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ARTICLE ORIGINAL COMPLICATIONS DE LA CHIRURGIE DU RACHIS P. ANTONIETTI 1, C. MAZEL 2, L. BALABAUD a chirurgie du rachis demeure, pour le médecin traitant comme pour le patient, une chirurgie aux résultats incertains, et potentiellement grevée de lourdes complications. Une telle réputation semble injuste à ceux qui pratiquent cet art de façon quotidienne : la plupart du temps, sans que les résultats soient parfaits, ils nous semblent largement satisfaisants, tant pour l’opérateur que pour l’opéré. Il est probable que la gravité des complications potentielles de cette chirurgie, pouvant mettre en jeu le pronostic vital, marque davantage les esprits que la réalité de leur survenue. La revue de la littérature montre que les complications et évènements indésirables sont globalement toujours les mêmes. Cette notion est confirmée par la lecture de rapports d’assurances (28), qui montrent que, toutes spécialités confondues, “les accidents survenant au bloc sont parfaitement identifiés pour la plupart”. L’analyse plus précise montre également qu’une grande partie d’entre eux est évitable par des mesures simples et de coût quasi nul : erreur d’étage, erreur de côté, complications liées à l’installation par exemple. Rien de nouveau, donc, sous le scialytique… Il est de notre devoir de faire en sorte que la fréquence de ces complications diminue. Des démarches de recensement, d’analyse et de recommandations sont d’ailleurs menées par diverses émanations des sociétés savantes, dont la SFCR. De plus, la déontologie et la jurisprudence imposent au chirurgien un devoir d’information du candidat à l’opération. Pour répondre à cette exigence, il faut connaître de façon aussi précise et exhaustive que possible les complications en question. A travers une revue (non exhaustive) de la littérature, nous avons essayé d’estimer la fréquence des complications principales de la chirurgie du rachis, qu’elles soient pré-, per- ou post-opératoires. L 1- Centre du Rachis - 27 Bd Victor Hugo 92200 Neuilly sur Seine 2- Chef du Service de Chirurgie Orthopédique, Institut Mutualiste Montsouris, 42 Bd Jourdan, 75014 Paris 3- Service de Chirurgie Orthopédique, Institut Mutualiste Montsouris, 42 Bd Jourdan, 75014 Paris Le Rachis - Tome 4 - N° 1 Février-Mars 2008 Il est important de noter que dans certains cas, la survenue de complications est corrélée à des facteurs liés au patient, qui doivent être pris en considération pour évaluer le rapport bénéfice/risque et proposer ou non une intervention chirurgicale. Enfin, tout événement indésirable ou complication n’implique pas un mauvais résultat fonctionnel final ni une réintervention. Certains n’ont finalement aucune conséquence, le résultat fonctionnel étant bon, parfois de façon inespérée et incompréhensible… Mais ces issues chanceuses sont rarement répertoriées. COMPLICATIONS DE LA CHIRURGIE RACHIDIENNE : ÉTAT DES LIEUX Fréquence globale La série de RAMPERSAUD (27) recense, chez 700 opérés consécutifs du rachis (à l’exclusion de 300 hernies discales réalisées en ambulatoire) 98 événements indésirables et complications, soit 14% (98/700), parmi lesquels seulement 1/4 de complications (3,5 % des opérés). Les incidents les plus fréquents sont les brèches durales (58 cas), les séquelles douloureuses post-opératoires (23 cas), les problèmes liés à l’ostéosynthèse (12 cas), les saignements excessifs (10 cas). Les 3/4 des incidents indésirables n’ont eu aucune conséquence. LA FRÉQUENCE ET LA NATURE DES COMPLICATIONS DÉPENDENT POUR PARTIE DU TYPE D’INTERVENTION RÉALISÉE Arthrodèses lombaires et lombosacrées Une étude prospective multicentrique de 872 patients publiée en 2004 (10) retrouve 23% complications, 14% des patients ont été réopérés. Voici la répartition de ces complications : 9,7% sont des complications générales, 8,6% neurologiques, 5,6% infectieuses, 3,6% méningées. Dans ce travail, le taux de complications est statistiquement corrélé aux éléments suivants à la surcharge pondérale, aux co-morbidi- 3 tés et à l’étendue de la zone d’arthrodèse. Arthrodèses lombaires avec cages OKUDA (22) rapporte une série de 251 patients opérés par voie postérieure pour arthrodèse lombaire avec cages et suivis au moins 2 ans. Il est survenu 73 complications, soit 29,1%. Les complications ont donc été plus nombreuses, ce qui recouvre la notion connue que plus le geste est complexe, plus