PDF - Groupe ÉS Électricité de Strasbourg
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LE CONTEXTE À l’origine du projet ÉCOGI (Exploitation de la Chaleur d’Origine Géothermale pour l’Industrie) 3 acteurs locaux et engagés dans le développement durable et les énergies renouvelables (EnR) : le Groupe ÉS, l’entreprise Roquette Frères, et la Caisse des Dépôts qui ont choisi la géothermie profonde en vertu d’un contexte triplement favorable : La géothermie profonde : une énergie renouvelable à fort potentiel La géothermie profonde ou géothermie à haute enthalpie* consiste à récupérer l’énergie contenue dans l’eau géothermale présentant une température supérieure à 150°C, au moyen de forages à plus de 2 500 m de profondeur. Ces niveaux de température sont nécessaires pour produire : - de la vapeur alimentant des process* industriels (cas d’ÉCOGI) - ou de l’électricité injectée sur les réseaux de distribution (cas de Soultz-sous-Forêts). Les deux sites historiques en France se situent à Bouillante (Guadeloupe) et à Soultz-sous-Forêts (Alsace du Nord). La géothermie offre ainsi l’avantage d’exploiter une énergie locale renouvelable, disponible 24h/24, indépendante de la météorologie, avec un faible impact visuel et sans émission de gaz à effet de serre (GES). Un potentiel géologique alsacien spécifiquement adapté à la géothermie Le sous-sol de l’Alsace du Nord, et plus largement celui du fossé rhénan qui sépare les massifs des Vosges, à l’ouest, de la Forêt-Noire, à l’est, renferme un potentiel énergétique géothermique parmi les plus élevés de France métropolitaine. Les nombreux forages pétroliers réalisés des années 30 au milieu des années 80 ont mis en évidence la présence d’aquifères* profonds et des niveaux de température anormalement élevés, phénomènes favorables à la recherche d’une ressource géothermale exploitable industriellement. Le pilote de Soultz-sous-Forêts, une expérimentation de géothermie profonde réussie qui ouvre la voie à de nouveaux projets Initié en 1987, et aujourd’hui porté par un groupe d’industriels engagés dans la géothermie (Groupe ÉS, EDF, EnBW, Pfalzwerke, Steag, Bestec) avec le soutien des pouvoirs publics français (ADEME) et allemands (BMU/BGR), le site pilote de Soultzsous-Forêts a confirmé le très important potentiel énergétique du sous-sol alsacien et permis d’envisager une exploitation dépassant le cadre de la recherche scientifique. L’exploitation de la ressource géothermale pour injecter de l’électricité sur le réseau de distribution est actuellement expérimentée avec la mise en service en 2008 de la centrale de production d’électricité du Groupement Européen d’Intérêt Économique d’Exploitation Minière de Chaleur (GEIE EMC). Pour plus d’informations sur ce projet : www.geothermie-soultz.fr 2 * cf. glossaire page 17 Le projet ÉCOGI : le premier développement industriel de la géothermie profonde Le projet ÉCOGI vise à alimenter par de la chaleur issue de la géothermie profonde les équipements industriels de l’usine Roquette Frères de Beinheim (Bas-Rhin). En cas de réussite, démonstration sera faite de la faisabilité, pour une unité industrielle, de passer d’une alimentation par 100% d’énergie fossile* (100% gaz) à un mix énergétique peu générateur de CO2. Ce sera une première mondiale. L’usine Roquette Frères de Beinheim emploie 330 personnes et comprend des amidonneries (maïs et blé), une glucoserie, une éthanolerie et un ensemble d’ateliers de transformation. Depuis quelques années, des équipements ont été installés pour réduire les consommations énergétiques. Ses besoins d’énergie sont ainsi aujourd’hui de 80/90 MWth*, soit environ 105 tonnes/h de vapeur. Le virage engagé par Roquette Frères dans les énergies renouvelables s’est traduit par l’implantation fin 2011 d’une chaudière biomasse bois énergie de 43 MW* dans le cadre de l’appel d’offres BCIA (Biomasse Chaleur Industrie Agriculture) de