Dietrich Mateschitz
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Dietrich Mateschitz
HALL OF FAME SUCCESS STORY Dietrich Mateschitz Marketing Il a conquis le monde avec un produit ordinaire… et une communication extraordinaire. Rencontre avec l’homme qui a créé Red Bull. Par Jérôme Bloch. Photos : © Red Bull King Dietrich Mateschitz: Marketing King He conquered the world with an everyday product… and extraordinary communications. A meeting with the man behind Red Bull. 22_ANDY A LUXEMBOURG #6 #6 ANDY A LUXEMBOURG_23 HALL OF FAME SUCCESS STORY L’expérience Prenez un businessman complètement épuisé par une semaine de travail intense. Envoyez-le sur l’autoroute Luxembourg-Paris un vendredi soir, avec une réservation en charmante compagnie dans un restaurant branché de la capitale française. Attendez qu’il somnole dans une station service : vous tenez l’occasion idéale pour tester l’effet d’un Red Bull ! Première surprise, la boisson est beaucoup plus chère que du Coca-Cola. Elle dégage une forte odeur de chewing-gum, très déroutante la première fois. Légèrement gazéifiée, elle se boit comme un soda trop sucré, mais l’effet est incontestable. La fatigue semble avoir disparu et laisse place à une légère surexcitation, pendant plusieurs heures. Avec 320 mg de caféine par litre, l’attrait de la boisson est vite identifié. C’est plus The experience Take a businessman who is completely exhausted after an intense working week. Send him out on the Luxembourg to Paris motorway on a Friday evening, with a reservation at a trendy restaurant in the French capital, accompanied by a charming companion. Wait for him to fall asleep at a service station for the perfect opportunity to try out the effects of a Red Bull! First surprise, the drink is far more expensive than Coca Cola. It gives off a strong odour of chewing gum, rather perplexing the first time you experience it. 24_ANDY A LUXEMBOURG #6 It is slightly carbonated, and tastes a bit like an overly sweet fizzy drink, but the effect is undeniable. Tiredness seems to vanish, to be replaced by a feeling of mild agitation lasting for a few hours. With 320 mg of caffeine per litre, the appeal of the drink is clear. This is more than double the concentration of a traditional fizzy drink, slightly more than tea but less than coffee. Combined with the low sugar content, this makes the drink very attractive to students during exam periods, night owls, drivers, sportspeople… and tired businessmen. The art of the buzz Some people compare Dietrich Mateschitz to Virgin boss Sir Richard Branson. However, their methods are completely different. While the Englishman is quick to take centre stage to promote his products, the Austrian lets his drink take the full glare of the media spotlight. Very few people know what he looks like. He uses this discretion to his advantage, allowing the wildest rumours to circulate about Red Bull: creating the “buzz”. For instance, the taurine used in the recipe du double qu’un soda typique, légèrement supérieur à du thé mais moins que du café. Mise en parallèle avec le taux limité en sucre, cette composition rend la boisson très séduisante pour les étudiants en période d’examen, les noctambules, les chauffeurs routiers, les sportifs… et les businessmen fatigués. L’art du buzz Certains comparent Dietrich Mateschitz à Sir Richard Branson, le créateur de Virgin. Leurs méthodes sont pourtant totalement différentes. Si l’Anglais est prompt à se mettre en scène pour promouvoir ses produits, l’Autrichien laisse toute la place médiatique à sa boisson : rares sont ceux qui connaissent son visage. Il met cette discrétion à profit en laissant courir les bruits les plus fous is not actually extracted from bulls’ testicles, contrary to popular belief. There is also no evidence thus far of the drink’s aphrodisiac properties. The method is working a treat: with consumers delighting in the craziest rumours. Many converts even resorted to smuggling supplies of the precious potion when it was banned in France. While journalists often find it difficult to verify their information, this motivates them to write about the product. #6 ANDY A LUXEMBOURG_25 HALL OF FAME SUCCESS STORY Avec le recul, le succès de Microsoft, Ikéa ou Google semblent logiques. Le bon concept au bon moment… Pour Red Bull, c’est bien le talent La clé du succès de Mateschitz peut se résumer en deux points : 1. Il investit 30 % de son chiffre d’affaire dans la pub. 2. Il le fait de manière ingénieuse. Plutôt que de payer des fortunes en publicité classique à la télévision