GAB EnQuete
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CMJN JEUDI 10 MAI 2012 NUMÉRO 277 www.enqueteplus.com 100 F L’EX-DIRCAB DE KADHAFI ENCOMBRANT POUR SARKOZY ISSN • 2230-133X EL HADJ MALICK GUÈYE (PDS) La bombe Saleh refilée à Macky “La déclaration de patrimoine est un faux-débat”P.3 REPORTAGE À THIÈS La galère des Thiantacounes P.6 Wade lui avait offert un passeport diplomatique DÉCÈS DE SEYDINA INSA WADE La musique pleure un pionnier P.7-8 P. 2 LA CHRONIQUE DE MAGUM KËR La Françafrique de gauche L BOCANDÉ ET LA GÉNÉRATION 86 De la gloire à l’indifférence P.12 a victoire aux urnes en France de François Hollande exalte l’espoir d’une résurgence de la gauche en Afrique et certainement au Sénégal. Abdoulaye Wilane du Parti socialiste (PS) et Moussa Sarr de la Ligue démocratique (LD) ont la candeur de leur jeunesse quand il conjugue cette victoire avec les retrouvailles de la gauche sénégalaise. Cette assertion de par trop optimiste prend de l’épaisseur quand l’analyse du Professeur Massaër Diallo lui apporte le crédit de son érudition et d’une certaine pratique militante, mais n’en est pas moins discutable. Le rééquilibrage du rapport des forces internes en faveur de la gauche sénégalaise et africaine ne saurait découler de facteurs externes… SUITE P.2 COULISSES LA CHRONIQUE DE MAG UM K ËR (suite) La Françafrique de gauche Certes, le premier pas de politique étrangère du président sénégalais Macky Sall, un faux-pas peut-être, vers le régime finissant de la droite sarkozienne, ne peut occulter le départ entre les relations d’État à État et celles entre partis frères. Victime consentante d’une ruse électorale de dernière heure d’un président sortant qui voulait marquer l’esprit de l’électorat du rôle de la France dans la préservation des valeurs universelles de la démocratie, Macky Sall reste d’autant l’interlocuteur incontournable de son successeur François Hollande, qu’il semble avoir assis durablement son hégémonie politique sur les diverses gauches sénégalaises. Cette logique tient du poids de l’histoire dans notre rapport à la France : la gauche non communiste française a été de toutes les aventures coloniales, de la conquête à la défense des positions perdues contre le mouvement d’émancipation des peuples, y compris par les armes en Indochine, au Cameroun et en Afrique du Nord. Alors que c’est la droite qui a procédé à la décolonisation en douceur de la quasi-totalité des possessions françaises outre-mer. En cela, les cartes se sont trouvées brouillées, et le Parti socialiste au pouvoir au Sénégal, par exemple, avait de meilleures relations avec la droite gaulliste avant son affiliation à l’Internationale socialiste. La répercussion aussi simultanée d’une mutation politique en France sur nos affaires intérieures aurait par ailleurs une signification peu glorieuse. Or, les échos de la dispute suscitée par la fameuse insinuation du président Sarkozy que l’Afrique n’était pas suffisamment rentrée dans l’histoire ne se sont pas encore estompés. Le vœu pieux de nos commentateurs ponctuels de la victoire de François Hollande sur Nicolas Sarkozy induit une certaine nostalgie de l’époque coloniale quand l’avènement du Front populaire avait comme par miracle gommé toutes les divergences entre les partis de la gauche en métropole comme dans les colonies. Cet esprit du Front populaire, qui marqua fort le souvenir de ma grandmère : “Nous avions toutes des mouchoirs de tête rouges et nous avions fait bloc !”, marqua en effet dans les colonies une période d’accalmie dans les rivalités politiques de nos diverses gauches, car dans les colonies, tous les partis qui comptent étaient de gauche. Ce qui n’était pas le cas en métropole où le Front populaire était né précisément de la menace de l’axe Rome-Berlin. L’Allemagne nazie avait quitté la Société des nations et s’étant réarmée, avait récupéré la Sarre et réoccupé la Rhénanie. Elle s’était alliée à l’Italie qui agressait l’Éthiopie et toutes deux se tenaient fermement aux côtés de l’Espagne où le fascisme armé avait vaincu la république démocratique. La France de gauche d’aujourd’hui hérite d’une politique d’hégémonie atlan- page 2 tiste menée par une droite de laquelle les socialistes prochainement au pouvoir ne se sont pas démarqués, hormis sur la question ponctuelle de désengagement de ses troupes d’Afghanistan. Les débris du socialisme sénégalais et les diverses gauches qui leur collent aux basques ne se sont pas tous démarqués du nouveau régime libéral. Le nouveau président de l’Hexagone François Hollande n’a pas la fibre d’un Jean-Pierre Chevènement ou d’un Michel Rocard et n’envisage peutêtre pas d’associer ses alliés électoraux à l’élaboration d’une politique africaine qui nous sortirait de la Françafrique. Que les thuriféraires de la résurgence et de l’unification de la gauche rejettent donc leurs illusions françaises ! Le monde est sorti du grand schisme entre le camp socialiste d’Europe de l’Est et les pays du traité de l’Atlantique Nord qui se disputaient des zones d’influence dans le tiers-monde. Aujourd’hui, la seule superpuissance mondiale mobilise contre le terrorisme enturbanné, les dictateurs enracinés et les révolutionnaires indomptés. Nos leaders de gauches diverses, dont l’épopée politique n’a pas eu à ce jour un retentissement national, ne doivent pas compter sur le président français pour rentrer dans l’Histoire. Sahara occidental, ABC réaffirme sa “marocanité” Le gouvernement de Macky Sall plus que jamais en phase avec le Maroc sur la question du Sahara occidental. “La souveraineté marocaine est incontestable sur la partie sud de son territoire”, a affirmé à ce propos le ministre des Affaires étrangères, Alioune Badara Cissé, en visite depuis quelques jours au royaume chérifien. Selon le site cocas.com visité hier par EnQuête, le chef de la diplomatie sénégalaise, dans une déclaration à la presse, lundi, à l’issue de ses entretiens avec son homologue macocain, Saad Dine El Otmani, ainsi que les présidents des deux Chambres du Parlement, Karim Ghellab (représentants) et Mohamed Cheikh Biadillah (conseillers), a réaffirmé que “c’est une position tranchée (du Sénégal) qui date de tous les jours”. D'après la même source, ABC a ajouté que son déplacement au Maroc s’inscrivait dans le cadre de “la confirmation de la position” du nouveau pouvoir sénégalais sur cette question. En outre, M. Cissé a souligné l'importance du Maroc à l'échelle africaine, soutenant que “sans le Maroc, l'Union africaine n'est pas elle-même. C'est un corps dont une partie manque et qui ne peut pas aller ou voir loin”. Pape Diop : “Je n’ai pas peur d’être audité” Le président du Sénat sénégalais, Pape Diop, a fait part, hier à Dakar, de la sérénité qui l’habite quant aux audits annoncés sur la gestion des pouvoirs publics sous le régime du président sortant, Abdoulaye Wade. “J’ai pas du tout peur d’être audité par le nouveau régime. Qu’il vienne et on verra”, a-t-il déclaré, d'après l'APS, en marge d’une remise d’un don d’un appareil échographie cardiaque au centre de santé municipal de Ouakam. Le nouveau président de la République Macky Sall a déclaré depuis l’installation de son gouvernement, début avril, son intention de mener des audits de gestion économique et financière des deniers publics. Mardi, Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole de l’ancien président de la République, a indiqué que Me Abdoulaye Wade était disposé à être audité. “[Wade] demande également que son régime subisse le même sort et ceci de 2000 à 2012”, a-t-il affirmé. “Après le président de République et son gouvernement (donc tous les ministres), l’Assemblée nationale, le Sénat et le Conseil économique et social devraient suivre”, a-t-il dit. Divers responsables de la majorité et de l’opposition sont concernés par cette remarque. Patrimoine de Macky Sall, la Coordination des femmes Macky 2012 en bouclier... Les femmes militantes de la coalition Macky 2012 à la rescousse de leur leader Macky Sall dont la déclaration de patrimoine fait jaser. Dans un communiqué reçu hier, la Coordination des femmes de la coalition Macky 2012 s'est félicitée de la déclaration de patrimoine, estimant que cet “acte posé traduit tout le respect que le Président accorde à la charte fondamentale du Sénégal”. Pour les camarades de Adji Mergane Kanouté, coordinatrice des Femmes Macky 2012, “à ceux qui demandent l’origine de la fortune du président Macky, nous les renvoyons à l’article 37 de ladite constitution, qui implicitement ou explicitement n’a pas accordé d’importance à l’origine ou à la provenance de la fortune d’un président de la République”. …Wade sommé de “quitter la scène politique pour la scène théâtrale” En outre, les femmes supportrices de Macky Sall invitent le président Abdoulaye Wade à “quitter la scène politique pour la scène théâ- DES COMPETENCES ET ENSUP AFRIQUE DEVELOPPEZ QUALIFICATIONS PROFESSIONNELLES EN GESTION IMMOBILIERE DEVENEZ- EN 3 MOIS ➢ Négociateur dans une agence immobilière ou au sein d’une étude de notaire ➢ Administrateur de biens ➢ Syndic de copropriété ➢ Agent de gestion locative au sein d’un cabinet privé ou d’un office HLM ➢ Mandataire en vente de fonds de commerce ➢ Gérant d’une SCI ➢ Promoteur, Lotisseur, Constructeur Formations en centre, à distance ou en entreprise (pour les salariés) avec Logiciel Gestion immobilière (encaissements, quittances, impayés, révision de loyers, relances, comptabilité, fiscalité ...) 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Un document qui aurait été adressé le 10 décembre 2006 à l'ex-proche de Kadhafi. Mais Bachir Saleh avait démenti l'information. A en croire Le Canard enchaîné, il aurait bénéficié de l'aide de la France pour fuir la Libye, en passant par le Niger, et notamment du soutien d'Alexandre Djouhri, homme d'affaires supposé proche de l'Élysée sous Sarkozy. Encore en séjour à Paris la semaine dernière, M. Saleh est sur une “notice rouge” d'Interpol, c'est-à-dire un avis international de recherche, en vue de son extradition vers la Libye où il est recherché pour “fraude”. Embarrassé par la polémique en pleine campagne électorale, le présidentcandidat Sarkozy avait promis début mai de faire arrêter l'hôte encombrant “s'il est recherché par Interpol”. En fait, l'ancien dignitaire libyen est recherché sous le nom de Bashir Al-Shrkawi avec une photo qui lui ressemble à merveille. En outre, Bachir Saleh détenait un passeport diplomatique nigérien qui lui aurait été retiré par la suite. Mais EnQuête avait révélé, il y a bientôt un an, qu'il était détenteur d'un passeport diplomatique sénégalais que lui avait délivré le régime de Wade alors en bons termes avec Kadhafi, avant que le premier ne trahisse le second de la manière que l'on sait. M. Saleh est-il toujours détenteur de ce document sénégalais - puisqu'il détiendrait une douzaine de passeports diplomatiques, selon Jeune Afrique ? Sarkozy aurait-il demandé à son ami Macky Sall de “protéger” Bachir Saleh ? Pour l'heure, “du côté du gouvernement (sénégalais), c'est silence radio”, selon RFM. R trale”. Elles avancent que “ses 'contre feux' ne pourraient pas discréditer le Président Macky Sall dont il a été le premier à saluer les mérites, compétences, loyauté et crédibilité. Si le Président Abdoulaye Wade cherche à rendre ce pays “ingouvernable”, il trouvera les femmes de la coalition Macky 2012 sur son chemin”. Publications - Société éditrice Boulevard de l'Est-Point E Immeuble Samba Laobé Thiam Dakar Tél. : 33 825 07 31 E-mail : [email protected] Directeur de la publication : Mahmoudou Wane Directeur de la rédaction : Mamadou Lamine Badji Rédacteur en chef : Momar Dieng Rédacteur en chef délégué : Bachir Fofana Chefs de desk : Momar Dieng - Politique Bachir Fofana - Economie / Social Jules Diop - Dossiers & enquêtes Ndiassé Sambe - Sport Pa Assane Seck - People Directeur artistique : Renaud Lioult Mise en page : Penda Aly Ngom et Fodé Baldé Photographe : Amadoune Gomis Impression : Graphic Solutions Régie publicitaire : [email protected] Tél. : 77 834 11 93 [email protected] Tél. : 33 825 07 31 / 77 299 96 72 numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 POLITIQUE page 3 SAIGNÉE AU FSD-BJ DE BAMBA DIÈYE ÉLECTIONS LÉGISLATIVES Entre le Maroc, la France et le Sénégal, une dizaine de responsables du Fsd/Bj ont claqué l a porte de leur parti en mettant en doute la sincérité du discours public de Cheikh Bamba Dièye. La coalition Salam veut un “nouveau type de parlementaire” Des responsables dénoncent une “entreprise individuelle” ASSANE MBAYE es anges de la division ont frappé hier le Front pour le socialisme et la démocratie/Benno jubël (Fsd/Bj) de Cheikh Bamba Dièye avec le départ de dix responsables établis au Sénégal, au Maroc et en France. Pour la section Fsd/Bj Sénégal, il s'agit de Nafissatou Wade, coordonnatrice des Femmes de Dakar, Lala Aïcha Fall, Balla Gaye et Pape Abdoulaye Fall (Fsd/Bj Hlm), Tacko Fall (Fsd/Bj Bopp). Au Maroc, la fronde est dirigée par Magatte Fall. Et en France, les dissidents L sont Cheikh Moubarack Wade, Bathie Ndiaye, Jean Abdoulaye Godonou (Fsd/Bj Nice) et Abdou Khadre Diouf, responsable de la cellule Saint-Denis (banlieue parisienne). Dans une lettre de démission collective rendue publique hier et dont copie est parvenue