Rouge Morbihan 8-v4
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Rouge Morbihan 8-v4
JOURNAL COMMUNISTE EN MORBIHAN • PCF AU SEIN DU FRONT DE GAUCHE 1€ N°8 Mars 2016 EDITO par Joël Gallais Secrétaire départemental du PCF Front de gauche : donner la parole à la base 0,5€ pour ceux qui n’ont pas d’sous ! Ecouter la détresse des paysans qui veulent vivre de leur travail Par Joël Gallais Depuis le début de l’année, les tracteurs de sortie pour crier la détresse paysanne. Plus ou moins orchestrée par les gros syndicats qui sont à l’origine du problème en défendant l’agroindustrie, cette colère doit être entendue et les réponses doivent permettre aux paysans de vivre de leur travail. L es élections régionales ont été un échec pour le Front de gauche. Les raisons sont multiples, et tiennent pour partie au Front de gauche lui-même, qui n’a pas su montrer un visage unitaire, rassembleur, ancré dans les réalités sociales. Le Front de gauche n’a pas su porter un projet alternatif, décliné dans les Régions, porté par une dynamique nationale. D’ailleurs depuis 2 ans, le Front de gauche ne travaille plus, n’impulse pas de mouvement national de résistance à l’austérité. De nombreux militants regrettent que le militantisme local soit brouillé par des batailles d’état-major et la concurrence entre les formations du FG. Ils ont l’impression que les dirigeants du PCF et du PG sont tentés d’enterrer le Front de gauche, impression renforcée par l’accueil favorable du PCF à des primaires de la gauche sans avoir préalablement dessiné les contours d’un projet de transformation qui remette en cause le capitalisme. La candidature individuelle de Mélenchon semble acter la fin du FG en tant qu’outil de travail collectif. Pourtant, le Front de gauche reste la seule construction politique porteuse d’espoir, ce lieu unique où des citoyens de culture communiste, écologiste, trotskyste, humaniste, libertaire, des socialistes en rupture de ban, des syndicalistes, peuvent travailler ensemble et inventer ensemble un nouvel avenir. Certes il faut une nouvelle phase du Front de gauche. Mais ce nouveau Front de gauche ne se fera pas du sommet. Alors que, depuis les élections, chacun y va de son commentaire, il est urgent de donner la parole à la base, garante de la pérennité du Front de gauche. Voilà ce qui a amené le PCF 56 à prendre l’initiative d’une adresse aux responsables nationaux du Front de Gauche pour dire : « attention, ne cassons pas l’outil dans lequel des millions de citoyens ont mis tant d’espoir » ! Joël Gallais Dans ce numéro P1 P2 P4 La France perd l’équivalent d’un département de terres agricoles tous les 7 ans. 25% des éleveurs de porc bretons sont en liquidation. Dans la première région productrice, cette situation menace les 30 000 emplois de la filière. Face à ce drame humain, le gouvernement a dégagé une enveloppe de 290 millions d’euros, alors que les producteurs ont besoin de prix rémunérateurs pour vivre de leur travail. Payer le juste prix aux paysans, c’est remettre en cause les pratiques des grandes surfaces et de l’agro-industrie. Le porc vendu 1,5 € le kg chez Leclerc tue le paysan Leclerc profite de la loi de 2008 qui donne aux grandes surfaces le pouvoir d’imposer un prix aux producteurs. Et surtout Leclerc dispose de l’unité de production de viande porcine la plus moderne d’Europe à Collinée (22) et peut ainsi se permettre de brader les prix pour gagner de la clientèle. Autre géant du secteur, le groupe Bigard, qui abat 40% des bovins en France, a fait le choix d’augmenter ses marges sur le dos des éleveurs et notamment ceux qui sont spécialisés dans les races à viande. Quant au premier groupement de producteurs, la COOPERL, groupe «intégrateur» Payer le juste prix aux paysans, c’est remettre en cause les pratiques des grandes surfaces et de l’agro-industrie. assurant l’ensemble de l’activité de la filière -alimentation animale - abattage commercialisation de la viande, il définit une stratégie obéissant plus au «business plan» découlant de la mondialisation des échanges que d’une volonté politique de défendre une politique des prix rémunérateurs. Beaucoup d’acteurs interviennent dans ce dossier : producteurs, salariés, consommateurs, géants de l’agro-alimentaire et de la distribution… mais quel que soit