Evaluation des restaurations coronaires postérieures en
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Evaluation des restaurations coronaires postérieures en
DENTISTERIE RESTAURATRICE Evaluation des restaurations coronaires postérieures en pratique généraliste. Mots clés : Restauration Couronne Qualité soins Enquête épidémiologique Résultat traitement Keywords : Evaluation of posterior coronal restorations in general practice. Restoration Crown Treatment quality Epidemiological study Treatment results BONTE E.**, DUPUIS S.*, BOUTER D.**, LASFARGUES J.J.*** *D.C.D., Attachée de consultation **M.C.U. – P.H. ***P.U. – P.H. Département d’Odontologie Conservatrice et Endodontie - Faculté de Chirurgie Dentaire - Université Paris V L es soins conservateurs occupent une place prépondérante dans l’exercice des praticiens français. Cependant, près de 60 % des actes de dentisterie restauratrice constituent en réalité des retraitements consécutifs à un échec de la restauration initiale. Dans ce contexte, l’URCAM de Franche-Comté a été le promoteur d’une étude réalisée de 2000 à 2002 dont l’objectif était de connaître la qualité des obturations coronaires dans cette région à partir d’une étude clinique, et radiographique. 410 actes ont ainsi pu être évalués selon les critères d’évaluation de Ryge et coll. Au terme de l’évaluation clinique, il apparaît qu’après une période moyenne de 7,5 mois, 77,3 % des restaurations présentent une qualité acceptable, c’est à dire ne nécessitant pas de remplacement immédiat mais une surveillance. En revanche 21,7 % ± 4 % des restaurations présentent un défaut majeur (récidive de carie, exposition de dentine, fracture de la dent ou perte de l’obturation) nécessitant leur remplacement immédiat. Sur les 255 clichés étudiés, 13,5 % des clichés correspondent à des obturations inacceptables selon l’observation radiographique, c’est à dire présentant l’un de ces critères : ■ récidive de carie, ■ exposition dentinaire (sous contour proximal, fracture de l’obturation). En conclusion, les taux d’échecs relevés sont très importants et nettement au dessus des données de la littérature internationale. estorative dentistry holds a preponderant position in the french clinical practice. However, almost 60 % of restorative acts constitute in reality, re-treatments of initial treatment failure. In this context, the Franche –Comté URCAM sponsored a clinical and radiographic study between 2000 and 2002 which objective was to evaluate the quality of coronal obturations in this region. 410 acts were evaluated following the guidelines of Ryge et al. Following the clinical evaluation, results have shown that, after a mean period of 7.5 months, 77.3 % of restorations had an acceptable quality, i.e. requiring surveillance only without immediate replacement. On the other hand, 21.7 % ± 4 % of restorations presented a major defect (recurrent carie, dentin exposure, tooth fracture or loss of obturation) which necessitated immediate replacement. 13.5 % of the 255 radiographic images were evaluated as unacceptable by the criteria of the radiographic evaluation, which are : ■ recurrent carie, ■ dentin exposure ( proximal under-contour, obturation fracture). In conclusion, reported failure rates are very important and largely higher than numbers published in the international literature. R soumis pour publication le 27/02/04 accepté pour publication le 25/06/004 177 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 Rev Odont Stomat 2004;33:177-190 DENTISTERIE RESTAURATRICE Les soins conservateurs occupent une place prépondérante dans l’exercice des praticiens français. Une étude réalisée par l’Assurance Maladie a permis de conclure qu’ils constituaient 30 % des prestations dentaires prises en charge, et que parmi les soins conservateurs, les restaurations coronaires en représenteraient 55 % (URCAM de Franche Comté 2002). Le développement des mesures de prévention, ainsi que le développement de nouveaux matériaux et techniques orientent notre pratique vers des soins moins mutilants et augmentent la longévité des restaurations (Lasfargues 1998 ; Mjör et Qvist, 1997). En revanche, leur mise en œuvre devient plus délicate et demande plus de rigueur et de temps. Cependant, près de 60 % des actes de dentisterie restauratrice constituent en réalité des retraitements consécutifs à un échec de la restauration initiale (Kidd et coll., 1992 ; Poorterman et coll., 1999 ; Reis et coll., 1998). L’absence de qualité est préjudiciable pour la santé buccodentaire des patients et génère un surcoût pour l’Assurance Maladie si le renouvellement est trop fréquent. Dans ce contexte, l’URCAM de Franche-Comté a été le promoteur d’une étude réalisée de 2000 à 2002 dont l’objectif était de connaître la qualité des obturations coronaires dans la région et de développer, en liaison avec la profession, un programme d’amélioration de ces gestes conservateurs. Cette étude a été réalisée en collaboration avec le département d’Odontologie Conservatrice de la faculté de Chirurgie Dentaire de Paris 5, qui d’une part a contribué à l’élaboration du protocole de recherche clinique et d’autre part, a formé les praticiens conseils concernés à l’examen et l’évaluation des restaurations examinées. A cette intention un test de concordance a été réalisé. Le référentiel utilisé pour évaluer la qualité des restaurations coronaires est basé sur le système de référence de Ryge et collaborateurs (Ryge 1980 ; Ryge et coll., 1981 ; Ryge et Snyder, 1973) habituellement utilisé pour ce type d’enquête. Les résultats de cette enquête clinique ont fait l’objet de publications par l’URCAM (2002) qui ont été adressées à l’ensemble des professionnels de Franche Comté. Dans un second temps notre équipe a réalisé une analyse des clichés radiographiques des obturations coronaires évaluées. Le but de cet article est de faire dans une première partie un rappel des principaux résultats