à EnQuête, ces responsables du Fsd/Bj ont justifié leur acte. Selon leur porte-parole, Nafissatou Wade, cette dissidence n'a rien à voir avec les investitures. C'est la “démarche solitaire” de Cheikh Bamba Dièye qui est en cause, notamment dans les prises de décisions. Leur compagnonnage avec leur leader “a EL HADJI MALICK GUÈYE (DÉPUTÉ PDS) “Si Wade m’avait écouté…” PAR DAOUDA GBAYA Hier (l'entretien a eu lieu mercredi), au cours d'une conférence de presse, vous avez accusé vos frères de parti d’être à l’origine de la défaite de Wade. Comment ? J’ai toujours dénoncé les mauvaises pratiques qui avaient cours dans mon parti, les Sénégalais peuvent en témoigner. Si Wade m’avait écouté, il n’aurait pas subi cette défaite. Mais à chaque fois que je dénonçais certaines pratiques, on me diabolisait auprès du président. On m’avait accusé de travailler pour quelqu’un d’autre (NDRL : Idrissa Seck). C’était une manière de m’éloigner du président. On m’a combattu de la manière la plus farouche dans le Pds. Or, je suis le seul dans le parti à pouvoir dire que je n’ai rien obtenu avec tout ce que j’y ai investi. Ceux qui ont bouffé l’argent du pays pour construire des châteaux, peuvent aujourd’hui quitter le parti puisqu’ils ont planqué beaucoup d’argent. Et d'après la presse, il y en a même parmi eux à qui on a volé 500 millions de francs Cfa, de l’or... Parce que si on garde un demi-milliard chez soi, cela veut dire qu’on en a planqué à suffisance. Le chef de l'Etat a décidé de réactiver la Cour de répression contre toujours été marqué par des points d’interrogation sur la sincérité de ses différents discours qui ne reflètent guère la réalité qu'ils vivent au sein du parti et qui ne ressemble à rien d’autre qu’à une entreprise individuelle”. “De la constitution du directoire de campagne (présidentielle), au choix d’aller seul ou en coalition aux législatives en passant par la constitution des listes (législatives), (Cheikh Bamba Dièye) n'a jamais cessé de poser des actes antidémocratiques”, affirme Nafissatou Wade. Dans le document remis à EnQuête, le groupe s'adresse directement à son désormais les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. C’est pourquoi j’ai demandé qu’on sanctionne les listes du PDS. l’enrichissement illicite. Votre commentaire ? Est-ce que vous ne risquez pas d’être sanctionné par votre parti ? C’est très pertinent. Je rappelle qu’on l’avait commencé avec Macky Sall. Je ne le dis pas pour le défendre, mais ces gens-là (ses frères libéraux) avaient voulu le diaboliser en l’accusant de blanchiment d’agent. Il n’en était rien. C’est Abdoulaye Wade lui-même qui l’a blanchi finalement. C’est pourquoi j‘attire l’attention de Macky Sall pour qu'il se méfie à son tour des personnes qui lui racontent des mensonges, uniquement pour préserver leurs intérêts. Il a été très bien élu comme jamais un président du Sénégal ne l'a été. Donc, il a une légitimité incontestable. Me sanctionner moi ? Non. Je suis le moteur du PDS. Si je ne les sanctionne pas, ils ne peuvent pas le faire à mon encontre. Que dites-vous de la déclaration de patrimoine du président de la République ? C’est un faux débat. Le gens veulent semer le doute dans l’esprit des Sénégalais. Ils ne ménageront aucun effort pour ternir son image. En quoi êtes-vous le moteur du parti ? Vous ne contrôlez que Latmingué Ce que j’ai investi dans le parti et durant la présidentielle, Abdoulaye Wade le sait. Je suis le seul responsable à avoir gagné chez moi au premier tour. Abdoulaye Wade m’avait nommé vice-président de l’Assemblée nationale, mais Doudou Wade (président du groupe parlementaire libéral et démocratique) et le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye s’y sont opposés. Pourquoi ? Nous avons de bonnes relations. Macky Sall me connaît bien et me respecte bien. Il sait que je n’ai pas ma langue dans la poche. On a vécu au Pds et je ne lui ai jamais tressé des lauriers. Ils ne voulaient pas que j’en sorte renforcé politiquement. Me Abdoulaye Wade m’a révélé que c’est le Premier ministre qui lui a dit : “Je ne suis pas d’accord avec la nomination de Malick Guèye comme vice-président de l’Assemblée nationale.” C’est ce dernier qui, aujourd’hui, me dispute ce poste de député. Il occupe une bonne position et me place à une position défavorable. Ils veulent que nous nous battions pour eux. Je ne l’accepterai pas. Vous avez appelé à ne pas voter pour les listes du PDS où vous occupez la 23e position. C'est de la rébellion ? Vous avez aussi déclaré que les listes du PDS et de Bokk Gis Gis sont un “complot” contre les Sénégalais. Je ne peux pas comprendre que vous soyez ministre pendant 10 ans, Premier ministre pendant plusieurs années, président du Sénat, président de l’Assemblée nationale, et aujourd’hui qu’on a perdu le pouvoir, vouloir devenir député. Je ne peux pas l’accepter (il hausse le ton). Pourquoi ils ne veulent pas être investis sur les listes départementales ? De quoi ont-ils peur ? S’ils veulent être logiques avec eux, ils doivent mettre Oui, c’est un complot. Ils ont divisé les listes pour ratisser large. Tout le monde sait que si Pape Diop est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce à Abdoulaye Wade. Je ne peux pas comprendre qu’on vous nomme président du Sénat, et qu’une fois le pouvoir perdu, vous vouliez créer votre propre parti. C’est inconcevable. Leur (Bokk Gis Gis) objectif, c’est de barrer la route à Macky Sall en ayant la majorité à l’Assemblée nationale. Quelles sont vos relations avec Macky Sall ? www.enqueteplus.com ex-leader : “Nous ne sommes pas contents de votre façon de diriger, de prendre des décisions solitaires. Nous ne sommes pas contents de la façon dont vous traitez les responsables qui ont été démocratiquement élus. Nous ne sommes pas contents de votre démarche consistant à écarter tous les responsables qui ont eu le mérite de travailler dur et sans condition pour le parti”, disent-ils. “Nous ne nous sommes pas battus contre le régime de Wade pour accepter après les mêmes pratiques au sein de notre parti”, lit-on dans la note. Les animateurs de Bokk Gis Gis accusent Wade de vouloir remettre le parti à son fils ? Ils ont voulu se servir de ça comme argument pour justifier leur démarche. Mais ils savent pertinemment que c’est inexact. C’est pourquoi je dis que c’est un complot. Vous avez annoncé une rencontre le samedi prochain avec votre base. Allez-vous démissionner du PDS ? Je ne dis pas que je vais quitter le PDS, je compte faire une importante déclaration. Le contenu de cette déclaration dépendra de ma base. Je suis à son écoute. Si elle vous demande de quitter le PDS ? “Proposer un nouveau type de parlementaire où les élus, de la même manière qu’ils se dresseront farouchement contre toute forme de déviation du pouvoir exécutif, encourageront et soutiendront en toute honnêteté ses entreprises de développement positives”. Telle est l’ambition de la coalition “Salam” en allant à l’assaut des suffrages des électeurs sénégalais aux législatives du 1er juillet prochain. “Nous voulons servir loyalement le Sénégal et non nous servir du Sénégal. Nous voulons lutter contre l’injustice sociale et l’impunité que nous combattions dans le cadre du M 23 (mouvement du 23 juin)”, a déclaré, hier, Abdou Samat Mbacké, tête de liste de ladite coalition. Faisant siennes les conclusions des Assises nationales, Salam compte avoir la “majorité absolue” à l’Assemblée pour “imposer la cohabitation au président de la République, ou tout au moins obtenir un groupe parlementaire”. A ce propos, le marabout, leader du Mouvement africain pour la rénovation sociale (MARS), ne manque pas de courage : “Nous ne voulons pas être des gens qui exercent un chantage sur Macky Sall, bien que nous l’ayons soutenu au second tour. Mais nous serons incontournables dans les prises de décision.” La rencontre a été l’occasion de présenter les membres de la coalition (17 partis et mouvements politiques dont certains sont issus de la CAP 21, proche du défunt régime). Le directoire de campagne est conduit par Bassirou Sarr, ex - général de Aj/Pads et compagnon historique de Landing Savané, aujourd'hui leader du parti And Jarin Senegaal - Servir le peuple (AJS-SLP). DAOUDA GBAYA Je le ferai. Si on parle de leader, c’est à cause de sa base. LÉGISLATIVES 2012 “TAXAW” parle d'engagements et d'innovations AMADOU THIAM “Nous voulons une Assemblée nationale digne de ce nom”, a dit Mamadou Bamba Ndiaye du MPS-SELAL lors de la conférence de presse de la coalition “TAXAW” organisée hier à Dakar. Elle est composée du Parti de la Réforme (Pr) de Abdourahim Agne, du Front National de Ali Guèye (Fn) et du Mouvement And Liguey Senegaal. Ne se définissant pas comme une alliance électorale occasionnelle, elle compte mettre en place des engagements pour une participation citoyenne parlementaire, mais aussi des innovations pour une revalorisation du contrôle au sein de l'hémicycle. Cette ambition est d'ailleurs rassemblée dans une charte éthique appelée “5+5”. Parmi ces engagements et innovations, on peut citer l'organisation d'une créance citoyenne de compte-rendu du mandat par les députés, unae consultation des citoyens sur les lois sensibles relativement à l'éthique, entre autres. La liste nationale de cette coalition est dirigée par Abdourahim Agne, et elle sera présente dans 13 régions. Pour rappel, Abdourahim Agne, Mamadou Bamba Ndiaye et Ali Guèye appartenaient à l'ancienne mouvance présidentielle de l'ex-président de la République Abdoulaye Wade. Ce dernier, après sa défaite du 25 mars, avait “libéré” les partis politiques qui le soutenaient depuis son arrivée au pouvoir en 2000. numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 ECO / SOCIAL page 4 NAGUÈRE VILLE FERROVIAIRE Jadis “Cité du rail”, Thiès est aujourd’hui à la recherche de son passé perdu de ville ferroviaire qui accueillait jusqu’à 56 trains par jour. Dans cette ville où le train s'arrêtait deux fois, les cheminots se battent pour réhabiliter cet outil de transport dont ils pensent qu'il peut contribuer au développement économique et social du Sénégal. Thiès perd sa locomotive NDÈYE FATOU NIANG (Correspondante, Thiès) l’entrée de la gare de Thiès, le visiteur est tout de suite frappé par le calme qui règne sur les lieux. Après 127 ans d’existence, le chemin de fer vit des moments difficiles. Réduit presque à néant par une mauvaise gestion de l’État, au point d'entraîner sa privatisation. L'entreprise est aujourd'hui confrontée à des difficultés liées à une demande supérieure à l’offre. Ndèye Ké Sène, la chargée de communication de la société Transrail Sénégal, explique : “Nous avons beaucoup de tonnages qui se trouvent dans le port. On ne peut pas transporter du fait du vieillissement de la voie ferrée”. Pour Cheikh Ahmed Tidiane Sow, chargé de mission à la Direction générale de l'entreprise, “il n'y a pas de secret, il faut investir et motiver le personnel”. Deux exigences que Transrail n'arrive pas à satisfaire. Il ajoute que la privatisation de la société, entrée en vigueur il y a 9 ans, n'a pas donné les résultats escomptés. “Le retard de Transrail, c’est le manque d’investissements ; le système capitaliste qui a détruit les chemins de fer parce qu’il veut gagner à moindre frais, c’est la politique du gagner de l’argent puis partir”, dit-il. Les localités de Darah Djolof, Louga, Linguère, Tambacounda, Kidira, Thiès, Guinguinéo, Diourbel, Bambey, ont connu une grande activité économique à la faveur du chemin de fer. Le constat est qu'aujourd'hui, toutes ces gares secondaires ont été fermées, le train voyageur liquidé. “Les privés n'ont maintenu que les gares qui étaient favorables à la bonne marche du Corridor Dakar-Bamako, c’est cynique”, ajoute M. Sow. A mesures, une renégociation de la privatisation et une révision de la politique des infrastructures. Ndèye Ké Sène souhaite “vivement que le chemin redevienne le pôle économique social et culturel qu’il a toujours représenté pour les deux Etats, le Sénégal et le Mali”. Créé en octobre 2003, Transrail résulte d’une fusion entre la Société nationale des chemins de fer du Sénégal (SNCS) et de la régie des chemins de fer du Mali. L’État du Sénégal, conscient que les chemins de fer coûtent plus cher que les routes, a dû privatiser la société au profit de repreneurs canadiens qui, selon Cheikh Ahmed Tidiane Sow, ont gagné “par magouille parce que le groupe français Bolloré avait fait la meilleure offre”. “Ils (les Français de Bolloré) avaient proposé 50 milliards pour 5 ans alors que les Canadiens avaient mis sur la table 15 milliards pour la même période”, explique M. Sow. Il ajoute : “il y avait quelque chose de pas clair. Ce sont les dossiers tordus de Karim Wade, fortement aidé par son père et d’autres que je ne veux pas nommer parce qu’ils sont près de Macky Sall”. Senghor “l'inintelligence” et Wade “le plus grand échec” En termes de transport de masse, aucun moyen de transport ne peut concurrencer le chemin de fer avec la capacité de tractation des wagons. Il a été le pionnier du mouvement syndical africain avec des grandes grèves en 1919 en ex-AOF (Afrique occidentale française), et en 1938. Celle de 1947, a été un sujet majeur du roman de Sembène Ousmane, “Les Bouts de bois de Dieu”. “C'est pourquoi, poursuit