Soleo 31 - décembre 2012 - Agence Erasmus+ France / Education

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Soleo 31 - décembre 2012 - Agence Erasmus+ France / Education
Décembre 2012
N°31
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2f.fr
Sommaire
03 EDITO
Antoine Godbert, directeur
Agence Europe-Education-Formation-France
05 ENTRETIEN
Geneviève Fioraso, Ministre de l’enseignement supérieur et
de la recherche
ZOOM
Instaurer des relations durables avec l’entreprise.
Sandrine Dickel
09 « We mean business ». L’Europe booste les stages et les
alliances sectorielles. Christelle Coet-Amette
10 Privilégier l’approche sectorielle des compétences.
11 Compétences multilingues pour emplois nouveaux.
L’exemple aquitain. Susana Major, Laurent Lascrou
07
12 L'ENTREPRISE PARTENAIRE DES PROJETS
Un projet Tempus à Très Grande Vitesse.
Frédéric Pardé
20 L'ESSENTIEL
14 Erasmus et Grundtvig : la gestion réussie des stages.
20 La dimension évaluatrice de l’entreprise dans sa stratégie
Marinela Popa-Babay
RH. Jacqueline Bergeron
15 L’efficacité des consortia Erasmus. David Turner
22 Des fondations universitaires, pour quoi faire ?
16 Comment les entreprises viennent aux Masters Erasmus
Régis Bello - Quitterie Gadret
Mundus. Florent Chazarenc, Jonas Colen Ladeia Torrens, Ira
Yulianti Purnomo
24 STATISTIQUES
18 Comenius Regio. Entreprises virtuelles pour de vrais emplois.
24 Les grandes tendances des stages : les chiffres.
Marielle Buisson
Delphine Sauvaget, Adrien Leleon
12
26 PLUS D'EUROPE ET D'INTERNATIONAL
26 Chypre, Irlande, Portugal. Situation des stages Erasmus et
Leonardo.
Androula Papanastasiou, Elva Duggan, Maria Do Céu Crespo
30 BRÈVES
Ecrivez nous !
[email protected]
© Couverture : Shutterstock Images
www.2e2f.fr
© Photo : Sophie Pawlak
Edito
C
e numéro consacré au rôle particulier et fondamental
des entreprises dans l’éducation et la formation tout
au long de la vie sera le dernier numéro de la revue
Soleo. Cette fin est en fait un nouveau départ puisque
Génération Erasmus, une newsletter plus fréquente,
prendra, début 2013, la succession de notre magazine, qui, depuis
sa création il y a une décennie , était le vaisseau amiral de la
communication de l’Agence 2e2f. Alors que notre présence sur
les réseaux sociaux (facebook.com.GenerationErasmus - twitter.
com/@gen_erasmus) s’est considérablement renforcée ces
derniers mois et que les réformes en cours dans le domaine de
l’éducation mettent en avant un changement de paradigme
culturel amené par les nouvelles technologies, nous aussi, comme
beaucoup d’autres, ferons donc le pari du numérique et de
l’information directe.
2013, dernière année du programme 2007-2013, devrait nous
permettre d’entrer dans une nouvelle ère. Celle de la préparation
en commun des détails du nouveau programme ambitieux qui
va nous conduire jusqu’en 2020, mais aussi celle des derniers
ajustements budgétaires dans une période que beaucoup espèrent
enfin marquée par une reprise de long terme sur tout le continent
et pas uniquement dans quelques États membres comme la
Lettonie ou la Pologne.
2012 s’achève, en revanche, sur un sentiment en demi-teinte.
D’un côté, le Prix Nobel de la Paix constitue une reconnaissance
extraordinaire du rôle sans égal de l’Union européenne en faveur
N° 31
DÉC. 2012
de la Paix après deux millénaires pendant laquelle une guerre
tous les quarante ans était une constante inexorable. De l’autre,
le dernier Conseil européen des 22 et 23 novembre a montré
combien il était difficile d’envisager à vingt-sept – et, dès juillet
2013, à vingt-huit, avec l’entrée de la Croatie dans l’Union – un
intérêt général communautaire.
Dans ce contexte, ce numéro 31 de Soleo s’est voulu symptomatique
de la période, marquée davantage par le pragmatisme que par le
passionnel. En mettant en avant le rôle des entreprises dans la
formation et l’éducation tout au long de la vie, il n’a pas seulement
voulu accompagner le thème de la conférence de valorisation 2012
de l’Agence qui se tiendra les 13 et 14 décembre à Strasbourg,
capitale européenne éternellement marquée par l’histoire de
deux États voisins qui fêtent en ce moment un demi-siècle de
coopération amicale. Mais il a surtout eu pour but de nous rappeler
que la continuité et l’efficacité de la formation tout au long de la
vie tiennent aussi à l’implication des acteurs qui créent de la valeur
économique à côté des acteurs académiques classiques. Par leur
rôle premier dans la formation professionnelle, par leur coopération
de plus en plus structurée et constante avec les établissements
d’enseignement supérieur, par leur souhait d’être encore plus
présentes aux côtés des responsables de l’enseignement secondaire
pour développer l’esprit d’entreprise, mais, surtout, parce qu’elles
ont été les premières à saisir l’importance et la nécessité de penser
ses marchés mais aussi ses ressources humaines à une échelle plus
large que l’Hexagone, les entreprises constituent aujourd’hui à la
fois un rouage et une avant-garde de la formation tout au long
de la vie.
En ces temps de crise où les compétences formelles et nonformelles acquises à chaque âge de la vie font figure plus que
jamais d’outils de différenciation, leur implication comme
employeurs capables de juger de la pertinence de nos politiques
publiques est essentielle. A l’heure où la nouvelle stratégie de
l’Union européenne pour l’éducation met en avant le renforcement
de l’apprentissage, l’adaptabilité aux TICE, la formation des
enseignants et des encadrants et l’importance fondamentale de
la maîtrise des langues étrangères, leur expérience est un atout
premier. En un début de siècle où la qualification de la ressource
humaine constitue un des axes essentiels de la compétition
mondiale, leur vision du monde constitue une base privilégiée
pour les réflexions d’avenir.
Enfin, elles sont la meilleure incarnation d’un concept souvent
mal compris : l’employabilité. Cette fin d’année 2012 devrait donc
permettre de mieux le connaître, avant que 2013 n’offre aussi
l’occasion de célébrer l’autre pilier européen de l’éducation tout
au long de la vie : la citoyenneté européenne. Entre-temps, toute
l’équipe de Soleo vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année.
Antoine GODBERT
Directeur
Agence Europe-Education-Formation-France
3
Soleo
4
GRANDS ENTRETIENS
Soleo
© M.E.S.R./XR Pictures
GRAND ENTRETIEN
Entretien avec Geneviève Fioraso
Ministre de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche
UN STAGE À L’ÉTRANGER CONSTITUE UNE FORMIDABLE OCCASION DE RAPPROCHER
CONCRÈTEMENT LA CULTURE DE L’ENTREPRISE ET LA CULTURE ACADÉMIQUE
R
elever le défi de l’éducation et de la
formation tout au long de la vie, représente
un enjeu majeur pour les établissements
d’enseignement supérieur qui jouent un
rôle central à cet égard. Le rapprochement entre
établissements et entreprises, au bénéfice de chacun,
contribue pleinement au développement d’une véritable
économie de la connaissance. C’est par l’acquisition
permanente de compétences académiques et pratiques
que les citoyennes et citoyens européens sauront
s’adapter à un marché du travail chaque jour plus
complexe et offrir à l’Europe un avantage compétitif dans
la mondialisation, par la qualification.
La conférence « Besoins d’entreprises ? Besoin d’Europe ! »
est l’occasion, pour les porteurs de projets (universités et
écoles, mais aussi collectivités d’Europe), de démontrer
la valeur ajoutée d’une mobilité, au travers d’un stage
en entreprise en Europe (« Erasmus stages », pour les
étudiants et les BTS, « Stages Leonardo da Vinci », pour
les apprentis et les jeunes en formation professionnelle
initiale). Plusieurs études récentes l’ont montré, cette
pratique est plébiscitée par tous les employeurs :
l’étude réalisée par l’Agence 2e2f « Erasmus, 25 ans de
bonnes pratiques », comme celle de l’ACA (Academic
Cooperation Association), « The Professional Value of
ERASMUS Mobility ».
En donnant comme titre à sa conférence annuelle des 13
et 14 décembre, « Besoins d’entreprises, besoin d’Europe »,
l’Agence Europe-Education-Formation France a souhaité
mettre en avant cette perspective stimulante, à court et
moyen terme, essentielle pour atteindre les buts fixés par
la stratégie de Lisbonne à l’horizon 2020.
Un stage à l’étranger constitue une formidable occasion
de rapprocher concrètement la culture de l’entreprise et
la culture académique, et de développer, chez les jeunes,
les éléments nécessaires à la culture entrepreneuriale.
Au-delà de la maitrise d’une langue européenne, ils
diversifient leurs compétences et renforcent leur esprit
5
Soleo
GRAND ENTRETIEN
...
d’initiative et leur créativité face à
des cas concrets. La valeur ajoutée
de ces mobilités est bien entendu
réciproque : les entreprises sont
ainsi amenées à recruter des
stagiaires européens, dont elles
apprécient
les
compétences
professionnelles et l’intelligence de
l’interculturalité.
