L`image - Collège Paul Langevin d`Elne
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L`image - Collège Paul Langevin d`Elne
HDA - méthodologie Lecture d’une œuvre picturale en 4 étapes 1° Présentation proprement dite de l’œuvre donner les références le titre de l’œuvre + auteur situer rapidement l’œuvre dans le temps (date de création + contexte historique global) dimensions de l’œuvre + lieu de conservation technique utilisée (huile, pastel, collage...) + support (fresque, toile, ...) 2°)) Proposer une biographie rapide de l’auteur, orientée vers l’histoire de l’œuvre ( + Mouvements artistiques, courant...) 3°)) Décrire « Ce que je vois …» a. Peinture figurative ? Non figurative ? b. Le thème (scène religieuse, scène de la vie quotidienne, scène historique ou mythologique, portrait, marine, nature morte, paysage, allégorie, nu) c. Selon le cas, décrire : les personnages, les objets, les attitudes, le mouvement, le décor en ordonnant la description (1er plan, 2ème plan, arrière-plan) d. Les techniques utilisées : Les lumières / les ombres ; les couleurs ; les textures La composition, composition le cadrage, cadrage les formes géométriques, géométriques la touche (coups de brosse, trace pinceau, aplat, empâtement...) 4°)) Interpréter « Ce que je comprends... » - Les associations d’idées, impressions - Les symboles - Le message Exemple d’étude… « Arearea » de Paul GAUGUIN 1° Présentation proprement dite de l’œuvre : donner les références le titre de l’œuvre + auteur « Arearea » traduit du Maori par le peintre « Joyeusetés » Paul GAUGUIN dimensions de l’œuvre + lieu de conservation 94 cm x 75 cm ; Musée d’Orsay Paris situer rapidement l’œuvre dans le temps (date de création + contexte historique global) 1892. France = puissance coloniale ; IIIème République ; « La belle époque » technique utilisée + support Huile sur toile (pigments mélangés à de la cire + toile de chanvre non apprêtée) 2°) Proposer une biographie rapide de l’auteur, orientée vers l’histoire de l’œuvre Naissance : Paris, 1848 / Décès : Autuona (Iles Marquises), 1903 Ancien marin, grand voyageur : depuis la Bretagne jusqu’en Polynésie en passant par l’Amérique latine. Pour fuir la civilisation occidentale et ses valeurs artificielles, conventionnelles, mercantiles et par attirance des peuples dits « primitifs », à la recherche d’un modèle social idéal, il arrive en Polynésie en 1891, à Papeete. Dégoûté par la petite société coloniale qu’il y côtoie, il s’installe au sud de l’île, loue un faré (case), apprend la langue maori, vit avec une tahitienne (Tehura) qui devient son principal modèle. Il n’a pas d’argent. Il peint des scènes de vie quotidiennes, des motifs décoratifs. Il recherche et retranscrit les coutumes, les anciennes croyances. Il produit beaucoup : plus de 60 tableaux + sculptures + céramiques + 2 ouvrages recensant la culture maori. Il veut donner à la peinture une dimension spirituelle : primauté de l’idée + retrouver les sources primitives de l’art. A la fin de sa vie il défend en vain, le droit des indigènes contre l’administration coloniale toute-puissante. Précurseur, il a fortement influencé les peintres et sculpteurs du 20ème siècle : Derain, Picasso, Modigliani... Par sa conception subjective de la couleur, il a marqué le Fauvisme. 