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Otto Dix : Les joueurs de cartes, 1920 Présentation Auteur : Otto Dix, peintre, dessinateur et graveur allemand (189-1969) Nature : peinture à l’huile Date : 1920. Contexte : Au début des années 1920, les Etats n’ont pas peur de montrer la dévastation physique laissée par la guerre, à la fois par fierté et par devoir de mémoire. La laideur, jusque-là cachée par la censure, a été récupérée par les discours officiels et les associations d’anciens combattants. Au Congrès de Versailles en janvier 1919, Clemenceau fait aligner quelques "gueules cassées" devant les délégués allemands pour montrer les conséquences humaines de la guerre et susciter en eux un sentiment de culpabilité. Idée principale : les mutilés de guerre Localisation : Galerie nationale, Berlin. Technique et style Huile sur toile à l’eau avec des traits nets et collage, 110 x 87 cm Le peintre a d’abord été marqué par le romantisme, puis par des tendances expressionnistes. Il est profondément bouleversé par la guerre de 14-18 où il a été soldat. La guerre change radicalement le style de ses œuvres. Il participe en 1920-1922 à l’exposition Dada, courant qui vise à détruire les normes esthétiques et le langage. Il y critique violemment la société bourgeoise et la politique. Entre 1922 et 1929, il adopte une technique réaliste avec des marques d’expressionnisme à des fins caricaturales et dramatiques Description Cette scène se passe en 1920 après la première guerre mondiale en Allemagne (on aperçoit des journaux allemands à l’arrière-plan). • Trois "gueules cassées" qui jouent aux cartes. Les joueurs de cartes portent la "Croix de fer" : c’est une décoration qui distinguait les combattants qui avaient eu un comportement héroïque lors du combat. Les trois personnages jouent dans une pièce sombre. • Couleurs sombres telles que le noir, le marron au fond de la scène. Les personnages sont mis en évidence par des couleurs plus vives telles que le blanc, le bleu et la couleur de leur peau • Les soldats sont des pantins défigurés et démembrés, mutilés par les armes de guerre. Dans "Les joueurs de cartes", le décalage entre la banalité de la situation (le jeu) et l’aspect monstrueux des joueurs est frappant (un joueur tient la carte avec son pied). Interprétation de l’œuvre Ces 3 personnages incarnent les conséquences de la guerre : le sacrifice humain. En l’occurrence celles sur les combattants rescapés mais surtout mutilés. La souffrance n’est pas seulement physique, elle est aussi morale. Ils ont été les témoins de la guerre, ils en souffriront toute leur vie bien que la guerre soit finie et ce n’est pas une simple récompense qui leur fera oublier les années passées sur leur champ de bataille. Le fait qu’un autre porte fièrement la croix de fer à sa veste est sans doute une critique du peintre à l’égard d’un nationalisme excessif. Otto Dix dénonce en effet ce comportement de certains anciens combattants qui, au lieu de tirer des leçons de la guerre, ressassent des rancœurs et refusent ainsi le pacifisme. Otto Dix refuse la récupération dramatique et patriotique des traces de la souffrance militaire. Cette grande toile a fait scandale par sa violence insoutenable mais aussi parce qu’elle dénonce l’absurdité de la guerre Otto Dix : Triptyque de la guerre, 1929 - 1932 Présentation Auteur : Otto Dix, peintre, dessinateur et graveur allemand (189-1969) Nature : peinture à l’huile Date et contexte : « La Guerre » est une œuvre datée entre 1929 et 1932 c'est à dire plus de dix ans après l'armistice et la fin de la guerre 14-18. Contexte : voir étude précédente Idée Prinicipale : Otto Dix a réalisé ce grand triptyque aujourd'hui exposé à Dresde ( 204x204 cm pour le panneau central, 204x102cm pour les panneaux de côté ) pour rappeler l'extrême brutalité de la première guerre mondiale et la sauvagerie que les soldats ont subi durant le conflit Dimension : panneau central 204x204 cm, panneaux de côté 204x102 cm Technique et style Huile sur toile à l’eau avec des traits nets et collage, 110 x 87 cm Le peintre a d’abord été marqué par le romantisme, puis par des tendances expressionnistes. Il est profondément bouleversé par la guerre de 