" Nous devons veiller
à ce que les conditions
de la mobilité soient
démocratiques, c’est-àdire qu’elle soit vraiment
accessible de la même
manière pour tous "
Les cursus de Masters et de
doctorats labellisés Erasmus Mundus intéressent
également les entreprises. Ces formations comportent
un volet formation et recherche international sur le long
terme. Elles attirent parmi les meilleurs étudiants et
enseignants du monde. La France est leader au niveau
européen, et je m’en réjouis.
Votre conférence offre aussi l’occasion d’échanger
autour du rayonnement international de notre système
d’enseignement supérieur, enjeu essentiel pour l’avenir de
l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la
recherche, et de la stratégie Europe 2020.
La mobilité étudiante en Europe, notamment sous la
forme des stages en entreprises est un enjeu, à la fois
pour la construction européenne, et pour l’insertion
professionnelle, donc pour la réussite étudiante. Nous
devons veiller à ce que les conditions de cette mobilité
soient démocratiques, c’est-à-dire
qu’elle soit vraiment accessible
de la même manière pour tous.
Pourtant actuellement, le profil
socio-économique moyen des
bénéficiaires de ces stages à
l’étranger est clairement plus élevé
que celui de la population étudiante
elle-même. Il est donc essentiel que
les solutions qui seront retenues
pour élargir l’offre de stages à
l’étranger, dans le futur programme européen « Erasmus
pour tous », constituent également un encouragement
pour les jeunes issus des familles modestes.
L’Europe devient économique et culturelle, elle s’efforce
d’être politique, elle doit devenir également sociale.
Nous devons être davantage européens, pour exister plus
fortement à l’international, pour retrouver la croissance
et redresser notre pays.
Cette ambition européenne et internationale doit
bénéficier à la démocratisation des études supérieures.
Ouvrir l’Europe et le monde à notre jeunesse et à nos
étudiants, c’est indispensable, mais il faut le faire pour
tous, avec les moyens d’une égalité réelle.
Je ne doute pas que la conférence de Strasbourg, dans ce
contexte, constitue une étape privilégiée. g
AGENDA
Marrakech :
30 octobre -> 1er novembre 2012
Sébastien Thierry, directeur adjoint de l’Agence, est
intervenu lors du 3e Forum organisé par le Comité Mondial
pour les Apprentissages Tout au long de la Vie à Marrakech,
du 30 octobre au 1er novembre 2012. 250 participants
issus d’institutions et de continents variés se sont retrouvés
autour du thème : « Apprendre tout au long de la vie :
pourquoi et comment ? ». L’Agence 2E2F est partenaire
officiel du CMA pour cette opération.
6
Metz :
5 -> 7 septembre 2012
Après Barcelone en 2009, Bruxelles en
2010, Neuchâtel en 2011, la FREREF
(Fondation des Régions Européenne pour
la Recherche, l’Education et la Formation)
a tenu sa 10e université européenne d’été
du 5 au 7 septembre à Metz, au siège du
Conseil régional de Lorraine, sur le thème
« Les alliances territoriales au service de
l’apprendre tout au long de la vie ». Cette
session a vu la participation d’Antoine
Godbert à la table ronde « Territoires
et interterritorialité : concurrence et
complémentarité en Europe », et celle
de Sébastien Thierry qui a présenté,
avec Karin Pundel, directrice de l’agence
nationale luxembourgeoise, le futur
programme Erasmus pour Tous.
ZOOM
Soleo
Conférence européenne
des experts de Bologne
« Employabilité et insertion
professionnelle des étudiants »
//
© ENA
CIEP-Paris
16-17 mai 2013
Instaurer
des relations durables
avec l’entreprise :
LE SUCCÈS DES STAGES EN DÉPEND
L
a France occupe la première
place pour l’envoi d’étudiants
en stage Erasmus et la demande de bourses Leonardo
a augmenté de presque 10
% en 2012 pour les publics en formation professionnelle et sur le marché
du travail. Les stages sont de mieux
en mieux intégrés dans les parcours
étudiants et des jeunes en formation
professionnelle et en 2010/2011, 32%
des étudiants inscrits en licence professionnelle, en master, en formation
d’ingénieurs et en institut universitaire
de technologie (IUT), avaient suivi un
stage. Mais la marge de progression
des stages à l’étranger reste potentiellement importante puisqu’ils ne représentent encore que 9 % de l’ensemble
des stages universitaires, en 2010/2011.
Pour développer au mieux cette
mobilité et établir un diagnostic du
rôle joué par l’entreprise dans les
projets européens, l’Agence 2e2f a fait
de l’entreprise une priorité de travail
pour l’année 2012 en programmant des
activités et des évènements dédiés sur
deux ans. En témoignent ce numéro
spécial de Soleo, son supplément
SoleoScope et la conférence, des 13
et 14 décembre que l’Agence organise
à Strasbourg, « Besoins d’entreprises,
besoin d’Europe » pour recueillir les
témoignages des porteurs de projets et
de leurs entreprises partenaires et faire
un focus sur la campagne lancée par
la Commission européenne « We mean
business ». (Lire dans ce numéro p. 9).
Une enquête a été menée par l’Agence en
interne auprès d’entreprises européennes
accueillant des étudiants Erasmus nous
apprend que la qualité de l’encadrement
des stages Erasmus est plébiscitée mais
que seulement 20% des entreprises
estiment que les stagiaires sont faciles
à trouver. Parmi les avantages cités en
faveur de l’accueil d’un stagiaire Erasmus
viennent le transfert de compétences
et des connaissances du stagiaire dans
l’entreprise et l’apport d’idées nouvelles
permettant la mise en œuvre de nouveaux
projets. Enfin, 31% des entreprises estiment
que la coopération avec les établissements
d’envoi est un bénéfice.
Au-delà du diagnostic, l’Agence a
programmé pour la seconde année
consécutive, des actions en faveur de la
structuration de la mobilité sur le territoire
en animant au cours de l’année 2012 un
groupe de travail sur les consortia de stage
Erasmus afin de mutualiser les pratiques
efficientes pour la promotion des stages.
L’Agence est, en effet, convaincue que
ces consortia, tout comme les projets
groupés Leonardo, favorisent la qualité des
stages en créant une relation privilégiée
et durable avec les entreprises. C’est
pourquoi, pour soutenir les consortia,
l’Agence a instauré en 2012 une politique
incitative en finançant à hauteur de 55%
les stages demandés dans ce cadre (pour un
taux de 45% hors consortia). Ces actions
ont permis la réalisation du guide des
outils utilisés dans les consortia qui sera
disponible sur le site de l’Agence 2e2f, à la
fin de cette année. g
// Sandrine Dickel
Directrice du Département Développement
Agence 2e2f
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ZOOM
ZOOM
Soleo
« We Mean Business »
L’EUROPE BOOSTE LES STAGES ET LES NOUVELLES ALLIANCES SECTORIELLES
L
a campagne de sensibilisation « We Mean Business » sera
déclinée dans tous les États membres de l’Union
européenne pour informer les entreprises et les
organisations représentantes du monde économique du bienfait des stages en entreprise pour les
étudiants de l’enseignement supérieur et de l’enseignement
professionnel.
« We mean business » viendra en appui des actions menées
par les États membres pour lutter contre le chômage
des jeunes qui atteint des niveaux excessivement élevés
dans certains pays de l'Union européenne. "Nous voulons
en particulier attirer l'attention sur la valeur des stages
à l'étranger qui peuvent améliorer les compétences
linguistiques des intéressés, leur donner de l'assurance et
accroître leurs capacités d'adaptation. Les études que nous
menons montrent que les employeurs valorisent de plus en
plus ce type de compétences" indique Androulla Vassiliou,
Commissaire européenne à l'éducation, à la culture, au
multilinguisme et à la jeunesse lors du lancement de la
campagne au niveau européen en avril dernier.
Il s’agit de sensibiliser les entreprises, de toutes tailles,
à l’intérêt d’accueillir un stagiaire Erasmus ou Leonardo
da Vinci venu d’un autre pays européen et de sensibiliser
les jeunes aux vertus des stages en entreprise. Dans une
relation gagnant-gagnant ils renforcent leurs compétences
linguistiques, techniques, améliorent leur adaptabilité pour,
à terme, faciliter leur insertion professionnelle.
Pour l’entreprise, l’accueil d’un stagiaire Erasmus ou Leonardo
insuffle une dimension européenne dans l’entreprise : langue,
culture, méthode de travail. Sa venue peut offrir de nouvelles
perspectives à l’entreprise et lui permettre d’ouvrir des
portes sur de nouveaux marchés en Europe. C’est aussi une
opportunité de tester d’éventuels futurs collaborateurs et –
pourquoi pas ? – de recruter la perle rare.
Sur l'ensemble de la période 2012 - 2013, la Commission
soutiendra financièrement 280 000 stages, par l'intermédiaire
des programmes Erasmus et Leonardo da Vinci pour les
étudiants de l'enseignement supérieur et professionnel.
En France, l’évènement, "We Mean Business", s’inscrira dans la
conférence de l’Agence Europe-Education-Formation France,
sur le thème : « Besoins d’entreprises, besoin d’Europe » qui se
tiendra à Strasbourg, le vendredi 14 décembre 2012 dans les
locaux de l’ENA. Au programme : témoignages d’entreprises
et de stagiaires, présentation d’outils de contact entre les
jeunes et les entrepreneurs et débats avec de nombreux
acteurs impliqués dans la coopération éducation-entreprise. g
// Christelle Coët-Amette
Mission Prospective - Agence 2e2f
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9
Soleo
ZOOM
Privilégier l’approche sectorielle
des compétences
E
n créant 4 groupes de travail sectoriels
(aéronautique - vigne - fleuristerie boulangerie), l’Agence Europe-EducationFormation France s’inscrit pleinement dans
la stratégie Europe 2020 qui vise à soutenir
l’emploi, la productivité et la cohésion sociale en Europe,
en mettant un accent fort sur l’éducation et la formation
comme piliers-clé de cette stratégie de croissance.