l’ADEME. La chaleur d’origine géothermique produite par ÉCOGI apportera un complément de 24 MW, portant ainsi le ratio d’énergies renouvelables consommées par le site à 75% en 2015. Le graphique ci-dessous illustre le mix énergétique actuel et son évolution envisagée : Consommation de vapeur en MW 80 70 60 50 40 30 20 10 0 3 Gaz 2009 Biomasse 2015 Géothermie Biogaz * cf. glossaire page 17 Un projet emblématique de l’investissement à long terme du Groupe ÉS en faveur des énergies renouvelables Fondateur du GEIE Exploitation Minière de la Chaleur en 1996 et membre de référence du GEIE auprès des collectivités locales, le Groupe ÉS s’est engagé très tôt dans l’aventure de la géothermie profonde régionale. Dans le cadre de sa stratégie de développement des énergies renouvelables et fort de son expérience sur le pilote de Soultz-sous-Forêts, le Groupe ÉS a créé en 2008 une filiale dédiée aux offres de services en géothermie profonde, ÉS Géothermie, et investit désormais dans des projets industriels de géothermie profonde en Alsace, tels que le projet d’ÉCOGI. ÉS Géothermie intervient au cœur du projet ÉCOGI en tant qu’assistant maître d’ouvrage. ÉCOGI s’appuie sur son expertise, notamment pour l’instruction administrative des dossiers, l’ingénierie des équipements de surface, la supervision des travaux de forage et la coordination de l’ensemble des intervenants. Un projet porteur du développement d’une filière en géothermie profonde où l’Alsace est leader ÉCOGI s’inscrit dans une recherche de valorisation des potentiels énergétiques régionaux : l’Alsace, moins propice à l’éolien et au solaire que d’autres régions, présente une situation géologique privilégiée pour la géothermie profonde ou de surface. ÉCOGI illustre les atouts de cette énergie locale et renouvelable : une puissance constante toute l’année indépendamment de la météorologie, propre (l’eau géothermale est réinjectée dans le sous-sol en circuit fermé) et avec un faible impact visuel en surface. ÉCOGI consacre l’émergence d’une nouvelle filière économique dans les énergies renouvelables, porteuse de projets d’un intérêt majeur, tant écologique qu’économique. Cette émergence est le fruit de la vision à long terme des énergéticiens, concrétisée par un effort de recherche sur 20 ans à Soultz-sous-Forêts cofinancé par les pouvoirs publics et les industriels, et complétée ces dernières années par l’organisation d’un soutien à la filière par les pouvoirs publics via des aides dédiées (subventions du Fonds Chaleur de l’ADEME, garantie des risques par SAF Environnement, tarif dédié de rachat de l’électricité). 4 LES ORIGINES DU PROJET & LA CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ ÉCOGI Le projet est né de la volonté commune de 3 acteurs locaux impliqués dans le développement des EnR d’appliquer les acquis de l’expérience du projet pilote de géothermie profonde de Soultz-sous-Forêts pour répondre à des besoins de production énergétique à usage industriel : - Le Groupe ÉS, premier énergéticien régional multi-énergies, qui a la responsabilité opérationnelle du GEIE EMC de Soultz-sous-Forêts et qui, de par sa filiale ÉS Géothermie, dispose de l’expertise et des compétences pour assurer le pilotage opérationnel du projet, - Roquette Frères qui a pour activité la production d’amidon et de dérivés d’amidon, et consomme d’importantes quantités d’énergie sous forme de vapeur de façon quasi permanente, - La Caisse des Dépôts, investisseur de long terme, qui œuvre au développement des énergies renouvelables et a marqué depuis plusieurs années son intérêt pour la géothermie. Les conditions techniques de réalisation du projet Pour que ce projet soit exploitable industriellement, il est nécessaire que l’aquifère profond ait des performances hydrauliques suffisantes en débit et en température pour délivrer au minimum une température de 160°C et une capacité minimale de 17 MW thermiques toute l’année et à l’entrée du site. Une étude préliminaire de faisabilité a été réalisée en 2006 et complétée par la suite. Elle a mis en évidence la présence potentielle d’une ressource géothermale importante du fait d’une anomalie thermique dans les couches géologiques du Buntsandstein (grès) et le granite sous-jacent, avec une solution de forage optimale à 2 500 m de profondeur vers Rittershoffen-Hatten à 15 km du site Roquette de Beinheim. 