Experience d`Elihu Thomson, un exemple de
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Experience d`Elihu Thomson, un exemple de
Experience d‘Elihu Thomson, un exemple de modelisation par etapes A Durey etR Journeaux GREDISPEN, Ecole Normale Superieure, Avenue de la Grille d’honneur. 92211 Saint Cloud, LIRESPT. Paris 7. France ReGu le 15 novembre 1985, presentation definitive le 27 mai 1986 Resume L‘experience d‘Elihu Thomson est reexaminee sous son aspect quantitatif, a la fois des points de vue theorique et experimental. Elle est analysee comme un exemple de modelisation progressive. et I‘accent est mis sur les diverses etapes qui conduisent de I’observation qualitative premiere au modele quantitatif complet. La demarche modelisante est detaillee avec ses aller-retour entre les champs theorique (calcul dela force s’exerGant entre deux circuits) et experimental (mesure de la force d’interaction, des grandeurs caracteristiques des circuits). Cette experience est proposee comme activite modelisanteen alternative aux activites experimentales classiques oti l’initiative laissee aux etudiants est trop limitee. L’enseignement occulte souvent deux aspects fondamentaux de la demarche en sciences physiques: d’une part I’etude experimentaledesphenomeneset d’autre part la pratique reelle de modelisation avec ses hesitations, ses impasses, ses aller-retour entre theorie et experience. Nous allons illustrer sur I’exemple d’Elihu Thomson, I’interCt de restituer cette demarche aux eleves. L’enseignement experimental traditionnel en sciencesphysiquesimposeauxetudiantsuncanevas tres rigide qui leur laisse peu d’initiatives. Le choix du materiel et de la methode de manipulation sont proposes par I’enseignant;I’etudiant un peu habile peut suivre les directives sans encombres jusqu’au resultat final. Comptetenudescontraintesdemateriel,de personnel et de temps, il est vrai que d’autres solutions sont difficiles a mettre en oeuvre. Mais la perennite de ces difficultes ne doitpasfaireoublier qu’il existe d’autres approches. Nous allons tout d’abord decrire les diverses etapes modelisation la de telles qu’elles s’imposent a I’experimentateur place devant une situation nouvelle, avec les differents passages entre les champs theorique Abstract A quantitative study of the so called ‘Elihu Thomson experiment’is proposed from the theoretical and experimental points of view. It appears to be an exampleof progressive modelisation from the qualitative first observation to the final quantitative model. The successive steps of the modelisation are reviewed. with special attention to the connection between the theoreticalfield (evaluation of the force between two conducting circuits) and the experimental field (force, resistance, auto and mutual inductance coefficient measurements). Such an experimentis proposed as a modelling activity to replace customary experimental work in which students can take only very limited initiatives. etexperimental.Nouspourronsensuiteessayerde degager quelques propositions didactiques pour integrer dans l’enseignement des objectifs l’apprentissage de la modelisation. lies a 1. Observations Soit une bobine possedant un grand nombre de tours n , alimenteepar le secteur (figure 1). Un circuit magnetique en U permet de canaliser le flux d’induction.Unespirefermeeconductriceestplacee sur la bobine. Quand on ferme I’interrupteur, la spire est projetee vers le haut. L‘experience peut Ctre completee et conduit alors a quelques resultats surprenants. 