il est grevé de complications ; en l’occurrence : 26 complications per-opératoires, n’ayant pas affecté le résultat final : 19 brèche durales, 7 malpositions de vis ; 19 complications précoces : 17 complications neurologiques, dont 9 déficits moteurs sévères et 8 déficits moteurs modérés qui ont récupéré spontanément en moins de 6 semaines ; 1 infarctus cérébral ; 1 infection ; Il est survenu 17 complications “tardives” : 3 ruptures de matériel, 3 pseudarthroses, 11 dégradations du niveau adjacent à l’arthrodèse. Scolioses Le GES a réalisé une étude prospective multicentrique de 3311 patients, chez lesquels ont été étudiées les complications du traitement chirurgical (11). Tous type de scolioses, angulations et techniques confondus, 704 patients (21,3%) ont eu 850 complications : mécaniques : 11,5% ; générales : 5,7 % ; infectieuses : 4,7 % ; neurologiques : 1,8%. Les facteurs corrélés à la survenue de complications sont l’âge, le score ASA, l’étendue de la fusion, la réalisation d’une ostéotomie, l’extension au sacrum, enfin, l’angle initial de la déformation. Ces études montrent ce que chacun d’entre nous sait au moins de façon intuitive : à pathologies comparables, le taux de complications augmente avec la complexité du geste opératoire. Le travail de VILLAVICENCIO (32) le confirme également : dans une étude rétrospective de 167 patients consécutifs, il compare la morbidité de deux types d’arthrodèses à 360° dans le traitement des dégradations discales lombaires avec instabilité : 124 TLIF d’une part 5 (73 par technique percutanée, 51 par technique conventionnelle, reconstruction par double abord ; 43 doubles abords d’autre part. Tous les patients ont été opérés pour discopathie, arthrose articulaire postérieure, instabilité et sténose. Le temps opératoire moyen était de 455 minutes pour les doubles abords, contre 255 minutes pour les TLIF mini invasifs et 222 minutes pour les TLIF conventionnels. Les taux de complications des doubles abords ont atteint le taux de 76,6%, (62,8% de complications jugées graves et 13,9% de complications mineures) ; pour le TLIF percutané, les taux ont été de 30,1% (21,9% graves et 8,2% mineures) ; pour le TLIF conventionnel (“open”), 35,5% de complications mineures, aucune complication grave. Les pertes sanguines respectives ont été de 550, 231 et 424 ml ; les durées d’hospitalisation de 7,2, 3,1 et 4,1 jours. Quant aux phlébites, elles sont considérées comme rares ; les opérés sont levés de plus en plus rapidement, parfois le jour même de leur intervention. Le taux moyen de phlébites symptomatiques est de 0,5% à 2,5%, mais on relève dans certaines séries des taux de 15% de phlébites asymptomatiques. Dans la série de PLATZER (26), concernant 978 patients opérés pour traumatisme rachidien, le taux de phlébites symptomatique était de 2,2%, parmi lesquels 4 ont présenté une embolie pulmonaire ; par ailleurs, 5 patients ont présenté une embolie pulmonaire révélatrice de la thrombose. 6 patients (0,6%) sont décédés des conséquences de thromboses. Les facteurs de risque identifiés sont les suivants : troubles neurologiques, abord antérieur lombaire, obésité, tabac. MAIS LE RISQUE N’EST PAS SEULEMENT LIÉ A L’INTERVENTION ELLE-MÊME : CHAQUE PATIENT PRÉSENTE UN RISQUE PROPRE, INHÉRENT A SON ÉTAT Facteurs de risque liés au patient La lourdeur du geste technique n’est pas le seul élément déterminant du taux de complications péri-opératoires. Un certain nombre de circonstances ou pathologies aggravent le risque de complications. Parmi ces facteurs, insistons sur l’obésité, dont l’incidence augmente dans la population. PATEL (24) a étudié la responsabilité de l’obésité dans la survenue de complications péri-opératoires dans une série rétrospective de 332 patients opérés pour arthrodèse thoracique ou lombaire, par voie postérieure, antérieure ou combinée. 84 patients (86 opérations) opérés en dehors de l’urgence ont été inclus dans l’étude. 