Le carbone organique des sols cultivés de
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Etude méthodologique Juin 2012 Le carbone organique des sols cultivés de Poitou-Charentes Quantification et évolution des stocks Sommaire Trois objectifs de recherche et développement ......................................... p. 1 Pourquoi s’intéresser au carbone du sol et son évolution ? ....................... p. 2 Comment acquérir des connaissances sur un territoire ? ........................... p. 5 De nouvelles connaissances pour répondre à de multiples questions ........ p. 9 Quelle est la répartition régionale des teneurs et stocks de carbone ? Quelles sont les principales rotations du territoire ? Comment prendre en compte les pratiques culturales dans les simulations ? Comment évoluent les stocks de carbone dans des conditions données ? Comment faire du conseil technique à partir d’une approche rotation ? Comment aider la prise de décision par une approche territoire ? Quel est le potentiel de stockage des sols agricoles d’un territoire ? Les perspectives du projet ........................................................................ p. 18 Les territoires d’étude en Poitou-Charentes L’outil de simulation : SIMEOS-AMG L’utilisation de bases de données existantes Le schéma global de la méthode utilisée Les limites de la méthode Les utilisations en Poitou-Charentes Les suites du projet dans le cadre du RMT Sols et Territoires Ce qu’il faut retenir ................................................................................... p. 20 Edito Le carbone organique du sol, principal constituant des matières organiques, est une préoccupation d’intérêt majeur en raison des enjeux agronomiques (fertilité physique, chimique et biologique des sols) et environnementaux (qualité de l’eau, stockage de carbone, etc.) qui lui sont liés. C’est pourquoi le RMT Sols et Territoires, dans l’objectif d’améliorer et valoriser la connaissance des sols, développe une méthode de diagnostic spatialisé de l’état organique des sols cultivés à l’échelle d’un territoire. Cette méthode innovante s’appuie sur des bases de données existantes et permet d’identifier les systèmes de culture d’un territoire et de les associer à des types de sols et des teneurs de carbone organique, afin de simuler l’évolution des stocks de carbone organique des sols cultivés. La Chambre Régionale d’Agriculture de Poitou-Charentes, partenaire du RMT Sols et Territoires, contribue à l’objectif de ce réseau national en proposant une application de cette méthode. Le travail présenté dans ce document a été réalisé, avant tout afin de poursuivre la recherche méthodologique et d’identifier les limites et les étapes à améliorer. La volonté de présenter les utilisations possibles des résultats obtenus constitue aussi un fil directeur de la démarche méthodologique en PoitouCharentes. Remerciements Nous tenons à remercier tous nos partenaires, sans qui ce travail n’aurait pu être réalisé : l’unité Infosol de l’INRA d’Orléans, pour l’accès aux données Sols et sa contribution à la méthode ; Olivier SCHEURER de l’Institut Polytechnique Lasalle Beauvais pour l’encadrement scientifique ; Annie DUPARQUE d’Agro-Transfert Ressources et Territoires, pour s’être chargée de mobiliser AMG pour simuler l’évolution des stocks de carbone ; ainsi que Marie-Laure GUILLOTIN du Laboratoire Centre Atlantique, pour la mise à disposition de données sur les pratiques culturales. Coordination : JL. FORT (CRA PC) Document rédigé et réalisé par M. VIGOT (CRA PC) Comité de lecture : C. AUPERT (DREAL), A. BOUTHIER (ARVALIS), C. CAM (CRA PC), C. COURBE (CA 87), G. DUFIL (ADEME), A. DUPARQUE (Agro-Transfert RT), T. DUPEUBLE (DRAAF), P. FORTIN (Conseil Régional PC), ML. GUILLOTIN (Laboratoire Centre Atlantique), F. LEVRAULT (CRA PC), J. MOULIN (CA 36), O. SCHEURER (Institut Polytechnique Lasalle Beauvais), N. SCHNEBELEN (INRA) Crédits photos : Photothèque des Chambres d’Agriculture, M. CHABAUTY, C. RENOUARD, L. FOMBEUR Trois objectifs de Recherche et Développement 1. Améliorer la connaissance des sols de Poitou-Charentes Il s’agit dans un premier temps de faire un état des lieux des teneurs et des stocks de carbone organique des sols cultivés sur l’ensemble de la région. Cela consiste à affecter des teneurs et des stocks de carbone aux différents types de sols en croisant deux bases de données existantes : la carte des sols (Référentiel Régional Pédologique) et la Base de Données des Analyses de Terre (BDAT). Des cartes régionales et départementales de teneurs et de stocks de carbone sont ainsi obtenues. Dans un deuxième temps, une estimation de l’évolution des stocks de carbone permet d’évaluer l’impact des pratiques culturales sur les sols agricoles et l’environnement. Pour cela, l’utilisation d’un modèle de simulation nécessite d’identifier au préalable les systèmes de culture (rotations et pratiques culturales) présents sur le territoire et de les associer aux différents types de sols. Poursuivre la recherche méthodologique engagée par le RMT Sols et Territoires La méthode utilisée a été développée dans un secteur de grandes cultures du Loiret, dans le cadre du RMT Sols et Territoires. L’étude en PoitouCharentes constitue une poursuite de l’élaboration de cette méthode, dans un contexte agricole plus diversifié en termes de systèmes de production (céréaliers, polyculture-élevage, viticulture, etc.). Elle offre aussi la possibilité de tester la transposition de la méthode à un autre territoire. Montrer les utilisations possibles de ces connaissances Enfin, ce travail a pour vocation de donner des exemples d’utilisations des résultats obtenus à partir de la méthode utilisée. Cela consiste dans un premier temps à mobiliser des références agronomiques locales pour faire du conseil technique à l’échelle de l’exploitation. Dans un deuxième temps, une réflexion globale doit permettre d’aider la prise de décision au niveau des territoires. Deux intérêts communs à l’origine d’un projet régional en Poitou-Charentes 1 La volonté de la Chambre Régionale d’Agriculture de Poitou-Charentes de valoriser la Base de données Sols de Poitou-Charentes (IGCS) afin d’avoir une meilleure connaissance des teneurs et stocks de carbone organique des sols de la région a fait l’objet d’un projet déposé au FEDER. Le Réseau Mixte Technologique Sols et Territoires, dont la Chambre Régionale d’Agriculture de Poitou-Charentes est partenaire, s’est proposé de développer des méthodes pour valoriser les données sols et a engagé une étude sur l’estimation et l’évolution des stocks de carbone organique sur un territoire. De ces deux intérêts communs est né un projet d’application d’une méthode en PoitouCharentes avec un comité de suivi associant : Des experts et membres du RMT (INRA, Institut Polytechnique Lasalle Beauvais, AgroTransfert RT, Arvalis, Chambres d’Agriculture de l’Indre et de Haute-Vienne) Des organismes régionaux (CRA PC, DRAAF, DREAL, Conseil Régional, ADEME) Pourquoi s’intéresser au carbone du sol et son évolution ? Qu’est-ce que le carbone organique du sol ? Le carbone organique est le principal constituant des matières organiques. Il représente environ 50% de celles-ci, suivi de l’oxygène (40%), de l’hydrogène (5%), de l’azote (4%) et du soufre (1%). Dans les analyses de terre, la quantité de matières organiques du sol est connue à partir d’une mesure de teneur en carbone organique. Elle correspond à une concentration de carbone organique dans le sol, souvent exprimée en g/kg, et représente un indicateur de qualité du sol. Cette teneur permet de déduire : Le pourcentage de matières organiques, en la multipliant par 1,72 Le stock de carbone organique, indicateur de quantité, en la multipliant par la Masse de Terre Fine (fonction de la teneur en éléments grossiers, de l’épaisseur de sol et de la densité apparente). La teneur est couramment mesurée dans l’horizon labouré (couche superficielle du sol d’environ 30 cm d’épaisseur). Le stock est donc calculé sur ce même horizon. Les matières organiques remplissent de nombreux rôles Les matières organiques (MO) sont