Rouge Morbihan 8-v4

Transcription

Rouge Morbihan 8-v4
JOURNAL COMMUNISTE EN MORBIHAN • PCF AU SEIN DU FRONT DE GAUCHE
1€
N°8 Mars 2016
EDITO
par Joël Gallais
Secrétaire départemental du PCF
Front de gauche :
donner la parole
à la base
0,5€ pour ceux
qui n’ont pas d’sous !
Ecouter la détresse des paysans
qui veulent vivre de leur travail Par Joël Gallais
Depuis le début de l’année, les tracteurs de sortie pour crier la détresse paysanne. Plus ou
moins orchestrée par les gros syndicats qui sont à l’origine du problème en défendant l’agroindustrie, cette colère doit être entendue et les réponses doivent permettre aux paysans de
vivre de leur travail.
L
es élections régionales ont été un échec pour le Front
de gauche. Les raisons sont multiples, et tiennent
pour partie au Front de gauche lui-même, qui n’a pas
su montrer un visage unitaire, rassembleur, ancré
dans les réalités sociales.
Le Front de gauche n’a pas su porter un projet alternatif,
décliné dans les Régions, porté par une dynamique nationale.
D’ailleurs depuis 2 ans, le Front de gauche ne travaille plus,
n’impulse pas de mouvement national de résistance à
l’austérité.
De nombreux militants regrettent que le militantisme local
soit brouillé par des batailles d’état-major et la concurrence
entre les formations du FG. Ils ont l’impression que les
dirigeants du PCF et du PG sont tentés d’enterrer le Front
de gauche, impression renforcée par l’accueil favorable du
PCF à des primaires de la gauche sans avoir préalablement
dessiné les contours d’un projet de transformation qui
remette en cause le capitalisme.
La candidature individuelle de Mélenchon semble acter la fin
du FG en tant qu’outil de travail collectif.
Pourtant, le Front de gauche reste la seule construction
politique porteuse d’espoir, ce lieu unique où des
citoyens de culture communiste, écologiste, trotskyste,
humaniste, libertaire, des socialistes en rupture de ban,
des syndicalistes, peuvent travailler ensemble et inventer
ensemble un nouvel avenir.
Certes il faut une nouvelle phase du Front de gauche.
Mais ce nouveau Front de gauche ne se fera pas du sommet.
Alors que, depuis les élections, chacun y va de son
commentaire, il est urgent de donner la parole à la base,
garante de la pérennité du Front de gauche.
Voilà ce qui a amené le PCF 56 à prendre l’initiative d’une
adresse aux responsables nationaux du Front de Gauche
pour dire : « attention, ne cassons pas l’outil dans lequel des
millions de citoyens ont mis tant d’espoir » !
Joël Gallais
Dans ce numéro
P1
P2
P4
La France perd l’équivalent d’un département de terres agricoles tous les 7 ans.
25% des éleveurs de porc bretons sont
en liquidation. Dans la première région
productrice, cette situation menace les
30 000 emplois de la filière.
Face à ce drame humain, le gouvernement
a dégagé une enveloppe de 290 millions
d’euros, alors que les producteurs ont besoin de prix rémunérateurs pour vivre de
leur travail. Payer le juste prix aux paysans,
c’est remettre en cause les pratiques des
grandes surfaces et de l’agro-industrie.
Le porc vendu 1,5 € le kg chez
Leclerc tue le paysan
Leclerc profite de la loi de 2008 qui donne
aux grandes surfaces le pouvoir d’imposer un prix aux producteurs. Et surtout Leclerc dispose de l’unité de production de
viande porcine la plus moderne d’Europe à
Collinée (22) et peut ainsi se permettre de
brader les prix pour gagner de la clientèle.
Autre géant du secteur, le groupe Bigard,
qui abat 40% des bovins en France, a fait
le choix d’augmenter ses marges sur le
dos des éleveurs et notamment ceux qui
sont spécialisés dans les races à viande.
Quant au premier groupement de producteurs, la COOPERL, groupe «intégrateur»
Payer le juste prix aux
paysans, c’est remettre
en cause les pratiques
des grandes surfaces
et de l’agro-industrie.
assurant l’ensemble de l’activité de la
filière -alimentation animale - abattage commercialisation de la viande, il définit
une stratégie obéissant plus au «business
plan» découlant de la mondialisation des
échanges que d’une volonté politique de
défendre une politique des prix rémunérateurs.