0 PlaGons deux spires identiques sur labobine. A la fermeture du circuit, elles sont projetees a une hauteur plus importante que pour uneseule spire. On peut egalement comparer plusieurs spires toriques a sections rectangulaires differant seulement par leur epaisseur: la hauteur de projection croit avec cette epaisseur. 0143-0807/87/010018 +06 $02.50 0 1987 IOP Publishing Ltd & the European Physical Society 19 Experience d’Elihu Thomson r - - fluxenvoyedanslabobine2par les autrescircuits. Suivant la direction x verticale (comptee positivement vers le haut) la composante verticale effectue le travail pour un deplacement d x dr=Fdx F = I , d@/dx Figure 1 Principe de l‘experience d’Elihu Thomson: S. source alternative; C. circuit magnetique: B ,.bobine excitatrice: B,. bobine mobile. Figure 1 Circuit diagram for Elihu Thomson experiment: S. alternative source: C, magnetic circuit; B ,.acting coil; B ? , movable coil. 0 On peutfaire I’experience avec une bobine mobile comportant un petit nombre de tours: on constate que la hauteur de projection croit avecle nombre de tours. Enfin on peut constater qu’une spire de deux tours est projetee sensiblement a la mime hauteur que deux spires separees (mime fil constitutif et mime geometrie). 2. Premiere etape de la modelisation La bobine est parcourue par un courant I , alternatif. Par induction une FEM apparait dans la spire et Cree un courant.Deuxcircuitsparcouruspardescourants exercent I’un sur l’autre un systeme de forces; la spire libre se deplace donc sous l’effet de ces forces (Feynman 1965). Cherchons le sens de cette force. Le courant I , dans la bobine induit dans la spire une FEM de la forme avec @ = M I , , I , courantdanslabobineexcitatrice, soit F =I I 2 dM/dx. I1 faut bien noter que F est une valeur instantanee. I , et I 2 varient sinusoi’dalement avec le temps, la force mesuree,pendant un temps grand devant la periode. est fournie par la valeur moyenne de I’expression F ciEn effet. dessus.Cetteremarqueestfondamentale. dansl’interpretationprecedente.nousavonssuppose quelaspire se reduisait a sapartieinductive. Si au contraire on la reduit a sa partie resistive R , le courant I 2 = e / R 2 est en quadratureavec I , et la force moyenneest nulle! On voit toutel’importance d’une meconnaissance totale des caracteristiques reelles de la spire. On peutessayerd’analysermaintenantcequi se on passed’unespireunique a une produitquand bobine a deux spires. La mutuelle M (donc dM1d.u) est multipliee par 2, L est multipliee par 4. Si on suppose que I , n’a pasvarie, I 2 estdonc divise par 2. La moyenne de F est donc inchangee, alors que la masse delaspireaete multipliee pardeux.Ceciest en contradiction avec I’observation experimentale qui suggere que la force est plus que doublee. A stade cemodelisation, la de deux voies complementaires s’imposent pour progresser: l’analyse experimentale qualitative doit faire place a une etude quantitative par mesure des forces exercees sur les differentes spires mobiles; I’analyse theorique du phenomene doit se faire plus fine et faire intervenir I’etude complete de I’interaction entre les deux circuits. e=- d@/dt=-MdI,/dt M etant le coefficient de mutuelle inductance entre les circuits (on peut choisir les sens d’orientation pour que M soit positif). Dans la spire, si on neglige sa resistance (Goudet 1975, Fruhling 1966), le courant I , est de la forme 12=e/jL2w=-MII/L2. Lescourants I , et I 2 sontenoppositiondephase; compte tenu des conventions de signe, ils conduisent a une repulsion entre les deux circuits. On peut essayer, a ce stade, de comprendre pourquoi une bobine de deux