Depuis le tomarctus, son grand ancêtre, qui vivait sur notre globe voici vingt millions
d’années, le canidé vit et chasse en meute. Il n’en va pas de même du félin domestique,
le chat, qui aime la solitude. Voilà environ 100.000 années, les hommes de Neandertal
comprirent tout le parti qu’ils pouvaient tirer du loup du quaternaire s’il était bien
apprivoisé.
Cet animal leur procurait compagnie et sécurité, et améliorait radicalement leur
efficacité à la chasse. Peu à peu ils sélectionnèrent les souches les plus intéressantes : le
chien domestique était né. Notre brave cabot possède donc au plus profond de son être
des caractéristiques dont malheureusement nous tendons à nous écarter, et que donc
nous délaissons pour nous-mêmes : respect de la hiérarchie, sens du travail en commun,
bonne humeur et disponibilité dans l’effort.
Appuyez-vous sans limite sur la pulsion de meute. Contrairement aux deux autres,
elle est toujours disponible. Elle n’est sujette ni à la fatigue ni à la satiété. Dans la nature,
le soldat-loup sait qu’il doit répondre instantanément « présent »; sans hésitation ni
murmure, aux indications du général-loup.
Nous profitons aujourd’hui, en économisant le combat, du sens de l’obéissance
active dont notre chien a été imprégné par la nature depuis la naissance des premiers
animaux, voici vingt millions d’années.
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Le dominant
Vous entendrez souvent l’éleveur vous dire « votre chiot est un dominant » :
n’attachez pas une trop grande importance à ce qualificatif.
Le seul dominant de la meute, cela doit être vous ! Imaginez donc réellement qu’un
chiot soit un vrai dominant : il pourrait définitivement interdire à ses frères et soeurs
l’accès aux mamelles ou à la pâtée... La vérité oblige à admettre que l’état de dominance
appartient tantôt à l’un, tantôt à l’autre des petits. Chacun l’exerce à tour de rôle. Mère
Nature, comme d’habitude, a prévu des limites. Quand le sommeil fait tomber le dominant
du moment, un autre veille et s’impose.
La rivalité dans la meute entraîne l’apprentissage de l’inhibition sociale de la
morsure. Les chiots en jouant se mordent entre eux, surtout au museau. Le mordeur
reçoit, en choc en retour, la morsure de sa victime. Il apprend à ne plus attaquer
sottement !
Votre chiot est un animal de meute. Pour son bonheur, il doit avoir un chef de
meute, un alpha, au-dessus de lui, qui lui explique ce qui est autorisé ou interdit. Avec
modération. Dès le premier moment dans la maison, parlez à votre chien, en lui faisant
des phrases, comme s’il était un enfant. Faites-lui part de votre satisfaction quand il agit
correctement, et de votre réprobation quand il commet une faute. Ne restez pas
silencieux devant votre nouvel élève.
Les antennes
A quoi servent les moustaches du chien ? Un chien dont le museau a été rasé au
toilettage marche très bien, ne se cogne pas aux chambranles des portes, et ne perd
jamais l’équilibre !
Alors comme, depuis Darwin, on sait que la nature ne garde rien d’inutile, et puisque
notre chien persiste à naître avec ces fameux poils durs sur les côtés de ses naseaux, il
faut croire que cette pilosité sert effectivement à quelque chose. Puisque aucune
explication n’a réussi à convaincre, pourquoi ne pas en envisager une autre, un peu
poétique certes, mais peut-être fort proche de la réalité : les moustaches servent
d’antennes qui reçoivent les ondes émises par tous les êtres vivants !
On sait que le cerveau humain émet des ondes alpha, bêta et gamma.
Ces ondes sont captées, grâce à des récepteurs inconnus, par les médiums et par
tous ceux qui se livrent aux expériences de télépathie. Pourquoi notre très attentif ami ne
les recevrait-il pas ? D’autant plus que chacun connaît des cas de chiens « voyants », qui
savent avec exactitude à quel moment leur maître revient !
Ce chiot qui gambade autour de vous entend vos sentiments. Par le biais de ses
moustaches, ou de tout autre moyen, il ressent vos pensées, vos intentions, vos désirs.
Donc, avant de le saisir entre vos mains, emplissez-vous l’âme de bienveillance, de
patience, d’amour.
Ce n’est pas difficile. Et si, un jour improbable, des savants parviennent à démontrer
que toute cette théorie du « chien médium télépathe » est fausse, au moins n’aurez-vous
18
pas commis d’erreur grave. Vous aurez juste imité le fameux pari de Pascal : « Dieu
n’existe peut-être pas, pourtant je vais faire comme s’il existait, cela ne coûte pas cher,
mais peut rapporter gros ! »
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Chapitre 3. Les papiers officiels
Le document d’identification
On trouve ou bien le certificat de tatouage, qui précise le code d’identification, le lieu
où il est placé, et les coordonnées du propriétaire comme de l’organisme gestionnaire, ou
bien la puce électronique, qui est un insert à enrobage biocompatible contenant le
transpondeur, un émetteur-récepteur miniature répondant à l’activation par un lecteur.
Le code du transpondeur est formé par le code pays (valeur du code : 250 pour la
France), et par le code national d’identification composé :
• du code espèce, ayant la valeur 26 pour les carnivores domestiques;
• du code attribué au fabricant et composé de deux chiffres
• et du numéro d’ordre de huit chiffres géré sous la responsabilité du fabricant afin
d’obtenir un code national d’identification unique.
Le certificat de vente
Il contient les coordonnées de l’acheteur, du vendeur, du vétérinaire du vendeur et
du vôtre (ceci afin d’assurer le diagnostic en cas de rage, fièvre charbonneuse, hépatite
ou Carré, qui annulent la vente), le numéro et le type d’identification du chien, la date de
naissance du chiot, son sexe, sa race ou son type (pour un chiot apparenté à une race
qui n’est pas régulièrement inscrit à un livre d’origines), le prix de la vente, les garanties
éventuelles que l’éleveur offre en plus des garanties légales obligatoires, ses éventuelles
exigences particulières (pas de reproduction, livraison, etc.), la fonction annoncée du
chiot (garde, compagnie, élevage,etc.), et la date de la vente.
Les conseils de l’éleveur
En France, le vendeur doit aussi fournir à son client un document d’information sur
les caractéristiques et les besoins de l’animal contenant, au besoin, des conseils
d’éducation.
Carnet de santé / passeport animalier européen
Signé et tamponné par un vétérinaire, il comporte les dates et les vignettes des
vaccins effectués, y compris la première injection obligatoire à 8 semaines.
Les éleveurs, pour la plupart, vaccinent contre la maladie de Carré et l’hépatite. Le
carnet qu’ils donnent comportent, collées, les vignettes C et H.
Le vaccin antirabique ® n’est pas administré avant l’âge de trois mois. Et il n’est pas
valable pour traverser une frontière, avant un mois après l’injection.
Les éleveurs amateurs qui ne produisent pas plus de deux portées par an sont
seulement tenus de vous fournir un certificat de bonne santé, daté de moins de huit jours,
et établi par un vétérinaire. Généralement, ils vendent leurs chiots avec un carnet normal
de vaccination.
20
Le pedigree
Le premier papier à demander, lors de l’achat de votre chiot s’il est inscrit, c’est le
certificat de naissance. Ou, à tout le moins, l’identité des deux parents et de ses ancêtres,
une copie (ou le numéro) de la déclaration de naissance, et éventuellement le document
d’inscription provisoire au livre des origines de son pays.
La plupart du temps, si l’animal est jeune, la société canine de son pays n’a pas
encore envoyé le certificat de naissance à l’éleveur. Vous le recevrez donc ensuite ; ne
vous fabriquez pas trop de mauvais sang, le délai peut devenir long, plus de six mois, car
la moindre grève des postes embouteille tous les circuits. Demandez seulement à
l’éleveur un engagement écrit de vous l’envoyer dès qu’il l’aura reçu.
Dans les sociétés filiales du Kennel Club britannique, c’est l’éleveur qui l’établit à la
main. Il peut donc vous donner ce document au moment de votre achat.
Mais dans les sociétés nationales canines affiliées à la Fédération cynologique
internationale, le certificat de naissance devient un pedigree seulement après la réussite
à l’examen appelé « confirmation ». Au minimum après l’âge prescrit par le standard de la
race - en moyenne de douze à quinze mois - vous présentez votre chien à un juge, ou
bien chez lui, ou bien au cours d’une exposition ou d’un baby-show.
Si le juge ne décèle pas de défaut important, il confirme. A partir de là, votre animal
pourra produire des chiots à certificats de naissance. Par exemple, la formule « inscrit
LOF », signifie que la saillie a été effectuée entre deux géniteurs confirmés FCI, qu’elle a
été déclarée par l’éleveur dans les six semaines, et que la naissance a été annoncée à la
Société centrale canine française.
L’inscription à un livre des origines signifie seulement que nous pouvons connaître
les ancêtres déclarés par les éleveurs successifs. Si un éleveur a fait une fausse
déclaration, ou si une chienne, déjà couverte par un mâle A, a été saillie à l’insu de tous,
quelques heures après, par un mâle B, tout l’édifice s’écroule. Sauf aujourd’hui, pour
certains clubs de race comme le Schäferhund Verein, en Allemagne, qui exigent des
analyses d’ADN des parents avant la saillie.
Attention aux usines à chiots
Certains producteurs ont conclu que, vue l’absence quasi totale de contrôle
génétique de la part de bien des sociétés canines, ou vue la charge de paperasses que
représente l’inscription à un livre des origines, ou encore vu le laisser-aller de la plupart
des juges vis-à-vis des défauts caractériels (les standards portent l’accent sur l’aspect
physique ; en général, un chien très peureux mais très beau est confirmé), ils préféraient
se limiter à faire des chiots sans pedigree.
Habituellement, les chiots inscrits sont plus chers que les autres. Cela se comprend
parce qu’il faut bien répercuter les coûts entraînés par l’adhésion aux mécanismes
officiels : frais de déclaration de saillie, de déclaration de naissance, de constitution de
dossier d’inscription, de déplacement jusqu’au juge pour la confirmation, d’inscription à
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l’examen de confirmation, d’inscription au club de race, et, en option, de demande de
carnet de travail, d’inscription en exposition ou en concours, sans compter tous les frais
de voiture et d’hôtellerie, l’achat des femelles, les sommes versées aux propriétaires des
étalons, et l’achat d’un nom de chenil !
Les chiots inscrits à un livre d’origine sont pris quand même sous les ailes des
sociétés canines : en cas de plainte, ou de sa propre initiative, cette vénérable institution
peut, par exemple, dépêcher la visite d’un contrôleur d’élevage. En outre, les éleveurs
adhérents de ces sociétés canines s’engagent moralement à produire des animaux de
qualité.
Certains font effort sur l’aspect physique, d’autres sur les aptitudes au travail,
d’autres encore, les meilleurs, sur les deux ; en tous cas, il y a une recherche
d’amélioration.
Une race assez répandue d’éleveurs, à vrai dire plutôt des naisseurs, produisent,
quelquefois en grand nombre, et toujours au moindre effort, des chiots qu’ils annoncent
« à papiers », et ils vous montrent un carton de couleur jaune marqué Ministère de l’Agriculture, Société centrale canine, Fichier central des animaux de l’espèce canine. Si vous
n’y connaissez rien, vous acceptez de croire que le numéro d’immatriculation signifie que
le chiot est inscrit. En fait, il s’agit tout simplement de la carte de tatouage. Aujourd’hui,
aucun chiot ne peut plus légalement être cédé sans avoir au préalable été identifié. Qu’il
soit inscrit, issu de parents confirmés et d’une naissance déclarée, ou pur bâtard croisé
corniaud, il doit être identifié.
Les personnages qui vous annoncent des chiots inscrits, pedigree, papiers officiels,
alors qu’ils ont seulement un tatouage ou un numéro électronique à vous donner sont des
escrocs. Chacun a le droit de produire des animaux sans certificats de naissance : il faut
alors annoncer honnêtement la couleur, et ne pas chercher à faire prendre aux acheteurs
des vessies pour des halogènes.
D’autres éleveurs encore appartiennent à des associations dissidentes. En mal
d’entente avec la FCI, ou désireux de promouvoir d’autres types de chiens que les
champions actuels, ils adhèrent à des « Association cynologique mondiale »,
« Fédération canine française » ou « Société internationale cynophile », entre autres
noms, qui délivrent leurs propres pedigrees et titres. Ces associations n’ont pas la
puissance de la FCI, mais elles peuvent être parfaitement honorables.
Aux Etats-Unis par exemple, il existe des dizaines d’associations concurrentes du
puissant American kennel club.
Il ne s’agit pas ici de jeter l’anathème sur quiconque. Mais ne vous laissez pas
abuser. Papier, pas papier, FCI, pas FCI, tout cela possède seulement la valeur que vous
voulez bien lui donner. Par contre, si vous voulez par la suite voir si votre chien peut tenir
une place honorable en exposition ou en concours de travail de la FCI, vous aurez besoin
de son certificat de naissance officiel.
Pour toutes les informations sur la Fédération cynologique internationale, voyez son
site : www.fci.be Pour les Kennel clubs, visitez akc.org, kennelclub.be, ukcdogs.com
Si on vous offre l’animal, demandez un certificat de donation écrit sur papier libre.
22
Les cas d’annulation de la vente
Si vous avez l’impression d’avoir été floué par le vendeur, vous pouvez toujours tout
à fait envisager de vous retourner contre lui.
De façon générale, il convient d’indiquer que la résolution de la vente peut être
fondée sur :
• soit (attention, le délai pour agir est très bref, ne dépassant pas dans la plupart
des cas 10 jours), la garantie des vices rédhibitoires, prévue par les dispositions de
l’article 213-2 du code rural, étant précisé que les défauts réputés légalement
rédhibitoires à ce jour en matière de vente de chiens sont exclusivement les suivants:
• La maladie de Carré,
• L’hépatite contagieuse ou hépatite de Rubarth,
• La parvovirose canine ou gastro-entérite à parvovirus,
• La dysplasie coxo-fémorale de la hanche, pour les chiens âgés de plus d’un an,
• L’ectopie testiculaire, monorchidie, cryptorchidie, pour les animaux de plus de 6
mois,
• L’atrophie rétinienne.
Pour les trois premières maladies citées, qui sont des maladies contagieuses du chien,
l’action en rédhibition n’est possible qu’en présence des conditions suivantes:
• un certificat de suspicion émis par un vétérinaire.
• une action en justice lancée dans les délais définis pour chaque maladie par
décret en conseil d’Etat.
• une action en rédhibition menée devant le tribunal d’instance dans des délais fixés
en conseil d’Etat.
• soit la garantie des vices cachés (c’est-à-dire des défauts dont aurait
connaissance le vendeur en tant que professionnel, mais qui ne seraient pas détectables
par un acheteur néophyte (article 1645 et suivants).
L’action en garantie des vices cachés présente toutefois l’inconvénient d’être
encadrée en pratique dans un délai très court. L’article 1648 du code civil dispose en
effet que l’action doit être intentée dans un bref délai. La jurisprudence fait le plus souvent
référence au délai de l’action rédhibitoire régie par l’article L.213-2 du code rural, c’est à
dire 10 jours (Civ 1 ère Civ, 11 avril 1995), ce qui pose une difficulté en l’espèce dès lors
que la vente est intervenue depuis au moins 4 mois.
• soit l’erreur sur les qualités substantielles (en France article 1110 du code civil) ou
le dol (article 1116 du code civil). Dans ce cas, le délai d’action est de 5 ans à compter de
la vente.
Ainsi, un arrêt récent de la cour d’appel de Lyon du 12 juin 2003, infirmant la
décision du tribunal d’instance de Villefranche sur Saône, a jugé que « l’acquéreur d’un
animal de pure race est en droit d’acquérir un sujet qui n’a pas été atteint d’une affection
grave, susceptible d’en affecter la durée de vie ou le comportement, quand bien même
l’affection n’a pas à figurer sur le carnet de santé de l’animal. Tel est le cas du saturnisme
qui confère, à l’animal atteint, une fragilité particulière qui peut provoquer des troubles
neuromoteurs, peu importent les controverses vétérinaires sur le risque à venir, dès lors
que le profane entendait se prémunir d’un tel risque en s’adressant à un vendeur
professionnel ».
Votre action en justice doit donc être appréciée au regard de ces différents
éléments.
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Il importe également d’examiner avant toute action en justice devant le tribunal
d’instance les dispositions contractuelles contenues dans votre contrat de vente.
Demandez toujours en cas de doute à votre vétérinaire, dans les plus brefs délais,
un diagnostic précis et écrit faisant état des dysfonctionnements, carences ou
maladies dont souffre votre chiot. De l’intérêt d’une première visite très vite chez votre
vétérinaire après l’achat de Médor ou de Finette. Demandez au vétérinaire, s’il l’oublie, de
contrôler, pour les mâles, la présence et la normalité des deux testicules, et pour tous la
conformité des dents et du squelette en général.
Si vous voulez déposer une plainte, un bon conseil : passez par un avocat. Sur le
site dogmasters.com , l’avocat-conseil vous donne gracieusement tous les conseils dont
vous avez besoin.
24
Chapitre 4. En voiture
Vous vous sentez paré ? Votre petit élève reprend confiance en lui ? Il est l’heure de
prendre congé. Ne le secouez pas, bercez-le calmement en ronronnant des mots gentils
qu’il perçoit très bien à travers vos habits, et prenez congé de ces gens merveilleux,
l’éleveur et sa famille, ou le vendeur de l’animalerie, qui se sont tellement occupés de lui
jusqu’ici!
Autrefois, on prenait beaucoup le train ou le bus. Vous déciderez peut-être de
revenir à la maison par un transport en commun. Vous ne pourrez alors pas faire grand
chose pour modifier le style de conduite du chauffeur.
Mais, très probablement, vous ramènerez votre nouvel élève chez vous dans votre
voiture. Alors, ne vous précipitez pas, ni avant, ni pendant ce voyage.
Les chiots, très fréquemment, sont malades pour leurs débuts automobiles. Comme
ils ne sont pas encore propres, ils s’y laissent également aller à leurs besoins naturels.
Munissez-vous de rouleaux de papier absorbant et de désodorisants d’atmosphère, pour
d’éventuels nettoyages d’urgence, d’une gamelle, et d’eau.
Prenez la précaution de faire marcher longuement votre chiot avant de prendre la
route. Vous y gagnerez sur trois plans.
Primo, il s’habituera à vous auprès de son chenil, dans une ambiance sonore
familière et enveloppé d’odeurs qu’il connaît. Secundo, il se videra largement, pour le
plus grand bien de la propreté des moquettes et des velours de votre limousine. Et tertio,
il se fatiguera. S’il a couru et tiré sur sa laisse durant deux heures, il s’endormira très vite
quand vous l’aurez installé à sa place. Vous n’aurez pas besoin de lui administrer une
potion chimique pour le calmer. Quand il pique du nez vers le sommeil, vous pouvez
démarrer. Il pensera à dormir, pas à vomir !
La ligne d’horizon
Permettez-lui de voir la ligne d’horizon lorsqu’il lève la tête : installez-le sur un
matelas improvisé à l’aide, par exemple, de plusieurs coussins et de couvertures. Il
pourra récupérer son équilibre en laissant filer son regard sur des objets lointains, plus
stables à regarder que les boutons de votre autoradio.
La nuit évidemment le problème ne se pose pas, puisqu’il ne peut fixer son regard
sur aucun objet, ni dedans, ni dehors.
Où le placer ?
Si vous êtes seul, posez-le sur le siège avant, là où le roulis se fait le moins fort. Sur
les bateaux, la passerelle de commandement se situe au milieu du navire, ni à l’avant, ni
à l’arrière, qui sont soumis à de trop fortes montées et descentes à chaque vague !
