Guide Michelin Plus près de Dieu C`est au 11` s. que les premiers
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Guide Michelin Plus près de Dieu C`est au 11` s. que les premiers
>>>>>>>> Guide Michelin Plus près de Dieu ... C'est au 11' s. que les premiers moines s'établissent dans les Météores, inspirés par l'exemple de Siméon le Stylite, ascète syrien (S' s.) qui resta perché 36 ans sur une colonne (en grec stylos), à 25 m au-dessus du sol. D'abord installés dans des cavernes propices à l'ascétisme et à l'exaltation mystique, les moines descendent chaque dimanche à Doupiani pour célébrer l'office en commun. Mais, au 14' s., une rupture intervient à l'instigation de saint Athanase, venu du mont Athos, qui fixe les règles de vie des anachorètes. Les Météores se hérissent alors de monastères, bâtis au-dessus de l'abîme dans des conditions d'extrême difficulté. les Serbes orthodoxes, qui dominent la régionà cette époque, se montrent des protecteurs dévoués et prodigues, et dès le 15< s. on ne dénombre pas moins de 24 monastè· res, décorés par les plus grands artistes du temps, dont Théophane le Crétois. L’invasion ottomane n'entrave pas leur essor, les monastères bénéficiant même, au 16' s., de l'indulgence de Soliman le Magnifique. Mais une longue période de déclin s'ensuit, due aux impôts et aux rivalités entre leS communautés quant à la gestion de leurs immenses propriétés foncières. Un déclin que l'intégration à la Grèce, en 1881, n'enrayera guère; aussi, les moines se verront·ils confisquer leurs domaines dans les années 1920. En 1949, au lendemain de la guerre civile, certains monastères hébergent des réfugiés, et plus tard même des touristes! Puis grâce à l'action de l'évêque Dionysios le monachisme connaît un renouveau et de nos jours, cinq monastères demeurent en activité, ainsi qu'un couvent. Et de la modernité Mais les échelles amovibles et le système de nacelles qui permettaient jadis aux moines de hisser ou d'être ravitaillés, ont été abandonnés au profit d'escaliers ... ouvrant droit les portes des Météores au tourisme, cependant longtemps refusé par les moines. Une nouvelle manne dont les substantiels revenus sont complétés par les aides de l'Union européenne pour la restauration des monastères, Bref, la vie monacale a quelque peu perdu de son austérité et désormais les moines ont ouvert leurs boutiques, proposant livres et souvenirs, Kalambaka Situé au pied des Météores, dont les majestueux rochers, omniprésents, sont visibles à chaque coin de rue, ce gros bourg animé est la principale base des milliers de touristes qui viennent visiter le site. S'étirant au fil de la rue Trikalon, longue artère qui traverse la platia R. Ferraiou (place principale), puis la place de la Mairie, il concentre pléthore de bars, restaurants, hôtels et boutiques de souvenirs. ~ En préambule à la découverte des monastères perchés, rendez-vous à la cathédrale* (Mitropoli), au sommet du village, dans le prolongement de la rue Vlahava. Probablement bâtie au 12' s., l'église recèle un magnifique ambon** en marbre -le seul de Grèce à être placé au centre de la nef - incrusté de réemplois d'époque paléochrétienne. Des mosaïques de pavement appartenant à un sanctuaire plus ancien y ont été mises au jour et, dans la pénombre traversée de rais de lumière, on peut distinguer sur les murs des fresques des 13', 14' et 16' S., hélas très noircies. ~ La rue Trikalon file ensuite jusqu'au village voisin de Kastraki (2 km au nordouest), situé de l'autre côté du premier massif. C'est là qu'il faut faire é tape, l'endroit offrant un séjour plus calme et plus proche des monastères. Les Monastères Une journée de visite. Au-delà de Kastraki, la route monte à l'assaut des monastères. 