spires est soumise a une force telle qu’elle sera projetee plus haut que la spire unique.L’analyseprealableci-dessusne suffit plus, il fautfranchirunpasetdeterminer I’expression mathematique de la force exercee sur la spire mobile. La bobine 2 parcourue par le courant I , est soumise a un ensembledeforcesdont le travail,dansune translation elementaire dx vaut ds =I , dG, @ etant le 3. Etude experimentale quantitative L’etude consiste a mesurerlaforceexerceesurla bobine mobile dans une position precise par rapport a la bobine fixe. La bobine mobile est maintenue par un support adequat non conducteur; ce dernier est place sur une balance monoplateau. La force exercee sur la bobine est deduite de la variation de l’indication de la balance. ( a ) Bobinesde6cmdediametreenviron.en fil emaille de 2 mm de diametre. ler cas: pour n spires separees: n=l F = mN 3.6 n=2 F = 18 mN. 2eme cas: bobines comprenantn tours n= F 2= 15.2 mN n =F 3= mN. 29 20 A Durey et R Journeaux (b) Spires toriques d’epaisseur e variable. a section rectangulaires est: F=n2V2dm/dxlAlIBI/ID/*coscp e = 1 mm F=3.6 mN e=2mm F = 12.5 mN e=3mm F = 25 mN. La faible valeur des forces mises en jeu, la mauvaise reproductibilite de la position des bobines conduisent a des incertitudes de mesure d’environ 10%. On constate que la force croit plus vite que la masse de la spire, ce qui explique les constatations experimentales ci-dessus. 4. Deuxieme etape de la modelisation La bobine fixe 1 est alimentee par une sourcede tension V = Veil d 2 cos wt. Elle possede n l tours; elle peut itre caracterisee parsa resistance R , etson coefficient d’auto induction LI , La bobine mobile etudiee a n2 spires; sa resistance est R 2 et son coefficient d’auto induction L2. L’interaction entre les deux bobines est caracterisee par le coefficient de mutuelle induction M . La loi d’Ohm appliquee aux deux circuits permet d’ecrire V = R 111 + L 1 dIl/dt + M dIz/dt O=R212 + L 2 dl2/dt+MdIl/dt. En regime sinuso’idal et en admettantque le circuit magnetiqueintroduisedesphenomenesnon lineaires negligeables, les relations ci-dessus deviennent V = R I I ,+ j L l I l w + j M 1 2 w O = R2I2+jL212w+jMI1w. Les caracteristiques R z L 2 et M sont fonctionde n2 selon les lois R2=n2r2 L 2= nil2 M = n2m. 12, r2 et m caracterisent alors une spire de la bobine 2. avec c p = ~ l a + v)B - 2vD ( p R , ( P B et (pD representent les arguments des nombres complexes A , B et D) et P2 = V& 5. Mesure des parametres du systeme intervenant dans le modele La modelisation fait apparaitre un certain nombre de parametres lies au systemedontlaconnaissance est necessaire pour comparer les valeurs experimentales aux valeurs produites par le modele. Ici leur determination sera essentiellement experimentale. Bobine numero l Ses caracteristiques L I et R I peuvent itre determinees par mesure de I’impedance et du dephasage couranttension a 50 Hz en presence du circuit magnetique. On a t r o u v e a i n s i R , = 6 6 e t L I = 0 . 2 1 H. Bobine numero 2 Les faibles valeurs de r2 et l2 rendent leur determination plus difficile; en particulier la methode utilisee pour la bobine 1 est mal adaptee. La resistance r2 a ete atteinte en mesurant la resistance d’une grande longueur du fil constituant la bobine. On a pu ainsi evaluer r2 a 10 m a . La valeur de l2 a ete evaluee indirectementpar mesure du coefficient de mutuelle m. Pour cela, la FEM induite dans une bobine identique mais ouverteest mesuree quand I , parcourt la bobine numero 1. On peut alors ecrire: e = - d@/dt=-jw@ avec @ = m I , , soit m=e/wI,. On trouve ainsi m = 2.5 x low4H. La relation m = k m permet d’obtenir un ordre de grandeur de 12. En prenant un coefficient de couplage k = 0 . 