L`apprentissage dans ma cour d`école
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L`apprentissage dans ma cour d`école
Retrouver la nature en ville L’apprentissage dans ma cour d’école : Récit et détails de six projets de naturalisation scolaire au Canada Document de la série Coffre à outils Toyota Canada appuie fièrement les classes en plein air dans les écoles canadiennes. Retrouver la nature dans les cours d’école Evergreen et Toyota Canada travaillent de concert afin d’offrir aux élèves un environnement d’apprentissage enrichissant. Le programme de La classe verte Toyota Evergreen s’engage à contribuer de manière positive à la santé et au bien-être des générations futures en sensibilisant les élèves à l’importance de préserver et de restaurer le patrimoine naturel du Canada. Les enseignants, les élèves et les membres de la communauté sont invités à participer à l’effort national afin de revitaliser les cours d’école canadiennes et de créer un milieu d’apprentissage sain. Charte de La classe verte Toyota Evergreen L’association conclue entre Evergreen et Toyota Canada représente un engagement vers un objectif commun qui est de contribuer de manière constructive à l’amélioration des cours des écoles canadiennes, de l’environnement naturel et du développement physique et affectif des enfants canadiens. Grâce aux ressources éducationnelles dont nous disposons et au soutien des citoyens bienveillants qui appuient l’initiative, nous croyons possible la transformation des cours de récréation en des lieux d’apprentissage plus sains et interactifs. Grâce à l’engagement social de Toyota et aux initiatives environnementales d’Evergreen, nous croyons possible l’amélioration de notre visée commune de même qu’une augmentation de la qualité du travail, de la communauté et de l’apprentissage des enfants. Nous nous engageons fermement à donner l’exemple et à fournir le soutien et les ressources importantes et nécessaires aux écoles canadiennes et aux communautés dans lesquelles nous œuvrons pour réintégrer la nature dans nos villes. Notre motivation première est de forger un nouveau sens à l’engagement communautaire et à la préservation environnementale dans le cœur et l’esprit des enfants et des jeunes qui représentent l’avenir du Canada. Geoff Cape, Directeur général, Evergreen www.evergreen.ca Yoshio Nakatani, Président, Toyota Canada www.toyota.ca Publié par Evergreen Evergreen est un organisme environnemental à but non lucratif dont l’objectif est de ramener la nature en ville par le biais de projets de naturalisation. Mentions : Concept du projet : Cam Collyer et Seana Irvine. Rédactrice : Anne Bell. Rédactrice en chef : Seana Irvine et Krista Long, Graphisme : Grace Goddard. Impression : MPH Graphics. Photographies : Joshua Berson – Grandview/?uuquinak’uuh Elementary School; Frank Gasparik – Belgravia Elementary School; Brian Hydesmith – Windsor School, sauf le photo au milieu et le photo au bas droite de la page 13 par Ted McLachlan; Cam Collyer – St. Monica’s Catholic School; Jane Churchill – Les Petits Castors, sauf le photo en haut de la page 23 et le photo au bas gauche de la page 24 par Diane Joubert; John Hillis – Dartmouth High School. Photos de la page couverture : Cam Collyer Copyright © 2001 Evergreen. Tous droits réservés. Toute reproduction d’extraits de la présente publication est autorisée avec la permission écrite d’Evergreen seulement. Données de catalogage avant publication de la Bibliothèque nationale du Canada Bell, Anne, 1959– L'apprentissage dans ma cour d'école : recit et détails de six projets de naturalisation scolaire au Canada (Le coffre à outils d'Evergreen) Publ. aussi en anglais sous le titre: Grounds for Learning ISBN 0-9730102-1-5 1. Terrains d'école—Canada—Cas, Études de. 2. Aménagement paysager naturel—Canada—Cas, Études de. 3. Environnement—Étude et enseignement—Canada—Cas, Études de. 4. Classes de nature—Canada—Cas, Études de. I. Evergreen (Association) II. Titre. III. Collection. SB56.C3B4514 2001 371.6'1'0971 C2001-904158-6 Ce livre est imprimé sur du papier non blanchi et non désencré qui a été recyclé à 100 % (comprenant 100 % de fibres recyclées après consommation). Introduction Le paysage naturel est continuellement en changement. Depuis quinze ans, les Canadiens adoptent une vision plus écologique face aux cours d’école. Elles deviennent désormais des lieux privilégiés où il est possible de trouver des insectes et des araignées, de s’abriter du soleil et du vent, d’observer le cycle de vie des grenouilles dans un étang, d’identifier des espèces d’arbres et de fleurs sauvages indigènes et de célébrer la diversité culturelle des communautés. Les Canadiens envisagent maintenant les cours d’école comme des endroits sains qui sont propices aux jeux et à l’apprentissage par expériences et qui favorisent le resserrement des liens entre l’école et la communauté. L’apprentissage dans ma cour d’école est un document qui regroupe l’histoire de six initiatives de naturalisation scolaire se déroulant au Canada. Les projets des écoles situées à Vancouver, à Edmonton, à Winnipeg, à Barrie, à Montréal et à Halifax ont été sélectionnés en raison de leur représentativité des différents projets de naturalisation présentement en cours à travers le pays. Le récit des projets, accompagné de photos, de citations et de faits en bref, vise à L’apprentissage dans ma cour d’école est une ressource d’Evergreen qui fait partie du Coffre à outils de La classe verte Toyota Evergreen, une trousse documentaire contenant des idées d’aménagement, des activités en lien avec programme pédagogique et des études de cas motivants afin de vous aider à réaliser des transformations constructives dans votre cour d’école. informer et à inspirer les écoles qui débutent un projet et celles qui en poursuivent un. Vous y découvrirez des idées uniques, des conseils pratiques et des décisions importantes. Vous apprendrez également comment ces écoles ont trouvé les ressources nécessaires pour mettre sur pied et entretenir leur projet. Evergreen reconnaît l’incroyable travail investi dans chacun de ces projets et nous tenons à féliciter les six écoles qui servent de modèles dans le présent document. Nous désirons également souligner l’énorme travail de toutes les écoles canadiennes qui s’efforcent d’encourager l’apprentissage par le biais de projets de naturalisation. « Nous devons aménager des paysages apaisants qui nous encouragent à prendre action en vue d’améliorer nos relations avec les autres et la nature environnante. » Alex Wilson, The Culture of Nature 3 Grandview/?uuqinak’uuh Elementary School, Vancouver (Colombie-Britannique) : Préparer le terrain pour une revitalisation culturelle Lorsque deux étudiantes graduées, Illène Pevec et Tracy Penner, ont proposé de revitaliser la cour de récréation de l’école Grandview/?uuqinak’uuh, les administrateurs ont chaudement applaudi l’initiative. Ils ont vu l’occasion de donner à l’école du voisinage une nouvelle vocation. Au coup d’œil Afin de promouvoir une participation active et une bonne gestion de Population scolaire +/- 200 Niveaux Maternelle à la 7e année l’environnement, Illène et Tracy ont mis sur pied des ateliers de planifica- Principales caractéristiques du projet Classe en plein air selon les traditions de la nation Salish, jardins scolaires, jardins communautaires, jardins-habitats, jardins ethnobotaniques, système de drainage écologique, éléments artistiques tion pour tous les élèves, les enseignants, les parents et les membres de Taille du projet (mètres carrés) 1 acre (80m X 50m = 4 000m2) Financement jusqu’à maintenant 165 000 $ en argent; environ 150 000 $ de dons en nature Début du projet Automne 1998 la communauté. Les élèves ont manifesté le désir d’avoir un bassin d’eau, une colline pour grimper ainsi que des fleurs et des arbres qui donnent des baies. Les enseignants ont également proposé la construction d’un bassin d’eau en plus de suggérer l’aménagement d’une classe en plein air couverte afin d’être protégé des pluies abondantes de la côte ouest. Pour leur part, les parents et les membres de la communauté ont demandé à ce qu’un jardin communautaire soit conçu pour planter des fleurs et faire pousser des fruits et des légumes. Puisque 53 % de la population scolaire est composée d’élèves des Premières nations, les participants