Lundi 29 Juin 2015
Transcription
Lundi 29 Juin 2015
LES ETATS-UNIS ET L’EUROPE LE SUZERAIN ET LES VASSAUX Lire en page 15 l’analyse du Pr Chems Eddine Chitour Le Quotidien Lundi 29 juin 2015 n°4472 - Prix : Algérie 15 DA — http://www.lexpressiondz.com — ISSN 1112-3397 — Directeur Fondateur : AHMED FATTANI IL LES SOMME DE PROSCRIRE LA VIOLENCE DE LEURS PROGRAMMES HAMID GRINE MET DE L’ORDRE Phs : R. Boudina S S É L ÉE É T IV PR Lire en page 3 l’article de Saïd Boucetta DOSSIER Certaines chaînes de télévision privées se font une sale guerre. En cherchant le sensationnel, les patrons de ces médias ont cautionné une grave dérive. Au dixième jour du Ramadhan, les scènes de violence et des discours haineux font l’essentiel du Prime Time. Le ministère de la Communication a sonné hier la fin du « carnage » audiovisuel. CES RESTAURANTS PULLULENT AUX QUATRE COINS DU PAYS LA CHORBA DE LA RAHMA On y trouve les jeunes bénévoles qui sacrifient avec plaisir un repas en famille pour apporter leur contribution en tant que serveur ou aide-cuisinier. Lire nos articles en pages 6, 7 et 8 TORTURE, VIOLS, PASSAGE À TABAC AU SAHARA OCCIDENTAL Les Américains accablent le Maroc Les forces d’occupation marocaine usent de la torture, de passages à tabac et autres mauvais traitements contre les civils sahraouis. Lire en page 24 l’article de Mohamed Touati MÉTÉO ALGÉRIE ANNONCE UNE VAGUE DE GRANDES CHALEURS IL Y A DANGER DE MORT ! Notre pays a connu une nette baisse de sa pluviosité et un hiver plutôt chaud. Lire en page 9 l’article de Abdenour Merzouk ELLE SE RÉUNIRA CE 9 JUILLET CHEZ BENFLIS L’opposition veut renforcer ses rangs La création d’une instance indépendante d’organisation et de gestion des élections est l’une des revendications phares de l’opposition. Lire en page 4 l’article de Karim Aimeur L’Actualité LUNDI 29 JUIN 2015 LES AUDIENCES TÉLÉS DE LA PREMIÈRE SEMAINE DE RAMADHAN Sultan Achour place Echourouk TV en première place LES PREMIERS CHIFFRES des audiences des télévisions algériennes durant ce mois sacré de Ramadhan sont enfin tombés et la mainmise de la chaîne Echourouk TV sur le paysage audiovisuel algérien s’est confirmée dès les premiers chiffres. I SALIM AGGAR insi les études de sondages réalisées par les deux instituts connus en Algérie Immar Maghreb et MMR (Media Mraket Research) ont donné dans leur globalité la première place aux programmes d’Echourouk TV, la chaîne d’Ali Fodil. Cette place a été acquise surtout grâce à l’audience réalisée par le sitcom de Djaâfar Gassem Sultan Achour 10 qui a bénéficié d’une campagne de publicité grandiose et d’un affichage dans l’ensemble des grandes wilayas du pays. La série qui aurait coûté environ 18 milliards avec un sponsor majeur et trois annonceurs en plus, a tout fait pour rentabiliser cette production. Selon les chiffres révélés par l’institut Immar Maghreb dirigé par Brahim Sail et une étude d’audience qui a touché 2 100 interviewés à travers le pays sur une durée d’une semaine (du 22 au 28 juin) la télévision privée Echourouk TV arrive en tête des télévisions les plus regardées des téléspectateurs algériens suivie d’Ennahar TV et de la télévision publique A3. Selon une mesure d’audience du 20 au 21 juin dernier, Echourouk TV réalise un taux de pénétration de 26% suivie d’A3 avec 18% puis d’Ennahar, avec 16%. Les chaînes du groupe MBC, MBC1 et MBC Drama réalisent de bons chiffres dans les foyers algériens avec respectivement 14% et 8%. Canal Algérie reste la deuxième télévision du groupe public, la plus A Un feuilleton diversement apprécié par les téléspectateurs regardée des Algériens avec un taux de pénétration de 7% et une bonne 6e place notamment grâce au feuilleton de Amar Tribèche Chita El Bared ou encore Bodo un sitcom comique diffusé en prime time. Nessma TV continue de grappiller des parts de marchés dans le paysage audiovisuel algérien avec 6% de taux d’audience et une bonne 7e place. Samia TV, la télévision gastronomique, a réussi son pari de rester dans le Top 10 des télévisions les plus regardées des Algériens avec 5% de taux de pénétration, alors que KBC, la télévision du groupe El Khabar n’a pas encore décollé et ferme la marge avec 4%, et cela malgré un bon programme Jornane Gosto, qui demeure dans le Top 10 des programmes les plus regardés. Quant à El Djazairia TV et Dzair TV, elles arrivent à la 11e et 12e places avec seulement 2% de taux de pénétration. Si El Djazairia TV n’avait pas de programmes envieux, Dzair TV a concocté un programme alléchant, avec deux sit- 2 coms Dar bob 2 et Scènes de ménages produits par Sofiane Dani. Visiblement, les Algériens ont fixé leur choix sur trois télévisions : Echourouk TV, Ennahar TV et A3. Dans les catégories des meilleurs programmes de ce mois sacré, l’institut Immar a donné certaines tendances qui peuvent se révéler juste. Ainsi, le 22 juin le programme le plus regardé des Algériens était la caméra cachée Otages de Sofiane Dani, qui a réalisé un taux d’audience de 6,55%. Le feuilleton dra- matique de l’Entv El hob fi Kaffess El itiham de Bachir Sellami arrive à la troisième place avec un taux d’audience de 5,68%. La caméra cachée d’Ennahar TV arrive à la 4e place avec un taux de 5,24%. Dans la soirée du 23 juin, c’est le sitcom Sultan Achour qui arrive en première position avec un taux de 11,90% de taux d’audience et le feuilleton dramatique de Bachir Sellami arrive en deuxième position. La caméra cachée Rana Hkamnek diffusée sur Ennahar TV arrive en troisième position avec 3,59%. Dans ce sondage qui est dominé également par les chaînes du groupe MBC, les télévisions algériennes ont toutes les peines du monde pour trouver un espace de vision. Ainsi, Jornane Gosto qui a démarré fort les deux premiers jours de Ramadhan arrive à la 7e place avec un taux d’audience de 2,86 %. Par ailleurs, les chiffres donnés par MMR sur un échantillon de 268 personnes ne sont pas trop loin des chiffres donnés par Immar. Echourouk TV reste toujours en tête avec un taux de pénétration de 26%, la télévision publique A3 garde la seconde place avec 18% et Ennahar TV arrive en troisième position avec 16%. Enfin, le grand enseignement de ces deux mesures d’audiences de cette première semaine de Ramadhan, c’est le retard pris par les deux télévisions les plus attendues : KBC et Dzair TV, qui ne sont pas arrivées à se placer dans le Top five des télévisions les plus regardées des Algériens. S. A. L’Actualité LUNDI 29 JUIN 2015 IL SOMME LES TÉLÉS PRIVÉES DE PROSCRIRE LA VIOLENCE DE LEURS PROGRAMMES HAMID GRINE MET DE L’ORDRE D’AUTRES MESURES ont été prises, mais qui n’ont pas été portées à la connaissance du grand public. I SAÏD BOUCETTA Q uelques jours après les déclarations du ministre des Affaires religieuses sur le phénomène des imams cathodiques, le ministère de la Communication monte au créneau et use de fermeté vis-à-vis des chaînes privées qui offrent des tribunes à ces personnages. Le département de Hamid Grine ne va pas par quatre chemins et responsabilise les dirigeants de ces chaînes. Une mise en garde qui porte le sceau de l’urgence. Le ministère réclame de «prendre, sans délai, des dispositions rigoureuses» pour débarrasser les grilles des programmes de toute tentation de violence et des comportements qui vont à l’encontre des valeurs de la société algérienne. Le ton est assez ferme pour croire à un passage à l’acte en cas de persistance dans l’erreur ou de la récidive. La sanction, prévient le ministère, est un retrait pur et simple de l’autorisation provisoire d’activité sur le sol national. Le ministère de la Communication justifie sa montée au créneau par la diffusion par certaines chaînes «des scènes contraires à nos traditions ancestrales et à nos valeurs religieuses qui bannissent la violence sous toutes ses formes et sacralisent la famille algérienne encline à la paix et à la sérénité». Le département de Hamid Grine note «une orientation contraire à ces valeurs dans certains programmes télévisés diffusés durant ce mois, notamment en prime time tendant d’une manière condamnable à focaliser sur des expressions de violence, en banalisant ses différentes manifestations», rapporte hier une dépêche de l’APS. En effet, la course à l’audimat que connaît le paysage audiovisuel depuis l’entame du mois sacré de Ramadhan a provoqué des dérives innommables dont se rendent coupables des chaînes de télévision privées. De la simulation d’une attaque terroriste la société algériennes. Il était sans doute nécessaire de prendre l’opinion publique à témoin sur les observations du ministère et des manquements de certaines chaînes de télévision, qui n’ont apparemment pas tenu compte des commentaires du président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav), Miloud Chorfi, ni des critiques ouvertes formulées par le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, contre les comportements nuisibles des imams autoproclamés. Hamid Grine qui n’est visiblement pas dans la communication-spectacle, pour n’avoir pas «crevé» les écrans à tout bout de champ, est un homme d’action qui met l’efficacité de la démarche ministérielle à la tête des priorités du secteur. On peut supposer donc que le propos est assez lourd de sens et que les résultats doivent être constatés «sans délais», et dans le cas contraire, le tout nouveau paysage audiovisuel national connaîtra quelques changements sous peu. L’enjeu, en ces temps troubles, est de taille. La maîtrise de la communication, est, dans une Une mise en garde qui porte le sceau de l’urgence avec prise d’otages, en passant par des scènes d’horreur qui feraient fuir n’importe quel adulte, les caméras cachées du cru 2015 ont dangereusement joué avec la santé des Algériens. D’abord, des victimes de ces programmes télévisés, ensuite des téléspectateurs algériens à qui ce genre de scènes rappellent un passé très douloureux. Et pour ne pas déroger à la règle de l’audimat, certaines chaînes ont à diffuser des prêches incendiaires qui appellent carrément au meurtre. Ce constat, assez terrible, lève le voile sur des pratiques condamnables dont se rendent coupables des chaînes de télévision privées, sous couvert de liberté d’expression notamment. Le ministère de la Communication vient mettre de l’ordre dans un secteur qui allait à la dérive, notamment sur l’aspect du discours religieux et de la promotion injustifiée de la violence. La vigilance du ministère qui a, d’ailleurs conduit à cette mise en garde, sera de mise, souligne-t-on. «Dans tous les cas, elle (la tutelle ) n’hésitera pas à prendre les mesures légales qui s’imposent et pouvant aller jusqu’au retrait de l’autorisation». Si cette sortie montre que le département de la Communication suit de très près le paysage audiovisuel national, il n’en reste pas moins que d’autres mesures ont été prises, mais qui n’ont pas été portées à la connaissance du grand public. La sortie du ministère, qui vient rappeler les patrons de chaînes à leur responsabilité, doit être prise pour ce qu’elle est, à savoir un recadrage de l’activité dans l’intérêt de la nation et de UNIVERSITÉ D’ÉTÉ Les partis se préparent à l’ombre DES GRANDS comme des petits, les partis ne dérogent pas à la règle. Ils sont tous à pied d’œuvre pour concocter leur programme d’activité des universités d’été prévues après le Ramadhan. I NADIA BENAKLI ’est devenu une tradition chez les partis. L’organisation de l’université d’été occupe actuellement leur centre d’intérêt. Les partis politiques sont nombreux à se préparer pour ce rendez-vous. Des grands comme des petits, les partis ne dérogent pas à la règle. Ils sont tous à pied d’œuvre pour concocter leur programme d’activité des universités d’été prévues après le Ramadhan. Le Parti des travailleurs a arrêté son agenda. «Nous allons tenir l’université d’été à Zéralda les 27, 28 et 29 août prochain», a déclaré le député Ramdan Taâzibt. Interrogé sur le thème de cette année, notre interlocuteur explique que le choix n’a pas été encore fait. Le parti de Louisa Hanoune préfère d’abord en finir avec ses activités organiques avant d’aller à l’université d’été. Idem pour le Rassemblement de la société pour la paix (MSP). Le parti de Abderrazak Makri a également tranché cette question : «Comme chaque année nous allons tenir l’université d’été au courant de la dernière semaine du mois d’août», a affirmé le député Naâmane Laouer. Contacté par nos soins, ce militant du MPS a fait savoir qu’une commission a été chargée de la préparation de l’université d’été. «Les travaux sont déjà à un stade avancé», a-t-il assuré en précisant qu’en raison de la tenue du conseil national du parti, il a été décidé de programmer l’université d’été pour la fin août. Le parti d’Ennahda a prévu également de tenir son université d’été vers la fin du mois de juillet. «Une commission a été chargée de préparer le programme et d’arrêter le nombre de participants», a affirmé une élue du C parti. Le parti Tajamoue Amal El-Djazair TAJ a également opté pour la même période. «L’université d’été de Tajamoue Amal El-Djazair TAJ aura lieu vers la fin août», a affirmé le porte-parole du parti, Nabil Yahyaoui. Lors de la dernière réunion du bureau politique, Amar Ghoul l’a consacré spécialement à la préparation de cette activité. Le parti du Front des forces socialistes ne va pas rater ce rendez-vous annuel. «Nous allons tenir l’université d’été durant la deuxième semaine de septembre», a affirmé Chaffaâ Bouaiche, député de Béjaïa en précisant qu’elle aura lieu probablement à Souk El Tnine. En prévision de cette rencontre, un groupe de travail a été chargé d’élaborer le programme d’activités et les thématiques qui seront débattues. Le parti majoritaire risque également de reporter son université d’été jusqu’à fin septembre. La direction de Saâdani doit d’abord en finir avec la mise en place de ses structures pour envisager après, l’université d’été. Alors que certains tiennent toujours à l’organisation de l’université d’été, d’autres partis optent pour différentes activités. Le parti du FNA envisage d’organiser plusieurs sessions de formations au profit des militants. «Faute de moyens, nous allons organiser des sessions de formations à travers différentes régions», a affirmé son président Moussa Touati. Le parti du Rassemblement national démocratique (RND) préfère également les rencontres régionales que l’université d’été. Une fois le programme élaboré, le secrétaire général Ahmed Ouyahia animera certainement des meetings à travers les quatre régions du pays. En tout cas entre les activités organiques et les universités d’été, les partis ont du pain sur la planche N. B. durant les deux prochains mois. 3 large mesure, la clé du succès de toute action humaine. Dans la marche de l’Algérie vers une véritable démocratie, le contrôle de la communication est une donne stratégique. Dans ce cadre, les réformes présidentielles initiées en 2012 et que le ministère rappelle, ne doivent pas servir des intérêts autres que ceux du peuple algérien et de son Etat. Si beaucoup de professionnels du secteur ont tenté l’expérience médiatique avant la mise en place de tout le dispositif législatif et légal, cela n’implique pas que n’importe qui peut faire n’importe quoi. Sur certains aspects, le ministère a noué un dialogue avec les patrons de chaînes, tant verbalement que par écrit sur «la nécessité de s’en tenir scrupuleusement aux exigences de l’exercice de l’activité audiovisuelle, dans l’esprit des dispositions de la législation et de la réglementation algériennes en vigueur en la matière, d’une part et, d’autre part, celles observées dans les sociétés démocratiques », conclut le département de S. B. la communication. E L’ DITORIAL Le retour de Swissair et des autres I ZOUHIR MEBARKI étroviseur. Swissair est de retour à l’aéroport d’Alger depuis samedi dernier. Vingt années ont passé et beaucoup de choses ont changé. D’abord, Swissair a changé de nom commercial. Elle a pris le nom tout simple de compagnie aérienne « Swiss ». Cela s’est passé après le rachat de Swissair par l’allemande Lufthansa. Ce sont des détails. L’important est dans la représentation de ce retour sur la mémoire collective en Algérie. Une représentation qui commence au moment du départ des compagnies aériennes d’Algérie en y ajoutant le pourquoi de ce départ. C’est en décembre 1994 qu’un événement allait donner le signal de la mise en quarantaine réglée de l’Algérie par le reste du monde. L’Occident, l’Orient, la communauté internationale, le Nord, le Sud, le monde judéochrétien, les pays arabes, tout le monde, absolument tout le monde tournait la tête, depuis ce fameux décembre 1994, sur les atrocités commises par le terrorisme dans notre pays. Tout le monde sauf la Tunisie, il faut le dire et le redire, qui a toujours gardé ses frontières ouvertes malgré tous les risques d’infiltrations de terroristes que cela comportait. A la Tunisie, à nos frères et sœurs tunisiens, nous ne répéterons jamais assez notre reconnaissance. Aujourd’hui plus qu’hier. Depuis l’attentat de Sousse encore plus. Que s’est-il passé en ce fameux mois de décembre 1994 pour avoir déclenché le départ de toutes les compagnies aériennes étrangères qui desservaient notre pays ? Il s’agit du fameux détournement, ou plutôt de la tentative, de l’Airbus d’Air France, sur le tarmac de l’aéroport HouariBoumediene d’Alger, par des terroristes du GIA. Une opération terroriste qui n’a, à ce jour, pas livré tous ses secrets. Ce n’est pas notre sujet aujourd’hui. Nous disions donc qu’après cette attaque terroriste, plus exactement deux jours après, soit le 26 décembre 1994, les autorités françaises ont décidé de suspendre les vols vers l’Algérie. Ce n’était pas une décision de la compagnie mais des autorités françaises. Il est utile d’être précis à ce sujet. Sur un rapport du Sénat français on apprend qu’en réalité Air France avait commencé son retrait des aéroports d’Algérie trois années plus tôt. De 1991 à la veille de l’affaire de l’Airbus, Air France avait supprimé toutes ses dessertes d’Oran, Constantine, Annaba et Tlemcen au motif, officiel, qu’elles n’étaient plus « rentables ». Lors de l’affaire de l’Airbus, il ne restait que deux liaisons (Paris-Alger et Marseille-Alger) à supprimer. Ce qui fut fait et suivi par l’ensemble des compagnies étrangères qui desservaient l’Algérie. A part la Tunisie, l’Algérie n’avait plus aucun pays ami. On s’entre-tuait à « guichets fermés ». Tout le monde regardait ailleurs. Un monde qui ne savait pas encore que c’était les débuts du terrorisme international et que nous en faisions les frais les premiers en Algérie. Il ne l’a découvert que dix années après, avec les attentats de New York en septembre 2001. La compagnie Swissair est revenue en Algérie, samedi soir, après 20 ans d’absence. Air France aussi est revenue en 2003 après neuf ans d’absence. D’ailleurs, elles sont aujourd’hui quatre compagnies françaises (Air France, Aigle Azur, transavia France et Air Méditerranée) à desservir l’Algérie. Toutes les autres compagnies étrangères sont aussi revenues depuis. Cette plongée dans les années noires que nous avons vécues, nous rappelle que durant tout ce temps, Air Algérie était notre seule fenêtre restée ouverte sur l’étranger. Notre compagnie fut même interdite d’atterrir à Paris. Les atterrissages avaient lieu à Bruxelles et les voyageurs algériens rejoignaient Paris par train. Ce ciel tant boudé hier fait l’objet aujourd’hui d’une si grande attention. On pense à cette fameuse ouverture du ciel algérien que beaucoup de voix réclament. Que nos amis tunisiens tiennent bon. Les voyagistes étrangers reviendront à la « poule aux œufs d’or ». Notre histoire en témoigne ! Z. M. R L’Actualité LUNDI 29 JUIN 2015 ELLE SE RÉUNIRA CE 9 JUILLET CHEZ BENFLIS L’opposition veut renforcer ses rangs LA CRÉATION d’une instance indépendante d’organisation et de gestion des élections est l’une des revendications phares de l’opposition. KARIM AIMEUR our établir un rapport de force nécessaire à même d’imposer au pouvoir de négocier une sortie de crise, l’Instance de suivi et de concertation de l’opposition politique (Isco) veut renforcer davantage ses rangs. Sa réunion prévue le 9 juillet prochain au siège de Talaiou El Houriat, le nouveau parti de l’ancien chef de gouvernement et candidat aux élections présidentielles de 2004 et 2014 Ali Benflis, sera consacrée à l’examen des mécanismes et de moyens à même d’élargir cette entité à d’autres personnalités et partis politiques. Cette instance rassemble actuellement, d’un côté, les partis membres de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (Cnltd), à savoir le RCD, le MSP, Ennahda, le FJD, Jil Jadid et l’ancien chef du gouvernement Ahmed Benbitour. Et de l’autre côté, les partis membres du Pôle des forces de changement coordonné par Ali Benflis et constitués des partis qui ont soutenu sa candidature pour la présidentielle du 17 avril 2014, ainsi que des personnalités publiques. D’autres formations politiques et personnalités peuvent ainsi rejoindre cette instance dès ce 9 juillet et renforcer, de ce fait, les rangs de l’opposition qui cherche à Ph : R. Boudina P Une des réunions de l’opposition mobiliser le peuple afin de pousser le pouvoir à accepter ses propositions. « Jusque-là nous avons au niveau de l’Instance discuté de l’éventualité de l’élargissement et de son intérêt. Le 9 juillet, les partenaires vont arrêter les mécanismes de cette adhésion et cibler les parties concernées », a expliqué Ammar Khababa, cadre du FJD dans une déclaration à un journal électro- nique. Selon ce dernier, certains participants à la conférence historique de Zéralda du 10 juin 2014 ont proposé de rejoindre l’instance de suivi et de concertation, se plaignant même de leur exclusion après cette conférence où toute l’opposition s’est réunie. Parmi les principales revendications de l’Isco