Le corrigé de l`évaluation 2010 - Lycée Le Corbusier
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Le corrigé de l`évaluation 2010 - Lycée Le Corbusier
EVALUATION de LECTURE – SECONDE - Lundi 20 septembre 2010 - 2 heures Pistes de correcton I. Etude d’un extrait de G. Flaubert, Trois Contes, « La Légende de saint Julien l’Hospitalier » (16 pts) : 1. A quel moment du récit cette scène se situe-t-elle ? Quels événements l’annonçaient ? (2 pts) Cette scène se situe au début du récit. Un matin d'hiver, Julien part seul à la chasse et abat toutes sortes d'animaux : bouc, chevreuil, blaireau, paon... enfin, il tue de ses flèches tout un troupeau de cerfs. Le premier acte de Julien est de tuer une souris, dans l'église, avec une baguettte, puis un pigeon, avec une pierre, qu'il achève en l'étranglant... Puis, entraîné par son père à toutes les formes de chasse, il y prend goût et se livre à ces activités en solitaire, avec son faucon. 2. Relever deux comparaisons annonçant la mort des animaux. (1 pt) « le ciel était rouge comme une nappe de sang. », (l. 1) « La biche, blonde comme les feuilles mortes; (l. 8) 3. Dans le groupe nominal épouvante indicible, expliquer le sens de l’adjectif et proposer un synonyme. Relever au moins un autre mot du texte appartenant à la même famille. (1,5 pt) indicible : qu'on ne peut dire, exprimer synonyme : inexprimable, indescriptible. « prédiction », l. 31) ; « maudit », (l. 20). 4. Montrer que le portrait du cerf est hyperbolique. (1 pt) Les termes qui caractérisent le cerf sont hyperboliques : il est « monstrueux de taille », (l. 7), ses « andouillers » sont d'un nombre hors du commun, « seize », (l. 7). Puis le nom « cerf » est deux fois accompagné de l'épithète « grand », (l. 13 et 15) et il est désigné comme un « prodigieux animal », (l. 18) ; enfin, il est personnifié dans des termes très valorisants : « un patriarche », « un justicier », (l. 18). On peut ajouter encore « ses yeux flamboyants », (l. 15) 5. Relever les éléments qui suscitent la compassion. (2 pts) Le faon « tèt[e] la mamelle » de la biche (fragilité, jeunesse, innocence), (l. 9) La biche pleure la mort du faon d'une « voix profonde, déchirante, humaine. » (gradation), (l. 11) La mort du cerf : « il plia les genoux, ferma doucement ses paupières, et mourut. » (rythme ternaire) (l. 22) La fin du texte (à partir de la ligne 20) contient aussi des élèments propres à susciter la compassion du lecteur vis-à-vis de Julien. 6. Relever les éléments merveilleux. (1 pt) La biche brame d'une voix « humaine », (l. 11). Le cerf parle : « il répéta trois fois » (l. 20) Julien se retrouve... par hasard... devant la porte du château (l. 29) Le cerf ne semble pas sentir la flèche (l. 15) 7. Voix Mode Temps a. Dans la phrase suivante, identifier le mode, le temps et la voix des formes verbales soulignées (compléter le tableau) : « Son cheval était perdu ; ses chiens l’avaient abandonné ; la solitude qui l’enveloppait lui sembla toute menaçante de périls indéfinis. » Préciser l’effet produit par la forme « sembla » plutôt que « semblait ». (3 pts) était perdu « perdre » passive « être » active (+ adj.) indicatif imparfait l’avaient abandonné enveloppait sembla active active active indicatif Plus que parfait indicatif imparfait indicatif passé simple Plutôt qu'un état durable exprimé par l'imparfait, le passé simple manifeste la prise de conscience brutale de la situation par Julien. b. Réécrire la phrase « Et il avait peur que le Diable ne lui en inspirât l’envie. » en remplaçant « le Diable », par « les Démons ». (0,5 pt) Et il avait peur que les Démons ne lui en inspirassent l'envie. c. Recopier la phrase ci-dessous (en gras dans le texte), souligner la principale, mettre la subordonnée entre crochets. Indiquer sa nature et sa fonction. Analyser le terme « solennel ». (2,5 pts) et les yeux flamboyants, solennel comme un patriarche et comme un justicier, [pendant qu'une cloche au loin tintait], il répéta trois fois. [pendant qu'une cloche au loin tintait] : proposition subordonnée conjonctive, complément circonstanciel de temps du verbe principal ou complément de phrase. Solennel : adjectif qualificatif apposé au sujet « il » (ou épithète détachée) d. Dans la phrase suivante, relever la proposition subordonnée et indiquer sa nature et sa fonction (1,5 pt) : qui était noir et monstrueux de taille : proposition subordonnée relative, complément de l'antécédent « le cerf ». II. Contrôle de lecture (14 pts) 1. G. Flaubert, Trois Contes, « La Légende de saint Julien l’Hospitalier » : Comment la prédiction du cerf se réalise-t-elle ? (1 pt) Julien s'enfuit d'abord du château pour échapper à la prédiction et renonce à la chasse. Après quelques aventures, il se marie. Sa femme insiste pour qu'il reprenne la chasse. Il se décide et s'absente de chez lui. Alors, ses parents se présentent à sa femme, qui les reçoit et les installe dans sa propre chambre. Julien, de retour, croit, dans l'obscurité, qu'un homme est couché avec sa femme et tue ses parents. 