ou dans les journaux, il crée l’événement et bénéficie ainsi de visibilité gratuite dans les médias. En 1991, il organise à Vienne le « Red Bull Flugtag », qui couronne la personne parvenant à voler le plus loin possible avec une machine de sa fabrication. Une succès planétaire. Dans la foulée, il sponsorise de nom- (red buffalo), he invested his savings in a 49% share of a new company, carbonated the liquid, redesigned the packaging and obtained authorisation to market it in Austria. A catastrophic market study may well have discouraged him: the colour, taste, packaging: it was all wrong! What’s worse, there was no existing market for this type of product. However, the Austrian appeared to be satisfied and it was full speed ahead. He anticipated the debate his product would trigger, confident in his ability to raise its profile. The first cartons were sold in 1987 in Salzburg. The secret of success The key to Mateschitz’s success can be summed up in two points: 1. He invested 30% of his turnover in advertising. 2. He did so ingenuously. Rather than paying huge sums for classic advertising on television and in newspapers, he staged events, benefiting from the resulting free media coverage. In 1991, he organised the “Red Bull Flugtag” in Vienna, with a prize for the person who managed to fly furthest in a home-made machine. This proved a global success. He went on to sponsor many extreme sports personalities in order to link his brand with a “lifestyle”. Building on this success, he organised increasingly spectacular events, dreaming up mind-blowing new disciplines such as “Air Races”, plane races staged in cities, and “Crashed ICE”, ice skating races through city streets. Taking his place among the major players in the industry, with annual sales of several billions of bottles, he ended up sponsoring champions: Sébastien Loeb, rally world champion, Lindsay Vonn ski champion, etc... He currently owns two Formula 1 stables – Red Bull and Toro Rosso –, Le coup de génie The master stroke Looking back, successes such as Microsoft, Ikea or Google appear logical. The right concept at the right time… In the case of Red Bull, it’s down to the talent of Dietrich Mateschitz. Marketing Manager for the Blendax toothpaste brand, he first came across energy drinks back in 1982, during a trip to Asia. In this part of the world, they are packaged in dark bottles, a bit like medicines, and sales are strong. When he found out that one of Blandax’s partners owned such a drink, called “Kreating Daeng” 26_ANDY A LUXEMBOURG #6 ques que son produit va déclencher, confiant dans sa capacité à le faire sortir de l’anonymat. Les premières boites sont vendues en 1987 à Salzbourg. de Dietrich Mateschitz qui s’impose. Directeur de marketing de la marque de dentifrice Blendax en 1982, il découvre les boissons énergétiques lors d’un voyage en Asie. Dans cette région du monde, elles sont conditionnées dans des flacons sombres, comme des médicaments, et se vendent déjà bien. Lorsqu’il apprend qu’un partenaire de Blendax est propriétaire d’une telle boisson nommée, « Kreating Daeng » (Buffle rouge), il investit ses économies contre 49 % d’une nouvelle société, gazéifie le liquide, soigne le packaging et entreprend l’obtention de l’autorisation de commercialisation en Autriche. Une étude de marché catastrophique aurait pu le décourager ; couleur, goût, emballage : tout est nul ! Pire : aucun marché n’existe pour ce type de produit. L’Autrichien semble satisfait : il fonce. Il anticipe les polémi- au sujet de Red Bull : c’est le « buzz ». Ainsi, la taurine qui entre dans la composition n’est pas extraite des testicules de taureaux, contrairement à une idée répandue. Les vertus aphrodisiaques du breuvage restent également à établir. La méthode marche à merveille : le public se délecte des plus folles rumeurs. De nombreux adeptes ont d’ailleurs eu recours à la contrebande pour obtenir le précieux breuvage lorsqu’il était interdit en France. Quant aux journalistes, ils rencontrent des difficultés pour vérifier leurs informations mais cela les motive pour écrire sur le sujet. Le secret du succès #6 ANDY A LUXEMBOURG_27 HALL OF FAME SUCCESS STORY breux sportifs extrêmes afin d’associer un « style de vie » à sa marque. Le succès aidant, il monte des événements de plus en plus spectaculaires, inventant au passage de nouvelles disciplines hallucinantes comme les « Air Race » qui présentent des courses d’avions dans les villes, ou les « Crashed Ice » : des courses de patineurs dans les rues de métropoles. Parvenu dans la cour des