Pompe à insuline chez l`enfant : vers un consensus – Consensus
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Pompe à insuline chez l`enfant : vers un consensus – Consensus
Pompe à insuline chez l’enfant : vers un consensus Consensus statement on the use of insulin pump therapy in the pediatric age group: a report M. Polak* Résumé L’ utilisation de la pompe à insuline sous-cutanée en pédiatrie reste débattue. Une réunion de consensus consacrée à cette problématique a eu lieu en avril 2006 à Berlin, à la demande de plusieurs sociétés savantes : American Diabetes Association, European Association for the Study of Diabetes, Lawson Wilkins Pediatric Endocrine Society, European Society for Pediatric Endocrinology et International Society for Pediatric and Adolescent Diabetes (1). L’auteur de cet article a eu le privilège d’être l’un des médecins invités lors de cette réunion. Les lignes qui suivent sont un résumé des principaux points abordés. La méthodologie a été celle d’une analyse exhaustive de la littérature, d’abord en petits groupes de travail, puis en séance plénière. points FORTS ▲ La pompe à insuline peut être utilisée à tout âge en pédiatrie, de la période néonatale à l’adolescence. ▲ Elle peut améliorer l’hémoglobine glyquée des enfants au prix de moins d’hypoglycémies et de fluctuations glycémiques moindres. ▲ Elle nécessite une formation solide de la part de la famille, avec le soutien possible 24 heures sur 24 d’une équipe expérimentée en diabétologie de l’enfant. ▲ L’apparition de nouveaux outils de surveillance de la glycémie en continu, couplée à l’utilisation de la pompe, rend presque possible un fonctionnement de type “pancréas artificiel”. ▲ L’utilisation de la pompe est plutôt associée à un moindre stress et à une meilleure qualité de vie. ▲ L’évaluation de son utilisation au long cours et de son impact économique, entre autres, nécessite la poursuite d’autres études cliniques. Mots-clés : Diabète sucré de l’enfant – Pompe à insuline – Enfants – Perfusion sous-cutanée continue d’insuline – Consensus. Keywords: Childhood diabetes mellitus – Insulin pump – Continuous subcutaneous insulin infusion – Children – Consensus. * Hôpital Necker-Enfants malades, endocrinologie, gynécologie et diabétologie de l’enfant, Paris. thématique Dossier Bénéfices et risques de la pompe sous-cutanée chez les enfants et les adolescents Impact sur l’hémoglobine glyquée La plupart des études contrôlées avec tirage au sort chez l’adulte ont démontré une décroissance moyenne du taux d’hémoglobine glyquée de 0,5 à 1,2 % avec la pompe, comparativement à ce qui est observé avec les multi-injections ; néanmoins, leur généralisation à la population pédiatrique a été questionnée (2). En pédiatrie, de nombreuses études observationnelles évaluant plus de 760 patients avec diabète de type 1 ont rapporté une décroissance du taux d’hémoglobine glyquée avec la pompe (3, 4-27). L’hémoglobine moyenne relevée dans ces études est comparable à l’hémoglobine moyenne du groupe des adolescents du DCCT (Diabetes Control and Complications Trial) ou plus basse. Plus récemment, une large étude observationnelle menée sur 3 ans a montré une amélioration significative du taux d’hémoglobine glyquée après utilisation de la pompe (27). Plusieurs essais contrôlés avec tirage au sort ont évalué la pompe contre le régime basal “bolus” ; aucune différence significative du taux d’hémoglobine glyquée n’a été constatée en comparant la pompe aux injections multiples utilisant de la NPH dans une étude en cross-over chez l’enfant et l’adolescent (28, 29). L’absence de différence a également été constatée chez des nourrissons et des enfants Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007 Dossier thématique plus jeunes (30-32). En revanche, une étude contrôlée avec tirage au sort a rapporté une baisse significative du taux d’hémoglobine glyquée chez les enfants et les adolescents sous pompe, en comparaison à la fois de leur taux initial d’hémoglobine glyquée et du niveau observé chez les patients recevant un système basal “bolus” avec de la glargine (33). En outre, il y avait une différence statistiquement significative en