Pompe à insuline chez l`enfant : vers un consensus – Consensus

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Pompe à insuline chez l`enfant : vers un consensus – Consensus
Pompe à insuline chez l’enfant : vers un consensus
Consensus statement on the use of insulin pump therapy
in the pediatric age group: a report
M. Polak*
Résumé
L’
utilisation de la pompe à insuline sous-cutanée en pédiatrie
reste débattue. Une réunion de consensus consacrée à cette
problématique a eu lieu en avril 2006 à Berlin, à la demande
de plusieurs sociétés savantes : American Diabetes Association,
European Association for the Study of Diabetes, Lawson Wilkins
Pediatric Endocrine Society, European Society for Pediatric Endocrinology et International Society for Pediatric and Adolescent Diabetes (1).
L’auteur de cet article a eu le privilège d’être l’un des médecins
invités lors de cette réunion. Les lignes qui suivent sont un résumé des
principaux points abordés. La méthodologie a été celle d’une analyse
exhaustive de la littérature, d’abord en petits groupes de travail, puis
en séance plénière.
points FORTS
▲ La pompe à insuline peut être utilisée à tout âge en pédiatrie, de la
période néonatale à l’adolescence.
▲ Elle peut améliorer l’hémoglobine glyquée des enfants au prix de
moins d’hypoglycémies et de fluctuations glycémiques moindres.
▲ Elle nécessite une formation solide de la part de la famille, avec le
soutien possible 24 heures sur 24 d’une équipe expérimentée en diabétologie de l’enfant.
▲ L’apparition de nouveaux outils de surveillance de la glycémie en
continu, couplée à l’utilisation de la pompe, rend presque possible un
fonctionnement de type “pancréas artificiel”.
▲ L’utilisation de la pompe est plutôt associée à un moindre stress et à
une meilleure qualité de vie.
▲ L’évaluation de son utilisation au long cours et de son impact économique, entre autres, nécessite la poursuite d’autres études cliniques.
Mots-clés : Diabète sucré de l’enfant – Pompe à insuline – Enfants –
Perfusion sous-cutanée continue d’insuline – Consensus.
Keywords: Childhood diabetes mellitus – Insulin pump – Continuous
subcutaneous insulin infusion – Children – Consensus.
* Hôpital Necker-Enfants malades, endocrino­logie, gynécologie et diabétologie de l’enfant, Paris.
thématique
Dossier
Bénéfices et risques de
la pompe sous-cutanée
chez les enfants
et les adolescents
Impact sur l’hémoglobine
glyquée
La plupart des études contrôlées
avec tirage au sort chez l’adulte ont
démontré une décroissance moyenne
du taux d’hémoglobine glyquée de
0,5 à 1,2 % avec la pompe, comparativement à ce qui est observé avec
les multi-injections ; néanmoins,
leur généralisation à la population
pédiatrique a été questionnée (2).
En pédiatrie, de nombreuses études
observationnelles évaluant plus de
760 patients avec diabète de type 1
ont rapporté une décroissance du
taux d’hémoglobine glyquée avec
la pompe (3, 4-27). L’hémoglobine
moyenne relevée dans ces études
est comparable à l’hémoglobine
moyenne du groupe des adolescents
du DCCT (Diabetes Control and
Complications Trial) ou plus basse.
Plus récemment, une large étude
observationnelle menée sur 3 ans a
montré une amélioration significative du taux d’hémoglobine glyquée
après utilisation de la pompe (27).
Plusieurs essais contrôlés avec tirage
au sort ont évalué la pompe contre le
régime basal “bolus” ; aucune différence significative du taux d’hémoglobine glyquée n’a été constatée en
comparant la pompe aux injections
multiples utilisant de la NPH dans
une étude en cross-over chez l’enfant
et l’adolescent (28, 29). L’absence de
différence a également été constatée
chez des nourrissons et des enfants
Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007
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thématique
plus jeunes (30-32). En revanche,
une étude contrôlée avec tirage au
sort a rapporté une baisse significative du taux d’hémoglobine glyquée
chez les enfants et les adolescents
sous pompe, en comparaison à la fois
de leur taux initial d’hémoglobine
glyquée et du niveau observé chez
les patients recevant un système basal
“bolus” avec de la glargine (33). En
outre, il y avait une différence statistiquement significative en termes
de nombre de patients atteignant les
recommandations de traitement de
l’ADA (American Diabetes Association) avec un taux d’hémoglobine glyquée inférieur à 7 % dans le
groupe traité par pompe par rapport
au groupe traité par injections multiples (34). De plus, le maintien d’un
meilleur contrôle métabolique au
long terme commence à être établi.