figurent la création d’une instance indépendante d’organisation et de gestion des élec- tions pour en finir avec la fraude électorale et une élection présidentielle anticipée. Des actions sont prévues dès la rentrée sociale prochaine dans le but de mobiliser les citoyens autour de ses objectifs. Dans un communiqué sanctionnant la réunion de son secrétariat national, le RCD a estimé que le travail de sensibilisation entamé par la Cnltd doit se poursuivre, prenant acte de la volonté des partenaires à multiplier les actions de mobilisation et à privilégier la décantation sur la scène politique. Il a appelé les citoyens à soutenir les actions programmées à la rentrée sociale pour créer un rapport de force en faveur d’une transition démocratique, pacifique et ordonnée. « Il est de la plus grande importance, pour le RCD, d’engager directement les citoyens dans une initiative qui les concerne en premier chef. Il exhorte les Algériens et les Algériennes, convaincus que l’issue pacifique et démocratique est la seule alternative à la crise que vit le pays, à soutenir les actions programmées à la rentrée sociale pour consolider ce cadre consensuel et créer un rapport de force en faveur d’une transition démocratique pacifique et ordonnée », souligne le RCD dans son communiqué. A ce regroupement de l’opposition manquera le FFS, accusé de connivence avec le pouvoir, qui refuse de rejoindre l’instance, même si son initiative de reconstruction du consensus national a abouti à une véritable impasse. Avec le regroupement de l’opposition, l’on se dirige vers une bipolarisation de la vie politique nationale. Les partis au pouvoir veulent, eux aussi, relancer l’alliance présidentielle, même si les propositions du FLN et du RND divergent sur des détails sans importance. K. A. APRÈS L’ÉCHEC DE SA CONFÉRENCE DU CONSENSUS NATIONAL Le FFS perd-il ses repères ? LE FFS N’A PAS réussi à convaincre ses partenaires de la tenue d’une conférence du consensus national et rejette toute possibilité de se joindre à l’Isco. AMAR INGRACHEN lors que l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition, qui regroupe jusque-là plusieurs partis et personna lités nationales, entend élargir ses rangs, notamment à l’occasion de la réunion qu’elle tiendra le 9 juin au siège du nouveau parti d’Ali Benflis, certains partis, qui se réclament ouvertement de l’opposition, continuent à agir en solo. C’est le cas, notamment du Front des forces socialistes. En effet, suite à une information publiée par le journal arabophone Echourouk, faisant état de l’adhésion prochaine du FFS à l’Isco, Mohamed Nebbou, secrétaire général du parti, interrogé par TSA, a rigoureusement démenti l’information. « Le FFS ne prendra pas part à cette instance. Se réunir pour le simple fait de se rencontrer n’est pas le style de travail du FFS. Le plus important, ce n’est pas de tenir des réunions, mais de trouver des solutions et un consensus », a-t-il affirmé en effet, balayant d’un revers de la main la sagesse ancienne qui professe que «c’est de la discussion que jaillit la lumière». De plus, M. Nebbou a réitéré son attachement à l’organisation de la conférence du consensus national en affirmant que son parti « travaille toujours sur ce projet » A Pourtant, cette position tranchée du secrétaire général de la formation de Hocine Aït Ahmed ne semble pas être partagée par l’ensemble des cadres du parti. Après le coup de gueule de Kaci Djebar, membre du conseil national du FFS et enseignant universitaire, lors de la dernière réunion de cette instance et au cours de laquelle il a remis en cause toute la démarche du parti qu’il accuse d’avoir échoué et de s’obstiner à recycler son échec en s’attachant à l’idée du dialogue avec les partis au pouvoir, vient un député de Béjaïa, Arezki Derguini, enseignant d’économie à l’université de Sétif, qui est considéré comme étant l’une des éminences grises du parti. Celui-ci a, en effet, dans une très longue contribution publiée par le Quotidien d’Oran, parlé de la conférence du consensus national à laquelle se cramponnent les dirigeants du FFS malgré les hostilités des uns et des autres, au passé et a nettement avoué l’échec de son parti. « La conférence nationale du consensus n’a pas pu donc avoir lieu. Des participants attendus et ayant donné leur accord ont fini par se rétracter. Si nous avions présupposé une bonne volonté chez ces partenaires politiques, force est de constater qu’elle s’est dérobée. Pour ne pas prendre nos désirs pour des réalités, nous devrions répondre aux questions suivantes : les parties prenantes actuelles au pouvoir (PPaP), en ce moment à la recherche d’un consensus interne pour la succession de Bouteflika, ont-elles quelque intérêt à s’associer à de nouvelles parties ? Que leur apporteraient ces nouvelles parties ? Dans quelle direction leurs intérêts pourraient-ils évoluer ? » Et tout en affichant son adhésion morale au projet de « reconstruction du consensus national », Arezki Derguini considère que « les conditions pour tenir une telle conférence ne sont pas réunies », avant d’ajouter que « dans la situation politique actuelle, l’appel à une conférence nationale n’a servi qu’à porter sur la place publique l’offre politique du parti, à marquer sa position dans le champ politique et à prendre à témoin l’opinion publique nationale et internationale ». Bien que seule compte la voix officielle du parti, à savoir celle du premier secrétaire national et des cinq membres du présidium, la situation dans laquelle se trouve le FFS est délicate. Décidément, la conférence du consensus national, que Rachid Halet, membre de la présidence collégiale du parti , n’arrête de présenter à la fois comme « un pari » et comme « un défi » sombre de plus en plus dans l’illisibilité et met visiblement le FFS dans l’embarras, car le pari a été saboté par les partis au pouvoir qui ont tourné casaque au dernier tournant et le défi a été freiné par la détermination de la Cnltd et de l’Isco à continuer sur sa lancée. « Djezzy honore les majors de promotion de l’université de Bechar» Après les universités d’Alger (1) et de Tamanrasset, Djezzy a participé le jeudi 25 juin à une grandiose cérémonie en l’honneur des majors de promotion de l’université de Bechar. Lors de cette manifestation rehaussée par la présence du wali de la wilaya de Bechar ainsi que de plusieurs hauts responsables de l’administration locale, des cadeaux sous forme de 15 tablettes, offerts par Djezzy, ont été distribués aux lauréats qui ont décroché leurs années avec brio. Dans son discours, le recteur de l’université de Bechar a exprimé sa reconnaissance à Djezzy pour avoir été le sponsor majeur de la cérémonie de sortie de promotion ainsi que pour toute la considération et le soutien apportés à cet évènement.[RTF bookmark start: _GoBack][RTF bookmark end: _GoBack] Par ce geste, Djezzy, qui demeure fidèle à sa politique d’entreprise citoyenne, continue de soutenir l’effort et le savoir à travers ses multiples actions en faveur de l’université algérienne. 4 « Le FFS est un peu le dindon de la farce sur la scène politique nationale. A travers sa démarche de reconstruction du consensus national, il a réussi une seule chose : mettre toutes les parties contre lui, perdre ses partenaires politiques les plus proches et susciter le mépris de la société qui n’arrive plus à comprendre sa ligne. Et la direction du parti, les fédérations, notamment celles du centre, sont conscientes de cette situation de flou et d’embarras que vit le parti mais n’oseront pas avouer leur échec », nous confie un membre du conseil national du parti de la wilaya de Béjaïa qui a requis l’anonymat. Le FFS vat-il finir par rejoindre les rangs de l’opposition réunie au sein de l’Isco ? « Très peu probable, car, le FFS se définit fondamentalement comme étant le seul parti d’opposition et considère qu’il doit être une locomotive ou boycotter. Or, pour prétendre à ce rôle, il faut un engagement clair, sans artifices, ce qui est loin d’être dans la littérature du FFS qui préfère toujours habiller son discours d’une dose extrême de relativité », nous a affirmé également la même source. Où va donc le FFS ? Va-t-il sceller sa mort politique dans cette aventure solitaire ? Difficile à affirmer. Mais, comme l’a souligné notre interlocuteur, nombre de cadres et militants du parti redoutent les retombées fâcheuses de cette démarche unilatérale du A. I. FFS. De Quoi j’me Mêle LUNDI 29 JUIN 2015 Une caravane algérienne en Tunisie UN GROUPE DE JEUNES militants algériens ont l’intention d’organiser une caravane qui sillonnera plusieurs villes tunisiennes après le Ramadhan. Les organisateurs de cette initiative veulent donner du sens à leur action en demandant à tous les «caravaniers» de payer leur séjour dans le pays voisin, frappé vendredi dernier par un affreux attentat terroriste. La caravane qui ouvrira très bientôt une page Facebook, se veut une réponse concrète aux terroristes de Daesh et d’ailleurs, insiste l’un des initiateurs qui espère que la caravane prendra dans ses bagages des artistes algériens, avec l’idée d’organiser un festival culturel algéro-tunisien itinérant. Le slogan pourrait être « plus on est nombreux, plus on est fort ». Petit chemin, grand danger LE PETIT CHEMIN qui longe la piscine communale de Kouba est particulièrement dangereux pour les automobilistes imprudents. Les jeunes conducteurs qui ont tendance à dévaler à vive allure ce petit tronçon de route parce qu’il est très peu fréquenté, en savent quelque chose sur sa dangerosité. Et pour cause, en l’espace d’une petite semaine, deux automobilistes ont perdu le contrôle de leur véhicule et ont failli y laisser la vie. Les riverains parlent d’accidents spectaculaires. A ce jour, on ne déplore heureusement pas de décès. Mais cela n’enlève en rien à la situation dangereuse qui prévaut dans ce chemin. Un ou deux petits ralentisseurs devraient suffire pour éviter un drame. A bon entendeur… Un selfie macabre YASSIN SALHI, en garde à vue depuis vendredi dernier, a envoyé une photo avec la tête de sa victime via l’application de messagerie instantanée WhatsApp vers un numéro nord-américain. Selon des sources proches de l’enquête, Yassin Salhi, soupçonné d’avoir tué un chef d’entreprise avant de commettre un attentat en Isère le jour pré-cité, a envoyé un selfie avec la tête de sa victime. Sur le même sujet, la localisation du contact de Yassin Salhi n’est toutefois pas établie, ce numéro peut être un simple relais avant un rebond vers une autre destination, ont mis en garde les mêmes sources. Les enquêteurs vont s’employer à retracer le trajet de ce cliché pour identifier son destinataire, en France ou à l’étranger. LE MAROC PERD SES TOURISTES A vrai dire... d I ABDELHAKIM MEZIANI l est pour le moins curieux que des concepts judéo-chrétiens soient encore utilisés pour analyser la situation dangereuse vécue, depuis plus d’une décennie déjà, par le monde musulman. S’il est vrai que la monstruosité incarnée par l’intégrisme religieux soit de nature à susciter toutes les réactions imaginables en pareil cas et/ou toutes les condamnations sans équivoque de la barbarie, il reste certain que le sempiternel retour aux clichés tels que suggérés de l’autre côté de l’Hexagone se présente comme une sorte de fuite en avant. Une fuite en avant qui, si elle donne bonne conscience à des cercles timorés, n’en reste pas moins dangereuse, quand elle n’est pas lourde de sens. Particulièrement lorsque les discours de salons interviennent comme une sorte de prolongement de celui emphatique développé par les pouvoirs dominants. Des systèmes en mal d’imagination, convient-il de souligner ici. En privilégiant le tout-sécuritaire, dégageant la nette impression de s’accommoder d’une sorte de surplace, ces systèmes semblent perdre de vue que le combat acharné mené contre les forces obscurantistes se doit d’être étendu, aussi et sur- I LES TOURISTES FRANÇAIS sont de plus en plus méfiants pour tenter la destination Maroc. Voilà comment on peut résumer l’avis émis par le Snav. Le Syndicat national des agences de voyages a déclaré que la destination Maroc a enregistré une baisse de fréquentations de 46% sur la période janvier-mai par rapport au même intervalle en 2014 selon son baromètre publié ce vendredi. Il en découle que le Maroc ne fait plus partie des cinq destinations préférées des Français. Et les nouvelles ne sont pas rassurantes pour la suite. Selon les chiffres publiés par le Syndicat des tour-opérateurs français hier, les réservations des touristes français pour le royaume pour cet été ont baissé de 32,7%. Le haïk dans tous ses états à Médéa EL-HAÏK, voile traditionnel qui s’imposa durant plus de deux siècles comme l’habit de référence pour la femme algérienne avant de céder le terrain, à partir des années 1980, devant de nouvelles tendances calquées sur d’autres cultures, est à l’honneur au musée régional des arts et des traditions populaires de Médéa jusqu’à la mi-juillet prochain. L’exposition, accessible au public de jour comme de nuit, retrace l’histoire et l’évolution du haïk, depuis ses premières apparitions jusqu’à nos jours, les types de voiles répandus en Algérie ainsi que les tentatives engagées, depuis quelques années, par l’association Belaredj pour faire «revivre» cette ancienne tradition vestimentaire. Des coins du musée sont consacrés, en outre, aux accessoires et bijoux qui étaient associés au port du haïk. Un autre espace est réservé aux voilettes ElAjar, élément très important dans l’apparat de la femme algérienne de l’époque. Peut-on remettre en question Le Livre qu’on n’a pas su lire ? Aux antipodes d’une vision réductrice de la réalité, les forces obscurantistes ont toujours su irriguer leur propagande par les données objectives et subjectives de l’Islam sociologique contemporain. L’occupation des mosquées par les salafistes et la récente montée au créneau des ministres en charge de la Communication et des Affaires religieuses, en Algérie, en sont les parfaites illustrations. choquent et coexistent médiévalisme et postmodernité, mondialisation et tribalisme, avancées technologiques fulgurantes et rémanence des haines et superstitions ancestrales.» Mais la réalité devient, chaque jour davantage, hideuse et injuste. A fortiori lorsque toutes les belles idées imbibées de docte rhétorique donnent l’impression d’avoir pris du plomb dans l’aile. Des idées manichéennes dictées le plus souvent par le mimétisme et le souci cardinal de plaire au bloc occidental, à la faveur d’une sorte d’autocritique hypocrite, une autoflagellation qui va jusqu’à soutenir que c’est l’Islam qui serait à l’origine de la création de ce monstre appelé plus communément le Daesh. Je n’en suis pas si sûr a fortiori lorsque la superproduction mettant en scène cet horrible appendice me donne l’impression d’un vulgaire remake où la collision de l’aspiration des peuples à la liberté et à l’émancipation avec la realpolitik conduit, de l’avis même de Karim Emile Bitar, à leur sacrifice sur l’autel des intérêts stratégiques de puissances étrangères. Ce qui se passe, à l’heure qu’il est, dans le monde musulman relève plus d’une nouvelle croisade que d’une volonté du gendarme du monde tout, au front idéologique, donc éminemment cultuel. A plus forte raison lorsque les partis politiques rechignent à s’investir en milieux populaires, préférant le plus souvent l’option militaire et la mauvaise foi, laissant le champ libre à l’intégrisme religieux qui mettra l’accent sur un travail en profondeur où l’argumentaire prêté à l’Islam occupe une place de choix. Ajoutée aux racines du mal politique et social que les pouvoirs en place se refusent d’éradiquer à l’effet de sortir l’écrasante majorité des citoyens de la précarité, cette manière de procéder a considérablement fragilisé les fondements mêmes de l’idéal républicain. Aux antipodes d’une vision réductrice de la réalité, les forces obscurantistes ont toujours su irriguer leur propagande par les données objectives et subjectives de l’Islam sociologique contemporain. L’occupation des mosquées par les salafistes et la récente montée au créneau des ministres en charge de la Communication et des Affaires religieuses en Algérie en sont les parfaites illustrations. Avec le philosophe Karim Emile Bitar, j’irai même jusqu’à renchérir que c’est une bien curieuse époque que celle où nous vivons : « Une époque où s’entre- 5 de libérer les peuples « mahométans » des ténèbres de l’intolérance. Les jaillissements de Ben Laden et de son prolongement le Daesh sont loin d’être fortuits. De nombreux pans de la mémoire collective et de la civilisation arabo-musulmane ont connu les affres de la destruction systématique. La programmation de l’attentat du 11 septembre et la guerre imposée à l’Afghanistan et à l’Irak ont été décidées à un moment où les Etats-Unis vivaient une récession économique sans précédent. Il en est de même de cette recrudescence de l’islamophobie dans une Europe frappée de plein fouet par la crise économique et les politiques d’austérité. Saisies par la hantise du déclassement, soutient la même source, « les classes moyennes et populaires européennes estiment être les laissés-pour-compte d’une mondialisation qui a profité aux élites occidentales ». Que dire alors des pseudos « printemps arabes » conduits par Bernard-Henri Lévy, un sioniste notoire, qui ont ruiné la Syrie et la Libye, mis à mal la Tunisie et sauvé les intérêts américano-sionistes en Egypte ? A. M. [email protected] Dossier LUNDI 29 JUIN 2015 CES RESTAURANTS PULLULENT AUX QUATRE COINS DU PAYS LA CHORBA DE LA RAHMA La tradition est ancestrale. Elle est perpétuée aux quatre coins du pays. Les Algériens n’ont pas redécouvert les « resto du cœur », mais juste adopté une méthode développée ailleurs pour pratiquer ce qu’ils ont toujours fait durant le mois sacré de Ramadhan. On les appelle les Chorba du cœur ou les restaurants de la Rahma, la pratique d’inviter des étran gers à partager sa table à la rupture du jeûne est une tradition très enracinée chez l’ensemble des couches sociales. Cette tra dition ne s’est pas effilochée avec les exigences de la vie moderne, notamment dans la capitale. Et pour cause, les mûr, dont la mission est de ravitailler le restaurant. Et ceux qu’on ne voit pas for cément, les donateurs se recrutent dans les classes aisées de la société. Tout ce beau monde est nécessaire, il forme la chaîne de solidarité avec au bout un repas chaud pour les plus démunis d’entre nous. Pas que les démunis, en réalité, puisque ces resto sont aussi fréquentés par des tra vailleurs loin de chez eux. Bref, Alger, comme l’ensemble des villes du pays, respire la solidarité et c’est tant mieux. Cela dit, les Algériens ne découvrent pas la solidarité avec l’apparition des restaurants de la Rahma mais la pratiquent Algérois qui ont tous des origines paysannes ont conservé le sens de la solidarité. Aussi, un tour dans les différents établissements qui offrent l’iftar gratuitement, nous a permis de constater que les Algérois de tout âge et de toute condition sociale se sentent concernés. Un tour dans un restaurant, celui d’El Achour, d’El Biar, de Ben Aknoun ou de Bab El Oued, on trouve les jeunes bénévoles qui sacrifient avec plaisir un repas en famille pour apporter leur contribution en tant que serveur ou aide-cuisinier. Il y a des femmes au foyer qui font office de cuisinières et des hommes d’âge avec, disons-le, plus de visibilité. Une visibilité du reste contenue dans les limites de la discrétion. Les âmes charitables qui donnent de leur personne pour permettre à des Algériens dans le besoin de rompre le jeûne dans la dignité sont plus nomb reux que ceux qui font commerce de la misère des gens. Dans le dossier que nous vous invitons à lire, nos reporters ont été au plus près des restaurants. Ils ont discuté avec les premiers concernés, mais ont également vu du côté de l’administration locale, histoire de savoir comment s’organise la solidarité «officielle». TIZI OUZOU TOUT LE MONDE Y VIENT ILS SONT 32 à offrir le f’tour aux sans-abri, aux mendiants et autres catégories de personnes démunies. Il y a même des gens de passage. I KAMEL BOUDJADI l ne reste que quelques minu tes à l’imam pour appeler à la rupture du jeûne. Les rues et avenues de la ville de Tizi Ouzou sont vides. Seules quelques ombres marchaient encore à pas légers, pressées d’arriver chez-elles le plus tôt possible. La vie retient son souffle. Toutefois, ce silence citadin inhabituel cache des petits recoins pleins de bruit et d’animation. Alors que le calme règne sur la cité, des foules de gens s’attroupent devant les restaurants de la Rahma ouverts en ce mois de Ramadhan. Ils sont 32 à offrir le f’tour aux sans-abri, aux mendiants et autres catégories de personnes démunies. Il y a même des gens de passage. Avant que la voix de l’imam n’appelle à la rupture du jeûne, c’est déjà la bousculade. « Nous, les Algériens, on se bousculera même à l’entrée de la tombe si chacun n’avait pas la sienne réservée », ironise, une personne qui restait calme donnant l’air de ne pas avoir faim. Le restaurant Rahma en question est très fréquenté car il est situé au centre-ville. C’est l’œuvre du CroissantRouge algérien et de quelques donateurs. Déjà les tables sont tou- Ph : R. Boudina I À vos assiettes ! tes occupées ; beaucoup se tiennent toujours debout. « Ce n’est pas un problème… tant qu’on a faim. Les réclamations, c’est après ; une fois rassasiés », nous dit un autre jeune qui ne présente aucune apparence de pauvreté d’un sans-abri. En fait, on se trompe en croyant que les restaurants Rahma sont uniquement fréquentés par les démunis. Sur les 32 ouverts à Tizi Ouzou et les grands centres urbains de la wilaya, beaucoup se remplissent de gens de passage, de jeunes issus de familles nombreuses et autres catégories