11 est interdit de photographier les fresques. Outre les six grands monastères, le site des Météores cache nombre de sanctuaires abandonnés, prétexte à de belles randonnées; mais attention à ne pas vous égarer! Perchés sur les hauteurs, certains sont quasiment inaccessibles, à moins de suivre l'exemple de ces alpinistes é mérites, qui n'ont pas peur de monter à l'assaut des parois les plus verticales. AGIOS NOKOLAOS ANAPAFSAS 9h-75h30, 9h-73h hors sais. Fermé le vend. 2 €. tel 24320 773 92. Couronnant un étroit piton avec lequel il semble faire corps, ce monastère consacré à saint Nicolas remonte au 15' s., voire au 14' ou au 13' s. ~ Parvenu en haut des escaliers, on pénètre d'abord dans le réfectoire, qui sert de salle de réception, puis dans le catholicon (16' s.), église très étroite et coiffée d'un dôme sans fenêtre, l'étage supérieur abritant les cellules des moines. Par contraste, son narthex apparaît plus spacieux et plus lumineux. En l'absence de cour, il faisait d'ailleurs office de salle d'étude. Attardez-vous devant les fresques**, chefsd'œuvre d'harmonie, très expressives, du maître Théophane le Crétois (16' s.l. en particulier devant l'émouvante Vierge à l'Enfant, la Dormition de saint Éphrem le Syrien et la grande composition du Jugement dernier. À l'extrémité du piton, enfin, un superbe panorama** s'ouvre sur les Météores. ROUSSANOU 9h-78h, 9h-14h hors sais., fermé le merc. 2 €. t" 24320225 19. Agia Varvara occupe une position inexpugnable au sommet d'un rocher aux parois vertigineuses. Par bonheur pour les visiteurs, l'ancien système d'échelles volantes a fait place à un escalier escarpé débouchant sur deux ponts de pierre suspendus audessus du vide, petites touches qui ajoutent à la beauté du décor. Probablement bâti au 14' s., le monastère fut rénové au 16' s. et son catholicon à coupole renferme des fresques de belle facture (1561). ~ Il faut aussi grimper au sommet de la colline toute proche, pour jouir d'une vue** plongeante sur le monastère, noble silhouette rehaussée en toile de fond par la majestueuse chaîne du Pinde. VARLAAM 9h-I5h fermé jeu. et vend. hors sais. 2 €. t" 24320 Plus vaste que les précédents, ce monastère son nom au premier ascète qui, en 1350, talla au sommet de ce piton haut de m. Élevé par les frères Aparas, des nobles Ioannina (16' s.), le sanctuaire devint rapiment l'un des plus florissants. Meurtri des bombardements durant la Seconde !rre mondiale, il a été rénové et accueille à 'eau une communauté monastique. Une rampe creusée dans la roche perd'y accéder sans difficultés. Selon la légende, 22 années furent nécessaires pour rassembler les matériaux du catholicon Tout en niches et recoins, il conserve une jolie iconostase* en bois, du mobilier incrusté de nacre et d'ivoire, ainsi des fresques** de Frango Catellano (1548), l'un des maîtres de l'art post-byzantin :Celles du narthex (1566), où reposent les tombeaux des Aparas, évoquent notamment le Jugement dernier et la Vie de saint Jean Baptiste. Dans la chapelle des Trois hiérarques, à l'emplacement de l'oratoire originel, la Dormition de saint Jean Chrysos tome la Dormition de saint Éphrem le syrien (17" s.) trahissent la double influence de l'école crétoise et du style occidental. La visite se poursuit avec le trésor du réfectoire*, qui présente des vêtements liturgiques brodés d'or, des icônes, un évangéliaire*** (960) ayant appartenu à l'empereur Constantin Porphyrogénète et des croix de bois sculptées. Enfin, passé le cellier, où trône un tonneau pouvant contenir 12000 litres de vin, la visite s'achève par la tour qui a gardé son treuil. GRAND METEORE 9h-17h fermé le mar. et 9h-16h fermé mar. et jeu. hors sais. 2 €. Perché sur un impressionnant rocher de 400 m, le Grand Météore, ou monastère de la Transfiguration, fut fondé par saint Athanase (1356). Son successeur et disciple, saint Joasaph, héritier du despotat serbe d'Épire, y passa 40 ans et le dota de somptueuses œuvres d'art. Bien qu'endommagé par des bombardements durant la guerre, il reste l'un des plus importants monastères de Grèce. ~ En gravissant les escaliers, vous passerez devant la grotte où Athanase avait son ermitage. Puis on arrive à la tour, par où était hissé le ravitaillement et d'où l'on jouit d'un panorama** superbe, englobant le monastère de Varlaam. ~ Au centre du complexe se dresse le catholicon, église de plan cruciforme souligné de conques latérales. Une coupole le couronne, ornée d'un Christ sur fond d'or. Brillant exemple de l'art post-byzantin, les fresques** furent réalisées par Théophane le Crétois ou ses é lèves (16' s.). Passé l'exonarthex, aux murs incrustés d'assiettes de