5 Sur la base de ces études, une centrale de production d’énergie géothermique a été envisagée avec une capacité nominale de 24 MW. Le projet comprend un premier forage pour l’extraction de l’eau géothermale, un second forage pour sa réinjection dans le sous-sol et en surface, un système d’échangeurs de chaleur*. Ce dernier transfèrera les calories à une boucle de circulation enterrée sur 15 km permettant d’acheminer l’énergie extraite vers le site industriel de Roquette et de la distribuer à l’intérieur de ses ateliers de production d’amidon, de dérivés d’amidon, de glucose et de bioéthanol. Pour procéder à des recherches de site géothermal et engager les travaux, le Groupe ÉS et Roquette Frères ont obtenu tout d’abord un permis exclusif de recherches géothermiques (PER) le 14 mars 2008, puis un arrêté préfectoral le 2 décembre 2011 autorisant l’ouverture des travaux miniers. ÉCOGI, une société créée spécifiquement pour le projet Pour réaliser ce projet, le Groupe ÉS, Roquette Frères et la Caisse des Dépôts ont décidé d’associer leurs savoir-faire et intérêts respectifs au sein d’une société spécialement dédiée. La société ÉCOGI (Exploitation de la Chaleur d’Origine Géothermale pour l’Industrie) a été créée le 6 juin 2011, la part du capital de chaque partie étant la suivante : Elle est présidée par Fabrice Gourdellier, Directeur Général Délégué du Groupe ÉS, et gérée par deux directeurs généraux, Guerric Villadangos du Groupe ÉS, et Clément Robert de Roquette Frères. Un projet qui bénéficie d’un soutien et de garanties exemplaires Le projet d’ÉCOGI représente un investissement total de 45 M€ et bénéficie de soutiens publics importants du fait notamment du risque géologique qui y est attaché malgré les études faites en amont. En complément d’aides au financement, le soutien public porte également sur des dispositifs de garanties à court et long terme spécifiquement adaptées. La garantie court terme couvre le risque géologique associé au chantier (forages 1 et 2). Par ailleurs, une garantie long terme couvrira le risque de voir la ressource décliner, disparaître ou s’interrompre pendant l’exploitation de la centrale. 6 - L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) qui au travers le Fonds Chaleur spécialement créé pour appuyer les projets de développement des EnR, contribue au financement du projet à hauteur de 25 M€ ainsi qu’à la garantie court terme pour 4,2 M€. - La Région Alsace, qui complète le dispositif de couverture du risque géologique par une garantie maximale mobilisable de 2 M€, illustrant ainsi sa politique de développement des EnR locales et son soutien à l’expérimentation de technologies environnementales innovantes. - SAF Environnement, société auxiliaire de financement, filiale de la Caisse des Dépôts, qui au travers du « Fonds géothermie », mécanisme de mutualisation des risques entre les maîtres d’ouvrage géothermiques privés ou publics, apporte le socle de la couverture du risque géologique pour un montant mobilisable de 4,7 M€ pour la garantie court terme. Enfin, le projet a été labellisé par le pôle de compétitivité Énergivie, actant à la fois l’intérêt de la géothermie profonde en tant qu’énergie renouvelable, et son intérêt économique caractérisé par le développement d’une filière industrielle axée sur le développement durable. 