de l’évaluation clinique et dans une seconde partie de présenter les résultats de notre étude radiographique concernant cet échantillon de restaurations réalisées par des praticiens généralistes de la région de Franche-Comté après le 31 janvier 2000 et portées au remboursement en mars 2000. L estorative dentistry holds a preponderant position in the french clinical practice. A study done by the Social Security concluded that restorative dentistry constituted 30 % of covered dental care, and coronal restorations represented 55 % of these cases (URCAM of Franche Comté 2002). The development of preventive measures as well as new materials and techniques leads to a less mutilating practice and increases restorations longevity (Lasfargues 1998 ; Mjör and Qvist, 1997). On the other hand, their use is more difficult, time-consuming and requires rigorous methods. R However, around 60 % of restorative dentistry acts are retreatments of a failing initial restoration (Kidd et al., 1992 ; Poorterman et al., 1999; Reis et al., 1998). Lack of quality bears a negative impact on oral health and generates extra costs for Social Security if restorations are too frequent. Within this context, the French-Comté URCAM was the sponsor of a study, between 2000 and 2002, which objective was to assess the quality of coronal obturations and to develop a program in order to improve such conservative acts. This study was performed in collaboration with the Conservative Odontology department at the university of dental surgery at Paris 5, which led to elaboration of the clinical research protocol and training of counselling physicians to the evaluation of studied restorations. A concordance test was used for this purpose. Evaluation of the quality of coronal restorations was based on Ryge et al. reference system which is usually used for this type of studies (Ryge 1980 ; Ryge et al., 1981 ; Ryge and Snyder, 1973). The results of our clinical research were published by the URCAM (2002) and communicated to all professionals of Franche Comté department. Then, our team performed a study of radiographic images of studied coronal restorations. The objective of this paper is to present first, a summary of the principal results of the clinical evaluation, and second, the results of our radiographic study of this sample of restorations performed by general practitioners of Franche Comté region after january 31st, 2000, and registered for reimbursement in march 2000. 178 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 Evaluation clinique Clinical evaluation (URCAM 2002) (URCAM 2002) Matériel et méthode Material and Method L'individu statistique (IS) est l'obturation dentaire coronaire cotée SC ou SCM 6,7,9,11,15 ou 18, réalisée sur prémolaire ou molaire permanente, par un chirurgien dentiste ou médecin stomatologiste exerçant en Franche Comté, remboursée au cours du mois de mars 2000, pour des bénéficiaires de l'un des 3 régimes d'assurance maladie de Franche Comté : Régime Général, Mutualité Sociale Agricole, Assurance Maladie des Professions Indépendantes. La base, ainsi déterminée, est constituée par 37 581 actes. Une étude exhaustive n'étant pas possible, il a été décidé de travailler sur un échantillon représentatif. L'intervalle de confiance étant jugé acceptable, un échantillon de 500 IS a été retenu pour l'ensemble de la région. Le taux de sondage est estimé à 3 %. L’échantillon est sélectionné par un tirage aléatoire sans remise par uti lisation du logiciel Excel. Chacun des 3 régimes d’assurance maladie est représenté au prorata du nombre d’actes présentés au remboursement pour la période de référence (mars 2000). Le tri des IS est réalisé manuellement afin d’exclure les actes concernant le bloc incisivo-canin, les dents temporaires et les traitements endodontiques sur prémolaires. The statistical unit (SU) is the coronal restoration, classified SC or SCM 6, 7, 9, 11, 15 or 18, of permanent premolar or molar tooth, performed by a dental surgeon or a stomatologist practising in Franche Comté region, reimbursed during march 2000, for subjects affiliated to one of the 3 health insurance regimes : Regime General, Mutualité Sociale Agricole, Assurance Maladie des Professions Indépendantes. As defined in the protocol, the database contains 37 581 acts. We decided to work on a representative sample since an exhaustive study was not possible. The confidence interval was considered to be acceptable and thus, a sample with 500 SU was considered for the studied region. The sounding rate was around 3 %. The sample was formed by random sampling without replacement, using Excel software. Each of the 3 health insurance regime was represented by the number of acts submitted for reimbursement during the reference period (march 2000). Selection of SU was done manually in order to exclude incisor canine bloc, temporary teeth and endodontic treatment of premolar teeth. A standardised and personalised letter by regime was sent to each patient. The SU was not studied if he failed to reply to two letters. Tableau 1 - Répartition des obturations examinées Table 1 - Distribution of studied obturations Fr equency % 1 face 120 23,4 28,3 2 faces 145 28,3 146 28,5 3 faces or more 146 28,5 Obturation absente mais cavité 9 1,8 Absent obturation but a cavity 9 1,8 Obturation non constatée sur dent saine 8 1,6 Unnoticed obturation on a healthy tooth 8 1,6 428 83,4 Total 428 83,4 Couronne 75 14,6 Crown 75 14,6 Dent absente ou extraite 7 1,4 Absent or extracted tooth 7 1,4 Obturation temporaire 1 0,2 Temporary obturation 1 0,2 Erreur de localisation 1 0,2 Error in localisation 1 0,2 Acte coté 2 fois 1 0,2 Act, reported twice 1 0,2 513 100 TOTAL 513 100 Fréquence % 1 face 120 23,4 2 faces 145 3 faces et plus Total TOTAL 179 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 DENTISTERIE RESTAURATRICE Tableau 2 - Localisation des obturations examinées Table 2 - Localisation