l’angle d’attaque, c’est bien le libéralisme qui est interrogé et l’absence de solidarité dans une filière où domine la loi du plus fort. Michel Le Scouarnec au Sénat «Des solutions durables existent». «Dans la proposition de loi déposée en septembre 2015 par les parlementaires communistes, nous proposons de légiférer sur la réduction des marges et pratiques abusives dans la grande distribution. Les prix agricoles doivent faire l’objet de négociations annuelles et pluralistes à travers des conférences des prix. Les filières alimentaires relocalisées doivent être soutenues, l’indication d’origine des produits agricoles appliquée, sans oublier le développement du marché intérieur avec les collectivités locales et les appels d’offre». Questembert : le Front de gauche veut relocaliser la restauration collective Bernard Stéphan • Ecouter la détresse des paysans... • Questembert : le Front de gauche veut relocaliser la restauration collective. P1 P2 • Dossier : les fusions de commune. • Ploemeur la population défend ses maternelles. • A vannes, mobilisation pour le collège Montaigne. P3 • Portrait : à Caudan, deux ingénieurs « agro » font le choix du maraîchage bio. • Notre Dame des Landes. • Avec les Grec56 P4 • Galerie Roger Dimanche. • La jeunesse emmerde le Front national • Festival Pêcheur du monde • On lâche rien ! OURS ROUGE MORBIHAN Editeur : fédération PCF du Morbihan - 70 bis rue Macel Sembat 56600 Lanester Directeur de publication : Joël Gallais •Mise en page : Karbone Studio • Impression : Imprimerie des Mauges • N° ISSN en cours. L’association « les ami-e-s du front de gauche-est Morbihan » propose de conduire à l’échelle des 13 communes de la Communauté de communes de Questembert, une réflexion-action sur la restauration collective. L’enjeu est d’importance : 20% des repas servis en France le sont dans le cadre de la restauration collective (écoles élémentaires, collèges, lycées, maisons de retraite, restaurants d’entreprise). La restauration collective est au centre d’enjeux essentiels : tarification des prestations, santé et équilibre alimentaire, provenance des denrées (circuits courts et recours aux producteurs locaux), qualité des produits, mode de gestion choisie (gestion en régie directe ou gestion concédée), etc. L’objectif de l’association est de rassembler, dans le cadre d’un atelier citoyen, tous ceux qui souhaitent participer à cette réflexion : parents d’élèves, gestionnaires d’équipements, agriculteurs, syndicats agricoles, élus, responsables associatifs, citoyens engagés. Une fois l’état des lieux établi, l’idée est de dégager des pistes et améliorations à apporter en faveur d’une restauration collective territorial de l’alimentation » par le biais de la restauration collective publique et privée. Cette restauration sert à l’année plus de 3 milliards de repas et concerne 76 000 restaurants. Cette loi vise à introduire 40% de produits issus de l’agriculture durable dont 20% devront être issus de l’agriculture biologique et devra en outre favoriser les productions locales. de qualité, accessible à tous, ouverte aux innovations et produits bios et pourvoyeuse d’emplois sur le territoire concerné. Une démarche soutenue par la loi du 14 janvier 2016 Cette initiative se déroule alors que l’Assemblé Nationale a adopté la loi portée par la députée EELV Brigitte Allain visant à créer un « ancrage Le député communiste André Chassaigne a voté cette loi tout en pointant l’absence d’engagement budgétaire, dans un contexte où les collectivités rognent déjà sur leurs dépenses de fonctionnement. Travailler autour des enjeux de la restauration collective, mais aussi des 10 milliards de repas servis hors domicile, devrait permettre de tracer des perspectives aux paysans et d’entamer en cette année post COP 21 les transitions nécessaires. ENQUÊTE Denis Le Duigou Les fusions de communes en question Le modèle français issu de la Révolution de 1789 reposait sur la commune. Après les tentatives avortées dans les années 70 (loi Marcellin), cette France des 36 000 communes, des 500 000 élus communaux dévoués, risque cette fois de disparaitre. Les communes nouvelles Au 1er janvier 2016, 921 communes en France ont fusionné, sacrifiées sans doute sur l’autel de la modernité mais surtout sur celui de l’austérité par le