L`apprentissage dans ma cour d`école

Transcription

L`apprentissage dans ma cour d`école
Retrouver la nature en ville
L’apprentissage dans ma cour d’école :
Récit et détails de six projets de
naturalisation scolaire au Canada
Document de la série Coffre à outils
Toyota Canada appuie fièrement les classes en plein air dans les écoles canadiennes.
Retrouver la nature dans les cours d’école
Evergreen et Toyota Canada travaillent de concert afin d’offrir aux élèves un environnement d’apprentissage enrichissant. Le programme de La
classe verte Toyota Evergreen s’engage à contribuer de manière positive à la santé et au bien-être des générations futures en sensibilisant les
élèves à l’importance de préserver et de restaurer le patrimoine naturel du Canada. Les enseignants, les élèves et les membres de la communauté sont invités à participer à l’effort national afin de revitaliser les cours d’école canadiennes et de créer un milieu d’apprentissage sain.
Charte de La classe verte Toyota Evergreen
L’association conclue entre Evergreen et Toyota Canada représente un engagement vers un objectif commun qui est de contribuer de manière constructive à l’amélioration des cours des écoles canadiennes, de l’environnement naturel et du développement physique et affectif des enfants
canadiens.
Grâce aux ressources éducationnelles dont nous disposons et au soutien des citoyens bienveillants qui appuient l’initiative, nous croyons possible
la transformation des cours de récréation en des lieux d’apprentissage plus sains et interactifs.
Grâce à l’engagement social de Toyota et aux initiatives environnementales d’Evergreen, nous croyons possible l’amélioration de notre visée commune de même qu’une augmentation de la qualité du travail, de la communauté et de l’apprentissage des enfants.
Nous nous engageons fermement à donner l’exemple et à fournir le soutien et les ressources importantes et nécessaires aux écoles canadiennes
et aux communautés dans lesquelles nous œuvrons pour réintégrer la nature dans nos villes.
Notre motivation première est de forger un nouveau sens à l’engagement communautaire et à la préservation environnementale dans le cœur et
l’esprit des enfants et des jeunes qui représentent l’avenir du Canada.
Geoff Cape, Directeur général, Evergreen
www.evergreen.ca
Yoshio Nakatani, Président, Toyota Canada
www.toyota.ca
Publié par Evergreen
Evergreen est un organisme environnemental à but non lucratif dont l’objectif est de ramener la nature en ville par le biais de projets de naturalisation.
Mentions : Concept du projet : Cam Collyer et Seana Irvine. Rédactrice : Anne Bell. Rédactrice en chef : Seana Irvine et Krista Long, Graphisme :
Grace Goddard. Impression : MPH Graphics.
Photographies : Joshua Berson – Grandview/?uuquinak’uuh Elementary School; Frank Gasparik – Belgravia Elementary School;
Brian Hydesmith – Windsor School, sauf le photo au milieu et le photo au bas droite de la page 13 par Ted McLachlan; Cam Collyer – St.
Monica’s Catholic School; Jane Churchill – Les Petits Castors, sauf le photo en haut de la page 23 et le photo au bas gauche de la page 24
par Diane Joubert; John Hillis – Dartmouth High School.
Photos de la page couverture : Cam Collyer
Copyright © 2001 Evergreen. Tous droits réservés. Toute reproduction d’extraits de la présente publication est autorisée avec la permission
écrite d’Evergreen seulement.
Données de catalogage avant publication de la Bibliothèque nationale du Canada
Bell, Anne, 1959–
L'apprentissage dans ma cour d'école : recit et détails de six projets de naturalisation scolaire au Canada
(Le coffre à outils d'Evergreen)
Publ. aussi en anglais sous le titre: Grounds for Learning
ISBN 0-9730102-1-5
1. Terrains d'école—Canada—Cas, Études de. 2. Aménagement paysager naturel—Canada—Cas, Études de. 3. Environnement—Étude et
enseignement—Canada—Cas, Études de. 4. Classes de nature—Canada—Cas, Études de. I. Evergreen (Association) II. Titre. III. Collection.
SB56.C3B4514 2001
371.6'1'0971
C2001-904158-6
Ce livre est imprimé sur du papier non blanchi et non désencré qui a été recyclé à 100 % (comprenant 100 % de fibres recyclées après consommation).
Introduction
Le paysage naturel est continuellement en changement. Depuis quinze ans, les Canadiens
adoptent une vision plus écologique face aux cours d’école. Elles deviennent désormais des
lieux privilégiés où il est possible de trouver des insectes et des araignées, de s’abriter du soleil
et du vent, d’observer le cycle de vie des grenouilles dans un étang, d’identifier des espèces
d’arbres et de fleurs sauvages indigènes et de célébrer la diversité culturelle des communautés.
Les Canadiens envisagent maintenant les cours d’école comme des endroits sains qui sont propices aux jeux et à l’apprentissage par expériences et qui favorisent le resserrement des liens
entre l’école et la communauté.
L’apprentissage dans ma cour d’école est un document qui regroupe l’histoire de six initiatives
de naturalisation scolaire se déroulant au Canada. Les projets des écoles situées à Vancouver,
à Edmonton, à Winnipeg, à Barrie, à Montréal et à Halifax ont été sélectionnés en raison de
leur représentativité des différents projets de naturalisation présentement en cours à travers le
pays. Le récit des projets, accompagné de photos, de citations et de faits en bref, vise à
L’apprentissage dans
ma cour d’école est
une ressource
d’Evergreen qui fait
partie du Coffre à
outils de La classe
verte Toyota
Evergreen, une trousse
documentaire
contenant des idées
d’aménagement, des
activités en lien avec
programme
pédagogique et des
études de cas
motivants afin de vous
aider à réaliser des
transformations
constructives dans
votre cour d’école.
informer et à inspirer les écoles qui débutent un projet et celles qui en poursuivent un. Vous y
découvrirez des idées uniques, des conseils pratiques et des décisions importantes. Vous
apprendrez également comment ces écoles ont trouvé les ressources nécessaires pour mettre sur
pied et entretenir leur projet.
Evergreen reconnaît l’incroyable travail investi dans chacun de ces projets et nous tenons à
féliciter les six écoles qui servent de modèles dans le présent document. Nous désirons également souligner l’énorme travail de toutes les écoles canadiennes qui s’efforcent d’encourager
l’apprentissage par le biais de projets de naturalisation.
« Nous devons aménager des paysages
apaisants qui nous encouragent à prendre
action en vue d’améliorer nos relations avec
les autres et la nature environnante. »
Alex Wilson, The Culture of Nature
3
Grandview/?uuqinak’uuh Elementary School,
Vancouver (Colombie-Britannique) :
Préparer le terrain pour une revitalisation culturelle
Lorsque deux étudiantes graduées, Illène Pevec et Tracy Penner, ont proposé de revitaliser la cour
de récréation de l’école Grandview/?uuqinak’uuh, les administrateurs ont chaudement applaudi
l’initiative. Ils ont vu l’occasion de donner à l’école du voisinage une nouvelle vocation.
Au coup d’œil
Afin de promouvoir une participation active et une bonne gestion de
Population scolaire
+/- 200
Niveaux
Maternelle à la 7e année
l’environnement, Illène et Tracy ont mis sur pied des ateliers de planifica-
Principales caractéristiques
du projet
Classe en plein air selon les
traditions de la nation Salish,
jardins scolaires, jardins
communautaires, jardins-habitats,
jardins ethnobotaniques, système
de drainage écologique, éléments
artistiques
tion pour tous les élèves, les enseignants, les parents et les membres de
Taille du projet (mètres carrés)
1 acre (80m X 50m = 4 000m2)
Financement jusqu’à
maintenant
165 000 $ en argent; environ
150 000 $ de dons en nature
Début du projet
Automne 1998
la communauté. Les élèves ont manifesté le désir d’avoir un bassin d’eau,
une colline pour grimper ainsi que des fleurs et des arbres qui donnent
des baies. Les enseignants ont également proposé la construction d’un
bassin d’eau en plus de suggérer l’aménagement d’une classe en plein air
couverte afin d’être protégé des pluies abondantes de la côte ouest. Pour
leur part, les parents et les membres de la communauté ont demandé à
ce qu’un jardin communautaire soit conçu pour planter des fleurs et faire pousser des fruits et
des légumes. Puisque 53 % de la population scolaire est composée d’élèves des Premières
nations, les participants ont également soulevé l’importance d’honorer les
traditions culturelles significatives au sein de cette communauté.