céramique, on pénètre dans le narthex, où reposent Athanase et Joasaph. Isolé de la nef par une iconostase aux remarquables icônes**,le sanctuaire - seule partie d'origine de l'église (1388) - cache des fresques où s'alignent des saints guerriers. ~ Le monastère compte trois autres églises, mais c'est surtout le réfectoire* qui retiendra votre attention, avec son plafond en coupole et sa colonnade, ses icônes, ses manuscrits anciens, sa vaisselle et ses chandeliers posés sur d'immenses tables en bois. Juste à côté, la cuisine, avec ses ustensiles recouverts d'une fine poussière, semble avoir été subitement abandonnée. Ne manquez pas non plus le magasin où sont entreposés jarres, tonneaux et outils divers, ainsi que l'ossuaire qui renferme des crânes soigneusement rangés sur des étagères, et le Musée folklorique. AGIA TRIADA 9h-12h30, 15h-17h. 2€. If' 24320 77123. Le site du monastère de la Sainte-Trinité (14' ou 15' s.) est tout aussi spectaculaire que le site du Grand Météore. ~ De la route, descendez d'abord un sentier avant d'attaquer les escaliers ménagés dans la roche. Vos efforts seront largement récompensés par la vue** sur Kalambaka et les autres monastères. Selon la légende, il fallut 70 ans pour hisser au sommet les matériaux des bâtiments! Le monastère conserve intact son système de treuillage, près de la chapelle St-Jean- Baptiste, taillée dans le rocher. Joli petit é difice à coupole, le catholicon** (15' s.) abrite de magnifiques fresques* ainsi qu'une iconostase couverte d'icônes* portables. Le fabuleux trésor qu'il recelait a hélas disparu, pillé par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale. AGIOS STEFANOS Tljsflun.9h-14h, 15h30-18het9h30-13h, 15h- 17h hors sais. 2 €. If' 24320 222 79. Pareil à un château fort, ce monastère se dresse sur un rocher séparé de la montagne par un ravin qu'enjambe un pont de pierre. Bâti à l'emplacement de l'ermitage de Jérémie (12' s.), sa prospérité date du 14' s., quand l'empereur byzantin Andronic Paléologue le combla de bienfaits en remerciement de l'accueil qu'il y avait reçu. Élevé au statut de patriarcat en 1545, il occupa une place importante dans la hiérarchie des Météores, mais il fut lui aussi pillé par les Allemands pendant la guerre. Depuis 1961, il abrite un couvent où les nonnes cultivent la tradition de la peinture d'icônes et du chant sacré. ~ Refaites après la guerre, les fresques de l'église Agios Haralambos (18' s.), un peu vives sans la patine du temps, ont remplacé celles détruites lors d'un bombardement allemand; mais la somptueuse iconostase* en bois est d'époque, tout comme le reliquaire contenant le crâne vénéré du saint. La chapelle Agios Stéfanos (15' s.), à l'autre bout de la cour, ne se visite généralement pas, mais vous vous consolerez avec le réfectoire, où sont exposés de splendides icônes** (16'-19' s.), un manuscrit** du 6' s., une lettre du patriarche de Constantinople*** (16' s.), des encensoirs et des habits sacerdotaux. ~ Au bout du plateau enfin, prenez le temps de contempler la vue***, sans égale, sur Kalambaka et la plaine du Pénée. la forêt de pierres site des Météores ne compte pas moins d’une soixantaine de ces étranges tours rocheuses - certaines dépassent 300 m haut -, sculptées et polies par l'érosion. Des blocs de grès ont résisté, bien plus durs que le calcaire du Pinde qui, lentement creusé par le Pénée et ses affluents, a fini par dessiner à leur pied un dédale d'étroits défilés, encore ravinés par le ruissellement des eaux. Au fil du temps, le socle de grès s’est retrouvé fragmenté en rochers é pars, déchaussés et brossés pour donner ce surprenant paysage de tours naturelles dressées au-dessus de la plaine. >>>>>>>> Guide Petit Futé La région dite des Météores se réduit à une dizaine de kilomètres. Les grandes colonnes de roches noires sur lesquelles trônent les célèbres monastères émergent sur seulement quelques kilomètres carrés. De même, une dizaine de minutes séparent les points d'accès et d'accueil des grandes roches, desservies par une route goudronnée. Ce petit monde des Météores est pourtant perceptible de fort loin : en prenant la route depuis Trikala on voit se profiler au loin ces gigantesques