Etude de cas - CAeM
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Etude de cas - CAeM
La contamination par de la glace : le givrage des aéronefs Etude de cas Cette étude d’un cas de givrage a été établie avec des moyens disponibles à Météo France. Il est souhaitable que d’autres études établies par d’autres services météorologiques viennent enrichir cet exposé des techniques de prévision. Bien entendu, le prévisionniste ne pourra ensuite appliquer ces techniques de prévision, que s’il dispose de moyens équivalents. Le prévisionniste peut s’en inspirer pour définir une technique adaptée à sa situation locale. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 1 Localisation de l’événement : du givrage sévère en vol a été observé dans le centre de l’Espagne, sur un intervalle de temps de seulement 1h30 (entre 0945 et 1115 UTC) et à des niveaux de vols compris entre FL100 et FL130 (700 et 600 hPa) pour des températures comprises entre –6 et –11°C. Cette étude rentre dans le cadre d’une prévision de tous les jours pour définir des conditions givrantes. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 2 Situation générale +WMO Ces observations de givrage se situent à l’arrière d’un front pluvio-orageux qui se déplace vers le nord-est. De la convection se développe dans une région où la circulation est cyclonique. Cette convection s’intensifie durant la matinée en suivant l’évolution diurne propre à un début de printemps (le 2 avril dans cette zone le soleil se lève à 0600 UTC et il y a déjà 3 heures 45 d’évolution diurne), le contexte topographique des plateaux (700 à 900 mètres d’altitude) et reliefs (autour de 2000 mètres d’altitude) du centre de l’Espagne. TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 3 observation aérologique La masse d’air au sein de laquelle se développe cette convection est bien représentée par le radiosondage 1200 UTC de Santander (150 Nm sous le vent de la région d’observation) Elle correspond à un CAPE élevé (592J/KG) avec suffisamment d’humidité. Elle se révèle très propice au développement d’une forte instabilité. Une analyse plus fine permet de préciser le développement de CU/TCU/CB dont les bases se situent en dessous de 800 hPa, et les sommets s’étagent de 700 à 600 hPa pour les CU/TCU, et au moins 350 hPa pour les CB. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 4 observation satellitaire Dans la zone des observations de givrage, l’image satellite IR thermique de 0945 UTC (satellite européen MSG ou Météosat 8) ne renseigne que sur la présence de petits systèmes nuageux individualisés correspondant probablement à de la convection importante La température des pixels nuageux avoisinant la zone d’observation de givrage est de –2°C +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 5 observation satellitaire Ce document est un produit élaboré à partir des images du satellite Météosat 8 correspondant à une classification nuageuse automatique. Dans la zone des observations de givrage, il y a une une grande diversité et fragmentation de couleurs liées au caractère convectif de la situation. La signature des pixels correspond à des nuages très bas (probablement des stratus à la suite d’averses) avec des nuages semitransparents au-dessus d’autres nuages (probablement des voiles de cirrus cumulonimbo genitus qui s’étirent dans le vent de sud-est en haute troposphère). +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 6 Le 02/04/2005 à 0945TU observation satellitaire Ce produit d’un calcul composite des images dans différents canaux à 0945 UTC provenant du satellite Météosat 8 fait ressortir les nuages givrants en rouge. Dans la zone des observations de givrage, à une échelle fine, les conditions apparaissent très variables (pixels désignant des nuages à potentiel givrant comme ici, des pixels sommets trop froids ou trop chauds et des pixels indéterminés). Cependant, au moins quelques pixels des nuages givrants à l'heure et au lieu de l'observation. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 7 observation radar L’imagerie radar du 2 avril 2005 à 0945 UTC présente un certain nombre d’échos modérés et isolés en correspondance avec l’existence d’une convection bien développée dans la zone de l’observation du givrage. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 8 On repère donc un scénario convectif Il fixe un givrage de type intermittent d’intensité modérée à localement sévère dans les cumulonimbus. Dans ces nuages du genre CB, les niveaux des isothermes 0°C (780 hPa) et –20°C (520 hPa) situent les niveaux givrants entre les FL070 et FL170). Compte tenu de la position de l’isotherme 0°C (bien au-dessus de la base des nuages), la présence de grosses gouttelettes (SLD) est envisagée dans ces nuages au stade de formation. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 9 Cette analyse effectuée à partir des observations et de la mise en évidence d’un scénario classique peut-être prolongée en utilisant des produits élaborés provenant de modèles numériques. Ici, résultat du système SIGMA de Météo France. Image SIGMA à 0945 UTC, établie à partir d’un modèle de prévision de 00 UTC (9 heures d’échéance du modèle ALADIN) Trois couleurs pour 3 seuils de risque de conditions givrantes (potentiel atmosphérique). -jaune : risque faible -Orange : risque modéré à fort -Rouge : risque fort associé à des précipitations Le produit SIGMA est non discriminant dans la zone d’observation de givrage. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 10 L’indice de givrage associé au produit SIGMA, calculé à partir des valeurs de température et d’humidité fournies par le modèle est seuillé entre 0°C et –15°C et 80 et 100%. Or l’humidité prévue par le modèle à 0900 UTC dans la zone d’observation du givrage est de seulement 75% ! Cette situation convective est difficile à appréhender par un modèle dont la taille de la maille est trop grande pour simuler correctement la convection. Par contre, au nord-est de la zone d’observation de givrage, dans la région frontale, siège de soulévements synoptiques, l’image SIGMA est plus pertinente. La couleur rouge répond à un critére de fort risque de givrage, où les nuages à sommets relativement chauds s’associent à la présence d’eau surfondue en gouttelettes. Pour fixer l’intensité du givrage, la présence de grosses gouttelettes (SLD) ou bruine surfondue serait à préciser. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 11 Cette situation qui rentre dans le cadre d’une prévision de tous les jours du phénomène givrage demande pour un usage aéronautique de 6 à 9 heures d’anticipation, le délai de rédaction d’une carte du temps significatif. Pour cet exercice, le météorologiste en charge de prévision pour l’aviation dispose en général : •d’une analyse et prévision synoptique du temps •d’une série de variables pronostiques en sortie de modéle numérique •de données d’observation qu’il peut extrapoler. Auxquelles il peut ajouter parfois une expertise numérique basée sur un indice. Dans le cas de cette situation convective, l’étude affinée d’un sondage aérologique pertinent est très utile pour préciser la forme et l’étendue verticale du risque. Par contre l’apport de l’expertise numérique est alors relativisé. +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 12 Carte de prévision du temps significatif le 2 avril 2005 à 0900 UTC La région où a été observé le givrage est incluse dans une zone de forte instabilité décrite avec des CB et des orages isolés et incluant un symbole de givrage modéré. L’encadré du document rappelle aussi que CB et orages peuvent impliquer une intensité modérée à sévère de givrage (probabilité de rencontrer de gros éléments surfondus) +WMO TET1 aircraft icing- 12/2005- V1 13
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