dossier_presse_jan lauwers
Transcription
dossier_presse_jan lauwers
© Wonge Bergmann Jan Lauwers & Needcompany Place du marché 76 [3 – 8 mars 2015] Représentations : mardi, jeudi 19h30, mercredi, vendredi, samedi 20h30, dimanche 15h Tarifs : de 7€ à 24€ Réservation : sur place ou par téléphone au 01 41 32 26 26 / du mardi au samedi de 13h à 19h ou [email protected] et en ligne sur : www.theatre2gennevilliers.com Service de presse : Philippe Boulet — 01 41 32 26 10 — [email protected] Jan Lauwers & Needcompany Place du marché 76 [3 – 8 mars 2015] texte, mise en scène, images Jan Lauwers avec Hans Petter Dahl Catherine Travelletti Benoît Gob Anneke Bonnema Julien Faure Sung‐Im Her Yumiko Funaya Grace Ellen Barkey Romy Louise Lauwers Jules Beckman Maarten Seghers Jan Lauwers Elke Janssens Kurt dʼOutrive, le commissaire Antoinette dʼOutrive, la femme du commissaire Benoît De Leersnyder, le boucher Anneke De Leersnyder, la femme du boucher Alfred Signoret, le plombier Kim‐Ho Signoret, la femme du plombier Michèle Signoret, la fille du plombier et Kim‐Ho Tracy, la boulangère / Oscar, le fils de la boulangère Pauline, la fille de la boulangère Balayeur Karel Tuymans & Bigleux compositeurs, Rombout Willems (été, printemps), Maarten Seghers (automne), Hans Petter Dahl (hiver) costumes, Lot Lemm dramaturgie & sous-titrage, Elke Janssens chorégraphe assistante, Misha Downey directeur de production, Chris Vanneste directrice technique, Marjolein Demey son, Ditten Lerooij lumière, Ken Hioco créateur des marionnettes, Paul Contryn (De Maan) introduction dramaturgique, Erwin Jans traduction française, Anne Vanderschueren traduction anglaise, Gregory Ball costumière assistante, Lieve Meeussen coach chant, Lucy Grauman durée : 2h15 Production Needcompany Coproduction Ruhrtriennale (Bochum), Burgtheater (Vienne), Holland Festival (Amsterdam) avec le soutien des autorités flamandes Le texte en français est édité aux éditions Actes Sud-Papiers. Place du marché 76 a été créé le 7 septembre 2012 à la Ruhrtriennale (Bochum). Jan Lauwers a obtenu le Lion dʼOr Lifetime Achievement Award, dans la catégorie théâtre, à la Biennale de Venise 2014, pour lʼensemble de son œuvre. En tournée 11, 12 mars 2015 La Halle aux grains, Scène nationale de Blois Place du marché 76 Sous les pavés dʼun village, lʼhorreur est à lʼœuvre. Printemps, été, automne, hiver : sur la place du marché, ce quʼil restait de civilisation cède sa place au cauchemar. Le diable habite la maison du voisin. La bête immonde est loin dʼêtre morte. Place du marché 76 est une métaphore de ce qui se passe en Europe, affirme Jan Lauwers, auteur et maître dʼœuvre dʼun spectacle à traverser avec lucidité. Au début, on sʼextasie devant la carte postale : voici un village, charmant, et voilà ses habitants, que soudent un drame commun. Un an plus tôt, une explosion de gaz a décimé la population. 24 morts dont 7 enfants y ont laissé leur peau. Mais à lʼheure de sa commémoration, la tragédie nʼa pas dit son dernier mot. Tandis quʼautour dʼune fontaine sans eau et bientôt trempée de sang, les survivants esquissent le fragile tracé dʼune solidarité recomposée, des catacombes remontent dʼautres vérités. Jan Lauwers gratte les cicatrices et fait saigner les plaies. Il orchestre un chaos mortifère dont lʼénergie est contagieuse. Musique pop et couleur électrique, chansons live, acteurs survoltés : le plateau est irrésistiblement joyeux quand lʼhistoire, elle, se révèle monstrueuse. Une paralytique, une noyée, un pendu, un violeur, un inceste, un assassin, des victimes, des lâches, des complices et des bourreaux, les saisons passent et la place pue de plus en plus sous lʼeffet de son quotidien retourné comme un gant et exposé dans son abjecte monstruosité. Cʼen est fini de la carte postale, bienvenue en enfer. Il semble avenant, il paraît chaleureux, jaune en été, blanc en hiver. Bien