Réaction inflammatoire Inflammation chronique Fibrose
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Réaction inflammatoire Inflammation chronique Fibrose
REACTION INFLAMMATOIRE INFLAMMATION CHRONIQUE FIBROSE I - GENERALITES L'inflammation est la réponse des tissus vivants, vascularisés, à une agression. Ce processus comprend : • Des phénomènes généraux, exprimés biologiquement par le syndrome inflammatoire et cliniquement de façon variable, le plus souvent par de la fièvre et éventuellement une altération de l’état général • Des phénomènes locaux : l'inflammation se déroule dans le tissu conjonctif vascularisé. Les tissus dépourvus de vaisseaux (cartilage, cornée) sont incapables de développer une réaction inflammatoire complète. Les tissus épithéliaux n'ont pas de rôle actif dans le déroulement de la réaction inflammatoire mais ils peuvent être altérés par l'agression qui déclenche l'inflammation puis être réparés au cours de la phase terminale de l'inflammation. L'inflammation est un processus habituellement bénéfique : son but est d'éliminer l'agent pathogène et de réparer les lésions tissulaires. Parfois l'inflammation peut être néfaste du fait de l'agressivité de l'agent pathogène, de sa persistance, du siège de l'inflammation, par anomalies des régulations du processus inflammatoire, ou par anomalie quantitative ou qualitative des cellules intervenant dans l'inflammation. Les causes sont multiples et représentent les agents pathogènes. Ces causes déterminent des lésions cellulaires et tissulaires qui vont déclencher l'inflammation : • Infection contamination par des micro-organismes (bactérie, virus, parasites, champignons) • Agents physiques : traumatisme, chaleur, froid, radiations • Agents chimiques : caustiques, toxines, venins • Corps étrangers : exogènes ou endogènes • Défaut de vascularisation: réaction inflammatoire secondaire à une nécrose par ischémie. • Agression dysimmunitaire (anomalie de la réponse immunitaire, allergies, auto-immunité…) Le rôle de l'examen anatomopathologique au cours d'une maladie inflammatoire De nombreuses réactions inflammatoires sont morphologiquement non spécifiques : l'étude histologique des tissus lésés ne peut déterminer la cause de l'inflammation mais peut dater l'inflammation (apprécier le caractère aigu ou chronique) et apporter des éléments de pronostic concernant : • La sévérité de la destruction tissulaire • Le risque de séquelles si l'inflammation répond mal au traitement • L’existence d'une régénération du tissu ou d'une cicatrice Dans certains cas, l'étude anatomopathologique peut orienter le clinicien vers la cause de l'inflammation : inflammations granulomateuse dites spécifique et inflammations où l'agent pathogène est identifié par l'examen microscopique des tissus (virus, bactéries, parasites, champignons, corps étrangers) II – REACTION INFLAMMATOIRE Déroulement général des différentes étapes de la réaction inflammatoire : La réaction inflammatoire est un processus dynamique comportant plusieurs étapes successives : la réaction vasculo-exsudative, la réaction cellulaire, la détersion, la phase terminale de réparation et cicatrisation. 1 1. Réaction vasculo-exsudative Elle se traduit cliniquement par les quatre signes cardinaux classiques de l'inflammation aiguë: rougeur, chaleur, tuméfaction, douleur. Elle comporte trois phénomènes : une congestion active, un oedème inflammatoire (l'exsudat), une diapédèse leucocytaire. 