ont également soulevé l’importance d’honorer les traditions culturelles significatives au sein de cette communauté. Toutes ces suggestions ont été prises en considération dans l’élaboration finale du projet. On a construit un étang (mesurant un mètre de profondeur par 15 mètres de longueur et par 10 mètres de largeur), dont les rebords sont couverts de coquilles d’huîtres et de palourdes afin de créer l’atmosphère du bord d’une plage. En dehors du moment où la pluie tombe, il y a peu d’accumulation d’eau stagnante. Par ailleurs, ce dernier a été construit selon les règles de sécurité et il permet de canaliser l’eau des précipitations vers le réseau d’assainissement. La terre enlevée lors du creusage de l’étang a servi pour la construction d’une colline (mesurant quatre mètres de hauteur par quinze mètres de largeur et vingt mètres de longueur) où les élèves courent, glissent, construisent des châteaux de sable et envoient la main aux gens qui voyagent dans le Sky Train de Vancouver. « Sur le dessus de la colline, les 4 élèves sont réellement en contact avec le paysage naturel qui les entoure », fait remarquer Tracy. « Ça leur donne une nouvelle perspective. Ils voient beaucoup plus loin et ils sont en mesure de se situer par rapport au monde environnant. » Honorer les Premières nations Pour la classe en plein air, les enseignants ont suggéré de construire une longue maison traditionnelle à l’image de celles qu’on retrouve dans les communautés des Premières nations sur la côte ouest. L’architecte Bruce Carscadden a effectuer gratuitement les plans Les éléments Avant Après de la longue maison en +/- Asphalte – 40m2 Gazon 4 000m2 2 000m2 Espace de plantation 6m environ 950m + 944m Espace couvert 0 70m2 + 70m2 Arbres 6 37 + 31 2 – 2 000m2 2 2 s’inspirant du style architectural de la nation Coast Salish. Il a Arbustes 0 80 + 80 utilisé des poutres trans- Plantes couvre-sol et vivaces 0 centaines centaines Fleurs sauvages 0 40m2 40m2 versales en Douglas Bancs 4 100 Sentiers Abris à l’ombre 0 1 96 taxifolié et en genévrier + 300m2 rouge comme planches + 1 (70m2) de côté décoratives. (Bien que la plupart des élèves des Premières nations qui fréquentent l’école proviennent de différentes régions du Canada, la nation Coast Salish habitait à l’origine à cet endroit.) La longue maison a été bâtie en suivant les points cardinaux : la porte du devant se trouve au nord et la porte de derrière se trouve au sud. De plus, elle a été construite près de l’étang afin de recréer l’atmosphère d’un village de pêcheurs de la nation Coast Salish. Les élèves et les membres de la communauté ont joué un rôle important dans le projet. Une classe d’élèves des Premières nations a dessiné et aménagé les terrasses en tenant compte des motifs tissés par les membres de la nation Coast Salish. Ils ont visité le musée d’anthropologie afin d’observer et de reproduire les motifs et ils ont demandé à des tisseurs de leur parler de cet art et de sa signification pour les membres des Premières nations. Ils ont ensuite reproduit les motifs sur le carrelage en briques en transcrivant d’abord les motifs sur du papier spécial et ils ont finalement placé les briques en suivant le tracé. Les élèves de la 2e à la 7e année ont participé à la création des totems situés à l’entrée de la longue maison. Les totems ont été créés par Ramona Gus, un aîné de la communauté Nuu Cha Nulth Nation. Les élèves ont eu la chance d’observer 5 Réalisations Première subvention (Subvention du « Vancouver Parks Board » pour le voisinage) : novembre 1998 Ateliers de planification communautaire : janvier 1999 Première plantation (à l’intérieur) : février 1999 Fin des plans, publication d’un article de Tracy Penner dans Landscape Architecture : Construction des premiers bacs de jardinage : Première récolte du jardin scolaire (laitue et radis) : avril 1999 mai 1999 juin 1999 Approbation des plans de construction par le Conseil scolaire de Vancouver (après plusieurs comités) : novembre 1999 Subvention importante pour la construction de la classe en plein air « Real Estate Foundation » de la Colombie-Britannique : décembre 1999 Mise sur pied officielle de l’association du jardin communautaire de Grandview : février 2000 Début de la sculpture des totems : février 2000 Approbation des plans de construction par la Ville de Vancouver : mars 2000 Pose de la première pierre pour la modification du niveau du sol : (création de la colline, de l’étang, du système d’irrigation, du jardin-habitat) : mars 2000 Création du jardin de papillons et d’oiseaux-mouches : avril 2000 Création d’un habitat pour oiseaux : mai 2000 Création du jardin communautaire et première plantation : mai 2000 Réalisation finale des totems et célébrations en l’honneur des Premières nations lors du potlatch scolaire : mai 2000 Inauguration de la cour d’école lors d’une cérémonie de purification selon les rites des Premières nations : juin 2000 Aménagement de la classe en plein air : juin 2000 Célébrations d’inauguration de la classe en plein air : Jardins ethnobotaniques : octobre 2000 novembre-décembre 2000 Construction d’une terrasse à la manière de la nation Coast Salish : mars 2001 Célébrations communautaires et 75 anniversaire de l’école Grandview/?uuqinak’uuh : avril 2001 e les apprentis sculpter les totems et, sous la supervision de Ramona, ils les ont aidé à les peinturer. Le processus de fabrication des totems sur le site s’est déroulé selon les traditions culturelles. Illène a été impressionnée du sentiment de sérénité se dégageant chez les élèves lors du projet. Elle a constaté avec étonnement qu’ils portaient une attention particulière aux détails, qu’ils suivaient les consignes à la lettre et qu’ils travaillaient en collaboration avec les autres élèves de manière naturelle. « Les élèves étaient littéralement captivés par l’étape de la peinture des totems. On aurait dit qu’ils étaient en train de méditer tranquillement et sagement. Ils ne trempaient jamais leurs pinceaux dans la mauvaise couleur. En les regardant appliquer la peinture sur les totems avec autant de concentration, on avait l’impression d’assister à un processus sacré. » 6 Resserrer les liens entre la culture et la cour d’école La revitalisation écologique et la restauration communautaire sont allées de pair à l’école Grandview/?uuqinak’uuh. Les élèves ont créés un jardin de papillons et d’oiseaux-mouches ainsi qu’un habitat pour oiseaux en utilisant presque seulement des arbres, des arbustes et des herbes indigènes. Avec l’aide du « Environmental Youth Alliance » et de l’organisme Master Gardeners, ils ont également créé un jardin ethnobotanique composé de plantes utilisées traditionnellement comme aliments, matériaux et médicaments par les Premières nations. Les ethnobotanistes Brian Compton (University of British Columbia) et Nancy Turner (University of Victoria) ont donné un sérieux coup de main lors de la planification et des recherches préliminaires. Pour chaque plante, les élèves ont trouvé le nom commun, le nom latin « Durant les récréations, j’accomplis plusieurs tâches reliées à l’entretien de nos et le nom en Coast Salish jardins, et les élèves qui le ainsi que l’utilisation à tra- désirent peuvent me donner vers l’histoire. un coup de main. C’est un des moments les plus précieux pour interagir avec eux alors Les élèves ont cherché par qu’ils choisissent eux-mêmes les sortes de volontairement de travailler. À fleurs, de graines, de papil- chaque jour, il y a entre trois et huit élèves qui se joignent lons et d’oiseaux qu’ils à moi. Pas une journée ne souhaitaient avoir. À l’affût de chaque petit détail, ils savent désormais le moment de floraison passe sans que personne ne et de pollinisation (tombée des graines). Les plantes comestibles et les baies sont leurs espèces m’aide. C’est tellement favorites dans le jardin ethnobotanique. Au moment de la cueillette des bleuets, des ronces extraordinaire de voir les élèves participer au projet et d’Amérique, des ronces élégantes et des petites poires, les élèves ont l’occasion de prendre con- développer un sentiment de science et d’apprécier le rôle de ces plantes au sein de la culture des Premières nations de la fierté face à leur travail, y côte ouest. compris ceux qui éprouvent des difficultés de concentration en classe. Tendre la main aux autres groupes culturels