Les échanges entre les différents acteurs d’un secteur
doivent permettre de rapprocher le monde de l’éducation
et de la formation de l’Entreprise pour répondre aujourd’hui
aux besoins en compétences et anticiper ceux de demain à
travers des formations adaptées et innovantes.
Ces groupes de travail doivent aussi, par leur approche
décloisonnée et le travail multi-acteurs mené au niveau
du territoire, faire émerger des préconisations pour le futur
programme Erasmus pour tous, notamment dans le cadre
des nouvelles « alliances1 » . Enfin, il s’agira sur les secteurs
choisis d’optimiser l’utilisation des programmes européens
pour favoriser, à travers des projets de coopération ou de
mobilité, l’insertion professionnelle et l’employabilité sur
des secteurs potentiellement pourvoyeurs d’emplois.
Le groupe de travail aquitain « métiers de la vigne et
du vin » s’est développé dans cet esprit avec la Région
Aquitaine, la Direction régionale de l’alimentation,
l’agriculture et la forêt, le Rectorat de l’Académie de
Bordeaux, l’ARF, la CCI de Bordeaux et l'ISVV2.
Aujourd’hui, les échanges communs ont permis d’aboutir
à la mise en place d’une visite d’étude « Vigne et vin en
Aquitaine : des formations innovantes pour des métiers
d’avenir » qui devrait se tenir en octobre 2013 à Bordeaux.
Une quinzaine de décideurs issus de toute l’Europe
est invité à y participer pour découvrir les formations
aux métiers du vignoble dans une région qui occupe la
première place pour la production de vins d’appellation
d’origine contrôlée. Cette rencontre européenne permettra
pendant trois jours des échanges, des réflexions croisées,
des visites de sites vitivinicoles et devrait constituer un
tremplin vers de futurs projets européens de coopération
et de mobilité. g
1 - « alliances sectorielles pour les compétences » entre les organismes d’éducation
et de formation et les entreprises, visant à promouvoir l’employabilité, créer de
nouveaux cursus spécifiques aux secteurs, développer des méthodes innovantes
d’enseignement et de formation professionnelle.
2 - Institut supérieur de la vigne et du vin
10
ZOOM
Soleo
Compétences multilingues
pour emplois nouveaux
L'EXEMPLE AQUITAIN
Apprendre les langues est une priorité générale du programme « Éducation et formation tout au long de
la vie » et sera une priorité-phare d’« Éducation et formation 2020 » dans le cadre «des compétences
nouvelles pour des emplois nouveaux ».
Comment mettre en adéquation les compétences requises, notamment en langues, et les besoins du
marché du travail, les entreprises européennes subissant, on le sait, selon l’enquête européenne ELAN1,
de fortes pertes commerciales faute de compétences linguistiques suffisantes ?
L
es PME pratiquent peu les
langues. Ça ne fait pas leur
affaire !
Au cœur de ces problématiques, l’Agence 2e2f, a lancé
en juillet 2012, un groupe de travail régional en Aquitaine constitué d’experts
et d’acteurs de l’apprentissage des langues tout au long de la vie pour établir
un état des lieux des besoins linguistiques sur le marché du travail régional.
Dès le lycée quelques constats
apparaissent : la difficulté de
placement des apprentis européens du
programme Leonardo da Vinci dans les
PME reste prégnante, conséquence, on
le sait, de la barrière linguistique : celle
que rencontrent les jeunes apprentis
français et européens qui ne maitrisent
pas suffisamment les langues pour
entreprendre une mobilité et celle
des PME où l’anglais est peu maîtrisé.
Du coup, les lycées professionnels
s’organisent comme c’est le cas au
Lycée Marcel Dassault de Mérignac
où l’amélioration des perspectives
professionnelles des élèves passe par des
cours de langue spécifiques à leur filière
et par de la mobilité de stage en Europe.
Le centre d’étude de langues de
Bordeaux (CEL) consacre deux tiers
de ses cours de langues aux entreprises
d’Aquitaine avec une demande
prioritaire pour l’Anglais, l’Espagnol et
l’Italien ; le Chinois et l’Arabe étant de
plus en plus réclamés. Pratiquer une
stratégie de communication en anglais
ou multilingue est pourtant pour les
PME essentielle dans leurs activités à
l’export. Une autre étude européenne
plus récente (2010) PIMLICO, sur un
échantillonnage de 180 PME des 27
États membres de l'UE a démontré que
les entreprises européennes perdent
encore des contrats en raison de lacunes
linguistiques et culturelles et que les dix
entreprises arrivées en tête du palmarès
pour leurs performances ont en commun
une stratégie linguistique ambitieuse et
innovante qu'elles appliquent à toutes
leurs actions.
C’est dans l’esprit d’apporter un peu de
Russie et de langue russe en Aquitaine
que l’Association Russie-Aquitaine a été
créée en 2005 pour faire vivre un espace
de communication interculturelle entre
les deux pays et ouvrir des marchés. La
prospection vers les entreprises locales
reste cependant difficile sauf avec l’office
du tourisme de Bordeaux où l’association
apporte les rudiments linguistiques
utiles à l’accueil des touristes russes, de
plus en plus nombreux.
Les langues qui intéressent l’Aquitaine
Douzième région française à l’import
et à l’export, l’Aquitaine commerce
principalement à l’export avec l’Espagne,
les Etats-Unis, l’Allemagne, le RoyaumeUni et l’Italie et à l’import avec l’Espagne,
le Royaume-Uni, l’Allemagne, les EtatsUnis, et la Chine dans les secteurs porteurs
à l’international de l’aérospatiale,
du vin, de l’agroalimentaire et de la
chimie. Ce constat devrait susciter de
nouvelles vocations professionnelles et
linguistiques dans la Région. g
// Susana Major, Laurent Lascrou
Département développement
Agence 2e2f
1 - Incidences du manque de compétences linguistiques
des entreprises sur l'économie européenne. Enquête
commandée par la Commission européenne (décembre
2005) et réalisée auprès des PME européennes pour
évaluer leurs compétences en langues.
> http://ec.europa.eu/languages/documents/doc423_fr.pdf
11
Soleo
L'ENTREPRISE PARTENAIRE DES PROJETS
Tempus Conservatoire National des Arts et Métiers (Paris) et SNCF
Un projet Tempus
à Très Grande Vitesse
Faire circuler des trains, de l’Europe de l'Ouest jusqu’aux confins
de la Russie et de l’Asie centrale, de façon fluide et en toute
sécurité, constitue un enjeu stratégique et économique majeur. La
construction de cette Europe ferroviaire pose aussi la question de
l’évolution et de l’harmonisation des compétences à acquérir pour
des spécialistes formés dans différents pays et systèmes et qui
auront demain à œuvrer ensemble. 1400 personnes sont à former
sur la décennie à venir, en formation initiale ou continue.
Le projet Tempus, MieGVF (Master infrastructure exploitation
Grande Vitesse Ferroviaire en Russie et Ukraine), piloté par le
Conservatoire National des Arts et Métiers, en partenariat avec
la SNCF et 3 partenaires européens, a pour objectif de mettre en
place dans 4 Universités de Russie et d’Ukraine un cursus innovant
de Master, compatible avec le processus de Bologne, pour former
les étudiants et les cadres des chemins de fer aux spécificités de
la grande vitesse ferroviaire.
Frédéric Pardé, Directeur de Projets Russie &
CEI à la SNCF explique à Soleo pourquoi son
entreprise s’intéresse à des projets de coopération
comme Tempus :
Frédéric Pardé
Informations Tempus :
-> www.2e2f.fr/tempus.php
12
« Le développement international d’un industriel
comporte toujours un volet « formation » dès
que l’on pense au long terme et c’est pourquoi la
SNCF propose des formations dans de nombreux
pays. Mais, dans les pays de l’Est, les personnels
sont formés dans des universités ferroviaires, et
non par les entreprises ferroviaires, comme en
France, par exemple. Ces universités cherchent
aussi à élargir leurs offres de formations pour les
adapter au monde global. Il nous fallait rentrer
dans le système universitaire.
Plus simplement, je dirai qu’il faut que les
dirigeants des chemins de fer et des ministères
soient bien formés et qu’ils connaissent les
méthodes et points forts des systèmes. Nous
voulons nous assurer que les prescripteurs de
demain penseront à la SNCF comme partenaire
ou prestataire.
C’est pour permettre de développer de nouveaux
cursus que les universités ferroviaires et la SNCF
souhaitent coopérer, dans le cadre de Tempus.
Nous obtenons ainsi un label Tempus européen,
gage de sérieux, qui permet de rassembler et
motiver les meilleurs partenaires. Le montant
des budgets attribués est également une grande
aide pour nos projets1. Construire de nouvelles
formations communes, en Russie ou en Ukraine
est un signal très fort que nous envoyons à nos
partenaires. C’est un véritable plus pour notre
développement.
Hélène Pinaud : Quels sont les véritables enjeux
pour vous, au-delà d’un partenariat de formation,
avec les établissements russes et ukrainiens ?