N’oubliez pas que le code de la route interdit d’être gêné par un passager, un animal
ou un objet. Au cours de ce premier voyage, le liclos est la meilleure solution si vous êtes
seul à bord. (Voyez le chapitre 1. et le catalogue de dogmasters.com) Au sol du liclos, un
25
vieux pull, et un jouet odorant, tel le Kong chargé à la crème de foie (voyez le catalogue
de dogmasters.com ), et vous voilà tranquille pour des heures.
Ne mettez pas trop fort chauffage ou climatisation ! A défaut, le siège arrière ou le
coffre, si vous avez un break ou des sièges arrière rabattables, sont des solutions
logiques. N’enfermez pas non plus votre chiot dans un coffre non aéré…
Un vieux pull
Si vous êtes passager, encoconnez-le dans un de vos vieux pulls. Il s’y sentira bien,
s’habituera à votre odeur. Vous organiserez ainsi une douce transition. Chez vous,
déposez ce vieil habit à l’endroit où il se couchera de lui-même : il deviendra son premier
point de repère en votre absence : n’oubliez pas que le plus efficace des sens canins,
c’est l’odorat…
Une conduite coulée
Et enfin, de grâce, adoptez une conduite coulée. Ne barattez pas votre bébé chien
en accélérant ou en freinant comme Schumacher, ou en prenant trop vite vos virages. S’il
n’est pas dans un petit liclos de voyage, il ne peut se rattraper à rien, le pauvre, ni au
volant, ni aux barres de maintien du plafond. La ceinture de sécurité ne le bloquera pas
vers l’avant non plus, et même si vous y attachez un harnais pour chiots, la stabilité
latérale ne sera pas au rendez-vous.
Traitez-le avec beaucoup d’égards. Vous serez payé au centuple de ce premier
respect dont vous ferez preuve envers lui.
Certains éleveurs lui administreront avant le départ une pilule contre le mal au
coeur, ou un remède homéopathique. Certains autres vous soutiendront que s’il bave ou
vomit pendant la route, cela provient d’une faiblesse de son caractère, et vous
proposeront d’emblée de vous l’échanger aussitôt. Ce sera à vous de voir.
Si votre voyage doit durer, sortez le chiot toutes les deux heures au moins.
Prenez la longue ficelle fine, que je vous ai recommandée au premier chapitre (les
matériels), et que vous attacherez à son cou, raisonnablement serrée, pour ne pas le
lâcher quand vous quittez la voiture, tout en lui permettant une certaine marge
d’autonomie autour de vous.
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Chapitre 5. Le chiot entre dans son nouveau logement
Vingt heures sur vingt-quatre, un chiot fait deux métiers : avaler et dormir. Une fois
qu’il a bien mangé, bien bu, qu’il a le ventre bien tendu, qu’il a éliminé du liquide et du
solide au cours d’une aimable promenade hygiénique, il cherche un endroit favorable
pour piquer un bon somme.
Son coin sommeil
Comme les chevaux, le chiot sait dormir debout. Mais seulement un bref instant. Il
préfère s’allonger. Et, très vite, il entre dans un profond sommeil. Regardez-le : parfois il
parvient aussitôt à la phase du sommeil paradoxal. Son corps frissonne, il remue les
pattes comme pour écraser ses frères et soeurs, il aboie, ses yeux roulent sous les
paupières. Il navigue dans la partie la plus réparatrice de son repos. Tantôt il revient à la
conscience d’une manière progressive, tantôt il se remet brusquement debout sur ses
pattes s’il entend un bruit bizarre.
Un chien entre dans le sommeil, et en sort, beaucoup plus rapidement que nous. Ce
petit chiot, qui se blottit contre vous alors que vous l’amenez dans sa nouvelle vie, aura
donc besoin d’une tanière, d’une niche, d’un lieu où il se sentira en sécurité pour réparer
ses forces.
Dans la nature, les animaux sauvages se reposent en des endroits discrets, dont
l’entrée n’attire pas l’oeil du prédateur, et qu’ils maintiennent parfaitement propres dans
un souci de camouflage : s’ils crottaient et urinaient dans leur repaire, l’odeur forte qui en
sortirait ferait accourir tous les loups, blaireaux et ours du voisinage...
Evidemment, chez vous, la vie se déroule d’une manière plus pacifique. Mais les
instincts subsistent. Permettez donc à votre petit compagnon de satisfaire au mieux son
besoin de sommeil en sûreté.
N’allez pas contre son choix. Vous arrivez chez vous. Avant de pénétrer dans la
maison ou l’appartement, laissez-le gambader dans un endroit sûr, pas là où tous les
chiens du quartier viennent déposer leurs germes, pour qu’il se vide d’abord.
Ceci terminé, entrez dans la maison. Une fois la porte d’entrée refermée, lâchez-le.
Regardez-le explorer en furetant son nouveau domaine ! A un rythme soutenu, il identifie
avec son nez tous les recoins qu’il aborde. Cette action brûle beaucoup d’énergie. Versez
sous ses yeux un peu d’eau fraîche dans un récipient adapté à sa taille, au cas où il
aurait soif, et attendez qu’il s’allonge pour, déjà, se reposer un peu.
Il choisit lui-même l’endroit où il aimera s’étendre. Ne l’obligez pas à se coucher à
l’endroit qui vous convient le mieux à vous. Votre habitation est parcourue de tout petits
courants d’air. Même dans une pièce bien close, un radiateur pousse de l’air chaud vers
le haut. Au plafond, la colonne se refroidit, et l’air redescend au sol d’où il repart au
radiateur pour reprendre son circuit. Seul votre chien sent où il peut supporter cette
convection. Seul il sait s’écarter des influences magnétiques qui entourent les fils
électriques, même profondément encastrés dans les murs et les planchers.
Là où il élit domicile, installez son tapis, votre vieux pull du voyage et, au mieux, son
liclos.
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Son maximum vital
Encore aujourd’hui, on voit de pauvres bêtes liées à un piquet, au bout d’une chaîne
d’un mètre, sans boisson, sans toit, qu’il tombe du verglas ou que le soleil écrase tout. Ils
reçoivent pour seule pitance une soupe, faite d’un peu de pain sec détrempé d’eau. Agir
ainsi tombe sous le coup de la loi. Tout citoyen peut et doit porter plainte devant de tels
agissements, de tels mauvais traitements... Un chien doit pouvoir disposer d’espace pour
bien vivre.
Le box
Le Conseil national français de la protection animale a défini des normes idéales
pour le logement permanent. Il faut compter, pour un couple, une surface de 3 m2 au sol
par 2,5 cm de taille, cette taille étant prise au garrot selon le standard. L’ensemble doit
former un rectangle dont la longueur est égale à deux fois la largeur. Par exemple, pour
un couple d’huskies de Sibérie, 60 cm au garrot d’après le standard, on calcule 60
cm divisé par 2,5 cm égale 24. Et 24 fois 2,5 cm, donc 24 fois 3m2, cela fait 72m2, donc
un rectangle de 12 m sur 6.
Si le chien habite seulement par courtes périodes son chenil, celui-ci peut être
constitué seulement d’un box de 3m2, comportant un caillebotis d’un mètre carré en bois
dur, surélevé de 30 cm par rapport au sol, et mobile pour qu’on puisse nettoyer dessous.
Sinon, il lui faut, devant le box, un accès libre à une cour d’ébats de 12m2, couverte
sur 4m2, au sol cimenté incliné de 4 degrés vers un siphon de cour ,situé contre le box à
l’opposé de la porte d’entrée. Sous le toit, on installe une plate-forme sur laquelle l’animal
peut se percher au sec. La partie avant de la cour est recouverte d’une épaisseur de 50
cm de sable bien damé. Le grillage est fait en treillis soudé à mailles carrées.
Pour le chauffage, le conseil recommande une résistance électrique en serpentin,
courant sous le caillebotis. Les éleveurs, pour la plupart, utilisent un radiateur infrarouge
accroché en hauteur. Très rapidement, le chien sait se rapprocher du centre du rayon
quand il a trop froid, et s’en écarter dans le cas contraire.
Les races exceptionnellement grandes, dogue allemand ou irish wolfhound par
exemple, réclament quand même des surfaces plus grandes, 6m2 pour le box au moins.
Dans tous les cas, il est bon de concevoir une dimension d’au moins dix mètres quelque
part : d’après les éthologues, la distance de fuite du canidé avoisine dix mètres. En cas
d’alerte, le chien peut ainsi s’écarter et reprendre confiance en lui-même.
La niche
Le box contient une niche. Cette petite maison du chien mesure dans chaque
dimension au moins une fois et demie la longueur du chien, calculée de la pointe avant
de la poitrine à la pointe arrière de la croupe. Pour un husky par exemple, dont la longueur s’établit à environ 66 centimètres, la niche sera, à l’intérieur, longue, large, et
haute, d’un mètre, soit un mètre cube.
Si votre compagnon doit rester de longs moments dans un local fermé, rappelezvous qu’un chien consomme environ un demi-litre d’oxygène par heure et par kilo de
poids. Un husky de 30 kg brûle 75 litres d’air par heure. Sachez aussi, ce qui est plus
important, que ce husky élimine par heure 22 litres de gaz carbonique, toxique à raison
de 3 litres et demi par mètre cube : en moins de dix minutes, le chien s’empoisonne luimême si son air n’est pas renouvelé !
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Vous avez peut-être la chance de disposer d’un terrain, parc ou jardin, où votre
animal pourra sortir à volonté. Alors, gardez le même principe : placez sa niche à l’endroit
qu’il élit lui-même. Prévoyez, pour les périodes d’été, des lieux ombragés et un bassin ou
une pièce d’eau pour qu’il puisse y faire trempette.
Pour rafraîchir son corps, s’il ne dispose pas d’une ombre agréable, il dépense de
l’énergie et tire sur ses réserves, ce qui le fatigue. Une niche est une excellente formule
s’il n’y a pas d’abri naturel. Mais ne vous désolez pas s’il boude sa belle niche mal située
: placez-là à l’endroit où il aime se coucher de lui-même. Combien voyons-nous de ces
niches grand luxe doublées de polystyrène ou de frisette, où les chiens ne vont jamais
parce que le lieu où elles sont fixées ne leur convient aucunement !
Un chenil impeccable
Il faut bien sûr nettoyer fréquemment le chenil, pour qu’il reste irréprochable en
permanence. Pourtant, Eberhardt Trumler (Le chien pris au sérieux) n’a pas hésité à faire
l’éloge de la saleté. Il affirme, avec des arguments sérieux, que l’organisme doit se
défendre à tout instant pour rester en bonne santé.
La saleté, c’est-à-dire les microbes et les agresseurs de tous acabits, maintient en
bon état les défenses immunitaires. On le sait, les cosmonautes de retour sur terre ont
besoin d’une réadaptation progressive aux maladies, parce que leur séjour prolongé en
ambiance totalement stérile a grandement affaibli leurs anticorps. Votre chien, lui, n’a pas
besoin de ce retour sur terre : il y est déjà, crotté parfois de la tête aux pattes !
Pourtant, nettoyez et désinfectez souvent. Pour des raisons de réactions chimiques,
les fabricants ne peuvent pas proposer un produit polyvalent, capable de tuer à la fois les
bactéries et les insectes. Vous devez donc alterner produits de lavage et pulvérisations
insecticides. La règle d’or consiste à avoir en permanence un chenil impeccable. Même si
ce n’est pas l’heure du grand nettoyage, ne posez jamais les yeux sur une crotte sans la
ramasser.
D’ailleurs, ne fermez jamais les yeux lorsque votre petit coeur entouré de poils
s’oublie dans un endroit quelconque. Ayez toujours sur vous un sachet de plastique ou un
mouchoir en papier. Au besoin, trouvez sur place un ramasse-étron de fortune, vieux
journal abandonné dans une poubelle ou morceau de carton traînant par terre. Si tous les
maîtres nettoyaient dans l’instant les excréments déposés par leurs chiens, il n’y aurait
plus de récriminations, plus d’accidents, plus de campagne de presse sur le sujet de la
saleté canine. Nos chiens redeviendraient ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être :
les meilleurs compagnons de l’homme.
Sa première nuit
Le moment de tous les dangers : la fatigue vous terrasse, le chiot est dans la pièce
où vous l’avez logé pour la nuit, le calme descend dans toute la maison, peut-être dans
tout l’immeuble, le marchand de sable passe et… « Ouaf, ouaf, ou ou, ou ou, wouao,
wouao ! » se succèdent sans discontinuer. Monsieur le nouveau venu ne supporte pas la
solitude, dans le logement de gens qui semblaient si heureux, voici quelques heures, de
jouer sans fin avec lui ! Il veut vous retrouver.
En soi, c’est plutôt attendrissant. Mais voilà, il vous faut dormir, et permettre aux
autres d’en faire autant ! Sinon, gare à la révolte générale contre votre nouveau
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compagnon à quatre pattes. Il n’est pas rare de voir des clients rendre leur chiot à
l’éleveur, ou s’en débarrasser grâce à un voisin ou un ami complaisant, ou encore
l’abandonner en fourrière, le lendemain de son arrivée à la maison.
Aujourd’hui, bien des gens ont tendance à ne plus rien supporter, et à zapper
facilement. Alors, revenez à l’idée du liclos. Ou bien vous n’en avez pas acheté, donc tant
pis pour vous, prenez le bébé chien dans votre chambre, peut-être même contre vous,
pour cette nuit. Il faut assumer.
Ou bien vous avez eu l’excellent réflexe de lire le présent livre avant de faire venir
votre nouveau chiot chez vous, et vous vous êtes procuré, ou vous avez fabriqué, un
liclos. Dans ce cas, voici une méthode qui, même si elle paraît raide, ce qu’elle n’est pas
en réalité, donne toujours un résultat spectaculaire. Placez au fond du liclos un bon tapis
moelleux, quelques jouets non dangereux, un vieux chandail non lessivé de frais, avec
votre odeur, et installez-y Médor ou Finette. Refermez la porte de la boîte, puis retirezvous dans votre chambre.
Dès que les aboiements commencent, même si c’est en pleine nuit, quand tout dort
de bon coeur, y compris vous, levez-vous, en emportant une pantoufle à la main. Du plat
de la semelle, frappez bien fort sur le dessus du liclos, sans rien dire. C’est bébé chiot qui
est dans la guitare, et ses oreilles sont fort efficaces ! Cette technique, sans brutalité mais
très impressionnante lui coupera momentanément la chique. Retirez-vous à nouveau.
Dès qu’il recommence, même si c’est une heure après, recommencez, de plus en plus
fort. La colère froide constitue ici une excellente sauce, et on est facilement furieux d’être
sorti du sommeil quand on est bien endormi…
Après quelques répétitions de ce traitement, bébé chien arrêtera de revendiquer, et
vous permettra de profiter de vos bonnes heures de sommeil. Par ricochet, personne ne
se plaindra de lui. Soyez bien certain que beaucoup de chiens sont rejetés de la famille
dès le lendemain de leur arrivée dans leur nouveau foyer, à cause de ces aboiements
sans fin pendant la première nuit. Et de la mauvaise ambiance qui régnait déjà avant son
arrivée, mais dont il est si facile de le rendre responsable…
Évidemment, comme dans tous les cas d’aboiement abusif et idiot, le magicol peut
ici aussi vous rendre de bons services. Mais il n’empêche pas de couiner, or le
couinement peut constituer un bruit insupportable pendant la nuit.
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Chapitre 6. Soyez bienveillant
Vous êtes un monstre. Quoi que vous puissiez penser, faire ou ressentir, à ses
yeux, à lui, qui vit au ras du sol, vous ressemblez à une montagne. Mettez-vous à sa
place, et imaginez qu’un diplodocus haut comme la tour Eiffel se baisse, vous soulève à
une vitesse effarante, et vous souffle énormément dans le visage. Vous aurez une idée
de l’impression que vous lui donnez !
Pour le petit chiot que vous venez d’acquérir, vous ressemblez à King Kong
emportant dans sa patte la frêle et blonde Dwan. Soyez donc exagérément doux, calme
et amical. Abordez le futur compagnon de vos jours, le futur consolateur de vos heures
noires, en gardant bien à l’esprit que ce petit être souffre assez en ce moment de sa
fragilité morale et physique.
Les tests de comportement
Oubliez tout ce que vous avez lu sur les tests, qu’ils soient de Campbell, de Fox ou
de tout autre chercheur expert en éprouvettes.
Celui-ci, c’est VOTRE petit. Il a besoin de tendresse, pas de test. Commencez par
l’aimer avant de l’étudier. Si vous avez le privilège de pouvoir vraiment faire confiance à
un bon éleveur, à qui vous avez expliqué vos besoins, et qui a pu vous trouver le chiot qui
vous conviendra, vous avez déjà mis un maximum de chances de votre côté. Si vous
avez choisi vous-même, en vous fiant à votre sensibilité, ou si on vous donne le chiot par
surprise sans vous avoir consulté auparavant, le principe du « tout l’amour d’abord »
s’impose d’autant plus.
Bien saisir un chiot
Maintenant, il va bien falloir le prendre dans vos bras, ce petit animal inconnu. Ne
l’attrapez donc pas bêtement par la peau du dos sous prétexte que sa mère le transporte
de cette manière : elle le punit aussi en agissant comme cela !
Ne le soulevez pas non plus par les pattes avant. Vous risqueriez de lui déboîter les
articulations, encore très fragiles, du coude ou de l’épaule.
Mettez plutôt vos mains des deux côtés de sa poitrine, et vos doigts par dessous.
Soulevez-le du sol comme dans un panier, sans comprimer ses côtés ou son ventre.
Avec un peu d’habitude, vous placerez son centre de gravité dans ce panier, de sorte que
le petit animal n’aura plus l’allure d’un airbus prêt à atterrir ou en train de décoller : il
restera parfaitement à l’horizontale.
Au plus vite, reposez-le contre votre poitrine, dans la position de l’enfant qu’on
berce. Devenez sa deuxième mère, son nouveau refuge. Essayez d’amortir au mieux le
terrible choc de la séparation d’avec sa vraie mère, d’avec le lieu où il vient de vivre ses
premières semaines.
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Attention au stress de la séparation
Ehrard Thierolf, concessionnaire automobile à Michelstadt, près de Francfort, luimême éleveur, m’a raconté l’histoire de ce chiot berger allemand âgé de trois mois, qu’il
venait d’acheter chez un confrère, et qui mourut au cours du trajet retour, dans sa voiture,
après deux heures de route. Toutes les analyses indiquant des niveaux normaux, il fallut
se rendre à l’évidence : le jeune animal était mort de stress !
Méfiez-vous donc de vous-même. Bannissez tout geste brusque, tout éclat de voix,
tout ce qui pourrait épouvanter votre chiot si fragile encore. Vous aurez largement le
temps, plus tard, de dépenser avec lui votre trop-plein d’énergie !
Une réprimande pour 10 000 compliments
Comme tous les êtres vivants, notre chien répond uniquement à deux moteurs : son
plaisir, son déplaisir.
Pour que votre chien vous obéisse avec bonheur, employez des tonnes de
tendresse, de récompenses pour ses efforts.
Ne prenez pas pour argent comptant la fameuse formule du « chien-qui-obéit pourfaire-plaisir-à-son-maître ». Comme tous les êtres vivants, si votre cador fait quelque
chose, c’est pour en retirer un bénéfice. Et il comprend vite le mécanisme en deux temps
face à l’homme : 1/ je fais quelque chose, 2/ mon maître me récompense. Évidemment, il
fait accessoirement aussi plaisir à son maître, mais ce n’est pas son but premier.