colonnes. Deux jours vous seront nécessaires pour vous imprégner de l'histoire de ces lieux et visiter de façon détaillée les monastères, que nous avons regroupés dans la partie « Au sommet des Météores ». Les points d'accès, l'hébergement et les restaurants s'étalant au pied des roches, nous les avons regroupés dans la rubrique « Au pied des Météores ". Enfin, la ville de Trikala figure en demier point de cette région car elle constitue un lieu de transit vers cet endroit d'intérêt unique. Au sommet des météores Les monastères des Météores, ces totems 1'/ de grès, se dressent comme des colonnes rÈ géantes jusqu'à 400 m de hauteur. Datant SI de l'époque où la Thessalie était une mer d fermée, ils résulteraient, d'après les spécia- T listes, de la présence d'un delta à cet endroit J précis. Curiosité géologique, certes, mais s aussi ravissement pour les yeux. Qu'on soit Il croyant ou non, on ne peut être indifférent c à la beauté des Météores et à la sérénité r qui baigne leurs monastères, ni manquer ( d'éprouver du respect envers les ermites ( partis escalader ces masses rocheuses 1 au xe siècle de notre ère, et envers leurs 1 descendants spirituels, aujourd'hui Chargés de conserver ce patrimoine culturel et religieux impressionnant. A l'origine de tous ces monastères, une poignée d'ermites venus s'installer au hasard des grottes et des creux de rochers afin de prier dans un détachement matériel total. La nécessité d'avoir une église leur inspira la fondation du monastère de Doupiani, vers le XIe siècle, et ce fut le début d'une vie monastique organisée aux Météores. En 1334, le moine Athanase et le père Grégoire, chassés du mont Athos par des envahisseurs corsaires, s'installèrent au sommet d'un promontoire où ils demeurèrent pendant dix ans. Au cours de cette période, l'idée leur était venue de créer un couvent organisé comme ceux qu'ils avaient pu voir sur le mont Athos. Ce fut le début de la construction du Grand Météore, monastère fondateur édifié sur un rocher de 613 m de haut portant le nom de Pierre Plate. Un travail qui paraît titanesque pour l'époque. Athanase fixa à cette occasion les règles définitives qui devaient régir la vie au sommet des Météores et transmit sa vocation d'ascétisme à Joasaph, fils de Syméon, roi de Thessalie. Cela peut paraître surprenant car Joasaph était destiné à hériter du trône de son père. Mais sa rencontre avec Athanase le marqua si profondément qu'il décida de renoncer au pouvoir qui lui revenait et passa quarante années de sa vie à prier et à construire de nouveaux monastères! Cette oeuvre d'édification de monastères et de développement d'une vie communautaire se perpétua au fil des siècles, notamment grâce aux donations et privilèges multiples accordés par les princes et les souverains pieux. Aujourd'hui, la plupart de ces monastères sont en ruine ou ont tout simplement disparu. Il n'en reste plus que 6 qui fonctionnent encore: deux ( Roussanou, Aghios Stephan os) sont des couvents de nonnes, les quatre autres sont entretenus par des moines. Ils méritent évidemment tous d'être visités, que ce soit pour admirer leurs superbes fresques, très bien conservées, leurs trésors, du moins ceux qui ont échappé aux différents pillages (croix sacrées, livres précieux ... ), ou simplement la richesse et la simplicité de leur architecture intérieure. Entrez chaque fois dans le catholicon, c'est-à-dire l'église centrale du monastère, où se déroule l'essentiel de la vie des moines et où la splendeur de ces édifices se manifeste de la façon la plus éclatante. Enfin, soyez rassuré: les systèmes de paniers et de nacelles qui servaient autrefois aux moines pour atteindre leur monastère ne sont plus utilisés de nos jours! Des chemins,puis des escaliers relient la grand-route aux monastères, et vous n'aurez jamais à marcher plus d'une demi-heure. SAINT-NICOLAS D'ANAPAFSAS Le nom Anapafsas était sans doute celui d'un des propriétaires du monastère. On peut y admirer principalement de belles fresques du peintre crétois Teophanis datant de 1527. • Accès: premier monastère à gauche en venant de Kastraki. 