ÉCO-QUARTIER DE LA PRAIRIE AU DUC

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ÉCO-QUARTIER DE LA PRAIRIE AU DUC
ÉCO-QUARTIER
DE LA PRAIRIE AU DUC
Un quartier dans un parc
I. Fiche signalétique
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II. Présentation du projet
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2.1.LE CONTEXTE DU PROJET
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>> 2.1.1. Une métropole en croissance
>> 2.1.2. Poursuivre un développement économique et urbain durable
>> 2.1.3. Le fleuve au cœur du projet de développement de Nantes
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2.2. UN NOUVEAU QUARTIER AU SEIN DE L’ÎLE DE NANTES
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>> 2.2.1. Le projet de l’île de Nantes
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>> 2.2.2. Le quartier de la Prairie-au-Duc : nouvelle étape de la dynamique de l’île de
Nantes pour une ville durable
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2.3. UN QUARTIER DANS UN PARC
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>> 2.3.1. Ouvrir un grand parc public pour tous
>> 2.3.2. Retrouver la Loire
>> 2.3.3. Proposer tous les usages de la ville
>> 2.3.4. Inscrire la transformation dans les traces de l’histoire
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2.4. CONDUITE DU PROJET
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2.5. FINANCEMENT
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2.6. PLANNING
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III. Conditions de réalisation de l’éco-quartier
3.1. LE PILIER GOUVERNANCE ET LE DIALOGUE CITOYEN
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>> 3.1.1. Le projet Ile de Nantes : un projet partagé avec tous les acteurs de la ville 24
>> 3.1.2. Les Chantiers : associer les acteurs du site au projet
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>> 3.1.3. Les îlots Prairie-au-Duc : une occasion singulière pour débattre sur la ville 26
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Éco-quartier de la Prairie au Duc
3.2. LE PILIER SOCIO-ÉCONOMIQUE
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>> 3.2.1. Organiser la mixité sociale à toutes les échelles
>> 3.2.2. Mêler les fonctions pour créer un quartier de ville vivant
>> 3.2.3. Faciliter l’accès à l’espace public pour tous
>> 3.2.4. Soutenir l’insertion des personnes en difficulté
>> 3.2.5. Optimiser les coûts d’aménagement et de fonctionnement
>> 3.2.6. Générer un impact économique pour le territoire
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3.3. LE PILIER ENVIRONNEMENTAL
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>> 3.3.1. Créer une densité urbaine qualitative
>> 3.3.2. Développer les mobilités douces
>> 3.3.3. Produire des bâtiments énergétiquement performants
>> 3.3.4. Inscrire le quartier dans une démarche régionale d’éco-innovation
>> 3.3.5. Traiter les sols de manière experte et raisonnée
>> 3.3.6. Veiller à la bonne gestion de la ressource en eau
>> 3.3.7. Réduire la vulnérabilité au risque d’inondation
>> 3.3.8. Trier les déchets
>> 3.3.9. Renforcer la nature en ville
>> 3.3.10. Rendre pérenne la démarche environnementale : les éco-gestes
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IV. Eco Quartier exemplaire
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4.1. FAÇONNER UN QUARTIER DE VILLE DENSE
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>> 4.1.1. La densité par la diversité
>> 4.1.2. Créer la ville du présent sur les traces du passé
>> 4.1.3. Une attention particulière à la qualité architecturale
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4.2. GÉRER LA RESSOURCE EN EAU DE MANIÈRE ÉCONOME
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>> 4.2.1. Gérer les eaux pluviales localement
>> 4.2.2. Réduire la consommation d’eau potable
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4.3. PRÉSERVER LA BIODIVERSITÉ
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>> 4.3.1. Respecter
>> 4.3.2. Renforcer et équilibrer
>> 4.3.3. Découvrir
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Éco-quartier de la Prairie au Duc
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I. Fiche signalétique
Dénomination de l’opération
Localisation du site
Type de projet
Eco-quartier Prairie au Duc
Ouest de l’Ile de Nantes
Réhabilitation
Reconquête de friche urbaine
Reconquête du site des anciens
chantiers navals : création d’un
Quartier neuf en continuité de l’exis- nouveau quartier (logement, habitat, activités, commerces, équipetant
ments culturels d’agglomération)
dans un parc de 18 ha.
Centre ville
Contexte urbain
Ville ancienne dense
Ville «nouvelle»
Reconquête de zone résidentielle
Reconquête de zone commerciale
Reconquête de zone industrielle
Catégorie B : > 500 hab
Taille de l’écoquartier
Projet inscrit dans le cadre du projet
urbain de l’île de Nantes.
Superficie opération
Nombre de logements
Surface équipements publics
Surface activités
Projet conçu en extension du centre-ville
Friche industrielle des chantiers de
construction navale nantais
700 à 800 habitants attendus
(+500 à 600 actifs)
18 hectares
380 logements
18 000 m² SHON (Atelier-Galerie des
Machines, Fabrique, Groupe scolaire
et multi-accueil petite enfance)
10 000 m² de Nefs réhabilitées
(hors SHON)
Ilots Prairie-au-Duc : 20 000 m²
- 13 000 m² SHON de bureaux
- 7 000 m² SHON d’activités/commerces de rez-de-chaussée
Parc : 1 000 m² SHON d’activités associatives
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Éco-quartier de la Prairie au Duc
Indiquer les points forts de l’opéra- 1. eau
tion selon les thèmes d’excellence
A l’échelle du parc :
- système autonome de collecte
des eaux pluviales et d’approvisionnement des jardins
- aucun rejet au réseau d’eau pluviale
- économie d’eau potable par les
choix d’implantation des végétaux
et leur gestion rustique
Dans les bâtiments neufs :
- végétalisation des toits terrasses
et socles pour collecte des eaux
pluviales
2. déchets
3. biodiversité
- possible expérimentation de réutilisation des eaux grises
Collecte sélective (Tri’Sac) : collecte
des déchets recyclables et non recyclables par deux sacs distincts
- tri optique des sacs
Le parc :
- Respect de la végétation existante, intégration d’essences locales et
exotiques, adaptées à l’écosystème
de l’île
- Création de jardins en bord de
Loire
- Découverte du patrimoine botanique et horticole de Nantes et de
l’estuaire
Dans les bâtiments neufs :
4. mobilité
- Végétalisation des socles et toits
terrasses
- Quartier situé en continuité du
centre-ville (10 mn à pied de l’hypercentre)
- Deux stations de tramway (ligne
1) à moins de 500 m
- En projet : une nouvelle ligne de
tram sur l’île et la pérennisation de
la navette fluviale
- Parc et îlots sans voiture
- Réseaux de liaisons douces pour
accéder aux équipements et aux
logements, promenade continue en
bord de Loire.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
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5. sobriété énergétique et
énergies renouvelables
- Intégration à la démarche Ile de
Nantes : intégrer dès l’amont des
opérations la réflexion énergétique
- Objectif BBC sur les bâtiments
neufs + traitement de tous les ponts
thermiques
- Préconisation d’intégration de
sources d’énergie renouvelable
dans les îlots
6. densité et formes urbaines
- Groupe scolaire BBC
- Un quartier dans un parc
- Diversité des formes urbaines entre bâtiments réhabilités (Nefs, Cales) et bâtiments neufs
- Socle structurant la rue, « portant
» des bâtiments de faibles emprises pour favoriser les vues et limiter les masques
- Intégration paysagère et architecturale par la démarche de suivi des
opérations de l’île de Nantes (« Plan
guide », faisabilité urbaine)
7. écoconstruction
Quartier retenu au titre de la démarche régionale éco-innovante.
Indiquer les points forts de l’opéra- Le parc : 1er lieu des échanges et du croisement social
tion en termes sociaux et économi- Programmation diversifiée dans les îlots
ques
- 27 000 m² d’habitat : 25% de locatif social, 25 % de locatif PLS et intermédiaire, 8% d’accession sociale, 42 % d’accession libre
- 20 000 m² d’activités, commerces, services (+3 000 m² d’hôtel)
- 5 050 m² d’équipements publics
Coordonnées du chef de projet
Prairie-au-Duc, le parc : levier de l’attractivité culturelle métropolitaine
Vincent Morandeau - Chef de projets, DGRU Nantes Métropole
Tél. : 02 40 99 49 60
Olivier Tardy - Chef de projet Prairie-au-Duc, SAMOA
02.51.89.72.50
Composition de l’équipe projet (maî- Collectivité délégante : Nantes Métropole
trise d’ouvrage urbaine et construcMaîtrise d’ouvrage urbaine : Société d’Aménagement de la Métropole
tion, maîtrise d’œuvre urbaine et
Ouest Atlantique
construction, AMO...)
Maîtrise d’œuvre : Atelier de l’île de Nantes
Bureau d’études voirie et réseaux : Groupe Etude, Niort
Bureau d’études hydraulique : Groupe Etude, Niort
OPC : Quator, Nantes
Assistant maîtrise d’ouvrage énergie/thermie : Pouget Consultants
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Éco-quartier de la Prairie au Duc
II. Présentation du projet
2.1. LE CONTEXTE DU PROJET
>> 2.1.1. Une métropole en croissance
Au cœur de la métropole Nantes Saint-Nazaire (près de 780 000 habitants en 2008), l’agglomération nantaise
compte aujourd’hui près de 580 000 habitants. Cœur dynamique de l’estuaire de la Loire, elle a connu une croissance démographique soutenue (près de 1% annuel depuis le début des années 1990), qui en fait aujourd’hui le
huitième plus grand pôle urbain français en nombre d’habitants. Une croissance qui s’appuie sur deux moteurs :
une évolution positive et continue du solde naturel et une croissance du solde migratoire qui, à lui seul, explique
près des deux cinquièmes du gain de population.
La dynamique démographique s’est accompagnée d’une croissance économique incontestable. Alors qu’en 1987,
la fermeture des derniers chantiers navals représentait pour Nantes la fin d’une époque, marquée par la force des
activités industrialo-portuaires, la ville a su écrire une nouvelle page de son histoire. Les vingt dernières années
ont connu l’essor d’une nouvelle phase de développement dans laquelle la tertiarisation, les progrès de l’enseignement supérieur, l’inscription dans la société de la connaissance, la vitalité culturelle se sont affirmés comme les
moteurs de son dynamisme et de son attractivité.
>> 2.1.2. Poursuivre un développement économique
et urbain durable
Fort de cette dynamique, Nantes entend aujourd’hui poursuivre son développement :
• en confortant les pôles d’excellence qui font aujourd’hui la force de son économie : construction navale
et aéronautique ; pôle santé-biotechnologie, pôle génie civil de l’éco-construction, images et réseau...
• en développant de nouveaux pôles d’excellence, pour renforcer notamment la place de Nantes sur la
scène européenne et internationale : excellence logistique, filière des activités créatives, enseignement supérieur et recherche...
• en confortant les économies locales, résidentielles, sur un territoire où les filières d’emplois domestiques constituent déjà un des piliers de l’équilibre économique métropolitain (la moitié des 410 000
emplois de la métropole Nantes Saint-Nazaire).
Ce développement économique devrait s’accompagner de la poursuite de la dynamique démographique. A l’horizon 2015, l’agglomération nantaise devrait compter environ 620 000 habitants. Pour organiser ce développement
et l’accueil de ces nouveaux habitants, Nantes Métropole s’est engagée dans une politique globale de renouvellement urbain et de développement durable. Elle affirme plusieurs axes forts d’un modèle de développement qui
privilégie la ville dense, maillée, tout en respectant les espaces naturels :
ACCUEILLIR LA CROISSANCE URBAINE EN VILLE
S’inscrivant à l’échelle de la métropole, la stratégie de renouvellement de la ville sur elle-même est une réponse
à l’étalement urbain et aux nouveaux besoins d’accueil des populations. Elle vise à concilier croissance urbaine,
cohésion sociale, qualité de vie et économie d’espaces et de ressources. Cet objectif s’affirme à la fois dans la
ville centre, et dans les communes périphériques où le renforcement des centralités (par l’offre de logements, la
requalification des centres-villes) propose une alternative à un essaimage périphérique.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
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A Nantes, le renouvellement de la ville sur elle-même se joue par la reconquête de chaque espace du tissu urbain
dense, dans tous les quartiers : le centre ancien et les quartiers « historiques » par des Opérations Publiques
d’Amélioration d’Habitat, les quartiers de grands ensembles par des opérations de renouvellement urbain (Malakoff, les Dervallières, Bellevue), des espaces de friches industrielles réintégrés à la ville par des projets urbains
(Ile de Nantes), des nouveaux quartiers dans le tissu constitué (Bottière-Chenaie, Erdre-Portrerie).
Au total, c’est un objectif de production de 3 900 logements / an que Nantes Métropole s’est fixé dans son Plan
Local de l’Habitat, dont 900 logements locatifs sociaux. Parallèlement à l’offre locative sociale, l’aide à l’accession
est portée par la promotion de logements en accession abordable ou le dispositif de prêt à taux zéro mis en place
par Nantes Métropole.
FAVORISER LES MOBILITÉS POUR TOUS
Depuis près de 25 ans et la mise en service de la ligne 1 de tramway, Nantes a fait du développement des transports en commun un axe fort de sa stratégie urbaine, notamment à travers son Plan de Déplacement Urbain. L’agglomération bénéficie aujourd’hui d’un réseau dense de transport en commun (4 lignes TCSP - tram et busway - 70
lignes de bus, des navettes fluviales), articulé à l’étoile ferroviaire nantaise (TGV, TER, futur Tram-Train).
Au coeur d’un système urbain qui génère plus de deux millions de déplacements par jour, ce réseau constitue un
atout essentiel pour limiter l’impact des circulations automobiles (congestion, pollution, étalement urbain) et renforcer la cohésion sociale du territoire en favorisant des possibilités de déplacements pour tous.
RESPECTER LES ÉQUILIBRES NATURELS DU TERRITOIRE
Nantes bénéficie d’un environnement particulièrement riche : un équilibre entre espaces naturels, agricoles et
urbains, un patrimoine fluvial et aquatique rare, une proximité littorale et estuarienne appréciée. C’est un cadre de
vie plébiscité, qui explique en partie l’attractivité que connaît le territoire.
Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable de Nantes Métropole, fait de ce patrimoine l’un des atouts
essentiels du territoire à valoriser. Plusieurs axes répondent à cette ambition :
• La préservation et la valorisation de la qualité de l’eau, des cours d’eau, des espaces naturels afférents.
• La valorisation de la diversité des patrimoines et paysages naturels, des espaces agricoles, l’affirmation de coupures vertes d’urbanisation (notamment des forêts urbaines).
• La limitation de la consommation des ressources, en particulier des ressources énergétiques par la production d’opérations immobilières faiblement consommatrices, la promotion d’énergies renouvelables,
les politiques de réhabilitations du parc ancien, notamment le parc social.
C’est un double objectif de valorisation d’un cadre de vie attractif et de préservation d’un environnement fragile
que portent ces actions.
FAIRE DE LA QUALITÉ URBAINE, UN LEVIER DE L’ATTRACTIVITÉ DU TERRITOIRE
Depuis plusieurs années, Nantes a fait le pari de la qualité urbaine, comme levier de l’attractivité et du développement. Le traitement qualitatif des espaces publics, l’intégration paysagère et patrimoniale des nouveaux projets,
des projets urbains ambitieux (Ile de Nantes, Pré Gauchet/Malakoff) révèlent cette volonté de renforcement de la
qualité urbaine, pivot de l’ambition du territoire.
Une qualité urbaine qui s’accompagne d’un développement affirmé de la culture, autre volet singulier de la stratégie de développement du territoire. La culture, qui a souvent joué à Nantes un rôle de précurseur dans l’appropriation de nouveaux espaces urbains (Lieu unique, Ile de Nantes...).
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Éco-quartier de la Prairie au Duc
>> 2.1.3. Le fleuve au cœur du projet de développement de Nantes
Nantes fait donc le choix d’un développement privilégiant son cœur, en saisissant toutes les opportunités de renouvellement de la ville sur elle-même. Dans cette stratégie urbaine, la Loire apparaît comme un vecteur fort de
renouveau, à la fois lieu de vie et lien entre les territoires.
La Loire, au coeur de Nantes
Ville née de son port il y a 3000 ans, place forte du commerce, puis de la construction navale, Nantes a connu une
histoire mouvementée dans sa relation avec son fleuve. Une histoire qui l’a progressivement vue s’en détourner
jusque dans les années 80 quand Nantes pensait son développement urbain vers le nord, autour de l’Erdre, affluent de la Loire.
Le choc de la fermeture des derniers chantiers navals en 1987 a marqué une rupture. En laissant au cœur de la
ville un vaste espace de friches industrielles, il a conduit Nantes à réinterroger sa relation au fleuve. Parallèlement,
la décennie des années 90 a vu l’émergence d’une volonté politique affirmée de penser le développement du
grand territoire de Nantes à Saint Nazaire.
Epine dorsale de cette Eco métropole en construction, la Loire est ainsi de nouveau au cœur du projet métropolitain, et plus particulièrement du projet urbain nantais. Nantes, en renouvelant ce rapport au fleuve, revient à
sa source. Projets après projets, le Loire retrouve progressivement sa place dans la ville. Elle offre une nouvelle
dynamique de développement de la ville, reliant les espaces urbains et leur donnant une cohérence, une identité
commune.
L’île de Nantes, au sein de laquelle se situe le quartier Prairie-au-Duc, a inauguré cette démarche de reconquête
du fleuve. Le quai François Mitterrand, le quai des Antilles, le site des chantiers réaménagé ont été rapidement
intégrés dans les usages urbains, le fleuve revenant au cœur de la cité.
Cette réappropriation des rives a relancé l’envie d’une multiplication des lieux de rencontre avec le fleuve, sur ses
deux rives. A l’instar de l’île de Nantes, les projets GPV Malakoff / Pré-Gauchet / Euronantes concrétisent cette
ambition de redécouverte du fleuve. Ensemble, ils constituent les nouvelles pierres d’un projet structurant « de la
Gare à la Loire », qui fait de l’ancien lit du fleuve la colonne vertébrale d’une centralité urbaine contemporaine.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
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2.2. UN NOUVEAU QUARTIER AU SEIN DE L’ÎLE DE NANTES
Le quartier de la Prairie au Duc s’inscrit dans la dynamique de réalisation du grand projet de renouvellement urbain
de l’île de Nantes, au cœur de l’agglomération nantaise.