of studied obturations Fr equency % Superior premolars 109 21,2 18,9 Inferior premolars 97 18,9 135 26,3 Superior molars 135 26,3 Molaires inférieures 144 28,1 Inferior molars 144 28,1 Troisièmes molaires 28 5,5 Third molars 28 5,5 513 100 TOTAL 513 100 Fréquence % Prémolaires supérieures 109 21,2 Prémolaires inférieures 97 Molaires supérieures TOTAL Une convocation standardisée et personnalisée par régime et par caisse est adressée au patient. Après deux défauts de présentation à la convocation, l’IS n’est pas étudié. Soixante pour cent des patients ont répondu à la convocation du service médical et 513 actes ont été étudiés. Le délai moyen entre l’exécution de l’acte et l’examen a été de 7 mois _ avec un minimum de 3 semaines et un maximum de 10 mois _. Au total, 206 prémolaires et 307 molaires ont été examinées. Sixty percent of patients have replied to the medical service letters and 513 acts were studied. The mean time between execution of the act and the study was 7 1/2 months with a minimum of 3 weeks and a maximum of 10 _ months. In total, 206 premolars and 307 molars were studied. Résultats Results A partir des 513 dents retenues, 410 obturations ont pu être évaluées (présentes et non couvertes d’une couronne) dont 68,5 % sont réalisées avec de l’amalgame. Un matériau esthétique a été utilisé dans 30,5 % des cas. La répartition des matériaux en fonction de la localisation révèle que les matériaux esthétiques sont préférentiellement utilisés pour les prémolaires mandibulaires et maxillaires (27,2 % des 125 restaurations réalisées avec un matériau esthétique pour ces deux dents). Les amalgames, eux, sont plus souvent utilisés pour les molaires mandibulaires (32,7 % des 281 restaurations à l’amalgame) et maxillaires (26,7 %). Les troisièmes molaires sont dans 96 % des cas restau rées à l’amalgame. Of the 513 selected teeth, 410 obturations could be evaluated (present and not covered by a crown) of which 68.5 % were done with amalgam. An aesthetic material was used in 30.5 % cases. Material distribution with respect to the localisation reveals that aesthetic materials are used preferentially for mandibular and maxillary premolars (27.2 % of 125 restorations using an aesthetic material on these two teeth). Amalgams are most often used on mandibular (32.7 % of 281 amalgam restorations) and maxillary molars (26.7 %). Third molars are usually restored with amalgams. Il n’a pas été établi de liaison significative entre l’importance de la restauration (1, 2, 3 faces) et la nature du matériau. There was no established relation between the degree of restoration (1, 2, 3 sides) and the nature of the material used. Etat de la restauration et de son environnement State of the restoration and its environment Le matériau présentait une fracture dans 8,5 % des 410 obturations observées. cette fracture exposant The material presented a fracture in 8.5 % of the 410 observed obturations. This fracture led to an expo- 180 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 la dentine dans la moitié des cas ce qui constitue un critère de réfection immédiate de l’obturation. Sur les 34 restaurations concernées par les fractures, 30 étaient en amalgame. Les dents concernées le plus souvent sont les molaires mandibulaires. Il est observé également que les obturations 1 face sont moins souvent fracturées que les obturations 2 faces et 3 faces et plus sans qu’il ait été noté pour autant une différence entre ces deux dernières. L’état de surface est non poli dans 37,6 % des cas. Le matériau concerné est l’amalgame dans 96 % des restaurations dont l’état de surface est non satisfaisant, sachant que ce critère est moins facile à évaluer pour un composite. On a noté une fracture de la dent dans 2,7 % des cas. Et dans tous ces cas il s’agissait de restaurations à l’amalgame. Dans 7,8 % des cas une récidive de carie, immédiatement proximale à la restauration, a été observée. Il n’a pas été établi de lien significatif avec les matériaux utilisés, l’importance de la restauration ou encore l’utilisation d’un fond protecteur. sition of dentin in half of the cases which constitutes a criteria of immediate restoration of the obturation. 30 of 34 restoration cases with fractures, were done using amalgam. Mandibular molars were most frequently concerned. It was also noted that one sided obturations were less frequently fractured than two and three sided obturations, without any difference between the last 2. The surface state was rough in 2.7 % cases which were all restored with amalgam. A recurrent carie, approximal to the restoration, was seen in 7.8 %. There was no significant relation to the type of material used, the degree of the restoration or the use of a protective layer. Forme anatomique de la restauration Anatomic shape of the restoration La forme anatomique générale des restaurations est acceptable pour 54 % des obturations. Parmi les 189 obturations jugées non conformes, la grande majorité (131) présentait un défaut occlusal, soit 32 % des obturations observées. Il n’a pas été mis en évidence de relation entre le matériau utilisé et le défaut occlusal (35 % des amalgames et 25 % des matériaux esthétiques). Les défauts occlusaux, vestibulaires, linguaux ou palatins sont retrouvés surtout pour les obturations 3 faces et plus, mais sans liaison avec le matériau utilisé. La crête marginale n’est pas rétablie dans 29,8 % des cas. Ceci est plus souvent observé lorsque la restauration est réalisée à l’amalgame (81 % des obturations présentant un défaut de crête marginale), et pour les obturations de 3 faces et plus. Le débordement cervical a été retrouvé dans 19,7 % des obturations concernées c’est à dire intéressant au moins une face proximale (2 faces ou 3 faces et plus). Dans 91 % des cas le matériau de restauration utilisé était l’amalgame. Suite à l’étude des réponses au questionnaire adressé au praticien il a été évalué que dans 88 % des