biais de la baisse des dotations. Quelque 400 autres devraient suivre le même chemin en 2016. Pour faire passer cette réforme, le gouvernement a trouvé des éléments de langage, préférant le terme de regroupement à fusion et permettant aux communes regroupées de conserver une partie de leur identité puisque les anciennes communes deviendront communes déléguées au sein de cette commune nouvelle. Et les anciens maires pourront devenir maires délégués. Qu’en pensent les habitants ? Les avis sont partagés sur le sujet. Christian Alliot, responsable du PCF à Naizin, commune qui vient de fusionner au sein d’Evellys, déplore « l’absence de concertation et de visibilité sur un sujet qui concerne les citoyens » et alerte sur le danger que « les fusions accompagnent la suppression des services publics dans les petites communes ». Parfois, les réticences proviennent du nom donné à la commune nouvelle comme à Chirac dans la Lozère où les habitants ont dit « Chirac a disparu ». Cette question du nom a une réelle importance notamment dans les communes issues d’une longue histoire. La fusion peut avoir aussi des conséquences imprévues comme la question de la chasse. Partant du principe qu’il ne peut y avoir qu’une association de chasse agréée par commune, il faudrait fusionner les associations de chasse… ce qui pourrait se révéler un véritable casse-tête ! Fusion des intercommunalités Un autre aspect de la réforme vise à fusionner les communautés de communes de moins de 15 000 habitants avant le 1er janvier 2017. Sur les 21 intercommunalités du Morbihan, 11 ont une population inférieure à 15 000 habitants et devront se marier avec des voisines. Mais lesquelles ? Par exemple du côté de Ploërmel, Malestroit, Pontivy il y avait de nombreuses questions non résolues. Le Préfet devra décider de manière autoritaire s’il n’y a pas consensus. Dans le Morbihan Avant 2016, peu de communes ont fusionné. Il y a eu Kéryado avec Lorient en 1947, St Gouvry et St Samson avec Rohan en 1974. Sinon il faut remonter au 19 e siècle. Par contre des démembrements de communes ont eu lieu tout au long du 20e siècle comme Larmor-Plage et Ploemeur qui ne faisaient qu’une commune jusqu’en 1927 ou Lanester et Caudan jusqu’en 1909. Avec la nouvelle loi au 1er janvier 2016 trois nouvelles communes ont été créées à partir de 8 anciennes : Val d’Oust avec La Chapelle Caro, Le Roc St André, Quily • Evellys avec Moustoir - Remungol, Naizin, Remungol •Theix-Noyalo avec Theix, Noyalo.D’autres sont en négociation et vont bénéficier de temps supplémentaire pour profiter d’un maintien des aides de l’Etat : Bieuzy et Pluméliau, Kerfourn et Noyal-Pontivy. Du côté de Belle-Ile-en-Mer la réflexion est engagée mais des réticences se sont exprimées sans doute aussi parce que les 4 communes sont déjà regroupées en Communauté de communes et qu’elles le resteront, même si elle n’atteint pas les 15 000 habitants, eu égard à sa position géographique. Et Hennebont avec Inzinzac-Lochrist ? Moins de proximité, moins de démocratie Depuis un demi-siècle comme l’indique Gérard Brovelli, maître de conférence à l’Université de Nantes (O-F du 23 décembre 2015), « deux courants s’affrontent sur la réforme de l’administration décentralisée. L’un, technocratique, privilégie l’efficacité gestionnaire. L’autre, démocratique, privilégie la proximité. Avec les idées de la nouvelle gestion publique qui guident toutes les réformes en cours, le 1er courant est en passe de triompher ». C’est aussi notre avis et notre inquiétude, car qu’attend-on réellement d’un territoire de proximité ? Les services publics qui doivent effectivement être rendus à la population diminuent au nom d’une pseudo efficacité gestionnaire qui reste à démontrer. Début janvier André Hartereau, maire d’Hennebont, a lors de ses vœux fait une annonce fracassante qui a fait de l’effet dans sa commune mais aussi et surtout dans la commune voisine Inzinzac-Lochrist. Comme ne l’aurait jamais fait Georges Brassens, il a demandé la main à sa voisine Armelle Nicolas, maire, pour graver leur noms au bas d’un parchemin afin de sceller la fusion de leurs communes. Mais cette dernière, devant les réactions de ses concitoyens, a vite compris que pour la fusion, il fallait quand même qu’ils soient consultés et qu’ils soient d’accord. Tout comme