L`Autriche et la Hongrie
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L`Autriche et la Hongrie
La Hongrie produit de 3,75 à 5 Mhl de vin sur une surface estimée à 93 000 ha, soit une taille comparable à celle de la région Provence-Alpes Côte d’Azur, en France. HONGRIE Réorientation vers la qualité D urant toute la période communiste, la Hongrie a beaucoup exporté de vins, en vrac, de qualité médiocre la plupart du temps. Aujourd’hui, le pays se réoriente vers la qualité et peut proposer des crus en rapport avec le prestige ancien de ce vignoble. Des entreprises privées ont vu le jour, grâce à des investisseurs d’Europe de l’Ouest, notamment dans la région de Tokay. Une cinquantaine de familles a également su conserver la tradition de vins fins. Toutefois, peu de viticulteurs possèdent la maîtrise totale du produit. Depuis la privatisation, la production de raisin est assurée par environ 140 000 exploitations individuelles, disposant de moins de 1 ha en moyenne. Ces petits viticulteurs vendent leurs raisins à de grandes sociétés de vinification, par contrats pluriannuels. La production viticole hongroise est très diverse. Les Hongrois distinguent 22 régions pour la production de vins. Les trois plus importantes sont situées dans la grande plaine, à l’ouest de Budapest, entre le Danube et la Tisza. La plus connue est la région de Tokaj, classée au Patrimoine mondial par l’Unesco, deuxième en taille après la région de Kunsag (22 600 ha). Le pays tout entier produit de 3,75 à 5 Mhl, sur une surface estimée à 93 000 ha, soit une taille comparable à celle de la région Provence-Alpes Côte d’Azur, en France. Tokaj Aszu ou Furmint ? Les trois quarts de la production sont des vins blancs, mais les rouges connaissent un regain d’intérêt, à la fois des producteurs et des consommateurs. Les plantations de cépages rouges sont supérieures à celles des cépages blancs. Les vins sont pour la plupart issus de cépages locaux, dont les plus connus sont le Hárslevelü ou le Furmint, ces deux derniers cépages servant notamment à l´élaboration du célèbre Tokay (Tokaj, en hongrois). Outre les cépages autochtones, on retrou- 76 Découverte AUTRICHE ET HONGRIE LA HONGRIE VITICOLE EN BREF Superficie : 93 000 ha Production annuelle : 3,75 à 5 millions d’hectolitres Exportations 2003 : 743 000 hl Importations 2003 : 100 320 hl Un site sur la renaissance des vins de Tokaj : http://www.tokaji.hu/ (une version existe en français). ve aussi les cépages dits « internationaux », comme le sauvignon, le chardonnay, pour les blancs, le merlot, le cabernet sauvignon et le pinot noir, pour les rouges. Le vin hongrois le plus connu en France, reste le Tokaj. Mais plutôt devrait-on parler de vins de Tokaj au pluriel, tant la diversité des vins produits dans cette région est grande. Comment s’y retrouver ? En fait, Tokaj est le nom de la région et de sa principale ville. Les vins issus de cette région se dénomment Tokaji (en provenance de Tokay). Qualificatif auquel on ajoute le nom du cépage ou de la fabrication : Tokaji Furmint, ou Tokaji Harslevelu pour les vins secs, ou Tokaji Aszu, pour le liquoreux. La région de Tokaj produit aussi des vins issus de vendanges partiellement botrytisées, dont les Szamorodni, secs ou doux. Tokaji ne signifie donc pas obligatoirement vin sucré. Tout dépend de la technique de vendange et de vinification subie par le raisin. Un choix déterminé aussi par le climat de l’année. Le « nec plus ultra » reste le Tokaji Aszu (liquoreux), dont la méthode d’élaboration est décrite dès 1630 ! La qualité de ce vin se mesure en fonction du nombre de « Puttonyos » (hottes) de 25 kg utilisés pour son élaboration. Ces quantités de baies botrytisées, récoltées une par une, reflètent la concentration du vin. Elles varient de trois à six Puttonyos, exceptionnelle- Élaboration des différents vins de Tokaj ment sept pour la production de Tokaji Aszu Eszencia. En 1995, l’union des grands crus de Tokaj a vu le jour, destinée à valoriser l’appellation, et baptisée « Tokaj renaissance ». La Hongrie devrait d’ailleurs récupérer l’usage unique de