60 patients (71,4%) présentaient une surcharge pondérale ou obésité (Index de masse corporelle IMC > 25). Le taux d’évènements indésirables et de complications a été corrélé directement à la surcharge pondérale : il est survenu 42 incidents et complications graves chez 31 patients, soit 36,9%, parmi lesquels 19 complications graves chez 17 patients. Le risque de complications graves est de 14% avec un IMC de 25 ; 20% avec un IMC de 30 ; 36% avec un IMC > 40. Les complications sont les suivantes : 3 infections de la cicatrice, 8 fuites de LCR, une ayant nécessité une réintervention, 2 phlébites profondes, 4 complications cardiaques, 1 pseudarthrose symptomatique, 3 pneumonies, 2 intubations prolongées, 8 complications urinaires, 2 paralysies périphériques liées à l’installation, 2 neuropathies chroniques. La connaissance de cette relation doit être connue afin de bien évaluer le rapport bénéfice/risque de l’intervention et en informer le patient. Infections Le risque lié au terrain est particulièrement bien étudié pour ce qui concerne les complications infectieuses, qu’il s’agisse d’infection du site opératoire ou d’une infection plus généralement dite nosocomiale. La fréquence des infections du site opératoire en chirurgie du rachis est très diversement appréciée dans la littérature : de 0,5 à plus de 10%. La moyenne est probablement aux alentours de 2%. La fréquence varie naturellement selon le type de chirurgie et le terrain. Dans sa série, OKUDA (22) rapporte 1 infection sur 251 patients opérés pour implantation de cages intersomatique par voie postérieure. FANG (9), dans une étude rétrospective de 1629 interventions rachidiennes réalisées chez 1095 patients, retrouve 48 infections, soit un taux de 4,4%. La plupart des infections sont survenues mois de trois mois après l’intervention. Les facteurs de risque retrouvés sont l’âge de pus de 60 ans, le tabagisme, le diabète, les antécédents infectieux locaux, l’obésité, l’alcoolisme. Les interventions comportant un abord antérieur et un abord postérieur en deux temps opératoires sont reconnues comme grevées du plus fort taux d’infection. La plupart des infections n’étaient due qu’à un seul germe, le plus souvent Staphylococus aureus. Tous les patients ont été traités chirurgicalement et par antibiotiques. Les auteurs suggèrent de modifier l’antibioprophylaxie selon l’existence de facteurs de risque. Le risque infectieux peut être évalué par l’indice NNIS (National Nosocomial Infection Surveillance), basé sur le score anesthésique ASA, le score d’Altmeier, qui définit la “propreté” de l’acte chirurgical, et le temps opératoire. Le risque infectieux est directement corrélé au score NNIS. Voici à titre d’exemple le taux d’infections du site opératoire en fonction du score NNIS relevés par réseau national de surveillance des infections du site opératoire en 2002, toutes spécialités chirurgicales confondues : ARTICLE ORIGINAL Score NNIS Taux d’ISO pour 100 interventions 0 1 2 3 0,8 2,0 5,4 10,6 [0,6 - 0,8] [1,9 - 2,2] [4,9 - 6,0] [8,2 - 13,5] Si des facteurs de risque infectieux sont clairement identifiés, certains sont plus insidieux, notamment le comportement de l’équipe chirurgicale peut également augmenter le risque d’infection du site opératoire : nombre de personnes dans la salle d’opération, allées et venues des non-opérateurs, nombre de paroles prononcées pendant l’intervention. Est-il facile d’y remédier ? Sans doute par un peu plus de discipline… COMPLICATIONS PRÉ-OPÉRATOIRES Une fois identifiés les risques liés au type de chirurgie et au patient lui-même, il faut se rappeler que les complications peuvent survenir avant même la prise en main du bistouri... Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner les constatations rapportées dans le Rapport MACSF 19932002 (28), toutes spécialités chirurgicales confondues, ayant justifié une déclaration auprès de la compagnie d’assurances : • Erreur de personne : 2 cas, possibles dans toutes spécialités ; • Erreur d'intervention : 9 cas, possibles dans toutes spécialités ; • Erreur d’étage : 4 (chirurgie du rachis) ; • Erreur de côté : 1 (hernie discale). Il s’agit là de fautes, qu’il paraît relativement facile de prévenir. COMPLICATIONS LIÉES A L’INSTALLATION Une fois le patient correctement identifié, l’intervention appropriée confirmée, mais le bistouri toujours sur la table, l’étape suivante, celle de l’installation peut elle aussi être grevée de complications. Elles sont loin d’être exceptionnelles et peuvent, dans la plupart des cas, être prévenues par la rigueur technique, vérifiée tout au long de l’intervention par le médecin anesthésiste. Le rapport MACSF 1993-2002 recense, parmi 497 déclarations d’accidents en secteur opératoire (toutes spécialités confondues), 119 accidents liés à l’installation, soit 24% : • 108 complications neurologiques périphériques = 90% (toutes spécialités