termes de nombre de patients atteignant les recommandations de traitement de l’ADA (American Diabetes Association) avec un taux d’hémoglobine glyquée inférieur à 7 % dans le groupe traité par pompe par rapport au groupe traité par injections multiples (34). De plus, le maintien d’un meilleur contrôle métabolique au long terme commence à être établi. Hypoglycémies sévères Chez l’adulte, des études contrôlées avec tirage au sort ont démontré une diminution significative du taux d’hypoglycémie sévère avec la pompe (35). Chez l’enfant, la fréquence des hypoglycémies sous pompe est très variable selon les articles. Quelques études observationnelles ont relevé une diminution du taux d’hypoglycémies sévères sous pompe, avec, concomitamment, une réduction du taux d’hémoglobine glyquée (27, 36, 37). Cependant, des études contrôlées avec tirage au sort dans la population pédiatrique n’ont, à l’inverse, pas montré de différence significative en matière de fréquence des hypoglycémies entre pompe et injections multiples (système basal “bolus”) [28-33]. Une des explications possibles de ces résultats est que ces études n’avaient pas assez de puissance pour détecter des différences entre les taux d’hypoglycémies. Clairement, les améliorations technologiques permettant un monitoring continu de la glycémie accroîtront notre capacité à surveiller chez les patients la présence d’une hypoglycémie, en particulier chez ceux sous pompe. Variabilité des taux de glucose Risques d’hyperglycémie Le rôle de la variabilité glycémique sur la morbidité liée au diabète est de plus en plus reconnu (38). Dans les études menées chez l’adulte, la pompe réduit la variabilité des taux de glucose (39, 40). Chez les enfants, la pompe, couplée à un monitoring continu de la glycémie, a induit une diminution de la variabilité des taux de glucose dans certaines études, mais pas dans toutes (14, 15, 3943). Des études sont en cours pour déterminer l’impact de la variabilité du taux de glucose sur les risques de complications. Les individus utilisant des pompes sous-cutanées délivrant de l’insuline sont potentiellement à risque accru de développer une acidocétose, avec des taux d’acidocétose variant de 2,7 à 9 épisodes pour un suivi de 100 patients/année (46). Cependant, comme avec le système basal “bolus” d’injections, l’acidocétose peut être prévenue lors de l’utilisation d’une pompe en suivant les recommandations de prévention de l’acidocétose (47), qui préconisent le suivi des corps cétoniques, urinaires ou sanguins en même temps que la glycémie. Dans une étude norvégienne, l’incidence de l’acidocétose dans l’ensemble du pays, à peu près de 4 pour 100 patients/année, n’a pas varié malgré une utilisation croissante de la pompe à insuline (de 5 % des patients en 2001 à 38 % des patients en 2005) [48]. Activité physique et exercice Une des études du Diabetes Research in Children Network (DirecNet) a montré que le risque d’hypoglycémie pendant et après l’exercice physique pouvait être considérablement réduit avec la pompe en suspendant le débit de base pendant l’exercice. Il n’y avait pas plus d’hyperglycémies et d’augmentations du taux des corps cétoniques lors de ces exercices avec arrêt du débit de base de la pompe (44). Globalement, il apparaît que la pompe autorise plus de flexibilité pour l’activité physique de l’enfant et de l’adolescent diabétiques, qu’elle peut de manière sûre permettre de diminuer le risque d’hypoglycémie, en particulier lorsque la pompe est suspendue pendant un exercice physique prolongé (44, 45). Prise de poids Les études en pédiatrie ont montré que la pompe induisait une diminution de l’indice de masse corporelle des sujets qui l’utilisaient ou, au moins, qu’elle n’avait pas pour résultat un excès de prise de poids (6, 27, 28, 34). Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007 Réactions au site d’injection Peu d’études ont systématiquement rapporté l’incidence des événements cutanés (irritations, infections, lipohypertrophies) lors de l’utilisation de la pompe à insuline. Les taux d’irritation et/ou d’infection varient de 0,06 à 12 par patient et par an (49). Ces accidents doivent être prévenus par une technique rigoureuse de préparation du site d’injection, d’insertion du cathéter et de rotation des sites d’injection. Conséquences psychosociales Les études utilisant différentes échelles indiquent que la qualité de vie, la satisfaction du patient et celle liée au traitement de la maladie sont égales ou améliorées par le traitement par pompe à insuline (23, 30, 32, 50-57). Une méta-analyse examinant les conséquences métaboliques et psychosociales de la pompe à insu- line, et qui incluait cinq études pédiatriques, indiquait qu’il n’y avait pas de différences relatives aux échelles d’anxiété et de dépression, à la qualité de vie, à l’estime de soi et au fonctionnement familial lors de l’utilisation de la pompe (49). Dans des études qualitatives utilisant des techniques d’interviews standardisées, les parents d’enfants et de nourrissons faisaient état de davantage de liberté, de flexibilité et de spontanéité dans leur vie lorsqu’ils passaient de plusieurs injections par jour à la pompe sous-cutanée (57). Il y avait une réduction du stress des parents et des soucis concernant globalement les soins à leurs enfants. D’autres études ont aussi rapporté cette réduction de l’anxiété parentale (52, 54, 56). Les adolescents qui utilisent la pompe (même si certains manquent clairement des bolus) rapportent également un degré de satisfaction accru sur leur mode de traitement du fait d’un plus grand sens de contrôle de celui-ci, du fait d’une sensation d’indépendance plus grande et de la flexibilité dans les horaires et l’alimentation (19). D’autres études n’ont pu, néanmoins, montrer une amélioration significative de la qualité de vie pour les enfants et leurs parents après utilisation de la pompe sous-cutanée (36, 39). De plus, les enfants de moins de 7 ans utilisant la pompe connaissent une réduction plus grande du taux d’hémoglobine glyquée et moins d’hypoglycémies sévères lorsque les soins sont donnés dans la journée par des personnes spécialisées plutôt que par la mère (9). En pédiatrie, les parents ou les familles choisissent rarement de revenir aux injections multiples après avoir fait l’expérience d’un traitement par pompe (31, 32, 34, 46, 55), ce qui suggère que la pompe est un mode thérapeutique souvent préféré. Les recommandations du consensus sont résumées dans les tableaux I à VIII thématique Dossier Il faut noter que dans des conditions optimales d’utilisation, après 3,8 années, plus de 80 % des patients maintiennent leur traitement par pompe avec préservation d’un équilibre métabolique qui ne se dégrade pas par rapport au niveau d’hémoglobine glyquée de départ (34). Tableau I. Indications du traitement par pompe. Cette décision doit être prise de manière concomitante par l’enfant, ses parents et l’équipe de soignants le prenant en charge. Tous les enfants ayant un diabète de type 1 sont de potentiels candidats. Il n’y a pas de limite d’âge inférieure pour démarrer un traitement par pompe. Sont particulièrement adaptés à ce traitement les cas suivants : – Les épisodes récurrents d’hypoglycémie ; – Des fluctuations non acceptables du taux de glucose, quel que soit le niveau d’hémoglobine glyquée ; – Un contrôle métabolique du diabète non optimal ; – Des complications microvasculaires et/ou des facteurs de risque de complications macrovasculaires ; – Un bon contrôle métabolique mais un traitement par insuline qui altère de manière non acceptable la qualité de vie. D’autres indications potentielles sont : – Le jeune enfant, en particulier les nouveau-nés ; – Les adolescents ayant des troubles alimentaires ; – Les enfants et les adolescents avec un “phénomène de l’aube” très prononcé ; – Les enfants avec phobie des aiguilles ; – Les adolescentes enceintes, ou si possible avant conception ; – Les individus sujets à de fréquentes cétonuries ; – Les athlètes de compétition. Tableau II. Mise en route d’un traitement par pompe. – Une équipe pluridisciplinaire de diabétologie pédiatrique ayant l’expérience des pompes à insuline est nécessaire pour commencer et maintenir avec succès chez un enfant un traitement par pompe sous-cutanée d’insuline. – Des contacts fréquents entre l’enfant, la