Le Livre blanc de la jeunesse à Marseille
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Le Livre blanc de la jeunesse à Marseille
Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr Le Livre blanc de la jeunesse à Marseille Les Jeunes Socialistes des Bouches-du-Rhône 1 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr jeunes-socialistes13.fr 2 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr Nous remercions les militant-e-s des Jeunes Socialistes sans qui ce projet n’aurait pu aboutir. Nous remercions également l’ensemble des intervenant-e-s qui ont contribué à nous éclairer grâce à leur expertise dans chacun des débats que nous avons organisés. Enfin, nous remercions toutes les personnes qui ont pris part, directement ou indirectement, à ce projet et ont, ainsi, contribué à son aboutissement. 3 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr Sommaire page 7 1. Le projet Horizon 2014 1.1 Le temps des préparations 1.2 Le temps des débats 1.3 Le temps des conclusions 2. Le Pacte d’Engagement envers les Jeunes Socialistes page 9 2.1 Des engagements sur la conduite à tenir par l’élu-e 2.2 Des engagements sur l’exercice du mandat 2.3 Des engagements vis-à-vis de la famille socialiste 3. Les propositions communes à Aix et Marseille page 13 4. Les propositions pour Marseille page 15 4.1 Le transport 4.2 Le logement 4.3 La santé 4.4 L’éducation populaire 4 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 5 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 1. Le projet Horizon 2014 Le Mouvement des Jeunes Socialistes est une organisation autonome du Parti Socialiste. De ce fait, les Jeunes Socialistes élisent leurs propres représentants à tous les échelons (de la ville jusqu’au niveau national) et décident de leur propre ligne politique. De plus, nous avons, avant chaque grande échéance électorale, la capacité d’apporter nos propositions pour la jeunesse aux candidat-e-s désigné-e-s par le Parti Socialiste. C’est de cette manière que nous avons fait voter le PACS en 1999 ou encore la carte de transport « Zou » par la région Provence Alpes Côte d’Azur. En 2014, deux grands combats auront lieu dans les Bouches-du-Rhône : à Marseille et à Aix-en-Provence. Nous, socialistes, aurons à déloger deux leaders de la droite bucchorodanienne. Cette année 2013, va donc être l’occasion pour les Jeunes Socialistes des Bouches-du-Rhône ainsi que pour toutes celles et tous ceux qui veulent voir la situation changer dans nos villes, de rédiger le projet de la jeunesse à Marseille et à Aix-en-Provence pour les élections municipales qui s’annoncent : Horizon 2014. Nous avons divisé ce projet en trois temps : les préparations, les débats et les conclusions. 1.1 Le temps des préparations Pour commencer ce projet, nous avons tout d’abord organisé une Assemblée Générale de présentation auprès des militants des Jeunes Socialistes 13 ou chacun-e pouvait donner son avis sur Horizon 2014. Ensuite, nous avons mis en place une journée de formation à Marseille sur les thèmes suivants : • la décentralisation • l’extrême droite • l’Europe Cette journée de formation était l’occasion pour celles et ceux qui le désirent de connaître exactement les compétences de la mairie, des mairies d’arrondissements, de Marseille Provence Métropole (MPM), de la Communauté du Pays d’Aix (CPA,) de la future métropole etc… afin de commencer la rédaction du projet sur de bonnes bases. Nous savions ainsi exactement quelles propositions pouvaient être faites et quelles autres ne relevaient pas de la compétence des instances visées en 2014. 6 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr Des ateliers sur l’Europe et l’extrême droite ont été organisés, n’oubliant pas les idées foncièrement européanistes de notre organisation tout comme son combat de toujours dans la lutte contre les extrêmes. 1.2 Le temps des débats Un temps de débats a suivi le cours de ce projet. Il fut le moment pour tous les militants et les jeunes des villes d’Aix-en-Provence et de Marseille de s’exprimer sur quatre thèmes cruciaux pour la jeunesse: • le transport • le logement • l’éducation populaire • la santé et le social Lors de ces quatre débats nous avons invité des intervenant-e-s spécialisé-e-s sur chacun des sujets pour venir dresser le bilan de la droite depuis 18 ans pour Marseille et 12 ans pour Aix-en-Provence. À nous, jeunes de ces villes de préparer les propositions du changement dans nos villes en matière de transport, de logement, d’éducation populaire et de santé. 1.3 Le temps des conclusions Pour terminer, un temps de conclusions a permis d’achever notre projet. Nous avons à ce moment-là, pris l’ensemble des propositions émises lors de ces réunions, ainsi que les contributions déposées sur le site internet pour dégager une dizaine de propositions de la jeunesse dans chacune des villes. Nous avons rédigé ensuite un livre blanc de la jeunesse pour chacune des villes de Marseille et d’Aix-en-Provence qui rassemble le bilan de la droite et nos propositions en matière de jeunesse pour 2014. Ces propositions sont de deux ordres : certaines font partie d’un socle commun à nos deux villes et d’autres sont spécifiques au territoire marseillais. Nous remettrons ce livre blanc à chacun-e-s des candidat-e-s à la primaire ouverte du Parti Socialiste de Marseille. Ce livre blanc présente également, en préambule, un pacte 7 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr d’engagement envers les Jeunes Socialistes, que nous demandons aux candidat-e-s de signer. Au-delà de la remise aux candidat-e-s à la primaire de ce livre blanc, ce projet se traduira par des actions militantes régulières pour faire signer nos propositions aux jeunes qui se sentiront en adéquation avec ces propositions de changement à Marseille. 