Si un chien vous semble obéir dans le seul but de satisfaire son maître, dites-vous
que vous avez sous les yeux un excellent patron : il sait retarder suffisamment sa
récompense pour maintenir son chien sous pression dans l’attente de sa caresse.
Punissez très peu votre chiot. Vous avez droit à une réprimande pour dix mille
récompenses. Mettez-vous à la place d’un ouvrier qui recevrait uniquement des
remontrances de son patron, et qui resterait deux mois sans salaire ! Malheureusement,
votre animal ne peut pas saisir les prud’chiens...
Les punitions
LE FRAPPER, C’EST LUI APPRENDRE A MORDRE !
Ne le frappez pas : vous vous défoulerez certes un peu, mais le seul résultat
véritable, c’est que vous apprenez à votre chiot à vous craindre puis à se défendre.
Frappez votre chiot, c’est lui apprendre à vous mordre plus tard, et quelquefois très vite !
N’élevez pas la voix non plus. Pourquoi croyez-vous que vos cris le calmeraient ? Si
vous élevez le niveau sonore ambiant, vous augmentez l’excitation de l’atmosphère.
Vous poussez donc votre bébé à s’énerver.
Tout chien, même le vôtre, peut-être entraîné à commettre une bêtise. Vous avez
vraiment intérêt à disposer d’une véritable autorité sur lui, serait-ce seulement pour lui
sauver la vie en cas de mauvaise rencontre. Si vous savez le réfréner dès son plus jeune
âge quand il aborde un autre chien avec agressivité, il ne risquera pas plus tard de
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devenir un bagarreur, celui qui risque tous les jours les blessures graves, l’arrachement
de la carotide par exemple.
Il est facile de prendre une attitude permissive. Les babas répètent toujours la même
sottise : »un chien, cela doit vivre libre ». Mais, dans la nature, la liberté sans
apprentissage, c’est la mort. Si une chienne laissait ses cinq petits libres de faire leurs
propres expériences, le premier pourrait très bien chercher à s’amuser avec cette jolie
vipère qui glisse dans l’herbe, le second disputerait l’accès de la ruche à cet ours pataud
qui semble inoffensif, le troisième plongerait du haut de cette touristique falaise, le
quatrième dégusterait les si rouges baies du laurier—cerise, et peut-être seulement ce
paresseux et peureux cinquième rejeton survivrait-il, parce qu’il n’ose rien entreprendre...
Ni coups ni cris
Un autre élément marquant de l’espèce canine, c’est sa bonne volonté. Dans tous
les livres de « dressage », on vous répète qu’il vous faut vous montrer « ferme ! » Diable,
diable ! Moyennant quoi, vous croyez qu’il est nécessaire d’élever la voix, de tempêter ou
de porter la main sur votre animal. Il n’existe, pas d’éducation sans contrainte, certes.
Néanmoins, il faut veiller à toujours se limiter à la contrainte minimale.
Le chien, même celui qui paraît le plus terrible, reste un animal beaucoup moins
intelligent que l’homme. Pourquoi le battre, pourquoi vous battre ? Jouez donc plutôt sur
un terrain où vous le surclassez totalement : la finesse. Alors, ne criez pas ! Vous
donneriez à votre petit animal une bonne raison pour continuer à aboyer : l’envie de vous
imiter…
Soyez plus malin que votre chiot
Les meilleurs chercheurs considèrent que, même au mieux, l’intelligence du chien
adulte ne dépasse pas celle d’un enfant de trois ans. Faites vôtre le bon précepte des
dogtrainers américains : « soyez plus intelligent que le chien ».
Notre canidé possède une immense bonne volonté, toujours prête à ressurgir, mais
une vue assez limitée des choses, alors, ne vous battez pas avec vos muscles. Ceux-ci
resteront toujours moins forts que ceux de votre animal. Celui qui n’a pas promené
pendant deux heures un Yorkshire trop dynamique ne sait pas comment un animal de
deux kilos peut vous engourdir le bras !
Ne vous battez pas avec votre chiot, ce n’est pas nécessaire. Surclassez-le par la
ruse.
Votre chiot saute hors de votre voiture dès que vous ouvrez la portière ? Au lieu de
tempêter et de le brutaliser après sa faute, entrouvrez la portière de deux centimètres, et
claquez-la sèchement juste aussitôt. Recommencez trois ou quatre fois. Votre élève
apprendra vite à être prudent quand vous commencerez à ouvrir sa porte, et se reculera
loin du bruit, vers l’intérieur du coffre. A ce moment, vous pourrez ouvrir en grand, et le
prendre dans vos bras.
N’hésitez jamais à utiliser les outils classiques ; collier, laisse, longe, petite
muselière. C’est l’usage des outils qui différencie l’homme de la plupart des animaux, et
notamment du chien. Votre chiot ne sait pas utiliser d’outils polyvalents, voilà qui vous
place à des années-lumière devant lui.
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Contrairement à ce qu’on dit, ne réagissez pas par la fermeté aux fautes de votre
chien. Ne pensez pas « punitions quand il y a faute », mais « récompenses quand il y a
effort ». Si vous maltraitez un chiot, vous le crispez. Il ne peut plus utiliser son intelligence
limitée, il réagit par instinct, en privilégiant son sens de l’autodéfense : fuite ou contreattaque.
Soyez donc ferme si vous le voulez, mais pas avec votre petit compagnon à quatre
pattes : avec vous ! Ne tendez pas, même légèrement, la laisse vers le haut lorsque vous
lui ordonnez de se coucher. Ne lui dites pas « allez assis ! » lorsque vous voulez qu’il
s’assoie. « Allez »signifie « allez », c’est-à-dire « marchez vers l’avant ».
De même, ne l’autorisez pas un jour à manger sur la table si vous voulez qu’il ne
vienne jamais vous mendier de la nourriture ! Traitez-le avec miséricorde. Moins vous le
réprimanderez, moins vous aurez besoin de le réprimander. C’est mentalement fragile, un
chiot. Et plus il vous semble « méchant », plus au fond de lui-même il est peureux.
Des tonnes de tendresse
Point n’est besoin de lui donner obligatoirement une croquette ou un morceau de
fromage pour récompenser votre élève. Un léger chuchotement « c’est bien mon
biquet », à trente mètres de lui, suffit largement. Faites-en l’expérience : mettez-vous à
dix pas de quelqu’un, dans un environnement bien sûr pas trop bruyant, et demandez-lui
en chuchotant « votre voiture est de quelle couleur ? » Vous serez étonné de le voir
répondre.
Votre bébé n’est pas sourd. Il entend même, selon les spécialistes, quarante fois
mieux que vous au moment où votre ouïe fonctionne le mieux !
S’il devient vraiment nécessaire de le réprimander, n’hésitez pas malgré tout. La
véritable, la seule difficulté, réside dans le fait que vous devez en faire ni trop, ni trop peu.
S’il vous faut vous tromper pourtant, péchez plutôt par faiblesse que par excès. On voit
tant de fiers-à-bras ruiner par bêtise, par brutalité, tant de si bons chiots.
Un animal traité durement se recroqueville dans sa carapace, devient asocial,
fugueur, destructeur. Dès son plus jeune âge. La seule manière alors de le récupérer,
c’est d’employer des tonnes de tendresse, celles qu’il n’a pas eues aux bons moments.
Mais pour qu’il puisse accepter, recevoir utilement cette tendresse, il faut alors le plus
souvent briser avec une certaine énergie la croûte de boue séchée qu’il a édifiée autour
de lui.
Ce que le chien recherche en somme le plus, c’est, comme nous, le bonheur. Voilà
ce qui le rend si humain, et voilà ce qui nous rapproche tant de lui. Si votre attitude est
bonne, vous parviendrez beaucoup mieux avec lui à ces instants de bonheur que nous
octroie parfois la vie...
Banalisez vos allées et venues
Au matin du deuxième jour, quand vous vous lèverez, ne faites pas attention à votre
chiot. Passez à côté de lui, ou bien ouvrez la porte du liclos, sans dire un mot, puis
dirigez-vous vers la porte, passez-la et sortez avec lui pour qu’il fasse ses besoins. Mais
n’en faites pas un événement. Gardez votre calme, votre sérénité.
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Quand il est suffisamment sorti, rentrez, et vaquez à vos occupations habituelles.
Attendez au moins 10 minutes avant de vous baisser et de saluer votre chiot en le
caressant et en lui parlant. Ceci afin qu’il apprenne à ne pas s’énerver quand il vous voit
revenir.
De la même manière, quand vous devez sortir, habillez-vous sans qu’il vous voie
vous préparer, puis sortez, fermez votre porte, sans prêter attention à lui. En pratiquant
de cette manière, vous éviterez de créer l’excitation et l’angoisse de la séparation,
lesquels engendrent souvent chez le chien une envie d’aboyer pour vous faire revenir, ou
de détruire vos rideaux pour calmer son énervement. Et pensez toujours que le liclos est
votre meilleure solution.
Quand vous rentrerez le soir, attendez quelques instants, 10 minutes au moins
encore, avant de lui dire bonjour. De cette manière, votre retour ne sera pas un
événement, ce que vous apprécierez grandement si un jour vous revenez chez vous les
bras chargés de paquets.
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Chapitre 7. La santé du chiot
A faire d’urgence dès que le chiot est arrivé à la maison : une visite de contrôle
vétérinaire.
Conseils santé de l’éleveur
Demandez des conseils à l’homme de l’art, au vétérinaire, à un bon vétérinaire,
certes. Mais tous les vétos ne se sentent pas concernés. En revanche, dans le domaine
de la santé physique de ses propres chiots, un bon éleveur possède une qualification
incontestable.
Son intérêt financier direct lui commande de produire ses chiots dans le meilleur
environnement sanitaire et avec les meilleurs soins possibles. Même si votre éleveur
n’aime pas ses chiens - le cas reste rarissime - il les élève au mieux sur le plan physique.
Ecoutez-le lorsqu’il vous donne des avis sur ce plan.
Au cas, improbable, où il oublierait d’en parler, inquiétez-vous de connaître :
• la date des vaccins qui ont été effectués ;
• les dates des rappels à faire ;
• les vaccinations qui restent à votre charge, la rage notamment puisque la
première injection antirabique ne doit pas être pratiquée avant que les jeunes aient atteint
leur troisième mois de vie ;
• le rythme d’administration des vermifuges, sachant que les ascaris, ces vers à
l’aspect de spaghettis d’une dizaine de centimètres, habitant chez la plupart des chiens,
ont un cycle de reproduction de trois semaines dans certains cas favorables. Leurs
larves, qui se logent n’importe où, dans les yeux comme dans le cerveau grâce aux oeufs
transportés par le sang, résistent également à certains vermifuges : demandez à votre
éleveur quel produit il utilise ;
• quel vétérinaire éventuellement il vous recommande. Si vous n’habitez pas trop
loin de votre éleveur, n’hésitez pas à adopter le même que lui. Les éleveurs n’aiment ni
payer inutilement cher, ni donner de l’argent à un spécialiste inefficace ;
• et l’alimentation dont votre nouveau protégé a besoin.
La séparation, le trajet en voiture, l’atterrissage dans un nouvel environnement,
créeront suffisamment de chocs émotionnels. N’y ajoutez pas un choc physique en
obligeant en plus le système digestif du petit animal à s’adapter à une nourriture
radicalement différente de celle qu’il a connue jusqu’ici.
Rappelez-vous combien vous avez eu de difficultés à vous débarrasser de vos
ennuis intestinaux au début de votre voyage à l’étranger, quand vous avez brutalement
adopté les coutumes alimentaires du pays d’arrivée. Et un chiot qui souffre de diarrhée
perd de la résistance aux attaques des maladies.
L’examen de routine
Vous vivez avec le meilleur des chiots. Mais la vie, c’est fragile. Sachez reconnaître
les clignotants d’alerte :
• allure d’ensemble triste et abattue,
• refus de boire ou de manger,
• truffe chaude et sèche,
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• diarrhée ou impossibilité de défécation,
• écoulements jaunâtres aux yeux, à la truffe, à la verge ou à la vulve,
• ballonnement,
• mauvaise odeur,
• déshydratation : vous pincez la peau du ventre et le pli tarde à s’effacer ; il n’y a
pas de larme dans les orbites,
• urines rougeâtres ou presque marron,
• température au repos plus basse que 38°C, plus haute que 39°C,
• pouls, pris au bas de la poitrine, sous le coude gauche, hors de la plage des 90 à
120 battements pour les petites races, et des 65 à 90 battements pour les molosses,
• toux, crachements, vomissements,
• soif intense,
• démarche titubante ou, pire, paralysie.
Si vous rencontrez un ou plusieurs de ces symptômes, partez vite chez votre
vétérinaire. Il vaut mieux pécher par excès que par défaut.
La dysplasie de la hanche
C’est une mauvaise position de la tête du fémur dans le bassin de votre compagnon
à quatre pattes. Elle n’est pas prouvable avant l’âge de 12 mois au moins pour la plupart
des races.
J’en parle ici, brièvement, parce que les néophytes en ont entendu parler, et
s’inquiètent, mais il n’est pas encore l’heure de s’en préoccuper.
Vous pouvez déjà organiser la vie de votre chiot pour qu’il ait moins de risques de
contracter cette affection : choisissez-le dans une portée où les parents sont indemnes ou
à peine atteints, ne le nourrissez pas trop quand il est jeune, ne le laissez jamais se
goinfrer et ne le faites pas vivre exclusivement sur du carrelage.
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Chapitre 8. La sécurité
Ayez toujours, près du téléphone, ou dans la mémoire de votre téléphone portable,
le numéro de plusieurs vétérinaires pour pouvoir les appeler d’urgence. Encore une fois
je ne vous propose pas de devenir paranoïaque, mais gardez toujours un oeil attentif. Ne
dites pas après coup «Ah, c’était un accident stupide». Je n’ai, quant à moi, jamais
observé d’accident intelligent...
Je ne vous propose pas de paniquer sans cesse, mais prévoyez toujours le pire.
Ainsi, encore une fois, vous serez mieux préparé à réagir sainement. Parce que, dans la
vie, tout le monde n’est pas gentil, tout ce qui existe sur terre n’est pas toujours favorable
aux êtres vivants.
N’oubliez donc jamais la devise d’Andy Grove, le fondateur de la société Intel :
« Seuls les paranoïaques survivent ».
La malveillance et la bêtise
Voici les pires ennemis de votre chien, depuis les bouteilles cassées volontairement
sur les trottoirs, jusqu’à la balle de 22 long rifle tirée par un voisin irascible sur votre chien
qui lui déplaît pour une raison ou une autre.
Craignez également les voleurs de chiens, malfaiteurs de tous âges et de tous
acabits, qui adopteront votre chiot pour eux, parce qu’il leur plaît et qu’ils n’ont pas les
moyens d’en acheter un semblable. Ou qui vous le rendront contre rançon, c’est le
dognapping. Ou, dramatiquement, qui l’emploieront pour entraîner leurs pit-bulls de
combat…
Votre chien peut aussi être entraîné par sa curiosité, vous oublier et suivre un
aimable randonneur. Sans parler de ces gens qui, se promenant là par hasard, verront ce
bébé qui leur fait gentiment la fête, et aussitôt croiront dur comme fer qu’il est abandonné
- «Vous savez, madame Michu, de nos jours, les gens n’ont plus de conscience et
abandonnent sans pitié leurs animaux, heureusement que je suis passée par là...» Avec
la meilleure foi du monde, sans même regarder s’il possède un tatouage, ou une puce
d’identification, ils emmèneront votre chiot chéri dans une S.P.A. près de chez eux, à cent
kilomètres de chez vous. Je le sais, cela m’est arrivé... Vous serez à ce moment-là ravi
d’avoir un animal tatoué !
Les dangers à I’extérieur
Les véhicules
Beaucoup d’automobilistes ne feront même pas un écart si un chien marche
tranquillement sur la route devant eux. Dans le cas où votre chiot vous échapperait et se
trouverait dans cette situation, mettez-vous en personne au milieu de la route. Les
automobilistes malveillants hésiteront quand même à vous écraser. Cela leur donnerait
trop de paperasses à remplir.
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Les poisons
Voici le deuxième grand facteur de danger à I’extérieur : produits chimiques jetés
dans une poubelle, huiles ou antigel sur le sol d’un garagiste, appâts empoisonnés
disséminés dans les forêts pour tuer les renards, produits antilimaces entreposés dans
les abris de jardins, mais aussi toutes les plantes vénéneuses de la nature, des branches
mortes de thuyas jusqu’aux ciguës et aux fruits rouges de certains lauriers, autant de
risques dont vous devrez vous méfier.
Attention aux plantes sauvages comme à celles qui décorent votre jardin : les chiots,
pour se purger ou par amusement, avalent quelquefois des herbes et des plantes vertes.
La tondeuse
Elle peut envoyer un fragment de branche morte ou un caillou se ficher dans la
gorge ou l’œil de votre chiot, mais aussi lui broyer un pied si elle passe dessus.
Les animaux dangereux
Les poisons peuvent également provenir d’animaux dangereux comme la vipère,
mais aussi le scorpion, et la chenille processionnaire du pin dans les régions méditerranéennes ou simplement chaudes en été.
Une piqûre de frelon peut tuer un homme, donc a fortiori votre élève, mais plusieurs
piqûres de guêpes, d’abeilles ou d’araignées valent bien une piqûre de frelon. Le drame,
c’est que les chiens adorent attraper au vol les insectes bourdonneurs, pour jouer avec
eux et les avaler.
Le chien étranger dangereux
Le dernier ennemi enfin. D’un seul coup de dents, un chien peut tuer un chiot. Je
tiens toujours ma laisse à la main. Mon chien n’a pas le droit d’agresser ses congénères.
Mais s’il est attaqué, mon chien à moi, le soleil de ma vie, je le défends. Je frappe très fort
I’agresseur sur la truffe, là où cela fait le plus mal, avec le mousqueton en fer de la laisse.
Je n’ai jamais vu un chien agresseur revenir pour une deuxième couche...
Les dangers dans la maison
N’oublions pas que, comme pour l’homme, les accidents mortels, pour la plupart,
surviennent sur les chiens à I’intérieur du foyer.
L’électricité
C’est I’ennemi le plus terrible, car le chiot, lui, ne porte pas nos semelles en
caoutchouc qui nous isolent du sol. Par ailleurs, il adore jouer avec les fils électriques qui
courent sur le sol, ou desceller les prises de courant fixées au bas des murs.
Chez moi aucun fil, aucune prise, ne descend au-dessous d’1 mètre 50 !
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Attention : si votre chien tombe, inconscient, électrocuté, coupez d’abord le courant
avant de lui porter secours, avant de vous approcher de lui. Car, lui-même devenu
conducteur, il peut vous électrocuter.
Méfiez-vous également d’une source d’électricité qui vous paraît sans danger, c’està-dire la pile, car elle contient des produits chimiques dangereux pour la santé, sans
compter qu’une pile ronde mal avalée peut boucher la trachée artère et faire périr le chiot
par étouffement. Ne prenez donc pas l’habitude de lancer par jeu une pile usagée pour
que votre animal vous la rapporte.
Les jouets dangereux
Une balle de tennis, déchiquetée, peut obstruer le système digestif et tuer un chiot.
Un de mes jeunes chiens avait avalé une serpillière en entier. Que le vétérinaire, à
son plus grand étonnement, a retirée au cours d’une opération en urgence…
Certains jouets sonores contiennent des sifflets, des bruiteurs en plastique dur ou en
métal, qui ne sont pas merveilleux du point de vue de la sécurité de votre petit animal.
Les balles de petite taille non plus d’ailleurs, qui peuvent bloquer les vois
respiratoires.