cas de débordement cervical la matrice a été utilisée, mais le coin de bois dans seulement 47 % des cas. Le point de contact était absent dans 33 % des cas et nécessitait d’être rétabli. Aucune liaison significative n’a été mise en évidence avec le matériau, l’utilisation de la matrice et du coin de bois. The general anatomic shape of restorations was acceptable for 54% obturations. The large majority (131 of 189) of non conformable obturations presented an occlusal defect, involving 32 % of observed obturations. There was no evidence of a relation between the used material and the occlusal defect (35 % of amalgams and 25% of aesthetic materials). Vestibular, lingual or palatine occlusal defects were seen most frequently in three sided or more obturations, but without any relation to the used material. The marginal crest was not recovered in 29.8 % of cases and was most commonly associated with amalgam restorations (81 % obturations presenting a defect of the marginal crest), and three sided or more obturations. Cervical leakage was found in 19.7 % of concerned obturations, that is when at least one approximal side is concerned (2, 3 sides or more). Amalgam was used in 91% cases. The results of questionnaires completed by dentists concluded that in 88 % of cervical leakage, matrix was used, but wood wedges in 47 % of cases only. A contact point was not obtained in 33 % of cases where it was necessary. There was no significant relation with the material used, matrix or wood wedges. 181 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 DENTISTERIE RESTAURATRICE Etanchéité marginale et étanchéité de la restauration Marginal sealing and restoration Il n’y avait pas d’adaptation marginale dans 30 % des cas : la sonde accrochait soit dans le sens dent obturation soit à l’inverse. Ce défaut impose une réfection immédiate dans 10 % des cas car la dentine est exposée. Ce sont principalement les restaurations à l’amalgame qui sont concernées par ce défaut. Un hiatus entre la restauration et la dent a été observé pour 14,2 % des restaurations. Là encore, les restaurations à l’amalgame prédominaient. There was no marginal adaptation in 30 % of cases : the probe got caught from the tooth to the obturation and from the obturation to the tooth. This defect required immediate repair in 10 % of cases since the dentin is exposed. This defect concerned primarily restorations with amalgam. A space between the restoration and the tooth was seen in 14.2 % cases in which amalgam was predominantly used. Occlusion Occlusion N’ont été prises en compte que 331 obturations : celles qui ne sont pas concernées par une restauration prothétique et qui ont un antagoniste. Une sur-occlusion a été retrouvée dans 5,7 % des cas et une sousocclusion dans 20 %. Il n’a pas été établi de liaison avec le matériau utilisé. We studied only 331 obturations : those that did not benefit from a prosthetic restoration and had facing teeth. Over-occlusion was found in 5.7 % cases and under-occlusion in 20 %. There was no relation with the material used. Au terme de cette évaluation il apparaît qu’au bout d’une période moyenne de 7,5 mois, 77,3 % des restaurations (317) présentent une qualité acceptable, c’est à dire ne nécessitant pas de remplacement immédiat mais une surveillance. En revanche 21,7 % ± 4 % des restaurations présentaient un défaut majeur (récidive de carie, exposition de dentine, fracture de la dent ou perte de l’obturation) nécessitant leur remplacement immédiat (URCAM 2002). Following this evaluation, it seems that, after a mean period of 7.5 months, 77.3 % (317) restorations have an acceptable quality, not necessitating immediate replacement but surveillance only. However, 21.7 % ± 4 % restorations had a major defect (recurrent caries, dentin exposure, tooth fracture or obturation loss) requiring immediate replacement (URCAM 2002). Evaluation radiographique Radiographic evaluation Matériel et méthode Material and methods Echantillon radiographique Radiographic sample 352 clichés radiographiques ont été adressés par l’URCAM de Franche Comté à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Paris 5 pour être évalués. Ces clichés ont été réalisés par les praticiens conseils lors de la visite clinique du patient, en fonction de la nature de la restauration et des défauts observés cliniquement. L’observation a été réalisée par deux examinateurs en double insu après avoir organisé une séance de concordance inter-examinateurs. Tous les clichés ont été analysés dans les mêmes conditions (sur un négatoscope, avec un cache noir autour du film radiographique, à l’aide d’une loupe de grossissement X 2). 352 radiographic images were sent for evaluation to the Franche Comte URCAM, at the University of Dental Surgery at Paris 5. These images were obtained by counselling physicians during the patient visit, with respect to the type of restoration and the observed clinical defects. The evaluation was performed by two evaluators who were double blinded, following an inter-evaluators concordance session. All exams were done under the same conditions (using a negatoscope, with a black cover around the radiographic film, and a x2 magnifying loop). 