8 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 9 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 2. Le Pacte d’Engagements envers les Jeunes Socialistes Le devoir éthique doit être une exigence à laquelle chaque élu doit se soumettre. Jeunes Socialistes de tous les horizons, nous sommes conscients que notre pays traverse une crise politique et institutionnelle majeure. La confiance entre le peuple et ses représentants est de plus en plus ténue et présente une double origine : la crainte des promesses non honorées et la mise en doute de l’indépendance et de la transparence des élus. 2.1 Des engagements sur la conduite à tenir par l’élu-e L’exigence d’avancer passe par des promesses respectées. L’un des 60 engagements de François Hollande était l’interdiction du cumul des mandats. Nous, Jeunes Socialistes, nous réjouissons de l’adoption par l’Assemblée Nationale du projet de loi interdisant le cumul des mandats des parlementaires et estimons que ce projet va dans la bonne direction. Car aujourd'hui encore, les trois quarts des parlementaires ont plus d'un mandat en France – une situation exceptionnelle au regard des autres pays, notre pays étant aujourd’hui le seul parmi les démocraties occidentales à accepter le cumul des mandats. Les candidats socialistes aux élections législatives avaient pris l’engagement moral de démissionner de leurs mandats exécutifs locaux. Certains ont tenu leur parole mais représentent cependant une minorité. L’exigence démocratique, la transparence et l’exemplarité imposent d’en terminer avec cette anomalie française. Il est grand temps de faire preuve de courage politique et de respecter cette promesse plébiscitée par les Jeunes Socialistes mais au-delà, par une grande majorité de citoyens français. Cette mesure permettra une indispensable modernisation de la vie politique française et constituera une avancée démocratique majeure. Elle entraînera un renouvellement de la classe politique, insufflera un nouveau souffle et favorisera la parité et la proximité des élus. De plus, pour assurer une gouvernance éthique, il est primordial que l’indépendance des élus soit sans cesse réaffirmée. Il est des exigences qui appellent l’impatience. Pour en finir avec les conflits d’intérêt qui rongent les sphères du pouvoir, pour garantir l’indépendance de la justice ou encore renforcer et appliquer les règles d’inéligibilité des élus condamnés pour corruption, les Jeunes Socialistes doivent batailler sans relâche. 10 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 2.2 Des engagements sur la gouvernance de l’élu-e Le devoir d’éthique doit également se trouver dans la gouvernance assurée par les élu-e-s au cours de leur mandat. L’actualité de notre région a trop souvent été rythmée par les soupçons et les accusations quant à l’attribution frauduleuse de subventions. Les subventions aux associations de toutes sortes (culturelle, sportive, sociale etc.) sont fondamentales pour le bon fonctionnement de notre société. En effet, les associations constituent un vivier indispensable au dynamisme de notre région et réalisent bien souvent un travail exceptionnel avec des moyens très limités. Néanmoins, les subventions sont de l’argent public. C’est l’argent du contribuable et il doit être dépensé au service des citoyens. Les subventions doivent donc être attribuées selon des critères objectifs en accord avec les compétences de la collectivité en question et avec les grandes orientations des politiques publiques définies. De même, les procédures doivent être transparentes et chaque citoyen doit pouvoir demander des comptes à ses élu-e-s. C’est l’intérêt général qui doit être au centre de chaque décision et non l’intérêt particulier ou électoraliste. C’est la seule façon de restaurer la confiance perdue entre les citoyens et la classe politique. D’autre part, les concitoyen-ne-s ne peuvent pas être consulté-e-s et écouté-e-s uniquement entre deux mandats quand il s’agit de faire des promesses et de chercher des voix. Il est fondamental qu’une fois élu-e-s, les hommes et les femmes politiques ne se coupent pas de la société civile. Si c’est à eux de fixer les grandes orientations des politiques publiques, ils doivent s’appuyer sur la société civile qui constitue une ressource particulièrement riche. Les habitant-e-s sont non seulement les mieux à même de pointer les problèmes qu’ils connaissent au quotidien mais peuvent aussi être une force de proposition. La politique doit se faire dans l’intérêt du citoyen et il est plus que nécessaire, pour recréer du lien entre les politiques et la population, que le citoyen soit replacé au centre des préoccupations, notamment grâce à la concertation avec les organes existants (Conseils d’Intérêt de Quartier). De plus, la création d’un équivalent du Conseil Économique et Social au niveau de notre ville pour permettre aux citoyens de s’exprimer est primordial. 11 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 2.3 Des engagements vis-à-vis de la famille socialiste Le devoir d’éthique c’est aussi protéger notre parti contre vents et marées. Nous sommes dépositaires d’une histoire, celle de la SFIO, des grandes avancées du Front Populaire à la création de la CMU en passant par l’abolition de la peine de mort. Il est du devoir des jeunes de le rappeler aux élus : le parti appartient aux adhérents et aux sympathisants. Ainsi, l’élue lorsqu’il est touché par une affaire de quelque nature qu’elle soit, doit s’engager à se mettre en retrait du parti pour que celui-ci ne soit pas éclaboussé comme cela a trop été le cas par le passé. L’élu-e doit également s’engager à promouvoir le débat au sein du parti, quitte à ce que celui-ci se positionne contre la politique menée dans la mairie. C’est le rôle d’un parti politique dans notre démocratie, être le lieu du débat pour aguiller les élu-e-s. Trop souvent le parti a été sclérosé par un-e élu-e devenu influent. Faire vivre le débat au sein du parti doit être une priorité pour les élu-e-s. L’engagement du/de la candidat-e socialiste aux municipales doit être de faire du parti un sanctuaire qu’il/elle devra protéger contre toutes les tempêtes. Mais il doit également être considéré, comme ses militant-e-s pour ce qu’il est : la machine capable de produire les idées neuves qui donne dans la démocratie le pouvoir aux progressistes. 