Rouget de Lisle, La Marseillaise, 1792
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Rouget de Lisle, La Marseillaise, 1792
Rouget de Lisle, La Marseillaise, 1792 Allons enfants de la Patrie Le jour de gloire est arrivé Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé {2x} Entendez vous dans nos campagnes Mugir ces féroces soldats Qui viennent jusque dans nos bras, Égorger nos fils, nos compagnes Refrain : Aux armes citoyens ! Formez vos bataillons ! Marchons, marchons, Qu'un sang impur abreuve nos sillons Que veut cette horde d'esclaves De traîtres, de Rois conjurés ? Pour qui ces ignobles entraves, Ces fers dès longtemps préparés ? {2x} Français ! Pour nous, ah ! Quel outrage ! Quels transports il doit exciter ! C'est nous qu'on ose méditer De rendre à l'antique esclavage ! Refrain Quoi ! Des cohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers ? Quoi ! Ces phalanges mercenaires Terrasseraient nos fiers guerriers {2x} Grand Dieu ! Par des mains enchaînées Nos fronts sous le joug se ploieraient, De vils despotes deviendraient Les maîtres de nos destinées ? Refrain Tremblez, tyrans ! Et vous, perfides, L'opprobre de tous les partis, Tremblez ! Vos projets parricides Vont enfin recevoir leur prix {2x}. Tout est soldat pour vous combattre, S'ils tombent, nos jeunes héros, La terre en produit de nouveaux Contre vous tous prêts à se battre Refrain Français ! En guerriers magnanimes Portez ou retenez vos coups. Épargnez ces tristes victimes A regret s'armant contre nous {2x}. Mais le despote sanguinaire, Mais les complices de Bouillé, Tous ces tigres qui sans pitié Déchirent le sein de leur mère Refrain Amour sacré de la Patrie Conduis, soutiens nos bras vengeurs ! Liberté, Liberté chérie ! Combats avec tes défenseurs {2x}. Sous nos drapeaux, que la victoire Accoure à tes mâles accents, Que tes ennemis expirant Voient ton triomphe et notre gloire ! Refrain Nous entrerons dans la carrière, Quand nos aînés n'y seront plus Nous y trouverons leur poussière Et les traces de leurs vertus. {2x} Bien moins jaloux de leur survivre Que de partager leur cercueil, Nous aurons le sublime orgueil De les venger ou de les suivre ! Refrain La Marseillaise a été écrite par Claude Joseph Rouget de Lisle (1760-1836) dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à Strasbourg suite à la déclaration de guerre à l’Autriche sous le nom de « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin ». A l’occasion de la prise des Tuileries le 10 août 1792, le chant est repris par les Fédérés marseillais. Il est déclaré chant national le 14 juillet 1795. Rouget de Lisle a composé 6 couplets, l’auteur du septième (dit « Couplet des enfants ») ajouté en octobre 1792 est inconnu. L’auteur de l’air n’est pas clairement identifié : plusieurs orchestrations se sont succédées. En 1887 une version officielle de la musique est arrêtée par une commission de musiciens professionnels. Pierre Dupont (1889-1969), chef de la musique de la Garde Républicaine a composé l’arrangement officiel dont la version est encore en usage aujourd’hui. Rouget de Lisle est un capitaine du génie à la carrière militaire brève (1791-1796). Révolutionnaire modéré, le succès de La Marseillaise lui permet de ne pas être victime de la Terreur. Il participe à la Guerre de Vendée contre les Chouans et s’oppose à l’instauration du Premier Empire. Il ne réussit pas la carrière qu’il avait escomptée et finit sa vie dans une situation précaire. Le 14 juillet 1915 ses cendres sont transférées aux Invalides. La Marseillaise est interdite sous l’Empire et la Restauration. Elle est reprise en 1830 à l’occasion des journées révolutionnaires des Trois Glorieuses. Hector Berlioz en élabore une orchestration. La Marseillaise devient officiellement l’hymne national de la République en 1879 (l’article 2 de la Constitution de la Vème République rappelle ce caractère officiel). En 1911 elle doit être apprise par les écoliers. Pendant la Seconde Guerre Mondiale elle est interdite en zone occupée par les Allemands et chantée dans des versions modifiées dans la zone sud contrôlée par le régime de Vichy. Elle sera au même titre que le Chant des Partisans un des hymnes de la Résistance. Depuis 2003 un délit d’ « outrage » à l’hymne national est passible de 6 mois d’emprisonnement et 7 500€ d’amende. Depuis 2005 elle doit être apprise dans les écoles maternelles et primaires. Les paroles de La Marseillaise font débat. Il leur est reproché leur caractère belliqueux. Dès le XIXème siècle Alphonse de Lamartine écrit une Marseillaise de la Paix. En 1989 l’abbé Pierre avait demandé d’en changer les paroles. Une telle modification supposerait une modification de la Constitution. Au printemps 2014 il a été reproché à Mme Taubira, ministre de la justice, de ne pas avoir entonné La Marseillaise lors d’une cérémonie de commémoration de l’esclavage. Le même reproche est régulièrement adressé à certains sportifs français… La Marseillaise a été reprise et adaptée : introduction de la chanson « All You Need Is Love » des Beatles en 1967 et surtout « Aux armes et cætera » de Serge Gainsbourg en 1979 qui déclenchera une polémique, en particulier auprès des militaires, ce qui n’empêche le titre de connaitre un grand succès (http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=mLq7EcvRaf0). Interprétation de Roberto Alagna, accompagné par l'orchestre symphonique de la garde républicaine et le chœur de l'armée française, Place de la Concorde, 14 juillet 2005 (orchestration d’Hector Berlioz, 1830) : http://videos.assemblee-nationale.fr/chaines.php?media=1830&synchro=0# Thématique : Arts, États et pouvoir
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