7 LES GRANDES ÉTAPES DU PROJET Une mise en place de la centrale géothermique en deux temps Ce projet, comme la plupart des projets de géothermie profonde, comporte deux incertitudes majeures : la température du fluide géothermal et son débit. C’est pourquoi son aboutissement passe par deux étapes clés de validation technique : •Première étape : le forage, tests de productivité du premier puits La première étape consiste à réaliser un premier puits afin de caractériser la température et le débit de l’aquifère capté. Le premier forage permettra ainsi de vérifier les caractéristiques hydrauliques et thermiques. Cette étape essentielle consacrera la faisabilité du projet et permettra d’amorcer la suite des travaux. •Deuxième étape : le forage, tests de circulation du deuxième puits Si les caractéristiques hydrauliques du premier puits répondent aux attentes et permettent d’envisager une exploitation industrielle de la ressource, un deuxième puits sera foré pour permettre la réinjection de l’eau géothermale refroidie. La technique du forage dirigé sera alors utilisée pour le second puits. Elle permettra d’avoir côte à côte sur la même plateforme les deux têtes de puits, leurs extrémités vers 2 500 - 3 000 mètres de profondeur étant, quant à elles, éloignées de plusieurs centaines de mètres l’une de l’autre. Une fois la présence du réservoir géothermal et sa ressource mises en évidence, c’est-à-dire que les tests de circulation entre le puits de production et le puits de réinjection seront concluants, la centrale géothermique pourra être construite avec la mise en place de la boucle géothermale comprenant entre autres les têtes de puits, la pompe de production, les conduites d’exhaure* (eau d’infiltration), les échangeurs de chaleur, l’électropompe de réinjection* et la conduite de réinjection. Le schéma ci-dessous reprend les principales caractéristiques du projet : 8 * cf. glossaire page 17 Après valorisation de l’énergie dans l’usine Roquette, l’eau circulera à environ 70°C dans les canalisations (c’est également la température de réinjection du fluide géothermal au niveau de la centrale). Selon les résultats des tests sur les caractéristiques chimiques du fluide géothermal, il pourra être envisagé dans un second temps d’identifier comment cette chaleur résiduelle pourrait être valorisée (chauffage d’entrepôts industriels voisins, serres, etc.) Ce projet de centrale géothermique entraînera une réduction des émissions de CO2 de 39 000 t/an et la substitution de 16 000 TEP/an d’origine fossile. LES TRAVAUX DE FORAGE ET DE CONSTRUCTION Des travaux découpés en quatre grandes phases : • la réalisation de la plateforme et le forage des 2 puits géothermiques dénommés GRT1 et GRT2 d’une profondeur de 2 500 à 3 000 mètres sur la commune de Rittershoffen (Bas-Rhin), • la construction de la centrale de production géothermique au droit des têtes de puits qui permettra de transférer la chaleur de la boucle géothermique dite primaire à la boucle d’eau douce dite secondaire qui alimentera l’usine Roquette, • la pose de la canalisation d’une quinzaine de kilomètres entre les communes de Rittershoffen et de Beinheim (Bas-Rhin) où se situe le site de Roquette, • l’installation des équipements de valorisation des thermies* sur le site de l’usine de Roquette (échangeurs*, préchauffeurs, etc.). 9 * cf. glossaire page 17 Des travaux qui mettent en avant les entreprises françaises et alsaciennes Le projet labellisé par le pôle de compétitivité Énergivie, qui fédère des acteurs alsaciens dans l’éco-efficacité énergétique et la géothermie, s’appuie sur des compétences alsaciennes et françaises reconnues : • Outre le rôle des actionnaires investisseurs dans le portage et le financement du projet, le projet ÉCOGI s’appuie sur l’expertise française pour la conduite du projet avec ÉS Géothermie en tant qu’assistant maîtrise d’ouvrage. • Les travaux de forage font appel à CFG Services*, filiale du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), en tant que maître d’œuvre sous-sol, à la société COFOR