12 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 13 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 3. Les propositions communes à Aix et Marseille Nous, jeunes socialistes des Bouches-du-Rhône, réunis autour de notre projet commun Horizon 2014, avons à cœur d'être force de propositions pour la métropole Aix-Marseille en devenir. C'est à ce titre que nous avons élaboré quatre propositions phares reprenant nos quatre axes de réflexion dans le cadre des municipales à Aix et à Marseille : transport, logement, santé et éducation populaire. Ces mesures ont pour but de donner une place centrale à la jeunesse dans la métropole pour que celle-ci soit en mesure de s'émanciper et de s'épanouir. La gratuité des moyens de transports sur l’ensemble du réseau métropolitain pour les jeunes de 15 à 29 ans. Après le succès de la carte zou de la région PACA qui était une proposition du MJS en 2008, nous souhaitons permettre à tous les étudiants et jeunes travailleurs de pouvoir aller exercer leur activité quotidienne sans se ruiner en déplacement, tout en densifiant le réseau nocturne, dimanches et jours fériés pour faire une métropole jeune et dynamique. Le doublement du nombre de logement étudiant sur l’aire métropolitaine Après avoir constaté un cruel manque de logements aux loyers adaptés aux jeunes, nous nous hâterons de doubler le nombre de logements étudiants sur l'académie d'Aix-Marseille en six ans et d'enrichir les offres des foyers de jeunes travailleurs. Ces types d'habitats participent réellement à l'autonomie des jeunes et de la création de lien social. La mise en place d’un chèque santé d’un montant de 200 € pour tous les étudiants Une proportion importante d’étudiant-e-s ne peut avoir accès à une complémentaire santé pour des raisons financières or, celle-ci, est indispensable pour éviter l’automédication et le renoncement aux soins. Il nous semble indispensable de permettre à chacun-e de souscrire à une complémentaire santé. Nous proposons donc, comme cela existe dans d’autres 14 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr collectivités, la création d’un chèque santé d’un montant annuel de 200 euros pour tous les étudiant-e-s. La création d’un chéquier « éducation populaire » pour les jeunes de la métropole Enfin, nous souhaitons qu'après Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture 2013, notre territoire continue à rayonner culturellement et pour longtemps. La métropole a ainsi - à notre sens - un rôle clé à jouer. Elle devra ainsi pouvoir garantir aux jeunes un épanouissement intellectuel en leur donnant accès gratuitement à une base culturelle extra-scolaire et en lui permettant d'appréhender la création en finançant des cours de musique ou de sport. Nous voulons ainsi un chéquier dédié à l'éducation populaire comprenant des bons de réduction pour assister à des événements culturels diversifiés (théâtre, danse, exposition, etc.) et pour accéder à la pratique et à la création (cours de musique ou de sport). 15 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 4. Les propositions pour Marseille Avant de présenter les constats et propositions des Jeunes Socialistes pour la ville de Marseille, il est nécessaire de rappeler les buts et les valeurs de notre famille politique. L’impatience de la jeunesse ne sera pas un frein mais le moteur du changement dans cette ville. Notre ville n’en peut plus d’être gouvernée par une droite immobile, dont le seul objectif a longtemps été le court-terme. Nous ne sommes pas condamnés au conservatisme. Nos valeurs en tant que socialistes Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, c’est vouloir changer la société. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et du combat pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine. C’est aussi et bien sûr lutter pour un idéal d’égalité, combattre les écarts entre riches et pauvres, combattre la misère, la pauvreté. Être socialiste c’est porter le progrès comme une fierté, mais aussi comme un combat inlassable. L’amélioration de la vie humaine est notre première priorité. Être socialiste c’est être réformiste. Nous voulons changer la société en accédant aux responsabilités. La transformation sociale ne se décrète pas, elle est le résultat d’une volonté collective de changer la vie. Nos engagements en préambule de ce projet Ce projet que nous proposons aujourd’hui reconnaît un certain nombre de valeurs transversales qui se font échos dans chacune de nos propositions. L’impératif écologique d’abord. Au XXIème siècle, changer la société passe par la prise en compte du développement durable pour mieux vivre et pour l’héritage des générations à venir. La démocratie et les valeurs républicaines sont ensuite des préalables. Écouter sans cesse le peuple et respecter les règles qu’il édicte peut paraitre être une banalité mais c’est un engagement à réaffirmer sans cesses. Pour finir, comme tout projet socialiste celui-ci cherche à faciliter le vivre ensemble et à défendre sans cesse les plus pauvres. 