"Argus novembre décembre 2010" au format
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Risques et pollutions industriels L’argus des accidents technologiques Aléas météorologiques De nombreux accidents surviennent à la suite de grands froids, mais aussi de tempêtes et de pluies abondantes*. aria.developpement-durable.gouv.fr Photo Sdis 66 La base de données ARIA du ministère du développement durable recense 265 accidents ou incidents durant les mois de novembre et de décembre 2010. Les aléas météorologiques sont à l’origine de plusieurs des 251 événements répertoriés ce bimestre en France, dont 5 effondrements, sous le poids de la neige et parfois sur plusieurs centaines de mètres carrés, de toitures d’entrepôts, coopératives agricoles ou plate-formes logistiques. L’écroulement d’une construction récente censée prendre en compte les « règles neige et vent » de juin 2009 interpelle. Ces événements n’ont heureusement pas fait de victime, mais sont à l’origine d’importants dommages et pertes d’exploitation. L’entraînement de certains équipements dans la chute des constructions peut aussi générer des fuites de matières dangereuses ou d’autres dégâts comme l’inondation générale d’un établissement après rupture de son réseau sprinkler. Si les périodes de gel sont redoutées des transporteurs en raison de retards et des possibilités d’accidents de circulation, des événements plus rares peuvent se produire, comme le 27 décembre à Mazières-les-Metz (57) où un wagon de gaz liquéfié s’est déformé sous l’effet de la dépression liée à la condensation du gaz. Le froid peut aussi gêner ou empêcher l’utilisation de certains équipements bloqués par le gel, ou conduire à renoncer à l’utilisation des dispositifs de protection comme des rideaux d’eau après l’accident de wagons de chlore à Woippy (57). De nombreuses mesures techniques et organisationnelles sont susceptibles d’être mises en œuvre pour prévenir ou limiter les conséquences de ce type d’accidents parmi lesquelles l’adaptation et le renforcement des contrôles et tests en période hivernale notamment pour s’assurer de la permanence des dispositifs de mesure, de sécurité et de secours. Toutefois il est indispensable d’identifier préalablement les risques liés aux éléments initiateurs naturels pour mettre au point les mesures les mieux appropriées. À cet effet, il convient de distinguer, d’une part, les mesures permanentes comme la conception des bâtiments ou des structures, les adaptations spécifiques de procédés pour éviter par exemple des changements inopinés de phases gaz, liquide ou solide des matières dangereuses… et, d’autre part, les mesures conjoncturelles susceptibles d’être mises en œuvre dans les délais disponibles après l’alerte. Sous peine de lourdes déconvenues, ces situations méritent d’être anticipées pour mettre en place de mesures proportionnées aux enjeux. Jean-Luc Claret Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement Direction générale de la prévention des risques - BARPI * Cf. sur le site Aria les accidents nos 160, 4296, 4743, 4909, 5959, 8990, 9021, 15513, 17023, 17318, 21611, 23637, 26459, 26460, 27920, 29646, 32258, 34491, 34683, 35167, 35426, 36492, 38521, 38497… Pour vous tenir informé de ses dernières parutions relatives au retour d’expérience sur accidents industriels, le BARPI vous propose de vous abonner à sa newsletter bimestrielle sur www.aria.developpement-durable.gouv.fr. N° 116 - Mars-avril 2011 - Préventique Sécurité 71 Risques et pollutions industriels Aléas météorologiques ■ 21/12/2010 27 - SAINT-AUBIN-SUR-GAILLON 52.10 - Entreposage et stockage Dans une zone d’activité, 1 000 m2 de toiture d’un entrepôt de 30 000 m2 à charpente en lamellé collé s’effondrent vers 20 h 30 sous le poids de la neige. Les employés avaient été évacués après constat de « signes de faiblesse » sur une poutre centrale de l’atelier d’une société de publipostage occupant une partie du bâtiment. L’effondrement provoque la rupture du réseau sprinkler ; 430 m3 d’eau se déversent sur 5 000 m2, endommageant une quinzaine de machines de formage ; 520 employés sont en chômage technique au moins 1 semaine. Une partie du toit s’était déjà écroulée 4 