Illène est optimiste quant à l’avenir du projet. Selon elle, un des objectifs est de mettre en » Illène Pevec, coordonnatrice du programme place des programmes qui encourageront le plus de gens possible à participer. Toutefois, la viabilité des programmes dépend en grande partie du financement. L’école a reçu, par exemple, une subvention pour l’alphabétisation des adultes ayant permis la mise sur pied d’un programme de rédaction d’un journal de bord au sujet du jardin scolaire. Le programme a intéressé tout 7 d’abord les gens du troisième âge et les immigrants du voisinage qui étaient prêts à combler leurs lacunes langagières, mais qui avaient beaucoup de connaissances en jardinage à partager avec les autres en retour. La création des parcelles de jardin est un des moyens les plus populaires afin de susciter la participation communautaire. Désormais, le jardin est composé de 24 parcelles où on y cultive des légumes qui se trouvent difficilement dans les supermarchés. Les membres des Premières nations, les Vietnamiens, les Chinois, les Japonais, les gens du MoyenOrient et ceux de descendance européenne ensemencent, entretiennent et récoltent leurs plantes cultivées biologiques en un seul endroit. Les parents ont mis sur pied une association de jardin communautaire et, en collaboration avec Illène, ils enseignent la cuisine, les principes de nutrition, la composition des remèdes à base de plantes médicinales et les exercices physiques en lien avec le jardinage. La clé de la réussite pour maintenir l’intérêt des gens pour la cour d’école naturalisée est de les aider à interagir de différentes façons. « L’élément essentiel, ajoute Illène, est la collaboration des gens à tous les niveaux de la communauté. La collaboration des élèves, des enseignants, des voisins, des organismes écologiques et des organismes de subvention nous permet de réaliser un tel projet. » 8 Belgravia Elementary School, Edmonton (Alberta) : L’alphabétisme écologique par le biais de projets d’apprentissage Le Centre d’apprentissage en plein air de l’école Belgravia est le résultat d’une concertation, d’une planification et d’une participation active des élèves. Avec l’aide du directeur, des enseignants, des parents et des experts de la région, les élèves ont formé un comité responsable d’effectuer un sondage au sein de la population scolaire. À la lumière des résultats, ils ont retenu les idées qui leur convenaient. Ainsi, ils ont aménagé un étang, des jardins, des aires de repos et des habitats pour oiseaux et pour chauvesouris. Les élèves ont travaillé en équipes afin de raffiner les plans. Les élèves d’une classe de 3e année ont créé une maquette du site en trois dimensions, ce qui leur a permis d’obtenir les commentaires et les suggestions des membres de la population scolaire et des gens du voisinage entourant l’école. Encourager l’alphabétisme écologique Les élèves de l’école Belgravia développent à la fois une compréhension de l’alphabétisme écologique et un sentiment d’appartenance qui s’est forgé par le biais de la création de quatre bermes contenant, une fois complétées, des espèces de plantes typiques de l’Alberta. Les élèves ont aménagé une première berme avec des plantes couvre-sol et des arbustes alpins pour représenter la région des montagnes. Une seconde berme a été aménagée avec des espèces d’arbres et d’arbustes qui proviennent de la forêt boréale. Lorsque les élèves étudient ou jouent sur les bermes, ils ont l’occasion d’observer des espèces végétales qu’on retrouve ailleurs dans la province. Cette expérience leur permet d’en apprendre davantage sur leur biodiversité régionale. Le développement de l’alphabétisme écologique touche également à l’apprentissage et à la compréhension des cycles de vie naturels et de l’interdépendance de tous les êtres vivants comprenant, entre autres, le rôle et l’influence des populations humaines sur l’environnement. Afin d’aider à la compréhension de ce phénomène, une berme a été aménagée pour faire pousser du blé en utilisant des graines (fournies par l’organisme à but non lucratif Semencier du patrimoine) de trois différentes sortes de souches datant du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ainsi, les élèves apprennent 9 Au coup d’œil Population scolaire 100 Niveaux Maternelle à 6e année Principales caractéristiques du projet Étang, jardin de papillons, plates-bandes surélevées, jardin de tournesols, plantations de la région des montagnes, plantations de la forêt boréale, cadran solaire, billots de bois pour s’asseoir, pont, habitats pour oiseaux et pour chauve-souris le déroulement de la croissance des Taille du projet (mètres carrés) 1 acre (80m X 50m = 4 000m2) Financement jusqu’à maintenant 10 000 $ Début du projet Septembre 1996 cultures, tel qu’il était pratiqué par les colons européens à l’époque. De plus, ils prennent conscience de l’importance de la préservation de la diversité génétique à l’intérieur des aliments. Les élèves expérimentent le cycle complet de la transformation du blé, comme le faisaient les pionniers; ils plantent les graines, ils coupent le blé, ils mettent le blé en douzeau, ils écôtent le blé, ils moulent le blé et, finalement, ils font du pain. Selon un élève de 8e année, « les élèves ne réalisent pas à quel point un jardin nécessite de l’entretien et à quel point les aliments doivent être transformés avant d’arriver dans notre assiette. Pour mieux comprendre, ils doivent effectuer toutes les étapes entre la plantation et la récolte. » Barry Edgar, enseignant et parent, croit également aux avantages de cette expérience d’apprentissage. « Il est préférable d’amener les élèves sur le terrain afin de leur enseigner les choses qu’on retrouve habituellement dans les livres. En participant activement, les élèves retiennent davantage qu’en lisant. Leur mémoire travaille différemment, et toutes les parties de leur corps profitent de l’expérience. Ils réalisent également que l’environnement ne se compose pas uniquement de gazon et de béton. » Les adultes bénéficient de l’expérience de manière similaire. Comme l’explique un parent, Kim Sanderson, le système scolaire s’intéresse bien souvent à l’apprentissage plutôt abstrait. « Les enseignants apprennent cela à l’université, et on s’attend à ce qu’ils le mettent en pratique. La plupart d’entre eux ne peuvent pas transmettre l’alphabétisme écologique. » Toutefois, grâce aux projets de naturalisation, les enseignants ont l’occasion de faire de petits pas et d’être de plus en plus habiles à travailler dans les classes en plein air. « L’apprentissage par le biais de projets précis est un moyen très stimulant. Malheureusement, le système scolaire n’encourage pas beaucoup cette méthode. Voilà pourquoi les classes en plein air sont si importantes. » Réalisations Planification du projet : Première plantation : 10 Les éléments octobre 1996 - mars 1997 mai 1998 Avant Après +/- Espace de plantation 5,25m2 420m2 + 414,75m2 Arbres 6 16 + 10 Arbustes 6 45 + 39 Bancs 0 5 +5 Gazon + 637,5m2 Avec l’aide d’une naturaliste résidente « J’aime me promener dans le Afin d’encourager et d’aider les enseignants du Centre d’apprentissage en plein air, l’école a jardin, car j’observe les plantes pousser et je les embauché Sarah Cashmore, une naturaliste résidente. Une fois par semaine, elle travaille avec trouve belles. Je peux les élèves du club de la nature et elle donne un coup de pouce aux enseignants qui le désirent. m’installer dans le jardin pour lire ou pour faire du dessin. Il n’y a rien comme la sensation Elle souhaite permettre aux élèves d’apprécier la nature qui les entoure. « J’essaie de leur faire d’être entouré de fleurs. J’ai observer les invertébrés directement dans l’étang. Ensemble, nous avons établi une classifica- l’impression de me retrouver tion des plantes et nous sommes à préparer un guide de poche au sujet des plantes. De cette dans un grand champ et non façon, ils comprennent beaucoup mieux ce qu’ils observent et ils se sentent en relation avec l’environnement. C’est très sain pour les élèves, particulièrement pour ceux qui vivent dans les dans une classe fermée. » Élève de 6e année grands centres urbains. » Le club de la nature, qui regroupe principalement des élèves de la 4e à la 6e année, fait son propre calendrier pour la classe en plein air. Jusqu’à maintenant, les élèves ont réalisé