1 • Pratique r[) (24320) 22 3346. En été, L ouvert tous les jours de 9h à 15h30, sauf le , vendredi. En hiver, ouvert tous les jours de 9h à 13h, sauf le vendredi. Le monastère de SaintNicolas fut fondé vers 1500 par le métropolite Dionyssios, originaire de Larissa. Visite De l'extérieur, le monastère de Saint-Nicolas semble se fondre dans la pierre. A l'intérieur, les pièces, particulièrement exiguës, sont aménagées en é tages superposés. Après une petite côte et quelques marches taillées dans le rocher, on atteint l'entrée du monastère. L'escalier en face de la boutique mène à l'église Saint-Nicolas-d'Anapafsas et à ses superbes fresques. Né vers 1500 en Crète, l'auteur de ces fresques, Teophanis Strelitzas, ou Baltas, fut initié très tôt à l'hagiographie. Bien Que marié et père de deux enfants, sa sensibilité religieuse le porte à se vêtir de la soutane et à transmettre sa passion à ses fils, qui devinrent les continuateurs de son art. • La première pièce dans laquelle on pénètre est le narthex. En face à gauche, on peut admirer l'icône de la Vierge Marie et Jésus tenant le grand doigt de sa main. Plus haut, sur le même mur, sont représentées la Dormition de saint Nicolas (image plutôt rare) et quelques scènes des miracles du Christ, dont la guérison de l'aveugle. Ne pas manquer sur le mur de droite la représentation d'Adam donnant des noms aux animaux. L'habileté avec laquelle sont rendues les couleurs sur les visages des saints est extraordinaire, notamment grâce au jeu des nuances claires ou sombres qui permet d'exprimer tantôt l'esprit de fête et tantôt la peine. • La seconde pièce est l'abside, où l'on voit, à gauche, la Vierge qui prie pour les fidèles. Sur, la coupole, Jésus est entouré de nombreux anges qui tiennent le calice, le chandelier à trois branches et le chérubin. En dessous apparaissent les prophètes, et, aux quatre coins, les quatre évangélistes. Ne pas manquer é galement des petites icônes consacrées à des scènes de la vie du Christ, comme le baptême de Jésus, les Rameaux, la Résurrection de Lazare, le baiser de Judas. • En sortant de l'église, en montant les marches de l'escalier et en allant le plus haut possible, on accède à une vue superbe, notamment sur un rocher en contrebas où, entre 1634 et 1653, avait été construit le petit monastère de Prodome, dont les ruines sont encore visibles aujourd'hui. Roussanou 9hà18h sauf le mercredi Un des monastères les plus surprenants, notamment grâce à la passerelle suspendue dans le vide qui en permet l'accès. Ce monastère de nonnes a une histoire incertaine. On ne sait pas s'il a vraiment été fondé en 1388, et l'origine de son nom reste inconnue. Le premier habitant pourrait s'être appelé Roussanos et avoir été originaire du village de Roussana. En 1545, les frères Joasaph et Maxime restaurèrent le monastère, alors en ruine, et y instaurèrent un mode de vie communautaire. Livré à la décadence, pillé de nombreuses fois, Roussanou fut entretenu et rénové après la guerre par une religieuse qui consacra les dernières années de sa vie à sa réhabilitation. Ce vieux bâtiment de trois étages fonctionne donc aujourd'hui comme un couvent de sœurs. Quelques objets et manuscrits précieux ont été sauvés; ils sont conservés dans le Grand Météore. Le second étage est occupé par l'église de la Transfiguration. Elle abrita pendant de nombreuses années la tête de sainte Barbe, ce qui en faisait un lieu de pèlerinage et de dévotion. De là provient l'autre nom du monastère: Aghia Barbara. Les peintures religieuses datent de 1560 et sont l'œuvre de l'école crétoise. Dans la première pièce en entrant, le narthex, des fresques magnifiques, comme les martyres des saints, représentés très crûment. Sur le linteau au-dessus de la porte menant à la nef, on remarquera la Préparation du Trône représentant une foule d'hommes et d'anges sous les couleurs d'un fleuve de feu. Les trois anges au-dessus président la scène. L'un tient les documents relatifs aux actions de l'âme qui est jugée, le second tient la balance de la justice et le dernier chasse Satan, qui tente de voler l'âme en cours de jugement. En pénétrant dans la seconde pièce, c'est-à-dire la nef, on aperçoit sur la droite de très belles peintures murales consacrées à sainte Barbara et, plus bas, à la