Le verre
Les vitrages représentent un danger important. Un chiot un peu lourd est capable de
passer à travers un carreau en courant. Ce faisant, il s’expose à des coupures profondes.
Prévoyez donc des carreaux très épais, bien fixés à la menuiserie; protégez-les
éventuellement par des grilles, les petits carreaux étant beaucoup plus résistants que les
gros.
Si vous brisez une bouteille, nettoyez le sol encore plus soigneusement que
d’habitude : un petit éclat peut blesser profondément le chiot qui marche dessus.
N’oubliez pas qu’il ne se déplace pas avec des chaussures à semelles épaisses.
Les os durs
Proscrivez-les. Une pointe d’os de volaille ou de lapin est bien capable de perforer
l’intestin de votre petit animal.
Les os en peau de buffle
Je n’en donne déjà pas à mes chiens adultes, alors, pensez, avec un chiot ! Ils sont
conservés avec des additifs chimiques que je ne souhaite pas voir perturber le bon
équilibre alimentaire de mes chiens, et ils peuvent être avalés par grands morceaux, au
risque d’une occlusion intestinale dramatique. Sans compter que la protéine de bœuf,
donc de buffle, est quelquefois responsable d’allergies chez le canidé.
Le collier nœud coulant de potence
Le collier que le chiot porte au cou peut également se révéler être un véritable
piège. Combien de chiens sont morts pendus à un clou ou à une poignée de porte,
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devenus potences de hasard, après qu’ils s’y soient accrochés en sautant ou en
courant...
Le feu
L’incendie n’arrive pas qu’aux autres. Pensez toujours, quand vous quittez votre
maison, qu’elle peut brûler à cause d’un fer à repasser allumé qui, pour une raison ou
une autre, tombe et enflamme un habit puis la maison...
Une surtension électrique, une fuite de fioul, et c’est la catastrophe.
L’animal se retrouve alors comme pris dans une nasse. Une bonne précaution
consiste à apposer sur la porte, à l’intention des pompiers et des secouristes, un panneau
« Attention ici vit un chien ».
Sans compter que le chiot lui-même peut être à I’origine d’un incendie, en mordillant
un fil électrique qui, plus tard, fera court-circuit...
Un animal peut également ouvrir le gaz par mégarde, en mordillant un tuyau
rattaché à la bouteille de butane.
Les produits chimiques familiaux
Pour terminer, un mot sur ces produits, depuis I’eau de Javel jusqu’aux
médicaments de l’armoire de pharmacie.
Rappelez-vous de vous méfier. Le chiot est un titre curieux de tout. Il veut découvrir
le monde. Sa mâchoire constitue sa seule main, mais il peut facilement avaler ce qu’il
prend entre les dents. Le danger est d’autant plus grand que certains de ces produits, les
médicaments notamment, ou l’antigel, ont un goût sucré, au moins en enrobage, et
incitent I’animal à faire mauvais usage de sa gourmandise.
Mettez tout ce qui peut être dangereux hors de la portée de votre petit compagnon à
quatre pattes. Rangez tout dans les parties hautes de vos pièces. La muselière empêche
là encore un chien de faire certaines bêtises, celles qui réclament I’action de sa
mâchoire.
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Chapitre 9. L’eau, source de vie
Le corps de votre chiot, comme le nôtre, est composé d’atomes de carbone,
d’hydrogène, d’oxygène, d’azote pour deux dixièmes de son poids. Le reste, à part
quelques traces de métaux ou de molécules diverses, soit huit dixièmes, c’est de l’eau !
Un chien de dix kilos contient huit kilos de ce liquide.
Malheureusement, les reins, filtres chargés de nettoyer en permanence cette eau
vitale, fonctionnent assez mal chez le chien. Nous avons là son principal point faible. Les
chiens âgés souffrent avant tout d’insuffisance rénale, leur corps s’empoisonne petit à
petit. Vous avez donc l’impérieuse obligation de faciliter le travail de votre ami, en lui
permettant de boire à volonté.
Si un jour, au cours de son existence, votre chien manque d’eau, vous affaiblirez
définitivement ses reins. En conséquence, vous diminuerez la durée de sa vie...
La régulation thermique
Bien sûr, un chien réclame plus d’eau en été qu’en hiver. Mais rien ne ressemble
plus à une température de 25°C à l’extérieur en été au soleil, qu’une température de
25°C en hiver dans un appartement chauffé et bien sec.
Le chien sue au travers de sa peau, mais peu. Chez lui, la régulation thermique
s’effectue par la respiration. Lorsque sa température interne s’élève, il se met à respirer
plus rapidement, la gueule ouverte et la langue déployée. Ce halètement provoque une
évaporation accélérée, et donc un refroidissement de la salive qui couvre l’intérieur de sa
gueule. L’air inspiré, passant dans une conduite plus froide, rafraîchit l’intérieur des
poumons. En même temps, les canaux qui tapissent la langue et tout l’intérieur de la
muqueuse de la bouche emmènent dans le flux sanguin un peu de cette fraîcheur.
On comprend bien pourquoi cet animal a besoin de disposer de liquide : son corps
emploie beaucoup d’eau pour assurer l’équilibre thermique. Contrairement à lui, nous
souffrons moins du chaud. Imaginez qu’on vous oblige à porter une épaisse fourrure à
toute heure du jour ou de la nuit, y compris au plus chaud de l’été ! Votre chiot ne peut
pas se mettre en slip de bain s’il souffre de la chaleur. S’il partage votre vie, votre voiture,
votre appartement, il sera beaucoup plus souvent soumis à des températures trop
élevées qu’au froid véritable.
L’eau sale
Parfois, au cours d’une promenade, vous le verrez peut-être se précipiter dans une
flaque sale et nauséabonde, et y lamper quelques gorgées avec une évidente
délectation. Ne foncez pas pour autant ventre à terre chez le vétérinaire !
Votre compagnon reste encore très proche de l’état sauvage. Un loup, un chacal, un
renard, ne trouvent jamais au cours de leurs randonnées une gamelle bien propre emplie
de Volvic ou d’eau osmosée. Néanmoins, ils survivent fort bien. Certes, les ruisseaux
limpides de la haute montagne charrient un liquide de bien meilleure qualité que tout ce
qui coule de nos robinets, mais les animaux sauvages ne vivent pas tous au domaine du
chamois. Les forêts, les plaines, sont constellées de mares vaseuses emplies de corps
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plus en décomposition les uns que les autres. Or toute la faune vient s’y désaltérer, sans
dommage.
N’obligez pas pour autant votre chien à boire dans toutes les flaques qu’il rencontre.
En ville, près des garages, il risque d’ingurgiter beaucoup de produits pétroliers pas
forcément excellents pour sa santé. Mais ne vous affolez pas s’il trempe le museau
ailleurs que dans sa gamelle toujours si amoureusement récurée. Son organisme
s’habituera volontiers aux eaux « naturelles ».
Chez les humains, cette faculté d’apprendre à ingurgiter progressivement de plus en
plus de substances peu recommandables s’appelle la « mithridatisation » ; elle a permis
au moine Raspoutine de résister longtemps à ses empoisonneurs. N’allez pas aussi loin
avec votre chien ; contentez-vous de laisser son système digestif apte à digérer les
choses qui existent normalement dans l’eau.
Votre bel animal, que vous voulez soigner avec tant de précautions, vous fera un
jour probablement la désagréable surprise de déguster devant vous un magnifique poulet
en pleine décomposition, une charogne qui vous rendra malade rien que si vous la
regardez. Là encore, ne vous formalisez pas inutilement. Enlevez-lui bien sûr d’urgence
tout cadavre d’animal susceptible d’avoir ingéré un appât : une souris, un rat, au
voisinage d’une habitation, sont hautement suspects.
Mais si vous vivez seul dans un parc de dix hectares, si personne chez vous ne
répand du blé empoisonné à l’intention des rongeurs, et si votre chien se régale de la
carcasse d’un poulet qu’il vous avait chapardé deux mois plus tôt et qu’il avait enterrée
sous un de vos rhododendrons, laissez-le faire. Il avale un repas bien faisandé,
hautement vitaminé, précuit, dont son organisme tirera le meilleur profit. Que voulezvous, il possède quarante-deux dents, c’est un carnivore, donc un charognard...
Comme pour l’eau, acceptez que sa nature diffère de la vôtre.
L’eau en voyage
Si vous devez vous déplacer pour un long trajet, prévoyez une grande gourde d’eau
réservée à votre petit compagnon. Mais ne le laissez pas trop boire après un effort
violent, il risquerait un retournement d’estomac.
En été, mettez une gamelle de 10 litres presque pleine d’eau au congélateur. Quand
vous la sortirez, vous aurez un gros pain de glace, que le chiot pourra lécher longuement,
évitant ainsi de trop boire d’un coup. Dans votre voiture, mettez-la dans un grand seau,
que vous suspendrez par son anse avec une ficelle à un point haut afin de vous prémunir
d’une inondation renversante !
Répétons-le cent fois, et re-répétons le : arrangez-vous pour que l’animal qui,
désormais, partage vos jours, puisse boire ce qu’il lui faut. Cette exigence ne pose pas de
problème en général quand votre chiot est chez vous. En voyage les choses sont plus
difficiles.
Si vous devez vous déplacer à pied dans une zone très sèche, emportez une
grande gourde d’eau. En plus de l’abreuver, vous pourrez ainsi lui mouiller parfois la tête
et surtout le dessous de son ventre, cette partie sans poils qui récolte tout le
rayonnement réfléchi par le sol.
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Un long trajet en voiture entraîne souvent pour le chiot une grande déperdition
d’eau. En été, le moindre arrêt à un feu rouge transforme vite votre habitacle en
fournaise. Sauf si vous faites fonctionner la climatisation. Mais celle-ci dessèche l’air de
l’habitacle. En hiver, le chauffage, fréquemment accéléré par le ventilateur, peut
également assoiffer votre élève.
Et celui-ci se plaint rarement de la soif, contrairement à l’être humain !
Un chiot ne doit pas boire beaucoup en une seule fois, surtout après un effort
violent. Certains spécialistes affirment que le retournement d’estomac est souvent
provoqué par le remplissage trop rapide de l’estomac alors que l’organisme n’est pas
encore mis au repos.
Le coup de chaleur
La chaleur, paramètre primordial, n’a pas la même valeur pour tous les âges. Si un
canidé se révèle parfaitement capable de s’accommoder d’une canicule de + 40°C ou
d’une froidure de - 40°C, il reste néanmoins fragile aux brutales variations du
thermomètre. La règle consiste à ne pas l’obliger à des modifications supérieures à 6°C
par 24 heures.
Malheureusement, dame Météo commande ; surtout pour les animaux vivant en
quasi-liberté au-dehors, ses caprices ne peuvent pas être ignorés. Il faut donc, pour les
périodes d’été, prévoir des lieux ombragés, des bassins pour y faire trempette, un
ventilateur peut-être. En hiver, il doit au moins exister une source de chaleur : même en
extérieur, une simple lampe d’éclairage chauffe par son rayonnement.
Pour le chiot, la température optimum de l’air tourne autour de 32°C. Avec votre
jeune animal, vous aurez donc intérêt à prévoir une ambiance intermédiaire : il n’est plus
nourrisson, et pas encore adulte. Dans votre voiture, dans votre caravane, ou tout
simplement en promenade, votre animal peut subir un coup de chaleur.
Il courait, le voilà, titubant, qui perd connaissance. Trempez-le vite dans de l’eau !
Appuyez des deux côtés de sa cage thoracique en accompagnant le rythme de son
coeur. Placez-le à l’ombre, agitez au-dessus de lui un éventail, même improvisé.
Faites tout pour abaisser ses températures externe et interne. Le coup de chaleur
guette surtout les animaux enfermés dans une voiture au soleil. Si vous voyez un chien
qui s’agite frénétiquement, dans une automobile aux vitres closes garée en pleine lumière
de l’astre du jour, même en demi-saison, cassez vite avec un caillou une vitre latérale. Si
vous allez au tribunal, dites au juge que c’est moi le responsable, puisque je vous ai incité
à endommager la propriété d’autrui.
J’interviendrai auprès d’Anubis pour que, dans l’autre monde, vous ayez une place
au paradis des chiens et des amis des chiens.
Une histoire vraie
En mai 1998, mes amis et moi-même effectuions des démonstrations de dressage
sur un stand de la Foire de Paris. A côté se trouvait le stand des chats de race.
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Un matin, un fier-à-bras du groupe voisin vient nous interpeller : « ah, c’est vous, les
soi-disant dresseurs ? Mais vous ne m’impressionnez pas, moi, je sais mieux que vous,
j’ai un rottweiler en ring 2, moi ! »
Et la journée se déroule, au rythme d’une prestation de notre groupe par heure. Vers
16 heures, je sors mon chien sur le parking, hors du hall de l’expo. Et je remarque une
Renault Trafic. Ses vitres ruisselaient de l’intérieur. Bizarre, avec le soleil qui frappait
encore assez bien. Je regarde dans la fourgonnette. Dans un vari-kennel, crispé sur le
dos, le flanc raide, les ongles enclenchés dans la porte grillagée, la langue pendant hors
de la gueule, il y avait un grand rottweiler. La gueule grande ouverte, de l’urine et des
excréments partout. Mort.
J’ai fait venir mes amis, pour qu’ils apprennent et se méfient du soleil.
Ils étaient là quand le vantard du matin est venu en pleurant ouvrir sa porte arrière,
incapable d’expliquer pourquoi il n’avait pas ouvert au moins le haut de ses vitres et du
hayon…
Pauvres chiens qui meurent en souffrant dans les voitures-fours solaires. Il faut
savoir que, même en hiver, l’effet de serre peut rapidement fournir 70°C dans une voiture
fermée.
Le coup de froid
Votre chien peut mourir d’un coup de froid. Lisez donc Amarok, de Bernard Clavel...
Malgré sa fourrure, il n’est pourtant pas à l’abri de tout.
Si vous le faites nager en plein hiver, alors que le gel fend les briques ; si vous
l’enfermez toute une nuit par -273,16 degrés centigrades dans une voiture sans
chauffage ; si vous le rasez avant de prendre le départ de l’Iditarod, cette course de
traîneaux qui traverse tout le Grand Nord Canadien, sous le prétexte que cela fait plus
aérodynamique, vous aurez des surprises !
Attention aux sels anti-verglas, ils attaquent ses pieds. Attention au bac d’antigel
posé par terre, et dont le goût sucré cache un poison mortel. Attention au chocolat que
vous croyez pouvoir lui donner à volonté parce que cela va le réchauffer : 125 g de cacao
peuvent tuer un caniche non habitué, à cause de la théobromine qui s’y trouve. Les reins
du chien ne filtrent pas ce poison, qui s’accumule jusqu’à la dose fatidique...
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Chapitre 10. Les repas
Lorsque votre chiot va arriver chez vous, il va falloir rapidement lui enseigner que
son coin-repas sera, au choix, dans la cuisine, dehors, ou à l’endroit qui vous convient.
Cette nourriture offerte quasiment à son arrivée chez vous lui montrera qu’ici aussi il aura
de quoi se nourrir. Il convient bien sûr de ne pas changer brutalement son régime
alimentaire. Si vous désirez abandonner la nourriture que l’éleveur donnait jusque là,
veillez à ce que le changement soit effectué graduellement.
Le self service
Je le dis tout de suite : c’est la meilleure des solutions, à condition d’employer un
aliment vraiment complet (tous ne le sont pas, malgré ce qu’on lit sur le sac), c’est-à-dire
qui contienne tous les compléments nécessaires, vitamines et oligo éléments, en quantité
suffisante.
Donnez à votre chiot deux kilos de bonnes croquettes. Il ne finira pas. Complétez
toujours largement. Sa gamelle ne doit jamais rester vide. Ainsi, vous dédramatisez le
moment du repas, puisqu’il n’existe plus. Le chiot ne peut plus faire de la nourriture un
des problèmes de sa vie.
Ne craignez donc pas qu’il meure d’indigestion. Il est beaucoup plus raisonnable
que les humains. Et faites-vous raconter comment les patrons pâtissiers obtiennent de
leurs jeunes apprentis qu’ils refusent de se goinfrer de gâteaux…
Evidemment, si votre animal souffre d’un problème de santé, s’il a besoin d’aliments
de régime, le self service peut ne plus être recommandable.
Le réflexe gamelle
L’ustensile obligatoire à acquérir pour votre compagnon. Vous pouvez,
mécaniquement, lui permettre de manger dans votre assiette. Après tout, il s’agit de votre
chien, et de votre assiette. Mais vous faites une croix sur la tranquillité de vos repas...
Habituez-le plutôt à manger toujours dans sa gamelle. Cet ustensile mérite un bon
nettoyage après chaque repas, sinon émanent très vite de lui des remugles de mauvais
aloi...
La gamelle deviendra ainsi le lieu, mobile, où votre chien se restaurera. Si, dès le
début et avec constance, vous lui interdisez de manger quoi que ce soit hors de cet
ustensile, vous aurez un chien qui refusera d’avaler tout appât qui traîne, pour le plus
grand bien de sa santé. Car enfin, à quoi sert-il de très bien éduquer et soigner votre
animal si celui-ci meurt à la première boulette empoisonnée qu’il trouve sur son chemin
ou dans votre jardin, jetée là par quelque main malveillante ?
Ayez le réflexe gamelle dès le premier jour. Par prudence, achetez-en plusieurs,
identiques : on en perd. Préférez le modèle en acier inoxydable ; il ne se casse pas au
gel et ne disparaît pas en miettes, sous les crocs, les jours d’ennui...
Dès les premiers repas, vous pouvez habituer votre chiot à vous laisser mettre votre
main dans sa gamelle et dans sa gueule, et à manger ainsi dans votre main. Ne lui
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laissez pas la possibilité de croire qu’il peut défier votre contrôle au moment où il mange.
A chaque instant de sa vie, il est tenu de vous respecter, d’accepter votre présence, votre
intervention, au moins sans se rebeller et au mieux avec plaisir.
Le refus d’appâts
A quoi sert un bon chien qui vient de mourir empoisonné ?
Dès le départ n’acceptez pas qu’il mange ailleurs que dans sa gamelle.
Demandez à un ami de lui présenter une friandise. Lorsque l’animal met le museau
ou le nez sur l’appât, votre ami retire sa main, et de l’autre il lui serre fort le museau
pendant une demi-seconde. Très rapidement, ou bien votre chiot se mettra à gronder sur
votre ami, ou bien il se reculera précautionneusement dès que cette personne s’avancera
avec une friandise à la main,
Recommencez la leçon avec le plus grand nombre possible de partenaires.
Déposez sur le sol des appâts recouverts d’un panier à salade que vous retournez.
Votre élève apprendra ainsi à côtoyer des appâts qu’il ne pourra pas atteindre mais qu’il
verra.
Organisez des pièges. Posez un morceau de fromage au milieu d’un lot de tapettes
à souris armées, retournées et recouvertes d’une couche de tourbe légère : s’il veut
s’approcher du fromage, ce sera Verdun !
Et enfin répétez souvent l’exercice. Des études effectuées par l’armée américaine
ont démontré la nécessité d’un entraînement quotidien au refus d’appât. Un chien
moyennement sensibilisé au problème ne touche pas pendant deux ou trois heures à la
boulette de viande qui vient de tomber dans sa courette. Après, il considère qu’elle fait
partie de son univers, donc qu’elle serait aussi bien à l’intérieur du centre de son univers,
c’est-à-dire dans son estomac...
Dans certaines lignées, les chiens grognent et grondent en mangeant même s’il n’y
a jamais personne à côté d’eux. Quelquefois, il faut savoir fermer les yeux. Mais restez
vigilant : rien ne justifie que votre animal morde, même légèrement, vous-même ou
quelqu’un de votre maisonnée.
