Yinka Shonibare
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Yinka Shonibare
Yinka Shonibare Né à Londres le 10/02/1962, Yinka Shonibare est un artiste plasticien d'origine nigérienne. Issu d'une famille aisé, à l'âge de 3 ans il rentre vivre au Lagos. Il retournera en GrandeBretagne à 16 ans pour passer son bac. Une fois diplômé, il s'inscrit dans une école d'art "Goldsmiths College". Durant ses études, vers l'âge de 17 ans, il contracte la Myélite Transverse (syndrome neurologique causé par l'inflammation de la moelle épinière) qui le rend handicapé à vie. En 2004, il est nominé pour le Turner Prize et s'est vu décerner la plus haute distinction britannique "Membre de l'Empire britannique" qui lui permit de transformer son nom en Yinka Shonibare MBE. L'une de ces sculptures "Nelson's ship in a bottle" est exposé sur le site Fourth Plinth à Trafalgar Square à Londres. La fabrication du tissu wax-print provient du mélange de techniques d’origines indonésiennes, hollandaises, et ouestafricaines. Retour en arrière à l’époque des colonisations ! Au XIXème siècle, des soldats du Ghana combattent en Indonésie pour le compte des Hollandais. Ils remportent chez eux des étoffes de batik. Le succès est immédiat et la Hollande, puis rapidement l’Angleterre, se lancent dans la production industrielle, à destination du marché africain, via le Ghana. Jusqu’en 1960, ils ont le monopole de la production et vente de tissu wax (=cire en anglais) en Afrique de l’Ouest. C’est seulement dans les années 60 que les africains commencent à créer leurs propres usines, grâce au président du Ghana de l’époque : Kwame N’Krumah. Ce dernier met en place au Ghana des droits de douane prohibitifs avec l’objectif d’inciter à la consommation locale. Mais la conséquence directe est que les néerlandais se tournent vers le Togo qui démarre à son tour l’import. La lutte est difficile contre la concurrence du tissu wax anglais et du tissu wax hollandais. Et entre temps, s’ajoute la concurrence du tissu wax chinois dont le prix défie toute concurrence mais dont la qualité semble heureusement encore laisser à désirer … La fragilité politique et économique de ces pays africains ne leur permet pas d’avoir une stabilité de production comme celle des grandes marques européennes. Ils n’ont pas non plus fait le choix de protéger leurs industries locales en augmentant les taxes d’import, comme l’a fait l’Indonésie début 1900 (source Melinda Ozongwu, http:// www.thisisafrica.me/). Il est envisageable d’assister à la disparition du wax africain si nous n’agissons pas. La réalité est d’ailleurs que la plupart des usines encore installées en Afrique sont en partie possédées par des hollandais, anglais, indiens ou chinois… Malgré cela, soutenir les usines basées en Afrique permet de conserver leur emploi et leur savoir-faire. A travers divers supports dont la peinture, la sculpture, la photographie et, plus récemment, le cinéma et la performance, il explore les questions du colonialisme et du post-colonialisme en incluant les notions de race et de classe. Sa réflexion commença avec la question de l'identité lorsqu’étudiant, on lui suggère d'exprimer davantage ses racines dans son travail. Il s'amuse alors à juxtaposer des images d'objets du British Museum avec des appareils électroménagers et défie le spectateur de le situer dans l'un ou l'autre de ces registres. Au début des années 90, il se sert du tissu africain pour remplacer la toile. Puis sa démarche pris toute sa signification lorsqu'il introduit le tissu wax dans l'univers victorien en habillant la bourgeoisie qu'il représente par des mannequins sans tête. Dans son installation Victorian Philanthropists Parlour (1996-1997), présentée à l'exposition Africa Remix en 2005 au Centre Pompidou, il reprend un goût typiquement anglais qui consiste à reproduire à l'identique des intérieurs d'époque. Shonibare tapisse les murs et recouvre le mobilier de tissu africain, induisant ainsi une atmosphère de réalité coloniale sur laquelle s'est construite la bourgeoisie anglaise. Il évoque la notion d'authenticité, en rappelant que ce tissu a été manufacturé en Angleterre et en Hollande au XVIIIe siècle pour le marché ouest-africain. Il s’agit pour l’artiste de reprendre des codes vestimentaires européens et de les retranscrire avec du pagne africain. Son propos va bien audelà du simple vêtement, et réinterroge les relations entre anciens pays colonisés et anciens pays colonisateurs aujourd’hui; de leur héritage dans la culture africaine postcoloniale, mais aussi de l’empreinte de l’Afrique sur ces pays colonisateurs. Cependant, revenir sur le passé, prendre partie, n’est pas le but de sa pratique. Son travail s’impose comme un constat ; où en est aujourd’hui la relation entre ces cultures ? Peut-on réellement parler d’assimilation d’une culture par l’autre, ou bien persiste- t- il encore des différences?" Fragonard, Les progrès de l'amour, La lettre d'amour, 1771/1773 Fragonard, Les hasards heureux de l'escarpolette, 1767/1769 Fabrication du tissu wax La fabrication du wax reprend la technique du batik traditionnel, mais de façon mécanique. Une réserve de cire est appliquée dans les interstices de 2 rouleaux de cuivre ‘sculptés’ selon les motifs à appliquer. L’étoffe, ainsi protégée par des motifs de cire est trempée dans une teinture à l’indigo, puis exposée à l’air. Les couleurs secondaires sont ensuite appliquées à la main ou imprimées directement avec des planches. Cette technique d’impression permet à l’étoffe de baigner dans la teinture, le wax est aussi éclatant au recto qu’au verso, sans envers, ne déteint pas et ses couleurs ont une tenue exceptionnelle.
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