Terre-Neuve / Terre-Neuvas

Transcription

Terre-Neuve / Terre-Neuvas
EXPOSITIONS
DU 19 Octobre 2013 au 19 avril 2014
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
L’aventure de la pêche morutière
à Saint-Brieuc : Le temps de l’absence
à Rennes :
© Gildas Flahault
Itinérance à Saint-Malo et Granville
à partir de juin 2014
DOSSIER DE PRESSE
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Deux expositions autour d’un fabuleux poisson
L’aventure de la pêche morutière
Musée de Bretagne – Les Champs Libres, Rennes
Le temps de l’absence
Musée d'art et d'histoire, Saint-Brieuc
Du 19 octobre 2013 au 19 avril 2014
© Teddy Seguin
Sommaire
Une mémoire à partager ......................................................................4
Un projet collaboratif ..............................................................................6
Présentation des 4 institutions .........................................................9
Catalogue des expositions ...............................................................10
Générique des expositions ..............................................................11
Le parcours de l’exposition
L’aventure de la pêche morutière ...............................................12
Bibliothèque Rennes Métropole
Programmation autour de l’exposition à Rennes ............19
Le parcours de l’exposition
Le temps de l’absence ........................................................................20
Visuels disponibles pour la presse ..............................................27
À la conquête du Nouveau Monde, les explorateurs du 15e siècle découvrirent
d’incroyables trésors qui firent la fortune du Vieux Continent. Le cacao, le caoutchouc
et la pomme de terre sont de ceux-là.
Mais il est une autre richesse que personne ne cite plus aujourd’hui : la morue.
Et pourtant…
Cinq siècles durant, ce poisson des eaux froides de l’Atlantique Nord fut l’objet d’une
formidable entreprise humaine, sociale et économique. épopée périlleuse au long
cours, loin des rivages familiers de la Manche, la grande aventure de la pêche à la
morue marqua en profondeur l’histoire et la mémoire des populations de Bretagne
et de Normandie.
Au Canada, les bancs de l’île de Terre-Neuve et le golfe du Saint-Laurent furent un
vivier foisonnant de poissons pour les pêcheurs européens. L’un des tous premiers
navires en partance pour Terre-Neuve quitta Bréhat en 1508. Des milliers d’autres
suivirent. Au point que l’île d’abondance finira par donner son nom aux marins venus
sillonner ses hauts-fonds. On les appellera les Terre-neuvas jusqu’au dernier départ
d’un chalutier malouin en 1992.
Informations pratiques ........................................................................28
Deux expositions autour d’un fabuleux poisson
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Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Une mémoire à partager
Une économie
Photographie Lucien Beaugé, collection particulière
L’aventure humaine de la grande pêche à la morue
fut aussi une formidable entreprise commerciale,
menée à bien grâce aux capitaux de la bourgeoisie
portuaire. Armements, négoces, sécheries… Passée de
Des hommes
L’activité de la grande pêche morutière française à
Terre-Neuve a duré près de 500 ans. De nombreux
ports y participèrent. Ceux du golfe normand-breton –
Saint-Brieuc, Granville et Saint-Malo en tête – furent
les plus actifs. Des dizaines de milliers d’hommes des
pays alentours s’engagèrent sur les bateaux. Certains
équipages ne revinrent jamais.
Du 16e siècle à la fin du 20e siècle, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas »
retrace ce chassé-croisé de destins individuels qui naviguèrent au péril de leur vie
pour la fortune d’un poisson.
Du golfe normand-breton aux eaux de Terre-Neuve, elle suit les bateaux sur le pont
desquels se sont mêlés l’ histoire familiale et l’ épopée mythique, le vécu intime
et la mémoire collective.
l’artisanat à la quasi-industrie, la pêche à la morue fut
génératrice d’une économie et d’échanges de grande
ampleur dans les secteurs de l’agroalimentaire et de
la construction navale.
Des rôles d’ équipage aux livres de compte, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas »
éclaire la dimension stratégique de la pêche morutière pour le développement
économique du golfe normand-breton.
Des souvenirs
Activité unique en son genre, la pêche à la morue s’est
développée avec ses codes, ses outils, ses vêtements
de travail, ses cartes de navigation… Conservées dans
les musées, ces collections d’objets et d’écrits diversifiés,
souvent inédits, incarnent une mémoire sensible encore
bien vivante. Compas, coffres, maquettes de bateaux,
photographies, huiles sur toile, archives filmées… Plus
de 600 items témoignent de ce que fut l’aventure de
la pêche morutière et comment fut vécu le temps de
l’absence.
De l’ hameçon au trois-mâts, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » donne
à voir la vie des pêcheurs et de leur famille par le témoignage et les objets
du quotidien, tirés des fonds de musées publics et de collections privées.
Un regard
Immortalisée par le héros du roman de Pierre Loti,
Pêcheur d’Islande, la figure du Terre-neuva a nourri
abondamment l’imagerie populaire et les représentations
artistiques. La grande pêche, ses spécificités et ses périls
ont fourni un sujet de choix aux peintres, aux écrivains
et aux cinéastes. La veuve éplorée, le bagnard des
mers, la frêle embarcation dans la brume glaciale…
Autant d’images fortes qui ont forgé un souvenir et
orienté un regard.
Entre mythe et actualité, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » met
en scène la profusion d’images et de récits qui ont donné à voir la réalité,
souvent fantasmée, d’un métier hors du commun.
Une vie
En suivant la morue, les Terre-neuvas se sont inventés
une nouvelle condition, scellée par l’éloignement,
la fraternité ouvrière et les fortunes de mer. Ils ont
exploré une terra incognita peuplée de populations
autochtones. Ils ont développé un savoir-faire unique,
adaptant les techniques de pêche à la demande
croissante des armateurs.
Dans leur port d’attache, le départ des Terre-neuvas
était vécu comme l’aube d’une absence, forcément
trop longue et cause d’inquiétude pour les familles,
restées à quai. Leur migration saisonnière a modifié
la place des femmes dans la vie locale. Elle a créé de
nouveaux rituels sociaux (pardons, fêtes, carnavals…)
et stimulé la dévotion religieuse.