qu’on ne suspecterait pas même sur leur état précaire : « Pourquoi vous me demandez cela ? Je mange ici parce que c’est gratis c’est tout. La vie est chère, alors une occasion comme ça, ça ne se rate pas. Je mange ici et je rentre chez moi », nous dit un homme âgé de la cinquantaine. Dans ces restaurants, l’on rencontre aussi des travailleurs qui ne rentrent chez-eux que les weekends : «Oui, je ne rentre pas à la maison tous les jours alors au lieu d’acheter et cuisiner, je préfère venir ici », avoue un jeune qui dit travailler dans le bâtiment. En fait, dans ces restaurants, c’est une vie qui se déroule l’espace de quelques instants. C’est le côté humain du dénuement. A voir l’accueil, la qualité du service prodigué dans ces restaurants, la diversité des catégories qui les fréquentent, on oublie vraiment, durant un instant, que la vie n’est pas toujours rose. Ces lieux rendent la misère moins affreuse. Lors de l’iftar, les gens louent Dieu et le prient de leur donner une vie meilleure. Dans ces moments que l’on croit, étant chez soi, misérables, sont pleins de bonnes choses. L’on s’y raconte des blagues, on y rie, on y discute, on se chamaille et surtout on partage le meilleur comme le pire. Et c’est ça finalement la Rahma dans sa dimension K. B. concrète et spirituelle. BÉJAÏA Des lieux ouverts à tous « DEPUIS le début du mois de Ramadhan, on distribue des centaines de repas. On est tous des bénévoles et on se donne à fond pour aider ces personnes nécessiteuses.» I AREZKI SLIMANI es restaurants Rahma ou ce qui est appelé aussi «maïdat» Ramadhan é t a i e n t d e s t i n é s i n i t i a l e m e n t aux démunis et aux SDF, soit la frange des citoyens, qui n’ont pas les moyens de s’offrir un repas convenable pendant le mois de Ramadhan. De nos jours, leur service s’est élargi pour toucher d’autres catégories de citoyens, comme les voyageurs ou les travailleurs, dont les familles en sont éloignées. Les restaurants Rahma sont devenus des restaurants « Iftar » autrement dit de la rupture du jeûne. C’est le constat que nous avons fait lors de notre virée dans ces lieux au niveau de la ville de Béjaïa. En plus des personnes démunies, des SDF, les restaurants Rahma accueillent également des ouvriers de chantiers, des voyageurs et des camionneurs que la rupture du jeûne surprend loin de chez eux… «Les restaurants Rahma de Béjaïa accueillent tous ceux qui viennent, sans bousculade et sans formalité aucune. Des repas bien préparés et consistants sont servis chaque jour», nous confie ce jeune d’Oued Souf, employé d’une entreprise L et qui rompent le jeûne, chaque soir, dans ce restaurant. Mais l’ambiance familiale manque toujours et quoiqu’on fasse on ne peut pas la remplacer. Le mois de Ramadhan est une opportunité pour savourer les délicieux plats en famille, mais pour certains cela n’est pas possible. Pour des raisons de voyage et travail ou de santé, on est privé d’un moment de partage avec la famille. Lors de notre virée, on s’est rendu compte que les manques sont différents d’un individu à l’autre. Si certains ne mangent pas toujours à leur faim, d’autres sont en manque de chaleur familiale. Comme chaque année, durant le mois sacré du Ramadhan, les restaurants Rahma ouvrent leurs portes un peu partout à travers le territoire national. La wilaya de Béjaïa ne se distingue point des autres wilayas en matière de bienfaisance. En effet, depuis le début du mois du jeûne, beaucoup de restaurants (répartis sur les quatre coins de la wilaya) accueillent les plus démunis de la population et leur assurent un repas convenable. Une initiative à mettre sur la compte des collectivités locales, la direction de l’action sociale, les associations caritatives, le Croissant-Rouge algérien et des âmes de bâtiments, rencontré au restaurant Rahma de la municipalité de Béjaïa. Souheib et son camarade sont des habitués du lieu. « Nous travaillons durement la journée et nous n’avons plus la force de préparer quoi que ce soit en rentrant dans la chambre que le patron nous a louée. On opte alors pour le repos jusqu’au moment de rompre le jeûne et nous venons directement ici», ajoute son ami. Cet habitué des lieux précise qu’à Béjaïa « les restaurants Rahma sont ouverts à tous ». Ce que confirmera juste avant l’appel du muezzin le responsable du restaurant communal, établi dans une école primaire au centre de la ville, jouxtant la gare ferroviaire et la gare routière. « Nous recevons même ceux qui ont les moyens et qui habitent en ville ou dans le quartier même. Dans ce restaurant, vous venez, vous vous attablez, vous mangez et vous sortez sans que personne ne vous pose la moindre question », indique-t-il. De la « Rahma », au sens propre du terme. Et c’est vraiment le cas de le dire. Un habitué du restaurant Rahma d’Ibn Rochd affirme qu’il a fait la connaissance de beaucoup de touristes venus, notamment du Sud qui ont loué des chambres d’hôtel en ville 6 charitables sans oublier ces centaines de bénévoles sur les lieux pour préparer les repas. Bien avant le moment de la rupture du jeûne, tout le monde a pris place dans la grande cour de l’école Ibn Rochd. L’appel à la rupture retentit. Des femmes, des hommes et même des enfants savourent la délicieuse chorba. « Depuis le début du mois de Ramadhan, on distribue des centaines de repas. On est tous des bénévoles et on se donne à fond pour aider ces personnes nécessiteuses, un tant soit peu mais également des voyageurs et autres travailleurs étrangers. Nous n’avons pas la prétention de remplacer la chaleur du foyer familial, mais nous tentons de bien faire les choses et d’ouvrir nos cœurs à nos frères et sœurs. C’est la première année que je participe à ce geste de charité et j’espère que ça ne sera pas la dernière. Il n’y a pas plus important, durant le mois du jeûne, pour un musulman, que d’aider son prochain », souligne ce jeune volontaire. Comme ce restaurant, des centaines d’autres sont éparpillés dans la capitale des Hammadites ainsi que dans les grands centres urbains de la wilaya de Béjaïa. A. S. Dossier LUNDI 29 JUIN 2015 RESTAURANTS DE LA RAHMA BOUIRA Une occasion pour les propagandistes SEULS 18 restaurants el iftar étaient opérationnels depuis le premier jour. I ABDENOUR MERZOUK haque année et coïncidant avec le mois de Ramadhan, des points de ravitaillement destinés aux usagers des routes, aux nécessiteux et autres sans-abri sont ouverts un peu partout à travers la wilaya de Bouira. Jusqu’à 2015, on désignait ces lieux par restaurants de la « Rahma » comme si la clémence se résumait à un repas chaud, ou au dîner d’un jour. Le modèle, emprunté à l’action de l’artiste Coluche qui, de son vivant, avait lancé « les restos du cœur », a vite fait l’objet d’une récupération et ces « restos d’El Iftar » sont devenus depuis un rendez-vous non négligeable sur les agendas électoraux des maires, des partis politiques et de leurs relais au sein du mouvement associatif. Il y a six ans notre quotidien rapportait ce qui s’apparentait à l’époque à une réelle arnaque. Le secrétariat local d’une organisation de masse féminine très proche des cercles du pouvoir avait ouvert un restaurant pour la circonstance. Les repas selon la responsable de l’époque étaient envoyés aux familles par souci de préservation de leur dignité. Voulant couvrir ce qui, dans ce temps, était une innovation, on découvrira un local fermé pour non-paiement du loyer. Les repas, payés avec l’argent du contribuable, n’étaient en fait que des denrées réparties entre les adhérentes et, tenez-vous bien, des responsables. Quotidiennement le beau monde passait prendre le kilo- C Les Bouiris à l’heure du mois sacré gramme de viande chez le boucher conventionné. Pareilles pratiques ont alors créé un climat de suspicion qui poussera même les nécessiteux à éviter de se rendre dans ces restos. Le filon d’or sera exploité des années durant par des opportunistes privés, avec la bénédiction de l’administration. Ces arrivistes ouvrent des restos et facturent à l’administration. Selon des chiffres on parlait de plus de 4000 kg de viande quotidiennement pour l’ensemble de la wilaya. L’actuel wali, dès son installation à Bouira, a exigé un contrôle strict, un suivi permanent et l’interdiction absolue d’aider ces faux bienfaiteurs. A la différence des exercices précédents, il n y’a pas eu engouement pour l’ouverture des restaurants en raison de la rigueur imposée par la DAS. En plus de l’obligation de réserver des lieux hygiènement corrects, une commission vérifie la qualité des denrées et des inspections inopinées sont menées à l’heure du f’tour. Ainsi, seuls 18 restaurants El Iftar étaient opérationnels depuis le premier jour. Sur ce nombre cinq sont l’œuvre de personnes privées. L’idée d’une association de la daïra de Bechloul en étroite collaboration avec la commune, mais aussi la sûreté de daïra de la localité, d’aménager un restaurant sur l’accotement de la RN5 reste un exemple de transparence et une bonne initiative. Des jeunes mobilisés à l’occasion et en présence de policiers arrêtent les passagers et les invitent à venir prendre le f’tour devant leurs véhicules. Par les temps qui courent, les usagers de la route craignent quelquefois de s’arrêter et préfèrent se limiter à quelques dattes pour continuer le voyage. Le restaurant ouvert par la commune de Bouira en étroite collaboration avec la sûreté de wilaya au niveau de la gare routière confirme cette idée d’appréhension répartie chez les automobilistes. Un barrage fixe est dressé aux entrées vers Bouira sur l’autoroute Est-Ouest et les passagers sont gentiment invités à rentrer dans la gare routière prendre un f’tour chaud et des boissons fraîches. Un ancien bar-restaurant très réputé pour ses frasques par le passé, a ouvert ses portes depuis ce début du mois de Ramadhan. Les lieux ne sont fréquentés que par les passagers qui ne savent rien du passé de ces lieux. Si comme nous l’avons dit plus haut, certains politiques tentent d’utiliser cette circonstance religieuse à des profits électoralistes, d’autres essayent de se refaire une virginité. Dans plusieurs localités de la wilaya, les associations caritatives saisissent le mois de Ramadhan pour revenir sur le devant de la scène. Même si un grand nombre agit par humanisme, d’autres tentent de reprendre du poil de la bête. Voilà une autre raison pour exercer un contrôle sur ces actions qui se multiplient à chaque occasion religieuse. En espérant que Dieu exhausse tous les vœux et qu’il récompense toutes les actions, bon Ramadhan à A. M. tous et à toutes. ORAN LA «HRIRA» À FLOTS LEDIT RESTAURANT comprend trois salles. La première regroupe les femmes et enfants alors que les deux autres sont réservées aux hommes. I WAHIB AIT OUAKLI aute de locaux, nous nous sommes contentés d’ouvrir cette année un seul lieu de restauration en le domiciliant dans la crèche municipale El Moustakbel de Miramar», dira à L’Expression le président du Croissant-Rouge algérien d’Oran, Maître Larbi Benmoussa. Ledit restaurant du cœur d’Oran est amplement spacieux pour contenir le flux des familles et personnes venant de tout bord pour bénéficier du repas chaud préparé quotidiennement par les huit cuisinières et 60 bénévoles mobilisés par le Croissant-Rouge d’Oran. Ledit restaurant, tel que constaté par L’Expression, comprend trois salles. La première regroupe les femmes et enfants alors que les deux autres sont réservés aux hommes composés de sans domicile fixe, des visiteurs d’Oran, des réfugiés africains, vieux, jeunes et moins jeunes. Le branle-bas de combat commence dès la matinée de chaque jour, des jeunes, tous des volontaires, approvisionnent la grande cuisine en «F cadence des préparatifs. La vapeur et l’odeur de la soupe en préparation envahissent le ciel du quartier de Miramar. Dehors, des petits groupes se forment grossissant la foule. A quelques minutes avant l’annonce de la rupture du jeûne, les trois salles sont archicombles. L’accès a été effectué sans fracas. Chacune des personnes, ayant pris place, se met devant son plat contenant des dattes, un gobelet de lait, la «hrira», le repas de résistance protéiné par un grand morceau de viande fraîche, une bouteille d’eau minérale, du jus, yaourt et sucreries locales, une portion de chamia. 20 h 15 a sonné alors que le silence plat régnait aussi bien dans la crèche municipale que dans ses alentours. Un jeune, tout souriant, fait le tour dans les trois salles invitant les présents à rompre le jeûne en leur disant d’un ton tout suave «le muezzin vient de lancer l’adhan du Maghreb». Les jeûneurs, eux, se mettent à cliqueter les cuillères, les bénévoles feront des tours dans les trois salles priant les jeûneurs de ne pas hésiter à faire part en signalant les fruits, légumes, viandes, pain, dattes, lait, jus, limonades et autres aliments. Se mettant à leur besogne, ils préparent les tables tout en nettoyant les lieux pendant que d’autres, hommes et femmes, se mettent à éplucher les légumes et à les mettre dans la marmite géante. Moins de deux heures avant que le muezzin n’annonce la rupture du jeûne, des familles, des jeunes, des réfugiés africains arrivent en petits groupes, rodant autour de la crèche. «Nous sommes aux dernières retouches», dira une cuisinière qui ne dissimula pas sa satisfaction entière en prenant part à la campagne de restauration des nécessiteux. Un jeune du coin, habillé en tablier blanc, est quelque peu agité en recherchant les gobelets enfouis sur les grandes étagères pendant qu’un autre bénévole se met à examiner les tables en comptant les paniers de pain. «Je dois me rassurer que le pain ne manquera pas pendant que les jeûneurs s’attablent», dira-til. «Notre devoir est de servir ces gens sans manquement à leur dignité», a-t-il expliqué. Le temps passe, les bénévoles accélèrent la manques. Au bout de 45 minutes, plus de 300 repas sont servis. Le personnel affecté à cette mission ne cache pas sa satisfaction en ayant accompli avec brio sa tâche. Idem pour les bénéficiaires, notamment les femmes, qui ont tissé des liens d’amitié aussi bien avec les cuisinières qu’avec les serveurs. Le président du bureau de wilaya du Croissant-Rouge, Larbi Benmoussa, lui, rend hommage aux bienfaiteurs tout en les remerciant d’avoir soutenu l’opération en fournissant du pain, du jus et autres aliments. «Au début, nous avons commencé par servir 150 repas», dira-t-il ajoutant que «nous sommes arrivés à assurer 300 repas consommés sur place et distribué près de 100 autres plats à emporter aux réfugiés et aux personnes sans domicile fixe». La «hrira» ne manquera jamais à Oran. «Que cela dure malgré le manque de moyens financiers», dira Larbi Benmoussa tout en appelant les citoyens et les opérateurs économiques à s’impliquer davantage dans l’opéraW. A. O. tion solidarité. Vivez la ferveur du mois sacré avec l’application gratuite de Ooredoo « Ramadanyate » our ce mois sacré du Ramadhan, Ooredoo revient avec son application gratuite « Ramadanyate » pour Smartphones qui permet à ses clients de bénéficier quotidiennement et gratuitement de contenus spécialement conçus pour le Ramadhan. Avec une simple connexion Internet, le client peut télécharger, visualiser et écouter le contenu de l’application « Ramadanyate » de Ooredoo, disponible gratuitement sur les plateformes de téléchargements : OStore et Play Store pour les téléphones sous Android et App Store P pour Iphone. En plus des fonctionnalités habituelles, telles que la direction de la Qibla, l’appel à la prière (El Adhan), les horaires de prières pour chacune des wilayas du pays, la consultation des Douâa pour le Ramadhan …etc ; l’application « Ramadanyate » disponible en versions arabe et française, offre un contenu islamique, spécialement dédié au mois sacré, tel que la lecture du Coran (60 Hizb) et l’écoute des versets coraniques en MP3. « Ramadanyate » donne également accès à une panoplie d’informations pra- tiques telles que le programme TV de la semaine des chaines algériennes et internationales, des informations culturelles et historiques, des conseils diététiques, des recettes de cuisine et d’autres informations pratiques. Avec son application « Ramadanyate », Ooredoo partage avec ses clients la ferveur du mois sacré du Ramadhan. 7 Dossier LUNDI 29 JUIN 2015 LES ACCIDENTS AUGMENTENT DURANT LE RAMADHAN RESTAURANTS DE LA RAHMA ANNABA Un autre élan de solidarité CHAQUE ANNÉE, les particuliers n’hésitent pas à s’impliquer dans l’élan de solidarité ramadhanesque. I WAHIDA BAHRI ne pratique qui n’est pas étrangère aux Annabis, qui, habitués à venir en aide à leur prochain, ont fait des restaurants de la Rahma, une tradition ramadhanesque. Cet élan de solidarité est motivé par l’application de la parole du prophète Mohamed (Qsssl) : «Celui qui donne à manger aux jeûneurs bénéficiera de la même récompense que Dieu réserve aux jeûneurs…» Conformément à ce hadith, les Annabis ont adopté une action de solidarité et l’ont développée pour devenir au fil des ans, une tradition incontournable du mois sacré. Des années durant, le mois de Ramadhan s’est imprégné d’un élan de solidarité, impliquant tous les concernés par l’aide sociale : la direction des affaires sociales (DAS), associations caritatives, le Croissant-Rouge et la direction des affaires religieuses, mais surtout les opérateurs économiques et autres âmes charitables. Bien plus distingué, cette année, le mois sacré de Ramadhan a vu le nombre des restaurants de la Rahma s’élever à 20 pour les nécessiteux et autres, comparativement à l’année écoulée où il avait été enregistré 18 espaces de solidarité. «20 restaurants de la Rahma sont opérationnels depuis le premier jour du mois de Ramadhan, à Annaba, Berrahal, El Bouni, Aïn El Berda et El Hadjar entre autres, permettant aux personnes sans domicile fixe (SDF) et nécessiteuses ainsi qu’aux passagers de bénéficier du f’tour.» C’est ce qu’a révélé un responsable de la direction du Croissant-Rouge de la wilaya de Annaba, précisant que ces restaurants de la Rahma répondent aux conditions d’hygiène et de propreté. Quelque 38 400 familles nécessiteuses reparties à travers les 12 communes de la wilaya, sont répertoriées par les services de la DAS, devant recevoir le couffin de Ramadhan comprenant un ensemble de produits alimentaires de première nécessité. Ces opérations de solidarité qui ne sont pas étrangè- U Une vue de Annaba res aux Annabis, sont aussi l’œuvre d’institutions (communes, wilaya, directions de l’action sociale et de la solidarité et des affaires religieuses et waqfs) ainsi que des opérateurs économiques et autres bienfaiteurs. Dans une virée effectuée au siège du Croissant-Rouge algérien (CRA), le constat est émouvant. Sans ressources et sans plan d’action, le CRA use des moyens dont il dispose, pour venir en aide à une large frange de nécessiteux et autres. Une situation qui, notons-le, est due au décès subit de son président, survenue deux jours avant le mois sacré. Un décès qui n’a pas découragé le personnel de cette organisation non gouvernementale. En effet, de par cette dernière qualité, le Croissant-Rouge algérien, ce parent pauvre des associations, est parvenu quand même à distribuer, depuis le premier jour du mois de Ramadhan 1 539 repas. Quant à la consommation à table, 494 repas sont servis chaque jour, par un personnel bénévole, qui n’a d’intérêt que celui de venir en aide aux personnes dans le besoin. Ces chiffres pourraient augmenter si ce n’est la pudeur qui bloque souvent des personnes ou des familles préférant cacher leur misère derrière les murs de leurs habitations. On voit défiler, chaque soir, une population démunie, en détresse, en rupture de société, venir chercher un repas, préparé par des cuisiniers et cuisinières, qui se sont dévoués à cette œuvre de charité, au détriment de leur vie de famille, notamment en ce mois sacré. Ce sont des hommes et des femmes qui viennent rompre le jeûne, dans les divers restaurants de la Rahma implantés à Annaba. La plupart de ces personnes sont au chômage ou n’ayant qu’un emploi précaire ne permettant pas de faire face aux dépenses de ce mois. Il y a des SDF hommes, femmes et enfants, des familles démunies répertoriées et non répertoriées par les services de la DAS. Mais il y a encore les migrants qui, eux aussi, se tournent vers cette tradition de solidarité qui ne tient pas compte des origines ni des religions. Cette année plus que les autres, on retrouve des Libyens, Maliens et des réfugiés syriens, qui en famille viennent rompre le jeûne alors qu’en temps normal, ils survivent souvent de la solidarité des Annabis, de la mendicité ou de quelques travaux qu’ils peuvent effectuer au noir. Seulement, il existe toujours quelques opportunistes qui viennent prendre des repas, à emporter, car là encore, la règle veut que l’on ne vérifie pas l’état des « demandeurs ». Les restaurants de la Rahma fonctionnent un peu à l’image de la société et de l’état du monde qui nous entoure. Et là, c’est juste un petit soulagement le temps d’un mois. Ce dernier conçu pour la pitié et la piété, deux principes religieux ignorés par les uns, mais mis en valeur par les autres. Ces derniers ne sont autres que des opérateurs économiques. Conscients de l’importance de la charité vis-à-vis de son prochain, contribuent, voire prennent en charge tout l’approvisionnement des opérations de solidarité, notamment pour le Croissant-Rouge algérien. Amor Benamor, Fertial et Arcelor (groupe Sider), sont entre autres partenaires, le maillon fort de l’élan de solidarité à Annaba. W. B. CONSTANTINE Le sens du partage DES REPAS décents sont garantis au quotidien et durant tout le mois aux SDF, aux voyageurs et aux familles nécessiteuses. I IKRAM GHIOUA omme chaque année et à l’instar des autres wilayas, Constantine s’est bien préparée pour accueillir le mois du Ramadhan. Une quinzaine de jours déjà, avant le début