Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Transcription
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
EXPOSITIONS DU 19 Octobre 2013 au 19 avril 2014 Terre-Neuve / Terre-Neuvas L’aventure de la pêche morutière à Saint-Brieuc : Le temps de l’absence à Rennes : © Gildas Flahault Itinérance à Saint-Malo et Granville à partir de juin 2014 DOSSIER DE PRESSE Terre-Neuve / Terre-Neuvas Deux expositions autour d’un fabuleux poisson L’aventure de la pêche morutière Musée de Bretagne – Les Champs Libres, Rennes Le temps de l’absence Musée d'art et d'histoire, Saint-Brieuc Du 19 octobre 2013 au 19 avril 2014 © Teddy Seguin Sommaire Une mémoire à partager ......................................................................4 Un projet collaboratif ..............................................................................6 Présentation des 4 institutions .........................................................9 Catalogue des expositions ...............................................................10 Générique des expositions ..............................................................11 Le parcours de l’exposition L’aventure de la pêche morutière ...............................................12 Bibliothèque Rennes Métropole Programmation autour de l’exposition à Rennes ............19 Le parcours de l’exposition Le temps de l’absence ........................................................................20 Visuels disponibles pour la presse ..............................................27 À la conquête du Nouveau Monde, les explorateurs du 15e siècle découvrirent d’incroyables trésors qui firent la fortune du Vieux Continent. Le cacao, le caoutchouc et la pomme de terre sont de ceux-là. Mais il est une autre richesse que personne ne cite plus aujourd’hui : la morue. Et pourtant… Cinq siècles durant, ce poisson des eaux froides de l’Atlantique Nord fut l’objet d’une formidable entreprise humaine, sociale et économique. épopée périlleuse au long cours, loin des rivages familiers de la Manche, la grande aventure de la pêche à la morue marqua en profondeur l’histoire et la mémoire des populations de Bretagne et de Normandie. Au Canada, les bancs de l’île de Terre-Neuve et le golfe du Saint-Laurent furent un vivier foisonnant de poissons pour les pêcheurs européens. L’un des tous premiers navires en partance pour Terre-Neuve quitta Bréhat en 1508. Des milliers d’autres suivirent. Au point que l’île d’abondance finira par donner son nom aux marins venus sillonner ses hauts-fonds. On les appellera les Terre-neuvas jusqu’au dernier départ d’un chalutier malouin en 1992. Informations pratiques ........................................................................28 Deux expositions autour d’un fabuleux poisson 3 Terre-Neuve / Terre-Neuvas Une mémoire à partager Une économie Photographie Lucien Beaugé, collection particulière L’aventure humaine de la grande pêche à la morue fut aussi une formidable entreprise commerciale, menée à bien grâce aux capitaux de la bourgeoisie portuaire. Armements, négoces, sécheries… Passée de Des hommes L’activité de la grande pêche morutière française à Terre-Neuve a duré près de 500 ans. De nombreux ports y participèrent. Ceux du golfe normand-breton – Saint-Brieuc, Granville et Saint-Malo en tête – furent les plus actifs. Des dizaines de milliers d’hommes des pays alentours s’engagèrent sur les bateaux. Certains équipages ne revinrent jamais. Du 16e siècle à la fin du 20e siècle, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » retrace ce chassé-croisé de destins individuels qui naviguèrent au péril de leur vie pour la fortune d’un poisson. Du golfe normand-breton aux eaux de Terre-Neuve, elle suit les bateaux sur le pont desquels se sont mêlés l’ histoire familiale et l’ épopée mythique, le vécu intime et la mémoire collective. l’artisanat à la quasi-industrie, la pêche à la morue fut génératrice d’une économie et d’échanges de grande ampleur dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la construction navale. Des rôles d’ équipage aux livres de compte, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » éclaire la dimension stratégique de la pêche morutière pour le développement économique du golfe normand-breton. Des souvenirs Activité unique en son genre, la pêche à la morue s’est développée avec ses codes, ses outils, ses vêtements de travail, ses cartes de navigation… Conservées dans les musées, ces collections d’objets et d’écrits diversifiés, souvent inédits, incarnent une mémoire sensible encore bien vivante. Compas, coffres, maquettes de bateaux, photographies, huiles sur toile, archives filmées… Plus de 600 items témoignent de ce que fut l’aventure de la pêche morutière et comment fut vécu le temps de l’absence. De l’ hameçon au trois-mâts, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » donne à voir la vie des pêcheurs et de leur famille par le témoignage et les objets du quotidien, tirés des fonds de musées publics et de collections privées. Un regard Immortalisée par le héros du roman de Pierre Loti, Pêcheur d’Islande, la figure du Terre-neuva a nourri abondamment l’imagerie populaire et les représentations artistiques. La grande pêche, ses spécificités et ses périls ont fourni un sujet de choix aux peintres, aux écrivains et aux cinéastes. La veuve éplorée, le bagnard des mers, la frêle embarcation dans la brume glaciale… Autant d’images fortes qui ont forgé un souvenir et orienté un regard. Entre mythe et actualité, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » met en scène la profusion d’images et de récits qui ont donné à voir la réalité, souvent fantasmée, d’un métier hors du commun. Une vie En suivant la morue, les Terre-neuvas se sont inventés une nouvelle condition, scellée par l’éloignement, la fraternité ouvrière et les fortunes de mer. Ils ont exploré une terra incognita peuplée de populations autochtones. Ils ont développé un savoir-faire unique, adaptant les techniques de pêche à la demande croissante des armateurs. Dans leur port d’attache, le départ des Terre-neuvas était vécu comme l’aube d’une absence, forcément trop longue et cause d’inquiétude pour les familles, restées à quai. Leur migration saisonnière a modifié la place des femmes dans la vie locale. Elle a créé de nouveaux rituels sociaux (pardons, fêtes, carnavals…) et stimulé la dévotion religieuse. 