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© Teddy Seguin
Entre terre et mer, l’exposition « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » met en relief l’importance de
la grande pêche à la morue dans l’ évolution des modes de vie, des traditions et des mentalités
des sociétés de Bretagne et de Normandie.
Deux expositions autour d’un fabuleux poisson
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Terre-Neuve / Terre-Neuvas
UN PROJET COLLABORATIF
© Archives Départementales des Côtes d'Armor - 37 Fi
D’autres institutions, en France et à l’étranger, ont
accepté de prêter quelques unes de leurs œuvres pour
enrichir ces expositions. Parmi eux le musée national
de la Marine, les musées des beaux-arts de Rennes, de
Rouen et de Nantes, les services d’archives départementales des Côtes-d’Armor, d’Ille-et-Vilaine et de la
Manche, mais aussi des associations, des particuliers,
des collectionneurs et d’anciens Terre-neuvas.
Association Mémoire
et Patrimoine des Terre-Neuvas.
Des prêteurs nombreux
L’exposition met aussi en valeur les archives de films
amateurs et professionnels conservés par la Cinémathèque de Bretagne et le Pôle Images de Haute-Normandie. Elle puise également ses illustrations dans
les archives de l’Ina et les documents d’actualités de
Gaumont-Pathé.
Un patrimoine en construction
À l’image de son sujet, « Terre-Neuve / Terre-Neuvas » est une exposition d’envergure, déclinée
en deux volets et présentée successivement dans quatre villes entre Bretagne et Normandie.
Le riche fonds d’objets et de documents présentés dans les expositions est issu des collections des
musées de Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Granville, liées au thème de la grande pêche.
Par le choix de ses sujets et de son approche muséographique, le programme d’exposition renouvelle
le regard sur la notion de patrimoine maritime. Aux
traditionnels objets répondent les témoignages, les
représentations, les faits sociaux… La présentation met
en forme la dimension immatérielle d’une culture encore
bien vivante. En travaillant à construire la mémoire à
partir du vécu des populations locales, elle fait œuvre
de réappropriation collective pour l’ensemble d’un
territoire.
Le choix de ces villes ne doit rien au hasard. Historiquement, les ports de Saint-Brieuc, Saint-Malo
et Granville constituèrent le plus grand bassin d’armement pour la pêche morutière en France.
En conséquence, leurs musées possèdent des fonds d’une grande diversité sur le sujet, rarement
montrés ensemble. Quant à leurs habitants, ils entretiennent un rapport privilégié avec cette histoire
collective qui irrigue souvent leur propre vécu familial. Nombre de Bretons et de Normands compte
un Terre-neuva dans leur arbre généalogique.
Musée d'Histoire de Saint-Malo.
Cliché A. Amet
Cette activité, laborieuse et risquée, a laissé peu de
traces physiques, peu d’objets pour les périodes
anciennes. Par une vision panoramique, cette double
exposition s’attache à redonner du sens aux collections
rares et éparses.
Coordonné par le musée de Bretagne, aux Champs-Libres, ce projet de double exposition
itinérante a pu voir le jour grâce à la collaboration exemplaire de quatre musées d’art, d’histoire
et de société.
Une double exposition
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■ L’exposition sous-titrée « Le temps de l’absence »
aborde les questions liées à l’absence des hommes,
partis en mer, et au rôle des femmes, restées à terre.
Elle met en scène la représentation littéraire et
iconographique de la grande pêche, les mythes et le
travail de mémoire.
Ce premier volet de l’exposition sera d’abord
présenté au musée de Bretagne, à Rennes, puis
au musée d’histoire de Saint-Malo.
Ce second volet de l’exposition sera d’abord présenté
au musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc, puis
au musée du Vieux Granville, à Granville.
Musée de Bretagne cliché A. Amet
■ L’exposition sous-titrée « L’aventure de la pêche
morutière » met l’histoire sociale au cœur du sujet.
Elle détaille l’économie déployée grâce à la pêche
du « poisson fabuleux », l’évolution des pratiques de
pêche et leurs conséquences sur les populations, les
sociétés et les territoires.
© Musée de Bretagne
cliché P. Tressos
Commun aux deux expositions, un corpus de thématiques présente en introduction les données générales du
sujet : la découverte de Terre-Neuve et du Saint-Laurent, les installations outre-mer, les établissements de pêche
sédentaire, le développement de la pêche errante…
Deux expositions autour d’un fabuleux poisson
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Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Présentation des 4 institutions
Musée de Bretagne, Les Champs
Libres, Rennes
Le musée de Bretagne qui se déploie sur 2 000 m2
constitue une porte d’entrée indispensable et
passionnante pour comprendre la Bretagne
d’aujourd’hui. Le parcours, riche de plus de 2 300
objets, met en lumière le patrimoine et participe au
mouvement de renouveau des grands musées d’histoire
et d’éthnologie en Europe.
Scénographie : In Site, Graphisme : La Belle Entreprise
Par ses rendez-vous au cœur de l’exposition permanente,
par ses expositions temporaires, son action culturelle
riche et dynamique et sa politique d’enrichissement des
collections, le musée de Bretagne affirme sa volonté
de fidélisation et de diversification des publics.
Deux scènes, deux ambiances
Entre mer et terre, les expositions voyagent d’un
bord à l’autre de l’océan Atlantique pour immerger
ses visiteurs dans deux décors distincts aux identités
visuelles affirmées.
En ouverture, de hauts paysages de l’immensité océane
et des côtes de Terre-Neuve plantent le décor naturel
commun au deux expositions. Puis, chaque exposition
prend son cap.
Parce qu’elle jette l’ancre en pleine mer, L’aventure
de la pêche morutière baigne de lumières bleutées
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et glacées un parcours horizontal, rythmé par le mouvement d'images animées qui tanguent sur des toiles.
Parce qu’elle reste à terre, Le temps de l’absence file
dans l’ombre des marins sur un grand quai stylisé,
tout de noir habillé, jalonné de textes et de paroles.