ceux d’Hennebont d’ailleurs… Attention donc à ne pas mettre la charrue avant les bœufs ! Car même s’il n’y a que le fleuve Blavet et des ponts à traverser et des Forges en histoire commune, on peut tout de même se demander si la fusion est bien la solution. Avec 16000 habitants d’un côté et 6500 de l’autre, les deux communes sont suffisamment grandes et peuvent donc se passer de fusion et continuer à coopérer en bonne harmonie dans divers domaines. A moins que l’objectif, comme l’ont souligné les journaux locaux, soit de faire de cette nouvelle commune la 2e du Pays de Lorient, la 3e du Morbihan et la 8 e de Bretagne. Mais nous n’osons pas penser que cet objectif ait pu avoir un quelconque lien avec l’annonce d’André Hartereau, ou alors se verrait-il déjà le maire de cette nouvelle commune que l’on pourrait appeler Kerblavet ? Ploemeur, la population défend ses maternelles Michel Le Mestrallan, élu FDG à Ploemeur La demande de la Direction des services départementaux de l’Education et l’accord du Maire pour la fermeture de 2, voire 3 écoles maternelles sur la commune de Ploemeur, ne passe pas aussi facilement que certains l’escomptaient. L’attachement des familles à une école publique de proximité, la qualité de nos écoles maternelles sont défendus avec force par un collectif de parents qui par des formes diverses agissent pour refuser la casse et demander à participer à tout processus de transformation. Si tout le monde est conscient de la baisse démographique, nombreux sont ceux qui ont bien compris que c’est l’austérité appliquée à l’école publique qui est en marche. Les effectifs prévus à la rentrée 2016 permettent le maintien des écoles. Ces fermetures s’inscrivent ainsi dans une démarche départementale de recherche de gains de postes, d’accroissement des effectifs par classe, de réduction de la scolarisation des moins de 3 ans dans le Morbihan. Ces objectifs convergent avec ceux du maire (Les Républicains) de la ville qui espère ainsi supprimer des postes de personnels municipaux, réduire les frais de fonctionnement et d’entretien des bâtiments. La méthode autoritaire et de refus du débat public passe mal. Les communistes et les amis du Front de gauche prennent toute leur place dans la montée de la colère. Présence devant les écoles, campagne de presse, information sur le marché, participation à la protestation en réunion publique, tous les moyens sont utilisés. Les convergences, dans le respect de la spécificité de chacun sont payantes, dès maintenant la pire solution est écartée, celle de la fermeture de 3 écoles. Il reste du chemin à parcourir pour faire reculer la casse et construire un projet de scolarisation sur la ville, à partir des intérêts des enfants. De manière plus durable, il faut que soit créé l’habitat accessible aux jeunes ménages, seule solution durable pour renverser la baisse démographique que connait la ville. D’autres combats se profilent... Les projets- menaces de fermetures d’écoles annoncées fin janvier : Lorient : école Jean Paul Sartre Lanester : école Pauline Kergomard Pluméliau : école de Talvern Neneze Plœmeur : écoles Paul Gauguin et René – Guy Cadou Sans compter les fusions envisagées à : Baud, Gourandel (école du centre) Lorient (Lanveur et René- Guy Cadou) Pontivy Le Palais A Vannes, mobilisation générale pour le collège public Montaigne ! Anita Kervadec Dans le Morbihan il faut des années de batailles pour ouvrir un collège public et laïc. Il ne faut que quelques mois au Conseil Départemental, à l’Inspectrice d’Académie pour décider la fermeture d’un collège de 213 élèves ! Pourtant ce collège Public de Vannes sud, près du quartier populaire de Kercado, joue son rôle de collège de proximité. Classé REP, en réseau éducation prioritaire, il est au centre d’un dispositif de soutien aux élèves en difficulté, accueille des classes adaptées qui permettent des passerelles d’un dispositif à l’autre très appréciées des parents d’élèves. A proximité d’installations sportives, d’un lycée, d’écoles, il est le pivot d’un réseau scolaire public complet de l’éducation prioritaire. C’est un collège qui favorise la réussite éducative : 77% de réussite au Brevet des collèges, 55% de passage en seconde générale. Un quartier populaire à l’abandon Le Conseil Départemental, l’IA justifient