Beaucoup d’acteurs interviennent dans ce
dossier : producteurs, salariés, consommateurs, géants de l’agro-alimentaire
et de la distribution… mais quel que soit
l’angle d’attaque, c’est bien le libéralisme
qui est interrogé et l’absence de solidarité
dans une filière où domine la loi du plus
fort.
Michel Le Scouarnec au Sénat
«Des solutions durables existent».
«Dans la proposition de loi
déposée en septembre 2015 par
les parlementaires communistes,
nous proposons de légiférer
sur la réduction des marges
et pratiques abusives dans la
grande distribution. Les prix
agricoles doivent faire l’objet
de négociations annuelles
et pluralistes à travers des
conférences des prix. Les filières
alimentaires relocalisées doivent
être soutenues, l’indication
d’origine des produits agricoles
appliquée, sans oublier le
développement du marché
intérieur avec les collectivités
locales et les appels d’offre».
Questembert : le Front de gauche veut relocaliser la restauration collective
Bernard Stéphan
• Ecouter la détresse des paysans...
• Questembert : le Front de gauche veut relocaliser
la restauration collective.
P1
P2
• Dossier : les fusions de commune.
• Ploemeur la population défend ses maternelles.
• A vannes, mobilisation pour le collège Montaigne.
P3
• Portrait : à Caudan, deux ingénieurs « agro » font
le choix du maraîchage bio.
• Notre Dame des Landes.
• Avec les Grec56
P4
• Galerie Roger Dimanche.
• La jeunesse emmerde le Front national
• Festival Pêcheur du monde
• On lâche rien !
OURS
ROUGE MORBIHAN
Editeur : fédération PCF du Morbihan - 70 bis rue Macel Sembat 56600 Lanester
Directeur de publication : Joël Gallais •Mise en page : Karbone Studio •
Impression : Imprimerie des Mauges • N° ISSN en cours.
L’association « les ami-e-s du front de gauche-est Morbihan » propose de conduire à l’échelle
des 13 communes de la Communauté de communes de Questembert, une réflexion-action
sur la restauration collective.
L’enjeu est d’importance : 20% des repas
servis en France le sont dans le cadre de la
restauration collective (écoles élémentaires,
collèges, lycées, maisons de retraite,
restaurants d’entreprise). La restauration
collective est au centre d’enjeux essentiels :
tarification des prestations, santé et équilibre
alimentaire, provenance des denrées (circuits
courts et recours aux producteurs locaux),
qualité des produits, mode de gestion choisie
(gestion en régie directe ou gestion concédée),
etc. L’objectif de l’association est de rassembler,
dans le cadre d’un atelier citoyen, tous ceux
qui souhaitent participer à cette réflexion :
parents d’élèves, gestionnaires d’équipements,
agriculteurs, syndicats agricoles, élus,
responsables associatifs, citoyens engagés.
Une fois l’état des lieux établi, l’idée est
de dégager des pistes et améliorations à
apporter en faveur d’une restauration collective
territorial de l’alimentation » par le biais de la
restauration collective publique et privée. Cette
restauration sert à l’année plus de 3 milliards
de repas et concerne 76 000 restaurants. Cette
loi vise à introduire 40% de produits issus de
l’agriculture durable dont 20% devront être
issus de l’agriculture biologique et devra en
outre favoriser les productions locales.
de qualité, accessible à tous, ouverte aux
innovations et produits bios et pourvoyeuse
d’emplois sur le territoire concerné.
Une démarche soutenue par la loi du 14
janvier 2016
Cette initiative se déroule alors que l’Assemblé
Nationale a adopté la loi portée par la députée
EELV Brigitte Allain visant à créer un « ancrage
Le député communiste André Chassaigne
a voté cette loi tout en pointant l’absence
d’engagement budgétaire, dans un contexte
où les collectivités rognent déjà sur leurs
dépenses de fonctionnement.
Travailler autour des enjeux de la restauration
collective, mais aussi des 10 milliards de
repas servis hors domicile, devrait permettre
de tracer des perspectives aux paysans et
d’entamer en cette année post COP 21 les
transitions nécessaires.
ENQUÊTE
Denis Le Duigou
Les fusions de communes en question
Le modèle français issu de la Révolution de 1789 reposait sur la commune. Après les
tentatives avortées dans les années 70 (loi Marcellin), cette France des 36 000 communes,
des 500 000 élus communaux dévoués, risque cette fois de disparaitre.
Les communes nouvelles
Au 1er janvier 2016, 921 communes en France ont fusionné, sacrifiées
sans doute sur l’autel de la modernité mais surtout sur celui de l’austérité par le biais de la baisse des dotations. Quelque 400 autres devraient
suivre le même chemin en 2016.
