Louis Floris Herbeau... Rosendaël 1896-1943 Jean-Pierre

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Louis Floris Herbeau... Rosendaël 1896-1943 Jean-Pierre
Louis Floris Herbeaux
Résistant
1896-1943
Jean-Pierre Salengro
Jean-Claude Lagrou
Jean-Pierre Salengro et Jean-Claude Lagrou ont choisi de
commémorer le 70ème anniversaire de la mort de Résistants dunkerquois, ici
Louis Floris Herbeaux, fusillé le 30 mars 1943, en leur consacrant des notices
historiques relatant leur vie, leur engagement patriotique au sein de la
Résistance et leur fin tragique.
Sa naissance
Sa filiation
Louis Floris voit le jour le 24 Décembre 1896 à neuf heures trente du matin,
Rue Malplaquet à ROUBAIX (Nord) (Acte 3765).
Son père, Napoléon, Louis HERBEAUX, menuisier naît le 15 août 1862 à
cinq heures de relevée, rue des Bouchers à LANNOY (Nord) (Acte 79).
Sa mère, Marie WATTEAU naît le 17 janvier 1867 à trois heures du soir,
hameau de la Place à WATTRELOS (Nord) (Acte 32).
De leur union célébrée le 26 Novembre 1887 à onze heures dix à ROUBAIX
(Nord) (Acte 800), lui exerçant la profession de menuisier, elle celle de piqurière,
naissent onze enfants :
Amélia Appoline Marie HERBEAUX
Louis HERBEAUX
Blanche HERBEAUX
Germaine, Félicie HERBAUX
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Berthe, Marie HERBEAUX
Louis, Floris HERBEAUX
Marie, Madeleine HERBEAUX
Marthe HERBEAUX
Madeleine, Hélèna HERBEAUX
Enfant sans vie
Enfant sans vie
Napoléon, Louis HERBEAUX décède le 11 mars 1936 à trois heures, sans
profession, 39, Rue Paul Demulder à ROUBAIX (Nord) (Acte 399).
Marie WATTEAU décède le 5 juin 1953 à cinq heures trente, sans profession,
252, Rue Jules Guesde à ROUBAIX (Nord) (Acte 1001).
Ses frères et sœurs
1. Amélia Apolline Marie Herbaux
Elle voit le jour le 29 Août 1888 à deux heures du matin, Rue Fabert à
ROUBAIX (Nord) (Acte 2480).
Piqurière, elle épouse 30 Août 1918 à onze heures trente du matin à ROUBAIX
(Nord) (Acte 227) Léon, René DROULEZ, employé de commerce, né le 2 Juin 1891
à sept heures du soir, 72, Rue Racine à LILLE (Nord) (Acte 2680).
Léon, René DROULEZ est le fils de Florimond DROULEZ, coupeur en
confections puis employé de commerce, natif de LILLE (Nord) et de Maria, Séraphine
DECOBECQ, sans profession, native de LILLE (Nord).
Léon, René DROULEZ décède le 23 Juin 1968 à sept heures quarante-cinq,
sans profession, 9, Rue Ma Campagne à ROUBAIX (Nord) (Acte 1039).
2. Louis Herbeaux
Il voit le jour le 18 septembre 1889 à onze heures du soir, Rue Malplaquet à
ROUBAIX (Nord) (Acte 2686).
Il décède le 20 Août 1890 à huit heures quarante du matin, âgé de onze mois,
deux jours, Rue Malplaquet à ROUBAIX (Nord) (Acte 1691).
3. Blanche Herbeaux
Elle voit le jour le 14 août 1891 à six heures du matin, Rue Malplaquet à
ROUBAIX (Nord) (Acte 2435).
Elle décède le 11 Avril 1920 à deux heures du matin, piqurière, célibataire, 6,
Rue des Fossés à ROUBAIX (Nord) (Acte 667).
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4. Germaine Félicie Herbeaux
Elle voit le jour 8 Janvier 1894 à huit heures du matin, Rue Malplaquet à
ROUBAIX (Nord) (Acte 102).