tapi dans les silences, il se prélasse à lʼombre de nos aveuglements, se la coule douce dans nos surdités. Ce conte cruel de Jan Lauwers est un cri de Cassandre hurlant sa vigilance devant les démons qui menacent lʼEurope. © Maarten Vanden Abeele L’histoire d’un village endeuillé Place du marché 76 est l'histoire la plus noire que Jan Lauwers ait écrite pour sa troupe si pleine de vie. Tandis qu'il tient lui-même le rôle de narrateur et de chef de la fanfare locale, Needcompany chante et danse l'histoire d'un village. Un village endeuillé par une explosion tragique sur la place du marché. Un bateau tombé du ciel donne le coup d'envoi d'un foisonnement d'images et de musique dans l'histoire épique des villageois. Le deuil et le chagrin, lʼinceste et lʼenlèvement, la pédophilie et le suicide sont incarnés par les performers au sein d'une communauté ardente dans laquelle survivent lʼamour débordant, la joie et le bonheur. Les questions que se pose Jan Lauwers se trouvent au cœur de la politique du XXIème siècle. Ce qui soudait jadis une société – la tradition, la religion, lʼethnicité, la nationalité… – a perdu sa force naturelle et contraignante. La cohabitation (im)possible est lʼenjeu crucial des spectacles de Jan Lauwers de ces dix dernières années. La chambre dʼIsabella (2004), Le bazar du homard (2006) et La maison des cerfs (2008) – qui constituent ensemble la trilogie Sad Face | Happy Face – sont autant de récits sur les forces qui (dé)lient un groupe. Dans Place du marché 76, Jan Lauwers présente l'histoire de la délivrance d'une communauté. Le marché a toujours été le point de départ et dʼarrivée de manifestations, expressions de la volonté du citoyen. Cʼest lʼendroit de la prise de parole en public. Ce qui concerne la communauté se passe sur la place du marché et inversement : ce qui se passe sur la place du marché concerne la communauté. Avec ce spectacle épique, Lauwers offre au village l'occasion de traverser une sorte de psychanalyse. © Maarten Vanden Abeele Entretien avec Jan Lauwers Un homme fâché, irrité par le monde alentour : cʼest dans cet état que Jan Lauwers dit avoir commencé lʼécriture de Place du marché 76. Le metteur en scène belge assume son côté « éponge », absorbant tout ce quʼil voit et ressent pour le passer au tamis dʼune intelligence critique et sensible. Éponge humaniste et libre penseur, se permet-on dʼajouter, tant il se méfie des catégories et des raccourcis, considérant les hommes avec leurs grâces et leurs médiocrités, sans jugement ni complaisance. Pour approcher au plus près cette poésie de lʼexpérience humaine, son œuvre recourt à tous les moyens du théâtre : ses spectacles sʼapparentent ainsi le plus souvent à des performances musicales, chorégraphiques et plastiques, toujours tendues par une narration épique. Ici, le théâtre montre son masque du doigt : les acteurs sʼadressent au public, ils tiennent leurs costumes dans leurs mains plus quʼils ne les endossent, les décors constituent un agencement de signes plutôt quʼils ne figurent la réalité. Jan Lauwers compose en effet des espaces-temps non situés, où se superposent des couches de réel, de fiction et de mythologie. Cʼest la marque de fabrique de la Needcompany, troupe quʼil a fondée en 1986 avec Grace Ellen Barkey, caractérisée entre autres par la multiplicité des disciplines et des langues quʼelle utilise et valorise. Les situations et les personnages sont nombreux dans Place du marché 76 : toute une communauté de villageois, qui doit faire face à des événements malheureux, venus de lʼextérieur comme de lʼintérieur. Quel a été le point de départ de cette nouvelle création de la Needcompany ? Jʼai commencé à écrire cette pièce alors que jʼétais quelque peu fâché, irrité par lʼétat actuel du monde qui mʼentoure. Je me suis toujours positionné comme un artiste qui observe la société et qui, ensuite, fait part de