Biladi n°784
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Biladi n°784
Dialogue politique N° 784 du 04 Mars 2015 - Hebdomadaire d’informations générales B’IL A DIT… Président à vie… Lors de sa dernière rencontre avec ses parlementaires, le président de la République s’est prononcé à deux reprises sur l’amendement constitutionnel. L’agence mauritanienne d’information n’a pas occulté ces passages relatifs à la Constitution. Elle mentionne : ‘’ Le Président de la République a indiqué que la constitution ne peut être modifiée que par referendum, ajoutant qu'il y a des partis de l'opposition qui ont demandé la révision de la constitution. Lire en page 4 et 6 SNIM Grève Totale Déclenchée depuis plus d’un mois à Zouerate, la grève des travailleurs de la SNIM s’est étendue à ceux de Nouadhibou qui, en solidarité avec leurs amis de cité minière, ont déclaré une grève illimitée à partir d’hier mardi (3 mars). Lire en page 5 BACOMAB Un financement durable de la Biodiversité en RIM C’est un fonds fiduciaire dont l’objectif premier est d’assurer un financement durable pour la préservation et la conservation de l’environnement marin sur le littoral mauritanien. ‘’La fiducie est un transfert de propriété soumis à des conditions d’usage ou de durée’’, peut-on lire dans l’encyclopédie Wikipédia. Lire en page 6 Saut dans l’inconnu ? Prix : 200 UM O ÉDITO n continue de s’interroger sur les raisons profondes qui poussent le président Mohamed Ould Abdel Aziz d’appeler ses opposants les plus irréductibles à la table du dialogue. Un comportement et un style nouveaux chez l’homme de la rectification qui ne ratait pas d’occasion pour dénoncer ‘’un conglomérat’’ de ‘’vieillards séniles’’ et de ‘’gabegistes’’ responsables, à ces yeux, de tous les maux du pays… Non seulement ces gens paraissent être devenus brusquement des partenaires fréquentables, mais l’homme fort du pays fait tout pour les embarquer avec lui dans une nouvelle ‘’aventure’’ d’un dialogue ‘’sans tabous’’. Et semble patient et prêt d’attendre, et d’attendre encore, leur ‘’réponse’’, qui tarde vraiment à arriver… Cela est d’autant plus intrigant qu’il a la réputation d’être un homme toujours pressé –précipitédans toutes ses actions. Un homme ‘’suffisant’’ qui n’accorde pas un grand intérêt aux autres. Tout le monde a, en effet, en tête le dédain ou du moins l’indifférence avec lesquels il recevait les grands électeurs à la veille de la présidentielle, réalisée au forceps, de 2009. Qu’est-ce qui explique la patience et la retenue qui caractérisent le comportement du président Aziz actuellement avec ses adversaires politiques les plus irréductibles ? Il semble bien certain qu’il y a un fort intérêt qui fait courir actuellement le président qui donne l’impression d’être prêt à tout donner pour réussir son obsession du moment : le dialogue. Certains n’hésitent pas de jurer que Ould Abdel Aziz ne croit point, et n’a jamais cru, aux vertus du dialogue, mais mijote un scénario ‘’satanique’’ en vue de rester au pouvoir après la fin de son actuel mandat. D’autres estiment qu’il est en train de s’aménager une porte de sortie ‘’sécurisée’’. Les uns et les autres oublient que le dialogue brandi pourrait être juste un projet de la rectification, exactement comme l’aéroport, les routes, la production de l’électricité à partir du gaz de Banda… , qui sera abandonné en cours de route à la faveur d’un autre projet plus à la mode. Hebdomadaire d’informations et d’analyses BP : 1122 Nouakchott Tél : 00222 524 02 75 - 00222 524 02 75 Fax: 00222 524 02 75 e-mail : [email protected] www.rmibiladi.com DIRECTEUR DE PUBLICATION : Moussa Ould Hamed Tél : 22- 41-28-68 REDACTEUR EN CHEF: Abdelvetah Ould Mohamed : 44 30 14 40 COMITE DE REDACTION : Abdoulaye Ciré Bâ Mohamed Mahmoud Ould Targui Coulibaly Nouhoum Mohamed Mahmoud Ould Taleb Moussa Ould Hamed Ould Bladi RESPONSABLE COMMERCIAL : Mohamed Ould Naji Tel: 44 43 34 44 CORRESPONDANT A ATAR: Gueye Ahmet Tel: 4640 99 67 COLLABORATEURS Cheikh Sidya Charly MAQUETTE : Cheikh Oumar Tel: 46 74 67 35 / E-mail: [email protected] Siége: Immeuble BMCI, 5eme Etage, Apt: 508 TIRAGE : Imprimerie Nationale N° 784 du 04 Mars 2015 2 INSOLITES INSOLITES Etats-Unis: l'ombre de Monica Lewinsky dans un portrait de Bill Clinton Le tableau contenait un secret: une ombre glissée dans un portrait de Bill Clinton, un temps exposé à la National Portrait Gallery de Washington, est symboliquement celle de la robe bleue de Monica Lewinsky, vient de révéler l'auteur de la toile. Bill Clinton "est le plus célèbre