4 © Teddy Seguin Entre terre et mer, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » met en relief l’importance de la grande pêche à la morue dans l’ évolution des modes de vie, des traditions et des mentalités des sociétés de Bretagne et de Normandie. Deux expositions autour d’un fabuleux poisson 5 Terre-Neuve / Terre-Neuvas UN PROJET COLLABORATIF © Archives Départementales des Côtes d'Armor - 37 Fi D’autres institutions, en France et à l’étranger, ont accepté de prêter quelques unes de leurs œuvres pour enrichir ces expositions. Parmi eux le musée national de la Marine, les musées des beaux-arts de Rennes, de Rouen et de Nantes, les services d’archives départementales des Côtes-d’Armor, d’Ille-et-Vilaine et de la Manche, mais aussi des associations, des particuliers, des collectionneurs et d’anciens Terre-neuvas. Association Mémoire et Patrimoine des Terre-Neuvas. Des prêteurs nombreux L’exposition met aussi en valeur les archives de films amateurs et professionnels conservés par la Cinémathèque de Bretagne et le Pôle Images de Haute-Normandie. Elle puise également ses illustrations dans les archives de l’Ina et les documents d’actualités de Gaumont-Pathé. Un patrimoine en construction À l’image de son sujet, « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » est une exposition d’envergure, déclinée en deux volets et présentée successivement dans quatre villes entre Bretagne et Normandie. Le riche fonds d’objets et de documents présentés dans les expositions est issu des collections des musées de Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Granville, liées au thème de la grande pêche. Par le choix de ses sujets et de son approche muséographique, le programme d’exposition renouvelle le regard sur la notion de patrimoine maritime. Aux traditionnels objets répondent les témoignages, les représentations, les faits sociaux… La présentation met en forme la dimension immatérielle d’une culture encore bien vivante. En travaillant à construire la mémoire à partir du vécu des populations locales, elle fait œuvre de réappropriation collective pour l’ensemble d’un territoire. Le choix de ces villes ne doit rien au hasard. Historiquement, les ports de Saint-Brieuc, Saint-Malo et Granville constituèrent le plus grand bassin d’armement pour la pêche morutière en France. En conséquence, leurs musées possèdent des fonds d’une grande diversité sur le sujet, rarement montrés ensemble. Quant à leurs habitants, ils entretiennent un rapport privilégié avec cette histoire collective qui irrigue souvent leur propre vécu familial. Nombre de Bretons et de Normands compte un Terre-neuva dans leur arbre généalogique. Musée d'Histoire de Saint-Malo. Cliché A. Amet Cette activité, laborieuse et risquée, a laissé peu de traces physiques, peu d’objets pour les périodes anciennes. Par une vision panoramique, cette double exposition s’attache à redonner du sens aux collections rares et éparses. Coordonné par le musée de Bretagne, aux Champs-Libres, ce projet de double exposition itinérante a pu voir le jour grâce à la collaboration exemplaire de quatre musées d’art, d’histoire et de société. Une double exposition 6 ■ L’exposition sous-titrée « Le temps de l’absence » aborde les questions liées à l’absence des hommes, partis en mer, et au rôle des femmes, restées à terre. Elle met en scène la représentation littéraire et iconographique de la grande pêche, les mythes et le travail de mémoire. Ce premier volet de l’exposition sera d’abord présenté au musée de Bretagne, à Rennes, puis au musée d’histoire de Saint-Malo. Ce second volet de l’exposition sera d’abord présenté au musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc, puis au musée du Vieux Granville, à Granville. Musée de Bretagne cliché A. Amet ■ L’exposition sous-titrée « L’aventure de la pêche morutière » met l’histoire sociale au cœur du sujet. Elle détaille l’économie déployée grâce à la pêche du « poisson fabuleux », l’évolution des pratiques de pêche et leurs conséquences sur les populations, les sociétés et les territoires. © Musée de Bretagne cliché P. Tressos Commun aux deux expositions, un corpus de thématiques présente en introduction les données générales du sujet : la découverte de Terre-Neuve et du Saint-Laurent, les installations outre-mer, les établissements de pêche sédentaire, le développement de la pêche errante… Deux expositions autour d’un fabuleux poisson 7 Terre-Neuve / Terre-Neuvas Présentation des 4 institutions Musée de Bretagne, Les Champs Libres, Rennes Le musée de Bretagne qui se déploie sur 2 000 m2 constitue une porte d’entrée indispensable et passionnante pour comprendre la Bretagne d’aujourd’hui. Le parcours, riche de plus de 2 300 objets, met en lumière le patrimoine et participe au mouvement de renouveau des grands musées d’histoire et d’éthnologie en Europe. Scénographie : In Site, Graphisme : La Belle Entreprise Par ses rendez-vous au cœur de l’exposition permanente, par ses expositions temporaires, son action culturelle riche et dynamique et sa politique d’enrichissement des collections, le musée de Bretagne affirme sa volonté de fidélisation et de diversification des publics. Deux scènes, deux