de ce mois sacré, des restaurateurs avaient émis le souhait d’ouvrir leurs espaces pour accueillir les jeûneurs. Dans ce contexte, des contrôleurs avaient été mobilisés pour vérifier si toutes les conditions exigées étaient réunies dans ces restaurants. Aujourd’hui, après avoir décroché leur agrément, des dizaines de personnes ont été reçues dans ces lieux pour un moment de partage. Une trentaine de restaurants ont été retenus pour cet exercice de bienfaisance. Des repas décents sont garantis au quotidien et durant tout le mois aux SDF, aux voyageurs et aux familles nécessiteuses. Ces restaurants assurent aussi des repas à emporter. De son côté, la DAS participe par la mobilisation des moyens de transport vers les restaurants de la Rahma situés pour certains à Kadour C Boumedous, la salle des fêtes Cordon bleu située à Zouaghi, la maison de jeune de Boumerzoug, à la cité Nedjma, Ziadia et bien d’autres. Concernant les activités de la commission de préparation du programme de solidarité qui a été installée au niveau de la wilaya, celle-ci a été chargée de collecter des fonds sur la base desquels elle arrêtera un programme pour établir la liste des bénéficiaires des couffins. L’on prévoit au moins 14 millions de dinars, en plus de la somme allouée par la wilaya, soit 35 millions de dinars. Ces sommes vont permettre de distribuer au moins 60 000 couffins contenant les produits de première nécessité et de large consommation. La distribution sera assurée par l’APC et le Croissant-Rouge, auxquels se joindront les Scouts musulmans. Par ailleurs il faut noter que plusieurs particuliers se sentant solidaires avec les familles qui expriment des besoins ont aussi ouvert leurs restaurants. Ces derniers sont aussi soumis aux règlements d’hygiène. Le service est assuré par des bénévoles qui offrent des repars chauds. Le nombre des personnes qui fréquentent les res- 8 taurants de la Rahma a augmenté cette année par rapport aux réfugiés syriens. C’est le Croissant-Rouge cependant qui assure comme chaque année les actions de la solidarité durant le mois du Ramadhan. Plus stratège, le CRA développe un programme plus précis pour jouer pleinement son rôle d’aide humanitaire et toucher le plus grand nombre de personnes socialement défavorisées. Il a toujours su réunir dans ses opérations ses invités autour de la joie et du partage. Le Croissant-Rouge est présent à travers les restaurants de la Rahma à El Khroub, NouvelleVille Ali Mendjeli, Ain Smara, Aïn Abid où il a installé plusieurs restaurants. Plus de 1 000 repas sont distribués chaque jour soit une moyenne de 200 repas par restaurant. Etant une vraie institution humanitaire, le CRA n’économise aucun effort pour donner un peu de bonheur aux moins chanceux. Tout est assuré, aussi bien le service que l’hygiène. Cette activité est devenue presque une tradition incontournable aussi bien pour le CRA que pour les citoyens. I. G. La société civile s’exclut de ce drame I ABDELKRIM AMARNI Et l’hécatombe continue ! C’est le moins que l’on puisse dire, après les chiffres effarants avancés hier matin par le représentant de la direction générale de la Sécurité nationale (Dgsn) lors d’une prise de parole au Forum d’El Moudjahid sur le thème : « Les accidents routiers durant le Ramadhan » En effet, les chiffres qu’il a fournis donnent le tournis. Ainsi, ce sont 335 morts qui ont été dénombrés dans 6 840 accidents survenus depuis janvier 2015, alors que 8 100 personnes ont été blessées. Toutefois, a-t-on précisé, ces chiffres demeurent légèrement en deçà de ceux relevés pendant la même période en 2014 soit moins 6% pour le nombre d’accidents, moins 10% pour celui des blessés et moins 2% concernant le nombre de décès. L’exemple le plus édifiant est celui des deux premiers jours du Ramadhan 2015 où l’on a enregistré le décès de pas moins de 28 personnes et 95 autres blessées dans 56 accidents survenus à travers tout le pays. Des représentants de la Gendarmerie nationale (GN), de la Protection civile (PC), des membres d’associations des victimes des accidents de la route ainsi qu’une nombreuse assistance composée de représentants de divers organismes, dont des publications spécialisées, et autres journalistes étaient présents à cette « Table ronde ». le Centre national de la prévention routière (Cnpr) était curieusement absent du lot ont fait remarquer à L’Expression certains participants qui se sont dits « outrés » par cette défection de la part justement d’un organisme d’Etat qui évolue dans le secteur. Ce qui est regrettable et dramatique en même temps, est que la société civile s’exclut totalement de ce drame. Elle doit s’impliquer davantage dans la prévention et l’application des lois. Les causes répertoriées sont presque toutes dues au facteur humain, si l’on évince le côté matériel qui joue quelque peu un rôle non négligeable dans cette tragédie qui ne dit pas son nom. On pense ici aux anomalies mécaniques dues pour la plupart à l’usage de pièces contrefaites, à l’état des routes, ou au défaut de signalisation, lumineuses ou par panneaux, sur les routes secondaires notamment. D’aucuns suggèrent une « mise à niveau des auto-écoles », d’autres parient sur l’éducation à partir de l’école en y introduisant l’apprentissage du Code de la route. A relever un panneau édité par l’Association nationale de soutien aux personnes handicapées « El-Baraka », que préside Flora Bouberghout, dressé dans la salle montrant un enfant disant à son père : « Je serai sage à l’école » et de s’interroger : « Et toi au volant ? » Les avis font florés à cette table ronde. Certains ont estimé que la voiture ayant causé des dégâts humains ou matériels soit « mise aussitôt en fourrière » sans autre forme de procès dans l’immédiat…Un conférencier a indiqué que l’an dernier, 94 530 permis de conduire ont été retirés à leurs propriétaires dont 50 % sont passés par la commission instituée à cet effet. Les intervenants n’ont pas manqué d’insister sur la sensibilisation de la population pour diminuer un tant soit peu les A. A. dégâts. L’Actualité LUNDI 29 JUIN 2015 MÉTÉO ALGÉRIE ANNONCE UNE VAGUE DE GRANDES CHALEURS IL Y A DANGER DE MORT NOTRE PAYS a connu une nette baisse de sa pluviosité et un hiver plutôt chaud. omme les années précédentes, la canicule coïncide avec le mois du Ramadhan. L’arrivée de cette vague de chaleur causée par les dépressions à l’ouest sur les Açores accentuera ce rythme de travail dans les bureaux et surtout dehors. En plus d’être un vrai danger pour les personnes, la canicule représente aussi un danger pour la faune, la flore, les installations industrielles, les activités commerciales et agricoles. Si dans plusieurs pays déjà touchés, les pouvoirs publics ont pris les devants avec des plans de lutte, chez nous on observe et on attend. Les services météo annoncent une nette montée du mercure pour cette semaine. Une vague de chaleur s’abat sur l’ensemble du Maghreb et du sud de l’Europe. La vague touchera les territoires du Vieux Continent à partir d’aujourd’hui selon les bulletins météo. Ce changement de température était prévisible surtout que notre pays a connu une nette baisse de sa pluviosité et un hiver plutôt chaud. La vague de chaleur qui, selon toujours les prévisions des services spécialisés, durera au moins une semaine, peut engendrer une canicule. Tout le monde a encore en mémoire la catastrophe qui vient de frapper le sud du Pakistan où des milliers de personnes sont mortes des suites d’une canicule. Ce bilan catastrophique marque encore plus l’urgence des mesures d’atténuation et d’adaptation au réchauffement climatique dont les effets sont de plus en plus tangibles, notamment la cadence et la réduction des dates entre les divers sinistres. Il ne faut pas oublier qu’en juillet 2006 une petite canicule, à l’origine de 112 morts en France, est survenue seulement 3 ans après celle de 2003. La pollution de l’air et l’humidité aggravent les effets liés à la chaleur. Ces risques peuvent survenir dès le premier jour des hautes chaleurs. Des gestes simples permettent d’éviter les accidents. Il faut se préparer avant les premiers signes de souffrance corporelle, même si ces signes paraissent insignifiants. Le Bassin méditerranéen a connu un épisode C PARTENARIAT FRANCOALGÉRIEN DANS LE DOMAINE DE LA PROTECTION CIVILE La convention sera signée aujourd’hui Le colonel Mustapha Lahbiri et l’ambassadeur de France Bernard Emié signeront, aujourd’hui, à la direc tion générale de la Protection civile d’Alger, une convention de financement qui parachè vera l’élaboration du projet FSP dans le cadre du partena riat franco-algérien en matière de Protection civile. Prévu pour une durée de trois ans, ce projet a pour objectif de soutenir la créa tion d’un réseau d’unités pédagogiques dédiées à la lutte contre les incendies en zone urbaine. La contribution française se traduira par l’apport d’expertise technique et d’ingénierie pédagogique. Elle favorisera ainsi la formation des cadres en charge des futu res unités créées et, par la suite , leur perfectionnement. Ce projet vise à complèter un partenariat particulière ment dense et fructueux dans le domaine de la Protection civile, engagé depuis les années 2000. Le document cadre de partenariat, signé par les deux présidents de la République en décembre 2012, avait considérablement renforcé ces échanges en instituant trois axes principaux de coopération: le développe ment des formations, en par ticulier pour les formateurs ; une participation aux exercices de simulation d’accidents majeurs ; et enfin, une assistance mutuelle opérationnelle en cas de catastrophe ou d’ac cident grave. Ces dernières années, de nombreuses simulations d’accidents de tramway, de métro et de télécabine ont ainsi été organisées en commun. Le dernier en date, le spectacu laire exercice d’accident de tramway à Constantine a per mis, début juin, un échange de connaissances clés dans le domaine des protocoles d’in tervention. Le lancement du nouveau projet FSP, qui s’ajoute au partenariat d’excellence exis tant déjà entre les protections civiles des deux pays, témoi gne d’une réelle volonté bila térale de développer ces échanges techniques et de les ancrer dans la durée. Il reflète également la manière dont la relation d’exception entre l’Algérie et la France est en train de se concrétiser dans de nombreux domaines. La vague de chaleur durera au moins une semaine Ph : R. Boudina ABDENOUR MERZOUK d’intensité exceptionnelle entre le 2 et le 14 août 2003. Trois facteurs ont transformé un épisode climatique sévère en une catastrophe sanitaire : la chaleur bien sûr, bien plus élevée que celle que nous rencontrons d’habitude chaque été. Mais elle n’aurait pas tué autant sans deux renforts de poids : l’ignorance et l’isolement. Plus de 70 000 personnes ont trouvé la mort en Europe dont 20 000 en France. L’homme est un animal homéotherme donc très influençable par son cadre de vie. Il maintient fixe en permanence sa température centrale. Cela grâce à un équilibre permanent entre fabrication et élimination de chaleur. Avec la montée des températures extérieures se déclenche un processus actif, très puissant mais très consommateur d’eau et d’énergie : l’évaporation de la sueur. Il fonctionne bien pour la plupart d’entre nous, mais comme tout processus physiologique, il peut se révéler insuffisant. Soit par débordement, consommant plus d’eau ou d’énergie que n’en possède le sujet, soit par effondrement, lais- sant le sujet à la merci de la chaleur. La santé de l’être est alors en danger lorsque la température extérieure est plus élevée que la température habituelle dans votre région. La chaleur fatigue toujours. Elle peut entraîner des accidents graves et même mortels, comme la déshydratation ou le coup de chaleur. Pour prévoir et éviter le pire, nous reprendrons les recommandations et directives adressées aux citoyens par l’Organisation mondiale de la santé. Les dangers liés aux canicules sont nombreux. L’exposition à de fortes chaleurs constitue une agression pour l’organisme. C’est la transpiration qui permet au corps de maintenir sa température. Lorsque le corps ne contrôle plus sa température et qu’elle augmente rapidement, une personne peut être victime d’un coup de chaleur. Elle est alors en danger de mort. Les personnes déjà fragilisées (âgées, celles atteintes d’une maladie chronique, nourrissons, etc.) sont particulièrement vulnérables. Lors d’une canicule, elles ris- quent une déshydratation, l’aggravation de leur maladie chronique ou encore un coup de chaleur. Les signes qui doivent vous alerter : des crampes musculaires au niveau des bras, des jambes, du ventre... Plus grave, un épuisement qui peut se traduire par des étourdissements, une faiblesse, une insomnie inhabituelle. Il faut cesser alors toute activité pendant plusieurs heures, se rafraîchir et se reposer dans un endroit frais, boire de l’eau sans excès, des jus de fruit...Un médecin doit être consulté. Les personnes âgées, les nourrissons et les malades chroniques sont les trois catégories les plus vulnérables. Pour se protéger, elles peuvent prendre ces simples précautions. Les personnes âgées : à partir de 65 ans, le corps ne transpire pas assez pour pouvoir maintenir sa température. Il faut donc remplacer la sueur en se mouillant régulièrement la peau, notamment la figure et les bras. Sans oublier de boire de façon régulière. Les nourrissons, les sportifs et travailleurs manuels exposés à la chaleur. En cas de forte chaleur, le corps transpire trop et le stock d’eau s’épuise rapidement. Le corps n’a alors pas assez d’eau pour transpirer et maintenir sa température. Il faut donc renouveler l’eau du corps en buvant abondamment. Pour les personnes atteintes de maladies chroniques, la chaleur aggrave leur maladie. Dans tous les cas, le meilleur moyen de ne pas être indisposé est de fuir la chaleur. En cas de grossesse, la protection contre la chaleur, une bonne hydratation et l’humidification/ventilation de la peau sont particulièrement importantes : la chaleur peut aggraver des maladies préexistantes et les médicaments peuvent aggraver les effets de la chaleur. A M. DURANT LE MOIS SACRÉ, LA CONSOMMATION DE DROGUE A AUGMENTÉ Un jeûne aux volutes de kif LE TRAFIC de la drogue s’amplifie et continue à inonder le marché algérien. 550 tonnes de stupéfiants ont été saisies en 3 ans. ILHEM TERKI a drogue constitue une menace et un véritable danger pour la stabilité et le déve loppement du pays. Durant ce mois sacré, la consommation de kif a augmenté. Les saisies de drogue qui se font au quotidien prennent des proportions alarmantes durant le Ramadhan. Chaque jour, les frontières ouest du pays sont violées et le territoire est soumis à des décharges incessantes de kif. Les derniers bilans des services de sécurité confirment cette ampleur. Chiffre à l’appui, 550 tonnes de stupéfiants ont été saisies, durant les trois années écoulées, par la Sûreté et la Gendarmerie nationale ainsi que les services des douanes. Ce chiffre est alarmant comparé à ceux enregistrés dans certains pays consommateurs de cette drogue. « Les quantités de drogue saisies indiquent qu’il y a une véritable invasion du cannabis en Algérie à travers les frontières Ouest », a indiqué une source sécuritaire en précisant que ce chiffre inquiétant à plus d’un titre est affirmatif de l’ampleur du trafic de stupéfiants en provenance du Maroc, qui continuent à noyer notre pays en L dépit des efforts soutenus des services de sécurité pour faire face à ce phénomène criminel. Pour le même officier supérieur, l’Algérie constitue un axe de transit des stupéfiants, notamment le cannabis marocain à destination de plusieurs pays dont la Tunisie et la Libye et certains pays européens voisins dont la France. «Les gardes-frontières livrent une bataille féroce aux narcotrafiquants au niveau des frontières Ouest. Les éléments de la police judiciaire de la sûreté de daïra de Beni Boussaïd (Tlemcen), ont saisi plus de 65 tonnes de drogue entre avril et mai dernier », ajoute la même source sécuritaire. De leur côté, les éléments de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) relevant du service de la PJ de la sûreté de wilaya ont réussi, le 12 mai dernier, à intercepter 33 quintaux, selon la même source. Récemment, des participants à une rencontre sur la lutte contre ce fléau ont souligné à Alger que la lutte contre la drogue exige une mobilisation de tous les acteurs, notamment la société civile. Le représentant de la police judiciaire, le commissaire principal Laâras Baâziz a rappelé, dans ce cadre, les mesures prises par la Sûreté nationale pour prévenir et lutter contre la consommation et le trafic de drogue. Il a, dans ce contexte, mis l’accent sur « l’im- 9 pératif de mettre un terme à la consommation de la drogue en favorisant l’action de la police de proximité à travers la généralisation des cellules d’écoute, notamment en direction des jeunes ». La situation est alarmante, d’autant plus que le trafic de la drogue s’amplifie et continue à inonder le marché algérien. A Alger, seulement en un mois (mai), près de 200 kg de résine de cannabis ont été saisis dans 934 affaires de détention de stupéfiants par la police judiciaire de la sûreté de wilaya d’Alger. « Les 934 affaires relatives à la détention et l’usage de stupéfiants et de psychotropes qui ont conduit à l’arrestation de 1134 personnes se sont soldées par la saisie de 198,664 kg de résine de cannabis dans la wilaya d’Alger », a précisé la cellule de communication de la sûreté de wilaya d’Alger. La même source a confirmé dans ce sens que lors du traitement de ces affaires, les services de la police judiciaire d’Alger ont pu aussi saisir différentes quantités d’héroïne et de psychotropes, dont 46 comprimés d’Ecstasy et 392 comprimés de Subutex. Par ailleurs, la drogue ne constitue pas seulement un danger de santé publique, mais plus grave, les revenus de la drogue financent le terrorisme dans la région. I. T. S ports LUNDI 29 JUIN 2015 PLUSIEURS JOUEURS TRANSFÉRÉS VERS LA TUNISIE NA HUSSEIN DEY Iaiche arrive et libère huit joueurs L’entraîneur Abdelkader Iaiche s’est officiellement engagé avec le NA Hussein Dey pour un contrat d’une année et commencera son travail aujourd’hui en dirigeant la première séance des Sang et Or en vue de la saison prochaine, a-t-on appris hier auprès du club algérois. Aussitôt arrivé, Iaiche a validé la liste des joueurs libérés et qui comporte huit éléments : Ghalem, Ghazi, Besseghir, Bessaha, Herida, Boussaid, Z.Benyahia et Touahri. Iaiche, qui avait entraîné l’USM El Harrach lors de la première partie de l’exercice dernier, a en outre refusé d’engager le meneur du jeu du CR Belouizdad, Lamouri Djediat, qui était sur les tablettes des dirigeants husseindéens, ajoutet-on de même source. Le NAHD, qui a attendu la dernière journée du précédent exercice pour éviter la relégation, était en contacts avancés avec l’entraîneur Abdelkrim Bira pour remplacer Youcef Bouzidi, avant de porter son dévolu sur Iaiche. Ce dernier a signé son contrat samedi soir. CS CONSTANTINE Bracci viré, Velud pour le remplacer La direction du CS Constantine a résilié le contrat de son entraîneur français François Bracci après lui avoir renouvelé confiance il y a quelques jours seulement, a-t-on appris hier auprès du club de Cirta. C’est un autre coach français, en l’occurrence, Hubert Velud, resté sans club depuis qu’il avait été limogé de l’USM Alger en fin d’année dernière, qui est pressenti pour succéder à son compatriote, affirme la même source. Bracci avait rejoint la formation phare de la capitale de l’Est algérien au milieu de la saison passée. Il a réussi dans sa mission de sauver l’équipe de la relégation ce qui lui a valu dernièrement d’être prolongé pour une autre saison. La direction du CSC n’a pas pour l’instant précisé les raisons de ce retournement de situation à quelques jours seulement de la reprise des entraînements en vue de l’exercice 2015-2016. USM BEL ABBÈS Le Tunisien Bouakaz nouvel entraîneur Le Tunisien Mouez Bouakaz a été désigné nouvel entraîneur de l’USM Bel Abbès pour un contrat d’une année, a-t-on appris hier auprès du club relégué en Ligue 2 algérienne de football. Bouakaz avait déjà travaillé dans cette même formation en tant qu’entraîneur adjoint du Français Guy Walemme lors de l’exercice dernier, mais il n’était pas allé au bout de sa mission en quittant son poste au milieu de la saison. La nouvelle direction du club de la Mekerra représentée par le directeur général, Djilali Bensenada, a fixé comme objectif un retour rapide parmi l’élite, précise la même source. Outre la signature par Bouakaz de son contrat samedi soir, le club a fait signer dans le même temps les contrats de deux nouveaux joueurs : le gardien de but Ghanem et le défenseur Aouemri. La filière harrachie marche à merveille L’imminent engagement de l’attaquant de l’USMH, Amine Abid, avec le CS Sfaxien confirme tout l’intérêt accordé par les responsables harrachis aux clubs tunisiens pour lesquels le championnat algérien est devenu leur piste privilégiée. I SAÏD MEKKI ’USMH semble donc bien priviléger la filière tuni sienne pour « vendre » ses joueurs. Sinon, comment expliquer les transferts de Djabou, Bounedjah, Belkaroui et certainement le dernier annoncé au CS Sfaxien, Abid. La preuve, aux dernières nouvelles le secrétaire général du CS Sfaxien Mehadheb Chaouachi et le directeur sportif du club, Nacer Bedoui, devraient conclure avec l’USM Harrach le transfert de l’attaquant international A’, Mohamed Amine Abid. Le natif de Larbaâtache (Boumerdès) est convoité par le CSS pour remplacer l’attaquant Taha Khenissi. La direction veut finaliser le transfert avant l’envoi de la nouvelle liste des joueurs qui participeront aux matchs de la coupe de la Confédération (CAF). Meilleur buteur de l’USMH