F.P. : Le but pour la SNCF est de permettre
une implantation durable de notre entreprise
dans ces pays qui représentent des enjeux
considérables. Dans le cas présent, les enjeux sont
la participation de la SNCF aux grands projets des
Russes et des Ukrainiens. Trains internationaux,
Trains à Grande Vitesse, raccordement des
systèmes informatiques, trains de fret à travers
le continent. Les réussites de nos projets sont très
concrètes et visibles.
L'ENTREPRISE PARTENAIRE DES PROJETS
Soleo
// Résultats des appels d'offres Tempus 2012
projets ont été sélectionnés en 2012
108 (contre
62 l’an dernier) dont
22 impliquent un établissement français.
Les établissements français sont les grands gagnants de la
sélection 2012 : 9 projets sont coordonnés par la France, soit
une augmentation de 55 % par rapport à 2011.
Les établissements
français
par rapport
à 2011. sont présents dans 15 des 28
55%
pays partenaires Tempus et collaborent majoritairement avec
le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et l’Ukraine. Ils sont également
engagés dans des projets avec la Russie, la Biélorussie, la
Géorgie, la Moldavie et l’Arménie.
Le lien université-entreprise concerne un grand nombre de
projets ainsi que la réforme de la gouvernance des universités.
Liste des projets ci-dessous :
http://eacea.ec.europa.eu/tempus/results_compendia/
results_en.php
H.P. : Quel est le retour sur investissement pour
votre entreprise ?
F. P. : Le premier retour sur investissement est une
nouvelle formation que nous n’arriverions pas à
créer seuls. Le programme Tempus nous a donné
la légitimité pour rassembler un consortium de
très haut niveau et créer ce cursus. Le deuxième
retour, nous le mesurerons avec le développement
de notre présence dans ces pays. Une troisième
étape sera que le cursus créé puisse être enseigné
dans d’autres pays. Ce serait un formidable soutien
pour notre offre à l’international, quel que soit le
pays. Mais il est encore trop tôt pour l’envisager.
Menons déjà à bien le projet que nous venons de
lancer !
H.P. : Pensez-vous développer d’autres projets
de ce type ?
F.P. : Nous en sommes à notre deuxième
projet Tempus. Le premier traitait du transport
international ferroviaire en Ukraine, Kazakhstan
et Kirghizstan. Il proposait de former les cadres
pour que tous les chemins de fer convergent vers
le même système technique. Ce programme est
une grande réussite et la sélection pour y être
admis est très sévère. Chaque année, ce sont
environ 100 étudiants qui sont admis (60 en
Ukraine, 30 au Kazakhstan et 10 au Kirghizstan).
Nous voyons que dans ce domaine les évolutions
sont très rapides et qu’il nous faut déjà actualiser
certains modules de formation. Par ailleurs,
plusieurs universités russes souhaitent également
l’enseigner. C’est une piste de réflexion actuelle.
Ce qui est sûr c'est qu’il y a une motivation et une
dynamique très forte entre les partenaires.
1 - Le budget du projet
MieGVF est, pour 3 ans,
de 1.042.186 euros et
le montant de la bourse
Tempus est de 947.441,85
Notre projet actuel pourrait éventuellement
intéresser d’autres pays de l’espace Tempus.
En particulier le Maroc qui construit un TGV et
va rencontrer les mêmes besoins de formation
que les Russes. On verra le moment venu si nous
reprenons des modules déjà existants ou si nous
préparons un nouveau projet. » g
// Propos recueillis par Hélène Pinaud
Point National de Contact Tempus
Agence 2e2f
13
Soleo
ZOOM
Erasmus / Grundtvig CCI de Paris & Université de Chypre
Un projet Erasmus et un cours
Grundtvig sur la « gestion
réussie des stages »
F
Au coeur des stratégies européennes pour rendre l'éducation, la recherche et
l'innovation indissociables, le projet INENTER - Improving the Placements and
Internships from Academia to Enterprises - s’est proposé de contribuer au
développement d’une meilleure communication et d’une coopération plus forte
entre les entreprises et l’enseignement supérieur.
inancé par la Commission européenne dans le cadre
de l’action ERASMUS Coopération Enseignement
supérieur-entreprise, INENTER s’est focalisé sur la
qualité des stages des étudiants dans l'industrie
et les entreprises. Cet effort peut mener à créer
des mécanismes essentiels pour promouvoir l'innovation,
le développement technologique, ainsi que la croissance
économique, à un niveau régional et européen, comme une
réponse aux difficultés économiques, ce qui rejoint les objectifs
2020 de l'UE.
14
D’une durée de 24 mois (octobre 2010 - septembre 2012),
ce projet porté par l’Université de Chypre a réuni treize
partenaires dont plusieurs universités de l’Europe orientale et
des pays Baltes, UNICA (le réseau des Universités des capitales
européennes), le réseau européen EUE-net (European Network
for Education and Training), l’Association européenne des
coordinateurs ERASMUS, ainsi que des universités des pays
associés comme l’Université de Lausanne et l’Université de
Zagreb. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris est
le partenaire français.
L'ENTREPRISE PARTENAIRE DES PROJETS
Soleo
Erasmus IFMA Clermont-Ferrand
INFORMATIONS ERASMUS :
-> www.2e2f.fr/erasmus.php
-> www.generation-erasmus.fr
INFORMATIONS GRUNDTVIG :
-> www.2e2f.fr/grundtvig.php
-> www.generation-erasmus.fr
Afin d’atteindre les objectifs visés, les
partenaires du projet ont organisé une série
d’activités : des tables rondes réunissant
universités, entreprises, membres de l’industrie
et autres parties prenantes du processus de
mise en place des stages pour les étudiants ;
une conférence européenne sur les stages qui
s’est tenue à Cluj-Napoca (Roumanie) en avril
2012 lors du congrès annuel des coordinateurs
Erasmus. Enfin, la publication et la diffusion de
matériel d'information et de promotion visant
à stimuler l'intérêt des milieux universitaires,
les entreprises et les étudiants.
Les deux ouvrages élaborés par les
partenaires, le " Guide de bonnes pratiques
et de qualité pour les stages " et " Pratiques
actuelles des universités dans la gestion des
stages transnationaux1 " peuvent être des
instruments d’appui utiles pour les membres
de l’administration des universités, les
professeurs, les conseillers en orientation
professionnelle et les coordinateurs Erasmus,
en un mot tous ceux qui sont responsables de
l’accompagnement des étudiants en stage.
Pour les institutions qui voudraient adopter
certains des outils ou approfondir les méthodes
proposées par le projet, un cours de formation
Grundtvig « Gestion réussie de stages » est
désormais disponible. g
L'efficacité
des consortia Erasmus
Très bien classé par les étudiants pour son niveau
académique, son ouverture à l’international, sa proximité
avec les entreprises, l’Institut supérieur de Mécanique
avancée de Clermont (IFMA) forme des ingénieurs de haut
niveau qui bénéficient de partenariats exemplaires avec de
nombreux industriels. Un consortium Erasmus permet l’envoi
de stagiaires vers des entreprises du monde entier avec une
tradition vers les entreprises automobiles allemandes. Une
fois diplômés, les stagiaires sont souvent recrutés par leur
entreprise d’accueil.
David Turner, Directeur des Relations internationales de l’IFMA confirme
cet atout à l’international très attractif pour les étudiants.
Nous sommes spécialisés dans le génie mécanique et industriel, et le
secteur automobile draine naturellement beaucoup de nos étudiants et
diplômés. Par contre, il est clair que les opportunités que nous proposons
en termes de stages en entreprises autour du secteur automobile, en
Allemagne et ailleurs, sont un très bon moteur de recrutement pour
notre programme de diplôme d'ingénieur - les candidats au concours
choisissent l'IFMA plutôt qu'une autre école, en partie à cause de ces
périodes de mobilité internationale en entreprise qui sont désormais
obligatoires pour nos étudiants.
100% de nos élèves-ingénieurs doivent effectuer un stage en entreprise
d'au moins 5 mois dans un pays non francophone. Beaucoup restent en
Europe, mais en tout, une bonne vingtaine de pays sont concernés.
Nos étudiants trouvent assez rapidement du travail. Pour ceux qui viennent
de quitter l'IFMA (fin septembre 2012), 41% étaient déjà embauchés avant
d'être diplômés. Selon l'enquête de la Conférence des Grandes Écoles
(CGE) sur la promo précédente, seuls 13,5% étaient encore à la recherche
d'un emploi après 6 mois. Environ 20% trouvent leur premier emploi à
l'étranger - l'Allemagne est le plus gros recruteur.
-> Cours Grundtvig :`
http://inenter.eu/blog/2012/09/24/inentertraining-course
http://www.ifma.fr/
// Marinela Popa-Babay
Chargée de projets européens
Direction des Relations Internationales de
l'Enseignement (DRI/E)
Chambre de commerce et d'industrie de Paris
1 - Guides en lecture et téléchargeables sur :
http://inenter.eu/ (onglet « résultats »)
15
Soleo
L'ENTREPRISE PARTENAIRE DES PROJETS
Erasmus Mundus École des Mines de Nantes
Comment les entreprises viennent
aux Masters Erasmus Mundus ?
Soleo a posé la question à Florent Chazarenc, coordonnateur du Master en énergie et environnement,
ME31, au Département Systèmes Energétiques et Environnement (DSEE) de l’École des Mines de
Nantes. Ce master pluridisciplinaire qui n’a pas son équivalent en Europe comporte un tiers de cours
académiques dédiés au management, un tiers à l'environnement et un tiers à l'énergie, avec un stage
final de 6 mois en entreprise ou en laboratoire, véritable tremplin vers la vie active.