14-18 où il a été soldat. La guerre change radicalement le style de ses œuvres. Il participe en 1920-1922 à l’exposition Dada, courant qui vise à détruire les normes esthétiques et le langage. Il y critique violemment la société bourgeoise et la politique. Entre 1922 et 1929, il adopte une technique réaliste avec des marques d’expressionnisme à des fins caricaturales et dramatiques Cette œuvre composée de trois panneaux principaux est appelée triptyque, elle rappelle la forme des retables de la Renaissance que le peintre n'a pas choisie par hasard puisqu'il évoque avec son triptyque une œuvre majeure de la Renaissance : Le retable d'Issenheim de Mathias GR NEWALD Ü où il est question de mort et de souffrance puisque le panneau central de celui-ci est la représentation d'une crucifixion. GRÜNEWALD choisit de peindre sans rien voiler de la déchéance du corps crucifié : corps amaigri, déformé, creusé par la douleur, chairs grises et meurtries par les clous. Le triptyque « La guerre », peint sur bois, est exécuté dans leur style, avec une minutie réaliste extrême : représentation morbide des chairs putréfiées, des vers et de la gangrène. Description et composition Le tableau s’organise en 4 parties : panneau central, 2 panneaux latéraux, une prédelle - Le panneau central o reprend la composition de « la tranchée », o une vision d'épouvante où un soldat, le visage recouvert d'un masque à gaz, demeure seul vivant dans une tranchée effondrée, près d'un abri renversé. o Des cadavres achèvent de pourrir alors qu'un squelette est demeuré accroché à la branche d'un arbre. o Jusqu'aux cieux qui inquiètent : des nuées, de la brume, des tourbillons rougeâtres y circulent comme des signes de la catastrophe qui étend son empire à la nature entière. o un arrière plan occupé par la représentation de ruines : vestiges d'habitations brûlées, détruites, paysage désertique au sein duquel aucune trace de présence humaine ne subsiste. Le témoignage des ravages causés par les bombardements est saisissante o Au premier plan c'est la tranchée dans toute son horreur et sa bestialité qui est évoquée : (en bas à droite) amoncellement de corps déchiquetés (bombardements) surplombé par un gisant, un cadavre aux yeux vides, à la bouche béante (ouverte) à la peau parsemée de pustules qui renvoie au retable d'Issenheim de Mathias Grunewald. Ce cadavre tend une main, dernière tentative désespérée pour obtenir l'aide des vivants dans un univers où toute humanité a disparu... o A gauche de l'image un unique survivant assiste à la scène, comme statufié par sa grande cape qui le prive de ses bras (et donc de toute action).Le visage et le regard sont dissimulés par son masque à gaz. Est ce un homme ? Un fantôme ? Une machine de guerre ? C'est un personnage passif et sans identité précise, pétrifié par l'horreur dont il est le témoin. La guerre l'a privé de toute humanité. - Les panneaux latéraux o figurent le départ vers le front et le retour de deux blessés. o Dans le panneau de gauche des soldats représentés de dos en uniforme portant sac au dos et baïonnettes, les armes et les casques portés par les soldats de la guerre de 14-18 ils marchent dans la brume épaisse comme une armée de fantômes sans visage, sans identité, sans avenir, sans espoir. Au dessus de leur tête le ciel est menaçant. o Panneau de droite : un soldat transportant dans ses bras un camarade blessé qui semble être un autoportrait d'Otto Dix lui-même. C'est le seul qui fait face au spectateur et qui avance vers le premier plan et il est également l'unique personnage de cette scène qui ne porte pas l'uniforme complet du soldat : ni casque, ni masque, ni arme - La prédelle (panneau du dessous) o des cadavres allongés sous une toile de tente. o représentation de ce qui semble être un caveau ou un cercueil collectif Interprétation de l’œuvre Cette œuvre est donc celle d'un homme qui a vécu l'horreur et l'inhumanité de la "Grande Guerre" et qui témoigne de son expérience de soldat en représentant un champ de bataille où la mort et la cruauté règnent en maître. Otto DIX réalise La Guerre entre 1929 et 1932 c'est à dire plus de dix ans après l'armistice, à une période où les idées nationalistes trouvent de