Toutes ces suggestions ont été prises en considération dans l’élaboration
finale du projet. On a construit un étang (mesurant un mètre de profondeur par 15 mètres de longueur et par 10 mètres de largeur), dont les
rebords sont couverts de coquilles d’huîtres et de palourdes afin de créer
l’atmosphère du bord d’une plage. En dehors du moment où la pluie tombe,
il y a peu d’accumulation d’eau stagnante. Par ailleurs, ce dernier a été
construit selon les règles de sécurité et il permet de canaliser l’eau des précipitations vers le
réseau d’assainissement.
La terre enlevée lors du creusage de l’étang a servi
pour la construction d’une colline (mesurant quatre
mètres de hauteur par quinze mètres de largeur et
vingt mètres de longueur) où les élèves courent,
glissent, construisent des châteaux de sable et
envoient la main aux gens qui voyagent dans le Sky
Train de Vancouver. « Sur le dessus de la colline, les
4
élèves sont réellement en contact avec le paysage naturel qui
les entoure », fait remarquer Tracy. « Ça leur donne une nouvelle
perspective. Ils voient beaucoup plus loin et ils sont en mesure
de se situer par rapport au monde environnant. »
Honorer les Premières nations
Pour la classe en plein air, les enseignants ont suggéré de construire une longue maison traditionnelle à l’image de celles qu’on retrouve dans les
communautés des Premières nations sur la côte ouest. L’architecte Bruce Carscadden a effectuer
gratuitement les plans
Les éléments
Avant
Après
de la longue maison en
+/-
Asphalte
– 40m2
Gazon
4 000m2
2 000m2
Espace de plantation
6m
environ 950m
+ 944m
Espace couvert
0
70m2
+ 70m2
Arbres
6
37
+ 31
2
– 2 000m2
2
2
s’inspirant du style
architectural de la
nation Coast Salish. Il a
Arbustes
0
80
+ 80
utilisé des poutres trans-
Plantes couvre-sol et vivaces
0
centaines
centaines
Fleurs sauvages
0
40m2
40m2
versales en Douglas
Bancs
4
100
Sentiers
Abris à l’ombre
0
1
96
taxifolié et en genévrier
+ 300m2
rouge comme planches
+ 1 (70m2)
de côté décoratives.
(Bien que la plupart des élèves des Premières nations qui fréquentent l’école proviennent de
différentes régions du Canada, la nation Coast Salish habitait à l’origine à cet endroit.) La
longue maison a été bâtie en suivant les points cardinaux : la porte du devant se trouve au
nord et la porte de derrière se trouve au sud. De plus, elle a été construite près de l’étang afin
de recréer l’atmosphère d’un village de pêcheurs de la nation Coast Salish.
Les élèves et les membres de la communauté ont joué un rôle important dans le
projet. Une classe d’élèves des Premières nations a dessiné et aménagé les terrasses en tenant compte des motifs tissés par les membres de la nation Coast
Salish. Ils ont visité le musée d’anthropologie afin d’observer et de reproduire les
motifs et ils ont demandé à des tisseurs de leur parler de cet art et de sa signification pour les membres des Premières nations. Ils ont ensuite reproduit les
motifs sur le carrelage en briques en transcrivant d’abord les motifs sur du papier
spécial et ils ont finalement placé les briques en suivant le tracé.
Les élèves de la 2e à la 7e année ont participé à la création des totems situés à
l’entrée de la longue maison. Les totems ont été créés par Ramona Gus, un aîné
de la communauté Nuu Cha Nulth Nation. Les élèves ont eu la chance d’observer
5
Réalisations
Première subvention (Subvention du « Vancouver Parks Board » pour le voisinage) :
novembre 1998
Ateliers de planification communautaire :
janvier 1999
Première plantation (à l’intérieur) :
février 1999
Fin des plans, publication d’un article de Tracy Penner dans Landscape Architecture :
Construction des premiers bacs de jardinage :
Première récolte du jardin scolaire (laitue et radis) :
avril 1999
mai 1999
juin 1999
Approbation des plans de construction par le Conseil scolaire de Vancouver (après plusieurs comités) :
novembre 1999
Subvention importante pour la construction de la classe en plein air « Real Estate Foundation » de la Colombie-Britannique :
décembre 1999
Mise sur pied officielle de l’association du jardin communautaire de Grandview :
février 2000
Début de la sculpture des totems :
février 2000
Approbation des plans de construction par la Ville de Vancouver :
mars 2000
Pose de la première pierre pour la modification du niveau du sol : (création de la colline, de l’étang, du système d’irrigation, du jardin-habitat) :
mars 2000
Création du jardin de papillons et d’oiseaux-mouches :
avril 2000
Création d’un habitat pour oiseaux :
mai 2000
Création du jardin communautaire et première plantation :
mai 2000
Réalisation finale des totems et célébrations en l’honneur des Premières nations lors du potlatch scolaire :
mai 2000
Inauguration de la cour d’école lors d’une cérémonie de purification selon les rites des Premières nations :
juin 2000
Aménagement de la classe en plein air :
juin 2000
Célébrations d’inauguration de la classe en plein air :
Jardins ethnobotaniques :
octobre 2000
novembre-décembre 2000
Construction d’une terrasse à la manière de la nation Coast Salish :
mars 2001
Célébrations communautaires et 75 anniversaire de l’école Grandview/?uuqinak’uuh :
avril 2001
e
les apprentis sculpter les totems et, sous la supervision de Ramona, ils les ont aidé à les peinturer. Le processus de fabrication des totems sur le site s’est déroulé selon les traditions
culturelles.
Illène a été impressionnée du sentiment de sérénité se dégageant chez les élèves lors du projet. Elle a constaté avec étonnement qu’ils portaient une attention particulière aux détails,
qu’ils suivaient les consignes à la lettre et qu’ils travaillaient en collaboration avec les autres
élèves de manière naturelle. « Les
élèves étaient littéralement captivés
par l’étape de la peinture des totems.
On aurait dit qu’ils étaient en train de
méditer tranquillement et sagement.
Ils ne trempaient jamais leurs pinceaux
dans la mauvaise couleur. En les regardant appliquer la peinture sur les
totems avec autant de concentration,
on avait l’impression d’assister à un processus sacré. »
6
Resserrer les liens entre la culture
et la cour d’école
La revitalisation écologique et la restauration communautaire sont allées de
pair à l’école Grandview/?uuqinak’uuh. Les élèves ont créés un jardin de
papillons et d’oiseaux-mouches ainsi qu’un habitat pour oiseaux en utilisant
presque seulement des arbres, des arbustes et des herbes indigènes. Avec
l’aide du « Environmental Youth Alliance » et de l’organisme Master
Gardeners, ils ont également créé un jardin ethnobotanique composé de
plantes utilisées traditionnellement comme aliments, matériaux et médicaments par les Premières nations. Les ethnobotanistes Brian Compton (University of British
Columbia) et Nancy Turner (University of Victoria) ont donné un sérieux coup de main lors de la
planification et des recherches préliminaires. Pour chaque
plante, les élèves ont trouvé
le nom commun, le nom latin
« Durant les récréations,
j’accomplis plusieurs tâches
reliées à l’entretien de nos
et le nom en Coast Salish
jardins, et les élèves qui le
ainsi que l’utilisation à tra-
désirent peuvent me donner
vers l’histoire.
un coup de main. C’est un des
moments les plus précieux
pour interagir avec eux alors
Les élèves ont cherché par
qu’ils choisissent
eux-mêmes les sortes de
volontairement de travailler. À
fleurs, de graines, de papil-
chaque jour, il y a entre trois
et huit élèves qui se joignent
lons et d’oiseaux qu’ils
à moi. Pas une journée ne
souhaitaient avoir. À l’affût de chaque petit détail, ils savent désormais le moment de floraison
passe sans que personne ne
et de pollinisation (tombée des graines). Les plantes comestibles et les baies sont leurs espèces
m’aide. C’est tellement
favorites dans le jardin ethnobotanique. Au moment de la cueillette des bleuets, des ronces
extraordinaire de voir les
élèves participer au projet et
d’Amérique, des ronces élégantes et des petites poires, les élèves ont l’occasion de prendre con-
développer un sentiment de
science et d’apprécier le rôle de ces plantes au sein de la culture des Premières nations de la
fierté face à leur travail, y
côte ouest.
compris ceux qui éprouvent
des difficultés de
concentration en classe.