Jour de rentrée à l'Ecole des Mines de Nantes. Promotion Erasmus Mundus 2012.
// DES PROFILS TRÈS RECHERCHÉS AVEC 40 % D’EMBAUCHES SUITE À UN STAGE
Les entreprises nous
rejoignent grâce aux contacts
recherche établis de façon historique
par les partenaires fondateurs du
master, comme Alstom, mais aussi par
les contacts noués par nos étudiants
eux-mêmes lors de leur placement
de fin d'étude (chez SoWitec par
exemple). Selon les années, entre
un tiers et 40 % des étudiants sont
directement embauchés suite à leur
stage. La majorité des entreprises
ayant accueilli l’un de nos étudiants
propose des offres de stages les
années suivantes. Et nous utilisons
les retours des tuteurs entreprises
pour mettre à jour le contenu du
programme.
16
Nos anciens maintiennent un niveau
de contact élevé avec nous en
participant à l'enseignement au sein
de nos semestres académiques et en
accueillant nos étudiants pour leurs
stages.
L’engagement de nos entreprises
partenaires tient avant tout à la
qualité de nos étudiants qui fidélisent
les entreprises car elles peuvent, en
participants au projet ME3, dénicher de
futurs collaborateurs avec des profils
très recherchés : pluridisciplinarité,
maîtrise de plusieurs langues, bonne
connaissance de l'interculturalisme,
du monde industriel et des enjeux liés
à l’énergie et l’environnement.
1 - Le master « Management and Engineering of Environment and Energy
» (ME3) prépare de futurs chefs de
projets pour les secteurs industriels,
institutionnels ou académiques
dans un environnement de travail
international exigeant d’appliquer des pratiques de travail et un
management multiculturels. Outre
les établissements d’enseignement
supérieur, (une quinzaine au total,
en Europe et dans le monde), des
groupes internationaux et des PME
sont associés au consortium
http://www.mastereurope-me3.org
L'ENTREPRISE PARTENAIRE DES PROJETS
Soleo
// Depuis Stockholm où ils
poursuivent une partie de leur cursus
Erasmus Mundus ME3, Jonas (Brésil)
et Ira (Indonésie) témoignent de leur
bon choix
DEPUIS STOCKHOLM OÙ ILS POURSUIVENT UNE PARTIE DE LEUR CURSUS ME3,
JONAS (BRÉSIL) ET IRA (INDONÉSIE) TÉMOIGNENT DE LEUR BON CHOIX.
TÉMOIGNAGES
JONAS COLEN LADEIA TORRENS // (Brésil)
J’ai choisi le programme ME3 parce qu'il
offrait une combinaison indispensable
pour moi : formation de très haute
qualité, ouverture à l'international et
approche transdisciplinaire avec un focus
sur l'environnement et l'énergie. C’est
cette dimension transdisciplinaire que je
n’avais pas trouvé ailleurs qui me semblait
assez unique dans ce programme. Dans
la majorité des programmes de master,
on sacrifie la capacité d'analyse du tout,
en essayant de créer des spécialistes. Or,
ce qu'il faut de plus en plus au monde
industriel, ce sont des agents intégrateurs,
capables de comprendre
et d'agir sur des domaines très différents et
complexes. Et je veux exactement être l’un
de ces acteurs.
J'ai connu le master, en 2008, lorsque je
recherchais ces options après avoir fini un
double diplôme en France (à l'INSA Lyon).
Je connaissais le programme Mundus
qui offre des formations novatrices avec
d'excellentes universités européennes.
ME3 était la meilleure option pour moi.
J'ai pris deux ans pour m'inscrire puisque
je voulais acquérir un peu d'expérience
pratique avant de continuer mes études.
Ce fut le mélange parfait. Actuellement,
je commence à préparer mon prochain
semestre, les opportunités que j’y trouve
sont géniales et je suis vraiment heureux
d'avoir fait le bon choix !
// Propos recueillis par Dominique Ardiller
Rédactrice en chef de Soleo
IRA YULIANTI PURNOMO // (Indonésie)
Personnellement, j'ai choisi ce programme
(ME3) parce que les domaines de l'énergie
et de l'environnement m’intéressent
beaucoup, surtout après 3 ans d'expérience
dans l'industrie pétrolière qui n'est pas
vraiment "verte". De plus, le parcours
proposé par ce programme promeut des
institutions académiques européennes
prestigieuses. J'ai connu ce Master, en
2010, lors d’une réunion de présentation du
programme Mundus dans mon université
d’origine.
Excursion à la centrale solaire de Séville (Espagne).
Promotion Erasmus Mundus 2012.
17
Soleo
L'ENTREPRISE PARTENAIRE DES PROJETS
Comenius Regio Conseil général de la Vienne -> Région de la Styrie en Autriche -> Lycée le Dolmen de Poitiers
Entreprises virtuelles
pour de vrais emplois
Les Entreprises d’Entraînement Pédagoqique, (EEP), très
répandues en Europe, et depuis peu, développées en
France, sont des images fidèles de PME utilisées comme
centre de formation pratique personnalisée pour développer
une dynamique de réussite chez les élèves, salariés ou
demandeurs d’emplois destinés au secteur tertiaire. Placés
dans les conditions réelles d’un marché concurrentiel, les
stagiaires (7000 stagiaires en 2012) découvrent la réalité des
« métiers » en se confrontant aux arcanes du management.
Point d’argent en jeu mais la garantie d’ouvrir son capital
créatif personnel.
U
n projet Comenius Regio « Les ponts entreprenariaux », scellé
entre la région de la Styrie en Autriche et le Conseil général
de la Vienne valorise ce dispositif auprès d’élèves du lycée des
métiers Le Dolmen à Poitiers pour mesurer la contribution que
les entreprises virtuelles apportent chez les élèves en capital
social, esprit d'entreprendre et créativité.
// Marielle Buisson
Chargée de mission à la direction de la Coopération Internationale
du Conseil Général de la Vienne :
« L'esprit d'entreprendre est une dimension beaucoup plus présente
dans le système éducatif autrichien que dans le français au niveau de
l'enseignement secondaire, notamment au travers des "übungsfirma"
et les "junior entreprises" qui sont obligatoires depuis plus de 15 ans
dans les établissements autrichiens d'enseignement professionnel. En
France, on constate une progression de la mise en place des entreprises
d'entraînement pédagogiques (EEP) dans les lycées professionnels tertiaires
mais sans caractère obligatoire et avec des niveaux de fonctionnement très
disparates.
Le lycée du Dolmen à Poitiers dans la Vienne et le lycée BHAK de Weiz
en Styrie avaient déjà développé des relations au travers de programmes
européens et celui-ci s'est fait assez naturellement avec le concours de
l'association EGEE (Entente Générations pour l'Emploi et l'Entreprise)
dont les membres sont des cadres bénévoles du secteur privé en retraite.
EGEE intervient auprès du monde éducatif pour y insuffler cet esprit
d'entreprendre, quant au Conseil Général, il vient en appui au projet de par
son lien avec ce partenaire autrichien ».
18
Les Entreprises d’Entraînement
Pédagogiques
// Au nombre de 110 à ce jour en France,
sous le label déposé, REEP EURO, les EEP
sont parrainées par de véritables entreprises,
des acteurs économiques et des enseignants.
Des experts évaluent et mettent à jour
régulièrement les méthodes pédagogiques.
http://www.euroentent.net
En savoir plus sur les projets Regio :
http://www.cg86.fr/891-comenius-regio.htm
Les ponts
entreprenariaux
Soleo
19
Soleo
L'ESSENTIEL
La dimension évaluatrice de l'entreprise
dans sa stratégie RH
Une approche du système
ECVET par
Jacqueline BERGERON
// Expert Evaluateur Agence
2e2f - Présidente Erasmus
Expertise1
1 - Erasmus Expertise, à vocation Euroméditerranéenne et plus généralement
internationale, a la volonté d'appuyer
les différentes initiatives reliées
au programme proposé par l'Union
Européenne "Erasmus pour tous"
www.erasmus-expertise.jimdo.com
20
I
l est aujourd’hui admis que
l’entreprise joue un rôle essentiel
dans la formation des personnes : les
stages intégrés dans les dispositifs de
formation initiale, l’expérimentation
au sein des activités de travail, les
compétences acquises par l’expérience
sont autant d’indicateurs prouvant que
l’apprentissage est devenu une composante
intrinsèque de l’entreprise. Au cours
des vingt dernières années ce processus
d’apprentissage a progressivement été
intégré dans la stratégie de développement
des compétences et la formation
est maintenant un enjeu majeur de
la performance économique et du
management des ressources humaines.
Les démarches « d’apprenance » (CARRE,
2005) se traduisent de manière formelle
à travers l’accompagnement pédagogique
des stagiaires et leur intégration aux
situations de travail, mais également
de manière informelle par différents
processus de transmission des savoirs
provenant de réseaux qui se développent
au sein des espaces de travail (transmission
entre pairs, de seniors à juniors par
exemple). En complément de ces aspects
formatifs liant étroitement compétence
et apprentissage, l’évaluation trouve sa
place dans l’entreprise dans un contexte
de formation tout au long de la vie et de
validation des résultats d’apprentissage.