2. Réaction cellulaire Elle se caractérise par la formation d’un tissu de granulation inflammatoire. La composition du tissu de granulation varie en fonction du temps : Les polynucléaires sont le stigmate morphologique de l'inflammation aiguë mais généralement après quelques jours ou semaines d'évolution, le tissu de granulation inflammatoire contient plus de cellules inflammatoires mononucléées que de polynucléaires : il s'agit des macrophages et des cellules de la réponse immune (lymphocytes et plasmocytes), puis progressivement, sous l'influence de facteurs de croissance, le tissu de granulation s'enrichit en fibroblastes et en cellules endothéliales formant des néo-vaisseaux. La composition du tissu de granulation varie aussi en fonction de la cause de l'inflammation : un type cellulaire peut prédominer sur un autre. Rôle du granulome inflammatoire • Assurer la détersion par les phagocytes (polynucléaires et macrophages) • Développer une réaction immunitaire B et/ou T • Sécréter de multiples médiateurs intervenant dans le recrutement cellulaire, la phagocytose, la défense immunitaire, et la modification de la matrice conjonctive. Durant les phénomènes de chimiotactisme et de phagocytose, les leucocytes activés peuvent libérer des métabolites toxiques et des protéases dans l’espace extra-cellulaire, ce qui engendre des lésions tissulaires. 3. Détersion Elle succède progressivement à la phase vasculo-exsudative, et est contemporaine de la phase cellulaire. La détersion peut être comparée à un nettoyage du foyer lésionnel : c'est l'élimination des tissus nécrosés (issus de l'agression initiale ou du processus inflammatoire lui-même), des agents pathogènes et du liquide l'exsudat. La détersion prépare obligatoirement la phase terminale de réparation cicatrisation. Si la détersion est incomplète, l'inflammation aiguë va évoluer en inflammation chronique. La détersion s'effectue selon 2 mécanismes : détersion interne : Elimination des tissus nécrosés et de certains agents pathogènes (microorganismes infectieux, corps étrangers) par phagocytose, tandis que le liquide d'oedème est drainé dans la circulation lymphatique et résorbé par les macrophages (pinocytose) La phagocytose est définie par l'englobement dans le cytoplasme du phagocyte d'une particule étrangère vivante ou inerte, habituellement suivi d'une digestion de cette particule par les enzymes lysosomiaux. La digestion est complète ou incomplète avec des résidus rejetés hors de la cellule ou qui s'accumulent dans le macrophage. Les phagocytes sont : les polynucléaires, capables de phagocyter des bactéries et des petites particules et les macrophages pour les macro particules. détersion externe : • spontanée : liquéfaction de matériel nécrosé (pus, caséum) et élimination par fistulisation à la peau ou dans un conduit bronchique, urinaire, intestinal • chirurgicale : parage souvent indispensable lorsque les lésions sont trop étendues ou souillées. 4. Réparation et cicatrisation La réparation tissulaire suit une détersion complète. Elle aboutit à une cicatrice si le tissu lésé ne peut régénérer (exemple : neurones ou cellules musculaires myocardiques) ou lorsque la destruction tissulaire a été très importante et/ou prolongée. La réparation peut aboutir à une restitution intégrale du tissu : il ne persiste alors plus aucune trace de l'agression initiale et de l'inflammation qui a suivi. Cette évolution très favorable est observée lors d’agression limitée, brève, peu destructrice dans un tissu capable de régénération cellulaire. Le processus de réparation implique de nombreux facteurs de croissance et des interactions complexes entre les cellules et la matrice extra-cellulaire pour réguler les proliférations et biosynthèses cellulaires. 2 Les étapes de la réparation tissulaire sont les suivantes : Réparation conjonctive : Le bourgeon charnu : La réparation passe par la constitution d'un nouveau tissu conjonctif appelé bourgeon charnu qui va remplacer les tissus détruits au cours de l'inflammation. Le bourgeon charnu est formé par 3 constituants présents en proportion variable au cours du temps : • Les leucocytes du tissu de granulation • Des fibroblastes et myofibroblastes • Des néovaisseaux sanguins dont la croissance est dirigée de la profondeur vers la surface de la lésion. Au début, le bourgeon charnu prend progressivement