famille et l’équipe sont nécessaires après la mise en route de la pompe à insuline, et un accès 24 heures sur 24 à l’équipe de diabétologie est essentiel. – Un traitement par pompe sous-cutanée d’insuline peut être instauré au diagnostic ou à n’importe quel moment après celui-ci. – Les personnes qui prennent en charge l’enfant doivent être désireuses et capables de fournir l’environnement adapté à une mise en route réussie de la pompe sous-cutanée d’insuline chez l’enfant : • L’instabilité au sein d’une famille ou celle de l’enfant lui-même doit probablement faire repousser la mise en route de la pompe ; • L’absence d’un parent disponible dans la journée n’est pas une contre-indication pour démarrer une pompe chez un jeune enfant, puisque d’autres personnes peuvent, avec succès, être formées et superviser le traitement. Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007 Dossier thématique Tableau III. Prise en charge d’un traitement par pompe. – Les personnes qui prennent en charge l’enfant avec une pompe doivent être évaluées pour s’assurer qu’elles sont capables d’assumer la responsabilité d’un traitement par pompe et qu’une surveillance des glycémies capillaires existe. – Une éducation concernant les prémices des acidocétoses et la prévention de l’acidocétose doit être fournie. – Une formation doit être dispensée concernant les fonctions de la pompe, l’insertion du cathéter et la surveillance des points d’injection. • En particulier, les patients et leurs familles doivent être formés à joindre l’équipe de diabétologie si une douleur, une inflammation ou une irritation récurrente survient au site d’injection. • L’utilisation de la pompe à insuline chez l’adolescent et le jeune adulte dans des situations intimes doit être discutée et expliquée. – Les enfants et les personnes qui les prennent en charge doivent être conseillés sur la possibilité de prise de poids du fait du meilleur contrôle métabolique. Tableau IV. Sélection de la pompe à insuline. L’utilisation de la mémoire de la pompe peut être très utile pour conseiller les patients, en particulier les adolescents, qui ont souvent des difficultés à maintenir un cahier de diabète. Les caractéristiques de la pompe qui demandent à être étudiées sont : – La possibilité de quantités minimes d’insuline dans le rythme de base (par exemple, 0,025 à 0,05 U). – Un réservoir de volume suffisant. – La possibilité de communication directe avec un lecteur de glycémie capillaire à la maison. – Des possibilités d’alarme, par exemple, permettant de rappeler à un enfant qu’un bolus pour un repas a été oublié. – La possibilité d’immersion sans dommage doit aussi être prise en considération. Tableau V. Recommandations pour la concentration et le type d’insuline. Bien qu’aucune étude contrôlée n’existe chez l’enfant, l’utilisation d’un analogue rapide de l’insuline pour la pompe est recommandée : – Particulièrement chez le nouveau-né et le nourrisson, mais aussi en cas de besoins plus faibles d’insuline, lors de la période de “lune de miel” ; l’insuline peut être diluée avec un diluant compatible. • Dans ces conditions, l’utilisation de dilution de type 10 U ou 50 U à partir d’insuline asparte ou Lisporo 100 U est possible. – Pour éviter les erreurs de dosage ou les contaminations infectieuses, les dilutions de type U50 ou U10 ne doivent être envisagées que dans les cas qui nécessitent une dose très basse d’insuline par heure (< 0,2 UI/h). Tableau VI. Choix du cathéter. Les cathéters que l’on peut déconnecter sont ceux de choix pour l’enfant et l’adolescent, notamment à cause des activités physiques fréquentes. Pour le choix d’un cathéter, les points doivent être pris en considération : – La taille de l’aiguille : de préférence entre 6 et 8 mm. • Cependant, si le cathéter se déplace fréquemment, on peut songer à utiliser des cathéters – aiguilles plus longs, en particulier chez l’adolescent. – Les cathéters en téflon sont les cathéters de choix chez l’enfant ; cependant, les obstructions semblent plus fréquentes qu’avec des aiguilles. – Le matériel de tubulure doit être adapté à l’enfant et à ses activités. Tableau VII. Calcul des doses d’insuline (doses de base et dose totale) lorsque l’on passe des injections multiples à la pompe. – En règle générale, chez l’enfant avec un bon contrôle métabolique et une fréquence faible d’hypoglycémies, la dose totale peut être réduite de 10 à 20 % sous pompe par rapport aux injections multiples. – En cas d’hypoglycémies fréquentes, la dose doit être réduite de 20 %. – Comme pour les injections multiples, 30 à 50 % de la dose totale de la journée est en règle générale nécessaire pour le rythme basal. – La dose totale délivrée sous forme de rythme de base doit être programmée par tranches d’une heure en suivant le rythme circadien des variations de la sensibilité à l’insuline du patient. Ainsi, chez l’adolescent et le jeune adulte, la sensibilité à l’insuline décroît au petit matin, et, à un moindre degré, en fin d’après-midi. – Les enfants plus jeunes nécessitent souvent plus d’insuline de base entre 21 h et minuit. – Le calcul des carbohydrates est un prérequis pour déterminer la quantité de bolus nécessaire, dans la plupart des équipes de diabétologie pédiatrique. On remarque que la quantité d’insuline par gramme de glucose absorbée est plus élevée le matin. Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007 Tableau VIII. Autres aspects pratiques de l’utilisation de la pompe. Les patients sous pompe doivent bénéficier des recommandations pour évaluer, calculer la dose appropriée d’insuline lors des bolus – Des algorithmes variés existent et permettent de calculer le ratio insuline/carbohydrates. Le fait de faire plus de sept bolus par jour a été associé à un taux d’hémoglobine glyquée significativement meilleur. – Un bolus en deux temps peut être bénéfique lorsque la nourriture qui est absorbée très progressivement, comme les pizzas, les haricots ou les repas avec un contenu en graisses élevé, peut être administrée. – Les bolus doivent être conçus pour préserver la variation physiologique de la glycémie postprandiale, c’est-à-dire un taux de glucose qui est de 0,3 g/l, plus élevée 2 heures après le repas, et qui retourne à un taux préprandial 4 heures plus tard. – Chez les très petits enfants, ou chez ceux qui ont des comportements d’opposition alimentaire, certains parents peuvent préférer injecter le bolus après le repas pour l’ajuster à la quantité réellement absorbée de nourriture. thématique Dossier Doses de correction – Les jeunes enfants et les nourrissons ont en règle générale une sensibilité à l’insuline plus élevée que les enfants plus âgés et nécessitent moins d’insuline pour corriger l’hyperglycémie. – Il faut tenir compte de l’insuline active ou de l’insuline “à bord de la pompe” injectée lors des bolus précédents, pour déterminer le bolus à faire en évitant la dose cumulative de bolus correctifs. – Si un bolus de correction ne réduit pas rapidement la glycémie capillaire, le cathéter doit être changé, et une dose de correction administrée avec une seringue ou un stylo, surtout s’il y a déjà une présence de corps cétoniques. Le suivi du patient sous pompe Les consultations d’un enfant sous pompe à insuline doivent aborder les points suivants : – Le contrôle métabolique ; – La prise de poids ; – Se préoccuper de la dose moyenne d’insuline dans les 7 derniers jours en comparaison du poids ; – Calculer la dose journalière d’insuline basale ; – Le rapport insuline/carbohydrates ; – Le nombre de bolus par jour. Le traitement de la pompe à insuline doit être interrompu – Lorsque l’enfant souhaite retourner aux injections. – Dans les situations qui exposent l’enfant à un risque trop important : • Des acidocétoses récurrentes dues à des erreurs de manipulation de la pompe. • Une manipulation inefficace de la pompe – par exemple, des bolus ratés de manière récurrente. • La délivrance intentionnelle de doses excessives d’insuline pour se causer des hypoglycémies. Rapport coût/bénéfice de la pompe sous-cutanée Il n’y a malheureusement pas d’études publiées comparant le rapport coût/bénéfice des injections multiples et la pompe chez l’enfant et l’adolescent avec un diabète de type 1. De telles analyses sont clairement nécessaires. Des études menées chez l’adulte ont permis de calculer