les constituants organiques, vivants ou morts, d’origine animale, végétale ou microbienne, transformés ou non et remplissent de nombreuses fonctions. Elles sont présentes sous différentes formes de composés, mais peuvent être regroupées en deux ensembles : une fraction stable, aussi appelée humus, résidant dans le sol plus de 100 ans et une fraction active, ou labile, qui se renouvelle sur une à quelques dizaines d’années. Les matières organiques ont, le plus souvent, des effets positifs sur diverses propriétés des sols, liées à des enjeux agronomiques et environnementaux, comme le montre la figure 1. Fertilité chimique Fertilité physique CEC, réserve d’éléments nutritifs, matières minéralisables Stabilité structurale, résistance à la battance et l’érosion, porosité, rétention en eau Qualité de l’eau Production de polluants potentiels (nitrates, phosphates), Rétention de polluants (métaux, pesticides) Enjeux environnementaux Matières Organiques des sols Enjeux agronomiques Activité biologique Ressource de carbone, de minéraux et d’énergie pour les organismes Qualité des cultures Qualité de l’atmosphère Stockage de carbone, production de gaz à effet de serre, dégagement de CO2 et N20 Limite le prélèvement des polluants (métaux et pesticides) Figure 1 : Rôles des Matières Organiques (d’après CHENU & BALABANE, 2001) Pour aller plus loin CHENU, C. & BALABANE, M. (2001). Matières organiques et activités biologiques des sols cultivés. Perspectives agricoles, n°272, pp. 42-45. CLAVET, R., CHENU, C. & HOUOT, S. (2011). Les matières organiques des sols : rôles agronomiques et environnementaux. France Agricole, p. 350. Expertise INRA. (2002). Stocker du carbone dans les sols agricoles de France ? p. 334. GIS SOL. (2011). L’état des sols de France. Groupement d’intérêt scientifique sur les sols, p. 188. Pourquoi s’intéresser au carbone du sol et son évolution ? 2. 2 L’influence de nombreux facteurs Les flux de carbone entre l’atmosphère et le sol, via la végétation, sont affectés par de nombreux facteurs entrainant des évolutions plus ou moins rapides. Ces facteurs sont d’origine naturelle (climat et type de sol) ou anthropique (type d’occupation du sol, travail du sol, gestion des résidus de culture, apports de matières organiques, cultures intermédiaires, etc). Certains de ces facteurs peuvent être identifiés comme des leviers permettant d’augmenter les stocks de carbone des sols. Occupation du sol et gestion des résidus Si la capacité de stockage de carbone d’un sol dépend notamment de sa teneur en argile, le type de sol ne constitue cependant pas un levier d’action. Il n’en est pas de même pour l’occupation du sol. On observe d’une part un gradient croissant des stocks, selon que le type d’occupation du sol soit respectivement vigne, terre arable ou prairie (cf. figure 2). D’autre part, les stocks varient au sein des terres arables, selon le type de rotation pratiquée, dans la mesure où la restitution de carbone est différente selon les espèces cultivées. En effet, la quantité de carbone restituée au sol après la récolte varie d’environ 300 kg/ha pour une culture de pois protéagineux à 1 t/ha pour du colza (cf. figure 3). De plus, la gestion des résidus (export ou restitution) peut entrainer une différence importante des quantités de carbone restituées pour une même culture. Ce facteur affecte particulièrement les céréales à paille (400 à 800 kg/ha) et le maïs (300 à 1000 kg/ha). Figure 2 : Stocks de carbone organique des sols (0-30 cm) en t/ha (INRA, 2002) 3 Figure 3 : Fourniture de carbone humifié par les résidus de culture (kg/ha) (Agro-Transfert RT) Enfin, lors de changements d’occupation du sol, les vitesses d’évolution des stocks peuvent être différentes. Par exemple, la mise en culture d’un sol initialement sous prairie ou forêt engendre une diminution du stock deux fois plus rapide qu’une augmentation du stock liée à une conversion inverse des terres. Il est donc conseillé de privilégier le maintien des prairies et forêts existantes à la création de ces espaces en compensation de destructions. Travail du sol Des essais expérimentaux de longue durée ont montré l’effet du type de travail du sol sur l’évolution du stock de carbone du sol (cf. figure 4). Le passage au non labour en continu permet une augmentation du stock généralement plus importante qu’un labour. Cependant, il semblerait que la profondeur de travail du sol ait plus d’effet que le type de travail du sol. De plus, une réduction du labour, en modifiant la concentration, peut entrainer une augmentation plus importante de la teneur que du stock sur la couche travaillée. Figure 4 : Evolution du stock de carbone en fonction du travail du sol – Essai de Boigneville ITCF (INRA, 2002) Des modèles ont été mis au point dans le but de simuler l’évolution de la teneur et/ou du stock de carbone organique. L’étude en Poitou-Charentes s’intéresse à l’évolution des stocks de carbone, indicateur de l’impact des pratiques agricoles sur l’environnement. En revanche, l’évolution de la teneur reste une notion importante pour la qualité des sols (risque de battance par exemple). Celle-ci peut être améliorée par certaines pratiques sans forcément faire varier le stock (réduction de la profondeur de travail du sol). Connaitre l’évolution du statut organique des sols à l’échelle d’un territoire peut permettre la mise au point d’outils d’aide à la décision, intervenant à différentes échelles et pour lesquelles les objectifs sont différents (cf. figure 5). Dans un objectif de maintien ou d’amélioration de la qualité des sols à l’échelle de l’exploitation, la production de références agronomiques locales constitue un outil pour l’adaptation des pratiques culturales. En effet, des cas-types basés sur le type de sol et le système de culture permettent d’identifier les situations à risque, engendrant un déstockage de carbone. A l’échelle d’un territoire, deux objectifs peuvent être identifiés. D’une part, le développement de filières agricoles (production de biomasse ou de gestion des produits organiques), en cohérence vis-à-vis de la qualité des sols, nécessite une identification des évolutions des stocks de carbone au sein du territoire. L’export de biomasse peut ainsi être privilégié dans des sols ayant tendance à stocker du carbone, tandis que les sols en déstockage seront prioritaires pour des apports de produits organiques. Dans ces deux cas, la notion de seuil de teneur en carbone acceptable doit également être prise en compte. De tels seuils n’existent pas dans la littérature mais peuvent seulement être approximés par des valeurs normales (au sens statistique du terme) locales par type de sol. D’autre part, l’évolution des stocks de carbone dans les sols peut être intégrée à la quantification des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un territoire. Cela revient à calculer un bilan prenant en compte les sols et pratiques de l’ensemble du territoire. Il est alors intéressant de savoir si les sols cultivés permettent une compensation des émissions de GES, quel en est l’ordre de grandeur et dans quelle mesure des changements de pratiques amélioreraient ou dégraderaient ce bilan. Echelle Système de culture, Exploitation Objectifs Maintenir ou améliorer la qualité des sols Développer des filières agricoles Quantifier les émissions de GES Outils Production de références agronomiques locales Identification des situations en Stockage et Déstockage Bilan de carbone stocké Actions ou connaissances Adaptation des pratiques culturales Territoire Exporter de la biomasse tout en maintenant la qualité des sols Apporter des MO sur les sols prioritaires Rôle de l’agriculture dans l’atténuation des émissions de GES Pourquoi s’intéresser au carbone du sol et son évolution ? Connaitre l’évolution du statut organique des sols sur un territoire Figure 5 : Intérêts du diagnostic de l’état organique des sols 4 Comment acquérir des connaissances sur un territoire ? 