Résurrection et à la Transfiguration du Christ. Ne pas manquer enfin la scène de Dormition de la Mère de Dieu, aux visages multiples, entourée des archanges Michael et Gabriel. La coupole est, malheureusement, très abîmée. VARLAAM La naissance du monastère remonte au milieu du XIV' siècle, lorsque l'ermite Varlaam s'installa au sommet du rocher pour y fonder une petite chapelle et quelques cellules. Il y vécut seul jusqu'à sa mort et le lieu resta inhabité pendant de nombreuses années. En 1517, les frères Théophanis et Nectarios, originaires de loannina, décidèrent de restaurer l'église et de s'installer sur le rocher. En 1542, fortement enrichis par les dons des fidèles en terrains et en vignobles, les deux frères purent construire une seconde église avec un catholicon. Une communauté d'une trentaine de moines continua de vivre au monastère de Varlaam après la mort des deux frères fondateurs. t Pratique:Cl! (24320) 22 346. En été, ouvert tous les jours de 9h à 14h et de 15h15 à 17h, sauf le jeudi. En hiver, de 9h à 15h, sauf le jeudi et le vendredi. Entrée: 2 €. Montez en bus et descendez à pied ! Un sentier part du parking et l'on rejoint Kastraki en 1 heure (dont 20 min de marche sur la grande route). Visite Après avoir gravi les marches et pénétré dans la cour centrale, on entre dans le catholicon. • La première grande pièce, le narthex de l'église, est soutenue par quatre colonnes carrées. On remarquera les deux tombes des frères fondateurs dans un coin à droite, ainsi que la peinture les représentant avec le monastère entre les mains. Sur le mur de droite, on peut observer des scènes du Jugement dernier et en face sur le linteau intérieur, saint Sissois méditant devant le squelette d'Alexandre le Grand. Le premier habitant de Varlaam, qui s'y était installé au XIV' siècle, est visible sur la colonne gauche. De nombreuses scènes de torture des chrétiens par les Romains sont données à voir tout autour; leur représentation est particulièrement violente. Sur la voûte, le Seigneur est glorifié. • La seconde pièce est la nef. A droite et à gauche de l'entrée, deux absidioles identiques sont décorées de mosaïques en ivoire et en nacre. En face de l'entrée, un templum en bois ciselé et doré représente le Christ crucifié et la Mère de Dieu. Aux quatre coins de la voûte, les quatre Evangélistes, dont Lucas qui peint la silhouette de la Vierge. Tout autour, les scènes de la vie du Christ sont magnifiquement évoquées. • Voir aussi le réfectoire reconverti en un petit musée où sont exposés de nombreux objets comme des croix sculptées et décorées. LE GRAND METEORE Le monastère de la Transfiguration du Sauveur, plus connu sous le nom de Grand Météore, est construit sur un pic rocheux culminant à une altitude de 613 m au-dessus du niveau de la mer. Le monastère fut fondé en 1388 par le frère Athanase et rénové par des moines en 1484, comme le montre une épigraphe gravée sur la paroi sud du sanctuaire. Pour tous les monastères de la région, la montée des vivres, visiteurs et bagages se faisait à l'aide d'un filet suspendu à une corde, et ce jusqu'en 1923, date à laquelle fut construit l'escalier de 46 marches grâce auquel on accède au monastère aujourd'hui. • Pratique Cl! (24320) 22 346. En été, ouvert tous les jours de 9h à 17h, sauf le mardi. En hiver, ouvert tous les jours de 9h à 16h, sauf le mardi et mercredi. Entrée 2 €. Visite L'église ressemble à celles que l'on rencontre ~. sur le mont Athos: en forme de croix et surmontée d'une coupole soutenue par douze pans. • On pénètre d'abord dans le narthex, qui repose sur quatre colonnes. Les fresques qui recouvrent l'intégralité des murs représentent essentiellement des scènes de martyres de saints. Deux absidioles encadrent la porte de séparation entre le narthex et le sanctuaire. Dans celle de droite est représenté le baptême du Christ. Audessus de la porte, le Christ entouré de la Vierge et de saint Jean Prodrome. Dans l'absidiole de gauche, saint Jean Prodrome ainsi qu'une personnification du fleuve Jourdain. A gauche et à droite de la porte centrale, une superbe représentation de l'Annonciation de la Vierge. Remarquez aussi le portrait des fondateurs, Athanase et Joasaph, qui