confondues) : compressions aux points d’appui : cubital, SPE, médian ; étirements plexiques par rotation de la tête et/ou abduction épaule controlatérale. • 7 cécités unilatérales, soit presque 1 par an, toutes survenues en chirurgie du rachis, alors que la prévention est simple et connue de tous (7). • Certaines complications médulLe Rachis - Tome 4 - N° 1 Février-Mars 2008 laires ont été constatées dans le cadre de la chirurgie de la myélopathie cervicarthrosique en l’absence de tout geste chirurgical traumatisant. Une étiologie vasculaire a pu être évoquée, mais certains événements pré-opératoires sont sans doute aggravants : manipulations pour l’intubation et l’installation ; hyperextension cervicale sur table ; des précautions de prévention méritent d’être prises : intubation sous fibroscope et par un anesthésiste senior ; minerve lors des manipulations et du retournement ; préparation de la table d’instruments en même temps que l’induction afin de limiter autant que possible l’attente en position opératoire. Rappelons que la jurisprudence française (29) considère que le chirurgien, “en tant que chef de l’équipe médicale, est responsable contractuellement à l’égard de sa patiente de l’ensemble des opérations de soins jusqu’au terme de celle-ci. A ce titre, il répond des fautes commises par les médecins et personnels auxquels il a recours et qu’il s’est substitués, en dehors du consentement de sa patiente, pour une partie inséparable de son obligation”. Cette décision a été rendue dans les suites de la survenue d’une luxation C1-C2 dans les suites d’une germectomie des dents de sagesse, possiblement en relation avec l’intubation ou la mise de la patiente dans son lit, alors qu’elle était encore sous anesthésie. Une fois l’intervention entreprise, les risques menacent toujours… COMPLICATONS LIÉES AU GESTE CHIRURGICAL LES COMPLICATIONS NEUROLOGIQUES sont certainement les plus craintes des patients en chirurgie du rachis. Leur fréquence varie considérablement selon les séries. Ces variations sont dues au fait que les études multicentriques sont inévitablement hétérogènes, les patients étant opérés de pathologies et dans des conditions très diverses : urgence ou intervention programmée, chirurgien en formation ou senior… Nous reprendrons les chiffres de complications neurologiques publiés par l’équipe de la Pitié en 1994 (2) à propos de 2855 interventions réalisées en 9 ans. Il est survenu 170 (5,95%) complications neurologiques immédiates. 79 (2,76%) ont été définitives. Le mécanisme est le plus souvent dû au geste opératoire (60 %), puis aux causes vasculaires. Les complications neurologiques sont généralement l’aggravation d’une atteinte neurologique préexistante. Il est rapporté : • 5,95% de complications neurologiques immédiates ; - 3% de complications radiculaires (2/3 des complications neurologiques) • 0,6% de gravité majeure • 1,5% de gravité moyenne • 0,9% de gravité mineure - 1,8% de complications médullaires (1/3 des complications neurologiques) • 1,3% de gravité majeure (para, tétraplégie) • 0,5% de gravité moyenne. La thèse de P. THOREUX, réalisée dans le service de chirurgie orthopédique de la Pitié (Sce R. ROYCAMILLE) précise, chez 1500 patients, l’évolution de ces complications neurologiques. • La récupération sans séquelle est survenue dans 2/3 des complications radiculaires et 1/3 des complications médullaires ; • Les séquelles ont été définitives chez moins de 2% des opérés ; • Des séquelles définitives graves ont été observées chez moins de 1% des opérés Toutes les pathologies n’ont pas la même probabilité de complication neurologique. Les plus pourvoyeuses sont les hernies discales dorsales (calcifiées) avec 20% (hors traitement endoscopique), suivies des corrections de traumatismes anciens avec 15%, les tumeurs malignes primitives 12%, le canal lombaire étroit 9%, les spondylolisthésis lombaires 7%, les traumatismes récents 5%, les tumeurs bénignes primitives et malignes métastatiques 5% pour chaque, les hernies discales lombaires 2,7%, les hernies discales cervicales 2,5%. L’étude multicentrique du GES déjà citée (11) ne retrouve que 1,8% de complications neurologiques, preuve que l’expérience diminue le taux de complications. Dans la survenue de ces complications neurologiques, les malpositions du matériel implanté (crochets, vis pédiculaires, cages) sont parfois incriminées. MERLOZ (20), dans une revue de la