leur décision par la baisse des effectifs qui est due essentiellement à l’absence d’une politique d’accès au logement pour les familles sur Vannes. F. Goulard, président du CD 56 n’hésite pas à stigmatiser les familles populaires, les « populations d’origine étrangère ».Ces déclarations scandaleuses cachent mal les véritables buts de cette fermeture : une gestion comptable qui sacrifie les services publics indispensables à la population au nom de la réduction de la dette, l’abandon par l’Etat des quartiers populaires ! Ce sont les familles qui devront en effet assurer les surcoûts du transport, de la demi pension dans un collège plus éloigné. C’est aussi la fragilisation de l’enseignement public : avec cette fermeture Vannes compterait seulement 2 collèges publics pour 4 collèges privés (3 catholiques et Diwan) ! Un collectif (enseignants, parents d’élèves, syndicats, associations, élus) soutenu par le Front de Gauche de Vannes se bat depuis plusieurs mois et a suscité une forte mobilisation sur la ville : manifestation, pétitions, audiences auprès du Préfet, interpellation de la Ministre... Le CA du collège et le Comité Départemental de l’ Education Nationale ont déjà voté à 80% POUR le maintien du collège. Le combat pour le collège Montaigne continue ! PORTRAIT A Caudan, deux ingénieurs « agro » font le choix du maraîchage bio Parmi les étudiants de leur promotion 2006 de l’Ecole Nationale d’horticulture d’Angers, certains travaillent pour la banque dite « verte », d’autres pour des Chambres d’Agriculture, la recherche, des jardineries, ou encore l’agro-alimentaire. Elodie et Mathieu ont fait le choix d’une agriculture de proximité et de qualité. Un choix guidé par l’amour de leur métier et par des valeurs (non monétaires). Originaires respectivement de Nantes et de Loudéac, Elodie et Mathieu n’avaient pas vocation à travailler la terre. C’est après avoir passé un bac général qu’ils ont décroché le concours de l’Ecole Nationale d’horticulture d’Angers où ils se sont rencontrés. 5 années d’étude pour obtenir leur diplôme d’ingénieur, et les voilà partis pour un premier emploi dans les Vosges où Mathieu obtient une bourse de recherche sur le paillage et Elodie trouve un emploi de valorisation des boues d’épuration. Mais les stages effectués pendant leurs études -Elodie en Bolivie dans une école agronomique de l’Altiplano et Mathieu dans une coopérative de commerce équitable au Nicaragua- leur ont donné le goût du voyage. En 2008, ils partent en Nouvelle-Calédonie. Un agriculteur cherche un couple pour le seconder dans son exploitation. « Une belle expérience professionnelle et humaine » qu’ils interrompent en 2012 pour revenir en Bretagne, pays de leurs attaches. C’est le moment où la ville de Lorient lance un appel d’offre pour louer et exploiter la ferme héritée d’un legs, où la mairie avait créé une ferme pédagogique sur 5 ha, au lieu-dit Cosquer en Caudan. Nos ingénieurs montent un dossier de maraîchage bio répondant aux conditions de l’appel d’offres : choix d’une agriculture respectueuse de l’environnement et ouverture au public. Réponse positive. 40 légumes, plus de 100 variétés Après le montage des dossiers d’aides à l’installation, l’achat des équipements, la préparation des terres jusqu’alors en prairie, la construction de serres, l’installation de l’irrigation…Ils ouvrent à la vente en mai 2014 avec un choix de 40 légumes et plus de 100 variétés sur l’année, complété par une offre de fromages, pain, pommes, cidre, miel, tisanes, volailles d’autres agriculteurs installés aussi en bio. Les articles dans la presse les font connaître, les voisins jouent le jeu, les premiers clients sont contents, le bouche à l’oreille fait le reste. Cet automne ils comptaient 90 passages par semaine, ce qui est peu et beaucoup. « Nous ne dégageons pas encore un salaire, mais nous faisons ce que nous aimons. Et puis la vente directe permet des rencontres avec le voisinage, avec les clients qui viennent aussi pour échanger ». Et pour prolonger l’esprit rencontres, ils proposent régulièrement des soirées musique autour de la cheminée, ou cinéma avec l’association « J’ai vu un documentaire ». Agriculture biologique contre Monsanto Leur regard sur le monde qui les entoure ? « Dans le domaine agricole, c’est le modèle conventionnel