ambiances Entre mer et terre, les expositions voyagent d’un bord à l’autre de l’océan Atlantique pour immerger ses visiteurs dans deux décors distincts aux identités visuelles affirmées. En ouverture, de hauts paysages de l’immensité océane et des côtes de Terre-Neuve plantent le décor naturel commun au deux expositions. Puis, chaque exposition prend son cap. Parce qu’elle jette l’ancre en pleine mer, L’aventure de la pêche morutière baigne de lumières bleutées 8 et glacées un parcours horizontal, rythmé par le mouvement d'images animées qui tanguent sur des toiles. Parce qu’elle reste à terre, Le temps de l’absence file dans l’ombre des marins sur un grand quai stylisé, tout de noir habillé, jalonné de textes et de paroles. Eclairée par le halo des images et l’écho des témoignages, l’exposition symbolise en creux l’attente des familles et des villages, tendus vers le moindre signe de vie et d’espoir d’un retour prochain. Le musée de Bretagne plébiscite la participation de tous : campagnes de collectages et appels à témoins sont relayés via son site internet. De l’identification d’une photographie au dépôt d’un vêtement de travail… une seule et même volonté : faire participer chacun pour construire ensemble l’histoire de la Bretagne. musée d'histoire de Saint-Malo Doté d’une collection d’environ 10 000 biens dont 40 % de dépôts de l’État, le musée de Saint-Malo prend son orientation de type musée d’histoire maritime dans le contexte de la reconstruction patrimoniale de la cité historique malouine après la Seconde Guerre mondiale. Il confirme depuis, sa spécialisation dans l’archéologie et l’éthnographie maritime, renforcée par les importants dépôts de mobilier des épaves de la baie de Saint-Malo dont il bénéficie. Ses lieux d’exposition permanente étant devenus inadaptés à une valorisation du patrimoine aux normes et exigences actuelles, le musée a validé le projet scientifique et culturel d’un nouveau programme muséographique permettant d’assurer ses fonctions avec plus d’efficience et de conforter ainsi son positionnement en établissement de référence d’une histoire maritime que la région malouine a richement illustrée au travers d’activités multiples et complémentaires, que ce soit la pêche, le grand commerce au long cours, la course, les découvertes et les explorations. Musée d’Art et d’Histoire, Saint-Brieuc musée du Vieux Granville à Granville Le musée, installé depuis 1986 dans l’ancienne gendarmerie de Saint-Brieuc, au centre-ville, retrace l’histoire du département des Côtes d’Armor, depuis sa création jusqu’aux premières décennies du 20 e siècle. Deux bâtiments : l’un consacré aux galeries permanentes et l’autre aux expositions temporaires. Installé dans le logis du Roy, à l’entrée du quartier historique de la Haute Ville, le musée est consacré à l’histoire locale et particulièrement à la mémoire d’une ville depuis toujours tournée vers la mer. Il évoque les campagnes de pêche vers les bancs de Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon qui rythmaient la vie de tout le pays, l’armement en course pendant les périodes de guerre, la pêche côtière, et à une époque plus récente, la naissance d’une station balnéaire. Les galeries permanentes mettent en valeur de riches collections d’archéologie, d’ethnographie, d’art et d’histoire dont la présentation est régulièrement renouvelée. Maquettes, dessins, faïences et objets variés reflètent la diversité des thèmes abordés : la pêche et la navigation, le défrichement des landes et l’évolution des paysages, l’industrie toilière, l’artisanat et la vie sociale, le costume breton… Musée d’ethnographie régionale, il présente aussi des collections de coiffes, costumes, bijoux et meubles normands. Les expositions estivales abordent chaque année un chapitre différent de l’histoire de la ville, et viennent compléter l’exposition permanente. Le musée enregistre et filme depuis le début des années 1990 la vie maritime actuelle, pour la mémoire future. Deux expositions autour d’un fabuleux poisson 9 Terre-Neuve / Terre-Neuvas Catalogue DES EXPOSITIONS Générique des expositions Ouvrage de 160 pages, richement illustré et documenté, le catalogue d’exposition rassemble les regards des deux expositions. C’est le nouveau livre de référence sur la pêche à TerreNeuve et sur son patrimoine. Terre-Neuve / Terre-Neuvas Un ouvrage autour des collections Un ouvrage collectif Il ne s’agit pas ici de faire une nouvelle histoire de la pêche morutière mais plutôt de s’appuyer sur les collections. Accessible au grand public, cet ouvrage met en valeur des collections variées, qui donnent le ton. Articles de référence ou notices monographiques se penchent sur les collections par une étude stricte de l’objet ou une mise en perspective plus générale proposant une vision multiple du patrimoine maritime morutier conservé aujourd’hui. 34 auteurs (chercheurs, historiens, ethnologues, conservateurs, universitaires, écrivains, archivistes) sont rassemblés dans cette publication qui réunit 13 articles de synthèse scientifique, 56 articles monographiques (focus sur les collections) et 10 articles d’approfondissement. L’aventure de la pêche morutière Musée de Bretagne, Les Champs Libres à Rennes, musée de SaintMalo Le temps de l’absence Musée d’art et d’histoire de Saint Brieuc, musée du Vieux Granville à Granville Maîtrise d'ouvrage : Rennes Metropole en partenariat avec : Ville de Granville, Ville de Saint-Brieuc et Ville de Saint-Malo Direction du projet et commissariat général Céline Chanas, conservateur et directrice du musée de Bretagne Michèle Chartrain, conservateur du musée du Vieux Granville Philippe Petout, conservateur du musée d’Histoire de Saint-Malo Elisabeth Renault, directrice du musée d’art et d’histoire de SaintBrieuc Un ouvrage