Cheikh Ahmed Tidiane Sow, il fallait créer une certaine concurrence en développant la route de façon déloyale alors que le chemin de fer avait le monopole d’un certain nombre de transports dans certaines zones. Et Senghor a été l’investigateur du projet. Il a eu l’inintelligente idée de tuer les chemins de fer à petit feu en supprimant les investissements et certaines gares rentables. Ainsi le chemin de fer a décliné petit à petit.” Le cheminot estime que c'est le régime d’Abdoulaye Wade qui a connu “le plus grand échec” dans la gestion des chemins de fer, relevant qu'avant l'alternance intervenue en mars 2000, il circulait 56 trains par jour sur l’axe Dakar-Bamako, alors qu'aujourd'hui, “on ne peut pas faire plus un train par jour parce que Abdoulaye Wade nous a pris la gare de Dakar”. “Ce n’est pas un hasard si la gare s’est installée au cœur de Dakar parce qu’elle était à proximité du pôle sud où devaient être stockées les marchandises en partance pour Bamako, raconte Cheikh Ahmed Tidiane Sow. La gare obéissait donc à des considérations économiques et géographiques. Wade a été épaté par ce lieu qu'il a pris pour y installer le Parc culturel et déplacer la gare à Bel-Air.” Cette décision présidentielle a fait que les revenus du Petit Train de Banlieue (PTB) sont passés de 20 à 2 millions de francs Cfa. Sow explique : “Quand tu arrivais à l’ex-gare, tu marchais jusqu’au centre-ville. Mais maintenant avec la gare de Bel-Air, les voyageurs sont obligés de payer deux fois plus le billet du train pour arriver au centre-ville, c’est pourquoi ils se font rare”. Solution à la crise casamançaise Les cheminots et autres amoureux du train son formels : le chemin de fer a une capacité d’intégration qu’aucun autre moyen de transport ne détient. “Si la Casamance avait bénéficié d’infrastructures ferroviaires, cela aurait contribué au décloisonnement de la région, selon Cheikh Ahmed Tidiane Sow. Elle constitue le grenier économique. Les fruits y pourrissent et cela est une perte pour l'économie nationale. Pire, les fruits que le Sénégal importe existent en quantité en Casamance.” Le train est aussi vu comme solution à la crise qui sévit depuis une trentaine d'années en Casamance, avec les conditions d'un brassage qu'il peut favoriser. RECASEMENT DES MARCHANDS AMBULANTS “Le site sera livré d'ici fin août” “Villes mortes” Résultat : Malème Hoddar, Kothiary, Kébémer, Mbacké, Diourbel, Dangalma sont devenues “des villes mortes”. Plus de 700 jeunes cheminots ont été licenciés sans droits en 2003 avec comme seule prime 230 000 F Cfa, d’autres sont partis sur la base du “départ volontaire”. Samba Fall, chaudronnier suspendu par l’entreprise depuis 2003, n’arrive toujours pas à entrer dans ses droits, aujourd’hui encore. Il fait partie d'un groupe de plus de 700 travailleurs vivant la même situation alors que des retraités de la maison déplorent, eux, leurs faibles pensions. Comme solution, Cheikh Ahmed Tidiane Sow préconise un retour à la case de départ avec, entre autres ALIOU NGAMBY NDIAYE ientôt les marchands ambulants de Dakar vont trouver un refuge. Le complexe commercial de recasement des marchands ambulants sera livré avant la fin du mois d'août. “D'ici la fin du mois d'août, le projet sera bouclé”, confie Assane Fall, directeur du MADS, promoteur du projet. Une réunion d'évaluation s'est tenue hier à l'hôtel de ville, entre les marchands ambulants, le promoteur et la mairie, pour discuter sur l'état d'avancement de la construction. “L'objectif de la ville de Dakar est de terminer tous les projets de marchands avant la fin de l'année 2012. La ville de Dakar a acheté un terrain qu'il a mis à la disposition des ambulants. Comme ces derniers n'ont pas les moyens, ils ont choisi leur promoteur et leur fournisseur qui peuvent leur livrer des cantines à bon prix”, avance le deuxième adjoint au maire de Dakar, Pape Seck. Le complexe commercial est situé au centre-ville. Il B www.enqueteplus.com comprend quatre blocs de tabliers (2115) et 200 Box. Après un apport de 25% que les marchands ambulants doivent verser, les tabliers et les box sont cédés sur un bail payable en deux ans. Mais, il faut dire que la réunion s'est tenue dans l'informel. Venus en masse répondre à l'appel des autorités, certains marchands ambulants n'ont pas accepté les décisions des autorités. “Rien n'est clair”, “ils veulent nous manipuler”, disaient certains marchands qui jugent la somme demandée très lourde. “Les 25% doivent être diminués. C'est trop pour un marchand ambulant”, s'insurge, Arona Niang du collectif des marchands ambulants de la SIMAT. Pour Mohamet Thiam, du collectif des marchands ambulants de Sandaga, ils n'ont pas été bien écoutés pendant la mise en place du projet. “Aucun marchand ne peut décaisser une somme de 300 000 F Cfa. Nous devons discuter pour tomber d'accord sur une somme”, dénonce, Mohamet Thiam. FRAUDE SUR LES ASSURANCES OU “ASSURANCES GOANA” 2 milliards de perte pour les compagnies “Assurances Goana” ou plutôt “assurances débrouillées” font perdre chaque année aux compagnies d’assurances 2 milliards Cfa. Les victimes sont depuis 3 jours à Thiès pour les besoins de leur campagne de sensibilisation et de vulgarisation de la nouvelle attestation d’assurance. En effet, la gare routière de Thiès, principale lieu de vente après les régions de Diourbel, Kaolack, Matam, Ourossogui, Tambacounda, est prise d’assaut par le pool de coassurances pour y démarrer leur campagne d’information. Selon le directeur de TPV, Ousmane Sy, les fraudes sur les cartes d’assurance est un phénomène qui dure depuis longtemps et s’est accentué au fil du temps. Ce qui les amène d’ailleurs “à concevoir une nouvelle attestation d’assurance en remplacement de celle qui était commercialisée depuis la création du pool en 1999”. La nouvelle attestation était bleue maintenant elle verte et est revêtue d’un hologramme in-détachable et infalsifiable, d’après Ousmane Sy. Les agences d’assurances implantées à Thiès se plaignent du phénomène et soulignent que les assurés disent souvent que les tarifs sont trop chers et qu’ils peuvent obtenir mieux au niveau de la gare routière. Avec ces attestations fausses, selon Ousmane Sy, “les gens se retrouvent souvent sans assurance puisque nous ne sommes pas engagés”. Et cela a des conséquences dommageables, des accidents qui sont quelquefois très graves. Etant donné que la victime n’est pas assurée, elle se retrouve donc sans assistante médicale, déplore M. Sy. MÉCONTENTS DU PRIX FIXÉ PAR L’ÉTAT Les commerçants de Thiès ne se sucrent plus Plus de sucre dans les boutiques. Les commerçants de Thiès ont décidé de ne plus s’approvisionner de cette denrée encore moins d’en vendre. Face aux journalistes, hier, ils ont pris la décision de boycotter la vente du sucre qui, fustigent-ils, représente une perte s’ils s’en tiennent à la mesure de l’Etat qui leur demande de vendre le Kg à 570 Fcfa. “Le gouvernement a décidé de fixer des prix sur le sucre, qu’on ne va pas suivre. Les autorités nous exigent de le vendre à 570 F le kilo, alors que le sac coûte 28250 F. Si on vend le sac par détail, on n’aura que 750 F de bénéfice. Ce qui nous pousse à boycotter le sucre jusqu’à ce qu’on ait de leur part une meilleure proposition”, annonce Cheikh Ndiaye, coordinateur des commerçants de Thiès. Pourtant disent-ils, l’Etat du Sénégal après les avoir consulté avant la baisse des prix, a pu trouver un terrain d’entente. “L’accord consistait à avoir un bénéfice de 40f sur le kilo, ce qui ferait 585f”. Mais cet accord n’a duré que le temps d’une rose car “les autorités sont venues, du jour au lendemain, nous annoncer que maintenant c’est 25 F de bénéfice sur le kilo”. Selon les commerçants massés hier à la chambre de commerce de Thiès, le problème ne se situe pas au niveau du grossiste ni du demi grossiste encore moins du détaillant, “c’est l’usine qui fixe le prix et on l’achète, maintenantc’estleprixfixéparlegouvernement qu’on devrait revoir”. PAR N. F. NIANG (Correspondante, Thiès) numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 ECO / SOCIAL page 5 CONCOURS D’ENTRÉE A L’ENA 2011 L’arrêté du 8 mars 2012 fixant la liste des candidats admis à l’Ecole nationale d’administration (ENA) diffère de par son contenu d’avec celui classé par le service de la législation de la Primature. Une irrégularité qui exaspère des “ayants droit” qui crient à la fraude et indexent la direction de l’école. Micmacs sur la liste des admis question sensé modifier celui du 8 mars affiché à l’école présente des vices de forme. Il est constaté sur le contenu du nouvel arrêté qu’il a été mentionné : “au lieu de lire Abdoul Khafor Diop, lire Aly Ndiaye”, puis “au lieu de lire Tabouré Agne, lire Adama Diallo”. Pape Diop et Alioune Touré Seck déposent un recours auprès de la Cour suprême et saisissent le Médiateur de la République. La Cour suprême et le Médiateur de la République saisis AMADOU NDIAYE Ecole nationale d’administration (ENA) encore éclaboussée par une affaire de contestation des résultats du concours d’entrée 2011. Après l’affaire Pape Diop et Alioune Touré Seck qui accusaient l’administration de l’école d’avoir annulé arbitrairement leur admission au concours, voici que Khafor Diop et Tabouré Agne respectivement 3e sur les listes diplomatie et administration générale contestent à leur tour les résultats affichés. Tout part et revient à un arrêté signé le 8 mars et pour le moins nébuleux. Il s’agit de l’arrêté 002418 du 8 mars 2012 fixant la liste des candidats admis à la session 2011 des concours directs et professionnels d’entrée au cycle A de l’ENA. Le même arrêté daté du même jour, signé par le même Premier ministre (Souleymane Ndéné Ndiaye, NDRL) fixant le même objet diffère, bizarrement dans son contenu, de celui enregistré à la Primature. Khafor Diop et Tabouré Agne, restent convaincus que l’arrêté du 8 mars affiché à l’ENA est falsifié. Encore qu’il existe un nouvel arrêté numéroté 3468 PM/ENA daté du 24 avril affiché présentement à l’école. L’arrêté en L’ Le problème, c’est que dans l’arrêté du 8 mars affiché à l’ENA, les noms d’Abdoul Khafor Diop et de Tabouré Agne n’y figurent pas. Cela veut dire que le nouvel arrêté du 24 avril ne modifie pas celui du 8 mars affiché à l’ENA mais cible plutôt un autre arrêté signé le 8 mars avec le même numéro que celui affiché à l’ENA, sauf que celui-ci n’est pas à l’école. En plus clair, l’arrêté N002418 PM/ENA du 8 mars 2012, fixant la liste des candidats admis à la session 2011 des concours directs et professionnels d’entrée au cycle A de l’ENA, affiché à l’école est différent de celui classé par le service de la législation de la Primature. En ce sens que l’arrêté exclut les sieurs Pape Massaer Diop, secrétaire d’administration, adjoint au préfet de Saint-Louis et Alioune Touré Seck, Chancelier des Affaires étrangères alors que l’arrêté enregistré à la Primature exclut aussi bien les sieurs Diop et Seck que les sieurs Aly Ndiaye admis à la section diplomatie et Adama Diallo admis à la section Administration générale. L’on comprend aisément que les sieurs Pape Diop et Alioune Seck ont pu être éliminés, même s’ils contestent toujours cette élimination et ont saisi la Cour suprême et le Médiateur de la République pour annuler l’arrêté du 8 mars. De même qu’Aly Ndiaye et Adama Diallo devraient également l’être pour permettre à leurs remplaçants directs sur la liste d’attente en l’occurrence Khafor Diop et Tabouré Ndiaye de jouir de leur droit d’être reçus au concours. Le directeur de l’ENA, Mamadou Tall s’en explique Interpellé sur la question, le directeur de l’ENA a soutenu s’être trop penché sur la question et qu’il ne voudrait plus revenir sur ça. Il nous a renvoyés à une réponse donnée dans les colonnes de journaux dont L’Observateur. Voici ce que Mamadou Tall a entre autres dit : “Un candidat qui a intérêt à agir après la publication des résultats a introduit un recours gracieux auprès de l’autorité compétente. (…) C’est pour cela que nous avons pu rétablir le droit au requérant et déclarer les dossiers des sieurs Diop et Seck comme étant non conformes. Par conséquent, leur admission ne peut plus être valable. Nous avons suivi la liste d’attente comme cela est prévu par la réglementation. Si la commission chargée de statuer sur les candidatures n’a pas pris la peine de bien vérifier les dossiers des candidats avant le concours, c’est lié au fait que le nombre de candidats était très élevé. Il y avait 18 000 candidats à concourir. Ensuite, il est de rigueur dans de pareilles situations au niveau de cet établissement, que même les examens se déroulant après la proclamation des résultats, le Directeur général a la possibilité de regarder les dossiers des admis pour voir si ce sont des dossiers conformes. (…)”, disait-il dans les colonnes de L’Observateur. Sauf que cette réponse ne concerne que les cas Pape Massaer Diop et Alioune Touré Seck, pas celui de Khafor Diop et de Tabouré Agne. Un avocat commis, la RADDHO et le Forum civil seront saisis Ces derniers, d’ailleurs n’entendent pas laisser les choses ainsi, eux qui soutiennent être prêts à aller jusqu’au bout de leurs efforts pour rentrer dans leurs droits. C’est dans ce cadre qu’ils ont saisi la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO) et