en tant qu’entreprise de forage, et aux sociétés Géolog France et Schlumberger WireLine en tant que sociétés de services pour les diagraphies* instantanées et différées. • Les travaux d’aménagement de la plateforme qui accueille les travaux de forage sont réalisés en grande partie par des entreprises alsaciennes dont notamment Herrmann BTP, Léon Construction, Messemer Électricité, la société CEFA* ou la société HEDA*. • Enfin, une partie des travaux d’analyse du sous-sol est confiée au BRGM, à l’Université de Strasbourg/CNRS-École et Observatoire des Sciences de la Terre, ainsi qu’à des PME spécialisées dans le domaine telles que CDP Consulting*. Le chantier prévu pour 3 ans emploiera près de 80 personnes, et plusieurs emplois permanents devraient voir le jour une fois la centrale en fonctionnement. 10 * cf. glossaire page 17 LES POINTS CLÉS DU FORAGE GRT1 Le forage GRT1 est découpé en 4 phases qui correspondent aux 4 diamètres de forages/tubages. Les points d’arrêts de ces phases sont déterminés sur des critères géologiques (nature/tenue du sous-sol, présence des failles) et techniques : • La première phase consiste, sur une profondeur de 500 m environ, à forer une première fois au diamètre 17’’ ½ (44 cm) afin de garantir une parfaite verticalité du puits. La verticalité est un critère essentiel afin d’optimiser les opérations ultérieures de pompage. Ce premier forage est ensuite élargi au diamètre 24’’ (61 cm) permettant la pose du tubage 18’’ 5/8 (47 cm). • La seconde phase, dont le diamètre est inférieur à la phase précédente, est composée d’un tubage en 13’’ 3/8 (34 cm). Cette phase permettra d’atteindre les couches géologiques à l’interface primaire/secondaire à environ 1 200 m de profondeur. • La troisième phase qui sera également tubée permettra d’atteindre la profondeur de 2 000 m environ où débutera la partie dite en trou ouvert. • La quatrième phase, qui ne sera pas tubée, permettra de drainer dans le puits le fluide géothermal qui circule dans le réseau souterrain de failles. Le fluide remontera alors jusqu’à la chambre de pompage qui sera située dans les 500 premiers mètres du puits. 11 Les travaux, une organisation et des moyens exceptionnels mis en œuvre Le 17 septembre a marqué le premier jour de livraison des équipements nécessaires au forage. Près de 70 camions répartis sur 9 jours ont déposé sur la plateforme spécialement aménagée pour les opérations, le « rig de forage » de plus de 45 m de haut, les unités de cimentation et de préparation des boues, les groupes électrogènes, les bases satellitaires pour les télécommunications et les bases de vie des équipes techniques permettant au chantier d’être autonome pendant la durée des travaux. Après un contrôle de sécurité effectué par un organisme spécialisé, le 26 septembre a marqué le début officiel du forage GRT1. Organisées en 3 postes, 2 postes ou à la demande selon les opérations, plus de 45 personnes au total vont se relayer 24h/24, 7j/7 pour que le chantier puisse fonctionner. Organisés autour des bases de vie, les personnels vont vivre dans et autour du chantier pendant toute la durée des travaux, soit pendant près de 50 jours. Les équipes en repos participent alors à la vie économique et à l’hospitalité locale. En sus des entreprises CFG services et COFOR spécialistes français du forage qui sont mobilisées en continu, le chantier fait appel à des sociétés de services spécialisées dans l’acquisition de données de forage et des paramètres du sous-sol. Détection des gaz, des venues d’eau, analyses des « cutting » (débris de forage servant à positionner les couches géologiques), le chantier fait appel à la haute technicité du BRGM, de Géolog France et du CNRS pour la coupe géologique. Enregistrement des paramètres de forage (vitesse rotation, poids sur l’outil, déviation, profondeur..) et des détecteurs gaz et fluides par une société spécialisée. A la prise de photo, la profondeur est de 754 m et le poids sur l’outil de 8 tonnes ! 