Pour faire passer cette réforme, le gouvernement a trouvé des éléments
de langage, préférant le terme de regroupement à fusion et permettant
aux communes regroupées de conserver une partie de leur identité
puisque les anciennes communes deviendront communes déléguées au
sein de cette commune nouvelle. Et les anciens maires pourront devenir
maires délégués.
Qu’en pensent les habitants ?
Les avis sont partagés sur le sujet. Christian Alliot, responsable du
PCF à Naizin, commune qui vient de fusionner au sein d’Evellys, déplore
« l’absence de concertation et de visibilité sur un sujet qui concerne les
citoyens » et alerte sur le danger que « les fusions accompagnent la suppression des services publics dans les petites communes ».
Parfois, les réticences proviennent du nom donné à la commune nouvelle
comme à Chirac dans la Lozère où les habitants ont dit « Chirac a disparu ». Cette question du nom a une réelle importance notamment dans
les communes issues d’une longue histoire.
La fusion peut avoir aussi des conséquences imprévues comme la
question de la chasse. Partant du principe qu’il ne peut y avoir qu’une
association de chasse agréée par commune, il faudrait fusionner les associations de chasse… ce qui pourrait se révéler un véritable casse-tête !
Fusion des intercommunalités
Un autre aspect de la réforme vise à fusionner les communautés de communes de moins de 15 000 habitants avant le 1er janvier 2017. Sur les 21
intercommunalités du Morbihan, 11 ont une population inférieure à 15
000 habitants et devront se marier avec des voisines. Mais lesquelles ?
Par exemple du côté de Ploërmel, Malestroit, Pontivy il y avait de nombreuses questions non résolues. Le Préfet devra décider de manière autoritaire s’il n’y a pas consensus.
Dans le Morbihan
Avant 2016, peu de communes ont fusionné. Il y a eu Kéryado avec Lorient
en 1947, St Gouvry et St Samson avec Rohan en 1974. Sinon il faut remonter
au 19 e siècle. Par contre des démembrements de communes ont eu lieu
tout au long du 20e siècle comme Larmor-Plage et Ploemeur qui ne faisaient
qu’une commune jusqu’en 1927 ou Lanester et Caudan jusqu’en 1909.
Avec la nouvelle loi au 1er janvier 2016 trois nouvelles communes ont été
créées à partir de 8 anciennes :
Val d’Oust avec La Chapelle Caro, Le Roc St André, Quily • Evellys avec Moustoir
- Remungol, Naizin, Remungol •Theix-Noyalo avec Theix, Noyalo.D’autres
sont en négociation et vont bénéficier de temps supplémentaire pour
profiter d’un maintien des aides de l’Etat : Bieuzy et Pluméliau, Kerfourn et
Noyal-Pontivy. Du côté de Belle-Ile-en-Mer la réflexion est engagée mais des
réticences se sont exprimées sans doute aussi parce que les 4 communes
sont déjà regroupées en Communauté de communes et qu’elles le resteront,
même si elle n’atteint pas les 15 000 habitants, eu égard à sa position
géographique.
Et Hennebont avec Inzinzac-Lochrist ?
Moins de proximité, moins de démocratie
Depuis un demi-siècle comme l’indique Gérard Brovelli, maître de conférence à l’Université de Nantes (O-F du 23 décembre 2015), « deux courants s’affrontent sur la réforme de l’administration décentralisée. L’un,
technocratique, privilégie l’efficacité gestionnaire. L’autre, démocratique,
privilégie la proximité. Avec les idées de la nouvelle gestion publique qui
guident toutes les réformes en cours, le 1er courant est en passe de triompher ».
C’est aussi notre avis et notre inquiétude, car qu’attend-on réellement
d’un territoire de proximité ? Les services publics qui doivent effectivement être rendus à la population diminuent au nom d’une pseudo efficacité gestionnaire qui reste à démontrer.
Début janvier André Hartereau, maire d’Hennebont, a lors de ses vœux fait
une annonce fracassante qui a fait de l’effet dans sa commune mais aussi
et surtout dans la commune voisine Inzinzac-Lochrist. Comme ne l’aurait
jamais fait Georges Brassens, il a demandé la main à sa voisine Armelle Nicolas, maire, pour graver leur noms au bas d’un parchemin afin de sceller la
fusion de leurs communes. Mais cette dernière, devant les réactions de ses
concitoyens, a vite compris que pour la fusion, il fallait quand même qu’ils
soient consultés et qu’ils soient d’accord. Tout comme ceux d’Hennebont
d’ailleurs… Attention donc à ne pas mettre la charrue avant les bœufs !