Initié en étude au début des années 90, entré en phase opérationnelle en 2000, le projet de l’Ile de Nantes constitue le premier projet urbain majeur pour Nantes, dans sa volonté d’affirmer un projet de ville autour du fleuve. Un
projet qui porte l’ambition d’une ville durable, au cœur de la métropole.
>> 2.2.1. Le projet de l’île de Nantes
CONSTRUIRE UN CŒUR D’AGGLOMÉRATION
Le projet de l’île de Nantes vise à transformer un territoire composite de 350 ha en un véritable cœur d’agglomération, en y développant toutes les fonctions urbaines de centralité : habitat, activités économiques, commerces,
transports collectifs, équipements socioculturels, équipements de loisirs... Alternative à l’étalement urbain, l’île de
Nantes dévoile une ville dense, irriguée par les transports collectifs et les circulations douces.
Ce projet prend place dans cette prise de conscience générale sur la nécessaire « ville renouvelée », qui passe
par une réappropriation des espaces délaissés au cœur des centre-villes. Plus que la rénovation d’un quartier, il
s’agit d’affirmer l’île comme un quartier d’ambition métropolitaine, pour renforcer l’attractivité nantaise à l’échelle
européenne. Le projet s’articule avec les différentes réflexions en cours sur l’agglomération nantaise mais en
leur donnant une notion d’exemplarité afin de développer une véritable culture de développement durable dans la
conception du projet comme dans la vie quotidienne des habitants.
Plan Guide de l’île de Nantes : projection de l’éco-quartier de la Prairie au Duc
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Éco-quartier de la Prairie au Duc
L’ESPACE PUBLIC, LEVIER DE LA TRANSFORMATION DE L’ÎLE
Un important travail de recomposition urbaine s’opère en s’appuyant sur la requalification des espaces publics,
privilégiée comme vecteur de réalisation du projet. Quais, berges, rues, places sont créés ou réaménagés, et
proposent une nouvelle trame urbaine pour le développement de la ville. Ils constituent autant d’espaces de rencontres, de croisement pour les habitants de l’île et les nantais plus généralement. Ces réaménagements opèrent
un nouveau partage de l’espace public au profit des transports en commun et des circulations douces, piétonnes
et vélos.
MÊLER LES USAGES DE LA VILLE
L’île de Nantes porte l’idée d’une ville du mélange, accueillant tous les publics et toutes les fonctions, diverse dans
ses formes, porteuse d’identités multiples et de dynamisme économique et culturel.
Outre la requalification ou la création de près de 170 ha d’espaces publics, le projet prévoit la réalisation d’environ
1 000 000 de m² de SHON de constructions nouvelles sur l’ensemble de l’île de Nantes. A terme, plus de 7 500
logements supplémentaires, dont 25% de locatif social, devraient être réalisés (550 000 m² de SHON), conduisant
à une augmentation de population de près de 15 000 habitants, soit un doublement par rapport à la population actuelle de l’île. De nouvelles activités économiques (bureaux, commerces, production) seront accueillies sur plus
de 300 000 m² de SHON, représentant la création de 15 000 emplois nouveaux. Pour accompagner ce développement, le projet prévoit la réalisation de nouveaux équipements publics représentant 150 000 m² de SHON.
Le Quai François Mitterrand: logements, bureaux, école d’architecture sur la Loire
UNE TRANSFORMATION MESURÉE, ATTENTIVE À L’EXISTANT ET AUX RESSOURCES
C’est une transformation mesurée, respectueuse de l’existant qui s’opère. Loin de l’idée de la table rase, il s’agit
d’intégrer une nouvelle couche de l’histoire urbaine, en conservant les traces du passé, en maintenant les activités de l’île, en transformant des bâtiments industriels pour leur conférer de nouvelles fonctions.
Cette transformation est attentive à la gestion des ressources naturelles et soucieuse de l’environnement. Les
projets d’aménagement des espaces publics sont le support d’une forme d’écologie urbaine : réutilisation des matériaux et sols existants, collecte et traitement naturel des eaux de pluie dans les espaces verts et par des aménagements spécifiques (bassin, tranchées drainantes), pas d’arrosage automatique, renforcement de la place de
la nature en ville et valorisation de la biodiversité (protection de l’Angélique des estuaires notamment).
Une démarche énergétique est mise en œuvre pour réduire les niveaux de consommation et réduire les déperditions thermiques des bâtiments (suppression des ponts thermiques). Le projet favorise, en outre, le raccordement au réseau de chaleur communautaire qui dessert sa partie Est et le recours aux énergies renouvelables
(solaire thermique, solaire photovoltaïque).
UN ACCOMPAGNEMENT DANS LA DURÉE,
UNE DÉMARCHE SOUPLE D’ACCUEIL DES PROJETS
Opérationnel depuis 2000, le projet de l’île de Nantes est mis en œuvre depuis 2003 sous maîtrise d’ouvrage
de la SAMOA, Société d’Aménagement de la Métropole Ouest Atlantique, dans le cadre d’une convention publique
d’aménagement (CPA) conclue pour 20 ans avec Nantes Métropole. Cette CPA porte sur un budget global de 378
millions d’euros, dont les recettes sont principalement assurées pour 155 millions par les cessions de charges
foncières et 195 millions par les apports de la collectivité.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
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L’Atelier de l’île de Nantes (AIN), dirigé par Alexandre Chemetoff, en assure la maîtrise d’œuvre urbaine dans le
cadre d’une mission de long terme.
Afin d’assurer une démarche d’aménagement cohérente, la SAMOA et l’Atelier de l’île de Nantes ont mis au point
une méthode d’accompagnement des projets sur l’île. Une méthode ouverte, bâtie sur le dialogue, qui favorise
l’accueil des initiatives et des projets.
Les conditions d’intégration urbaine et des données du futur contexte sont établies à partir du Plan Guide, réalisé
par l’Atelier de l’île de Nantes. Ce « plan de ville », qui exprime la trame urbaine et définit les intentions du projet
est un outil évolutif de la fabrication urbaine. Il n’a pas la rigidité d’une règle ou d’une procédure ; plus qu’une représentation du projet, c’est un élément de sa méthode.
UN PROJET EN MARCHE
Aménager et transformer près de 40 ha d’espaces publics, créer de nouveaux équipements culturels, sportifs et de
loisirs (sur près de 40 000 m² de SHON), construire plus de 2 000 logements supplémentaires dont 23% de logements sociaux et 22 % de logements abordables, et plus de 160 000 m² de bureaux, d’activités et d’équipements,
telles ont été les premières opérations engagées sur l’île depuis 2000, pour un total de 360 000 m² de SHON.
Busway sur le Boulevard du Général de Gaulle
Les berges réaménagées
Le réaménagement de plus de 3 kms de berges et quais (Quai François Mitterrand, Quai des Antilles, Quai Blancho,
Quai Doumergue) dévoile, dès à présent, de nouvelles promenades en bord de Loire. Les aménagements réalisés
au cœur d’anciens espaces industriels (Les Chantiers, Le Jardin des Fonderies) ouvrent de nouveaux lieux longtemps réservés à un usage particulier.
Le maillage d’équipements publics se poursuit afin de favoriser la cohésion sociale. L’ancienne gare de l’Etat transformée en maison des Syndicats, les Cales du site des Chantiers ou encore la Maison de Quartier de l’île renforcent
la capacité d’accueil d’associations ou d’habitants. Parallèlement des groupes scolaires, des équipements sportifs, des crèches sont créés ou réhabilités.
La restructuration complète du centre commercial Beaulieu fait désormais de celui-ci un équipement de centreville, répondant aux besoins de proximité et favorisant l’animation du quartier. Traversant l’île de Nantes sur le
boulevard du Général de Gaulle, la ligne 4 de Busway réintègre le quartier Beaulieu dans le fonctionnement quotidien de la ville. Des activités économiques nouvelles (Biotechnologies, Pôle Média, tertiaire supérieur...) s’installent, notamment des entreprises créatives au sein d’un ancien site d’Alstom en cours de réhabilitation. Plus de
60 opérations immobilières mêlent toutes les fonctions de la ville : habitat, activités économiques, commerces,
établissements d’éducation.
Autant de réalisations qui ont permis de créer une dynamique urbaine forte, qui progressivement fait émerger sur
ce territoire, face au centre ville historique, les conditions d’une centralité contemporaine durable pour Nantes.
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Éco-quartier de la Prairie au Duc
>> 2.2.2. Le quartier de la Prairie-au-Duc : nouvelle étape de
la dynamique de l’île de Nantes pour une ville durable
L’éco-quartier de la Prairie au Duc représente une nouvelle étape dans la dynamique du projet de l’île de Nantes.
Il prend place sur le site des anciens chantiers navals, site porteur d’identité et d’histoire, qui constitue l’un des
éléments remarquables de l’île, à son extrémité Ouest. En 1987, la fermeture des derniers chantiers navals a initié
la réflexion sur l’avenir de l’île de Nantes dans son ensemble. Aujourd’hui par ce projet, il s’agit de lui redonner une
place privilégiée au cœur de Nantes, de l’affirmer comme un élément constitutif de la ville.
LOCALISATION DU SITE
Situé entre le boulevard Léon Bureau et le boulevard de la Prairie-au-Duc, le site bénéficie d’un environnement
exceptionnel : face au centre-ville, bordé par la Loire au nord et à l’ouest. Il s’inscrit dans la continuité des premiers
secteurs aménagés sur l’île de Nantes : le Quai François Mitterrand, réaménagé depuis 2005 qui a accueilli un ensemble d’opérations immobilières mixtes (logements, bureaux, école d’architecture, commerces de rez-de-chaussée) et le site Alstom, ancien site industriel en transformation autour d’un ensemble d’activités créatives (Ecole
des beaux-arts, Pôle d’enseignement des arts graphiques, pépinière de biotechnologies, sièges d’entreprises de
design, communication, média ...). Il s’ouvre vers l’estuaire via la Quai des Antilles et la pointe ouest de l’île.
Le quartier de la Prairie au Duc dans l’île de Nantes
L’AMBITION DU PROJET : UN QUARTIER POUR TOUS DANS UN PARC CONTEMPORAIN
La fermeture des chantiers avait suscité beaucoup de convoitises sur ce site, présentant une opportunité foncière
de 18 ha en cœur de ville. Au cours des années 90, la collectivité a pris le temps de mener un ensemble d’études
urbaines, préludes au projet de l’île de Nantes, qui ont défini un horizon pour ce site : constituer un grand parc
urbain, contemporain, à l’échelle du centre-ville, accueillant un ensemble d’activités et proposant un cadre de vie
rare pour le développement d’un nouveau quartier intégré à la ville. Un projet qui n’oublie pas l’histoire du site, mais
qui, au contraire, favorise la découverte des traces de ses anciennes activités.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
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Par la richesse de son histoire, la qualité de son environnement, l’ambition donnée aux aménagements, ce parc
s’inscrit comme le moteur du renouvellement de la centralité de l’île et un élément phare du renforcement de
l’attractivité de Nantes.
Au sein de ce parc contemporain, une diversité d’usages en fait un véritable quartier dans la ville :
• Des programmes culturels destinés à l’ensemble des nantais, inscrits dans la tradition
nantaise d’un rapport fort entre urbain et culture.
• Des espaces de rencontres, de promenades, d’échanges, d’accueil de manifestations.
• Des lieux de valorisation du patrimoine des chantiers et de l’environnement naturel.
• Des lieux pour habiter et travailler, au sein de cinq îlots construits en bordure du parc, qui accueillent
environ 55 000 m² de logements, d’activités économiques, d’équipements publics.
2.3. UN QUARTIER DANS UN PARC
Le quartier s’articule autour du parc des Chantiers, espace public majeur dont les travaux d’aménagements ont
débuté au printemps 2006. Un parc qui propose aujourd’hui un ensemble d’usages pour le quartier et plus largement pour tous les nantais.
Le parc des Chantiers face à la Loire. © SAMOA/A5
>> 2.3.1. Ouvrir un grand parc public pour tous
Longtemps, le site des chantiers est demeuré un espace fermé. Réservé aux activités industrielles, il constituait
une enclave privatisée dans la ville. Sa transformation a consisté à l’intégrer au réseau des espaces publics de
la ville, pour en faire véritablement un lieu de rencontre, d’échange et de découverte du patrimoine industriel et
portuaire.
A l’instar de la transformation menée sur l’île, l’aménagement s’appuie sur les éléments et la configuration existante, issus de l’histoire et de la géographie du site. L’ensemble des ouvrages portuaires, les sols industriels, les cales
de lancement des bateaux, les nefs de constructions navales ont été réhabilitées pour accueillir des nouveaux
usages contemporains, et révéler ces traces de l’histoire. La forte présence du minéral est valorisée, imbriquée
avec une végétation spontanée ou renforcée.
Le principe d’aménagement du parc en fait un lieu accessible à tous. Le parc est entièrement piéton. Ses espaces
sont reliés entre eux et au reste de l’île par un réseau de cheminements qui constituent autant de promenades. Il
est en permanence ouvert au public.
14
Éco-quartier de la Prairie au Duc
Un ensemble d’esplanades maille le site. Elles offrent des espaces de respiration, d’accueil de manifestations et
de projets :
• Le parvis devant les Nefs, prolonge ces anciennes Nefs de construction navale (10 000 m²) réhabilitées. Il a été aménagé comme une vaste place publique, qui ouvre le parc vers la ville.
• L’ esplanade des chantiers offre une surface de plus de 8 500 m² devant l’ancien siège des chantiers.
C’est un espace d’accueil de la vie du site, permettant le déroulement de manifestations temporaires,
de spectacles et accueillant le parcours du Grand Eléphant des Machines de l’île (cf. § 2.3.3).
• Elle se prolonge par le quai des Voyages, vaste espace d’accueil pour d’importantes manifestations
(13 225 m²), surplombant la Loire.
• Le Mail des Equipements complète le réseau de cheminements. Il constitue une nouvelle liaison entre
le boulevard Léon Bureau et le parc des chantiers en traversant les nefs. Il articule le parc et les îlots
construits au sud.
Des jardins ponctuent l’ensemble du parc. Ils s’intègrent à la structure existante, au sein des anciennes cales de
lancement ou au pied des bâtiments. La végétation présente est mise en valeur et renforcée par l’implantation
d’essences adaptées :
• Le Jardin des Berges offre une plage de sable, une plage engazonnée et un solarium en bord de Loire.
• Le Jardin des Voyages, implanté au creux d’une ancienne cale, propose une aire de jeux d’enfants de
plus de 1 400 m².
• Une ancienne cale écroulée accueille le Jardin de l’Estuaire. A partir de la flore spontanée apparue dans
cette cale, un jardin est constitué, en mettant en valeur les différentes espèces pouvant exister sur
l’estuaire.
• La terrasse des vents présente un jardin en paliers, au bord de l’eau.
Tous ces espaces sont autant de lieux d’échanges, de croisements, de repos.
va
ule
Bo
La
cale 1
Parvis des
nefs
Parvis
des ACN
Galerie de
Atelier
La Machine La Machine
Jardin de
l'Estuaire
Bâtiment
des ACN
Terrasse
des vents
LA LOIRE
au
ure
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Jardin des
voyages
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restaurant
Ponton des
Chantiers
Les cales
2 et 3
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La plage Solarium
de sable
Cité des
chantiers
Jardin
de ballast
La Fabrique
îlot A
îlot B
îlot C
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ra
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Duc
îlot D
Hangar 32
Le parc des Chantiers : jardins, équipements et nouveaux îlots
Éco-quartier de la Prairie au Duc
15
>> 2.3.2. Retrouver la Loire
Bordé par la Loire sur ses rives nord et ouest, le projet d’aménagement du parc des Chantiers a fait de la redécouverte du fleuve un objectif central.
• Depuis le quai François Mitterrand, jusqu’à la pointe ouest de l’île de Nantes, il constitue le cœur d’une
promenade continue au bord du fleuve de près de 2 km. Une promenade accessible à tous depuis les
différents jardins qui intègrent des pentes adoucies pour un accès plus aisé.
• Au cœur du parc, une estacade réhabilitée surplombe le fleuve et permet l’accroche de pontons flottants.
• Le ponton des chantiers, d’une longueur de près de 100 mètres, prolonge ainsi les promenades de bord
de Loire. Depuis l’été 2007, il permet, pour la première fois sur ces rives de Loire, l’accueil de bateaux de
passagers et de plaisance. Au cours de l’été, il est utilisé pour une ligne de Navibus, service de transport
en commun fluvial mis en place par Nantes Métropole. L’étude de la pérennisation de cette ligne est en
cours.
• Un nouveau bâtiment flottant proposera courant 2010 un ensemble de salles de réception, un restaurant/bar et un belvédère sur la Loire, accessible à tous.
Ces aménagements permettent de créer un nouveau rapport avec le fleuve. Un rapport qui au-delà des promenades quotidiennes, se vit également par un ensemble de manifestations suscité par cet environnement exceptionnel. Depuis deux ans, le site a ainsi été le support de grandes manifestations : point de départ de la Biennale d’art
contemporain Estuaire (édition 2007 et 2009), accueil en 2006 et 2008 des Rencontres du fleuve, manifestation
ambulante organisée à l’échelle du département autour du patrimoine fluvial, Inauguration du Maxi Trimaran Banque Populaire V en octobre 2008.
Estuaire 2007 : les Nantais redécouvrent les Chantiers
Le plus grand trimaran de course du
monde, sur le ponton des chantiers
Ce nouveau rapport au fleuve ne se limite pas aux aménagements du parc. La constitution des îlots mixtes au sud
du parc est également conçu en fonction de la proximité des rives. Les allées internes aux îlots et les cheminements cherchent la continuité des esplanades, face à la Loire.
Un jeu sur la volumétrie et la hauteur des constructions permet de ménager les vues vers le fleuve, en proposant
des bâtiments fins, dont les plus hauts volumes sont placés au sud.
16
Éco-quartier de la Prairie au Duc
>> 2.3.3. Proposer tous les usages de la ville
L’idée d’ouverture du site, de son dynamisme, repose sur l’ambition d’accueillir un large éventail d’activités et
d’usages, capables de s’articuler et de se rencontrer. Le projet d’aménagement met alors en œuvre les conditions
de ce mélange, à destination d’un public métropolitain et nantais, comme des futurs résidents.
