Le Livre blanc de la jeunesse à Marseille

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Le Livre blanc de la jeunesse à Marseille
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Le Livre blanc
de la jeunesse à
Marseille
Les Jeunes Socialistes
des Bouches-du-Rhône
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Nous remercions les militant-e-s des Jeunes Socialistes
sans qui ce projet n’aurait pu aboutir.
Nous remercions également l’ensemble des intervenant-e-s
qui ont contribué à nous éclairer grâce à leur expertise
dans chacun des débats que nous avons organisés.
Enfin, nous remercions toutes les personnes qui ont pris part,
directement ou indirectement, à ce projet et ont,
ainsi, contribué à son aboutissement.
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Sommaire
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1. Le projet Horizon 2014
1.1 Le temps des préparations
1.2 Le temps des débats
1.3 Le temps des conclusions
2. Le Pacte d’Engagement envers les Jeunes Socialistes
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2.1 Des engagements sur la conduite à tenir par l’élu-e
2.2 Des engagements sur l’exercice du mandat
2.3 Des engagements vis-à-vis de la famille socialiste
3. Les propositions communes à Aix et Marseille
page 13
4. Les propositions pour Marseille
page 15
4.1 Le transport
4.2 Le logement
4.3 La santé
4.4 L’éducation populaire
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1. Le projet Horizon 2014
Le Mouvement des Jeunes Socialistes est une organisation autonome du Parti Socialiste. De
ce fait, les Jeunes Socialistes élisent leurs propres représentants à tous les échelons (de la
ville jusqu’au niveau national) et décident de leur propre ligne politique. De plus, nous
avons, avant chaque grande échéance électorale, la capacité d’apporter nos propositions
pour la jeunesse aux candidat-e-s désigné-e-s par le Parti Socialiste. C’est de cette manière
que nous avons fait voter le PACS en 1999 ou encore la carte de transport « Zou » par la
région Provence Alpes Côte d’Azur.
En 2014, deux grands combats auront lieu dans les Bouches-du-Rhône : à Marseille et à
Aix-en-Provence. Nous, socialistes, aurons à déloger deux leaders de la droite
bucchorodanienne. Cette année 2013, va donc être l’occasion pour les Jeunes Socialistes
des Bouches-du-Rhône ainsi que pour toutes celles et tous ceux qui veulent voir la situation
changer dans nos villes, de rédiger le projet de la jeunesse à Marseille et à Aix-en-Provence
pour les élections municipales qui s’annoncent : Horizon 2014.
Nous avons divisé ce projet en trois temps : les préparations, les débats et les conclusions.
1.1 Le temps des préparations
Pour commencer ce projet, nous avons tout d’abord organisé une Assemblée Générale de
présentation auprès des militants des Jeunes Socialistes 13 ou chacun-e pouvait donner
son avis sur Horizon 2014. Ensuite, nous avons mis en place une journée de formation à
Marseille sur les thèmes suivants :
•
la décentralisation
•
l’extrême droite
•
l’Europe
Cette journée de formation était l’occasion pour celles et ceux qui le désirent de connaître
exactement les compétences de la mairie, des mairies d’arrondissements, de Marseille
Provence Métropole (MPM), de la Communauté du Pays d’Aix (CPA,) de la future métropole
etc… afin de commencer la rédaction du projet sur de bonnes bases. Nous savions ainsi
exactement quelles propositions pouvaient être faites et quelles autres ne relevaient pas de
la compétence des instances visées en 2014.
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Des ateliers sur l’Europe et l’extrême droite ont été organisés, n’oubliant pas les idées
foncièrement européanistes de notre organisation tout comme son combat de toujours
dans la lutte contre les extrêmes.
1.2 Le temps des débats
Un temps de débats a suivi le cours de ce projet. Il fut le moment pour tous les militants et
les jeunes des villes d’Aix-en-Provence et de Marseille de s’exprimer sur quatre thèmes
cruciaux pour la jeunesse:
•
le transport
•
le logement
•
l’éducation populaire
•
la santé et le social
Lors de ces quatre débats nous avons invité des intervenant-e-s spécialisé-e-s sur chacun
des sujets pour venir dresser le bilan de la droite depuis 18 ans pour Marseille et 12 ans
pour Aix-en-Provence. À nous, jeunes de ces villes de préparer les propositions du
changement dans nos villes en matière de transport, de logement, d’éducation populaire et
de santé.
1.3 Le temps des conclusions
Pour terminer, un temps de conclusions a permis d’achever notre projet. Nous avons à ce
moment-là, pris l’ensemble des propositions émises lors de ces réunions, ainsi que les
contributions déposées sur le site internet pour dégager une dizaine de propositions de la
jeunesse dans chacune des villes.
Nous avons rédigé ensuite un livre blanc de la jeunesse pour chacune des villes de
Marseille et d’Aix-en-Provence qui rassemble le bilan de la droite et nos propositions en
matière de jeunesse pour 2014. Ces propositions sont de deux ordres : certaines font partie
d’un socle commun à nos deux villes et d’autres sont spécifiques au territoire marseillais.
Nous remettrons ce livre blanc à chacun-e-s des candidat-e-s à la primaire ouverte du Parti
Socialiste de Marseille. Ce livre blanc présente également, en préambule, un pacte
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d’engagement envers les Jeunes Socialistes, que nous demandons aux candidat-e-s de
signer.
Au-delà de la remise aux candidat-e-s à la primaire de ce livre blanc, ce projet se traduira
par des actions militantes régulières pour faire signer nos propositions aux jeunes qui se
sentiront en adéquation avec ces propositions de changement à Marseille.