16 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr 4.1 Le Transport 4.1.1Bilan des années Gaudin La liberté et la capacité de se déplacer sont des facteurs importants à prendre en compte, à la fois pour le développement d’une agglomération, et également comme condition sine qua none à l’émancipation de sa jeunesse. Un réseau archaïque et mal conçu En étudiant en profondeur la question des transports dans la ville de Marseille, nous avons pu constater de nombreux problèmes, en soulignant tout d’abord l’archaïsme des modes de transports et leur incapacité à desservir correctement les quatre coins de la ville. Les lignes de métro sont beaucoup trop courtes pour desservir correctement tous les secteurs, et les lignes de bus trop mal réparties pour permettre à l’usager de se déplacer rapidement et des horaires limités, indignes de la deuxième ville de France. Ces problèmes sont dus à un réseau de transport greffé à un tissu urbain très ancien et mal organisé. Malgré les quelques améliorations apportées pour Marseille Capitale Européenne de la Culture, les transports en commun représentent encore un handicap pour la ville. Certains quartiers sont très mal desservis, voire pas du tout, comme c’est le cas de certains quartiers nord de Marseille. La voiture : enjeux et difficultés De part cette singularité du réseau urbain, la solution de transport pour les jeunes reste la voiture. Comme dans les territoires ruraux, l’autonomie de la jeunesse marseillaise se fait généralement grâce à l’acquisition du permis de conduire et d’un véhicule. En partie à cause du manque de développement des moyens de transport, certains jeunes marseillais qui entrent dans la vie active ou universitaire, ne peuvent pas compter sur les transports en commun, comme le font les jeunes d’Ile de France ou d’autres agglomérations universitaires. Ce fait devient un facteur d’accroissement des inégalités sociales. Ainsi les jeunes de familles aisées obtenant leurs permis et un véhicule beaucoup plus rapidement qu’un jeune venant d’une famille plus modeste a plus de chance de rentrer dans la vie active: le permis de conduire est devenu une sorte de compétence professionnelle. De plus obtenir son permis de conduire dans les Bouche du Rhône (en particulier à Marseille) est devenu très compliqué. Le département affiche un des plus forts de taux 17 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr d’échec de l’hexagone, bien devant le Var, l’Ille-et-Vilaine, les Yvelines, la Côte d’Or, l'Ardèche, la Gironde ou le Finistère. Le délai moyen pour repasser son permis en cas d’échec est entre 6 et 7 mois. Quant aux prix, de nombreuses auto-écoles abusent des différences de taux de réussites entre les secteurs (par exemple variant de 61% à Gardanne à 46% à Saint-Henri) pour augmenter les prix. Cette situation intolérable, rend le permis de conduire à la fois trop long, trop cher et trop difficile à obtenir. Ce qui explique pourquoi de nombreux jeunes provenant des familles les plus modestes se tournent vers une solution radicale, conduire sans permis. Car le permis devient difficile à acquérir compte tenu de ces difficultés, et la situation se dégrade d’autant plus dans une ville avec une faible fiabilité des transports en communs. Ce manque de fiabilité des transports en commun de la ville de Marseille entraîne un déficit de confiance des Marseillais les poussant à se tourner vers la voiture comme moyen de locomotion privilégié, voire unique. Saturation et pollution : carton rouge La saturation urbaine a de nombreuses conséquences néfastes pour les Marseillais : trafic dense et lent (Marseille sous Jean-Claude Gaudin est devenue la deuxième ville la plus embouteillée d’Europe après Varsovie !), circulation difficile, stationnement souvent compliqué, ainsi qu’une pollution urbaine dramatique. 4.1.2 Des propositions pour changer la ville Attribuer une aide financière aux jeunes passant le permis de conduire L’obtention du permis de conduire reste un problème pour de nombreux jeunes, du fait de son coût élevé. La municipalité devra attribuer une aide financière aux jeunes jusqu'à 25 ans désirant passer leurs permis de conduire. Cette aide sera échelonnée selon les revenus du foyer de la personne, de la même manière que la bourse universitaire. En outre, la municipalité devra se montrer vigilante face aux abus de certaines auto-écoles, en établissant par exemple une liste transparente de leurs tarifications. Augmenter le nombre de lignes nocturnes et la fréquence de passage sur tout le réseau RTM Pour optimiser l’efficacité des transports en commun, nous proposons de multiplier le 18 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr nombre de passage des bus sur tous les réseaux RTM, en priorité dans les lignes les moins bien desservies, ainsi que sur les lignes menant aux universités, aux écoles, et aux grands axes de transport pour les étudiants. Nous préconisons également une généralisation du passage nocturne et sécurisé des bus. Promouvoir les modes de déplacements « doux » Pour désengorger le trafic urbain, nous conseillons de miser sur les modes de transports doux, c'est-à-dire ceux qui ne rejettent ni pollution ni gaz à effet de serre et sont sans moteur (vélo, piéton, rollers...). Pour cela une généralisation des voies piétonnes (comme l’illustre la rue Saint Ferréol) est nécessaire. Il est également nécessaire de densifier et d’inscrire dans un parcours cohérent les pistes cyclables, afin qu’il soit possible de parcourir à vélo de grands trajets en ville, tout en garantissant la sécurité des cyclistes. Pour généraliser la pratique du vélo il est également indispensable de multiplier les parcs à vélo et les stations de « vélo » (le service de location de vélo de la ville) de manière significative. 