Elle décède le 29 Décembre 1935 à onze heures, sans profession, célibataire,
39, Rue Paul Demulder à ROUBAIX (Nord) (Acte 1802).
5. Berthe Marie Herbeaux
Elle voit le jour le 6 Avril 1895 à deux heures du matin, Rue Malplaquet à
ROUBAIX (Nord) (Acte 1031).
Employée de commerce, elle épouse le 28 Août 1920 à dix heures trente-quatre
du matin à ROUBAIX (Nord) (Acte 1707), Raymond, Victor CATOIRE, mécanicien,
né le 5 Avril 1894 à deux heures du matin, Rue des Fossés à ROUBAIX (Nord) (Acte
1052).
Raymond, Victor CATOIRE est le fils de Gustave, Désiré CATOIRE,
ourdisseur, né vers 1881, natif de ROUBAIX (Nord) et de Zulma, Marie BERTHE,
ménagère, née vers 1879, tous deux décédés avant le mariage de leur fils.
6. Louis Floris Herbeaux
Personnage central, cf ci-après
7. Marie Madeleine Herbeaux
Elle voit le jour le 10 Juin 1899 à huit heures du soir, Rue Poersi à ROUBAIX
(Nord) (Acte 1700).
Elle décède le 27 Mars 1923 à sept heures, sans profession, 515, Rue de
Lannoy à ROUBAIX (Nord) (Acte 494).
8. Marthe Herbeaux
Elle voit le jour le 20 Août 1901 à six heures du matin, Rue de Rocroi à
ROUBAIX (Nord) (Acte 2217).
Elle décède le 13 Mai 1917 à huit heures du matin, apprentie piqurière,
célibataire, 6, Rue des Fossés à ROUBAIX (Nord) (Acte 1093).
9. Madeleine Hélèna Herbeaux
Elle voit le jour le 26 Janvier 1903 à dix heures du soir, Rue Rouget de l’Isle à
ROUBAIX
(Nord) (Acte 236).
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Elle épouse le 14 Octobre 1944 à ROUBAIX (Nord) Emile LECOMTE né
le 25 Septembre 1899 à sept heures du matin, Rue de Condé à ROUBAIX (Nord)
(Acte 2682).
Emile LECOMTE est le fils de Napoléon, Joseph LECOMTE, plafonneur, né
vers 1903, natif de ROUBAIX (Nord) et de Marie, Maria BOURGEOIS, ménagère,
née vers 1909.
Emile LECOMTE décède le 11 Décembre 1951 à ROUBAIX (Nord).
Madeleine Hélèna HERBEAUX décède le 15 Juin 1972 à douze heures dix,
retraitée, 34, Rue Saint Jean à ROUBAIX (Nord) (Acte 983).
10. Enfant sans vie
Enfant HERBEAUX sans vie de sexe masculin sorti du sein de sa Mère le 24
Novembre 1904 à sept heures du matin, Rue Du Guesclin à ROUBAIX (Nord)
(Acte 2125).
11. Enfant sans vie
Enfant HERBEAUX sans vie de sexe féminin sorti du sein de sa Mère le 11
Août 1906 à onze heures du soir, Rue Du Guesclin à ROUBAIX (Nord) (Acte 1367).
Sa jeunesse
Très jeune, il travaille avec son père artisan-charpentier.
Quand éclate la guerre de 1914, il a dix-huit ans ; il contracte aussitôt un
engagement volontaire au 4ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens où il sert sous les
ordres de Monsieur Emile FLECQ, qui fut directeur de l’Hôpital de Dunkerque.
Caporal, puis sergent, il se montre d’une bravoure incomparable et se fait
porter volontaire pour toutes les missions périlleuses.
Au cours de l’une d’elles, il est grièvement blessé.
Il est titulaire de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre, membre des
« Gueules cassées », héros de Verdun et de la guerre 1914/1918 (cinq blessures,
grand blessé de guerre, trois citations dont l’une à l’ordre de la 10° Armée (Mangin).