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2. Le Pacte d’Engagements envers les Jeunes Socialistes
Le devoir éthique doit être une exigence à laquelle chaque élu doit se soumettre. Jeunes
Socialistes de tous les horizons, nous sommes conscients que notre pays traverse une crise
politique et institutionnelle majeure. La confiance entre le peuple et ses représentants est de
plus en plus ténue et présente une double origine : la crainte des promesses non honorées
et la mise en doute de l’indépendance et de la transparence des élus.
2.1 Des engagements sur la conduite à tenir par l’élu-e
L’exigence d’avancer passe par des promesses respectées. L’un des 60 engagements de
François Hollande était l’interdiction du cumul des mandats. Nous, Jeunes Socialistes, nous
réjouissons de l’adoption par l’Assemblée Nationale du projet de loi interdisant le cumul
des mandats des parlementaires et estimons que ce projet va dans la bonne direction.
Car aujourd'hui encore, les trois quarts des parlementaires ont
plus d'un mandat en
France – une situation exceptionnelle au regard des autres pays, notre pays étant
aujourd’hui le seul parmi les démocraties occidentales à accepter le cumul des mandats.
Les candidats socialistes aux élections législatives avaient pris l’engagement moral de
démissionner de leurs mandats exécutifs locaux. Certains ont tenu leur parole mais
représentent cependant une minorité. L’exigence démocratique, la transparence et
l’exemplarité imposent d’en terminer avec cette anomalie française.
Il est grand temps de faire preuve de courage politique et de respecter cette promesse
plébiscitée par les Jeunes Socialistes mais au-delà, par une grande majorité de citoyens
français.
Cette mesure permettra une indispensable modernisation de la vie politique française et
constituera une avancée démocratique majeure. Elle entraînera un renouvellement de la
classe politique, insufflera un nouveau souffle et favorisera la parité et la proximité des élus.
De plus, pour assurer une gouvernance éthique, il est primordial que l’indépendance des
élus soit sans cesse réaffirmée. Il est des exigences qui appellent l’impatience. Pour en finir
avec les conflits d’intérêt qui rongent les sphères du pouvoir, pour garantir l’indépendance
de la justice ou encore renforcer et appliquer les règles d’inéligibilité des élus condamnés
pour corruption, les Jeunes Socialistes doivent batailler sans relâche.
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2.2 Des engagements sur la gouvernance de l’élu-e
Le devoir d’éthique doit également se trouver dans la gouvernance assurée par les élu-e-s
au cours de leur mandat.
L’actualité de notre région a trop souvent été rythmée par les soupçons et les accusations
quant à l’attribution frauduleuse de subventions. Les subventions aux associations de
toutes sortes (culturelle, sportive, sociale etc.) sont fondamentales pour le bon
fonctionnement de notre société. En effet, les associations constituent un vivier
indispensable au dynamisme de notre région et réalisent bien souvent un travail
exceptionnel avec des moyens très limités. Néanmoins, les subventions sont de l’argent
public. C’est l’argent du contribuable et il doit être dépensé au service des citoyens. Les
subventions doivent donc être attribuées selon des critères objectifs en accord avec les
compétences de la collectivité en question et avec les grandes orientations des politiques
publiques définies. De même, les procédures doivent être transparentes et chaque citoyen
doit pouvoir demander des comptes à ses élu-e-s. C’est l’intérêt général qui doit être au
centre de chaque décision et non l’intérêt particulier ou électoraliste. C’est la seule façon de
restaurer la confiance perdue entre les citoyens et la classe politique.
D’autre part, les concitoyen-ne-s ne peuvent pas être consulté-e-s et écouté-e-s uniquement
entre deux mandats quand il s’agit de faire des promesses et de chercher des voix. Il est
fondamental qu’une fois élu-e-s, les hommes et les femmes politiques ne se coupent pas
de la société civile. Si c’est à eux de fixer les grandes orientations des politiques publiques,
ils doivent s’appuyer sur la société civile qui constitue une ressource particulièrement riche.
Les habitant-e-s sont non seulement les mieux à même de pointer les problèmes qu’ils
connaissent au quotidien mais peuvent aussi être une force de proposition. La politique
doit se faire dans l’intérêt du citoyen et il est plus que nécessaire, pour recréer du lien entre
les politiques et la population, que le citoyen soit replacé au centre des préoccupations,
notamment grâce à la concertation avec les organes existants (Conseils d’Intérêt de
Quartier). De plus, la création d’un équivalent du Conseil Économique et Social au niveau de
notre ville pour permettre aux citoyens de s’exprimer est primordial.
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2.3 Des engagements vis-à-vis de la famille socialiste
Le devoir d’éthique c’est aussi protéger notre parti contre vents et marées. Nous sommes
dépositaires d’une histoire, celle de la SFIO, des grandes avancées du Front Populaire à la
création de la CMU en passant par l’abolition de la peine de mort. Il est du devoir des jeunes
de le rappeler aux élus : le parti appartient aux adhérents et aux sympathisants. Ainsi, l’élue lorsqu’il est touché par une affaire de quelque nature qu’elle soit, doit s’engager à se
mettre en retrait du parti pour que celui-ci ne soit pas éclaboussé comme cela a trop été le
cas par le passé.
L’élu-e doit également s’engager à promouvoir le débat au sein du parti, quitte à ce que
celui-ci se positionne contre la politique menée dans la mairie. C’est le rôle d’un parti
politique dans notre démocratie, être le lieu du débat pour aguiller les élu-e-s. Trop souvent
le parti a été sclérosé par un-e élu-e devenu influent. Faire vivre le débat au sein du parti doit
être une priorité pour les élu-e-s.