Les apprentissages formels qui ont lieu
le plus souvent dans les institutions de
formation sont généralement validés par des
« exercices académiques », ils se maillent
aujourd’hui avec les apprentissages non
L'ESSENTIEL
Soleo
SEPT BONNES RAISONS...
pour l’entreprise de s’engager dans une démarche
évaluative fondée sur les principes d’ECVET
// Une meilleure reconnaissance de son capital compétences sur des espaces
de plus en plus vastes ;
// Plus de lisibilité sur la variété des processus d’acquisition au sein de
l’entreprise ;
// La possibilité de développer des partenariats internationaux, y compris
pour les TPE et PME en travaillant sur l’harmonisation des modalités
d’évaluation des compétences, la transparence des situations de travail et
la lisibilité des métiers ;
// Des repères partagés pour certifier des niveaux de compétences acquises
au sein de contextes géographiques différents ;
// Une meilleure actualisation des pratiques professionnelles introduites par
la dynamique des mobilités ;
// La valorisation des activités d’apprentissage en situation de travail par la
validation des résultats auxquels conduisent ces apprentissages ;
// Une ouverture sur l’espace européen par la capillarité des systèmes de
reconnaissance des compétences.
formels dont les résultats doivent être
validés. Cette conception novatrice de
l’apprendre nécessite d’harmoniser les
démarches de reconnaissance des acquis
par une meilleure capillarité entre tous les
environnements d’apprentissage.
Des crédits d’apprentissage européens
qui offrent des repères aux ressources
humaines
La mise en place progressive du système
européen ECVET (Crédits d’apprentissage
européens pour la formation et
l’enseignement professionnels) implique
que l’entreprise intègre plus résolument
la fonction évaluative dans sa stratégie
de management des ressources humaines,
comme aboutissement des apprentissages
réalisés dans la quotidienneté du travail.
Dans cette perspective, les résultats de
ces apprentissages seront plus lisibles,
plus facilement mesurables, capitalisables,
transférables.
L’approche ECVET conforte ainsi la place de
l’entreprise dans la démarche évaluative.
Le dispositif facilite l’assouplissement des
parcours de formation et de certification,
il encourage le croisement de divers lieux
d’apprentissage au niveau européen, il
permet l’articulation de différentes voies de
« l’apprendre ». Concrètement, ECVET offre à
l’entreprise des repères pour mieux baliser
les différentes étapes de la validation des
résultats d’apprentissage et la possibilité
de capitaliser, en les rendant lisibles,
des apprentissages qui passent souvent
inaperçus au sein des espaces de travail.
ECVET sous-entend donc que l’évaluation
ne relève pas seulement d’un cadre
académique formel et que la validation
des résultats de l’apprentissage trouve sa
place sur les lieux de travail en ayant même
valeur, d’un pays à un autre en Europe.
De cet aspect, l’entreprise peut tirer le
bénéfice d’une lisibilité internationale de
son « capital compétences », auquel s’ajoute
une ouverture introduisant une nouvelle
dynamique dans la gestion des ressources
humaines et la possibilité d’anticiper sur
l’évolution des métiers à l’aulne de pratiques
sur des territoires aux réalités multiples. g
RAPPEL
QU’EST-CE QU’ECVET ?
// Un système européen qui
facilite le transfert, la reconnaissance et la capitalisation
des acquis d’apprentissage
d’une personne en vue de
l’obtention d’une certification.
// Un système conçu sous
forme d’unités d’apprentissage : un ensemble cohérent
de savoirs, d’aptitudes et de
compétences pouvant être
validés.
// Les acquis d’apprentis-
sage évalués donnent lieu
à l’attribution de crédits
d’apprentissage capitalisables,
transférables au sein de
l’espace européen.
www.erasmus-expertise.jimdo.com
21
Soleo
L'ESSENTIEL
Des fondations universitaires
pour quoi faire ?
RENCONTRE AVEC RÉGIS BELLO, PRÉSIDENT DE LA
FONDATION UNIVERSITÉ DE STRASBOURG
La loi relative aux libertés et responsabilités des universités
(LRU) en 2007, a contribué à faire émerger un nouveau type
d’acteur, à la charnière entre les universités et les entreprises :
les fondations universitaires. Destinées à attirer les financements
privés d’entreprises ou de particuliers, grâce à la défiscalisation
des dons, ces fondations ont l’ambition de créer une culture de
mécénat universitaire encore peu développée en France.
S
elon l’Institut Français des Fondations de Recherche et de
l’Enseignement Supérieur (IFFRES), moins de 10% du mécénat
et des dons individuels vont vers l’enseignement supérieur et la
recherche, soit pour le mécénat d’entreprise une enveloppe de
l’ordre de 200 millions d'euros.
Aujourd’hui, une université sur deux en France a mis en place une
fondation : demi-succès ou demi-échec ? La question n’est pas là. Car audelà de la recherche de financement complémentaire pour l’enseignement
supérieur, c’est le défi de l’ouverture de l’université sur son environnement
socio-économique qui est lancé.
Régis Bello, ancien président du Groupe De Dietrich, a été un précurseur du
rapprochement université-entreprise tout au long de sa carrière d’industriel.
« Les universités vivaient en vase clos, elles ne savaient pas qu’elles n’étaient
pas connues du monde socio-économique. Il suffisait d’interroger les
entreprises alsaciennes, elles connaissaient l’existence de l’université de
Strasbourg, quant à savoir ce qui s’y faisait… ».
S’APPUYER SUR DES « PRODUITS » ATTRACTIFS ET SUR LES ANCIENS
ÉTUDIANTS
Aujourd’hui, à la tête de la Fondation Université de Strasbourg créée en
2008, Régis Bello considère que sa première mission est de faire connaître
l’université en allant au-devant des entreprises. « Ces dernières connaissent
bien le monde des grandes écoles, il faut leur faire découvrir tout ce qu’elles
ont à gagner d’un rapprochement avec l’université qui leur ouvre la porte de
la recherche, et leur permet de diversifier leur recrutement ».
Pour encourager cette logique de mécénat, la Fondation a créé différents
types de produits susceptibles d’intéresser les entreprises : chaires, bourses
d’études… Et les résultats sont là : depuis sa création en 2008, les Fondations1
de l’Université de Strasbourg ont recueilli 12 millions d'euros de dons
émanant d’environ 500 donateurs (400 particuliers et 100 entreprises).
Elles ambitionnent de lever encore 8 millions d'euros d’ici fin 2014. Pour ce
22
L'ESSENTIEL
Soleo
// Régis Bello
faire, elles comptent également s’appuyer sur le réseau des anciens
étudiants, à l’image des universités américaines et des grandes
écoles. Mais là encore, tout est à créer : il n’y a pas de tradition de lien
entre les diplômés de l’université et leur alma mater. La Fondation
aide donc l’université à mettre en place un service « alumni ».
CONVAINCRE LES DÉCIDEURS DE DONNER, L’ENJEU EST AUSSI
INTERNATIONAL
Ce qui se joue au sein des Fondations, c’est la capacité de l’université
à rayonner au-delà de ses frontières, en étant reconnue comme un
pôle d’excellence susceptible d’attirer les meilleurs. Grâce à une
chaire senior, financée par AXA, Strasbourg va par exemple accueillir
une scientifique de renommée mondiale en chimie et son équipe,
composée de 30 personnes. Les retombées d’une telle opération vont
bien au-delà de l’université et les quelques quarante Fondations
universitaires créées depuis 2008 ont souvent contribué à attirer
elles aussi des chercheurs de renommée internationale.
Nul doute que tout cela contribue à faire évoluer l’image de
l’université auprès des acteurs économiques ; mais en période de crise,
les processus de décision au sein des entreprises se complexifient et
les Fondations universitaires doivent redoubler d’inventivité pour
réussir à imposer une vraie culture de mécénat pour l’enseignement
supérieur et la recherche : « Il faut identifier dans les entreprises
les décideurs et les convaincre de donner, de donner beaucoup et de
donner sur le long terme » conclut Régis Bello. g
// Quitterie Gadret
Mission Prospective, Agence 2e2f
http://fondation.unistra.fr
Ancien PDG du groupe De Dietrich
et administrateur de plusieurs
entreprises, licencié es sciences
économiques, polytechnicien, MBA
Insead et Harvard Business School,
Régis Bello est fortement impliqué
au sein du MEDEF et des Chambres
de Commerce et d’Industrie du
Bas-Rhin et d’Alsace, où il est
vice-président des commissions
Industrie et Innovation. Il est aussi
administrateur d’Alsace Innovation,
de l’EM Strasbourg et préside
le comité Grand Est de Siparex,
spécialisé dans l’apport de fonds
propres aux PME et ETI (Entreprise
de Taille Intermédiaire).
Il croit fondamentalement à la
nécessité de développer l’autonomie,
l’attractivité et le rayonnement
des universités françaises, tant
dans l’enseignement que dans la
recherche, et de renforcer leurs liens
avec les entreprises, la société civile
et les collectivités territoriales.
1 - La Fondation de l’Université de Strasbourg
et la Fondation pour la Recherche en Chimie
ont mutualisé leur fundraising et organisé en
commun leur campagne de levée de fonds..
23
Soleo
STATISTIQUES
Les grandes tendances
PME très actives dans le soutien à la formation des
des stages Les
stagiaires Erasmus et Leonardo.
Plus faciles à démarcher dans des secteurs professionnels
très sollicités.