complet Pour mieux situer ces collections, il est primordial d’ajouter à ces focus muséographiques des synthèses générales pour que le lecteur y trouve sa route. D’où l’appel à des scientifiques spécialisés sur le sujet. Ce livre est une publication scientifique d’une importance majeure quant à l’héritage de la pêche morutière. Partant d’une contextualisation historique et géographique essentielle, elle se décline en approche économique, technique, et sociale. La dernière partie aborde les diverses représentations de cette longue activité de pêche qui participent à la patrimonialisation de cette activité. Commissariat scientifique adjoint Jean-Philippe Roze, Cécile Le Faou, David Nicolas © Collection particulière Prix : 21 € ISBN 978-2-35404-040-6 160 pages, broché 24 x 32 cm. Co-édition musées partenaires / éditions Illustria Commissariat des expositions Michaël Liborio Un projet initié par Pascal Aumasson, directeur du musée des Beaux-Arts de Brest, ancien directeur du musée de Bretagne et Yves Leroy, auteur Conseil scientifique : Eric Barré, historien Denis-Michel Boëll, conservateur général du patrimoine du musée national de la Marine de Paris Jean-Pierre Castelain, éthnologue Loïc Josse, auteur 10 Raymonde Litalien, conservatrice honoraire des archives du Canada Jean-Pierre Martin, historien Guy Prigent, ethnologue Prêteurs : Archives départementales d’Ille-etVilaine, Rennes Archives départementales de la Manche, Saint-Lô Archives départementales des Côtes d’Armor, Saint-Brieuc Archives départementales du Calvados, Caen Archives municipales, Saint-Malo Archives nationales d’outre-mer, Aixen-Provence Association Atelier du patrimoine maritime de Dahouët, Pléneuf-Val André Association Mémoire et Patrimoine des Terre-Neuvas, Saint Malo Bibliothèque d’agglomération de Rennes Métropole Bibliothèques municipales de SaintBrieuc, Saint-Malo Bibliothèque nationale de France, Paris Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris Centre national des arts plastiques, Paris Chambre de commerce et d’industrie de Marseille Provence Commune de Binic Château-musée, Dieppe Cinémathèque de Bretagne, Brest Commune de Honfleur Commune de Lantic Commune de Saint-Jouan-desGuérets Compagnie des Pêches, Saint-Malo DRASSM, Marseille Institut national de l’audiovisuel (Ina), Bry-sur-Marne La Corderie Royale - Centre International de la Mer, Rochefort Maison de la Grande Vigne, Dinan Maison Pierre Loti, Rochefort Médiathèque Charles de la Morandière, Granville Médiathèque Pierre Almaric, Albi Musée Baron Martin, Gray Musée d’art et d’histoire, Avranches Musée d’éthnographie de Bordeaux 2 Musée de la pêche, Concarneau Musée départemental breton, Quimper Musée des arts et traditions populaires, Cancale Musée des Beaux-Arts de Nantes Musée des Beaux-Arts de Rennes Musée des Beaux-Arts de Rouen Musée du château des Ducs de Bretagne, Nantes Musée du Vieux Château, Laval Musée maritime de l’île Tatihou, Saint-Vaast la Hougue Musée national de la Marine, Paris Muséum national d’Histoire naturelle, Paris Port Musée, Douarnenez Provincial Archeology Office, St John’s, Terre-Neuve Service historique de la Défense, Vincennes Société des Œuvres de Mer, Paris Ainsi que la confiance de nombreux particuliers et collectionneurs privés. Avec le soutien : de la DRAC Bretagne, DRAC BasseNormandie des régions Bretagne et BasseNormandie des conseils généraux d’Ille-etVilaine et de la Manche. Deux expositions autour d’un fabuleux poisson 11 EXPOSITION RENNES musée de Bretagne, Les Champs Libres DU 19 Octobre 2013 au 19 avril 2014 Terre-Neuve / Terre-Neuvas © Gildas Flahault L’aventure de la pêche morutière 13 Terre-Neuve / Terre-Neuvas LE PARCOURS DE L’EXPOSITION 1. Le pain était là-bas De condition sociale modeste, les pêcheurs embarquaient pour 5 à 8 mois mois dans les eaux atlantiques septentrionales de Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent. Collection particulière, cliché A. Amet Là-bas, le poisson était abondant et la pêche miraculeuse. Il nourrissait l’Europe entière. Il offrait du travail et un salaire aux familles nombreuses, atténuant la douleur de l’exode. Terre-Neuve n’était pas une terre vierge. Les marins cohabitèrent sur place avec les populations amérindiennes, établies de longue date. Selon qu’on la voulait « verte » ou « sèche », la « pesche à la Molüe » se déroulait de diverses manières. Errante, elle se pratiquait au large sur les hauts-fonds de TerreNeuve, à bord des doris, ces petites chaloupes à fond plat. Sédentaire, elle s’exerçait le long des côtes, à la journée. Le poisson était transformé, salé, séché et conservé sur place de longues semaines avant son expédition. Les pêcheurs mettaient pied à terre. Une vie domestique s’organisait sur le rivage. Qui étaient ces pêcheurs de morue ? Comment préparaient-ils leur campagne ? Comment vivaient-ils, à bord et à terre ? Comment travaillaient-ils le poisson ? Et pour quelles fins ? Des quais du grand Ouest aux eaux froides du grand Nord, Terre-Neuve / Terre-Neuvas, L’aventure de la pêche morutière met en scène l’histoire méconnue de la pêche française dans les eaux de Terre-Neuve jusqu’à sa disparition, à la fin du 20e siècle. Du pont des navires jusqu’aux filets des marins, l’exposition dresse le portrait d’une activité économique vitale, pratiquée dans des conditions de vie difficiles. Elle détaille la réalité d’un métier hors pair – mais pas sans risque – et l’évolution des techniques d’une pêche qui stimula durant cinq siècles le cœur, le portefeuille et l’imagination des sociétés de Bretagne et de Normandie. Quatre séquences – dont la première est commune aux deux expositions – rythment le parcours, baigné d’une lumière bleutée et de couleurs glacées qui rappellent l’horizon délavé et les bancs de Terre-Neuve. 