Car même s’il n’y a que le fleuve Blavet et des ponts à traverser et des Forges
en histoire commune, on peut tout de même se demander si la fusion est
bien la solution. Avec 16000 habitants d’un côté et 6500 de l’autre, les deux
communes sont suffisamment grandes et peuvent donc se passer de fusion
et continuer à coopérer en bonne harmonie dans divers domaines.
A moins que l’objectif, comme l’ont souligné les journaux locaux, soit de faire
de cette nouvelle commune la 2e du Pays de Lorient, la 3e du Morbihan et la 8 e
de Bretagne. Mais nous n’osons pas penser que cet objectif ait pu avoir un
quelconque lien avec l’annonce d’André Hartereau, ou alors se verrait-il déjà
le maire de cette nouvelle commune que l’on pourrait appeler Kerblavet ?
Ploemeur, la population défend ses maternelles
Michel Le Mestrallan, élu FDG à Ploemeur
La demande de la Direction des services départementaux de l’Education et l’accord du Maire pour la fermeture de 2, voire 3 écoles maternelles sur la commune de
Ploemeur, ne passe pas aussi facilement que certains l’escomptaient.
L’attachement des familles à une école publique de proximité, la
qualité de nos écoles maternelles sont défendus avec force par
un collectif de parents qui par des formes diverses agissent pour
refuser la casse et demander à participer à tout processus de
transformation.
Si tout le monde est conscient de la baisse démographique, nombreux sont ceux qui ont bien compris que c’est l’austérité appliquée à l’école publique qui est en marche.
Les effectifs prévus à la rentrée 2016 permettent le maintien des
écoles. Ces fermetures s’inscrivent ainsi dans une démarche départementale de recherche de gains de postes, d’accroissement
des effectifs par classe, de réduction de la scolarisation des
moins de 3 ans dans le Morbihan. Ces objectifs convergent avec
ceux du maire (Les Républicains) de la ville qui espère ainsi supprimer des postes de personnels municipaux, réduire les frais de
fonctionnement et d’entretien des bâtiments. La méthode autoritaire et de refus du débat public passe mal.
Les communistes et les amis du Front de gauche prennent toute
leur place dans la montée de la colère. Présence devant les écoles,
campagne de presse, information sur le marché, participation à la
protestation en réunion publique, tous les moyens sont utilisés.
Les convergences, dans le respect de la spécificité de chacun sont
payantes, dès maintenant la pire solution est écartée, celle de la
fermeture de 3 écoles. Il reste du chemin à parcourir pour faire reculer la casse et construire un projet de scolarisation sur la ville, à
partir des intérêts des enfants. De manière plus durable, il faut que
soit créé l’habitat accessible aux jeunes ménages, seule solution
durable pour renverser la baisse démographique que connait la
ville. D’autres combats se profilent...
Les projets- menaces de fermetures d’écoles
annoncées fin janvier :
Lorient : école Jean Paul Sartre
Lanester : école Pauline Kergomard
Pluméliau : école de Talvern Neneze
Plœmeur : écoles Paul Gauguin et René – Guy Cadou
Sans compter les fusions envisagées à :
Baud, Gourandel (école du centre)
Lorient (Lanveur et René- Guy Cadou)
Pontivy
Le Palais
A Vannes, mobilisation générale pour le collège public Montaigne !
Anita Kervadec
Dans le Morbihan il faut des années de batailles pour
ouvrir un collège public et laïc. Il ne faut que quelques
mois au Conseil Départemental, à l’Inspectrice
d’Académie pour décider la fermeture d’un collège de
213 élèves !
Pourtant ce collège Public de Vannes sud, près du quartier populaire de Kercado, joue son rôle de collège de proximité. Classé REP,
en réseau éducation prioritaire, il est au centre d’un dispositif de
soutien aux élèves en difficulté, accueille des classes adaptées qui
permettent des passerelles d’un dispositif à l’autre très appréciées
des parents d’élèves. A proximité d’installations sportives, d’un lycée,
d’écoles, il est le pivot d’un réseau scolaire public complet de l’éducation prioritaire. C’est un collège qui favorise la réussite éducative :
77% de réussite au Brevet des collèges, 55% de passage en seconde
générale.