CULTURE ET TOURISME, MOTEUR DE L’ATTRACTIVITÉ DU PARC
Le volet culturel est un moteur indispensable du projet urbain. Il constitue à la fois le ciment du «vivre ensemble»
et un vecteur de la mise en désir de Nantes. Ces activités culturelles et touristiques contribuent alors à ouvrir et
à faire vivre le parc, qui devient un nouvel atout pour l’attractivité de Nantes. Pendant l’été 2007, la conjugaison de
l’ouverture des premiers espaces réhabilités du parc, de la manifestation Estuaire 2007 et du lancement du Grand
Eléphant et des Machines de l’île a ainsi généré plus de 500 000 visiteurs sur le site. Ces activités trouvent un lieu
d’accueil privilégié dans les bâtiments industriels et portuaires hérités des chantiers navals et réhabilités :
• Les Nefs de Loire. Dernières nefs de construction navale restées sur le site à l’issue du démantèlement
des chantiers, les 11 000 m² de Nefs ont été réhabilitées dans le cadre du projet du parc des chantiers.
Longues de 180 mètres, larges de 60 mètres, hautes de 26 mètres, elles proposent deux rues piétonnes traversantes nord-sud et est-ouest et offrent de vastes volumes pour l’accueil d’activités pérennes
et temporaires (concerts, spectacles...)
• L’atelier et la Galerie des Machines de l’île prennent ainsi place depuis l’été 2007 sous les Nefs. L’atelier
offre au public le spectacle de la construction et des essais mécaniques des Machines. La Galerie vit au
rythme des créations de l’Atelier que chacun peut tester. La branche prototype de l’Arbre aux hérons,
située à l’avant des nefs, propose quant à elle une étrange promenade, dominant la Loire et offrant une
perspective sur Nantes.
• Depuis l’atelier / Galerie des machines, s’opère l’embarquement à bord du Grand Eléphant. Un éléphant
de bois et de métal, haut de 12 mètres qui réalise un parcours à travers les jardins et les esplanades
des chantiers, embarquant à son bord près de 40 personnes.
• Dernier bâtiment qui sera construit sous les Nefs à partir de mai 2009, la Fabrique est un pôle de création culturelle dédié aux arts émergents (musiques actuelles, arts numériques ...). Elle regroupera cinq
acteurs culturels nantais, autour de deux salles de concerts de 1 200 et 400 places, des studios, des
lieux de formation et de création livrés à la fin de l’année 2010.
Le grand éléphant dans les nefs réhabilitées
La Fabrique s’intègre entre les Nefs et un ancien blockhaus
DÉCOUVRIR ET APPRENDRE
Outre ces grands équipements culturels, le site accueille un ensemble d’équipements de découverte et d’éducation qui participe de son animation quotidienne :
• L’Atelier des Chantiers de Nantes, ancien siège des chantiers navals, constitue un des éléments patrimoniaux remarquables du site. Il accueille la Maison des Hommes et des Techniques, le Centre d’histoire
du travail. Depuis 1993, il est également un important lieu d’apprentissage, accueillant les 9000 adhérents de la formation continue et l’Université permanente de l’Université de Nantes.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
17
• Prévues pour être livrées à l’été 2009, les anciennes cales de lancement de bateaux, en cours de réhabilitation, retrouveront les associations qui œuvrent pour la découverte des anciennes activités du
site. La cale 2 accueillera ainsi la Cale 2 l’île, associations de restauration du patrimoine naval. La cale
3 sera mise à disposition des associations liées
à l’histoire des chantiers, et deviendra un lieu
d’accueil, d’exposition et d’information sur le
patrimoine et l’activité navale. Parallèlement,
la « Cité des Chantiers», lieu d’insertion par le
travail, géré par l’association ATAO est livrée
depuis février 2009. Un ensemble de 1000 m²
HON pour ces différentes associations.
• Dans le cadre du développement des îlots
construits en bordure du parc, le site accueillera
un nouveau groupe scolaire de 14 classes, intégrant un accueil de loisirs pour les 3/11 ans. Représentant un ensemble de 4 500 m² HON, cet
La cale 2 réhabilitée en locaux associatifs
équipement réalisé par la ville de Nantes sera
mis en service à la rentrée de septembre 2011. A l’issue du concours d’architectes fin 2008, la Ville de
Nantes a choisi le projet de Bruno Mader, un équipement pleinement intégré dans le parc, proposant
une conception de haute qualité environnementale. Un jardin sur le toit de l’école assurera la continuité
paysagère avec le parc.
HABITER ET TRAVAILLER
Le quartier s’affirme également comme un lieu de vie, occupé. Au sud du site, l’aménagement de cinq îlots mixtes
sur 55 000 m² de SHON vient compléter les usages, dans un environnement remarquable. Ils proposent un mode
singulier pour habiter et travailler, dans un parc, en proximité du fleuve, au sein d’un ensemble dense. Ces îlots
s’intègreront dans la continuité paysagère du site, reliés par les cheminements piétons, le mail des équipements
piéton. Ils bénéficient de vues dégagées sur le parc et la Loire.
Ces îlots proposent toutes les fonctions de la vie urbaine : habitat, commerces, services, activités, équipements
publics viennent s’ajouter aux aménagements du site des Chantiers. Avec près de 27 000 m² de SHON, la fonction
résidentielle est la dominante de ce quartier. 380 logements sont prévus à terme, dont 25% de logement locatif
social. Ils devraient accueillir 700 à 800 habitants.
La fréquentation du parc et les besoins attendus des habitants ont conduit à envisager une composition des îlots,
en « socles actifs », afin d’accueillir commerces, services et équipements en rez-de-chaussée. Ils représentent
une surface de 7 550 m². Complétant les équipements publics du site, l’un des îlots accueillera notamment dans
son socle un équipement pour la petite enfance (crèche, multi-accueil d’environ 550 m² HON). Au fur et à mesure
de l’évolution du quartier, ces socles pourront intégrer d’autres équipements.
Ce nouveau quartier proposera enfin des surfaces pour développer des activités économiques. Au contact de sites
et d’équipements dynamiques, dans une proximité avec le quartier des activités créatives (ancien site Alstom,
Fabrique des musiques actuelles...), le programme du quartier prévoit environ 13 000 m² de surface de bureaux.
Ces cinq îlots seront livrés entre 2011 et 2014.
18
Éco-quartier de la Prairie au Duc
Faisabilité des îlots Prairie-au-Duc ©AIN :
des activités, services, commerces (bleu ciel), des bureaux (turquoise), des logements (jaune)et des équipements publics (violet)
>> 2.3.4. Inscrire la transformation dans les traces de l’histoire
Le projet de l’île de Nantes s’inscrit sur un territoire à l’histoire longue, un espace, vécu, travaillé, habité. Accepter
l’héritage de l’île, ses bâtiments, ses traces urbaines et patrimoniales est un élément constitutif de la philosophie
guidant le projet d’aménagement de l’île.
Conserver l’existant ne relève pas d’une attitude nostalgique mais d’un mode de développement qui s’appuie sur
les atouts de l’île pour les valoriser. Le site est alors considéré comme un lieu de ressources qui vient définir et
enrichir le projet urbain. Démarche qui prend du sens dans la ville durable, en permettant notamment un moindre
coût écologique et économique par la réutilisation d’éléments existants.
RÉINVESTIR DES BÂTIMENTS EXISTANTS RÉHABILITÉS
C’est par des choix d’aménagement que cette philosophie prend forme sur toute l’île. Dans cette logique de développement durable, de nombreux bâtiments sont ainsi transformés. Par des réhabilitations plutôt que des
destructions, ils reprennent vie, autour de nouveaux usages, limitant les coûts de production. Une pépinière des
biotechnologies, une Maison des avocats, un lieu festif et culturel (Hangar à Bananes) sont créés dans d’anciens
bâtiments industriels ou portuaires réhabilités.
RÉUTILISER LES SOLS EXISTANTS
Cette même attitude est adoptée sur l’espace public. L’aménagement s’inscrit dans la trame urbaine existante.
Celle-ci est complétée, notamment sur les anciennes grandes emprises industrielles redécoupées pour retrouver une échelle urbaine. Sur les voies existantes, les fils d’eau sont conservés. Les sols, leurs revêtements sont
réutilisés : les enrobés en sous-couche de voirie, les anciens pavés granit sur certains espaces de promenades,
la terre végétale est recyclée. Autant d’actions qui réduisent les mouvements de sols et les importations de
matériaux extérieurs.
LE PARC DES CHANTIERS : SITE EMBLÉMATIQUE DU RECYCLAGE URBAIN
Le site des Chantiers est une illustration forte de ce réemploi d’éléments du patrimoine, d’adaptation au site existant pour en permettre l’appropriation, ainsi que de nouveaux usages. Un réemploi au service de la durabilité des
aménagements et bâtiments.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
19
Ancien site industriel, les Chantiers étaient marqués par de très grandes emprises adaptées à cet usage : des sols
bétons, éléments de fondations des bâtiments et halles qui l’occupaient, des chemins de grues, des marbres pour
la construction navale. Le projet d’aménagement du site s’est inscrit sur ces sols existants, en conservant ces
éléments participant de la mémoire du site.
Outre les éléments visibles, les travaux ont progressivement pu révéler des éléments enfouis, qui au fur et à mesure de l’avancée du projet, ont été intégrés au dessin de l’aménagement. Partout ont été exhumés des massifs
de béton, des rives, des poutres, des cales, qui ont trouvé leur place au sein de cet espace public en construction.
Par exemple, le chantier du Jardin des Voyages a découvert des ouvrages : la fondation d’un chemin de grue coulée
dans le sol a été conservée et intégrée au projet. Elle structure désormais ce jardin et sert de support à des passerelles et des jeux d’enfants. Sur ce même jardin, la découverte des chemins de grue, des structures de ponts roulants, des marbres a également poussé à redessiner les jeux d’enfants, à revoir les lignes de plantation, à agrandir
l’esplanade.
Un ancien marbre industriel transformé en solarium
Cette réutilisation des anciens espaces industriels par de nouvelles fonctions offre une mise en valeur
et une redécouverte des éléments patrimoniaux du site. Celle-ci s’opère particulièrement sur les bâtiments conservés et transformés. Le travail réalisé sur les Nefs de Loire en est un exemple emblématique.
Délaissées après la fermeture des chantiers, abandonnées à différentes activités peu valorisantes (stockage,
dépôt vente), elles sont restées pendant vingt ans presque ignorées. C’est leur transformation, leur ouverture et
l’intégration en leur sein d’équipements culturels et touristiques majeurs qui ont permis de faire (re)découvrir leur
caractère exceptionnel. Et c’est leur caractère et dimension hors normes qui a permis d’accueillir - à la manière
d’un « grand parapluie » - des équipements tout à fait singulier (Atelier -Galerie des Machines, Grand Eléphant, Fabrique). Un aller-retour entre patrimoine et modernité qui en fait aujourd’hui un des symboles de l’île de Nantes.
Les Nefs , printemps 2006
20
Les Nefs , été 2007
Éco-quartier de la Prairie au Duc
2.4. CONDUITE DU PROJET
L’aménagement du quartier s’intègre dans la méthode du projet de l’île de Nantes. Il dispose donc d’un dispositif
opérationnel qui garantit son développement cohérent et concerté.
Sur cet espace, intégré à la ZAC de l’île de Nantes (ZAC de 197 ha à l’échelle de l’île), la collectivité s’est assurée,
par des procédures d’échanges fonciers avec le port, les anciens chantiers navals et l’Etat, de la propriété de l’intégralité du site, permettant ainsi une maîtrise des conditions de son développement.
L’ensemble des espaces publics du site ont été réalisés sous maîtrise d’ouvrage de la SAMOA, aménageur et pilote
du projet urbain de l’île de Nantes. La maîtrise d’œuvre de ces espaces publics a été confiée à l’Atelier de l’île de
Nantes, dans le cadre de sa mission globale de maîtrise d’œuvre urbaine du projet Ile de Nantes.
La réalisation des équipements culturels du site (Nefs réhabilitées, Atelier-Galerie des Machines de l’île, Cales réhabilitées, Fabrique) a également été pilotée par la SAMOA, notamment via des mandats de Nantes Métropole ou
de la Ville de Nantes. Ils ont été confiés à différents concepteurs qui se sont inscrits dans le projet global d’aménagement du site.
Chaque étape du projet, de la définition des objectifs du site à sa réalisation a été l’objet de concertation avec
l’ensemble de la chaîne des acteurs : les associations, utilisatrices du site, associées ici depuis le début du projet
de l’île de Nantes, Nantes Métropole, collectivité gestionnaire de l’espace public, la Ville de Nantes, référent pour
l’utilisation des espaces associatifs et d’équipements publics (Fabrique des Musiques actuelles, Cales) et gestionnaire des jardins.
C’est cette définition partenariale du projet qui permet, une fois l’aménagement réalisé, d’assurer la bonne acceptation et le bon fonctionnement du parc. Celui-ci est aujourd’hui géré par Nantes Culture Patrimoine, société
d’économie mixte de gestion d’équipements culturels, à laquelle Nantes Métropole a délégué la gestion du parc.
Enfin, les cinq îlots programmés au sud du parc feront l’objet d’opérations immobilières confiées à des opérateurs
immobiliers (promoteurs privés, promoteurs sociaux, bailleurs sociaux), à l’exception des équipements publics
développés par la Ville de Nantes (école, centre de loisirs, espace multi-accueil petite enfance). Comme partout
sur l’île de Nantes, la réalisation des opérations s’opère par une suite d’étapes associant les collectivités, la SAMOA
et l’Atelier de l’île de Nantes :
• dans les conditions d’intégration prévues par le « Plan guide », la réalisation d’une réflexion intégrée
à travers un travail de faisabilité urbaine, réalisé par l’Atelier de l’île de Nantes. Validée par la collectivité,
elle sert de document de base. Les conditions d’inscription de l’opération dans le projet urbain, la
cohérence des volumes les uns par rapport aux autres, l’échelle des projets, la relation avec le parc, etc
sont autant d’éléments définis par cette faisabilité et intégrés au programme de consultation des
opérateurs pour la réalisation de ces îlots.
• sur cette base, une consultation d’opérateurs, organisée par la SAMOA, à l’issue de laquelle les choix
d’opérateurs sont définis avec les collectivités (Nantes Métropole et Ville de Nantes).
• un choix concerté des architectes retenus avec les maîtres d’ouvrages des opérations, sur la base
d’une liste de quelques architectes, établie pour chaque projet avec leur maître d’ouvrage, les
collectivités, la SAMOA et l’AIN.
• un suivi des différentes étapes de fabrication en phase projet associant la SAMOA, l’Atelier de l’île de
Nantes, les équipes promoteurs/constructeurs et un assistant à maîtrise d’ouvrage de la SAMOA sur la
performance énergétique, jusqu’à l’obtention du permis de construire.
Sur les îlots de la Prairie-au-Duc, dont la SAMOA est propriétaire foncier, dès les grandes lignes du projet
établies, des promesses de vente du terrain, intégrant l’ensemble des obligations définies par l’aménageur dans un cahier des charges de cession de terrain, seront signées avec les opérateurs.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
21
2.5. FINANCEMENT
La réalisation de l’ensemble des espaces publics du parc et des îlots (près de 15 ha) est intégrée au budget global
de la CPA de l’île de Nantes, dont les grands éléments financiers ont été présentés ci-dessus. Globalement les
aménagements d’espaces publics du parc des Chantiers représentent un investissement pour le projet de l’île de
15 millions d’euros, auquel s’ajoute 2,5 millions de restauration des cales et de la Cité des Chantiers et 2 millions
d’euros pour le ponton.
L’ensemble de ces aménagements ont bénéficié d’un soutien financier de l’Union Européenne, de l’Etat (FNADT),
de la Région des Pays de la Loire (Contrat régional d’agglomération), du Département de Loire-Atlantique pour un
montant global de subventions de 9,2 millions d’euros.
Les équipements culturels et touristiques représentent des investissements et subventions respectifs de :
• 5,7 millions d’euros pour la réhabilitation des Nefs, dont 1,9 millions d’euros de subventions au titre du
Contrat régional d’agglomération et du FNADT
• 7,8 millions d’euros pour l’Atelier-Galerie des Machines et le Grand Eléphant, dont 3,8 millions de subventions au titre du FNADT et des fonds FEDER
• 20,4 millions d’euros programmés pour la Fabrique, dont 2 millions d’euros de subventions au titre du
FEDER.
Le groupe scolaire et le centre de loisirs réalisés par la ville de Nantes représentent un budget de 14,4 millions
d’euros.
22
Éco-quartier de la Prairie au Duc
2.6. PLANNING
2004
Lancement des études d’aménagement et de la concertation avec les
acteurs et associations.
2006
Début des travaux d’aménagement des espaces publics
Début des travaux de réhabilitation des Nefs de Loire et la réalisation
de l’Atelier-Galerie des Machines
Début des études de la Fabrique
2007
Rénovation de la Grue Jaune (sécurisation, peinture...)
Premières livraisons des espaces publics (esplanades piétonnes &
vélos), du ponton des chantiers
Livraison des Nefs, de l’Atelier-Galerie des Machines
Premier pas de l’Éléphant
Estuaire 2007 : 500 000 personnes sur site au cours de l’été.
2008
Ouverture de la promenade en bord de Loire, de la plage
Concours école : désignation de Bruno Mader comme architecte
2009
Ouverture des jardins, des cales réhabilitées et de la Cité des Chantiers
Début des Travaux de la Fabrique
Consultation pour le premier des cinq îlots en bordure du parc (îlot A)
(mars).
2010
Démarrage du chantier des îlots A et D.
2011
Livraison de la Fabrique des Musiques actuelles
Livraison du Groupe scolaire et du centre de loisirs
Livraison des opérations de l’îlot A, incluant l’accueil pour la petite enfance.
2011
à 2014
Mises en consultation et livraisons progressives des autres îlots de la
Prairie-au-Duc.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
23
III. Conditions de réalisation
de l’éco-quartier
3.1. LE PILIER GOUVERNANCE ET LE DIALOGUE CITOYEN
>> 3.1.1. Le projet Ile de Nantes : un projet partagé avec tous les
acteurs de la ville
Le projet de l’île de Nantes a connu
une longue évolution depuis les
réflexions initiales des années 90.
Les premières études du projet
ont été réalisées sous la maîtrise
d’ouvrage de la Ville de Nantes
et du District de l’agglomération
nantaise, prédécesseur de la Communauté Urbaine. La création de
la Communauté Urbaine, en 2001
- aujourd’hui Nantes Métropole - a
permis de rassembler les moyens
humains, techniques et financiers
pour le lancement opérationnel du
projet.