littérature, retrouve entre 15 et 40% de malposition de vis pédiculaires mises en place par technique “conventionnelle”. Par navigation à base de TDM, ce taux baisse à 6,2%, taux bien meilleur que celui obtenu par navigation à base fluoroscopique : 17% en moyenne et jusqu’à 28% dans le traitement de scolioses. Au niveau cervical, DEEN (6) rapporte une série de 888 vis implantées par voie postérieure chez 100 patients : 2 malpositions ont conduit à une réintervention précoce. OKUDA (22) ne retrouve que 7 cas de malpositions de vis chez 251 patients, aucune n’ayant eu de conséquence néfaste pour le patient ni conduit à une réintervention. Cependant, dans 80% des cas, la malposition de vis n’entraîne aucune conséquence ; il n’y a ni douleur, ni conséquence mécanique. Il est vrai que les critères de malposition retenus dans ces études sont généralement très stricts. Par contre, 20% de ces malpositions ont des conséquences : radiculalgie, mauvaise tenue du montage, rupture pédiculaire. L’utilisation de crochets ou de cages intersomatiques peut égale- 6 ment entraîner des complications neurologiques. Quant aux complications médullaires, elles peuvent être immédiates ou retardées. La série MICHEL (21) colligeant 667 dossiers de déformations instrumentées, retrouvait 7 cas de complications médullaires retardées ; dans tous les cas, le réveil per-opératoire était normal. Le délai de survenu était de 5 à 36 heures, à l’exception d’un cas survenu au 25ème jour post-opératoire, alors que l’examen post-opératoire était strictement normal. Se pose alors la question de la réintervention. LÉSIONS VASCULAIRES Les lésions des gros vaisseaux prérachidiens dans le cadre de la chirurgie du rachis thoraco-lombosacré, peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Le premier cas de lésion vasculaire a été rapporté en 1945, 11 ans après la première opération pour hernie discale lombaire. La fréquence de ces complications est évaluée à 0,03% environ, mais elle est certainement sous-estimée, tous les cas n’étant vraisemblablement pas publiés… La mise en place de vis pédiculaires peut également entraîner ce type de complications, surtout lorsque l’on passe la corticale antérieure pour obtenir une meilleure tenue notamment au niveau du sacrum, quoique les publications ne soient pas légion sur le sujet. Dans le cadre des discectomies lombaires, la brutalité de l’opérateur n’est pas forcément en cause : les discographies per-opératoires montrent qu’il existe 12% de fuites antérieures chez les patients opérés pour hernie discale lombaire (30) ; ces brèches annulaires antérieures, préexistantes à l’intervention, expliquent que l’instrument puisse sortir du disque à l’insu de l’opérateur ; par ailleurs, ces complications vasculaires se produisent plus fréquemment lors de la chirurgie de réintervention ; les chiffres sont de l’ordre de 8,7 à 33% (33) ; Il faut penser en permanence à ce type de complication, même dans la chirurgie discale la plus courante ; cela rend certainement prudent dans la réalisation technique. Il faut également garder à l’esprit que “seul le chirurgien entre les mains de qui ce malheureux accident s'est produit, peut comprendre la facilité avec laquelle il peut survenir” (HOLSCHER, in 33) D’AUTRES COMPLICATIONS peuvent survenir selon la topographie chirurgicale. Au niveau du rachis cervical, par exemple, la fréquence des lésions œsophagiennes est estimée entre (0,25% à 0,43%). Les troubles transitoires de la déglutition sont, eux, très fréquents après chirurgie antérieure du rachis cervical 6 à 10%, 5,6% pour SPANU (31). Quant aux lésions des nerfs du cou, elles surviennent dans environ 5% des cas, lors de la chirurgie par voie antérieure : lésion du nerf récurrent évaluée en moyenne à 1,5%, jusqu’à 7,9% (31) ; elles se traduisent par une classique voix bitonale, alors qu’un enrouement transitoire est banal, chez 5 à 10% des opérés (5,2 % SPANU) ; syndrome de Claude Bernard-Horner (1 à 2%), souvent transitoire ; lésions du nerf facial sont rapportées dans 0,5% des cas ; (compression du nerf contre la branche montante du maxillaire inférieur par un écarteur). Les progrès techniques apportent leur lot de complications. La série PICKETT (25) comporte 74 patients ayant bénéficié de 96 implantations de PTDC (type Bryan®) ont présenté 6,2 % de complications par niveau traité : 1 hématome compressif, 3 aggravation neurologiques, 1 déplacement de la