L’engagement du/de la candidat-e socialiste aux municipales doit être de faire du parti un
sanctuaire qu’il/elle devra protéger contre toutes les tempêtes. Mais il doit également être
considéré, comme ses militant-e-s pour ce qu’il est : la machine capable de produire les
idées neuves qui donne dans la démocratie le pouvoir aux progressistes.
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3. Les propositions communes à Aix et Marseille
Nous, jeunes socialistes des Bouches-du-Rhône, réunis autour de notre projet commun
Horizon 2014, avons à cœur d'être force de propositions pour la métropole Aix-Marseille en
devenir.
C'est à ce titre que nous avons élaboré quatre propositions phares reprenant nos quatre
axes de réflexion dans le cadre des municipales à Aix et à Marseille : transport, logement,
santé et éducation populaire.
Ces mesures ont pour but de donner une place centrale à la jeunesse dans la métropole
pour que celle-ci soit en mesure de s'émanciper et de s'épanouir.
La gratuité des moyens de transports sur l’ensemble du réseau métropolitain pour les
jeunes de 15 à 29 ans.
Après le succès de la carte zou de la région PACA qui était une proposition du MJS en 2008,
nous souhaitons permettre à tous les étudiants et jeunes travailleurs de pouvoir aller
exercer leur activité quotidienne sans se ruiner en déplacement, tout en densifiant le réseau
nocturne, dimanches et jours fériés pour faire une métropole jeune et dynamique.
Le doublement du nombre de logement étudiant sur l’aire métropolitaine
Après avoir constaté un cruel manque de logements aux loyers adaptés aux jeunes, nous
nous hâterons de doubler le nombre de logements étudiants sur l'académie d'Aix-Marseille
en six ans et d'enrichir les offres des foyers de jeunes travailleurs. Ces types d'habitats
participent réellement à l'autonomie des jeunes et de la création de lien social.
La mise en place d’un chèque santé d’un montant de 200 € pour tous les étudiants
Une proportion importante d’étudiant-e-s ne peut avoir accès à une complémentaire santé
pour des raisons financières or, celle-ci, est indispensable pour éviter l’automédication et le
renoncement aux soins. Il nous semble indispensable de permettre à chacun-e de souscrire
à une complémentaire santé. Nous proposons donc, comme cela existe dans d’autres
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collectivités, la création d’un chèque santé d’un montant annuel de 200 euros pour tous les
étudiant-e-s.
La création d’un chéquier « éducation populaire » pour les jeunes de la métropole
Enfin, nous souhaitons qu'après Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture
2013, notre territoire continue à rayonner culturellement et pour longtemps. La métropole
a ainsi - à notre sens - un rôle clé à jouer. Elle devra ainsi pouvoir garantir aux jeunes un
épanouissement intellectuel en leur donnant accès gratuitement à une base culturelle
extra-scolaire et en lui permettant d'appréhender la création en finançant des cours de
musique ou de sport.
Nous voulons ainsi un chéquier dédié à l'éducation populaire comprenant des bons de
réduction pour assister à des événements culturels diversifiés (théâtre, danse, exposition,
etc.) et pour accéder à la pratique et à la création (cours de musique ou de sport).
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4. Les propositions pour Marseille
Avant de présenter les constats et propositions des Jeunes Socialistes pour la ville de
Marseille, il est nécessaire de rappeler les buts et les valeurs de notre famille politique.
L’impatience de la jeunesse ne sera pas un frein mais le moteur du changement dans cette
ville. Notre ville n’en peut plus d’être gouvernée par une droite immobile, dont le seul
objectif a longtemps été le court-terme. Nous ne sommes pas condamnés au
conservatisme.
Nos valeurs en tant que socialistes
Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, c’est vouloir changer la
société. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et du combat
pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la
personne humaine. C’est aussi et bien sûr lutter pour un idéal d’égalité, combattre les
écarts entre riches et pauvres, combattre la misère, la pauvreté. Être socialiste c’est porter le
progrès comme une fierté, mais aussi comme un combat inlassable. L’amélioration de la
vie humaine est notre première priorité. Être socialiste c’est être réformiste. Nous voulons
changer la société en accédant aux responsabilités. La transformation sociale ne se décrète
pas, elle est le résultat d’une volonté collective de changer la vie.
Nos engagements en préambule de ce projet
Ce projet que nous proposons aujourd’hui reconnaît un certain nombre de valeurs
transversales qui se font échos dans chacune de nos propositions. L’impératif écologique
d’abord. Au XXIème siècle, changer la société passe par la prise en compte du
développement durable pour mieux vivre et pour l’héritage des générations à venir. La
démocratie et les valeurs républicaines sont ensuite des préalables. Écouter sans cesse le
peuple et respecter les règles qu’il édicte peut paraitre être une banalité mais c’est un
engagement à réaffirmer sans cesses. Pour finir, comme tout projet socialiste celui-ci
cherche à faciliter le vivre ensemble et à défendre sans cesse les plus pauvres.
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4.1 Le Transport
4.1.1Bilan des années Gaudin
La liberté et la capacité de se déplacer sont des facteurs importants à prendre en compte, à
la fois pour le développement d’une agglomération, et également comme condition sine
qua none à l’émancipation de sa jeunesse.
Un réseau archaïque et mal conçu
En étudiant en profondeur la question des transports dans la ville de Marseille, nous avons
pu constater de nombreux problèmes, en soulignant tout d’abord l’archaïsme des modes
de transports et leur incapacité à desservir correctement les quatre coins de la ville. Les
lignes de métro sont beaucoup trop courtes pour desservir correctement tous les secteurs,
et les lignes de bus trop mal réparties pour permettre à l’usager de se déplacer rapidement
et des horaires limités, indignes de la deuxième ville de France. Ces problèmes sont dus à
un réseau de transport greffé à un tissu urbain très ancien et mal organisé. Malgré les
quelques améliorations apportées pour Marseille Capitale Européenne de la Culture, les
transports en commun représentent encore un handicap pour la ville. Certains quartiers
sont très mal desservis, voire pas du tout, comme c’est le cas de certains quartiers nord de
Marseille.