L’ATELIER ECOQUARTIERS DE NANTES MÉTROPOLE
L’atelier Ecoquartiers de Nantes Métropole a été créé en mars 2007. Cet atelier transversal
ouvert à des organismes de recherche est une action de l’agenda 21 de Nantes Métropole.
Il s’appuie sur les acquis de la démarche initiée dès 2005 par la Ville de Nantes dans le
cadre son agenda 21 et de son Plan Local d’Urbanisme.
Ses deux objectifs principaux sont
• Établir un référentiel ou une charte consolidant les bonnes pratiques mises en œuvre au
niveau local ou observées dans d’autres agglomérations européennes.
• Diffuser la démarche en l’appliquant sur l’ensemble des projets d’aménagement portés
par les communes et acteurs de l’agglomération.
Trois groupes de travail permanents le composent
• un groupe développement qui oriente les travaux, prend en compte la dimension participative.
• un groupe gestion de l’eau et des espaces publics qui s’attache à développer les techniques alternatives et le foisonnement de la biodiversité.
• un groupe bâtiment qui répertorie les cibles les mieux adaptées à notre contexte et à
notre climat,
en s’appuyant sur les bonnes pratiques locales.
Si la conduite du projet a été
confiée depuis 2003 à la SAMOA,
L’ensemble des politiques publiques locales et nationales sont représentées et/ou
société publique locale d’aménaassociées sur les sujets de réflexion et les points forts mis en avant, tels que le recueil
des eaux pluviales comme lieu d’accueil de la biodiversité, les écogestes, la qualité de l’air
gement créée à cet effet , le projet
intérieur.
demeure totalement inscrit en articulation avec les politiques puLe croisement avec les actions phares dans le Grand Ouest (quartiers éco-innovants portés par la Région Pays de la Loire, études du CETE de l’Ouest, évolution du Pôle Génie Civil
bliques et les documents de plaOuest en Pôle Génie Civil éco-construction est assuré par des projets partagés.
nification communautaires (PADD,
PDU, PLH, Plan Climat...). Piloté politiquement par Jean-Marc Ayrault, Président de Nantes Métropole et Patrick
Rimbert, Vice-Président chargé des grands projets urbains, le projet fait tous les mois l’objet d’une réunion avec les
élus en charge de son suivi.
A un niveau technique, les échanges sont quotidiens, entre la SAMOA, les services de Nantes Métropole et de la
ville de Nantes sur l’ensemble des opérations et, de manière générale, sur toutes les thématiques impactant la vie
du projet et de l’île de Nantes.
Depuis l’origine du projet, le débat s’est inscrit au cœur du processus de transformation et de fabrication de l’île. Un
débat politique, un débat avec les porteurs de projets, avec les associations, les citoyens.
Ce débat citoyen s’appuie sur un partage et des échanges permanents.
Le Comité consultatif de quartier de l’île de Nantes mis en place par la ville de Nantes constitue l’organe pivot du
débat citoyen. Il est consulté, que ce soit sur les projets ou sur des thématiques de développement de l’île de
Nantes (environnement, commerce, vie quotidienne...). Animé par l’élu référent pour ce quartier (Alain Robert), il
permet l’échange avec la SAMOA, les services des collectivités, comme avec les porteurs de projet.
24
Éco-quartier de la Prairie au Duc
L’action du comité consultatif de quartier est relayée dans des lieux et
temps de concertation spécifiquement mis en place pour le projet :
• Le Hangar 32, situé sur le Quai des Antilles en continuité du
parc des Chantiers est le lieu de présentation et de débat public, du projet Ile de Nantes. Ouvert tous les week-ends (tous
les jours au cours de l’été) au public, il accueille, en outre, des
réunions de concertation, autour d’une exposition régulièrement renouvelée du projet.
Une visite de chantier avec des habitants au
• Des expositions temporaires sur différents sites accueillant départ du Hangar 32.
un public important (Maison de quartier, Palais des sports,
emprises de futurs projets).
• Des échanges spécifiques avec certaines associations (associations de copropriétaires, commerçants,
association de défense du patrimoine...).
• Des visites de chantiers, avec des associations, scolaires, acteurs de la société civile.
• Des présentations et débats organisés avec les acteurs économiques présents sur l’île.
Plus généralement, l’île de Nantes est un « chantier ouvert ». Territoire traversé, habité, travaillé, l’ensemble des
transformations se découvre tous les jours par ceux qui vivent l’île au quotidien. Les multiples manifestations,
associatives (« l’Ile était une fois »), culturelles (Biennale Estuaire), sportives (Marathon de Nantes...) permettent
aux acteurs du territoire et du grand public de prendre la mesure de la métamorphose de l’île.
>> 3.1.2. Les Chantiers : associer les acteurs du site au projet
L’aménagement du parc des Chantiers a été l’occasion d’actions de concertation avec l’ensemble des acteurs du
site. Depuis la fermeture des derniers chantiers navals, cet espace emblématique a été progressivement occupé
par un collectif d’associations de valorisation du patrimoine industriel et naval, d’insertion, et depuis 1993, par
l’Université de Nantes (formation permanente et continue).
Dès 1999, ces acteurs avaient été associés lors de l’étude de définition du projet de l’île de Nantes ayant abouti au
choix d’Alexandre Chemetoff comme maître d’œuvre urbain.
Depuis 2004, ils ont pris part à l’élaboration du projet du site des Chantiers. Entre 2004 et 2006, phase d’élaboration du projet, des réunions mensuelles avec toutes les associations et utilisateurs du site (la Navale, la Cale 2 l’île,
ATAO, la Maison des Hommes et des Techniques, l’Université), la Communauté Urbaine, la ville de Nantes, l’Atelier
de l’île de Nantes, ont été menées sous l’égide de la SAMOA, parfois complétées d’échanges bilatéraux. Elles ont
permis de considérer les attentes des acteurs, particulièrement attachés au site et à son patrimoine, d’adapter
les aménagements pour certains usages, de faire évoluer le phasage du projet, en fonction des contraintes des
activités de chacun. Une réflexion partagée a été menée sur le maintien et la réintégration de leurs activités, dans
les espaces et bâtiments réaménagés (Cité des Chantiers, cales réhabilitées).
Depuis 2006, les aménagements menés sur le site ont été l’occasion de multiples échanges, notamment pour
faire cohabiter les travaux et le maintien des activités associatives et de formation.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
25
>> 3.1.3. Les îlots Prairie-au-Duc : une occasion singulière pour
débattre sur la ville
Les îlots de la Prairie au Duc portent une vision singulière du développement de la ville : habiter en ville, en hauteur, en densité, dans un parc, entre patrimoine de la ville d’hier et de celle de demain. Leur réalisation est une
opportunité pour l’ensemble des acteurs (collectivités, aménageurs, promoteurs, architectes....) de s’interroger
sur l’évolution des modes d’habiter en ville et des attentes citoyennes.
Dans la phase actuelle, préalable aux choix des premiers opérateurs immobiliers, la SAMOA travaille à l’élaboration
de ce processus de communication/concertation. Il s’appuiera sur une exposition du projet et de différents thèmes de la ville (Qu’est ce qu’un Eco-quartier ? Pourquoi prend-il place sur ce site ? La densité, pourquoi ?...). Sur le
modèle des ateliers participatifs du réseau Agenda 21 de Nantes Métropole, les actions de concertation pourront
s’articuler autour de l’organisation d’un cycle d’ateliers citoyens sur des thématiques inhérentes à la réalisation de
ce quartier : la mixité des fonctions, des populations, la hauteur, la forme urbaine, la relation au fleuve.
Au fur et à mesure du choix des opérateurs et concepteurs, ceux-ci s’intégreront à ces échanges pour confronter la
réalisation de leurs opérations aux attentes de futurs habitants. Dans son document de consultation pour le choix
des promoteurs, la SAMOA valorise toute réponse d’opérateurs qui proposerait une action favorisant une définition
concertée des projets (co-définition de projets, atelier projet...).
3.2. LE PILIER SOCIO-ÉCONOMIQUE
Le projet Ile de Nantes s’affirme comme une extension du cœur de la cité. Pour créer les conditions de sa centralité et de son attractivité, l’île doit alors répondre à tous les types de demandes sociales : se loger, travailler,
consommer, apprendre, se divertir, se soigner, etc. Ce mélange des fonctions et des populations n’est pas une
simple juxtaposition : il s’organise à l’échelle du quartier, de l’îlot, du bâtiment, contribuant à la cohésion sociale et
à l’animation de l’île.
>> 3.2.1. Organiser la mixité sociale à toutes les échelles
Le projet de l’île de Nantes vise à porter un développement urbain et social diversifié, renouvelant ainsi les capacités d’accueil du centre-ville. Il est envisagé comme une des réponses aux problématiques sociales de Nantes et
de son agglomération : répondre aux nouveaux besoins d’accueil des populations en ville, reconquérir les espaces
urbains et les rendre accessibles à tous.
L’île de Nantes est un des leviers forts de la mise
en œuvre de la politique de l’habitat nantaise. A
l’échelle de la ville de Nantes, le Plan Local de
l’Habitat fixe un objectif de 1600 logements neufs
/ an, dont 400 logements sociaux. Depuis 2004,
ce sont près de 1500 logements qui ont été
construits sur l’île (soit 300 logements / an) et
570 en chantier ou en étude pour être construits
avant fin 2011. Parmi ceux-ci, 490 (23,5%) sont
des logements locatifs sociaux PLUS/PLAI et 510
(24,6%) des logements abordables (PLS, locatif
intermédiaire). Les prix de vente moyens des
opérations en accession demeurent 15 à 20% en
retrait par rapport au centre ville.
26
Habiter Les Quais (ING / Nicolas Michelin) : 54 logements en accession
libre, 18 logements en PLUS (Nantes Habitat), un restaurant, deux commerces
Éco-quartier de la Prairie au Duc
Cette mixité sociale se joue à toutes les échelles de l’île : bien sûr à l’échelle des différents quartiers ; mais également à l’échelle des îlots où se combinent des opérations privés, sociales, étudiantes ; et même à l’échelle de
certaines opérations, où peuvent se mêler les logements en accession privés et les logements sociaux.
La politique foncière menée sur l’île a constitué un volet essentiel dans la capacité à générer cette offre sociale
importante avec, depuis 2003, des prix de charges foncières sur les opérations sociales inférieures de plus de
moitié aux charges foncières des logements privés (100 / m² H ON moyen contre 250 / m² H ON).
PROLONGER CE MÉLANGE SOCIAL AU SEIN DU QUARTIER DE LA PRAIRIE AU DUC
Le quartier Prairie-au-Duc s’inscrit dans cette dynamique de l’île de Nantes en faveur d’un brassage de toutes les
populations accueillies.
Au-delà d’une programmation diversifiée en matière d’habitat, la rencontre entre toutes les populations s’opère
sur l’espace public. La rue, les jardins, les esplanades, les espaces pour enfants sont les premiers lieux du croisement, de l’échange, porteurs de sens social.
A cet égard, les aménagements du parc des Chantiers participent évidemment à ce mélange, accueillant pêle-mêle
les touristes venus voir l’Eléphant ou les Nefs, les étudiants en formation continue de l’Université Permanente, les
personnes en insertion à la Cité des Chantiers, les membres des associations du patrimoine accueillies dans les
cales, bientôt les enfants du groupe scolaire (2011) ou les futurs habitants et actifs des îlots de la Prairie au Duc.
La programmation de ces îlots s’inscrit dans cette ambition de mixité fonctionnelle et sociale. L’habitat représente
la moitié des 55 000 m² HON programmés sur ces îlots, le reste étant composé d’activités économiques, d’équipements publics (notamment scolaires), de services et commerces, d’un hôtel. Pour les 27 000 m² de la fonction
résidentielle, la plus grande diversité est aujourd’hui programmée : en forme urbaine, en typologie, en gamme de
prix.
Le tableau ci-dessous reprend la répartition aujourd’hui prévue sur la partie résidentielle de cette nouvelle offre :
LOCATIF SOCIAL PLUS / PLAI
LOCATIF PLS / INTERMEDIAIRE
ACCESSION SOCIALE
ACCESSION
SOUS-TOTAL
SHON
Logements
25%
6 710 m²
95
25%
8%
42%
100%
6 800 m²
2 050 m²
11 280 m²
26 840 m²
95
30
160
380
Localisation
4 600 m²sur A2.2+C2, et 2 110 m²
en VEFA sur A2.1, A3, B1, D2
D2
B2
A2.1+B3+A3+B1
>> 3.2.2. Mêler les fonctions pour créer un quartier de ville vivant
Le quartier Prairie-au-Duc présente tous les ingrédients d’un quartier de centre-ville. La mixité fonctionnelle s’inscrit ainsi comme une donnée essentielle de l’ensemble du projet du parc, des équipements sous les Nefs et des
îlots du boulevard de la Prairie-au-Duc. Cette ambition de mélange des usages est décrite dans la partie de présentation du projet (§2.3.3. Proposer tous les usages de la ville).
Le parc propose d’ores et déjà cette diversité des usages, là encore croisant les différentes échelles : des équipements d’attractivité métropolitaine (les Nefs, l’Atelier-Galerie des Machines, l’Eléphant, la future Fabrique), des
équipements à l’échelle de la ville (les jardins, les promenades...), des équipements pour le quartier (le Jardin des
Voyages avec les jeux pour enfants). Un mélange des usages qui s’articule avec les sites à proximité, comme le
quartier de la création, en émergence sur l’ancien site Alstom, ou le « Hangar à Bananes » sur le quai des Antilles,
qui propose expositions, manifestations, bars et restaurants.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
27
Le projet d’aménagement des îlots de la Prairie au Duc vient renforcer cette diversité fonctionnelle, dans une relation d’apport réciproque entre nouveaux îlots et activités du parc : la proximité des équipements culturels et des
aménagements du parc valorisera les îlots et la qualité de son cadre de vie ; la multiplicité des usages des îlots
renforcera l’activité, les croisements dans le parc.
La plus grande mixité urbaine est ainsi recherchée dans ces îlots neufs, en construisant des immeubles de bureaux et d’habitat sur des « socles actifs » (commerces/activités, équipements publics). Ce travail de composition
urbaine défini par la faisabilité urbaine est plus largement explicité dans les volets d’exemplarité du projet (cf. § 4.1
Façonner un quartier de ville dense).
Outre les 27 000 m² proposant toute la gamme d’habitat (cf. § 3.2.1 Organiser la mixité sociale à toutes les échelles), ces îlots mêlent ainsi les principales fonctions économiques et de services suivantes :
• 13 240 m² HON d’activités / bureaux.
Au centre de l’agglomération, au contact de sites et d’équipements « stimulants », dans le prolongement du quartier de la création, cette offre d’immobilier d’activité renforcera celle présente sur le quartier. Dans une composition associant des bâtiments de 1 500 à 3 000 m², elle accueillera une offre diversifiée, en compte propre, ou en
copropriétés, destinée à des entreprises ou des institutions publiques ou parapubliques, complémentaire de l’offre locative de grands plateaux destinée à grandes entreprises développées à l’est de l’île de Nantes sur le quartier
EuroNantes/Tripode.
• 7 000 m² d’activités / commerces en rez-de-chaussée
Véritable quartier urbain, mais en avance par rapport à la création d’une masse critique de nouveaux habitants
pour faire vivre des commerces de proximité, les rez-de-chaussée sont prévus pour pouvoir évoluer, depuis l’accueil d’activités et de services pendant une première période, vers l’accueil de commerces lorsque la densité urbaine le permettra.
En socle de chaque parcelle sont ainsi développés des locaux disposant de 4,5 m de hauteur libre sous poutre au
moins. Certains d’entre eux sont pourvus d’un conduit d’évacuation permettant d’y accueillir, le cas échéant, des
activités de cuisine / restauration. Pour organiser au mieux la cohérence des surfaces, un investisseur commercial, contractuellement engagé par la collectivité, pourrait assurer le portage de ces surfaces. Les promoteurs et
bailleurs sociaux devront proposer à cet investisseur l’acquisition de ces locaux, sauf si, au vue d’un programme
spécifique, la SAMOA donnait son accord pour un autre montage.
• 5050 m² d’équipements scolaire et petite enfance
Complétant l’offre très importante d’équipements publics sur le quartier, l’îlot A accueille le nouveau groupe scolaire (14 classes) de la ville de Nantes, intégrant des locaux « d’accueil de loisirs » pour les 3/11 ans.
Les qualités architecturales et énergétiques de ce groupe scolaire (objectif BBC défini par la ville de Nantes) sont
développées dans la partie sur les piliers environnementaux (cf. § 3.3.2 Energie / Bioclimatisme).
Sur ce même îlot, le socle du bâtiment A2 intègre un équipement pour la petite enfance (crèche, multi-accueil
d’environ 550 m² HON). Réalisé par l’opérateur qui sera retenu pour ce bâtiment, il sera cédé en VEFA à la Ville de
Nantes.
Les socles pourront, si nécessaire, accueillir progressivement d’autres équipements.
28
Éco-quartier de la Prairie au Duc
>> 3.2.3. Faciliter l’accès à l’espace public pour tous
L’ensemble du site des chantiers a été pensé pour permettre une accessibilité sans voiture. Le parc est entièrement réservé aux piétons, vélos et tous types de circulations douces (cf. §.3.3.7 Développer les mobilités douces). De fait, le site est totalement accessible pour des personnes handicapées.
• les différents jardins du parc accueillent par exemple des rampes à faible pourcentage, permettant
l’accès au bord de Loire pour tous (personnes en fauteuil, poussettes...).
• des cheminements clairement délimités par des lignes de mobiliers identifiables, des limites de
revêtements ou des bandes pododactiles permettent aux personnes handicapées et mal voyants de se
repérer sur les grandes esplanades.
• des places libres à proximité des bancs sont réalisées pour l’accueil des fauteuils roulants.
• comme sur tous les espaces publics réalisés depuis 2003 sur l’île de Nantes, l’aménagement du
site des chantiers a fait l’objet d’un travail concerté avec les associations d’handicapés, dans
le cadre de visites organisées avec la Mission handicap de la Ville de Nantes. Des échantillons de
l’ensemble du mobilier urbain ont ainsi été installés sur site pour être testés au cours de ces visites.
Ces visites ont généré des adaptations de certains équipements, nécessaires à la meilleur
appréhension ou utilisation.