tiennent chacun d'une main le monastère. • Vous pourrez ensuite pénétrer dans le sanctuaire de l'église. Dans l'absidiole, des représentations de saints militaires qui portent des vêtements serbes, probablement du fait des origines serbes de Joasaph. A l'ouest, les portraits des deux propriétaires et fondateurs du monastère. • Entrez dans la nef de l'église. Sa longueur est de 32 m. L'intérieur de la coupole montre le Créateur, dominant l'édifice et entouré de nombreux anges. Tout autour de la coupole, des représentations de la Résurrection de Lazare, des Rameaux, de la Cène et de la descente du Christ aux Enfers. Dans l'église, on admirera aussi un superbe trône épiscopal en bois sculpté incrusté de nacre, de même qu'un templum datant de 1791, en bois ciselé, aux décors d'animaux et de plantes. En montant l'escalier qui mène à l'intérieur du sanctuaire, vous aurez sûrement remarqué la petite habitation qui devait être l'ermitage de saint Athanase. Les autres constructions religieuses du sanctuaire sont la petite chapelle de Prodrome, qui abrite une très belle fresque représentant le Créateur entouré d'anges et un templum doré, et la petite chapelle des saints Constantin et Hélène, qui abrite un templum ciselé et qui est remarquable par son dôme polygonal. • Se rendre ensuite à la cuisine du monastère, qui est l'un des plus anciens monuments construits sur le pic rocheux. Au centre, un immense foyer où l'on déposait une grande marmite afin de nourrir toute la communauté. On y voit encore aujourd'hui de nombreux ustensiles de cuisine utilisés à l'époque. A côté, le réfectoire dont le fond en conque est orné d'une fresque représentant les deux anges Gabriel et Michael. La table en pierre, où mangeait le supérieur, est conservée ainsi que deux tables en bois autour desquelles se restauraient les moines. De l'hôpital du monastère, derrière le réfectoire, il ne reste que le premier étage. Mais vous pourrez encore visiter les caves où l'on entreposait les fûts de vin, ainsi que les anciennes cellules des moines. Le treuil, la corde et le filet qui permettaient de hisser jusqu'en haut les visiteurs et les vivres nécessaires à la vie du monastère ont été conservés en état de fonctionnement. Ils servent encore aujourd'hui aux moines, pour la montée des denrées alimentaires par exemple. AGHIA TRIADA Un joli petit sentier pavé en sous-bois relie le monastère à la ville de Kalambaka en une heure à pied. Lorsque l'on est en bonne condition physique, c'est certainement la meilleure façon d'y accéder. De plus, se retrouver exactement aux pieds de ces géants de pierre est impressionnant, surtout lorsqu'on imagine les masses d'eau qui y coulaient autrefois. t Pratique: (f) (24320) 22 346. En été , ouvert tous les jours de 9h à 12h30 et de 15h à 17h. Fermé le jeudi. En hiver, ouvert tous les jours de 9h à 12h30 et de 15h à 17h. Entrée payante. Visite Le monastère de la Sainte-Trinité fut probablement construit au XV' siècle par le moine Dometius, et décoré de peintures murales par les frères Antonios et Nikolaos. Du haut de son rocher, il offre sans aucun doute le tableau le plus beau et le plus caractéristique des Météores. La première impression que l'on a de ce monastère, lorsqu'on le voit apparaître au loin, est saisissante avec, au premier plan, le piton rocheux, qui semble émerger de la vallée du Pin ion, et, au second plan, les cimes du Pinde et ses pentes boisées. On accédait autrefois à ce sommet en empruntant une échelle de corde ou une nacelle, avant qu'un escalier de cent quarante marches ne soit taillé dans la roche en 1925. La première église qu'on aperçoit en entrant est celle de Saint-JeanProdome. Il s'agit d'une chapelle de forme circulaire taillée dans le roc. Elle fut décorée de peintures murales et religieuses en 1862. • Avant de pénétrer dans l'oratoire de l'église, on découvre la sacristie, construite en 1684 d'après l'épigraphe visible sur le mur de droite. On y déposait les objets de culte comme des croix précieuses ou des vêtements sacerdotaux. Tous ces objets, dont certains avaient une très grande valeur, furent pillés par les Allemands pendant la guerre. On vola même le clocher du monastère! Ce