jours plus tôt, 12 000 autres m2 menaçant de s’effondrer à leur tour. 171 personnes sont évacuées. L’accès au locaux est interdit jusqu’à ce que le site soit sécurisé. ■ 26/12/2010 80 - ROYE 52.10 - Entreposage et stockage Photo Dreal Alsace La toiture d’une cellule de conditionnement de 3 000 m2 s’effondre sur 800 m2 dans un entrepôt de 40 000 m2. L’exploitant coupe le réseau d’extinction automatique, isole la cellule en fermant les portes coupe-feu et met le bâtiment sous rétention. La 72 Préventique Sécurité - N° 116 - Mars-avril 2011 stabilité de la structure est évaluée avant reprise de l’activité, 15 employés sont en chômage technique 24 h. La neige accumulée lors d’un fort épisode neigeux serait à l’origine de l’événement. Selon le dossier d’autorisation, l’entrepôt mis en service en juin 2010 a été construit conformément aux règles neige et vent révisées en juin 2009. ■ 27/12/2010 57 - WOIPPY 49.20 - Transports ferroviaires de fret Un wagon-citerne de butadiène vide non dégazé est en transit dans une gare de triage. Le gaz se liquéfiant (Téb - 4,4 °C) sous l’effet du froid ambiant (- 17 °C), la citerne mise en dépression relative s’écrase. Le wagon est déplacé à l’écart pour permettre aux secours d’effectuer des mesures d’explosivité et de rechercher d’éventuelles fissures. La circulation des trains est suspendue. Une petite fuite gazeuse est repérée le 30/12 sur la vanne de fond du wagon et décision est prise de détruire le reliquat de butadiène sur place. Une injection d’azote (N2) remet la citerne en pression, le butadiène est détruit par torchage le 31/12 entre 0 h et 6 h et le dispositif est levé à 10 h 30 après une dernière reconnaissance. L’injection d’N2 dans les wagons-citernes non-dégazés habituellement effectuée pour éviter la mise en dépression et la déformation du réservoir par temps froid n’avait pas été réalisée. Deux autres accidents se produiront dans cette gare de triage durant le mois (ARIA 39500 et 39703). Risques et pollutions industriels Accidents de transport ■ 19/12/2010 MEXIQUE - San Martin Texmelucan 49.50 - Transports par conduites Vers 5 h 30, des personnes siphonnent un oléoduc (DN 760) pour voler du pétrole brut. Le produit s’écoule sur 800 m dans une rue résidentielle en direction d’une rivière a un débit évalué entre 9 et 18 m3/min. Vers 6 h, une source d’ignition indéterminée enflamme le brut et les vapeurs explosent ; des effets sont ressentis à 5 km. Les flammes atteignent 10 m de hauteur, un gigantesque nuage de fumée se forme. Les pompiers circonscrivent l’incendie à 11 h. L’origine de la fuite est découverte 1 h plus tard. 28 personnes ont été tuées (dont 13 enfants) et 52 ont été blessées (5 restant dans un état grave mais stable 8 jours après). L’explosion a détruit 32 habitations, 83 autres sont endommagées, 9 immeubles se sont effondrés en partie et 160 personnes sont hébergées dans des foyers. Les travaux de réparation de 12 écoles impactées devraient s’achever avant la rentrée des vacances de Noël le 10/01/2011. Les travaux de dépollution devraient durer 2 mois. L’exploitant du pipeline versera 300 millions de pesos d’indemnités (18,5 M d’euros) aux victimes. 1/12/2010 91 - LONGPONT-SUR-ORGE 49.50 - Transports par conduites Lors d’une reconnaissance aérienne le long du tracé d’un pipeline (DN 500 mm, 260 km de long, enterré à plus d’1 m) reliant Le Havre à la raffinerie de Grandpuits, des travaux sont repérés à proximité de l’ouvrage. Le propriétaire d’un terrain a creusé un trou de 4 m de profondeur et de 5 m de large à moins d’1 m du pipeline. L’exploitant informe la municipalité, le propriétaire du terrain et la préfecture. Une plainte est également déposée. Aucune déclaration d’intention de commencement de travaux (DICT) ) n’avait été communiquée à l’exploitant de l’oléoduc. 