14 Grattoir amérindien, 16e - 19e siècles Collection particulière Cet outil appartenait aux amérindiens qui peuplaient Terre-Neuve avant l’arrivée des premiers colons. Il a été retrouvé à proximité des lieux de pêche. Taillé par un indien Béothuk dans un morceau de silex en provenance du Vieux Continent – utilisé par les pêcheurs comme pierre de lest de leur navire – il témoigne des échanges qui ont eu lieu entre les populations locales et les marins européens. La production audiovisuelle de deux films d’animation, réalisés sur la base de gravures encyclopédiques, donne vie à cette période de l’ histoire dont il reste peu de témoignages. Traces archéologiques, documents des archives nationales et photos d’ époque à l’appui, l’exposition embarque le visiteur dans le sillage des techniques de pêche et des modes de vie associés. Collection particulière, photographie Dr Louis Thomas Chronologique, l’exposition approche le temps long du 16e siècle à nos jours. Thématique, elle aborde les grands sujets de la pêche. Historique, elle valide des faits. Sensible, elle fait partager des récits de vie singuliers, témoins d’une aventure collective hors du commun. Naviguant entre les registres d’armement, les photos d’ équipage, les cartes marines et une surprenante morue naturalisée, l’exposition rappelle le contexte historique, géographique de la pêche à la morue. Provincial Archeology Office, Saint John’s Des hommes, un poisson, une terre, la mer… La première partie de l’exposition donne les clés de compréhension générale de la pêche à la morue dans les eaux de la Nouvelle France. Photographie stéréoscopique du Docteur Thomas, vers 1910, Collection particulière Des habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon préparent les capelans, petits poissons utilisés comme appâts pour les morues. Situé au sud de Terre-Neuve, le petit archipel servait de base arrière pour armer, ravitailler les navires et décharger les cargaisons pendant la campagne de pêche. Son rôle stratégique se trouvera renforcé après 1904, date de la perte des droits de pêche exclusifs français sur l’île au profit des Anglais. L’aventure de la pêche morutière 15 Terre-Neuve / Terre-Neuvas 3. Les ouvriers de la mer Des bourgeois, des voiliers, un voyage à préparer… De l’armement à l’embarquement, la seconde partie de l’exposition met en lumière les différentes facettes de l’économie morutière. La pêche à la morue était une activité commerciale rentable mais coûteuse. Génératrice de revenus conséquents, elle mobilisait aussi d’importants capitaux de la bourgeoisie portuaire. Les campagnes de pêche étaient préparées avec soin par les armateurs et les négociants. Couteau trancheur, 1960 Collection Musée de Bretagne Présentant des maquettes de bateaux, des tonneaux, des factures d’avitaillement et des contrats de travail, l’exposition renseigne sur la diversité des navires de pêche utilisés et les conditions d’engagement des marins. © Musée national de la Marine/P. Dantec Terre-neuviers en pêche sur le Grand Banc de Terre-Neuve Edouard-Marie Adam, fin 19e siècle Collection Musée national de la Marine 16 à partir de 1875 les pêcheurs utilisent pour la pêche sur les bancs de petites embarcations, les doris. Une manière d'augmenter les captures mais avec de nouveaux risques pour les pêcheurs embarqués : naufrage, disparition dans les brumes. Les pêcheurs partaient longtemps loin de chez eux. Ils vivaient d'abord sur des voiliers exigus, puis des chalutiers devenus usines avec les progrès de la mécanisation. Sensibles à leur dur labeur, certains en ont fait « des bagnards de la mer », contribuant à la diffusion d’un mythe que l’exposition interroge. Les cirés, les bottes, les vareuses, les couteaux et les hameçons immergent le visiteur dans la condition ouvrière des équipages, au cœur de la dimension sociale de l’aventure humaine. Utilisé à bord ou à terre depuis des décennies, ce type de couteau servait à enlever l’arrête principale de la morue pour séparer les filets avant d’être salé. L’outil illustre la spécificité d’un métier riche d’un savoir-faire artisanal unique. Au 16e siècle, traverser l’Atlantique était une entreprise périlleuse. Pêcher dans les eaux glacées et le brouillard de Terre-Neuve fut toujours une activité à risque. De nombreux navires se sont abîmés en mer à cause d’une tempête ou d’un iceberg. à bord, les accidents étaient monnaie courante et l’hygiène souvent manquante. Mais des navires-hôpitaux suivaient les campagnes de pêche pour porter assistance sanitaire, logistique, et spirituelle aux équipages. Cornes de brume, rapports d’accident et témoignages audio à l’appui, l’exposition met en lumière les risques du métier. Corne de brume Collection Musée d'Histoire de SaintMalo Cet objet d'un autre temps a été utilisé à bord des voiliers, par temps de brume lorsque les doris étaient en pêche. Cela permettait aux hommes, éloignés du bateau porteur dans leur frêle esquif de revenir à bord. L’aventure de la pêche morutière Musée d'Histoire de Saint-Malo 2. Une économie en mouvement Ceux que l’on appelle les Terre-neuvas étaient unis par un destin commun, marqué par l’éloignement, un rythme de travail soutenu et un savoir-faire original. Musée de Bretagne, cliché A. Amet Musée d'Histoire de Saint-Malo, Photographie A. Baillot Des hommes courageux, une tâche pénible, un métier à risque… La troisième séquence de l’exposition s’attarde sur les conditions de vie et de travail des pêcheurs embarqués vers Terre-Neuve. 