La voiture : enjeux et difficultés
De part cette singularité du réseau urbain, la solution de transport pour les jeunes reste la
voiture. Comme dans les territoires ruraux, l’autonomie de la jeunesse marseillaise se fait
généralement grâce à l’acquisition du permis de conduire et d’un véhicule. En partie à
cause du manque de développement des moyens de transport, certains jeunes marseillais
qui entrent dans la vie active ou universitaire, ne peuvent pas compter sur les transports en
commun, comme le font les jeunes d’Ile de France ou d’autres agglomérations
universitaires. Ce fait devient un facteur d’accroissement des inégalités sociales. Ainsi les
jeunes de familles aisées obtenant leurs permis et un véhicule beaucoup plus rapidement
qu’un jeune venant d’une famille plus modeste a plus de chance de rentrer dans la vie
active: le permis de conduire est devenu une sorte de compétence professionnelle.
De plus obtenir son permis de conduire dans les Bouche du Rhône (en particulier à
Marseille) est devenu très compliqué. Le département affiche un des plus forts de taux
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d’échec de l’hexagone, bien devant le Var, l’Ille-et-Vilaine, les Yvelines, la Côte d’Or, l'Ardèche,
la Gironde ou le Finistère. Le délai moyen pour repasser son permis en cas d’échec est entre
6 et 7 mois. Quant aux prix, de nombreuses auto-écoles abusent des différences de taux de
réussites entre les secteurs (par exemple variant de 61% à Gardanne à 46% à Saint-Henri)
pour augmenter les prix. Cette situation intolérable, rend le permis de conduire à la fois trop
long, trop cher et trop difficile à obtenir. Ce qui explique pourquoi de nombreux jeunes
provenant des familles les plus modestes se tournent vers une solution radicale, conduire
sans permis. Car le permis devient difficile à acquérir compte tenu de ces difficultés, et la
situation se dégrade d’autant plus dans une ville avec une faible fiabilité des transports en
communs. Ce manque de fiabilité des transports en commun de la ville de Marseille
entraîne un déficit de confiance des Marseillais les poussant à se tourner vers la voiture
comme moyen de locomotion privilégié, voire unique.
Saturation et pollution : carton rouge
La saturation urbaine a de nombreuses conséquences néfastes pour les Marseillais : trafic
dense et lent (Marseille sous Jean-Claude Gaudin est devenue la deuxième ville la plus
embouteillée d’Europe après Varsovie !), circulation difficile, stationnement souvent
compliqué, ainsi qu’une pollution urbaine dramatique.
4.1.2 Des propositions pour changer la ville
Attribuer une aide financière aux jeunes passant le permis de conduire
L’obtention du permis de conduire reste un problème pour de nombreux jeunes, du fait de
son coût élevé. La municipalité devra attribuer une aide financière aux jeunes jusqu'à 25
ans désirant passer leurs permis de conduire. Cette aide sera échelonnée selon les revenus
du foyer de la personne, de la même manière que la bourse universitaire. En outre, la
municipalité devra se montrer vigilante face aux abus de certaines auto-écoles, en
établissant par exemple une liste transparente de leurs tarifications.
Augmenter le nombre de lignes nocturnes et la fréquence de passage sur tout le réseau
RTM
Pour optimiser l’efficacité des transports en commun, nous proposons de multiplier le
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nombre de passage des bus sur tous les réseaux RTM, en priorité dans les lignes les moins
bien desservies, ainsi que sur les lignes menant aux universités, aux écoles, et aux grands
axes de transport pour les étudiants. Nous préconisons également une généralisation du
passage nocturne et sécurisé des bus.
Promouvoir les modes de déplacements « doux »
Pour désengorger le trafic urbain, nous conseillons de miser sur les modes de transports
doux, c'est-à-dire ceux qui ne rejettent ni pollution ni gaz à effet de serre et sont sans
moteur (vélo, piéton, rollers...). Pour cela une généralisation des voies piétonnes (comme
l’illustre la rue Saint Ferréol) est nécessaire. Il est également nécessaire de densifier et
d’inscrire dans un parcours cohérent les pistes cyclables, afin qu’il soit possible de
parcourir à vélo de grands trajets en ville, tout en garantissant la sécurité des cyclistes. Pour
généraliser la pratique du vélo il est également indispensable de multiplier les parcs à vélo
et les stations de « vélo » (le service de location de vélo de la ville) de manière significative.
4.2 Le logement
4.2.1 Bilan des années Gaudin
L’habitat et le cadre de vie sont des éléments déterminants dans la vie sociale des individus.
C’est également à ce niveau-là que les inégalités sont les plus visibles. Notre logement, le
quartier dans lequel nous habitons, sont autant d’étiquettes que les autres habitants nous
renvoient et qui servent à nous définir. Habiter dans un logement insalubre ou vétuste,
c’est subir une double-peine : d’une part, vivre dans un environnement non sain, avec
toutes les conséquences sur la santé que cela implique, et d’autre part, se sentir
socialement dégradé. La question du logement est d’abord politique, elle est moins liée à
des considérations financières qu’au regard que l’on porte sur les habitants.