2. V. Hugo, Bug-Jargal : Dresser le portrait physique et moral de Bug-Jargal en illustrant chacune de ses caractéristiques par un épisode particulièrement évocateur. (3 pts) Description physique et morale toujours très valorisante : beau, puissant, taille gigantesque, force monstrueuse, vigueur malgré le travail quotidien difficile (comparé à Hercule). Ex. : il a réussi à retirer une pierre énorme dans le mur de sa cellule pour ménager une sortie à son chien. fier, majestueux (royal), juste et loyal. Ex. : il se considère comme redevable à d'Auverney qui lui a sauvé la vie plusieurs fois et protège Marie pour la rendre à son époux alors qu'il en est lui-même amoureux et qu'il a l'occasion de supprimer d'Auverney. Il a une autorité naturelle qui fait de lui un chef incontestable que les autres « nègres » vénèrent. Il meurt en héros puisqu'il se sacrifie pour ses camarades. 3. J. Anouilh, Le Voyageur sans bagage : a. Justifier le titre et en proposer un autre. (2 pts) Le Voyageur sans bagage, c'est Gaston, revenu amnésique de la première guerre mondiale : voyageur parce qu'il n'a plus de racine, sans bagage parce qu'il n'a plus de mémoire. Le Refus du passé ; Le poids du passé ; Peut-on se libérer du passé ?... etc... b. Choisir deux personnages secondaires et dresser leur portrait. (3 pts) La Duchesse Dupont-Dufort : snob (enchantée d'être reçue par un maître d'hôtel, soulagée que le juron prononcé par Gaston ne soit pas grossier...), autoritaire (elle dicte à Gaston les sentiments qu'il devrait éprouver, ne laisse guère la parole à Me Huspar et lui impose ses avis), grandiloquente (cherche à dramatiser la situation)... et ridicule (personnage de comédie, précieuse ?) ! La cuisinière (et les autres domestiques) : curieuse (elle regarde par le trou de la serrure) et commère (elle commente), dans un langage assez familier et en évoquant des souvenirs peu élégants (elle nettoyait le vomi de Monsieur Jacques). (servante de comédie). 4. F. Vargas, L’Homme à l’envers : a. Proposer au moins une explication pour le titre. (1 pt) La caractéristique du loup-garou est que, lorsqu'il est « homme », ses poils se trouvent à l'intérieur de la peau et n'apparaissent à l'extérieur que lorsqu'il se métamorphose, la nuit. Ainsi, l'homme est comme à l'envers... Cf. p. 60 : « Le loup-garou n'a pas de poils. Et tu sais pourquoi ? parce qu'il les porte en dedans. » On peut peut-être dire aussi que le personnage est double : il est comme à l'envers lorsqu'il est meurtrier ; sa véritable identité est aussi bien cachée que celle du loup-garou (cf. ses relations avec Camille). b. Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce roman policier ? (3 pts) Il s'agit bien d'un roman policier puisqu'il y a mystère (qui tue ?) et enquête par les trois personnages, Soliman, le Veilleux et Camille, puis par le commissaire Adamsberg. Cependant, les trois enquêteurs sont assez atypiques : Camille, par exemple, à la fois musicienne et plombier (elle adore lire les catalogues d'outillage...) conduit une bétaillère devenue camping-car... et l'essentiel du roman consiste en un pittoresque « roadmovie » littéraire. 5. Anthologie poétique : Dans l’anthologie que vous avez lue, quel poème voudriez-vous faire découvrir à un(e) ami(e) ? Pourquoi ? (1 pt) un argument correctement exprimé, au moins. Bonus : Flaubert, Un cœur simple : Que penser du titre du conte et du prénom de l'héroïne ? Félicité signifie « bonheur parfait ». Le nom constitue donc une antiphrase puisque la vie du personnage est constamment marquée par la déception amoureuse (Théodore l'abandonne pour épouser une vieille femme qui lui permettra d'échapper à la conscription) et le deuil (toutes les personnes qu'elle aime vont mourir). Le terme peut évoquer aussi son dévouement aux autres, qui caractérise sa vie et en fait une sainte (à rapprocher de béatitude). Le titre est sans doute à double sens : Félicité est caractérisée par sa bêtise, mais aussi par une générosité sans détour.