Tendre la main aux autres groupes culturels
Illène est optimiste quant à l’avenir du projet. Selon elle, un des objectifs est de mettre en
»
Illène Pevec,
coordonnatrice du programme
place des programmes qui encourageront le plus de gens possible à participer. Toutefois, la viabilité des programmes dépend en grande partie du financement. L’école a reçu, par exemple, une
subvention pour l’alphabétisation des adultes ayant permis la mise sur pied d’un programme de
rédaction d’un journal de bord au sujet du jardin scolaire. Le programme a intéressé tout
7
d’abord les gens du troisième âge et les immigrants du voisinage qui étaient prêts à combler
leurs lacunes langagières, mais qui avaient beaucoup de connaissances en jardinage à partager
avec les autres en retour.
La création des parcelles de jardin est un des moyens les plus
populaires afin de susciter la participation communautaire.
Désormais, le jardin est composé de 24 parcelles où on y cultive des légumes qui se trouvent difficilement dans les
supermarchés. Les membres des Premières nations, les
Vietnamiens, les Chinois, les Japonais, les gens du MoyenOrient et ceux de descendance européenne ensemencent,
entretiennent et récoltent leurs plantes cultivées biologiques
en un seul endroit. Les parents ont mis sur pied une association de jardin communautaire et, en collaboration avec Illène,
ils enseignent la cuisine, les principes de nutrition, la composition des remèdes à base de plantes médicinales et les
exercices physiques en lien avec le jardinage.
La clé de la réussite pour maintenir l’intérêt des gens pour la cour d’école naturalisée est de les
aider à interagir de différentes façons. « L’élément essentiel, ajoute Illène, est la collaboration
des gens à tous les niveaux de la communauté. La collaboration des élèves, des enseignants,
des voisins, des organismes écologiques et des organismes de subvention nous permet de réaliser un tel projet. »
8
Belgravia Elementary School,
Edmonton (Alberta) :
L’alphabétisme écologique par le biais de projets d’apprentissage
Le Centre d’apprentissage en plein air de l’école Belgravia est le résultat d’une concertation,
d’une planification et d’une participation active des élèves. Avec l’aide du directeur, des
enseignants, des parents et des experts de la région, les élèves ont formé un comité responsable d’effectuer un sondage au sein de la population scolaire. À la lumière des
résultats, ils ont retenu les idées qui leur convenaient. Ainsi, ils ont aménagé un
étang, des jardins, des aires de repos et des habitats pour oiseaux et pour chauvesouris. Les élèves ont travaillé en équipes afin de raffiner les plans. Les élèves d’une
classe de 3e année ont créé une maquette du site en trois dimensions, ce qui leur a
permis d’obtenir les commentaires et les suggestions des membres de la population
scolaire et des gens du voisinage entourant l’école.
Encourager l’alphabétisme écologique
Les élèves de l’école Belgravia développent à la fois une compréhension de l’alphabétisme écologique et un sentiment d’appartenance qui s’est forgé par le biais
de la création de quatre bermes contenant, une fois complétées, des espèces de
plantes typiques de l’Alberta. Les élèves ont aménagé une première berme avec des
plantes couvre-sol et des arbustes alpins pour représenter la région des montagnes.
Une seconde berme a été aménagée avec des espèces d’arbres et d’arbustes qui proviennent de la forêt boréale. Lorsque les élèves étudient ou jouent sur les bermes, ils ont
l’occasion d’observer des espèces végétales qu’on retrouve ailleurs dans la province. Cette
expérience leur permet d’en apprendre davantage sur leur biodiversité régionale.
Le développement de l’alphabétisme écologique touche également à l’apprentissage et à la compréhension des cycles de vie naturels et de l’interdépendance de tous les êtres vivants
comprenant, entre autres, le rôle et l’influence des populations humaines sur
l’environnement. Afin d’aider à la compréhension de ce phénomène, une berme
a été aménagée pour faire pousser du blé
en utilisant des graines (fournies par l’organisme à but non lucratif Semencier du
patrimoine) de trois différentes sortes de
souches datant du XIXe siècle et du début
du XXe siècle. Ainsi, les élèves apprennent
9
Au coup d’œil
Population scolaire
100
Niveaux
Maternelle à 6e année
Principales caractéristiques
du projet
Étang, jardin de papillons,
plates-bandes surélevées, jardin
de tournesols, plantations de la
région des montagnes, plantations
de la forêt boréale, cadran solaire,
billots de bois pour s’asseoir, pont,
habitats pour oiseaux et pour
chauve-souris
le déroulement de la croissance des
Taille du projet (mètres carrés)
1 acre (80m X 50m = 4 000m2)
Financement jusqu’à
maintenant
10 000 $
Début du projet
Septembre 1996
cultures, tel qu’il était pratiqué par
les colons européens à l’époque. De
plus, ils prennent conscience de l’importance de la préservation de la
diversité génétique à l’intérieur des
aliments.
Les élèves expérimentent le cycle complet de la transformation du blé, comme le faisaient les
pionniers; ils plantent les graines, ils coupent le blé, ils mettent le blé en douzeau, ils écôtent
le blé, ils moulent le blé et, finalement, ils font du pain.
Selon un élève de 8e année, « les élèves ne réalisent pas à
quel point un jardin nécessite de l’entretien et à quel point
les aliments doivent être transformés avant d’arriver dans
notre assiette. Pour mieux comprendre, ils doivent effectuer
toutes les étapes entre la plantation et la récolte. »
Barry Edgar, enseignant et parent, croit également aux avantages de cette expérience d’apprentissage. « Il est préférable d’amener les élèves sur le terrain afin de leur enseigner les choses
qu’on retrouve habituellement dans les livres. En participant activement, les élèves retiennent
davantage qu’en lisant. Leur mémoire travaille différemment, et toutes les parties de leur corps
profitent de l’expérience. Ils réalisent également que l’environnement ne se compose pas
uniquement de gazon et de béton. »
Les adultes bénéficient de l’expérience de manière similaire. Comme l’explique un parent, Kim
Sanderson, le système scolaire s’intéresse bien souvent à l’apprentissage plutôt abstrait. « Les
enseignants apprennent cela à l’université, et on s’attend à ce qu’ils le mettent en pratique. La
plupart d’entre eux ne peuvent pas transmettre l’alphabétisme écologique. » Toutefois, grâce
aux projets de naturalisation, les enseignants ont l’occasion de faire de petits pas et d’être de
plus en plus habiles à travailler dans les classes en plein air. « L’apprentissage par le biais de
projets précis est un moyen très stimulant. Malheureusement, le système scolaire n’encourage
pas beaucoup cette méthode. Voilà pourquoi les classes en plein air sont si importantes. »
Réalisations
Planification du projet :
Première plantation :
10
Les éléments
octobre 1996 - mars 1997
mai 1998
Avant
Après
+/-
Espace de plantation
5,25m2
420m2
+ 414,75m2
Arbres
6
16
+ 10
Arbustes
6
45
+ 39
Bancs
0
5
+5
Gazon
+ 637,5m2
Avec l’aide d’une naturaliste résidente
« J’aime me promener dans le
Afin d’encourager et d’aider les enseignants du Centre d’apprentissage en plein air, l’école a
jardin, car j’observe les
plantes pousser et je les
embauché Sarah Cashmore, une naturaliste résidente. Une fois par semaine, elle travaille avec
trouve belles. Je peux
les élèves du club de la nature et elle donne un coup de pouce aux enseignants qui le désirent.
m’installer dans le jardin pour
lire ou pour faire du dessin. Il
n’y a rien comme la sensation
Elle souhaite permettre aux élèves d’apprécier la nature qui les entoure. « J’essaie de leur faire
d’être entouré de fleurs. J’ai
observer les invertébrés directement dans l’étang. Ensemble, nous avons établi une classifica-
l’impression de me retrouver
tion des plantes et nous sommes à préparer un guide de poche au sujet des plantes. De cette
dans un grand champ et non
façon, ils comprennent beaucoup mieux ce qu’ils observent et ils se sentent en relation avec
l’environnement. C’est très sain pour les élèves, particulièrement pour ceux qui vivent dans les
dans une classe fermée.