Un urbanisme à l’abandon
Dans l’après-guerre, Marseille devait évidemment être reconstruite, mais aussi accueillir de
nouveaux logements, des grands ensembles notamment, nécessaires pour répondre au
boom démographique de l’époque. Le développement et l’aménagement de la ville se sont
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donc faits sans une réelle réflexion globale. Alors que d’autres grandes villes (Lyon, Paris..)
s’organisaient et se structuraient avec des schémas urbains cohérents, à Marseille, il faudra
attendre 1973 et le schéma de création de la Communauté Urbaine, qui n’a jamais été
adopté, se limitant au seul territoire de Marseille. Les espaces publics se sont constitués
sans unité ni considérations esthétiques. Les politiques de logement à Marseille,
notamment celles menées par le Maire sortant, n’ont pas tenu compte de la précarité d’une
partie de la population, précarité que connaissent aujourd’hui aussi les jeunes : dans
certains quartiers, la population vit, en majorité, en-dessous du seuil de pauvreté.
Le Plan Local d’Habitat de Marseille permet de construire 1500 logements sociaux chaque
année, ce qui reste très insuffisant. S’il existe de nombreuses opérations d’aménagement
dans la ville, celles-ci sont très mal coordonnées, perdant ainsi de leur efficacité, et privant
une fois de plus la ville d’une cohérence urbanistique. Le marché de l’immobilier à
Marseille est ainsi dynamique, car les promoteurs se concentrent sur les projets les plus
rentables, destinés aux franges les plus aisées de la population. Les ménages défavorisés,
quant à eux, sont laissés pour compte : à l’heure actuelle, il manque environ 37 000
logements sociaux à Marseille.
Pauvreté et inégalités
La ville est donc séparée, entre « quartiers pauvres » et quartiers « riches » : les quartiers du
Nord de la ville abritent entre 30% et plus de 40% de logements sociaux (ils représentent
également près de 40% du total des logements sociaux de la ville) et ces territoires sont
frappés par le chômage, la pauvreté, l’insécurité. A titre de comparaison, il y a, dans les IV°,
V°, VI°, VII° et VIII° arrondissements de Marseille, entre 0 et 5% de logements sociaux.
Heureux hasard, les logements sociaux restent concentrés dans les quartiers
électoralement peu favorables à la droite !
Le manque de mixité sociale (qui cause par ailleurs de nombreuses tensions sociales)
s’ajoute aux problèmes d’insalubrité : l’habitat indigne représente 63 000 logements à
Marseille, et, pour les ménages les plus pauvres, les logements des « marchands de
sommeil » sont souvent la seule solution.
Si la Mairie propose désormais des aides pour accéder à la propriété, il n’en est rien pour la
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location, qui est pourtant la solution majoritairement choisie par les jeunes et les précaires.
Ce sont ainsi les habitants les plus fragiles qui ont été délaissés, d’une part, matériellement,
pour accéder à un logement digne, et d’autre part socialement (un logement, ce n’est pas
seulement quatre murs et un toit, c’est aussi une garantie d’autonomie, d’insertion sociale,
de « protection sociale »).
4.3.2 Des propositions pour changer la ville
Créer un service municipal de colocation étudiante
Le pôle universitaire Aix-Marseille est aujourd’hui le plus grand de France, de par le nombre de ses
étudiants, de ses personnels et par son budget. Les services aux étudiants sont pourtant trop peu
développés, et dans le cas des logements, souvent confiés aux promoteurs immobiliers. S’il existe
des offres de logement à Marseille, les services d’informations qui y sont liés restent insuffisants.
Trouver un logement en colocation relève ainsi souvent du casse-tête, à la fois pour les étudiants
Marseillais, mais aussi pour ceux qui arrivent dans la ville pour étudier.
Il est nécessaire de mettre en place un service municipal de colocation (sous la forme d’une
plateforme internet accessible via le site de la Mairie et/ou d’un bureau géré par la Mairie), qui
permettrait aux étudiants de déposer des annonces lorsque leur colocation dispose d’une place
vacante, d’en rechercher une, de trouver des informations et des conseils. Il s’agirait là d’un service
municipal, clair et transparent, aidant les étudiants à trouver le plus rapidement possible, une
solution de logement, les soutenant ainsi dans leur parcours vers l’autonomie.
Attribuer une aide au premier logement
Se loger à Marseille n’est pas chose aisée pour de nombreux jeunes, notamment les plus
modestes. Le montant des loyers, la nécessité de nombreuses garanties pour les bailleurs, sont
autant de difficultés à affronter lors de la location d’un logement, difficultés parfois insurmontables
pour les jeunes n’ayant pas la possibilité d’être aidés financièrement. La Mairie, qui accorde
actuellement des « chèques Premier Logement », destinés à faciliter l’accès à la propriété, et non à
la location, sous un certain nombre de conditions, n’offre pas de soutien financier véritablement
accessible aux jeunes.
Nous estimons nécessaire que la mairie attribue une aide de 500 euros au premier logement, à
laquelle tous les jeunes, jusqu’à 25 ans, pourraient prétendre lors de leur première location
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d’appartement. Cette aide permettrait aux jeunes d’avoir des conditions matérielles de vie
acceptables : avoir un premier logement suppose l’achat d’un certain nombre de biens, souvent
onéreux, et indispensables.
Il s’agit également là d’une aide à l’autonomisation des jeunes, aujourd’hui trop souvent
conditionnée aux revenus et au patrimoine de leurs parents. De nombreux étudiants sont
aujourd’hui contraints de travailler pour faire face aux charges de logement, or, le travail des
étudiants diminue fortement leur chance de réussite. Nous refusons que les étudiants paient, de
cette manière, le prix de leur autonomie.