3. on des stocks de carbone organique carte des pédopaysages en Poitou-Charentes) L’acquisition des connaissances sur un territoire englobe la collecte des données nécessaires, ainsi que les méthodes mises en œuvre pour répondre à une question posée. Ici, les questions sont les suivantes : Secteurs d'étude pour l'évolution lien avec les systèmes de cultures. L’utilisation de ce modèle permettant de simuler l’évolution des teneurs et stocks de carbone nécessite un certain nombre de données, dont la collecte s’avère plus complexe que pour à la première question. des stocks derépondre carbone organique Secteurs d'étude les pour l'évolution des de carbone Cartographiques de Sols desstocks pédopaysages en Poitou-Charentes) (Unités Comment se répartissent teneurs et de les la carte Les territoires d’étude enorganique Poitoustocks deCartographiques carbone dans les solsde deSols la région ? carte des pédopaysages en Poitou-Charentes) (Unités de la Charentes Comment évoluent les stocks de carbone des sols cultivés sur le long terme ? Les territoires d’études sont différents pour les deux questions posées. Les teneurs et stocks de carbone sont cartographiés sur l’ensemble de la région. Cependant, compte tenu du temps nécessaire à la collecte et au traitement des données, l’évolution des stocks de carbone est étudiée sur 4 secteurs, majoritairement en grandes cultures des maisstocks de Secteurs d'étude pour l'évolution représentant une diversité de types de sols et depédopaysag (Unités Cartographiques de Sols de la carte des systèmes de culture. La délimitation des secteurs est basée sur les Unités Cartographiques de Sols (UCS) du Référentiel Régional Pédologique (cf. figure 6). ¨¨ Pour répondre à la première question, la méthode, développée en partie par l’unité Infosol de l’INRA d’Orléans, fait appel à des bases de données régionales (carte des sols) et nationales (analyses de terre). En revanche, pour répondre à la seconde question, la méthode, développée dans le cadre du RMT Sols et Territoires et adaptée à la région PoitouCharentes, repose sur un modèle. Ce dernier remédie à l’absence de références sur l’évolution Terres rouges la Vienne des teneurs et des stocks dede carbone organique en ¨ UCS 57 - moyennement profondes Secteurs d'étude pour l'évolution des stocks de carbone or UCS 122 - peu profondes (Unités Cartographiques de Sols de la carte des pédopaysages en Poitou-C UCS 123 - profondes Plaine de Thouars PlaineDeux-Sèvres) de Thouars (Nord UCS moyennes UCS101 101- groies – groies moyennes UCS à silex peupeu profonde UCS138 138- argile – argile à silex profonde UCS sableuses UCS139 139- plaines – plaines sableuses on : CRA PC - février 2012 BDAT - RRP - BD CARTO ® ¨ Terres rouges de la Vienne (Sols limono-argileux, argile rouge) Terres rouges de la sur Vienne e organique dans les solsUCS de Poitou-Charentes" 57 profondes UCS 57- –moyennement moyennement profondes vi : Financeurs : UCS profondes UCS122 122- –peu peu profondes stitut du Végétal, UCS bre d'Agriculture de l'Indre, UCS123 123- –profondes profondes , INRA Orléans - Unité Infosol, ratoire Centre AtlantiqueGroies Plaine de du Thouars Nord Charente Groies du 101 Nord Charente (Sols argileux ou- groies limono-argileux, UCS moyennes calcaires) Groies du138 Nord Charente UCS 54- -groies –argile groies profondes UCS 54 profondes à silex peu profonde Terres rouges de la Vienne TerresUCS rouges de la Vienne 57 - moyennement profondes UCS 54 profondes 55 marneuses UCS139 55-- -groies –groies groies marneuses UCS plaines sableuses UCS 55 groies marneuses UCS 197 - groies moyennes UCS profondes UCS 57 122- moyennement - peu profondes Groies du Nord Charente on : CRA PC - février 2012 BDAT - RRP - BD CARTO ® 123profondes - profondes UCS UCS 54 - groies UCS 197 - groies moyennes UCS UCS 55 - groies 123marneuses - profondes Doucins de Charente-Maritime Doucins e organique dans les sols de Poitou-Charentes" (Sols sablo-limoneux, sur argile) Doucins UCSde 76 Charente-Maritime - Doucinsacides, hydromorphes vi : nstitut du Végétal, bre d'Agriculture de l'Indre, , INRA Orléans - Unité Infosol, ratoire Centre Atlantique Financeurs : UCS77 76-- Doucins – doucins sableux hydromorphes UCS 76 Doucins hydromorphes UCS sableux sains UCS 77 Doucins sableux sains UCS78 77-- Doucins – doucins sableux sains UCS limoneux Plaine de- groies Thouars UCS 197 moyennes PlaineUCS de Thouars 101 - groies moyennes Doucins de Charente-Maritime Plaine 101 groies UCS UCS 76 - Doucins UCS 138 --hydromorphes argile àmoyennes silex peu profonde UCS UCS 77 - Doucins sableux sains 138 argile à silex peu profonde Groies du Nord Charente UCS 139 - plaines sableuses UCS limoneux UCS7878- Doucins – doucins limoneux hydromorphes Terres rouges de la V UCS 78 - Doucins limoneux UCS 54 - groies profondes UCS 139 - plaines sableuses UCS 57 - moyenne UCS - groies 0 55 25 marneuses 50 75 100 Km Réalisation : CRA PC - février 2012 UCS 122 - peu pro Réalisation : CRA PC - février 2012 0 25 50 en Poitou-Charentes 75 100 Km Figure 6 : Territoires d'étude Sources : BDAT - RRP - BD CARTO ® Sources : BDAT - RRP - BD CARTO ® UCS 197 - groies moyennes Réalisation : CRA PC - février 2012 UCS 123 - profond Sources : BDAT - RRP - BD CARTO ® les"Stocks Projet et évolutions du carbone organique dans les sol Projet "Stocks et évolutions du carbone organique dans sols de Poitou-Charentes" 0 5 Terre UCS 122 - peu profondes UCS 197 – groies moyennes 25 50 75 100 Km Doucins de Charente-Maritime du comité de suivi : Plaine de Thouars Projet "Stocks etMembres évolutions du carbone dans les sols deMembres Poitou-Charentes" du comité de suivi organique : Financeurs : UCS 76 - Doucins hydromorphes ADEME, Agro-Transfert RT, ARVALIS Institut du Végétal, UCS 101 - groies m Chambre d'Agriculture Chambre de l'Indre, ADEME, Agro-Transfert ARVALIS Institut Membres du RT, comité de suivi : du Végétal, Financeurs : d'Agriculture UCS 77 - Doucins sableux sains de la Haute-Vienne, UCS- 138 à Conseil Régional Poitou-Charentes, DRAAF, DREAL, INRA Orléans Unité- argile Infosol, Chambre d'Agriculture de la Haute-Vienne, Chambre de l'Indre, ADEME, Agro-Transfert RT, ARVALIS Institutd'Agriculture du Végétal, Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, Laboratoire Centre Atlantique UCS 78 - Doucins limoneux L’outil de simulation : SIMEOS-AMG SIMEOS-AMG est un outil de SIMulation de l’Etat Organique des Sols fondé sur le modèle AMG, développé par Agro-Transfert RT et l’INRA de Laon. Le modèle AMG (INRA de Laon) est une amélioration du modèle Hénin-Dupuis, couramment utilisé en France, dans la mesure où il prend en compte non plus une mais deux fractions de carbone : actif et stable (cf. figure 7). SIMEOS-AMG permet de comparer un état initial (teneur ou stock), correspondant à l’état actuel, à un état final, simulé à long terme (20 à 100 ans) pour un système de culture restant inchangé au cours du temps. Développé en Picardie, pour faire du conseil à la parcelle, son utilisation requiert un certain nombre de données facilement accessibles à cette échelle (cf. tableau 1). Afin de l’utiliser à l’échelle d’un territoire, une première phase de collecte des données consiste à inventorier les combinaisons « Type de sol x Système de culture x Carbone organique » présentes sur ce territoire. Ces combinaisons sont ensuite les données d’entrée du modèle. La limite actuelle de cet outil est liée à son paramétrage qui ne permet pas de faire des simulations pour des prairies, vignes et forêts. AMG* : un modèle simple de bilan humique à la parcelle Les principes du calcul dC/dt = k1.m – *AMG, du nom de ces auteurs : Abdriulo, Mary, Guérif – INRA de LAON Figure 7 : Principes du fonctionnement du modèle AMG Tableau 1 : Données nécessaires à l’utilisation de SIMEOS-AMG Système de culture Cultures (rotation) Cultures intermédiaires Rendements Restitution des résidus Apports organiques Type et profondeur de travail du sol Irrigation Caractéristiques Caractéristique Climat (moyennes permanentes du sol variable du sol annuelles) (sur la couche 0-30 cm) Argile vraie Teneur de carbone ETP Calcaire total Pluviométrie Densité apparente (SIMEOS-AMG calcule Température Eléments grossiers ensuite le stock à partir de l’ensemble des caractéristiques du sol) Pour aller plus