le houblon - Institut KLORANE
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Professeur Isabelle Fourasté Faculté des Sciences Pharmaceutiques de Toulouse Le Houblon Humulus lupulus L. Cannabaceae Pierre Fabre Pierre Fabre - LE HOUBLON - Humulus lupulus L. (Cannabaceae) C 'est à partir du XIIe siècle que sainte Hildegarde vante les vertus médicinales du houblon. Elle l'indiquait comme remède à la mélancolie. Ce serait à partir du IXe siècle, dans le Caucase, que l'on aurait commencé à aromatiser l'antique cervoise avec le houblon. L'usage s'en répandit rapidement sur le continent tandis que l'Angleterre y resta rebelle jusqu'au XV-XVIe siècle. Gerade (mort en 1607) disait encore au début du XVIIe siècle qu'on l'emploie "pour assaisonner" la bière et l'ale, et que malgré ses propriétés on devrait plutôt l'employer à fabriquer des boissons médicamenteuses que des liqueurs destinées à apaiser la soif. Le témoignage de Matthiole (XVIe siècle) nous apprend que de son temps les médecins employaient très fréquemment le houblon. Il assigna aux fleurs, cônes et racines, des propriétés apéritives, dépuratives, laxatives, fébrifuges, vermifuges, diurétiques et emménagogues. Au XVIIe siècle, il était utilisé en médecine comme tonique et sédatif; on raconte que Georges III, roi de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1760 à 1820, faisait remplir son oreiller de cônes de houblon pour favoriser son sommeil. (5, 6, 7) • Aujourd'hui, on reconnaît au houblon cette action sédative qui en fait un remède apprécié contre les insomnies et les états anxieux. Par ailleurs, la saveur amère, bien connue des buveurs de bière, explique ses propriétés digestives. ■ PRINCIPAUX CONSTITUANTS CHIMIQUES TROUVÉS DANS LES INFLORESCENCES FEMELLES DE HUMULUS LUPULUS L. (1, 2, 3, 8). L e houblon, Humulus lupulus L., est une grande herbe vivace dioïque, c'est-àdire que les fleurs mâles et les fleurs femelles sont portées par des pieds différents. Cette plante, qui peut atteindre 8 mètres de hauteur, aime les endroits humides et s'enroule sur les supports qu'elle rencontre (arbres, perches,...) dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le houblon est largement cultivé en Europe pour la production des inflorescences femelles, utilisées entre autres dans la fabrication de la bière. • Les feuilles du houblon sont palmées à 3 ou 5 lobes dentés, rugueuses au toucher en raison de la présence de nombreux poils tecteurs. Les fleurs mâles, verdâtres, sont disposées en grappes rameuses naissant à l'aisselle des feuilles. • Les fleurs femelles, très nombreuses, sont réunies à l'extrémité de jeunes rameaux et donnent à l'inflorescence l'apparence d'un cône également appelé strobile. • Les fleurs femelles portent, à la base des bractées, des poils sécréteurs, ou lupulin, contenant un suc résineux jaune doré. • La récolte a lieu à la fin de l'été lorsque les cônes sont mûrs. Il faut effectuer la cueillette avant qu'ils ne soient complètement ouverts et lorsque leur teinte passe au vert jaunâtre; ils sont alors chargés de lupulin. (1, 2, 4, 8, 9) - COMPOSITION CHIMIQUE - 1- Des principes amers Ce sont des dérivés prénylés du phloroglucinol : - L'humulone - La lupulone Ces composés subissent pendant la conservation une auto-oxydation partielle en méthylbuténone ou 2-méthyl-3 butén-2-ol : 2- Une huile essentielle Elle est principalement constituée de carbures mono et sesquiterpéniques : - β-myrcène - humulène - β-caryophyllène L'huile essentielle renferme également des composés oxygénés (linalol, nérol, géraniol) et du 2-méthyl-3-butén-2-ol. 3- Des flavonoïdes Le rutoside, le quercitroside, l'astragaloside ainsi que le xanthohumol. - Le xanthohumol 4- Des matières minérales Il s’agit principalement de sels de potassium. 