»
Élève de 6e année
grands centres urbains. »
Le club de la nature, qui regroupe principalement des élèves de la 4e à la 6e année, fait
son propre calendrier pour la classe en plein air. Jusqu’à maintenant, les élèves ont réalisé
des habitats pour oiseaux et pour chauve-souris; ils ont mis sur pied des projets de nettoyage; ils ont nourri les oiseaux durant la saison hivernale; ils ont planté des espèces de
végétaux et ils ont demandé à un conférencier invité de parler des moyens d’attirer les
oiseaux. Désireux de partager leurs connaissances avec les autres élèves, ils ont décidé de
faire une recherche et de présenter certaines caractéristiques de la nature aux autres
élèves au cours d’une semaine prévue à cet effet. Afin de faire participer les plus jeunes
élèves, ils ont organisé des activités d’observation de l’étang et des jeux auxquels plus de
la moitié des élèves ont participé.
Sarah est certaine que les élèves développent une compréhension plus approfondie de l’écologie
en général. Ils apprennent le mode de vie des animaux, et ce que ces derniers leur apportent.
Par une belle journée d’automne, les élèves ont remarqué que les tournesols qu’ils avaient plantés étaient recouverts de
mésanges et de moineaux.
« Je suis content de dire à mon
entourage ce que j’ai
accompli et ce que j’ai appris
sur le jardinage. Grâce à
Sarah se souvient que « les
toutes mes nouvelles
élèves étaient impressionnés
connaissances, peut-être
et qu’ils ont récolté des
qu’un jour j’aurai le goût de
graines pour les donner aux
oiseaux. »
mettre sur pied et de faire
fonctionner un projet
similaire.
»
Ancien élève
11
Le sentiment d’appartenance communautaire
Kim Sanderson est certain que les enseignants et les élèves deviendront plus familiers avec l’enseignement et l’apprentissage en plein air grâce aux encouragements de la naturaliste. De cette
manière, l’alphabétisme écologique sera approfondi et il franchira les limites du voisinage aux
dires de Kim. « Lorsqu’on travaille dehors à désherber et à planter, ajoute-t-il, les gens offrent
leur aide. Les voisins veulent participer au projet. Certains possèdent même des espaces à
entretenir qui leur sont réservés dans le jardin. » Ainsi, les membres de la communauté partagent leurs connaissances en horticulture tout en apprenant le fonctionnement des espèces de
l’Alberta avec les élèves et les enseignants.
«
Même si les gens autour de
nous n’y croient pas, on doit
À l’origine, certains voisins ont manifesté leurs inquiétudes en lien avec la surveillance et la
quand même croire que c’est
sécurité dans la cour d’école, particulièrement par rapport à la présence de l’étang. Le fait de
possible. C’est ce qui est
parler longuement du projet a permis de dissiper les inquiétudes et d’encourager les membres
arrivé avec l’étang. On a eu
beaucoup de problèmes, mais
de la communauté à participer. Un des événements les plus marquants fut une soirée autour
aujourd’hui, il est dans la
d’un feu de camp à la mi-octobre. Les enseignants ont aménagé le site, les parents ont préparé
cour. Il ne faut pas s’en faire
le feu et les élèves ont fait cuire des guimauves alors qu’un conteur racontait des histoires.
avec ça. On doit juste y croire
très fort.
»
Enseignants, parents et élèves ont eu la chance d’expérimenter directement une classe en plein
air et d’y voir tout le potentiel possible.
Ancien élève
12
Windsor School, Winnipeg (Manitoba) :
Vers une participation et une liberté
d’action communautaires
Lorsque le fils de Ted McLachlan s’est mis à étudier les araignées avec sa classe en maternelle,
tous les élèves sont sortis dehors pour en trouver. Ils ont cherché et cherché, mais n’ont rien
trouvé. Il n’y avait aucune araignée dans la cour de l’école Windsor. À partir de ce jour, l’école a
mis en branle un projet de naturalisation qui dure encore. Selon les
enseignants et les parents, le coup
d’envoi a été de transposer tous les
aspects du programme pédagogique à
l’extérieur de l’école.
Par le biais d’une l’association, Home
and School Association, un groupe
d’enseignants et de parents intéressés à
apporter des changements se sont réunis afin de discuter d’un plan d’action.
Les outils du programme britannique «
Learning through
Landscapes » ont permis de démontrer
comment transformer
une cour d’école en
classe en plein air. Ensuite, les membres du comité ont dessiné un plan de la
cour d’école existante et ils l’ont distribué aux élèves afin de recueillir leurs
commentaires et leurs suggestions. On leur a posé la question suivante : «
Quels changements souhaitez-vous voir dans la cour d’école? » L’objectif était
de les faire participer dès le début du projet afin que ce dernier réponde à
leurs besoins et qu’il reflète leurs idées pour les encourager à participer et à
vouloir apporter des changements.
La réponse des élèves a été unanime. Ils voulaient une cour plus silencieuse et
moins exposée au soleil et ils souhaitaient faire pousser des légumes et des
petits fruits dans des jardins.
13
Les éléments
Avant
Après
+/-
Les membres du comité composé
Asphalte
1 800m2
1 700m2
– 100m2
Gazon
3 900m2
3 900m2
—
de parents et d’enseignants ont
Espace de plantation 0m2
1 700m2
+ 1 700m2
choisi de diviser l’aire couverte
Arbres
7
38 + 30 dans le parc adjacent + 61
Arbustes
0
25
+ 25
Fleurs sauvages
0
1 650m2
+ 1 650m2
Bancs
0
76m linéaires
+ 76m linéaires
+ 50m2
d’asphalte à l’aide de gros bacs
de jardinage pour chaque classe
Jardin de légumes
0
50m
de la maternelle à la 6e année.
Pré
0
1 600m
Dans les bacs de jardinage, il est
Peinture d’asphalte
0
150m
2
+ 1 600m2
2
+ 150m2
2
possible de tout faire pousser,
des haricots aux arbres d’ombrage. Les membres ont également décidé d’aménager des aires de
repos pour les élèves. On a demandé aux élèves où placer les jardinières et on a ajouté leurs
idées dans un nouveau plan.
Au coup d’œil
La communauté contribue
au projet et tire profit
des avantages
Population scolaire
380
Niveaux
Maternelle à 9e année
Principales caractéristiques
du projet
Bacs de jardinage pour les classes
en plein air, pour s’asseoir et pour
jardiner (1/2 plantation végétale
annuelle et 1/2 fleurs sauvages et
graminées), cadran solaire (avec
un mat), carte murale du
voisinage, pré, plantation d’arbres,
plantation d’arbustes indigènes et
d’arbres dans le parc adjacent
Les parents, les enseignants et les élèves ont
mis deux soirées pour fabriquer les bacs de
jardinage. La première soirée, environ 40
Taille du projet (mètres carrés) 7 400m2
bénévoles se sont présentés et, le lendemain,
plus du double. L’aspect social et interactif de
Financement jusqu’à
maintenant
20 000 $
Début du projet
1994
ces activités a attiré des gens qui, à première
vue, n’étaient pas intéressés à participer aux réunions du comité. Depuis, la participation active
de la communauté demeure un soutien vital pour la réalisation du projet.
En retour, la communauté bénéficie du projet également. En lien
avec l’initiative « Grow a Row » des chargements de betteraves
et de carottes provenant du jardin scolaire ont été donnés à
une banque d’alimentation locale. Les parents se rassemblent
désormais spontanément près d’un bac de jardinage situé à l’entrée des élèves du primaire afin d’attendre leurs enfants tout en
discutant avec les autres parents. Au fur et à mesure que le projet grandissait, les élèves ont commencé à planter des chênes à
gros fruits, des ormes et des frênes dans un endroit partagé
avec le club communautaire local. Grâce à tous ces efforts, les
liens entre l’école et la communauté se sont resserrés.
14
Recenser les points d’intérêt dans la communauté
La dernière étape du projet à avoir été réalisée, le décompte écologique communautaire, a
exprimé avec force l’engagement accru de tous. Avec l’aide d’un parent, Paul Fieldhouse, les
élèves ont recensé les éléments présentant des points d’intérêt au sein de la communauté. Ils
ont choisi les éléments (bruits, voitures, animaux,
arbres, pistes cyclables, pollution) qu’ils ont reproduits sur des cartes après que des parents
bénévoles aient ratissé le voisinage à la recherche
de ces éléments.