cette saison avec neuf réalisations, Mohamed Amine Abid (23 ans), dont le contrat expire en juin 2016, suscite depuis la saison dernière les convoitises de certains clubs qui aspirent à s’attacher ses services. Après une première partie de saison remarquable, Abid a marqué le pas lors de la phase retour en se contentant de quelques matchs seulement. La direction de l’USMH, dirigée par le nouveau président Abdelkader Manaâ aurait fixé l’indemnité de transfert d’Abid à 300 000 euros. Mais on parle déjà d’une conclusion pour 450 000 euros et il ne reste plus que la signature du fameux contrat qui devrait se faire hier. Ainsi, après le président Mohamed Laib, le nouveau boss des Harrachis Abdelkader Manaâ suit la même filière tunisienne pour transférer ses joueurs. On se souvient bien des 4 milliards de centimes du transfert en 2014 de Hicham Belkaroui de l’USM El Harrach, cédé au Club Africain. Ce fut d’ailleurs le transfert le plus cher de cette intersaison 2014, à quelques jours de la clôture du mercato. L Belkaroui fait monter la cote Belkaroui, 23 ans, qui a signé un contrat de trois saisons, soit jusqu’au 30 juin 2017, a été libéré pour la coquette somme de 4 milliards de centimes (370 000 euros) après avoir évolué une seule saison sous Amine Abid est surnommé le nouveau Slimani le maillot jaune et noir. Sauf que pour ce cas, l’USMH a été amenée à partager le pactole avec l’ASM d’Oran, le club formateur de Belkaroui (770 millions de centimes) pour la clause libératoire et une commission pour l’agent intermédiaire. Avant lui, l’attaquant international algérien, Baghdad Bounedjah, qui a été cédé en 2013 par l’USMH à l’ESC Sahel est annoncé à Al-Sadd (division 1 qatarie). Bounejdah aurait donc disputé vendredi dernier en inscrivant son 32e but, toutes compétitions confondues, son dernier match avec l’ES Sahel. Bounedjah (23 ans) a permis au club de Sousse de l’emporter face au Stade Malien (1-0), dans le cadre de la première journée (Gr A) de la phase de poules de la coupe de la CAF. Lors de sa première saison avec la formation de l’ESS, Bounedjah, formé à l’USM Oran, a terminé meilleur buteur du championnat tunisien avec 14 réalisations, avant de céder ce titre honorifique cette année à l’attaquant du Club Africain Sabeur Khelifa, auteur de 15 buts. Repéré par l’entraîneur de l’USM Harrach, Boualem Charef, Bounedjah a marqué 16 buts durant ses deux saisons passées (2011-2013) à El-Harrach avant d’être transféré à l’ES Sahel. Bounedjah de 300 000 à 1,5 million d’euros Selon la presse qatarie, l’ES Sahel a officiellement saisi son homologue d’Al-Sadd pour récupérer l’attaquant algérien, à titre de prêt pour six mois. Mais pour le moment la direction du club qatari n’a pas encore rendu sa réponse. Et en restant en 2013, il est très important de signaler que l’USM El Harrach et l’ES Sahel ont convenu d’établir une relation de partenariat après le voyage à Sousse du président harrachi, Mohamed Laib, pour conclure le transfert du joueur Baghdad Bounedjah vers cette formation tunisienne. Les transferts, les stages, la formation des jeunes ainsi que l’organisation de tournois internationaux sont les volets qui devraient toucher le partenariat entre les deux clubs. A sa rentrée de la Tunisie, Laib avait déclaré à la presse tunisienne, à l’issue d’un dîner offert en son honneur par le directeur exécutif de l’Etoile, H. Jenaieh, que son déplacement avait également pour but de « mettre les jalons d’une coopération sportive fructueuse et projetée toujours vers l’avenir ». Le voyage du N° 1 du club banlieusard de la capitale à Sousse a permis de régler les derniers détails du transfert de l’attaquant, Bounedjah, vers l’ESS, une opération qui fera bénéficier la formation algéroise d’une somme estimée à 300 000 euros. Or, on apprend aux dernières nouvelles sur le sujet qu’acheté en 2013 pour 300 000 euros à l’USM El Harrach, l’Algérien sera revendu à Al Sadd plus de 10 fois la somme investie (les montants de 3,5 millions d’euros pour le club et 1,5 million d’euros pour le joueur ont été évoqués). Dès la concrétisation du transfert, Bounedjah deviendra le joueur le plus cher issu du championnat de Tunisie, selon le directeur exécutif de l’Etoile Sportive du Sahel, Houcine Jenayeh. Est-ce à dire que les Tunisiens savent mieux investir pour « revendre » nos joueurs et renflouer leurs caisses après avoir profité de nos joueurs ou est-ce à dire que le championnat tunisien est plus apprécié que le nôtre ?... S. M. MC ORAN Bencheikh et Benchaïb signent Le club oranais a assuré jusque-là les services de sept joueurs : Moussi (US Chaouia), Ziad (CRB Aïn Fakroun), El Ogbi (USM Bel-Abbès), Aïch (AS Khroub), Bouhaniche (Deportivo Leganes/D3 Espagne), Benyahia (CA Batna) et Alieu Darbo (FC Mosta/division 1 maltaise). eux joueurs de l’équipe espoirs du MC Oran, détentrice de la coupe d’Algérie des moins de 21 ans, Abdellah Bencheikh et Hassouna Benchaib, ont signé leurs premiers contrats professionnels en attendant que leur coéquipier Zakaria Benchaâ fasse de même dans les prochains jours, a-t-on appris hier auprès du club oranais. Par cette action, le président Ahmed Belhadj veut mettre un terme à la déperdition des jeunes talents du club « peu considérés jusque-là » par les différentes directions qui se sont succédé aux commandes des Hamraoua, précise la même source. L’international olympique Zakaria Benchaâ (18 ans), révélation du MCO lors des dernières D journées du championnat de l’exercice passé ce qui lui a valu d’être convoité par nombreux clubs de l’élite, a rassuré qu’il ambitionnait de poursuivre son aventure avec les Rouge et Blanc. « Actuellement, je suis en stage avec l’équipe nationale olympique. Je regrette que certains colportent des rumeurs non fondées au sujet de mon avenir au club, alors que je suis bien au MCO. Je ne suis pas ingrat pour quitter le club du cœur alors que je n’ai que 18 ans et besoin d’apprendre tant de choses », a-t-il déclaré « Mouloudia.com », un site très proche de la formation d’El-Bahia. « Je tiens à rester encore au MCO pour un long bail, je ne demanderai pas la lune car je veux seulement qu’on m’estime à ma juste valeur 11 sachant que je suis un enfant du club », a-t-il ajouté. Par ailleurs, l’attaquant Hamza Demane, est attendu dans les prochaines heures à Oran pour s’engager avec le Mouloudia après avoir obtenu sa lettre de libération de son club l’US Chaouïa (Ligue 2). Le club oranais a assuré jusque-là les services de sept joueurs : Moussi (US Chaouïa), Ziad (CRB Aïn Fakroun), El Ogbi (USM Bel-Abbès), Aïch (AS Khroub), Bouhaniche (Deportivo Leganes/D3 Espagne), Benyahia (CA Batna) et Alieu Darbo (FC Mosta/division 1 maltaise). L’attaquant libyen Mohamed Zaâbia réintègre, lui, les rangs du MCO après avoir été prêté à l’Ittihad Tripoli en janvier dernier. S ports LUNDI 29 JUIN 2015 SAUVEGARDE DE LA JSK Le comité s’en remet à la justice En s’appuyant sur l’article 217 de la loi 13/05, maître Meriem met en demeure les pouvoirs publics de se pencher concrètement sur la gestion d’un club et notamment sur quels fondements a été créée la Sspa. I BACHIR BOUTEBINA n présentant avant-hier au cours d’une conférence de presse des documents officiels qui auraient été falsifiés par Moh Chérif Hannachi, le comité sus-cité aurait finalement saisi le procureur auprès du parquet de Tizi Ouzou. Pour les nombreuses personnes qui n’ont pas cessé de réclamer le départ définitif de celui que l’actuel comité de sauvegarde de la JSK, ne considère plus aujourd’hui comme le président légal du club n°1 de la Kabylie, c’est désormais à la justice algérienne de faire toute la lumière sur une gestion interne de la JSK, et qui aurait fait ressortir au grand jour de très graves dérives, sous l’ère de Hannachi. Selon les dires de maître Salah Meriem, ex-avocat du club kabyle, aujourd’hui ledit comité dont il fait partie, possède plusieurs pièces en main qui prouvent de manière irréfutable, toutes les accusations portées à l’encontre de Hannachi. Il est très clair que le bras de fer qui oppose depuis le mois de mai Moh Chérif Hannachi et ses nombreux opposants, vient de prendre pour la première fois une nouvelle dimen- E Les opposants du président Hannachi ne sont pas prêts à le lâcher sion sans précédent en Kabylie. Il est surtout très clair que le dossier que viennent de dévoiler avant-hier le contenu les membres du comité en question, va certainement soule- ver moult questions. Il est vrai que cette question relative à l’argent en espèces que la direction actuelle du club kabyle, aurait pris pour habitude d’utiliser au cours de ses mul- tiples tractations, ajoute aujourd’hui au flou d’une gestion mise au banc des accusés par tous les détracteurs actuels de Hannachi, et serait en totale contradiction avec les textes de loi en cours. Pour cause, en s’appuyant sur l’article 217 de la loi 13/05, maître Meriem met en demeure les pouvoirs publics de se pencher concrètement sur la gestion d’un club de football, et notamment sur quels fondements a été réellement créée la société par actions, et dont le capital a été estimé par Hannachi à hauteur de 100 milliards de centimes. Il existerait aussi d’autres très graves dépassements que le comité anti-Hannachi a présentés et expliqué clairement, preuves à l’appui, et qui semblent même interpeller aussi la FAF et la Ligue en charge du championnat professionnel. Des éléments qui s’accumulent sans cesse alors que pour l’instant, Moh Chérif Hannachi continue de gérer la JS Kabylie, au point que certains médias se sont finalement posé la question suivante : qui protège aujourd’hui le président de la JS Kabylie ? Mais dans l’immédiat, l’autre question non moins importante, et qui s’impose d’elle-même désormais, tourne essentiellement autour d’un sérieux bras de fer dont les conséquences sur le club phare du Djurdjura ont déjà terni sérieusement l’image de marque. B. B. MO BÉJAÏA Les Crabes à pied d’œuvre à Aïn Drahem Durant leur séjour de 13 jours à Aïn Drahem, les Vert et Noir devraient jouer deux matchs amicaux, comme l’a souhaité Alain Geiger. Les coéquipiers de Zerdab prendront part à un autre stage du côté de Tunis, à partir du 8 juillet. I BOUALEM CHOUALI ’est dans la soirée du jeudi que les Crabes ont pris la direction de la Tunisie pour effectuer le premier stage de leur préparation d’intersaison. La délégation à pris le départ aux environs de 22h à partir du stade de l’Unité maghrébine de Béjaïa. Après un long périple de près de 13 heures de route, les Vert et Noir ont pris leur quartier à Aïn Drahem depuis vendredi matin dernier où ils vont séjourner pour une durée de 12 jours. Les camarades de Saâd Tedjar ont effectué leur première séance de travail dans la soirée du même jour sous la houlette de l’entraîneur Alain Geiger qui est arrivé à Aïn Drahem le même jour quelques heures après l’équipe. Le stage de Tunisie s’effectue en l’absence de pas moins de cinq joueurs. Il s’agit du trio C Hamzaoui, Yaya et Mamar Youcef qui sont sous les drapeaux et qui devaient gagner le lieu du stage depuis hier et Sidébé et Zerdab. Si le premier a eu l’autorisation de prolonger son séjour auprès de sa famille, ce n’est pas le cas pour Zahir Zerdab qui boude l’équipe. En effet, il refuse de reprendre du service avec l’équipe avant la régularisation de sa situation financière. Il exige de la direction du club deux mensualités représentant les mois de mai et juin et les frais de son hébergement plus trois mois de salaire d’avance que la direction doit lui verser avant l’entame de l’année sportive, comme cela aurait été notifié dans le contrat liant les deux parties. Aux dernières informations qui nous sont parvenues, tout est rentré dans l’ordre entre le joueur et la direction. Ce dernier devait rejoindre ses camarades, hier en fin de journée. Durant leur séjour les Vert et Noir de Yemma Gouraya devraient jouer durant ce stage de 13 jours à Aïn Drahem deux rencontres amicales, comme l’a si bien souhaité le coach Alain Geiger qui veut avoir l’opportunité de donner du temps de jeu à la totalité des éléments qui composent son effectif, pour évaluer le niveau global et individuel de ses poulains. En outre, les coéquipiers de Zerdab, l’heureux buteur de la finale de la coupe d’Algérie, ne regagneront pas la capitale des Hammadites à leur retour d’Aïn Drahem, puisqu’un autre stage du côté de la capitale est prévu à partir du 8 juillet. Il devrait être consacré au volet technico-tactique et sera ponctué d’un match amical face à une équipe algéroise. Ce n’est que le 14 juillet que les joueurs pourront regagner leurs domiciles avant de revenir juste après l’Aïd pour s’envoler encore une fois pour la Tunisie, cette fois-ci du côté de Gammarth, nous apprend une source de la direction, pour le deuxième stage d’intersaison qui précédera le début du championnat. Le MOB, qui disputera la saison prochaine la Ligue des champions d’Afrique, a renforcé la charnière centrale de son arrière-garde par deux nouvelles recrues: Adel Lakhdari (ex-ASO Chlef) et Maâmar Youcef (ex-RC Relizane). Par ailleurs, le jeune Heriet et un avant-centre africain qui sera choisi parmi ceux qui feront des tests en Tunisie devraient être les deux dernières recrues du MOB lors de ce mercato estival. A noter que le Mouloudia de Béjaïa a recruté, en plus de deux recrues, pas moins de six autres joueurs pour le moment. Il s’agit de Mebarki, Hadji, Daif, Tedjar, Khadir, Bendjelloul et Belkacemi, sachant que le jeune Boulenouar sera soumis à des tests avant d’intégrer officiellement l’effectif. Le club a également promu l’arrière-central de son équipe espoir, Anis Mouhli, qui a paraphé jeudi son premier contrat professionnel. B. C. COPA AMERICA 2015 CHILI-PÉROU, CE SOIR À 00H 30 Un sulfureux clasico du Pacifique En guerre pendant cinq ans au XVe siècle, Chili et Pérou vont remettre le couvert sur le gazon, ce soir, en demi-finale de la Copa America, dans un clasico du Pacifique sulfureux entre une «Roja» sevrée de titre et des «Incas» en feu. our espérer inscrire enfin son nom au palmarès de la Copa America, le Chili devra s'imposer dans ce 77e match entre frères ennemis, à Santiago. Une rencontre qui n'aura pas seulement le goût du football. Car ce choc a des racines historiques. Les deux pays se sont affrontés entre 1879 et 1884 dans une guerre sanglante pour le contrôle d'une région riche en nitrate, et chaque match entre les deux équipes donne lieu à des manifestations de patriotisme forcené. Au moment des hymnes lundi soir dans l'Estadio Nacional de Santiago, celui du Pérou risque donc d'être conspué par 45 000 spectateurs tout acquis à la cause de la " Roja ". Même si les deux équipes refusent, pour l'instant, les P déclarations guerrières, l'atmosphère avant cette demi-finale est déjà explosive, par la faute de Gonzalo Jara. Le défenseur chilien de Mayence (Allemagne) est en effet dans la tourmente pour son geste obscène - un doigt dans les fesses) - qui a fait sortir de ses gonds Edinson Cavani lors du quart de finale gagné par le Chili face à l'Uruguay (1-0). La Confédération sud-américaine (Conmebol) a officiellement ouvert une procédure disciplinaire samedi et a averti qu'elle statuerait avant le début des demi-finales. Et Jara, qui forme l'intransigeante charnière centrale chilienne avec Gary Medel, pourrait écoper d'une lourde suspension de cinq matchs, selon certaines sources. Qui plus est, la " Roja " du sélectionneur argentin Jorge Sampaoli a déjà connu une retentissante affaire lors de cette Copa, avec l'arrestation pour conduite en état d'ivresse d'Arturo Vidal, après que celui-ci ait fracassé sa Ferrari. Et cela ne l'a pas empêché d'éliminer le tenant du titre uruguayen. Des quatre équipes encore en course, le Chili a fait la plus forte impression avec trois victoires et un nul, onze buts marqués et seulement trois encaissés (contre le même adversaire, le Mexique). " Mais il ne faudrait pas penser trop vite à la finale, sinon le Pérou va nous punir, car ils ont de très bonnes individualités ", a prévenu Matias Fernandez, le milieu offensif de la Fiorentina. Une référence peut-être au trio Guerrero-Farfan- 12 Pizarro, ces trois trentenaires de la sélection inca, près d'un siècle de football à leur actif et des dizaines de buts à la clé. Dont ce triplé de Paulo Guerrero, attaquant du club brésilien de Corinthians, face à la Bolivie en quart de finale. Le Chili sent qu'il se rapproche d'un exploit historique: depuis la création de la Copa America en 1916, il attend toujours son premier sacre après quatre finales perdues, la dernière en 1987. Le Pérou a enlevé deux éditions de l'épreuve-reine du football sud-américain, en 1939 et 1975, mais l'équipe-surprise du dernier carré n'entend pas s'arrêter en demi-finale, même face au payshôte. " Nous sommes sereins et tranquilles, car nous savons que nous jouons bien au football ", a résumé Carlos Lobaton. Et " Los Incas " assurent ne pas craindre le Chili, " une bonne équipe certes, mais face à qui on n’a pas de complexes à faire ", a prévenu le milieu de terrain du Sporting Cristal, autre " ancien " péruvien (35 ans). Pourtant les statistiques du "Clasico du Pacifique" favorisent clairement le Chili, victorieux 41 fois pour 21 défaites et 14 nuls. Quel que soit le vainqueur lundi, une épineuse rivalité devrait en tous cas persister entre les deux pays, qui revendiquent chacun la paternité de la "bicyclette": ce retourné acrobatique est évidemment une " Chilena " au Chili, mais une " Chalaca " au Pérou, en référence au port de Callao où elle aurait été inventée. S ports LUNDI 29 JUIN 2015 LIGUE DES CHAMPIONS D’AFRIQUE RETOUR SUR LE CHOC ESS-USMA Soustara fait chuter l’Aigle noir L’entame de la phase des poules de la Ligue des Champions, par le dernier tenant, s’est soldée par une défaite devant des Rouge et Noir qui ont su attendre le bon moment pour damer le pion à leur hôte sétifien. I BACHIR BOUTEBINA n premier face-à-face algéroalgérien qui s’est déroulé dans un stade comble, et au cours duquel on ne s’est pas fait le moindre cadeau, au regard de l’enjeu de cette première sortie des deux prestigieux représentants actuels du football national en C1. Prestige oblige, les Ententistes se devaient donc de prendre d’entrée ce match tant attendu par le public sportif algérien, et notamment par les supporters sétifiens et usmistes en premier lieu. Une rencontre qui a bien donné lieu à un combat entre deux ténors dont les arguments respectifs se valaient, et ont confirmé sur le terrain que ce match allait se jouer entre deux adversaires très proches, sur le double plan physique et tactique. Pour preuve, tant du côté du coach Madoui que celui de son vis-àvis usmiste, composé pour la première fois du duo technique Zeghdoud-Hamdi, on avait finalement renouvelé sa confiance d’entrée à deux onze de départ fort connus du public. En optant pour un plan de bataille tactique presque identique à celui de l’ESS, il est clair que la formation usmiste qui alignait pour la première fois le portier Mansouri et le néo défenseur axial Mazari, en lieu et place de Chafaï, tout en positionnant à la pointe de l’attaque Youcef Belaïli, le staff technique algérois avait fait le choix de miser sur un milieu de terrain très U présent au niveau défensif et offensif. A ce titre, le quatuor constitué de Koudri-El Orfi-Seguer-Beldjillali, allait au fil des minutes, permettre à Ferhat d’occuper avec aisance son poste de prédilection sur le côté droit. Il n’en demeure pas moins que les Sétifiens ont largement dominé les 30 première minutes, notamment sous la houlette d’un Ziaya très omniprésent en attaque, et qui a failli prendre à défaut une charnière centrale usmiste new-look, et visiblement très mal à l’aise. Mais malgré les nombreux corners et les coups francs que se sont procurés les coéquipiers de Mourad Delhoum, ni Benyettou, encore moins Younès, n’ont pu ouvrir la marque, et même permettre aux Rouge et Noir de procéder par quelques contres très dangereux. Il faut retenir par la suite ces deux très sérieux premiers avertissements de l’attaque usmiste, avant la pause, et sur lesquels Belaïli et Beldjillali ont failli faire mouche devant une défense sétifienne prise de court, et qui a même commis plusieurs erreurs dont l’une aurait pu provoquer un penalty, tant les incursions des Rouge et Noir avaient provoqué des sueurs froides dans le 13 camp sétifien. Mais c’est surtout au cours de la seconde période que les gars de Soustara allaient monter d’un cran en attaque. Un retour des vestiaires qui allait s’avérer être payant pour l’USM Alger, notamment sur le côté droit, et finir par surprendre une première fois le portier Khédaïria, suite à un coup franc bien exécuté par un omniprésent Ferhat, et sur lequel Seguer idéalement placé dans la surface ententiste, plaçait une belle tête décroisée victorieuse. Sur le coup, les camarades de Djahnit accusaient très mal cette ouverture du score usmiste, et permettaient aux Rouge et Noir de prendre davantage confiance, en continuant de s’enhardir dans le camp sétifien. Le très nombreux public sétifien du stade du 8-Mai 1945, allait d’ailleurs rester complètement médusé, et surtout sans voix, lorsque Khoualed doublait la mise, 12 minutes plus tard, suite à une balle arrêtée bien exécutée à partir de la gauche par Benmoussa qui venait de remplacer Seguer. Un coup franc sur lequel l’arrière-garde de l’Aigle noir était étrangement absente. A 2 à 0, les gars de Soustara allaient reculer d’un cran, afin de préserver ce premier succès que même le but ententiste, inscrit à la 86e minute par le jeune Kourbia, ne pouvait plus échapper à des Rouge et Noir de la capitale, admirables de cran, et qui ont surtout osé saisir leur chance. Il est vrai que les nombreuses erreurs commises par le dernier champion d’Afrique ont été fatales à l’Entente qui semble avoir pris la