Eclairée par le halo des images et l’écho des témoignages, l’exposition symbolise en creux l’attente des
familles et des villages, tendus vers le moindre signe
de vie et d’espoir d’un retour prochain.
Le musée de Bretagne plébiscite la participation de
tous : campagnes de collectages et appels à témoins
sont relayés via son site internet. De l’identification d’une
photographie au dépôt d’un vêtement de travail… une
seule et même volonté : faire participer chacun pour
construire ensemble l’histoire de la Bretagne.
musée d'histoire de Saint-Malo
Doté d’une collection d’environ 10 000 biens dont 40 %
de dépôts de l’État, le musée de Saint-Malo prend
son orientation de type musée d’histoire maritime
dans le contexte de la reconstruction patrimoniale de
la cité historique malouine après la Seconde Guerre
mondiale. Il confirme depuis, sa spécialisation dans
l’archéologie et l’éthnographie maritime, renforcée
par les importants dépôts de mobilier des épaves de
la baie de Saint-Malo dont il bénéficie.
Ses lieux d’exposition permanente étant devenus
inadaptés à une valorisation du patrimoine aux normes
et exigences actuelles, le musée a validé le projet
scientifique et culturel d’un nouveau programme
muséographique permettant d’assurer ses fonctions avec
plus d’efficience et de conforter ainsi son positionnement
en établissement de référence d’une histoire maritime
que la région malouine a richement illustrée au travers
d’activités multiples et complémentaires, que ce soit
la pêche, le grand commerce au long cours, la course,
les découvertes et les explorations.
Musée d’Art et d’Histoire,
Saint-Brieuc
musée du Vieux Granville
à Granville
Le musée, installé depuis 1986 dans l’ancienne
gendarmerie de Saint-Brieuc, au centre-ville, retrace
l’histoire du département des Côtes d’Armor, depuis
sa création jusqu’aux premières décennies du 20 e
siècle. Deux bâtiments : l’un consacré aux galeries
permanentes et l’autre aux expositions temporaires.
Installé dans le logis du Roy, à l’entrée du quartier
historique de la Haute Ville, le musée est consacré à
l’histoire locale et particulièrement à la mémoire d’une
ville depuis toujours tournée vers la mer. Il évoque les
campagnes de pêche vers les bancs de Terre-Neuve et
Saint-Pierre-et-Miquelon qui rythmaient la vie de tout
le pays, l’armement en course pendant les périodes de
guerre, la pêche côtière, et à une époque plus récente,
la naissance d’une station balnéaire.
Les galeries permanentes mettent en valeur de riches
collections d’archéologie, d’ethnographie, d’art et
d’histoire dont la présentation est régulièrement
renouvelée. Maquettes, dessins, faïences et objets
variés reflètent la diversité des thèmes abordés : la
pêche et la navigation, le défrichement des landes et
l’évolution des paysages, l’industrie toilière, l’artisanat
et la vie sociale, le costume breton…
Musée d’ethnographie régionale, il présente aussi des
collections de coiffes, costumes, bijoux et meubles
normands.
Les expositions estivales abordent chaque année un
chapitre différent de l’histoire de la ville, et viennent
compléter l’exposition permanente. Le musée enregistre
et filme depuis le début des années 1990 la vie maritime
actuelle, pour la mémoire future.
Deux expositions autour d’un fabuleux poisson
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Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Catalogue DES EXPOSITIONS
Générique des expositions
Ouvrage de 160 pages, richement illustré et documenté, le catalogue d’exposition rassemble
les regards des deux expositions. C’est le nouveau livre de référence sur la pêche à TerreNeuve et sur son patrimoine.
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Un ouvrage autour des collections
Un ouvrage collectif
Il ne s’agit pas ici de faire une nouvelle histoire de
la pêche morutière mais plutôt de s’appuyer sur les
collections. Accessible au grand public, cet ouvrage
met en valeur des collections variées, qui donnent le
ton. Articles de référence ou notices monographiques
se penchent sur les collections par une étude stricte
de l’objet ou une mise en perspective plus générale
proposant une vision multiple du patrimoine maritime
morutier conservé aujourd’hui.
34 auteurs (chercheurs, historiens, ethnologues,
conservateurs, universitaires, écrivains, archivistes)
sont rassemblés dans cette publication qui réunit
13 articles de synthèse scientifique, 56 articles
monographiques (focus sur les collections) et 10
articles d’approfondissement.
L’aventure de la pêche morutière
Musée de Bretagne, Les Champs
Libres à Rennes, musée de SaintMalo
Le temps de l’absence
Musée d’art et d’histoire de Saint
Brieuc, musée du Vieux Granville
à Granville
Maîtrise d'ouvrage :
Rennes Metropole en partenariat
avec : Ville de Granville, Ville de
Saint-Brieuc et Ville de Saint-Malo
Direction du projet et
commissariat général
Céline Chanas, conservateur et
directrice du musée de Bretagne
Michèle Chartrain, conservateur du
musée du Vieux Granville
Philippe Petout, conservateur du
musée d’Histoire de Saint-Malo
Elisabeth Renault, directrice du
musée d’art et d’histoire de SaintBrieuc
Un ouvrage complet
Pour mieux situer ces collections, il est primordial
d’ajouter à ces focus muséographiques des synthèses
générales pour que le lecteur y trouve sa route.
D’où l’appel à des scientifiques spécialisés sur le
sujet. Ce livre est une publication scientifique d’une
importance majeure quant à l’héritage de la pêche
morutière. Partant d’une contextualisation historique et
géographique essentielle, elle se décline en approche
économique, technique, et sociale. La dernière partie
aborde les diverses représentations de cette longue
activité de pêche qui participent à la patrimonialisation
de cette activité.
Commissariat scientifique adjoint
Jean-Philippe Roze, Cécile Le Faou,
David Nicolas
© Collection particulière
Prix : 21 €
ISBN 978-2-35404-040-6
160 pages, broché 24 x 32 cm.