la place du tissu de granulation inflammatoire : il contient encore de nombreux leucocytes et possède une matrice extracellulaire lâche, peu organisée, avec une prédominance de glycosaminoglycanes (dont l'acide hyaluronique), de collagène de type III et de fibronectine. Puis le bourgeon charnu va s'enrichir en fibres collagènes de type I, s'appauvrir en fibroblastes, néo-vaisseaux et leucocytes, et diminuer de volume grâce à l'action contractile de myofibroblastes. Le bourgeon charnu va progressivement évoluer soit vers une cicatrice soit vers la reconstitution d'un tissu conjonctif identique au tissu préexistant à l'inflammation. Constitution d'une cicatrice : La cicatrice est la marque définitive laissée par le foyer inflammatoire après la phase de bourgeon charnu. Elle est formée d'un tissu conjonctif fibreux (prédominance de collagène) prenant la place des tissus définitivement détruits ; sa structure va se modifier progressivement pendant plusieurs mois. Régénération épithéliale : Elle apparaît parallèlement à la réparation conjonctive. Les cellules épithéliales détruites sont remplacées par la prolifération des cellules épithéliales saines situées autour du foyer inflammatoire. -au niveau d'un revêtement (peau, muqueuses), l'épithélium régénère, depuis la périphérie jusqu'au centre de la perte tissulaire, dès lors que celle-ci est comblée par le bourgeon charnu. Cette régénération peut se faire sur un mode métaplasique (exemple : régénération de l'épithélium cylindrique bronchique sous la forme d'un épithélium malpighien) ou un mode atrophique avec disparition de certaines fonctions spécialisées (exemple : disparition de cils vibratiles) -au niveau d'un parenchyme (foie, glandes exocrines, rein...) : la qualité de la régénération épithéliale dépend d'une part de l'importance de la destruction initiale du tissu (et notamment de l'intensité de la destruction de la trame conjonctive de soutien) d'autre part du pouvoir mitotique des cellules épithéliales. Exemple des hépatites : Dans les hépatites virales aiguës communes, la trame conjonctive de soutien des hépatocytes reste intacte et la régénération hépatocytaire à partir d'hépatocytes non nécrosés, guidée par cette trame conjonctive, aboutit à la formation de nouvelles travées hépatocytaires normales et sans cicatrice. Dans les hépatites virales aiguës graves, la destruction hépatocytaire et conjonctive initiale est importante et la régénération hépatocytaire aboutit à des travées hépatiques épaissies et désorganisées, associées à des territoires de cicatrice. III - INFLAMMATION CHRONIQUE Définition : inflammation de durée prolongée, due à la persistance du ou des facteurs d’agression. Elle peut suivre l’inflammation aiguë ou débuter de façon insidieuse sous forme d’une réponse de faible intensité, souvent asymptomatique. Les facteurs prédisposant sont : une agression persistante (ex, l’acide gastrique dans l’ulcère peptique) ; une réponse inadéquate de l’hôte à l’infection ; une maladie auto-immune chronique (ex la polyarthrite rhumatoïde ou la colite ulcéreuse). La séquence agression tissulaire – phase vasculo-exsudative - tissu de granulation - cicatrice fibreuse se déroule uniquement lorsque l’agression est de courte durée et disparaît. Mais, si 3 l’agression perdure, les phénomènes de nécrose, d’organisation et de réparation se déroulent de façon simultanée. L’inflammation chronique est associée à une réponse immunitaire tissulaire comme en témoigne la présence de lymphocytes. Aspects histologiques de l’inflammation chronique : elle est caractérisée par : - un infiltrat fait de cellules mononuclées, macrophages, lymphocytes et plasmocytes ; - une destruction tissulaire, essentiellement due aux cellules inflammatoires ; - une tentative de cicatrisation : prolifération de tissu conjonctif remplaçant le tissu altéré. Cette prolifération de tissu conjonctif est réalisée par