16/12/2010 06 - LA TRINITE 49.41 - Transports routiers de fret 22/12/2010 57 - WOIPPY 49.20 - Transports ferroviaires de fret Vers 14 h 10 dans une gare de triage, un convoi de 4 wagons de charbon percute 4 wagons de chlore (Cl2) presque vides, non dégazés et à l’arrêt. Sous le choc, 2 wagons-citernes se chevauchent. Un bogie du premier est arraché et le second déraille. Le plan d’urgence interne (PUI) de la gare est déclenché. Un périmètre de sécurité englobe le faisceau de débranchement. Les secours sont sur les lieux à 14 h 35. Le relevage est autorisé après constat visuel de l’absence de toute fuite et le périmètre de sécurité est réduit à 4 voies après confirmation de la situation. Le 23/12 au matin, la quantité de Cl2 dans chaque wagon est évaluée à 1,6 t. L’étude de danger du triage ne prévoyant pas la dispersion de plusieurs tonnes de Cl2, une demande de modélisation est adressée à une cellule publique d’appui aux situations d’urgence. Les distances des effets irréversibles et létaux sont estimées à 1 000 m et 350 m en situation courante ou 3 000 m et 500 m en situation météorologique Photo Dreal Lorraine Sur le viaduc de Nuec, un ensemble routier plateau transportant un mobil-home percute vers 1 h une semi-remorque citerne de propane en panne sur la voie de droite. Les 2 camions s’embrasent ; le conducteur du véhicule plateau décède dans sa cabine. Les secours établissent un périmètre de sécurité de 500 m, interrompent la circulation autoroutière dans les 2 sens et évacuent 45 habitants en contrebas du viaduc. Le trafic des camions sur une partie de l’autoroute A8 est interdit. Le plan Intempéries arc méditerranéen (PIAM) est déclenché pour que les poids-lourds puissent se garer sur les aires répertoriées, les préfectures du Var et des Alpes-Maritimes activent leur centre opérationnel départemental (COD). La circulation est fortement perturbée et des embouteillages de plusieurs km se forment. Le trafic des véhicules légers reprend à 9 h 45 après réouverture de l’A8 dans les 2 sens mais sur une seule voie. Durant l’interdiction de circulation des poids-lourds, près de 900 camions sont immobilisés sur les aires de stationnement définies dans le PIAM. L’incendie est éteint vers 3 h 30, puis la semi-remorque de gaz est refroidie. Les secours constatent lors d’une reconnaissance vers 11 h que le réservoir de propane est vide et dégazé ; la réquisition d’un camion-citerne d’une entreprise privée pour la vidange de la cuve du camion accidenté est annulée. Les carcasses des 2 véhicules sont enlevées en début d’après-midi. La chaussée autoroutière est endommagée sur 400 m2 et une fibre optique reliée à des installations de sécurité du tunnel desservant Monaco dans le prolongement de l’A8, est détruite. La circulation sur l’autoroute est rétablie à 17 h 30. La préfecture a diffusé plusieurs communiqués de presse durant la journée. Une enquête judiciaire doit déterminer les causes de l’accident. N° 116 - Mars-avril 2011 - Préventique Sécurité 73 Risques et pollutions industriels défavorable. Un centre commercial est situé à 1 200 m des wagons accidentés. La préfecture réunit le 23/12 à 15 h les différents acteurs pour préciser les conditions d’intervention. Toute vidange sur place est écartée et il est décidé de sécuriser avec une grue la citerne du wagon chevauchant son voisin, durant l’évacuation par rail des autres wagons. Le wagon chevauchant sera ensuite déposé au sol, ses bogies découpés et la citerne évacuée par wagon plateau vers un site de dégazage. Des thermocouples permettront de surveiller la température lors de la découpe, l’acier étant susceptible d’entrer en combustion au contact du Cl2 à 120 °C. L’accident est dû à l’envoi par erreur des wagons de charbon. Le dispositif de freinage automatique de ces wagons n’a pas fonctionné. La réglementation sur le transport ferroviaire de matières dangereuses (RID) a été modifiée récemment dans le but de prévenir ce type d’accident. Les wagons accidentés ne disposaient pas encore de dispositifs anti-chevauchement de protection de l’arrière des wagons (période transitoire). Deux autres accidents (ARIA 39508 et 39703) se produiront le mois suivant dans cette gare de triage qui a une importance primordiale en raison notamment du volume de trafic avec l’Allemagne. Incendies, explosions et chutes ■ 27/12/2010 42 - L’HORME 25.50 - Forge, emboutissage, estampage ; métallurgie des poudres Dans une usine à l’arrêt pour les fêtes de fin d’année et fabriquant des pièces forgées à froid pour l’automobile, un feu se déclare sur une ligne de