Co-édition musées partenaires / éditions Illustria
Commissariat des expositions
Michaël Liborio
Un projet initié par
Pascal Aumasson, directeur du
musée des Beaux-Arts de Brest,
ancien directeur du musée de
Bretagne et Yves Leroy, auteur
Conseil scientifique :
Eric Barré, historien
Denis-Michel Boëll, conservateur
général du patrimoine du musée
national de la Marine de Paris
Jean-Pierre Castelain, éthnologue
Loïc Josse, auteur
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Raymonde Litalien, conservatrice
honoraire des archives du Canada
Jean-Pierre Martin, historien
Guy Prigent, ethnologue
Prêteurs :
Archives départementales d’Ille-etVilaine, Rennes
Archives départementales de la
Manche, Saint-Lô
Archives départementales des Côtes
d’Armor, Saint-Brieuc
Archives départementales du
Calvados, Caen
Archives municipales, Saint-Malo
Archives nationales d’outre-mer, Aixen-Provence
Association Atelier du patrimoine
maritime de Dahouët, Pléneuf-Val
André
Association Mémoire et Patrimoine
des Terre-Neuvas, Saint Malo
Bibliothèque d’agglomération de
Rennes Métropole
Bibliothèques municipales de SaintBrieuc, Saint-Malo
Bibliothèque nationale de France,
Paris
Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris
Centre national des arts plastiques,
Paris
Chambre de commerce et
d’industrie de Marseille Provence
Commune de Binic
Château-musée, Dieppe
Cinémathèque de Bretagne, Brest
Commune de Honfleur
Commune de Lantic
Commune de Saint-Jouan-desGuérets
Compagnie des Pêches, Saint-Malo
DRASSM, Marseille
Institut national de l’audiovisuel (Ina),
Bry-sur-Marne
La Corderie Royale - Centre
International de la Mer, Rochefort
Maison de la Grande Vigne, Dinan
Maison Pierre Loti, Rochefort
Médiathèque Charles de la
Morandière, Granville
Médiathèque Pierre Almaric, Albi
Musée Baron Martin, Gray
Musée d’art et d’histoire, Avranches
Musée d’éthnographie de
Bordeaux 2
Musée de la pêche, Concarneau
Musée départemental breton,
Quimper
Musée des arts et traditions
populaires, Cancale
Musée des Beaux-Arts de Nantes
Musée des Beaux-Arts de Rennes
Musée des Beaux-Arts de Rouen
Musée du château des Ducs de
Bretagne, Nantes
Musée du Vieux Château, Laval
Musée maritime de l’île Tatihou,
Saint-Vaast la Hougue
Musée national de la Marine, Paris
Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris
Port Musée, Douarnenez
Provincial Archeology Office, St
John’s, Terre-Neuve
Service historique de la Défense,
Vincennes
Société des Œuvres de Mer, Paris
Ainsi que la confiance de nombreux
particuliers et collectionneurs privés.
Avec le soutien :
de la DRAC Bretagne, DRAC BasseNormandie
des régions Bretagne et BasseNormandie
des conseils généraux d’Ille-etVilaine et de la Manche.
Deux expositions autour d’un fabuleux poisson
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EXPOSITION RENNES
musée de Bretagne, Les Champs Libres
DU 19 Octobre 2013 au 19 avril 2014
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
© Gildas Flahault
L’aventure de la pêche morutière
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Terre-Neuve / Terre-Neuvas
LE PARCOURS DE L’EXPOSITION
1. Le pain était là-bas
De condition sociale modeste, les pêcheurs
embarquaient pour 5 à 8 mois mois dans les eaux
atlantiques septentrionales de Terre-Neuve et du
golfe du Saint-Laurent.
Collection particulière, cliché A. Amet
Là-bas, le poisson était abondant et la pêche
miraculeuse. Il nourrissait l’Europe entière. Il offrait
du travail et un salaire aux familles nombreuses,
atténuant la douleur de l’exode.
Terre-Neuve n’était pas une terre vierge. Les
marins cohabitèrent sur place avec les populations
amérindiennes, établies de longue date.
Selon qu’on la voulait « verte » ou « sèche », la « pesche
à la Molüe » se déroulait de diverses manières. Errante,
elle se pratiquait au large sur les hauts-fonds de TerreNeuve, à bord des doris, ces petites chaloupes à fond
plat. Sédentaire, elle s’exerçait le long des côtes, à la
journée. Le poisson était transformé, salé, séché et
conservé sur place de longues semaines avant son
expédition. Les pêcheurs mettaient pied à terre. Une
vie domestique s’organisait sur le rivage.
Qui étaient ces pêcheurs de morue ? Comment préparaient-ils leur campagne ? Comment
vivaient-ils, à bord et à terre ? Comment travaillaient-ils le poisson ? Et pour quelles fins ?
Des quais du grand Ouest aux eaux froides du grand Nord, Terre-Neuve / Terre-Neuvas,
L’aventure de la pêche morutière met en scène l’histoire méconnue de la pêche française dans
les eaux de Terre-Neuve jusqu’à sa disparition, à la fin du 20e siècle.
Du pont des navires jusqu’aux filets des marins, l’exposition dresse le portrait d’une activité
économique vitale, pratiquée dans des conditions de vie difficiles. Elle détaille la réalité d’un
métier hors pair – mais pas sans risque – et l’évolution des techniques d’une pêche qui stimula
durant cinq siècles le cœur, le portefeuille et l’imagination des sociétés de Bretagne et de
Normandie.
Quatre séquences – dont la première est commune aux deux expositions – rythment le
parcours, baigné d’une lumière bleutée et de couleurs glacées qui rappellent l’horizon délavé
et les bancs de Terre-Neuve.
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Grattoir amérindien, 16e - 19e siècles
Collection particulière
Cet outil appartenait aux amérindiens
qui peuplaient Terre-Neuve avant
l’arrivée des premiers colons. Il
a été retrouvé à proximité des
lieux de pêche.
Taillé par un indien Béothuk dans
un morceau de silex en provenance
du Vieux Continent – utilisé par les pêcheurs comme pierre
de lest de leur navire – il témoigne des échanges qui ont eu
lieu entre les populations locales et les marins européens.