4.2 Le logement 4.2.1 Bilan des années Gaudin L’habitat et le cadre de vie sont des éléments déterminants dans la vie sociale des individus. C’est également à ce niveau-là que les inégalités sont les plus visibles. Notre logement, le quartier dans lequel nous habitons, sont autant d’étiquettes que les autres habitants nous renvoient et qui servent à nous définir. Habiter dans un logement insalubre ou vétuste, c’est subir une double-peine : d’une part, vivre dans un environnement non sain, avec toutes les conséquences sur la santé que cela implique, et d’autre part, se sentir socialement dégradé. La question du logement est d’abord politique, elle est moins liée à des considérations financières qu’au regard que l’on porte sur les habitants. Un urbanisme à l’abandon Dans l’après-guerre, Marseille devait évidemment être reconstruite, mais aussi accueillir de nouveaux logements, des grands ensembles notamment, nécessaires pour répondre au boom démographique de l’époque. Le développement et l’aménagement de la ville se sont 19 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr donc faits sans une réelle réflexion globale. Alors que d’autres grandes villes (Lyon, Paris..) s’organisaient et se structuraient avec des schémas urbains cohérents, à Marseille, il faudra attendre 1973 et le schéma de création de la Communauté Urbaine, qui n’a jamais été adopté, se limitant au seul territoire de Marseille. Les espaces publics se sont constitués sans unité ni considérations esthétiques. Les politiques de logement à Marseille, notamment celles menées par le Maire sortant, n’ont pas tenu compte de la précarité d’une partie de la population, précarité que connaissent aujourd’hui aussi les jeunes : dans certains quartiers, la population vit, en majorité, en-dessous du seuil de pauvreté. Le Plan Local d’Habitat de Marseille permet de construire 1500 logements sociaux chaque année, ce qui reste très insuffisant. S’il existe de nombreuses opérations d’aménagement dans la ville, celles-ci sont très mal coordonnées, perdant ainsi de leur efficacité, et privant une fois de plus la ville d’une cohérence urbanistique. Le marché de l’immobilier à Marseille est ainsi dynamique, car les promoteurs se concentrent sur les projets les plus rentables, destinés aux franges les plus aisées de la population. Les ménages défavorisés, quant à eux, sont laissés pour compte : à l’heure actuelle, il manque environ 37 000 logements sociaux à Marseille. Pauvreté et inégalités La ville est donc séparée, entre « quartiers pauvres » et quartiers « riches » : les quartiers du Nord de la ville abritent entre 30% et plus de 40% de logements sociaux (ils représentent également près de 40% du total des logements sociaux de la ville) et ces territoires sont frappés par le chômage, la pauvreté, l’insécurité. A titre de comparaison, il y a, dans les IV°, V°, VI°, VII° et VIII° arrondissements de Marseille, entre 0 et 5% de logements sociaux. Heureux hasard, les logements sociaux restent concentrés dans les quartiers électoralement peu favorables à la droite ! Le manque de mixité sociale (qui cause par ailleurs de nombreuses tensions sociales) s’ajoute aux problèmes d’insalubrité : l’habitat indigne représente 63 000 logements à Marseille, et, pour les ménages les plus pauvres, les logements des « marchands de sommeil » sont souvent la seule solution. Si la Mairie propose désormais des aides pour accéder à la propriété, il n’en est rien pour la 20 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr location, qui est pourtant la solution majoritairement choisie par les jeunes et les précaires. Ce sont ainsi les habitants les plus fragiles qui ont été délaissés, d’une part, matériellement, pour accéder à un logement digne, et d’autre part socialement (un logement, ce n’est pas seulement quatre murs et un toit, c’est aussi une garantie d’autonomie, d’insertion sociale, de « protection sociale »). 4.3.2 Des propositions pour changer la ville Créer un service municipal de colocation étudiante Le pôle universitaire Aix-Marseille est aujourd’hui le plus grand de France, de par le nombre de ses étudiants, de ses personnels et par son budget. Les services aux étudiants sont pourtant trop peu développés, et dans le cas des logements, souvent confiés aux promoteurs immobiliers. S’il existe des offres de logement à Marseille, les services d’informations qui y sont liés restent insuffisants. Trouver un logement en colocation relève ainsi souvent du casse-tête, à la fois pour les étudiants Marseillais, mais aussi pour ceux qui arrivent dans la ville pour étudier. Il est nécessaire de mettre en place un service municipal de colocation (sous la forme d’une plateforme internet accessible via le site de la Mairie et/ou d’un bureau géré par la Mairie), qui permettrait aux étudiants de déposer des annonces lorsque leur colocation dispose d’une place vacante, d’en rechercher une, de trouver des informations et des conseils. Il s’agirait là d’un service municipal, clair et transparent, aidant les étudiants à trouver le plus rapidement possible, une solution de logement, les soutenant ainsi dans leur parcours vers l’autonomie. Attribuer une aide au premier logement Se loger à Marseille n’est pas chose aisée pour de nombreux jeunes, notamment les plus modestes. Le montant des loyers, la nécessité de nombreuses garanties pour les bailleurs, sont autant de difficultés à affronter lors de la location d’un logement, difficultés parfois insurmontables pour les jeunes n’ayant pas la possibilité d’être aidés financièrement. La Mairie, qui accorde actuellement des « chèques Premier Logement », destinés à faciliter l’accès à la propriété, et non à la location, sous un certain nombre de conditions, n’offre pas de soutien financier véritablement accessible aux jeunes. Nous estimons nécessaire que la mairie attribue une aide de 500 euros au premier logement, à laquelle tous les jeunes, jusqu’à 25 ans, pourraient prétendre lors de leur première location 21 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr d’appartement. Cette aide permettrait aux jeunes d’avoir des conditions matérielles de vie acceptables : avoir un premier logement suppose l’achat d’un certain nombre de biens, souvent onéreux, et indispensables. Il s’agit également là d’une aide à l’autonomisation des jeunes, aujourd’hui trop souvent conditionnée aux revenus et au patrimoine de leurs parents. De nombreux étudiants sont aujourd’hui contraints de travailler pour faire face aux charges de logement, or, le travail des étudiants diminue fortement leur chance de réussite. Nous refusons que les étudiants paient, de cette manière, le prix de leur autonomie. Instaurer de nouvelles obligations écologiques dans la construction des logements étudiants et sociaux Notre ville a besoin d’une