Hypoglycémies sévères
Chez l’adulte, des études contrôlées
avec tirage au sort ont démontré une
diminution significative du taux d’hypoglycémie sévère avec la pompe
(35). Chez l’enfant, la fréquence des
hypoglycémies sous pompe est très
variable selon les articles. Quelques
études observationnelles ont relevé
une diminution du taux d’hypoglycémies sévères sous pompe, avec, concomitamment, une réduction du taux
d’hémoglobine glyquée (27, 36, 37).
Cependant, des études contrôlées
avec tirage au sort dans la population
pédiatrique n’ont, à l’inverse, pas
montré de différence significative en
matière de fréquence des hypoglycémies entre pompe et injections multiples (système basal “bolus”) [28-33].
Une des explications possibles de ces
résultats est que ces études n’avaient
pas assez de puissance pour détecter
des différences entre les taux d’hypoglycémies. Clairement, les améliorations technologiques permettant un
monitoring continu de la glycémie
accroîtront notre capacité à surveiller
chez les patients la présence d’une
hypoglycémie, en particulier chez
ceux sous pompe.
Variabilité des taux de glucose
Risques d’hyperglycémie
Le rôle de la variabilité glycémique
sur la morbidité liée au diabète est
de plus en plus reconnu (38). Dans
les études menées chez l’adulte, la
pompe réduit la variabilité des taux
de glucose (39, 40). Chez les enfants,
la pompe, couplée à un monitoring
continu de la glycémie, a induit une
diminution de la variabilité des taux
de glucose dans certaines études,
mais pas dans toutes (14, 15, 3943). Des études sont en cours pour
déterminer l’impact de la variabilité
du taux de glucose sur les risques de
complications.
Les individus utilisant des pompes
sous-cutanées délivrant de l’insuline
sont potentiellement à risque accru
de développer une acidocétose,
avec des taux d’acidocétose variant
de 2,7 à 9 épisodes pour un suivi
de 100 patients/année (46). Cependant, comme avec le système basal
“bolus” d’injections, l’acidocétose
peut être prévenue lors de l’utilisation d’une pompe en suivant les
recommandations de prévention de
l’acidocétose (47), qui préconisent le
suivi des corps cétoniques, urinaires
ou sanguins en même temps que la
glycémie. Dans une étude norvégienne, l’incidence de l’acidocétose dans l’ensemble du pays, à peu
près de 4 pour 100 patients/année,
n’a pas varié malgré une utilisation
croissante de la pompe à insuline
(de 5 % des patients en 2001 à 38 %
des patients en 2005) [48].
Activité physique et exercice
Une des études du Diabetes
Research in Children Network
(DirecNet) a montré que le risque
d’hypoglycémie pendant et après
l’exercice physique pouvait être
considérablement réduit avec la
pompe en suspendant le débit de
base pendant l’exercice. Il n’y
avait pas plus d’hyperglycémies et
d’augmentations du taux des corps
cétoniques lors de ces exercices
avec arrêt du débit de base de la
pompe (44). Globalement, il apparaît que la pompe autorise plus de
flexibilité pour l’activité physique
de l’enfant et de l’adolescent diabétiques, qu’elle peut de manière sûre
permettre de diminuer le risque
d’hypoglycémie, en particulier
lorsque la pompe est suspendue
pendant un exercice physique
prolongé (44, 45).
Prise de poids
Les études en pédiatrie ont montré
que la pompe induisait une diminution de l’indice de masse corporelle des sujets qui l’utilisaient ou,
au moins, qu’elle n’avait pas pour
résultat un excès de prise de poids
(6, 27, 28, 34).
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Réactions au site d’injection
Peu d’études ont systématiquement
rapporté l’incidence des événements
cutanés (irritations, infections, lipohypertrophies) lors de l’utilisation
de la pompe à insuline.
Les taux d’irritation et/ou d’infection varient de 0,06 à 12 par patient
et par an (49).