loin DUPARQUE, A. et al. (2011). Le bilan humique AMG, pour une démarche de conseil fondée sur des cas-types régionaux, èmes 10 rencontres de la fertilisation raisonnée et des analyses de terre, COMIFER-GEMAS, Reims, p. 16. WYLLEMAN, R. et al. (2001). Evolution des stocks de matière organique dans les sols de grandes cultures : analyse et modélisation. Perspectives agricoles, n°270, pp. 8-14. Comment acquérir des connaissances sur un territoire ? k.Ca 6 L’utilisation de bases de données existantes Caractéristiques permanentes du sol : Référentiel Régional Pédologique (RRP) C’est une carte régionale des sols au 1/250000ème Accompagnée d’une base de données sur les caractéristiques des sols (DONESOL) Teneur en éléments grossiers (EG) Teneur en Argile Teneur en Calcaire LIMITES : Ne contient pas les densités apparentes Les « + » : Des profils de sols peuvent être utilisés pour la validation des cartes : 1100 profils avec des mesures de carbone organique (dont 470 sous culture), 25 profils avec des densités apparentes et teneur en EG pour la validation des stocks. Un bémol : ces profils ont été réalisés entre 1960 et 2006. Caractéristique variable du sol : Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) Cette base de données regroupe les analyses de sol réalisées à la demande des agriculteurs et référencées par commune (de la parcelle ou du siège de l’exploitation) Nombre d’analyses Par commune Teneurs de carbone organique par commune (124 000 analyses entre 1990 et 2004) LIMITES : Les analyses ne sont pas précisément localisables, la méthode de prélèvement peut varier selon les échantillons (profondeur de prélèvement), le type de sol et l’occupation du sol ne sont pas connus. Hypothèse : cette base concerne en majorité des sols cultivés et non des prairies. Groupes de cultures (RGP 2010 simplifié) Pratiques culturales : Registre Parcellaire Graphique (RPG) Il s’agit d’une donnée annuelle par ilot cultural, basée sur les déclarations PAC des agriculteurs Années utilisées : 2007, 2008, 2009 et 2010 Successions de culture de 4 ans par ilot, servant à définir des rotations LIMITES : les cultures sont connues par parcelle, or un ilot est constitué d’une ou plusieurs parcelles, non localisables. Les successions sont donc construites à partir des cultures ayant la plus grande surface au sein de l’ilot chaque année (cultures dominantes). Le caractère irrigué ou non des ilots n’étant plus renseigné en 2010, la possibilité d’identifier les systèmes irrigués à partir du RPG pourrait être remise en question dans les années à venir. Pratiques culturales : Base REGIFERT et dires d’experts Les analyses de sol réalisées dans le cadre de REGIFERT (bilan phospho-potassique) sont accompagnées de données sur les pratiques des agriculteurs et des rendements 7 Rendements irrigués et non irrigués par culture et par secteur d'étude LIMITES : les données sur les pratiques par culture sont trop peu nombreuses et incomplètes. Des conseillers agricoles des Chambres d’Agriculture sont contactés pour recueillir les données sur les pratiques culturales Scénarios de simulation Climat : Stations météo locales 7 stations météo locales sont utilisées pour calculer des moyennes annuelles par secteur (période 19702000) ETP, pluviométrie, température LIMITES : les évolutions des stocks de carbone ne tiennent pas compte du changement climatique. Le schéma global de la méthode utilisée La figure 8 représente le schéma global de la méthode utilisée et adaptée au Poitou-Charentes. La principale adaptation concerne les sources de données sur les pratiques culturales. La Base AZOFERT (enregistrement des pratiques dans le cadre d’un calcul de reliquat azoté à la parcelle), utilisée dans le Loiret, n’existe pas en PoitouCharentes. Elle est remplacée par la base REGIFERT (bilan de fertilisation phospho-potassique), moins riche que la base AZOFERT, ainsi que des scénarios de simulation faisant varier les pratiques. Méthode pour l’évolution des stocks de carbone RRP Base REGIFERT et dires d’experts Cultures par ilot (4 années) succession de cultures de 4 ans par ilot Pratiques et rendements par culture et par commune 1 BDAT Propriétés des Teneurs en C sols par UTS organique par commune 2 Rotations-types par UTS* et surfaces associées 3 Pratiques dominantes et rendements par culture et par secteur Scénarios de simulation Teneurs de carbone organique par UTS Combinaisons « UTS x Système de culture x Teneur médiane en Carbone organique» et surfaces associées Moyennes climatiques par secteur SIMEOS-AMG 4 Carte des teneurs médianes par UCS** Stocks de carbone organique par UTS Comparaison du stock simulé à long terme au stock initial (Stockage / Equilibre / Déstockage) 1 : Modèles de rotations et règles agronomiques d’exclusion des cultures par rapport aux types de sols 2 : Analyse statistique des données 3 : Méthode de rattachement des analyses de terre aux UTS - INRA (PAROISSIEN, SABY & ARROUAYS, 2011) 4 : Moyenne pondérée en fonction du pourcentage de surface des UTS dans les UCS *UTS : Unités Typologiques de Sols Calcul de la Masse de Terre Fine (MTF)*** sur la couche 0-30 cm ou sur l'épaisseur de sol correspondant à la profondeur d'apparition de la roche mère en sol superficiel **UCS : Unités Cartographiques de Sols (= 1 ou plusieurs UTS) Partie développée dans le Loiret et adaptée au Poitou-Charentes Figure 8 : Schéma global de la méthode utilisée 4 Carte des stocks moyens par UCS ***MTF : fonction de la teneur en éléments grossiers, de l’épaisseur de sol et de la densité apparente Apport Poitou-Charentes Un point sur les Unités Cartographiques de Sols (UCS) et les Unités Typologiques de Sols (UTS) : UCS ou UTS ? - les UCS sont les unités matérialisées par des limites sur la carte des sols - les UTS sont les différents types de sols rencontrés sur le terrain ème A l’échelle du 1/250000 , une UCS regroupe plusieurs UTS peu différentes mais non localisables. Seule leur proportion au sein de l’UCS est connue. ème A des échelles plus grandes (1/50000 , etc.) une UCS peut correspondre à une seule UTS. Les limites de la méthode Cartes de teneurs et de stocks Compte tenu des données disponibles dans la BDAT, les cartes produites ne seront valables que pour les sols cultivés en grandes cultures. La validation de ces cartes nécessite des analyses de sols précisément localisables et pour lesquelles les types de sol et d’occupation du sol sont connus. De telles données ne sont que très peu nombreuses dans la région. La profondeur de prélèvement mériterait aussi d’être renseignée. Les stocks sont calculés pour la couche 0-30 cm ou sur une épaisseur correspondant à la profondeur d’apparition de la roche mère pour les sols superficiels. Estimation de l’évolution des stocks Premièrement, le peu de données disponibles sur les pratiques est compensé par l’utilisation de scénarios de simulation. La prise en compte des différentes pratiques est donc limitée aux scénarios présentés. D’autre part, il est difficile de vérifier les surfaces affectées aux rotations (issues du traitement des données RPG) et aux scénarios (issues de dires d’experts). Les travaux présentés par la suite à l’échelle territoriale dépendent fortement de ces surfaces et sont donc avant tout des exemples d’exploitation des résultats. Comment acquérir des connaissances sur un territoire ? RPG Cartes régionales 8 4. De nouvelles connaissances pour répondre de multiples questions Quelle est la répartition régionale des teneurs et stocks de carbone ? La répartition spatiale du carbone des sols cultivés de la région est illustrée par une carte des teneurs (cf. figure 9) et une carte des stocks (cf. figure 10). Ces cartes ont été obtenues selon la méthode présentée en figure 8. Il est important de retenir que les cartes produites ne sont valables que pour des sols cultivés en grandes cultures compte tenu des données utilisées. De plus, elles concernent la couche de sol 0-30 cm. Les sols sous prairies, forêts et marais ont des teneurs et stocks plus importants que les sols cultivés. Une carte du pourcentage de surface en grandes cultures par UCS accompagne