HDA Les Joueurs de skat, Otto Dix, 1920. OBJET D`ETUDE : l`art
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HDA Les Joueurs de skat, Otto Dix, 1920. OBJET D`ETUDE : l`art
HDA Les Joueurs de skat, Otto Dix, 1920. OBJET D’ETUDE : l’art engagé contre les discriminations = la dénonciation des atrocités de la Grande Guerre. L’artiste L’œuvre Thématique Thématique L’art engagé L’art engagé Domaine Domaine Art du visuel Art du visuel Période Période XXème siècle XXème siècle Etape 1 : présentation générale de l’œuvre Ce tableau est une huile sur toile et collage de 1,10m par 0,87m. Elle montre trois invalides de guerre allemands en train de jouer aux cartes dans un café. Elle est conservée à la Galerie Nationale de Berlin. Otto Dix est né en 1891 en Allemagne et mort en 1969. C’est un peintre. Il s’est engagé pendant la 1ère Guerre Mondiale en tant que soldat volontaire, dans une compagnie d’artillerie. Il devient mitrailleur et participe à de nombreuses campagnes en France et en Russie. Il a été profondément marqué par le conflit qui l’a traumatisé. Dans ses œuvres, Otto Dix tente d’exorciser les horreurs qu’il a vues. Il a en tête des images d’horreur qu’il essaie d’oublier en peignant, comme en témoigne cette œuvre. Dans les années 1930, il a été censuré par les Nazis qui ont qualifié ses œuvres « d’art dégénéré ». Otto Dix en 5 dates -1891 : naissance d’Otto Dix à Dresde (Allemagne). -1914 : Otto Dix, après avoir achevé ses études à l’école des Arts décoratifs de Dresde, s’engage volontaire dans l’artillerie. -1920 : alors que le mouvement expressionniste est à bout de souffle en Allemagne, Dix adhère au mouvement dadaïste. Dans les années 1920, avec George Grosz et Max Beckmann, il fonde la « Nouvelle Objectivité » (Neue Sachlichkeit). -1933 : avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne, les œuvres d’Otto Dix sont qualifiées d’« art dégénéré ». L’artiste ne peut plus exposer. En 1937, ses œuvres sont retirées des musées allemands. -1969 : mort d’Otto Dix. Le contexte *Historique : Cette œuvre a été peinte en 1920 après la 1ère GM qui a laissé l’Europe dévastée et fait 8 millions de mort et 16 millions de blessés. Parmi eux de nombreuses « gueules cassées ». Ce tableau relate aux populations civiles les horreurs commises pendant la 1 ère GM. Dans une Europe livrée aux dictatures, les artistes ont de moins en moins la possibilité de rencontres et d'échanges, ils peignent un univers qui est leur présent, leur réalité. Et cela éclaire la peinture d'une lumière très sombre. Cela donne des toiles imprégnées de réalisme et de pessimisme, comme ces invalides de guerre jouant aux cartes. Description technique *Artistique : L’artiste expressionniste livre sa vision de la réalité. Il laisse libre cours à son inspiration et exprime ses sentiments. Son travail interpelle, interroge ou choque. Ce mouvement est né en Allemagne au début du XX°siècle. C’est une peinture agressive qui n’hésite pas à critiquer la société comme le fait Otto Dix avec « Les joueurs de skat ». (Skat = jeu de cartes originaire d’Allemagne). V O C A B U L A I R E ♥ Voir fiche métho -do n°6 Etape 2 : description détaillée de l’œuvre *Composition : -Lignes : impression de désordre. Elles sont très confuses, elles sont toutes cassées, comme le montre la forêt de pieds de chaises et de jambes de bois sous la table de jeu. Mise en valeur de corps démembrés et mutilés. Il n’y a pas d’équilibre dans le tableau. -Plans: Au second plan, on trouve sur la droite un portemanteau. Au-dessus des trois hommes, sont affichés des articles de journaux allemands qui font référence au conflit franco-allemand pendant la première GM. En haut à gauche du tableau un lampadaire (où l'on distingue une tête de mort) éclaire la scène. Au centre de son tableau, trois personnages jouent aux cartes assis autour d’une table à la terrasse d'un café le soir. Ces sont des anciens combattants, victimes de mutilations occasionnées par le combat. > Le premier homme sur la gauche a une jambe de bois et joue aux cartes avec le pied qui lui reste. On ne peut pas lui donner d’âge