Instaurer de nouvelles obligations écologiques dans la construction des logements étudiants
et sociaux
Notre ville a besoin d’une vision à long-terme. Elle en a manqué depuis de nombreuses années. La
transition énergétique, que nous devons engager le plus vite possible, notamment par la
construction de logements plus propres, moins énergivores, est un impératif pour nous, non
seulement en tant que socialistes convaincus de la nécessité de prendre des décisions plus
respectueuses de l’environnement, mais aussi en tant que Marseillais-e-s qui ne veulent pas voir
leur ville se dégrader davantage. C’est pourquoi, il faut établir de nouvelles obligations dans le
cahier des charges des constructeurs immobiliers, en partenariat avec la Ville, c’est-à-dire réduire
l’impact sur l’environnement des nouvelles constructions (pollution, dépenses d’énergie, pertes de
chaleur..) et à créer un environnement intérieur sain. Nous ne pouvons renoncer à nos exigences
environnementales dans les logements sociaux et étudiants : il s’agirait premièrement d’un nonsens pour une Mairie désirant engager une politique écologique, et deuxièmement d’un manque
de considération pour les habitants.
4.3 Santé
4.3.1 Bilan des années Gaudin
La santé chez les jeunes
Les chiffres en matière de santé chez les jeunes sont inquiétants. Selon les données réunies
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par La Mutuelle des Etudiant-e-s (LMDE), 19% des étudiants ne possèdent pas de
complémentaire santé, risque supplémentaire pour ceux-ci qui, lors d’un accident ou d’une
hospitalisation imprévue, devront financer à leur charge la part qui n’est pas prise en
compte par la sécurité sociale.
La faiblesse des budgets étudiants les contraint à procéder à des arbitrages dans leurs
dépenses et à renoncer notamment à un haut niveau de protection sociale. Egalement
alarmant : 12% des étudiant-e-s n’ont fait aucune visite médicale chez leur médecin
généraliste sur un an. Les dépassements d’honoraires rendent difficile la consultation chez
un médecin spécialiste. Finalement, 34% des étudiant-e-s renoncent à se soigner faute de
ressources financières adéquates.
Tous ces chiffres sont extrêmement préoccupants lorsque l’on sait que la plupart des
habitudes de santé sont prises à cet âge. Il est à craindre que les jeunes se tournent de plus
en plus vers l’automédication, ou alors – fait observé chez les populations les moins aisées
– attendent d’être en situation critique pour aller consulter un médecin. La renonciation
systématique aux soins pourrait devenir, dans le futur, un véritable problème pour la jeune
génération actuelle une fois entrée dans l’âge adulte.
Prévention et hygiène de vie
Outre ces problématiques, un volet prévention doit être développé à l’âge où l’on découvre
la vie. Les questions liées à la sexualité et aux maladies qui peuvent en découler, mais aussi
à la consommation d’alcool, de tabac ou de stupéfiants ne doivent pas être éludées.
La santé est également liée à l’hygiène de vie. La malnutrition d’abord, connait plusieurs
facteurs de développement : économiques (liés au prix des aliments), socio-culturels (les
habitudes alimentaires) ou éducatifs (méconnaissance de l’intérêt notamment d’une
alimentation variée, équilibrée, voire biologique). Les cas d'obésité sont donc plus
nombreux. L’hygiène dentaire devient également un problème pour les milieux défavorisés
au vu du prix des consultations.
L’état de la santé à Marseille
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À Marseille, pour qualifier la santé et l’hygiène de la ville, il suffit de dire qu’au courant de
l’été, 8 plages de la ville ont dû être interdites à la baignade, faute à une eau trop pollué. De
plus, la qualité de l’air dans la région marseillaise se distingue par sa médiocrité. Au-delà de
nos frontières, il faut aller à Padoue, à Madrid et en Andalousie, à Cracovie ou à Maribor
pour trouver des chiffres similaires ou supérieurs à ceux régulièrement affichés dans la
région marseillaise. L’enjeu représentant la qualité de l’air et de l’eau des plages à Marseille
n’a jamais été pris en compte ni même dénoncé par la municipalité Gaudin, ce qui
constitue un véritable scandale dans le domaine de la santé publique.
Enfin, la santé passe par la qualité du cadre de vie et de l’environnement. Dans les quartiers
défavorisés, les habitant-e-s aspirent à une plus grande qualité des bâtiments en termes
d’isolation ou encore d’insonorisation. Un meilleur entretien des espaces intermédiaires
doit également être mis en place. Il s’agit là encore d’un aspect prévention. Un logement
décent engendre une vie plus saine. On observe chez les populations défavorisées une plus
grande fréquence des maladies respiratoires.
Ainsi, si en France, selon les territoires, l'espérance de vie peut varier, l'écart se constate
aussi à l'intérieur même de Marseille où en moins d'un quart d'heure de trajet en métro du
sud au nord de Marseille, le risque de mourir prématurément (avant 65 ans) augmente
jusqu'à 70 % d'un quartier à l'autre. Malheureusement, ces écarts ne doivent rien au
hasard : la carte de la surmortalité par quartier recoupant parfaitement celle du niveau de
vie des habitants.
La santé est le bien le plus précieux des êtres humains. Nous ne voulons pas d’une santé à
deux vitesses ou un-e jeune né-e dans une famille riche soit mieux soigné-e qu’un-e jeune
issus d’une famille de classe moyenne, voire pauvre. Au-delà d’un idéal socialiste, il s’agit là
d’un idéal républicain.
4.3.2 Des propositions pour changer la ville
Faire entrer les produits biologiques dans les cantines gérées par la municipalité
En interrogeant 910 élèves d’une dizaine d’années dans une vingtaine d’écoles de la région
PACA, l’association Santé environnement France (ASEF) a fait un constat accablant : un
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écolier sur trois ne sait pas identifier un poireau, une courgette, une figue et un artichaut et
87% d’entre eux ignorent ce qu’est une betterave.
Les jeunes enfants, habitués aux plats tout préparés, ne savent plus ce qu’ils mangent et
ont perdu la réalité des produits.