Un quartier populaire à l’abandon
Le Conseil Départemental, l’IA justifient leur décision par la baisse
des effectifs qui est due essentiellement à l’absence d’une politique
d’accès au logement pour les familles sur Vannes. F. Goulard, président du CD 56 n’hésite pas à stigmatiser les familles populaires, les
« populations d’origine étrangère ».Ces déclarations scandaleuses
cachent mal les véritables buts de cette fermeture : une gestion
comptable qui sacrifie les services publics indispensables à la population au nom de la réduction de la dette, l’abandon par l’Etat des
quartiers populaires ! Ce sont les familles qui devront en effet assurer
les surcoûts du transport, de la demi pension dans un collège plus
éloigné. C’est aussi la fragilisation de l’enseignement public : avec
cette fermeture Vannes compterait seulement 2 collèges publics
pour 4 collèges privés (3 catholiques et Diwan) !
Un collectif (enseignants, parents d’élèves, syndicats, associations,
élus) soutenu par le Front de Gauche de Vannes se bat depuis plusieurs mois et a suscité une forte mobilisation sur la ville : manifestation, pétitions, audiences auprès du Préfet, interpellation de la Ministre... Le CA du collège et le Comité Départemental de l’ Education
Nationale ont déjà voté à 80% POUR le maintien du collège.
Le combat pour le collège Montaigne continue !
PORTRAIT
A Caudan, deux ingénieurs « agro » font le choix du maraîchage bio
Parmi les étudiants de leur promotion 2006 de l’Ecole Nationale d’horticulture d’Angers, certains travaillent pour la banque dite « verte », d’autres
pour des Chambres d’Agriculture, la recherche, des jardineries, ou encore l’agro-alimentaire. Elodie et Mathieu ont fait le choix d’une agriculture
de proximité et de qualité. Un choix guidé par l’amour de leur métier et par des valeurs (non monétaires).
Originaires respectivement de Nantes et de Loudéac, Elodie et
Mathieu n’avaient pas vocation à travailler la terre. C’est après
avoir passé un bac général qu’ils ont décroché le concours de
l’Ecole Nationale d’horticulture d’Angers où ils se sont rencontrés. 5 années d’étude pour obtenir leur diplôme d’ingénieur, et
les voilà partis pour un premier emploi dans les Vosges où Mathieu obtient une bourse de recherche sur le paillage et Elodie
trouve un emploi de valorisation des boues d’épuration.
Mais les stages effectués pendant leurs études -Elodie en Bolivie dans une école agronomique de l’Altiplano et Mathieu dans
une coopérative de commerce équitable au Nicaragua- leur ont
donné le goût du voyage. En 2008, ils partent en Nouvelle-Calédonie. Un agriculteur cherche un couple pour le seconder dans
son exploitation. « Une belle expérience professionnelle et humaine » qu’ils interrompent en 2012 pour revenir en Bretagne,
pays de leurs attaches.
C’est le moment où la ville de Lorient lance un appel d’offre pour
louer et exploiter la ferme héritée d’un legs, où la mairie avait
créé une ferme pédagogique sur 5 ha, au lieu-dit Cosquer en
Caudan. Nos ingénieurs montent un dossier de maraîchage bio
répondant aux conditions de l’appel d’offres : choix d’une agriculture respectueuse de l’environnement et ouverture au public.
Réponse positive.
40 légumes, plus de 100 variétés
Après le montage des dossiers d’aides à l’installation, l’achat
des équipements, la préparation des terres jusqu’alors en prairie, la construction de serres, l’installation de l’irrigation…Ils
ouvrent à la vente en mai 2014 avec un choix de 40 légumes
et plus de 100 variétés sur l’année, complété par une offre de
fromages, pain, pommes, cidre, miel, tisanes, volailles d’autres
agriculteurs installés aussi en bio.
Les articles dans la presse les font connaître, les voisins jouent
le jeu, les premiers clients sont contents, le bouche à l’oreille fait
le reste. Cet automne ils comptaient 90 passages par semaine,
ce qui est peu et beaucoup. « Nous ne dégageons pas encore
un salaire, mais nous faisons ce que nous aimons. Et puis la
vente directe permet des rencontres avec le voisinage, avec les
clients qui viennent aussi pour échanger ». Et pour prolonger
l’esprit rencontres, ils proposent régulièrement des soirées musique autour de la cheminée, ou cinéma avec l’association « J’ai
vu un documentaire ».
Agriculture biologique contre Monsanto
Leur regard sur le monde qui les entoure ? « Dans le
domaine agricole, c’est le modèle conventionnel qui
domine, même si l’agriculture biologique gagne du
terrain. Le principal problème est celui du foncier.