Ces accidents doivent être prévenus
par une technique rigoureuse de
préparation du site d’injection, d’insertion du cathéter et de rotation des
sites d’injection.
Conséquences psychosociales
Les études utilisant différentes
échelles indiquent que la qualité de
vie, la satisfaction du patient et celle
liée au traitement de la maladie
sont égales ou améliorées par le
traitement par pompe à insuline
(23, 30, 32, 50-57).
Une méta-analyse examinant les
conséquences métaboliques et
psychosociales de la pompe à insu-
line, et qui incluait cinq études
pédiatriques, indiquait qu’il n’y
avait pas de différences relatives aux
échelles d’anxiété et de dépression,
à la qualité de vie, à l’estime de soi
et au fonctionnement familial lors
de l’utilisation de la pompe (49).
Dans des études qualitatives utilisant
des techniques d’interviews standardisées, les parents d’enfants et de
nourrissons faisaient état de davantage de liberté, de flexibilité et de
spontanéité dans leur vie lorsqu’ils
passaient de plusieurs injections par
jour à la pompe sous-cutanée (57).
Il y avait une réduction du stress
des parents et des soucis concernant globalement les soins à leurs
enfants. D’autres études ont aussi
rapporté cette réduction de l’anxiété
parentale (52, 54, 56). Les adolescents qui utilisent la pompe (même
si certains manquent clairement
des bolus) rapportent également un
degré de satisfaction accru sur leur
mode de traitement du fait d’un plus
grand sens de contrôle de celui-ci,
du fait d’une sensation d’indépendance plus grande et de la flexibilité
dans les horaires et l’alimentation
(19). D’autres études n’ont pu, néanmoins, montrer une amélioration
significative de la qualité de vie pour
les enfants et leurs parents après
utilisation de la pompe sous-cutanée
(36, 39).
De plus, les enfants de moins de
7 ans utilisant la pompe connaissent une réduction plus grande du
taux d’hémoglobine glyquée et
moins d’hypoglycémies sévères
lorsque les soins sont donnés dans
la journée par des personnes spécialisées plutôt que par la mère (9). En
pédiatrie, les parents ou les familles
choisissent rarement de revenir aux
injections multiples après avoir fait
l’expérience d’un traitement par
pompe (31, 32, 34, 46, 55), ce qui
suggère que la pompe est un mode
thérapeutique souvent préféré.
Les recommandations
du consensus sont
résumées dans les
tableaux I à VIII
thématique
Dossier
Il faut noter que dans des conditions optimales d’utilisation, après
3,8 années, plus de 80 % des patients
maintiennent leur traitement par
pompe avec préservation d’un équilibre métabolique qui ne se dégrade
pas par rapport au niveau d’hémoglobine glyquée de départ (34).
Tableau I. Indications du traitement par pompe.
Cette décision doit être prise de manière concomitante par l’enfant, ses parents et l’équipe de soignants le prenant en charge.
Tous les enfants ayant un diabète de type 1 sont de potentiels candidats. Il n’y a pas de limite d’âge inférieure pour démarrer un
traitement par pompe. Sont particulièrement adaptés à ce traitement les cas suivants :
– Les épisodes récurrents d’hypoglycémie ;
– Des fluctuations non acceptables du taux de glucose, quel que soit le niveau d’hémoglobine glyquée ;
– Un contrôle métabolique du diabète non optimal ;
– Des complications microvasculaires et/ou des facteurs de risque de complications macrovasculaires ;
– Un bon contrôle métabolique mais un traitement par insuline qui altère de manière non acceptable la qualité de vie.
D’autres indications potentielles sont :
– Le jeune enfant, en particulier les nouveau-nés ;
– Les adolescents ayant des troubles alimentaires ;
– Les enfants et les adolescents avec un “phénomène de l’aube” très prononcé ;
– Les enfants avec phobie des aiguilles ;
– Les adolescentes enceintes, ou si possible avant conception ;
– Les individus sujets à de fréquentes cétonuries ;
– Les athlètes de compétition.
Tableau II. Mise en route d’un traitement par pompe.
– Une équipe pluridisciplinaire de diabétologie pédiatrique ayant l’expérience des pompes à insuline est nécessaire pour commencer et maintenir avec succès chez un enfant un traitement par pompe sous-cutanée d’insuline.