• Un plan tactile est installé à l’entrée du parc pour aider les aveugles et mal voyants à se repérer.
Fort de ce travail, le site est aujourd’hui sécurisé pour tous. Il accueille d’ailleurs au cours du dernier week-end de
mars 2009, le 22ème Festival « Handiclap », festival organisé par l’APAJPH 44, ayant pour but de sensibiliser à la
question du handicap par un croisement entre activités culturelles et handicap. Près de 200 artistes et environ 10
000 personnes sont attendues sur le site à cette occasion.
>> 3.2.4. Soutenir l’insertion des personnes en difficulté
Dans son processus même, le projet Ile de Nantes nourrit la création d’emplois. Produire en 20 ans, 1 million de m²
de surfaces constructibles, créer ou réaménager 150 ha d’espaces publics représentent une source de travail pour
un ensemble de secteurs économiques, de la conception à la construction. Un rôle d’intégrateur social qu’affirme
le projet Ile de Nantes en imposant une clause d’insertion pour les entreprises travaillant à la réalisation des espaces publics, dans le cadre du dispositif mis en place par Nantes Métropole.
Sur le site des Chantiers, cette clause d’insertion a été appliquée aux chantiers sous maîtrise d’ouvrage publique:
les pontons, les Nefs, l’Atelier-Galerie des Machines, l’aménagement du parc des Chantiers, les cales 2 et 3, la
construction à venir de la Fabrique. Au total, près de 17 000 heures ont ainsi été programmées sur ces différents
chantiers. A ce jour, 13 200 heures ont été réalisées (correspondant au niveau d’avancement des chantiers).
Le parc des chantiers accueille en outre, l’association ATAO,
structure de réinsertion par le travail, d’une vingtaine de
personnes. Présente avant les aménagements, ses activités se sont perpétuées durant les travaux et sont désormais intégrées dans la nouvelle composition urbaine. Le
chapiteau de l’association propose des travaux divers (en
lien avec l’histoire du site) : chantiers de métallerie, chantiers bois, création de fours solaires, réparation de bateaux.
Il s’intègre à la « Cité des chantiers », réalisée dans le cadre
des aménagements du parc et qui propose aujourd’hui de
nouveaux espaces de bureaux, d’activités et de stockage.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
Association ATAO : l’insertion par le travail
29
>>3.2.5. Optimiser les coûts d’aménagement et de fonctionnement
Sur l’île de Nantes, une réflexion est menée pour limiter les coûts d’aménagement sans porter atteinte à l’ambition
de qualité architecturale et urbaine.
Par des interventions simples, les aménagements d’espaces publics sont réalisés à un coût moyen de travaux de
110 euros HT/m². Le maintien des sols existants et des éléments de patrimoine industriel (rails, marbres, dalles
béton...), la réutilisation d’anciens revêtements dans les nouveaux aménagements (anciens pavés de chaussée,
bordures de trottoirs...), le réaménagement des rues dans les limites des fils d’eau existants, sont autant d’attentions qui limitent les coûts d’aménagement.
La réutilisation de matériaux existants réduit également considérablement les incidences environnementales du
projet : limiter la production et l’importation de nouveaux matériaux (pavés réutilisés, fraisas d’enrobé utilisés en
sous couche de voirie...) contribue à contenir l’empreinte écologique des aménagements.
Sur le parc des chantiers, le maintien de nombreux sols en place (cf. § 2.3.4 Inscrire la transformation dans les
traces de l’histoire) a permis, malgré des travaux lourds sur les massifs de fondations, les cales, ou les estacades,
de limiter plus encore ce coût moyen des aménagements à 101 euros HT/m² d’espace public traité.
Afin de réduire les coûts de fonctionnement, les choix d’aménagement du parc et des jardins privilégient un entretien rustique. Pas d’arrosage automatique, pas de traitement phytosanitaire ni d’utilisation d’engrais, le choix des
essences est fait pour limiter les besoins d’entretien et s’adapter aux conditions de rusticité du site. Il est réalisé
en concertation avec le service gestionnaire, le Service des Espaces Verts de la Ville de Nantes (SEVE). Des choix
qui participent autant à une bonne gestion financière qu’à une limitation des impacts environnementaux des aménagements.
>> 3.2.6. Générer un impact économique pour le territoire
En contribuant à la valorisation de l’île et à la revitalisation de son tissu économique, le projet de l’île de Nantes
est vecteur de dynamisme et créateur d’emplois. Un développement qui profite directement au territoire. Outre
le développement d’emplois métropolitains supérieurs, les dépenses réalisées par les visiteurs et les nouveaux
usagers de l’île au sein des équipements touristiques, des commerces ou des services de proximité contribuent
de fait à la création d’emplois sur l’île. Des emplois de tous niveaux de qualification, qui fabriquent de la cohésion
sociale. A terme, sur cette île qui compte déjà 14 900 emplois, c’est un apport supplémentaire de 15 000 emplois
nouveaux, par la réalisation de 300 000 m² d’activités économiques et 150 000 m² d’équipements publics.
Par l’attractivité qu’il génère, le site des Chantiers participe déjà de cette vitalisation de l’île : 500 000 personnes
au cours de l’Eté 2007, été de l’ouverture des premiers espaces réhabilités sur le site, de l’inauguration des Nefs,
de l’Atelier-Galerie des Machines et des premiers pas de l’Eléphant. Un flux qui dynamise, les commerces, services,
bar-restaurant à proximité ou sur le site et qui plus généralement crée de la valeur sur le territoire.
En termes d’emplois directs, le site accueille pour l’ensemble des activités culturelles, touristiques et pédagogiques (Equipements sous les Nefs, « Cité des Chantiers », Groupe scolaire, Formation continue) environ 180
emplois, dont 20 en insertion au sein de l’association ATAO. Par ailleurs, les 20 000 m² d’activités, bureaux, commerces et services sur les îlots au sud du parc intègreront 400 à 500 emplois supplémentaires.
30
Éco-quartier de la Prairie au Duc
3.3. LE PILIER ENVIRONNEMENTAL
>> 3.3.1. Créer une densité urbaine qualitative
La forme urbaine est proposée comme un des volets de « l’EcoQuartier exemplaire ». Elle est donc plus
particulièrement développée dans cette partie (§ 4.1 Façonner un quartier de ville dense).
Au centre de l’agglomération, l’île de Nantes constitue une opportunité rare pour renforcer le cœur de ville, dans
une forme urbaine mêlant densité, diversité des constructions, et ouvertures permanentes vers les paysages du
fleuve.
La densité produite est inhérente au projet de l’île. Avec à terme, 15 000 habitants sur les 300 ha de l’île, elle n’affiche qu’un rapport de 50 logements à l’hectare, mais il convient d’intégrer qu’à l’horizon 2025, ce sont également
30 000 personnes qui travailleront sur ce même périmètre.
LES ÎLOTS PRAIRIE-AU-DUC : RENOUVELER LES APPROCHES EN TERMES DE DENSITÉ
ET DE HAUTEUR
La réalisation du quartier Prairie-au-Duc s’inscrit dans cette ambition d’un modèle de ville contemporain. A l’échelle des 18 ha du site, c’est la diversité entre les formes bâties, les époques de leurs constructions qui singularisent
ce projet où se mêlent les bâtiments industriels préservés et les futures opérations neuves du boulevard de la
Prairie-au-Duc, dans une composition orchestrée autour du vaste réseau d’espace public.
Afin de concilier la densité attendue des îlots et un cadre de vie de qualité, une réflexion est menée sur la configuration des îlots et leur insertion dans le site, particulièrement ouvert sur la Loire et l’estuaire. L’insertion urbaine du
site, et l’ambition de valoriser ses atouts résidentiels ont conduit à proposer, sur certaines parcelles, des immeubles d’habitation relativement élevés (55 m maxi), pour bénéficier de vues dégagées sur le fleuve et la ville. Les
socles des immeubles seront alignés sur le tracé des rues, tout en laissant la possibilité de faire varier les volumes
supérieurs afin de dégager les vues et l’exposition solaire.
Ces bâtiments seront implantés sur les parcelles au sud du site ; le gabarit des constructions sur les parcelles
Nord étant plus limité, avec une implantation des bâtiments ménageant les vues vers le Nord pour les immeubles
construits le long du boulevard. Le site, comme la conception des immeubles et de leurs logements, devront renouveler l’envie d’habiter dans des bâtiments élevés : prolongements extérieurs, capacité à offrir sur les socles
des espaces verts privatifs participent de cette recherche de qualité architecturale pour ces opérations comme
pour toutes celles de l’île.
>> 3.3.2. Développer les mobilités douces
Les déplacements sont au cœur de la vie urbaine. Ils tissent les liens entre les quartiers, favorisent les échanges
et permettent à tous de profiter de chaque élément de la ville. Dans un contexte de densification et d’extension du
cœur de ville, l’île de Nantes contribue à la stratégie de Nantes Métropole, définie par le Plan de Déplacement Urbain (PDU) : développer les mobilités et équilibrer l’usage de l’automobile et des modes de transports alternatifs.
Le projet de l’île favorise ainsi un nouveau partage de l’espace public. Sur une île particulièrement occupée par la
voiture (axes structurants d’accès au centre-ville, importance des espaces laissés au stationnement), les aménagements visent à rééquilibrer les différents modes de déplacements : plus de place pour les piétons, des aménagements cyclistes, le développement des TCSP, avec notamment une ligne de Busway traversant l’île depuis
2006.
Espace majeur de l’île de Nantes, le quartier Praire-au-Duc s’inscrit particulièrement dans cette dynamique des
nouvelles mobilités.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
31
UNE DESSERTE FORTE EN TRANSPORTS EN COMMUN
Le site des Chantiers bénéficie d’une insertion urbaine forte, à environ dix minutes à pied de l’hyper centre-ville.
Par le pont Anne de Bretagne ou la passerelle piétonne Schœlcher, il se situe à 300 et 500 mètres de deux stations
de tramway (ligne1). Une ligne de bus (n°58) assure en outre une liaison directe entre le site et l’est de l’île par le
boulevard de la Prairie-au-Duc.
Ce maillage de transports collectifs devrait se renforcer, par la création d’une nouvelle ligne de tramway, traversant l’île d’est en ouest. Elle assurera de nouvelles interconnexions entre l’ensemble des lignes de transport en
commun : avec la ligne 1 de tramway à chacune de ses extrémités, avec les lignes 2, 3 et 4 au cœur de l’île. A
l’horizon 2011, cette nouvelle ligne sera préfigurée par une ligne « chronobus », à niveau de service performant.
Ce site devrait également profiter d’une nouvelle offre : celle des lignes Navibus, transport en commun fluvial. Les
études sont aujourd’hui en cours pour pérenniser la ligne de cabotage mise en place au cours de l’été 2007, offrant
une nouvelle possibilité de traversée de Loire au départ/arrivée du ponton des Chantiers.
Dans ce maillage fin du réseau de transport collectif, la Loire trouve une nouvelle fonction. Par le développement
de navettes fluviales, elle devient le support d’un nouveau mode de déplacement, doux et agréable, qui assure à la
fois des liaisons entre l’île et les rives opposées et entre les différents quartiers de l’île.
Le ponton des Chantiers : plaisance et transport collectif fluvial
Bicloo : le vélo en libre service de Nantes
UN SITE PIÉTONS ET VÉLOS
Le parc des chantiers est réservé aux circulations douces, vélos, piétons. Les 15 ha du parc sont ainsi interdits aux
circulations motorisées (hors desserte de secours et d’entretien). Les continuités douces depuis le centre-ville,
sont assurées par la passerelle Schœlcher, puis le Quai François Mitterrand également réaménagé pour ces usages. A l’extrémité ouest du parc, les aménagements réalisés sur le quai des Antilles prolonge cet itinéraire de 2 km
en bord de Loire réservés aux piétons et vélos. Cet itinéraire s’inscrit dans le parcours « Loire à Vélo », parcours
interrégional continu du Mont Gerbier des Joncs à l’océan.
Le site est desservi par le système de vélos en libre-service « Bicloo », avec une station sur l’esplanade des
Nefs.
Au sein des îlots, la SAMOA veillera dans les projets portés par les concepteurs au stationnement des vélos, pour
que les locaux - obligatoires - soient attractifs et fonctionnels, notamment pour leur accès. Le boulevard de la Prairie-au-Duc, axe primaire, intègre des bandes cyclables continues.
32
Éco-quartier de la Prairie au Duc
LE STATIONNEMENT, LEVIER DE LA STRATÉGIE DE DÉPLACEMENT
L’aménagement du site favorise les modes de déplacement doux, limitant l’accès des véhicules motorisés aux
abords du site. Afin de répondre aux besoins d’accueil des différents publics et usagers du site, une gestion globale
et mutualisée des stationnements est mise en place. Un parking silo de 900 places se construit à proximité du
parc, pour une livraison en septembre 2009. Il propose une mutualisation entre les demandes de stationnement
des visiteurs du site - principalement le week-end (Eléphant, Atelier-Galerie) et à l’avenir en soirée (Fabrique) - et
celles des activités du quartier de la création contigü, génératrices de demandes en journée.
Sur les îlots neufs du boulevard de la Prairie-au-Duc, comme sur toute l’île de Nantes, la norme minimale de stationnement a été revue à la hausse pour inciter à réaliser moins de stationnement privatif. Elle s’établit aujourd’hui
à 1 place / 90 m² pour l’habitat et à 1 place / 150 m² pour les activités. Les équipements publics municipaux n’ont
pas d’obligation de stationnement. Le quartier Prairie-au-Duc est donc à cet égard considéré au même titre que
l’hyper centre-ville.
>> 3.3.3. Produire des bâtiments énergétiquement performants
Le projet Ile de Nantes recherche l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments et la promotion des
énergies renouvelables. Plutôt que de se concentrer sur la réalisation de quelques opérations emblématiques, il
s’agit d’améliorer de façon continue les niveaux de performance des bâtiments produits.
Pour se faire, la SAMOA s’appuie sur une démarche d’accompagnement et de suivi de toutes les opérations de l’île,
réalisée avec son Assistant à Maitrise d’Ouvrage, Pouget Consultant. Depuis 2006, cette démarche est formalisée
par un cahier des Charges « Performance Energétique des bâtiments » qui vise deux objectifs principaux : une réduction des déperditions thermiques par une compacité et une qualité de traitement de l’enveloppe (plus de ponts
thermiques) et des niveaux de consommation anticipant l’évolution de la réglementation thermique (jusqu’à présent, étude thermique niveau THPE (RT2005 -20%) imposée). Cette démarche permet d’atteindre des performances élevées sur toutes les opérations neuves de l’île, certaines allant dès à présent au-delà : 4 opérations BBC sont
réalisées ou avec un permis de construire déposé sur l’île de Nantes. Nombreuses sont les opérations intégrant
un approvisionnement en énergie renouvelable (raccordement au réseau de chaleur communautaire à l’est, eau
chaude et chauffage solaire sur plusieurs opérations). L’île de Nantes a d’ailleurs été reconnue par le programme
Européen Concerto, qui favorise l’amélioration des performances énergétiques des nouveaux bâtiments et le recours aux énergies renouvelables. Dans ce cadre, 80 000 m² de logements, bureaux et activités sont réalisés sur
l’île à un niveau de très haute performance énergétique.
Les projets Prairie-au-Duc s’inscriront dans cette démarche. Dans une perspective de livraison entre 2011 et 2014,
il est demandé, dans le document de consultation des opérateurs, d’anticiper les évolutions de la future réglementation thermique, en visant dès aujourd’hui un objectif BBC.
Sur un site bénéficiant d’un potentiel naturel important (fort ensoleillement, potentiel éolien, présence de la nappe
à proximité....) des dispositifs renouvelables innovants en matière d’approvisionnement énergétique seront valorisés.
La composition urbaine de ces nouveaux îlots a intégré une réflexion bioclimatique, notamment en termes d’apport
solaire. Au sud, les bâtiments les plus hauts intègrent les logements, bénéficiant d’apports solaires gratuits. Les
effets de masques sont de fait portés sur les bâtiments les plus au nord, les plus bas, qui intègrent les bureaux.
Ces effets de masques, sur des bâtiments réclamant souvent du froid, permettent de favoriser l’objectif défini pour
les immeubles de bureaux, de non-recours à des systèmes de climatisation.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
33
Une école dans un
parc. Architecte :
Bruno Mader
Un groupe scolaire BBC
Premier bâtiment à voir le jour sur les îlots de la Prairie au Duc, le groupe scolaire réalisé par la Ville de Nantes affichera un caractère d’exemplarité. Sa réalisation traduit la volonté de la Ville de construire et de réhabiliter tous ses
équipements publics en Bâtiment basse consommation énergétique (BBC). La Ville de Nantes a par ailleurs établi
11 cibles de niveau très performant en HQE et trois cibles de niveau performant. Bruno Mader en est l’architecte.
« UN JARDIN DANS UN PARC »
Le parti architectural retenu pour l’école est d’en faire un jardin, abritant une école. La végétation recouvrira tous
les locaux de l’école et du centre de loisirs et structurera les cours. Cette végétalisation intensive propose à la fois
l’insertion paysagère dans le parc, en donnant à voir aux habitants une « colline habitée », et la préservation d’une
intériorité pour les enfants. Elle permettra une forte rétention des eaux pluviales (stockées et utilisées pour l’arrosage des potagers pédagogiques), comme elle contribuera au confort thermique d’été et au confort acoustique.
Des jardins-cours et des potagers pédagogiques pour les enfants et les enseignants s’intègrent au projet.
GESTION DE L’ÉNERGIE
L’école sera intégrée au programme Concerto au vu de ses ambitions énergétiques : objectif BBC 2005. Trois axes
sont privilégiés : réduire les besoins, travailler la qualité de l’enveloppe et la performance de la ventilation. Les
principales caractéristiques du bâtiment :
• Une sur-isolation extérieure s’appuyant sur l’ossature bois du bâtiment
• Une différenciation thermique des espaces en fonction de leur usage (entre les espaces d’activités fortement
isolés et les espaces de transition non chauffés).
• Un système de ventilation naturelle, assurant la qualité sanitaire de l’air et le confort thermique, qui s’appuie sur
la mise en place d’un plénum sous le bâtiment, qui préchauffe ou rafraîchit selon la saison l’air neuf par l’inertie de
la terre, et des cheminées « capteurs de vent et solaires passives » qui créent une aspiration permettant l’évacuation de l’air.