La production audiovisuelle de deux films d’animation, réalisés sur la base de gravures
encyclopédiques, donne vie à cette période de l’ histoire dont il reste peu de témoignages. Traces
archéologiques, documents des archives nationales et photos d’ époque à l’appui, l’exposition
embarque le visiteur dans le sillage des techniques de pêche et des modes de vie associés.
Collection particulière, photographie Dr Louis Thomas
Chronologique, l’exposition approche le temps long du 16e siècle à nos jours. Thématique,
elle aborde les grands sujets de la pêche. Historique, elle valide des faits. Sensible, elle fait
partager des récits de vie singuliers, témoins d’une aventure collective hors du commun.
Naviguant entre les registres d’armement, les
photos d’ équipage, les cartes marines et une
surprenante morue naturalisée, l’exposition
rappelle le contexte historique, géographique
de la pêche à la morue.
Provincial Archeology Office, Saint John’s
Des hommes, un poisson, une terre, la mer…
La première partie de l’exposition donne les clés de
compréhension générale de la pêche à la morue dans
les eaux de la Nouvelle France.
Photographie stéréoscopique du Docteur
Thomas, vers 1910,
Collection particulière
Des habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon
préparent les capelans, petits poissons utilisés
comme appâts pour les morues.
Situé au sud de Terre-Neuve, le petit archipel
servait de base arrière pour armer, ravitailler
les navires et décharger les cargaisons
pendant la campagne de pêche. Son rôle
stratégique se trouvera renforcé après 1904,
date de la perte des droits de pêche exclusifs
français sur l’île au profit des Anglais.
L’aventure de la pêche morutière
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Terre-Neuve / Terre-Neuvas
3. Les ouvriers de la mer
Des bourgeois, des voiliers, un voyage à préparer…
De l’armement à l’embarquement, la seconde partie
de l’exposition met en lumière les différentes facettes
de l’économie morutière.
La pêche à la morue était une activité commerciale
rentable mais coûteuse. Génératrice de revenus
conséquents, elle mobilisait aussi d’importants capitaux
de la bourgeoisie portuaire. Les campagnes de pêche
étaient préparées avec soin par les armateurs et les
négociants.
Couteau trancheur, 1960
Collection Musée de Bretagne
Présentant des maquettes de bateaux, des
tonneaux, des factures d’avitaillement et des
contrats de travail, l’exposition renseigne sur
la diversité des navires de pêche utilisés et
les conditions d’engagement des marins.
© Musée national de la Marine/P. Dantec
Terre-neuviers en pêche sur le
Grand Banc de Terre-Neuve
Edouard-Marie Adam, fin
19e siècle
Collection Musée national de
la Marine
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à partir de 1875 les pêcheurs
utilisent pour la pêche sur les
bancs de petites embarcations,
les doris. Une manière d'augmenter
les captures mais avec de nouveaux
risques pour les pêcheurs
embarqués : naufrage, disparition
dans les brumes.
Les pêcheurs partaient longtemps loin de chez eux.
Ils vivaient d'abord sur des voiliers exigus, puis des
chalutiers devenus usines avec les progrès de la
mécanisation. Sensibles à leur dur labeur, certains
en ont fait « des bagnards de la mer », contribuant
à la diffusion d’un mythe que l’exposition interroge.
Les cirés, les bottes, les vareuses, les couteaux
et les hameçons immergent le visiteur dans la
condition ouvrière des équipages, au cœur de
la dimension sociale de l’aventure humaine.
Utilisé à bord ou à terre depuis des décennies, ce type de
couteau servait à enlever l’arrête principale de la morue pour
séparer les filets avant d’être salé. L’outil illustre la spécificité
d’un métier riche d’un savoir-faire artisanal unique.
Au 16e siècle, traverser l’Atlantique était une entreprise périlleuse. Pêcher dans les eaux glacées et le
brouillard de Terre-Neuve fut toujours une activité à
risque. De nombreux navires se sont abîmés en mer
à cause d’une tempête ou d’un iceberg. à bord, les
accidents étaient monnaie courante et l’hygiène souvent manquante. Mais des navires-hôpitaux suivaient
les campagnes de pêche pour porter assistance sanitaire, logistique, et spirituelle aux équipages.
Cornes de brume, rapports d’accident
et témoignages audio à l’appui, l’exposition met
en lumière les risques du métier.
Corne de brume
Collection Musée
d'Histoire de SaintMalo
Cet objet d'un autre temps a
été utilisé à bord des voiliers,
par temps de brume lorsque
les doris étaient en pêche.
Cela permettait aux hommes,
éloignés du bateau porteur
dans leur frêle esquif de
revenir à bord.
L’aventure de la pêche morutière
Musée d'Histoire de Saint-Malo
2. Une économie en mouvement
Ceux que l’on appelle les Terre-neuvas étaient unis
par un destin commun, marqué par l’éloignement, un
rythme de travail soutenu et un savoir-faire original.
Musée de Bretagne, cliché A. Amet
Musée d'Histoire de Saint-Malo, Photographie A. Baillot
Des hommes courageux, une tâche pénible, un métier
à risque… La troisième séquence de l’exposition
s’attarde sur les conditions de vie et de travail des
pêcheurs embarqués vers Terre-Neuve.
17
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
À la rencontre des publics
4. La fin d’une époque
Ressources, quotas, moratoire… La quatrième et
dernière partie de l’exposition précise les conditions
de l’arrêt définitif de la grande pêche à la morue, à la
fin du 20e siècle.
Après l’explosion des armements à la pêche, les
prélèvements atteignent leur apogée dans les années
60. La morue disparaît peu à peu des eaux de TerreNeuve. En 1992, le gouvernement canadien obtient
un moratoire sur la pêche à la morue au large de
Terre-Neuve dans ses eaux territoriales pour enrayer
l’épuisement de la ressource halieutique.
Présentées dans plusieurs villes ayant connu en différents temps l’effervescence de la manne morutière, les
expositions offrent aux populations locales un nouveau regard sur cette histoire collective.
Les musées partenaires partagent également la volonté de rendre le plus accessible possible l’ensemble de
leurs expositions.