– Des contacts fréquents entre l’enfant, la famille et l’équipe sont nécessaires après la mise en route de la pompe à insuline, et un
accès 24 heures sur 24 à l’équipe de diabétologie est essentiel.
– Un traitement par pompe sous-cutanée d’insuline peut être instauré au diagnostic ou à n’importe quel moment après celui-ci.
– Les personnes qui prennent en charge l’enfant doivent être désireuses et capables de fournir l’environnement adapté à une mise
en route réussie de la pompe sous-cutanée d’insuline chez l’enfant :
• L’instabilité au sein d’une famille ou celle de l’enfant lui-même doit probablement faire repousser la mise en route de la pompe ;
• L’absence d’un parent disponible dans la journée n’est pas une contre-indication pour démarrer une pompe chez un jeune
enfant, puisque d’autres personnes peuvent, avec succès, être formées et superviser le traitement.
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Tableau III. Prise en charge d’un traitement par pompe.
– Les personnes qui prennent en charge l’enfant avec une pompe doivent être évaluées pour s’assurer qu’elles sont capables
d’assumer la responsabilité d’un traitement par pompe et qu’une surveillance des glycémies capillaires existe.
– Une éducation concernant les prémices des acidocétoses et la prévention de l’acidocétose doit être fournie.
– Une formation doit être dispensée concernant les fonctions de la pompe, l’insertion du cathéter et la surveillance des points
d’injection.
• En particulier, les patients et leurs familles doivent être formés à joindre l’équipe de diabétologie si une douleur, une inflammation ou une irritation récurrente survient au site d’injection.
• L’utilisation de la pompe à insuline chez l’adolescent et le jeune adulte dans des situations intimes doit être discutée et expliquée.
– Les enfants et les personnes qui les prennent en charge doivent être conseillés sur la possibilité de prise de poids du fait du
meilleur contrôle métabolique.
Tableau IV. Sélection de la pompe à insuline.
L’utilisation de la mémoire de la pompe peut être très utile pour conseiller les patients, en particulier les adolescents, qui ont souvent des difficultés à maintenir un cahier de diabète.
Les caractéristiques de la pompe qui demandent à être étudiées sont :
– La possibilité de quantités minimes d’insuline dans le rythme de base (par exemple, 0,025 à 0,05 U).
– Un réservoir de volume suffisant.
– La possibilité de communication directe avec un lecteur de glycémie capillaire à la maison.
– Des possibilités d’alarme, par exemple, permettant de rappeler à un enfant qu’un bolus pour un repas a été oublié.
– La possibilité d’immersion sans dommage doit aussi être prise en considération.
Tableau V. Recommandations pour la concentration et le type d’insuline.
Bien qu’aucune étude contrôlée n’existe chez l’enfant, l’utilisation d’un analogue rapide de l’insuline pour la pompe est recommandée :
– Particulièrement chez le nouveau-né et le nourrisson, mais aussi en cas de besoins plus faibles d’insuline, lors de la période de
“lune de miel” ; l’insuline peut être diluée avec un diluant compatible.
• Dans ces conditions, l’utilisation de dilution de type 10 U ou 50 U à partir d’insuline asparte ou Lisporo 100 U est possible.
– Pour éviter les erreurs de dosage ou les contaminations infectieuses, les dilutions de type U50 ou U10 ne doivent être envisagées que dans les cas qui nécessitent une dose très basse d’insuline par heure (< 0,2 UI/h).
Tableau VI. Choix du cathéter.
Les cathéters que l’on peut déconnecter sont ceux de choix pour l’enfant et l’adolescent, notamment à cause des activités physiques fréquentes.
Pour le choix d’un cathéter, les points doivent être pris en considération :
– La taille de l’aiguille : de préférence entre 6 et 8 mm.
• Cependant, si le cathéter se déplace fréquemment, on peut songer à utiliser des cathéters – aiguilles plus longs, en particulier
chez l’adolescent.
– Les cathéters en téflon sont les cathéters de choix chez l’enfant ; cependant, les obstructions semblent plus fréquentes qu’avec
des aiguilles.
– Le matériel de tubulure doit être adapté à l’enfant et à ses activités.
Tableau VII. Calcul des doses d’insuline (doses de base et dose totale) lorsque l’on passe des injections multiples à la pompe.
