6.4. Des nouvelles normes en matière d`emballage de
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6.4. Des nouvelles normes en matière d`emballage de
6.4. Des nouvelles normes en matière d’emballage de transport par Alfons Calders L'Arrêté Royal 2007-1873 art. 45 bis (MB du 27/04/2007] est entré en vigueur le 10 septembre dernier. Cet arrêté définit les conditions auxquelles l'emballage d'un chargement doit satisfaire s'il est transporté avec un véhicule de classe C. Cet arrêté royal concerne 200.000 chauffeurs et 10gisticiens en Belgique. Il est une résultante du constat des nombreuses pertes de chargement sur la voie publique - plus de 10.000 chaque année - sans compter les chargements endommagés (non signalés] suite aux arrêts brusques des camions sur la route. Cet AR est difficile à transposer dans la réalité. Et comment procéder aux tests? Pour résoudre cette problématique, un banc d'essai a été développé et construit à la KaHo Sint-Lieven [Campus Rabot) de Gand par le VCAT (Vlaams Centrum voor AandrijfTechnieken], conjointement avec le département Electromécanique de la KAHO et en collaboration avec Vansichen Lineairtechniek et Siemens. Ce banc d'essai peut tester des emballages pouvant atteindre un poids de deux tonnes et déterminer s'ils satisfont à l'AR2007. Industrie Technique et Management a eu un entretien à propos de la problématique des emballages de transport et du banc d'essai et de son système d'entraînement avec ir. Marc Juwet, chef de service au VCAT, ir. Koert Bruggeman, coordinateur technique transmission au sein du département d'électromécanique de la KaHo Sint-Lieven, ainsi qu'avec ing. Stein Monserez, sales engineer motion control for production machines de Siemens. LA PROBLEMATIQUE Dans l'AR 2007-1873, il est stipulé à l'article 45bis4 que le système de sécurisation du chargement [l'emballage de transport primaire en constitue un élément] doit résister à une décélération de 0,8 g en avant [la puissance de freinage d'un camion qui effectue un arrêt brusque] et de 0,5g de côté et en arrière (g étant l'accélération due à la gravité). L'AR mentionne par ailleurs que tant le transporteur que l'expéditeur (le donneur d'ordre qui gère l'emballage de transport et donc sa solidité] sont responsables. Il y est aussi dit que le transporteur peut se renseigner auprès du donneur d'ordre quant au mode de fixation utilisé. Cette loi reste néanmoins assez IHK-Infos 11/12-2009 vague et le risque de discussions juridiques en cas de problème ou de verbalisation est assez grand. Il existe bien des directives européennes mais celles-ci ne sont applicables que pour des marchandises qui peuvent être amarrées sans problème (des câbles tendeurs sont passés au-dessus du chargement puis fixés aux points d'ancrage du camion], comme des coils ou une machine emballée dans une caisse. Ces directives sont inutiles pour les marchandises qui peuvent être facilement bosselées et endommagées. Avec de tels chargements, les sangles d'arrimage se détendent souvent d'elles-mêmes après avoir été convenablement tendues. Dès la parution de l'AR, des demandes de Federauto, de la Febetra et de la police sont parvenues au VCAT pour obtenir davantage de fondement technique: qu'est-ce qu'un emballage de transport conforme à l'AR? Comment le mesurer? Comment établir des règles pour arriver à la certification de 'bonnes' méthodes d'emballage? Car même lors d'un contrôle XL pour semiremorques, il subsiste le problème que cette certification n'est valable que pour des chargements qui ne créent pas d'énergie cinétique lors de freinages ou d'écarts brusques du camion. Pour cela, outre le fait que les palettes doivent être correctement placées, chaque palette doit aussi être suffisamment solide. Suite à ce cadre juridique vide, le VCAT a présenté son projet Tetra dont l'objectif est de définir des emballages satisfaisants qui soient aussi économiques que possible, et de réaliser, à terme, un programme de simulation sur base de l'expérience acquise. L'élaboration de ce programme de simulation n'a cependant pas encore commencé. Il faut dire que la mission n'est 19 pas simple: comment voulez-vous simuler le comportement d'une boîte en carton subissant l'effet des sangles d'arrimage dans diverses conditions de freinage? A-t-on à faire à un frottement statique ou dynamique dans ce genre d'application? Et comment réagissent les différentes structures de couches les unes par rapport aux autres, telles que des feuilles antidérapantes ? Le projet Tetra a été lancé avec le développement d'un banc d'essai destiné à contrôler dans la pratique les solutions élaborées. Cette installation est aujourd'hui opérationnelle et reçoit de nombreuses demandes d'essai de l'industrie pour des emballages en service à l'heure actuelle. UN BANC D'ESSAI À ENTRAÎNEMENT DIRECT Lorsque le projet Tetra a démarré, VCAT a recherché