l’appellation Tokay en 2007, la France ayant accepté d’abandonner son usage pour les vins d’Alsace issus de pinot gris. IRÈNE AUBERT 77 Découverte AUTRICHE ET HONGRIE AUTRICHE Une nouvelle hiérarchie S i les consommateurs autrichiens boivent toujours avec plaisir, au Heurigen (petite auberge typique de Vienne et de ses environs), un vin de table blanc, souvent élaboré à partir du cépage national le « Grüner Veltiner », ils apprécient de plus en plus les vins haut de gamme et les rouges. La production autrichienne (2,5 Mhl), vinifiée à près de 80 % en blanc, ne satisfait pas la demande, et une reconversion vers les cépages rouges est en cours dans certaines régions. En Autriche, la surface en vigne atteint 50 000 hectares, l’équivalent de notre région Midi-Pyrénées. Ces surfaces sont cultivées par 40 000 exploitations, dont 6 500 mettent leurs vins en bouteilles. Les autres livrent à une coopérative ou aux caves. Climatiquement, les seize zones de production du pays sont situées sur le 47 et le 48e parallèle, ce qui permet de les comparer avec la Bourgogne. Elles peuvent être regroupées en quatre régions : Basse-Autriche, Burgenland, Styrie et région de Vienne. Grâce à leur dynamisme commercial et à leurs efforts qualitatifs, les vins autrichiens s’exportent de plus en plus. En 2003, 800 000 hl de vins ont été exportés. La majorité en Allemagne, marché fidèle et traditionnel, en Suisse et aux États-Unis. Mais le nouveau marché est sans aucun doute l’Europe de l’Est. Les services marketing et communication des vins autrichiens pensent arriver à commercialiser 150 000 hl, dans ces pays, dans cinq ans. Le système DAC En parallèle, les producteurs autrichiens ont mis en place une nouvelle hiérarchie en 2003. Jusqu’à présent, seul le nom des cépages et de la région était indiqué sur les bouteilles. Pour offrir une information plus claire aux consommateurs, le système DAC (Districtus Austriae Controllatus) vient d’être créé, se rapprochant de nos AOC, des DOC d’Italie et des DO d’Espagne. Les vins DAC auront un même profil, incopiable, relié à une origine. Le cépage apparaîtra au second plan. Des comités régionaux, composés de producteurs et de négociants, sont en charge de la définition des profils de vins de chaque région viticole. Le premier DAC est celui du Weinviertel, la plus grande région de production. Ce DAC sera un Grüner Veltliner, ce cépage typiquement autrichien, au goût fruité, légèrement poivré. Il sera soumis dans un premier temps aux contrôles habituels d’agrément, puis redégusté très sévèrement, car il devra avoir les caractéristiques demandées. Le deuxième DAC concernera un vin rouge du Burgenland, élaboré à partir d’un Blaufränkisch, cépage autochtone très typé. D’autres DAC seront créés progressivement dans d’autres régions. R É E N C É PA G E M E N T LE BURGENLAND VIRE AU ROUGE Avec 16 000 ha de vignes, le Burgenland (deuxième région viticole d’Autriche, située dans le sud du pays) est en pleine mutation. Reconnue comme région défavorisée par la Communauté européenne, elle bénéficie de subventions pouvant représenter 30 % des investissements. Les vignerons en profitent pour planter des cépages rouges comme les Blaufränkisch, Zweigelt et St-Laurent, qui donnent des vins rouges denses, profonds, adaptés au terroir. Le Burgenland conserve toutefois sa production de vins botrytisés, sur environ 1 500 ha. Leur élaboration est rendue possible certaines années, grâce à 2 000 heures de soleil par an, une humidité en provenance du lac peu profond du Neusiedlersee et une grande différence de température entre la nuit et le jour, qui favorisent l’installation de la pourriture noble. Un site : www.weinausoesterreich.at, puis version française 78 COUP DE COEUR Autriche-Hongrie Personnalité et diversité E n observant une carte des vignobles d’Europe, il est surprenant de constater la densité de vignes et d’appellations présentent à l’extrémité est de l’Autriche et sur l’ensemble du territoire hongrois. Face à cette multitude de régions et de vins à découvrir, nous avons décidé de scinder la dégustation en deux parties. La première