9 Uustifiie par la presence du circuit magnetique) on obtientl 2 = 0.37 pH. On en deduit les valeurs des courants: I , = VA/D 12 = VB/D avec A = r2 + jn212w B=-jmw Mesure de dm/dx Deux mesures de m par la methode prkcedente sont effectuees en plapant le bobine numero 2 de part et I’autre dela position quiaconduitauxmesures de forces. On trouve un variation de m d’environ IO-’ H pour une distance de 1 cm soit dm/dx= lo-’ H m-’ D=nzm2~2-n~L11~~2+R1r~+jw(L~r2+n~l~R~). La forceF s’exerpant sur la bobinenumero 2 est alors F = I , 1 2 dM/dx=1112n2 dmldx = V2n2(AB/D2) dmldx Sa valeur moyenne accessible par l’experience decrite 6. Confrontation de I’experience et du resultat du modele Les elements quipermettent de determiner la valeur moyenne de la force exercee sur la bobine numero 2 sont maintenant connus. 21 Experience d'Elihu Thomson (a) Determination de A A = r , + jn212w= +j n , x 10071x 3.1 x 10" complet des sources d'incertitudes explique facilement cet ecart. soit tan q 4 = 0.1 2n2 A=r2(l +jtanp,) soit IAl = r,/cos q a (en R). On obtient les resultats suivants: n2= 1 =l" n2=2 94 = 13" IAl= 1.03 mR =3 q4 = 20" IAI = 1.06 mR. 112 IAI = 1.01 m R (b) Determination de B B=-jmw q B = - n/2 (si on choisit m > 0) 7. Discussion generale Le cas experimental ici expose est un cas particulier. En imaginant d'autres situations, les valeurs des parametres sont changees, les approximations peuvent itre differentes, et le rBle de n , peut devenir autre. Une etudeexhaustivedu rBle desdifferentsparametres experimentaux ( L ,,R , , 1 2 , r2. m) seraitfastidieux. d'autant que certains ne sont pas, en pratique, completementindependant ( r 2 et l,, l 2 et m). Seuls quelques cas limites peuvent se degager et conduire a quelques resultats simples. / B 1 = m w independant de n2 (en R). Premier cas: R est grand. On peut trouver des conditionstelles que D=n2w2(m2-Ll12)+RIr2+jw(LIr~+nzIzRI). D=Rl(r2 +nzjw12) (c) Determination de D Lepremiertermevautenviron -1.5 X 10-3n,; le deuxiemetermevaut 6x le termeimaginaire se a j w L , r , w soit 0.066 j . On reduitpratiquement obtient tan qD=0.066/(-1.5n2 + 6)10", soit n2= 1 = 86" cD=90-~D=4' n2=2 n2= 3 = 87" ~~=90-q~=3" ~o=90-~D=l" q D = 89" et 1 D I = 0.066 R. Expression de la force. Avec les resultats precedents, la force moyenne prendl'expression F = n2 V $ d m l d x 1 AI moll D 1 cos(q) avec p=pA-(n/2)-2qD=pa -(n/2)-2(n/2-cD)= + 2 c D - 3(n/2) donc cos q=-sin(pA + 2&D). P=-n,Vf~dm/dxlAlmw/lD1*Sin(qa+ZED). Avec les conventionsdesigne, d m l d x est negatif donc P > 0; c'est bien une force dirigee versle haut. On peut remarquer la grande importance des angles p,4 et p D . Cesontleursvariationsavec n2 quivont rendre compte des effets surprenants de l'observation du paragraphe 1. Applications numeriques. Dans les conditions experimentales ci-dessus, l'application numerique conduit aux resultats suivants: n2= 1 np2==224 . 5 F = 9 . 