Une bataille s’engage pour sauver la grande pêche
morutière française et une activité de pêche à SaintPierre-et-Miquelon. Sans succès. C’est la fin des Terreneuvas. Les derniers embarquements français ont lieu
à Saint-Malo, en 1992.
Un parcours adapté et intégré
Il s’agit en premier lieu d’une dizaine de totems,
avec textes courts et dessins, répartis dans les
différentes séquences thématiques. Il prend la forme
d’un dialogue avec les protagonistes de l’aventure
morutière. Les paroles du mousse, du capitaine ou
du trancheur mettent ainsi en valeur les objets phares
présentés dans l’exposition et l’aspect humain du
« grand métier ».
À partir de témoignages et d’actualités filmées, l’exposition donne la parole aux derniers
acteurs de cette grande aventure humaine que fut la pêche à Terre-Neuve, en interrogeant les
conditions de reconversion économique des territoires concernés.
des dispositifs complémentaires
L’attente sur la rampe arrière
du Victor Pleven
Photographie Alain Guéllaff
© Alain Guéllaff
Cette image est tirée d’un
reportage réalisé par Alain
Guéllaff lors de la dernière
campagne du chalutier pêchearrière Victor Pleven II armé à
Saint-Malo.
Elle s’adresse aux scolaires tant elle fait écho aux
divers programmes d’histoire, de géographie, de
littérature, voire des sciences et vie de la terre.
Associés au parcours adapté, des dispositifs
complémentaires ont vocation à permettre une
plus grande interactivité avec le visiteur, voire une
approche plus sensorielle du sujet. Ces dispositifs
permettent par ailleurs d’améliorer l’accessibilité
dans le cadre de médiations spécifiques au handicap
visuel :
Actions culturelles autour de
l’exposition
Rencontres, conférences, ateliers famille, concerts,
spectacles et projections accompagnent l’exposition
pendant toute sa durée. En multipliant les formes,
le musée de Bretagne souhaite toucher tous les
publics. De l’approche historique, artistique, aux
témoignages de ceux qui ont vécu les dernières
années de la grande pêche, chacun trouvera dans
cette programmation culturelle la dimension qui lui
convient.
Musée de sociétés, le musée s’appuie sur le passé
pour éclairer le présent et envisager l’avenir. Les
rencontres reviennent sur l’épopée des Terreneuvas mais posent également les questions
contemporaines de l’économie de la pêche, des
ressources halieutiques et de la patrimonialisation
de cette histoire collective.
■ Une toise
À proximité d’une morue naturalisée issue des
collections du Muséum National d’Histoire Naturelle,
un panneau sous forme de toise permet au jeune
public, et au plus grand, de se mesurer physiquement
à la morue.
© Alain Guéllaff
■ Un coffre de Terre-neuva
Dans l’idée de proposer au visiteur une approche
sensible du métier au début du 19e siècle, un coffre
de Terre-neuva (copie) rempli d’une partie de son
contenu sera déposé au cœur des expositions. Il s’agit
d’y présenter en libre accès une partie des vêtements
portés par les pêcheurs, notamment ceux en toile
huilée.
18
Visites commentées tous les mercredis, samedis
et dimanches à 15h00.
L’aventure de la pêche morutière
19
EXPOSITION Saint-Brieuc
musée d'art et d'histoire
DU 19 Octobre 2013 au 19 avril 2014
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
© Gildas Flahault
Le temps de l'absence
21
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
LE PARCOURS DE L’EXPOSITION
1. Le pain était là-bas
De condition sociale modeste, les pêcheurs
embarquaient pour 5 à 8 mois dans les eaux atlantiques
septentrionales de Terre-Neuve et du golfe du SaintLaurent.
Là-bas, le poisson était abondant et la pêche
miraculeuse. Il nourrissait l’Europe entière. Il offrait
du travail et un salaire aux familles nombreuses, leur
épargnant la douleur de l’exode.
Terre-Neuve n’était pas une terre vierge. Les
marins cohabitèrent sur place avec les populations
amérindiennes, établies de longue date.
Selon qu’on la voulait « verte » ou « sèche », la « pesche
à la Molüe » se déroulait de diverses manières. Errante,
elle se pratiquait au large sur les hauts-fonds de TerreNeuve, à bord des doris, ces petites chaloupes à fond
plat. Sédentaire, elle s’exerçait le long des côtes, à la
journée. Le poisson était transformé, salé, séché et
conservé sur place de longues semaines avant son
expédition. Les marins mettaient pied à terre. Une vie
domestique s’organisait sur le rivage.
Qui étaient ces pêcheurs de morue ? Comment préparaient-ils leur campagne ? En leur
absence, comment s’organisait la vie à terre ? Quel rôle ont joué les femmes dans des villages
momentanément privés d’hommes ? Quelle image se faisait-on de leur labeur lointain dans la
culture populaire ?
Archives départementales des Cotes d’Armor - E 2783
Conseil général de la Manche, arch. Dép., 66 Fi 583, Photographie Lucien Rudaux
Des hommes, un poisson, une terre, la mer… La première
partie de l’exposition donne les clés de compréhension
générale de la grande pêche à la morue.
Livre de marque, 1554
Collection Archives départementales des Côtes d'Armor,
Saint-Brieuc
Ce registre est l’un des plus anciens rôles d’équipage conservés
à ce jour. Il consigne les noms et les données personnelles
des marins embarqués à bord d’un navire en partance pour
Terre-Neuve. Dans le cas présent, le livret indique qu’ils
étaient originaires des Côtes-d’Armor, du port de Dahouët
et de l’île de Bréhat.
Naviguant entre les registres d’armement, les photos d’ équipage, les cartes marines
et une surprenante morue naturalisée, l’exposition rappelle le contexte historique,
géographique de la pêche à la morue.
Des quais du grand Ouest aux eaux froides du grand Nord, Terre-Neuve / Terre-Neuvas,
Le temps de l’absence nous transporte dans les territoires régionaux qui ont vu l’apogée
de cette activité.
Le temps d’une campagne, l’exposition s’intéresse à cette période de l’absence, vécue à terre.