essentiellement consacrée aux rouges autrichiens sur trois régions phares : le Mittelburgenland, le Kamptal et la Thermenregion. L’Autriche élabore des vins à partir de cépages autochtones, vous en découvrirez deux d’entre eux, ainsi que des vins issus de cépages « français ». Vous constaterez que l’Autriche peut également se révéler comme un grand terroir de certains de nos cépages familiers. Vous en découvrirez deux spécimens très intéressants. La seconde partie de la dégustation est consacrée aux blancs hongrois de la région de Tokaji, des vins secs aux élixirs les plus rares. Tout amateur de vin, même le plus béotien a entendu parler ou déguster un Tokaji Aszu de trois (assez courant) voire cinq et six puttonyos. Maintenant, cette belle petite région renferme bien des secrets. Vous découvrirez cinq vins, tous issus des grands cépages blancs de la région, le Furmint (toujours majoritaire), l’Harsevelü et le Zeta suivant leur maturité et leur degré d’attaque de pourriture noble, ceux-ci donneront naissance à une grande diversité de vins. Les vins sont présentés dans l’ordre de la dégustation. Le classement indiqué est celui proposé par les 402 dégustateurs qui y ont participé. 8e ZWEIGELT 2003. MITTELBURGENLAND. WEINGUT 2e SAINT LAURENT 2002. KAMPTAL. WEINGUT DOLLE, WENINGER, AUTRICHE. AUTRICHE. Encépagement : 100 % Zweigelt. Sous-sol : loess, argiles. Élevage : en foudres. Vinificateur : Franz Weninger. La robe grenat présente des reflets violacés. Le nez libère des senteurs de fruits rouges écrasés, la cerise, le cassis. À l’aération, celles-ci s’intensifient sans perdre de fraîcheur. L’attaque est friande, le fruit est croquant, un peu vif, mais agréable. La bouche est marquée par des saveurs de prunes, cerises. L’ensemble est équilibré par une bonne acidité. Une légère amertume apparaît en fin de bouche. Un vin de friandise pour l’été, bien construit pour la table et les repas quotidiens. A servir avec des viandes rouges, de la charcuterie, ou une tourte. Servir entre 17 et 18 °C, peut-être servi légèrement frais en été. Ce vin représentatif du cépage Zweigelt est à son apogée entre 2004-2008. Prix estimé à ce jour : 8,80 euros TTC Encépagement : saint-laurent. Sous-sol : loess et argiles. Rendement moyen : 40 hl/ha. Élevage : en foudres. Vinificateur : Peter Dolle. La robe est rubis, grenat. Le nez recèle une belle finesse, il libère des senteurs de cerises (cœur de pigeon) et de fraises bien mûres. À l’aération apparaît une touche de menthol bien agréable. L’attaque est élégante, équilibrée et tendre. On retrouve parfaitement les perceptions olfactives en bouche. Le fruit est frais et pimpant, la finale légèrement poivrée est de belle harmonie. On dit du saint-laurent qu’il a la chair et la rondeur du merlot associées à la structure du cabernet sauvignon. Un beau cépage pour un vin bien agréable et joliment vinifié. A servir à 17 ou 18 C avec une volaille en cocotte ou du foie de veau grillé. Ce vin gagne à être aéré dans le verre. Il est à son apogée entre 20042010. Prix estimé à ce jour : 11,40 euros TTC. 5e EX AEQUO. PINOT NOIR RÉSERVE 2001. THERMENREGION. JOHANNESHOF, WEINGUT REINISCH Encépagement : 100 % pinot noir. Soussol : argilo-calcaire, forte proportion de calcaire. Situation : en coteaux sur la commune de Tattendorf. Rendement moyen : 39 hl/ha. Élevage : 16 mois en barriques de chêne Allier. Vinificateur : Johan et Johannes Reinisch. La robe grenat-rubis, est en très légère évolution. Le premier nez est finement boisé, vanillé. À l’aération, apparaissent des notes de cassis et de cerises 79 COUP DE COEUR à l’eau-de-vie, de groseilles bien mûres. L’ensemble évolue très agréablement et subtilement. L’attaque est élégante, fruitée et ronde. En bouche, les saveurs de fruits rouges sont confiturées mais aériennes, sans lourdeur. La finale est très harmonieuse, longue et fine. L’Autriche recèle comme la Bourgogne d’excellents climats et terroirs pour le pinot noir. Ce vin a une réelle personnalité et identité de terroir. Sa maturité semble cependant un peu précoce. Servir à 17 à 18°C avec un pavé de biche