PTDC, 1 cyphose (réopérée), 2 fusions spontanées, 1 luxation en extension ; 25% des patients ont gardé des cervicalgies au dernier recul. AUTRES COMPLICATIONS PÉRI-OPÉRATOIRES Indépendamment de la nature de l’intervention, parmi les 497 déclarations rapportées dans le rapport de la MACSF (28), il faut accorder une attention toute particulière aux brûlures : brûlure par bistouri électrique : 93 (19 % des déclarations) ; autres brûlures : 12 (2,5 %) (brûlure par un instrument non refroidi : 2, contact avec lumière “froide” : 2, brûlure par excès d’antiseptique : 2, matelas chauffant : 1). UNE FOIS L’INTERVENTION TERMINÉE, LE RISQUE NE S’ÉTEINT PAS Suites immédiates Il faut remettre le patient dans son lit. Cette étape n’est pas sans risque : le rapport de la MACSF (28) relève 40 chutes de patients du brancard, soit 8% des déclarations ! Mais la chirurgie du rachis n’est pas seule concernée. A distance de l’intervention, la chirurgie du rachis peut encore se compliquer. Nous avons évoqué les complications infectieuses. Elles ne sont pas les seules. HÉMATOMES POST-OPÉRATOIRES AWAD (1) analyse les dossiers de près de 15000 patients opérés de différentes pathologies rachidiennes entre 1984 et 2002. Le taux de réintervention pour hématome postopératoire est loin d’être négligeable, puisqu’il atteint 0,2%. Les facteurs de risque pré-opératoires identifiés sont, de façon surprenante, l’âge supérieur à 60 ans, la prise d’anti-inflammatoires et l’appartenance au sous-groupe sanguin Rh+. Les facteurs per-opératoires sont le nombre de niveaux opérés supérieur Figure 1 : Fracture de L2 chez une jeune femme de 19 ans, sans signe neurologique, traitée par ostéosynthèse postérieure avec vis pédiculaires. Les deux vis traversent le canal et font saillie en avant, au voisinage des vaisseaux (pas de lésion à l’angio-scanner). Paradoxalement, il n’y a aucun signe neurologique. Faut-il retirer le matériel et si oui, comment ? a b Figure 2 : a et b : pseudarthrodèse d’une fracture de L1 traitée par abord postérieur et montage court. c a à 5, les pertes sanguines supérieures à 1 litre et un taux d’hémoglobine inférieure à 10g/100ml. Par contre, l’anticoagulation post-opératoire et l’utilisation de drains ne sont pas corrélées, pour cet auteur, au risque de survenue d’hématome post-opératoire. De son côté, CABANA (3), étudiant 1487 interventions rachidiennes réalisées entre 1997 et 1998, retrouve 15 cas d’hématomes postopératoires, cervical : 1 cas, thoracique : 7 cas, lombaire : 7 cas ; dans 10 cas, dont les 7 localisations thoraciques, une laminectomie avait été réalisée. Les symptômes sont survenus moins de 5 heures après l’intervention. Plus la réintervenLe Rachis - Tome 4 - N° 1 Février-Mars 2008 Figure 3 : a et b : instabilité L5-S1 au-dessous d’un montage long ne prenant pas le sacrum. c : fracture ostéoporotique spontanée du sacrum associée. b tion a été rapide, moins les patients ont gardé de séquelles, notion confirmée par la plupart des autres études (34). L’analyse rétrospective de KOU (16) compare, sur une période de 10 ans, les caractéristiques des patients ayant subi une intervention rachidienne dans un même centre hospitalier (Michigan, USA) et ayant ou non développé un hématome épidural post-opératoire. Dans tous les cas, les patients avaient subi une laminectomie. Les facteurs de risque identifiés sont le nombre de niveaux opérés et l’existence d’une coagulopathie pré-opératoire ; en revanche, l’âge, l’index de masse corporelle, la survenue d’une brè- che durale per-opératoire et le drainage post-opératoire ne modifieraient pas statistiquement le risque de survenue d’un hématome postopératoire. n’est symptomatique dans 1,5 à 2% des cas, et sa responsabilité ne peut être retenue qu’en l’absence d’autre cause retrouvée à l’imagerie. L’influence de facteurs associés, notamment psychologique est largement évoquée (4). immédiates graves, lésions de l’artère fessière, au fond de l’échancrure, notamment, mais surtout secondaires : les douleurs résiduelles (plusieurs mois) sont très fréquentes, variant de 15 à 30% selon les séries. COMPLICATIONS LIÉES AUX GREFFES OSSEUSES PSEUDARTHROSES PERSISTANCE DE DOULEURS La fibrose est souvent incriminée dans la persistance de douleurs radiculaires post-opératoires. La fibrose est une cicatrice normale après toute intervention. Il ne s’agit pas d’une complication. 