182 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 1 2 Fig. 1 : Mauvaise angulation / Bad angulation. Fig. 2 : Image floue et déformée / Fuzzy and distorted image. La qualité de la radiographie a été évaluée selon les critères de l’ANAES (1996). Elle doit être acceptable et interprétable. Il est précisé s’il s’agit d’une rétrocoronaire ou d’une rétroalvéolaire. Les clichés inacceptables sont exclus de l’étude. Seule la raison de l’exclusion est renseignée. Au total 97 clichés ont été déclarés inacceptables (Fig. 1 et 2) sur les 352 fournis (Tableau 3). En définitive, 255 radiographies jugées de qualité acceptable ont été évaluées (37 % de rétrocoronaires et 63 % de rétroalvéolaires). Pour chacun de ces clichés les obturations sont définies selon la classification SISTA (Lasfargues et coll., 2000) (Fig. 3). Le site 2 est le plus représenté avec 57,90 % des dents radiographiées, alors que ce sont les stades 3 et 4 les plus représentés avec respectivement 22,70 et 29,20 %. Radiographic quality was evaluated using the ANAES criteria (1996). Radiographs should be acceptable and interpretable. It is mentioned if the image is a retrocoronal or retroalveolar. Unacceptable images are excluded from the study. The reason of exclusion only was reported. As a whole, 97 of the 325 images were considered unacceptable (Fig. 1 and 2) (T able 3). Finally, 255 radiographs of acceptable quality were evaluated (37 % retrocoronal and 63 % retroalveolar). For each radiograph, obturations are defined following the SISTA classification (Lasfargues et al., 2000) (Fig. 3). Site 2 is the most frequent with 57.90 % of teeth, whereas sites 3 and 4 are represented by only 22.70 and 29.20 % respectively. Tableau 3 - Motifs de rejet des clichés Table 3 - Reasons for excluding radiographic images Fréquence % Reasons for excluding r adiographic images Radio floue 2 2,1 Cliché trop sombre 4 Cliché trop clair Fr equency % Fuzzy image 2 2,1 4,1 Over exposed 4 4,1 8 8,2 Under exposed 8 8,2 Mauvaise angulation 29 29,9 Bad angulation 29 29,9 Dent non identifiable 2 2,1 Unidentified tooth 2 2,1 Dent non visible sur la radio 3 3,1 Invisible tooth 3 3,1 Restauration non évaluable 3 3,1 Non evaluable restoration 3 3,1 Pas de restauration 13 13,4 No restoration 13 13,4 Dent couronnée 33 34 Crowned tooth 33 34 TOTAL 97 100 TOTAL 97 100 Motifs rejet des clichés 183 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 DENTISTERIE RESTAURATRICE Tableau 4 - Répartition par groupe de dents Table 4 - Distribution by groups Fig. 3 : Classification SiSta (Site 1 : occlusal ; Site 2 : proximal ; Site 3 : cervical). SiSta Classification (Site 1 : occlusal ; Site 2 : proximal ; Site 3 : cervical) Distribution of the studied images by teeth is similar to that seen in the clinical exam (Table 4). La répartition par dents des clichés examinés est similaire à celle de l’observation clinique (Tableau 4). Evaluation criteria Critères d’évaluation ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ Le matériau de restauration utilisé défini par sa radio-opacité : amalgame ou matériau esthétique. La densité au sein du matériau : absence ou présence de vide ou de bulle. L’adaptation à l’interface : la présence éventuelle d’un hiatus d’épaisseur inférieure ou supérieure à 1 mm. Cette image pouvant être due à une récidive carieuse, un défaut de curetage initial de la lésion carieuse, l’utilisation d’un fond protecteur, une mauvaise adaptation du matériau ou l’utilisation d’un adhésif radio-clair. La présence de lésion carieuse, qu’il s’agisse d’une récidive ou d’un défaut de curetage initial, d’une carie sur une autre face ou bien sur la dent adjacente à la restauration. L’adaptation cervicale : correcte, en sous contour ou en sur contour. Le respect du profil d’émergence coronaire. Le rétablissement du point de contact. ■ ■ ■ ■ ■ ■ Résultats ■ The restoration material used is defined by its radioopacity : amalgam or aesthetic material Density within the material : absence or presence of void or bubbles. Adaptation to interface : the eventual presence of a space of 1 mm thickness or more. This image could be due to a recurrent carie, an initial defect in carie cleaning, the use of a protective layer, poor material fitting or the use of a radio-lucent adhesive material. A carious lesion, whether recurrent or due to a defective initial cleaning, a carie on another side or on a teeth adjacent to the restoration. Cervical fitting : adequate, under contour or over contour. Respect the coronal emergence profile. Restored contact point. Results La densité des obturations était correcte pour 64 % des clichés examinés et pour près de 87 % des restaurations de site 2. Seulement 13 % des restaurations présentaient des images de vacuité traduisant un défaut dans la masse. ■ Obturation density was acceptable for 64 % of examined cliché and for almost 84 % of site 2 restorations. Only 13 % restorations presented an image of vacuity indicating a mass defect. 184 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 ■ L’adaptation à l’interface dent-restauration est détaillée dans le tableau 5 : 67 % sont correctes et 26 % ne le sont pas. ■ Adaptation to the tooth-restoration interface is shown in table 5 : 67 % are acceptable whereas 26 % are not. Tableau 5 - Répartition par l’adaptation à l’interface dent-restauration Table 5 - Distribution by adaptation to tooth-restoration interface ADP % ADP % Correcte 67 Acceptable 67 Hiatus<1mm 22 Hiatus<1mm 22 Hiatus>1mm 4 Hiatus>1mm 4 Non évaluable 7 Non evaluable 7 TOTAL ■ TOTAL 100 Lésions carieuses : globalement, 77 % des dents examinées en sont indemnes. ■ 100 Carious lesions : in general, 77 % examined teeth are free of caries. Tableau 6 - Fréquence des lésions carieuses Table 6 - Frequency of carious lesions CAR % CAR % Pas de lésion 77 No lesion 77 Récidive 8 Recurrence 8 Autre face 6 Other side 6 Dent adjacente 4 Adjacent tooth 4 Inconnu 5 Unknown 5 TOTAL ■ 100 TOTAL L’adaptation cervicale est correcte pour la moitié des restaurations de site 2, le défaut le plus fréquent étant un sur-contour. ■ 100 Cervical adaptation is acceptable in half of the restorations of site 2, the most frequent defect being an under-contour. Tableau 7 - Adaptation cervicale Table 7 - Cervical adaptation CER % CER % Correcte 51 Acceptable 51 Sous-contour 10 Under-contour 10 Sur-contour 31 Over-contour 31 Inconnu 8 Unknown 8 TOTAL ■ TOTAL 100 Respect du profil d’émergence : égale proportion de respectés et de non respectés. ■ 100 Respect the emergence profile : equal proportion of respected and disrespected. 