ces cartes. Elle permet de repérer les secteurs à faible proportion de grandes cultures, où, selon l’occupation du sol, les teneurs rencontrées sur le terrain peuvent fortement différer des teneurs cartographiées. CARBONE ORGANIQUE DANS LES SOLS CULTIVES DE POITOU-CHARENTES Figure 9 : Carte régionale des teneurs en carbone organique des sols cultivés 9 Figure 10 : Carte régionale des stocks de carbone organique des sols cultivés Avertissement : Ces cartes ne concernent que les sols cultivés. Les sols sous prairies, forêts et marais ont des teneurs et stocks plus élevés. La variabilité des teneurs et stocks sera plus faible dans les secteurs à forte proportion de grandes cultures (se référer à la carte ci-contre). Quelques remarques sur les cartes produites : Pour une même occupation du sol (grandes cultures), ces cartes mettent en évidence un effet du type de sol : Les teneurs les plus élevées, correspondant à des taux de MO de 4 à 5%, se situent sur les sols de groies du centre de la région. Pour une même teneur médiane, les stocks calculés varient selon les caractéristiques des sols (par exemple dans la moitié nord des Deux-Sèvres). L’historique de gestion des territoires (anciennes zones d’élevage, etc.) peut expliquer des variations de teneurs et de stocks pour un même type de sol. De nouvelles connaissances pour répondre à de multiples questions CARBONE ORGANIQUE DANS LES SOLS CULTIVES DE POITOU-CHARENTES 10 Quelles sont les principales rotations du territoire ? La connaissance des rotations culturales peut être utile pour de nombreuses thématiques d’études autres que celle-ci, comme l’érosion des sols ou la mise en place d’observatoires sur les pratiques. Cet apport de connaissances peut donc être valorisé très largement pour de nombreux territoires. Les deux territoires pris pour exemple sont constitués de 3 UCS. Les rotations irriguées et non irriguées sont distinguées au sein de ces territoires. Chaque rotation est associée à un pourcentage de la surface totale des ilots déclarés (% sur le territoire) et à un pourcentage au sein du groupe d’ilots irrigués ou non irrigués (% dans le groupe). Secteurs d'étude pour l'évolution des stocks de carbone organique (Unités Cartographiques de Sols de la carte des pédopaysages en Poitou-Charentes) Principales rotations des Doucins de Charente-Maritime Principales rotations de la Plaine de Thouars ¨ En non irrigué (72%) : - dominance de tournesol et colza/tournesol - présence de maïs En non irrigué (95%) : - dominance de colza et colza/tournesol - présence de pois protéagineux En irrigué (28%) : - forte dominance de maïs en monoculture - rotations irriguées peu diversifiées En irrigué (5%) : - maïs plus souvent inclus dans des rotations - présence de pois Groies du Nord Charente Terres rouges de la Vienne UCS 54 - groies profondes UCS 57 - moyennement profondes UCS 55 - groies marneuses UCS 122 - peu profondes UCS 197 - groies moyennes UCS 123 - profondes SECTEUR DE LA PLAINE DE THOUARS (3 UCS) Plaine de Thouars SECTEUR DES DOUCINS (3 UCS)Doucins de Charente-Maritime UCS 76 - Doucins hydromorphes % sur leUCS 77%- Doucins danssableux le sains GROUPE UCS 78 Doucins limoneux territoire groupe Irrigué Non irrigué 0 Tournesol-Blé Colza-Blé-Tournesol-Blé Tournesol-Blé-Orge Tournesol-Blé-Tournesol-Orge Monoculture de Maïs Colza-Blé Maïs-Blé-Tournesol-Blé Colza-Blé-Orge Colza-Blé-Tournesol-Orge TOTAL Monoculture de Maïs Maïs-Maïs-Maïs-Blé Maïs-Maïs-Maïs-Tournesol Maïs-Maïs-Maïs-Orge Maïs-Blé Maïs-Maïs-Tournesol-Blé Maïs-Maïs-Blé-Blé TOTAL TOTAL TERRITOIRE Pourcentage de surface sur l’ensemble des ilots déclarés 11 25 50 75 UCS 101 - groies moyennes UCS 138 - argile à silex peu profonde ROTATIONS UCS 139 - plaines sableuses Réalisation : CRA PC - février 2012 Sources : BDAT - RRP - BD CARTO ® Pourcentage de surface dans le groupe d’ilots irrigués ou non irrigués % sur le % dans le territoire groupe 100 Km 20 26 Colza-Blé-Tournesol-Blé 13 Membres18 du comité de suivi : Colza-Blé-OrgeFinanceurs : ADEME, Agro-Transfert RT, ARVALIS Institut du Végétal, 5 7 Chambre d'Agriculture de la Haute-Vienne, Chambre d'Agriculture de l'Indre, Conseil Régional Poitou-Charentes, DRAAF, DREAL, INRA Orléans -Colza-Blé-Blé-Tournesol-Blé-Blé Unité Infosol, Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, Laboratoire Centre Atlantique 5 6 Colza-Blé-Orge-Tournesol-Blé-Orge 4 6 Colza-Blé-Blé 3 7 Colza-Blé 3 4 Colza-Blé-Blé-Blé 2 3 Tournesol-Blé 1 2 Tournesol-Blé-Blé 56 79 Colza-Blé-Orge-Tournesol-Blé 14 52 Colza-Blé-Orge-Pois-Blé-Orge 4 14 Tournesol-Blé-Blé-Blé 2 7 TOTAL 2 7 Maïs-Blé 1 5 Maïs-Maïs-Maïs-Blé 1 3 Monoculture de Maïs 1 3 Pois-Blé-Colza-Blé 26 94 Maïs-Blé-Colza-Blé Pois-Blé-Blé-Blé 83 Maïs-Maïs-Blé-Blé Maïs-Maïs-Colza-Blé TOTAL TOTAL TERRITOIRE Projet "Stocks et évolutions du carbone organique dans les sols de Poitou-Charentes" Non irrigué ROTATIONS Irrigué GROUPE 10 9 7 6 5 5 5 5 4 4 4 4 68 1 1 1 1 1 0,3 0,2 0,2 4 72 11 9 7 7 5 5 5 5 5 4 4 4 72 19 16 12 10 9 4 3 3 75 Comment prendre en compte les pratiques culturales dans les simulations ? Compte tenu du manque de renseignements sur les pratiques contenus dans REGIFERT (cf. page 7) et de l’absence de Base de données spécialisée sur les pratiques culturales, des scénarios de simulation sont utilisés. Ils correspondent à des systèmes de production dominants dans la région, bâtis avec les conseillers agricoles. Ces systèmes de production sont volontairement simplifiés en raison de la difficulté à avoir une vision exhaustive des pratiques. Sur un secteur restreint disposant de données précises sur les pratiques, ces scénarios pourraient être ajustés. Les scénarios diffèrent par la gestion des pailles, les apports organiques et le devenir du maïs (grain ou ensilage) (cf. tableau 1). Les autres éléments de l’itinéraire technique (ITK) sont communs à tous les scénarios (cf. tableau 2). Pour chaque scénario, 2 simulations sont réalisées : la première sans cultures intermédiaires (CI) et la seconde avec le maximum possible de cultures intermédiaires, ce qui correspond aux conséquences de la Directive Nitrates en PoitouCharentes. Cela permet de voir l’effet des cultures intermédiaires à travers deux situations extrêmes. SCENARIO Céréalier Restitution des pailles Céréalier Export des pailles Céréalier Echange paille-fumier Polyculture - Elevage Gestion des pailles Restitution à 100% Export à 50% Export à 50% Export à 100% Apport organiques Pas d’apport Pas d’apport 1 apport par rotation* 1 apport par rotation* Devenir du maïs 100% maïs grain 100% maïs grain 100% maïs grain 50% maïs grain 50% maïs ensilage * Soit tous les 3 à 4 ans. MO utilisées : fumier de bovins à 30 t/ha Tableau 2 : Autres éléments de l'itinéraire technique Elément ITK Modalités Non labour (15 cm) Travail du sol Labour (15 à 25 cm) 180 mm Irrigation 50 mm Moutarde Mélange d’espèces Cultures intermédiaires Repousses de céréales Repousses de colza Aucune Rendements Cultures Cultures intermédiaires Condition Avant céréales à pailles Avant autres cultures, fonction de la profondeur du sol Maïs Orge de printemps, tournesol, pois protéagineux Devant orge de printemps Devant tournesol, pois protéagineux et maïs Devant colza ou céréales d’hiver Devant céréales d’hiver Tournesol ou pois prot. suivi d’une céréale d’hiver; si précédent maïs Sec ou irrigué, par secteur Par type de CI, identiques pour tous les secteurs 2 simulations pour chaque scénario : sans cultures intermédiaires, puis avec le maximum possible (adaptation des espèces en fonction des cultures précédentes et suivantes) Tableau 3 : Exemples de proportions des scénarios dans 2 secteurs La proportion des scénarios, en termes de surface, est approximée avec les conseillers agricoles dans les secteurs des Terres rouges de la Vienne et des Groies du nord Charente. Il s’avère que peu de données permettent de répondre à cette question. Il s’agit donc de valeurs subjectives, utilisées ici à titre d’exemple (cf. tableau 3). SCENARIO Groies (16) Terres rouges (86) Céréalier Restitution des pailles Céréalier Export des pailles Céréalier Echange paillefumier Polyculture - Elevage 30 % 60 % 3% 7% 50 % 10 % 10 % 30 % De nouvelles connaissances pour répondre à de multiples questions Tableau 1 : Scénarios de simulation 12 Comment évoluent les stocks dans des conditions données ? SIMEOS-AMG permet de simuler l’évolution du stock de carbone organique du sol pour des combinaisons « Système de culture x type de sol x carbone organique ». Voici des exemples de simulations pour une rotation Colza-Blé-Tournesol-Blé en sec et sans MO (CBTB) et pour une monoculture de Maïs irrigué sans CI dans les Terres rouges de la Vienne, pour différents scénarios de simulation. Ces illustrations, propres à ce type de sol et avec un stock initial de 55 tC/ha (valeur médiane de l’UTS), montrent l’effet de différentes pratiques sur l’évolution du stock de carbone. Le stock de carbone se stabilise au bout d’une cinquantaine d’années, hormis pour un des scénarios présenté, pour lequel le stock est déjà à l’équilibre. Rotation Colza-Blé-Tournesol-Blé en sec, sans MO (UTS 132 – Terres rouges moyennement profondes) 60 55 50 45 Effet des cultures intermédiaires Restitution des pailles Export des pailles (50%) Restitution + CI Effet de la restitution des pailles Stock de carbone (T/ha) Stock de carbone (T/ha) 60 55 50 45 40 40 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Temps en années Temps en années L’introduction de cultures intermédiaires dans la rotation (vert), à niveau de restitution équivalent, permet une amélioration de la tendance plus importante que dans le cas précédent. Par ailleurs, cette même rotation peut entrainer un stockage de carbone dans d’autres types de sols. La rotation Colza-Blé-Tournesol-Blé entraine dans ce type de sol une diminution du stock. La restitution des pailles (bleu) permet une légère amélioration de la tendance par rapport à l’export (rouge). Monoculture de Maïs irrigué, sans CI (UTS 132 – Terres rouges moyennement profondes) 55 50 45 Effet de l'export du maïs ensilage 55 50 45 40 40 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Temps en années 13 60 La monoculture de maïs grain sans MO (vert) entraine un déstockage moins important que la rotation CBTB, du fait des restitutions de biomasse élevées de cette culture (cf. figure 3). L’apport de MO un an sur quatre (bleu) permet dans ce cas d’améliorer nettement la tendance pour atteindre une situation d’équilibre. 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Temps en années En modifiant le devenir du maïs, avec des apports de MO similaires dans les 2 cas, on peut voir que l’export de biomasse, plus important avec le maïs ensilage (orange), est compensé par les apports organiques. En effet, le déstockage est comparable à une monoculture de maïs grain sans MO. L’apport de MO doit bien entendu respecter les réglementations relatives à cette pratique. Maïs grain + MO (scénario échange paille-fumier) Maïs grain (scénario céréalier restitution ou export) Maïs ensilage (50%) + MO (scénario polyculture-élevage) Effet des matières organiques Stock de carbone (T/ha) Stock de carbone (T/ha) 60 Comment faire du conseil technique à partir d’une approche rotation ? Après avoir réalisé des simulations pour une même rotation et avec différents types de sols et scénarios, il est possible de bâtir une typologie des tendances évolutives (Stockage, équilibre ou déstockage). Celle-ci a pour objectif de déterminer de la tendance évolutive du stock de carbone organique du sol, en fonction du système de culture (rotation et pratiques), du type de sol et de la teneur ou du stock initial de carbone. carbone les plus faibles. A teneur initiale en carbone équivalente, ces stocks se traduisent par de fortes teneurs en argile et en éléments grossiers. Un exemple de typologie est présenté pour la rotation Colza-Blé-Tournesol-Blé en sec dans les Terres rouges de la Vienne (cf. tableau 4). L’utilisation de cette typologie est présentée à travers deux cas concrets où l’on souhaite connaitre la tendance évolutive du stock de carbone pour une rotation Colza-Blé-Tournesol-Blé implantée sur des Terres rouges en Vienne afin de proposer des leviers d’action (cf. encadrés). Cette typologie, réalisée à partir des teneurs médianes de carbone des UTS, pourrait être complétée en simulant une gamme plus large de teneurs (et donc des niveaux de stocks initiaux différents). Cela permettrait notamment de détecter les seuils de carbone initial pour lesquels la tendance évolutive change. Les situations les plus favorables au stockage sont souvent rencontrées avec des stocks initiaux de Pour un même couple « rotation x type de sol », il arrive que la tendance évolutive varie en fonction du scénario simulé, comme dans le cas 1. En revanche, il arrive, comme dans le cas 2, que la tendance soit la même quel que soit le scénario. Outre le système de culture, le type de sol et le stock initial de carbone sont déterminants dans l’évolution du stock à long terme. Tableau 4 : Exemple de typologie pour la rotation Colza-Blé-Tournesol-Blé en sec (Terres rouges de la Vienne) Stock C initial (T/ha) Argile (g/kg) Calcaire (g/kg) EG (%) Profondeur de sol UTS 14 < 45 > 250 0 20 - 25 Faible à moyenne 131, 320, 322 14 > 55 < 180 0 0-5 Moyenne à élevée 132, 133, 321 Scénario cf. tableau 1 Autres Export sans CI Tous Tendance Stockage Equilibre* Déstockage *Equilibre = +/- 5% du stock initial Utilisation de la typologie - Cas 1 teneur en carbone de 14 g/kg, teneur en argile de 283 g/kg, teneur en calcaire nulle, 22% d’éléments grossiers, rotation CBTB conduite sans culture intermédiaires et avec un export des pailles. Le stock de carbone suit une tendance évolutive d’équilibre. Pour améliorer cette tendance, la comparaison avec les situations en stockage montre que trois leviers sont possibles : restituer les pailles, introduire des cultures intermédiaires ou apporter des matières organiques. Utilisation de la typologie - Cas 2 terres rouges avec un stock de carbone de 59 t/ha, la rotation CBTB est conduite en restitution des pailles sans cultures intermédiaires. Cette situation entraine un déstockage de carbone. Avec cette rotation et ce type de sol, une tendance de déstockage est observée quel que soit le scénario simulé. En revanche, l’introduction de cultures intermédiaires ou l’apport de MO permettront de réduire la quantité de carbone déstocké. La faisabilité technique et économique des leviers proposés n’a pas été abordée ici mais doit être prise en compte dans une démarche de conseil agronomique. De nouvelles connaissances pour répondre à de multiples questions Teneur C initiale (g/kg) 14 Comment aider la prise de décision par une approche territoire ? L’approche territoire consiste, dans un premier temps, à évaluer le pourcentage de surface associé à chaque tendance évolutive du stock de carbone, pour constituer un premier indicateur du potentiel de stockage du territoire. De plus, cela peut constituer un outil territorial d’aide à la décision pour identifier les enjeux de stockage des différents types de sols. Les gisements potentiels de biomasse et les besoins en MO des sols peuvent aussi être localisés à partir de cette approche. Les tendances globales présentées ici pour deux territoires tiennent compte : - des proportions de chaque scénario dans le territoire considéré (identiques pour toutes les UCS d’un même territoire), - de l’ensemble des rotations du territoire et les surfaces associées, - de la présence ou non de cultures intermédiaires. Secteurs d'étude pour l'évolution des stocks de carbone organique (Unités Cartographiques de Sols de la carte des pédopaysages en Poitou-Charentes) ¨ Elevage Echange 7% 3% Les Groies du Nord Charente Restitution 30% 3 UCS sont présentes sur ce territoire : UCS 54 (37%) : groies profondes UCS 55 (18%) : groies marneuses UCS 197 (45%) : groies moyennes Export 60% Parts de surface des différents scénarios sur ce territoire Groies du Nord Charente Terres rouges de la Vienne UCS 54 - groies profondes UCS 57 - moyennement profondes UCS 55 - groies marneuses UCS 122 - peu profondes UCS 197 - groies moyennes UCS 123 - profondes Doucins de Charente-Maritime Plaine de Thouars 100% 25 UCS 101 - groies moyennes UCS 77 - Doucins sableux sains UCS 138 - argile à silex peu profonde UCS 78 - Doucins limoneux UCS 139 - plaines sableuses 50 Pourcentage de la surface 0 UCS 76 - Doucins hydromorphes 75 Quelle est la tendance globale dans le territoire SANS cultures intermédiaires ? 