17 Terre-Neuve / Terre-Neuvas À la rencontre des publics 4. La fin d’une époque Ressources, quotas, moratoire… La quatrième et dernière partie de l’exposition précise les conditions de l’arrêt définitif de la grande pêche à la morue, à la fin du 20e siècle. Après l’explosion des armements à la pêche, les prélèvements atteignent leur apogée dans les années 60. La morue disparaît peu à peu des eaux de TerreNeuve. En 1992, le gouvernement canadien obtient un moratoire sur la pêche à la morue au large de Terre-Neuve dans ses eaux territoriales pour enrayer l’épuisement de la ressource halieutique. Présentées dans plusieurs villes ayant connu en différents temps l’effervescence de la manne morutière, les expositions offrent aux populations locales un nouveau regard sur cette histoire collective. Les musées partenaires partagent également la volonté de rendre le plus accessible possible l’ensemble de leurs expositions. Une bataille s’engage pour sauver la grande pêche morutière française et une activité de pêche à SaintPierre-et-Miquelon. Sans succès. C’est la fin des Terreneuvas. Les derniers embarquements français ont lieu à Saint-Malo, en 1992. Un parcours adapté et intégré Il s’agit en premier lieu d’une dizaine de totems, avec textes courts et dessins, répartis dans les différentes séquences thématiques. Il prend la forme d’un dialogue avec les protagonistes de l’aventure morutière. Les paroles du mousse, du capitaine ou du trancheur mettent ainsi en valeur les objets phares présentés dans l’exposition et l’aspect humain du « grand métier ». À partir de témoignages et d’actualités filmées, l’exposition donne la parole aux derniers acteurs de cette grande aventure humaine que fut la pêche à Terre-Neuve, en interrogeant les conditions de reconversion économique des territoires concernés. des dispositifs complémentaires L’attente sur la rampe arrière du Victor Pleven Photographie Alain Guéllaff © Alain Guéllaff Cette image est tirée d’un reportage réalisé par Alain Guéllaff lors de la dernière campagne du chalutier pêchearrière Victor Pleven II armé à Saint-Malo. Elle s’adresse aux scolaires tant elle fait écho aux divers programmes d’histoire, de géographie, de littérature, voire des sciences et vie de la terre. Associés au parcours adapté, des dispositifs complémentaires ont vocation à permettre une plus grande interactivité avec le visiteur, voire une approche plus sensorielle du sujet. Ces dispositifs permettent par ailleurs d’améliorer l’accessibilité dans le cadre de médiations spécifiques au handicap visuel : Actions culturelles autour de l’exposition Rencontres, conférences, ateliers famille, concerts, spectacles et projections accompagnent l’exposition pendant toute sa durée. En multipliant les formes, le musée de Bretagne souhaite toucher tous les publics. De l’approche historique, artistique, aux témoignages de ceux qui ont vécu les dernières années de la grande pêche, chacun trouvera dans cette programmation culturelle la dimension qui lui convient. Musée de sociétés, le musée s’appuie sur le passé pour éclairer le présent et envisager l’avenir. Les rencontres reviennent sur l’épopée des Terreneuvas mais posent également les questions contemporaines de l’économie de la pêche, des ressources halieutiques et de la patrimonialisation de cette histoire collective. ■ Une toise À proximité d’une morue naturalisée issue des collections du Muséum National d’Histoire Naturelle, un panneau sous forme de toise permet au jeune public, et au plus grand, de se mesurer physiquement à la morue. © Alain Guéllaff ■ Un coffre de Terre-neuva Dans l’idée de proposer au visiteur une approche sensible du métier au début du 19e siècle, un coffre de Terre-neuva (copie) rempli d’une partie de son contenu sera déposé au cœur des expositions. Il s’agit d’y présenter en libre accès une partie des vêtements portés par les pêcheurs, notamment ceux en toile huilée. 18 Visites commentées tous les mercredis, samedis et dimanches à 15h00. L’aventure de la pêche morutière 19 EXPOSITION Saint-Brieuc musée d'art et d'histoire DU 19 Octobre 2013 au 19 avril 2014 Terre-Neuve / Terre-Neuvas © Gildas Flahault Le temps de l'absence 21 Terre-Neuve / Terre-Neuvas LE PARCOURS DE L’EXPOSITION 1. Le pain était là-bas De condition sociale modeste, les pêcheurs embarquaient pour 5 à 8 mois dans les eaux atlantiques septentrionales de Terre-Neuve et du golfe du SaintLaurent. Là-bas, le poisson était abondant et la pêche miraculeuse. Il nourrissait l’Europe entière. Il offrait du travail et un salaire aux familles nombreuses, leur épargnant la douleur de l’exode. Terre-Neuve n’était pas une terre vierge. Les marins cohabitèrent sur place avec les populations amérindiennes, établies de longue date. Selon qu’on la voulait « verte » ou « sèche », la « pesche à la Molüe » se déroulait de diverses manières. Errante, elle se pratiquait au large sur les hauts-fonds de TerreNeuve, à bord des doris, ces petites chaloupes à fond plat. Sédentaire, elle s’exerçait le long des côtes, à la journée. Le poisson était transformé, salé, séché et conservé sur place de longues semaines avant son expédition. Les marins mettaient pied à terre. Une vie domestique s’organisait sur le rivage. Qui étaient ces pêcheurs de morue ? Comment préparaient-ils leur campagne ? En leur absence, comment s’organisait la vie à terre ? Quel rôle ont joué les femmes dans des villages momentanément privés d’hommes ? Quelle image se faisait-on de leur labeur lointain dans la culture populaire ? Archives départementales des Cotes d’Armor - E 2783 Conseil général de la Manche, arch. Dép., 66 Fi 583, Photographie Lucien Rudaux Des hommes, un poisson, une terre, la mer… La première partie de l’exposition donne les clés de compréhension générale de la grande pêche à la morue. Livre de marque, 1554 Collection Archives départementales des Côtes d'Armor, Saint-Brieuc Ce registre est l’un des plus anciens rôles d’équipage conservés à ce jour. Il consigne les noms et les données personnelles des marins embarqués à bord d’un navire en partance pour Terre-Neuve. Dans