5 mN mN n2=3 F = 43.5 mN. On peut constater que I'ecart aux mesures experimentales est grand. Ceci est dd en particulier au fait que les caracteristiques de la bobine mobile sont determineesavecunetresmauvaiseprecision.Par exemple dmldx, obtenue par difference de deux valeursde m tresvoisines,estconnueavecune incertituderelativedepresde 100%. Un inventaire soitAB/D2=-jmo/R:(r2 +jwn212). Deux cas peuventse produire: 0 r , est grand devant n2I2w; alors A B / D 2 est imaginaire pur et la force moyenneest nulle: r2 est faible, AB/D2=- rn/(n212R:) etlaforce P est independante de n 2 , Deuxieme cas: R I est faible. On peut alors trouver des conditionstelles que D=jwL1r2 soit A B / D 2 = j m ( r , + jm12w)/(wL:ri) si r , est gra.;d A B / D 2 = j m / ( o L : r 2 )et la force est nulle; 0 si r , est faible AB/D2=-mn212/(L:r2). La forceF est alors proportionnelle a n:. On peut egalement se demander si la force peut itre il faut simplementproportionnelle a n 2 . Pourcela trouverdesconditions telles que A B / D 2 devienne independantde n 2 , c'est-a-dire telles que A et D se reduisent a A =r2 0 D=r,(Rl +jLlo) en negligeant les termes contenant n 2 . Cela pourra itre realise en particulier si r2 est grande. Dans ces conditions AB/D2=-jmw[r2(Rl +jwL,)*]-'. On peut remarquer que cette force devient nulle si l'un des deux termes R l ou L I W devient preponderant (on retrouve deux cas de la discussion precedente). 8. Autres enseignements du modele On peut deduire de cette modelisation des conclusions que les premieres observations experimentales n'avaient pas mises en evidence. Par exemple le 22 A DureJl et R Journeaux courant I , = V A / D apparait comme une fonction de l’initiative, I‘imagination. larecherchedocumentaire seraient enfin prises en compte. n 2 ; ceci exprime le faitque le courant I z induitune FEM M dZ,/dt dans le circuit primaire. Les eleves n’ont pas les mimes contraintes que le Les applications numeriques ci-dessus montrent que chercheur, ils ont d’autres motivations. Le bon I , augmenterespectivementde 1.3 et 6% quand on fonctionnementde la modelisationpoureuxpassera placelabobinenumero 2. Experimentalement, on globalement par les mimes etapes que celles que nous constate effectivement une augmentation de 1.4 et 8%. avonsdecrites(mime s’il yadeshesitations,des De plus, le dephasage entre V et I , varieavec n2 (il retours en arriere, des voiesen impasse). Mais ce qui vaut va - V D ) , ce que confirme l’experience. va changerfondamentalement c’est le moteurde la Le modele permet egalement de connaitre l’ordre de modelisation, ce sont les motivations qui vont soutenir grandeurdequantitesimpossibles mesurer, a par I’action. Leprofesseur se doitd’amenager le temps pour favoriser au maximum la progression et l’interit. exemple le courant I,. Dans les conditions de l‘experience (V,,= 45 V ) on trouve un courant I z de Pour cela il faut des tlches aux eleves suffisamment 53A(envaleur efficace) cequicorrespond a une precises et a court terme pour qu’ils puissent demarrer, puissance dissipee dans une spire unique de 2.9 W. En suffisamment et distinctes des questions et des 1 S , laquantitedechaleurdegageeva elever la problemes de physique pour qu’ils puissent se livrer a temperature de la spire de cuivre de 3 K (on neglige une veritable activite de modelisation, c’est-a-dire pour les pertes). Ici encore, l’experience montre que la spire pouvoirprogresser vers laformulationdebonnes devient brdlante en quelques secondes. questions et de bons problemes. Dans le cas d’Elihu Thomson, on peutproposer dans un premier temps aux eleves de realiser l’experience eux-mimes puis de jouer en faisant varier les conditionsexperimentales, ou bien on peut leur 9. Les extensions du modele L’experience montre que deux spires identiques demanderdetrouver les meilleures conditionspour placees c6te a c6te subissent ensemble sensiblement le faire sauter l’anneau le plus haut possible. Apres cette mime effet que la bobinededeux ‘experimentaliste‘ que spires. On peut phase l’on demandera de montrer (voir appendice) que le rnodele precedent et resumerpourmettre les resultats en commun, on ses parametres permettent de prevoir ce resultat. demandera de donner une interpretation des resultats. Le modele precedent permet egalement d’expliquer PourquoiI’anneausaute-t-il?