185 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 DENTISTERIE RESTAURATRICE Tableau 8 - Profil d’émergence Table 8 - Emergence profile PFE % PFE % Correct 46 Acceptable 46 Non respecté 46,5 Non respected 46,5 Inconnu 7,5 Unknown 7,5 TOTAL 100 TOTAL 100 ■ ■ ■ Le point de contact avec la dent adjacente est reconstitué pour 77 % des restaurations de site 2. Si l’on discrimine les familles de matériaux, on s’aperçoit que : - pour les obturations à l’amalgame : 72 % ont une adaptation à l’interface correcte, 77 % reconstituent le point de contact et 74 % respectent le profil d’émergence. Seulement 54 % des restaurations s’adaptent correctement au niveau cervical et 35 % sont en sur-contour, - pour les matériaux esthétiques, on a noté respectivement 54 %, 54 % et 44 %. Soixante six pour cent des obturations respectent le critère d’adaptation cervicale avec 26 % en sous contour. Corrélation entre le non respect du profil d’émergence et le stade : plus le stade de la lésion et le volume de la restauration sont importants, moins le profil d’émergence est respecté. ■ ■ ■ En résumé The contact point with the adjacent tooth is obtained in 77 % of site 2 restorations. If we differentiate types of materials, we notice that : - for obturations using amalgam : 72 % have an acceptable adaptation to the interface, 77 % recover the contact point, and 74 % respect the emergence profile. Only 54 % are well fitted at the cervical level and 35 % are over-contoured, - for aesthetic materials, we have reported 54 %, 54 % and 44 % respectively. Sixty-six percent obturations respect the cervical adaptation criteria with 26 % in under-contour. Correlation between disrespect of the emergence profile and the stage : the more advanced the lesion stage and the restoration volume are, the less respected the emergence profile was. In summary Sur l’échantillon de clichés fournis, 28 % étaient jugés comme inacceptables selon les critères de l’ANAES. Sur les 255 clichés évalués, 13,5 % des clichés correspondaient à des obturations inacceptables selon l’observation radiographique, c’est à dire présentant soit : ■ une récidive de carie ■ une exposition dentinaire (sous contour proximal, fracture de l’obturation) En clinique le taux de restauration nécessitant un remplacement à court terme était de 21 %. For the radiographic sample, 28% were judged to be unacceptable with regards to the ANAES criteria. For the 255 evaluated images, 13.5 % corresponded to unacceptable obturations with respect to the radiographic evaluation, in which case they had either : ■ recurrent carie ■ dentin exposure (approximal under contour, obturation fracture). The % of clinical restorations necessitating short-term replacement was 21. Discussion Discussion De nombreuses études sur la longévité clinique des restaurations ont déjà été publiées (Mainhart et Hickel, 2000 ; Mjör et Moorhead, 1998). Elles visent à définir un taux d’échec moyen annuel en fonction du matériau et de la technique utilisée. Les praticiens fran- Several studies on restorations longevity have already been published (Mainhart and Hickel, 2000 ; Mjör and Moorhead, 1998). Their objective was to determine a mean annual failure rate with respect to the material and technique used. French dentists prefer 186 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 çais privilégient l’amalgame pour les restaurations postérieures, bien que sa prévalence diminue avec les années (Matysiak et coll., 2002). L’étude à laquelle nous avons participé le confirme avec 68,5 % de cavités obturées par ce matériau. Bien qu’il ait fait ses preuves depuis plus de 100 ans, l’amalgame voit son usage se restreindre en raison de préoccupations environnementales et esthétiques. Les causes d’échec des amalgames se répartissent en deux groupes : celles liées au matériau lui-même (fractures, limites, contours cervicaux) et celles liées aux caries récurrentes ou aux fractures des tissus dentaires (Bauser et Lasfargues, 2000 ; Mjör 1998 ; Mjör 1997 ; Mjör et Moorhead, 1998 ; Mjör et coll., 2000). Pour Manhart et Hickel (2000), le taux d’échec annuel moyen des obturations à l’amalgame dans la littérature internationale s’échelonne de 1,1 à 3,7 % en fonction de la méthode statistique retenue. Deux études menées à l’initiative des URCAM des régions Rhône Alpes (Matysiak et coll., 2002) et Franche Comté font état de résultats bien plus défavorables à court terme. De 17,6 % à 6 mois en moyenne pour l’une, à 23,2 % à 7,5 mois pour l’autre, des obturations observées nécessiteraient une réfection immédiate. L’amalgame est le matériau le plus souvent incriminé, contrairement à sa réputation de meilleure tolérance de mise en œuvre. Force est de constater que ces mauvais chiffres sont imputables aux protocoles opératoires mis en œuvre, en particulier la forme des cavités et les méthodes de coffrage choisies (Toumelin-Chemla et Amouyal, 2000). amalgam for posterior restorations, although its prevalence diminishes with time (Matysiak et al., 2002). Our study confirm these results with amalgam use in 68.5 % of obturated cavities. Despite all the evidence brought about for the past 100 years, the use of amalgam has been decreasing due to environmental and aesthetic concerns. Reasons of amalgam failure are divides in two groups : factors related to the material (fracture, limitations, cervical contours), and factors related to recurrent caries or fractures of dental tissues (Bauser and Lasfargues, 2000 ; Mjör 1998; Mjör 1997 ; Mjör and Moorhead, 1998 ; Mjör et al., 2000). For Manhart and Hickel (2000), the mean annual failure rate reported from the use of amalgam in the international literature varies from 1.1 to 3.7 %, in function of the used statistical method. Two studies conducted by the URCAM of Rhône Alpes (Matysiak et al., 2002) and Franche Comté report less favourable short term results. A mean of 17.6 % at 6 months to 23.2 % obturations at 7.5 months respectively required immediate repair. Amalgam is most frequently