Il est convié, en 1918, à la table du Maréchal Foch, une fille du commandant
en chef fut sa marraine de guerre.
De janvier à août 1918, il participe à plusieurs colonnes, au Maroc, avec le
4ème Tirailleurs rentré de France.
Sa famille étant restée en zone envahie, il demeure sans nouvelles à son sujet
de 1914 à 1918.
Son mariage
Le 28 août 1920 à dix heures trente et une minutes du matin en l’Hôtel de Ville
de ROUBAIX (Nord) (Acte 1706), menuisier, décoré de la Croix de Guerre, il épouse
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Suzanne, Marie DROULEZ, couturière.
Suzanne, Marie DROULEZ voit le jour le 15 Octobre 1892 à cinq heures du
soir, Rue Saint Jean à ROUBAIX (Nord) (Acte 2941).
Elle est la fille de Florimond DROULEZ, coupeur de confection, né vers
1862, natif de LILLE (Nord) et de Maria, Séraphine DECOBECQ, ménagère puis
sans profession, née vers 1861.
De l’union HERBEAUX-DROULEZ naît une fille Andrée, Amélia, Marie
HERBEAUX.
Suzanne, Marie DROULEZ décède le 24 Octobre 1960 à cinq heures, sans
profession, Officier de la Légion d’Honneur, décorée de la Croix de Guerre avec
palme, Médaille de la Résistance, 66, Boulevard de Lyon à ROUBAIX (Nord) (Acte
1443). « Mort pour la France » par décision 56362-88567- Dép. Ec 2 du 13 octobre
1961.
Elle revint de sa captivité atteinte d’un mal qui l’a emportée et qu’elle
supporta avec un courage exemplaire.
Ses funérailles sont célébrées le jeudi 27 octobre 1960 à dix heures en l’église
Saint Jean-Baptiste à ROUBAIX (Nord).
Une assistance extrêmement nombreuse et émue rend un dernier hommage à
celle qui fut agent au service de renseignements du réseau « Alliance » et déportée en
Allemagne.
La messe est célébrée par Monsieur l’Abbé CARETTE, prêtre habitué de la
paroisse et avant l’Offrande, Monsieur l’Abbé CATRICE, curé évoque le courage et
l’abnégation de la disparue.
Des gerbes sont offertes par les Etablissements PICK, par l’U.N.A.D.I.F. et
par l’Association Régionale des Fils de Tués.
On remarque aussi les drapeaux des Déportés et Internés de la Résistance et
des Forces Françaises Libres.
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Sa fille
Andrée Amélia Marie Herbeaux
Andrée, Amélia, Marie HERBEAUX voit le jour le 10 Mai 1922 à dix-sept
heures trente, 27, Rue de Maubeuge à ROUBAIX (Nord) (Acte 961).
Principale collaboratrice de son père, durant la seconde guerre mondiale, elle
a pour tâche principale, d’étudier, classer, annoter les documents provenant des
agents du réseau et de mettre ces documents en lieu sûr, avec la complicité d’une
religieuse de l’Hôpital de DUNKERQUE, Sœur Zoé [Zoé, Maria, Cornélia
GADEYNE, née le 5 décembre 1894 à WESTOUTRE (Belgique), décédée le 18
Octobre 1964 à ROSENDAËL, inhumée à DUNKERQUE, concession des Sœurs de
l’Enfant Jésus], en attendant leur acheminement sur PARIS.
C’est elle qui, accompagnée de son père, assure régulièrement cette périlleuse
mission, notre agglomération étant, rappelons-le, classée « zone interdite ».
Arrêtée (voir ci-après), avec sa mère, elles furent déportées et subirent une
dure captivité dans diverses prisons de force d’Outre-Rhin.
Assistante sociale, elle épouse le 3 juin 1950 à quinze heures, en l’hôtel de ville
de ROUBAIX (Nord) (Acte 414), Edouard PICK, gérant.
Edouard PICK voit le jour le 4 juillet 1922 à deux heures, 395, Boulevard
Gambetta à TOURCOING (Nord) (Acte 765).