La sagesse au cours du repas
N’attendez pas que votre Milou soit devenu fort pour l’entraîner à la sagesse au
cours du repas. Vous lui offrez une friandise appétissante ? Vous devez rester capable
de lui enlever ce cadeau fort apprécié sans qu’il rechigne, dès ses premiers jours chez
vous. Ne devenez pas un casse-pattes de grande envergure, ne l’importunez pas à tout
propos dans l’idée de vérifier s’il reste toujours sage, mais ne négligez pas d’entretenir
son respect envers vous.
Veillez aussi, si vous possédez plusieurs chiens, à entraîner tout ce petit monde
quadrupédique à manger ensemble sans disputes. Réprimez calmement mais clairement
celui qui voudrait dominer ses congénères au moment des repas. Dans toute cette
meute, on doit voir un seul chef : vous !
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Chapitre 11. La propreté
Une des premières préoccupations du nouveau maître est que la charmante petite
peluche qui vient d’arriver à la maison apprenne rapidement à être propre, à demander la
porte si survient une envie pressante, ou ne transforme pas la maison en une nuit ou lors
d’une absence en décharge publique... Hélas, combien de recettes miraculeuses sont
colportées pour enseigner à un chiot la propreté et qui, bien souvent, se révèlent
totalement inefficaces, quand elles ne sont pas dramatiques pour le futur comportement
du bébé chien !
Un chiot est propre de nature
Une certitude : dans leurs tanières, les canidés restent propres. Cette propreté
conditionne la survie de leur espèce. Nous pouvons donc tirer deux conséquences de
cette observation :
• c’est l’homme qui rend l’animal sale, l’éleveur notamment, s’il élève ses chiots
dans des pièces vastes mais fermées, leur enseignant que c’est exclusivement sous un
plafond qu’ils doivent faire leurs besoins naturels ;
• il faut traiter cette question en s’appuyant sur les pulsions instinctives, sur les
mécanismes mentaux naturels.
Juste après la naissance, la mère lèche énergiquement chaque petit. Le passage de
la langue maternelle sous la base de la queue déclenche l’émission d’urine et la
défécation. La mère avale tout aussitôt. Voilà pourquoi, au cours de la toute première
enfance, quand les petits tètent la mamelle, quand toute leur alimentation provient
exclusivement de leur mère, ils sont complètement propres. Seule la femelle, la lice,
dépose ses déchets. Elle s’éloigne de son antre, et enterre soigneusement ses dépôts.
L’idée pour elle consiste à émettre la plus faible signature d’odeur.
Les petits sont donc habitués à évoluer dans un environnement propre.
Par la suite, ils produisent trop de déchets : la mère ne peut ni ne veut plus tout
ingurgiter. Mais ils gambadent déjà fort activement. Elle leur interdit cependant de salir le
nid : c’est elle la femme de ménage ! Si un petit s’accroupit dans la tanière, elle l’expulse
instantanément en mimant une intense colère. Parfois, elle le saisit de ses dents par la
peau du dos et le jette avec force au-dehors.
Inspirez-vous donc de ce comportement. Malheureusement, puisque vous êtes
animé d’intentions douces, vous hésiterez à défenestrer le petit souilleur. Et vous aurez
un peu raison. Ne risquez pas de lui casser un bras ! Mais vous aurez aussi un peu tort,
car votre petit observateur va déduire très vite de votre attitude précautionneuse que
vous n’êtes pas à la hauteur de sa mère.
Ne soyez pas un tigre de papier !
A la manière de Mao Tsé Toung, qui méprisa son père, ce tigre de papier, ce
matamore qui, en définitive, acceptait toujours de baisser pavillon, même devant son fils,
le petit être curieux qui vous accompagne désormais va comprendre que vous lui
laisserez commettre beaucoup de bêtises. Pourtant, vous pouvez facilement et sans
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danger imiter le comportement de la mère de votre chiot, à condition d’agir avec
précaution.
Vous avez intérêt à acheter votre chiot juste avant une période de vacances, ou
avant un week-end complet. Vous lui consacrerez au moins ainsi deux jours pleins. Vous
pourrez ainsi prendre le temps de le diriger directement vers les bons comportements.
Soyez intelligent
La meilleure arme dont vous avez besoin pour l’apprentissage de la propreté, c’est
l’attention. Vous avez du temps devant vous : gardez votre chiot sous les yeux durant
cette période. Au premier regard de votre chiot vers la porte, ouvrez-lui. Il vous faut
apprendre à lire ses attitudes. Certains chiens se contentent de signaux très discrets.
Vous allez vite savoir quand il va uriner. Probablement tournera-t-il sur lui-même ou
bien ira-t-il vers l’endroit où il fait habituellement ses besoins. Si vous êtes assez attentif,
vous le verrez très vite se diriger vers la porte. Alors, félicitez-le et sortez-le. Au bout de
quelques jours, attendez un peu qu’il fasse un bruit, en couinant ou en grattant la porte,
avant de lui ouvrir.
Observez-le attentivement et souvent, concentrez-vous sur lui. Vous finirez par
découvrir qu’il fait toujours les mêmes actions quand il veut sortir : il tourne sur lui-même,
ou bien il s’approche de la porte d’un pas hésitant, ou encore il vous regarde d’un oeil
autoritaire. Dans tous les cas, il vaut mieux lui ouvrir trop souvent que pas assez.
Chaque chien est différent, et vous remarquerez peut-être d’autres indices, mais le
mécanisme est immuable. Evidemment, vous aurez besoin d’un peu de temps, mais la
solution que vous découvrirez vous-même vous emplira de joie !
Vous l’emporterez alors dare-dare, dans vos bras, jusqu’à la pelouse ou au
caniveau et vous attendrez qu’il s’accroupisse. A cet âge tendre, les mâles souvent ne
lèvent pas encore la patte.
Laissez-le tranquillement terminer ses besoins, sans l’interrompre par des
félicitations importunes qui risqueraient de le déconcentrer, et ramenez-le chez vous.
Si vous vous penchez suffisamment sur votre tâche, vous verrez vite la consécration
de vos efforts : votre petit élève se dirigera de lui-même vers la porte quand il voudra
sortir. Il vous suffira d’accompagner le mouvement. Ne prenez aucun risque : si votre
chiot s’approche dix fois de la porte en deux heures, ouvrez-lui dix fois et sortez-le dix
fois.
N’élevez pas la voix si votre chien par hasard s’accroupit sur votre tapis persan. Ne
vous laissez pas entraîner par la colère, cette courte folie. Si vous vous emportez, vous
rompez le charme que vous essayez de créer dans l’atmosphère de votre intérieur. Par
ailleurs, le petit animal commet une simple erreur : il n’est pas en train de tuer père et
mère. Dites-lui seulement d’une voix sûre « Non, non, tu te trompes, sur le tapis on ne
salit pas, jeune homme, on demande à sortir ! »
Soulevez-le, emportez-le au dehors. Félicitez-le quand il a fini ses besoins.
Un mâle adulte reste sensible à la présence d’un déclencheur pour uriner à
l’extérieur : l’odeur de l’urine d’un autre chien. Dans la nature, le canidé mâle marque son
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territoire en déposant tout le long de la frontière quelques gouttes de son urine. Il
recouvre d’une odeur fraîche toute trace étrangère. Le message signifie : « Le territoire
est habité. Je sais que vous venez ici. Vous ne perdez rien pour attendre ; patientez un
peu, que je vous tombe sur le râble ! »
Dans la vie courante, le chien garde ce réflexe de marquage. Certes, il finira par
vider sa vessie dans un endroit où il n’y a pas d’odeur concurrente, mais il se sera retenu
pendant un certain nombre d’heures, vingt ou trente quelquefois. Sachez que son
émission d’urine est facilitée par la présence d’une odeur différente de la sienne. Si donc
un de vos amis vient chez vous avec son chien, et si cet animal lève la patte pour
déposer trois gouttes sur le coin de votre commode Louis Ixe, lavez soigneusement
l’endroit avant de permettre à votre Médor de s’en approcher.
Rappelez-vous également que votre chien vit par son nez. Si un arrivant apporte
contre la semelle de sa chaussure une trace d’urine - s’il vient de marcher dans un filet de
liquide sur le trottoir de votre immeuble - il provoquera peut-être une réaction de miction
chez Médor.
Si votre chiot attend longtemps avant de se vider, s’il fait froid, mettez-lui un
manteau. Si vous êtes chez vous, et si vous n’avez pas envie de rester avec lui dans le
froid, installez une lampe chauffante quelque part, et laissez-le dehors un peu de temps,
qu’il sache le bonheur de vivre dans une pièce propre et chaude.
S’il refuse de se vider, mais que vous ne pouvez ni attendre des heures ni le laisser
dehors, rentrez-le et mettez-le dans son liclos. Recommencez l’opération dix minutes plus
tard. C’est seulement lorsqu’il se videra dehors que vous pourrez le rentrer en liberté
dans la maison. S’il rentre sans avoir fait ses besoins, remettez-le à nouveau dans sa
boîte pendant un moment puis ressortez-le. Donnez-lui une nouvelle chance. S’il
s’exécute, rentrez-le, libre d’aller et venir dans la maison. S’il se retient encore, remettezle une autre demi-heure dans la boîte avant de le sortir à nouveau, et ainsi de suite.
Pour nettoyer
Oubliez l’eau de Javel. Elle donne au chien l’envie de recommencer. Préférez le
vinaigre blanc ! Vous pouvez tirer profit de cette particularité de l’eau de Javel quand
vous voudrez amener l’animal à uriner à un endroit spécifique : déposez-y une serpillière
fraîchement rincée à l’eau de Javel. Une eau de Javel suffisamment diluée pour ne pas
risquer de brûler les soles plantaires du chiot.
La technique du journal
Beaucoup de propriétaires adoptent au début la technique du journal. Au lieu
d’emporter le contrevenant à l’extérieur, ils le conduisent sur un journal déplié en un
endroit acceptable, un coin carrelagé de la cuisine par exemple. Selon le principe de la
création d’habitude, le chien finit par se diriger de lui-même sur son journal en cas de
besoin pressant. Le système fonctionne bien. Il présente néanmoins le défaut de dresser
en fait le petit animal à se soulager exclusivement dans la maison ou l’appartement. Un
jour, les gens veulent que cela cesse, malheureusement ils découvrent alors, un peu tard,
qu’il se révèle beaucoup plus facile de créer des bonnes habitudes que d’en éliminer de
mauvaises...
51
La solution la plus efficace consiste alors à déplacer le journal d’un centimètre par
jour, jusqu’à l’extérieur de la porte d’entrée. Il s’agit, ici encore de faire comprendre à
l’animal le message suivant : « Tu dois demander à sortir ! »
Cette méthode de transfert progressif du journal possède en plus, « en propre »,
l’immense avantage de vous faciliter le ramassage bon citoyen des déchets de votre
chien!
Ne vous méprenez pas non plus sur les salissures de votre animal. Depuis
longtemps, les psychanalystes ont établi un point fort intéressant du comportement du
nouveau-né : le stade anal. A l’âge le plus tendre, le seul cadeau que le nourrisson
puisse donner à sa mère, c’est son excrément. On peut accorder ou ne pas accorder foi à
cette théorie ; elle doit être prise en compte.
Votre petite Finette dépose devant vos yeux une odorante crotte sur votre parquet
ciré ? Et en outre elle vous regarde d’un air suppliant ? Ne vous mettez pas en colère.
Expliquez-lui calmement qu’elle se trompe. Elle n’est pas en train de commettre un
crime...
Le nez dedans ?
Si, en rentrant chez vous, vous découvrez que votre Bill s’est laissé aller à des
saletés coupables, ne lui trempez pas le museau dans ses erreurs. Nous vivons quand
même dans une société évoluée ; il y a autre chose à faire que de se comporter en
sauvage.
Le drame du nez dans le pipi et de la tape qui suit généralement, c’est que ça
marche quelquefois. Alors, on généralise, et on dit que ça marche à tous les coups.
Comme les soi-disant maître-nageurs d’autrefois, qui jetaient leurs élèves dans l’eau,
puis les laissaient se débattre et regagner le bord par leurs propres moyens, et qui
concluaient à l’efficacité de la méthode. Le problème, c’est que de nombreux élèves
étaient dégoûtés de la natation à jamais...
Il est très facile, pour un spécialiste, de détecter le propriétaire qui réagit par le vieux
« trempe-lui son nez dedans » : son chien a peur de toutes les flaques !
Mettre le nez d’un chiot dans son pipi froid, c’est le dresser à craindre toutes les
taches de liquide.
Plaçons-nous dans la tête du chien. A la différence de l’homme, cet animal est
incapable de se projeter loin dans le passé ou dans le futur. Des expériences très
précises, effectuées aux États-Unis par des spécialistes comportementalistes, ont établi
que le jeune chien sait associer deux actes, à condition qu’ils ne soient pas séparés de
plus d’une demi-seconde !
Le chiot sait donc quitter le présent d’une demi-seconde. Ne vous attendez pas à le
voir calculer, prévoir, ou déduire comme nous.
Donc, voici le scénario classique
1/ Médor a uriné dans la cuisine, généralement à peu près au même endroit que
d’habitude,
2/ il y a donc une flaque dans cette cuisine,
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3/ d’où vient cette flaque froide, qui traîne sur le sol depuis plusieurs heures ?
Mystère pour Médor,
4/ vous rentrez, vous vous mettez à hurler, vous enfoncez le bec de l’animal dans
cette flaque froide,
5/ le lendemain à la même heure, vous rentrez, vous vous mettez à hurler, vous
enfoncez le bec de l’animal dans la nouvelle flaque,
6/ revenez à 5, et ainsi de suite, chaque jour.
Résultat : le chiot se dit :
A/ il y a une flaque,
B/ dès que mon papa voit la flaque, c’est ma fête,
C/ mais pourquoi est-il fâché contre les flaques ?
Et Médor vous regarde d’un air apeuré lorsque vous rentrez. Il court en outre se
camoufler dans quelque recoin. Vous traduisez cette attitude en pensant : « mon élève
sait bien quand il a fait une bêtise : il va se cacher! » Vous croyez d’autant plus à votre
version que, les jours où il est resté propre, il ne part pas se dissimuler avec affolement
quand vous revenez.
Pardi : il n’y a pas de flaque par terre !
Si vous doutez de l’explication flaque, faites donc l’expérience suivante : versez, en
l’absence de l’animal, à l’emplacement approximatif où il urine habituellement, un demi
verre d’eau. Sortez, attendez un quart d’heure, faites entrer le chien seul dans la pièce
où vous avez répandu le liquide, attendez un autre quart d’heure à l’extérieur, et pénétrez
enfin. Vous verrez ce qu’est un chien innocent mais qui pense : « il y a une flaque ; dès
que papa voit la flaque, c’est ma fête... »
Une bonne recette pour la moquette
Si malgré toutes vos précautions, votre gentil compagnon à quatre pattes salit votre
moquette de haute laine, voici une excellente recette de nettoyage :
• épongez le lieu avec un papier buvard ou une serviette de papier,
• versez-y la valeur d’une petite bouteille d’une eau bien gazeuse, Perrier ou
Vittelloise,
• laissez le gaz carbonique (les bulles) agir et dégager les molécules d’urée
pendant une demi-heure,
• aspirez encore une fois tout le liquide avec un linge sec ou un papier absorbant,
• pulvérisez sur la trace encore humide une bonne quantité de parfum ou de
citronnelle : il ne faut pas que l’animal soit tenté de venir rafraîchir son odeur dans un
souci renouvelé de marquage territorial !
•
Et enfin si, en dépit de vos efforts soutenus, le soleil de vos jours persiste à uriner
dans la maison, n’attendez pas trop pour consulter le vétérinaire : à cause de la douleur
qu’elle provoque, une cystite ou n’importe quelle autre affection urinaire, l’empêche peutêtre de contrôler sa vessie. Sans compter que, comme chez nous, l’incontinence provient
parfois de causes psychologiques : certains enfants inondent leur lit toutes les nuits
jusqu’à un âge avancé. Un jour, le problème disparaît, habituellement aux environs de la
puberté.
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L’apprentissage de la propreté avec le liclos
De toute façon, le système du liclos, qui reproduit le repaire naturel, fonctionne à
merveille : il devrait être votre premier réflexe. Mais vous pouvez toujours y avoir recours
lorsque les autres solutions ont échoué.
Le liclos correspond au trou que la mère creuse, dans la vie sauvage, pour mettre
bas. Là, elle enseigne aux petits qu’ils n’ont pas le droit de faire leurs besoins. Replacés
dans la même situation, les chiots, les chiens même, pour la plupart, recommencent à se
retenir. Bien entendu, cela leur est plus facile de rester propres pendant toute la nuit s’ils
n’ont pas le ventre surchargé par de la boisson et de la nourriture avalés juste avant
d’aller dormir.
Un truc.
Bien des éleveurs ont constaté un phénomène étonnant : dans la cage, on installe
un grillage rigide à mailles fines, 1 cm x1 cm, à l’horizontale, 10 cm au-dessus du
plancher, sur toute la surface de la boîte. Sur les 2/3 de la surface de ce grillage, du côté
de la porte, on place un morceau de Drybed, qui sera le lit confort de l’animal. La partie
du fond reste uniquement en grillage : ce sera la cuvette toilettes discrète de l’animal. On
insère plusieurs épaisseurs de papier journal entre le grillage et le plancher du caisson.
Puis on enferme le chien dans la boîte pour quelques heures, ou pour la nuit. Quand on
reprend le chien, on s’aperçoit qu’il est resté propre, en souvenir du trou où ses ancêtres
ont appris à se retenir. Ou alors, il a fait ses besoins en dehors de son tapis, sur la partie
libre du grillage. Les liquides et les solides ont traversé, et sont faciles à retirer. L’animal
est sec, propre. Quand il a su se retenir pendant une semaine entière, il a compris. On
peut retirer le grillage.
Le pipi d’émotion
C’est quand votre chiot se laisse aller si une émotion l’atteint. Si c’est un petit pipi,
soustrayez votre animal de la cause de cette émotion, par exemple éloignez-le avant
d’ouvrir la porte s’il fait pipi lorsque quelqu’un frappe pour entrer.
De même, ne lui parlez pas avec enthousiasme quand vous le sortez le matin : il
risque de s’asseoir et d’uriner devant vous dans la maison. Votre chien veut sauter une
étape. Il n’attend plus d’être au fond du jardin pour faire ses besoins. Au contraire,
grondez-le, c’est largement suffisant, quand il s’arrête trop tôt en chemin, poursuivez
rapidement l’ouverture de la porte et l’arrivée sur le lieu convenable pour ses besoins et
laissez-le en silence se vider tranquillement. Calmez-vous, il se calmera.
Tant qu’il n’est pas trop lourd, portez-le dans vos bras en silence : il n’urinera
probablement pas sur vous. Si cela arrivait, n’en faites pas un évènement. Oubliez, et
lavez votre habit.
Si vous avez pris la bonne habitude de faire dormir votre chiot dans un liclos,
emmenez dehors la boîte elle-même. Sans parler. Ouvrez la porte une fois seulement
que le liclos sera posé sur le sol.
Attendez que votre élève ait fait ses besoins dehors pour l’embrasser. Et continuez
à ne pas le gronder pour ses pipis d’émotion.
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Le pipi de peur
Si c’est le pipi en grosse quantité quand vous criez, ne criez plus en présence de
votre chien, ne faites pas de grands gestes, ne courez pas vers lui, ne faites plus rien qui
puisse l’effrayer.