LEONARDO
// NOMBRE DE MOBILITÉS FINANCÉES PAR PUBLIC DE 2009 À 2012
6000
5157
5000
4000
3000
3979
3648
3221
3023
2888
LEONARDO
3688
// TAILLE DES ENTREPRISES ACCUEILLANT
DES STAGIAIRES EN 2008 & 2009
3361
2736
2%
2315
2000
1533
1317
17%
1000
0
Scolaires
Apprentis
Personnes sur le marché du travail
80%
1-50 personnes
51-500 personnes
501-2000 personnes
Plus de 2000 personnes
LEONARDO
// SUBVENTIONS ACCORDÉES (en euros)
9 356 846,63
9 906 099
8 969 042,85
7 156 491
Scolaires
6 896 081,23
6 341 310
5 553 113
4 941 856
Personnes
sur le marché
du travail
4 196 535
2010
24
2011
Apprentis
2012
80 %
de PME de moins de 50 salariés,
accueillent des stagiaires Leonardo,
prioritairement dans les secteurs
de l’hôtellerie-restauration, de
l’agriculture, du secteur de la santé et
de l’action sociale.
STATISTIQUES
Soleo
ERASMUS & LEONARDO
Stages Erasmus
// LES PAYS DE DESTINATION DES STAGIAIRES EN 2009
Stages Leonardo
1695
1568
1341
1289
880
716
545
485
239
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277
54 %
de PME accueillent des stagiaires Erasmus dans les secteurs
de l’industrie, des services, des activités scientifiques et
techniques, de l’éducation. Puis viennent les secteurs de l’art,
du divertissement et des loisirs.
-> Les PME sont aussi les plus nombreuses en France, elles
représentent 63 % de la masse d’emploi, un chiffre assez proche
de la moyenne européenne. Leurs activités professionnelles
correspondent souvent aux secteurs les plus sollicités par les
étudiants et les apprentis.
-> Le Royaume-Uni arrive en tête pour les demandes de
mobilités de stage. L’attrait linguistique y est pour beaucoup.
L’autre raison tient au fait que les structures d’envoi de
stagiaires ne sont pas limitées par d’éventuels quotas.
ERASMUS
// MONTANTS ALLOUÉS AUX MOBILITÉS DE STAGE
(SIMPLIFIÉ ET CONSORTIUM) :
6 558 051 euros
Enveloppe allouée sur la convention 2009
7 703 390 euros
Enveloppe allouée sur la convention 2010
ERASMUS
ERASMUS
// RÉPARTITION DES MOBILITÉS DE STAGE
PAR NIVEAU D'ÉTUDE - 2008
// TAILLE DES ENTREPRISES ACCUEILLANT
DES STAGIAIRES EN 2008 & 2009
2%
1-50 personnes
7%
51 à 500 personnes
Master
Cycle court
34%
44%
10%
Licence
Doctorat
54%
29%
20%
501 à 2000 personnes
Plus de 2000 personnes
25
Soleo
PLUS D'EUROPE & D'INTERNATIONAL
Chypre, Irlande, Portugal
Situation des stages Erasmus et Leonardo
L
a crise économique que traverse l’Europe a-t-elle des incidences sur la dynamique
des stages du programme EFTLV ? Comment s’y prennent nos voisins pour
inciter les entreprises à accueillir des stagiaires ? Soleo a rencontré 3 agences
nationales : Chypre, qui assure depuis juillet 2012 la Présidence de l’UE s’appuie
sur la campagne européenne we mean business , l’Irlande qui prendra le relais de la
présidence, au 1er semestre 2013, joue la plus-value des compétences-clés acquises
en stage ; quant au Portugal, la toute nouvelle directrice de l’agence met en place des
protocoles avec les autorités régionales pour utiliser leurs réseaux d’entreprises. Des
stratégies payantes pour les trois directions d’agence.
26
PLUS D'EUROPE & D'INTERNATIONAL
Soleo
DR ANDROULA PAPANASTASIOU
// Director of cyprus llp national agency
SENSIBILISER LES ENTREPRISES AUX PLUS-VALUES DES STAGES EN
S’APPUYANT SUR LA CAMPAGNE « WE MEAN BUSINESS »
« Le périmètre de notre Agence nationale est de financer et de promouvoir la mobilité
sortante. Dans ce cadre, nous ciblons les jeunes chypriotes pouvant bénéficier de
stages à l’étranger par des actions de promotion diverses : organisation de journées
d’information nationales, régionales ou institutionnelles, publication de documents
web et papier, diffusion d’exemples de bonnes pratiques lors d’évènements et, enfin,
mise en place d’un service d’assistance aux personnes intéressées.
La campagne, We Mean Business, lancée par la Commission européenne, et reprise à
Chypre en juillet, a permis d’inviter un grand nombre d’entreprises via le réseau des
chambres de commerce et d’industrie, ce qui a suscité de l’intérêt de leur part pour
l’accueil de stagiaires européens. L’agence nationale a répondu à cette demande en
les informant sur la procédure à suivre.
PLUS DE STAGES LEONARDO QUE DE STAGES ERASMUS ET LE SECTEUR
HÔTELIER EN FLÈCHE
Selon les données de notre agence nationale, les étudiants ou stagiaires entrant
à Chypre pour un stage sont beaucoup plus nombreux que celui des sortants. La
plupart des jeunes effectuant leur stage chez nous sont placés dans des hôtels ou
des établissements en lien avec l’industrie touristique ainsi que chez des prestataires
de service et des cabinets de conseil.
La plupart des mobilités sortantes pour les stages sont organisées dans le cadre
du programme Leonardo et en particulier l’action PMT (personne disponible sur le
marché du travail). C’est pourquoi l’Agence chypriote défend l’idée que ce public
devrait rester dans le cadre du futur programme, au moins en ce qui concerne les
jeunes diplômés.
Le nombre de stages réalisés dans le cadre d’Erasmus est très limité, notamment pour
deux raisons : à Chypre, il n’y a pas de période de stage intégrée dans la plupart des
curricula d’enseignement supérieur et les établissements d’enseignement supérieur
ont des difficultés à trouver des lieux de stages adaptés à leurs étudiants.
Récemment, compte-tenu de la crise financière et du taux élevé de chômage parmi
les jeunes chypriotes, l’intérêt pour la mobilité a augmenté, à la fois de la part des
jeunes - en particulier auprès des jeunes diplômés - et de la part des entreprises à la
recherche de stagiaires venant d’autres horizons.
Notre Agence vient de lancer une coopération avec le ministère du travail et des
affaires sociales en vue de faciliter le placement des personnes inemployées dans des
formations complémentaires pour améliorer leurs perspectives d’emploi.
Androula Papanastasiou
CHYPRE
// Population : 885 600
habitants
// Superficie : 9251 km2
// Monnaie : euro (depuis le
1/01/2008)
// Chypre a rejoint l’UE en
avril 2004. Elle assure depuis
juillet 2012 la Présidence de
l’UE.
27
Soleo
PLUS D'EUROPE & D'INTERNATIONAL
IRLANDE
ELVA DUGGAN
// Leonardo project officer, Léargas the exchange
bureau
// Population : 4,7 millions
d’habitants
// Superficie : 70 273 Km2
// Monnaie : euro (depuis
janvier 1999)
L’Irlande a rejoint l’UE en
1973. Elle assurera la présidence de l’UE le 1er semestre
2013.
PORTUGAL
// Population : 10,5 millions
d’habitants
// Superficie : 92 201 km2
// Monnaie : euro (depuis
2002)
Le Portugal a rejoint l’UE en
1986
28
UNE ÉCONOMIE RALENTIE OÙ LES
STAGES PROFITENT AUX DEMANDEURS
D’EMPLOI
La situation est aujourd'hui difficile en
Irlande et le marché du travail reste mou.
Le taux de chômage actuel est de 14,8%
et le nombre de demandeurs de longue
durée a augmenté. On observe que le
pourcentage de jeunes âgés de moins
de 25 ans inscrits sur le « Live Register »
s'élevait à 17,2% en septembre 2012 et
qu’il est en baisse par rapport au chiffre
à l’an dernier (18,5%) mais cela pourrait
peut-être s’expliquer par l'augmentation
de l’émigration que l’on constate dans
notre pays. Le taux de chômage ne devrait
pas s'améliorer avant que l'économie ne
reparte sur une base durable. Avec une
situation économique générale en phase
de ralentissement, on peut s’attendre
à ce que le marché du travail reste sous
pression pendant encore un certain temps.
L'intérêt pour les stages a augmenté
de façon spectaculaire au cours des
dernières années. Le nombre de stages
effectués en 2012 a triplé par rapport à
2007. La destination la plus populaire
pour les jeunes partants en Erasmus
est le Royaume-Uni, suivi par la France,
l'Espagne et l'Allemagne pour des stages
effectués essentiellement dans les
secteurs des TIC, de la santé et du social et
le domaine administratif.
Du côté de Leonardo, on constate
également une forte croissance des
demandes de mobilité. Le financement
sollicité ces dernières années a largement
dépassé le budget disponible. Les
demandes ont doublé chez les jeunes en
formation professionnelle initiale (FPI)
et quasiment triplé chez les personnes
disponibles sur le marché du travail (PMT).
On peut en déduire que les jeunes en fin
d’études adoptent des stratégies pour
se distinguer des autres demandeurs
d’emploi sur le marché du travail
grâce à une expérience européenne
et leur mise en situation dans d'autres
contextes professionnels. L’Agence
nationale irlandaise est convaincue
que les employeurs accordent de plus
en plus d’importance aux compétences
clés. L'expérience de travail dans
d’autres environnements linguistiques
et culturels est perçue comme une réelle
valeur ajoutée pour s’insérer et s’intégrer
dans des environnements professionnels
de plus en plus internationaux.