poêlé aux airelles. L’apogée est entre2004 et 2012. Prix estimé à ce jour : 24,90 euros TTC. 3e MERLOT 2002. MITTELBURGENLAND. WEINGUT WENINGER, AUTRICHE Encépagement : 100 % merlot. Soussol : argiles, veines ferreuses. Situation : en coteaux est/ouest. Rendement moyen : 2 8 hl/ha. Élevage : 18 mois en barriques de chêne Allier. Vinificateur : Franz Weninger. Visuel : La robe pourpre à reflets violacés présente une légère évolution. Le nez libère des senteurs de confitures de mûres surmûries. À l’aération, il gagne en complexité et des notes réglissées et vanillées apparaissent. L’attaque est ample et charnue. En bouche, le vin est structuré, le fruit est concentré et savoureux. La finale est torréfiée. Un Autriche-Hongrie vin richement extrait qui pousse les limites du cépage et de sa maturité sous un climat très continental. Le sol argilo-calcaire lui confère de la finesse et de la puissance. En dégustation comparative de vins de merlot, ce vin est souvent dégusté au côté de Pétrus. A carafer 30 minutes avant de servir à 17-18°C et servir avec un civet de lièvre aux choux rouges. Apogée : 2004-2012. Prix estimé à ce jour : 39,20 euros TTC. 7e TOKAJI FURMINT 2002. HÉTFÜRTÖS. WEINGUT ARVAY ES TARSA PINCESZET, HONGRIE Encépagement : Furmint. Sous-sol : volcanique. Situation : en coteaux sur les communes de Tokaji et Hegtalia. Production moyenne : 5 000 bouteilles. Élevage : en fûts pendant 5 mois. Vinificateur : Janos Arvay. Robe jaune or assez soutenu, bel éclat. Le premier nez est fumé, voire torréfié. À l’aération, il libère des senteurs de noix, d’amandes. Il évolue ensuite et gagne en finesse, apparaissent alors des notes de roses fanées, de bouillon blanc, de miel. L’attaque est onctueuse et savoureuse. En bouche, le vin tapisse le palais harmonieusement. Il est fin, élégant et équilibré. La finale est longue, minérale. Ce vin recèle une réelle personnalité, tant de part son terroir que son élevage. Apogée : 2004-2012. Accords mets- vin : viandes blanches ou volailles en sauce crémée accompagnées de girolles. Service à 12-13 °C, un léger carafage peut être bénéfique. Prix estimé à ce jour : 14,50 euros TTC. 5e EX AEQUO. TOKAJI SZAMORODNI 1999. HÉTFÜRTÖS. WEINGUT ARVAY ES TARSA PINCESZET, HONGRIE Encépagement : Furmint, Harsevelü. Sous-sol : volcanique. Situation : en coteaux sur les communes de Tokaji et Hegtalia. Production moyenne : 8 000 bouteilles. Rendement moyen : 30 hl/ha, maximum 7 raisins/pieds. Vinification et élevage : en foudres pendant plusieurs mois. Vinificateur : Janos Arvay. Robe or jaune soutenu. Le premier nez est marqué par des senteurs de noix. À l’aération apparaissent des notes de fleurs blanches, de terre humide, de champignons frais. L’attaque est fine, droite. En bouche, le vin est sec, racé. Les saveurs d’amandes amères, de fleurs (bouillon blanc), de cire d’abeilles sont persistantes. Un vin de gastronomie par excellence, non sans rappeler l’élégance d’un Château Chalon et la droiture d’un xérès. A marier avec une poularde aux morilles. A carafer de préférence 30 minutes avant de servir à 13 C. A son apogée entre 2004 et 2015. Prix estimé à ce jour : 16,50 euros TTC (50 cl). 4e TOKAJI. EDES SZAMORODNI 1990. DOMAINE DISNÓKÕ, L E S C O N D I T I O N S D E D É G U S TAT I O N HONGRIE La Fédération Culturelle des Vins de France regroupe des clubs de Encépagement : 60 % Furmint, 30 % Harsevelu, 10 % Zeta. Sous-sol : volcanique, argileux. Élevage : en fûts de chêne de 136 litres durant un an. Visuel : robe jaune ambre, cognac. Le nez est marqué par des senteurs de raisins de Corinthe. À l’aération, il gagne en complexité, des notes de miel, de bourgeons de sapin apparaissent, accompagnées de fragrances de menthol. L’attaque est fine, suave et très onctueuse. En bouche, le vin est totalement fondu, les sensations sucrées sont harmonieuses et relancés par une fine acidité citronnée, fraîche en fin de bouche. Ce vin, élaboré avec les méthodes traditionnelles (avant la chute du bloc soviétique), c’est-à-dire en foudre, a atteint son point de maturité absolu. Il se conservera cependant encore durant plusieurs années. Servir à 13°C après aération dans le verre avec une tarte tatin ou une poêlée de foie gras et pommes caramélisées. Apogée : 2004-2008 voire davantage. 