Il est le fils de Max PICK, négociant, né vers 1882, natif de PRAGUE, décédé
et de Madeleine GUTKIND, sans profession, née vers 1888, native de TOURCOING
(Nord).
Résistant authentique et lucide.
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Authentique, car fidèle à celui qui « jamais las de guetter dans l’ombre la
lueur de l’espérance » a rendu sa fierté au pays traumatisé par la défaite de juin
1940 : le général Charles DE GAULLE.
Lucide, car, lors des nombreux témoignages qu’il donnait dans les
associations, à l’occasion de l’Appel du 18 Juin et devant les élèves des écoles,
collèges et lycées faisant appel à lui, il rappelait combien le peuple de France avait
mis d’espoir dans le maréchal Philippe PETAIN et combien la poignée de main de
MONTOIRE (entre le maréchal et Hitler) avait été considéré comme un coup de
poignard dans le dos.
Sa famille et sa belle-famille HERBEAUX en particulier, a payé un lourd
tribut dans le combat que la Résistance menait contre les nazis.
« Nous nous étions engagés dans la Résistance avant de nous connaître, il
était presque normal que nous nous retrouvions ensuite »,
Témoignait-t-il volontiers, comme il parlait avec émotion de son parcours pour
participer aux funérailles du Général et comment, dans un grenier, son fils réussit à
filmer le cortège funèbre avec une caméra super huit, le caméscope n’existant pas.
Des rues rappellent ce sacrifice.
Il est ancien adjoint au maire de ROUBAIX, ancien Président du CAL-Pact de
ROUBAIX, ancien de la Première Division des Forces Françaises Libres (campagne
d’Italie, débarquement de Provence, etc…), et il fut le rédacteur en chef du journal
« Le Combattant ».
De l’union PICK HERBEAUX naissent trois enfants :
Jean-Louis PICK-DELPORTE
publicitaire/producteur du son à LILLE (Nord)
Thierry PICK-DELAHOUTRE
entrepreneur de nettoyage & P.D.G. de la S.A. Clinitex à WASQUEHAL (Nord).
Max-André PICK-FREMAUX
secrétaire général de la mairie de RONCQ, puis conseiller des collectivités locales
Il fut adjoint et est conseiller municipal de ROUBAIX
Il fut Conseiller Communautaire de LILLE (Nord).
En juillet 1986, son épouse Andrée, Amélia, Marie HERBEAUX tombe
gravement malade et ne peut de ce fait, assister aux funérailles de son ami Jean
BRYCKAERT, qui fut un important agent de « L’Alliance » au port de
DUNKERQUE.
En septembre, on l’informe que son mal est incurable.
C’est avec un courage impressionnant qu’elle accepte cette ultime épreuve.
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Ceux qui l’ont connue dans notre région (elle fut élève de l’Ecole Pratique et
infirmière-brancardière à l’hôpital pendant les pires bombardements de mai-juin
1940) conserveront d’elle un très émouvant souvenir.
Ancienne conseillère municipale de ROUBAIX, ville dont ses parents et ellemême étaient originaires, elle était sous-lieutenant des Forces française combattantes,
titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre 39/45 avec palme, elle
reçoit, en octobre 1961, à l’hôtel de ville de ROUBAIX, les insignes de Chevalier de la
Légion d’Honneur des mains du Professeur Jean MINNE.
Et c’est Monsieur Michel DEBRE, ancien Premier Ministre, qui lui remet, en
1981, à l’Holiday Inn de LESQUIN, la rosette d’Officier de notre.
Andrée, Amélia, Marie HERBEAUX décède le 6 décembre 1986 à vingt et
une heures trente, sans profession, 66 Boulevard de Lyon à ROUBAIX (Nord) (Acte
1575).
Son mari, Edouard PICK, décède le 29 décembre 2003 à zéro heure quarante,
retraité, 66, Boulevard de Lyon à ROUBAIX (Nord) (Acte 1572).
Selon sa volonté, il n’y a pas de cérémonie religieuse.