100 Km 80% Réalisation : CRA PC - février 2012 Sources : BDAT - RRP - BD CARTO ® Projet "Stocks et évolutions du carbone organique dans les sols de Poitou-Charentes" Membres du comité de suivi : ADEME, Agro-Transfert RT, ARVALIS Institut du Végétal, Chambre d'Agriculture de la Haute-Vienne, Chambre d'Agriculture de l'Indre, Conseil Régional Poitou-Charentes, DRAAF, DREAL, INRA Orléans - Unité Infosol, Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, Laboratoire Centre Atlantique L’UCS 54 est majoritairement en stockage. Cela est lié à une forte teneur en argile couplée à une forte teneur en calcaire. Les deux autres UCS, soit 63% du territoire, sont en déstockage pour au moins la moitié de la surface. Financeurs : 60% 40% 20% UCS 54 Stockage Equilibre UCS 55 UCS 197 Déstockage Quelle est la tendance globale AVEC cultures intermédiaires ? Le déstockage a fortement diminué grâce à l’introduction de cultures intermédiaires. Sur l’ensemble du territoire, constitué des 3 UCS, il est passé de 35% à 12% de la surface. 15 Dans l’objectif de développer des filières agricoles, tout en préservant de la qualité des sols, ces résultats permettent d’identifier l’UCS 54 comme gisement potentiel de biomasse, à condition que la qualité initiale du sol soit satisfaisante. Les ressources en produits organiques seront, quant à elles, préférentiellement mobilisées pour l’UCS 197, puis l’UCS 55. On peut alors chercher à connaitre l’effet de l’introduction des cultures intermédiaires sur le territoire. 100% Pourcentage de la surface 0% 80% 60% 40% 20% 0% UCS 54 Stockage Equilibre UCS 55 UCS 197 Déstockage Secteurs d'étude pour l'évolution des stocks de carbone organique (Unités Cartographiques de Sols de la carte des pédopaysages en Poitou-Charentes) ¨ Les Terres rouges de la Vienne Restitution 50% Elevage 30% 3 UCS sont présentes sur ce territoire : Groies du Nord Charente UCS 122 - peu profondes UCS 197 - groies moyennes UCS 123 - profondes 100% Doucins de Charente-Maritime Plaine de Thouars UCS 101 - groies moyennes UCS 77 - Doucins sableux sains UCS 138 - argile à silex peu profonde UCS 78 - Doucins limoneux UCS 139 - plaines sableuses Quelle est la tendance globale SANS cultures intermédiaires ? Réalisation : CRA PC - février 2012 Sources : BDAT - RRP - BD CARTO ® Projet "Stocks et évolutions du carbone organique dans les sols de Poitou-Charentes" Membres du comité de suivi : ADEME, Agro-Transfert RT, ARVALIS Institut du Végétal, Chambre d'Agriculture de la Haute-Vienne, Chambre d'Agriculture de l'Indre, Conseil Régional Poitou-Charentes, DRAAF, DREAL, INRA Orléans - Unité Infosol, Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, Laboratoire Centre Atlantique 60% Financeurs : L’UCS 122 présente une grande majorité de surface en stockage. Les 2 autres UCS ont une tendance inverse (60 à 80% de déstockage). 40% 20% 0% UCS 57 Stockage UCS 122 Equilibre UCS 123 L’introduction de cultures intermédiaires a-t-elle le même effet que dans les groies de Charente ? Déstockage Quelle est la tendance globale AVEC cultures intermédiaires ? Les cultures intermédiaires ont un effet beaucoup moins prononcé que dans les groies. Un effet Rotation en est responsable : dans les groies de Charente, la 2ème culture dans l’assolement après le blé est le tournesol (CI = mélange d’espèces), tandis que dans ce cas, il s’agit du colza (CI = repousses de céréales, dont la biomasse produite est moindre). De plus, la proportion de surface de cultures intermédiaires est supérieure sur le territoire précédent. Quel est l’effet de l’augmentation des apports en MO, avec cultures intermédiaires ? La diminution du déstockage reste encore très faible. Cette stabilité dans les tendances s’explique par de plus faibles teneurs en argile et une teneur en calcaire nulle. Les apports de Elevage MO et les cultures intermédiaires 30% Restitution ne suffisent pas à réduire le 40% déstockage. La recherche de leviers nécessite des simulations Echange 30% supplémentaires (rotations, travail du sol…). 100% 80% 60% 40% 20% 0% UCS 57 Stockage UCS 122 Equilibre UCS 123 Déstockage 100% 80% 60% 40% 20% 0% UCS 57 Stockage UCS 122 Equilibre UCS 123 Déstockage Les enjeux de stockage dans les sols agricoles sont donc différents dans les deux territoires étudiés. De nouvelles connaissances pour répondre à de multiples questions 80% 100 Km Pourcentage de la surface 75 Pourcentage de la surface Pourcentage de la surface UCS 76 - Doucins hydromorphes 50 Export 10% UCS 57 - moyennement profondes UCS 55 - groies marneuses 25 10% Terres rouges de la Vienne UCS 54 - groies profondes 0 UCS 57 (52%) : terres rouges moyennement profondes UCS 122 (30%) : terres rouges peu profondes Echange UCS 123 (18%) : terres rouges profondes 16 Quel est le potentiel de stockage des sols agricoles d’un territoire ? Dans un deuxième temps, l’approche territoire permet de calculer un bilan de stock, prenant en compte l’ensemble des rotations et les proportions de chaque scénario sur le territoire. Les simulations sont réalisées sur 50 ans, puis les bilans sont ramenés en tonnes de carbone par hectare et par an. Ces bilans peuvent être mis en parallèle avec les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture régionale (cf. tableau 5). Les exemples présentés permettent de dégager trois principales remarques : Les cultures intermédiaires améliorent nettement les bilans. Elles permettent notamment, dans certains cas, de passer de bilans négatifs (déstockage) à des bilans positifs (stockage). Les bilans varient de façon importante selon le type de sol. L’identification d’enjeux de stockage différents entre les groies de Charente et les terres rouges de la Vienne, par la proportion de surface en stockage par UCS est donc confortée ici par les bilans de stock. Le stockage de carbone dans les sols représente une faible part des émissions agricoles. Il couvre jusqu’à 4,7% des émissions agricoles régionales, en présence de cultures intermédiaires et selon le type de sol et les rotations associées. Ces bilans doivent être complétés par le calcul des effets indirects des changements de pratiques sur les émissions de GES. L’implantation de cultures intermédiaires permet par exemple de réduire les intrants. Le stockage de carbone lié aux prairies et aux forêts devrait aussi être intégré à ces bilans afin d’avoir une vision plus globale du territoire. Avertissement : les résultats de l’approche territoire sont directement liés aux surfaces attribuées, d’une part aux combinaisons « Rotation x UTS » et d’autre part aux proportions des scénarios dans le territoire. La définition de ces surfaces est donc déterminante et représente une étape importante pour obtenir une approche territoire fiable. Tableau 5 : Bilans de stocks pour 2 territoires, calculés à partir des évolutions sur 50 ans Terres rouges - 86 57 (52%) UCS 122 (30%) 123 (18%) Groies - 16 54 (37%) UCS 55 (18%) 197 (45%) Sans Cultures intermédiaires Bilan % des (tC/ha/an) émissions* -0,05 -1,5 -0,10 -3,1 0,07 2,1 -0,10 -3,0 0,03 0,9 0,09 2,6 -0,01 -0,4 0,00 -0,1 Avec Cultures intermédiaires Bilan % des (tC/ha/an) émissions* 0,01 0,3 -0,05 -1,4 0,13 3,8 -0,03 -0,9 0,11 3,2 0,16 4,7 0,09 2,6 0,08 2,3 *Emissions agricoles régionales de GES en équivalent CO2 Un point sur les Emissions régionales de GES : 18 millions de tonnes d’équivalent CO2/an Dont 30% émis par l’agriculture Pour une SAU d’environ 1 600 000 ha Emissions agricoles régionales= 3,4 t équivalent CO2/ha/an (sources : AREC PC, RPG 2010) 17 Les perspectives du projet 5. Les utilisations en Poitou-Charentes Des livrables disponibles courant 2012 Cartes de carbone organique des sols cultivés Diffusion de nouvelles connaissances sous forme de cartes régionales et départementales, auprès des Chambres d’Agricultures, coopératives agricoles, collectivités