incriminated in such cases in contrast to its reputation of better tolerance upon use. One should consider that such poor numbers are imputable to the operating protocols, and especially the cavity design and the chosen boxing method (Toumelin-chemla and Amouyal, 2000). Les obturations au composite affichent de meilleurs scores cliniques pour ces deux études, alors que la littérature internationale établit un taux d’échec annuel moyen supérieur à celui de l’amalgame : de 2,1 à 3, 3 % en moyenne (Manhart et Hickel, 2000). Le collage de ces matériaux aux tissus dentaires améliore certainement les résultats à court terme, malheureusement sans aucune garantie de succès à plus long terme. In these two studies, obturations using composite present better clinical scores, when the international literature reported a higher mean annual failure rate : by a mean of 2.1 to 3.3 % (Manhart and Hickel, 2000). Bonding of these materials to dental tissues improves short term results, without any guarantee of long-term success. Considering the radiographic data only, our study shows superiority of amalgam over aesthetic materials for 3 of 4 criteria : interface adaptation, restore the point of contact and emergence profile. Only the cervical adaptation is more respected by aesthetic materials. As boxing methods were not used systematically by all dentists, results should be put in relation to the administration and application, stratified by the used material. Si l’on s’en tient à une stricte étude radiographique, notre étude montre une supériorité de l’amalgame sur les matériaux esthétiques pour 3 critères sur 4 : adaptation à l’interface, reconstitution du point de contact et profil d’émergence. Seule l’adaptation cervicale est mieux respectée pour les matériaux esthétiques. Les moyens de coffrage n’ayant pas été systématiquement mis en œuvre par les praticiens, ces résultats sont plus certainement à relier au mode de prise et d’application par stratification du matériau utilisé. La comparaison des résultats radiographiques aux résultats cliniques montre l’intérêt de la prise d’un cliché pour le dépistage d’une mauvaise adaptation cervicale de l’obturation (Haak et coll., 2002 ; Kaleka 2001 ; Kandemir 1997 ; Kells et Linden, 1992 ; Kidd et Pitts, 1990 ; Lang et coll., 1983 ; Mjör et Ryge, 1981). Comparison of radiographic results to clinical results shows interest in obtaining radiographic images in the prevention of poor cervical fitting of the obturation (Haak et al. 2002 ; Kaleka 2001; Kandemir 1997 ; Kells and Linden, 1992 ; Kidd and Pitts, 1990 ; Lang et al., 1983 ; Mjör and Ryge, 1981). This criterion is unde- 187 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 DENTISTERIE RESTAURATRICE 4 Fig. 4 : Echec manifeste du traitement : obturations débordantes, reprise de carie sous obturation, caries non traitées. Treatment failure : overhanging obtura tions, carie retreatment under obtura tion, untreated caries. L’examen clinique sous estime largement ce critère. Il faut toutefois modérer ce résultat en considérant que l’échantillon radiographique n’a pas été choisi de façon aléatoire. Lors de l’examen clinique les clichés ont vraisemblablement été réalisés lorsqu’il y avait un doute sur l’adaptation proximale des restaurations, cette zone étant difficilement évaluable dans certains cas (Poorterman et coll., 1999). L’étude des lésions carieuses sur les clichés a mis en évidence qu’environ 8 % des dents traitées présentaient une récidive carieuse et que des caries étaient observées sur une autre face de la dent dans 6 % des cas. Au total 1 dent sur 7 n’a donc pas été traitée intégralement, certainement à cause d’un manque de dépistage par cliché rétrocoronaire préopératoire (Dove 2001 ; Espelid et Tveit, 1986 ; Espelid et Tveit, 1986 ; Gröndahl 1989 ; Kidd 1989) (Fig. 4). L’étude de la forme anatomique des restaurations a été limitée au seul profil d’émergence, sur les clichés, et uniquement pour les sites 2. Nos résultats, mis en corrélation avec le volume de la restauration concernée, ont montré que plus les restaurations étaient importantes moins il était respecté : 58 % des restaurations concernées sont référencées comme étant de stade 4 et 30 % de stade 3. A contrario le rétablissement du point de contact interproximal ne peut se juger de manière fiable que par un examen clinique. Extrapoler les résultats obtenus à la France entière, même si l’analyse d’une étude comparable réalisée en région Rhône-Alpes a donné des résultats similaires (Matysiak et coll., 2002) constituerait un biais méthodologique. La représentativité de l’échantillon, est cantonné à une région : la Franche-Comté. Le principal écueil de cette étude est la non utilisation systématique d’angulateurs lors de la prise des clichés par les Praticiens Conseils, malgré les consignes données lors des réunions préalables (Espelidi et Tveit, 1986). Ceci explique le taux élevé de clichés non acceptables : 28 % des clichés fournis. restimated by the clinical exam. We should however reconsider this result in the light of the fact that the radiographic sample was not randomly chosen. Radiographic views were probably obtained during clinical exams, when doubt was raised concerning approximal fitting of restorations, and this zone being difficult to evaluate in some cases (Poorterman et al., 1999). The radiographic study of carious lesions have shown that around 8 % of treated teeth had a recurrent carie, and that 6 % of cases developed a carie on a different side. As a whole, 1 for 7 teeth was not totally cleaned ; this fact is probably explained by the lack of detection on preoperative radiographs (Dove 2001 ; Espelid and Tveit, 1986 ; Gröndhal 1989 ; Kidd 1989) (Fig. 4). Radiographic study of the anatomic design of restorations was limited to the emergence profile and site 2 only. With respect to the volume of the restoration, our results have shown that larger restorations are correlated to a less respected emergence profile : 58 % and 30 % of concerned restorations are classified as stage 4 and 3 respectively. On the contrary, restoration of the interproximal contact point can only be evaluated by a clinical exam. Extrapolating the results obtained to the entire country, despite similar results obtained with the same study performed in Rhône-Alpes (Matysiak et al., 2002) would constitute a methodologic bias. Sample representativity is limited to one region: Franche-Comté. The principal issue with this study is the lack of systematic use of image holders by the counselling dentists, despite study guidelines at the first visit (Espelidi and Tveit, 1986). This explains the elevated proportion (28 %) of rejected images. 