menteur de tous les temps. Lui et son administration ont fait des bonnes choses mais je ne pouvais pas oublier cette histoire de Monica et elle est subtilement incorporée dans la peinture", a affirmé au Philadelphia Daily News, le peintre Nelson Shanks. L'ombre en forme de silhouette qui obscurcit le manteau d'une cheminée, devant laquelle se tient le président, "représente vraiment l'ombre d'une robe bleue qui était sur un mannequin", a ajouté le peintre de Philadelphie (est), fondateur du Studio Incamminati. "Le mannequin était là quand je peignais mais pas quand il (le président Clinton 1993-2001) était là", dit-il. Le studio de l'artiste a confirmé les déclarations du peintre au journal de Philadelphie mais M. Shanks lui-même n'a pu être joint par l'AFP. Le tableau, qui représente Bill Clinton debout devant une cheminée, la main gauche sur la hanche, n'est plus accroché depuis environ deux ans et se trouve dans les réserves, a indiqué à l'AFP une porte-parole de la National Portrait Gallery. Le musée n'était pas au courant de ce message secret: "C'est la première fois que nous entendons parler de cela", a ajouté Bethany Bentley, qui rappelle que le tableau a été exposé pour la première fois en 2006, en présence du couple Clinton. Le musée détient 55 portraits du président, toiles, photos, sculptures dont une dizaine sont accrochés par rotation. Monica Lewinsky, ancienne stagiaire à la Maison Blanche âgée aujourd'hui de 41 ans, est à jamais associée à l'ancien président Bill Clinton pour leurs jeux sexuels dans la résidence présidentielle. Une de ses robes, une robe bleue, avait servi de pièce à conviction pendant l'enquête menée par le procureur Kenneth Starr travaillant sur la procédure de destitution de Clinton en 1998. Le président avait été mis en accusation par le Congrès en 1998, soupçonné d'avoir menti au sujet de sa relation avec Mlle Lewinsky. Acquitté par le Sénat en février 1999, il avait pourtant été poursuivi par le scandale tout au long de son second mandat. Didga, le chat qui fait du skateboard, héros d'une publicité Après s'être offert les services d'un chien à deux pattes, la marque GoPro a publié, lundi 2 mars, une nouvelle vidéo promotionnelle dont le héros est Didga, un chat qui fait du skateboard. Ce félin, qui réside en Australie, s'était déjà fait remarquer en janvier avec une précédente vidéo, rappelle le magazine américain Time (en anglais). Dans cette nouvelle vidéo d'une minute et quarante secondes, on voit notamment Didga monter sur le skateboard et dévaler les reliefs d'un skatepark. Il franchit quelques obstacles, prend des virages, change ses appuis et récolte quelques caresses entre deux runs. Sur la chaîne YouTube du maître de Didga (en anglais), des indications sont données à celles et ceux qui rêvent de voir leur matou réaliser des prouesses similaires. Mais d'autres conseils sont également disponibles pour que votre tigre de canapé soit capable de vous taper dans la main ou encore d'utiliser les toilettes. Un parc tente de réconcilier les hommes avec les loups C'est une excursion étonnante. Le parc Alpha, à SaintMartin-Vesubie, propose aux visiteurs d'aller à rencontre des loups, en toute sécurité. Ici, les animaux vivent en semi-liberté. Cindy Richoux est la responsable animalière du parc. C'est elle qui vient nourrir les trois meutes. "Le nourrissage est constitué de boeuf et de poulet, à peu près un à deux kilos de viande par loup et par jour", expliquet-elle, au micro de France 2. Un mal-aimé Les douze kilos de viande sont alors disposés au coeur de l'enclos de 7 000 m2. Les animaux ne tardent pas à venir se servir, sous le regard amusé ou inquiet des visiteurs du parc. "Je ne rentrerai pas dans le parc tout seul", admet un homme pas très rassuré. En France, le loup est encore un mal-aimé et souffre de nombreux préjugés. L'objectif du parc est de réconcilier les Français avec cet animal, revenu sur le territoire en 1992. Il saute en parachute et s'évanouit en plein vol À 2 740 mètres d'altitude, le parachutiste est victime d'un malaise et perd connaissance pendant 30 secondes de chute libre. Les images font froid dans le dos. Dans une vidéo postée dimanche 1er mars sur YouTube et qui avait déjà été vue plus de 3 millions de fois lundi matin, Christopher raconte cet incident qui lui est arrivé en novembre dernier. "C'est probablement le moment le plus effrayant de ma vie. J'ai frôlé la mort. À 2 740 mètres d'altitude, j'ai fait un malaise en faisant un tour sur la gauche. J'ai passé 30 secondes de chute