Rue de Prague OTTO D..
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Rue de Prague OTTO D..
Titre de l’œuvre et date de création Otto Dix, Prager Strasse (La rue de Prague), 1920, Galerie der Stadt, Stuttgart. HISTOIRE DES ARTS 2011 Collège Jean Bene FICHE D’IDENTITE Thématique : Domaine : Arts, États et pouvoir Arts du visuel PRESENTATION DE L’OEUVRE Nature/genre de L’œuvre : Tableau. Peinture à l'huile et collages sur toile, 101 x 81 cm, Artiste + moments importants de sa vie : - Otto Dix est allemand. Il est né en 1891 et meurt en 1969 à Singen - Quand la guerre éclate (1914), il s'engage comme volontaire (à Dresde) dans l'artillerie. «Il fallait que je parte à la guerre… il le fallait. Il fallait que je vois de mes propres yeux tomber un homme à côté de moi, puis disparaître, touché par une balle, en plein cœur. »Collez image L'année suivante, il reçoit une formation de mitrailleur et participe à de nombreuses campagnes en France (Champagne, dans la Somme), en Flandres, en Pologne ou en Russie jusqu’à l’automne 1918. Pendant ses « quatre ans d’exercice de fou », il réalise des gouaches de petits formats, des dessins pris sur le vif : des centaines…Otto Dix se fait donc le témoin de ce moment indescriptible. Le produit le plus abouti de cette volonté est la série de 50 gravures sur La Guerre publiée en 1924. -Après la prise du pouvoir par les nazis en 1933 Otto Dix est l'un des premiers professeurs d'art à être renvoyé, persécuté en tant que « bolchévique de la culture » selon les nationaux-socialistes. Ses œuvres sont dites « dégénérées » par les nazis. 170 d'entre elles sont retirées des musées et une partie est brûlée, d'autres sont exposées lors de l'exposition nazie « art dégénéré » . En 1938, Dix est arrêté et enfermé pendant deux semaines par la Gestapo. Durant ces temps difficiles, il peint une représentation de St Christophe à la demande de la brasserie de Köstritz, dans le style des grands maîtres. Il participe par obligation à la Seconde Guerre mondiale. Il sert sur le front occidental en 19441945. Il est fait prisonnier en Alsace par les Français. Style, mouvement ou courant : - Courant artistique expressionniste. - Otto Dix, est l' un des principaux représentants de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit), mouvement artistique apparu dans les années 20 caractérisé par une volonté de représenter le réel dans ce qu’il a de plus sordide. Il s’agit pour ces artistes de tendre à la société de l'après-guerre un miroir. Son style, très graphique et mouvementé, lui permet de décrire son époque et une certaine cruauté. Contexte historique de création : - Œuvre à relier à la 1ère Guerre Mondiale (1914-1918) et à ses conséquences morales et humaines. Elle est la première guerre industrielle. L'usage de nouvelles armes très meurtrières a traumatisé les hommes et les femmes sur le front et à l'arrière. 10Millions de soldats sont morts au combat, des millions d'hommes reviennent du front mutilés ou blessés. - L’œuvre est réalisée en juillet 1920, un an après la signature du traité de Versailles. Celui-ci oblige l’Allemagne à reconnaître sa propre responsabilité dans le déclanchement de la guerre et à payer de lourdes réparations aux alliés. En quoi l’œuvre a-t-elle marqué son temps ? - Cette « rue de Prague » est une grande rue commerçante de Dresde, ville où a longtemps vécu Otto Dix. En 1920, il a 29 ans et il est profondément marqué par la guerre. - Par cette œuvre, il dénonce la guerre et ses horreurs. - la nouvelle place de la femme davantage provocatrice. - Un monde hanté par la mort DESCRIPTION DE L’OEUVRE Éléments du décor : C’est une scène de rue. Au 1er plan, des personnages sont sur le trottoir. A l’arrière plan, on remarque des vitrines de magasins. Un magasin vend des prothèses et des corsets, l’autre des perruques. Les personnages : Certains personnages sont représentés