entendent en faire autant avec le Forum civil. Déjà un avocat a été commis en ce sens, informent-ils. Khafor Diop et Tabouré Agne souhaitent en savoir plus sur l’arrêté du 8 mars affiché à l’ENA. Leur conviction, c’est qu’il est falsifié et qu’en réalité, le vrai arrêté serait celui classé par le service de la législation de la Primature. Ils se désolent de constater de telles irrégularités qui ne font que témoigner du “laxisme” avec lequel est traitée une question aussi sensible que l’admission au concours de l’ENA, “avec les sacrifices que cela inclus”. GESTION NÉBULEUSE ET SABOTAGE SYSTÉMATIQUE À LA POSTE Les travailleurs exigent le départ de Mamadou Lamine Thior Le comité directeur du Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (SNTP) a alerté hier le gouvernement sur les dangers qui guettent la poste et la Sonatel. Une occasion est saisie par les postiers pour réclamer à nouveau le départ de Mamadou Lamine Thior de la tête de l'entreprise. VIVIANE DIATTA e Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (SNTPT) a sonné l'alerte hier. Les syndicalistes ont tenu hier une conférence de presse pour informer sur la gestion nébuleuse et le favoritisme au sein des entreprises La Poste et la SONATEL. Ces postiers réclament à nouveau le départ de Mamadou Lamine Thior, Directeur général de la poste, qu'ils accusent de sabo- L tage systématique de l'entreprise. Selon Mamadou Diallo, Secrétaire général du SNTPT, ils veulent juste et dans l'urgence changer la gouvernance de la poste et bien la changer. “La poste est devenue un no man's land juridique. Seul le pouvoir discrétionnaire d'un individu prévaut sur tout. La Direction générale a bafoué les règles élémentaires du dialogue social. Malgré toute la publicité diffusée pour accréditer une bonne santé de l'entreprise, la réalité économique et financière est différente et très inquiétante”, a expliqué M. Diallo. Avant de poursuivre : “La masse salariale est passée de 6 à 10 milliards de francs Cfa. Cela est dû à un recrutement inconsidéré. Des recrutements où les personnes ne savent pas lire. Des contrats à durée déterminée sont passés à des contrats à durée indéterminée. Des personnes qui perçoivent des salaires et ne sont jamais présents parce qu’ils sont des étudiants”, at-il fustigé. Ibrahima Sarr va plus www.enqueteplus.com loin. “Il est temps de balayer Thior. Il fait du clientélisme son modèle de gestion. Il fait ce qu'il veut dans l'entreprise. C'est de la vraie pagaille. Nous ne pouvons pas, avec des baisses drastiques de recettes budgétaires de 51% surtout dans les centres de recettes les plus importants, faire des dépenses inutiles”, fulmine-t-il. De son côté, le trésorier du secteur comité Sonatel dénonce la mainmise de la multinationale France Télécom sur une entreprise chargée de missions de service public au Sénégal. “Le ressort fondamental de France Télécom est la recherche de profit. L’État du Sénégal a voulu faire passer la participation de cet opérateur dans le capital sénégalais de 42,3% à 52,2%. Inutile de souligner le caractère citoyen et patriotique de notre position tellement les enjeux sont importants. C'est pour toutes ces raisons que nous menons cette lutte”, a signalé M. Diagne. SPOLIATION FONCIÈRE AU CICES Les travailleurs dénoncent le “braquage” de leurs terres D es bâtiments en construction, des murs terrassés. C'est le décor que montre le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES). Une situation que les agents du CICES considèrent comme un “braquage foncier qui ne dit pas son nom”. Avec des brassards rouges, ils ont marché à l'intérieur du CICES, pour montrer la gravité de la situation. Parmi ces bâtisses, se trouve un parking de 1000 m2, appartenant à El Hadj Ndiaye, le patron de la 2STV. “El Hadj Ndiaye bénéficie d'un parking de 1000 m2 au moment où le CICES a des problèmes d'espace. A chaque édition de la foire, il nous le loue à hauteur de 10 millions de F Cfa”, souligne Badara Gadiaga, membre des délégués. Après un mouvement d'humeur en novembre 2011, pour alerter la direction sur les constructions à l'intérieur du CICES, le collège des délégués décide de passer à la vitesse supérieure pour l'arrêt système de la spoliation. “La direction du CICES que nous avons rencontrée tout dernièrement, ne nous a rien clarifié. Mais nous disons que ces bâtisses appartiennent au foncier du CICES. Lors de la distribution des terrains, que l'ancien président Abdoulaye Wade attribuait aux agents du CICES, il avait dit que le foncier du CICES était terminé et qu'il ne pouvait plus octroyer des terrains. Mais jusqu'à présent, des constructions sont toujours en cours”, informe, le Secrétaire général du collège des délégués, Jean Claude Ngom. “La direction n'a rien fait pour régler le problème. Tous les jours, des promoteurs privés construisent et nous avons surpris un entrepreneur avec un plan de lotissement daté de janvier 2011”, dénonce Badara Gadiaga. Accusant le régime d'Abdoulaye Wade d'être à l'origine de la spoliation foncière au CICES, qui a pris des proportions inquiétantes, les délégués demandent au président Macky Sall de régler le problème. Après le foncier, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal est confronté à un problème financier. Selon Jean Claude Ngom, le COSEC doit 3 milliards de francs de subventions au CICES. “Depuis plusieurs années, le CICES court derrière une dette conséquente de 3 milliards du COSEC. Le COSEC devrait octroyer chaque année une subvention de 400 millions au CICES. Malheureusement, depuis plusieurs années, le CICES ne reçoit plus cette subvention”, dénonce, Jean Claude Ngom. C'est à cette manne financière que s'ajoutent les 120 millions que l’État octroie au CICES, en terme de subvention. ALIOU NGAMBY NDIAYE numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 CMJN société SOCIÉTÉ page 6 LE MINISTRE AUGUSTIN TINE AU CAMP DIAL DIOP QUERELLE AUTOUR DE LA GESTION DU FORAGE DE DIAGALY Le ministre des Forces armées, en visite hier à l’état-major général des armées, a révélé que le gouvernement met tout en œuvre pour la libération des sept soldats détenus en Casamance. Le président du comité de gestion atterrit en prisons L'État négocie pour libérer les 07 militaires capturés par le MFDC ANTOINE DE PADOU u terme de sa visite, le ministre des Forces armées Augustin Tine a assuré que Macky Sall et son gouvernement font le nécessaire pour régler les “quelques petits problèmes au sud”. Sans entrer dans les détails, le ministre a confirmé que des “tractations très importantes” sont en cours pour libérer les soldats détenus, depuis décembre dernier, par des combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). “Notre armée a subi des pertes, ces dernières années. Mais il semble que depuis un certain temps, les rebelles se tournent vers la prise d’otages”, des soldats en particulier, dira le ministre Tine. Des soldats qui, selon lui, appartiennent à une armée “vaillante et plus professionnelle”. Par ailleurs, le ministre s'est montré très enthousiaste sur ce qu'il a vu au camp Dial Diop. “On a eu A MAMADOU NDIAYE (Linguère) C une discussion fructueuse avec les hauts responsables et hauts gradés. Je suis très content et je suis surpris de l'organisation extraordinaire de notre armée”, a fait savoir Augustin Tine dont la visite, dira-t-il, épouse la vision du chef de l’État dont la première sortie a été consacrée aux soldats blessés, à l’Hôpital militaire de Ouakam, “afin de relever le moral des troupes”. Cette visite de Macky Sall, assure-t-il, a suscité beaucoup d'espoir au sein de l'armée et a été très appréciée par les militaires en Casamance. “Des subventions aux militaires blessés” D'ailleurs, le ministre a annoncé que “le président a décidé de faire en sorte que des subventions soient données aux militaires blessés et à ceux qui sont décédés sur les théâtres d’opération”. Le ministre des Forces armées a ainsi assuré qu'un décret de régularisation va être signé dans les plus brefs délais. Au cours de la visite, Augustin Tine a reçu les honneurs lors d'une prise d'armes et a assisté à une présentation des forces armées sénégalaises. Il a aussi eu droit à une visite guidée du mémorial du cinquantenaire, attaché au patrimoine historique des armées, qui marque l'évolution des armées en 50 ans d'existence. Il y fera un dépôt de gerbe de fleurs avant de parapher le livre d'or du mémorial du souvenir. AFFAIRE BÉTHIO THIOUNE Le calvaire des Thiantacounes à Thiès Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour les Thiantacounes qui s'enlisent à Thiès et tombent de plus en plus dans la précarité. Voilà plusieurs jours qu'ils squattent dans la capitale du Rail dans l'espoir que leur guide soit élargi. Toutefois, cette situation commence à peser pour des talibés qui ont du mal à trouver la pitance quotidienne. tre de faire face à leurs besoins. Car nombre d'entre eux ont de plus en plus de mal à assurer la popote. Ayant trouvé refuge chez des condisciples, ils y survivent difficilement, alors que les conditions d'hébergement se compliquent. Cheikh Bamba Diop habite à Kaolack. Croisé devant la mairie de Thiès, il s'explique sur les difficultés qu'il rencontre chez un camarade qui a accepté de l'héberger à Kawsara Fall. “Nous sommes 07 “Thiantas” à partager une petite chambre, dans une maison où le chef de famille arrive difficilement à joindre les deux bouts”. Parfois, la situation devient presque invivable, car renseigne-t-il, “certains parmi nous reçoivent la visite de leurs épouses, les week-ends”. “Même si le Cheikh est transféré au milieu du désert, nous irons l’y rejoindre” Des militants de Cheikh Béthio aux mains de la Police alors que d’autres squattent les rues de Thiès NDÈYE FATOU NIANG (Thiès) es disciples de Cheikh Béthio Thioune ont élu domicile à Thiès, depuis l’arrestation de leur guide. Venus des quatre coins du Sénégal, pour apporter leur soutien à leur Cheikh, ils résident dans les quartiers populaires, dont la plupart se situent dans les zones périphériques. Étant entendu qu’ils sont indésirables aux alentours de la L Maison d’arrêt et de correction de Thiès, les Thiantacounes ont pris d'assaut les quartiers tels que Takhikao, Keur Cheikh, Kawsara Fall, Médina Fall et Hersent. Ainsi, pour donner le change, en attendant le dénouement de cette affaire, les disciples de Cheikh Béthio Thioune se sont réfugiés dans les Cànt (séances religieuses) qu'ils organisent tous les soirs, à travers les artères de la cité du Rail. “Nous sommes 07 “Thiantas” dans une chambre” Toutefois, cette situation commence à peser, car les talibés sont rattrapés par la précarité. Aujourd'hui, pour survivre, les disciples du Cheikh n’hésitent pas à interpeller les gens qu’ils croisent dans les rues, dans l’espoir de bénéficier d’une aide financière (200 F, 300 F) susceptible de leur permet- www.enqueteplus.com Cependant, la condamnation à 2 mois de prison ferme des 44 thiantacounes ne semble aucunement ébranler la conviction des talibés du cheikh. Ils considèrent qu'il s'agit d'une “djihad” (guerre sainte). “Serigne Saliou les payera dans l’au-delà”, martèle Abdou Mbow venu de Médinatou Salam. “Je ne peux pas rester à Mbour, alors que le Cheikh est ici en prison. Nous resterons tant que le Cheikh sera incarcéré ici. Nous sommes prêts à y laisser notre vie”, poursuit-il. Cette détermination est partagée par Badara Sylla, domicilié à Fatick. “Même si le Cheikh est transféré au milieu du désert, assure-t-il, nous irons l’y rejoindre.” Toutefois, la présence massive des heikh Gory Dia est enseignant à Diagaly, dans la région de Linguère. Depuis mardi, il est détenu à la Maison d'arrêt et de correction de Linguère pour «injures publiques, menaces et outrage» à un agent de l'État. Et pourtant, rien au départ ne laissait présager d'une issue aussi cruelle pour cet enseignant qui venait d'être élu président du comité de gestion du forage de Diagaly, aux dépens de Mamadou Sow, le président sortant. Il faut dire que cette élection intervenue le 21 septembre 2011 lui aura porté malheur. Car, non content du déroulement du scrutin et ne voulant pas céder le poste, Mamadou Sow va introduire un recours auprès de Amadou Wagué, sous-préfet de Barkédji. Dans ce document, il dénonce des irrégularités dans le déroulement du vote, notamment dans le choix des délégués. Afin de résoudre le différend entre les deux parties, l'inspecteur départemental de l'éducation de Linguère prend la décision d'affecter Cheikh Gory Dia à Darou Nahim, un patelin situé à 7 km de Diagaly. Jugeant cette décision arbitraire, Gory Dia refuse de rejoindre son nouveau poste. Et dans sa rébellion considérée comme justifiée, il est soutenu par ses collègues, au point de faire revenir l'inspecteur sur sa mesure d'affectation. Interpellé, le sous-préfet de Barkédji reconnaît des erreurs dans le déroulement du vote et décide de faire reprendre le scrutin. Ce que refuse le camp de Cheikh Gory Dia, déterminé à se faire reconnaître définitivement sa victoire. C'est dans ces circonstances que le sous-préfet et le chef de service départemental de l'Hydraulique se rendent, le 02 mai dernier, chez Gory Dia pour tenter une nouvelle fois de décanter la situation, en jouant les bons offices. Cependant, au sortir de cette visite, le chef de service départemental de l'Hydraulique reprochant à l'enseignant d'avoir tenu des propos injurieux à son endroit a déposé une plainte pour injures publiques, menaces et outrage à un agent de l'État. Interpellé et soumis à un interrogatoire, Cheikh Gory Dia a rejeté les allégations du plaignant en dénonçant une cabale contre sa personne. Néanmoins, il a été déféré à la prison de Linguère, en attendant son jugement. Thiantacounes dans la ville n'est pas pour rassurer les habitants. L'inquiétude gagne les rares Thiessois qui ont voulu se prononcer sur cette affaire. Notamment, la commerçante Awa Diop qui interpelle les autorités et les engage à remédier à cette situation. 