territoriales, etc. Avancée méthodologique Identification des limites liées aux bases de données existantes : - Précautions à prendre pour l’utilisation des données contenues dans les bases existantes, - Besoin de données complémentaires accompagnant les analyses de sol (occupation du sol, type de sol, profondeur de prélèvement), - Besoin de données sur les pratiques culturales de la région, en lien avec les cultures et les types de sol. Enseignements méthodologiques acquis dans le Loiret, complétés par ceux de Poitou-Charentes à la base d’un projet porté par Agro-Transfert Ressources et Territoires (cf. page 19). La validation de la démarche fait partie intégrante de ce projet. Des pistes d’étude à mener pour formaliser des outils de conseil et d’aide à la décision Approche rotation Références agronomiques locales sous forme de typologie, permettant de faire une première identification du devenir du stock de carbone du sol pour un système défini par sa rotation, son type de sol et sa teneur de carbone initiale. Appui décisionnel pour identifier des gisements de biomasse potentiels (situations de stockage) et raisonner les apports de matières organiques (situations de déstockage) sur le territoire. Approche territoire Prise en compte du stockage de carbone lié aux sols cultivés dans les calculs d’émission de GES. Intérêt pour des PCET, utilisation de CLIMAGRI… En revanche, l’effet des sols sous prairies et des forêts doit être pris en compte par ailleurs pour avoir une vision territoriale complète. Les perspectives du projet Aide à la décision à l’échelle de l’exploitation pour orienter les pratiques culturales vers un maintien ou une amélioration de l’état organique du sol. 18 Les suites du projet dans le cadre du RMT Sols et Territoires La méthode développée et appliquée à la réalisation de diagnostics du statut organique de territoires agricoles du Loiret puis, telle que rapportée dans ce qui précède, en PoitouCharentes, doit donner lieu à l’établissement et la publication d’un guide méthodologique. Il s’agit en effet de formaliser cette méthode, d’en décrire le domaine d’application avec précision, d’en analyser et d’en exposer les limites en s’appuyant sur des exemples et des illustrations suffisamment diversifiés. Le but est de préparer le transfert de cette méthode aux différents types d’acteurs appelés à intervenir à la même échelle. Cela leur permettra ainsi de la transposer et de l’appliquer à d’autres régions françaises. Motivés par cet objectif et par la perspective de pouvoir élargir le champ d’application de la démarche à la prise en compte de la gestion du carbone des sols dans des bilans environnementaux plus complets, réalisés à l’échelle de territoires, plusieurs partenaires du RMT Sols et Territoires se sont mobilisés. Ils ont ainsi présenté un projet de recherche à l’appel d’offre REACCTIF 2012 de l’ADEME. Ce projet, ABC’Terre, a été retenu et débutera en 2013. Agro-Transfert Ressources et Territoires est porteur du projet et le réalisera en partenariat avec l’Institut Polytechnique Lasalle Beauvais, l’Association pour la Relance Agronomique en Alsace, le Laboratoire d’Analyses et de Recherche de l’Aisne, AgroParisTech, l’INRA et la Chambre Régionale d’Agriculture de Poitou-Charentes. La finalité du projet est la mise à la disposition, auprès des acteurs concernés par des territoires agricoles, d’une méthode de calcul de bilan des émissions nettes de GES intégrant les variations de stocks de carbone organique des sols. Elle permettra de prendre en compte différents enjeux territoriaux définis pour lutter contre le réchauffement climatique. Le projet ABC’Terre vise donc à faire progresser les actions de lutte contre le changement climatique (atténuation et production de biomasse) et améliorer l’efficacité énergétique. Les objectifs du projet ABC’Terre 19 Affiner et mener à bien la mise au point de la méthode d’évaluation du bilan de carbone organique des sols, spatialisé à l’échelle d’un territoire. Intégrer le stockage de carbone dans les sols agricoles dans un bilan GES à l’échelle du système de culture puis d’un territoire. Appliquer ces méthodes à l’évaluation de scénarios de pratiques agricoles visant l’amélioration du bilan carbone des sols et l’atténuation du bilan GES, à l’échelle de territoires tests répartis sur deux régions : en Alsace, en lien avec l’enjeu de lutte contre l’érosion hydrique ; en Picardie, pour évaluer l’impact global de stratégies d’introduction de légumineuses dans les rotations. Formaliser et articuler les méthodes pour préparer leur diffusion auprès d’un public bien identifié d’acteurs des territoires ruraux. Ce qu’il faut retenir Cette étude avant tout méthodologique, offre un aperçu des valorisations possibles des résultats sur le terrain : conseil à partir de références agronomiques locales issues de simulations avec SIMEOS-AMG et des bases de données existantes ; prise en compte du carbone stocké par les sols cultivés dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre d’un territoire. Un besoin nouveau de bases de données sur les pratiques culturales est mis en évidence, ainsi qu’une nécessité d’avoir des données d’analyses de sols mieux renseignées (profondeur de prélèvement, type de sol et occupation du sol). De telles données seraient aussi très utiles pour de nombreuses thématiques d’étude autres que celle-ci. Les simulations réalisées mettent en évidence l’effet bénéfique des cultures intermédiaires et des apports de Matières Organiques sur l’évolution du stock de carbone des sols cultivés. La mise en place de ces pratiques permet, dans certains cas, de passer d’un bilan de stock négatif à un bilan positif. Ce constat pourrait notamment permettre une meilleure acceptation des cultures intermédiaires. Malgré une faible compensation des émissions de GES agricoles, dans les deux territoires étudiés, par des changements de pratiques reposant principalement sur l’implantation de cultures intermédiaires, les enjeux d’amélioration de l’état organique des sols restent primordiaux. En effet, ils garantissent une bonne qualité des sols agricoles (fertilité, lutte contre l’érosion…). D’autant plus que la diminution du stock de carbone dans le sol, suite à des changements de pratiques (retournement de prairies par exemple) est deux fois plus rapide qu’un processus inverse. Dans le cadre d’une approche « territoire » ayant pour objectif de quantifier les émissions de gaz à effet de serre, il est nécessaire de prendre en compte les effets indirects liés aux changements de pratiques (réduction des intrants par l’implantation de cultures intermédiaires par exemple) et de les intégrer dans les bilans de stock. Il est aussi nécessaire de prendre en compte l’effet des prairies et des forêts dans ces bilans, types d’occupation du sol ayant des stocks plus importants que les sols cultivés. Un prochain paramétrage de SIMEOS-AMG devrait permettre de travailler sur les prairies. Une poursuite de l’étude en PoitouCharentes serait nécessaire pour acquérir des références agronomiques régionales complètes et les rendre opérationnelles pour une approche « rotation». En revanche, pour l’approche « territoire », les principales difficultés restent d’identifier les pratiques culturales et attribuer des surfaces aux rotations et aux scénarios simulés. La méthode et sa validation seront consolidées dans le cadre du projet ABC’Terre. Ce qu’il faut retenir 6. 20 Les atouts de la méthode proposée Valorisation de bases de données existantes Référentiel Régional Pédologique Base de Données des Analyses de Terre Registre Parcellaire Graphique Définition des rotations culturales sur un territoire Associées à des types de sols et des pratiques culturales Des intérêts pour de nombreuses thématiques d’études Utilisation des résultats à deux échelles Production de références agronomiques locales pour faire du conseil individuel Approche du bilan territorial de stock de carbone des sols cultivés Partenaires Financeurs Contact Marion VIGOT - Chambre Régionale d’Agriculture de Poitou-Charentes 05 49 55 61 76 - [email protected]