vision à long-terme. Elle en a manqué depuis de nombreuses années. La transition énergétique, que nous devons engager le plus vite possible, notamment par la construction de logements plus propres, moins énergivores, est un impératif pour nous, non seulement en tant que socialistes convaincus de la nécessité de prendre des décisions plus respectueuses de l’environnement, mais aussi en tant que Marseillais-e-s qui ne veulent pas voir leur ville se dégrader davantage. C’est pourquoi, il faut établir de nouvelles obligations dans le cahier des charges des constructeurs immobiliers, en partenariat avec la Ville, c’est-à-dire réduire l’impact sur l’environnement des nouvelles constructions (pollution, dépenses d’énergie, pertes de chaleur..) et à créer un environnement intérieur sain. Nous ne pouvons renoncer à nos exigences environnementales dans les logements sociaux et étudiants : il s’agirait premièrement d’un nonsens pour une Mairie désirant engager une politique écologique, et deuxièmement d’un manque de considération pour les habitants. 4.3 Santé 4.3.1 Bilan des années Gaudin La santé chez les jeunes Les chiffres en matière de santé chez les jeunes sont inquiétants. Selon les données réunies 22 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr par La Mutuelle des Etudiant-e-s (LMDE), 19% des étudiants ne possèdent pas de complémentaire santé, risque supplémentaire pour ceux-ci qui, lors d’un accident ou d’une hospitalisation imprévue, devront financer à leur charge la part qui n’est pas prise en compte par la sécurité sociale. La faiblesse des budgets étudiants les contraint à procéder à des arbitrages dans leurs dépenses et à renoncer notamment à un haut niveau de protection sociale. Egalement alarmant : 12% des étudiant-e-s n’ont fait aucune visite médicale chez leur médecin généraliste sur un an. Les dépassements d’honoraires rendent difficile la consultation chez un médecin spécialiste. Finalement, 34% des étudiant-e-s renoncent à se soigner faute de ressources financières adéquates. Tous ces chiffres sont extrêmement préoccupants lorsque l’on sait que la plupart des habitudes de santé sont prises à cet âge. Il est à craindre que les jeunes se tournent de plus en plus vers l’automédication, ou alors – fait observé chez les populations les moins aisées – attendent d’être en situation critique pour aller consulter un médecin. La renonciation systématique aux soins pourrait devenir, dans le futur, un véritable problème pour la jeune génération actuelle une fois entrée dans l’âge adulte. Prévention et hygiène de vie Outre ces problématiques, un volet prévention doit être développé à l’âge où l’on découvre la vie. Les questions liées à la sexualité et aux maladies qui peuvent en découler, mais aussi à la consommation d’alcool, de tabac ou de stupéfiants ne doivent pas être éludées. La santé est également liée à l’hygiène de vie. La malnutrition d’abord, connait plusieurs facteurs de développement : économiques (liés au prix des aliments), socio-culturels (les habitudes alimentaires) ou éducatifs (méconnaissance de l’intérêt notamment d’une alimentation variée, équilibrée, voire biologique). Les cas d'obésité sont donc plus nombreux. L’hygiène dentaire devient également un problème pour les milieux défavorisés au vu du prix des consultations. L’état de la santé à Marseille 23 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr À Marseille, pour qualifier la santé et l’hygiène de la ville, il suffit de dire qu’au courant de l’été, 8 plages de la ville ont dû être interdites à la baignade, faute à une eau trop pollué. De plus, la qualité de l’air dans la région marseillaise se distingue par sa médiocrité. Au-delà de nos frontières, il faut aller à Padoue, à Madrid et en Andalousie, à Cracovie ou à Maribor pour trouver des chiffres similaires ou supérieurs à ceux régulièrement affichés dans la région marseillaise. L’enjeu représentant la qualité de l’air et de l’eau des plages à Marseille n’a jamais été pris en compte ni même dénoncé par la municipalité Gaudin, ce qui constitue un véritable scandale dans le domaine de la santé publique. Enfin, la santé passe par la qualité du cadre de vie et de l’environnement. Dans les quartiers défavorisés, les habitant-e-s aspirent à une plus grande qualité des bâtiments en termes d’isolation ou encore d’insonorisation. Un meilleur entretien des espaces intermédiaires doit également être mis en place. Il s’agit là encore d’un aspect prévention. Un logement décent engendre une vie plus saine. On observe chez les populations défavorisées une plus grande fréquence des maladies respiratoires. Ainsi, si en France, selon les territoires, l'espérance de vie peut varier, l'écart se constate aussi à l'intérieur même de Marseille où en moins d'un quart d'heure de trajet en métro du sud au nord de Marseille, le risque de mourir prématurément (avant 65 ans) augmente jusqu'à 70 % d'un quartier à l'autre. Malheureusement, ces écarts ne doivent rien au hasard : la carte de la surmortalité par quartier recoupant parfaitement celle du niveau de vie des habitants. La santé est le bien le plus précieux des êtres humains. Nous ne voulons pas d’une santé à deux vitesses ou un-e jeune né-e dans une famille riche soit mieux soigné-e qu’un-e jeune issus d’une famille de classe moyenne, voire pauvre. Au-delà d’un idéal socialiste, il s’agit là d’un idéal républicain. 