Elle sonde l’empreinte laissée par la grande pêche à la morue dans les structures sociales
et les représentations culturelles. à l’autre bout de la chaîne, elle interroge les habitudes
sociales restées à quai et le souvenir fantasmé d’une activité qui fit battre durant cinq siècles
le cœur de toute une population.
Plan géométral de l’île de Terre-Neuve, 1713
Collection Bibliothèque nationale de France, Paris
L’exposition remonte le fil du temps du 16e siècle à nos jours et aborde les grands sujets
de la pêche morutière. Elle fait partager des récits de vie singuliers, témoins d’une épopée
individuelle et collective hors du commun.
22
Bibliothèque nationale de France
Trois séquences – dont la première est commune aux deux expositions – rythment le parcours
qui s’enroule autour d’un quai stylisé, symbolisant le va-et-vient des campagnes de pêche
saisonnières. De nombreux tableaux mettent en perspective un sujet riche qui a largement
inspiré la peinture et la littérature.
Cette carte marine donne le nom des havres de mouillage
le long des côtes de Terre-Neuve. Elle précise aussi
l’emplacement des hauts-fonds de pêche.
Réalisée en date de la signature du traité d’Utrecht, elle
annonce le redéploiement de la pêche morutière française,
limitée au nord de Terre-Neuve, le French shore, après
confirmation des possessions anglaises sur le reste de l’île.
Le temps de l’absence
23
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Maquette de la goélette "Côte d'Emeraude",
Alexandre Fauq, début du 20e siècle
Collection Musée d'Histoire de Saint-Malo
Des hommes, des femmes, l’éloignement, la vie qui
continue… La seconde séquence de l’exposition donne
corps au grand vide laissé à terre par le départ des
hommes en haute mer. Ici se rejoignent les pêcheurs
de morue partant pour Islande comme à Terre-Neuve.
Rares sont les activités humaines qui conduisent
des milliers d’individus à partir loin de chez eux, de
longs mois. Les campagnes de pêche imposent aux
hommes 2 à 6 semaines de voyage dans des conditions
climatiques difficiles, puis 6 à 8 mois d’absence à
l’époque de la voile et des premiers chalutiers.
Le départ des Terre-neuvas est préparé avec soin. Une
campagne donne lieu à des rituels nombreux, des
fêtes et des cérémonies religieuses. Si l’aventure est
partagée, elle n’en est pas moins risquée.
Réalisé en bois et en plâtre par un marin saleur, ce modèle
réduit reproduit un trois mâts fameux de la pêche morutière
à Terre-Neuve, immatriculé à Saint-Malo, représenté, comme
au départ, sur mer et sous voiles.
Les marins au loin, les femmes prennent le relais.
En leur absence, nombreux sont les hommes à donner
procuration à leur épouse pour gérer les affaires
familiales.
Le travail de la morue sur la côte de Terre-Neuve
Musée maritime de Tatihou, Saint-Vaast La Hougue
Duhamel du Monceau dans son Traité général des Pesches fut le premier à nous donner à voir ces techniques de pêche, traitant
aussi bien des installations à terre que de la pêche en pleine mer.
Le Pardon des Islandais à Paimpol
Collection Musée d'art et d'histoire, Saint-Brieuc
à Paimpol, à Saint-Malo puis à Fécamp, à Bordeaux... le départ
des pêcheurs pour ces longues et périlleuses campagnes
donne lieu à des festivités et bénédictions permettant de
conjurer l'angoisse et les longues séparations.
Naviguant entre les coffres de marins, les
souvenirs de Grand Pardon et les témoignages
de ceux qui restent à quai, l’exposition met en
scène le moment clé du départ, prélude d’une
longue campagne.
Domaine public / CNAP / Photographie Ville de Nantes,
A. Guillard
Conseil général de la Manche - Musée de Tatihou, cliché A. Poirier
Jusqu’à la longue traversée retour, les nouvelles sont
rares. Le temps des retrouvailles est attendu avec
impatience. Avec crainte, aussi. Car l’activité de la
grande pêche est meurtrière. Les actions en grâce,
les ex-voto et les prières doivent protéger les marins
de l’infortune. Lorsque l’absence est trop longue ou
définitive, le souvenir et la dévotion adoucissent le
manque.
Musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc,
Photographie Emile Hamonic
La production audiovisuelle de deux films
d’animation, réalisés sur la base de gravures
encyclopédiques, donne vie à cette période de
l’ histoire dont il reste peu de témoignages.
Documents des archives nationales et photos
d’ époque à l’appui, l’exposition embarque le
visiteur dans le sillage des techniques de
pêche et des modes de vie associés.
Musée d'Histoire de Saint-Malo, cliché A. Amet
2. La grande absence
"À la mer", Albert-Guillaume Démarest, 1902
Collection Musée des Beaux-Arts de Rouen, dépôt du FNAC
Peinte par Albert-Guillaume Démarest sous forme de triptyque, cette huile sur toile illustre l’imaginaire populaire attaché à la grande
pêche, grande pourvoyeuse d’émotions et de drames. Une mère qui embrasse son fils sur le quai… Les prières sur le corps du marin
défunt, enveloppé dans son linceul, avant immersion… La mère en deuil qui pleure sur le coffre contenant les effets de son fils…
Dans le sillage de manchettes de journaux, de plaques commémoratives et de tableaux de
femmes au travail, l’exposition donne vie à l’absence, vécue avec respect, résignation et angoisse.
24
Le temps de l’absence
25
Terre-Neuve / Terre-Neuvas
Visuels disponibles pour la presse
1. Carte marine in Traité général
des pesches de Duhamel du Monceau 1769-1782 - CG 50 - Musée
Maritime de Tatihou - Cliché A.
Poirier
3. Des images et des récits
Romans, films, iconographies… La troisième partie de
l’exposition s’arrête sur les représentations populaires,
réelles et fantasmées, de la grande pêche, source
d’inspiration féconde pour les artistes.
Dépeints à tour de rôle comme « bagnard des
mers », héros de l’impossible ou travailleur ordinaire,
le personnage du Terre-neuva se confond avec les
nombreuses représentations qu’il a suscitées.