'Il s’agit d’un problème de sécurité”, peste-telle. En attendant, les Thiantacounes se promènent dans la ville de Thiès sans leur “jël” (collier à l’effigie du marabout) pour, disent-ils, ne pas attirer l’attention. numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 CMJN EN VUE page 7 SEYDINA INSA WADE DÉCÉDÉ HIER L'empreinte du pionnier L'auteur-compositeur sénégalais Seydina Insa Wade, considéré comme le père de la musique folk sénégalaise, est décédé lundi à Dakar à l'âge de 63 ans, des suites d'une longue maladie. Pendant presque un demi-siècle de carrière, son engagement n'a jamais faibli. Dans le documentaire qu'il consacre au retour de Seydina Insa Wade à Dakar (2003), le cinéaste Ousmane William Mbaye choisit justement d'ouvrir le film sur un hommage de l'artiste à… Oumar Diop Blondin, aux tirailleurs de Thiaroye, fusillés par l’armée française alors qu’ils réclamaient leurs pécules, et aux femmes de Ndeer, qui ont préféré s’immoler par le feu plutôt que de subir l’esclavage. Ce film sur le pionnier de la musique folk au Sénégal, un précieux document à revoir, témoigne, au-delà du fait auquel il s'intéresse, le retour au bercail d'un artiste, d'une époque où se mêlaient ardent désir de liberté et de création et affirmation d'une identité. Seydina Insa Wade y apparaît simple, ouvert, sincère, entier. Poète engagé BIGUÉ BOB l y a un peu plus d'un mois, le 1er avril 2012, une soirée de solidarité avait été organisée à la Maison de la Culture Douta Seck, à l'initiative des Frères Guissé, pour venir en aide à Seydina Insa Wade, gravement malade. Il y avait là des amis de longue date, des mélomanes avertis, conscients de ce que la musique sénégalaise doit à cet artiste au talent immense, d'une générosité qui faisait de lui un trait d'union entre acteurs culturels de différentes générations. Au cours de cette soirée balayée par un vent frais, Seydina Insa Wade avait fait montre d'une forte envie de vivre, de surmonter l'épreuve de la maladie qui l'avait affaibli. Au point de se saisir de la guitare et de jouer quelques morceaux de son répertoire, d'abord seul, puis avec Cheikh Tidiane Tall et Idrissa Diop, les deux amis avec qui il avait monté le Xalam 1 en 1968. Depuis cette année, marquée à Dakar par une révolte estudiantine et sociale, Wade est devenu le pionnier de la musique folk sénégalaise, une version imposée en langue wolof dans un contexte où il n'était pas bien vu de ne pas chanter en espagnol ou en français. I Tradition spirituelle Et dire que la pratique de la musique a été pour lui le résultat d'une transgression : dans le quartier populaire de la Médina, à Dakar, où il est né et a grandi, il étudie le Coran, mais, à l'insu de son père imam, il devient, en 1964, contrebassiste d’un groupe du quartier, le Rio Sextet. De sa famille où la religion est un axiome de base, Seydina Insa Wade hérite d'une tradition spirituelle dans laquelle l'artiste qu'il est devenu va s'ancrer. Parce que porté par sa passion de la musique, il passe outre la désapprobation de son père et fabrique, à l’âge de seize ans (1964), sa première guitare et tient au sein du “Rio Sextet” le rôle du contrebassiste. En 1966, c'est un Seydina Insa Wade presque inconnu du grand public qui se révèle en participant, en 1966, au premier Festival mondial des Arts nègres à Dakar. Un rendez-vous culturel au cours duquel il se fait remarquer avec un style à la fois nouveau pour le commun des Sénégalais et controversé, un folk chanté en wolof. Il devient ensuite le guitariste du “Negro Star”, l’orchestre du salsero Pape Seck, avant d'intégrer le Tropical Jazz de Mady Konaté. Après “Le Sahel”, où il joue au début des années 1970, Sidi, son surnom pour les intimes, équipé de sa guitare, de sa voix et de ses textes, se produit dans des clubs de la capitale sénégalaise. Avec “Le Sahel”, Wade et ses amis ont enregistré l'album Bamba, sur lequel les influences de jazz et de soul, combinées aux percussions traditionnelles sénégalaises posent les bases du mballax. Affirmation politique Il enregistre un premier 45 tours, Tablo Ferraye, extrait de la musique du film Xew Xew, de Cheikh Ngaïdo Bâ, dans lequel il est acteur. Accompagné par Idrissa Diop (percussions) et Oumar Sow (guitare, basse, synthétiseur), il s’exprime et fait entendre un folk soutenu par un mbàlàx épuré et s’appuyant sur des chants tirés des rites, contes et musiques populaires. Mais, se sentant quelque peu à l’étroit, il s’en va à Paris, vers le milieu des années 1980. Seydina Insa Wade double son désir d'une affirmation culturelle d'un engagement politique marqué à gauche. Dans Afrik, le musicien dit sa douleur après la mort dans des circonstances mystérieuses, dans une prison à Gorée, du jeune opposant de gauche, Oumar Blondin Diop (mai 1973), et évoque une révolte de femmes léboues lors de la seconde guerre mondiale. Discographie • 1977 - Gorgui • 1985 - Yoff • 1990 - Hélène et Sidi • 1994 - Yawaale • 1996 - Libasse • 1998 - Mamadou • 2004 - Xalima (avec Oumar Sow) • 2010 - Reene Filmographie • 1977 : compose la musique de Safrana ou le droit à la parole, de Sidney Sokhona (Mauritanie) • 1997 : compose la musique de Dakar Blues, de David Pierre Fila www.enqueteplus.com Dans sa démarche artistique, le musicien a toujours été guidé par son souci des métissages entre la tradition qu'il porte et les sonorités d'ailleurs. En 1988, à la mort du batteur et leader du Xalam 2, Abdoulaye Prosper Niang, pour qui il compose un magnifique hommage, Jambaar, Seydina Insa Wade rejoint le groupe. Il y restera 6 ans. Après cette parenthèse, il a poursuivi, parallèlement à ses expériences au théâtre, sa carrière en duo avec la violoncelliste Hélène Billard, est devenu ensuite “Wade Quartet” en 2009 avec le percussionniste Gillian Mombo et le multi-instrumentiste Solen Imbeaud. Les textes de Seydina Insa Wade sont enracinés dans la tradition. Ils abordent des thèmes forts, la sécheresse (Bekkoor), l'amitié (Mbokki Mbaar) et porte un regard critique et révolté sur la société sénégalaise et ses travers (l’exploitation des domestiques Mbindaan, la tartufferie des religieux (Alaaji). Il a aussi composé, en 2005, la musique du spectacle Elf la pompe Afrique de Nicolas Lambert, où son chant dénonce les pratiques de la Françafrique. En France, il a participé à des cinécontes avec Mamadou Diallo (aujourd'hui décédé) ainsi qu’à des spectacles pour enfants avec Hélène Billard. (Sénégal) • 2003 : Xalima la plume, documentaire de Ousmane William Mbaye consacré à Seydina Insa Wade. Prix du film documentaire Festival cinéma Africano de Milan en 2004 Théâtre • 1998-2007 : co-écrit avec Hélène Billard et participe à la pièce L’île où se sont mariées les musiques. • 2005-2009 : compose la musique et participe à la pièce Elf la pompe Afrique de Nicolas Lambert. Une musique qui ne ressemble à aucune autre M aam booy dem naa ! Comme quelques années auparavant son ami Tommy Diallo qu’il chantait, Seydina dem naa, il s’en est allé, nous a laissés seuls, orphelins de sa musique qui ne ressemble à aucune autre, de son visage resté enfantin jusqu’au bout, ce visage tellement expressif, où chacun des traits semblait accompagner la voix et la guitare, les yeux malicieux, le sourire songeur, la tête presque toujours couverte d’un de ces chapeaux qu’il aimait tant. Orphelins de sa poésie dans un wolof pur et succulent, de ses accords accompagnés des paroles d’un “vieux” sage qu’il n’était pas, d’un érudit, à sa façon, d’un boy Médina (Gueule tapée) grandi entre Soumbédioune et l’école coranique, entre la musique folk dont il fut le premier, longtemps le seul, et le meilleur représentant sénégalais, et le rock occidental. “Mbokki Mbaar” Enfant de la rue 31, de passage pendant longtemps à Paris, celui qu’on appelait avec tendresse et complicité “maam booy”, depuis longtemps, mit du temps à maîtriser la langue française, mais son talent charma rapidement les Français qui, sans comprendre un mot de ce qu’il chantait, se laissaient bercer au son de la guitare, de la flûte et du violoncelle de l’amie Hélène. Sa voix qui zozotait légèrement, bégayait même parfois, devenait limpide lorsqu’il se mettait à chanter, le sourire toujours aux lèvres, les yeux coquins, heureux de son art, heureux seulement par et avec sa musique. Il était mon ami depuis presque 20 ans, je l’avais croisé dans cette jungle chaleureuse du “Ndumbelaan” à Paris, en 1994, et plus quitté depuis, connaissant par cœur chacune ou presque de ses chansons ; il m’avait inspiré un personnage de Boy Dakar, j’avais appelé ma société de production “Mbokki Mbaar” en hommage à ce chant dédié à l’amitié, au compagnonnage. C’est un ami de longue date qui me quitte, qui nous laisse seuls aujourd’hui, après être resté digne jusqu’à la fin de cette longue et terrible maladie qui l’avait tant diminué, mais contre laquelle jamais il ne dit un mot. Mes pensées vont à Chita, l’amie et la compagne de 21 ans. PAR LAURENCE GAVRON* *Journaliste, cinéaste, écrivain numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 EN VUE page 8 DAK'ART 2012 SEYDINA INSA WADE DÉCÉDÉ HIER Macky Sall présidera la cérémonie d'ouverture BIGUÉ BOB ouverture officielle de la 10e édition de la Biennale internationale de l’art africain, Dak'Art 2012, aura lieu le vendredi 11 mai à 10 heures, au Grand Théâtre, sous la présidence du chef de l'Etat Macky Sall, indique un communiqué du ministère de la Culture reçu à EnQuête. Cette 10e édition qui se poursuivra jusqu'au 10 juin, est placée sous le thème : “Créativité contemporaine et dynamiques sociales”. Au programme du Dak’Art 2012, l’exposition internationale au Musée Théodore Monod avec 42 artistes issus de 21 pays d’Afrique et de l’Ile de la Réunion. Il est aussi prévu des expositions hommage à Papa Ibra Tall à la Place du Souvenir Africain et à Joe Ouakam à la rue Jules Ferry, une exposition d’artistes invités à la Galerie nationale d’art, une exposition sur le thème de la créativité de femmes à la Maison de la Culture Douta Seck, les rencontres échanges au village de la biennale. Le “Off”, constitué par des manifestations spontanées et autonomes, s’organisera autour de l’événement central à Dakar et dans les régions. L' RÉACTIONS. . . RÉACTIONS. . . RÉACTIONS Youssou Ndour salue l'ancrage dans ''le plus profond des valeurs africaines'' Le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, a qualifié de ''grande perte'' la disparition de l'auteur-compositeur Seydina Insa Wade, décédé hier à Dakar, saluant la mémoire d'un artiste qui s'est illustré par ''son originalité, le caractère spécifique qu'il donnait à sa voix, par son ancrage dans le plus profond des valeurs africaines et sa maîtrise parfaite de l'art musical''. ''Nous le savions très malade. Le ministère y a travaillé ces dernières semaines. C'est véritablement une grande perte pour la musique sénégalaise, pour la communauté artistique et culturelle nationale'', a déclaré M. Ndour dont le témoignage a été rapporté à EnQuête par son conseiller Abdoulaye Racine Senghor. ''Le ministre exprime sa sympathie à l'endroit de la famille de Seydina Insa Wade, au nom du gouvernement et de la communauté artistique et culturelle'', a-t-il dit. Youssou Ndour a ajouté, selon M. Senghor : ''Dans des circonstances pareilles, nous sommes abattus et nous formulons des prières pour le repos de son âme. Youssou Ndour salue sa mémoire et le donne en exemple à tous les artistes, particulièrement aux jeunes.'' CHEIKH TIDIANE TALL ''Des moments magiques ensemble'' EXPOSITIONS L’institut français a son calendrier “Off” Institut français Léopold Sédar Senghor de Dakar (ex-Ccf) ne veut pas être en reste pour la 10e édition de la Biennale de l'art africain contemporain (Dak’Art). C’est ainsi qu’il a initié une série d’activités dans le calendrier “Off” de cette rencontre. Dans un souci de briser les frontières et de créer des interfaces entre artistes, des duos ont été initiés. Avec la galerie sud-africaine Stevenson, l’institut monte l’exposition de Serge Alain Nitegeka. Ce L’ dernier travaille sur du bois qu’il peint lui-même en noir, blanc ou des fois du rouge. Cela reflète son vécu d’exilé. “Nitegeka est né au Burundi, habite en Afrique du Sud et voyage avec un passeport du Mozambique”, s’est étonnée Delphine Calmettes, directrice de la Galerie Le Manège de l'institut. Parallèlement à cette exposition, il est prévu une autre montée par le projet lettera 27 d'Atwork en collaboration avec Moleskine et Afropixel. Son vernissage est prévu demain à 20 h à la galerie Manège. A l'instar du secrétariat général de la Biennale, l'Institut français lui aussi