qui domine, même si l’agriculture biologique gagne du terrain. Le principal problème est celui du foncier. Les jeunes ne trouvent pas à s’installer, surtout sur la côte. Et il est impératif que les collectivités jouent le jeu de l’approvisionnement local dans les cantines ». Les choses bougent, l’approche de l’alimentation évolue. Evidement ce serait mieux si Monsanto ne s’enrichissait pas avec les pesticides, si la PAC aidait d’avantage le bio et moins les grands céréaliers, si les banques suivaient les jeunes qui s’installent, si le foncier était plus abordable, si les grandes surfaces rémunéraient le travail paysan au juste prix… En attendant de gagner ces combats, allez goûter les salades, les courges et les patates douces chez Elodie et Mathieu. Vous nous en donnerez des nouvelles. Du raisonné au bio L’agriculture « raisonnée» a un sens très fort , et très éloigné d’une agriculture écologique, durable et biologique... c’est une formule magique de com’ de la FNSEA , des promoteurs de l’agriculture intensive, des producteurs de pesticides dont Monsanto, lancée dans les années 2000, qui fait penser à une agriculture réfléchie... mais qui ne l’est pas...en fait le principe de l’agriculture raisonnée, c’est uniquement la garantie du respect de la réglementation en vigueur, et noter sur un cahier tous les traitements effectués. Il n’y a aucune restriction de nombre de traitements. Il faut aussi avoir un local réglementaire pour stocker les produits de traitement, et tous les équipements nécessaires pour protéger les applicateurs (masque, botte, combi, lunettes....), une dalle bétonnée pour rincer le pulvérisateur avec une cuve de récupération qui va avec. Voilà en gros ce que c’est l’agriculture raisonnée... Et malheureusement, c’est souvent associé avec le bio, dans les marchés par exemple, les revendeurs qui disent qu’ils travaillent avec des producteurs bio et/ou raisonnés, comme si c’était presque pareil... Notre-Dame des Landes, un entêtement coupable Daniel Clabecq Malgré les engagements pris par Hollande d’attendre les derniers recours devant les tribunaux (concernant notamment le non-respect des lois environnementales), le gouvernement, sous la pression des intérêts patronaux et de Vinci (qui lorgne sur les terrains libérés à Nantes et les milliers de places de parking ultra rentables), veut imposer un projet en totale opposition avec les engagements de la COP 21. Le PCF n’est pas « anti-avions », mais conteste le projet de NDDL pour des raisons qui tiennent à notre projet de société. Celle que nous voulons, c’est une société de bien vivre et du bien commun ! • NDDL s’inscrit dans le contexte de métropolisation et de concurrence entre les territoires. • Les solutions alternatives proposées par les organisations locales de réaménagement et d’évolution de l’aéroport existant (Nantes Atlantique a été jugé « meilleur aéroport européen » en 2011 !) n’ont pas été étudiées. Maraîchage et vente à la ferme du Kozker en Caudan • La concession lucrative du « futur » aéroport confiée dans des conditions obscures à Vinci dans le cadre d’un Partenariat Public Privé est assimilable à un financement public d’intérêts privés. • L’impact sur l’environnement est très négatif. De nombreuses études démontrent la nécessité de préserver ces zones humides et ces terres agricoles. • LA résistance à NDDL avec la ZAD (Zone à Défendre) tente aussi une expérience encourageante de réappropriation d’espaces agricoles par des exploitations de type coopératif en opposition aux modes d’exploitation productivistes. Le PCF 56 réaffirme son opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes et sa solidarité avec les populations expulsées. L’annonce faite par François Hollande d’un référendum (qui s’avère compliqué juridiquement) est avant tout un compromis entre 2 entrants au gouvernement, J-M Ayrault, ancien maire de Nantes porteur du projet NDDL et E.Cosse, ancienne Présidente EELV très opposée à ce projet. C’est aussi un écran de fumée destiné à dissimuler les non réponses du gouvernement, maitre d’ouvrage, aux questions posées par les associations et les riverains. Pour autant, faire trancher la décision par le peuple n’est en soi pas une mauvaise idée, à condition qu’un vrai débat soit organisé, et que la consultation soit élargie