95% des IRM post-opératoires de patients guéris montrent la présence d’une fibrose épidurale et péri-radiculaire. On admet qu’elle 7 Les prélèvements de greffe osseuse peuvent être à l’origine de complications variées et fréquentes, jusqu’à 18% dans certaines séries pessimistes. Au niveau de la crête iliaque, principal site donneur, peuvent survenir des complications Les pseudarthroses surviennent dans 5 à 10% des montages courts ne prenant pas le sacrum et 15 à 24% (15) des montages longs prenant le sacrum. Le tabac est incriminé dans l’augmentation de fréquence des pseudarthroses. Les patients doivent en ARTICLE ORIGINAL être informés, et être éventuellement récusés pour cette raison. DÉSTABILISATION RACHIDIENNE Certains facteurs de risque existent en pré-opératoire : déstabilisation préexistante, sexe féminin, ostéoporose : De Wald rapporte 26% de cyphoses jonctionnelles chez les patients de plus de 65 ans suivis à 5 ans, après arthrodèses de plus de 5 étages pour scoliose (8). L’ostéoporose favorise également l’impaction de greffons ou d’implants (cages, prothèses discales) dans les plateaux vertébraux, 2% dans la série de LEMAIRE (17). RÉINTERVENTIONS Tous les patients ne sont pas guéris après leur intervention rachidienne, un certain nombre seront réopérés. Au niveau lombaire, le taux de réintervention varie entre 4 et 15% selon les séries. HU (12) retrouve, chez 4722 patients suivis pendant 4 ans, un taux de réinterventions de 9,5% (499 patients). Les taux de complications ont été plus importants chez les patients ayant eu une arthrodèse seule ou une libération avec arthrodèse, mais le type de chirurgie n’est pas corrélé au risque de réintervention, pas davantage que la pathologie initiale, les comorbidités ou le sexe. Par contre, le jeune âge semble être un facteur de risque de réintervention (p = 0,04). Les taux de réinterventions après chirurgie de la hernie discale lombaire ont été étudiés plus sélectivement. D’après KESKIMAKI (14) qui analyse les données de 25359 patients opérés d’une hernie discale lombaire, il y aurait dans les 9 ans post-opératoires, 12,3% de réinterventions, dont 1,8% de réinterventions multiples. Parmi 35309 hernies discales lombaires opérées, OSTERMAN (23) établit que 4943 (14,0%) ont eu au moins une réopération et 803 (2,3%) ont eu 2 réopérations ou plus. Parmi les réinterventions, 63% étaient des discectomies, 14% des arthrodèses, 232 des décompressions. Les patients réopérés une fois après discectomie lombaire avaient 25,1% de risque cumulé d’une intervention supplémentaire dans les 10 ans. Les patients à risque plus faible de réintervention étaient ceux ayant eu une arthrodèse d’emblée, les patients âgées de 50 à 64 ans et ceux réopérés moins d’un an après la première intervention. Pour ce qui est des sténoses lombaires, la série de KATZ (13) rapporte un taux de réintervention de 23% entre 7 et 10 ans. Il est vrai que cette série n’est pas très optimiste, puisque 33% des opérés avaient une lombalgie invalidante, 53% ne pouvaient pas marcher plus que deux pâtés de maisons, malgré un taux de satisfaction de 75%. Le Rachis - Tome 4 - N° 1 Février-Mars 2008 MARTIN (18), dans une étude multicentrique rétrospective de l’état de Washington, évalue le taux de réinterventions chez 24882 patients opérés entre 1990 et 1993 pour lésions discales dégénératives, décompression seule contre décompression avec arthrodèse. Les patients avaient un risque global de réintervention de 19% dans les 11 années suivantes. Les patients présentant un SPL ont un taux de réintervention plus faible après arthrodèse que décompression seule (17,1 contre 28%) (p = 0,002). Pour les autres diagnostics, on constate l’inverse : 21,5% de réintervention avec arthrodèse contre 18,8% sans fusion (p = 0,008). Après arthrodèse, le motif de la réintervention était dans 62,5% un problème lié au matériel ou une pseudarthrose. Dans une seconde étude rétrospective, la même équipe (19) compare à nouveau les taux de réintervention chez 25209 patients opérés entre 1997 et 2000, arthrodésés et non arthrodésés. L’objectif était d’évaluer la proportion d’arthrodèses et la variation du taux de réopération après introduction de nouvelles techniques d’arthrodèse. Entre 1997 et 2000, le taux d’arthrodèses a plus que doublé, passant de 9,4% à 19,1% entre 90 et 93. Simultanément, le pourcentage de 8 réinterventions est passé de 12,4% à 14% (p < 0,001). De plus, les patients du second groupe