rend aussi hommage à Joe Ouakam et au vidéaste Goddy Leye. Pour le dernier nommé, sont prévues une projection de ses productions et une installation dénommée “The Voice”. Pour le second, il est programmé une projection d’un film réalisé par des Allemands sur “La cour de Joe Ouakam”. Les photographes Youri Lenquette Antoine Tempé, Fabrice Monteiro et Viktor Diop ainsi que Judith Quax ont aussi leurs places dans ce calendrier “Off”. Tout comme les tables rondes et autres conférences sur différents thèmes : réalités de la création africaine, regards d'artistes voyageurs, parole B. BOB aux femmes... “Seydina Insa Wade est un vieil ami. On s’est connus dans les années 1960. Nous avons partagé des moments au Xalam 1. On s’est retrouvés par la suite avec Idrissa Diop, Tanor Dieng, Pape Djiby Bâ, Thierno Konaté, Djiby Diabaté, etc. On formait une équipe, une bande de copains. Et on a passé des moments magiques ensemble, de grands moments il faut le dire. Avec son décès, on a perdu aujourd’hui une partie de nous-mêmes. C’est Dieu qui a le destin des hommes entre Ses Mains. On ne peut maintenant que prier pour le repos de son âme. Cette perte est douloureuse et lourde pour la musique. On est les initiateurs de beaucoup de choses et les pionniers du folk. Les Frères Guissé ont d’ailleurs rendu hommage à Insa récemment (le 1er avril dernier). Cela nous a vraiment fait plaisir.” IDRISSA DIOP ''On a révolutionné la musique ensemble'' “La nouvelle du décès de Seydina nous a attristés. On a partagé avec lui des moments magiques. On a tout partagé ensemble au moment où la musique n’était pas comme cela. L’esprit de famille prévalait. On ne faisait rien pour de l’argent. Sa disparition nous attriste et nous affecte. C’est Dieu qui décide et l’on se résigne. L’homme ne peut que se taire dans ces circonstances-là... Je ne peux même pas parler. Je me rappelle aujourd’hui tout ce qu’on a partagé.... On a révolutionné la musique ensemble. Nous sommes les premiers à allier musique traditionnelle et musique moderne. Aujourd’hui, tous les groupes sont dans cet esprit de melting-pot. On en est contents. Je me souviens de nos moments de rigolade, de création et de vie de famille. On était souvent chez lui. On mangeait du poisson grillé avec du citron chez lui tous les jours. On est très tristes d’avoir perdu un frère.” DJIBY GUISSÉ (DES FRÈRES GUISSÉ) ''Très dur de savoir qu’aujourd’hui, il n’est plus'' “C'était quelqu’un de très humble. Il n’était pas intéressé par l’argent. Ce qui lui faisait plaisir, ce n’était pas de s’enrichir dans la musique mais de se faire plaisir et de se sentir bien. Il est le précurseur de la musique acoustique. Il nous a beaucoup influencés. Depuis qu’on est entrés en contact en 1995, on ne s’est jamais quittés. Quand on a su qu’il était malade, on a senti un besoin de l’aider car il n’existe pas une sécurité sociale pour les artistes... C’est ainsi qu’on s’est organisés pour lui venir en aide en tenant un concert hommage dont les fonds lui ont été reversés. C’est très dur de savoir qu’aujourd’hui, il n’est plus. Je ne m’attendais pas à cela. Son décès est un peu brutal pour moi, même si je savais qu’il était malade. C’est la vie quand même. C’est un fait naturel qui vient de survenir. On ne peut que prier pour lui maintenant.” PAR B.BOB www.enqueteplus.com numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 SERVICES & LOISIRS page 9 MOTS FLÉCHÉS • N°264 (FORCE 2) Numéros Utiles Humour C'est une blonde et une brune qui se promènent. La blonde dit à la brune : - T'as vu les cheval là-bas ? La brune dit : - Ce ne sont pas des cheval, mais des chevaux... La blonde répond : - De loin, on aurait cru des cheval. Ça se passe à Dakar BALAJO Jeu 10 mai : Gospel Music (21h - 23h30) Ven 11 mai : Folk (21h - 22h30) Cool Sessions spécial Marley (23h30 -3h) DUPLEX Jeu 10 mai : Discothèque Ven 11 mai : Discothèque DANIEL SORANO Ven 11 mai : Ensemble lyrique avec Soda Mamma Fall JUST4U Jeu 10 mai : Pape Niang Ven 11 mai : Daara J Family en hommage à Marley MUST Jeu 10 mai : Pape & Cheikh Ven 11 mai : le Sahel Salsa (Idrissa Diop/Thierno Kouyaté...) CABANA CLUB Sam 12 mai : Discothèque Dim 13 mai : Discothèque VERTIGO Sam 12 mai : Discothèque Dim 13 mai : Discothèque MADISON Jeu 10 mai : Ives Niang Ven 11 mai : Pape Diouf Envoyer vos programmes à l'adresse e-mail : [email protected] SECURITE Gendarmerie Nationale : 800 00 20 20 Police secours : 17 Sapeurs Pompiers : 18 TELEPHONE Renseignements Annuaire : 1212 Service Dérangements : 1213 Service Clients : 1441 EAU - SDE Service dépannage & Renseignements 800.00.11.11 (appel gratuit) ONAS Egoûts, collecteurs NUMERO ORANGE 81 800.10.12 (appel gratuit) SENELEC Service Dépannage : 33 867.66.66 TRANSPORTS Société nationale de Chemins de Fer du Sénégal (SNCS): 33 823.31.40 Aéroport Léopold S. Senghor de Yoff : 33 869.22.01 / 02 Port Autonome de Dakar (24H/24) : 33 849.45.45 Heure non ouvrable Capitainerie : 33 849.79.09 Pilotage : 33 849.79.07 URGENCES : S.U.M.A : 33 824 24 18 SUMA-MEDECIN : 33 864 05 61 33 824 60 30 S.O.S MEDECINS : 33 889 15 15 HOPITAUX Principal : 33 839.50.50 Le Dantec : 33 889.38.00 Abass Ndao : 33 849.78.00 Fann : 33 869.18.18 HOGGY (ex-CTO) : 33 827.74.68 / 33 825.08.19 MOTS MELÉS • N°216 Travail à l’aiguille Citations SUDOKU N°213 “Les grandes fortunes sont faites d'infamies, les petites de saletés.” HENRY BECQUE “Dès que tu as fait à Satan la concession de discuter avec lui, tu peux être sûr qu'il te bat en dialectique et te convainc.” Prières LUCIAN BLAGA HEURES DE MESSE • Cathédrale : 7H • Martyrs de l'Ouganda : 6H30-18H30 • Saint Joseph : 6h30 - 18h30 HEURES DE PRIERES MUSULMANES • Fadiar : 05:44 • Tisbar : 14:15 • Takussan : 17:00 • Timis : 19:34 • Guéwé : 20:34 www.enqueteplus.com numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 LIBRE PAROLE page 10 Si le Président de la République veut réussir sa politique de l’emploi... ous avons encore le souvenir d’un François MITTERRAND, à la fin de son second mandat, avouant devant le peuple de France et à la face du monde, son échec notable face au chômage surtout celui des jeunes. Pourtant, quel bâtisseur ! Ce constat peut être fait aujourd’hui en France si l’on sait que le chômage frappe plus de dix pour cent de la population active alors qu’elle était déjà jugée insupportable à 5%, au début du mandat du Président Sarkozy. La politique de l’emploi est entrain de devenir la ruine des chefs d’Etat. Ce constat nous conduit à prendre la plume et à inviter tous les citoyens à le faire afin d’éviter cet aboutissement au Président de la République, à tous les partis qui le soutiennent mais surtout à notre jeunesse qui attend. Le devoir aujourd’hui appelle à la contribution citoyenne. La bataille pour l’emploi est l’affaire de tous et aucun parti ne saurait se la réserver en exclusive encore moins, renvoyer ses idées à plus tard. Il faut des politiques hardies, essayant d’autres moyens et idées hors des chantiers battus, pour arriver à créer des emplois divers, en nombre et qualitatifs, afin que tous les types de demandeurs puissent s’y retrouver. Le Gouvernement a à sa disposition quatre leviers à court terme : nous développons ici le tout premier uniquement en signalant d’avance que nous avons déjà travaillé sur sa modélisation. Le premier levier consiste à débusquer tous les assujettis fiscaux potentiels, convenir de leur assiette fiscale réelle et mieux liquider l’impôt dû sans pénalité. Nous allons créer un nouveau métier ! N Grande réforme Conduire une grande réforme fiscale (débusquer les assujettis potentiels, notifier au fisc leur existence pour lui permettre de déterminer leur assiette fiscale de façon consensuelle et liquider l’impôt dû) afin d’asseoir les conditions d’une économie moderne, c’est à dire une économie dont les principes et mécanismes fiscaux sont compréhensibles, accessibles à la grande masse des acteurs économiques qui y adhèrent ; une politique fiscale dont la philosophie, la moralité et les buts sont compris, partagés. Une politique qui crée ce qu’on pourrait dénommer ; l’impôt consensuel pour tous les petits acteurs économiques. Dans ce type d’économie, l’acteur se dévoile à l’administration ou est révélé à celle-ci. Pour cela, il y a trois niveaux d’interventions. La première étape consiste à avoir une maîtrise de tous les espaces géographiques où s’exerce une activité économique (durable ou épisodique) ; reconnaître les acteurs et évaluer avec eux leur performance économique. Vous conviendrez avec nous que l’administration fiscale n’a pas les moyens humains pour ce travail et notre pays n’a aucun intérêt à recruter de nouveaux fonctionnaires pour ces tâches. L’administration fiscale se réfère aujourd’hui aux fichiers des créations d’entreprises qui sont de moins en moins fiables quant à l’effectivité de l’exercice d’une activité encore moins sur l’adresse. L’administration fiscale ainsi que les mairies et communautés rurales du Sénégal, ont besoin d’un intermédiaire non fonctionnaire qui va pouvoir effectuer ce type de travail pour leur compte. Ce type de travail consistera à : • recenser l’existant c’est à dire les acteurs économiques actifs qui sont dans les marchés, les quartiers et sur les façades des grandes avenues ; dans chaque commune et communauté rurale ; débusquer tous ceux qui sont économiquement actifs même ceux qui interviennent de façon périodiques ; maîtriser chaque espace où se développent des activités économiques ; • Pister les activités existantes, continues ou périodiques dans leur circonscription et vérifier si elles ont été déclaré et dans le cas contraire, conseiller vivement leur inscription au registre du commerce et en informer les autorités fiscales de droit; Préparer avec chaque acteur économique une offre de détermination de son assiette fiscale à proposer au fisc ; • S’occuper désormais de préparer les dossiers des créateurs d’activités avant de les diriger vers les greffes afin de procéder à la déclaration de constitution; • Donner une assistance comptable à toutes les micro-entreprises qui acceptent d’entrer dans ce nouveau cadre et leur accorder le statut d’impôt consenti et en prime des réductions ou abattements ; • Les avantages fiscaux ainsi que leur impôt est négocié sous l’encadrement de leur conseil; • Assurer la notification auprès des services fiscaux et des recettes des mairies et communautés rurales et peut être, veiller auprès des clients sur le paiement effectif de l’impôt dû ; • conseiller les entreprises, notamment sur leurs relations avec les banques et la douane ainsi que les autres partenaires ; • la seconde étape consiste à accorder à ces agents économiques nouveaux, tout le métier de contrôle autrefois effectué par les services du contrôle économique notamment le contrôle de l’effectivité de l’application des accords sur les prix dans le commerce. Ce type de travail sera confié au gérant d’une BOUTIQUE DE GESTION. Ce gérant qui est un chef d’entreprise, sera rémunéré par ses clients et motivés par les différentes Administrations dont il assure l’interface selon les résultats acquis dans la gestion de son portefeuille. Ainsi, l’Administration fiscale qui désormais va avoir des informations plus précises de la réalité de l’activité économique de plus d’assujettis, pourra asseoir un impôt plus correct et convenu avec le payeur. Le gouvernement pourra ainsi disposer d’un gisement d’informations statistiques de qualité sur l’économie réelle et ses acteurs. Vous reconnaîtrez qu’il y’a là, des recettes nouvelles d’une quantité que personne ne peut évaluer aujourd’hui tant beaucoup d’acteurs économiques échappent encore à l’impôt. Ainsi d’une pierre, on fait deux coups. Mais, pour l’exercice de l’activité de gérant d’une boutique de gestion, il faut associer à leur formation et encadrement, les cabinets d’experts comptables et leur ordre ainsi que les chambres de commerce qui commenceront par produire un programme unique pour l’ensemble du territoire. Seuls les agents formés par la chambre de commerce de leur département d’installation pourront exercer au niveau local sous le contrôle des cabinets d’expertises comptables. Ainsi ceux qui souhaiteraient s’installer dans une région donnée, iront se former sur place.( la formation permettra de relancer les chambres de commerce des régions qui vont aussi recruter des formateurs). Rémunération Pour la formation comme pour l’installation de ces agents de BG, l’Etat mettra en place un dispositif de crédit de formation remboursable par le gérant dès le début de son activité. Les rémunérations de ces agents de BG dépendront, en ce qui concerne les clients de leur chiffre d’affaires prévisionnel, mensuel, semestriel ou annuel et doit être encadrés c’est à dire varier de 5000 fcfa par mois à 25 000 fcfa peut être plus.( plancher et plafond à définir). Les gérants de BG vont comme les notaires, recevoir cette charge, www.enqueteplus.com être ou pas assermenté, obtenir un secteur d’intervention bien délimitée et un portefeuille clients plafonné par BG à 100 clients afin de faire de la place aux autres. Ce qui leur garantit des revenus moyens mensuels du côté des clients suivis, supérieurs à 500 000 fcfa/mois. A cette rémunération s’ajouterait La part de L’administration fiscale et des mairies pouvant être largement supérieure puisqu’elle est liée aux résultats.