nouveau une place en Allemagne et où les gens commencent à oublier les terribles souffrances apportées par la guerre. Il la réalise pour rappeler les terribles blessures et douleurs de la première guerre mondiale si meurtrière. Bref, le message est : « plus jamais ça » « la der des der » Affiche de propagande de Staline pour le 17ème congrès du PC, 1934 Présentation Commanditaire : le PC russe, donc Staline. Destinataire : le peuple soviétique. Nature : C'est une affiche de propagande politique soviétique. Date et contexte : Elle a été réalisée en 1934, soit 5 ans après le "grand tournant" : c'est la fin du premier plan quinquennal. C'est donc l'heure du bilan, que va dresser cette affiche. Idée principale : les réalisations de Staline, héritier de Lénine Technique impression d’encre bicolore. Affiche imprimée à au moins 3000 exemplaires. Pas de courant artistique réalisme. Description et interprétation Image divisée en 3 registres La relation de Lénine à Staline en haut à gauche Lénine montre le chemin. Lénine a pris le palais d’hiver (par la force) et définit le communisme : drapeau avec les symboles (marteau et faucille : agriculture et industrie ; globe pour marquer la volonté de révolution mondiale). Lénine regarde vers l’avenir, il a guidé le peuple vers la révolution mondiale. Il porte l’habit traditionnel du dirigeant (avec cravate), mais le béret à la main, ce qui le rapproche du peuple. Staline réalise le projet de Lénine, il est son héritier. L'œuvre de Staline en bas à droite Industries, cheminées : succès du 1er plan quinquennal, industrie lourde. Staline a réussi l'industrialisation du pays. Staline regarde vers l’avenir vers lequel il guide son peuple. Il est accoutré en ouvrier, ce qui le rend encore davantage proche du peuple. Lénine et la révolution populaire Staline Le peuple Le peuple en bas Staline est considéré comme le guide de la révolution mondiale. Il guide le peuple sur lequel il s’appuie Le peuple approuve sa politique. - Le message : Staline guide avec succès le peuple soviétique dans sa marche vers le progrès (= réalisation du socialisme), il est l’héritier de Lénine. Ce que ne dit pas l'affiche : - Staline exerce une dictature. - Une partie de la population s'oppose au pouvoir communiste (surtout les paysans). - La collectivisation des terres entraîne une terrible famine. Cette affiche pose la question qui s’impose dans le cadre de l’HDA : est-ce de l’art. Eléments de réponse : Non, pas dans ses intentions : pas de souci esthétique Mais utilisation des techniques de base de l’art, pour être lisible par l’œil : division en registre pour diriger le regard vers les personnages et réalisations importantes, perspective (ce qui est plus loin est plus petit), tailles symboliques (peuple petit… et les dirigeants sont grands… au passage, on peut remarquer la contradiction avec la popularité autoproclamée par Staline. Contrastes de couleurs et de lumières pour mettre en valeur les personnages et marquer la démarcation avec les activités. Chaplin : Le Dictateur, scène du globe, 1940 Présentation Auteur Charlie CHAPLIN (1889-1977 est un acteur et cinéaste britannique, à la fois réalisateur, scénariste, producteur, monteur et même compositeur de la musique de ses films. Ses personnages furent souvent le symbole de la lutte incessante pour la dignité et la liberté individuelles. Arrivé en 1913 aux Etats-Unis, il est engagé dans les studios de Mack Sennett, producteur de films muets. En 1919, il fonde le studio United Artist avec Douglas Fairbanks et Mary Pickford et réalise de nombreux films dont : Le Kid (1921), La ruée vers l’or (1925), Les lumières de la ville (1931). En 1940, il tourne Le Dictateur dans lequel il ridiculise Hitler, dénonce sa politique et son idéologie. Expulsé des Etats-Unis en pleine « ère maccarthyste », il reçoit en 1972 un oscar pour l’ensemble de sa carrière et s’éteint le 25 décembre 1977. Nature : œuvre cinématographique Date et contexte : Le film est une caricature du contexte historique de l’époque : Charlie Chaplin achève le scénario de ce film en 1938. A cette époque, Hitler, devenu dictateur en Allemagne, s’apprête à annexer l’Autriche. Le film sort à New York en 1940 alors que