Selon l’enseignante Lisa Bunkowsky, cet exercice
avait pour but « d’encourager les élèves à s’arrêter
et à observer leur communauté avec un sentiment
de fierté. Par exemple, on a débuté nos recherches
le matin du recyclage et on ne voyait que des bacs
bleus à l’extrémité des entrées de garage. La plupart des familles recyclaient, et c’était amusant de voir les élèves observer le voisinage avec un
autre œil. Ce qu’ils voyaient leur permettait de faire de nouveaux liens. »
À partir de cette étape d’observation, les élèves ont manifesté le désir de peinturer une murale
et de créer un jeu ayant pour thème le voisinage. Chaque groupe a travaillé avec l’artiste
Cameron Cross pour effectuer une section de la murale. Ensuite, avec l’aide des parents, les
élèves ont reproduit le dessin sur l’asphalte au milieu des bacs de jardinage : une carte de leur
communauté (mesurant treize mètres par vingt mètres)
comprenant des lapins, des balançoires, des glissades,
des autobus et des arbres. Les routes représentaient
les sentiers du jeu et des questions à choix multiples
au sujet de la fondation et de l’histoire de la communauté étaient inscrites sur des cartes de jeu.
« La murale est un point de départ », ajoute Ted.
« Grâce à ce jeu, les élèves observent leur communauté
et réfléchissent. Ils l’ont fait par eux-mêmes et ils l’entretiennent. Ils sentent maintenant qu’ils
font partie de la communauté et ils en sont fiers. Ils sont emballés des petits détails et des
éléments que seuls eux remarquent. »
15
La liberté d’action pour assurer la continuité du projet
Avec les années, les élèves participent de plus en plus activement au projet et ils ne le font pas
simplement à la demande des enseignants. C’est réellement quelque chose qu’ils souhaitent faire
par eux-mêmes. Le plus gros obstacle a été de réaliser que la cour d’école leur appartient.
Maintenant qu’ils prennent les devants, le projet croît de jour en jour. Les élèves ont même pris
l’initiative de mettre sur pied un programme de compostage et de recyclage.
Les enseignants et les parents ont également été
inspirés. Ted ajoute qu’ « en terme de participation
communautaire, ils réalisent que les parcs et les
cours d’école leur appartiennent et que s’ils attendent après quelqu’un pour faire des changements, ils
peuvent attendre très longtemps. Par contre, s’ils
participent de façon active, ils ont la chance
d’améliorer l’environnement d’apprentissage de leurs
enfants. Pour nous, une des belles réussites a été la
construction des bacs à jardinage. Les gens ont vu
qu’on pouvait faire de grands changements. »
Ted considère que la liberté d’action est la clé de la réussite pour un projet durable : « Si on ne
«
donne pas la liberté aux élèves et aux parents de faire des changements, il n’y a pas de contiCe que les élèves aiment,
ce sont les petites choses
nuité dans le projet. La continuité vient avec la liberté
comme les graines de
d’action communautaire alors que tous les gens par-
tournesol et les mille-
ticipent dès le début. Tout le monde se demande alors
pattes. Ils sont aussi très
fiers de leurs bacs de
ce qui suivra. » L’école Windsor envisage maintenant
jardinage. Si quelqu’un
d’aménager un belvédère, un étang, un site isolé pour
lance une pierre ou un
les expériences à long terme, une aire de rassemble-
débris dedans, ils ne sont
pas contents.
»
ment pour les élèves les plus vieux et un éclairage en
spectre continu sur l’édifice scolaire. Comme les élèves
Lisa Bunkowsky, enseignante
participent à la planification du projet, à l’établissement des priorités et au choix des idées, dans une
grande mesure, ils donnent le coup d’envoi au projet.
16
St. Monica’s Catholic School,
Barrie (Ontario) :
Sensibiliser à l’écologie par le biais d’une
approche éducationnelle holistique et jumelée
Le projet de naturalisation de l’école St.Monica’s grandit de jour en jour. Au
départ, le projet a été conçu pour aménager un jardin d’apprentissage en
arrière de l’école. Les participants ont planté des plantes, des arbustes et
des arbres indigènes pour créer un marécage, un pré et une haie de cèdres
afin d’attirer les animaux. Aujourd’hui, le projet comprend également un
jardin de papillons, un étang et une terrasse et il se trouve entre deux aires
naturelles dans un site qu’on surnomme « Shadow Lane ». Avec les années,
la communauté scolaire a ajouté dans le jardin des plantes décoratives,
comme des jonquilles, des hyacinthes, des tulipes et des crocus.
L’enseignante Rita D’Antonio explique ce qui a provoqué le changement :
« Lorsqu’on a débuté le projet, on a jugé important d’attirer les animaux qui
se nourrissent d’espèces indigènes. Une fois le projet terminé, les élèves
avaient besoin de faire autre chose que de seulement entretenir le site. On
voulait qu’ils expérimentent le processus de plantation et de floraison. C’est
ce que nous avons essayé de faire avec « Shadow Lane », un endroit stérile
entre deux aires naturelles. C’est désormais un lieu tellement apaisant. »
Kendra Merrick, une architecte-paysager, a été la mère bénévole qui a chapeauté le projet de «
Shadow Lane ». En travaillant étroitement avec le groupe de 3e année de sa fille, elle a supervisé la planification et l’aménagement. À la demande des élèves, « Shadow Lane » devait être
un lieu pour jouer lors des récréations. Situé au cœur de la cour, l’endroit comporte des bancs
de parc et des plantes indigènes
rustiques qui survivent au passage des piétons. D’autres
variétés de plantes, données par
les parents, sont ajoutées à
chaque année de sorte que
toutes les nouvelles classes de
3e année vivent une journée de
plantation.
17
Les éléments
Avant
Après
Gravier
+/– 120m2
Espace de plantation
—
+ 4 820m2
Arbres
8
205
+ 197
Arbustes
1
101
+ 100
Fleurs sauvages
0
203
+ 203
Bancs
0
20
+ 20
Billots de bois
0
20
+ 20
Abris à l’ombre
0
2
+2
Grosses roches
0
9
+9
L’enseignante suppléante d’éducation
environnementale
« Shadow Lane » est un endroit naturalisé où les élèves jouent durant les
récréations et leurs temps libres. Trois ans après la mise sur pied du projet, par contre, peu d’enseignants utilisaient la cour d’école comme classe
en plein air : le potentiel d’apprentissage de la cour devait être pensé.
Enseignante en 5e
Au coup d’œil
année, Rita décide d’abandonner son
Population scolaire
770
emploi pour devenir la première
Niveaux
Pré-maternelle à 8e année
enseignante suppléante d’éducation
Principales caractéristiques
du projet
Jardin de papillons, marécage, étang, grosses
roches, arbres d’ombrage, tournesols, bulbes
printaniers, aire de repos, deux abris, entretien
estival par des familles, pépinière, mangeoires,
habitats pour oiseaux et pour chauve-souris
environnementale. (Les enseignants suppléants remplacent les enseignants
durant une période de 40 minutes à
chaque semaine pour préparer les cours.
Les enseignants suppléants donnent
habituellement des cours de musique,
d’éducation physique et d’informatique.)
Taille du projet (mètres carrés) 4 820m2 pour tous les jardins :
Jardin écologique : 40m X 50m = 2 000m2
« Shadow Lane » : 12m X 10m = 120m2
« Whispering Wetlands » : 30m x 20m = 600m2
Terrasse : 20m X 10m = 200m2
Jardin en avant : 2m X 100m = 200m2
« Magic Wildlife Mansion » : 1 500m2
« First Holy Communion Place » : 200m2
Financement jusqu’à
maintenant
25 000 $
Début du projet
Octobre 1994
Maintenant, à l’école St.Monica’s, tous les élèves, de la maternelle à la 6e année, passent 40
minutes par semaine à l’extérieur en compagnie de enseignante suppléante. La cour d’école est
l’endroit idéal pour en apprendre davantage sur la dispersion des graines, les conditions
météorologiques, les insectes, les fleurs, les habitats de la faune, les propriétés médicinales des
plantes et plus encore. Les élèves de maternelle
« On est en mesure de
rejoindre les élèves qui ne
jouent pas au soccer ou au
baseball et ceux qui ne se
sentent pas attirés par ce
font surtout des activités tactiles et exploratoires.
Les élèves de 1ère et 2e année ont des « lieux magiques » où ils observent les changements
saisonniers à chaque semaine.
genre d’activités de
groupe. Ça leur donne
De telles expériences vécues directement sur le ter-
quelque chose d’autre à
faire. Grâce au projet de
rain encouragent les élèves à poser des questions
naturalisation, les élèves
au lieu de se contenter de répondre aux questions
ont l’occasion de faire des
formulées par les enseignants. Leur curiosité est
activités différentes dans
la cour d’école.