Or, la santé des jeunes se construit autour d’une alimentation adaptée et d’une activité
physique régulière. Ce mode de vie sain contribue à limiter le surpoids, fléau chez les
adolescents et les enfants et à réduire un certain nombre de problèmes de santé comme
les maladies cardiovasculaires ou les cancers.
Faire entrer les produits biologiques dans les cantines de la municipalité permettrait aux
enfants de découvrir de nouveaux aliments, tout en bénéficiant à l’agriculture locale.
Conduire une nouvelle politique d’hygiène à Marseille
La santé intervient aussi dans le domaine de l’hygiène (qualité des eaux, salubrité de
l’habitat et des rues, maîtrise de la population animale de la ville...).
A Marseille, de nombreux progrès restent à faire.
Ainsi, les spécialistes de maladies infectieuses de l’hôpital Nord avancent le chiffre effrayant
de 10 rats par habitant là où on parle habituellement d’un million de bêtes prospérant
dans la ville ! Une intervention simultanée des équipes en charge du ramassage des
ordures, de la propreté urbaine, et de la dératisation a été envisagée par le service de santé
publique de la Ville, mais non réalisée à ce jour.
De même, se soulager à Marseille n’est pas chose aisée : les 850 000 Marseillais disposent
de seulement 14 sanisettes gratuites dans toute la ville, contre environ 400 à Paris. Une
augmentation du nombre de sanitaires aurait un retentissement significatif sur l’hygiène
de la ville, et diminuerait le mécontentement des restaurateurs du centre-ville, lassés
d’endosser le rôle de « dame pipi ».
Etablir une salle de consommation à moindre risque à Marseille
Nous, Jeunes Socialistes, demandons également l’ouverture à Marseille d’une salle de
consommation à moindre risque. Déjà expérimentée à Paris depuis mai 2013, ce lieu
permettrait de répondre à la nécessité d’un accueil des usagers de drogue, avec pour
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objectifs de réduire les risques sanitaires (contamination par le VIH ou l’hépatite C), ainsi
que les troubles à l’ordre public (injections dans les immeubles voire dans les rues).
4.4 L’éducation populaire
4.4.1 Bilan des années Gaudin
L’éducation, comprise au sens large du terme, a été l’un des dossiers les plus mal gérés de la
municipalité et n’a jamais constitué l’une de ses priorités. Si nous savons que les inégalités
apparaissent dès la petite enfance et que les structures traditionnelles d'enseignement peinent à
pallier ces écarts, nous croyons en une éducation populaire ambitieuse qui permettra aux jeunes
de s’épanouir et de trouver une place dans la société. Dans cette optique, les élus doivent être les
gardes fous d’une éducation audacieuse et juste.
L’éducation à Marseille : des chiffres consternants
Les chiffres de la ville de Marseille sont saisissants tant ses jeunes sont en proie à une misère
sociale et culturelle où 26 % des habitants vivent au-dessous le seuil de pauvreté et où près d'un
enfant sur deux (44 %) grandit dans un foyer à bas revenu (jusqu'à 60 % dans le IIIème arr.) Autre
spécificité locale, 27 % des enfants défavorisés vivent avec un seul parent. Enfin, 24% des jeunes
marseillais quittent l’école sans diplôme.
Derrière ces chiffres traduisant des situations dramatiques, l’action réalisée par la mairie manque
cruellement d’ambition. Pire, le budget de la municipalité Gaudin traduit l’absence de volonté
politique. Entre 2008 et 2011, les investissements ont baissé de près de 20% pour la construction
et rénovation des écoles, tandis que les mairies de Toulouse ou de Montpellier consacrent entre 2
et 2,3 fois plus par habitant. De plus, le secteur « enseignement et formation » révèle qu’à Marseille,
on consacre 162 euros/habitant soit 8% de moins qu’à Lyon, alors que de nombreuses écoles
marseillaises se situent dans des zones à caractère prioritaires et devraient faire l’objet d’un
soutien important.
Face à ces chiffres, l’éducation populaire, favorisée par des associations de proximité en lien direct
avec les jeunes est un formidable outil œuvrant à la transformation sociale et politique, qui
travaille à l'émancipation des individus et des jeunes.
De l’importance de l’éducation populaire : culture et sports pour des valeurs et des ambitions
citoyennes
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Pour répondre aux carences éducatives municipales, nous formulions un formidable espoir pour
la jeunesse à travers la réforme des rythmes scolaires. Or, évoquant encore les coûts de la réforme
dissimulant le manque de volonté politique, Jean-Claude Gaudin fait de la résistance.
Dans le secteur périscolaire, les horaires étriqués et la qualité des activités proposées laissent
dubitatif. L’initiation aux activités artistiques et culturelles est chaque année plus restreinte.
Soutenir la culture et mettre en œuvre des politiques publiques culturelles est essentiel dans
plusieurs domaines. D’une part, il est désormais reconnu que la culture est un élément central de
l’attractivité durable d’un territoire et d’autre part, la culture apparaît comme un élément
fondamental au bon fonctionnement de notre société. C’est aussi bien un facteur de cohésion
sociale, de mieux vivre ensemble, qu’un facteur d’émancipation et d’épanouissement personnel et
intellectuel, en particulier pour la jeunesse. La culture ne doit pas être réservée à une certaine élite
mais être à l’image de Marseille, cosmopolite et diversifiée.
Le sport se révèle être un formidable acteur du vivre-ensemble et d’épanouissement des jeunes, et
pourtant, Marseille se distingue par l’état de vétusté de ses équipements sportifs et leur difficulté
d’accès. De plus, dans une ville en bord de mer où 75% des enfants ne savent pas nager, le nombre
de jeunes qui vont à la piscine ne cesse de diminuer. Face à ce constat, la municipalité répond par
la fermeture des piscines municipales, notamment dans les quartiers les plus défavorisés.