phosphatation avec 12 cuves dont 11 en acier inox. La police circulant sur l’A47 voisine, aperçoit à 0 h 20 des flammes sur le toit du bâtiment de 1 000 m2 et donne l’alerte. La trentaine de pompiers mobilisés éteint l’incendie vers 4 h 30 ; les trappes de désenfumage ont été ouvertes manuellement pour évacuer les fumées. L’intervention des secours s’achève vers 5 h 30 ; une ronde de surveillance est effectuée à 7 h 30. La charpente métallique du bâtiment s’est localement déformée sous l’effet de la chaleur et une partie de la toiture s’est affaissée ; la cuve en polypropylène de la chaîne de phosphatation, vide lors des faits, et un conteneur d’acide sulfurique ont été détruits. La zone des presses et autres machines n’a pas été affectée. L’essentiel des eaux d’extinction et produits de traitement déversés (acide…) a été contenu sur le site (dalle de l’atelier, rétention de la chaîne de traitement…) mais des eaux blanchâtres se sont néanmoins écoulées dans le Giers. Aucune mesure de chômage technique n’est prévue pour les 25 employés. L’activité de traitement de surface est sous-traitée à l’extérieur durant l’indisponibilité des installations de l’entreprise. Une enquête est effectuée pour déterminer l’origine du sinistre. ■ 16/11/2010 86 - LE VIGEANT 24.53 - Fonderie de métaux légers Dans une usine Seveso seuil bas fabriquant des lingots d’aluminium (Al) pour l’industrie automobile, un feu à combustion lente se déclare dans un silo de poussières d’Al de l’unité de traitement des fumées. Le personnel est évacué, les fours sont arrêtés et l’alimentation électrique du dépoussiéreur est interrompue. Les pompiers localisent le foyer avec une caméra thermique, éteignent l’incendie et vident les filtres. L’exploitant prend en charge les déchets. Les 27 employés sont en chômage technique. Selon la presse, la turbine défaillante d’un moteur électrique serait à l’origine du sinistre. ■ 19/11/2010 05 - LA ROCHE-DE-RAME Un feu se déclare vers 2 h 30 sur un stock de 1,5 t de déchets d’aluminium et de magnésium stockées en big-bags dans un hangar de 200 m2 d’un site métallurgique. Les pompiers éloignent une dizaine de sacs de déchets pour limiter la propagation de l’incendie et maîtrisent le sinistre avec du sable mis en oeuvre avec un tractopelle. L’intervention durera 3 h, 2 ouvertures étant percées dans la toiture du hangar pour évacuer les fumées. L’exploitant avance l’hypothèse d’une erreur humaine. Un arrêté suspend une partie des activités de l’entreprise qui avait déjà été victime d’un incendie en septembre (ARIA 38915). Selon la presse, l’exploitant réalisera sous 15 jours un audit portant sur les mesures de sécurité dans l’établissement. Un arrêt automatique des fours en cas de danger est prévu, ainsi que le remplacement d’anciennes soupapes de sécurité pour éviter la montée en pression des fours de distillation sous vide. 74 Préventique Sécurité - N° 116 - Mars-avril 2011 Photo Dreal Rhône-Alpes 24.45 - Métallurgie des autres métaux non ferreux Risques et pollutions industriels ITALIE - Paderno Dugnano 38.22 - Traitement et élimination des déchets dangereux Une succession d’explosions et un violent incendie se produisent peu avant 15 h dans un hangar de stockage des peintures et solvants usagés d’une usine de traitement de déchets industriels dangereux. Le feu se propage sur 1 000 des 10 000 m2 du site. Alertés par des employés, les pompiers mettent 30 min pour atteindre le hangar en feu et dégager les 7 sous-traitants y travaillant. L’épaisse fumée noire émise oblige à fermer durant 2 h 30 les autoroutes A52 et Milan-Meda bordant le site. Le trafic ne sera pleinement rétablit que vers 21 h. L’usine est proche de 3 magasins, mais aucune habitation n’est à proximité directe. Des riverains indiquent avoir entendu une forte explosion, puis plusieurs explosions secondaires. Les secours mobilisent 13 équipes de pompiers, 10 fourgons, 2 ambulances et 2 hélicoptères pour évacuer les 7 sous traitants gravement brûlés dont 4 décèderont les jours suivants. En raison de l’implantation urbaine Rejets de matières dangereuses ■ 5/11/2010 76 - GONFREVILLE-L’ORCHER 20.14 - Fabrication d’autres produits chimiques organiques de base