Le pipi en douce
Vous ne pouvez pas le surveiller non plus toutes les secondes. Si votre chiot
pratique ses pipis derrière votre dos, par exemple, le temps que vous fassiez un allerretour salle de bains-salon, ne vous fâchez pas. Faites semblant de sortir de la pièce,
mais restez à l’observer au ras de la porte. Vous pourrez alors intervenir immédiatement.
Sortez-le. Et félicitez-le, dehors, quand il élimine ses besoins.
Le pipi sur des objets inappropriés
Pulvérisez un répulsif d’intérieur ou d’extérieur selon les endroits où il urine. Vous en
trouverez sur le catalogue de dogmasters.com
Certains conseillent de pulvériser du poivre blanc un peu partout, mais cette
méthode souffre de trois défauts majeurs : 1, elle rend impossible l’usage de l’aspirateur,
sauf à consommer beaucoup de poivre blanc, 2, certains chiens se moquent
complètement du poivre blanc, et semblent même l’aimer, et 3, le poivre ne tient pas
contre les murs, à 20-50 cm du sol, là où les chiens font réellement pipi. Le seul système
efficace que je connaisse, c’est le répulsif, d’extérieur ou d’intérieur.
Définir vous-même le lieu d’aisance
La société 3M fait des tapis d’entrée qui peuvent être utilisés comme urinoir
d’extérieur pour les chiens. C’est de la bouclette en plastique souple.
Enlevez immédiatement toutes les crottes des endroits non souhaités.
Choisissez un endroit qui vous convient, dispersez-y quelques-unes de ses crottes.
Chaque matin, quand vous le sortez, conduisez votre chien immédiatement à l’endroit
voulu, en le tenant dans vos bras pour qu’il ne se soulage pas au cours du trajet. Ne le
laissez plus se lancer seul dans votre jardin. Accompagnez-le jusqu’à l’endroit souhaité,
attendez qu’il ait fait là ses gros besoins avant de le laisser courir partout et de rentrer
chez vous.
L’affaire peut prendre plusieurs semaines. En gros, créez une habitude. Il faut
quelquefois du temps pour parvenir au but. Prenez un aliment à faibles déjections,
comme celui que vous trouverez sur le catalogue www.dogbaggy.com
Un jour, ostensiblement, votre élève ira de lui-même vers cet endroit. Ce jour-là,
vous aurez gagné. Et allez le rejoindre pour le féliciter quand il aura terminé.
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Soyez patient
Un chien comprend rarement exactement tout de suite ce que son maître lui
demande. Même pas le mien... Dans quelques semaines votre petit animal sera peut-être
devenu propre de lui-même. Pour l’instant, vous l’avez depuis quelques heures, il vous
observe et essaie de comprendre ce que vous voulez. Peut-être a-t-il appris, là d’où il
vient, à faire ses besoins avec une autre formule que la vôtre. Pardonnez-lui ses péchés,
dont il n’est probablement pas le seul responsable.
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Chapitre 12. La promenade
« J’habite en appartement, je ne peux pas prendre un grand chien ! »
« Je pars habiter en pleine ville et je n’aurai plus de jardin. Mon teckel ne pourra
plus galoper comme avant, il sera malheureux, je dois donc m’en séparer ! »
On entend répéter ces clichés-là tous les jours. Voilà où mènent les bons sentiments
mal compris.
Un être vivant a besoin de bouger, certes. Mais pourquoi diable faudrait-il
obligatoirement qu’un chien s’épuise à la course une fois par jour au moins ? Sa santé ne
l’exige pas. De toutes façons, dans leur majorité, les chiens citadins ont droit par jour, au
mieux, à trois heures de course : juste de quoi s’échauffer... Un chien de berger au
troupeau parcourt en moyenne cinquante kilomètres quotidiennement, et au trot. A la fin
de sa journée, qui dure du lever au coucher du soleil, il a encore droit à assurer la
sauvegarde de ses moutons face aux ennemis nocturnes, loups, ours et hommes de
mauvaises intentions.
Beaucoup de chauffeurs routiers emmènent un chien de berger dans leurs
pérégrinations autoroutières. Au mieux, une cabine avec couchette mesure six mètres
carrés, bien moins qu’un studio, aussi modeste soit-il ! Et les chiens sont ravis.
Votre chien n’a pas besoin d’espace, il a besoin de vous. Offrez-lui le plus possible
votre présence, votre chaleur : même dans la plus exiguë des chambres de bonne, il sera
heureux.
Le jeu pour l’équilibre
Les chiens libres qui vivent à la ferme peuvent errer dans le vaste monde. Pourquoi
ne cherchent-ils pas à fuguer, mais, bien au contraire, à entrer dans la maison ? Parce
qu’ils veulent rester auprès de leur maître, et se coucher sous sa chaise... Le monde
alentour, à leur disposition, leur paraît fade : « Il » n’y est pas !
Maintenant, il reste que, l’animal serait-il un Yorkshire ou un mâtin de Naples, il lui
faut prendre de l’exercice. Mais vous le saviez, vous y êtes prêt. Deux fois par jour au
moins, vous le sortirez, quel que soit l’air du temps.
Plusieurs fois par semaine, chaque jour si vous le pouvez, amenez votre Mirza dans
un grand espace où elle pourra s’ébattre follement : ce n’est pas nécessaire à sa santé
physique, mais à son équilibre mental. Au travers du jeu en effet, la nature met au point
toute une série de comportements-type, des attitudes de la chasse à celles de la
soumission face aux dominants. Tous les psychologues savent que le jeu, en définitive,
n’est rien d’autre qu’une préparation à la vie d’adulte.
Pour autant, n’obéissez pas automatiquement à votre chiot qui viendrait, en vous
poussant du museau, vous obliger à jouer avec lui. C’est vous le maître, pas lui. Mais
cette règle n’est pas impérative : quand mon Hero vient me chercher pour jouer, je lui
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obéis au moins une fois sur deux. Parce que j’aime jouer avec les chiens. Ce qui ne
m’empêche en rien d’avoir une vraie et belle obéissance quand je la demande.
Pensez beaucoup plus jeu qu’effort physique et fatigue. Malheureusement pour nos
chiens, notre société est très marquée par la malédiction originelle du « Tu gagneras ton
Canigou à la sueur de ton front ». Elle oublie la nécessité du jeu, du plaisir gratuit.
La sortie en sécurité
Deux fois par jour au minimum, sortez votre chiot. Le chien, beaucoup plus que le
chat ou le canari, c’est l’animal qui nous ramène à nos racines. Il vous oblige à retrouver
les intempéries, les heures matinales et tardives où les autres dorment encore ou bien
regardent leur film, et à prendre plus d’exercice physique que nous ne le souhaiterions
toujours - ce qui, en définitive, profite bien à notre santé et reste indispensable à notre
compagnon.
Sous prétexte que les vaccinations n’ont pas encore produit assez d’anticorps pour
que votre chiot soit bien protégé contre toutes les maladies courantes, votre vétérinaire
vous recommandera peut-être de ne pas le laisser marcher sur le trottoir, ou dans un lieu
fréquenté par des chiens, avant qu’il ait atteint son deuxième mois. Il a raison. Car à quoi
sert un chiot sûr de lui dans la rue, mais qui vient de mourir d’une gastro-entérite ? Il faut
respecter les prescriptions des vétérinaires : ils veulent assurer l’essentiel, c’est-à-dire la
vie.
Mais il y a un hic : avec la meilleure volonté du monde, vous fabriquerez ainsi de
toutes pièces un syndrome de privation : vous rendrez votre chien peureux, tout
simplement parce qu’il n’aura pas fréquenté la vie et le vaste monde à l’âge normal des
premiers apprentissages. Si le fait de marcher paisiblement dans la rue n’est pas maîtrisé
à l’âge de trois mois, votre compagnon à quatre pattes vous posera probablement par la
suite de très gros problèmes.
Rassurez-vous : vous disposez de deux méthodes pour satisfaire à la fois le
vétérinaire et le besoin d’exercice de votre chiot.
Première solution : sortez votre chiot en pleine campagne, là où il n’y a pas de
concentration microbienne.
Deuxième solution : achetez un sac ventral, ou fabriquez-en un. Inspirez-vous de ce
qui se vend pour les bébés humains. Quand vous sortirez votre chiot dans la rue, dans la
ville, il sera isolé du sol mais s’habituera au bruit, aux mouvements, aux gens qu’il
approche. Empêchez quand même le passant bienveillant de venir caresser votre chiot,
si vous n’en avez pas envie. Pratiquez de la même manière si vous disposez d’un vaste
jardin, car il est nécessaire que, dès son plus jeune âge, le chien observe la vie.
Lors de la promenade, n’oubliez pas de respecter le seuil de la fatigue ; si vous avez
vu trop grand, si votre compagnon ne peut plus poser une patte devant l’autre, ou bien
vous lui accordez une longue pause pour qu’il puisse récupérer ses forces, ou bien vous
le ramenez en le portant bien au chaud dans votre anorak. Ou sur vos épaules s’il est
trop lourd !
Méfiez-vous quand même des appâts empoisonnés que, parfois, des gardes-chasse
moyenâgeux dispersent pour massacrer diverses malheureuses petites bêtes...
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La panoplie
Le manteau : ridicule ou nécessaire ?
Certains chiens, avec leurs poils courts, semblent craindre terriblement la pluie, le
vent et le gel. On pense aussitôt à les couvrir d’un tissu chaud et imperméable avant de
les sortir lorsque le temps est inclément.
Pourtant, dans la nature, les chiens n’ont pas besoin de manteau. Même un pointer,
à poil très court, subit sans dommage une journée de chasse dans le plus mauvais
temps. Mais, dans la vie sauvage, les canidés bougent à leur rythme. Ils se réchauffent
en galopant. Ils savent où faire momentanément retraite pour se reposer à l’abri. Ils
s’adaptent à la situation.
Le doberman qui sort sous la pluie après être descendu tranquillement par
l’ascenseur, qui marche au pas, retenu par la laisse, et qui doit attendre tout mouillé,
attaché auprès de la boucherie que son maître ressorte après avoir fini ses emplettes,
risque fort d’attraper un rhume. Surtout s’il sort de maladie, ou s’il est vieux, et si
l’appartement où il vit est chauffé habituellement à plus de vingt-cinq degrés ! Parfois
donc, le manteau se révèle nécessaire. Demandez l’avis de votre vétérinaire. De toutes
façons, sauf s’il fait vraiment trop chaud, un manteau ne peut pas nuire. Et même alors :
les Touaregs, en plein Sahara, se couvrent de plusieurs couches de laine avant de sortir
au soleil.
Si vous vous sentez l’envie de passer un manteau à votre chien, n’hésitez pas. Les
moqueurs ne paient pas les notes de vétérinaire.
N’infligez pas pour autant d’office à un jeune berger allemand à poil bien dru un
manteau pour toutes ses sorties. Mais dites-vous que les huskies de Sibérie, sous nos
cieux cléments, supportent parfaitement des sacs de bât qui leur couvrent le dos, et qui
sont, dans l’effort, bien plus chauds qu’un manteau de laine.
Tout est question d’appréciation. Ici, seule la vôtre compte !
Les accessoires
Pour que votre chiot devienne un chien civilisé, c’est-à-dire pour qu’il sache se
comporter calmement en ville ou lors de vos déplacements, il va vous falloir acquérir
quelques accessoires indispensables, au minimum une laisse et un collier. C’est par leur
intermédiaire que vous allez pouvoir apprendre à votre chiot une foule d’enseignements.
Leur choix doit donc être effectué avec beaucoup d’attention.
Ne vous laissez pas abuser par des couleurs assorties à votre chien ou par le
boniment d’un vendeur uniquement intéressé par la vente.
Préférez un collier et une laisse robustes. Choisissez le collier dans une matière
lavable en machine, ou alors en métal. Le cuir, surtout si votre animal le porte à demeure,
accumule vite crasse et débris. Pour la laisse, évitez les modèles tout métal : ils arrachent
la peau des mains. Fuyez également, au moins pour l’apprentissage, les ficelles sur
enrouleur : ils apprennent à votre chien à vous tracter pendant toutes ses promenades.
Ils conviennent en revanche assez pour donner de l’énergie à des animaux poussifs, ou
pour certains entraînements spécialisés, comme le pistage. Attention quand même à
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changer le mousqueton quand il est usé : à cause du puissant ressort de rappel, le
morceau de métal resté sur la ficelle lors de la rupture revient à toute allure vers votre
visage…
Prévention d’abord
Un chien, quelle que soit sa taille, possède 42 dents. Un propriétaire conscient a le
devoir de lui acheter une muselière. On ne sait jamais, un jour, par sottise, par erreur,
votre chien peut mordre ou détruire quelque chose. Si vous avez une muselière sous la
main, vous pouvez réagir presque aussitôt avec justesse. Tu veux utiliser tes dents ? Voilà une muselière pour te bloquer jusqu’à ce que tu aies retrouvé ton calme.
Ne vous récriez pas trop tôt. Tous les jours, les vétérinaires voient arriver des chiots
grièvement brûlés en mordant un fil électrique dans la maison, quand ils survivent. Vous
ne voulez pas laisser votre chiot dans un liclos quand vous quittez la maison ? Ayez donc
recours à une petite muselière. Le modèle italien en tiges de plastique mou convient
parfaitement.
Autrefois existaient les muselières SNCF, des cordons de cuir qui fermaient le
museau, histoire de faire semblant de respecter les prescriptions des chemins de fer. Sur
un principe apparenté, mais bien différent, il y a désormais le magicol. Ce collier souvent
qualifié de magique par ceux qui l’ont adopté, est un outil éducatif qui, très rapidement,
enseigne au chiot à ne plus aboyer.
Le dernier accessoire dont vous avez absolument besoin, c’est la longe, pour
l’extérieur. Nous avons vu qu’avec votre chiot une ficelle solide de 10 m fait l’affaire. La
longe est un accessoire indispensable de l’éducation de votre compagnon. Grâce à elle,
votre compagnon se croira en liberté alors qu’en fait vous pourrez toujours réagir pour le
remettre dans le droit chemin !
Le collier insecticide
Apparus voici une quarantaine d’années, ces anneaux réglables de caoutchouc ou
de plastique contiennent un produit qui se diffuse lentement. Certaines marques garantissent une efficacité de près d’un an. En fait, on oublie assez vite de les retirer lorsqu’ils
ont dépassé la date d’efficacité, et on pense qu’ils ne sont pas efficaces. Pour ma part, je
mets toujours des colliers valables 4 mois, et je les change à 3 mois. Les seuls insectes
que je trouve parfois sur mes chiens sont des tiques mortes…
Toutes les marques sont bonnes, mais je préfère les produits à base de dympilate.
Bien sûr, les produits mis sur le marché doivent avoir obtenu au préalable un nombre
certain d’autorisations, et les ministères concernés, de l’Agriculture à la Santé, pratiquent
des contrôles systématiques.
Il existe d’autres protections contre les insectes. Les poudres et aérosols classiques
remplissent encore très bien leur rôle, même si leur usage nous semble aujourd’hui hérité
d’une autre époque. On a vu apparaître sur le marché ces dernières années des produits
classés non toxiques, à base de pyrèthre, un insecticide naturel qu’on trouve dans
certaines plantes. Les dernières versions de ces produits donnent d’excellents résultats.
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Un nouveau concept a été mis au point, un poison à puces, qu’on verse à raison de
quelques gouttes sur la peau du chien, et qui traverse la peau pour aller se disperser
dans tout le corps par l’intermédiaire du sang. Quand la puce aspire le sang de votre
chien, elle meurt. Comme il contient des produits dangereux, je ne conseille pas d’y avoir
recours.
De toutes façons, prémunissez tout de suite votre chiot contre les insectes parasites.
Les tiques apportent une terrible maladie, la piroplasmose, qui atteint durablement
les animaux. Les puces transportent le ténia. Quant aux gales, elles entraînent dans leur
sillage toute une kyrielle de maladies de peau. Celles-ci s’engouffrent dans les plaies que
se font les chiens en se grattant. Et les marques de gale ne sont guère décoratives.
La médaille
L’article 9 du décret du 6 octobre 1904 stipulait déjà voici plus d’un siècle que « tout
chien circulant sur la voie publique en liberté ou même tenu en laisse doit être porteur
d’un collier portant, gravés sur une plaque de métal, les nom et demeure de son
propriétaire » L’article 12 de la loi 76.629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la
nature précise, dans l’article 213, alinéa 1 du code rural que : « Les maires... prescrivent
que les chiens errants et tous ceux qui seraient trouvés sur la voie publique, dans les
champs et dans les bois seront conduits à la fourrière et abattus si leur propriétaire reste
inconnu et s’ils n’ont pas été réclamés par lui. L’abattage est réalisé dès l’expiration d’un
délai de 4 jours ouvrables et francs après la capture.’ Dans le cas où les animaux sont
identifiés par le port d’un collier sur lequel figurent le nom et le domicile de leur maître...
‘le délai d’abattage est porté à huit jours’.
Perdre son chien, cela n’arrive pas qu’aux autres. Chaque année, 50.000 chiens
s’égarent en France. Ils courent après une femelle en chasse ou s’enfuient de la maison
des amis auxquels ils ont été confiés. Il faut le savoir : même le chien le plus calme, le
plus obéissant peut se tromper, croire que vous l’avez appelé de l’autre côté de la rue, et
disparaître. Sans compter qu’un passant bien intentionné, que votre chien suit d’un air
interrogatif pendant quelques mètres, peut s’estimer élu « nouveau maître » par l’animal,
l’adopter, le ramener chez lui, et, de là, le laisser s’échapper !
Dans tous les cas, même si votre Mirza est tatouée ou identifiée électroniquement,
les organismes de gestion des identifications ne sont pas toujours ouverts, et tous les
passants ne disposent pas d’un lecteur de transpondeur. Alors, vous avez intérêt à placer
à son cou une médaille.
Mais attention aux « dognappers », ces kidnappeurs de chiens. Si vous avez
accroché au cou de votre compagnon à quatre pattes une plaque gravée Tom, à
Hildegarde Moreau, 22 allée du général de Gaulle, 99999-Bécon les Oies :
01.30.41.96.63, vous risquez de recevoir l’appel suivant : « Madame Moreau, c’est à
vous, Tom ? Un genre labrador noir ? Avec un collier rouge ? Je l’ai devant moi. Si vous
voulez le revoir, vous devez payer 10.000 euros... »
Si cela devait vous arriver, appelez la police ou la gendarmerie au plus vite. Eux
sont opérationnels en permanence.
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Chapitre 13. La maternelle du chiot
Une bonne maternelle du chiot vise essentiellement à enseigner en souplesse deux
messages : « oui » et « non ».
Le « oui » doit constituer la base de votre relation avec votre petit élève. Le « non »,
de son côté, vous sera très utile, sous ses divers avatars (« chut », « pfouille » !) pour
interdire en urgence l’approche d’un produit ou d’un endroit dangereux. L’urgence à
distance est le seul cas où vous pouvez crier : comme vous n’élevez pas habituellement
la voix, votre animal sera interloqué, et s’arrêtera « tiens, qu’est-ce qui lui arrive, à mon
maître? »
A son âge le plus tendre, sa mère lui a déjà enseigné quantité de choses : comment
être propre, comment se taire lorsqu’il le faut, qui est la patronne et quand arrive l’heure
où le restaurant ferme. Ses frères et sœurs, ensuite, lui apprennent à ne pas mordre
bêtement tout ce qui bouge. Alors pourquoi stopper cet apprentissage ?
Sous le prétexte que le petit animal n’a pas encore atteint un âge suffisant, à huit
semaines ou trois mois quand il arrive dans sa nouvelle maison, l’homme décrète que
l’heure des apprentissages n’a pas encore sonné ! L’homme décrète d’ailleurs tout aussi
arbitrairement qu’à partir de trois ou quatre ans il n’y a plus rien à faire. Mais il n’y a pas
d’âge obtus chez le chien.