– En règle générale, chez l’enfant avec un bon contrôle métabolique et une fréquence faible d’hypoglycémies, la dose totale peut
être réduite de 10 à 20 % sous pompe par rapport aux injections multiples.
– En cas d’hypoglycémies fréquentes, la dose doit être réduite de 20 %.
– Comme pour les injections multiples, 30 à 50 % de la dose totale de la journée est en règle générale nécessaire pour le rythme basal.
– La dose totale délivrée sous forme de rythme de base doit être programmée par tranches d’une heure en suivant le rythme circadien des variations de la sensibilité à l’insuline du patient. Ainsi, chez l’adolescent et le jeune adulte, la sensibilité à l’insuline
décroît au petit matin, et, à un moindre degré, en fin d’après-midi.
– Les enfants plus jeunes nécessitent souvent plus d’insuline de base entre 21 h et minuit.
– Le calcul des carbohydrates est un prérequis pour déterminer la quantité de bolus nécessaire, dans la plupart des équipes de
diabétologie pédiatrique. On remarque que la quantité d’insuline par gramme de glucose absorbée est plus élevée le matin.
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Tableau VIII. Autres aspects pratiques de l’utilisation de la pompe.
Les patients sous pompe doivent bénéficier des recommandations pour évaluer, calculer la dose appropriée d’insuline lors des
bolus
– Des algorithmes variés existent et permettent de calculer le ratio insuline/carbohydrates. Le fait de faire plus de sept bolus par
jour a été associé à un taux d’hémoglobine glyquée significativement meilleur.
– Un bolus en deux temps peut être bénéfique lorsque la nourriture qui est absorbée très progressivement, comme les pizzas, les
haricots ou les repas avec un contenu en graisses élevé, peut être administrée.
– Les bolus doivent être conçus pour préserver la variation physiologique de la glycémie postprandiale, c’est-à-dire un taux de
glucose qui est de 0,3 g/l, plus élevée 2 heures après le repas, et qui retourne à un taux préprandial 4 heures plus tard.
– Chez les très petits enfants, ou chez ceux qui ont des comportements d’opposition alimentaire, certains parents peuvent préférer
injecter le bolus après le repas pour l’ajuster à la quantité réellement absorbée de nourriture.
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Doses de correction
– Les jeunes enfants et les nourrissons ont en règle générale une sensibilité à l’insuline plus élevée que les enfants plus âgés et
nécessitent moins d’insuline pour corriger l’hyperglycémie.
– Il faut tenir compte de l’insuline active ou de l’insuline “à bord de la pompe” injectée lors des bolus précédents, pour déterminer
le bolus à faire en évitant la dose cumulative de bolus correctifs. – Si un bolus de correction ne réduit pas rapidement la glycémie capillaire, le cathéter doit être changé, et une dose de correction
administrée avec une seringue ou un stylo, surtout s’il y a déjà une présence de corps cétoniques.
Le suivi du patient sous pompe
Les consultations d’un enfant sous pompe à insuline doivent aborder les points suivants :
– Le contrôle métabolique ;
– La prise de poids ;
– Se préoccuper de la dose moyenne d’insuline dans les 7 derniers jours en comparaison du poids ;
– Calculer la dose journalière d’insuline basale ;
– Le rapport insuline/carbohydrates ;
– Le nombre de bolus par jour.
Le traitement de la pompe à insuline doit être interrompu
– Lorsque l’enfant souhaite retourner aux injections.
– Dans les situations qui exposent l’enfant à un risque trop important :
• Des acidocétoses récurrentes dues à des erreurs de manipulation de la pompe.
• Une manipulation inefficace de la pompe – par exemple, des bolus ratés de manière récurrente.
• La délivrance intentionnelle de doses excessives d’insuline pour se causer des hypoglycémies.
Rapport coût/bénéfice de
la pompe sous-cutanée
Il n’y a malheureusement pas
d’études publiées comparant le
rapport coût/bénéfice des injections
multiples et la pompe chez l’enfant
et l’adolescent avec un diabète de
type 1. De telles analyses sont clairement nécessaires. Des études menées
chez l’adulte ont permis de calculer
le coût de revient d’une pompe à
insuline comparativement à celui des
injections multiples. Dans la plupart
des pays, le coût de la pompe et du
matériel nécessaire à son fonctionnement est plus élevé que celui d’un
traitement par injections multiples.