ses observations et interrogations. À travers Place du marché 76, je voulais parler de cette population que lʼon désigne par lʼexpression «quart-monde», cʼest-à-dire les pauvres, les sans-abris, les illégaux, les réfugiés. Le premier personnage que jʼai imaginé pour cette pièce est un balayeur, en uniforme orange, qui connaît tout le monde au village. Dans nos pays développés, il y a partout des immigrés comme lui qui nettoient nos rues. Ce personnage mʼa été inspiré par un homme originaire de Mogadiscio en Somalie, que jʼai rencontré sur les trottoirs de Bruxelles. Dans son pays, il était médecin ; ici, il est balayeur. Comment pouvons-nous tolérer une telle situation à une aussi grande échelle, en particulier en Europe ? Mais si cette pièce a, bien entendu, une visée politique, le plus important reste assurément le théâtre. Comment fabriquet-on le théâtre aujourdʼhui ? Comment peut-on, à travers lui, communiquer avec le public sur des thèmes parfois aussi délicats que ceux de Place du marché 76 ? Selon moi, le théâtre est lʼoccasion de tendre un miroir aux spectateurs afin quʼils sʼinterrogent. Ce qui se passe entre les villageois et les étrangers de la pièce illustre un conflit relativement courant, dont les manifestations sont particulièrement préoccupantes aujourdʼhui. Cherchez-vous à réveiller le public ? Je conçois le théâtre comme un rituel qui repose sur un échange dʼénergie avec les acteurs et les spectateurs et qui engage autant les uns que les autres. Il est indéniable que Place du marché 76 interpelle le public sur un sujet très sérieux, mais je ne suis pas pour autant un prédicateur. Je me contente de montrer des situations, sans commenter ni juger. Je cherche à poser des questions, mais surtout pas à heurter. Le monde est tellement choquant quʼil me paraît important, dans le domaine de lʼart, de ne pas choquer inutilement. Le balayeur et lʼimmigré sont comme tous les autres personnages, comme nous tous. Ni pires, ni meilleurs. Si je suis très inquiet au sujet des processus de criminalisation des étrangers au sein des démocraties européennes, en particulier des immigrés sans papiers, cʼest que je considère quʼil nʼy a pas de différences entre les individus, mais uniquement des différences de situations. Le village voit dans lʼétranger qui arrive une menace, mais ce nʼest pourtant pas lui qui met en péril la communauté… Il nʼy a pas dʼun côté les bons et de lʼautre les méchants : la réalité est beaucoup plus compliquée. Je veux prendre le contre-pied de nos sociétés, où tout est présenté en noir et blanc. La micro-communauté de Place du marché 76 est confrontée à une explosion, à un suicide, à un crime pédophile : les malheurs semblent sʼy accumuler... Jʼai en effet imaginé un village où toutes les catastrophes possibles adviennent en même temps. On peut considérer que cʼest peu vraisemblable, que cʼest exagéré, mais, en réalité, les evénements se déroulent ainsi. Chaque jour, des drames différents, naturels et sociaux, intimes et mondiaux, se superposent, se succèdent. Au moment où je mʼentretenais avec ce balayeur de Mogadiscio dans la rue à Bruxelles, Marc Dutroux, en prison depuis dix ans, réclamait sa libération et la Belgique était au bord de lʼimplosion. Tout sʼentremêle : ces différentes réalités me surprennent dans mon quotidien, au même moment. On peut voir le spectacle comme un hommage à lʼhumanité, dont les membres persistent à survivre, avec leurs joies et leurs peines, même lorsque les catastrophes sʼenchaînent. Cʼest pourquoi le ton nʼest ni pessimiste, ni cynique. Quoi quʼil arrive, les personnages de la pièce continuent dʼavancer. Comme dans la vraie vie. Le bateau qui, à un moment de la pièce, tombe du ciel pour secourir les habitants du village, constitue tout de même une image assez invraisemblable ? Pas tant que ça. Après un ouragan ou un tsunami, nous voyons régulièrement