( avec la charge de veille sur les prix, l’Etat pourrait offrir aussi une motivation). Ces gérants, par l’intensité de leur activité, seront obligés à leur tour de recruter chacun au moins un assistant, des opératrices ou opérateurs de saisies des données fournies mensuellement par les clients. Ainsi, toutes les activités économiques existantes seront connues et celles non déclarées, seront dévoilées, révélées, prises en compte fiscalement en dehors de toute intention de redressement fiscal. L’impôt, une contribution citoyenne Par ce système, on développe également la vraie philosophie de l’impôt consensuel qui n’est pas une pénalité, encore moins une astreinte -car on le perçoit aujourd’hui comme tel- mais, une contribution sociale et citoyenne de l’acteur économique qui réussit pour le développement de son pays. L’autre intérêt est que la relation collecteurs et payeurs devient apaisée ; le pourvoyeur d’impôts et de taxes considéré et respecté, encadré et suivi. Pour assurer la gérance de ces BG, le gouvernement pourra résorber le chômage des diplômés qui ont un niveau licence et plus quelle que soit leur formation d’origine et déclencher par ricochet le recrutement de tous ceux qui ont une qualification à un niveau inférieur. Cependant, pour obtenir ce résultat, il faut réunir autour d’une table les différents acteurs cités et planifier sur cinq ans la formation et l’installation des gérants de boutiques de gestion. L’adhésion à une boutique de gestion sera libre mais ceux qui acceptent bénéficieront d’avantages fiscaux attrayants ce qui serait incitatif pour les autres. Le Sénégal compte à ce jour, 113 communes et 46 communes d’arrondissement ainsi que 370 communautés rurales. Soit en tout 528 entités administratives où il faudra installer un gérant de boutique de gestion pour environ 100 micro entreprises assujettis à gérer. Il y a là une superbe niche d’emplois et des recettes nouvelles pour le pays. C’est là que l’on pourra créer en moyenne plus de 1000 emplois par an. IBRAHIMA DÈME Administrateur de société, Pdt de ARIFAFrance, [email protected] JULES BOCANDÉ A l’étoile filante du sud ! C’ est une après midi comme toutes les autres, pense ai-je. Sous un soleil déclinant ses rayons dans le terroir du couchant, une sensation de lourdeur et de torpeur envahit mon corps. L’émergence mélancolique d’une nostalgie de ma terre natale convoqua mes souvenirs d’enfance dans ma belle et verte Casamance. Soudain, la voix insistante de ma chère épouse m’appela : “Viens voir la télé, tu as perdu un parent”. Me précipitant dans le salon sans me poser de questions, j’entendis la télé speakerine annoncer l’inimaginable nouvelle : “Jules François Bertrand BOCANDE est décédé ce jour...” Comme un coup de foudre, électrifiant mon corps, du fond de mes entrailles, s’expulsèrent des cris de douleurs. Le lion est mort, Essamaï ! Mon frère guerrier n’est plus. Je sentis, au tréfond de mon être, dans une transcendance osmique à nul autre pareil, le tressaillement des caïlécédrats géants du Sud. J’entendis au creux de mes oreilles, comme une berceuse, le chant endeuillé des femmes kagnalénes gardiennes des traditions ancestrales. Je ressentis, aussi, les sanglots des vagues de notre fleuve natal aux mille affluents, qui me confièrent dans un long murmure leurs déchirantes douleurs. Émergeant de ma lourde torpeur, je compris toute la gravité du moment. Accablé de chagrins, le cœur meurtri, comme dans un état second, je m’abandonnai à mes souvenirs afin de me ressourcer de l’énergie de tes prouesses qui ont éclaboussé de joie et fait danser tout un peuple et tes fans à travers le monde. Par tous les sacrifices, en ce pourquoi DIEU dans sa miséricorde t’a élu, tu as, dans un engagement et une abnégation sans mesure, transcendant la sanction qui aurait pu te conduire au renoncement de ta destiné, combler, par tes exploits historiques sur tous les stades d’Afrique et d’Europe, notre terre natale la CASAMANCE et ta nation le SENEGAL. Fier d’être fils de Lion, la crinière au vent, oh mon frère ! Par des coups de pâtes de maître portant en bandoulière la devise sacrée du Djambar : “On nous tue ; mais on ne nous déshonore pas”, tu as su rappeler ton attachement atavique au drapeau, à l’hymne et à la profession de foi de ta nation “Un peuple, Un but, Une foi”. Le Sénégal, ton peuple, au très profond de son moi, pleure un de ses fils dont le mérite ne se conte plus. Marquant à jamais la mémoire des générations témoins, nous ne cesserons de te conter aux générations à venir, pour que la flamme héroïque qui enflamma les stades par la grâce de tes exploits, reste à jamais éternelle et continue de guider nos pas futurs. Ave Césars !!! Que la grâce et la miséricorde de DIEU te comble au quintuple de bonheur et d’honneur. BERNARD OUSMANE NDIAYE Pikine, le 8 Mai 2012, [email protected] numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 SPORTS page 11 EUROPA LEAGUE - FINALE Vainqueur de l'épreuve 2010, l'Atletico Madrid a une nouvelle fois remporté la Ligue Europa aux dépens de l'Athletic Bilbao (3-0), mercredi soir. Falcao a inscrit un doublé. Falcao hisse l'Atletico au sommet jeudi ''pour voir si on peutle retrouver dans le groupe après Evian'', a précisé Rémi Garde avant l'entraînement à huis clos de mercredi. Le technicien lyonnais recense trois autres absents dans songroupe : Dejan Lovren, John Mensah et Ederson. Quant à Clément Grenier, il s'est échauffé à part avec un préparateur physique avant de s'entraîner avec la réserve. Garde avait pourtant affirmé qu'il n'y avait pas de souci physique concernant son jeune milieu de terrain. Le souci pourrait être d'une autre teneur. MAN CITY Un salaire en or pour Mancini ? Manchester City n'est plus qu'à un match du titre de champion d'Angleterre. Les dirigeants mancuniens seraient toutefois déjà prêts à récompenser leur entraîneur Roberto Mancini. Selon The Sun, le technicien italien pourrait recevoir prochainement une offre de prolongation de 4 ans assorti d'un salaire annuel de 7 millions d'euros ! Un contrat en or pour le coach des Citizens, qui deviendrait le manager le mieux payé de Premier League si l'information se confirme... a Ligue Europa lui va si bien. Après avoir hissé Porto au sommet l'an passé, Falcao a encore été l'acteur principal du sacre de l'Atletico Madrid aux dépens de l'Athletic Bilbao (3-0), mercredi soir. L'attaquant colombien n'a pas fait aussi bien que lors de la précédente édition lorsqu'il avait battu le record de buts inscrits en une saison (17). Mais son doublé en finale - ses onzième et douzième buts en quinze matches - a rappelé pourquoi Marca l'a récemment élu ''meilleur transfert du 21e siècle''. Et ce malgré la somme de 40 millions d'euros déboursés par le club colchoneros pour l'arracher au FC Porto l'été dernier. Le match dans le match qui l'opposait à Fernando Llorente a largement et très vite tourné en sa faveur. Les défenseurs de Bilbao connaissaient le danger. Rien n'y a fait. À l'image d'Amorebieta, impliqué sur les trois buts concédés par son équipe, les joueurs de Marcelo Bielsa se sont montrés trop perfectibles derrière pour espérer stopper le natif de Santa Marta. Auteur d'un doublé face à ces mêmes Basques le 21 mars dernier en championnat (2-1), Falcao n'a eu besoin que de sept minutes pour mettre son équipe sur de bons rails. De trente-quatre pour la mettre à l'abri. Avec à la clef, deux buts superbes : une frappe du gauche dans la lucarne d'Iraizoz après s'être joué d'Amorebieta. Un tir à bout portant après avoir éliminé son vis-à-vis d'une talonnade inspirée pour se mettre sur son bon pied. Sur une contreattaque, l'international colombien est passé tout proche du triplé, mais sa frappe a été repoussée par le poteau d'Iraizoz (80e). Battu une troisième fois sur un exploit individuel de Diego (85e), l'Athletic Bilbao n'est jamais parvenu à retrouver le niveau qui lui avait notamment permis de sortir Manchester United (3-2, 2-1) en hui- L tièmes de finale. La faute, il est vrai, à la solide organisation mise en place par Diego Simeone. Llorente a été muselé - parfois à la limite du correct (9e) - et a dû patienter la 79e minute pour peser offensivement. Quant à Muniain (24e), Susaeta (79e) et autre Ibai Gomez - qui a échoué sur la barre transversale de Courtois (90e+3) -, ils ont été les symboles d'une formation volontaire, mais terriblement inefficace. En pleurs, Muniain semblait inconsolable lorsque les Rojiblancos ont soulevé la deuxième Ligue Europa de l'histoire du club. Elle porte le sceau de Falcao. (LEQUIPE.FR) REVUE TOUT TERRAIN MARSEILLE Saison terminée pour Nkoulou Giroud se verrait bien au Bayern Le président de Montpellier, Louis Nicollin, a indiqué dernièrement que son attaquant Olivier Giroud resterait cet été si le club héraultais terminait au moins à la 2e place du championnat. En attendant, l'international français se renseigne sur les clubs intéressés et ne cache pas son intérêt pour le Bayern Munich. "Je n'ai pas discuté personnellement avec le Bayern Munich, mais mon agent oui. (...) Je me suis renseigné auprès de Ribéry sur la Bundesliga, les fans, les stades pleins et la qualité de vie allemande. Et nous avons évidemment évoqué le championnat allemand qui est très attrayant pour les attaquants avec un jeu tourné vers l'offensive", a expliqué le Montpelliérain dans les colonnes du quotidien allemand Bild, indiquant au passage être prêt à faire face à la concurrence de Mario Gomez. REAL Touché au genou gauche lundi, contre Saint-Etienne (0-0), Nicolas Nkoulou souffre d'une importante contusion au niveau du tibia et d'une distension sans rupture du ligament croisé, selon le site de l'Olympique de Marseille. Le défenseur central camerounais passera une IRM jeudi matin afin d'en savoir plus sur sa durée d'indisponibilité, pour l'instant évaluée à quatre semaines. LYON Fin de saison pour Bastos ? TRANSFERT Michel Bastos aurait-il déjà déjà terminé sa saison ?Absent depuis le 18 avril (défaite 3-0 à Toulouse) et encore forfait pour ledéplacement à Annecy jeudi soir (contre Evian-Thonon-Gaillard en match en retard de la 34e journée), le Brésilien souffre de douleurs récurrentes au dos. Il doit passer des examens dans la journée de Ce sera 25 millions d'euros pour Kaka Même si le joueur clame son envie de rester au sein du Real Madrid, Kaka ne sera pas retenu à tout prix pour le club madrilène qui d’après le journal AS aurait même fixé un montant minimum concernant un possible transfert. Le quotidien espagnol nous apprend que le champion d’Espagne 2012 avait déboursé la somme de 67 millions d’euros en 2009 pour s’attacher les services du meneur de jeu du Milan AC. Trois ans après et la plupart du temps à l’infirmerie, la côte de l’international brésilien n’a cessé de baisser et se chiffrerait aujourd’hui aux alentours de 25 millions d’euros. Alors que le club du Paris Saint Germain s’est montré intéressé à maintes reprises, ce montant ne devrait pas être un problème pour le club de la capitale qui dispose d’une enveloppe bien fournie pour faire son mercato estival. www.enqueteplus.com JUVE Van Persie, “la cerise sur le gâteau” Alors que son contrat avec Arsenal se termine en juin 2013, l'attaquant Robin van Persie n'est toujours pas sûr de rester au sein du club londonien cet été. Son manager Arsène Wenger devra notamment composer avec un intérêt de plus en plus pressant de la Juventus Turin. "C'est un grand joueur et il est complet. Il a encore une année de contrat avec les Gunners. Mais oui, on va essayer de mettre la cerise sur le gâteau avec lui cet été", a confié le directeur général turinois, Giuseppe Marotta, au Guardian. TRANSFERT Sessegnon, priorité d'Arsenal ? Auteur d'une belle saison sous les couleurs de Sunderland, le milieu offensif Stéphane Sessegnon serait l'une des priorités d'Arsenal, révèle l'Equipe ce mercredi. Selon des sources anglaises, les Black Cats demanderaient pas moins de 22 millions d'euros aux dirigeants des Gunners. Un tarif pour l'instant rédhibitoire pour Arsenal. Des négociations devraient se poursuivre prochainement. L'ancien joueur du Mans et du PSG serait également dans le viseur de Manchester City, prêt à passer à l'offensive en cas d'échec du dossier Eden Hazard. JUSTICE Ennuis judiciaires pour Makelele? L'entraîneur-adjoint du PSG Claude Makelele est cité à comparaître jeudi devant le tribunal correctionnel de Versailles par une ex-petite amie, qui lui reproche des violences au cours d'une dispute en 2010. La jeune femme britannique a engagé une citation directe contre le sportif pour ''violences volontaires'' et ''vol'', a ainsi précisé son avocate, confirmant une information du Parisien.fr. ALGÉRIE Yahia et Belhadj arrêtent la sélection Anthar Yahia (30 ans) et Nadir Belhadj (29 ans) ne porteront plus jamais le maillot de la sélection algérienne. Les deux joueurs ont fait part de leur intention à leur fédération, qui en a ''pris acte'' mardi. ''C'est là le fruit de décisions personnelles, respectables et argumentées par les intéressés, a annoncé la Fédération algérienne (FAF) dans un communiqué. Tout en respectant leur choix, la FAF tient à les féliciter pour avoir honoré le maillot national, tout au long de leur