tellement sa peau est abîmée. Sa manche droite est vide, et il sort de sa manche gauche une main articulée avec laquelle il pose ses cartes sur la table. De son oreille part un tuyau qui lui permet d’entendre la conversation. Il doit avoir perdu l’audition lors de la guerre. > Le second personnage, au centre, a été scalpé : il lui manque une partie de la peau du crâne. Il a deux moignons à la place des jambes qu’il a perdues à la guerre. Son corps n’est fait que d’os, il n’a plus de peau, plus d’oreille, et il a un œil de verre. > Le troisième personnage n’a pas de jambes. Il repose sur un socle en fer. Contrairement aux deux autres personnages il a ses deux mains, mais l’une des deux est articulée comme un robot et l'autre est aussi une prothèse. Sur son veston il porte une croix germanique: signe de ralliement des Allemands. *Cadrage : le café se poursuit en hors-champ. *Couleurs : le verdâtre, le noir, le bleu foncé dominent. Absence de couleurs vives. Utilisation du clair-obscur. Mise en valeur de corps démembrés et mutilés également. *La lumière : le tableau est sombre. Seuls les joueurs sont éclairés. Ils sont dans un vase clos, coupés du monde. La seule source lumineuse est la lampe du second plan avec la tête de mort : la mort plane sur le tableau. NB : La technique du COLLAGE renforce aussi l’idée d’un assemblage des corps réalisés à partir d’éléments hétéroclites. Observat° l’œuvreLe sens de *Les joueurs portent toujours leur uniforme : ils ne sont pas revenus à la vie civile. Ils n’ont pas quitté le conflit. *Les trois joueurs nous montrent leurs jeux. S’ils semblent avoir les cartes en main, le contenu est dévoilé parce « les jeux sont faits ». Etape 3 : analyse de l’œuvre *Otto Dix représente la guerre à travers le corps des soldats invalides. Il veut montrer la souffrance et la violence des combats. Ce tableau montre l’ampleur du traumatisme physique subi par les gueules cassées de la Grande Guerre. L’horreur de la scène est renforcée par le contraste entre le jeu de carte ordinaire et les mutilations des soldats. *Il représente avec minutie les mutilations des anciens combattants. Mais les trois personnages sont caricaturés : leurs corps semblent mécaniquement assemblés, comme des marionnettes. Ils exhibent leurs propres mutilations et tirent de leurs blessures une fierté, une forme de valorisation, voire d’héroïsation. Le joueur de droite porte la croix germanique : la perte de dignité est poussée jusqu’à l’impudeur, comme le souligne son sexe apparent. Le peintre les déshumanise et les ridiculise. Il leur fait perdre leur dignité. Il leur donne un aspect monstrueux. *Le tableau témoigne aussi de l’impuissance des médecins à réparer les corps. L’appareillage prothétique, s’il tente de rendre invisibles les destructions subies, s’apparente à une sorte de camouflage ou de cache-misère. Ainsi, chez le joueur de droite, une prothèse essaie de combler l’absence de mâchoire inférieure, et l’extrémité de son nez est recouverte d’un bandeau de cuir noir noué autour de sa tête. Le joueur du centre porte une prothèse qui remplace sa mâchoire inférieure sans parvenir toutefois à dissimuler la perte importante de sa joue gauche. Il arbore une demi-moustache relevée, et son œil gauche est fixe car artificiel. élargirComparer, avisEmotions - *Ces trois joueurs exposent une association macabre, comme celle d’une danse qui s’inscrit sur la prothèse crânienne du joueur placé au centre de l’œuvre et sur laquelle on distingue deux corps dansant. *Otto Dix s’est inspiré du tableau de Cézanne, Les joueurs de cartes et de George de Latour, Le tricheur à l’as de carreau. *Otto Dix a peint d’autres tableaux sur la guerre et ses conséquences : - La guerre, triptyque, 1932 - La Rue de Prague, 1920. *D’autres artistes se rattachent à l’Expressionisme comme E. Munch avec Le Cri. *D’autres artistes ont peint sur le même sujet : George Grosz, Victime de la société * On retrouve les formes du tableau chez d’autres artistes : les lignes brisées et le collage chez Picasso ou George Braque.
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