fâcheuse habitude de peiner à chaque fois au 8-Mai 1945. Côté usmiste, Soustara n’a pas flanché, encore moins tremblé à Sétif. Pour cause, les Rouge et Noir ont su comment damer le pion au prestigieux club d’Aïn Fouara. Mais désormais, les gars de Soustara vont devoir confirmer le 10 juillet prochain à Alger, face aux redoutables Soudanais du Merrikh de Khartoum, dans un groupe plus que jamais très ouvert. B. B. Plusieurs blessés parmi les supporters usmistes Plusieurs blessures ont été enregistrées dans les rangs des supporters de l’USM Alger dans des incidents ayant émaillé la fin du match de leur équipe sur le terrain de l’ES Sétif (victoire 2-1), avant-hier soir dans le cadre de la 1ère journée de la phase de poules de la Ligue des champions d’Afrique, a indiqué hier le site officiel du club algérois. Les victimes ont fait l’objet de « jets de pierres » de la part de supporters du champion d’Algérie en titre, a précisé la même source, tout en condamnant les « lâches agressions » commises à l’encontre des fans. Environ 3000 supporters de l’USMA ont fait le déplacement à Sétif pour soutenir leur formation à l’occasion de sa première sortie comptant pour la phase de poules de la prestigieuse épreuve continentale. Les Rouge et Noir, qui ont attendu la dernière journée du championnat de l’exercice dernier pour éviter la relégation, ont retrouvé la compétition africaine après 11 années d’absence. Analyse LUNDI 29 JUIN 2015 LE SUZERAIN ET LES VASSAUX «Mon Dieu, gardez-moi de mes amis… Quant à mes ennemis, je m’en charge ! » Voltaire I PR CHEMS EDDINE CHITOUR * n scoop ! Les Français découvrent après les Allemands que eux aussi sont espionnés. De fait, de 2006 à 2012, lit-on sur le journal la Croix, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont été espionnés par la NSA, d’après des documents publiés mardi 23 juin par WikiLeaks,. La MaisonBlanche a fait un communiqué « De manière générale, nous ne menons pas d’opérations de surveillance à l’étranger sauf s’il existe un objectif de Sécurité nationale spécifique et validé. « Cela s’applique aux citoyens ordinaires comme aux dirigeants mondiaux.» Ce fut une condamnation unanime de la classe politique, tous bords confondus. Pour François Bayrou, président du MoDem : « Qui a pensé que les présidents français ou que les responsables publics n’étaient pas écoutés ? » Pour Gérard Longuet, (Les Républicains) : « La vraie question, c’est l’image qu’ont les États-Unis de leurs partenaires. Le fait qu’ils prennent le risque de casser l’image des États-Unis pour des avantages somme toute assez modestes est une faute politique. » Marine Le Pen, présidente du Front national : « Les révélations de WikiLeaks sur l’espionnage des présidents de la République française par la NSA américaine depuis dix ans sont extrêmement graves. La France doit réagir avec fermeté, et envoyer un signal fort en se retirant dès aujourd’hui des discussions en cours sur le funeste Traité Transatlantique (..) » (1) Le Premier ministre français a critiqué les écoutes : « Une pratique anormale entre alliés de longue date. » Il exige par ailleurs la mise en place d’un «code de bonne conduite» entre pays amis. Avant de se montrer plus ferme: « La France ne tolèrera aucun agissement mettant en cause sa sécurité. François Hollande avait souhaité que les Etats-Unis « réitèrent leurs engagements » pris en 2013 sur la fin de l’espionnage des autorités françaises. « La France n’autorise pas cette pratique de ciblage des dirigeants étrangers Après un conseil de défense exceptionnel et l’habituel Conseil des ministres, le chef de l’Etat a reçu une délégation de sénateurs et de députés, dont les présidents des deux assemblées. Le président nous a dit que lors de sa visite d’Etat aux Etats-Unis en février 2014, Barack Obama lui avait confirmé cet engagement», a ajouté un des parlementaires qui assistaient à ces rencontres.» (2) U Les relations d’une Europe écoutée par les Etats-Unis Pour sa part, le Conseil de défense condamne des «faits inacceptables», «Ce qui s’est passé n’est pas acceptable, mais ce n’est pas pour autant que l’on va entrer dans une crise», a tempéré le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. La Maison-Blanche a assuré que les Etats-Unis n’écoutaient pas à l’heure actuelle les communications de François Hollande. L’ambassadrice des Etats-Unis a ainsi été convoquée par le ministre des Affaires étrangères. En clair, voilà pour le minimum syndical à usage interne. Cependant, cette protestation au demeurant légitime n’ira pas plus loin. Les Français et plus largement les pays concernés ne peuvent rien faire contre leur allié d’autant qu’entre eux, ils s’espionnent aussi pour le compte des Etats-Unis. Philippe Rodier écrit à ce propos : « Mes amis, ce sont par exemple les cinq pays anglo-saxons qui nous écoutent 24h/24. Winston Churchill était un homme réaliste et clairvoyant lorsqu’il déclarait : « Les États n’ont pas d’amis, ils ont des intérêts. » L’actualité nous en donne encore un nouvel exemple avec les prétendues révélations de WikiLeaks sur les écoutes américaines des présidents français (sont-ce vraiment des révélations ? Qui pouvait en douter ?).(…) D’abord, si nos dirigeants furent écoutés, c’est qu’ils le voulaient bien, ou alors qu’ils étaient inconscients et irresponsables (…) Souvenons-nous qu’un petit pays comme Israël fut pris en flagrant délit d’écouter son meilleur allié et même Obama en personne ! Imprégnées de culture protestante et commerçante, les puissances anglo-saxonnes ont toujours fait preuve d’un pragmatisme froid et dénué de toute morale dans la défense de leurs intérêts publics et privés. Pendant ce temps, l’amateurisme de nos dirigeants les amène à déballer leur vie privée sur des téléphones entièrement contrôlés et écoutés et à mener une politique de bons sentiments qui tourne le dos à la Russie et à Bachar El Assad alors que, dans le même temps, elle embrasse les Saoudiens et les Qataris.» (3) La NSA Malgré ses démentis à répétition, les EtatsUnis font ce qu’ils veulent, faisant fi des sensibilités et ayant une façon singulière de ce que c’est qu’un allié. Dans ce cadre, l’ancien président du SPD (Parti social-démocrate allemand) Oskar Lafontaine a dénoncé les actions des Etats-Unis en Ukraine. Il a qualifié le secrétaire américain de la Défense Ashton Carter de «ministre militaire» sur sa page Facebook. Pour lui : «Les Etats-Unis ont délibérément déstabilisé la situation en Ukraine, et l’Europe subit des pertes économiques et des pertes d’emploi. Le ministre militaire américain appelle les Européens à s’opposer à «l’agression» russe. Mais les Européens ont toutes les raisons de s’opposer à l’agression américaine. La diplomate américaine Victoria Nuland a avoué que les Etats-Unis ont dépensé plus de cinq milliards d’euros pour déstabiliser la situation en Ukraine. Ils «L’Europe n’a qu’à aller se faire f**tre», a dit la diplomate américaine Nuland. Nous avons besoin d’une politique étrangère européenne qui limite l’impérialisme belliciste américain ! »(4) Les méthodes singulières de la NSA « Comment lit-on sur Le Monde, l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine a-t-elle procédé pour avoir connaissance de conversations tenues au plus haut sommet de l’Etat ? De multiples documents fournis par Edward Snowden ont montré que les ambassades américaines sont souvent surmontées de matériel d’écoute. Le « Special Collection Service », une unité composée de membres de la NSA et de la CIA, a été désigné dans l’un d’entre eux comme responsable des écoutes du téléphone portable d’Angela Merkel. (..)Généralement, ce dernier cache ses appareils d’écoute dans un faux bâtiment fait d’un matériel spécial laissant passer les ondes, et parfois camouflé en trompe-l’oeil. (..) Au plus haut niveau de l’Etat, les services de sécurité peinent à imposer des terminaux chiffrés et sécurisés. (…)En janvier 2010, changement d’échelle : Nicolas Sarkozy passe au Teorem, un téléphone ultrasécurisé fabriqué par Thalès. Et pourtant : les documents publiés par WikiLeaks font état d’une conversation datant de juin 2011 entre le président de la République et Alain Juppé, La NSA a-t-elle pour autant « cassé » le chiffrement du Teorem ? (…) »(5) Pour Nicolas Barotte, les pratiques d’espionnage de la NSA ont été révélées il y a longtemps en Allemagne. Angela Merkel avait condamné, à l’automne 2013, les actes d’espionnage commis par les services américains contre les intérêts allemands et notamment l’écoute de son propre téléphone personnel. (…) Le scandale a rebondi fin avril avec des révélations gênantes pour le BND: les services allemands ont aidé pendant des années la NSA à espionner des entreprises européennes ou des personnalités étrangères.» (6) Les Européens espionnés à l’insu de leur plein gré. L’enquête de l’UE sur Echelon Toutes les nations européennes savent qu’elles sont espionnées par les Etats-Unis : « L’existence d’un système de surveillance globale des télécommunications opéré par les Etats-Unis a été évoquée pour la première fois en 1988. Le système Echelon serait capable d’intercepter un très grand nombre de télécommunications (téléphone, fax, Internet…) puis d’y détecter des mots-clés, permettant ainsi une surveillance de masse à l’échelle mondiale. Le Parlement européen affirme officiellement l’existence du système Echelon. En septembre 1998, le Parlement européen accuse Echelon de violer «le caractère privé des com- 15 munications de non-Américains, dont des gouvernements, des sociétés et des citoyens européens.(7) Le texte affirme que «l’existence d’un système d’interception mondial des communications fonctionnant avec la participation, en fonction de leurs capacités, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (…) ne fait plus de doutes», et qu’ «il est incontestable qu’il est utilisé au moins pour intercepter des communications privées et économiques, mais non militaires». Le texte précise que, utilisé à des fins de renseignement, le système d’écoute et d’analyse des communications n’est pas contraire au droit de l’Union européenne, mais qu’un Etat membre viole le droit de l’Union en l’exploitant au profit d’objectifs commerciaux et d’espionnage de la concurrence. (…) Il enjoint en particulier l’Allemagne et le Royaume-Uni à respecter les termes de la Convention relative aux droits de l’homme dans leur collaboration avec les services de renseignement américains ». On savait donc que deux nations européennes espionnaient les autres pour le compte des Etats-Unis. (7) La vassalisation et la réalité de la solidarité transatlantique Pour Vladimir Poutine : « Les membres européens de l’Otan ont renoncé à leur souveraineté. Parfois, nous trouvons qu’il est très difficile de s’entendre avec eux sur les questions géopolitiques. Il est difficile de parvenir à un accord avec des gens qui murmurent même dans leur propre maison de peur d’être surpris par les Américains. Ce n’est pas une blague ou une façon de parler. » Tandis que les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et la Russie augmentent, leurs « alliés » européens sont contraints de lui imposer des sanctions et d’en subir seuls les redoutables contrecoups : ainsi, Vladimir Poutine vient de renouveler pour un an l’embargo sur les produits agroalimentaires en provenance d’Europe. (…) » (8) Dans une interview au site Atlantico l’historien Emmanuel Todd sur la Russie et la géopolitique mondiale a le mérite d’avoir nommé les choses, ce qui permet de voir un peu plus clair dans la situation actuelle. Il livre son sentiment sur l’Ukraine et affirme que les choses auraient pu se passer autrement si…. Ecoutons-le : « Lorsque je repense à cette crise, je m’étonne de voir qu’elle ne s’inscrit pas dans la logique qui était en train de se dessiner en Europe jusqu’ici. Le début du XXIe siècle avait été marqué par un rapprochement des «Européens» et des Russes. On se souvient de la conférence de Troyes en 2003, où Chirac, Poutine et Schroeder avaient manifesté ensemble leurs refus de l’intervention américaine en Irak tandis que l’Amérique de George W. Bush, fidèle à la ligne Brezinski, restait dans un esprit de confrontation à l’égard de Moscou en s’appuyant sur d’anciens satellites soviétiques, avec les Pays baltes et la Pologne comme partenaires anti-russes privilégiés ».(9) L’arrivée de Barack Obama à la MaisonBlanche a coïncidé avec un retournement de la posture américaine. Sa ligne, telle que je la percevais à l’époque, était d’apaiser les tensions avec l’Iran et la Russie pour mieux pouvoir engager le fameux «pivot» vers l’Asie où réside la menace de long-terme pour la puissance américaine. Ce retrait de Washington aurait dû renforcer la volonté des Européens, et particulièrement des Allemands, de se rapprocher de Poutine pour parachever un grand partenariat commercial, énergétique et industriel.» (9) Pour Todd il y eut un dérapage du fait de la position ambiguë de l’Allemagne de Merkel : « Il est difficile de contester que l’Histoire a pris une toute autre direction : nous sommes en pleine confrontation entre la Russie et l’Union européenne, désormais sous leadership économique et diplomatique allemand. (…) C’est bien l’Allemagne qui désormais fait le jeu du côté occidental, mais un jeu hésitant entre phases agressives et moments de repli durant lesquels elle reprend sa posture conciliante, moments il est vrai de plus en plus brefs. » (9) « (…)Je suis pourtant effaré de constater que durant les vingt dernières années s’est développée à l’inverse une véritable russophobie des élites occidentales. (…)Les Américains ne savent pas où ils vont. L’affaire de Géorgie en 2008 avait déjà sérieusement entamé leur crédit de protecteurs du Continent. (…) Bien qu’ils se soient fait assez brutalement ”moucher” par Poutine avec le rattachement de la Crimée, les Américains ont toutefois une autre crainte, plus profonde, celle de voir l’Allemagne s’émanciper complètement de leur sphère d’influence. Si vous lisez Le grand échiquier de Brezinski, vous comprendrez que la puissance américaine d’après-guerre repose sur le contrôle des deux grands pôles industriels de l’Eurasie : le Japon et l’Allemagne. (…) la stabilité du monde ne saurait donc dépendre de la seule puissance américaine. Je vais faire une hypothèse surprenante.(…) Un nouveau partenariat américanorusse pourrait nous éviter de sombrer dans une « anarchie mondialisée » dont l’éventualité semble chaque jour plus réalisable. (…) La France n’a selon moi pas à s’impliquer outre-mesure dans la crise ukrainienne, son histoire et sa géographie l’en éloignent naturellement. (…) Trois nations ont une réelle importance dans le jeu ukrainien et européen : l’Allemagne et la Russie, l’une est dominante depuis 70 ans : les EtatsUnis. (…) La Russie pourrait jouer le rôle salutaire de garde-fou (…)je me dis, avec un brin d’ironie, qu’un couple américano-russe pourrait tenter sa chance. (…) » (9) Justement, selon une dépêche de l’AFP du 25 juin, le président russe Vladimir Poutine a téléphoné jeudi 25 juin à son homologue américain Barack Obama pour discuter des développements au Moyen-Orient, notamment liés au groupe djihadiste Etat islamique, et de la situation en Ukraine, a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué. Les deux chefs d’Etat ont également discuté de la «situation de plus en plus dangereuse en Syrie», et souligné l’importance de maintenir «l’unité» des puissances internationales dans les tractations avec l’Iran destinées à éviter qu’il ne se dote de l’arme nucléaire. Par ailleurs, selon la Maison-Blanche, les deux hommes ont évoqué «la nécessité» de contrecarrer le groupe ultra-radical Etat islamique, qui contrôle des pans entiers de territoires en Irak et en Syrie. En conclusion, c’est un fait, les Etats-Unis espionnent tout le monde et particulièrement leurs amis européens en utilisant des pays européens en renfort pour les aider à espionner. Ce qui se passe actuellement, c’est chacun pour soi, il n’y a pas d’Europe, il n’est que de voir l’acharnement de l’Europe de la finance dans la mise à mort d’un de leur dépositaire de la civilisation humaine en lui refusant un sursis de quelques jours pour voir ce qu’en pense le peuple grec le 5 juillet. Par ailleurs, on remarque que l’on parle de l’espionnage de la Russie ou de la Chine, je ne parle pas des pays passoires que sont les pays sous-développés, il n’y a généralement rien d’économique à surveiller si ce n’est les mouvements terroristes. On raconte que lors de la prise des otages américains en 1979, Alger négociait avec les Iraniens les conditions et les transmettait aux Américains. Soucieux d’être efficaces, les Américains donnaient immédiatement les réponses aux diplomates algériens qui venaient leur remettre les conditions iraniennes… Reste que pour la paix du monde, Emmanuel Todd a bien raison d’insister sur la nécessité d’un deal américano-russe. C’est la seule façon d’éviter la guerre. C. E. C. * Ecole nationale polytechnique 1.http://www.la-croix.com/Actualite/France/Troispresidents-francais-ont-ete-espionnes-par-les-EtatsUnis-2015-06-24-1327314?xtor=EPR-9[1300865401] 2.http://www.lexpress.fr/actualite/politique/espionnage-valls-demande-aux-etats-unis-de-reparer-lesdegats-lies-aux-ecoutes_1693000.html#BeVcy 8EkTyqMmWcF.99 3. http://www.bvoltaire.fr/auteur/philipperodier Philippe Rodier Ecoutes NSA nos dirigeants naifs irresponsables bvoltaire.fr 4.http://francais.rt.com/international/3568-lex-president-spd–limperialisme 5. Martin Untersinger : Les Etats-Unis ont espionné les présidents français Le Monde 24.06.15 6.Nicolas Barotte : le scandale de la NSA empoisonne Merkel Le Figaro 24/06/2015 7.Juriscom (10/09/2001) http://strategique.free.fr/ archives/textes/ech/archives_ech_15.htm 8.http://reseauinternational.net/vladimir-poutinesur-la-france-et-leurope-les-membres-de-lotan-ontrenonce-a-leur-souverainete/ 9.http://reseauinternational.net/les-occidentauxagressifs-veulent-imposer-systeme-moeurs-planetedoivent-savoir-quils-y-lourdement-minoritaires/ Internationale LUNDI 29 JUIN 2015 A LA VEILLE DES ÉLECTIONS ULTRA-CONTROVERSÉES SAHARA OCCIDENTAL Le Polisario appelle les entreprises à se soumettre à son autorité Une campagne d’information sera lancée auprès des entreprises présentes au Sahara occidental, pour expliquer qu’elles sont tenues de respecter le droit international humanitaire, interdisant l’exploitation des ressources naturelles sans l’accord du Front Polisario, seul représentant du peuple sahraoui, a indiqué un communiqué du ministère sahraoui de l’information parvenu hier, cité par l’APS, mentionnant le coordinateur sahraoui avec la Minurso, Mohamed Khaddad. Le Front Polisario va lancer cette campagne pour exposer notamment aux entreprises qu’elles « engagent leur responsabilité civile et pénale et ne doivent traiter qu’avec le Front Polisario et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) », a annoncé M. Khadad dans une déclaration. Dans ce sens, les entreprises qui développent des activités au Sahara occidental sont appelées, à se soumettre à l’administration sahraouie, car aucun texte de droit international ne donne un contenu à la notion « d’administration de facto » du Maroc qui est de plus en plus en violation « flagrante » du droit international, en s’y proclamant « souverain ». Cette campagne d’information intervient après la signature le 23 juin 2015 à Berne en Suisse, des « Conventions de Genève 1949 » par le Front Polisario et le Protocole I du conflit l’opposant au Maroc, lequel donne au Front Polisario le droit international étant seule « autorité représentant le peuple du Sahara occidental luttant pour son droit à disposer de lui-même » (Article 96.3 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949). La déclaration signée à Berne, a la particularité d’être acceptée par le Conseil fédéral suisse, et a aussitôt été notifiée à l’ensemble des Etats signataires, avec effet immédiat, a précisé le texte. Dans ce contexte, le Front Polisario a affirmé ainsi son engagement à appliquer les conventions et s’est dit « déterminé à utiliser toutes les facettes du droit international pour parvenir à son but, le référendum d’autodétermination, et conduira toutes les actions en justice qui lui semble nécessaire », a également indiqué le document. Le Front Polisario a, en outre, souligné que le Maroc est considéré comme « occupant » au sens des Conventions de Genève, rappelant que la Cour internationale de justice insiste sur le fait que le Maroc « ne pouvait revendiquer aucune souveraineté » sur le Sahara occidental. Le Burundi sous tension TROIS MORTS, des explosions de grenades et des tirs nourris: la capitale burundaise Bujumbura a connu une nouvelle nuit de tensions à la veille des élections législatives et communales controversées d’aujourd’hui. es violences nocturnes se sont concentrées dans des quartiers périphériques de la capitale (Jabe, Musaga, Kanyosha) foyers du mouvement de contestation populaire déclenché fin avril par la candidature du chef de l’Etat Pierre Nkurunziza à un troisième mandat lors de la présidentielle qui doit suivre, le 15 juillet, les premiers scrutins d’aujourd’hui. Au moins sept grenades ont explosé et des tirs de mitrailleuses ont retenti à plusieurs reprises. Deux civils ont été tués, l’un par balle par des policiers et l’autre dans l’explosion d’une grenade, selon leurs proches. D’après le porte-parole de l’armée, Gaspard Baratuza, la troisième victime est un soldat, tué accidentellement par un autre militaire lors d’une intervention dans une habitation visée par une attaque à la grenade. Dans la journée, les quartiers périphériques restaient sous tension, mais le calme était globalement revenu à Bujumbura, où des policiers patrouillaient et contrôlaient quelques voitures. La population restée