Donc, vous avez ramené ce petit chiot chez vous. Vous l’avez entouré de chaleur et
d’attention. Si vous ne désirez pas confier sa première école à un spécialiste, vous
pouvez vous-même engager quelques apprentissages. A cet âge tendre plus encore bien
sûr qu’après, vous devez vous armer de tonnes de gentillesse et de patience. Et travaillez
seulement par courtes périodes de 10 minutes au maximum, quand vous avez décidé de
vous accorder le temps nécessaire. Pas quand vous êtes pressé.
L’exercice roi, à l’heure chiot, c’est le rappel
Le petit être découvre le monde. Il s’y brûle ou s’y pique parfois, mais il y retourne,
mû par sa curiosité sans borne. Faites-lui comprendre qu’à tout instant, il doit revenir
quand vous l’appelez.
Votre outil de base sera la récompense associée à la peur de vous perdre. Allez
dans un lieu clos, lâchez-le et de temps à autre, rappelez-le. S’il revient, explosez de joie.
S’il ne revient pas, disparaissez. Tôt ou tard, et de plus en plus tôt, il reviendra.
Récompensez largement tous ses retours. Ne le grondez surtout pas s’il n’est pas
revenu tout de suite : cela l’inciterait à ne plus revenir du tout. Quand il est revenu à vous,
renvoyez-le à ses jeux. Qu’il ne risque pas de penser que le retour correspond à une
mise en prison.
Un bon truc : quand vous le renvoyez à ses jeux, lancez-lui en même temps un jouet
appétissant, un Kong à sa petite taille dans l’idéal. Il comprendra que son retour est
promesse de plus grand plaisir.
63
La marche en laisse
Le second apprentissage concerne la marche calme, sans tirer sur sa laisse. La
marche en laisse, ce n’est jamais qu’un rappel permanent. Pratiquez-la seulement quand
votre élève aime revenir vers vous.
Préférez une laisse légère de 2 mètres. Avancez lentement. Accroupissez-vous
souvent quand il s’écarte de vous, pour qu’il soit tenté de revenir. Félicitez-le
abondamment quand il est revenu. Relevez-vous alors et recommencez à marcher à pas
lents. Comptez dix minutes pour marcher 10 mètres.
Jour après jour, l’exercice sera plus facile.
Contentez-vous de le bloquer et d’attendre qu’il revienne à vous lorsqu’il essaie de
vous quitter.
Le couché
Vient ensuite le couché avec tenue de place. Limitez-vous à lui ordonner de se
coucher quand il se couche de lui-même. Cet exercice réclame de la durée, or le présent
livre se limite à la période d’arrivée du chiot dans votre habitation. Et félicitez-le de temps
à autre quand il reste couché sur votre ordre.
Attention aux dressages inverses
C’est le plus gros piège qui menace le propriétaire d’un chiot. Je me limiterai à
quatre exemples, pour donner une idée de la facilité qu’ont les néophytes à enseigner
des erreurs à leurs chiens.
• Votre chiot aboie. Vous élevez la voix pour le faire taire « tais-toi ! » Et en voilà
deux qui aboient en même temps !
• Il gronde envers un passant. Vous mettez la main sous son cou pour le retenir,
tout en disant d’une voix douce « sois sage ! » Et votre élève, lui, entend un compliment
prononcé gentiment, et reçoit une caresse !
• Vous répétez un ordre. Vous dressez donc votre chiot à ne pas obéir au premier.
• Il saute sur vous pour jouer. Vous le repoussez avec vos mains. Vous le dressez
ainsi à revenir pour jouer à nouveau.
Méfiez-vous donc de vos gestes parasites, de vos récompenses et de vos punitions
données à contretemps !
L’initiation sportive
Très jeune, votre animal peut parfaitement recevoir une sensibilisation aux métiers
que vous envisagez pour lui. Il suffit de juste lui faire goûter aux bons côtés des diverses
disciplines sportives qui vous intéressent.
Dès les premiers jours de votre vie commune, vous pouvez initier votre chiot à
diverses activités. En fonction de la spécialisation que vous visez, garde, chasse ou
attelage par exemple, encouragez les attitudes qui vont dans le sens souhaité.
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Vous voulez préparer votre chiot à l’attelage ? Quand il part vers l’avant en tirant sur
sa laisse, dites-lui « allez, allez, c’est bien, allez ! » Ou n’importe quoi d’autre, mais
toujours le même mot d’ordre. La faute la plus grave consiste à réprimer à un moment ou
à un autre les élans souhaitables.
Le pistage
Rappelez-vous : le chien vit par son nez. Donnez-lui l’occasion d’exploiter son
odorat. Au cours de la promenade, cachez-vous brusquement en vous allongeant
derrière le pied d’un arbre lorsque votre explorateur à quatre pattes furète un peu loin de
vous. Quand il prendra conscience de votre disparition, il reviendra vite, en pleine
panique, pour vous rechercher : vous travaillerez donc simultanément le rappel et le flair !
Observez bien votre chiot. Quand il aura déterminé quel jouet il préfère (ce sera
peut-être votre plus belle paire de chaussures), prenez cet objet puis, sous ses yeux,
jetez-le dans quelque touffe d’herbe au cours de la promenade. N’exigez pas qu’il vous
l’apporte : nous en sommes pour l’instant à la recherche. Félicitez-le quand il met le
museau sur l’objet. Que vous récupérez si lui néglige de le faire.
Marchez avec lui dans la campagne, dans les bois, auprès des ruisseaux et des
étendues d’eau en ville, partout. Considérez que vous labourez : la récolte viendra
automatiquement. Plus vous lui donnerez, plus il vous rendra. A l’âge d’un an, il n’aura
plus peur de l’eau, ni des bruits, ni des gens. Avant le départ en promenade, la seule
précaution à prendre, avec un chiot un peu foufou consiste à lui attacher au collier une
longue longe à titre de ceinture de sécurité.
L’agility
Pendant vos promenades, ou dans un jardin, posez-le sur des murets, dans des
larges tuyaux, sur des supports un peu instables. Laissez-le découvrir, avancer ou
reculer, prendre confiance. Encouragez-le à chaque progrès. Retenez-le toujours par la
laisse pour le rattraper immédiatement s’il s’enfuyait ou tombait.
Le seuil de fatigue
Il s’agit peut-être ici de la notion la plus difficile à sentir pour un débutant.
Si vous insistez à vouloir faire jouer ou travailler encore votre animal, une fois qu’il a
atteint son seuil de fatigue, vous détruisez au lieu de construire.
En revanche, si vous n’osez pas le forcer quand il fait simplement preuve de
mauvaise volonté, vous lui apprenez à désobéir et vous en faites le patron chez vous !
La juste évaluation vient seulement avec l’expérience. Ici, nous touchons à une des
limites des traités d’éducation canine : on n’y apprend pas la sensibilité, le toucher, la
connaissance vibratoire de l’âme canine.
Mais n’importe quel débutant peut bien voir, avec un peu de tact, le moment où il
dépasse nettement ce seuil fatidique : le chien ne réagit plus, il semble être devenu idiot,
ses yeux se ferment lourdement, et, soi-même, on se sent mal à l’aise. On devine que
l’on devient pesant, gênant ; si l’animal pouvait parler, il nous insulterait.
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Au contraire, un animal fringant, qui vient d’entrer dans l’action, ne peut pas être
épuisé en dix secondes. Sauf s’il s’agit d’un exercice très éprouvant, la première leçon de
défense par exemple.
Dans tous les cas, vous aurez intérêt à vous adresser à un bon spécialiste. Lui seul
pourra vous guider dans l’art de comprendre votre animal. La dépense que cela
entraînera sera amplement justifiée par le surcroît de plaisir que vous vivrez en
compagnie d’un être formidable dont vous comprendrez bien les mécanismes mentaux,
et avec qui vous communiquerez avec justesse.
Un expert du dressage
Vous souhaitez éduquer au plus vite votre nouveau compagnon. Mais vous ne vous
en sentez pas les compétences et vous ne voulez pas aller dans un club. Alors, faites
appel à un bon formateur, dresseur ou éducateur canin, qui s’engage à garantir votre
satisfaction.
Imprégnez-vous donc de ses conseils judicieux, qui ont fait leurs preuves. D’autant
que la proche période des six mois à venir ressemble à un tourbillon.
Au cours de sa jeunesse, votre chiot va découvrir une énorme quantité
d’événements et de situations qui vont le modeler au moment où il est extrêmement
vulnérable. Il va en effet traverser la période de l’apprentissage de la crainte, à partir de
sa troisième semaine d’existence, et la période juvénile, au cours de laquelle vont se
succéder les phases de la hiérarchisation, dès son troisième mois, de l’organisation en
meute, de son cinquième à son septième mois, et enfin de la puberté, aux alentours du
huitième mois.
De petite boule de poil laineux va émerger ou bien un adorable camarade, ou bien,
à l’inverse, un affreux loubard. Tout dépendra des apprentissages qu’il aura reçus. Beaucoup de gens s’effraient de cette responsabilité. Si leur jeune animal les dépasse un peu
fortement, ils paniquent. Quasi automatiquement, ils songent à s’en débarrasser, au
mieux en le rendant à l’éleveur, au pire en l’attachant à un arbre dans un coin désert,
après lui avoir flanqué une mémorable raclée, pour voir si cet acte pouvait transformer en
bien le malheureux animal.
Les refuges regorgent de ces chiens un peu difficiles ou contestataires. Ne rejetez
pas pour autant l’idée d’en adopter un, mais gardez toujours présent à l’esprit le fait qu’on
n’abandonne jamais un chien parfait, adoré de tous...
Vous venez d’endosser une lourde responsabilité, en prenant possession de ce petit
trésor qui vient de s’endormir contre vous ! Faites-vous assister par un guide de qualité.
Lui seul pourra réagir juste aux problèmes particuliers que vous posera votre chiot.
Evitez le spécialiste de fortune, rencontré dans la famille ou au bistrot.
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Chapitre 14. L’apprentissage de la solitude
Habituez votre chiot à votre absence dès son plus jeune âge. Cela évitera tout
comportement abusif lorsqu’il sera adulte.
Votre bébé s’ennuie en votre absence. Le plus grave serait qu’il s’ennuie en votre
présence !
Allons, ne nous désolons pas de tout. Evidemment, si votre compagnon à quatre
pattes détruit tout lorsque vous n’êtes pas là, crotte sur votre tapis de Perse, ou gêne le
sommeil du bébé du dessus parce qu’il hurle sans discontinuer de votre départ à votre
retour, vous êtes traversé d’envies de colère...
Mais rassurez-vous : il y a toujours quelque chose à faire !
Il faut toujours préférer les solutions simples. D’abord, vous les comprendrez, donc
vous les utiliserez mieux, et ensuite, votre chien aura moins d’effort mental à produire
pour vous suivre.
J’ai acquis deux réflexes quasiment conditionnés :
• problème d’emploi des dents ? Muselière !
• problème d’aboiement ? Magicol !
Les destructions
Si donc votre chiot, par désoeuvrement, mâchonne vos pieds de meuble, votre
moquette ou, pire pour lui, les fils électriques, ne vous fâchez pas. Si votre réaction
intervient plus d’une demi-seconde après l’évènement, le chien ne la comprend pas. La
prochaine fois que vous partirez, ou la nuit prochaine avant d’aller dormir, placez-lui
préventivement sa muselière sur le museau.
Si, en votre absence, il gratte les portes, enfilez-lui cinq paires de chaussettes que
vous serrez modérément avec du sparadrap. Ajoutez une muselière pour qu’il ne dévore
pas les chaussettes et à la prochaine absence, il aura la surprise de glisser à chaque fois
qu’il sautera ! La bonne habitude installée, vous pourrez lui enlever ce harnachement, il
ne recommencera plus !
On a vraiment intérêt à enseigner à l’animal le port prolongé d’une bonne muselière.
Ainsi, il s’y habitue comme un enfant à ses chaussures. Evidemment, seule une
muselière fort aérée, légère, imputrescible et confortable, du type Shellclip, ou une
italienne en plastique moulé, peut se porter une journée entière.
Les aboiements
L’arme absolue, c’est le dresseur professionnel, qui rencontre sans cesse des
clients souffrant de cette calamité. Mais si votre cher Médor hurle sans discontinuer pour
vous inviter à revenir vite, essayez le magicol d’abord. Depuis le jour où j’ai inventé cet
instrument, plusieurs centaines en sont partis dans toutes sortes de directions. Les lettres
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d’appréciation des clients ont été unanimes : « magique », « c’est tout bête, mais ça
marche », « astucieux » et ainsi de suite. Beaucoup de gens en ont offert à leurs
voisins...
Le magicol
Quand le chien aboie, placez le milieu de la sangle sur le haut du museau, le
« stop ». Rabattez les deux extrémités du magicol sous le cou, croisez-les, faites-les
passer derrière le cou et fermez le cliquet plastique.
Réglez en position très serrée. Le message s’énonce ainsi:
• tu es désagréable par tes aboiements ?
• je suis désagréable par la pression sur ton bec ! L’animal, en colère, essaie
d’arracher la sangle avec ses deux pattes avant. Il se fâche, se roule par terre peut-être,
vous regarde d’un œil furibond. Mais obligatoirement, épuisé, à la longue, il finit par se
calmer. Attendez une ou deux minutes après le retour du calme, et enlevez-lui le magicol
d’une simple pression du pouce et de l’index sur les côtés du cliquet.
A chaque fois que l’animal aboie, arrivez en lui montrant « son » magicol d’une
manière fort visible, en l’agitant de toute sa longueur, et en répétant calmement : « Ah
non, non, non, ah non, ah non! » Placez-lui le magicol, puis attendez qu’il se calme à
nouveau.
En très peu de temps, en trois répétitions pour les chiens les plus souples d’esprit, le
problème de l’aboiement durable et idiot a disparu. Pour certains animaux il faut plus de
temps. Mais les chiens, généralement, finissent par vouloir entrer dans le premier trou de
souris qui passe lorsqu’ils voient leurs maîtres agiter leur magicol !
Cet accessoire, disponible sur dogbaggy.com n’est pas destiné à rester à demeure
sur le museau de l’animal. Il sert d’aide à l’apprentissage.
Les colliers à décharge de liquide ou de gaz
Ils ont le mérite d’exister. Ils ne fonctionnent plus quand leur réservoir est vide. Ou
quand ils sont en panne, ce qui semble assez fréquent.
Les colliers électriques
Tous les modèles ne sont pas excellents. C’est aussi bien trop souvent « un rasoir
entre les mains d’un singe », avec de vrais risques de fonctionnements intempestifs et de
dégâts collatéraux. Il est préférable de le réserver en argument ultime. Comme le canon
reste l’argument ultime du roi.
S’il aboie quand vous sortez, revenez et grondez-le, sans crier. Il vous faudra au
plus vite démarrer un vrai stage d’obéissance. Vous pouvez aussi entrouvrir la porte que
votre élève veut voir ouverte, car c’est pour cela qu’il aboie, l’entrouvrir de deux
centimètres, et la claquer aussitôt sèchement. Vous recommencez en l’ouvrant chaque
fois un peu plus. Assez vite, votre chiot se reculera à l’ouverture de la porte. Et cessera
d’exiger qu’elle s’ouvre…
69
D’autant que vous n’aurez rien fait à ses yeux : ce n’est pas vous qui êtes de
mauvaise humeur, mais la porte !
Une présence en votre absence
Quand vous partez, laissez votre radio ou votre télévision allumées. Votre
compagnon à quatre pattes y trouvera, comme vous, une distraction au moins
momentanée. La chaîne « Animaux » est excellente, je connais bien des chiens qui
refusent de quitter la télé quand les maîtres ouvrent ce programme !
Nourriture et boisson
Laissez de l’eau fraîche à disposition de votre chiot. S’il fait chaud, préférez un gros
pain de glace. En fondant, il rafraîchira mieux votre petit compagnon. Tout en
l’empêchant de boire trop d’un coup. C’est une excellente formule à la maison comme en
déplacement. Vous pouvez fabriquer ce pain de glace en mettant une gamelle en métal
ou tout autre récipient, non susceptible d’éclater en morceaux dangereux, aux trois-quarts
pleins, dans votre congélateur.
Votre voiture
Elle peut constituer une excellente solution si le chiot aime s’y trouver, et si vous ne
la parquez pas dans un endroit trop chaud. Attention aux heures qui passent : une voiture
à l’ombre à 10 heures peut être en plein soleil à onze… Si vous pouvez la garer dans un
parking sécurisé en sous-sol, votre petit animal y sera parfaitement bien. Et rappelezvous : un liclos en voiture permet d’épargner vos coussins, vos garnitures des portières et
vos ceintures de sécurité !
En résumé, organisez autour du problème une solution qui permettra de créer une
habitude souhaitable. Le chien est un animal à habitudes, et les nouvelles éteignent les
anciennes. La durée du traitement varie certes selon sa souplesse d’esprit, selon ses
possibilités d’adaptation, bref selon son intelligence, mais surtout selon votre compétence
et votre détermination.
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Chapitre 15. Les problèmes classiques
L’aboyeur
Si votre animal aboie trop en votre présence, lancez fort, à côté de lui, à son insu,
un coussin ou une peluche. Recommencez dès qu’il recommence. La surprise lui
coupera la chique ! Et ce ne sera pas vous l’auteur à ses yeux : vous êtes trop loin.
Le mordilleur
Vous avez entre les mains un petit chiot souple et gentil. Votre premier devoir
consiste à le décourager d’utiliser ses dents contre vous.
Ne le laissez pas vous mordiller. Aujourd’hui, ce jeu vous amuse. Demain, quand
votre bébé à quatre pattes aura atteint l’âge de ses premières vraies forces, quand ses
dents d’adulte seront solidement implantées, vers six ou sept mois, il fera mal, parfois
même très mal. Et il demandera que le jeu continue. Il l’exigera éventuellement à coups
de crocs.
Laisser un chiot mordiller revient à permettre à un enfant de s’amuser avec des
allumettes : il ne mettra peut-être pas le feu à la maison, mais on augmente les risques.
Si, malgré des précautions certaines, votre chien devient un petit dragon, réagissez
au plus tôt. Tuez dans l’oeuf les démarrages d’agressivité vraie : serrez brièvement,
durant une demi-seconde, et fortement, très fortement, son museau entre vos mains.
Les trous dans le gazon
Aussi bien entretenue soit-elle, votre pelouse abrite de nombreux hôtes, qui se
nourrissent les uns des autres. L’humus naturel attire les vers de terre, qui attirent les
taupes, qui attirent votre chien. Voilà un beau jouet, la taupe, pour un chiot désoeuvré ou même pour un canidé actif, qui, en liberté, se nourrit surtout de souris - et voilà un
autre beau jouet, l’orvet, qui se faufile dans une ancienne galerie de mulot !
Vous ne voyez, ne sentez, n’entendez plus rien de la vie qui se déroule sous la
terre. Mais votre petit animal reste très proche de la nature primitive. S’il est normalement
programmé, il va chercher à observer de plus près tous ces événements cachés qui se
produisent sans cesse à dix ou vingt centimètres sous lui : il va faire des trous.
Et puis un jour il va cacher aussi un peu d’aliment qu’il ne peut plus finir, histoire de
disposer d’une petite réserve pour le cas où la famine pointerait, ou bien il enterrera un os
trop dur que les bactéries du sol vont commencer à attendrir pour lui, ou bien encore il
dissimulera un oiseau mort qu’il n’a pas le temps de déguster maintenant, et qu’il viendra
rechercher lorsqu’il disposera d’un peu de loisirs et de discrétion. Dans tous les cas, il
creusera votre beau gazon !