à la télévision des bateaux dans les arbres ou sur les toits des maisons. Je trouvais cette image fantastique. Ce bateau est construit avec de vieux pneus de voiture et avec des jeux dʼenfants gonflables. Il sʼagit bien sûr dʼune évocation des boat people. La musique, écrite par trois compositeurs, est extrêmement présente. Comment avez-vous travaillé ensemble ? Les trois compositeurs ont chacun reçu la commande dʼune partition correspondant à une des saisons qui rythment la pièce et le quotidien des habitants du village que nous suivons sur lʼespace dʼune année. Rombout Willems a eu en charge le printemps et lʼété, Maarten Seghers lʼautomne et Hans Petter Dahl lʼhiver. Je les ai laissés complètement libres. Je voulais trois pièces différentes mais, par malheur ou par magie, lʼensemble quʼils ont constitué sans se concerter est très homogène. Cela mʼa dʼautant plus surpris que leurs styles sont vraiment différents : Rombout Willems est un compositeur plutôt classique, Hans Petter Dahl signe une musique plus pop alors que Maarten Seghers évolue sur des terrains plus expérimentaux. Étonnamment, si leurs propositions sont singulières, elles deviennent complémentaires et cohérentes, notamment grâce à leur appropriation par les acteurs. Comme dans toutes vos pièces, les acteurs de Place du marché 76 chantent et dansent autant quʼils jouent. Comment parviennent-ils à une telle polyvalence ? Nous travaillons tous beaucoup, en particulier pour les chansons, composées pour une dizaine de voix. Si la danse semble à première vue moins présente dans cette pièce que dans les précédentes, chaque mouvement, comme chaque élément de décor et chaque phrase ont été parfaitement calibrés. Le tout est, en plus, très souvent interprété dans trois ou quatre langues. Les acteurs de la Needcompany sont capables de tout ! Blague à part, la sélection pour entrer au sein de notre compagnie est particulièrement ardue. Il faut dire aussi que nous nous connaissons tous extrêmement bien. La quasitotalité des artistes présents dans Place du marché 76 étaient déjà présents dans La Chambre dʼIsabella, créé en 2004 au Festival dʼAvignon. Nous formons une micro-société, dont certains membres travaillent ensemble depuis vingt-cinq ans. Travailler au sein de la Needcompany nʼa rien à voir avec une expérience professionnelle classique : il sʼagit dʼun véritable choix de vie. Nous sommes en tournée deux cents jours par an. Il faut donc accepter les conséquences sociales parfois cruelles dʼun tel engagement. Cette relation intime a une influence extrêmement importante sur le travail de création. Jʼécris sur la peau des acteurs, qui est, à mon sens, la peau du monde. Lorsque jʼentreprends lʼécriture dʼune histoire, jʼai déjà ses protagonistes en tête. Jʼécris le texte seul, puis je le présente aux acteurs qui sʼen emparent. Dès cet instant, je cesse dʼêtre auteur pour devenir une sorte de coach, un metteur en scène. Réalisé par Ana Brzezińska, un documentaire récent propose un point de vue sur notre façon de travailler et les relations que nous entretenons. Il sʼagit de I Want (NO) Reality qui sera présenté cet été, dans le cadre des Territoires cinématographiques du Festival dʼAvignon. Dans vos pièces, les acteurs nʼincarnent pas à proprement parler leurs personnages. Ils sont tour à tour, ou en même temps, des acteurs, des personnages, des symboles. Cʼest le point de départ essentiel de mon travail. Il y a beaucoup dʼacteurs de formation classique qui ne peuvent pas jouer sur ces trois niveaux de présence. Ils produisent un jeu psychologique et cʼest tout. Pour moi, un acteur est un performeur qui présente un personnage tout en étant luimême. Il doit être capable dʼen donner différentes couleurs, différentes nuances. Lʼun des principes esthétiques de la Needcompany réside dans le fait que nous essayons de présenter les choses, et non pas de