(Pourquois’echauffe-ten equilibreaudessusde la les actions sur la spire torique d’epaisseur variable. En il? Pourquoireste-t-il bobine?) Quels phenomenes connus sont mis en jeux? effet, compte tenu de la forme des lignes de courant interpretations pourront faire I’objet d’une induites, une telle spire peut se traiter comme plusieurs Ces expression ecrite individuelle puis d’une mise en spires distinctes juxtaposees. les Si on mesure la force exercee sur une spire, et si on commun collective quipermettedeselectionner concepts utiles (forces,induction)et les phenomenes approche par le haut une autre spire, la force exercee mis en jeux (forces exercees par deux circuits sur la premiere croft. Iciencore le modele peut parcouruspardescourants,sensducourantinduit expliquer ce phenomene (voir appendice). dansunebobineparun solenoi’de, . . .) Cettephase doitnecessairementamenerdesreponsesacertaines questions posees et deboucher sur des questions ou des Propositions didactiques La suite d’operations que nous venom de decrire est en problemesphysiquesplusprecis.(Calculdelaforce bobines? De quels realite, surunexempleparticulierementsimple, le qui s’exerce entre les deux paramitres depend la force qui s‘exerce entre les deux scenario de I’activite de tout physicien confronte a un force Ou ladepend-elle nombre du probleme nouveau, oblige constamment d’aller puiser bobines? d’anneaux?) Cette phase consiste donc a renvoyer les dans les champstheoriqueetexperimentalpoury eleves devant leur feuille blanche pour modeliser trouver les reponses necessaires a la progression. C’est I’experience de faGon a arriver a ce qu’ils se posent un aussi en raccourci toute l’activite de la communaute scientifique au cours de son evolution historique. Si on probleme qu’ils sachent resoudre (soit une resistanceR de n spires. . .). Bien sdr, ce travail l a n’aboutira pas du veut placer les eleves devant une demarche scientifique entierement nouvelle, si onsouhaitedevelopper les premiercoup a labonneformulation, il faudra peut itre resoudre completement le probleme pour aspects d’apprentissage de la modelisation et du s’apercevoir qu’on l’avait mal pose. maniement des modeles, il faut leur donner la On arrive ainsi adessolutionsdonnantlavaleur possibilite defaireeux-mimesdesdemarchesdece On peut a ce stade faire verifier litteraledelaforce. type. Cela signifie qu’au lieu de transformer cet quelques implications resultat dusans faire exemple en probleme, avec progression theorique d’applicationnumeriqueseulementenregardantde guidee, resultats experimentaux applications et numeriques artificiels, il nousparait plus interessant quoi depend F et dans quelssens varie F avec certaines grandeurs.Celaconfirme les resultatsdel’analyse de reflechir des arrangements a pedagogiques (transpositions didactiques) qui permettent aux eleves qualitative mais ne repond pas aux questions precises. deseconfronter a un travaildemodelisation ou D’ou la necessite de calculer numeriquement la force 23 Experience d’Elihu Thomson Lesdeuxspiresetant eninfluence totale. on peut dans plusieurs cas. Mais pour les applications numeriques il faut connaitre des caracteristiques prendre experimentales de ce dispositif (I’enconce du probleme M,=1etM2=Mi=rn ne dit pas on prendra R = I O R, L =0.5 H. M = . . .). I1 faut l’obtenir experimentalement.D’odunretour a