le coût de revient d’une pompe à insuline comparativement à celui des injections multiples. Dans la plupart des pays, le coût de la pompe et du matériel nécessaire à son fonctionnement est plus élevé que celui d’un traitement par injections multiples. Deux méta-analyses menées chez l’adulte (49, 58) ont montré que, comparativement aux injections multiples, la pompe était associée à une réduction significative du taux d’hémoglobine glyquée. En utilisant une hypothèse de réduction de 0,5 % avec la pompe, une étude a permis d’estimer le coût et les bénéfices de la pompe versus injections multiples. Il y avait une amélioration, en termes de qualité de vie, au prix d’une augmentation du coût. Une autre étude a établi que le traitement par pompe était associé à une amélioration de l’espérance de vie, au prix là encore d’un coût plus élevé. Clairement, des études économiques sont nécessaires dans ce domaine. En conclusion, la pompe à insuline sous-cutanée est applicable chez l’enfant et à tout âge en pédiatrie. Son utilisation chez l’enfant et l’adolescent est associée à un contrôle métabolique et à une qualité de vie améliorés et n’induit pas plus de risques que les injections multiples, voire en entraîne possiblement moins. Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007 Dossier thématique 10 Références bibliographiques 1. Phillip M, Battelino T, Rodriguez H, Danne T, Kaufman F, in collaboration with the participants in the Consensus Meeting. Consensus statement on the use of insulin pump therapy in the pediatric age group. 2007, sous presse. 2. 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La perte de poids réduit les complications métaboliques de l’obésité abdominale. Des chercheurs de l’université de Washington ont testé l’hypothèse selon laquelle l’amaigrissement obtenu par une dépense énergétique serait plus bénéfique à l’équilibre glucidique que celui induit par une restriction calorique. Pour cela, ils ont suivi pendant un an des hommes et femmes sédentaires âgés de 50 à 60 ans ayant un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 23,5 et 29,9. Dans cette étude rando- misée, les pertes de poids et de masse grasse se sont avérées équivalentes chez les 18 sujets ayant suivi un régime alimentaire et les 18 personnes ayant pratiqué une activité physique. Weiss et al. rapportent que l’amélioration de la tolérance au glucose et de la sensibilité à l’insuline est similaire chez les sujets pratiquant des exercices physiques et chez ceux suivant un régime hypocalorique. Des chercheurs du même centre de recherche ont évalué l’effet de la liposuccion du tissu adipeux abdominal sous-cutané sur les complications métaboliques de l’obésité. Les auteurs ont inclus dans leur étude 15 femmes obèses, dont 8 avaient une tolérance normale au glucose (IMC = 35,1 ± 2,4), et 7 présentaient un diabète de type 2 (IMC = 39,9 ± 5,6) avant l’intervention chirurgicale. La liposuccion a permis d’éliminer approximativement 10 kg de graisse abdominale en moyenne dans les deux groupes de patientes. Klein et al. n’ont pas observé d’amélioration significative de la sensibilité au glucose des tissus musculaire, hépatique et adipeux 10 à 12 semaines après la chirurgie. Ils n’ont pas détecté de baisse des taux plasmatiques de la protéine C réactive, de TNFα et d’IL-6, des témoins de l’inflammation, ni d’augmentation de l’adiponectine circulante, comme il est classiquement observé au cours d’un amaigrissement. Ils n’ont pas constaté de réduction de la pression artérielle, un facteur de risque majeur d’accident vasculaire cérébral et de maladie coronarienne. Ces études montrent que la perte de poids, qu’elle soit initiée par une activité physique ou un régime amaigrissant, présente le même bénéfice sur l’équilibre glucidique. En revanche, la liposuccion de la graisse abdominale sous-cutanée ne réduit pas les facteurs de risque de maladie métabolique des obèses. E. Louiset, INSERM U413, IFRMP 23, Université de Rouen. ✓ Weiss et al. Am J Clin Nutr 2006;84:1033-42. ✓ Klein et al. N Engl J Med 2004; 350:2549-57. Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition (XI), n° 1, janvier-février 2007 11