5- Des dérivés oestrogéniques Oestrone, Oestradiol. - DONNÉES PHARMACOLOGIQUES - ■ ACTION SÉDATIVE ET HYPNOTIQUE (1, 2, 11) Beaucoup d'auteurs admettent l'activité sédative des préparations de houblon mais la nature des substances actives reste mystérieuse. On sait seulement que le méthylbuténol présent dans l'huile essentielle induit chez l'animal une narcose profonde et une diminution marquée de la motilité. Les dérivés terpéniques et le bornéol participeraient également à l'action sédative. ■ ACTION BACTÉRICIDE ET BACTÉRIOSTATIQUE (1, 2, 3) L'activité bactéricide est liée aux céto-énols phlorogluciniques. Ces composés (humulone, lupulone et leurs dérivés) inhibent le développement des bactéries gram (-) et gram (+). L'activité varie en fonction inverse de l'hydrosolubilité, ce qui permet de situer l'activité au niveau des constituants membranaires lipophiles. Les extraits organiques de houblon sont également fongistatiques in-vitro. ■ ACTIVITÉ OESTROGÉNIQUE (2, 12) L'activité oestrogénique n'a pu être attribuée, lors d'essais, à un composant particulier. Elle est vraisemblablement la résultante d'une synergie entre plusieurs constituants. - USAGES TRADITIONNELS ET COURANTS - ■ USAGES TRADITIONNELS (5, 6, 7, 12) Les cônes femelles sont traditionnellement utilisés comme tonique amer et stimulant de l'appétit. Le houblon est un remède apprécié pour combattre les états anxieux, les migraines et les insomnies. Il est également indiqué pour traiter certains types d'asthme ainsi que pour les règles douloureuses en tant qu'antispasmolytique. Par ailleurs, les strobiles sont utilisés comme anaphrodisiaques chez l'homme, en particulier dans le cas de troubles sexuels avec hyperexcitabilité. ■ INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES (2, 3) Les médicaments à base d'inflorescences femelles de houblon sont surtout indiqués dans le traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles mineurs du sommeil. ■ EFFETS INDÉSIRABLES, CONTRE-INDICATIONS (3) A hautes doses, le houblon peut provoquer des nausées, des vertiges et un effet narcotique. L'usage chronique doit être prudent vu ses propriétés oestrogéniques. - IDENTIFICATION (10) - L a partie utilisée du houblon est constituée par l’inflorescence femelle séchée de Humulus lupulus L. Le houblon contient au minimum 0,30 % (V/m) d’huile essentielle. Le houblon a une odeur spéciale, une saveur amère et aromatique. •L’inflorescence femelle, communément appelée « cône de houblon », est jaune verdâtre, de forme ovoïde, elle mesure de 2 à 4 cm de longueur et est formée d’écailles membraneuses se recouvrant incomplètement. •Les écailles membraneuses se présentent sous forme d’éléments plus ou moins ovales, translucides et parcourus par un réseau de fines nervures prenant naissance à la base de l’écaille; elles se composent de bractées légèrement concaves, régulières, recouvrant des bractéoles, pliées sur un bord, asymétriques, portant à la base du pli un akène (induvie). Les bractées et bractéoles portent de petits grains rouge orangé, se détachant facilement (poils sécréteurs contenant une oléorésine : le lupulin). •Examiné au microscope, le houblon pulvérisé présente de nombreux poils sécréteurs jaune d’or, soit fixés sur l’épiderme, soit détachés, composés de cellules à paroi mince, formant une coupe contenant de l’oléorésine retenue par une cuticule bombée. •D’autre part la composition de l’huile essentielle de houblon peut être analysée en Chromatographie en Phase Vapeur (CPV). •Les flavonoïdes de l’extrait de houblon sont mis en évidence par Chromatographie sur Couche Mince (CCM). Humulus lupulus L. Inflorescences femelles séchées - BIBLIOGRAPHIE - 1 - BÉZANGER L., BEAUQUESNE L. Plantes médicinales des Régions Tempérées Ed. Maloine, 1990, p. 67. 7 - LHOSTE J. Le grand livre de la phytothérapie Ed. Michel Lafont Conseil +, 1989, p. 192. 2 - BRUNETON J. Pharmacognosie - Phytochimie Plantes médicinales Ed. Lavoisier, 1993, 2e édition , p. 379. 8 - PARIS R. R, MOYSE H Matière médicale Ed. Masson, 1967, tome II, p. 105. 3 - CORNILLOT P., ANTOINE P., BALANSARD G. et al. Encyclopédie des Médecines Naturelles Editions Techniques , 1993, Section D1 p.6, section D8, p.16. 4 - DELAVEAU P. Les Actualités Pharmaceutiques Septembre 1984, n° 209. 5 - FOURNIER P. Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France Encyclopédie Biologique, Ed. Lechevalier, 1948, tome II, p. 324. 6 - GIRRE L. Traditions et propriétés des plantes médicinales Ed. Privat, 1997, p. 180. 9 - PERROT R., PARIS R. Les plantes médicinales Ed. Presses Universitaires de France, 1971, p. 120. 10 - PHARMACOPÉE FRANÇAISE Ed. Maisonneuve, Xe Edition, janvier 1989. 11 - VIGNEAU C. Plantes Médicinales, Thérapeutique, Toxicité Ed. Masson, 1985, p. 100. 12 - WEISS R.F. Herbal medecine Ed. Beacons Field Arcanum, 1988, p. 285. Pierre Fabre Pierre Fabre
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