des habitats pour oiseaux et pour chauve-souris; ils ont mis sur pied des projets de nettoyage; ils ont nourri les oiseaux durant la saison hivernale; ils ont planté des espèces de végétaux et ils ont demandé à un conférencier invité de parler des moyens d’attirer les oiseaux. Désireux de partager leurs connaissances avec les autres élèves, ils ont décidé de faire une recherche et de présenter certaines caractéristiques de la nature aux autres élèves au cours d’une semaine prévue à cet effet. Afin de faire participer les plus jeunes élèves, ils ont organisé des activités d’observation de l’étang et des jeux auxquels plus de la moitié des élèves ont participé. Sarah est certaine que les élèves développent une compréhension plus approfondie de l’écologie en général. Ils apprennent le mode de vie des animaux, et ce que ces derniers leur apportent. Par une belle journée d’automne, les élèves ont remarqué que les tournesols qu’ils avaient plantés étaient recouverts de mésanges et de moineaux. « Je suis content de dire à mon entourage ce que j’ai accompli et ce que j’ai appris sur le jardinage. Grâce à Sarah se souvient que « les toutes mes nouvelles élèves étaient impressionnés connaissances, peut-être et qu’ils ont récolté des qu’un jour j’aurai le goût de graines pour les donner aux oiseaux. » mettre sur pied et de faire fonctionner un projet similaire. » Ancien élève 11 Le sentiment d’appartenance communautaire Kim Sanderson est certain que les enseignants et les élèves deviendront plus familiers avec l’enseignement et l’apprentissage en plein air grâce aux encouragements de la naturaliste. De cette manière, l’alphabétisme écologique sera approfondi et il franchira les limites du voisinage aux dires de Kim. « Lorsqu’on travaille dehors à désherber et à planter, ajoute-t-il, les gens offrent leur aide. Les voisins veulent participer au projet. Certains possèdent même des espaces à entretenir qui leur sont réservés dans le jardin. » Ainsi, les membres de la communauté partagent leurs connaissances en horticulture tout en apprenant le fonctionnement des espèces de l’Alberta avec les élèves et les enseignants. « Même si les gens autour de nous n’y croient pas, on doit À l’origine, certains voisins ont manifesté leurs inquiétudes en lien avec la surveillance et la quand même croire que c’est sécurité dans la cour d’école, particulièrement par rapport à la présence de l’étang. Le fait de possible. C’est ce qui est parler longuement du projet a permis de dissiper les inquiétudes et d’encourager les membres arrivé avec l’étang. On a eu beaucoup de problèmes, mais de la communauté à participer. Un des événements les plus marquants fut une soirée autour aujourd’hui, il est dans la d’un feu de camp à la mi-octobre. Les enseignants ont aménagé le site, les parents ont préparé cour. Il ne faut pas s’en faire le feu et les élèves ont fait cuire des guimauves alors qu’un conteur racontait des histoires. avec ça. On doit juste y croire très fort. » Enseignants, parents et élèves ont eu la chance d’expérimenter directement une classe en plein air et d’y voir tout le potentiel possible. Ancien élève 12 Windsor School, Winnipeg (Manitoba) : Vers une participation et une liberté d’action communautaires Lorsque le fils de Ted McLachlan s’est mis à étudier les araignées avec sa classe en maternelle, tous les élèves sont sortis dehors pour en trouver. Ils ont cherché et cherché, mais n’ont rien trouvé. Il n’y avait aucune araignée dans la cour de l’école Windsor. À partir de ce jour, l’école a mis en branle un projet de naturalisation qui dure encore. Selon les enseignants et les parents, le coup d’envoi a été de transposer tous les aspects du programme pédagogique à l’extérieur de l’école. Par le biais d’une l’association, Home and School Association, un groupe d’enseignants et de parents intéressés à apporter des changements se sont réunis afin de discuter d’un plan d’action. Les outils du programme britannique « Learning through Landscapes » ont permis de démontrer comment transformer une cour d’école en classe en plein air. Ensuite, les membres du comité ont dessiné un plan de la cour d’école existante et ils l’ont distribué aux élèves afin de recueillir leurs commentaires et leurs suggestions. On leur a posé la question suivante : « Quels changements souhaitez-vous voir dans la cour d’école? » L’objectif était de les faire participer dès le début du projet afin que ce dernier réponde à leurs besoins et qu’il reflète leurs idées pour les encourager à participer et à vouloir apporter des changements. La réponse des élèves a été unanime. Ils voulaient une cour plus silencieuse et moins exposée au soleil et ils souhaitaient faire pousser des légumes et des petits fruits dans des jardins. 13 Les éléments Avant Après +/- Les membres du comité composé Asphalte 1 800m2 1 700m2 – 100m2 Gazon 3 900m2 3 900m2 — de parents et d’enseignants ont Espace de plantation 0m2 1 700m2 + 1 700m2 choisi de diviser l’aire couverte Arbres 7 38 + 30 dans le parc adjacent + 61 Arbustes 0 25 + 25 Fleurs sauvages 0 1 650m2 + 1 650m2 Bancs 0 76m linéaires + 76m linéaires + 50m2 d’asphalte à l’aide de gros bacs de jardinage pour chaque classe Jardin de légumes 0 50m de la maternelle à la 6e année. Pré 0 1 600m Dans les bacs de jardinage, il est Peinture d’asphalte 0 150m 2 + 1 600m2 2 + 150m2 2 possible de tout faire pousser, des haricots aux arbres d’ombrage. Les membres ont également décidé d’aménager des aires de repos pour les élèves. On a demandé aux élèves où placer les jardinières et on a ajouté leurs idées dans un nouveau plan. Au coup d’œil La communauté contribue au projet et tire profit des avantages Population scolaire 380 Niveaux Maternelle à 9e année Principales caractéristiques du projet Bacs de jardinage pour les classes en plein air, pour s’asseoir et pour jardiner (1/2 plantation végétale annuelle et 1/2 fleurs sauvages et graminées), cadran solaire (avec un mat), carte murale du voisinage, pré, plantation d’arbres, plantation d’arbustes indigènes et d’arbres dans le parc adjacent Les parents, les enseignants et les élèves ont mis deux soirées pour fabriquer les bacs de jardinage. La première soirée, environ 40 Taille du projet (mètres carrés) 7 400m2 bénévoles se sont présentés et, le lendemain, plus du double. L’aspect social et interactif de Financement jusqu’à maintenant 20 000 $ Début du projet 1994 ces activités a attiré des gens qui, à première vue, n’étaient pas intéressés à participer aux réunions du comité. Depuis, la participation active de la communauté demeure un soutien vital pour la réalisation du projet. En retour, la communauté bénéficie du projet également. En lien avec l’initiative « Grow a Row » des chargements de betteraves et de carottes provenant du jardin scolaire ont été donnés à une banque d’alimentation locale. Les parents se rassemblent désormais spontanément près d’un bac de jardinage situé à l’entrée des élèves du primaire afin d’attendre leurs enfants tout en discutant avec les autres parents. Au fur et à mesure que le projet grandissait, les élèves ont commencé à planter des chênes à gros fruits, des ormes et des frênes dans un endroit partagé avec le club communautaire local. Grâce à tous ces efforts, les liens entre l’école et la communauté se sont resserrés. 