3°) Décrire => « Ce que je vois …» a. Peinture figurative b. Le thème : Scène de vie quotidienne (en apparence) ; sorte de calme pastorale exotique. c. Description A droite : Au pied d’un arbre de la famille des hibiscus, 2 femmes assises : une en blanc, l’autre en bleu avec poitrine découverte ; elle joue de la flûte. Cheveux noirs, peau cuivrée. Au 1er plan, inférieur gauche : un chien jaune orangé flaire le sol. Derrière, un espace coloré qu’on ne peut identifier clairement : plage ? rivière ? champ ? A l’arrière plan, supérieur gauche : 3 femmes dansent devant une statue. La taille des personnages diminue vers l’horizon => perspective En bas à droite : le titre du tableau en toutes petites capitales noires « AREAREA » + signature du peintre à demi effacée (tradition de la peinture classique : on dédicace le tableau, on commémore un événement ou on soutient la narration avec ce procédé.) Le titre devient une composante principale du tableau, rédigé en langue maori. d. Les techniques utilisées : Les lumières / les ombres ; les couleurs ; les textures Dessin au pinceau, puis aplats (seul le corps des 2 femmes => ombrage => relief) Couleurs saturées + denses + riches : mauve, bleus, verts, jaune, ocre, rouge orangé, rouge vif, marron violacé, noir, blanc. Couleurs réalisées avec des pigments purs + cire => aspect brillant Couleurs utilisées pures mais souvent mélangées. Pas d’ombre (hormis sur le corps des 2 femmes) La toile ( gros tissage de chanvre) apparaît => donne de la texture au tableau. La composition, le cadrage, les formes géométriques, la touche Lignes marquées : ex : verticale de l’arbre, l’horizon... Ligne d’horizon au niveau du regard de la femme en blanc => point de vue à hauteur d’un spectateur assis sur l’herbe face à elle. Couleurs étalées par aplats. Zones bordées, délimitées par de petites touches comme un patchwork, effet de brin de laine sur tapisserie ou pièces de tissu assemblées par couture apparente. 4°) Interpréter => « Ce que je comprends... » Le titre « Arearea » marque une volonté d’information ethnographique + dimension narrative ou philosophique => cela crée de la distanciation par rapport à ce qui est montré. « Joyeusetés » évoque le temps de la jeunesse et de l’insouciance mais en fait ce titre paraît bien énigmatique car la tonalité du tableau va vers le grave, le nocturne : tonalité quasi religieuse. Ex : Colliers traditionnels => rites Mélange donc d’une scène de la vie quotidienne avec des éléments plus difficiles à comprendre. La surface colorée abstraite de la rivière. Comment l’interpréter? Annonce de l’art nouveau avec ce motif décoratif ? « Tout est calculé, modifié largement » dit Gauguin. => Il ne faut pas chercher la réalité mais chercher à faire penser. L’image est trompeuse car Gauguin n’a pu voir semblable scène : femmes à la poitrine dénudée interdites à partir du 19ème siècle par les missionnaires chrétiens + anciennes idoles et statues, sanctuaires, détruits sur l’île. Tableau à connotation ethnographique et religieuse : La statue = idole, divinité ancestrale + danse des femmes, à teneur érotique. La femme en bleu devrait jouer du vivo (flûte nasale) (= coutume ancienne, modernisée pour plus de compréhension par une flûte buccale.) Elle joue à l’intention de la femme en blanc. Mais est-ce une femme ? Caractère androgyne du personnage ; n’a pas la poitrine nue ; position du lotus ; robe blanche (= pureté). Respect exprimé par la femme en bleu + la tête du chien, inclinée. => Ce personnage en blanc est un bouddha qui prend à témoin le spectateur en le regardant droit dans les yeux. Le chien = Pgo = Paul Gauguin lui-même (= animal totémique du peintre : « Ce malgré moi de sauvage » comme il le disait lui-même) Décor exotique, primitif, édénique + Exploration de la mythologie maorie. La construction du tableau montre un assemblage d’éléments comme la langue maori qui procède par métaphore, image, collage. (Cela rappelle les 2 ouvrages, écrits par Gauguin, recensant les coutumes maori, mélangeant textes et croquis.) => Ce tableau réunit dans un même cadre des histoires multiples au sens ambigu. But = laisser les questions ouvertes face à la contemplation de la peinture. Faire penser. Conclusion : Tableau apparemment simple (sujet ethnographique) mais en fait, qui porte une réflexion philosophique et mystique. M M-D
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