1 Laboratoire d’analyse géologique et géochimique (microscope binoculaire des « cutting » , calcimétrie….) 2 12 3 L’ensemble des paramètres sont sauvegardés automatiquement sur des serveurs locaux et distants toutes les 10 secondes permettant d’apporter toutes les informations en cas de besoin. Le suivi du chantier fait également appel à un dispositif particulier et exceptionnel mis en œuvre par ÉS Géothermie. Des rapports quotidiens mentionnent les opérations effectuées et à venir (poids sur l’outil, temps de forage, densité des boues, débit et pression des pompes à boue …). Ils sont transmis à la DREAL Alsace (Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement) qui suit les travaux de forage conformément à la réglementation (code minier, arrêté préfectoral) ainsi qu’à la Direction Générale de l’Énergie et du Climat du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie. En complément, des rapports de synthèse hebdomadaires sont transmis aux autorités avec la liste des personnels présents permettant ainsi une traçabilité sans faille. Tout aussi attentif à la progression des travaux qu’à la sécurité des personnels et des biens, la gestion des risques est une priorité pour ÉCOGI. Des exercices « réels » sont régulièrement organisés par les responsables « santé-sécurité » des entreprises travaux en coordination avec Jean-Jacques BREFI d’ESR (Électricité de Strasbourg Réseaux), coordonateur « SPS » santé sécurité pour le chantier afin de valider les procédures, maintenir les réflexes des équipes et tester les matériels (détection de gaz, lutte incendie). C’est dans ce cadre qu’un exercice d’incendie et d’évacuation de blessés a été organisé le 20 septembre avec le SDIS (Service Départemental Incendie et de Sécurité). 13 Le « Rig » de forage ou plateforme de forage de Rittershoffen 1 14 Organisation du site de forage de Rittershoffen 1 5 4 2 6 3 15 LES CHIFFRES CLÉS DU PROJET • Investissements : 45 M€ • Soutien ADEME : 25 M€ • Début de la production : 2015 • Exploitation prévue sur : 20 ans • 2 forages : 2 500 - 3 000 m • Fonctionnement nominal : 8 000 h/an • Température : 170°C • Boucle transport : 15 km • Puissance délivrée entrée usine : 24 MWth (70l/s – 160 °C) • Énergie thermique livrée : 190 000 MWh/an • CO2 évités : 39 000 t/an soit 16 000 tep/an En comparaison : 190 000 MWh/an, c’est l’énergie thermique correspondant à la consommation d’environ 19 000 logements (70m2, conçu dans les années 90). 39 000 tonnes d’émission de CO2/an, c’est l’équivalent de plus de 17 000 AR en avion entre Paris et New-York. 16 GLOSSAIRE 17 • Enthalpie : quantité de chaleur mise en jeu dans un processus énergétique – équivalent à l’énergie dans le cas d’espèce • Process industriels : applications industrielles • Aquifères : couches de terrain poreuses et perméables permettant une bonne circulation des nappes d’eau/ eaux souterraines • Énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon • MW : Mégawatt (1 million de watt) • MWth : Mégawatt thermique • Thermie : unité de chaleur (1 MWh = 0,86 thermie) • Débit : quantité de fluide par unité de temps (exprimé en kg/seconde ou en litre/seconde) • Conduites d’exhaure : canalisation métallique insérée dans le puits par laquelle remonte le fluide géothermal • Échangeurs de chaleur : équipement permettant de transférer la chaleur du fluide géothermal à la boucle d’eau douce alimentant l’usine de Beinheim • Électropompe de réinjection : pompe hydraulique alimentée électriquement permettant de réinjecter le fluide géothermal dans le sous-sol au travers du puits de réinjection. • Chaleur résiduelle : chaleur restant dans la boucle d’eau douce après sortie usine • TEP : tonne équivalent pétrole • CO2 : dioxyde de carbone • CFG Services : Compagnie Française de Géothermie • Diagraphies : opérations de mesures caractéristiques du puits. On