Deux méta-analyses menées chez
l’adulte (49, 58) ont montré que,
comparativement aux injections
multiples, la pompe était associée à
une réduction significative du taux
d’hémoglobine glyquée. En utilisant
une hypothèse de réduction de 0,5 %
avec la pompe, une étude a permis
d’estimer le coût et les bénéfices de
la pompe versus injections multiples.
Il y avait une amélioration, en termes
de qualité de vie, au prix d’une
augmentation du coût. Une autre
étude a établi que le traitement par
pompe était associé à une amélioration de l’espérance de vie, au prix là
encore d’un coût plus élevé. Clairement, des études économiques sont
nécessaires dans ce domaine.
En conclusion, la pompe à insuline
sous-cutanée est applicable chez
l’enfant et à tout âge en pédiatrie. Son utilisation chez l’enfant
et l’adolescent est associée à un
contrôle métabolique et à une
qualité de vie améliorés et n’induit
pas plus de risques que les injections multiples, voire en entraîne
possiblement moins.
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thématique
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…/…
Brèves…
Activité physique, régime
amaigrissant ou liposuccion :
quel est le meilleur bénéfice
contre les complications
métaboliques de l’obésité ?
L’obésité abdominale, qui correspond à
une accumulation de graisses viscérale et
sous-cutanée, est associée à une augmentation des facteurs de risque de maladie
métabolique incluant une résistance à
l’insuline et des affections du système
cardiovasculaire. La perte de poids
réduit les complications métaboliques de
l’obésité abdominale. Des chercheurs de
l’université de Washington ont testé l’hypothèse selon laquelle l’amaigrissement
obtenu par une dépense énergétique
serait plus bénéfique à l’équilibre glucidique que celui induit par une restriction
calorique. Pour cela, ils ont suivi pendant
un an des hommes et femmes sédentaires
âgés de 50 à 60 ans ayant un indice de
masse corporelle (IMC) compris entre
23,5 et 29,9. Dans cette étude rando-
misée, les pertes de poids et de masse
grasse se sont avérées équivalentes
chez les 18 sujets ayant suivi un régime
alimentaire et les 18 personnes ayant
pratiqué une activité physique. Weiss et
al. rapportent que l’amélioration de la
tolérance au glucose et de la sensibilité
à l’insuline est similaire chez les sujets
pratiquant des exercices physiques et
chez ceux suivant un régime hypocalorique. Des chercheurs du même centre
de recherche ont évalué l’effet de la
liposuccion du tissu adipeux abdominal
sous-cutané sur les complications métaboliques de l’obésité. Les auteurs ont
inclus dans leur étude 15 femmes obèses,
dont 8 avaient une tolérance normale au
glucose (IMC = 35,1 ± 2,4), et 7 présentaient un diabète de type 2 (IMC = 39,9 ±
5,6) avant l’intervention chirurgicale. La
liposuccion a permis d’éliminer approximativement 10 kg de graisse abdominale
en moyenne dans les deux groupes de
patientes. Klein et al. n’ont pas observé
d’amélioration significative de la sensibilité au glucose des tissus musculaire,
hépatique et adipeux 10 à 12 semaines
après la chirurgie. Ils n’ont pas détecté
de baisse des taux plasmatiques de la
protéine C réactive, de TNFα et d’IL-6,
des témoins de l’inflammation, ni d’augmentation de l’adiponectine circulante,
comme il est classiquement observé au
cours d’un amaigrissement. Ils n’ont pas
constaté de réduction de la pression artérielle, un facteur de risque majeur d’accident vasculaire cérébral et de maladie
coronarienne. Ces études montrent que
la perte de poids, qu’elle soit initiée
par une activité physique ou un régime
amaigrissant, présente le même bénéfice
sur l’équilibre glucidique. En revanche,
la liposuccion de la graisse abdominale
sous-cutanée ne réduit pas les facteurs
de risque de maladie métabolique des
obèses.
E. Louiset,
INSERM U413, IFRMP 23,
Université de Rouen.
✓ Weiss et al. Am J Clin Nutr 2006;84:1033-42.
✓ Klein et al. N Engl J Med 2004; 350:2549-57.
Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007
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