14 Recenser les points d’intérêt dans la communauté La dernière étape du projet à avoir été réalisée, le décompte écologique communautaire, a exprimé avec force l’engagement accru de tous. Avec l’aide d’un parent, Paul Fieldhouse, les élèves ont recensé les éléments présentant des points d’intérêt au sein de la communauté. Ils ont choisi les éléments (bruits, voitures, animaux, arbres, pistes cyclables, pollution) qu’ils ont reproduits sur des cartes après que des parents bénévoles aient ratissé le voisinage à la recherche de ces éléments. Selon l’enseignante Lisa Bunkowsky, cet exercice avait pour but « d’encourager les élèves à s’arrêter et à observer leur communauté avec un sentiment de fierté. Par exemple, on a débuté nos recherches le matin du recyclage et on ne voyait que des bacs bleus à l’extrémité des entrées de garage. La plupart des familles recyclaient, et c’était amusant de voir les élèves observer le voisinage avec un autre œil. Ce qu’ils voyaient leur permettait de faire de nouveaux liens. » À partir de cette étape d’observation, les élèves ont manifesté le désir de peinturer une murale et de créer un jeu ayant pour thème le voisinage. Chaque groupe a travaillé avec l’artiste Cameron Cross pour effectuer une section de la murale. Ensuite, avec l’aide des parents, les élèves ont reproduit le dessin sur l’asphalte au milieu des bacs de jardinage : une carte de leur communauté (mesurant treize mètres par vingt mètres) comprenant des lapins, des balançoires, des glissades, des autobus et des arbres. Les routes représentaient les sentiers du jeu et des questions à choix multiples au sujet de la fondation et de l’histoire de la communauté étaient inscrites sur des cartes de jeu. « La murale est un point de départ », ajoute Ted. « Grâce à ce jeu, les élèves observent leur communauté et réfléchissent. Ils l’ont fait par eux-mêmes et ils l’entretiennent. Ils sentent maintenant qu’ils font partie de la communauté et ils en sont fiers. Ils sont emballés des petits détails et des éléments que seuls eux remarquent. » 15 La liberté d’action pour assurer la continuité du projet Avec les années, les élèves participent de plus en plus activement au projet et ils ne le font pas simplement à la demande des enseignants. C’est réellement quelque chose qu’ils souhaitent faire par eux-mêmes. Le plus gros obstacle a été de réaliser que la cour d’école leur appartient. Maintenant qu’ils prennent les devants, le projet croît de jour en jour. Les élèves ont même pris l’initiative de mettre sur pied un programme de compostage et de recyclage. Les enseignants et les parents ont également été inspirés. Ted ajoute qu’ « en terme de participation communautaire, ils réalisent que les parcs et les cours d’école leur appartiennent et que s’ils attendent après quelqu’un pour faire des changements, ils peuvent attendre très longtemps. Par contre, s’ils participent de façon active, ils ont la chance d’améliorer l’environnement d’apprentissage de leurs enfants. Pour nous, une des belles réussites a été la construction des bacs à jardinage. Les gens ont vu qu’on pouvait faire de grands changements. » Ted considère que la liberté d’action est la clé de la réussite pour un projet durable : « Si on ne « donne pas la liberté aux élèves et aux parents de faire des changements, il n’y a pas de contiCe que les élèves aiment, ce sont les petites choses nuité dans le projet. La continuité vient avec la liberté comme les graines de d’action communautaire alors que tous les gens par- tournesol et les mille- ticipent dès le début. Tout le monde se demande alors pattes. Ils sont aussi très fiers de leurs bacs de ce qui suivra. » L’école Windsor envisage maintenant jardinage. Si quelqu’un d’aménager un belvédère, un étang, un site isolé pour lance une pierre ou un les expériences à long terme, une aire de rassemble- débris dedans, ils ne sont pas contents. » ment pour les élèves les plus vieux et un éclairage en spectre continu sur l’édifice scolaire. Comme les élèves Lisa Bunkowsky, enseignante participent à la planification du projet, à l’établissement des priorités et au choix des idées, dans une grande mesure, ils donnent le coup d’envoi au projet. 16 St. Monica’s Catholic School, Barrie (Ontario) : Sensibiliser à l’écologie par le biais d’une approche éducationnelle holistique et jumelée Le projet de naturalisation de l’école St.Monica’s grandit de jour en jour. Au départ, le projet a été conçu pour aménager un jardin d’apprentissage en arrière de l’école. Les participants ont planté des plantes, des arbustes et des arbres indigènes pour créer un marécage, un pré et une haie de cèdres afin d’attirer les animaux. Aujourd’hui, le projet comprend également un jardin de papillons, un étang et une terrasse et il se trouve entre deux aires naturelles dans un site qu’on surnomme « Shadow Lane ». Avec les années, la communauté scolaire a ajouté dans le jardin des plantes décoratives, comme des jonquilles, des hyacinthes, des tulipes et des crocus. L’enseignante Rita D’Antonio explique ce qui a provoqué le changement : « Lorsqu’on a débuté le projet, on a jugé important d’attirer les animaux qui se nourrissent d’espèces indigènes. Une fois le projet terminé, les élèves avaient besoin de faire autre chose que de seulement entretenir le site. On voulait qu’ils expérimentent le processus de plantation et de floraison. C’est ce que nous avons essayé de faire avec « Shadow Lane », un endroit stérile entre deux aires naturelles. C’est désormais un lieu tellement apaisant. » Kendra Merrick, une architecte-paysager, a été la mère bénévole qui a chapeauté le projet de « Shadow Lane ». En travaillant étroitement avec le groupe de 3e année de sa fille, elle a supervisé la planification et l’aménagement. À la demande des élèves, « Shadow Lane » devait être un lieu pour jouer lors des récréations. Situé au cœur de la cour, l’endroit comporte des bancs de parc et des plantes indigènes rustiques qui survivent au passage des piétons. D’autres variétés de plantes, données par les parents, sont ajoutées à chaque année de sorte que toutes les nouvelles classes de 3e année vivent une journée de plantation. 17 Les éléments Avant Après Gravier +/– 120m2 Espace de plantation — + 4 820m2 Arbres 8 205 + 197 Arbustes 1 101 + 100 Fleurs sauvages 0 203 + 203 Bancs 0 20 + 20 Billots de bois 0 20 + 20 Abris à l’ombre 0 2 +2 Grosses roches 0 9 +9 L’enseignante suppléante d’éducation environnementale « Shadow Lane » est un endroit naturalisé où les élèves jouent durant les récréations et leurs temps libres. Trois ans après la mise sur pied du projet, par contre, peu d’enseignants utilisaient la cour d’école comme classe en plein air : le potentiel d’apprentissage de la cour devait être pensé. Enseignante en 5e Au coup d’œil année, Rita décide d’abandonner son Population scolaire 770 emploi pour devenir la première Niveaux Pré-maternelle à 8e année enseignante suppléante d’éducation Principales caractéristiques du projet Jardin de papillons, marécage, étang, grosses roches, arbres d’ombrage, tournesols, bulbes printaniers, aire de repos, deux abris, entretien estival par des familles, pépinière, mangeoires, habitats pour oiseaux et pour chauve-souris environnementale. (Les enseignants suppléants remplacent les enseignants durant une période de 40 minutes à chaque semaine pour préparer les cours. Les enseignants suppléants donnent habituellement des cours de musique, d’éducation physique et d’informatique.) Taille du projet (mètres carrés) 4 820m2 pour tous les jardins : Jardin écologique : 40m X 50m = 2 000m2 « Shadow Lane » : 12m X 10m = 120m2 « Whispering Wetlands » : 30m x 20m = 600m2 Terrasse : 20m X 10m = 200m2 Jardin en avant : 2m X 100m = 200m2 « Magic Wildlife Mansion » : 1 500m2 « First Holy Communion Place » : 200m2 Financement jusqu’à maintenant 25 000 $ Début du projet Octobre 1994 Maintenant, à l’école St.Monica’s, tous les élèves, de la maternelle à la 6e année, passent 40 minutes par semaine à l’extérieur en compagnie de enseignante suppléante. La cour d’école est l’endroit idéal pour en apprendre davantage sur la dispersion des graines, les conditions météorologiques, les insectes, les fleurs, les habitats de la faune, les propriétés médicinales des plantes et plus encore. Les élèves de maternelle « On est en mesure de rejoindre les élèves qui ne jouent pas au soccer ou au baseball et ceux qui ne se sentent pas attirés par ce font surtout des activités tactiles et exploratoires. Les élèves de 1ère et 2e année ont des « lieux magiques » où ils observent les changements saisonniers à chaque semaine. genre d’activités de groupe. Ça leur donne De telles expériences vécues directement sur le ter- quelque chose d’autre à faire. Grâce au projet de rain encouragent les élèves à poser des questions naturalisation, les élèves au lieu de se contenter de répondre aux questions ont l’occasion de faire des formulées par les enseignants. Leur curiosité est activités différentes dans la cour d’école. » piquée. Les élèves qui s’occupent des arbres dans la cour d’école veulent en savoir davantage sur les Rita D’Antonio, enseignante arbres qu’ils ont à la maison. Quelques fois, les questions des élèves forment la base d’un autre projet et ils tentent d’y répondre par eux-mêmes. 