4.3.2 Des propositions pour changer la ville Faire entrer les produits biologiques dans les cantines gérées par la municipalité En interrogeant 910 élèves d’une dizaine d’années dans une vingtaine d’écoles de la région PACA, l’association Santé environnement France (ASEF) a fait un constat accablant : un 24 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr écolier sur trois ne sait pas identifier un poireau, une courgette, une figue et un artichaut et 87% d’entre eux ignorent ce qu’est une betterave. Les jeunes enfants, habitués aux plats tout préparés, ne savent plus ce qu’ils mangent et ont perdu la réalité des produits. Or, la santé des jeunes se construit autour d’une alimentation adaptée et d’une activité physique régulière. Ce mode de vie sain contribue à limiter le surpoids, fléau chez les adolescents et les enfants et à réduire un certain nombre de problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires ou les cancers. Faire entrer les produits biologiques dans les cantines de la municipalité permettrait aux enfants de découvrir de nouveaux aliments, tout en bénéficiant à l’agriculture locale. Conduire une nouvelle politique d’hygiène à Marseille La santé intervient aussi dans le domaine de l’hygiène (qualité des eaux, salubrité de l’habitat et des rues, maîtrise de la population animale de la ville...). A Marseille, de nombreux progrès restent à faire. Ainsi, les spécialistes de maladies infectieuses de l’hôpital Nord avancent le chiffre effrayant de 10 rats par habitant là où on parle habituellement d’un million de bêtes prospérant dans la ville ! Une intervention simultanée des équipes en charge du ramassage des ordures, de la propreté urbaine, et de la dératisation a été envisagée par le service de santé publique de la Ville, mais non réalisée à ce jour. De même, se soulager à Marseille n’est pas chose aisée : les 850 000 Marseillais disposent de seulement 14 sanisettes gratuites dans toute la ville, contre environ 400 à Paris. Une augmentation du nombre de sanitaires aurait un retentissement significatif sur l’hygiène de la ville, et diminuerait le mécontentement des restaurateurs du centre-ville, lassés d’endosser le rôle de « dame pipi ». Etablir une salle de consommation à moindre risque à Marseille Nous, Jeunes Socialistes, demandons également l’ouverture à Marseille d’une salle de consommation à moindre risque. Déjà expérimentée à Paris depuis mai 2013, ce lieu permettrait de répondre à la nécessité d’un accueil des usagers de drogue, avec pour 25 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr objectifs de réduire les risques sanitaires (contamination par le VIH ou l’hépatite C), ainsi que les troubles à l’ordre public (injections dans les immeubles voire dans les rues). 4.4 L’éducation populaire 4.4.1 Bilan des années Gaudin L’éducation, comprise au sens large du terme, a été l’un des dossiers les plus mal gérés de la municipalité et n’a jamais constitué l’une de ses priorités. Si nous savons que les inégalités apparaissent dès la petite enfance et que les structures traditionnelles d'enseignement peinent à pallier ces écarts, nous croyons en une éducation populaire ambitieuse qui permettra aux jeunes de s’épanouir et de trouver une place dans la société. Dans cette optique, les élus doivent être les gardes fous d’une éducation audacieuse et juste. L’éducation à Marseille : des chiffres consternants Les chiffres de la ville de Marseille sont saisissants tant ses jeunes sont en proie à une misère sociale et culturelle où 26 % des habitants vivent au-dessous le seuil de pauvreté et où près d'un enfant sur deux (44 %) grandit dans un foyer à bas revenu (jusqu'à 60 % dans le IIIème arr.) Autre spécificité locale, 27 % des enfants défavorisés vivent avec un seul parent. Enfin, 24% des jeunes marseillais quittent l’école sans diplôme. Derrière ces chiffres traduisant des situations dramatiques, l’action réalisée par la mairie manque cruellement d’ambition. Pire, le budget de la municipalité Gaudin traduit l’absence de volonté politique. Entre 2008 et 2011, les investissements ont baissé de près de 20% pour la construction et rénovation des écoles, tandis que les mairies de Toulouse ou de Montpellier consacrent entre 2 et 2,3 fois plus par habitant. De plus, le secteur « enseignement et formation » révèle qu’à Marseille, on consacre 162 euros/habitant soit 8% de moins qu’à Lyon, alors que de nombreuses écoles marseillaises se situent dans des zones à caractère prioritaires et devraient faire l’objet d’un soutien important. Face à ces chiffres, l’éducation populaire, favorisée par des associations de proximité en lien direct avec les jeunes est un formidable outil œuvrant à la transformation sociale et politique, qui travaille à l'émancipation des individus et des jeunes. De l’importance de l’éducation populaire : culture et sports pour des valeurs et des ambitions citoyennes 26 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr Pour répondre aux carences éducatives municipales, nous formulions un formidable espoir pour la jeunesse à travers la réforme des rythmes scolaires. Or, évoquant encore les coûts de la réforme dissimulant le manque de volonté politique, Jean-Claude Gaudin fait de la résistance. Dans le secteur périscolaire, les horaires étriqués et la qualité des activités proposées laissent dubitatif. L’initiation aux activités artistiques et culturelles est chaque année plus restreinte. Soutenir la culture et mettre en œuvre des politiques publiques culturelles est essentiel dans plusieurs domaines. D’une part, il est désormais reconnu que la culture est un élément central de l’attractivité durable d’un territoire et d’autre part, la culture apparaît comme un élément fondamental au bon fonctionnement de notre société. C’est aussi bien un facteur de cohésion sociale, de mieux vivre ensemble, qu’un facteur d’émancipation et d’épanouissement personnel et intellectuel, en particulier pour la jeunesse. La culture ne doit pas être réservée à une certaine élite mais être à l’image de Marseille, cosmopolite et diversifiée. Le sport se révèle être un formidable acteur du vivre-ensemble et d’épanouissement des jeunes, et pourtant, Marseille se distingue par l’état de vétusté de ses équipements sportifs et leur difficulté d’accès. De plus, dans une ville en bord de mer où 75% des enfants ne savent pas nager, le nombre de jeunes qui vont à la piscine ne cesse de diminuer. Face à ce constat, la municipalité répond par la fermeture des piscines municipales, notamment dans les quartiers les plus défavorisés. Face à cette politique désastreuse, les jeunes socialistes privilégient une éducation populaire pour toute la jeunesse marseillaise. 