parcours en équipe nationale qui a duré plusieurs années faites d'engagement sans failles et de loyaux et bons services''. ÉQUIPE DE FRANCE Blanc tacle Ancelotti Alan Pardew milite pour Ben Arfa, Carlo Ancelotti fait de même pour Jallet. Et au final, ces entraîneurs qui font la pub pour leurs joueurs auprès des sélectionneurs agacent Laurent Blanc. Ce dernier n’a pas hésité à le dire et à gentiment tacler l’entraîneur du Paris Saint-Germain. ''Les entraîneurs militent pour leurs joueurs, que dire de plus ? Mais si tout le monde s’y met, ça devient un peu pénible. Ce que j’ai trouvé un peu moyen, c’est que Carlo Ancelotti ait parlé de Jallet, samedi dernier, avant que Sagna ne se fracture le péroné. S’il l’avait fait après, il n’était pas illogique de penser que Jallet pouvait postuler à ce poste d’arrière droit. Mais bon, quand Ancelotti dit qu’il ne veut pas se mettre à la place du sélectionneur, il s’y met quand même… En fait, dans mon esprit pour l’Euro, j’allais devoir en choisir deux parmi Sagna, Debuchy et Réveillère, des joueurs qui ont prouvé chez les Bleus. Après, oui, Jallet arrivera peut-être bientôt en équipe de France. Il était d’ailleurs dans une large pré-liste de cinquante joueurs'', a commenté Blanc dans les colonnes de L’Equipe. MALI Giresse quitte la sélection Alain Giresse ne prolongera pas avec le Mali. Sous contrat jusqu'à la fin du mois de mai, le sélectionneur des Aigles n'a pas trouvé un terrain d'entente pour poursuivre l'aventure débutée en 2010 en dépit d'une belle et étonnante troisième place à la CAN au Gabon et en Guinée en février. Il explique depuis Bamako : ''On m'a proposé un contrat qui entravait mon indépendance. Il fallait que je donne ma liste des joueurs pour approbation et le staff médical n'était plus sous ma direction. Ce n'est pas acceptable. Je vais donc m'en aller. Je pensais qu'on chercherait à améliorer le fonctionnement de l'équipe, mais pas de cette manière.” Cette décision l'a touché tant il avait tissé des liens forts avec les joueurs. “J'en ai eu au téléphone et ça fait mal car humainement, je m'étais investi beaucoup, on avait des belles relations...''. JO La flamme olympique pour Drogba ! Auteur d’une belle fin de saison avec Chelsea, Didier Drogba ne sait toujours pas de quoi son avenir en club sera fait. Une chose est sure cependant, il sait où il sera le 19 mai prochain. L’attaquant des Blues fait partie d’une liste de 400 personnes désignées pour porter la torche durant le parcours de celle-ci en GrandeBretagne rapporte ce jour les tabloïds anglais. Selon toutes vraisemblances, il devrait être l’un des derniers à la porter. NBA Les Bulls restent en course Les Bulls, vainqueurs de Philadelphie (77-69) mardi, reviennent à 3-2 dans leur série du 1er tour des play-offs de Conférence Est. Les Bulls restent debout. Privés de Derrick Rose et Joakim Noah, ils ont pu compter sur Luol Deng (24 points) et Carlos Boozer, auteur d'un double-double (19 pts, 13 rbds), pour décrocher un match 6 à Philadelphie, jeudi. Philadelphie, mené de 9 points à la pause (35-26), qui n'est jamais parvenu à refaire son retard malgré un bon Spencer Hawes (11 pts, 14 rbds, 3 passes). numéro 277 • jeudi 10 mai 2012 CMJN SPORTS page 12 BOCANDÉ ET LA GÉNÉRATION 86 Le décès de Jules Bocandé remet en lumière le destin de certaines anciennes gloires de la génération 1986. Riches et adulés au sommet de leur art, oubliés et appauvris des années après leur retraite. De la gloire à l’indifférence NDIASSÉ SAMBE C’ est un temps que les moins de vingt ans ne connaissent pas. Une période que trentenaires se remémorent avec délectation, mais également avec tristesse depuis le décès de Bocandé. C’est le temps où por- ter le titre de Sénef (Sénégalais de France) était un visa pour la renommée, la gloire et l’argent. Jules François Bocandé a été l’incarnation de cette génération à jamais accolée à la CAN 86 en Égypte. Mais jusqu’à la fin, Bocandé a symbolisé le destin de certains de ses anciens coéquipiers qui n’ont pas (ou mal) préparé leur retraite. L’ancien capitaine des Lions a été assisté par ses amis messins dans sa lutte pour retrouver sa santé, loin des yeux inquisiteurs des Sénégalais. Une situation que beaucoup n’arrivent toujours pas à comprendre. Comment un joueur qui émargeait à 25 millions Cfa en 1986 (une fortune à l’époque) s’est-il retrouvé en difficultés financières après sa retraite ? Dans la biographie que lui a consacrée le journaliste Abdoulatif Diop, une explication majeure est donnée. “Jules avait un manager luxembourgeois du nom de Gaston Zais qui jouait le rôle d’agent de joueur à l’époque, écrit le journaliste. C’est lui qui a coordonné ses transferts durant toute sa carrière. C’était en quelque sorte son homme de confiance, son bras droit. (… ) Il le chargeait même de payer ses taxes pour l’Etat français. “Ce qu’il n’a jamais fait. Il bouffait tout le temps l’argent à mon insu”, se plaint Bocandé”. Conséquence : L’ancien joueur de Metz a dû rembourser le fisc français à la fin de sa carrière en payant plus de 200 millions Cfa. “Cela m’a complètement affaibli financièrement”, s’était lamenté Bocandé. Donner sans compter… Mais “l’oubli fiscal” n’est toujours pas la seule raison d’une après carrière déli- cate. Pour le cas de Bocandé, le quotidien français L’Equipepense que son transfert au PSG en 1986 a beaucoup joué dans sa carrière et sa santé financière. “Peu utilisé, Bocandé se réfugie dans l’ivresse des nuits parisiennes”, écrit le journal qui révèle également que le joueur était capable “de donner 50 000 francs (2,5 millions) à un clochard qui le connaissait. “Donner sans compter était aussi le péché de la génération 86. Thierno Youm “était la générosité personnifiée”, révèle Marcel Desailly dans son autobiographie “Capitaine”. Mais l’ancien joueur sénégalais de Nantes aurait “été abusé (financièrement) pas ses proches”, écrit l’exinternational français. Peut-être, comme Bocandé, Roger Mendy et tant d’autres, il pensait que la source ne tarirait jamais, oubliant que leur talent ne survivrait pas avec le temps. “On gagnait jusqu’à 200 000 francs français, 300 000, et même jusqu’à 500 000 francs français (50 millions F Cfa)”, révéla un jour Oumar Guèye Sène, passé par le PSG notamment. Aujourd’hui, chez les ex-Sénef, “certains vivent bien, convenablement, d’autres ont le minimum, certains souffrent carrément”, confie l’un d’eux. Personne ne connaît l’opulence de ses années de gloire, ajoute-t-il. “Je ne tends la main à personne, martelait Oumar Guèye Sène dans une interview au magazine Weekend. A Dakar, je ne vais jamais dans le centre-ville ni dans aucun bureau. Je viens au Sénégal, je reste en famille et à la fin de mes vacances, je reprends mon avion pour rentrer en France. Personne ne me paie le billet ni ne vient à mon secours. Donc je suis heureux.” Certains de ses ex-coéquipiers ne peuvent pas en dire autant… 3 “L'année du titre…” QUESTIONS À… ABDOU KARIM MANÉ, COACH DE DAKAR UNIVERSITÉ CLUB (L1) Coach, le Duc est à une victoire des play-offs, comment analysez-vous cette performance ? C'est une bonne performance pour nous et cela montre l’opiniâtreté des joueurs pour se hisser au sommet. La dynamique de groupe s'est transformée en dynamique de victoires cette année. Notre place de leader n'est pas volée, ce n'est pas une surprise car c'est un travail longuement mené par tout le groupe (encadrement technique, joueurs et dirigeants). Vu notre début de championnat avec deux revers et revenir à hauteur de Diambars qui avait 9 points de plus que nous, c'est une performance qui mérite d'être saluée. Nous avions un objectif principal au début de la saison, basé sur trois étapes. Premièrement, le maintien ; deuxièmement, faire partie des quatre premiers ; et enfin, chercher quelque chose (un trophée). Et si maintenant nous sommes au sommet de notre groupe (A), je pense que c'est logique car nous avons un groupe capable d'arriver à ce stade. Parce que c'est une équipe qui a une durée de vie de trois ans et qui a progressé de façon exponentielle. C'est une suite logique d'un travail effectué aussi bien sur tous le plan technico-tactique que mental. Les vertus du football mondial moderne recommandent un bon mental du joueur avant tout. Nous ne sommes pas euphoriques, nous prendrons les matches comme ils viendront. Et pas de pression face à l'enjeu qui se présente devant nous. On va jouer notre dernier match comme à l'accoutumée, jouer crânement notre chance. “La pression sera du côté de l'Uso” www.enqueteplus.com “En souvenir de Jules, je crois que ce serait bien que l'État organise un match France-Sénégal pour la mémoire de Jules et que les recettes reviennent à sa famille. Ce serait un grand cadeau pour ce sportif et je pense que, du ciel, il serait tellement fier et heureux qu'on lui fasse ce don. Si on n'a pas réussi à le faire pendant qu'il était de son vivant, qu'on le fasse maintenant qu'il est au ciel. Ce serait quelque chose d'important pour sa famille. Ce match serait quelque chose de grand, en son honneur, faire un match France-Sénégal de 2002 et organiser auparavant un autre entre le Casa Sport et des amis de Jules. Je pense que ce serait une fête pour le public sénégalais en hommage à Jules”. HOMMAGE Le Centre de Toubab Dialaw pourrait porter le nom de Bocandé Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Augustin Senghor, a laissé entendre qu’il serait légitime de baptiser le Centre technique de Toubab Dialaw du nom de Jules Bocandé. “Pour ce qu’il a fait et ce qu’il a représenté dans le football sénégalais, on peut imaginer donner son nom à une infrastructure ou une compétition”, a déclaré Me Augustin Senghor, qualifiant le décès de l’ancien capitaine des Lions de grande perte pour le football sénégalais et africain. Me Senghor a annoncé que la question sera posée à la prochaine réunion du Comité exécutif de la FSF. Il réagissait au décès de Jules Bocandé, sur la Télévision publique (RTS). Le centre technique de Toubab Dialaw, en phase de finition, est co-financé par la FIFA et l’État du Sénégal. Le centre, appelé le Clairefontaine sénégalais, devrait accueillir à termes les regroupements des sélections nationales. Le Sénégal fait du surplace La contre performance des Lions à la dernière CAN 2012, trois matches trois défaites, suit toujours le Sénégal. Mais cette fois-ci, à défaut de reculer, les Lions font du surplace au classement FIFA. Après la forte dégringolade, le Sénégal reste sur son 77e rang mondial de mai publié hier. Sur le plan continental aussi, le finaliste de la Can 2002 est toujours scotché la 17e place. En Afrique, la Côte d’Ivoire (15e mondial) occupe toujours la première place continentale au moment où l'Espagne demeure toujours indétrônable à la tête du classement mondial. NÉCROLOGIE Votre équipe croisera le champion en titre, l'Uso, pour un match à quitte ou double en vue des play-offs... (Il hésite). L'Uso est championne en titre, donc la pression se situera à son niveau. Nous allons nous faire plaisir en jouant notre football, nous n'allons pas nous focaliser sur l'Uso car c'est en jouant notre football que nous pouvons espérer quelque chose. L'enjeu ne poussera pas à changer notre aptitude et notre système de jeu. Nous allons nous préparer en conséquence en corrigeant nos lacunes et en renforçant nos acquis pour sortir de ce match la tête haute. Nous sommes des adeptes du jeu offensif qui nous permet de tirer profit de notre qualité quand l'enjeu est de taille. Nous allons nous battre sur tous les plans en attendant le résultat que nous accepterons avec philosophie. Metsu pour un match France-Sénégal CLASSEMENT FIFA Abdou Karim Mané est un coach heureux. Leader du groupe A pour la première fois de la saison, le technicien du Dakar Université Club (Duc) et ses hommes sont à un point des play-offs. A trois jours de la dernière journée, Abdou Karim Mané revient sur ce qui fait la force des Étudiants et parle aussi de l'enjeu du dernier match contre Uso.. PAR MAMADOU LAMINE SANÉ HOMMAGE À BOCANDÉ Doudou Diongue n’est plus Après avoir assuré le maintien, quel nouvel objectif visez-vous actuellement ? L'appétit vient en mangeant comme je l'ai dit précédemment. Aujourd'hui, nous ne sommes pas loin du titre. Pour cela, nous allons jouer à fond nos chances. Nous avons effectué un travail cohérent et bien structuré allant dans ce sens. Donc, je pense que l'équipe du Duc est en train de montrer qu'elle a envie de victoires. Et sur ce, on peut espérer que c'est l'année du titre. Deux jours après le décès de Jules Bocandé, un de ses illustres aînés en équipe nationale du Sénégal, Doudou Diongue, est rappelé à Dieu, ce mercredi matin à Paris, a appris l’APSauprès de ses proches. “Nous avons appris son décès ce matin”, a expliqué Abdoulaye Diaw, chroniqueur à la radio privée RFM (Radio futurs médias) rappelant que Diongue vivait depuis 1968 en France. C’est depuis son retour de la Coupe d’Afrique des nations d’Asmara (alors province de l’Ethiopie et actuelle capitale de l’Erythrée), que Doudou Diongue s’est installé en France, a précisé l’un des doyens de la presse sénégalaise. numéro 277 • jeudi 10 mai 2012
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travail n’ont pas d’unités centrales
bien qu’étant indépendants les uns
des autres.