L’expérience transnationale améliore
considérablement le développement des
compétences clés, les chances d’insertion
professionnelle et les perspectives de
carrières.
Par ailleurs, les stages et les échanges
réalisés dans le cadre du programme ont
également permis à certains bénéficiaires
d’avoir accès à des formations ou des
ressources qui étaient à une époque
inexistantes en Irlande.
PLUS D'EUROPE & D'INTERNATIONAL
MARIA DO CÉU CRESPO
// directrice Agence nationale portugaise LLP Proalv
LA VALEUR AJOUTÉE DES STAGES,
C’EST L’EMPLOYABILITÉ
Les stages favorisent l'employabilité
des jeunes et renforcent la
compétitivité des entreprises. Au
cours des 5 dernières années, Erasmus
et Leonardo da Vinci ont concentré
leur attention sur les connaissances
et les compétences des jeunes pour
répondre aux besoins de l'entreprise
et du marché du travail. A travers les
stages Erasmus et Leonardo da Vinci,
le programme Education et formation
tout au long de la vie s’est réellement
ouvert à la société.
Avec Erasmus, effectuer un stage
dans une entreprise d’un autre
pays européen, même au cours des
études, remporte une réelle adhésion
des étudiants. On constate que les
stages sont passés de 283 (2007) à
2033 (2013) avec un taux moyen
de croissance annuel de 30%, deux
fois plus que le taux de croissance
constaté au niveau européen. En cinq
ans et demi, environ 6000 stages ont
été réalisés par les jeunes portugais.
En 2012/2013, on compte 15 consortia
Erasmus impliquant 38 établissements
d'enseignement supérieur et 402
entreprises.
Créer des conditions d'emploi pour
les jeunes, en particulier pour les
jeunes demandeurs d’emploi, est le
plus grand apport du programme
Leonardo da Vinci. On a observé que
la demande a augmenté passant de
86 projets en 2007 à 171 en 2012, soit
une croissance moyenne annuelle de
12%. Au total, durant ces 5 dernières
années, près de 786 candidatures
ont été reçues. Ce programme a joué
un rôle clé auprès des bénéficiaires
disponibles sur le marché du travail,
mais on peut faire encore mieux pour
répondre aux besoins et aux défis d'un
marché du travail concurrentiel et
mondial.
La demande accrue de stages pour
les jeunes reflète certainement la
situation économique portugaise et
européenne et elle reflète la nécessité
d’adapter les connaissances acquises
aux besoins réels de la société. Les
stages Erasmus et Leonardo da Vinci
ont des caractéristiques uniques et
sont devenus synonymes de capacité
d’adaptation, de mise en pratique
des compétences linguistiques, de
découverte de culture d'entreprise,
etc. Bref, à mon sens, la réelle valeur
ajoutée d’un stage Erasmus ou
Leonardo da Vinci est l'employabilité.
TRAVAILLER AVANT TOUT LES
RÉSEAUX D’ENTREPRISES
La campagne We mean business, une
initiative européenne déclinée dans
tous les Etats-membres a permis
d’appeler l'attention de la communauté
des entrepreneurs et d'autres
organisations sur l’intérêt d’ouvrir
leurs portes aux stagiaires Leonardo
Soleo
ou Erasmus. Au Portugal, l’événement
national a eu lieu le 28 juin 2012 en
présence d’entreprises et d’organisations de
divers secteurs économiques et sociaux. En
complément, deux événements organisés,
les 21 et 27 septembre derniers, dans
les régions autonomes des Açores et de
Madère ont permis de mettre en place des
protocoles avec les autorités régionales pour
utiliser leur réseau de contacts et accéder
aux entreprises et organisations régionales
et locales.
Il faut également souligner le rôle clé des
consortia Erasmus auprès des structures
des autorités locales, des PME, des grandes
entreprises, des chambres de commerce, des
ONG, etc. Leur ancrage régional et local leur
permet une compréhension unique de la
réalité des entreprises et des organisations.
De cette connaissance provient une approche
en termes d’offre de création de stages qui
répond aux besoins de compétitivité et
d'internationalisation des entreprises. Les
consortia Erasmus ont ainsi joué un rôle clé
pour sensibiliser tous les acteurs à l’apport
réel des stages.
Notre agence a, par ailleurs, mis en place
une base de données d'entreprises des pays
européens stratégiques pour le Portugal et
ses stagiaires. Elle a créé une vidéo inspirée
par la campagne We mean business pour
sensibiliser et encourager les entreprises
à accueillir des stagiaires. Elle prépare
actuellement un bulletin mensuel qui
traitera de ces problématiques et constituera
un relais entre l'Agence nationale et les
bénéficiaires.
// Propos recueillis et traduits par
Christelle Coet-Amette,
Mission Prospective, Agence 2e2f
MARIA DO CÉU CRESPO
29
Soleo
BREVES
UN MINISTRE REND VISITE À L'AGENCE
AU SALON EUROPÉEN DE L'ÉDUCATION
LES ÉTUDIANTS JUGENT POSITIVEMENT LES
ENTREPRISES
Selon une enquête réalisée par l’association "Jeunesse et
Entreprises", qu’EducPros a publiée en exclusivité le 11 octobre
dernier, les étudiants, à 89 %, plébiscitent les stages en entreprise
et l’alternance. Les étudiants de l’université suggèrent même que le
stage en entreprise soit indispensable pour valider une licence. Ce
sont plutôt les PME qui bénéficient d’une très bonne image auprès
de 90 % des étudiants (65% pour les grandes entreprises).
Avant de participer à Bruxelles à la réunion formelle du Conseil des
Ministres de l’éducation de l’Union européenne, madame George
Pau-Langevin, ministre déléguée en charge de la réussite éducative
s'est déplacée au salon européen de l’Education à Paris, le 23
novembre 2012, où elle a rencontré l'équipe de l’Agence. Les missions
et les orientations actuelles lui ont été présentées : rapprochement
avec les entreprises et la conférence de Strasbourg, des 13 et 14
décembre, « Besoins d’entreprises, besoin d’Europe », hausse des
demandes de participation aux programmes européens, besoins de
financement pour développer les activités de l’Agence y compris via
le Fonds social européen (comme en Pologne et en Italie), attente
de l’action gouvernementale au niveau des financements européens.
Ancienne directrice d’une agence nationale ANT (l’Agence nationale
de promotion et d’insertion des travailleurs d’outre-mer – ANT),
madame la ministre s’est dite particulièrement sensible aux questions
de mobilité et a souligné l’importance de nos activités, dont elle
connaissait notamment le programme Leonardo da Vinci.
// En savoir plus : http://www.jeunesse-entreprises.com
DES MESURES POUR FAIRE FRONT
AU CHÔMAGE DES JEUNES ET AUX BESOINS
DE L’ÉCONOMIE
Le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi
annonce des mesures capables d’augmenter l’efficience de nos systèmes de formation et d’orientation afin de répondre et anticiper
les besoins en qualification des entreprises. Parmi ces mesures :
-> Un nouveau service public territorialisé d’orientation tout au
long de la vie pour offrir aux jeunes des qualifications-métiers
dans les emplois d’avenir.
-> Atteindre les 500 000 apprentis en 2017 pour renforcer la
compétitivité des PME. Ces dernières assurent les embauches en
contrat d’apprentissage à des niveaux CAP-BEP, Baccalauréat et
bac + 2. Il leur manque des compétences de haut niveau sur des
métiers techniques, de niveau bac + 3, bac+5.
-> Renforcer la place des entreprises au sein des instances de
gouvernance de l’enseignement professionnel et technique.
-> Création en 2013 de 10 plateformes territoriales d’appui
aux mutations pour répondre sur les territoires aux besoins en
ressources humaines des TPE et PME.
Enfin, il est annoncé un doublement de la mobilité internationale
étudiante d’ici 2017.
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George Pau-Langevin s'entretien avec Jean-Luc Prigent, directeur de cabinet de l'Agence 2e2f
L’ALLEMAND, C’EST FASTOCHE AVEC
DEUTSCHMOBIL, L’AUTOMOBILE AU SERVICE
DES LANGUES !
Les coopérations culturelles avec le monde de l’entreprise ont une
longue tradition outre-Rhin. Le programme DeutschMobil pour la
promotion de la langue et culture allemandes dans les établissements
scolaires en France montre l’exemple. La Robert Bosch Stiftung,
une des plus grandes fondations allemandes, est un des partenaires
privilégiés du programme. Il y a cent ans déjà, Robert Bosch, fondateur
d’entreprise, philanthrope et inventeur de la bougie-moteur, a voulu
s’investir dans la société civile et l’entente des peuples – notamment
les relations franco-allemandes. Il décida qu’une partie des bénéfices
de l’entreprise servirait à sa fondation. Parallèlement, MercedesBenz a pu être convaincu de la portée du programme DeutschMobil
et aujourd’hui, les constructeurs d’automobiles sponsorisent
dix monospaces Viano garantissant la mobilité des animateurs
linguistiques qui transportent ainsi l’image d’une marque connue.
Bref, les deux côtés en profitent, une situation gagnante se crée – la
langue allemande est avant tout un plus dans le monde professionnel.
Nadine Gruner, Coordinatrice DeutschMobil
www.deutschmobil.fr // www.bosch-stiftung.de
// www.mercedes-benz.fr
BREVES
Soleo
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