»
piquée. Les élèves qui s’occupent des arbres dans la
cour d’école veulent en savoir davantage sur les
Rita D’Antonio,
enseignante
arbres qu’ils ont à la maison. Quelques fois, les
questions des élèves forment la base d’un autre projet et ils tentent d’y répondre par eux-mêmes.
18
Rita explique sa philosophie : « Il est très
Réalisations
important de forger une bonne gestion de
Jardin écologique :
octobre 1994
« Magic Wildlife Mansion » (abris avec des arbres d’ombrage dans la cour d’école) :
1996
Devant de l’école :
1997
planète. Nous devons être des citoyens de
Mise sur pied du programme d’apprentissage environnemental en plein air :
1997
la terre plus sensibilisés. Tant que les
« Shadow Lane » :
1998
élèves expérimentent les beautés de la
« First Holy Communion Trees » :
1999
nature, ils souhaitent apprendre et com-
Participation à la compétition nationale Communities in Bloom pour récompenser
l’embellissement et les efforts environnementaux des municipalités afin d’encourager la
participation communautaire :
1999
prendre. Et ils veulent passer à l’action. La
« Whispering Wetlands » :
2000
terre fait partie de leur vie, et plus tard ils
Terrasse :
2000
devront faire des choix pour la préserver. »
Implémentation du programme d’apprentissage environnemental en plein air dans
la nouvelle école :
2001
l’environnement pour le bien-être de notre
Les élèves les plus âgés réfléchissent sur des questions plus controversées au sujet, par exemple, la chasse et de l’utilisation de l’eau et des pesticides. L’expérience qu’ils gagnent sur le
terrain leur permet de tirer l’information de façon plus concrète. Au moment où les élèves de 6e
année ont étudié l’utilisation des pesticides, ils ont eu la chance de découvrir, d’observer et de
classifier différentes odeurs d’animaux nuisibles. Par le biais de jeux,
d’expériences et de différentes activités, ils ont approfondi leurs connaissances au sujet des impacts potentiels des pesticides sur la
communauté naturelle. Ils ont également communiqué avec des
entreprises d’entretien de pelouses afin de recueillir les points de vue
des employés. Selon Rita, il était important pour eux d’entendre parler de toutes les facettes de la question avant de se faire une opinion
valable.
Une approche éducationnelle holistique
et jumelée pour la classe en plein air
La classe en plein air se prête bien aux approches éducationnelles
holistiques et jumelées. Les élèves de 1ère et 2e année ont observé les
changements saisonniers dans les cours de sciences naturelles, d’art
visuel (dessin, pastel) et dans les activités basées sur le langage
(rédaction d’un journal de bord). Les élèves plus âgés ont concentré
leurs efforts sur des habiletés reliées aux mathématiques et aux sciences, comme la prise de mesures, l’observation et la prise de notes.
Afin de se préparer pour la foire annuelle des sciences, Rita a utilisé la classe en plein air pour
familiariser les élèves avec les méthodes scientifiques. Au mois de janvier, elle a créé des
expériences dans la neige qui ont servi de modèles pour les expériences des élèves. En prenant
19
des mesures, en faisant des essais et en observant les propriétés
de la neige, les élèves ont ensuite été en mesure d’établir des
procédures scientifiques. Les parents ont remarqué que les expériences dans la cour d’école ont aidé les élèves à mettre sur pied
leurs propres projets.
Les approches éducationnelles holistiques et jumelées peuvent
être un défi à intégrer au programme, particulièrement si ce
dernier est bâti de façon à répondre à des objectifs très précis en
lien avec un sujet, comme c’est le cas en Ontario. Pour Rita, la
possibilité s’est présentée grâce à l’utilisation de la classe en
plein air en collaboration avec le programme « First Steps
Language ». En lien avec le programme, les élèves de tous les
niveaux ont appris six genres d’écriture rédactionnelle à chaque
année. Par exemple, ils ont appris le genre narratif, la rédaction
de rapports et le texte à développement logique. Rita a allégé la
tâche des enseignants en donnant elle-même le cours sur un ou
deux genres. Par exemple, elle a enseigné le texte à développement logique à tous les élèves en faisant un exercice dans la
nature avec eux et en leur demandant ensuite de rédiger un texte
au sujet de cet exercice.
La classe en plein air de l’école St.Monica’s est l’endroit idéal où
les élèves peuvent faire des expériences et comprendre la monde
naturel selon différentes perspectives. Que ce soit en courant près
des arbres, en observant les papillons ou en étant simplement
assis avec des amis, les élèves profitent d’une cour d’école où l’ap-
prentissage et le jeu vont de
pair. Pour Rita, ce qui est le
plus précieux c’est d’être témoin
du plaisir qu’ils éprouvent à être
dehors. « Lorsque je me
promène dans les corridors, les
élèves m’arrêtent toujours pour
me raconter une de leurs expéri-
20
ences avec la nature. Je les regarde admirer la beauté de la nature et ça me rend heureuse.
Leurs yeux sont grands ouverts. Ils font des liens rationnels qui deviennent ensuite intégrés à
leur mode de vie. »
21
Les Petits Castors,
Longueuil (Québec) :
Une école en harmonie avec la nature
La naturalisation scolaire est une activité profondément ancrée
Au coup d’œil
dans l’esprit de l’école alternative Les Petits Castors. Durant six
Population scolaire
85
Niveaux
Maternelle à 6e année
Principales caractéristiques
du projet
Arbustes et arbres indigènes, pépinière,
massifs de fleurs, sentier de gravier,
activités éducatives, compost avec vers
de terre
années, les élèves, les enseignants et les parents ont travaillé
d’arrache-pied afin de planter des arbres, des arbustes et des
fleurs sauvages dans la cour d’école. Malheureusement, l’école a
Site 1 : Papineau (Longueuil) : 1 286m2
ensuite due être relocalisée. Dès son arrivée sur le nouveau
Site 2 : Lavallée (Longueuil) : 104m2
site, la communauté scolaire a commencé à planifier les
Début du projet
Plan du projet : octobre 1994
Première activité de plantation : mai 1995
prochaines transformations. « Les élèves et les enseignants
Financement
14 500 $ de subvention jusqu’à maintenant
dons en nature : 122 arbres, 60 arbustes,
compost, paillis, graines et plantes
indigènes
Taille du projet (mètres carrés)
désiraient poursuivre le travail qui avait été commencé
précédemment », souligne Diane Joubert, mère d’une élève. «
Pour eux, l’école est le cadre idéal afin de planifier et d’amé-
nager la création d’un jardin. L’aspect extérieur de la cour était très important à leurs yeux. »
Par contre, Diane ajoute que ça n’a pas toujours été le cas. Avec les années, le sentiment d’appartenance s’est forgé grâce à la
participation de tous.
Ergothérapeute de métier et dotée
d’une formation en sciences environnementales, Diane a mis sur
pied le projet au moment où sa fille
était en 1ère année. Elle s’intéressait
aux cours d’école recouvertes d’asphalte et de gazon et aux effets
néfastes de l’utilisation de pesticides et de fertilisants pour
l’environnement et les gens. Dans
le but d’améliorer la situation, elle
a proposé l’aménagement d’un
arboretum.
Le projet a débuté avec la plantation de 32 différentes sortes
d’arbres et d’arbustes indigènes,
22
Réalisations
Site 1 : Papineau (Longueuil)
Début de la planification du projet et proposition de candidature pour une subvention :
automne 1994
Phase I du projet — la Ville plante des arbres sur le terrain de l’école :
mai 1995
Les parents et les élèves de deux écoles plantent des fleurs, des arbustes et des arbres indigènes :
octobre 1995
Les élèves remplacent les arbustes qui ont souffert durant l’hiver; ils construisent des nichoirs; ils présentent une exposition ayant
pour thème « Les oiseaux dans ma cour d’école »; ils aménagent des massifs de fleurs devant l’école; ils font du paillis :
mai 1996
Les élèves protègent les plantes en prévision de la période hivernale; ils recueillent des données :
octobre 1996
Début de la fabrication du compost avec des vers de terre; intégration de l’activité au programme pédagogique :
janvier 1997
La Ville fait don de quinze arbres qui sont plantés de façon temporaire devant l’école :
mai 1997
Phase II du projet — retrait de l’asphalte à certains endroits dans la cour d’école :
juin 1997
Transplantation de quatorze arbres dans la cour d’école; visite d’un groupe d’étude environnementale provenant de Colégio (Brésil)
qui s’intéresse au projet; participation de trois écoles au projet :
octobre 1997
Plantation d’arbres et d’arbustes dans la cour d’école :
mai 1998
Plantation de bulbes, désherbage, concours pour trouver un nom au site, tenue de différentes activités par les élèves au sein du
« Club des petits jardiniers » et du « Club de fabrication du compost » :
automne 1998
Projet en arrêt provisoire puisque l’école sera relocalisée sous peu; les activités éducatives se poursuivent grâce au
« Club des petits jardiniers » et au « Club de fabrication du compost » :
1999-2000
Site 2 : Lavallée (Longueuil)
Relocalisation de l’école dans un autre bâtiment qu’elle partage avec une autre école :
été 2000
Création d’une pépinière et d’un massif de fleurs :
mai-juin 2001
dont des érables, des frênes, des pins, des épinettes, des sureaux et
des amélanchiers. Avec les années, le projet a pris énormément d’ampleur. Les participants ont construit des nichoirs; ils ont mis sur pied
un programme de compostage; ils ont retiré 546 mètres carrés d’asphalte et ils ont ajouté des arbres, des arbustes et des fleurs
sauvages.