Les jeunes ne trouvent pas à s’installer, surtout
sur la côte. Et il est impératif que les collectivités
jouent le jeu de l’approvisionnement local dans les
cantines ».
Les choses bougent, l’approche de l’alimentation évolue. Evidement ce
serait mieux si Monsanto ne
s’enrichissait pas avec les
pesticides, si la PAC aidait
d’avantage le bio et moins
les grands céréaliers, si
les banques suivaient les
jeunes qui s’installent, si
le foncier était plus abordable, si les grandes surfaces rémunéraient le
travail paysan au juste
prix… En attendant de
gagner ces combats, allez goûter les salades, les
courges et les patates douces
chez Elodie et Mathieu. Vous nous en
donnerez des nouvelles.
Du raisonné au bio
L’agriculture « raisonnée» a un sens très fort , et très éloigné d’une agriculture écologique, durable et biologique... c’est une formule magique de com’ de la FNSEA ,
des promoteurs de l’agriculture intensive, des producteurs de pesticides dont Monsanto, lancée dans les années 2000, qui fait penser à une agriculture réfléchie...
mais qui ne l’est pas...en fait le principe de l’agriculture raisonnée, c’est uniquement la garantie du respect de la réglementation en vigueur, et noter sur un cahier
tous les traitements effectués. Il n’y a aucune restriction de nombre de traitements. Il faut aussi avoir un local réglementaire pour stocker les produits de traitement,
et tous les équipements nécessaires pour protéger les applicateurs (masque, botte, combi, lunettes....), une dalle bétonnée pour rincer le pulvérisateur avec une cuve
de récupération qui va avec. Voilà en gros ce que c’est l’agriculture raisonnée...
Et malheureusement, c’est souvent associé avec le bio, dans les marchés par exemple, les revendeurs qui disent qu’ils travaillent avec des producteurs bio et/ou
raisonnés, comme si c’était presque pareil...
Notre-Dame des Landes,
un entêtement coupable
Daniel Clabecq
Malgré les engagements pris par Hollande d’attendre les derniers recours devant les tribunaux
(concernant notamment le non-respect des lois environnementales), le gouvernement, sous la
pression des intérêts patronaux et de Vinci (qui lorgne sur les terrains libérés à Nantes et les
milliers de places de parking ultra rentables), veut imposer un projet en totale opposition avec les
engagements de la COP 21.
Le PCF n’est pas « anti-avions », mais conteste le projet de NDDL
pour des raisons qui tiennent à notre projet de société. Celle que
nous voulons, c’est une société de bien vivre et du bien commun !
• NDDL s’inscrit dans le contexte de métropolisation et de concurrence entre les territoires.
• Les solutions alternatives proposées par les organisations locales de réaménagement et d’évolution de l’aéroport existant
(Nantes Atlantique a été jugé « meilleur aéroport européen » en
2011 !) n’ont pas été étudiées.
Maraîchage et vente à la ferme du Kozker en Caudan
• La concession lucrative du « futur » aéroport confiée dans des
conditions obscures à Vinci dans le cadre d’un Partenariat Public
Privé est assimilable à un financement public d’intérêts privés.
• L’impact sur l’environnement est très négatif. De nombreuses
études démontrent la nécessité de préserver ces zones humides
et ces terres agricoles.
• LA résistance à NDDL avec la ZAD (Zone à Défendre) tente aussi
une expérience encourageante de réappropriation d’espaces agricoles par des exploitations de type coopératif en opposition aux
modes d’exploitation productivistes.
Le PCF 56 réaffirme son opposition au projet d’aéroport de
Notre-Dame des Landes et sa solidarité avec les populations
expulsées.
L’annonce faite par François Hollande d’un référendum (qui s’avère
compliqué juridiquement) est avant tout un compromis entre 2 entrants au
gouvernement, J-M Ayrault, ancien maire de Nantes porteur du projet NDDL
et E.Cosse, ancienne Présidente EELV très opposée à ce projet. C’est aussi
un écran de fumée destiné à dissimuler les non réponses du gouvernement,
maitre d’ouvrage, aux questions posées par les associations et les riverains.
Pour autant, faire trancher la décision par le peuple n’est en soi pas
une mauvaise idée, à condition qu’un vrai débat soit organisé, et que la
consultation soit élargie à la Bretagne, qui cofinance ce projet.