4e dégustation sur toute la France auxquels elle propose un programme annuel. Les sélections sont thématiques et se déroulent en trois temps : le choix des vins de dégustations, la dégustations en clubs et le classement du Goût de l’oenophile Pour la construction d’un thème, la Fédération Culturelle des Vins de France soumet à un comité de sélection (environ 15 personnes) un choix de vins (35 à 45 bouteilles) issus de l’appellation, région ou sujet concerné. Ce comité est composé de professionnels du vin (cavistes, sommeliers, œnologues), grands amateurs (responsables de clubs, organisateurs et animateurs de dégustations…). Ce groupe est différent pour chaque sélection. L’objectif de cette dégustation est de sélectionner neuf vins qui permettront d’élaborer un thème, instructif, didactique et original. Ensuite, un organisateur propre à chaque club anime la dégustation.. Celle-ci se déroule à l’aveugle, chaque adhérent ayant reçu son sous-main de dégustation, la règle du jeu, ainsi que toute la documentation (fiches techniques, revue de presse…) éditée par la Fédération Culturelle des Vins de France. Lors des dégustations, chaque adhérent participe au classement du « Goût de l’Oenophile ». Les vins sont notés suivant le barème suivant (note sur 20 points). L’objectif n’est pas de mettre les vins en compétition : la FCVF souhaite par ce biais connaître et faire connaître le Goût d’un groupe (de 300 à 500 personnes) de consommateurs éclairés. Le classement du « Goût de l’oenophile » ne représente pas un classement qualitatif, mais traduit plutôt en toute objectivité et impartialité, la relation du plaisir, de la qualité et du prix, en dégustation. Contact : [email protected]. Internet : www.fcvf.com TOKAJI. ASZU ESZENCIA 1988. DOMAINE DISNÓKÓ, HONGRIE Encépagement : 60 % Furmint, 30 % Harsevelu, 10 % Zeta. Sous-sol : volcanique, argileux. Élevage : en fûts de chêne de 136 litres durant deux ans. Robe ambre brun. Le nez est marqué par des essences de raisin de Corinthe macérés, de brou de noix. À l’aération, apparaissent des notes de café, chicorée, praline, pruneau. L’ensemble est fondu, harmonieux. L’attaque est douce et onctueuse. En bouche, le vin est enveloppant, très harmonieux et équilibré par une acidité (presque citron vert). On retrouve les perceptions olfactives, la finale est marquée par un doux mariage de noix, praline, chocolat-café, raisins et pruneaux secs. Cela devient un plaisir très rare de déguster des Eszencia mature. Celles-ci don- nent les sensations que pourrait apporter un très vieux sherry. Notez le degré alcoolique bas, on recherche avant tout la finesse et l’équilibre. Apogée : 2004-2020 voire davantage, évolution très lente. Accords mets-vin : fromages fins à pâtes persillées, seul avec un livre envoûtant. Service : 1415°C. Prix estimé à ce jour : 23 euros TTC (50 cl) prix spécial déstockage. 1er TOKAJI. ASZU 5 PUTTONYOS 1996. DOMAINE DISNÓKÕ, HONGRIE Encépagement : 60 % Furmint, 30 % Harsevelu, 10 % Zeta. Sous-sol : volcanique, argileux. Élevage : en fûts de chêne de 136 litres durant deux ans. Visuel : robe jaune or orangé. Le nez déborde de senteurs d’abricot 81 sec, de coing, de cire, de miel de fleurs. À l’aération, les senteurs apportées par le botrytis apportent une complexité supplémentaire. L’attaque est extrêmement riche, grasse, mais d’une grande finesse. En bouche, apparaît rapidement une remarquable acidité qui équilibre majestueusement le vin et libère une fin de bouche interminable. Voici sans doute un des plus beaux exemples de la nouvelle génération des Tokaji actuels. Accords mets-vin : pour l’instant en dégustation pure, pour les accords gastronomiques, il faudra attendre cinq ans, le temps qu’une partie des sucres résiduels se fondent. Servir à 13 °C et aérer le vin dans le verre. Ce vin est construit pour défier le temps, apogée : 2004-2020 voire davantage. Prix estimé à ce jour : 29 euros TTC (50 cl) prix spécial.