Les parents et les enseignants ont voulu resserrer les liens des élèves
avec la nature et les sensibiliser à l’importance de préserver et de protéger la vie. « Nous ne faisons qu’un avec la nature, mais on a souvent
tendance à l’oublie », explique Diane. « En plantant des arbres, les
élèves réalisent que ces derniers sont vivants et qu’ils jouent un rôle
essentiel pour l’environnement. Ils prennent alors conscience de l’importance de préserver la nature puisqu’elle fait partie d’eux-mêmes. »
Lorsqu’on parle de la nature, les gens pensent souvent à la pollution et
aux désastres naturels. Selon Diane, ils oublient toutefois que le
processus de naturalisation fait partie intégrante de la nature. « La naturalisation est une façon positive de penser à l’environnement. Les
gens l’apprécient beaucoup. Ils voient les cœurs de pommes dans le compost et ils réalisent
que tout provient de la nature. C’est extraordinaire. »
23
Les éléments
Avant
Après
+/-
Asphalte
640m2
600m2
- 40m2 (6,25 %)
Gazon
2 700m2
2 070m2
- 630m2 (25 %)
Espace de plantation
1m
670m
+ 669m2
Arbres
1
Site 1 :
2
2
54
+ 53
L’apprentissage par le biais
de projets
Depuis la mise sur pied du projet, Diane est responsable du
Arbustes
3
107
+ 104
programme d’éducation environnementale à l’école Les
Billots/bûches
0
3
+3
Petits Castors. Par le biais d’ateliers qui regroupent de six à
104m2
– 104m2
Site 2:
Gazon
huit élèves à la fois, elle a abordé les thèmes suivants : l’i-
+ 104m2
dentification des arbres, la photosynthèse, les araignées, les
Arbres
12
85
+ 73
chauve-souris, les banques de semences, la germination à
Arbustes
0
7
+7
Fleurs sauvages
0
25
+ 25
Espace de plantation
l’intérieur et le compostage avec des vers. La cour d’école
s’est révélée être l’endroit idéal pour faire des activités et
des projets jumelés destinés à tous les élèves.
À chaque année, les groupes de l’école Les Petits
Castors explorent un thème particulier en lien avec
l’approche éducative basée sur des projets concrets. Tous les élèves choisissent des questions et
ils font des recherches sur des sujets se rapportant
au thème. Ils travaillent ensuite en groupes avec
des élèves des autres niveaux qui possèdent les
mêmes intérêts. Une année, le thème a été « Les oiseaux dans ma cour d’école ». Les élèves
ont observé les différentes espèces, ils ont créé des représentations artistiques de leurs habitats, ils ont construit des nichoirs et ils ont inventé des jeux, rédigé des questionnaires et créé
des livres à colorier, le tout en lien avec ce thème. À la fin de l’année, ils ont
présenté leurs projets lors d’un événement où tous les élèves, parents et
employés de l’école ont participé.
L’année où l’école a due être relocalisée, le thème était « Mon environnement
et moi ». Les élèves de 5e et de 6e année, qui s’ennuyaient de l’arboretum, ont
demandé d’en aménager un autre sur le site de la nouvelle école. Avec l’aide
des élèves de tous les niveaux, ils ont pensé à ce qui était possible de réaliser
et ils ont proposé un plan. Ils ont calculé la superficie du site afin que chaque
élève possède son propre arbre. Ils ont décidé où planter les arbres afin que
ces derniers ne soient pas piétinés, qu’ils ne nuisent pas aux fils électriques et
qu’ils ne soient pas enterrés sous la neige durant l’hiver. Finalement, ils ont
fait un modèle en trois dimensions pour mieux visualiser le site et pour répartir
le projet en plusieurs étapes. « Les élèves savaient que les arbres prendraient
plusieurs années avant de pousser », note Diane. « Les élèves les plus vieux
24
avaient déjà cinq années d’expérience,
alors ils voyaient à long terme. »
Au même moment, les plus jeunes
élèves désiraient améliorer leur espace
de jeux. Puisqu’il était trop tard pour
trouver du financement, ils ont
demandé aux parents et aux employés
de l’école de les aider. Ils ont planté des graines à l’intérieur afin de les transplanter dans la
terre au printemps. Une fois le gazon retiré de l’endroit pour les plantations, ils ont aménagé
un jardin avec des marguerites, des marguerites jaunes, des iris, des anémones, des cœurs-saignant, des bergamotiers, de la menthe, de la ciboulette, des fraises et plus encore. Désormais, ils
passent les récréations, l’heure du dîner et tous leurs temps libres à jouer dans le jardin.
Vers un nouveau concept
d’apprentissage
Au cours des dernières années, l’école Les Petits Castors a énormément retenu l’attention pour son approche éducative basée sur des
projets jumelés. Cette école représente un modèle dans la province
de Québec qui vit présentement beaucoup de changements au
niveau du système scolaire. Selon Diane, le programme scolaire de
l’école Les Petits Castors et la cour d’école ont favorisé la promotion
de l’apprentissage par projets.
L’aspect du projet le plus encourageant est la possibilité de
rejoindre autant de gens, fait remarquer Diane. « Les voisins
offrent des plantes et des fleurs. Les familles viennent se
balader avec leur chien. Nous avons créé des liens étroits
avec la Biosphère de Montréal. Des gens de partout, d’aussi
loin que du Brésil même, viennent visiter notre école. C’est
fascinant. Il y a tellement de gens qui ne peuvent imaginer
une cour d’école sans arbres, sans arbustes et sans jardin.
Ces éléments sont désormais partie intégrante de l’école. Je
suis certaine que tous les élèves souhaiteront s’entourer de
végétation une fois le cycle primaire terminé. »
25
Dartmouth High School,
Dartmouth (Nouvelle-Écosse) :
Relever le défi de la naturalisation
En quoi le projet de l’école Darmouth est-il particulier? « Tout simplement car l’école Darmouth
est une école secondaire », réplique Rhea Dawn Mahar, une coordonnatrice pour la Fondation
canadienne de l’arbre. « Les projets de naturalisation dans les cours des écoles secondaires sont
très rares et le nôtre fonctionne très bien. »
En effet, le fonctionnement
académique des écoles secondaires
permet difficilement la mise sur
pied de projets de naturalisation.
Le programme est généralement
divisé selon les matières. Les
élèves changent de classe, de
matière et de professeur plusieurs
fois par jour, ce qui représente
tout un défi de mettre sur pied un
projet de naturalisation.