Lors d’une ronde en soirée dans l’unité de vapocraquage d’un site pétrochimique, en phase finale de redémarrage après une grève, un opérateur note une forte odeur d’essence dans l’allée centrale de l’unité. Il donne l’alerte et est rejoint par d’autres opérateurs. Une flaque d’essence est découverte sur le sol. Un échafaudage est monté pour atteindre la tuyauterie en rack surplombant la flaque. Véhiculant de l’essence vers des bacs de stockage, cette tuyauterie de DN 100 (4”) fuit. Des fumerolles sont aussi observées sur une tuyauterie voisine de DN 200 (8”) véhiculant du propylène liquide (P=15 bars, T=35°C) vers un échangeur du circuit de refroidissement. Du propylène gazeux fuit légèrement au niveau de la soudure d’un patin de support de la ligne. Le vapocraqueur est arrêté ; un scénario d’accident majeur étudié sur l’unité mettait en cause cette tuyauterie propylène sur laquelle l’installation d’un collier d’étanchéité efficace s’avère impossible. Des détecteurs de gaz et lances sont positionnés vers la fuite. L’exploitant identifie une cause commune : une corrosion externe des tuyauteries vers les support de ligne. Des demi-coquilles collées ont été posées vers du site et de la toxicité des fumées, les autorités locales demandent aux riverains de rester confinés chez eux alors qu’un dispositif de mesure dans l’air des métaux, dioxines et hydrocarbures aromatiques polycycliques est mis en place, les résultats montrent qu’il n’y a pas de risques sanitaires et environnementaux et le confinement est levé en fin d’après midi. La justice italienne place le site sous scellés. Les enquêteurs relèvent plusieurs irrégularités dans la gestion du stockage des déchets, dont la présence de bouteilles d’acétylène. Le feu serait parti d’un conteneur de solvants usagés qui se serait déjà enflammé à plusieurs reprises dans le passé. L’incendie se serait ensuite propagé à un stock de boites de peintures et de solvants. L’explosion principale se serait produite quand le feu a atteint une bouteille d’acétylène utilisée par les employés pour découper des batteries usagées au chalumeau, les explosions secondaires étant dues aux pots de solvants et de peinture en feu. Selon la presse, des lacunes importantes existaient dans les systèmes de sécurité et de prévention du site. La justice poursuit l’exploitant pour blessures par négligence et homicides involontaires. ces supports après une campagne d’inspection des tuyauteries 5 ans plus tôt, pour limiter leur corrosion externe au contact de la charpente métallique. Les tuyauteries étant en exploitation, la pose par soudage avait été écartée au profit d’un collage. Malgré la remise en peinture des tuyauteries, leur profil était resté accidenté et la colle n’a pu assurer une étanchéité suffisante. Des infiltrations d’eau avec le temps ont accéléré la corrosion vers les supports et provoqué de petites fuites peu visibles lors de la remise en pression des tuyauteries. La quantité de propylène rejeté est sans doute très faible car les détecteurs de gaz n’ont rien signalé. Les 2 tronçons corrodés sont remplacés par des éléments neufs dont les demi-coquilles sont soudées en atelier. L’inspection des IC demande un recensement et un examen des autres supports, la procédure d’installation des supports collés est révisée pour garantir une bonne étanchéité de la jonction coquille/tuyau. Le vapocraqueur redémarre 5 jours après l’accident. Photo Dreal Haute-Normandie ■ 4/11/2010 ■ 16/11/2010 51 - CHALONS-EN-CHAMPAGNE 20.41 - Fabrication de savons, détergents et produits d’entretien Dans une usine de détergent classée Seveso, un opérateur constate vers 22 h 20 des pertes en ligne N° 116 - Mars-avril 2011 - Préventique Sécurité 75 Risques et pollutions industriels sur une canalisation alimentant en acide phosphorique (H3PO4) à 75 % les lignes de production depuis un réservoir de stockage aérien de 30 m3. L’acide s’écoule sur la passerelle du réservoir, puis dans une cuvette de rétention. L’exploitant arrête la fabrication, stoppe la pompe de transfert et isole la cuvette. La zone est rincée avec 2 RIA. Les eaux de rinçage et les 3,5 m3 d’acide relâchés sont récupérés dans la cuvette et conditionnés