L’ennui avec le chien, c’est que, très vite, un acte non contrarié, donc encouragé,
devient habituel. Cet animal n’a plus besoin ensuite d’un motif pour répéter cet acte. Dieu
merci, ce mécanisme fonctionne aussi dans le sens inverse, c’est-à-dire en rééducation.
Tout ce qui pourra contribuer à dégoûter votre chiot de creuser sera le bienvenu.
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Remplissez les trous avec ses crottes. D’habitude, vous ne saviez pas quoi faire de
ces déchets : voici un emploi inattendu, mais efficace.
Placez dans le trou plusieurs tapettes à souris armées et retournées. Puis
saupoudrez de la tourbe dessus jusqu’à les recouvrir complètement : effet Guadalcanal
garanti lorsque votre élève posera la patte à nouveau dans le trou.
Rebouchez le trou, recouvrez-le d’un grillage solide à mailles carrées d’un
centimètre, du genre grillage à cages de lapin, que vous fixez en enfonçant, tous les cinq
à dix centimètres, de longs piquets métalliques ronds pour tente de camping. Au moins
votre chien ne creusera-t-il plus là. Semez du gazon. Quand l’herbe aura repoussé, le
grillage disparaîtra.
La même technique fonctionne remarquablement bien si votre chiot creuse sous
votre clôture pour s’enfuir : piquetez une bande de ce grillage à lapins à plat au pied de
votre clôture tout autour de votre propriété, et solidarisez le grillage vertical avec la bande
au sol par des attaches en fil de fer.
Enfin, si votre gazon est de petite taille, la technique du grillage fixé au sol sur toute
la surface résout définitivement le problème des trous. Dans un vaste terrain en effet, on
ne peut qu’intervenir après coup. Mais il ne faut pas se décourager avant l’animal.
Exploitez toutes les techniques, inventez-en, soyez plus rusé que lui.
Appuyez-vous sur le principe de la résultante des excitations : « un problème
attaqué par plusieurs techniques cède mieux, plus vite, et plus durablement, parce que
les différentes solutions mises en œuvre multiplient leurs efficacités au lieu de
simplement les ajouter ».
L’agression envers le facteur
Des milliers de préposés mordus chaque année, cela est devenu un grand problème
de société.
Le facteur, chaque jour, reproduit l’attitude du moniteur de dressage de chiens de
défense : il fuit, il perd, il quitte les lieux. Le chiot, comme de très nombreux êtres vivants,
aime voler au secours de la victoire. Voit-il votre préposé refluer après avoir pénétré un
peu dans ses lieux ? Un jour ou l’autre, il tentera de soumettre cet humain faible, dans
l’espoir de gravir un peu l’échelle hiérarchique. Au passage du facteur, méfiez-vous
beaucoup de votre gardien en herbe :
• s’il aboie,
• s’il s’excite, même un peu,
• s’il avance, serait-ce d’un pas, quand votre facteur s’éclipse.
Vous disposez de plusieurs remèdes :
• la familiarisation avec le préposé ; faites les présentations,
• la muselière, ou le magicol, en cas de colère animale,
• la réprimande à la voix, suivie d’une mise à l’écart.
Dans tous les cas, si votre chiot s’énerve méchamment au passage du facteur,
maintenez-le en permanence à l’écart.
72
Le fugueur
Dès que vous avez le dos tourné, votre petit compagnon en profite pour se sauver,
vous laissant passer par tous les degrés de l’inquiétude, de l’angoisse et de la colère ? Et
pourtant, il existe des solutions très simples pour que votre fugueur reste dans votre
jardin.
Votre chiot s’enfuit régulièrement de chez vous ? Trouvez-lui donc une bonne
occasion de rester !
Deux moteurs activent votre compagnon à quatre pattes
1.
rechercher tout ce qui peut lui plaire,
2.
fuir tout ce qui peut lui déplaire.
Agissez toujours d’abord sur le premier levier. Imprégnez dans son conscient
comme dans son subconscient la conviction qu’il y a, juste derrière votre porte, quelque
chose de très intéressant pour lui, un morceau de pâté de foie ou une tonne de
tendresse. Mettez-le dehors quand il fait très froid ou très chaud, et faites-le rentrer après
avoir attendu un peu qu’il réclame avec insistance la réouverture de la porte. Obligez-le à
sortir quand il a faim, et, à grand bruit, préparez son repas dans votre cuisine. Rendez-le
fou d’envie de rentrer à la maison. Si vous avez plusieurs portes, placez la gamelle un
jour derrière l’une et un jour derrière une autre. Variez l’heure du repas.
Vous pouvez alors agir sur le second levier. Au moment où Mirza atteint la grille ou
la clôture, arrangez un attentat, un coup fourré, une surprise. Le vieux truc de la poignée
de gravier que vous avez jetée en l’air deux secondes auparavant, et qui retombe en
pluie tout autour d’elle alors que vous lui tournez le dos, fonctionne toujours parfaitement.
Vous pouvez en imaginer d’autres.
Au début, surveillez beaucoup votre bébé. Intervenez énergiquement et très vite s’il
cherche à sortir de chez vous. La liberté, ce n’est pas un dû, cela se mérite peu à peu. Ne
le laissez pas vaquer trop loin de vous. Il n’a pas besoin de courir à huit cents mètres de
vous pour être heureux. Laissez-le seulement peu à peu, jour après jour, prendre du
champ. Rappelez-vous que si, impuissant, vous répétez dix ou vingt fois l’ordre « viens »,
vous dressez votre chien à désobéir.
Répéter un ordre, c’est dire à votre chien : « tu obéis si tu veux, donc c’est toi le plus
fort ».
Avec les autres chiens
La rencontre entre chiens diffère beaucoup de celle qui se déroule dans le genre
humain.
Deux chiens ne se saluent pas en se regardant franchement dans les yeux : ce
comportement serait interprété comme un défi et mènerait au combat. Ils s’abordent en
se flairant le derrière, en tête-bêche. L’un des deux adopte ensuite une attitude de dominant, et l’autre se soumet, ou conteste et cherche à prendre l’avantage. En quelques
secondes, le juste ordre hiérarchique a été déterminé.
Malheureusement, quelquefois, les deux congénères sont du même rang. Il faut les
séparer d’urgence, avant que la bagarre éclate. Les jeunes se soumettent généralement
73
très volontiers aux plus âgés. Ils se mettent sur le dos en signe d’obéissance, puis
essaient d’amener le « vieux » à jouer avec eux. Quelquefois, les vieux leur répliquent
par de violents coups de dents. Soyez donc prudent pour votre petit animal.
Il saute sur vous
Vous êtes joliment habillée, et Mirza vient de vous maculer de boue ! C’est de votre
faute : vous l’avez cherché, en acceptant qu’elle vous saute dessus lorsque vous êtes en
vêtements rustiques. Mirza ne sait pas faire la différence entre une robe de chez Dior et
un jean de chez Louis’.
Au moins, dites-lui (sans crier) « non » à chaque fois qu’elle met ses pattes sur
vous. Quand elle est sur vous, attrapez et gardez une ou deux minutes ses deux pieds
avant dans vos mains. Avancez vers elle et lâchez lorsqu’elle perd l’équilibre. Appuyez
aussi modérément sur ses pieds arrière avec la semelle de votre chaussure. Dans les
cas les plus difficiles, fauchez-lui, en balayage de judo, mais lentement, les pieds arrière.
A chaque fois qu’elle se lève pour appuyer les pattes avant sur votre plastron, dites
clairement « non ! » Si elle a reçu une bonne éducation, elle connaît la signification de ce
mot...
Ne laissez pas votre chien vous sauter dessus une seule fois, il recommencerait.
Adieu alors vêtements en intégral noir ou en blanc nuclear…
L’aide-jardinier
Autre exemple, votre Médor détruit vos semis de carottes parce qu’il aime fouiller
dans la terre fraîchement retournée. Faites-le entrer au jardin et demandez à un parent
de l’attirer par de belles paroles sur la planche cultivée. Au moment où il pose le premier
pied sur le bord de la bande de terre, lancez avec force un coussin ou tout autre objet
volumineux et non dangereux sur son arrière-train !
Le char d’assaut
Un dernier exemple : Mirza bondit au dehors dès que vous ouvrez une porte. Restez
donc avec la chienne plus longtemps que d’habitude, histoire de la chauffer pour qu’elle
fonce plus vite pour sortir. Quand vous tournez enfin la poignée, après avoir bien fait
languir l’animal, ne lâchez pas la clenche. Mirza se précipite. Avant son arrivée, refermez
la porte en la claquant. Très vite, votre élève se comportera avec plus de circonspection.
Dans tous les cas, on a gagné lorsque l’animal nous consulte du regard avant
d’entreprendre, ou s’il se déroute par rapport à ses trajets précédents. Le contre
conditionnement s’appuie sur les renforcements négatifs, qui font fuir, à la manière de la
flamme à laquelle on veut bien se brûler une fois mais pas deux.
Votre chiot se roule dans des immondices
Ne vous alarmez pas si votre joli silky terrier aux poils si fins se trémousse sur le
dos, allongé sur une vieille carcasse puante de lapin écrasé. Certes, ne l’encouragez pas
74
non plus à continuer ni à recommencer, mais ne voyez pas de « vice » dans son
comportement.
Dans la nature, les chiens jouent aussi lorsqu’ils se trempent dans une odeur forte,
ils se déguisent, se maquillent en quelque sorte. S’ils se roulent dans du crottin, à leurs
yeux ils se transforment en cheval !
A vrai dire, le crottin chaud, ils préfèrent le manger. Ils y trouvent un complément de
matières végétales à leur alimentation carnée. D’ailleurs, lorsqu’un carnivore tue un
herbivore, il lui dévore d’abord les entrailles. Les pêcheurs et les vrais amateurs de
crustacés ne dégustent-ils pas eux aussi d’abord les déchets de digestion du crabe, dans
la grande coque, avant d’attaquer la chair ? La nature, ce n’est pas souvent une publicité
pour monsieur Propre.
Il mange ses crottes
Ou celles des autres. Ce comportement répugnant à nos yeux provient bien souvent
d’une réaction exagérée de l’éleveur ou du maître lorsqu’ils découvrent une crotte dans
un lieu inapproprié, comme la maison ou la voiture. Si le chiot est très désireux de ne pas
recevoir de réprimande, s’il est trop plein de bonne volonté, il va cacher son méfait en
l’avalant. Le liclos avec grillage intérieur surélevé du sol, utilisé pendant plusieurs
semaines d’affilée, est une excellente formule pour habituer le chiot à ne plus avaler ses
excréments. Mais ce défaut risque toujours de ressurgir.
La cause de ce vice peut aussi être un aliment carencé, trop pauvre en certains
éléments nutritifs. Le chiot qui avale ses excréments, dans ce cas de figure, cherche, en
réalité, à en extraire complètement ce qui aurait pu être négligé par son organisme au
cours de la première digestion. N’oublions pas que, pendant les périodes de glaciation,
les animaux de la famille recevaient comme seule pitance les excréments humains. Il
suffit dans ce cas de donner au chiot un aliment plus riche, tel que celui que vous
trouverez sur le site dogbaggy.com
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En conclusion : prudence et modération
La puissance de votre cerveau surclasse fantastiquement les aptitudes mentales de
votre chien. Celui-ci, le pauvre, vit à côté d’un génie aux ressources immenses, qui
dispose en outre sur lui du droit de vie et de mort.
Vous avez, même sans le chercher, un grand pouvoir sur votre chien. Méfiez-vous
de vous-même. Au cours de ces quelques pages, je vous ai dévoilé de vraies techniques,
efficaces et éprouvées. Ne les exploitez pas à tout instant. Rappelez-vous : vous avez
droit à une réprimande pour dix mille récompenses. Dans la récompense, vous êtes libre
d’exagérer, pas ailleurs.
Ne donnez pas à votre chien plus de dix ordres par jour : vous le lasseriez.
Et rappelez-vous toujours du principe suivant : tout homme investi d’une autorité a
tendance à en abuser !
Alors n’exagérez jamais et soyez toujours attentif à votre petit compagnon tout au
long du chemin que vous allez parcourir ensemble. Il vous le rendra au centuple.
Bonne route !...
Un dernier mot : lisez ce texte magnifique.
" Comment t'as pu? "
Copyright Jim Willis 2001
[email protected]
[Translated from the original English by Eleri Jones, France]
Quand j'étais un petit chiot je t'amusais avec mes gambades et je te faisais rire. Tu
m'appelais ton enfant, et ceci malgré plusieurs chaussures grignotées, sans oublier
quelques coussins déchiquetés. Je suis vite devenue ta meilleure amie. Chaque fois que
je faisais une bêtise, tu agitais ton doigt en me demandant 'Comment t'as pu'? - mais tu
me pardonnais vite et tu me faisais de gros câlins.
J'ai mis un peu plus de temps que prévu avant de devenir propre parce que tu étais très
occupé, mais nous y sommes arrivés à la fin. Je me souviens de ces nuits tout près de
toi, dans ton lit où j'écoutais tes confidences et tes rêves les plus secrets, et je croyais
que la vie ne pourrait pas être meilleure. Nous avons fait de longues balades et des jeux
dans le bois, des balades en voiture, des pauses pour manger une glace (je n'avais droit
qu'au biscuit parce que la glace est mauvaise pour les chiens - ce que tu disais) et je
faisais de longs sommes au soleil en attendant que tu rentres le soir.
Peu à peu tu as commencé à passer plus de temps au bureau, et plus de temps à
chercher une compagne. J'étais patiente, je t'attendais sagement à la maison, je t'ai
réconforté après les déceptions, quand tu avais le cur brisé, je ne t'ai jamais grondé
quand tu prenais la mauvaise décision, et je te faisais une de ces fêtes quand tu rentrais!
et aussi quand tu es tombé amoureux.
Elle, maintenant, ta femme, n'aime pas les chiens - malgré ça je l'ai accueillie dans notre
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maison, j'ai essayé d'être gentille avec elle et de lui obéir. J'étais heureuse parce que tu
étais heureux. Et puis les bébés sont arrivés et j'ai partagé ta joie. Ils me fascinaient - tout
roses, avec leur odeur particulière, et je voulais aussi être leur maman . Seulement, Elle
et toi aviez peur que je leur fasse du mal, et la plupart du temps, j'étais punie et renvoyée
dans une autre pièce, ou dans ma niche. Ah! comme j'aurais voulu les aimer, mais je suis
devenue une prisonnière de l'amour.
Quand ils ont commencé à grandir, je suis devenue leur amie. Ils s'accrochaient à ma
fourrure et se servaient de moi pour se mettre debout sur leur petites jambes instables, ils
mettaient leurs doigts dans mes yeux, ils faisaient des recherches approfondies dans
mes oreilles, et m'embrassaient sur le museau. J'adorais tout d'eux, quand ils me
touchaient - parce qu'à ce moment là, c'etait rare que toi tu me touches - et je les aurais
défendus avec ma vie en cas de nécessité.
Je rentrais en cachette dans leur lit et je partageais leurs soucis et leur rêves secrets;
ensemble nous attendions l'arrivée de ta voiture. Autrefois, quand les gens te
demandaient si tu avais un chien, tu sortais de ton portefeuille une photo de moi et tu
racontais mes exploits. Ces dernières années tu répondais seulement 'oui' et tu
détournais la conversation. Je n'étais plus ton chien, j'étais devenu 'un' chien, et tu
commençais à regretter l'argent dépensé pour mon compte.
Maintenant, tu as l'occasion de faire avancer ta carrière dans une autre ville, et toi et eux
vous allez habiter un appartement où les chiens ne sont pas admis. Tu as pris la bonne
décision pour ta famille, mais il y avait une époque où c'était moi ta seule famille.
J'étais heureuse quand tu m'as mise dans la voiture, jusqu'au moment où nous sommes
arrivés au refuge. Ca sentait les chiens et les chats, la peur, le désespoir. Tu as rempli
les papiers et tu as dit que tu étais sûr qu'ils allaient me trouver une bonne maison. Elles
ont haussé les épaules et t'ont regardé tristement. Eux, elles connaissent la triste vérité:
les difficultés de placer un chien qui n'est plus tout jeune, même un chien avec des
papiers en règle. Tu as été obligé d'arracher les doigts de ton fils qui restaient accrochés
à mon collier, pendant qu'il hurlait 'Non, papa, s'il te plaît, ne les laisse pas prendre mon
chien'! Et je me suis inquieté pour lui, de la leçon que tu venais de lui donner sur l'amitié
et la loyauté, l'amour et les responsabilités, le respect de la vie, de toutes les vies. Tu
m'as tapoté gentiment la tête, en guise d'adieu, en évitant bien de me regarder dans les
yeux et tu as refusé de prendre mon collier et ma laisse. Tu étais en retard - un rendez
vous - maintenant, moi aussi j'en ai un.
Quand tu es parti, deux gentilles dames ont dit que tu savais sûrement, il y a quelques
mois déjà, que tu allais déménager, mais que tu n'as pas cherché à me trouver une autre
famille. Elles ont secoué la tête et se sont demandé 'Comment t'as pu?'
Elles nous traitent aussi bien que possible, ici au refuge, compte tenu de tout le travail
qu'elles ont. Elles nous nourrissent, bien sûr, mais depuis quelques jours, je n'ai plus
faim. Au début, dès que quelqu'un passait devant ma cage je levais la tête, dans l'espoir
de te voir - pensant que tu aurais changé d'avis - que c'était un mauvais rêve - ou
j'espérais que ce serait quelqu'un qui m'aimerait, qui prendrait soin de moi, me sauverait.
Quand j'ai réalisé que je ne pouvais pas rivaliser avec ces jeunes chiens tout heureux,
qui s'en foutaient de leur destin, je me suis retirée au fond de ma cage et j'ai attendu.
J'ai entendu ses pas quand elle est venue me chercher à la fin de la journée, et je l'ai
suivie docilement dans une autre pièce. Une pièce tranquille, silencieuse. Elle m'a mise
sur la table et elle m'a frotté les oreilles, elle m'a rassuré, elle m'a dit de ne pas
m'inquieter. Mon cur battait à tout va en pensant à ce qui allait venir, mais j'avais aussi un
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sentiment de soulagement. La prisonnière de l'amour n'avait plus de jours devant elle.
Telle est ma nature, je me faisais plus de soucis pour cette femme. La charge qui pèse
sur elle est lourde, ça je le sais, comme je devinais autrefois chacune de tes humeurs.
Doucement, elle a mis le tourniquet autour de ma patte, une larme coulait sur sa joue. J'ai
léché sa main, tout comme je te réconfortais, il y a tant d'années de ça. Elle a mis
l'aiguille dans ma veine, en professionnelle. Quand j'ai ressenti la piqûre et le liquide froid
qui gagnait mon corps, je me suis allongée, je lui ai regardée dans les yeux, si gentils, et
j'ai chuchoté 'Comment t'as pu?'
Peut être parce qu'elle comprenait le langage des chiens, elle m'a dit: 'je suis vraiment
désolée'. Elle m'a câliné et elle m'a vite expliqué que c'était son devoir de s'assurer que
j'allais dans un endroit meilleur, où je ne serais ni ignorée, ni abusée, ni abandonnée, où
je devrais me défendre toute seule - un endroit où il y a de la lumière, de l'amour, tout à
fait différent de notre terre. Dans mon dernier souffle j'ai essayé, en remuant ma queue,
de lui faire comprendre ceci: je ne voulais pas lui dire à elle 'Comment t'as pu?' C'est à
toi, mon Maître adoré, que je pensais. Je penserai à toi et je t'attendrai toujours.
Que tout le monde dans ton entourage continue à t'être fidèle.
Jim Willis (2001)
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