L’incinération a lieu dans l’intimité familiale et les cendres déposées dans le
caveau familial au cimetière de ROUBAIX (Nord).
Le Résistant
Louis Floris Herbeaux
Louis, Floris HERBEAUX entre comme concierge aux hospices de
Dunkerque le 1er Juillet 1935 et s’y retrouve sous les ordres de Monsieur Emile
FLECQ.
Dans ses nouvelles fonctions, il se montre ordonné, ponctuel, énergique et
d’une grande serviabilité.
Sa femme et sa jeune fille sont vite entourées de l’estime générale.
En 1940, il est mobilisé au dépôt de Guingamp.
Il y est soigné, à l’hôpital, quand survint l’avancée allemande.
Il est renvoyé à Dunkerque la même année.
Il n’a pas oublié les souffrances endurées par sa famille durant l’occupation
allemande de 1914-1918.
Sitôt rentré à Dunkerque en 1940, il se joint aux premiers patriotes qui
organisent la résistance ; il est le chef local et le responsable régional du réseau
« Alliance », avec le grade de Capitaine.
Le 16 novembre 1942, la Gestapo l’arrête avec sa fille Andrée, à leur retour
d’un voyage à Paris, en gare de Dunkerque.
Madame HERBEAUX est arrêtée quelques jours plus tard.
Tous deux sont emmenés à la Villa Duflos.
Il est ensuite mis au secret à la prison de Loos.
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Dans le même temps sont incarcérés à Loos, l’abbé René BONPAIN et Jules
LANERY, ainsi que plusieurs autres citoyens de Rosendaël et de Dunkerque (Paul
VERRONS (1904-1987) (Bergues), Pierre BRIOIS (Rosendaël), Jean BRYCKAERT
(1922-1986) et Claude BURNOD (1922 – en vie) (Dunkerque), Alexandre HUS
(Rosendaël)).
Traduit devant le tribunal allemand de Lille, il est condamné à mort, ainsi que
Jules LANERY, l’abbé René BONPAIN et le capitaine Jean ROUSSEAU (19081943).
Madame HERBEAUX et sa fille Andrée sont condamnées aux travaux forcés.
Au début de l’après-midi du 30 mars 1943, il est informé, en même temps que
ses malheureux compagnons, qu’il serait le soir même passé par les armes.
Plein de courage et de résignation, il écrit alors la lettre suivante à sa famille :
Bien Chère Femme,
Chère Andrée.
Quelques heures encore à vivre, puisque à cinq heures ce soir, je ne serai
plus de ce monde. Je m’excuse du chagrin et des ennuis que j’ai pu causer. Mon
cœur vous appartient et il le sera toujours, même dans l’Au delà. Je vous demande
de continuer à vous aimer et à faire en sorte pour vous alléger mutuellement.
Je rappelle à vous deux que vous devez faire les démarches pour… et
réclamer… qu’ils m’ont pris.
J’embrasse toute la famille, une dernière fois.
Ma chère Suzanne, ma chère Andrée, soyez courageuses comme je le serai
tout à l’heure. Je meurs en vous regardant. Ne faites pas de frais inutiles pour moi
et je vous laisse toute latitude pour mon corps. Je remercie tout spécialement :
Marraine, Léon, Renée et toute la famille pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Je
laisse dans ma cellule, tout mon linge et, au bureau, tout ce que je possédais sur moi
au moment de mon arrestation, mes dents sont dans la poche de mon veston, ainsi
que mes lunettes.
En tout cas, faites bien tout pour que Mère, ma pauvre Suzanne, ne soit pas
malheureuse ; quant à Andrée toujours une bonne conduite. Je n’ai rien à
reprocher à ma chère Suzanne, ni à ma chère Andrée et je leur dis bien haut : bon
courage ! Bonne santé ! Et ne pas vous faire de chagrin. La vie n’est qu’un passage
plus ou moins long. Donc ne regardez plus en arrière.
Je crie : Vive la France.
Adieu, ma Femme, Andrée, ma Mère, ma Belle-Mère, Marraine.