la multiplication de petits vaisseaux sanguins (angiogenèse) et par de la fibrose. Inflammation chronique granulomateuse • Définition L’inflammation granulomateuse est un aspect particulier de réaction inflammatoire chronique où prédominent les phénomènes cellulaires. Il s’agit d’une inflammation histiocytaire formée de lésions circonscrites correspondant à un regroupement de macrophages : le granulome. UN GRANULOME se définit comme un agglomérat de cellules histiocytaires, souvent bien limité, volontiers entouré de lymphocytes et pouvant comporter en proportion variée des cellules épithélioïdes et des cellules géantes multinucléées. Le granulome inflammatoire traduit toujours la persistance de l’agent pathogène, même s’il n’est pas toujours visible. Cette persistance est liée : - soit à une phagocytose incomplète : résistance des germes, CE non résorbables, déficit enzymatique - soit une inefficacité +/- complète du système immunitaire - soit à un débordement des 2 phénomènes de défense par l’arrivée permanente d’agents inflammatoires, ou une résistance naturelle propre à certains germes Dans le granulome, les histiocytes se transforment en cellules épithélioïdes et par fusion en cellules géantes multinucléées : - les cellules épithélioïdes : grandes cellules de formes variées arrondies, allongées ou fusiformes. Leurs noyaux sont ovoïdes, allongés ou encochés. Leur cytoplasme est abondant éosinophile homogène avec parfois quelques vacuoles. Leur nom provient de la ressemblance avec les cellules épithéliales. Les cellules épithélioïdes sont des histiocytes très activés sécrétant des cytokines et des enzymes. En revanche leur activité phagocytaire est réduite. Les mécanismes de l'activation des histiocytes en cellules épithélioïdes sont peu connus. - des cellules géantes : 2 types : cellules de Langhans par fusion des cellules épithélioïdes cellules de Muller par division nucléaire sans division cytoplasmique Elles peuvent atteindre 40 à 50u, avec un grand cytoplasme et jusqu’à 20 noyaux arrangés en périphérie (Langhans) ou de façon désordonnée (Muller). • Principales étiologies de l’inflammation granulomateuse L’inflammation granulomateuse peut être non spécifique, ou spécifique, c’est à dire permettant un diagnostic étiologique : Par un aspect caractéristique : granulome épithélioïde et giganto-cellulaire Par la présence d’un agent infectieux identifiable Etiologies : - Lésions infectieuses Lésions bactériennes : Mycobactérie typique (bacille de Koch) ou atypique (SIDA ++) Lésions fungiques mycoses : candidose, aspergillose, cryptococcose, histoplasmose Lésions virales Parasitoses : Amibiase, oxyurose, distomatose hépatique, échinococcose, schistosomiase, bilharziose, pneumocystose 4 - Lésions non infectieuses : Maladie de Crohn, Sarcoïdose, bérylliose, stroma de certaines tumeurs, vascularites granulomateuses Exemple de l’ulcère peptique chronique de l’estomac : Illustre les phénomènes de l’inflammation chronique causée par une agression persistante. La paroi de l’estomac est normalement protégée des effets de l’acide chlorhydrique dilué et des enzymes protéolytiques produits par la muqueuse gastrique. Si ce mécanisme protecteur est détruit, l’acide et les enzymes détruisent l’épithélium et le tissu de soutien sous-jacent et il apparaît une ulcération. L’agression persiste puisque l’estomac produit en permanence l’acide et les enzymes. La lésion tissulaire provoque une réaction inflammatoire avec un exsudat. Dans la partie profonde de l’ulcère, partiellement protégée de l’acide, l’exsudat s’organise et il se constitue un tissu de granulation qui évolue vers une cicatrice fibreuse. Dans l’ulcère constitué, tous ces phénomènes apparaissent simultanément. Exemple de la tuberculose : C'est un exemple d'inflammation granulomateuse. C’est l’exemple type de granulome épithélioïde. La présence de Mycobacterium tuberculosis dans les