18 Rita explique sa philosophie : « Il est très Réalisations important de forger une bonne gestion de Jardin écologique : octobre 1994 « Magic Wildlife Mansion » (abris avec des arbres d’ombrage dans la cour d’école) : 1996 Devant de l’école : 1997 planète. Nous devons être des citoyens de Mise sur pied du programme d’apprentissage environnemental en plein air : 1997 la terre plus sensibilisés. Tant que les « Shadow Lane » : 1998 élèves expérimentent les beautés de la « First Holy Communion Trees » : 1999 nature, ils souhaitent apprendre et com- Participation à la compétition nationale Communities in Bloom pour récompenser l’embellissement et les efforts environnementaux des municipalités afin d’encourager la participation communautaire : 1999 prendre. Et ils veulent passer à l’action. La « Whispering Wetlands » : 2000 terre fait partie de leur vie, et plus tard ils Terrasse : 2000 devront faire des choix pour la préserver. » Implémentation du programme d’apprentissage environnemental en plein air dans la nouvelle école : 2001 l’environnement pour le bien-être de notre Les élèves les plus âgés réfléchissent sur des questions plus controversées au sujet, par exemple, la chasse et de l’utilisation de l’eau et des pesticides. L’expérience qu’ils gagnent sur le terrain leur permet de tirer l’information de façon plus concrète. Au moment où les élèves de 6e année ont étudié l’utilisation des pesticides, ils ont eu la chance de découvrir, d’observer et de classifier différentes odeurs d’animaux nuisibles. Par le biais de jeux, d’expériences et de différentes activités, ils ont approfondi leurs connaissances au sujet des impacts potentiels des pesticides sur la communauté naturelle. Ils ont également communiqué avec des entreprises d’entretien de pelouses afin de recueillir les points de vue des employés. Selon Rita, il était important pour eux d’entendre parler de toutes les facettes de la question avant de se faire une opinion valable. Une approche éducationnelle holistique et jumelée pour la classe en plein air La classe en plein air se prête bien aux approches éducationnelles holistiques et jumelées. Les élèves de 1ère et 2e année ont observé les changements saisonniers dans les cours de sciences naturelles, d’art visuel (dessin, pastel) et dans les activités basées sur le langage (rédaction d’un journal de bord). Les élèves plus âgés ont concentré leurs efforts sur des habiletés reliées aux mathématiques et aux sciences, comme la prise de mesures, l’observation et la prise de notes. Afin de se préparer pour la foire annuelle des sciences, Rita a utilisé la classe en plein air pour familiariser les élèves avec les méthodes scientifiques. Au mois de janvier, elle a créé des expériences dans la neige qui ont servi de modèles pour les expériences des élèves. En prenant 19 des mesures, en faisant des essais et en observant les propriétés de la neige, les élèves ont ensuite été en mesure d’établir des procédures scientifiques. Les parents ont remarqué que les expériences dans la cour d’école ont aidé les élèves à mettre sur pied leurs propres projets. Les approches éducationnelles holistiques et jumelées peuvent être un défi à intégrer au programme, particulièrement si ce dernier est bâti de façon à répondre à des objectifs très précis en lien avec un sujet, comme c’est le cas en Ontario. Pour Rita, la possibilité s’est présentée grâce à l’utilisation de la classe en plein air en collaboration avec le programme « First Steps Language ». En lien avec le programme, les élèves de tous les niveaux ont appris six genres d’écriture rédactionnelle à chaque année. Par exemple, ils ont appris le genre narratif, la rédaction de rapports et le texte à développement logique. Rita a allégé la tâche des enseignants en donnant elle-même le cours sur un ou deux genres. Par exemple, elle a enseigné le texte à développement logique à tous les élèves en faisant un exercice dans la nature avec eux et en leur demandant ensuite de rédiger un texte au sujet de cet exercice. La classe en plein air de l’école St.Monica’s est l’endroit idéal où les élèves peuvent faire des expériences et comprendre la monde naturel selon différentes perspectives. Que ce soit en courant près des arbres, en observant les papillons ou en étant simplement assis avec des amis, les élèves profitent d’une cour d’école où l’ap- prentissage et le jeu vont de pair. Pour Rita, ce qui est le plus précieux c’est d’être témoin du plaisir qu’ils éprouvent à être dehors. « Lorsque je me promène dans les corridors, les élèves m’arrêtent toujours pour me raconter une de leurs expéri- 20 ences avec la nature. Je les regarde admirer la beauté de la nature et ça me rend heureuse. Leurs yeux sont grands ouverts. Ils font des liens rationnels qui deviennent ensuite intégrés à leur mode de vie. » 21 Les Petits Castors, Longueuil (Québec) : Une école en harmonie avec la nature La naturalisation scolaire est une activité profondément ancrée Au coup d’œil dans l’esprit de l’école alternative Les Petits Castors. Durant six Population scolaire 85 Niveaux Maternelle à 6e année Principales caractéristiques du projet Arbustes et arbres indigènes, pépinière, massifs de fleurs, sentier de gravier, activités éducatives, compost avec vers de terre années, les élèves, les enseignants et les parents ont travaillé d’arrache-pied afin de planter des arbres, des arbustes et des fleurs sauvages dans la cour d’école. Malheureusement, l’école a Site 1 : Papineau (Longueuil) : 1 286m2 ensuite due être relocalisée. Dès son arrivée sur le nouveau Site 2 : Lavallée (Longueuil) : 104m2 site, la communauté scolaire a commencé à planifier les Début du projet Plan du projet : octobre 1994 Première activité de plantation : mai 1995 prochaines transformations. « Les élèves et les enseignants Financement 14 500 $ de subvention jusqu’à maintenant dons en nature : 122 arbres, 60 arbustes, compost, paillis, graines et plantes indigènes Taille du projet (mètres carrés) désiraient poursuivre le travail qui avait été commencé précédemment », souligne Diane Joubert, mère d’une élève. « Pour eux, l’école est le cadre idéal afin de planifier et d’amé- nager la création d’un jardin. L’aspect extérieur de la cour était très important à leurs yeux. » Par contre, Diane ajoute que ça n’a pas toujours été le cas. Avec les années, le sentiment d’appartenance s’est forgé grâce à la participation de tous. Ergothérapeute de métier et dotée d’une formation en sciences environnementales, Diane a mis sur pied le projet au moment où sa fille était en 1ère année. Elle s’intéressait aux cours d’école recouvertes d’asphalte et de gazon et aux effets néfastes de l’utilisation de pesticides et de fertilisants pour l’environnement et les gens. Dans le but d’améliorer la situation, elle a proposé l’aménagement d’un arboretum. Le projet a débuté avec la plantation de 32 différentes sortes d’arbres et d’arbustes indigènes, 22 Réalisations Site 1 : Papineau (Longueuil) Début de la planification du projet et proposition de candidature pour une subvention : automne 1994 Phase I du projet — la Ville plante des arbres sur le terrain de l’école : mai 1995 Les parents et les élèves de deux écoles plantent des fleurs, des arbustes et des arbres indigènes : octobre 1995 Les élèves remplacent les arbustes qui ont souffert durant l’hiver; ils construisent des nichoirs; ils présentent une exposition ayant pour thème « Les oiseaux dans ma cour d’école »; ils aménagent des massifs de fleurs devant l’école; ils font du paillis : mai 1996 Les élèves protègent les plantes en prévision de la période hivernale; ils recueillent des données : octobre 1996 Début de la fabrication du compost avec des vers de terre; intégration de l’activité au programme pédagogique : janvier 1997 La Ville fait don de quinze arbres qui sont plantés de façon temporaire devant l’école : mai 1997 Phase II du projet — retrait de l’asphalte à certains endroits dans la cour d’école : juin 1997 Transplantation de quatorze arbres dans la cour d’école; visite d’un groupe d’étude environnementale provenant de Colégio (Brésil) qui s’intéresse au projet; participation de trois écoles au projet : octobre 1997 Plantation d’arbres et d’arbustes dans la cour d’école : mai 1998 Plantation de bulbes, désherbage, concours pour trouver un nom au site, tenue de différentes activités par les élèves au sein du « Club des petits jardiniers » et du « Club de fabrication du compost » : automne 1998 