4.4.2 Des propositions pour changer la ville Dédier des lieux à l’expression artistique et à la pratique culturelle pour les jeunes, en les rapprochant des associations Si nous nous réjouissons des retombées positives de MP2013 sur l’image de la ville, nous déplorons que certains quartiers aient été totalement délaissés par l’événement. Le label Capitale Européenne de la Culture aurait pu être une formidable occasion de faire connaître les artistes locaux, car du nord au sud, Marseille regorge de jeunes talents à l’image de la ville : cosmopolites et divers. Or, il n’existe malheureusement toujours aucun lieu de rencontre dédié à l’expression artistique ou à la pratique culturelle pour les jeunes. Si Marseille est riche de son tissu 27 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr associatif et compte près de 10 000 associations qui œuvrent dans tous les domaines, leur visibilité et leurs moyens d’actions doivent être renforcés afin de se rapprocher de la jeunesse marseillaise. Pour pallier à ce manque, nous proposons la création de lieux de la jeunesse et de la culture qui travailleront en lien direct avec les associations existantes. Ces lieux seraient un tremplin pour l’art amateur, misant sur l’éclosion et la mise en valeur de l’ensemble des nouveaux talents de notre ville. Conduire une vraie politique sportive La pratique du sport est un facteur important de socialisation et l’une des clefs de l’éducation populaire, l’accès au sport doit être au cœur des préoccupations de la municipalité. Or aujourd’hui, Marseille est bien loin du compte, avec seulement 15 équipements sportifs pour 10 000 habitants, contre 18 à Lyon ou 26 à Toulouse. De plus, à l'automne 2007, dans son classement des villes sportives de plus de 100 000 habitants, l'Equipe magazine classait la ville 29ème sur 30. Le retard de Marseille en termes d’infrastructures sportives est donc flagrant. Mais en dépit de ce constat, la tendance est loin d’être à l’amélioration, avec par exemple 10 fermetures de piscines municipales depuis 2008, principalement dans les quartiers populaires. Et pendant qu’une partie des équipements sportifs de la ville tombe en décrépitude, la mairie inaugure en grande pompe un « Palais de la glisse » à 45 millions d’euros dont la fréquentation ne décollera jamais vue sa situation géographique et son inaccessibilité par des transports cohérents. La future équipe municipale se devra donc de reprendre en mains le dossier des équipements sportifs de la ville, en étant attentive au besoin de ses habitant-e-s et des associations marseillaises. Elle devra également placer la réhabilitation des équipements sportifs existants en priorité, afin de rendre ces lieux aux marseillais-e-s. Mais aussi investir dans de nouveaux complexes sportifs qui répondent réellement aux besoins de la population. 28 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr C’est comme cela que la ville pourra se libérer de son retard en matière d’équipements sportifs, renforçant ainsi son attractivité, mais surtout redonnant à la jeunesse marseillaise la possibilité et l’envie de faire du sport dans notre ville. Promouvoir les petites structures qui font vivre la culture Ces dernières années, la municipalité de Jean Claude Gaudin a totalement laissé sur le carreau les petites structures culturelles qui faisaient vivre les nuits marseillaises. Si bien que nous arrivons à un ultime paradoxe, celui de salles de concert alternatives - pourtant fréquentées - qui ferment pour manque de budget, faute d'investissements publics, au moment où, labellisé par Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture, David Guetta s'apprêtait à recevoir une subvention municipale record de 400.000 euros, ainsi que le parc Borely (alors que cela avait toujours été refusé aux artistes marseillais qui en avait fait la demande...). Nous pensons que le ou la candidat(e) socialiste à la mairie devra s'inscrire dans la rupture de ce système, ne cherchant que le profit immédiat sans vouloir la pérennisation de la culture de la ville, ne favorisant que l'atrophie intellectuelle en asphyxiant financièrement tous les lieux délivrant une pensée alternative. On ne compte désormais plus le nombre d'associations qui ont déjà succombé aux ravages de cette politique désastreuse : et comble du comble, cette hécatombe perdure alors que notre ville est censée être la capitale de toutes les cultures en 2013. On peut désormais faire le deuil de l'Enthropy pour exemple, qui, après avoir été harcelée par les forces de l'ordre, ne délivrera plus sa musique noise, pourtant si rare à Marseille. D'autres continuent de lutter (Le point de bascule, etc.), mais, sans aucune aide des politiques publiques, la suite semble difficile à imaginer. Nous, jeunes socialistes, sommes attachés à la diversité des arts et des genres et plaidons pour l'émancipation intellectuelle de chacun. C'est pourquoi nous avons à cœur de promouvoir ces structures qui, plus que des lieux de vie, de rencontres et de tolérance, participe réellement de notre rayonnement artistique puisque permettant aux jeunes artistes de pouvoir se lancer. En faisant le choix de réinjecter des subventions dans ces salles, nous serons en mesure de pérenniser et de diversifier l'offre culturelle marseillaise. 29 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr Afin d'avancer main dans la main avec ceux qui font vivre l'intellect marseillais (les gérants des galeries d'expositions, des salles de concerts, etc.) la mairie se devra d'instaurer un dialogue durable par le biais de grands audits réguliers où tous les arts seront représentés, afin de répondre au mieux à leurs besoins. 30 Livre blanc de la Jeunesse à Marseille jeunes-socialistes13.fr jeunes-socialistes13.fr 31