à la Bretagne, qui cofinance ce projet. Avec les Grecs 56 Jean Mark Kerbellec En Grèce, avec les politiques d’austérité et la fermeture d’un hôpital sur deux, les conséquences sur la santé publique sont désastreuses. Face à l’urgence, des citoyens ont organisé des dispensaires autogérés pour les nombreux laissés pour compte. Si leur souhait est que l’Etat reprenne à l’avenir cette prérogative essentielle de santé publique, à ce jour ils refusent toute subvention d’ONG ou institution, garantissant ainsi une complète indépendance d’action. En France, l’association France Grèce Solidarité Santé développe des actions avec ces structures de soins originales en partenariat avec l’organisation grecque Solidarité pour tous. En soutien, de nombreux militants se mobilisent en Bretagne pour défendre le principe de l’accès aux soins pour tous et en faire un bien commun. Ces collectifs sont à l’origine de la création à Rennes en septembre dernier de l’association Bretagne Grèce Solidarité Santé. Présent à Lanester lors de la fête de l’Humanité Bretagne en novembre dernier, le collectif du Morbihan Avec les Grecs56 organise des projections débats afin de sensibiliser la population sur ce sujet et collecte aussi des médicaments et divers matériels médicaux (attèles, béquilles, fauteuils roulants, ..) à partir des besoins exprimés par ces dispensaires. Ce collectif se mobilise pour rassembler des fonds et acheminer ces dons vers la population grecque. Cette campagne se poursuivra avec un week-end de Pâques franco-grec organisé à Ambon les 26 et 27 mars par Attac56 et Bretagne Grèce Solidarité Santé. Au programme, des débats, des spectacles de musiques et de chants traditionnels, des stands d’informations et une restauration conviviale sur place ([email protected]). PARLONS-EN Culture Galerie Roger Dimanche : un artiste à connaître et à reconnaître si vous êtes en balade sur Port Louis. JM Roudellec Installée il y a moins d’un an dans la vieille cité de Port Louis, la vitrine acidulée de la Galerie atelier du plasticien Roger Dimanche ne passe pas inaperçue. Des couleurs vives et chaudes du Pop Art des années 60 accueillent le visiteur. L’artiste nantais assume pleinement l’influence d’Andy Warhol et du Street Art. Des visages connus des variétés, du cinéma, de la bande dessinés , des icônes issues de la culture populaire occupent une grande place dans sa production. Originaire du pays de Lorient, c’est pour cet artiste original un retour aux sources après un long séjour dans le pays nantais où il a exercé des talents divers. Très tôt attiré par l’expression graphique, après une option art public à l’école d’architecture, il a participé à de nombreux projets pédagogiques dans des établissements scolaires avec des fresques murales. Touche à tout, il réalise également des projets de création urbaines sur des roches obstacles (de stationnement, d’accès de voies privés ou de site industriel, ..) comme sur des palissades de chantier. Sa galerie atelier qui bénéficie de la lumière de la rue tient dans un mouchoir de poche. N’hésitez pas à le contacter, il se fera un plaisir de vous montrer l’ensemble de son travail qu’il ne peut pas exposer. A LORIENT CONTRE LA BAISSE DES DOTATIONS 50 militants du Front de gauche dont Delphine Alexandre, élue à Lorient et à l’Agglo, se sont invités aux vœux de Lorient Agglomération le 22 janvier pour dénoncer la réduction des dotations aux collectivités locales (Lorient Agglo : moins 8,5 millions d’euros d’ici 2017) qui se traduisent par moins de subventions aux associations, moins de personnel, moins d’investissements. Les militants dénonçaient le double discours des maires qui déplorent la baisse des dotations dans leur commune tout en la justifiant au niveau national au nom de la « nécessaire réduction des dépenses publiques ». D’autres solutions existent pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État en s’attaquant à la fraude fiscale, à l’évasion fiscale, en augmentant les impôts des plus riches, en taxant les profits du CAC 40 et des actionnaires… La série des petits formats « Les Baisers », déclinée à la Andy Warhol est à elle seule un concentré de son univers coloré, frais et plein d’humour. GALERIE DE LA PLACE DU GRAND BASTION, rue de la citadelle à Port Louis, 07 80 44 62 61 