sont 26 icônes anciennes qui ont survécu à ce vandalisme; elles se trouvent au couvent de Varlaam. L'oratoire est de toute beauté. On y verra un évangile recouvert d'argent et imprimé à Venise en 1539. Sur la coupole apparaît le Christ, et, aux quatre coins, les 4 évangélistes. On remarquera enfin l'icône de la décapitation de saint Jean Prodome sur le mur de droite de l'oratoire. AGHIOS STEPHANOS Le monastère de Saint-Stéphane est le plus riche de tous les monastères des Météores, c'est aussi le plus accessible pour les touristes. A l'entrée du monastère, une é pigraphe mentionne la présence, en 1180, de l'ermite Jérémie et la construction, en 1192, des premiers bâtiments sur le promontoire. L'histoire du monastère est par la suite marquée par la visite, en 1333, de l'empereur byzantin Andronikos Paléologue. Enthousiasmé par l'accueil chaleureux des moines, il offrit au monastère des terrains et de l'argent en abondance. En 1545, le monastère obtint son indépendance de l'évêché de Staghi. 1798 vit la construction de l'église Saint-Charalambos. En 1850, le monastère construisit à ses frais l'école de Constantin, à Kalambaka, et offrit 80 000 drachmes-or pour la construction d'une école secondaire à Trikala. En 1960, le monastère, presque désert, fut transformé en monastère de moniales, et il prospère depuis lors. • Pratique: (f) (24320) 22 346. En été, ouverttous les jours, de 9h à 14h et de 15h30 à 18h, sauf le lundi. En hiver, ouvert tous les jours de 9h30 à 13h et de 15h à 17h sauf le lundi. Entrée payante. fresques, même si certaines ont été très endommagées par le temps et quelques envahisseurs sans pitié. Elles offrent de très belles représentations de saints, dont une de la Vierge dominatrice. De chaque côté de la porte du narthex se tiennent les anges Gabriel et Michael en compagnie des fondateurs du monastère : Antoine Catacuzène et Phlotéos. L'église abrite également un trône épiscopal et un templum, tous deux en bois SCUlpté. t L'église de Saint-Charalambos est en forme de croix surmontée d'une coupole centrale et de deux coupoles plus petites. Il n'est pas sûr que vous puissiez la visiter car elle est parfois fermée aux touristes. Elle fut construite en 1798. Le templum est ciselé et porte des représentations d'animaux et de plantes. Le trône épiscopal et les lutrins sont incrustés de mosaïques en nacre. Sur le sol de l'église est sculpté un relief représentant un aigle à deux têtes, symbOle de la protection accordée par les empereurs byzantins. • Dans le réfectoire, quelques objets précieux sont exposés comme des icônes postbyzantines, des manuscrits, des vêtements sacerdotaux ... Aujourd'hui, les sœurs de Saint-Stéphane enseignent la musique byzantine et la peinture religieuse. Au pied des météores À 355 km d'Athènes, 227 km de Thessalonique, 22 km de Trikala. Au pied des Météores, à quelques kilomètres des monastères, s'étendent deux villes riches en points d'accueil et qui servent habituellement de base de départ pour explorer ces joyaux de la Thessalie. • Kalambaka, la plus grande, est une ville sans cachet particulier et très touristique. C'est là que vous trouverez la majorité des hôtels, de part et d'autre de la rue Trikalon, qui sépare la grande place de la mairie et la place Rigos Feraios, plus petite. Kalambaka réunit stations de bus, office du tourisme, magasins attrape-touristes ... En 15 ans, cette ville a vu le nombre d'hôtels exploser de 500 lits, elle en propose maintenant 2 500 ! Les groupes et les cars de touristes y sont les rois. Cependant, si l'on sort des sentiers battus pour se diriger vers les chemins qui mènent aux Météores, on y découvre de jolis recoins. Elle abrite également l'église de l'Assomption de la Vierge, rebâtie en 1309 sur les ruines d'une église du V' siècle. • Kastraki, qui ressemble davantage à un village, est situé à 2 km de là. Beaucoup de chambres à louer et surtout le caractère traditionnel que Kalambaka a perdu il y a déjà longtemps. On accède aux monastères très facilement à partir de ces deux villes. 'EVXIVrGYTrVrIWYVPIWMXIMRXIVRIX LXXT[[[GEQTMRKQIXISVEKV 6SYXI )XVSMXIEWGIRWMSR 7IRXMIVTrHIWXVI )KPMWI
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