188 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 Conclusion Les résultats de cette étude, réserves étant faites sur la représentativité de l’échantillon et les conditions spécifiques de l’enquête, mettent en exergue un problème de santé publique majeur et doivent interpeller tous les acteurs de la profession : Universités, caisses d’Assurance Maladie, organismes professionnels, tutelles. Les taux d’échecs relevés sont très importants et nettement au dessus des données de la littérature internationale. Le préjudice pour la santé bucco-dentaire de nos concitoyens est réel dans la mesure où un nombre mineur d’obturations examinées répondaient positivement à l’ensemble des critères retenus. Ce non respect des critères de bonne pratique appelle plusieurs remarques : ■ l’absence de référentiel précis des actes de la nomenclature actuelle, qui sera peut-être comblé par la future CCAM, est regrettable, ■ les conditions d’exercice actuelles des praticiens ne sont plus en accord avec les dernières exigences médicales requises, en particulier à cause du carcan d’une nomenclature des soins inadaptée et obsolète, ■ et, corollaire du dernier point, le temps nécessaire à la mise en œuvre des matériaux n’est plus compatible avec les honoraires opposables de la nomenclature des soins. Cependant, il est clair que la formation des praticiens souffre d’un certain nombre de lacunes qui devront à l’avenir être comblées, que ce soit pendant la formation initiale ou au cours de la formation continue, avec à la clef, l’organisation d’une mise à niveau périodique. Les efforts et les succès obtenus par d’autres pays européens en matière de prévention et de diminution de la prévalence de la carie ne se retrouvent pas en France, et c’est un des échecs de notre système de santé. Enfin, l’éducation des patients mérite aussi d’être améliorée. Il est significatif de constater que 70 % des obturations concernent plus de deux faces en clinique et que près de 50 % des restaurations sont des stades 3 et 4 sur les clichés. Cela démontre une consultation tardive de la part des patients et la nécessité de promouvoir la prévention et la dentisterie préventive dans notre pays. The study results, with its limitations in terms of a representative sample and the specific conditions of the investigation, put into evidence a major public health problem which should alert all concerned professionals : universities, health Insurance, professional organisms, trusts. The reported failure rates are very important and higherthat data from the international literature. The prejudice to our fellow citizens bucco- dental health is real as a small number of studied obturations fit positively with the group of selected criteria. This disrespect of good clinical practice leads to several comments : ■ lack of a precise reference system of the current acts, which might be completed by the CCAM in the future, ■ current clinical dental practice does not fulfil the most recent medical requirements, especially with an obsolete and inadequate referral system, ■ and, in relation to the latter, the time required formaterial application is not compatible with the current honorarium. However, it is evident that dentists training programs suffer from many gaps, which should be filled in the future with different methods, during the initial training or continuing medical education, with an organised periodic levelling. Efforts and successes seen in other european countries, in terms of prevention and a decreased number of caries, are not witnessed in France, signing a failure of our health care system. Finally, patients education deserves to be improved. It is important to note that 70 % of obturations concern two or more sides in clinical practice and around 50 % of restorations are stage 3 or 4 on radiographic images. This denotes late consultation by patients and the need to promote prevention and preventive dentistry in our country. Remerciements Les auteurs remercient chaleureusement Mme le Docteur M.F. Chamodot ainsi que tous les Praticiens Conseils de l’URCAM de Franche Comté pour leur collaboration à cette étude. Traduction : Zeina ANTOUN Demande de tirés-à-part : Pr. J.J. LASFARGUES - Faculté de Chirurgie Dentaire - 1, rue Maurice Arnoux - 92120 Montrouge - FRANCE. 189 Revue d’Odonto-Stomatologie/septembre 2004 DENTISTERIE RESTAURATRICE Agence Nationale pour le Développement de l’Evaluation Médicale (France) : ANDEM Recommandations et Références dentaires 1996/ANDEM, service des références. ISBN 2-910653-25-0 LASFARGUES J.-J. Evolution des concepts en odontologie conservatrice: Du modèle chirurgical invasif au modèle médical préventif. – Inform dent (Paris) 40, Nov.1998. BAUSER A., LASFARGUES J.-J. Critères de remplacement et de réparation des restaurations coronaires.- Réalités Clin 2000;11: 247-261. MANHART J., HICKELR. Longévité clinique des restaurations postérieures. Réalités Clin 2000;11(3):477-498. DOVE S.B. Radiographic diagnosis of dental caries. 2001;65:985-990. MATYSIAK M., GRADELETJ., VIGNEAU F., LATTIER G., NAKACHE P., GUILLAUD M., CANTAGREL R., GALLIOTM. 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