grands avec plusieurs milliards de bouteilles vendues chaque année, il finit par sponsoriser les champions : Sébastien Loeb, le champion du monde Rallye, Lindsay Vonn la championne de ski, etc… Il possède à ce jour 2 écuries de formule 1 – Red Bull et Toro Rosso –, 1 équipe de Nascar, 2 équipes de football à Salzbourg et à New York. Par ailleurs, le milliardaire multiplie les investissements audacieux : il a racheté une île près de Fidji à la famille Forbes ou a monté le « Hangar-7 », un concept polyvalent très innovant sur l’aéroport de Salzbourg. Il organise également les « Taurus World Stunt Award » au nom bien choisi. C’est la référence mondiale des cascades les plus folles, où son ami Arnold Schwartzenegger fait de régulières apparitions. En France, la présence de Taurine et de glucuronolactone ont interdit la distribution jusqu’en 2008. Dès l’autorisation accordée, le bulldozer commercial s’est mis en marche : invasion de voitures aux couleurs de la marque dans Paris, basejump de la tour eiffel, trial sur le toit d’un bâtiment à la défense… Une ministre qui n’a rien compris au marketing moderne a mis les consommateurs en garde contre les dangers de la boisson, au nom du principe de précaution. Elle a ainsi offert des millions d’euros de publicité gratuite à la marque. souvient de la manière dont ces géants ont pénétré le marché de l’eau, notamment avec Dasani et Aquafina. Face à l’autrichien, ils restent pour l’instant impuissants. Il maintient son avance à coups de milliards, en inventant en permanence de nouveaux concepts. Pire, il lance le Red-Bull Cola. Dimanche 19 avril 2009, tous ses concurrents ont pris un sérieux coup sur la tête : Red Bull a réalisé un doublé historique au grand prix de Chine de Formule 1. Non content de placer 2 voitures aux premières et deuxièmes places, Dietrich Mateschitz a également obtenu qu’une Toro Rosso finisse dans les points. 19 points en un jour dans la discipline reine du sport-marketing… Un record historique. Dans les Universités, non seulement les étudiants boivent du Red Bull, mais on leur enseigne désormais les méthodes de marketing de son créateur. Sous le signe du taureau Le signe astrologique de Dietrich Mateschitz ressemble à un coup de pub supplémentaire. Cela dit, la stratégie de marketing extrêmement puissante n’est pas seulement une coquetterie : c’est une nécessité vitale. Coca Cola, Pepsi et d’autres mastodontes se sont lancés à sa poursuite. On se one NASCAR team and two football teams, in Salzburg and New York. The billionaire also makes lots of daring investments: he purchased an island close to Fiji from the Forbes family where he set up “Hangar 7”, a very innovative, multi-functional concept at Salzburg airport. He also organises the appropriately named “Taurus World Stunt Award”. This is the world’s top event for the craziest stunts, featuring regular appearances by his friend Arnold Schwartzenegger. 28_ANDY A LUXEMBOURG #6 In France, the distribution of Red Bull was banned until 2008 due the presence of taurine and glucuronolactone. As soon as authorisation was granted, the commercial bulldozer went into action: an invasion of cars sporting the brand colours in Paris, a base jump from the Eiffel Tower, a trial on the building of a roof in La Défense. One minister, naïve in the ways of modern marketing, warned consumers about the dangers of the drink, as a precautionary measure. Thus giving the brand millions of euros in free publicity. Under the sign of the bull Dietrich Mateschitz‘s star sign seems to be an additional advertising stroke. Having said this, the extremely powerful marketing strategy is not just for show: it’s an absolute necessity. Coca Cola, Pepsi and other giants have set out in pursuit. Think back to how these major players penetrated the water market, in particular with Dasani and Aquafina. However, they appear powerless against the Austrian so far. He is maintaining his lead by billions, constantly coming up with new concepts. He has even launched Red Bull Cola. On Sunday 19 April 2009, his competitors were dealt a severe blow: Red Bull notched up a double record at the Chinese Formula 1 Grand Prix. Not content with having two cars take the first two places, Dietrich Mateschitz also had a Toro Rosso finishing in the points. 19 points in one day in the key discipline of sports marketing. An all-time record. In universities, as well as drinking Red Bull, students are now being taught the marketing methods used by its creator. #6 ANDY A LUXEMBOURG_29
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