Projet en arrêt provisoire puisque l’école sera relocalisée sous peu; les activités éducatives se poursuivent grâce au « Club des petits jardiniers » et au « Club de fabrication du compost » : 1999-2000 Site 2 : Lavallée (Longueuil) Relocalisation de l’école dans un autre bâtiment qu’elle partage avec une autre école : été 2000 Création d’une pépinière et d’un massif de fleurs : mai-juin 2001 dont des érables, des frênes, des pins, des épinettes, des sureaux et des amélanchiers. Avec les années, le projet a pris énormément d’ampleur. Les participants ont construit des nichoirs; ils ont mis sur pied un programme de compostage; ils ont retiré 546 mètres carrés d’asphalte et ils ont ajouté des arbres, des arbustes et des fleurs sauvages. Les parents et les enseignants ont voulu resserrer les liens des élèves avec la nature et les sensibiliser à l’importance de préserver et de protéger la vie. « Nous ne faisons qu’un avec la nature, mais on a souvent tendance à l’oublie », explique Diane. « En plantant des arbres, les élèves réalisent que ces derniers sont vivants et qu’ils jouent un rôle essentiel pour l’environnement. Ils prennent alors conscience de l’importance de préserver la nature puisqu’elle fait partie d’eux-mêmes. » Lorsqu’on parle de la nature, les gens pensent souvent à la pollution et aux désastres naturels. Selon Diane, ils oublient toutefois que le processus de naturalisation fait partie intégrante de la nature. « La naturalisation est une façon positive de penser à l’environnement. Les gens l’apprécient beaucoup. Ils voient les cœurs de pommes dans le compost et ils réalisent que tout provient de la nature. C’est extraordinaire. » 23 Les éléments Avant Après +/- Asphalte 640m2 600m2 - 40m2 (6,25 %) Gazon 2 700m2 2 070m2 - 630m2 (25 %) Espace de plantation 1m 670m + 669m2 Arbres 1 Site 1 : 2 2 54 + 53 L’apprentissage par le biais de projets Depuis la mise sur pied du projet, Diane est responsable du Arbustes 3 107 + 104 programme d’éducation environnementale à l’école Les Billots/bûches 0 3 +3 Petits Castors. Par le biais d’ateliers qui regroupent de six à 104m2 – 104m2 Site 2: Gazon huit élèves à la fois, elle a abordé les thèmes suivants : l’i- + 104m2 dentification des arbres, la photosynthèse, les araignées, les Arbres 12 85 + 73 chauve-souris, les banques de semences, la germination à Arbustes 0 7 +7 Fleurs sauvages 0 25 + 25 Espace de plantation l’intérieur et le compostage avec des vers. La cour d’école s’est révélée être l’endroit idéal pour faire des activités et des projets jumelés destinés à tous les élèves. À chaque année, les groupes de l’école Les Petits Castors explorent un thème particulier en lien avec l’approche éducative basée sur des projets concrets. Tous les élèves choisissent des questions et ils font des recherches sur des sujets se rapportant au thème. Ils travaillent ensuite en groupes avec des élèves des autres niveaux qui possèdent les mêmes intérêts. Une année, le thème a été « Les oiseaux dans ma cour d’école ». Les élèves ont observé les différentes espèces, ils ont créé des représentations artistiques de leurs habitats, ils ont construit des nichoirs et ils ont inventé des jeux, rédigé des questionnaires et créé des livres à colorier, le tout en lien avec ce thème. À la fin de l’année, ils ont présenté leurs projets lors d’un événement où tous les élèves, parents et employés de l’école ont participé. L’année où l’école a due être relocalisée, le thème était « Mon environnement et moi ». Les élèves de 5e et de 6e année, qui s’ennuyaient de l’arboretum, ont demandé d’en aménager un autre sur le site de la nouvelle école. Avec l’aide des élèves de tous les niveaux, ils ont pensé à ce qui était possible de réaliser et ils ont proposé un plan. Ils ont calculé la superficie du site afin que chaque élève possède son propre arbre. Ils ont décidé où planter les arbres afin que ces derniers ne soient pas piétinés, qu’ils ne nuisent pas aux fils électriques et qu’ils ne soient pas enterrés sous la neige durant l’hiver. Finalement, ils ont fait un modèle en trois dimensions pour mieux visualiser le site et pour répartir le projet en plusieurs étapes. « Les élèves savaient que les arbres prendraient plusieurs années avant de pousser », note Diane. « Les élèves les plus vieux 24 avaient déjà cinq années d’expérience, alors ils voyaient à long terme. » Au même moment, les plus jeunes élèves désiraient améliorer leur espace de jeux. Puisqu’il était trop tard pour trouver du financement, ils ont demandé aux parents et aux employés de l’école de les aider. Ils ont planté des graines à l’intérieur afin de les transplanter dans la terre au printemps. Une fois le gazon retiré de l’endroit pour les plantations, ils ont aménagé un jardin avec des marguerites, des marguerites jaunes, des iris, des anémones, des cœurs-saignant, des bergamotiers, de la menthe, de la ciboulette, des fraises et plus encore. Désormais, ils passent les récréations, l’heure du dîner et tous leurs temps libres à jouer dans le jardin. Vers un nouveau concept d’apprentissage Au cours des dernières années, l’école Les Petits Castors a énormément retenu l’attention pour son approche éducative basée sur des projets jumelés. Cette école représente un modèle dans la province de Québec qui vit présentement beaucoup de changements au niveau du système scolaire. Selon Diane, le programme scolaire de l’école Les Petits Castors et la cour d’école ont favorisé la promotion de l’apprentissage par projets. L’aspect du projet le plus encourageant est la possibilité de rejoindre autant de gens, fait remarquer Diane. « Les voisins offrent des plantes et des fleurs. Les familles viennent se balader avec leur chien. Nous avons créé des liens étroits avec la Biosphère de Montréal. Des gens de partout, d’aussi loin que du Brésil même, viennent visiter notre école. C’est fascinant. Il y a tellement de gens qui ne peuvent imaginer une cour d’école sans arbres, sans arbustes et sans jardin. Ces éléments sont désormais partie intégrante de l’école. Je suis certaine que tous les élèves souhaiteront s’entourer de végétation une fois le cycle primaire terminé. » 25 Dartmouth High School, Dartmouth (Nouvelle-Écosse) : Relever le défi de la naturalisation En quoi le projet de l’école Darmouth est-il particulier? « Tout simplement car l’école Darmouth est une école secondaire », réplique Rhea Dawn Mahar, une coordonnatrice pour la Fondation canadienne de l’arbre. « Les projets de naturalisation dans les cours des écoles secondaires sont très rares et le nôtre fonctionne très bien. » En effet, le fonctionnement académique des écoles secondaires permet difficilement la mise sur pied de projets de naturalisation. Le programme est généralement divisé selon les matières. Les élèves changent de classe, de matière et de professeur plusieurs fois par jour, ce qui représente tout un défi de mettre sur pied un projet de naturalisation. La collaboration des élèves et des employés de l’école La collaboration des élèves et des employés de l’école a été la clé du succès pour le projet de l’école Darmouth. L’idée du projet est venue lorsqu’une élève, Stephanie Bigg, et un enseignant, Mike McCurdy, ont invité Rhea à discuter des transformations possibles dans la cour d’école aux Réalisations Aménagement de la première cour intérieure, « Maureen’s Memory Garden » : 26 printemps 1997 Recensement des espèces animales et végétales et examen de la qualité du sol pour les plans d’aménagement de la cour d’école : septembre 1997 Fabrication des bacs de jardinage devant l’école : octobre 1997 Fabrication des nichoirs et création de tableaux de classification pour assurer la surveillance des oiseaux : novembre 1997 Installation de plantes en pot à l’intérieur de l’école : mars 1998 Début de la construction de la serre : juin 1998 Aménagement d’un étang dans le « Maureen’s Memory Garden » : printemps 1998 Lauréat du prix « Elaine Burke Environmental “Go for Green” » : printemps 1998 Création des premiers sentiers : automne 1998 Aménagement de la seconde cour intérieure, « Spartan Courtyard », et mise en place des capsules témoins : printemps 1999 Construction de la cabane à jardin dans le grand quadrilatère : automne 1999 Lauréat pour l’année 1999 du prix « Nova Scotia Government Environmental Award » : automne 1999 Au coup d’œil Population scolaire 