tissus déclenche une réaction inflammatoire qui suit les phases successives de l'inflammation: exsudative, cellulaire, réparation avec fibrose. Elle présente 2 caractéristiques spécifiques : - des lésions granulomateuses épithélioïdes et giganto-cellulaires - apparition d’une nécrose spécifique : la nécrose caséeuse Ces 2 aspects permettent sur un prélèvement biopsique de porter le diagnostic de tuberculose. Ce diagnostic devra être confirmé par la mise en évidence de M. tuberculosis Le Bacille de Koch (Mycobacterium tuberculosis) est un bacille intracellulaire, siégeant dans les histiocytes macrophages, avec une multiplication cellulaire lente. Les histiocytes n’ont pas d’enzymes capables de le détruire, le BK ne sécrète pas d’enzyme ou de toxique, et il ne provoque qu’une réaction inflammatoire aiguë minime et transitoire. Sa virulence vient de sa paroi, constituée de lipides et de sulfamides déclenchant une immunité à médiation cellulaire. La diffusion du bacille dans l'organisme se fait: soit par contiguïté, soit par voie vasculaire, soit par voie canalaire (bronches tubes digestif) • Différentes phases Phase aiguë : il s’agit d’une phase exsudative riche en bacille, avec des lésions non spécifiques, constituées par de l’œdème, des polynucléaires neutrophiles et des histiocytes. A ce stade apparaît la nécrose caséeuse. Le nom de « caséum » provient de l’aspect macroscopique, qui ressemble à du lait caillé. Il s’agit d’un foyer de destruction tissulaire. Histologiquement, il s’agit d’une substance éosinophile homogène dépourvue de cellules, d’aspect homogène, mais contenant des fibres élastiques, collagènes et réticuliniques. Les causes de la formation de cette nécrose reste mal connue: sécrétion de TNF alpha par les histiomonocytes sous l'influence de M Tuberculosis entraînant des lésions vasculaires, endothéliales et dépôts de fibrine jusqu'à la nécrose? Le caséum peut se modifier : se liquéfier ce qui permet l’évacuation et le drainage du foyer tuberculeux avec formation d’une cavité (caverne) et la contamination des tissus voisins. Il peut également s’assécher ou se calcifier. Phase cellulaire : lésions granulomateuses (granulome immunologique témoin de la mise en jeu de l'immunité à médiation cellulaire). Macroscopie : Nodules bien limités et persistants dans les tissus : granulations miliaires (1-2 mm), tubercules miliaires (2-3 mm), tubercules enkystés (1-3 cm). Histologie : granulomes formant des nodules arrondis constitués de cellules épithélioïdes se disposant en palissade mêlées à un nombre variable de cellules géantes. En périphérie on note une couronne de lymphocytes. Plus à l’extérieur, et dans les lésions plus évoluées, il y a des fibroblastes et du collagène. Ces nodules sont parfois centrés de nécrose caséeuse. . 5 Phase de réparation : fibrose cicatricielle La détersion du caséum du caséum est difficile et maintient une inflammation chronique persistante, la sclérose sera le plus souvent une sclérose d’encerclement autour des foyers caséeux Attention, le caséum ne se résorbe jamais spontanément. IL y a 3 évolutions possibles : - persistance - élimination après fistulisation dans une cavité - calcification Mise en évidence du bacille Il est présent surtout dans les lésions exsudatives, puis en quantité plus faible dans les lésions granulomateuses et fibreuses. Cette persistance de M. Tuberculosis explique la présence de lymphocytes T mémoires permettant de prévenir une réinfection exogène, et la possibilité de réactivation de lésions anciennes. La mise en évidence du BK peut se faire : - à l’examen direct - après culture cellulaire - coloration de Ziehl-Nielsen (rouge sur les BAAR: bacille acido-alcoolo-résistant) - PCR Localisation Selon l’inoculation bactérienne Le point d’inoculation est dit chancre ; il s’associe une atteinte ganglionnaire satellite. L’inoculation et l’adénopathie réalisent le complexe primaire