les représenter. Il sʼagit presque dʼun autre métier. Cʼest parce que jʼécris sur la peau des acteurs quʼils peuvent présenter des personnages, des situations, tout en restant eux-mêmes à cent pour cent. Cʼest sans doute la raison pour laquelle les spectateurs sʼimaginent souvent que tout est improvisé dans nos spectacles. Cʼest à la fois une insulte incroyable et un compliment fabuleux. Cela signifie que les acteurs jouent parfaitement car, en réalité, il nʼy a aucune once dʼimprovisation dans le déroulement de mes pièces. Le recours simultané au théâtre, à la danse, à la musique et à la vidéo constitue-t-il aussi un procédé de mise à distance ? Il sʼagit de la stratégie de lʼoff centre : je fais en sorte quʼil y ait toujours simultanément différents centres, différentes sources dʼénergie sur le plateau. John Cage a été le premier à multiplier ces centres. Pour cela, il faut recourir à divers moyens : le jeu, la musique, la danse, le décor, etc. Alors que dans le théâtre conventionnel, le regard se concentre sur un point unique, je cherche, quant à moi, à multiplier ces points dʼaccroche. Lorsque lʼon se trouve dans une situation, on perçoit de nombreuses informations à la périphérie : ce qui se passe à côté, la lumière, les bruits de fond, etc. Je veux que cela soit pareil au théâtre. Cʼest, selon moi, au public quʼil appartient de se concentrer sur tel ou tel signal. Cette relation me paraît plus saine : chacun fait son propre focus et construit sa propre histoire. Dʼautant que je nʼentends pas jouer pour une masse, mais pour chaque individu. Le lieu où lʼon joue est très important car je cherche des connexions directes avec le public. Le Cloître des Carmes, où nous allons jouer Place du marché 76, est à cet égard idéal. Comme nombre de vos spectacles, Place du marché 76 mêle autant les langues que les registres artistiques. Le spectacle est bilingue. Au Festival dʼAvignon, 80% du texte sera joué en français, le reste le sera en anglais. Il sʼagit dʼun choix politique. Je suis dʼabord un écrivain flamand. Jʼécris donc en néerlandais. Mais jʼentends rarement mes textes dans ma propre langue. Ils sont toujours traduits en français, en anglais, en espagnol, en allemand. Je détruis volontairement mes armes pour devenir européen. LʼEurope est pour moi la seule issue. Ce nʼest, dʼailleurs, pas un hasard si neuf nationalités sont représentées au sein de la Needcompany. La question de la communauté, de sa cohésion et de sa diversité, semble vous préoccuper aussi bien dans le quotidien de la compagnie que dans vos œuvres. Je suis convaincu que nos sociétés occidentales ne peuvent pas continuer dans ce repli sur elles-mêmes. Prétendre que le multiculturalisme a causé la faillite de nos sociétés, comme le font plusieurs de nos dirigeants politiques, me paraît criminel. Pourquoi sommes-nous aussi crispés face à lʼexpression de cultures différentes ? En Flandre, le parti séparatiste, dont le maire dʼAnvers est président, gagne du terrain dans toute la Belgique, notamment en alimentant cette angoisse face à lʼautre, face à la différence. Je pense quʼil appartient à chacun de tenter de désamorcer cette peur. Cʼest peut-être encore plus vrai pour les artistes que pour les autres. Propos recueillis par Renan Benyamina pour le Festival d'Avignon 2013 © Maarten Vanden Abeele Jan Lauwers, biographie © Claudine Doury Né à Anvers en 1957, plasticien de formation, Jan Lauwers est un artiste qui pratique toutes les disciplines. Il sʼest surtout fait connaître par son œuvre théâtrale pionnière forgée avec son ensemble, Needcompany, fondé à Bruxelles en 1986. Pendant tout ce temps, il a accumulé une œuvre considérable dʼart plastiques, qui a été exposée en 2007 au BOZAR à Bruxelles. En 2012, Jan Lauwers sʼest vu décerné « lʼinsigne dʼOr du Mérite de la République dʼAutriche » (2012). En 2014, il est récompensé du Lion dʼOr Lifetime