Danscesconditions,laresolutiondusystemede unephasedemesuresur le dispositif. Laphase Kramer donne les resultats suivants: exploratoiredudebut a doncetedepassee, on sait maintenant les grandeurs qu’il fautmesurer. I1 faut I , = VoNI/A alors reflechir au dispositif a mettre en oeuvre (balance I , =I2 = V0 N2/A monoplateau pour la force. . ., mesure de dephasage de resistance, de mutuelle) et mettre en oeuvre des savoir- avec faireconnus. Enfin les resultatsdesimulationseront N I = r(r + 2jlw) confrontes aux resultats experimentaux pour tirer des ?V2= -j mru conclusions sur l’adequation du modele. La encore, il faut insister sur le r6le du professeur qui doit aider a A=r(rl +jL,w)(r+2jIw)+2rn2w2. degager les progres effectues dans la connaissance du phenomene en amenant les reponses aux questions et Avec les valeurs numeriques issues de l’experience on tenterd’apprecier les raisonsdesdifferencesentre aboutit a modeles et realite. Dans cette experience la mesure du arg N I = 13” IN1 1 = 1.03 X R’ paramitredumodeledM/dxexpliqueenpartieces ecarts. Dans d’autres cas les incertitudes de mesure ne I N 2 1 = 7.85 X 10” R’ arg ,V2 = - 9OC sont pas suffisantes et il faut alors revoir le modele luiIA1=6.75 K IO” R 4 arg A = 87”. mCme (exemple fentes d’Young) (Dureyet a / 1983). La forceP s’ecrit alors Appendice La bobine 1 (resistance r , , coefficient d’auto induction L ,) parcourue par le courant I , influence deux spires identiques (resistance r et coefficient d’auto induction I ) est Cree ainsi les courants I 2 et I,. Soient M,, les coefficients d’induction mutuelle entre les trois cixuits. ~=2V~~NII~N2~//A~’dm/d~~~~(-9O+13-2x8 soit P = 23.3 x 10 m h , valeur voisine de celle obtenue pour une bobine de deux spires. ( 2 ) On analyse la force exercee sur la spire 2 par la bobine 1 et la spire 3 . Cette force est de la forme: F = I , I 2 d M z / d . ~ +1 2 1 3 dMI/dx=F,2 M,, = M,2 = M 1 M I , =M31 = M > M21 =M12 = M , . On peut choisir des orientations sur les circuits telles que les coefficients M , j soient positifs. La loi d’Ohm pour chaque circuit s’ecrit: Vo=rlIl +jLlwIl +jM,12w+jMzI,w Si les spires 2 et 3 sont peu eloignees, on peut conserver pour les applications numeriques des valeurs proches de celles du cas precedent. La force F , , vaut donc environ la moitie de F du paragraphe precedent, doncestsuperieure a la forcequis’exerceraitsurla spire 2 seule. La force F,, vaut sensiblement F,, = V t N : / A 2d M , d x 90 + 2 X 87) d M l / d x O=rI2 + j 1 1 2 w + j M j I l w + j M I 1 3 w = V,$N,12/lA12 COS(-^ O=rI~+j11~w+jM211w+jMlIzw. = V , $ N 2 ~ 2 / ~cos(6”) A ~ 2 dM,/dx Les courants I , , 1 2 ,I , sontsolutionsdusystemede Kramer. 11s permettent de determiner les forces exercees sur les spires 2 et 3 par le reste du systeme. Deux cas evoques ci-dessus peuventCtre envisages. ( 1 ) Lesdeuxspiressontpratiquementconfondues etforment un systemeunique.L’ensembleestdonc soumis a deux forces F = I1 I2 dM,/dx X avec d M , / d x > 0 donc F32 > 0. La spire numero 3 exerce donc sur la spire 2 une force egalement dirigee vers le haut, qui s’ajoute a la force F12. On retrouve bien laderniereremarquefaite au paragraphe 8. + I I1 3 dMz/dx. Les deux spires etant pratiquement confondues, peut-ecrire: dM,/dx= dMl/dx I2 1:I , donc F= 21112dM3/dx. + F32. on BibliographicDurey A, Laurent M and Journeaux R 1983 Eur. J . Phys. 4 82-9 Feynman R P, Leighton R B and Sands M 1965 Lectures on Physics vol. I1 (Reading, MA: Addison-Wesley) Fruhling A 1966 Cours d’Electricire (Paris: Dunod) Goudet G 1975 Traite d’Electricite (Paris: Masson)