Signé : Louis HERBEAUX
A cette lettre, le condamné ajoutait des adieux pour plusieurs membres de sa
famille, ainsi que pour Madame et Mademoiselle MALFAIT, Monsieur et Madame
FLECQ et le Conseil d’Administration des Hospices, qui ne l’avaient point oublié
durant son incarcération.
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Sa fin tragique
Vers seize heures de l’après-midi, il rejoint dans une voiture cellulaire
entourée de soldats et de chiens policiers, ses infortunés compagnons : l’Abbé René
BONPAIN et Jules LANERY, aussi fermes et courageux que lui-même.
Ils sont transportés au fort de Bondues où a lieu la triple exécution, à dix-sept
heures.
Les trois héros tombent en poussant un même cri : Vive la France.
Un acte de décès fut établi en date du 15 septembre 1944, intitulé de la façon
suivante :
« Le 15 Septembre 1944 à quinze heures quarante-cinq, au fort de BONDUES,
nous avons constaté le décès d’un individu du sexe masculin, portant des effets civils
dont la mort paraît remonter vers le 30 Mars 1943. L’examen du corps fait en
présence de Marius DROULEZ, domicilié à ROUBAIX, qui le reconnait
formellement, a permis de l’identifier, comme étant celui de Louis, Floris
HERBEAUX, né à ROUBAIX le 24 décembre 1896, chauffeur d’autos, domicilié à
ROSENDAËL (Nord), rue du Maréchal Foch, 98, décoré de la Médaille militaire et de
la Croix de guerre, fils de Napoléon, Louis HERBEAUX, décédé et de Marie
WATTEAU, sa veuve, sans profession, domiciliée à ROUBAIX, rue Jules Guesde,
époux de Suzanne, Marie DROULEZ (Acte 43).
Mention supplémentaire : « Mort pour la France ». Mention faite suivant avis
du Ministre des Anciens Combattants & Victimes de la Guerre en date du 7 Mai 1946.
Mention additive et rectificative – Loi du 18 Novembre 1939 : Le dénommé
HERBEAUX était chargé de mission de 1ère classe (Capitaine) au Forces Françaises
Combattantes (12 Février 1947).
Son corps ayant été exhumé, un service funèbre et une nouvelle inhumation ont
lieu le 16 septembre 1944 à ROUBAIX (Nord).
Il fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume et de la Croix de
Guerre 1939-1945, avec palmes.
Tombe de Monsieur Louis HERBEAUX à ROUBAIX
(Photos fournies par Monsieur Max-André PICK).
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Le Conseil Municipal de ROSENDAËL lors de sa séance du 6 Janvier 1946
devait donner son nom à l’Avenue VALLON, dénommée à ce nom au Conseil
Municipal du 16 Octobre 1880. Précédemment appelée C.V.I.C. 88.
Le Conseil Municipal de DUNKERQUE devait de son côté, lui attribuer une
résidence de l’Avenue de la Libération, connue sous le vocable bâtiment B, lors de sa
séance du 22 Décembre 1978.
Une plaque fut inaugurée dans une salle de l’établissement hospitalier de
Dunkerque le samedi 18 Novembre 1995 à 10 heures 30. Un square fut inauguré à
Roubaix le samedi 24 octobre 1992 à 11 heures honorant toute la famille.
Jean-Pierre SALENGRO
22 Janvier 2013
Jean-Claude LAGROU
18 mars 2013
Sources :
Etat-civil
Monsieur Max-André Pyck
Nouveau-Nord du 7 avril 1945
Nouveau-Nord Mercredi 26 Mars 1947
Voix du Nord Mardi 25 Octobre 1960
Voix du Nord Vendredi 28 Octobre 1960
Voix du Nord Jeudi 11 décembre 1986
Voix du Nord Vendredi 16 octobre 1992
Voix du Nord Vendredi 17 novembre 1995
Voix du Nord Dimanche 19 et Lundi 20 Novembre 1995
Voix du Nord Vendredi 9 novembre 2001
Voix du Nord Mardi 30 Décembre 2003
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Square Herbeaux à Roubaix
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