Au-delà d’une réalité humaine et économique, la force
du souvenir de la pêche morutière en Bretagne et en
Normandie doit beaucoup à la profusion d’images et
d’écrits qu’elle a nourrie.
Après Pierre Loti et tant d'écrivains, des visites de
bateaux-musées ont restitué dès le début du 20e siècle
l’épopée des Terre-neuvas, souvent accompagnées par
les marins eux-mêmes. Très tôt, des images filmées
ont été réalisées à bord des voiliers. Plus récemment,
des expositions et des téléfilms ont pris la relève pour
immortaliser le sujet.
Les peintures, les chansons, les couvertures
de roman et les affiches de spectacle donnent
à voir et à écouter la mémoire populaire
de la grande pêche à Terre-Neuve.
© Musée du Vieux Granville
Affiche de spectacle, 1900
Collection Musée du
Vieux Granville
Lors de l’Exposition
universelle, un terre-neuvier
amarré près du pont de
la Concorde présente
aux Parisiens un film sur
la pêche à la morue qui
valorise la vitalité de
l’activité économique
française à l’étranger.
De ses premiers jours
à ses dernières heures,
l’aventure humaine de la
grande pêche n’a jamais
cessé de captiver les
foules.
1
4. Équipage de l'Alfred en 1934 Collection particulière - Cliché A.
Amet
5. Déchargement de morues à
Saint-Malo - 20e siècle - Collection
particulière
3
"Pêcheur d'Islande" illustré
par E. Rudaux
Début du 20e siècle
Collection Bibliothèque
d’agglomération de
Rennes Métropole
Paru en 1886, le roman de
Pierre Loti raconte l’histoire
d’une passion amoureuse
tragique entre une jeune
fille de bonne famille et
un marin au long cours,
voué à périr en mer. Grand
succès de littérature,
maintes fois adapté à
l’écran, le livre a ancré
la grande pêche dans la
mythologie collective, en forgeant
durablement les représentations populaires.
3. À bord d'un chalutier en 1931
Photographie de Lucien Beaugé Collection particulière
2
6. Une saline à Miquelon: travail du
capelan - Photographie stéréoscopique du Dr Thomas, vers 1910
Collection particulière
5
4
7. Dépôt de tonneaux à Saint-Malo
Photographie de A. Baillot - Musée
d'histoire de Saint-Malo
8. Pardon des Islandais à Paimpol
vers 1900 - Photographie d'Emile
Hamonic - Musée d'art et d'histoire,
Saint-Brieuc
6
9. Départ pour Terre-Neuve, sortie
du port de Granville, photographie
de Lucien Rudaux, 1901 - 1910 CG 50 - Archives Départementales
66 Fi 583
7
10. Ex-voto "Brigantin en difficulté"
Aquarelle de Mte Le Roux, 1839 Musée de Bretagne - Cliché
A. Amet
Cliché A. Amet
Par la magie du roman et de l’amour, l’auteur de
Pêcheur d’Islande, Pierre Loti, a durablement enraciné
le thème dans l’imagerie populaire. Mythe fondateur
de la grande pêche, son œuvre inspira-t-elle celle
du chanteur Théodore Botrel, auteur de la fameuse
Paimpolaise ?
2. Traité général des pesches de
Duhamel du Monceau 1769-1782
Conseil Général de la Manche Musée Maritime de Tatihou - Cliché
A. Poirier
11. Affiche du spectacle "TerreNeuve sur la Seine" par Eugène
Le Mouël. Imprimerie Pierreport,
Paris. Vers 1900 - Musée du Vieux
Granville
8
9
D’une bibliothèque aux écrans de télévision
en passant par les bateaux morutiers
reconvertis, l’exposition renoue le fil
d’une histoire toujours vivace, sublimée
par le souvenir.
12. Corne de brume de grand
modèle - Musée d'histoire de
Saint-Malo
10
13. Couteau trancheur, vers 1960
Musée de Bretagne - Cliché A.
Amet
14
14. Faux (leurre en forme de
poisson), fin 19e siècle - Musée de
Bretagne - Cliché P. Tressos
13
11
15
12
15. Compas de doris et catalogues
de matériel nautique - Musée d'Histoire de Saint-Malo - Cliché A. Amet
16. Coffre de rangement de Terreneuva - Musée d'Histoire de SaintMalo - Cliché A. Amet
16
17
18
17. Grattoir amérindien 16e-19e
siècles - Provincial Archeology
Office, Saint John's, Terre-Neuve
18. Maquette du trois-mâts
goélette “Côte d’Emeraude” par
Alexandre Fauq, 20e siècle - Musée
d'histoire de Saint-Malo
Cliché A. Amet
19
26
20
19. et 20. Perspective de l'exposition à Rennes - Scénographie : In
Site - La Belle Entreprise
Deux expositions autour d’un fabuleux poisson
27
Granville
Saint Malo
Saint-Brieuc
Rennes
INFOS PRATIQUES et contacts presse
Musée de Bretagne, Rennes
Musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc
Horaires d’ouverture
Horaires d’ouverture
Du mardi au vendredi de 12h à 19h
et nocturne le mardi jusqu’à 21h
Samedi et dimanche de 14h à 19h
du mardi au samedi, de 10h à 18h
(fermeture des galeries permanentes de 12h à 13h30)
dimanches et jours fériés, de 14h à 18h
Fermeture les lundis et jours fériés
Réservations obligatoires pour les groupes
Lieu
Lieu
Les Champs Libres
10, cours des Alliés
35 000 Rennes
Cour Francis Renaud
Rue des Lycéens-Martyrs
22 000 Saint-Brieuc
Information du public
Information du public
Tél. 02 23 40 66 00
[email protected]
www.leschampslibres.fr
Tél. 02 96 62 55 20
[email protected]
www.mairie-saint-brieuc.fr
Itinérance à Saint-Malo et Granville en 2014.
CONTACTS PRESSE :
Presse nationale : Agence Heymann Renoult Associées – Sarah Heymann et Adeline SUZANNE
[email protected] / 01 44 61 76 76
Presse locale : Les Champs Libres – Marion VIOLLE
[email protected] / 02 23 40 66 27 / 06 84 59 76 31