LES BACTERIOPHAGES : BIBLIOGRAPHIE
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LES BACTERIOPHAGES : BIBLIOGRAPHIE
LES BACTERIOPHAGES : BIBLIOGRAPHIE Ce sont des virus spécifiques des bactéries lactiques pouvant provoquer des infections brutales et détruire en quelques heures la quasi totalité d’une culture bactérienne. Ils ont été découverts en 1935 par des Néo-zélandais. On les retrouve dans le sol, l’eau, les végétaux et les animaux (tubes digestifs). Leur dissémination dans l’environnement s’effectue par les cellules hôtes qui hébergent spontanément dans leur génome des ADN phagiques. Le phage ou bactériophage est une particule virale ou virion capable d’infecter une bactérie. LWOOF en 1953 a proposé une définition encore aujourd’hui valable : • le virion ne possède qu’un type d’acide nucléique • le virion ne se reproduit qu’à partir de son propre acide nucléique • le virion est incapable de croître seul • le virion ne dispose d’aucune information génétique permettant la synthèse d’enzymes capables de produire de l’énergie • la multiplication des virions fait obligatoirement appel à la machinerie de la cellule hôte, impliquant un parasitisme absolu Morphologie : Il comporte une tête enveloppant et protégeant l’acide nucléique et une queue constituant l’organe d’injection de l’acide nucléique dans la cellule infestée. La tête L’ADN La queue Les organes de fixation La tête : • Enveloppe protéique ou capside, résistante aux enzymes protéolytiques, qui héberge l’acide nucléique pour le protéger contre en particulier les nucléases provenant de la lyse bactérienne. • Dimension : 40 à 60nm • De forme polyèdre régulier dont l’axe de symétrie passe par le point d’attachement de la queue. La queue : • C’est un tube régulièrement strié, composé d’un empilement d’anneaux ayant une disposition hélicoïdale autour d’un axe creux. 1 • Dimension : 24 à 700 nm de long, 4 à 12 nm de diamètre Positionnement : Ils existent dans l’environnement des usines(matériels, air) et sont notamment en quantité importante dans les lactosérums, même s’il n’est pas constaté d’anomalies de fabrication. Les accident phagiques sont relativement rares avec le lait cru, mais beaucoup plus fréquents avec les laits pasteurisés. Pour faire face à ces risques de perte d’acidification, les industriels utilisent des levains complexes composés de plusieurs souches ; ainsi l’attaque de certaines souches sera masquée par d’autres. Les souches sont employées en rotation sur des périodes de 2 à 5 jours consécutifs. Les souches peuvent être cultivées sur un milieu dépourvu de calcium ionisé, nécessaire au développement des bactériophages. Des levains dits « résistants aux phages » ont été développés par génie génétique. L’ensemencement direct du lait de fabrication à partir de levains concentrés congelés ou lyophilisés (1010 à 1011 ufc.g) est largement utilisé en fromages frais. Cette technique supprime l’entretien des levains, évitant les repiquages propices aux contaminations par phages mais présente 2 inconvénients : son coût élevé et le temps de latence très long qu’il génère (absence de facteurs de croissance dans les levains). Composition des bactériophages : Le génome de tous les phages est formé d’ADN bicaténaire. Cycle de multiplication des phages : Le phage commence par s’adsorber sur la bactérie et y injecte son ADN. Les phages et bactéries sont immobiles, donc leur rencontre se produit au hasard, au grès des mouvements du liquide et selon sa viscosité. Un emprésurage précoce du lait limite la diffusion des phages et donc les ralentissements d’acidification( Meanwell et Thopmson (1959)). Le phage s’adsorbe à la surface de la cellule grâce à l’interaction très spécifique d’un site de fixation porté par le phage avec un site récepteur de l’enveloppe de la cellule. 80% des phages d’une population peuvent être adsorbés en 10 min de contact avec une culture bactérienne sensible, ce pourcentage pouvant varier selon les conditions physicochimiques du milieu. Après l’adsorption, l’ADN est injecté dans la bactérie et la coque reste à l’extérieur. La rencontre entre un phage et une bactérie peut donner 2 résultats différents : - la bactérie meurt en libérant dans le milieu quelques dizaines ou centaines de nouveaux phages = cycle lytique ou cycle virulent ou cycle de multiplication végétative. L’ADN du phage détourne à son profit les synthèses de la bactérie et commande la production de nouveaux phages dans le milieuè 10 à 140 min, souvent 30 min. La capacité des phages à la multiplication est plus grande que celle des bactéries dans les mêmes conditions. C’est pour cela qu’on peut noter des ralentissements importants de l’acidification même si le nombre de phages est faible au départ. 2 - Le phage cohabite à l’état latent de façon durable avec la bactérie, qui est dite alors « lysogène » = cycle tempéré, qui se produit rarement, avec seulement certains types de phages. L’ADN du phage prend alors le nom de prophage , maintenu dans cet état par une protéine appelée répresseur. L’ADN du phage se réplique à chaque génération è caractère héréditaire de la lysogénie. Cette bactérie lysogène est résistante aux phages identiques ou aux prophages qu’elle héberge mais reste sensible aux autres phages. Il se trouve en permanence des phages libres dans une culture de bactéries lysogènes : la culture se développe normalement. Avec ces cultures, il est nécessaire de se méfier de l’utilisation de plusieurs ferments d’origine différentes non conçus pour être ensemble è difficulté de fermentation si les mécanismes phagiques se déclenchent. Interaction entre phage et bactérie en fermentation : Quand l’équilibre est perturbé et que les phages sont plus nombreux que les bactéries, la fermentation lactique est perturbée. Ce déséquilibre peut être dû à une contamination par : • un sous produit contenant un grand nombre de phages (mauvais nettoyage et désinfection) • utilisation de ferments nouveaux (souches lysogènes) : il est important de réduire au maximum le nombre de souches différentes employées simultanément dans la fromagerie • les matières premières (dans une moindre mesure). Résistance aux phages : Certaines bactéries ont des caractères pouvant les rendre résistantes aux phages mais cette entrave est non absolue : • pas de récepteur pour l’adsorption • prophage empêchant la multiplication des phages identiques • enzymes de restriction qui hydrolysent l’ADN du phage • mutation possible Ces fluctuations constantes, de résistance des bactéries et de l’activité des phages, liées à l’utilisation de ferments complexes, rendent difficile la rationalisation et la maîtrise des fermentations lactiques. Résistance liée à l’adsorption : Modification de la surface cellulaire ( production de substances filantes, modification chimique des récepteurs) empêchant l’accès entre le récepteur et la queue du phage Interférence avec la multiplication intra cellulaire des phages = caractère non stable : • Mécanisme de restriction-modification qui hydrolyse l’ADN du phage après son injection dans la cellule ==> composé de 2 activités enzymatiques : une endonucléase responsable de la restriction et une méthylase responsable de la modification. 3 • Mécanisme de la croissance abortive : diminution de la multiplication dans la cellule et problème d’adsorption ensuite et de multiplication dans la cellule suivante => donc maintien des populations à des niveaux constants par rapport au nombre initial au lieu de croissance exponentielle. Souches améliorées pour leur résistance aux phages : Des travaux de clonage peuvent être envisagés. L’introduction de plasmides ayant le code « résistance » dans l’ADN cellulaire permettrait une réponse meilleure par rapport aux phages. Source : BACTERIES LACTIQUES . H de Roissart, F.M.Luquet .1994 4
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