les Etats-Unis ne sont pas entrés en guerre. Entre temps, Hitler a déclenché la 2nde Guerre Mondiale et conquis une grande partie de l’Europe. Idée principale, résumé du film : Le film raconte l’histoire d’un pays, la Tomainie, qui est dans les années 1930 sous le contrôle du dictateur Adenoid Hynkel qui rêve de dominer le monde. Pendant ce temps, dans le quartier juif de Berlin, vit un barbier qui est le sosie du dictateur. Durant la 1ére Guerre Mondiale, il a sauvé la vie à un aviateur devenu depuis un des hommes les plus importants du régime. Quelques temps plus tard, il est arrêté alors que son protecteur est renvoyé : les 2 hommes réussissent à s’évader et le barbier, confondu avec Hynkel, prend sa place pour prononcer un discours. Le barbier fait alors un discours pacifiste et humaniste que la foule accueille avec joie. Description - La musique du film : La musique de la scène du Globe : Les nazis s’étaient approprié la musique de Wagner qu’ils assimilaient à l’idéologie nazie (thèmes germaniques). La musique de la scène du Globe est le prélude de Lohengrin (opéra de Wagner). Le thème de l’opéra est emprunté à la mythologie allemande : il raconte en effet les aventures de Lohengrin, chevalier du Graal. Chaplin choisit cette musique pour mettre en scène la mégalomanie de Hynkel et son rêve fou de dominer le monde. - Les images : Décrire l’œuvre à travers ses plans, la musique, les objets, le décor, les personnages. Chaplin établit un lien entre la volonté meurtrière de Hynkel et la logique d’échec probable de son obstination à mener une guerre de conquête mondiale et totale, dans cette scène fameuse où, après s’être ait peur à lui-même, il grimpe aux rideaux de son bureau, et fait rebondir un ballon figurant le globe terrestre, qui lui explose en pleine figure. La scène est à la fois belle, élégante et raffinée (le ballet dansé par Chaplin sur la musique douce de Wagner) et à la fois glaçante et sinistre puisqu’elle met en scène un dictateur dangereux qui joue avec le monde. Toute la scène, imprégnée de cette ambiguïté, repose sur des symboles : la double croix (symbole du parti nazi), le dictateur et ses gestes, le globe (représentant le monde), la musique (Chaplin reprend une œuvre importante pour les nazis et la met au service de son message). Ici, Chaplin fait une œuvre de résistance face aux dictatures qui se sont alors installées en Europe. - Cette scène du globe peut se découper en 3 parties : o le rêve impérialiste, la domination du monde et la chute inattendue. Chaplin montre tout d’abord le dictateur déclarant qu’il veut être « dictateur du monde » puis « empereur du monde », voulant conquérir de nombreux territoires et soumettre leur population. Chaplin joue ici sur un sentiment contradictoire puisqu’il met en scène l’ambition et les noirs objectifs du dictateur et montre le dictateur finissant par avoir peur de lui-même. Il le représente ensuite pensif et toute une série de plans le montre en train de se rapprocher du globe. o La musique démarre lorsque le dictateur s’approche du globe et esquisse quelques pas de danse. Il fait tourner le globe sur lui-même et après des plans d’ensemble qui soulignent l’immensité du décor, le personnage est montré en plan américain puis avec une alternance de plan d’ensemble et de gros plan. Cela permet à Chaplin de rappeler au spectateur qu’il s’agit d’un homme et que le fait de le voir jouer avec le monde souligne sa dangerosité. o Dans la dernière partie, le personnage est montré en plan resserré puis en gros plan, tenant le monde (le globe) et le serrant entre ses mains. Le comprimant entre ses mains, le globe finit par exploser. Ici, Chaplin utilise un gag burlesque venu du cinéma muet qui lui permet de critiquer l’ambition et la folie du dictateur et de souligner la possibilité d’une révolte du monde face à ces sombres projets. La musique s’arrête. La réception de l’œuvre en son temps et d’autres œuvres sur le même sujet - Le Dictateur sort en 1940 à New York alors que les Etats-Unis ne sont pas encore entrés en guerre. Beaucoup applaudissent au message de Chaplin bien que certains critiquent son engagement et supposent à tort que Chaplin est juif voire communiste. Le film