de la maladie tuberculeuse. La localisation pulmonaire est la forme spontanée la plus fréquente, les autres localisations parenchymateuses sont multiples et responsables des tuberculoses urinaires, méningées, génitales….. Stades anatomo-cliniques de la dissémination du BK dans l’organisme - primo-infection : chancre d’inoculation et adénopathie satellite, le plus souvent inaperçus - phase de dissémination hématogène dite secondaire, soit inapparente, soit responsable d’atteinte multi viscérale simultanée réalisant des granulations miliaires (foie, poumons…) - phase tertiaire ou tuberculose d’organe qui correspond à une atteinte viscérale isolée ou à l’atteinte de plusieurs organes par des lésions tuberculeuses polymorphes à différents stades évolutifs Exemple de la pancréatite chronique • ETIOPATHOGENIE : la pancréatite chronique est souvent méconnue. Plusieurs mécanismes sont invoqués plus ou mois associés à des facteurs favorisants : - maladies infectieuses, générales (ex : oreillons) ou locales (appendicite) - intoxication chronique, surtout alcoolique - passage à la chronicité de formes subaiguës et focales de pancréatite aiguë non mortelle. Facteurs favorisants : tout obstacle à l'écoulement des sécrétions exocrines du Pancréas : - cancer de la tête du pancréas, ampullome vatérien - calcul du canal de Wirsung ou calculs biliaires enclavés dans l'ampoule de Vater - pancréas annulaire… • RAPPEL HISTOLOGIQUE du pancréas normal : lobules séparés par des cloisons fibreuses, avec - un secteur exocrine : acini bordés d'une seule assise de cellules pyramidales à noyaux ronds. Ces cellules se disposent en bordure d'une lumière punctiforme. Les canaux excréteurs ont un épithélium cubique uni stratifié. Ils se drainent dans le canal de Wirsung ; - un secteur endocrine formé d'îlots de Langerhans qui sont composés de cellules à Insuline, à Glucagon, à Somatostatine et à Polypeptide Pancréatique. • DESCRIPTION DE LA PANCREATITE CHRONIQUE : Macroscopie : on distingue : 6 - des formes diffuses : hypertrophiques (augmentation de tout l'organe avec accentuation de la lobulation) et atrophiques - plus rares - le pancréas étant réduit à une languette fibreuse - des formes localisées, au corps ou à la queue, mais le plus souvent à la tête, pouvant donner des signes graves de compression - des formes ligneuses avec adénopathies, pouvant simuler un cancer - des formes pseudo kystiques, kystes uniques ou multiples - des formes lithiasiques Microscopie : on observe : - une fibrose (ou sclérose) faite de fibres collagènes épaisses, très colorables ou une fibrose plus jeune, œdémateuse, plus riche en fibroblastes. La disposition de cette fibrose est : - systématisée, péri lobulaire ou inter lobulaire (autour des canaux et des acini) - non systématisée, diffuse et disséquante, atteignant tout le lobule - une infiltration inflammatoire variable, mononucléée, lymphoplasmocytaire - une atrophie parenchymateuse intéressant : - les acini : diminution de leur taille, involution canaliculaire de leur épithélium, voire disparition par nécrose totale - les canaux ont une diminution de leur lumière ou au contraire, une dilatation localisée, une importante fibrose pariétale -les îlots de Langerhans ne sont pas touchés par le processus atrophique : ils montrent un aspect identique ou un aspect pseudo hypertrophique IV - FIBROSE La fibrose est une lésion élémentaire du tissu conjonctif définie par l'augmentation des constituants fibrillaires de la matrice extracellulaire dans un tissu ou un organe. Elle est une composante fréquente des processus inflammatoires mais peut aussi survenir dans d'autres conditions pathologiques (pathologies vasculaires, métaboliques, nutritionnelles, endocriniennes, tumorales…). La sclérose est l'induration des tissus liée à la fibrose : il s'agit d'un terme macroscopique souvent employé comme synonyme de fibrose (du grec “scleros” = dur). 