• Un ratio parois pleines/parois vitrées optimum,
• Des capteurs solaires pour le préchauffage de l’eau chaude sanitaire.
Dans la perspective d’un éventuel raccordement au réseau de chaleur communautaire, une chaudière gaz basse
température à haute performance sera installée.
34
Éco-quartier de la Prairie au Duc
>> 3.3.4. Inscrire la réalisation des îlots dans une démarche
régionale d’éco-innovation
Le site de la Prairie au Duc a été retenu par la Région des Pays de la Loire au titre de sa démarche éco-innovante.
Cette démarche vise à s’appuyer sur quelques opérations urbaines exemplaires pour développer les savoir-faire
des entreprises ligériennes dans le domaine de l’aménagement, des infrastructures urbaines et de la construction.
Dans ce cadre, la Région apportera son soutien technique et financier à la mise en œuvre de projets d’innovation
qui favoriseront l’association de compétences régionales (laboratoires de recherche, filières, entreprises, maîtrise
d’œuvre, maîtrise d’ouvrage, Pôle génie civil de l’éco-construction) sur des champs d’expérimentation définis.
Sur le volet bâtiment, les champs d’innovations retenus sont : l’isolation thermique des enveloppes ; l’intégration
de matériaux écologiques et sains ; la conception thermique intégrée ; l’isolation acoustique et les vibrations ; la
végétalisation de toitures et façades.
En complément, la SAMOA a intégré dans son cahier des charges de consultation d’opérateur, un objectif particulier sur la qualité sanitaire des matériaux utilisés et la prise en compte de la qualité de l’air dans les opérations
neuves.
>> 3.3.5. Traiter les sols de manière experte et raisonnée
Le projet de l’île de Nantes se développe sur 150 ha de terres à (re)urbaniser. La gestion des terres constitue
donc un facteur essentiel de l’équilibre économique et environnemental des aménagements. Plutôt que des
évacuations massives de terres, la réutilisation des terres existantes est privilégiée dans une perspective d’équilibre général déblais/remblais et de limitation de transports inutiles et polluants de terres. Ceci nécessite de
s’assurer systématiquement de la qualité des sols, afin de garantir leur compatibilité avec les nouveaux usages.
Sur des sols à risques (anciennes activités industrielles, boires de Loire comblées), une gestion raisonnée des
terres souillées est retenue : un traitement au cas par cas plutôt qu’une dépollution massive du site, économiquement et écologiquement très lourde. Une méthodologie finement adaptée à chaque site et à chaque projet,
qui s’inscrit dans la politique du MEDATT en matière de gestion de sites pollués, telle que précisée par les notes et
circulaires du 8 février 2007.
Chaque aménagement fait ainsi l’objet de diagnostic et d’analyse de sols préalables, permettant de qualifier les
terres : celles qui pourront être réutilisées librement ; celles qui devront l’être après traitement sur site et sous
condition particulière ; celles qui devront être sorties du site pour évacuation et traitement en décharge approprié.
Cette méthode permet de limiter les volumes de terres à traiter, de garantir la qualité des terrains réhabilités, et
d’assurer la sécurité des usagers.
LE SITE DES CHANTIERS, INTERVENIR SUR UN SITE SENSIBLE
Ancien site industriel, le site des chantiers présentait un degré de sensibilité élevé au risque de pollution. Depuis
la fermeture des chantiers, en 1987, il avait connu plusieurs interventions au regard de ce risque (élimination des
transformateurs au pyralène et des cuves citernes, évacuation de terres souillées aux hydrocarbures...).
Dans le cadre du projet de transformation du site, la définition du projet s’est appuyée sur une série de diagnostics
sur les Nefs et sur tous les futurs espaces publics. Sur les espaces publics, sur la base de près de 130 sondages,
les résultats ont montré la présence de mâchefers très hétérogènes, mais non lixiviables. Le bureau d’étude (SCE)
a ainsi privilégié - après un tri visuel des terres terrassées - le réemploi sur site, dans des conditions de confinement empêchant tout risque d’accès des personnes à ces terres ou de contact avec les systèmes racinaires des
plantations (utilisation en sous-couche de voirie, confinement par géotextile). En outre, le maintien sur site d’une
grande partie des sols existants (sols bétons, marbres...) a favorisé un confinement optimum, supprimant les
risques de contact avec les terres conservées.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
35
>> 3.3.6. Veiller à la bonne gestion de la ressource en eau
Baignée par la Loire, l’île de Nantes place la gestion de l’eau au cœur de son projet. Il s’agit de limiter les coûts et
dispositifs de traitement des eaux pluviales, d’améliorer la qualité de la ressource et d’en limiter la consommation.
A l’occasion des travaux d’espaces publics, les réseaux unitaires sont remplacés par des réseaux séparatifs, empêchant le rejet d’eau souillée vers les milieux naturels. Parallèlement, les aménagements limitent un accroissement excessif des réseaux d’eaux pluviales, en favorisant l’infiltration des eaux de pluie sur l’espace public. Des
solutions variées sont retenues : des revêtements perméables sont choisis (pavés à joints sable sur les trottoirs
et espaces piétonniers) ; des dispositifs alternatifs de stockage et de traitement des eaux de pluie (noues de rétentions et bassins sur le secteur du Tripode) sont mis en place.
Au sein des opérations immobilières, le stockage des eaux de pluie s’opère par des toitures végétalisées et des
terrasses plantées, limitant les eaux pluviales rejetées vers le réseau public.
Ces systèmes alternatifs de gestion des eaux de pluie contribuent à limiter la consommation d’eau. Les eaux récupérées en toitures ou au sein des jardins végétalisés sont utilisées pour l’arrosage et l’entretien de parties
communes. De même, sur certains espaces publics, les eaux de pluie collectées alimentent des aménagements
autonomes en eau (Jardin des Fonderies, bassin paysager du Tripode, parc des Chantiers).
Enfin, l’ensemble des espaces verts vivent au rythme des saisons : pas de système d’arrosage public, c’est l’eau
de pluie et le soleil qui dictent l’aspect de ces espaces, où le choix d’espèces peu consommatrices d’eau est essentiel.
Le quartier Prairie-au-Duc s’inscrit dans cette démarche portée sur l’île de Nantes. Ce thème est présenté au titre
d’Eco-quartier exemplaire. Il est donc développé dans cette partie (§ 4.2 Veiller à la bonne ressource en eau).
>> 3.3.7. Réduire la vulnérabilité au risque d’inondation
Le territoire de l’île de Nantes est réglementairement soumis au Plan des Surfaces Submersibles de 1958, qui
ne classe en zones inondables que l’extrême est de l’île, secteur naturel sauvegardé de toute urbanisation. Les
services de l’Etat ont cependant engagé la réalisation d’un Plan de Prévention des Risques Naturels d’Inondation
(PPRNI) qui remplacera le PSS de 1958. Cette réalisation s’appuie sur l’Atlas des zones inondables (AZI) publié en
janvier 2007, lequel classe plusieurs territoires de l’île de Nantes en zone d’aléas au regard du risque d’inondation.
A la côte moyenne de 6,5 m NGF, le quartier Prairie-au-Duc est ainsi considéré en zone d’aléa faible par rapport aux
Plus Hautes Eaux connues (PHEC), évaluées sur ce site à un niveau moyen de 6,9 m NGF.
Sur le parc, les aménagements permettent de limiter les incidences en cas d’événement exceptionnel.
• la rusticité des matériaux utilisés réduit les dégâts susceptibles d’être causés aux aménagements
• le développement des systèmes perméables (sables, surfaces plantés) réduit les risques de
saturations des réseaux.
Sur les îlots, les bâtiments devront répondre aux dispositions que retiendra le futur Plan de Protection aux Risques
Naturels en matière d’inondation, qui sera applicable lors des dépôts des premiers permis de construire.
Sur ce quartier de plus de 55 000 m² HON, la composition urbaine proposée limite l’effet barrière à l’écoulement
des eaux qu’aurait pu constituer un aménagement de type « macro-lot ». Sur ces cinq îlots, ce sont en effet 13
parcelles distinctes qui s’articulent autour des espaces publics créés. Un découpage qui favorise, en cas d’événement exceptionnel le libre écoulement des eaux entre les bâtiments. Au regard du type et du degré de risque, les
bâtiments construits devront intégrer une inondation potentielle, plutôt que de chercher une étanchéité absolue,
niant leur bonne intégration urbaine. La mise en œuvre de mesures spécifiques pourra ainsi être envisagée : mise
hors d’eau des systèmes techniques et électriques, sous-sol considéré comme potentiellement inondable...
Surtout dans un régime de crue prévisible à trois jours, des mécanismes d’alerte et d’information des futurs acquéreurs et utilisateurs devront être déployés. Un plan d’information et de gestion de crise pourrait être élaboré. Il
ne peut concerner ce seul quartier, mais bien l’ensemble des espaces de la ville, situés dans la même situation au
regard du risque. Nantes Métropole travaille aujourd’hui à son élaboration.
36
Éco-quartier de la Prairie au Duc
>>3.3.8. Trier les déchets
Le quartier Prairie-au-Duc, tout comme le reste de l’île, est intégré au système de collecte des déchets issus du tri
sélectif, « Tri’Sac », mis en place par Nantes Métropole depuis 2006. Ce système généralise la collecte sélective
en porte-à-porte.
Les habitants ont à leur disposition des sacs jaunes pour les déchets recyclables (emballage métal, papier, carton, bouteilles et flacons en plastique), et des sacs bleus pour les autres déchets. Déposés dans les conteneurs
habituels, collectés deux fois par semaine, les sacs sont ensuite automatiquement séparés par reconnaissance
optique au centre de traitement des déchets. Les sacs jaunes sont triés et recyclés. Les sacs bleus sont incinérés
et l’énergie produite est récupérée dans un réseau de chaleur, desservant une grande partie de l’est de Nantes
- notamment toute la moitié ouest de l’Ile de Nantes - et alimentant l’équivalent de 16 000 logements.
>>3.3.9. Renforcer la nature en ville
L’île de Nantes combine un tissu urbain à un environnement et un patrimoine naturel singulier, entre Loire estuarienne et Loire fluviale. Les aménagements réalisés révèlent ce patrimoine et renforcent cette trame d’espaces
naturels pour inscrire la ville dans ce grand paysage de la Loire.
RENFORCER LA TRAME VERTE
Sur l’ensemble des rues et des places réaménagées, le végétal prend toute sa place. Le renforcement ou la création d’alignement d’arbres, l’aménagement d’espaces plantés dessinent une trame verte sur tout le territoire de
l’île. La création de squares, parcs ou jardins au sein de tous les quartiers crée un rapport de proximité avec la
nature. La création de nouveaux jardins ou parcs s’inscrit dans la tradition des jardins de Nantes, (Jardin des Fonderies, site des Chantiers).
RÉVÉLER LES PAYSAGES DE L’ESTUAIRE
Le projet révèle et valorise les espaces naturels d’exception, que constituent les berges et rives de Loire.
Sur les 12 km de bord de Loire, les aménagements
offrent progressivement une nouvelle promenade
continue, au plus près de la Loire, dans le respect des
espaces naturels.
Les deux grands parcs (parc du CRAPA, 30 ha à l’Est,
parc des Chantiers à l’ouest) ponctuent ces itinéraires, ouvrant vers les grands paysages de la Loire et de
La terrasse des vents : jardins en palier sur la Loire
son estuaire.
LE PARC DES CHANTIERS : BIODIVERSITÉ ET FRICHE INDUSTRIELLE
A l’instar d’autres interventions sur l’île de Nantes, l’aménagement du site des chantiers fait de la biodiversité un
vecteur de qualité environnementale, de valorisation du cadre de vie et de lien social. Il s’agit de respecter l’environnement remarquable de la Loire, de préserver une végétation spontanée et de l’enrichir grâce à des essences
diverses acclimatées. Mais aussi de prendre en compte les traces de l’histoire industrielle du site, de les adapter
pour accueillir la végétation.
L’attention portée à la biodiversité est fortement intégrée à la gestion de l’eau et aux réflexions sur l’aménagement
des espaces publics et des bâtiments. Elle illustre l’idée que la nature fait déjà partie intégrante de la ville, qu’elle
peut s’immiscer et valoriser une ancienne friche industrielle, entre préservation et diversité d’usages. Le paysage
urbain ainsi créé sur le site des Chantiers illustre un mélange fertile entre végétal et minéral, dessinant un parc
ponctué d’éléments industriels, de jardins et d’éléments naturels.
Ces éléments sont présentés dans le dossier thématique « EcoQuartier exemplaire » (§ 4.3 Préserver la biodiversité).
Éco-quartier de la Prairie au Duc
37
>> 3.3.10. Rendre pérenne la démarche environnementale :
les éco-gestes
En continuité du dispositif de communication / concertation, mis en œuvre à l’occasion de la réalisation des ilots
Prairie-au-Duc, il paraît intéressant de mettre en place un dispositif d’information / pédagogie / incitation qui soit
capable de transmettre, au-delà du cercle restreint des partenaires initiaux (collectivités locales - aménageur concepteur - maître d’ouvrage), la logique d’une démarche urbaine plus respectueuse de l’environnement.
Utilisation optimale des dispositifs de chauffage / ventilation, et des consommations énergétiques en général,
incitations à la valorisation des déchets, minoration des recours à la voiture individuelle... : voici quelques thèmes
sur lesquels on peut imaginer bâtir une politique de suivi, associant les futurs habitants et usagers du quartier.
En matière d’énergie, il pourra être intéressant de mettre en place un dispositif de suivi des consommations collectives et privatives, par exemple. A partir d’un certain niveau d’amélioration des performances techniques, la
maîtrise des consommations repose sur les comportements individuels.
D’ici 2011 et l’arrivée des premiers habitants dans les bâtiments neufs, la SAMOA associera les différents acteurs
de ce quartier pour construire ce dispositif pour les futurs habitants et usagers du quartier.
38
Éco-quartier de la Prairie au Duc
IV. Eco Quartier exemplaire
Dans une démarche globale sur le territoire de l’île de Nantes, le projet urbain a pour dessein de fabriquer la ville
durable. Le quartier de la Prairie au Duc s’inscrit dans cette dynamique au travers de ses piliers fondateurs : la
gouvernance, le dialogue citoyen, le social, l’économique et l’environnement.
Trois axes d’exemplarité font l’objet d’une attention particulière afin d’atteindre les objectifs de développement
durable :
• façonner une ville dense, contemporaine et qualitative sur un territoire marqué par son histoire
industrielle
• veiller à la bonne gestion de la ressource en eau par une réflexion sur les besoins et les rejets générés
par le projet
• préserver la biodiversité en respectant le patrimoine naturel existant, en la renforçant de façon
équilibrée et en la mettant en valeur pour sensibiliser sur sa richesse
4.1. FAÇONNER UN QUARTIER DE VILLE DENSE
Le projet urbain de l’île de Nantes se développe sur un quartier de ville déjà constitué. Ajourd’hui, près de 16 000
habitants et 15 000 actifs sont déjà installés sur l’île. Ce territoire est ancré dans la cité et témoigne de son histoire :
• Le quartier faubourien autour de la première ligne de ponts qui a installé Nantes comme un carrefour
économique
• Le quartier industriel à l’ouest, siège de la construction navale, de l’industrie de transformation
alimentaire et du port
• Le quartier moderne à l’est qui s’est développé durant la deuxième moitié du 20ème siècle sur d’anciens pâturages.
Ces époques d’urbanisation ont laissé des traces sur lesquelles le projet actuel s’inscrit. Son objectif n’est pas de
les effacer pour imposer l’empreinte d’une nouvelle époque, mais de s’y adosser pour les révéler.
>> 4.1.1. La densité par la diversité
La démarche du projet de l’île de Nantes, dans laquelle s’intègre l’Ecoquartier de la Prairie au Duc, s’appuie sur les
formes existantes de la ville pour développer celles de demain. Le potentiel constructible permet de conforter le
centre-ville face à l’étalement urbain et de renforcer le rayonnement européen du cœur d’agglomération.
Dans cette opération urbaine, la densification est réfléchie globalement (cohérence au niveau du plan guide) et
mise en œuvre à l’échelle de l’îlot et de la parcelle. Dans ce cadre, la densité est introduite de façon variée en fonction des situations qui se présentent :
• Urbanisation des anciennes emprises industrielles, ferroviaires ou portuaires sur des terrains libérés
de leurs usages et de leur bâti (hangars et entrepôts du quai François Mitterrand, messageries
désaffectées des îlots Calberson, etc.)
• Urbanisation d’espaces libres de constructions (parkings de surface du boulevard Viviani, parcelles
viabilisées non construites dans la précédente ZAC)
Éco-quartier de la Prairie au Duc
39
• Densification de parcelles où la constructibilité était sous exploitée (reconfiguration d’un Foyer des
jeunes travailleurs autour de démolitions – constructions, extension contemporaine greffée sur un
immeuble de bureaux des années 1970 réhabilité dans l’opération Insula)
• Intervention dans des « dents creuses », dans un parcellaire fragmenté (opération Dorgère,
l’Echappée belle)
Pour chacune de ces opérations, la densité créée à la parcelle est de l’ordre de 2 à 3.
Dans le quartier de la Prairie au Duc, la densité recherchée fait écho à l’époque d’activité des chantiers navals pendant laquelle chaque mètre carré de terrain était construit ou occupé. Le projet d’Ecoquartier propose aujourd’hui
un vaste espace libre où des esplanades et des jardins répondent à des îlots densément construits.
La programmation de près de 55 000 m² de SHON sur le nouveau quartier équivaut à l’arrivée d’environ 800 nouveaux habitants et de 400 à 500 actifs. Un premier calcul de la densité annonce 95 logements par ha sur les
nouveaux îlots, soit160 habitants / ha, voire 267 habitants à l’hectare en s’attachant uniquement à la surface de
logements. Cette densité, circonscrite aux îlots neufs, est compensée par les larges espaces publics du parc et de
la Loire, qui ouvrent une large respiration vers le nord et l’ouest, vers le quai de la Fosse et l’estuaire.
La forme urbaine retenue tend également à atténuer la perception de cette densité :
• Le nouveau quartier est constitué de cinq îlots eux-mêmes découpés en treize parcelles. Il s’agit de
constituer un tissu urbain à l’échelle du centre-ville.