connaît un grand succès mais il ne sera visible en France qu’en 1945. Il fera la réputation de Chaplin dans le monde entier et figure parmi les œuvres cinématographiques les plus importantes du cinéma mondial. Bandes annonce des films Clint Eastwood, 2006 Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima 1. Présentation 2 bandes annonce de films de Clint Eastwood (2006) qui offre théoriquement 2 visions de la bataille d’Iwo Jima dans le cadre de la guerre du Pacifique : la vision américaine et la vision japonaise 2. Description et interprétation Grille d’analyse avec les élèves Film n°1 : Mémoires de nos pères (« Flags of our fathers ») http://www.youtube.com/wat ch?v=seM75csrqMw Film n°2 : Lettres d’Iwo Jima (« Letters from Iwo Jima ») http://www.dailymotion.com/video/x 3dnxu_lettres-d-iwo-jima-trailerbande-an_shortfilms Présentation des 2 films : nature, le réalisateur, les dates de réalisation, l’idée de chaque film, lieu 2 films réalisés en 2006 par Clint Eastwood au sujet de la guerre du Pacifique, en particulier la conquête par les Américains de la petite île japonaise d’Iwo Jima en 1945. Point de vue américain (Mémoire de nos Pères) et japonais (Lettres d’Iwo Jima). les Etats-Unis et le Japon engagent toutes leurs forces dans cet affrontement. Mobilisation matérielle : important matériel de guerre : porte-avions, avions de combat, grenades, lance-flammes, chars, mitraillettes Mobilisation morale : recherche d’argent auprès de la population pour financer la guerre (propagande) Mobilisation matérielle : important système de défense enterré, fortification, canons antichars, mines, faille dans les armes défensives (pas casqués) Film n°1 : Mémoires de nos pères (« Flags of our fathers ») Film n°2 : Lettres d’Iwo Jima (« Letters from Iwo Jima ») Montrez que la volonté d’anéantir est présente dans les deux camps Combat au corps-à-corps jusqu’à la mort Armes de destruction massive, bombardements, lanceflammes Pas de respect de la vie humaine Les Japonais s’enterrent et réalisent des fortifications afin de résister, donc la conquête de l’île est très lente Presque tous les soldats japonais meurent au combat, préférant la mort à la défaite, des opérations kamikaze Comment le réalisateur parvient-il à renforcer l’atmosphère de violence ? Les jeux de lumière : explosion de missiles sur le sol, créant des fumées de sable noir, mises en valeur sur un ciel clair Le son : bombardements, explosions, appels au secours, coups de fusils Mobilisation morale : Les Japonais évoquent un combat à mort contre l’ennemi Au total, c’est donc la vision américaine de la guerre, puisque dans les 2 extraits, la puissance et la victoire américaine et sacralisée : le drapeau américain plantée sur l’îlot d’Iwo Jima, déséquilibre des forces et de l’armement pointé (les Américains ont des sous-marins, mitraillettes, obus, alors que les Japonais se terrent dans des couloirs creusés par leurs soins pour toute arme défensive). La volonté de destruction massive est soulignée, ainsi que l’esprit de sacrifice : les Japonais combattent jusqu’au dernier, les Américains poursuivent les derniers Japonais terrés dans leurs abris pour les tuer, même après la victoire. Bref, les Américains sont les meilleurs, et le Japon est l’empire du mal… Sting : Russians, 1985 http://www.dailymotion.com/video/xpgvp_sting-russians_music Paroles et traduction In Europe and America En Europe et Amérique There's a growing feeling of hysteria Il y a un sentiment croissant d'hystérie Conditioned to respond to all the threats Conditionné pour répondre à toutes les menaces In the rhetorical speeches of the Soviets Dans les discours rhétoriques des Soviétiques Mister Krushchev said, We will bury you Monsieur Krushchev a dit, nous vous enterrerons I don't subscribe to his point of view Je ne souscris pas à son point de vue It'd be such an ignorant thing to do Ce serait une chose si ignorante à faire If the Russians love their children too Si les Russes aiment leurs enfants aussi How can I save my little boy Comment est-ce que je peux sauver mon petit garçon From Oppenheimer's deadly toy ? Du jouet mortel d'Oppenheimer ? There is no monopoly of common sense Il n'y a aucun monopole de bon