Avec les Grecs 56
Jean Mark Kerbellec
En Grèce, avec les politiques d’austérité
et la fermeture d’un hôpital sur deux, les
conséquences sur la santé publique sont
désastreuses. Face à l’urgence, des citoyens
ont organisé des dispensaires autogérés
pour les nombreux laissés pour compte.
Si leur souhait est que l’Etat reprenne à l’avenir cette prérogative
essentielle de santé publique, à ce jour ils refusent toute subvention
d’ONG ou institution, garantissant ainsi une complète indépendance
d’action. En France, l’association France Grèce Solidarité Santé développe
des actions avec ces structures de soins originales en partenariat avec
l’organisation grecque Solidarité pour tous.
En soutien, de nombreux militants se mobilisent en Bretagne pour défendre le principe de l’accès aux soins pour tous et en faire un bien commun. Ces collectifs sont à l’origine de la création à Rennes en septembre
dernier de l’association Bretagne Grèce Solidarité Santé.
Présent à Lanester lors de la fête de l’Humanité Bretagne en novembre
dernier, le collectif du Morbihan Avec les Grecs56 organise des projections débats afin de sensibiliser la population sur ce sujet et collecte aussi
des médicaments et divers matériels médicaux (attèles, béquilles, fauteuils roulants, ..) à partir des besoins exprimés par ces dispensaires. Ce
collectif se mobilise pour rassembler des fonds et acheminer ces dons
vers la population grecque.
Cette campagne se poursuivra avec un week-end de Pâques franco-grec
organisé à Ambon les 26 et 27 mars par Attac56 et Bretagne Grèce Solidarité Santé. Au programme, des débats, des spectacles de musiques
et de chants traditionnels, des stands d’informations et une restauration
conviviale sur place ([email protected]).
PARLONS-EN
Culture
Galerie Roger Dimanche : un artiste à
connaître et à reconnaître si vous êtes
en balade sur Port Louis.
JM Roudellec
Installée il y a moins d’un an dans la vieille cité de Port Louis, la vitrine acidulée de la
Galerie atelier du plasticien Roger Dimanche ne passe pas inaperçue.
Des couleurs vives et chaudes du Pop
Art des années 60 accueillent le visiteur.
L’artiste nantais assume pleinement l’influence d’Andy Warhol et du Street Art.
Des visages connus des variétés, du cinéma, de la bande dessinés , des icônes
issues de la culture populaire occupent
une grande place dans sa production.
Originaire du pays de Lorient, c’est pour
cet artiste original un retour aux sources
après un long séjour dans le pays nantais où il a exercé des talents divers.
Très tôt attiré par l’expression graphique,
après une option art public à l’école d’architecture, il a participé à de nombreux
projets pédagogiques dans des établissements scolaires avec des fresques
murales. Touche à tout, il réalise également des projets de création urbaines
sur des roches obstacles (de stationnement, d’accès de voies privés ou de site
industriel, ..) comme sur des palissades
de chantier.
Sa galerie atelier qui bénéficie de la lumière de la rue tient dans un mouchoir
de poche. N’hésitez pas à le contacter,
il se fera un plaisir de vous montrer l’ensemble de son travail qu’il ne peut pas
exposer.
A LORIENT CONTRE LA BAISSE
DES DOTATIONS
50 militants du Front de gauche dont Delphine Alexandre, élue à Lorient et à l’Agglo, se sont invités aux vœux de Lorient Agglomération le 22 janvier pour dénoncer la réduction des dotations aux collectivités locales (Lorient Agglo : moins
8,5 millions d’euros d’ici 2017) qui se traduisent par moins de subventions aux
associations, moins de personnel, moins d’investissements.
Les militants dénonçaient le double discours des maires qui déplorent la baisse
des dotations dans leur commune tout en la justifiant au niveau national au nom
de la « nécessaire réduction des dépenses publiques ».
D’autres solutions existent pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État
en s’attaquant à la fraude fiscale, à l’évasion fiscale, en augmentant les impôts
des plus riches, en taxant les profits du CAC 40 et des actionnaires…
La série des petits formats « Les Baisers », déclinée à la Andy Warhol est à
elle seule un concentré de son univers
coloré, frais et plein d’humour.
GALERIE DE LA PLACE DU GRAND BASTION, rue de la citadelle à Port Louis, 07 80 44 62 61 en cas d’absence.