distingue les diagraphies instantanées qui concernent généralement l’analyse de la boue de forage des diagraphies différées qui sont après forage et concernent les opérations de contrôle du tubage par exemple • CEFA : Chaudronnerie et Forges d’Alsace (société située à Soultz-sous-Forêts) • HEDA : société basée à Gundershoffen spécialiste de la protection périmétrique (portail, clôture…) • CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique • CDP consulting : Caractérisation de Prospect, société française spécialisée dans les analyses de données sismiques • SPS : Sécurité et Protection de la Santé • Cutting : débris de roches/sédiments issus du broyage lors de l’opération de forage. • ESR : Électricité Strasbourg Réseaux • DGEC : Direction Générale de l’Énergie et du Climat LES ACTEURS DU PROJET Le Groupe ÉS, premier énergéticien alsacien depuis plus de 100 ans et filiale d’EDF à plus de 88%, fait partie des acteurs majeurs du marché énergétique français. Organisé autour de trois grandes activités, le Groupe ÉS est aujourd’hui composé d’un distributeur, ESR (Électricité de Strasbourg Réseaux), de deux filiales commerciales, ÉS Énergies Strasbourg (ÉS) et Énerest, et de plusieurs filiales dans les services énergétiques. Distributeur d’énergie En tant qu’opérateur de réseaux, ESR construit, exploite, entretient et renouvelle un réseau électrique de plus de 14 000 km, desservant 409 communes alsaciennes. La mission quotidienne d’ESR est d’assurer à ses clients la qualité, la sécurité et l’efficacité du réseau dans le respect de l’environnement. Il est le 2ème distributeur d’électricité en France après ERDF. Chargé de la gestion du réseau de distribution, il garantit un accès transparent et non discriminatoire aux différents utilisateurs du réseau de distribution d’électricité, qu’ils soient consommateurs ou producteurs. Fournisseurs d’énergies et de services ÉS Énergies Strasbourg et Énerest regroupent tous les métiers liés à la vente d’énergies (électricité et gaz) et de services associés, ainsi que des conseils en matière de maîtrise de l’énergie. Conscientes des enjeux climatiques qui se jouent aujourd’hui, ÉS Énergies Strasbourg et Énerest sont pleinement impliquées dans le développement de production d’énergie sans émission de CO2, la promotion de l’éco-efficacité énergétique du bâti ou encore la rénovation de bâtiments selon les critères basse consommation. Expert en solutions énergétiques Le Groupe ÉS, grâce à la complémentarité de ses métiers et à la synergie de ses compétences, a développé toute une panoplie de solutions énergétiques, à travers notamment : Écotral, fournisseur de services énergétiques créé en 1981, et qui a acquis depuis 30 ans l’expérience et le savoir-faire pour accompagner et réaliser les projets techniques et énergétiques des entreprises et collectivités. Le panel de ses activités est large et varié comme la rénovation énergétique de bâtiments, le génie climatique et les énergies renouvelables, la production d’électricité photovoltaïque, la maintenance et le génie électriques, la maintenance et l’exploitation thermiques, l’ingénierie et la maintenance lumière, les téléservices, l’ingénierie de restauration. ÉS Géothermie dont l’expertise et les compétences développées par le Groupe ÉS pour le projet puis la réalisation et l’exploitation de la centrale géothermique de Soultz-sous-Forêts lui permettent de proposer un savoir-faire quasi unique en Alsace et en France en matière de géothermie profonde. 