1- Composition et rôle de la matrice extracellulaire (MEC) La MEC est une structure multimoléculaire complexe organisée en un réseau tridimensionnel. La MEC assure un rôle de soutien mécanique des tissus et un rôle dans l'échange de messages via les molécules d'adhésion cellulaire et leurs ligands dans la MEC et via les cytokines présentes dans la MEC. La MEC est un milieu dynamique, physiologiquement en équilibre entre les processus de synthèse des molécules de la MEC et les processus de leur déposition dans le milieu extracellulaire et les processus de dégradation. 2 - Physiopathologie de la fibrose La constitution d'une fibrose résulte d'une rupture de l'équilibre de la MEC : augmentation des processus de synthèse et de dépôt des constituants de la MEC d'une part et diminution de leur dégradation d'autre part. L’étude de modèles hépatiques a permis la mise en évidence du rôle central d’une cytokine, le TGF- β, et d’une cellule, la cellule stellaire. L’évolution de la fibrose constituée est irréversible : elle peut rester stable mais aussi s'aggraver sous l'action répétée d'agressions tissulaires. Elle peut aussi régresser (évolution rare, concernant des fibroses récentes et nécessitant la disparition du stimulus initial de la fibrogenèse). Elle peut être le siège de remaniements secondaires (calcification, ossification). Retentissement – conséquences : 1. morphologiques : induration, déformation, atrophie ou hypertrophie 2. fonctionnelles : remplacement mais aussi amputation du parenchyme noble par une fibrose non fonctionnelle. Au total : on distingue des fibroses stables, de remplacement, ayant valeur de cicatrice et une fibrose évolutive, constituant une maladie progressive, souvent irréductible (fibrose pulmonaire, hépatique…) 7 3 - Circonstances étiologiques des fibroses : Si l’évolution spontanée d’une réaction inflammatoire chronique prolongée est souvent la fibrose, toutes les fibroses ne sont pas pour autant d’origine inflammatoire. a) Fibrose au cours des réactions inflammatoires La fibrose cicatricielle : c'est l'aboutissement du processus inflammatoire déclenché par une agression tissulaire. La cicatrice est un nouveau tissu fibreux qui remplace définitivement les tissus nécrosés pendant l’inflammation La fibrose au cours des inflammations chronique. Elle est constante : Exemple 1 : les hépatites chroniques (d'origine virale, auto-immune ou médicamenteuse) présentent au cours de leur évolution l'élaboration d'une fibrose élargissant d'abord les espaces portes puis formant des ponts fibreux réunissant des espaces portes entre eux ou à des veines sus-hépatiques. Exemple 2 : dans certaines maladies inflammatoires chroniques de cause inconnue, une fibrose mutilante est au premier plan de la maladie et entraîne d'importantes destructions : - fibrose remplaçant le tissu adipeux rétro péritonéal et comprimant la veine cave et les uretères dans la fibrose rétro péritonéale - fibrose détruisant la glande thyroïde et s'étendant aux tissus mous cervicaux dans la thyroïdite chronique de Riedel. b) Fibrose dystrophique remplaçant un tissu fonctionnel altéré : Hypoxie chronique (ischémie tissulaire chronique ou stase veineuse) Fibrose atrophique par déficit hormonal : exemple fibrose des ovaires après la ménopause, fibrose des tubes testiculaires Pathologie métabolique et génétique : développement d'une fibrose hépatique au cours de l'hémochromatose génétique ou d'une fibrose en remplacement des fibres musculaires détruites dans les myopathies congénitales. Sénescence : fibrose élastosique du derme ; fibrose intimale de l'artériosclérose c) Fibrose du stroma des cancers : responsable de l'aspect dur et rétracté de certains cancers. 8
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– phase hémostatique : quelques heures
– phase inflammatoire (détersion): quelques jours
– phase proliférative (réparation) : quelques semaines