intégralement : - un mendiant mutilé au corps désarticulé et aux yeux vides, mendie pour survivre. - Un autre mutilé, bien vêtu, le buste bien droit passe devant lui sans le regarder. D’autres personnages, partiellement représentés, coupés par le cadre du tableau sont identifiables : - à droite, une femme aux formes généreuses, est vêtue d’une robe d’un rose éclatant. Les infirmités se trouvent accentuées par la proximité de cette femme en robe et celle d'un chien - Une petite fille dessine sur le mur. - Deux bourgeois sont reconnaissables par leurs costumes et leurs accessoires : gant, bouton de manchette, canne. - Une construction du tableau particulière fait apparaître une humanité disloquée. - La scène que dépeint Otto Dix est cadrée serrée, oblique, ce qui crée une impression de confusion et de déséquilibre. Les éléments nombreux font du tableau une sorte de catalogue chaotique dont l’enchevêtrement est à l’image de la folie du monde. Les prothèses en vitrine font écho à l’allure fragmentée, désarticulée des personnages. - L’interprétation : ( ce que l’œuvre nos raconte…) - Les horreurs de la guerre : Les mutilés et les vitrines font référence aux horreurs de la guerre (les corps blessés et les prothèses) Le tableau nous montre aussi les victimes indirectes de la guerre : l’orpheline. - L’artiste nous montre aussi la violence des contrastes sociaux entre les nantis et les mendiants…la crise sociale. On distingue la misère des uns : le trottoir avec ses détritus, ses bouts de journaux, la petite fille, les mutilés et la richesse des autres dont on ne voit qu’une partie du corps : une main gantée, le corps de la femme. Chaque humanité ignore l’autre, les regards ne se croisent pas. Cette scène n’est que la vitrine du monde dont la rue offre le spectacle : mélange de passants soucieux d’élégance et de personnes à jamais handicapées dont on voudrait oublier l’existence. L’horreur est devenu le spectacle banal et quotidien de la rue. - Il dénonce aussi l’antisémitisme: Près du cul-de-jatte au buste monté sur une planche à roulettes, Dix a collé un tract ou une affichette, qui porte en titre Juden raus ! - Dehors les Juifs. Les juifs sont considérés comme responsables des malheurs de l’Allemagne, selon l’extrême droite Les ligues d'anciens combattants étaient en effet très sensibles à la propagande ultra-nationaliste et à l'antisémitisme. Un peu plus tard, celui-ci fera partie de l’idéologie nazie. Conclusion : L’artiste critique, prend position et choque pour dénoncer les horreurs de la guerre. Il choisit de peindre la réalité, la laideur et montrer les traumatismes liés à la guerre. Il témoigne de ce qu’il voit, de ce qu’il vit. Dix fait apparaître une des racines du nazisme : le traumatisme de la première guerre mondiale, l’acceptation de l’horreur, la déshumanisation de l’autre, à cause de ses handicaps ou de sa « race ». Vitrine d’accessoires de modes et beauté Un soldat mutilé, mendiant. Aumône d’un riche passant. Main élégante sur une canne Tract antisémite : « dehors les juifs » Vitrine avec mannequin en pièces détachées. Petite fille seule dans la rue, désarticulée, nus pieds, visage de profil, œil de face. Riche passant mutilé, décoré qui se déplace sur une planche à roulette Partie du corps d’une femme à l’allure extravagante Repérage chronologique : Prager Strasse 1920 1850 1900 1950 1ère Guerre Mondiale 2ème Guerre Mondiale 19141918 1939-1945 2000 1919-Traité de Versailles REGARD PERSONNEL Chaque élève exprimera : - son ressenti… ses premières impressions son avis Rapprochement possible à d’autres œuvres : ........................................ ............................................................ ............................................................... ..................................... ....................................
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