le cas présent, le livret indique qu’ils étaient originaires des Côtes-d’Armor, du port de Dahouët et de l’île de Bréhat. Naviguant entre les registres d’armement, les photos d’ équipage, les cartes marines et une surprenante morue naturalisée, l’exposition rappelle le contexte historique, géographique de la pêche à la morue. Des quais du grand Ouest aux eaux froides du grand Nord, Terre-Neuve / Terre-Neuvas, Le temps de l’absence nous transporte dans les territoires régionaux qui ont vu l’apogée de cette activité. Le temps d’une campagne, l’exposition s’intéresse à cette période de l’absence, vécue à terre. Elle sonde l’empreinte laissée par la grande pêche à la morue dans les structures sociales et les représentations culturelles. à l’autre bout de la chaîne, elle interroge les habitudes sociales restées à quai et le souvenir fantasmé d’une activité qui fit battre durant cinq siècles le cœur de toute une population. Plan géométral de l’île de Terre-Neuve, 1713 Collection Bibliothèque nationale de France, Paris L’exposition remonte le fil du temps du 16e siècle à nos jours et aborde les grands sujets de la pêche morutière. Elle fait partager des récits de vie singuliers, témoins d’une épopée individuelle et collective hors du commun. 22 Bibliothèque nationale de France Trois séquences – dont la première est commune aux deux expositions – rythment le parcours qui s’enroule autour d’un quai stylisé, symbolisant le va-et-vient des campagnes de pêche saisonnières. De nombreux tableaux mettent en perspective un sujet riche qui a largement inspiré la peinture et la littérature. Cette carte marine donne le nom des havres de mouillage le long des côtes de Terre-Neuve. Elle précise aussi l’emplacement des hauts-fonds de pêche. Réalisée en date de la signature du traité d’Utrecht, elle annonce le redéploiement de la pêche morutière française, limitée au nord de Terre-Neuve, le French shore, après confirmation des possessions anglaises sur le reste de l’île. Le temps de l’absence 23 Terre-Neuve / Terre-Neuvas Maquette de la goélette "Côte d'Emeraude", Alexandre Fauq, début du 20e siècle Collection Musée d'Histoire de Saint-Malo Des hommes, des femmes, l’éloignement, la vie qui continue… La seconde séquence de l’exposition donne corps au grand vide laissé à terre par le départ des hommes en haute mer. Ici se rejoignent les pêcheurs de morue partant pour Islande comme à Terre-Neuve. Rares sont les activités humaines qui conduisent des milliers d’individus à partir loin de chez eux, de longs mois. Les campagnes de pêche imposent aux hommes 2 à 6 semaines de voyage dans des conditions climatiques difficiles, puis 6 à 8 mois d’absence à l’époque de la voile et des premiers chalutiers. Le départ des Terre-neuvas est préparé avec soin. Une campagne donne lieu à des rituels nombreux, des fêtes et des cérémonies religieuses. Si l’aventure est partagée, elle n’en est pas moins risquée. Réalisé en bois et en plâtre par un marin saleur, ce modèle réduit reproduit un trois mâts fameux de la pêche morutière à Terre-Neuve, immatriculé à Saint-Malo, représenté, comme au départ, sur mer et sous voiles. Les marins au loin, les femmes prennent le relais. En leur absence, nombreux sont les hommes à donner procuration à leur épouse pour gérer les affaires familiales. Le travail de la morue sur la côte de Terre-Neuve Musée maritime de Tatihou, Saint-Vaast La Hougue Duhamel du Monceau dans son Traité général des Pesches fut le premier à nous donner à voir ces techniques de pêche, traitant aussi bien des installations à terre que de la pêche en pleine mer. Le Pardon des Islandais à Paimpol Collection Musée d'art et d'histoire, Saint-Brieuc à Paimpol, à Saint-Malo puis à Fécamp, à Bordeaux... le départ des pêcheurs pour ces longues et périlleuses campagnes donne lieu à des festivités et bénédictions permettant de conjurer l'angoisse et les longues séparations. Naviguant entre les coffres de marins, les souvenirs de Grand Pardon et les témoignages de ceux qui restent à quai, l’exposition met en scène le moment clé du départ, prélude d’une longue campagne. Domaine public / CNAP / Photographie Ville de Nantes, A. Guillard Conseil général de la Manche - Musée de Tatihou, cliché A. Poirier Jusqu’à la longue traversée retour, les nouvelles sont rares. Le temps des retrouvailles est attendu avec impatience. Avec crainte, aussi. Car l’activité de la grande pêche est meurtrière. Les actions en grâce, les ex-voto et les prières doivent protéger les marins de l’infortune. Lorsque l’absence est trop longue ou définitive, le souvenir et la dévotion adoucissent le manque. Musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc, Photographie Emile Hamonic La production audiovisuelle de deux films d’animation, réalisés sur la base de gravures encyclopédiques, donne vie à cette période de l’ histoire dont il reste peu de témoignages. Documents des archives nationales et photos d’ époque à l’appui, l’exposition embarque le visiteur dans le sillage des techniques de pêche et des modes de vie associés. Musée d'Histoire de Saint-Malo, cliché A. Amet 2. La grande absence "À la mer", Albert-Guillaume Démarest, 1902 Collection Musée des Beaux-Arts de Rouen, dépôt du FNAC Peinte par Albert-Guillaume Démarest sous forme de triptyque, cette huile sur toile illustre l’imaginaire populaire attaché à la grande pêche, grande pourvoyeuse d’émotions et de drames. Une mère qui embrasse son fils sur le quai… Les prières sur le corps du marin défunt, enveloppé dans son linceul, avant immersion… La mère en deuil qui pleure sur le coffre contenant les effets de son fils… Dans le sillage de manchettes de journaux, de plaques commémoratives et de tableaux de femmes au travail, l’exposition donne vie à l’absence, vécue avec respect, résignation et angoisse. 