en cas d’absence. Sur les pancartes on pouvait lire des chiffres significatifs : En 1988, après les 14% du FN à la présidentielle, toute une génération chantait avec les Béruriers Noirs « la jeunesse emmerde le Front National ». En 2002, cette même génération se levait contre la présence au 2ème tour de Le Pen à l’élection présidentielle. C’était l’image d’une jeunesse généreuse et antiraciste. En 2015, 34% des électeurs de 18 à 24 ans ont voté FN aux Régionales...Est-ce à croire qu’au fil du temps, les jeunes se sont laissés convaincre par la peste brune ? Nous préférons une autre hypothèse. D’abord parce que 70% des jeunes n’ont pas voté du tout, ce qui ramène les 34% à moins de 12%. Certes, ce calcul vaut aussi, en pire, pour le Front de gauche… Ce qui veut dire que l’offre politique du Front de gauche de solidarité, de partage, d’ouverture aux autres et au monde, n’a pas convaincu les jeunes au point de se déplacer pour aller voter. Mais aussi que la sphère politique est à ce point éloignée de leurs préoccupations, que leur avenir est à ce point bouché, que voter dans leur esprit ne sert à rien. Certes, on peut dire que les jeunes n’ont plus cette culture de la solidarité transmise dans l’entreprise, dans la lutte sociale, dans le syndicat, dans les écoles de métiers où les ainés étaient les passeurs du savoir et de la mémoire. Maintenant, l’entrée sur le marché du travail est tellement aléatoire, individualisée, que le chacun pour soi l’emporte sur le collectif, que l’on regarde le travailleur immigré comme un concurrent plus que comme un frère, un camarade dans le combat de classe contre l’exploitation. Mais attention au feu qui couve. La jeunesse est encore au premier rang des combats à Notre-Dame des Landes, avec Podemos chez nos voisins espagnols, contre les fachos d’Ad-Sav à Quimper… A nous de savoir faire confiance, de faire la démonstration que le combat politique, ce n’est pas la guerre des clans et les combinaisons pour prendre ou garder le pouvoir. A nous, jeunes et moins jeunes, d’inventer de nouveau des lendemains qui chantent. Joël Gallais FESTIVAL PÊCHEURS DU MONDE : L’HUMAIN D’ABORD ! Partenaire depuis 3 ans de l’espace cinéma de la fête de l’Humanité Bretagne. Avec 50 films au programme, Pêcheurs du monde nous fait voyager sur toutes les mers du globe. Et depuis sa première édition, il fait la part belle aux réalités humaines que soulève la pêche : exploitation du travail, pillage de la ressource et des pays pauvres, place des femmes, migrations, batailles juridiques…Un festival de cinéma qui montre les invisibles, une programmation qui aide à la connaissance tout en laissant libre cours aux colères et à la poésie. LORIENT Agglo : - 8,5 M€ LORIENT : - 1,5 M€ en 2015 PLOUAY : -700000€ d’ici 2017 GUIDEL : - 240 000€ / an LOCMIQUÉLIC : - 197 000€ de 2014 - 2017 Et au chapitre des propositions : L’ÉVASION FISCALE : 60 MILLIARDS € • CICE > 34 MILLIARDS € DIVIDENTES VERSÉES AUX ACTIONNAIRES > 54 MILLIARDS NICHES FISCALES > 82 MILLIARDS GOODYEAR SOLIDARITÉ Jeudi 4 février, contre la criminalisation de l’action syndicale, des centaines de manifestants en solidarité avec les « Goodyear ». ETAT D’URGENCE Samedi 30 janvier, rassemblement à la Préfecture de Vannes en opposition à l’inscription dans la Constitution de l’Etat d’urgence. Lorient, du 14 au 20 mars 2016 - pecheursdumonde.org Souscription Je soutiens ROUGE MORBIHAN Nom.......................................................... Prénom................................................. Adresse.................................................................................................................... Email...................................... Je verse................................................................€ • Chèque à l’ordre de ADF PCF, 70 bis rue Marcel Sembat 56600 Lanester 02 97 21 01 26 • Ce don ouvre droit à réduction ou crédit d’impôt (66%). Il vous permet de recevoir le journal à chaque parution. Je rejoins le Parti Communiste Français Nom ............................................................................... Prénom .......................................................................... Age......... Profession.................................................... 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