1 150 Niveaux 10e à 12e année Principales caractéristiques du projet « Memory Garden », bacs de jardinage, étang, nichoirs, sentiers, serre, aire de repos, jardins dans les cours intérieures Taille du projet (mètres carrés) Trois cours intérieures (quadrilatères) Début du projet Printemps 1997 Financement 6 500 $ enseignants. Dans le cadre de son cours de leadership, Stephanie a procédé à l’élaboration du projet et à l’obtention du soutien et de la participation de la part des élèves et des employés. « Elle a tout fait pour démarrer le projet. Elle est allée chercher l’appui de tous les élèves », ajoute Rhea. Les élèves et les enseignants les plus intéressés par le projet ont formé Grassroot, un groupe dont la mission est de restaurer et d’embellir la cour d’école. Après beaucoup de planification, le groupe a été amputé d’un membre avec le décès hâtif d’une enseignante, Maureen Taggart. En souvenir de sa mémoire, ils ont créé le « Memory Garden ». Le « Memory Garden » se situe dans une des trois cours intérieures de la cour. Des jardins, un étang et des bancs confortables se retrouvent désormais là où il y avait du pavage, des bancs de ciment et un arbre seulement. « Nous voulions créer un endroit qui aurait été plaisant pour Maureen », explique Linda Lever. « L’idée était de transformer la cour intérieure en un coin de repos où il est possible de s’asseoir et de lire, de réfléchir, de jouer d’un instrument de musique et de s’éloigner de la foule. » Une fois le « Memory Garden » aménagé, Grassroot a entrepris la rénovation de la deuxième cour intérieure. Les membres du groupe voulaient créer un endroit où les élèves pourraient se rencontrer, manger et discuter librement. Ils ont consulté le comité étudiant et avec le soutien des élèves et des enseignants, ils ont fait un jardin comportant des bacs de jardinage, des tables de pique-nique et des capsules témoins. Le lieu porte le nom de « Spartan Courtyard ». Dans la troisième cour intérieure, les membres de Grassroot ont décidé de construire une serre. Un dimanche après-midi, avec l’aide d’environ 30 élèves, les membres du groupe ont bâti la 27 structure avec des feuilles de plastique et du bois. « L’événement est le signe que les élèves ont répondu avec entrain, ajoute Linda. Depuis sa construction, la serre a accueilli les classes de biologie, d’économie, d’enseignement coopératif et d’éducation spécialisée. Les élèves font pousser des plantes pour leur classe ou pour la cour d’école et ils vendent les produits dans un marché local (dans le cadre d’un programme d’entrepreneurship). La contribution unique des équipes sportives « Ce qui est agréable avec les adolescents, dit Rita, c’est qu’ils ne se contentent pas juste de s’asseoir et de parler. Ils veulent faire quelque chose. » Les enseignants supervisent le projet de naturalisation scolaire, et les élèves participent à tous les aspects de la planification et du travail. La participation des équipes sportives demeure un élément significatif et assez unique du projet. Chaque année, les membres de Grassroot communiquent avec les équipes sportives et leurs entraîneurs en leur fournissant une liste des tâches à accomplir, comme le désherbage, l’élagage, le broyage et l’enlèvement du gazon. Chaque équipe se porte volontaire pour effectuer une des tâches requises. Une des tâches les plus exigeantes physiquement est accomplie par l’équipe de football. Par exemple, afin d’enfouir les fils souterrains pour l’électricité et le chauffage entre l’école et la serre, les membres de l’équipe de football ont creusé un chemin qui relie l’école et la serre dans l’asphalte et le gravier. Une année, après qu’un élève ait perdu la vie dans un accident de planche à roulettes, les filles de l’équipe de volley-ball ont aménagé un second jardin commémoratif devant l’école. 28 « Selon les entraîneurs, la participation des élèves à ces activités est une source importante de motivation », ajoute Rita. À cette école, où il est difficile pour les groupes d’entreprendre des projets à long terme, le recrutement des équipes sportives pour certaines tâches assure une participation continue des élèves. Les avantages d’aujourd’hui et de demain Le projet a permis une diminution du vandalisme dans la cour d’école. Linda ajoute qu’on retrouve peu de graffitis et que les plantes sont en bon état. Elle croit que les élèves tirent un sentiment de fierté et d’appartenance grâce à leur participation au projet : « Des centaines d’élèves participent au projet à chaque année. Ils sont fiers de leurs jardins et ils aiment y passer du temps. Ils les apprécient et ils en profitent le plus possible. Lorsque les élèves arrivent pour l’orientation en 9e année, ils sont stupéfaits et leurs parents aussi. » Maintenant que les changements dans la cour intérieure sont en cours, les membres de Grassroot tournent leur attention vers le reste de la cour. Les travaux ont commencé dans le stationnement avec le retrait des blocs de ciment et de l’asphalte à certains endroits. On retrouve désormais des buissons de rosiers, des plantes grimpantes et d’autres espèces vivaces. Une autre partie de la cour a été abandonnée afin de lui redonner un aspect plus sauvage. On y aperçoit déjà des fleurs sauvages et des arbres, dont plusieurs espèces sont indigènes, qui sont très intéressants et attrayants. Finalement, ils ont également aménagé un marais avec des roseaux. Afin de profiter pleinement de ce site sauvage, les prochains 29 plans comprennent la construction d’un amphithéâtre pour les cours d’anglais et la création d’un sentier d’interprétation de la nature pour les cours de biologie. Alors que le projet grandit, la communauté scolaire espère renforcer les liens avec le programme pédagogique tout en restaurant les habitats naturels et en embellissant la cour d’école. 30 Retrouver la nature en ville Evergreen encourage les Canadiens à aménager et à entretenir des espaces naturels sains en leur offrant des ressources pratiques tirées de ses trios programmes principaux : La classe verte (la naturalisation des cours d’école), La communauté verte (la naturalisation des communautés) et La maison verte (la naturalisation du paysage à la maison). Grâce à la naturalisation, nous croyons qu’il est possible de donner naissance à des quartiers pleins de vie, à un environnement naturel sain et, à plus long terme, à une société viable pour tous. Le programme de La classe verte Toyota Evergreen Le programme de La classe verte a été mis sur pied afin de rassembler les élèves, les enseignants et les communautés pour métamorphoser des cours d’école recouvertes d’asphalte stérile et de quelques plaques de gazon en classes en « plein air » naturelles. En plantant des arbres, des arbustes et des fleurs sauvages, en aménageant des prés ou des bassins d’eau, en créant des peintures murales, des sculptures, des jardins potagers ainsi que d’autres projets de type environnemental, les possibilités d’apprentissage se multiplient et offrent un nouvel aspect divertissant pour les enfants. Le fait de créer et de maintenir des classes en plein air fournit l’occasion idéale pour observer, participer, apprendre et profiter d’un environnement complexe et continuellement changeant. Les coffres à outils d’Evergreen Le coffre à outils est une trousse documentaire visant à inspirer, informer et guider les élèves, les parents, les enseignants et les membres de la communauté dans toutes les étapes d’un projet de naturalisation. La série Coffre à outils contient des guides, des vidéos éducatifs et motivants, des bulletins d’information, des rapports de recherche et un registre de projets en ligne. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les ressources de nos coffres à outils, visitez notre site Web au www.evergreen.ca. L’initiative canadienne d’Evergreen existe grâce au soutien généreux de citoyens canadiens, de fondations, d’entreprises et de différents organismes gouvernementaux. Parmi nos principaux partenaires financiers, nous retrouvons : Un immense merci à la Fondation R. Howard Webster. www.evergreen.ca 355 Adelaide St. West, 5th Floor, Toronto, ON M5V 1S2 Tél: 416-596-1495 Téléc: 416-596-1443 #404-134 Abbott St., Vancouver, BC V6B 2K4 Tél: 604-689-0766 Téléc: 604-669-6222 Numéro sans frais pour les appels au Canada — à l'extérieur de Toronto et Vancouver : 1 888 426-3138