arthrodésés (1997-2000) avaient 40% de risques d’être réopérés dans la première année post-opératoire que les patients du premier groupe. Au-delà de la première année, il n’y avait pas de différence. Dans sa série de 106 PTDL suivies à plus de 10 ans, DAVID (5) rapporte un taux de réintervention de 7,5% pour réalisation d’une arthrodèse. res, difficulté technique au sein de la fibrose, taux de complications plus élevé. Hormis les circonstances d’indication absolue, parfois en urgence, il faut bien peser les chances d’amélioration qu’il est possible d’obtenir par une réintervention, et informer le patient que les objectifs de la réintervention sont moins ambitieux que ceux de la chirurgie de première intention. Les réinterventions donnent habituellement de moins bons résultats fonctionnels (14) : lésions musculai- Ce rapide survol, non exhaustif, des complications de la chirurgie du rachis, met en évidence une grande CONCLUSION ARTICLE ORIGINAL diversité de complications, mais des taux de complications graves relativement faibles pour la chirurgie courante. Ces taux augmentent avec la complexité de l’acte, mais dépendent également beaucoup du terrain (obésité). Le rapport bénéfice/risque doit toujours être évalué avec discernement, ce d’autant que l’équation “bonne indication + bonne technique = bon résultat” est malheureusement loin d’être toujours vérifiée. Fort heureusement, la situation inverse existe : une intervention dont la technique n’a pas donné satisfaction à l’opérateur peut être suivie sinon de succès, du moins de l’absence de complication. La plupart des complications sont connues : d’après le rapport de la MACSF, moins de 1% des accidents déclarés n'étaient pas connus, 5% des accidents déclarés sont très rares ou exceptionnels. Près de 95% des accidents déclarés étaient déjà mentionnés dans les rapports précédents. Il semble cependant que leur fréquence diminue peu, à l’exception des accidents transfusionnels. Il nous reste du chemin à parcourir. ■ RÉFÉRENCES 1. AWAD JN, KEBAISH KM, DONIGAN J, COHEN DB, KOSTUIK JP. Analysis of the risk factors for the development of post-operative spinal epidural haematoma. J Bone Joint Surg Br. 2005 Sep;87(9):1248-52. 2. BENAZET J.P, THOREUX P, SAILLANT G, ROY-CAMILLE R. Complications neurologiques de la chirurgie du rachis de l'adulte. Rev Chir Orthop 1994-1995, vol. 120, no11, pp. 39-42. 3. CABANA F, POINTILLART V, VITAL J, SÉNÉGAS J. Postoperative compressive spinal epidural hematomas. 15 cases and a review of the literature. 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Les causes les plus fréquemment retrouvées sont les canaux étroits lombaires en début d’évolution, les spondylolisthésis dégénératifs (figure 1), les discopathies après cure de hernie discale, (figure 2) les discopathies sus jacentes à une anomalie transitionnelle, très fréquentes, les syndromes articulaires postérieurs, enfin les syndromes très douloureux dits jonctionnel, siégeant en bout d’arthrodèses (figure 3). La lombalgie mécanique grave impose un traitement stabilisateur, tant il est rare de pouvoir guérir ces patients avec des traitements médicamenteux ou des infiltrations. Longtemps rejetée, cette stabilisation dynamique mini invasive est de plus en plus admise actuellement (figures 4 et 5). De nombreuses controverses subsistent quant à la preuve du diagnostic, et aux résultats des examens radiologiques. Il faut insister sur l’intérêt des clichés dynamiques, voire de la myélographie, seuls examens pratiqués debout et en mouvement, donc seuls capables de pouvoir renseigner sur ce qui se passe réellement. L Figure 1 : Spondylolisthésis dégénératif L4/L5. Figure 2 : Discopathie L4/L5 stabilisée. LA SÉRIE Il s’agit d’une série homogène : un seul opérateur, mêmes critères diagnostiques et radiologiques, même suivi clinique et radiologique. Tous les patients sont venus consulter après des mois, voire des années de traitements médicaux médicamenteux, kinésithérapie, infiltrations, port de corsets, etc... On ne peut proposer une stabilisation dynamique chirurgicale qu’après avoir essayé pendant un laps de temps d’au moins 6 mois, ces autres traitements, et avoir constaté leur inefficacité. Chirurgien orthopédiste Cabinet Monceau, 32 bd de Courcelles, 75017 Paris Clinique Turin, 7 rue de Turin 75008 Paris. 9 Figure 3 : Inter épineux au dessus d’une arthrodèse.
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