Achievement Award à la Biennale de Venise. Il est le premier Belge à recevoir ce prix dans la catégorie théâtre. Jan Lauwers a étudié la peinture à lʼAcadémie des Beaux-Arts de Gand. Fin 1979, avec plusieurs autres artistes, il forme lʼEpigonenensemble. En 1981, cette troupe est transformée en un collectif, Epigonentheater zlv (zlv = « zonder leiding van », sous la direction de personne), qui, en six productions, épate le paysage théâtral. Jan Lauwers sʼinscrit ainsi dans le mouvement de renouveau radical du début des années quatre-vingts en Flandre, et perce sur la scène internationale. Epigonentheater zlv fait du théâtre concret, direct et très visuel, avec la musique et le langage pour éléments structurants. Parmi les spectacles : Reeds gewond en het is niet eens oorlog (1981), dE demonstratie (1983), Struiskogel (1983), Background of a Story (1984) et Incident (1985). Jan Lauwers a dissous ce collectif en 1985 pour fonder Needcompany. Jan Lauwers needs company. Il a créé Needcompany avec Grace Ellen Barkey. À eux deux, ils sont responsables des productions importantes de Needcompany. Depuis la création en 1986, son activité comme sa troupe de performers présentent un caractère explicitement international. Les premières productions de Needcompany, Need to Know (1987) et ça va (1989) sont encore très visuelles, mais dans celles qui suivent, la ligne narrative et la notion de thème central gagnent en importance, même si la construction fragmentée est conservée. La formation de plasticien de Jan Lauwers est déterminante dans son rapport au théâtre et résulte en un langage théâtral personnel, novateur à plus dʼun titre, qui interroge le théâtre et son sens. Lʼune de ses caractéristiques principales est le jeu transparent, “pensant“, des comédiens, ainsi que le paradoxe entre “jeu“ et “performance“. Infos pratiques T2G - Théâtre de Gennevilliers Fondateur Bernard Sobel Direction Pascal Rambert 41 avenue des Grésillons 92230 Gennevilliers Standard + 33 [0]1 41 32 26 10 www.theatre2gennevilliers.com Réservation sur place ou par téléphone au +33 [0]1 41 32 26 26 du mardi au samedi de 13h à 19h télépaiement par carte bancaire Vente en ligne sur : www.theatre2gennevilliers.com Revendeurs habituels : Fnac — Carrefour 0 892 683 622 (0,34 euros/min), fnac.com, Theatreonline.com, 0 820 811 111 (prix dʼune communication locale), Starter Plus, Billetreduc, Kiosque jeune, Crous et billetteries des Universités Paris III, VII, VIII, X, Maison du Tourisme de Gennevilliers, Maison du Tourisme dʼAsnières-sur-Seine Accessibilité Salles accessibles aux personnes à mobilité réduite. Navettes retour vers Paris Certains soirs, après la représentation, une navette gratuite vous raccompagne vers Paris. Arrêts desservis : Place de Clichy, Saint-Lazare, Opéra, Châtelet et République. Accès Métro Ligne [13 ] direction Asnières-Gennevilliers, station Gabriel Péri [à 15 mn de Place de Clichy] sortie [1] puis suivre les flèches rayées rouges et blanches de Daniel Buren Accès Bus Ligne [54] direction Gabriel Péri ; arrêt Place Voltaire Accès voiture - Depuis Paris - Porte de Clichy : Direction Clichy-centre. Tourner immédiatement à gauche après le Pont de Clichy, direction Asnières-centre, puis la première à droite, direction Place Voltaire puis encore la première à droite, avenue des Grésillons. - Depuis lʼA 86, sortie n° 5 direction Asnières / Gennevilliers-centre / Gennevilliers le Luth. Parking payant gardé à proximité. Le FoodʼArt Restaurant au sein du T2G, ouvert avant et après le spectacle Tel. + 33 [0]1 47 93 77 18 Le Théâtre de Gennevilliers est subventionné par le ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Gennevilliers et le Conseil Général des Hauts-de-Seine.
Documents pareils
Dossier du spectacle - (france) - t2g theatre de gennevilliers centre
Pauline, la fille de la boulangère
Balayeur
Karel Tuymans & Bigleux