un banc d'essai pour emballages. Il existe deux ou trois fournisseurs de tables vibrantes pour le test d'emballages selon la norme ASTN. Les décélérations suffisamment longues de 0,5g et 0,8g souhaitées ne peuvent cependant pas être obtenues sur ces installations car il faut disposer d'un mouvement horizontal. On peut s'imaginer un équipement dans lequel l'emballage subit d'abord une accélération lente puis une décélération comme stipulée dans la loi, pendant une période suffisamment longue. La détermination de 'cette période suffisamment longue' ne figure pas dans la loi mais il faut la déterminer pour que chaque élément de la charge puisse recevoir cette décélération. Il faut donc examiner les réactions de la charge: lorsqu'une palette subit une décélération par exemple, la face supérieure ne va 'sentir' cette décélération qu'après 0,3 secondes. L"incertitude' se situe dans ce concept de 'banc d'essai de décélération' [d'abord une accélération lente jusqu'à ce que le chargement ait une vitesse suffisamment élevée, puis une décélération rapide selon les règles en vigueur jusqu'à l'arrêt) : quelle est la 'vitesse initiale nécessaire avant le début du freinage ?' Du fait des réserves à prévoir obligatoirement, on obtient un long état d'essai. C'est pourquoi une autre approche a été choisie. Une accélération ou décélération d'une ampleur égale exerce les mêmes forces sur l'emballage. On a donc développé IHK-Infos 11/12-2009 un banc d'essai doté d'une accélération réglable - dès le démarrage - de 0,5g ou 0,8g. VCAT souhaitait aller jusqu'à 1 g car le législateur britannique impose ce niveau. Après une période donnée [où l'on a l'assurance que l'emballage complet a subi cette accélération], on peut ralentir à raison de 4 m/s2 par exemple. On commence donc par une accélération rapide puis une décélération sans risque. Cela demande moins de réserves de distance et il en résulte donc une longueur maitrisable de 1 Dm. UN MOTEUR TORQUE A ENTRAINEMENT DIRECT La structure de base du banc d'essai se compose de deux guides linéaires horizontaux sur lesquels se déplace une plateforme. L:emballage de transport est fixé sur cette plate-forme, de la même manière qu'il le serait dans un camion. Cette plateforme est entraînée via une crémaillère fixée à côté d'un des guides, dans laquelle s'imbrique une roue à denture hélico'fdale. Via un accouplement rigide, cette roue dentée est directement couplée à un moteur torque de 80 kW monté sur le plan de transport. On aurait pu résoudre le problème d'entraînement [déplacer 2 tonnes avec 1 g nécessite 20 kN minimum) avec un moteur linéaire mais cela aurait nécessité deux moteurs linéaires fonctionnant ensemble et une intégration complexe dans le bâti. Dans cette application, la solution basée sur un moteur torque était meilleure marché et beaucoup plus simple. Mais pourquoi utiliser un moteur torque dans cette application alors que ce type de moteur est plutôt utilisé dans les machines de production, dans des applications à régulation de vitesse pour lesquelles on recherche une construction compacte, une rigidité de régulation élevée, un couple de démarrage élevé et leurs avantages de construction. On les retrouve dans les extrudeuses, les machines d'impression, les laminoirs pour papier, pour l'acier, ... Autant d'applications peu dynamiques. Dans le cas présent, on ne fait pas tant appel aux caractéristiques nominales mais à la capacité à fonctionner dans une application hautement dynamique. On utilise sa puissance de crête et le couple élevé d'un servomoteur au démarrage. N'oubliez pas: la plate-forme peut être chargée jusqu'à 2 tonnes. On ne trouvera 20 probablement pas d'autre exemple en Belgique où un tel concept est employé, bien que cette application indique qu'il existe d'autres domaines d'application où un moteur torque peut procurer un avantage concurrentiel (pensez à une scie volante pour matières plastiques, l'acier, l'aluminium, le bois ... principalement pour les têtes de scie à masse élevée). Grâce à la combinaison d'un Direct Drive et d'une transmission classique (guidage linéaire, crémaillère et roue dentée], le banc d'essai se voit doter d'une très grande précision [sans aucun réducteur]. La plateforme mobile est très compacte [la longueur du moteur torque est plus courte que celle d'une combinaison standard moteur CA - IHK-Infos 11/12-2009 réducteur). Comme l'ensemble subit peu d'usure mécanique, la construction est d'un entretien aisé. Sur le plan de la technique de régulation, ce fut un vrai défi que de concevoir un entraînement stable (la masse du moteur est faible par rapport à la charge) mais les techniciens de Siemens ont veillé au bon réglage des drives qui permettent de régler l'accélération (et, lors du freinage, l'énergie est renvoyée sur le réseau] .• www.industrie.be INDUSTRIE TECHNIQUE & MANAGEMENT SEPTEMBRE 2009 21