18 Le Groupe ÉS et ses filiales, fort de 1 250 salariés, partagent les mêmes valeurs de proximité, de performance, de responsabilité et d’engagement pour l’environnement. Ces valeurs accompagnent la vie de l’entreprise, guident ses choix stratégiques et témoignent de son identité. Roquette Frères est une entreprise familiale française qui a pour activité la transformation de matières premières agricoles renouvelables (blé, maïs ou pomme de terre) en amidons et dérivés d’amidons. Depuis la fondation du groupe en 1933, son développement est basé sur une stratégie industrielle privilégiant le long terme, l’innovation et le respect de l’environnement. Roquette emploie plus de 7 800 personnes dans le monde, dont 3 600 en France, et a des unités de production en France (4), Allemagne, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Roumanie, USA (2), Chine (5), Corée et Inde (3). L’ensemble permet de traiter plus de 7 millions de tonnes de céréales par an dont plus de la moitié est d’origine française. Roquette fabrique plus de 700 produits : des polyols (sorbitol, mannitol, maltitol, xylitol) pour lesquels Roquette est leader mondial, des amidons natifs et modifiés, des sirops de glucose, des maltodextrines, du dextrose, des produits de fermentation, etc. Ces produits trouvent leur utilisation dans cinq domaines d’application principaux : - l’alimentation humaine, - la papeterie, cartonnerie, - la pharmacie, cosmétologie, - la chimie, bio-industries, - la nutrition animale. Cette gamme de produits de haute qualité en constante évolution concrétise l’esprit d’innovation, l’effort de diversification et le souci d’adaptation de ses équipes techniques et de son centre de recherche et développement qui emploie plus de 300 chercheurs et techniciens dans ses laboratoires à Lestrem (Pas-de-Calais). 25 à 30 brevets sont déposés chaque année qui viennent conforter le portefeuille technologique du groupe (plus de 4000 brevets). De nombreux contrats de recherche par an permettent également de maintenir des contacts étroits avec les universités et laboratoires du monde entier. La construction d’une éthanolerie en 2008 de 2 Mhl sur le site amidonnier de Beinheim en Alsace traduit les nouvelles orientations du groupe vers la chimie du végétal (les biocarburants, mais aussi les plastiques biosourcés, les biosolvants, etc.). Roquette s’engage dans sa bioraffinerie de Beinheim dans la réduction des émissions de C02 et dans les énergies renouvelables. 19 La Caisse des Dépôts et ses filiales constituent un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays. Ce groupe remplit des missions d’intérêt général en appui des politiques publiques conduites par l’État et les collectivités locales et peut exercer des activités concurrentielles. Dans le cadre de la convention 2011-2013 signée avec le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, la Caisse des Dépôts investit en fonds propres dans des projets locaux d’énergie renouvelable et participe à l’atteinte des objectifs nationaux et européens de production d’énergie verte. Elle investit, aux côtés des développeurs et des opérateurs, dans les sociétés portant des projets de production d’énergies renouvelables : éolien, photovoltaïque, biomasse, micro-hydraulique, méthanisation, géothermie ... Par cette intervention, la Caisse des Dépôts accompagne la décentralisation de la production énergétique et soutient dans leur développement les PME du secteur, afin de favoriser l’émergence d’une filière française des EnR. Les investissements dans les projets ont atteint 200 M€ fin septembre 2012 et participeront à la réalisation de plus de 692 MW d’énergie produite. Après avoir participé à la réalisation de la première génération d’opérations de géothermie en Ile-de-France et dans le bassin aquitain, la Caisse des Dépôts soutient le premier projet de géothermie profonde à finalité industrielle en Alsace en investissant dans la société ÉCOGI, aux côtés du Groupe ÉS et du Groupe Roquette. 20 Contacts presse : Groupe ÉS Guerric Villadangos [email protected] – 03 88 80 53 63 (+33 3 88 80 53 63) Roquette Frères Clément Robert [email protected] – 03 88 06 88 01 (+33 3 88 06 88 01) Caisse des Dépôts Gil Vauquelin [email protected] – 03 88 52 45 48 (+33 3 88 52 45 48)
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