Sur les pancartes on pouvait lire des chiffres significatifs :
En 1988, après les 14% du FN à la présidentielle, toute
une génération chantait avec les Béruriers Noirs « la
jeunesse emmerde le Front National ». En 2002, cette
même génération se levait contre la présence au 2ème
tour de Le Pen à l’élection présidentielle. C’était l’image
d’une jeunesse généreuse et antiraciste.
En 2015, 34% des électeurs de 18 à 24 ans
ont voté FN aux Régionales...Est-ce à croire
qu’au fil du temps, les jeunes se sont laissés convaincre par la peste brune ? Nous
préférons une autre hypothèse.
D’abord parce que 70% des jeunes n’ont pas
voté du tout, ce qui ramène les 34% à moins
de 12%. Certes, ce calcul vaut aussi, en pire,
pour le Front de gauche… Ce qui veut dire
que l’offre politique du Front de gauche
de solidarité, de partage, d’ouverture aux
autres et au monde, n’a pas convaincu les
jeunes au point de se déplacer pour aller voter. Mais aussi que la sphère politique est à
ce point éloignée de leurs préoccupations,
que leur avenir est à ce point bouché, que
voter dans leur esprit ne sert à rien.
Certes, on peut dire que les jeunes n’ont
plus cette culture de la solidarité transmise
dans l’entreprise, dans la lutte sociale, dans
le syndicat, dans les écoles de métiers où
les ainés étaient les passeurs du savoir et
de la mémoire. Maintenant, l’entrée sur le
marché du travail est tellement aléatoire,
individualisée, que le chacun pour soi l’emporte sur le collectif, que l’on regarde le travailleur immigré comme un concurrent plus
que comme un frère, un camarade dans le
combat de classe contre l’exploitation.
Mais attention au feu qui couve. La jeunesse est encore au premier rang des combats à Notre-Dame des Landes, avec Podemos chez nos voisins espagnols, contre les
fachos d’Ad-Sav à Quimper…
A nous de savoir faire confiance, de faire la
démonstration que le combat politique, ce
n’est pas la guerre des clans et les combinaisons pour prendre ou garder le pouvoir.
A nous, jeunes et moins jeunes, d’inventer
de nouveau des lendemains qui chantent.
Joël Gallais
FESTIVAL PÊCHEURS DU MONDE : L’HUMAIN D’ABORD !
Partenaire depuis 3 ans de l’espace cinéma de la fête de l’Humanité Bretagne.
Avec 50 films au programme, Pêcheurs du monde
nous fait voyager sur toutes les mers du globe.
Et depuis sa première édition, il fait la part belle
aux réalités humaines que soulève la pêche :
exploitation du travail, pillage de la ressource et
des pays pauvres, place des femmes, migrations,
batailles juridiques…Un festival de cinéma qui
montre les invisibles, une programmation qui aide
à la connaissance tout en laissant libre cours aux
colères et à la poésie.
LORIENT Agglo : - 8,5 M€
LORIENT : - 1,5 M€ en 2015 PLOUAY : -700000€ d’ici 2017
GUIDEL : - 240 000€ / an
LOCMIQUÉLIC : - 197 000€ de 2014 - 2017
Et au chapitre des propositions :
L’ÉVASION FISCALE : 60 MILLIARDS € •
CICE > 34 MILLIARDS €
DIVIDENTES VERSÉES AUX ACTIONNAIRES > 54 MILLIARDS
NICHES FISCALES > 82 MILLIARDS
GOODYEAR
SOLIDARITÉ
Jeudi 4 février,
contre la
criminalisation de
l’action syndicale,
des centaines de
manifestants en
solidarité avec
les « Goodyear ».
ETAT
D’URGENCE
Samedi 30 janvier,
rassemblement à la
Préfecture de Vannes
en opposition à
l’inscription dans
la Constitution de
l’Etat d’urgence.
Lorient, du 14 au 20 mars 2016 - pecheursdumonde.org
Souscription
Je soutiens ROUGE MORBIHAN
Nom.......................................................... Prénom.................................................
Adresse....................................................................................................................
Email...................................... Je verse................................................................€
• Chèque à l’ordre de ADF PCF,
70 bis rue Marcel Sembat 56600 Lanester
02 97 21 01 26
• Ce don ouvre droit à réduction ou
crédit d’impôt (66%). Il vous permet
de recevoir le journal à chaque
parution.
Je rejoins le Parti Communiste Français
Nom ...............................................................................
Prénom ..........................................................................
Age......... Profession....................................................
Adresse..........................................................................
Téléphone......................................................................
Portable.........................Email........................................
• A renvoyer à :
PCF, 70 bis rue Marcel Sembat 56600 Lanester