La collaboration des élèves et des employés de l’école
La collaboration des élèves et des employés de l’école a été la clé du succès pour le projet de
l’école Darmouth. L’idée du projet est venue lorsqu’une élève, Stephanie Bigg, et un enseignant,
Mike McCurdy, ont invité Rhea à discuter des transformations possibles dans la cour d’école aux
Réalisations
Aménagement de la première cour intérieure, « Maureen’s Memory Garden » :
26
printemps 1997
Recensement des espèces animales et végétales et examen de la qualité du sol pour les plans d’aménagement
de la cour d’école :
septembre 1997
Fabrication des bacs de jardinage devant l’école :
octobre 1997
Fabrication des nichoirs et création de tableaux de classification pour assurer la surveillance des oiseaux :
novembre 1997
Installation de plantes en pot à l’intérieur de l’école :
mars 1998
Début de la construction de la serre :
juin 1998
Aménagement d’un étang dans le « Maureen’s Memory Garden » :
printemps 1998
Lauréat du prix « Elaine Burke Environmental “Go for Green” » :
printemps 1998
Création des premiers sentiers :
automne 1998
Aménagement de la seconde cour intérieure, « Spartan Courtyard », et mise en place des capsules témoins :
printemps 1999
Construction de la cabane à jardin dans le grand quadrilatère :
automne 1999
Lauréat pour l’année 1999 du prix « Nova Scotia Government Environmental Award » :
automne 1999
Au coup d’œil
Population scolaire
1 150
Niveaux
10e à 12e année
Principales caractéristiques
du projet
« Memory Garden », bacs de jardinage,
étang, nichoirs, sentiers, serre, aire de
repos, jardins dans les cours intérieures
Taille du projet (mètres carrés) Trois cours intérieures (quadrilatères)
Début du projet
Printemps 1997
Financement
6 500 $
enseignants. Dans le cadre de son cours de
leadership, Stephanie a procédé à l’élaboration du projet et à l’obtention du soutien et
de la participation de la part des élèves et
des employés. « Elle a tout fait pour démarrer le projet. Elle
est allée chercher l’appui de tous les élèves », ajoute Rhea.
Les élèves et les enseignants les plus intéressés par le projet ont
formé Grassroot, un groupe dont la mission est de restaurer et d’embellir la cour d’école. Après beaucoup de planification, le groupe a
été amputé d’un membre avec le décès hâtif d’une enseignante,
Maureen Taggart. En souvenir de sa mémoire, ils ont créé le «
Memory Garden ».
Le « Memory Garden » se situe dans une des trois cours intérieures
de la cour. Des jardins, un étang et des bancs confortables se retrouvent désormais là où il y
avait du pavage, des bancs de ciment et
un arbre seulement. « Nous voulions créer
un endroit qui aurait été plaisant pour
Maureen », explique Linda Lever. « L’idée
était de transformer la cour intérieure en
un coin de repos où il est possible de
s’asseoir et de lire, de réfléchir, de jouer
d’un instrument de musique et de s’éloigner de la foule. »
Une fois le « Memory Garden » aménagé,
Grassroot a entrepris la rénovation de la
deuxième cour intérieure. Les membres du
groupe voulaient créer un endroit où les
élèves pourraient se rencontrer, manger et discuter librement. Ils ont consulté le comité étudiant et avec le soutien des élèves et des enseignants, ils ont fait un jardin comportant des bacs
de jardinage, des tables de pique-nique et des capsules témoins. Le lieu porte le nom de «
Spartan Courtyard ».
Dans la troisième cour intérieure, les membres de Grassroot ont décidé de construire une serre.
Un dimanche après-midi, avec l’aide d’environ 30 élèves, les membres du groupe ont bâti la
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structure avec des feuilles de plastique et du bois. « L’événement est le signe que les élèves ont
répondu avec entrain, ajoute Linda. Depuis sa construction, la serre a accueilli les classes de
biologie, d’économie, d’enseignement coopératif et d’éducation spécialisée. Les élèves font
pousser des plantes pour leur classe ou pour la cour d’école et ils vendent les produits dans un
marché local (dans le cadre d’un programme d’entrepreneurship).
La contribution unique des équipes sportives
« Ce qui est agréable avec les adolescents, dit Rita, c’est qu’ils ne se contentent pas juste de
s’asseoir et de parler. Ils veulent faire quelque chose. » Les enseignants supervisent le projet de
naturalisation scolaire, et les élèves participent à tous les aspects de la planification et du travail.
La participation des équipes sportives demeure un élément significatif et assez unique du projet. Chaque année, les membres de Grassroot communiquent avec les équipes sportives et leurs
entraîneurs en leur fournissant une liste des tâches à accomplir, comme le désherbage, l’élagage, le broyage et l’enlèvement du gazon. Chaque équipe se porte volontaire pour effectuer
une des tâches requises. Une des tâches les plus exigeantes physiquement est accomplie par
l’équipe de football. Par exemple, afin d’enfouir les fils souterrains pour l’électricité et le
chauffage entre l’école et la serre, les membres de l’équipe de football ont creusé un chemin qui
relie l’école et la serre dans l’asphalte et le gravier. Une année, après qu’un élève ait perdu la
vie dans un accident de planche à roulettes, les filles de l’équipe de volley-ball ont aménagé un
second jardin commémoratif devant l’école.
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« Selon les entraîneurs, la participation des élèves à ces activités est une source importante de
motivation », ajoute Rita. À cette école, où il est difficile pour les groupes d’entreprendre des
projets à long terme, le recrutement des équipes sportives pour certaines tâches assure une participation continue des élèves.
Les avantages d’aujourd’hui et de demain
Le projet a permis une diminution du vandalisme dans la cour d’école. Linda ajoute qu’on
retrouve peu de graffitis et que les plantes
sont en bon état. Elle croit que les élèves
tirent un sentiment de fierté et d’appartenance
grâce à leur participation au projet : « Des
centaines d’élèves participent au projet à
chaque année. Ils sont fiers de leurs jardins et
ils aiment y passer du temps. Ils les apprécient et ils en profitent le plus possible.
Lorsque les élèves arrivent pour l’orientation
en 9e année, ils sont stupéfaits et leurs parents aussi. »
Maintenant que les changements dans la cour intérieure sont en cours, les membres de
Grassroot tournent leur attention vers le reste de la cour. Les travaux ont commencé dans le
stationnement avec le retrait des blocs de ciment et de l’asphalte à certains endroits. On
retrouve désormais des buissons de rosiers, des plantes grimpantes et d’autres espèces vivaces.
Une autre partie de la cour a été abandonnée afin de lui redonner un aspect plus sauvage. On y
aperçoit déjà des fleurs
sauvages et des arbres, dont
plusieurs espèces sont
indigènes, qui sont très
intéressants et attrayants.
Finalement, ils ont également
aménagé un marais avec des
roseaux.
Afin de profiter pleinement de
ce site sauvage, les prochains
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plans comprennent la construction d’un amphithéâtre pour les cours d’anglais et la création
d’un sentier d’interprétation de la nature pour les cours de biologie. Alors que le projet grandit,
la communauté scolaire espère renforcer les liens avec le programme pédagogique tout en
restaurant les habitats naturels et en embellissant la cour d’école.
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Retrouver la nature en ville
Evergreen encourage les Canadiens à aménager et à entretenir des espaces naturels sains en leur offrant des
ressources pratiques tirées de ses trios programmes principaux : La classe verte (la naturalisation des cours
d’école), La communauté verte (la naturalisation des communautés) et La maison verte (la naturalisation
du paysage à la maison). Grâce à la naturalisation, nous croyons qu’il est possible de donner naissance à des
quartiers pleins de vie, à un environnement naturel sain et, à plus long terme, à une société viable pour tous.
Le programme de La classe verte Toyota Evergreen
Le programme de La classe verte a été mis sur pied afin de rassembler les élèves, les enseignants et les communautés pour métamorphoser des cours d’école recouvertes d’asphalte stérile et de quelques plaques de
gazon en classes en « plein air » naturelles. En plantant des arbres, des arbustes et des fleurs sauvages, en
aménageant des prés ou des bassins d’eau, en créant des peintures murales, des sculptures, des jardins
potagers ainsi que d’autres projets de type environnemental, les possibilités d’apprentissage se multiplient et
offrent un nouvel aspect divertissant pour les enfants. Le fait de créer et de maintenir des classes en plein air
fournit l’occasion idéale pour observer, participer, apprendre et profiter d’un environnement complexe et continuellement changeant.
Les coffres à outils d’Evergreen
Le coffre à outils est une trousse documentaire visant à inspirer, informer et guider les élèves, les parents, les
enseignants et les membres de la communauté dans toutes les étapes d’un projet de naturalisation. La série
Coffre à outils contient des guides, des vidéos éducatifs et motivants, des bulletins d’information, des rapports
de recherche et un registre de projets en ligne. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les ressources
de nos coffres à outils, visitez notre site Web au www.evergreen.ca.
L’initiative canadienne d’Evergreen existe grâce au soutien généreux de citoyens canadiens, de fondations, d’entreprises et
de différents organismes gouvernementaux. Parmi nos principaux partenaires financiers, nous retrouvons :
Un immense merci à la Fondation R. Howard Webster.
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