24 Le temps de l’absence 25 Terre-Neuve / Terre-Neuvas Visuels disponibles pour la presse 1. Carte marine in Traité général des pesches de Duhamel du Monceau 1769-1782 - CG 50 - Musée Maritime de Tatihou - Cliché A. Poirier 3. Des images et des récits Romans, films, iconographies… La troisième partie de l’exposition s’arrête sur les représentations populaires, réelles et fantasmées, de la grande pêche, source d’inspiration féconde pour les artistes. Dépeints à tour de rôle comme « bagnard des mers », héros de l’impossible ou travailleur ordinaire, le personnage du Terre-neuva se confond avec les nombreuses représentations qu’il a suscitées. Au-delà d’une réalité humaine et économique, la force du souvenir de la pêche morutière en Bretagne et en Normandie doit beaucoup à la profusion d’images et d’écrits qu’elle a nourrie. Après Pierre Loti et tant d'écrivains, des visites de bateaux-musées ont restitué dès le début du 20e siècle l’épopée des Terre-neuvas, souvent accompagnées par les marins eux-mêmes. Très tôt, des images filmées ont été réalisées à bord des voiliers. Plus récemment, des expositions et des téléfilms ont pris la relève pour immortaliser le sujet. Les peintures, les chansons, les couvertures de roman et les affiches de spectacle donnent à voir et à écouter la mémoire populaire de la grande pêche à Terre-Neuve. © Musée du Vieux Granville Affiche de spectacle, 1900 Collection Musée du Vieux Granville Lors de l’Exposition universelle, un terre-neuvier amarré près du pont de la Concorde présente aux Parisiens un film sur la pêche à la morue qui valorise la vitalité de l’activité économique française à l’étranger. De ses premiers jours à ses dernières heures, l’aventure humaine de la grande pêche n’a jamais cessé de captiver les foules. 1 4. Équipage de l'Alfred en 1934 Collection particulière - Cliché A. Amet 5. Déchargement de morues à Saint-Malo - 20e siècle - Collection particulière 3 "Pêcheur d'Islande" illustré par E. Rudaux Début du 20e siècle Collection Bibliothèque d’agglomération de Rennes Métropole Paru en 1886, le roman de Pierre Loti raconte l’histoire d’une passion amoureuse tragique entre une jeune fille de bonne famille et un marin au long cours, voué à périr en mer. Grand succès de littérature, maintes fois adapté à l’écran, le livre a ancré la grande pêche dans la mythologie collective, en forgeant durablement les représentations populaires. 3. À bord d'un chalutier en 1931 Photographie de Lucien Beaugé Collection particulière 2 6. Une saline à Miquelon: travail du capelan - Photographie stéréoscopique du Dr Thomas, vers 1910 Collection particulière 5 4 7. Dépôt de tonneaux à Saint-Malo Photographie de A. Baillot - Musée d'histoire de Saint-Malo 8. Pardon des Islandais à Paimpol vers 1900 - Photographie d'Emile Hamonic - Musée d'art et d'histoire, Saint-Brieuc 6 9. Départ pour Terre-Neuve, sortie du port de Granville, photographie de Lucien Rudaux, 1901 - 1910 CG 50 - Archives Départementales 66 Fi 583 7 10. Ex-voto "Brigantin en difficulté" Aquarelle de Mte Le Roux, 1839 Musée de Bretagne - Cliché A. Amet Cliché A. Amet Par la magie du roman et de l’amour, l’auteur de Pêcheur d’Islande, Pierre Loti, a durablement enraciné le thème dans l’imagerie populaire. Mythe fondateur de la grande pêche, son œuvre inspira-t-elle celle du chanteur Théodore Botrel, auteur de la fameuse Paimpolaise ? 2. Traité général des pesches de Duhamel du Monceau 1769-1782 Conseil Général de la Manche Musée Maritime de Tatihou - Cliché A. Poirier 11. Affiche du spectacle "TerreNeuve sur la Seine" par Eugène Le Mouël. Imprimerie Pierreport, Paris. Vers 1900 - Musée du Vieux Granville 8 9 D’une bibliothèque aux écrans de télévision en passant par les bateaux morutiers reconvertis, l’exposition renoue le fil d’une histoire toujours vivace, sublimée par le souvenir. 12. Corne de brume de grand modèle - Musée d'histoire de Saint-Malo 10 13. Couteau trancheur, vers 1960 Musée de Bretagne - Cliché A. Amet 14 14. Faux (leurre en forme de poisson), fin 19e siècle - Musée de Bretagne - Cliché P. Tressos 13 11 15 12 15. Compas de doris et catalogues de matériel nautique - Musée d'Histoire de Saint-Malo - Cliché A. Amet 16. Coffre de rangement de Terreneuva - Musée d'Histoire de SaintMalo - Cliché A. Amet 16 17 18 17. Grattoir amérindien 16e-19e siècles - Provincial Archeology Office, Saint John's, Terre-Neuve 18. Maquette du trois-mâts goélette “Côte d’Emeraude” par Alexandre Fauq, 20e siècle - Musée d'histoire de Saint-Malo Cliché A. Amet 19 26 20 19. et 20. Perspective de l'exposition à Rennes - Scénographie : In Site - La Belle Entreprise Deux expositions autour d’un fabuleux poisson 27 Granville Saint Malo Saint-Brieuc Rennes INFOS PRATIQUES et contacts presse Musée de Bretagne, Rennes Musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc Horaires d’ouverture Horaires d’ouverture Du mardi au vendredi de 12h à 19h et nocturne le mardi jusqu’à 21h Samedi et dimanche de 14h à 19h du mardi au samedi, de 10h à 18h (fermeture des galeries permanentes de 12h à 13h30) dimanches et jours fériés, de 14h à 18h Fermeture les lundis et jours fériés Réservations obligatoires pour les groupes Lieu Lieu Les Champs Libres 10, cours des Alliés 35 000 Rennes Cour Francis Renaud Rue des Lycéens-Martyrs 22 000 Saint-Brieuc Information du public Information du public Tél. 02 23 40 66 00 [email protected] www.leschampslibres.fr Tél. 02 96 62 55 20 [email protected] www.mairie-saint-brieuc.fr Itinérance à Saint-Malo et Granville en 2014. CONTACTS PRESSE : Presse nationale : Agence Heymann Renoult Associées – Sarah Heymann et Adeline SUZANNE [email protected] / 01 44 61 76 76 Presse locale : Les Champs Libres – Marion VIOLLE [email protected] / 02 23 40 66 27 / 06 84 59 76 31