dans des conteneurs envoyés en destruction. Ë La canalisation s’est rompue vers la vanne automatique qui alimente les lignes de production. Selon l’exploitant, cette rupture franche est due aux vibrations créées par les variations de température et de pression subies par la vanne lors des séquences de démarrage ou d’arrêt des pompes de transfert. Une procédure dite de « recyclage » prévue pour réduire les vibrations sur la canalisation consistait à maintenir le pompage de l’acide phosphorique en dehors des périodes de production et à le renvoyer vers le stockage. Cette procédure ayant montré ses limites, des raccord de dilatation en Téflon© sont installés au niveau de la vanne pour absorber ces vibrations, leur utilisation étant aussi étudiée pour les autres installations de stockage en vrac du site ■ 14/12/2010 59 - LE CATEAU-CAMBRESIS 28.93 - Fabrication de machines pour l’industrie agro-alimentaire Dans l’atelier de décapage d’une usine fabriquant des supports de cuisson de boulangerie, une réaction exothermique a lieu vers 13 h sur un bain de 9,7 m3 d’acide nitrique (HNO3) à 30 %, après introduction automatique par un robot d’un panier de pièces métalliques dans la cuve de traitement. L’HNO3 déborde et se déverse dans le bâtiment en rétention en émettant des vapeurs rousses d’oxydes d’azote. Un opérateur alerte les secours ; 81 employés sont évacués. Un périmètre de sécurité de 300 m est mis en place. Les fumées aspirées par la cheminée d’extraction d’air se dispersent dans l’atmosphère du fait des conditions météorologiques venteuses. Les pompiers en combinaisons anti-acides stoppent la réaction chimique par ajout d’eau, augmentent la Malgré tout le soin apporté à la réalisation de cette synthèse, il est possible que des inexactitudes persistent dans les éléments présentés. Merci au lecteur de bien vouloir signaler toute anomalie avec mention des sources d’information au Barpi, Dreal Rhônes–Alpes, site Charial, 69509 Lyon Cedex 03. Courriel : [email protected]. 76 Préventique Sécurité - N° 116 - Mars-avril 2011 vitesse du ventilateur d’air et vident 2 m3 d’HNO3 de la cuve pour contenir si nécessaire une nouvelle réaction chimique. L’intervention s’achève en fin d’aprèsmidi, les dernières mesures confirmant l’absence de vapeur acide dans l’air. Il n’y a ni victime, ni dommage matériel. L’exploitant effectue une enquête. La presse précise que l’atelier en service depuis peu était en phase de test. ■ 14/11/2010 51 - MATOUGUES 10.31 - Transformation et conservation de pommes de terre Dans la salle des machines d’une usine agroalimentaire, de l’ammoniac (NH3) est émis à l’atmosphère quelques secondes lors de la maintenance planifiée du compresseur d’une installation de réfrigération. La faible quantité de gaz émise suffit cependant à déclencher le 2e seuil d’une alarme dont la cellule de mesure présente une dérive du point « 0 » (120 ppm au lieu de 0) et dont l’un des capteurs est à 1 m au-dessus de la zone d’intervention ; 1 300 ppm (0,13 %) ont été détectés à 9 h 16, pour une concentration inférieure à 600 ppm dans le reste du local, les autres détecteurs ne s’étant pas déclenchés. Les cartouches coalescentes devaient être remplacées à la suite d’une surconsommation d’huile. L’intervention correspondante qui débute à 8 h 15, mobilise 2 employés du site et 1 frigoriste sous-traitant. L’installation est consignée, puis le compresseur est soutiré à vide à 8 h 30 sans toutefois enlever toute l’huile de lubrification présente avant ouverture du circuit en enlevant les premiers boulons à partir de 9 h. Constatant peu après que le clapet anti-retour côté aspiration est défaillant, les techniciens écarte les brides pour l’extraire quand la brève émission d’NH3 se produit à 9 h 15 déclenchant l’alarme à la suite du « dégazage » de l’huile de lubrification. Les 3 intervenants quittent les lieux. L’alarme est acquittée et les disjoncteurs sont réarmés à 9 h 17. Les techniciens reprennent leur intervention à 9 h 20. Aucun dommage corporel ou matériel n’est à déplorer. Le fournisseur du détecteur étalonne la chaîne de mesure pour supprimer la dérive observée. ■
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