Face à cette politique désastreuse, les jeunes socialistes privilégient une éducation populaire pour
toute la jeunesse marseillaise.
4.4.2 Des propositions pour changer la ville
Dédier des lieux à l’expression artistique et à la pratique culturelle pour les jeunes, en
les rapprochant des associations
Si nous nous réjouissons des retombées positives de MP2013 sur l’image de la ville, nous
déplorons que certains quartiers aient été totalement délaissés par l’événement. Le label
Capitale Européenne de la Culture aurait pu être une formidable occasion de faire connaître
les artistes locaux, car du nord au sud, Marseille regorge de jeunes talents à l’image de la
ville : cosmopolites et divers.
Or, il n’existe malheureusement toujours aucun lieu de rencontre dédié à l’expression
artistique ou à la pratique culturelle pour les jeunes. Si Marseille est riche de son tissu
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associatif et compte près de 10 000 associations qui œuvrent dans tous les domaines, leur
visibilité et leurs moyens d’actions doivent être renforcés afin de se rapprocher de la
jeunesse marseillaise.
Pour pallier à ce manque, nous proposons la création de lieux de la jeunesse et de la
culture qui travailleront en lien direct avec les associations existantes.
Ces lieux seraient un tremplin pour l’art amateur, misant sur l’éclosion et la mise en valeur
de l’ensemble des nouveaux talents de notre ville.
Conduire une vraie politique sportive
La pratique du sport est un facteur important de socialisation et l’une des clefs de
l’éducation populaire, l’accès au sport doit être au cœur des préoccupations de la
municipalité. Or aujourd’hui, Marseille est bien loin du compte, avec seulement 15
équipements sportifs pour 10 000 habitants, contre 18 à Lyon ou 26 à Toulouse.
De plus, à l'automne 2007, dans son classement des villes sportives de plus de 100 000
habitants, l'Equipe magazine classait la ville 29ème sur 30. Le retard de Marseille en termes
d’infrastructures sportives est donc flagrant. Mais en dépit de ce constat, la tendance est
loin d’être à l’amélioration, avec par exemple 10 fermetures de piscines municipales depuis
2008, principalement dans les quartiers populaires. Et pendant qu’une partie des
équipements sportifs de la ville tombe en décrépitude, la mairie inaugure en grande
pompe un « Palais de la glisse » à 45 millions d’euros dont la fréquentation ne décollera
jamais vue sa situation géographique et son inaccessibilité par des transports cohérents.
La future équipe municipale se devra donc de reprendre en mains le dossier des
équipements sportifs de la ville, en étant attentive au besoin de ses habitant-e-s et des
associations marseillaises. Elle devra également placer la réhabilitation des équipements
sportifs existants en priorité, afin de rendre ces lieux aux marseillais-e-s. Mais aussi investir
dans de nouveaux complexes sportifs qui répondent réellement aux besoins de la
population.
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C’est comme cela que la ville pourra se libérer de son retard en matière d’équipements
sportifs, renforçant ainsi son attractivité, mais surtout redonnant à la jeunesse marseillaise
la possibilité et l’envie de faire du sport dans notre ville.
Promouvoir les petites structures qui font vivre la culture
Ces dernières années, la municipalité de Jean Claude Gaudin a totalement laissé sur le
carreau les petites structures culturelles qui faisaient vivre les nuits marseillaises. Si bien
que nous arrivons à un ultime paradoxe, celui de salles de concert alternatives - pourtant
fréquentées - qui ferment pour manque de budget, faute d'investissements publics, au
moment où, labellisé par Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture, David
Guetta s'apprêtait à recevoir une subvention municipale record de 400.000 euros, ainsi que
le parc Borely (alors que cela avait toujours été refusé aux artistes marseillais qui en avait
fait la demande...).
Nous pensons que le ou la candidat(e) socialiste à la mairie devra s'inscrire dans la rupture
de ce système, ne cherchant que le profit immédiat sans vouloir la pérennisation de la
culture de la ville, ne favorisant que l'atrophie intellectuelle en asphyxiant financièrement
tous les lieux délivrant une pensée alternative.
On ne compte désormais plus le nombre d'associations qui ont déjà succombé aux
ravages de cette politique désastreuse : et comble du comble, cette hécatombe perdure
alors que notre ville est censée être la capitale de toutes les cultures en 2013. On peut
désormais faire le deuil de l'Enthropy pour exemple, qui, après avoir été harcelée par les
forces de l'ordre, ne délivrera plus sa musique noise, pourtant si rare à Marseille. D'autres
continuent de lutter (Le point de bascule, etc.), mais, sans aucune aide des politiques
publiques, la suite semble difficile à imaginer.
Nous, jeunes socialistes, sommes attachés à la diversité des arts et des genres et plaidons
pour l'émancipation intellectuelle de chacun. C'est pourquoi nous avons à cœur de
promouvoir ces structures qui, plus que des lieux de vie, de rencontres et de tolérance,
participe réellement de notre rayonnement artistique puisque permettant aux jeunes
artistes de pouvoir se lancer. En faisant le choix de réinjecter des subventions dans ces
salles, nous serons en mesure de pérenniser et de diversifier l'offre culturelle marseillaise.
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Afin d'avancer main dans la main avec ceux qui font vivre l'intellect marseillais (les gérants
des galeries d'expositions, des salles de concerts, etc.) la mairie se devra d'instaurer un
dialogue durable par le biais de grands audits réguliers où tous les arts seront représentés,
afin de répondre au mieux à leurs besoins.
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