• Les espaces publics forment la charpente des îlots :
• Des axes structurants bordent l’ensemble (mail piétonnier majeur au nord et boulevard de la
Prairie au Duc au sud, voie primaire du schéma de voirie)
• Des voies de desserte nord-sud irriguent les différentes parcelles
• Un maillage complémentaire à destination des modes doux assure la perméabilité du site
• Les grandes hauteurs sont compensées par des volumes évidés au sein de la même parcelle, en s’appuyant sur un règlement d’urbanisme adapté. La totalité de la parcelle peut être construite, mais les
vides sont autant d’occasions d’aménager un jardin suspendu en pied d’immeuble.
• Les volumes sont différentiés par des variations importantes de hauteur correspondant à la diversité
des programmes.
• La variété des architectures est recherchée. Conformément à la démarche globale sur l’île de Nantes,
chaque opération sera confiée à un architecte en concertation entre le constructeur, l’aménageur et la
collectivité.
>> 4.1.2. Créer la ville du présent sur les traces du passé
Comme décrit précédemment (§2.3.4 Inscrire la transformation dans les traces du passé), l’intervention sur le
bâti existant s’appuie sur une approche pragmatique de la réutilisation du patrimoine. En fonction d’un état des
lieux sur l’expertise structurelle et l’intérêt patrimonial de chaque bâtiment, les nouveaux usages possibles sont
étudiés. C’est ainsi que plusieurs projets de réhabilitations se sont développés sur l’île.
L’Ecoquartier de la Prairie au Duc reflète cet état d’esprit de conservation et de nouveaux usages.
Plusieurs bâtiments et ouvrages ont été conservés tant pour leur valeur patrimoniale forte que pour leur adéquation à des usages contemporains :
40
Éco-quartier de la Prairie au Duc
• L’ancien bâtiment administratif des chantiers navals, transformé dans les années 90 pour accueillir
l’université et des associations dont l’activité est en lien avec le site
• La grue jaune réhabilitée en 2007, symbole marquant du paysage
• Les anciennes cales de lancement en cours de réhabilitation en locaux associatifs (bureaux, ateliers,
locaux d’accueil du public, accueil d’expositions ouvertes au public) ou aménagées en jardins publics
• Les nefs de la Loire réhabilitées en espace couvert permettant l’accueil d’activités culturelles et
touristiques de façon pérenne ou événementielle
Les Nefs : un mélange de patrimoine et d’architecture moderne
Des usages contemporains autour du tourisme et des arts de rue (atelier et galerie des Machines de l’île) ou de la
musique (la Fabrique) prennent place sous les nefs. Les architectures contemporaines se démarquent de la structure industrielle en affichant leur différence, mais s’imbriquent dans un espace structurant. De même, le bâtiment
B de la Fabrique composé de locaux d’enregistrement et de formation musicale, est constitué d’un bâtiment neuf
en surélévation d’un ancien blockhaus.
Le site des Chantiers, entre patrimoine réhabilité et opérations neuves
Éco-quartier de la Prairie au Duc
41
Les nouveaux îlots afficheront également leur modernité par la composition urbaine proposée qui permet leur
intégration au site.
La variation des hauteurs est un premier facteur d’insertion urbaine :
• Des faibles hauteurs (R+1) à l’est et à l’ouest en vis-à-vis des nefs et des hangars portuaires
• Des grandes hauteurs (R+8 à R+17) le long du boulevard de la Prairie au Duc, afin de conforter cet axe
structurant qui traverse l’île d’est en ouest sur près de 5km et de dégager des vues sur la Loire
• Des hauteurs plus classiques (R+1 à R+9) le long du mail piétonnier qui relie le quartier de la création
à la pointe ouest de l’île, laissent une vue dégagée sur la grue Titan jaune qui culmine à 43 m de haut.
• Les émergences sont posées sur des socles qui permettent de tenir un alignement sur rue et de
donner une échelle humaine à la rue.
De plus, l’organisation en plan permet de décaler les différents immeubles pour ouvrir des vues et optimiser l’ensoleillement de l’ensemble des façades.
>> 4.1.3. Une attention particulière à la qualité architecturale
Conformément à la démarche exposée
précédemment, la SAMOA et l’Atelier de l’Ile
de Nantes définissent les objectifs recherchés en termes de programme et d’inscription urbaine et architecturale dans le
projet de l’île. Des opérateurs immobiliers
sont donc choisis pour leur réponse à un
programme, puis dans un second temps,
les architectes des opérations en concertation entre les acteurs concernés.
Dès lors, sans imposer une forme architecturale particulière, la SAMOA et l’Atelier
de l’Ile de Nantes discutent, au cas par cas,
les projets avec leurs concepteurs et leurs
maîtres d’ouvrage. L’étude de faisabilité, qui Des surfaces extérieures pour tous les logements, DY 25 ADI / H. Beaudoin
sert de base à la consultation des promoteurs, est la garante d’une bonne inscription dans le projet de l’île. Les concepteurs des bâtiments gardent une
liberté d’expression dans la traduction de cette faisabilité, bénéfique à la pluralité de la ville.
Par ailleurs, lors des discussions de mise en place du projet, une attention particulière est apportée aux points
suivants :
• Exposition des logements par rapport à l’ensoleillement
• Optimisation des vues sur la Loire et sur les espaces verts environnants
• Développement systématique d’espaces extérieurs privatifs ou communs (balcons, terrasses, jardins
suspendus, etc.)
• Limitation du stationnement et intégration dans les volumes bâtis
• Prise en compte de la qualité environnementale des bâtiments, notamment de leurs performances
énergétiques
• Qualité du rapport des occupations des rez-de-chaussée avec l’espace public
42
Éco-quartier de la Prairie au Duc
4.2. GÉRER LA RESSOURCE EN EAU DE MANIÈRE ÉCONOME
La prise en compte des ressources naturelles existantes s’inscrit dans la démarche environnementale de l’île.
Ainsi, la situation insulaire du territoire incite à une réflexion accrue sur le respect de ce corridor biologique et
sur la gestion de la ressource en eau. Le quartier Prairie-au-Duc est l’occasion de mettre en place un système
« exemplaire » de gestion de l’eau. Il s’agit de limiter les coûts et les dispositifs de traitement des eaux pluviales,
d’améliorer la qualité de la ressource et d’en limiter la consommation.
>> 4.2.1. Gérer les eaux pluviales localement
La gestion des eaux pluviales sur les aménagements de l’île de Nantes repose sur deux principes fondateurs :
• Le développement de surfaces perméables et de bassins de rétention dans les espaces publics et privés afin d’améliorer l’absorption in situ des eaux de pluie et la temporisation des écoulements. Cette
attention se traduit dans l’aménagement des espaces publics par la pose de pavés sur joints secs sur
les trottoirs, la création de fosses de plantations permettant la collecte des eaux de ruissellement ou
encore l’aménagement de jardins dans lesquels la récupération des eaux de pluie est un pilier du projet
(bassins du Tripode permettant de collecter près de 5 000 m3 d’eau des espaces publics et des opérations immobilières voisines, jardin des Fonderies se développant sous une halle réhabilitée où les eaux
de toitures sont récupérées pour l’arrosage des végétaux, site des Chantiers.)
• La mise en séparatif des réseaux d’assainissement avec une limitation des rejets dans le réseau public, conformément au règlement d’assainissement de Nantes Métropole. Ces travaux sont planifiés à
l’occasion des aménagements d’espaces publics (exemples des quartiers Alstom – Pelloutier, des Fonderies, du boulevard de la Prairie au Duc, etc.)
Les principes d’intervention sur l’île de Nantes ont fait l’objet d’une procédure de déclaration au titre de la loi sur
l’eau, présentée globalement sur le territoire. Pour chaque secteur d’aménagement un dossier d’autorisation est
décliné avant le démarrage des travaux.
Pour ce qui concerne l’écoquartier de la Prairie au Duc, la caractéristique principale de cette ancienne emprise
industrielle réside dans l’hétérogénéité des sols et des bâtiments à traiter :
• Présence de bâtiments existants raccordés à un réseau unitaire se jetant directement en Loire.
• Intervention sur des bâtiments neufs ou réhabilités.
• Présence et création de vastes esplanades imperméables (revêtements en béton ou en enrobés).
• Aménagement de surfaces poreuses de jardins.
Afin d’apporter une réponse cohérente à la gestion des eaux sur le site, plusieurs systèmes sont mis en place sur
les bâtiments du quartier :
• Les bâtiments existants ont conservé leur raccordement au réseau unitaire, devenu réseau de collecte des eaux pluviales. La création d’un réseau d’eaux usées a permis une collecte séparative des
effluents.
• Le bâtiment des Nefs, réhabilité dans le cadre du projet de l’île de Nantes, a un système de collecte des
eaux de toiture ayant pour fonction de répartir les eaux dans les fosses plantées autour du bâtiment.
• Les bâtiments neufs créés sur le site sont pourvus de toitures végétalisées et/ou de bassins de stockage. Leur débit de fuite de rejet dans le réseau collectif est limité. Ils sont par ailleurs raccordés au
nouveau réseau de collecte des eaux usées.
Le projet d’espaces publics s’appuie sur une gestion globale des eaux de pluie visant à réduire au maximum le
rejet dans le réseau collectif.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
43
Afin d’évaluer la capacité d’infiltration de chaque type de revêtement du quartier et de calculer le volume d’eau
à stocker, la surface du quartier a été découpée en 26 sous-bassins que l’on peut associer à une entité particulière du projet. Ainsi, pour chaque sous-bassin, le volume d’eau à stocker a été calculé à partir de la hauteur d’eau
tombée lors d’un événement pluvieux décennal et de la perméabilité de chaque type de surface. Il en résulte pour
l’ensemble du projet (excepté les bassins des cales de lancement, où le ruissellement se fait directement en Loire)
un volume d’eau pluviale à capter de près de 3 300 m3. Globalement, le dispositif d’assainissement des eaux pluviales permet de stocker 3 900 m3 répartis dans :
• 1 400 m de tranchées drainantes,
• 23 500 m² de zones de captage de type sable,
zone végétalisée, surface engazonnée
• 8 300 m² de zone de captage de type ballast
Lors d’un événement pluvieux, les eaux de ruissellement
sont captées directement ou dirigées par de faibles
pentes vers des fosses (tranchées drainantes) ou des
bassins de retenue enterrés possédant des surfaces de
captage favorisant l’absorption d’eau (sable, surfaces
plantées).
Une tranchée drainante accolée à une fosse de plantation
Les tranchées drainantes sont reliées entre elles par un collecteur afin d’assurer une meilleure répartition des
eaux et un équilibrage des niveaux lors de la mise en charge de celles-ci. L’infiltration se fait alors directement
dans le sol.
Dans le cas d’une pluie supérieure à un événement décennal, un dispositif de surverses d’un bassin à un autre est
mis en place. Dans le cas d’une mise en charge des bassins, une partie des eaux stagne dans les points bas ou se
dirige directement vers la Loire et une partie est orientée vers le collecteur des eaux pluviales du boulevard de la
Prairie au Duc.
Suivant les aménagements, certains sous bassins disposent de tranchées drainantes intégrées sous les jardins
et les surfaces plantées permettant de capter le volume d’eau généré par le sous bassin en question ou un volume
supérieur (Jardin des Voyages, Jardin des Berges...). Ceci permet d’absorber les surverses générées par les sous
bassins très minéralisés ne disposant pas assez de capacité de stockage comme les esplanades.
Le fond des tranchées drainantes se situe à environ 1,50 m de profondeur et se compose des éléments suivant :
• une couche imperméable constituée par de l’argile, dans le cas où une pollution du sol nécessiterait
un confinement en place,
• une structure réservoir perméable à base de matériaux concassés 20/40 ou 40/60,
• un drain en fond de tranchée permettant la mise en réseau des tranchées,
• un géotextile pour éviter le colmatage des matériaux drainants par de la terre,
• un mélange terre végétale et sable pour les besoins des plantations.
Certains sous bassins sont assainis par un jardin de ballast : il s’agit d’un jardin tout en longueur accueillant une
végétation de milieu sec et chaud sur un support de ballast. La capacité d’infiltration de cet espace a été confirmée par un diagnostic préalable sur la nature des sols en place.
Concernant l’aménagement du boulevard de la Prairie au Duc, les dispositifs de captage par avaloirs raccordés sur
le collecteur existant sont maintenus.
Lorsque les éléments de programme, de projet, ou la conservation de sols existants n’imposent pas de revêtement
imperméable, la perméabilité est recherchée en permanence. Cela se traduit par l’utilisation d’éléments posés
44
Éco-quartier de la Prairie au Duc
sur sable (dalles pour les espaces piétonniers, pavés en béton sur les
trottoirs) ou de pavés à joints végétalisés pour la traversée des fosses
de plantations. Dans le même esprit, le sable de la plage a été disposé
sur un béton drainant.
Enfin, les cales de lancement en pente vers la Loire permettent soit une
évacuation directe des eaux par ruissellement, soit un stockage dans
des bassins végétalisés.
Pavés à joints végétalisés sur le site des chantiers
>> 4.2.2. Réduire la consommation d’eau potable
Le quartier de la Prairie au Duc est parcouru par un réseau d’eau
potable permettant la desserte des bâtiments et des équipements du parc (cales, bornes forains pour les manifestations,
points d’eau sur la plage et le jardin d’enfants, bornes sur le
ponton pour l’accueil de bateaux, etc.). Ces éléments sont utilisés au cas par cas, notamment en période estivale et dans le
cadre des manifestations temporaires.
La principale source d’économie d’eau réside dans le choix
d’aménager ce parc urbain sans aucun réseau d’arrosage
public.
Des couvre sol au pied des arbres
Le système de récupération des eaux de pluie présenté précédemment constitue une réserve importante pour
l’alimentation des végétaux.
Les fosses de plantations sont en contact direct avec les tranchées drainantes, qui leur fournissent un apport
régulé en eau en fonction de leur niveau de remplissage.
De plus, les végétaux sont conditionnés de façon à économiser la ressource en eau : les fosses de plantation sont
Une prairie rustique en bord de Loire
Éco-quartier de la Prairie au Duc
45
recouvertes d’un paillage minéral et d’une strate végétale de couvresols afin de conserver un taux d’humidité satisfaisant dans la terre et
de réguler la température du sol.
Le choix des essences participe également de cette recherche d’économie de la ressource en eau.
Le projet de plantation a été débattu avec le service des espaces verts
de la Ville de Nantes afin d’optimiser les conditions de gestion.
Les espèces choisies ont un niveau de rusticité cohérent avec le miLe jardin de ballast : une végétation de milieu sec
lieu et nécessitent un entretien limité :
• arbres à port libre,
• arbustes et plantes à entretien annuel
• prairies rustiques
Dans le parc, le projet de plantation affiche l’intention de révéler la richesse de l’histoire botanique et horticole de Nantes.
Les variétés locales ont été privilégiées et les essences tropicales
choisies sont déjà acclimatées au milieu local. Elles se suffisent donc
d’un apport naturel en eau.
Ainsi, plusieurs types de végétaux sont plantés :
• végétation de milieu sec, dans un sol de ballast. Ces végé- Végétation de rocaille
taux supportent un apport faible en eau (sedum, bouillon
blanc, valériane, achillée, fenouil, thym serpolet, fétuques, etc.)
• végétation de rocaille dans les enrochements, typique des
milieux littoraux, adaptés à la pluviométrie locale et au milieu estuarien (armérie maritime, elyme des sables, matricaire maritime, giroflée des dunes, etc.)
• végétation de risberme et de milieu humide dans les zones
baignées par les remontées de la Loire (grande bardane, armoise commune, prêle des marais, jonc épars, iris japonais,
iris de Sibérie, etc.)
• végétation tropicale issue des échanges commerciaux du
port de Nantes et acclimatée depuis plusieurs siècles au
milieu local (magnolias, palmiers, paulownia, etc.)
Plantes Helophyte : végétation de milieu humide
La Loire constitue un réservoir naturel d’eau saumâtre également utilisé. Ses résurgences ou son libre mouvement dans d’anciennes cales
de lancement permettent le développement – spontané ou accompagné – de végétaux de milieux humides (saules, angéliques, plantes
hélophytes, etc.). Ce principe est utilisé dans le Jardin de l’estuaire, le
jardin de la cale 1 et le bas de cale du Jardin des Voyages.
La problématique de la ressource en eau se traduira également dans
les bâtiments neufs qui seront construits le long du boulevard de la
Prairie au Duc. Dans le cadre de la consultation des promoteurs et comme cela a déjà été réalisé sur l’île, la SAMOA encourage les candidats à
réutiliser les eaux de toiture pour l’arrosage (exemples d’Ile Extenso et
Habiter les Quais), l’entretien des parties communes comme dans la
pépinière des biotechnologies, mais aussi à l’intérieur des bâtiments,
comme l’autorise l’arrêté du 21.08.2008.
46
Végétation tropicale
Éco-quartier de la Prairie au Duc
4.3. PRÉSERVER LA BIODIVERSITÉ
L’idée de ville durable induit l’image d’une nature respectée et valorisée au sein des espaces urbains. L’histoire de
la nature en ville n’est pas nouvelle. Mais la réflexion sur ses formes et sa place au sein de la cité est renouvelée,
pour les atouts qu’elle présente. Les jardins s’immiscent un peu partout dans la ville et se présentent comme des
moyens de raccorder le tissu urbain. L’heure est aux innovations, à la recherche d’une définition de nature urbaine.
Quelle que soit la forme qu’on lui donne, elle apparaît fondamentale pour l’inscription de la ville dans son écosystème proche et lointain, et indispensable pour garantir une qualité du cadre de vie, des inégalités écologiques
diminuées, une cohésion sociale renouvelée.
Le site des anciens chantiers navals offre une occasion d’imaginer cette présence de la nature dans la ville. Dans
cette zone industrialo-portuaire, le végétal était exclu, laissant la place aux ouvrages de construction navale et
au stockage des pièces d’acier. Après la fermeture des chantiers, la végétation a fait son apparition dans cette
nouvelle friche à conquérir. Des arbres ont poussé entre les dalles de béton, dans les cales, les angéliques se sont
développées au pied des ouvrages de lancement de bateaux.
L’Ecoquartier vient prendre place, dans un parc où le minéral joue avec le végétal, où les arbres viennent ponctuer
les surfaces de béton. Les traces industrielles, les ouvrages portuaires ou le sol travaillé poussent à imaginer leur
utilisation et leur adaptation pour assurer le respect des ressources naturelles présentes.
Nouvelle manière de vivre dans un espace fertile, le pari tient à la réelle préservation des ressources, à la cohérence et à la diversité du mélange.