sur place - une bonne partie a quitté la ville, partant se réfugier en province ou au Rwanda voisin de crainte d’une attaque de grande ampleur à l’approche des scrutins vaquait à ses occupations, certains effectuant même leur jogging dominical. Mais selon des témoins, le week-end a aussi été tendu dans quelques localités de province. Notamment dans la commune de Mutaro, province de Gitega, où la police a arrêté trois membres de C gagné en intensité tout au long de la semaine, à mesure qu’approchaient des élections que le pouvoir burundais dit ne plus pouvoir reporter en raison d’un risque de vide institutionnel: selon lui, les élections doivent avoir lieu vite, car le mandat de Pierre Nkurunziza arrive à échéance le 26 août. L’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza - déjà élu en 2005 et 2010 - à un troisième mandat, a plongé le petit pays d’Afrique des Grands Lacs dans une grave crise dont beaucoup craignent qu’elle ne débouche sur de nouvelles violences à grande Les Burundais ne baissent pas les bras et poursuivent la contestation échelle. Les anti-troide la candidature du président sortant à un 3e mandat sième mandat le jugent l’opposition samedi, provoquant la annonçant officiellement le boycott anticonstitutionnel et contraire à colère de la population qui a comde l’opposition et considérait, par l’Accord d’Arusha qui avait permis mencé à couper les routes. Ni ces conséquent, que les élections se de mettre fin à la longue guerre incidents, ni les appels de la comdérouleraient comme si toutes les civile (1993-2006) dont le pays munauté internationale à reporter listes participaient. L’opposition a peine encore à se remettre. Le mouvement de contestation les scrutins, ni l’annonce de leur jeté l’éponge car elle affirme avoir qui a débuté avec l’officialisation de boycott par l’ensemble de l’opposiété dans l’impossibilité de faire tion ne semblent cependant perturcampagne et la cible permanente de la candidature de M. Nkurunziza a été violemment réprimé par la ber les plans de la Commission élecmenaces. torale (Céni). « Depuis ce (hier) Elle a aussi accusé la Céni d’être police, parfois à balles réelles. Il a aussi donné lieu à des heurts avec matin, le matériel est acheminé (...) aux ordres du pouvoir et relevé que les jeunes du parti au pouvoir (les vers les centres de votes », a affirmé depuis mi-mai, date d’un putsch Imbonerakure, une milice selon devant la presse son président, manqué également motivé par la Pierre-Claver Ndayicariye. Quelque candidature de Pierre Nkurunziza l’ONU). Depuis fin avril, au moins 70 personnes sont mortes et plus de 4.8 millions d’électeurs sont appelés à la présidentielle, les informations aux urnes dans 11 493 bureaux de indépendantes ne circulaient plus 120 000 Burundais ont aussi fui dans les pays voisins le climat prévote. Le président de la Céni a puisque plus aucune radio privée ne électoral délétère. affirmé n’avoir jamais reçu la lettre pouvait émettre. La violence a ATTENTAT EN FRANCE, LE SUSPECT RECONNAÎT L’ASSASSINAT «Menace terroriste majeure» selon les autorités YASSIN SALHI, l’homme soupçonné d’avoir perpétré un attentat jihadiste en France, a reconnu l’assassinat de sa victime retrouvée décapitée. alhi devait être transféré hier vers le siège de la police antiterroriste près de Paris pour la suite de l’enquête. La France fait face à « une menace terroriste majeure » qu’il faudra combattre « dans la durée », a averti hier le Premier ministre Manuel Valls, évoquant « une guerre de civilisation » menée par le jihadisme contre « les valeurs humanistes universelles » . « Ce combat sera long » et « on ne peut pas réclamer immédiatement des résultats », a-t-il souligné lors de l’émission politique « Grand Rendez-vous » Europe 1-iTélé-Le Monde, affirmant que les moyens de renseignement et de sécurité mis en oeuvre par son gouvernement étaient « à la hauteur de la menace ». A Lyon, où il est en garde à vue avant son transfert au siège de la police antiterroriste à Paris, Yassin Sahli a commencé « à s’expliquer sur le déroulé des faits » samedi soir, avant de reconnaître l’assassinat de son patron, Hervé Cornara, 54 ans, selon des sources proches du dossier. Les premiers éléments de l’enquête ont permis d’établir qu’il avait envoyé vers un numéro canadien un selfie macabre avec la tête de sa victime décapitée. La localisation de son S contact n’est pourtant pas établie, ce numéro pouvant être un simple relais. Le Canada collabore à l’enquête française pour tenter de retrouver le destinataire du selfie, a-t-on appris auprès du ministère de la Sécurité publique à Ottawa. Aucune précision n’a été donnée sur le type d’assistance fournie aux enquêteurs français mais la police peut tracer les appels ou localiser un téléphone par son numéro. Les enquêteurs français vont étudier une éventuelle connexion syrienne. Actuellement, 473 personnes parties de France se trouvent dans les zones de jihad en Irak et en Syrie. La garde à vue de Salhi, débutée vendredi soir à Lyon, peut durer jusqu’à 96 heures avant qu’il ne soit présenté à un juge d’instruction. Les premiers résultats de l’autopsie de sa victime n’ont pas permis de déterminer les causes exactes de la mort, et s’il était décédé au moment de la décapitation. Des examens complémentaires sont en cours. La tête avait été retrouvée accrochée à un grillage d’enceinte de l’usine de gaz industriels de Saint-Quentin-Fallavier, près de Lyon, entourée de drapeaux où étaient écrits la profession de foi islamique, rappelant les mises en scène macabres du groupe État islamique (EI). L’EI n’a pas revendiqué cet acte mais s’est targué d’être à l’origine d’une attaque le même jour en Tunisie, où 38 personnes ont été fauchées dans la station balnéaire de Sousse, et d’un attentat suicide contre une mosquée chiite au Koweït, qui a fait 26 morts. Moins de six mois après les attentats qui ont endeuillé Paris en janvier, faisant 17 morts, l’attaque a constitué un nouveau choc. La menace terroriste en France est estimée « élevée » par 85% des Français et 14% sont d’un avis contraire, selon un sondage Ifop publié dans le Journal du Dimanche. « La question n’est pas de savoir s’il y aura un nouvel attentat, mais quand », a averti Manuel Valls. Sur place, l’heure était à l’émotion et à l’unité. Les principales autorités musulmanes de la région RhôneAlpes ont appelé à un rassemblement silencieux hier à 18H00 (16H00 GMT) devant la mosquée de Villefontaine, à quelques kilomètres du lieu de l’attentat. « Dans le calme, le silence et la dignité» pour condamner un « acte diabolique perpétré en plein mois de ramadhan », un pilier du calendrier musulman. ALORS QUE LE MINISTRE GREC DES FINANCES EN APPELLE À MERKEL Risque réel de sortie de la zone euro pour la Grèce e ministre grec des Finances Yanis Varoufakis en appelait hier à la chancelière Angela Merkel, estimant dans un entretien au tabloïd allemand Bild qu’elle « détient la clé » pour dénouer la crise actuelle. « Les chefs de gouvernement de l’Union européenne doivent agir. Et parmi eux, Mme Merkel, détient en tant que représentante du pays le plus important la clé, j’espère qu’elle va l’utiliser », a déclaré le ministre grec, ajoutant que son gouvernement était « ouvert à de nouvelles propositions des institutions » après l’échec de négociations à Bruxelles samedi. Les ministres des Finances de la zone euro ont refusé de prolonger d’une semaine le programme d’aide en cours, qui expire demain 30 juin. Le gouvernement grec veut L organiser le 5 juillet un référendum sur la proposition de ses créanciers (BCE, FMI et Commission européenne), proposition qui impose des réformes et des coupes budgétaires en échange d’un renflouement, et recommande de voter « non ». Mais si les institutions présentaient de nouvelles propositions et qu’elles étaient « bien meilleures » que celles de jeudi, « nous pourrions à tout moment changer notre recommandation et proposer aux électeurs de les accepter », a dit le grand argentier grec à l’édition d’aujourd’hui de Bild, dans un entretien dont le journal a publié des extraits hier. Désormais les négociateurs sont mis sur la touche, place au peuple grec qui conduira son avenir. Si le « non » l’emporte la Grèce signerait sa sortie de la zone euro. C’est du moins ce que supputent politiques et économistes européens hier. Ainsi, a prévenu le Premier ministre français Manuel Valls, il y a un « risque réel de sortie » de la Grèce de la zone euro en cas de non au référendum annoncé par Athènes sur la proposition d’accord faite par ses créanciers. M.Valls exhorte le gouvernement grec à « revenir à la table des négociations ». La décision du Premier ministre grec Alexis Tsipras de convoquer un référendum pour le 5 juillet est « le choix du gouvernement grec qui ne peut pas être critiqué », a-t-il indiqué. Mais si la réponse est négative, « il y a un risque réel de sortie de la zone euro », a souligné Manuel Valls sur Europe 1Le Monde-iTélé. « Nous ne connaissons pas les uns et les autres les conséquences d’une sortie de la zone euro, et sur le plan écono- 16 mique et sur le plan politique », a noté le Premier ministre français. « Donc nous devons tout faire pour que la Grèce reste dans la zone euro », a-t-il insisté, en se disant convaincu qu’ « un accord est toujours possible ». Les négociations « n’étaient pas terminées », a-t-il souligné. Alors que les gouverneurs de la Banque centrale européenne devaient décider hier s’ils maintiennent les banques grecques sous perfusion, Manuel Valls a jugé que la BCE ne pouvait « pas couper les vivres » aux Grecs. Manuel Valls a encore assuré que l’économie française « ne serait pas affectée » par une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro. « Une sortie de la Grèce serait grave pour le peuple grec, mais l’économie française ne serait en revanche pas affectée », a-t-il affirmé. Internationale LUNDI 29 JUIN 2015 APRÈS LE SANGLANT ATTENTAT CONTRE DES PLAGES À SOUSSE La Tunisie cherche à sécuriser ses infrastructures touristiques Au moins 15 Britanniques ont péri selon le Foreign office, un bilan qui pourrait s’alourdir car les autorités tunisiennes n’ont pas encore fini d’identifier les 38 victimes. onfrontées à l’essor de la mouvance jihadiste, les autorités tunisiennes s’évertuent à trouver les moyens de sécuriser plages et sites touristiques, deux jours après un attentat contre un hôtel en bord de mer qui a fait 38 morts, le plus sanglant de l’histoire du pays. Vendredi, un jeune Tunisien a fait irruption sur la plage de l’hôtel Riu Imperial Marhaba à Port El Kantaoui, près de Sousse (140 km au sud de Tunis), une kalachnikov cachée dans son parasol, avant d’ouvrir le feu sur les touristes. Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l’attaque, affirmant que le jihadiste, identifié par les autorités comme Seifeddine Rezgui, né en 1992 et étudiant à Kairouan (centre), avait tué « des sujets des Etats de l’alliance croisée », en allusion à la coalition internationale antijihadistes menée par les Etats-Unis qui bombarde ses fiefs en Syrie et en Irak. Lors d’une réunion samedi soir à Tunis, les ministres de l’Intérieur et du Tourisme ont examiné les moyens de protéger « les sites touristiques et les plages par des unités armées de la police », a expliqué le ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli à des journalistes. Quelques heures après l’attentat qui a fortement compromis la saison touristique, le Premier ministre Habib Essid avait annoncé un plan « exceptionnel » et le déploie- C Les autorités tunisiennes ont placé les infrastructures touristiques sous haute surveillance. NPM l’hôtel Riu Imperial Marhaba victime de l’attentat de vendredi ment « d’unités de la sécurité touristique, armées, le long du littoral ainsi qu’à l’intérieur des hôtels à partir du 1er juillet ». Avec l’attentat de Port El Kantaoui et celui du musée du Bardo en mars (22 morts dont 21 touristes), également revendiqué par l’EI, la Tunisie ne peut « plus rester à l’écart de mesures difficiles », a reconnu M. Gharsalli. « Cela est coûteux pour le ministère de l’Intérieur et pour le gouvernement financièrement et humainement », a-t-il souligné en évoquant « au moins 1.000 agents mis à disposition des sites touristiques ». Mais « nous sommes déterminés à protéger notre pays et à fournir la protection sécuritaire (nécessaire) en attendant de nous débarrasser définitivement du fléau du terrorisme », a encore dit M. Gharsalli. Le Conseil national de sécurité tunisien devait se réunir dans la journée à la présidence, à Carthage, pour décider des « mesures complémentaires » à mettre en place après le massacre de vendredi. Avec 1.000 km de littoral, d’innombrables plages et des sites archéologiques de renommée internationale, la Tunisie a très longtemps été l’une des destinations phare des tours opérateurs européens. Mais depuis la révolution de 2011 qui a chassé du pouvoir Zine El Abidine Ben Ali, les bouleversements politiques, les tensions économiques et sociales et la montée du jihadisme ont pesé sur le secteur vital du tourisme - quelque 7% du PIB. Sur le court-terme, les professionnels du secteur n’ont guère d’espoir. « Depuis vendredi, c’est le désert », racontait samedi soir Imed Triki, un commerçant de Sousse. « Ce ne sont pas les Tunisiens qui vont sauver la saison touristique, et les touristes vont nous bouder pour une longue période ». Les réservations avaient déjà chuté après l’attentat du Bardo et dès vendredi soir, les touristes s’empressaient de quitter le pays. Selon des tours opérateurs britanniques et belges, quelque 4 500 touristes devraient avoir été rapatriés d’ici hier soir par des vols spécialement affrétés. Selon le site de l’aéroport d’Enfidha, entre Sousse et Tunis, un avions quittait le tarmac toutes les 15 à 20 minutes hier. Le tour opérateur belge Jetair a annoncé l’annulation de ses vols vers la Tunisie jusqu’au 31 juillet. Tunis n’a toujours pas publié la liste détaillée des morts, un responsable à la Santé soulignant que les victimes n’étaient vêtues que de leurs maillots de bain au moment du carnage, sans papiers d’identité sur elles. A part les victimes britanniques, une Allemande, une Belge, une Irlandaise et une Portugaise figurent parmi les morts selon les autorités. Les touristes étaient clairement visés à Port El Kantaoui selon plusieurs témoignages. GUERRES ET ATTENTATS AU MOYEN-ORIENT La diplomatie contre la logique de guerre UN COLLOQUE SUR « le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances » se tiendra aujourd’hui à Paris en présence de Jean-Pierre Chevènement. I ALI TIRICHINE vec la dernière phase des négociations sur le nucléaire iranien ainsi que les guerres et les attentats en Orient, une rencontre sur cette partie du monde n’est pas inutile pour éclairer les décideurs sur les éta pes à suivre afin d’approfondir la compréhension sur les mouvements jihadistes amis ainsi que sur le rôle des puissances étrangères dans la construction des modèles de défense dans cette partie du globe riche en ressources énergétiques. C’est tout le sens donné à la participation de Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques et direc teur de la rédaction de la revue Pétrole et gaz arabes.. Des connaisseurs du terrain vont expliquer leur expérience dans la gestion des conflits comme c’est le cas pour l’am- A bassadeur Loïc Hennekinne. Pour le côté académique, c’est Bertrand Badie, professeur de relations internationales à Sciences Po, qui fera un exposé sur les motivations des puis sances étrangères dans la région. Avec la Turquie, l’Iran est l’une des puissances non arabes à vouloir influer sur la région dans un contexte d’affaiblissement de l’Egypte et de concurrence avec l’Arabie saoudite. Dans ce cadre, François Nicoullaud, ancien ambassa deur en Iran, prendra la parole sur les négo ciations actuelles avec les puissances occiden tales. Quant à Flavien Bourrat, spécialiste du Monde arabe, ancien chef du bureau Maghreb, Proche et Moyen-Orient à la Délégation aux affaires stratégiques du ministère français de la Défense, il devrait s’attarder sur les tentatives continues de dés tabilisation de cette sphère géographique. Ce ne sont donc pas les nouveaux enjeux de sécurité qui manquent. Le Moyen-Orient était déjà un enjeu capital lors de la Guerre froide « riche » en interventions extérieures. Même Jean-Pierre Chevènement, qui avait fait un passage au ministère de la Défense en pleine guerre d’Irak, se souvient que son pays était déjà engagé dans certaines opérations et pas seulement au Moyen-Orient. C’est le cas de l’opération Epervier au Tchad en 1984 qui mobilisait autant d’hommes que Barkhane au Mali aujourd’hui. Chevènement a rappelé il y a quelques jours, dans une communication sur les nouveaux enjeux de sécurité, l’intervention dans la guerre du Golfe avec les alliés des Américains au lendemain de l’invasion du Koweit par Saddam Hussein. Chevènement avait une préférence pour une solution diplomatique contre une logique de guerre. Il fallait ensuite faire accepter celle-ci à l’opinion. Mais c’est une autre affaire. A plusieurs reprises François Mitterrand avait laissé entendre qu’il aurait préféré trouver une issue diplo matique. Il témoigne en ces termes en s’exprimant directement à Dick Cheney en octobre 1990 : « Si, comme je l’ai entendu dire par Mme Thatcher, vous voulez briser l’échine de l’Irak, vous allez détruire le seul régime laïc, certes dictatorial, mais laïc et moderne qui s’oppose au déferlement de l’intégrisme dans le Monde arabo-musulman.» A cet instant, il pensait aux ayatollah ira niens mais aussi aux ennemis jurés des natio nalistes arabes qu’étaient, depuis leur créa tion en 1928, les Frères musulmans et bien sûr également à Oussama Ben Laden et à ses djihadistes. Même s’il est remplacé par Daesh qui a frappé la Tunisie vendredi dernier. A. T. NUCLÉAIRE IRANIEN L’heure des choix a sonné A DEUX JOURS de la date butoir initialement fixée pour parvenir à un accord historique, des « décisions très difficiles vont devoir être prises », a prévenu le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond. a négociation internationale sur le nucléaire iranien est entrée hier dans une phase critique, chaque partie exhortant l’autre à faire de difficiles « choix politiques », le chef de la diplomatie iranienne devant pour sa part rentrer à Téhéran pour consultations. Les négociations vont cependant se prolonger au-delà de la date du 30 juin, en principe pour quelques jours, afin de parvenir à un « bon accord global », a annoncé une source iranienne, confirmant ce que tous les négociateurs laissaient déjà entendre. « Je l’ai déjà dit plusieurs fois et je le redis aujourd’hui, plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord », a-t-il ajouté. Un peu auparavant, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini avait prévenu que L l’heure des choix politiques avait sonné dans cette épuisante négociation, entamée il y a 20 mois, entre Téhéran et les grandes puissances du P5+1 (Etats-Unis, GrandeBretagne,Russie, Chine, France et Allemagne). « C’est une question de volonté politique. Si toutes les parties font preuve de volonté politique, on y arrivera », avait-elle déclaré à son arrivée. L’heure semble désormais aux consultations. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif devait quitter Vienne pour rentrer à Téhéran hier, ont indiqué des médias officiels iraniens, assurant que ce retour était prévu. Selon les agences Irna et Isna, M. Zarif retournera à Vienne « après avoir passé une journée à Téhéran ». Les chefs de la diplomatie du P5+1 (Chine et Russie étant pour le moment représentées par des vice-ministres) devaient se réunir hier en début d’après-midi pour faire le point sur les négociations. John Kerry et Mohammed Javad Zarif, les deux principaux protagonistes du dossier, en étaient déjà convenus vendredi, avant même d’entamer leurs discussions: il reste « beaucoup » de pain sur la planche pour parvenir à un accord historique sur le nucléaire iranien. Les grandes puissances veulent s’assurer que l’Iran ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions internationales qui asphyxient son économie depuis une décennie. Mais après de longues années de tensions et 20 mois de discussions acharnées, et malgré 17 la conclusion d’un accord-cadre à Lausanne en avril, les positions apparaissent encore très éloignées sur plusieurs points cruciaux. Arrivé à Vienne samedi, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a rappelé « au moins trois conditions indispensables » pour sceller un accord. A savoir une limitation durable des capacités nucléaires iraniennes de recherche et de production, un retour automatique des sanctions en cas de violation des engagements pris et des inspections « rigoureuses » des sites iraniens, « y compris militaires si nécessaire ». Or le guide suprême Ali Khamenei, qui a la haute main sur le dossier nucléaire, a réitéré en début de semaine son refus de toute inspection des sites militaires, une « ligne rouge » non négociable selon lui. M. Khamenei a également déclaré ne pas accepter de « limitations de longue durée » du programme nucléaire, alors que les grandes puissances souhaitent le brider pour au minimum 10 ans. M. Zarif a de son côté rappelé la principale exigence iranienne : « la levée de toutes les sanctions ». « Ne croyez pas que l’Iran a besoin de cet accord », a cependant averti le président du parlement iranien, Ali Larijani, cité par l’agence Irna hier. « Nous accueillons favorablement un accord car c’est dans l’intérêt de tous mais ne croyez pas que nous supporterons plus de pressions (...) N’obligez pas l’Iran à renoncer à la voie des négociations », a-t-il lancé. Culture LUNDI 29 JUIN 2015 I Ecouter I Voir I Lire SOUAD MASSI ET MATT HOUSTON ENVOÛTENT LEUR PUBLIC IN LIVE Rock, sensualité et nostalgie… DEUX PLATEAUX au choix et une nuit mélodieuse bercée par les doux effluves du mois de Ramadhan… LE 2e FESTIVAL DU FILM COURT En préparation à Oran La 2e édition du Festival d’Oran du film court incitant au bénévolat (Fofib 2015) se tiendra en septembre prochain sous le slogan «Libérez votre créativité», a-t-on appris hier auprès des organisateurs. «Tous les amoureux du 7ème art, amateurs ou professionnels, sont invités à participer à cette nouvelle édition du Fofib, prévue les 18 et 19 septembre», a précisé Réda HadjSahraoui, membre du groupe initiateur appelé «Algériens optimistes». «Conformément à la vocation de ce festival, les oeuvres privilégiées sont celles encourageant les comportements exemplaires et le civisme», a-t-il expliqué, citant, entre autres thèmes, «le bénévolat, la bienfaisance, l’entraide et les valeurs de bonne citoyenneté». «Les courts-métrages seront présélectionnés et départagés par un jury de professionnels du monde du cinéma qui décernera le Prix du meilleur film incitant au bénévolat de cette année», ont indiqué les organisateurs dans leur appel à participation fraîchement lancé sur les réseaux sociaux. «L’idée, la qualité du travail et surtout les audiences sur Internet trancheront entre les différents travaux retenus pour la compétition», a-t-on souligné. Une vingtaine de cinéphiles de différentes wilayas du pays avaient participé, en août 2014, à la première édition de cet événement culturel, dont le Premier Prix fut remporté par le jeune Mohammed Mhamdi pour son court-métrage intitulé Ana Mawjoud (J’existe). Ce cinéaste en herbe, domicilié dans la wilaya de Tindouf, s’était distingué des autres concurrents par son message original en faveur de l’inclusion des personnes aux besoins spécifiques. FESTIVAL «NASSAMET ANDALOUSSIA» Il se tient en Tunisie jusqu’au 8 juillet Un festival «Nassamet Andaloussia» (Parfums andalous), consacré au patrimoine musical andalou, se tient depuis vendredi et se poursuivra jusqu’au 8 juillet à Ariana dans le nord de Tunis. La soirée inaugurale de cette manifestation artistique a été assurée par la troupe «Grenade du malouf» de la région de Kalaât al-Andalous. Plusieurs troupes musicales des différentes régions de la Tunisie prendront part au festival dont la troupe du malouf et du patrimoine andalou de Bizerte, la troupe de cheikh Kawem El malouf de Tebourba (Manouba), la troupe Layali Néapolis de Nabeul et la troupe des cheikhs du malouf de Testour, selon le programme annoncé par l’agence de presse tunisienne TAP. Les deux dernières soirées du festival seront animées, respectivement, par la troupe Ouled Ben Azzouz du malouf et mouachahat de Zaghouan. La troupe Itr al-Madina sera l’invité d’honneur à la soirée de clôture. Des conférences thématiques autour, entre autres, de la présence des Andalous en Tunisie, leur apport à la vie sociale et économique de la région et leur héritage architectural, seront également au menu. I O. HIND ’est en tant que comé dienne que nous l’avons laissée le mois dernier à Oran, dans le cadre du Festival du film arabe, où elle était venue présenter le film algéro-palestinien Ouyoun el Haramiya de Najwa El Najjar, c’est en tant que chanteuse que nous l’avons retrouvée samedi dernier au théâtre de verdure d’Alger, concert organisé par Djezzy auquel un monde assez appréciable est venu s’abreuver des chansons mélodieuses de Souad Massi, artiste au grand cœur qui n’a pas vu son public algérois depuis près de 10 ans. C’est donc avec beaucoup d’émotion qu’elle retrouvera les siens en concoctant un programme qui alliera son ancien répertoire ainsi que des chansons issues de son nouvel album sorti il y a à peine trois mois en France et intitulé El Mutakallimûn (les maîtres du verbe, 2015). Un album composé de textes de grands poètes arabes (de la période antéislamique au XXe siècle) sur des arrangements bien contemporains plutôt vifs, tantôt mélancoliques. Coachée pour l’addiction, elle nous avouera même après le concert avoir eu quelques difficultés pour la prononciation de quelques mots, chose qui se ressent parfois dans le chant. Un réel challenge pour elle en tout cas, qu’elle a su relever cependant avec une certaine délicatesse quand même remarquée, délicieusement remédiée grâce à l’émotion que dégage sa voix assez spéciale, faut-il le reconnaître. Accompagnée d’un orchestre assez méditerranéen et ouvert sur les sonorités du monde (percussions, guitare-basse, guitare électrique, banjo, oûd et claviers), Souad Massi a interprété notamment El-Mutanabbi, Ilia Abou Madhi laissant à écouter un melting-pot de sonorités allant du rock aux musiques d’Amérique latine, en passant par le flamenco et le châabi. Parmi les chansons marquantes de l’album, le poème Ila Toghat El Alaam, un texte dénonçant la tyrannie, écrit par le grand poète tunisien Abou El Kacem Echabbi (1909-1934) et qui a été présenté avec les rythmes entraînants du reggae. « Je dédie cette chanson à toutes les victimes du terrorisme et de l’in- C Une délicieuse nuit ramadhanesque justice, ici et à travers le monde », dira Souad Massi en évoquant la Tunisie, frappée vendredi dernier par un sanglant attentat terroriste. Elle fera découvrir aussi d’autres titres de son dernier album tels Lastou Adri, Ayna, Al Khaylou wa El laylou ou encore El Houriya. Elle reprendra les succès de ses précédents opus, des balades dans le pur style de la musique folk mais aussi ses ballades mélancoliques telles «Erraoui» (le conteur) repris en totale communion avec le public. « J’ai écrit cette chanson à l’âge de 17 ans », se souviendra la native de Bab El Oued, émue jusqu’aux larmes. Des youyous fusaient parfois et résonnaient dans l’enceinte du théâtre de verdure Laâdi Flici. Je suis très heureuse d’être dans mon pays, l’Algérie. Comme j’ai un autre groupe qui s’appelle Les cœurs de Cordoue, on rend hommage à la culture et à la poésie andalouses, comme je citais tout les soirs un poème d’Ibn Zeydoun, je me suis demandée pourquoi ne pas essayer de le mettre en musique, c’est de là qu’est venu cet album. Effectivement c’était difficile de les mettre en musique surtout les anciens textes de Zoheir Abi Salma du VIe siècle. Parce que si tu ne comprends pas ce que tu chantes, tu ne peux pas le mettre en musique. Donc j’ai dû renouer avec l’école (rire). J’ai travaillé avec un grand professeur qui m’a aidé. Un professeur de l’université de Dijon qui m’a beaucoup aidé, même si j’ai un grand mal à prononcer quelques mots ce soir, ce n’est pas grave. J’essaye de m’améliorer à chaque fois. Nous avons enregistré ici à Alger avec mon frère qui est ici présent... Il a fallu deux ans et demi de travail pour l’orchestration musicale. C’est un challenge. En tant qu’artiste, il faut oser. Et j’ai osé.» Et de poursuivre à propos de nos questions : « L’accueil a été timide en France. Il est sorti dans une atmosphère critique dans ce pays, entachée par les attentats. Car tout ce qui touche à la culture de l’islam est très mal perçu en Europe et en France, quand ils ont vu la qualité du travail, surtout les médias après qu’ils aient vu les textes, la calligraphie, cela s’est bien passé. Ils se sont intéressés après à mon travail… » Notons qu’avant elle, c’est la jeune et talentueuse Amel Zen qui fera la première partie du concert en se donnant comme une vraie bête de scène qu’elle est et en chantant ses plus belles chansons entre andalou, rock et musique kabyle. Si la nuit finissait en beauté et tout en douceur, un peu plus loin, du côté du chapiteau du Hilton, cette fois la soirée organisée par Mobilis cette fois et placée sous la houlette du festival Well sound promettait bien de déhanchement exotique avec le chanteur français d’origine guadeloupéenne Matt Houston qui a enflammé la piste avec ses vieux et récents tubes dont les plus entraînants comme Positif qui a fait bouger plus d’un sur le dance floor. L’artiste s’est mouillée la chemise en venant chanter en bas de la scène aux côtés de ses fans, entouré des agents de sécurité et les jeunes qui voulaient absolument se prendre en photo avec lui. Il faut dire que ses tubes des plus sensuels et les plus connus rappellent de beaux souvenirs d’été, de fête et de joie de vivre. Avant lui, un autre chanteur, algérien cette fois, est venu détendre l’atmosphère avec ses morceaux reprises anglo-saxons, à savoir Hicham Senouci, suivi du DJ du maestro Matt Houston qui lui fera monter la température au sein du chapiteau qui ne payait pas de mine au début en raison du manque de public. Mais la piste s’est bien remplie en deuxième partie de soirée, bien que de façon mitigée. Le meilleur reste à venir. O. H. HOCINE ZEHOUANE «Il faut réhabiliter le militant Mohamed Boudia» e moudjahid Hocine Zehouane a proposé samedi dernier à Alger de bapti ser un des établissements culturels du nom du militant et homme de théâtre Mohamed Boudia assassiné en 1973 par des agents du Mossad. Dans une cérémonie de recueillement organisée à l’occasion du 42e anniversaire du décès de Mohamed Boudia, son ami Zehouane, a souligné la nécessité de perpétuer la mémoire de ce militant à l’instar des autres chouhada et défenseurs de l’indépendance de l’Algérie. Le fils du défunt, Mourad Boudia, a regretté que le nom de son père ne fut donné à aucun édifice bien qu’il eut joué un rôle important dans la vie culturelle en Algérie outre son combat pour l’indépendance du pays. De son côté l’ambassadeur L de l’Etat de Palestine en Algérie Louai Aïssa a mis en avant l’apport de Mohamed Boudia en faveur de la cause palestinienne, «en dépit de moult difficultés». Ce militant qui a acquis une grande expérience lors de la guerre de Libération algérienne avait pris conscience de la portée mondiale de la cause palestinienne, a soutenu le diplomate palestinien rappelant que les militants palestiniens l’appelaient «ministre des Affaires étrangères de la Palestine». Evoquant les qualités de cet homme d’action et de réflexion surnommé «l’homme des missions difficiles», ses amis Si Miri et le colonel Snousi, ainsi que des dramaturges, à l’instar de Abdelhamid Rabia, ont rappelé les opérations de fidayine qu’il a menées. Mohamed 21 Boudia est né en 1932 à Bab Djedid (Haute Casbah). Il rejoint pour la première fois le théâtre et l’art dramaturge après sa rencontre avec l’artiste Mustapha Ghribi avant de rejoindre en 1955 après le déclenchement de la Révolution les rangs du Font de libération nationale (FLN). En 1957, il devient membre permanent de la Fédération de France du FLN. Il participe à plusieurs opérations de fidayine à Paris et à Marseille. Mohamed Boudia a milité aussi bien pour la cause de son pays que pour celle du peuple palestinien mettant l’expérience acquise pendant la Révolution au service de la lutte palestinienne. Le 28 juin 1973, il est victime d’un attentat à la voiture piégée par des agents du Mossad. Il a été enterré à Alger. 12 RAMADHAN 1435 sur internet http://www.lexpressiondz.com TORTURE, VIOLS, PASSAGE À TABAC AU SAHARA OCCIDENTAL Les Américains accablent le Maroc LES FORCES d’occupation marocaine usent de la torture, de passages à tabac et autres mauvais traitements contre les civils sahraouis. I MOHAMED TOUATI u pays de l’Oncle Sam on ne badine pas avec les droits de l’homme même si on a beau être les meilleurs amis du monde. Notre voisin de l’Ouest vient de l’apprendre à ses dépens. Les rapports et enquêtes établis par les organisations internationales de défense des droits de l’homme (Amnesty International, Human Rights Watch, la Fondation Kennedy…Ndlr) et le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture ont été qualifiés de crédibles par le département d’Etat américain dans son rapport sur les droits humains de l’année 2014. « Des rapports crédibles indiquent que les forces de sécurité marocaines font usage de la torture, des passages à tabac et autres mauvais traitements contre les Sahraouis détenus aussi bien pour des raisons politiques que dans les affaires de droit commun » écrivent les services de John Kerry cités par une dépêche de l’agence de presse officielle sahraouie (SPS) datée du 27 juin. Le rapport signale que l’exposé du 4 août du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a enregistré de nombreuses plaintes contre les forces de sécurité pour utilisation de la torture et de mauvais traitements par les autorités d’ El Aâyoune pour obtenir des aveux. Ajoute Sahara Press Service. Au fur et à mesure de la lecture du document US s’égrène un long chapelet de preuves accumulées qui renseignent sur le degré atteint par la répression dans les territoires occupés et le caractère violent qui caractérise les forces de police marocaines. « Dans son rapport de février 2013 sur la visite effectuée au territoire en 2012, Juan Mendez, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, a déclaré que les autorités ont utilisé la torture et les mauvais traitements pour obtenir des aveux, y compris lors de la garde à vue dans les postes de police et à la prison d’El Aâyoune » signalent les enquêteurs US. Le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, l’Argentin Juan IFTAR - 20:14 IMSAK - 03:30 DERNIÈRE HEURE DEUX TERRORISTES ABATTUS À AÏN DEFLA A «L’impunité généralisée (des forces de l’ordre marocaines) existe» Mendez, avait déclaré qu’ «il ne devrait pas être surprenant que des actes équivalant à la torture soient commis à l’occasion d’événements particulièrement intenses, tels que les grandes manifestations...» à la fin de la mission qu’il avait effectuée au Maroc et au Sahara occidental entre le 15 et le 22 septembre 2012. « Les ONG internationales et locales ont continué à signaler des abus, en particulier contre les défenseurs sahraouis de l’indépendance. Les militants qui ont été détenus puis libérés, ainsi que des membres de la famille d’un grand nombre de ceux qui sont encore en détention, ont formulé des accusations similaires », poursuit le département américain qui souligne que : « Selon le rapport du 4 août du Groupe de tra- vail des Nations unies sur la détention arbitraire, la police fait régulièrement des raids sur les maisons privées de partisans présumés ou connus de l’indépendance du Sahara occidental, en battant et maltraitant les résidents. » Le réquisitoire des services du patron de la diplomatie américaine, John Kerry, est sans appel. Arrestations arbitraires, disparitions forcées, interrogatoires musclés, pratique de la torture... font partie de la panoplie de la politique repressive menée par Rabat dans les territoires occupés. Le pouvoir marocain ferme les yeux. Washington met une nouvelle fois les pieds dans le «tadjine». «L’impunité généralisée (des forces de l’ordre marocaines) existe et des poursuites ne sont pas engagées contre ceux qui violent les droits de l’homme des Sahraouis», indiquait le département d’Etat dans son rapport mondial sur la situation des droits de l’homme publié le 27 février 2014. Le document US, d’une douzaine de pages, avait souligné que les forces de répression marocaine pratiquant la torture ne sont visées ni par des enquêtes ni par des sanctions «restent en position d’autorité», ce qui contribue «à la perception largement répandue de l’impunité». Rien n’a changé depuis. Reste à savoir si les traditionnels alliés du trône alaouite qui se sont pourtant offusqués d’une pareille situation se limiteront à la stricte publication de rapports accablants dénonçant cet M. T. état de fait… PAIEMENT PAR CHÈQUE Entre fraudes et restrictions des opérateurs seront obligés de fractionner leurs transactions en plusieurs parties pour effectuer le même approvisionnement à travers plusieurs enlèvements. LA PLUPART I ALI AMZAL partir de ce 1er juillet, l’Algérie basculera dans un nouveau mode de paiement. Désormais, le citoyen algérien n’aura plus le droit d’effectuer des transactions en espèces dépassant le seuil de 1 million de dinars pour les véhicules, et 5 millions de dinars pour les biens immobiliers. Toute l’interrogation serait de savoir si les citoyens algériens sont prêts pour cette nouvelle mesure, alors que depuis toujours, cette activité était des plus légales. Il faut rappeler que la dernière tentative de ce genre en 2004 avait échoué et a fini par être gelée pour impossibilité de son application et ces pour absence de marché. Les risques de dérives qui peuvent en découler, semblent être considérables, pour bon nombre d’observateurs. Le problème ne se situe pas au niveau des 10% que doivent déclarer les citoyens qui veulent intégrer leurs fonds dans le circuit bancaire. Mais, le plus difficile serait d’en expliquer la provenance. Le problème ne se posera pas aux ménages, qui n’effectuent pas un volume important de transactions, ni aux opérateurs du secteur public, puisque les transactions se faisaient déjà par chèque. A ce titre, les opérateurs du secteur privé seront les plus tou- A chés par cette mesure. Elle sera suivie, selon les opérateurs que nous avons rencontrés, par une autre technique, qui consiste à diviser le montant global de la transaction en plusieurs petits montants pour rester dans la possibilité du paiement cash. La plupart des opérateurs seront obligés de fractionner leurs transactions en plusieurs parties pour effectuer le même approvisionnement, à travers plusieurs enlèvements. D’autre part, le secteur d’approvisionnement en matériaux de construction sera sensiblement touché. Jusque-là, les paiements se faisaient normalement en espèces, le volume des transactions qui découle de ce secteur, s’avère trop sensible pour en perturber le fonctionnement. Mais là encore, la solution demeure la même. Par ailleurs pour les experts , on est loin du scénario de 2004, qui a conduit à des émeutes, suite à l’instauration du paiement par chèque à partir du seuil de 500 000 DA. Pour M.Hamidouche, expert en économie, « cette décision représente une étape intelligente, dans la mesure où les montants qui déterminent les seuils demeurent plus ou moins élevés ». Il explique, que dans cette disposition, une marge de manœuvre est laissée aux opérateurs, dans le but de leur laisser le temps de retomber sur leurs pieds. Selon l’expert, cette méthode aura pour résultat, l’acclimatation des opérateurs au nouveau dispositif. Ils auront durant ces années, mis en place un rythme de fonctionnement qui ne les pénalisera plus. Cela consiste simplement à se préparer aux grands pics d’approvisionnement , autrement dit, au lieu d’attendre , par exemple le mois de Ramadhane pour s’approvisionner en sucre, produit très consommé en cette période. l’opérateur n’attendra pas les dernières semaines pour s’approvisionner. Il procédera à ces transactions des mois auparavant. C’est ce qu’on appelle des campagnes d’approvisionnement. A ce rythme, il serait plus aisé d’arriver à instaurer le seuil de paiement par chèque à partir de 500 000 DA, sans pour autant soulever des foules. Par ailleurs, une fois ce seuil atteint, c’est le travail des commissaires aux comptes qui commencera pour ne plus s’arrêter. Et pour cause, toutes les transactions seront passées au crible et tout paiement en espèces représentera un acte délictueux, du fait que la TVA sera dissimulée par l’opérateur. D’autre part, cette mesure s’avère être une approche judicieuse dans la mesure où elle permettra aux opérateurs, après un temps d’adaptation, d’adhèrer à ce nouveau système de paiement, aux citoyens d’avoir plus de confort et de sécurité et à l’Etat de drainer la masse monétaire retenue par l’activité informelle, qui s’élève selon les estimations, à 3 700 milliards de dinars et 40 milliards de dollars. A. A. Deux terroristes ont été abattus samedi dernier à Aïn Defla par les éléments de l’Armée nationale populaire (ANP) qui ont récupéré des armes et une quantité de munitions, a indiqué hier le ministère de la Défense nationale dans un communiqué. «Dans le cadre de la lutte antiterroriste, un détachement de l’Armée nationale populaire relevant du secteur opérationnel d’Aïn Defla (1ère Région militaire) a abattu deux terroristes, samedi, suite à une embuscade près du lieudit Oued El-Kheraz, commune de Tacheta Zougagha, wilaya d’Aïn Defla», précise le MDN. L’opération a permis de récupérer «un pistolet mitrailleur de type kalachnikov, un fusil semi-automatique, deux bombes de confection artisanale et une quantité de munitions», ajoute la même source. Le communiqué du MDN note que «ce bilan vient s’ajouter à celui de l’opération menée le 24 juin 2015 dans la même zone où un terroriste a été abattu et un fusil semi-automatique a été récupéré». PLUS DE 3 QUINTAUX DE KIF TRAITÉ SAISIS À TLEMCEN Plus de trois quintaux de kif traité en provenance du Maroc ont été saisis par la brigade des douanes de Honaine (Tlemcen), selon un communiqué de la cellule de communication de la direction régionale des douanes. La saisie (3,33 q de kif) a eu lieu vendredi dernier lors d’un contrôle sur la Route nationale (RN 35) reliant Tlemcen à Maghnia, a indiqué la source. Un véhicule suspect, dont le conducteur a refusé d’obtempérer aux ordres des douaniers à Hammam Boughrara, a été pourchassé jusqu’au village de Meftahia (commune de Fellaoucene) où il fut abandonné avec à son bord la marchandise prohibée soigneusement dissimulée, at-on indiqué. RECRUTE AGENT DE SAISIE PROFESSIONNEL CORRECTEUR S’adresser au journal à la Maison de la presse de Kouba à partir de 10h. Nous informons notre aimable lectorat du changement de nos numéros d’appels téléphoniques. Prière de prendre note des nouveaux numéros : Tél. : 023 70.94.01 - 023 70.94.02 023 70.94.03 Fax : 023 70.93.98 - 023 70.94.00
Documents pareils
La gestion des frontières en Algérie
Oran, Bejaia, Skikda et Annaba. Les ports d’Arzew à l’Ouest et de Skikda à l’Est sont connus pour
leurs activités d’exportation des hydrocarbures. Les ports de Mesr El Kébîr, dans la région ouest, ...