Non au CNE - CFDT Dassault
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Non au CNE - CFDT Dassault
DASSAULT-AVIATION Etablissement d’Argenteuil CNE (Le Contrat Nouvelle Embauche) Ce dernier est applicable depuis les ordonnances du 02 août (publiées le 3) prises sur le fondement de la loi n° 2005846 du 26 juillet 2005 en faveur de l'emploi. ) L’arme fatale Les pouvoirs publics auraient trouvé l’arme ultime (et fatale pour les salariés) pour s’attaquer au problème de l’emploi : le CNE, le Contrat Nouvelle Embauche. ) On marche sur la tête Avant, il y avait le CDD (Contrat à Durée Déterminée) qui consistait en une embauche pour une période limitée qui devait répondre à des conditions légales précises tant dans sa création que dans sa rupture. Il y avait aussi le CDI (Contrat à Durée Indéterminée) qui comme son nom l’indique n’a pas de fin précise, si ce n’est la retraite, la démission et le licenciement. Dans les deux contrats précités, une période d’essai est instituée par voie conventionnelle et qui n’excède pas 1 mois pour les non cadres et 6 mois pour les cadres. Dans les deux contrats, les conditions de rupture doivent répondre à des conditions précises afin de préserver les intérêts même du salarié. ) La mort programmée du CDI Aujourd’hui, ils nous ont inventé le CDI, qui ne prend effet qu’au bout de 2 ans…C'est-àdire que vous ne serez embauchés définitivement en CDI qu’après 2 années de précarisation que certains appellent « la période d’essai ». Le pire, c’est que pendant ces 2 années, le salarié sera soumis à la précarisation professionnelle, l’employeur pourra rompre à tout moment le contrat sans aucune explication, ni motif. Non seulement l’employeur pourra rompre le contrat de travail, mais qui plus est, il pourra réembaucher des CNE tout de suite derrière. Fabuleux, non ? « Heureusement », les pouvoirs publics ont précisé que le CNE ne concernait que les entreprises de moins de 20 salariés. Certes, mais pour combien de temps ? Comme tout augmente, on s’interroge… La mort programmée du CDI Certes, l’on peut comprendre qu’une entreprise ait, à un moment donné, besoin d’un peu d’une certaine souplesse, mais faut-il pour autant donner carte blanche à la précarisation professionnelle ? Pour la CFDT, la réponse est NON ! En réalité, on regarde le problème par le petit bout de la lorgnette et les réponses en sont à la mesure. Quel est le problème ? Les entreprises ont besoin de souplesse et bien supposons que cela soit vrai, pourquoi chercher à se faire des nœuds au cerveau avec le bidouillage CNE ? Dans ce cas là, il faut être honnête et transparent et surtout ne pas raconter l’histoire du petit poucet au peuple. Il suffisait aux pouvoirs publics de légiférer, comme il l’on fait pour le CNE, et d’accorder aux entreprises la possibilité d’utiliser par exemple 10 % de son effectif en contrat autre que CDI. Puisque la loi est destinée à favoriser l’emploi, il aurait suffit aux pouvoirs publics de poser deux conditions : La première - garantie des effectifs employé en CDI La seconde-garantie de la priorité d’embauches des salariés en contrat autre dés que l’effectif subit une baisse. Il aurait également suffi aux pouvoirs publics de préciser que les salariés avaient tous le même statut et les mêmes avantages. Là, les pouvoirs publics auraient été honnêtes vis à vis de nous, même si nous n’aurions pas été nécessairement d’accord. Au lieu de cela, ils nous ont traficoté un truc qui masque un problème de fond. Billet d’humeur La mort programmée du CDI CNE = précarisation généralisée La période d'essai était jusqu'à présent une période limitée justifiée par la nécessité de tester l’aptitude du salarié dans son emploi. Faire passer cette période de 1 mois (jusqu'à 6 mois pour les cadres) à 2 ans (sous le nom de « contrat nouvelle embauche » - CNE), c'est changer radicalement la relation contractuelle, ce qui sous tend que la « suspension provisoire » des dispositions du Code du travail est appelée à devenir une norme. Or, l'Organisation Internationale du Travail estime que tout licenciement doit être justifié par un motif valable (Article 4 du traité du 23/11/1985 ratifié par la France). Le code du travail par application de ce traité imposait une cause réelle et sérieuse à tout licenciement quel qu'en soit le motif au-delà de la période d’essai stipulée dans les conventions collectives. Qu'est ce qu'une autorisation de renvoi à tout moment et sans justification au cours des 24 mois du CNE si ce n'est un licenciement ? Il risque de devenir la seule modalité d'emploi dans les entreprises au détriment des CDI. Qui plus est, lors de la rupture d'un CNE par anticipation ou pas, comment sera contrôlée l'absence de tout motif discriminatoire par exemple à l'égard de la maternité si aucun motif de licenciement n'est exigé ? L'ordonnance instituant le CNE n'est pas la seule à précariser plus gravement encore les salariés. Les conséquences du chèque emploi-entreprise sont du même ordre. Ce système réservé au départ aux associations introduit dans les entreprises de moins de cinq salariés le travail à la tâche, dégagé de toutes les protections offertes par les CDD. En effet, tout contrat en CDD devait en effet être précisé quant à ses motifs d’utilisation et les Conseils de prud'hommes pouvaient requalifier un CDD en fonction des circonstances en CDI. Avec le chèque emploi-entreprise la fiche de paie fait office de contrat. C'est la porte ouverte à l'emploi précaire définitif dans les entreprises de moins de 5 salariés et une nouvelle atteinte au code du travail article L122-3-1. Qui plus est, sans contrat comment un salarié éconduit au bout de moins d'un mois de travail obtiendra-t-il le paiement de ses journées effectives de travail ? Il n'y a plus qu'une solution pour le salarié : se réserver dès l'embauche les preuves d'un travail effectif dans l'entreprise .... Au lieu de bricoler le code du travail avec un « bidule » qui ne répondra en rien au problème de fond, ils feraient mieux de reconstruire un pacte social qui prendrait en compte, mais de façon réelle, l’intérêt conjugué des salariés et des entreprises. Comme nous l’indiquions mardi, la CFDT a déposé un recours auprès du Conseil d’Etat concernant la licéité de ce contrat. Argenteuil, le 12 septembre 2005