>> 4.3.1. Respecter
L’île de Nantes est un territoire baigné et façonné par la Loire :
• La Loire fluviale témoin des paysages de l’amont, des prairies et coteaux boisés de l’Anjou et du
Val de Loire
• La Loire estuarienne et portuaire, soumise aux effets de la marée, ouverte sur l’océan
Sa localisation en fond d’estuaire, corridor biologique majeur, en fait un lieu de passage pour les oiseaux migrateurs
ou les anguilles, et un site spécifique pour le développement d’espèces naturelles, à l’instar de l’Angélique des
estuaires, espèce floristique protégée, dont 27% de la population ligérienne se situe sur l’île de Nantes.
Cet espace naturel a connu des transformations qui l’ont fortement chahuté : comblement de bras et de boires,
artificialisation des berges, rejets d’effluents industriels dans le fleuve, etc.
L’aménagement de l’écoquartier de la Prairie au Duc s’inscrit dans un état des lieux qui est le fruit de ces événements. Il vise donc à maîtriser ses impacts et à respecter le milieu naturel :
• Respect des berges sur l’ensemble de l’île, par le développement de zones perméables, le maintien
des végétaux de confortement des talus
• Respect de l’écoulement avec la réhabilitation des quais et des ouvrages portuaires aujourd’hui
intégrés dans le lit du fleuve. La forme du nouveau ponton (long et étroit, arrondi sur ses côtés amont
et aval) limite l’impact sur l’écoulement.
• Respect de la qualité des eaux par la limitation des rejets directs en Loire. Un réseau de récupération,
de temporisation et d’infiltration des eaux de pluie est créé. Un réseau d’assainissement séparatif
est créé (cf. §4.2.1).
• Respect de la qualité des eaux par la mise en place d’une gestion sans engrais artificiel ni produit
phytosanitaire. Les végétaux choisis ont un entretien limité et le désherbage est maîtrisé. Les fosses
sont recouvertes d’un paillage minéral qui, par son épaisseur (environ 10 cm) empêche le développement des plantes adventices. De plus, le tapis de couvre-sols (lierre, acanthe.) crée une strate basse
au pied des arbres qui vient protéger du développement d’espèces envahissantes. Seuls un entretien
manuel des espaces et un désherbage thermique sont utilisés par les services gestionnaires.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
47
En cohérence avec la préservation de ce patrimoine naturel, à sa richesse et sa fragilité, le projet de l’île de Nantes
s’inscrit dans une démarche de respect de l’existant (cf. §2.3.4). Cet objectif s’appuie sur un état des lieux initial
qui a répertorié tous les éléments caractéristiques du territoire : architecture, revêtements de sols, ouvrages particuliers, végétaux remarquables, trames urbaines, etc. La ville se développe alors sans oublier les traces de son
passé, sans effacer son patrimoine. Les aménagements accompagnent la conservation de bâtiments, de murs,
d’ouvrages existants, respectent des arbres déjà sur les lieux.
L’écoquartier de la Prairie au Duc assume cette démarche de respect de la diversité écologique du site.
Des éléments marquants du paysage et du milieu naturel local sont conservés dans le projet :
• L’alignement de platanes centenaires
sur le boulevard de la Prairie au Duc crée
un effet de voûte cathédrale structurant
à l’échelle de l’île de Nantes. L’aménagement des espaces publics réintègre ces
arbres dans la voirie. Le sol est aménagé
au pied de chacun (paillage minéral +
plantation de couvre-sols) laissant une
surface de développement confortable.
Les cheminements piétons et le stationnement respectent l’encombrement de
ces sujets. De même, l’implantation des
îlots construits, en recul par rapport à
la limite de parcelle actuelle, laissera un
dégagement suffisant pour le développement et la protection des platanes en L’alignement de platanes du Boulevard de la Prairie-au-Duc
phase travaux et après construction des
immeubles.
• Le Jardin de l’estuaire est un jardin qui se développe dans une
ancienne cale de lancement. Cet espace est ouvert sur la Loire et
constitue un plan incliné baigné par le fleuve. Le projet de jardin
s’appuie sur la végétation qui s’y est spontanément développée
(buddleia, peupliers, saules, frênes, angéliques des estuaires, etc.)
L’aspect du jardin varie selon le rythme des marées et des crues et
révèle une végétation graduée en fonction de son niveau d’inondation par le fleuve : d’une végétation de milieu sec, on descend
vers des plantations de milieu humide pour finir par des plantes de
milieu vaseux. La promenade piétonne emprunte l’ancienne ligne
de tins, retrouvée lors des phases de terrassements, puis un platelage métallique posé sur pilotis et respectueux des plantations
au sol. Cet espace peut être recouvert par la Loire en fonction des Le Jardin de l’estuaire : une végétation
spontanée de bord de Loire
coefficients de marée.
• Plusieurs arbres isolés ont poussé sur le site, dans une
brèche entre deux dalles de béton, au creux d’un mur, ou
au pied d’un bâtiment. Ces sujets ont été répertoriés et
intégrés dans le cadre du projet quand leur état est satisfaisant. C’est ainsi que quelques arbres semblent sortir
des esplanades de béton, qu’un ailanthe ouvre la rue au
sud des nefs ou encore que plusieurs boulots ou buddleias
d’une taille importante agrémentent le jardin de ballast ou
la terrasse des vents.
Un arbre conservé pendant les travaux
48
Éco-quartier de la Prairie au Duc
En cohérence avec cette démarche, la phase de travaux est gérée de façon à limiter leur impact sur le développement des végétaux existants.
A cet effet, un recensement des éléments à conserver est réalisé en début de chantier. Des protections adéquates
sont mises en place : délimitation d’un périmètre autour des arbres (plaquage de planches), de façon à éviter les
chocs et les arrachements de racines, confortement et traitement immédiat des éventuelles dégradations sur les
sujets, attention au respect des systèmes racinaires lors des terrassements...
L’ intervention autour de l’habitat des Angéliques des estuaires fait l’objet d’une attention toute particulière. Sur le
quartier du Tripode voisin, les travaux sur berge ont été planifiés pendant la période de repos végétatif de façon à
limiter l’impact sur les plants. De plus, une natte est spécifiquement posée sur site afin de permettre l’accès d’engins de chantier sans dégrader l’habitat de l’angélique. Une charte de respect de l’angélique est signée entre tous
les acteurs, maître d’ouvrage, maîtres d’œuvre et entreprises. Dans le quartier de la Prairie au Duc, seuls quelques
pieds d’angélique sont recensés dans le jardin de l’estuaire. Ils sont signalés au démarrage des travaux et les entreprises sont sensibilisées à leur respect. L’aménagement ne remet pas en cause leur habitat du fait d’avoir une
structure rapportée sur un élément maçonné existant.
>> 4.3.2. Renforcer et équilibrer
Le projet urbain vise également à renforcer la présence de la nature dans la ville, à la révéler dans chaque interstice de la ville et offrir de nouveaux terrains au développement des végétaux. Des jardins sont aménagés sur
des friches conquises par une végétation spontanée (exemple du square de l’île Mabon), l’herbe pousse entre les
pavés des quais et des trottoirs et participe à leur structure. De façon plus classique, les rues sont agrémentées
d’alignements d’arbres, des espaces verts sont créés dans un maillage dense (un parc ou un square à moins de
500m de chez soi), les berges vers la Loire sont adoucies, laissant place à des prairies et des espaces naturels.
Ce travail sur la présence de la nature dans la ville, par la plantation de nombreuses espèces végétales, crée des
conditions d’enrichissement de la biodiversité.
Dans le quartier de la Prairie au Duc, la sauvegarde de la voûte arborée du
boulevard illustre l’intérêt de la biodiversité dans le projet. Les quelques 130
platanes centenaires subissent à des degrés divers un vieillissement accéléré et sont fragilisés par des maladies qui se répandent de sujet en sujet.
Le choix de renforcer l’alignement par des essences diversifiées se fait en
cohérence avec l’état phyto sanitaire des arbres existants. Les platanes dangereux sont abattus et remplacés par d’autres essences (frênes, tulipiers,
séquoïas). La diversification de l’alignement limite le risque de propagation
des maladies contagieuses d’arbre en arbre et enrichit la biodiversité et le
paysage, tout en conservant l’effet de voûte recherché.
Couvre sol, haies, arbres : le respect des
strates de végétation
La création de surfaces végétales participe également du renforcement de la
biodiversité sur l’île de Nantes et le quartier de la Prairie au Duc. Dans le parc
des Chantiers, ce sont près de 2000 arbres, des arbustes, des plantes et des
vivaces qui ont été plantés en plus des sujets déjà présents. Ils représentent
une centaine de variétés et d’essences différentes. Des espaces de jardins
secs, exotiques, humides, vaseux ont été créés, des haies ont été plantées
offrant à la flore des espaces différenciés pour se développer, à la faune locale des terrains divers pour évoluer.
Les complémentarités sont recherchées en recréant les différentes strates de développement des végétaux (arbres de haute tige, arbustes, haies, couvre-sols, vivaces, etc.)
Les surfaces de végétaux seront également renforcées par les toitures végétalisées des immeubles neufs (de la
même façon que le jardin sur le toit de l’école) voire par des façades végétales qui pourront y être développées.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
49
Ces créations se font dans un équilibre général. Lors de la définition du projet de plantation, plusieurs échanges
avec le service des espaces verts et M. Figureau (ancien directeur du Jardin des Plantes de Nantes) ont permis de
choisir les variétés les plus adaptées au climat local, ou de préférer les essences les moins allergènes dans cet
espace très venté de l’agglomération.
>> 4.3.3. Découvrir
Sur l’île de Nantes, la biodiversité est mise en scène. La présence de la nature dans la ville y est accompagnée
d’éléments d’explication et de découverte de ce patrimoine botanique et horticole de Nantes. A cet effet, les espaces publics sont équipés de plaques implantées au pied des plantations. Elles décrivent l’espèce implantée, sa
variété, son origine et sa date de plantation.
Par ailleurs, un travail de présentation a été spécifiquement développé sur le square de l’île Mabon. Cet espace a
été aménagé sur une friche industrielle où la végétation s’était spontanément développée. Les aménagements
ont permis la création d’une promenade sur un plancher métallique rapporté, posé sur le sol existant et laissant
aux végétaux leur liberté de développement. Plusieurs plaques ont été implantées, qui explicitent l’ensemble des
espaces végétales répertoriées dans le square et majoritairement observées.
Dans un autre quartier de l’île de Nantes, le jardin des Fonderies – implanté dans une ancienne usine où ont été
fondues les hélices du Foch et du France – regroupe près de 200 végétaux exotiques importés à Nantes au gré
des échanges portuaires. Une plaque au sol vient présenter ces différentes espèces et leur provenance des cinq
continents.
Dans l’écoquartier de la Prairie au Duc, les jardins servent également de support à la découverte de la nature.
Les plaques botaniques en pieds de plantations sont systématisées. De plus, le jardin de l’estuaire est dédié à la
faune et la flore des bords de Loire. Dans une ancienne cale de lancement de bateaux, la Loire y entre librement et
l’inonde au rythme des marées. La végétation spontanée qui s’y est développée est confortée, des graminés sont
plantés en partie supérieure.
Le thème de cet espace est la découverte de la Loire et du milieu estuarien. Dans les aménagements, sont prévues des plaques sur lesquelles les végétaux repérés sur site seront référencés et décrits.
Un mobilier spécifique vient également montrer les niveaux que la
Loire peut atteindre au gré des marées et des crues.
Une plaque botanique sur le site des chantiers
50
La biodiversité sera également au programme pédagogique des enfants de l’école du quartier. La réponse au concours d’architecture a
mis en avant la demande de création de jardins éducatifs : un potager pédagogique sera créé dans l’enceinte scolaire, la toiture végétalisée et les espaces verts pourront également servir de support à
la sensibilisation des enfants aux cycles écologiques.
Éco-quartier de la Prairie au Duc
Annexes
- PLAN GUIDE DE L’ÎLE DE NANTES
- EXTRAIT DU DOSSIER DE CONSULTATION DE PROMOTEURS DES ÎLOTS
PRAIRIE-AU-DUC, MARS 2009
- Tableau de synthèse de la programmation des îlots Prairie-au-Duc
- Faisabilité : Plan de situation
- Faisabilité : Plan d’ensemble du projet
- Faisabilité : Axonométrie d’ensemble
Éco-quartier de la Prairie au Duc
51
1 400
500
400
D1
D2
D3
X
X
X
3 100
30 040
7 000
13 240
55 330
3 100
7 000
6 400
600
3 200
3 200
3 700
1 800
2 720
2 700
2 950
Hôtel
Locatif intermédiaire foncière
Logement+investisseur institutionnel
Bureaux Activités maritimes
Bailleur social
Promoteur / utilisateur
Promoteur / utilisateur
Promoteur / utilisateur
Promoteur
Accession sociale ESH
Promoteur / utilisateur
Promoteur / utilisateur
Bailleur social / Nantes Habitat
Promoteur, VEFA à la Ville de Nantes
pour l’équipement multi accueil
Ville de Nantes
MAÎTRISE D’OUVRAGE
PHASE 1 consultation début 2009, commercialisation à partir de 2010
PHASE 2 consultation mi 2010, commercialisation à partir de 2012
PHASE 3 à suivre après la phase 1 en fonction de la commercialisation de A3 et D3 ou après la phase 2, en fonction de la commercialisation de B1 et B4
TOTAL
C2
C1.2
X
X
C1.1
X
5 050
2 220
800
B4
X
900
3 400
2 600
600
6 800
B3
X
2 800
7 400
650
2 050
B2
X
1 66O
900
450
3 710
B1
2 320
X
X
1 090
A2.2
X
300
A2.1
X
A3
A1
2 360
TOTAL
560
SHON
BUREAU
1 800
SHON
ACTIVITÉ/
COMMERCE
6 790
SHON
LOGEMENT
6 240
SHON
ÉQUIPEMENT
550
ILOT
4 500
PHASE 3
4 500
PHASE 2
X
PHASE 1
Le programme de l’îlot A, objet de la présente consultation, figure en caractère gras.
Le programme des autres îlots est indicatif et susceptible d’évolution
PRAIRIE AU DUC
PHASAGE PROPOSÉ
continuité des
hangars du quai
des Antilles
30 rue d'Arcueil - 94 250 GENTILLY
[email protected]
T 01 46 15 86 30 - F 01 46 63 21 19
6, place François II - 44 200 Nantes
[email protected]
T 02 40 08 90 80 - F 02 40 08 20 89
Ilots de la Prairie au Duc
COHERENCE DES CONSTRUCTIONS
Titre
Bassin
Parc des chantiers
2 ter Quai François Mitterrand - 44 263 Nantes cedex 2
T / 02 51 89 72 50 - F / 02 51 89 72 51 - samoa-nantes.fr
Plan de situation
Légende
La Loire
Maître d’ouvrage
Les Nefs
Lé
> ATELIER DE L’ILE DE NANTES - Alexandre Chemetoff
Projet
Bo
ard
Remarques
ure
Maîtrise d’oeuvre
ILE DE NANTES
NANTES
v
ule
B
on
Secteur
au
Echelle
S04
1/4000
Code projet
N
NTS02
Indice
G
M.I.N.
1/15
Page/ numéro
10 octobre 2008
Date
Hangar ouest
30 rue d'Arcueil - 94 250 GENTILLY
[email protected]
T 01 46 15 86 30 - F 01 46 63 21 19
6, place François II - 44 200 Nantes
[email protected]
T 02 40 08 90 80 - F 02 40 08 20 89
> ATELIER DE L’ILE DE NANTES - Alexandre Chemetoff
Ilot D
D2
C2
B4
B2
B1
Boulevard
Ilot B
B3
Plan d’ensemble du projet
Légende
Ilot C
C1
Les Cales
A2
A3
A1
Ilot A
Ilots de la Prairie au Duc
Bassin
COHERENCE DES CONSTRUCTIONS
Titre
e au Duc
de la Prairi
Fin des travaux en décembre 2008
Parc des chantiers
2 ter Quai François Mitterrand - 44 263 Nantes cedex 2
T / 02 51 89 72 50 - F / 02 51 89 72 51 - samoa-nantes.fr
Secteur
Remarques
Les Nefs
La Machine
S04
Echelle
Code projet
1/2000
La Fabrique
u
Maîtrise d’oeuvre
D3
D1
Maître d’ouvrage
o
rea
retrait supplémentaire de
3.5 m par rapport à l’axe
des alignements des
platanes existants
Projet
Lé
La Loire
ILE DE NANTES
NANTES
ule
Bo
rd
va
u
nB
N
NTS02
Indice
G
2/15
Page/ numéro
10 octobre 2008
Date
Maîtrise d’oeuvre
Les Nefs
Projet
Parc des chantiers
A1
Maître d’ouvrage
30 rue d'Arcueil - 94 250 GENTILLY
[email protected]
T 01 46 15 86 30 - F 01 46 63 21 19
A2
B1
Ilot B
Les cales
B2
B4
2 ter Quai François Mitterrand - 44 263 Nantes cedex 2
T / 02 51 89 72 50 - F / 02 51 89 72 51 - samoa-nantes.fr
Axonométrie d’ensemble
Légende
A3
Ilot A
6, place François II - 44 200 Nantes
[email protected]
T 02 40 08 90 80 - F 02 40 08 20 89
> ATELIER DE L’ILE DE NANTES - Alexandre Chemetoff
ILE DE NANTES
NANTES
B3
C1
Ilot C
C2
Ilots de la Prairie au Duc
COHERENCE DES CONSTRUCTIONS
Titre
D1
D3
Remarques
La Loire
Ilot D
D2
S04
Echelle
Hangar ouest
Bassin
Secteur
1/1500
Code projet
NTS02
Indice
G
15/15
Page/ numéro
10 octobre 2008
Date
Crédits photographiques
André Bocquel / SAMOA
Jean-Dominique Billaud / SAMOA
Vincent Jacques / SAMOA
Olivier Tardy / SAMOA
Plan Guide et faisabilités
Atelier de l’île de Nantes
Image de synthèse site des chantiers
A5 / SAMOA
!
2 Ter Quai François Mitterrand BP 36311,
44263 NANTES cedex 2
TÉL. : 02.51.89.72.50 / FAX. : 02.51.89.72.51
E-MAIL. : [email protected]
www.iledenantes.com
www.samoa-nantes.fr