sens On either side of the political fence De chaque côté de la barrière politique There is no historical precedent Il n'y a aucun précédent historique To put the words in the mouth of the president ? Pour mettre les mots dans la bouche du président ? There's no such thing as a winnable war, Il n'y a aucune telle chose comme une guerre gagnable, It's a lie we don't believe anymore C'est un mensonge que nous ne croirons plus Mister Reagan says, we will protect you Monsieur Reagan dit, Nous vous protégerons I don't subscribe to his point of view Je n'adhère pas à son point de vue Believe me when I say to you Croyez-moi quand je vous dis I hope the Russians love their children too J'espère que les russes aiment leurs enfants aussi We share the same biology Nous partageons la même biologie Regardless of ideology Indépendamment de l'idéologie What might save us, me and you, Ce qui pourrait nous sauver, moi et vous, Is if the Russians love their children too Est si les Russes aiment leurs enfants aussi We share the same biology Nous partageons la même biologie Regardless of ideology Indépendamment de l'idéologie Believe me when I say to you Croyez moi quand je vous dis I hope the Russians love their children too J'espère que les russes aiment leurs enfants aussi Présentation Auteur : Sting, ancien chanteur de The Police (formé en 1977) débute donc sa carrière solo par cet album en 1985. Ce titre marqua une génération parce qu’elle incarnait à la fois les angoisses les hommes dans le contexte de tensions entre Est et Ouest mais aussi les espoirs d’une solution pacifique. En effet, en mars 1985 Mikhail Gorbatchev devient Secrétaire général du Parti Communiste d’URSS. Sa nomination est synonyme d’espoir d’un monde nouveau, d’un dialogue renoué entre les blocs et d’un assouplissement du régime soviétique, puisqu’il annonce la Glasnost (transparence) et la Pérestroïka (ère de réformes). La même année sortait d'ailleurs Rocky IV, où le gentil Rocky devait avoir à faire au monstrueux Ivan Drago, tout finit bien, Rocky gagne son combat et prononce un beau discours de concorde et de tolérance. Cette chanson est également un point de vue occidental sur la guerre froide du milieu des années 80. Sting est un exemple d’artiste engagé Style et courant Sting a emprunté la mélodie à un air de musique classique : il s'est ainsi très largement inspiré d'un thème de Prokofiev, Le Lieutenant Kijé écrit en 1933 pour la bande son d'un film de propagande qui dénigrait un empereur russe, Paul Ier. Les paroles Une phrase pleine d'humanisme : I hope the Russians love their childrens too. Il évoque également entre les lignes, la crise des euromissiles : Mister Reagan says, "He will protect you" c'est-à-dire, le regain de tension entre les deux Grands au début des années 80 à l'occasion de l'installation en Europe de missiles SS20 soviétiques et Pershing II américains. Cette phrase évoque sans doute également le programme IDS : initiative de défense stratégique appelé aussi Guerre des étoiles qui prévoyait de mettre en place un bouclier anti-missile à partir de satellites dans l'espace. From Oppenheimer's deadly toy? Le physicien américain, Robert Oppenheimer (1904-1967) est considéré comme le père de la bombe nucléaire. La chanson n'évoque cependant pas ces sympathies communistes et son limogeage qui en découle en 1953. La musique Lancinante car monotone : pas de rythme ni de mouvement. Angoissante car grave, débute par un tic-tac d’horloge, soulignant le suspens de la guerre nucléaire permanente vécue pendant la guerre froide Clip Contraste ancienne et nouvelle génération, toutes deux menacées par la guerre atomique. Thème de la folie souligné par les plans en rotation autour du visage de Sting. Le clip est inspiré du cinéma expressionniste allemand : noir et blanc, gros plan sur les visages, machineries, villes monstrueuses...Il fait aussi penser aux images du célèbre film expressionniste de Fritz Lang : Metropolis.
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Oeuvre musicale : Russians Quelques informations Domaine : Arts
Dans la strophe 7, des contretemps sont encore utilisés comme pour exprimer une plainte. Le morceau se termine par la
mélodie russe.