libre, inconscient." Alors que l'on voit le parachutiste tourbillonner sur luimême au-dessus du paysage, comme un poids mort, son instructeur redouble ses efforts pour tenter de s'approcher de lui. La première tentative est visiblement un échec. Puis, le professionnel parvient finalement à ouvrir le parachute de l'homme inconscient qui finit par recouvrer ses esprits à 900 mètres d'altitude. Avant d'atterrir, certes effrayé, mais sain et sauf. Ecosse : des bonnets en forme de téton pour promouvoir l’allaitement L'Ecosse a lancé une campagne publique pour inciter les femmes à allaiter leurs enfants. Les habitants du village de Tolsta Chaolais, sur l’île de Lewis ont confectionné des bonnets pour bébés en forme de tétons. Pour inciter les femmes à allaiter leurs enfants, les habitants du village de Tolsta Chaolais, sur l’île de Lewis en Ecosse, ont eu une idée originale. Ils ont pris leur fil et leur aiguille et ont confectionné des bonnets pour bébés en forme de tétons. Leur objectif, mettre en avant les femmes qui allaitent leur enfants, explique The Guardian. Des démonstrations publiques L’Ecosse a lancé une campagne publique en faveur de l’allaitement. Dans ce cadre des démonstrations publiques ont lieu dans les villes écossaises, pour montrer comment nourrir le nouveau-né de la meilleure des manières. L’Association des Amis de Habib Ould Mahfoudh prie les lecteurs qui détiendraient les éditions suivantes des Journaux Le Calame : 52, Mauritanie Demain: 18 , Al Bayane: 7 - 12 - 66, de bien vouloir les signaler à la direction du journal. Merci 3 DIALOGUE POLITIQUE On est finalement unanime, au sein du forum national pour la démocratie et l’unité FNDU, sur le principe du dialogue. On s’est même entendu, dit-on, sur la discussion, sinon l’évocation avec quelque atténuation près de la question des préalables. Les pôles constituant le FNDU devront se réunir après une semaine – le temps que les autres pôles non politiques étudient le document cadre- pour avancer vers le dialogue proprement-dit. C'est-à-dire entrer dans le vif du sujet. T À LA UNE Saut dans l’inconnu ? out n’est pas gagné. La rencontre que le président a organisée, mardi dernier, avec les parlementaires a suscité bien des inquiétudes et beaucoup d’interrogations. Elle aurait permis au moins de donner une piste, désormais, bien possible à la raison même tant méditée, sans réponse évidente, à l’intérêt pour un tel dialogue. La question d’un amendement constitutionnel, selon le président de la République, cité par l’agence mauritanienne d’information ( AMI), serait bien envisageable. L’organe de presse gouvernemental rapporte que ‘’le Président de la République a indiqué que la constitution ne peut être modifiée que par referendum…’’ et d’ajouter, par la suite ‘’ qu’en tant que garant de la constitution, il promet de ne modifier ce document que pour l'intérêt suprême de la Nation.’’ Sans trop faire dans l’exégèse de la Constitution, les choses, pour l’homme dont le mandat présidentiel arrive à échéance en 2019, sont assez clairs. ‘’ Un intérêt suprême de la Nation’’ lui donne droit, à lui en tout cas, d’amender la Constitution. S’entendre, alors, sur la notion de l’intérêt suprême de la Nation est une autre af- faire. Chacun y va de son entendement. En tout cas, il a bien dit qu’il promet de ne pas modifier ce document (la Constitution, ndlr) que pour l’intérêt suprême de la Nation. C’est comprendre qu’il en a la capacité. Le référendum serait, peutêtre, le moyen. L’évocation de la question de l’amendement constitutionnel n’a pas échappé aux opposants du FNDU. Pour eux, ‘’Mohamed Ould Abdel Aziz doit parachever son dernier mandat et déguerpir. Toute autre option serait tout simplement assimilable à un coup de force. Elle porterait un seul nom et un seul : Un coup d’Etat.’’ Mais, au sein du FNDU, on n’est pas trop pressé de savoir. ‘’Le temps finirait bien par dévoiler ses cartes.’’ Jouer, manœuvrer : Un Sport favori Peut-être, aussi, c’est encore plausible, pour certains, que Mohamed Ould Abdel Aziz serait en train de jouer. Juste manœuvrer pour son passage à l’après présidence. Lever la barre très haut, en suggérant tacitement son droit à faire prévaloir ‘’ l’intérêt suprême de la Nation’’, pour amender la Constitution. Dont l’amendement ouvre le boulevard à tous les sché- mas. Question de faire craindre le pire à une opposition, qui n’a pas trop su le supporter, ni le porter dans son cœur, deux mandats de suite. Et par-delà, serait-elle, pourquoi pas, selon lui, Suite en page 7 encline à lui offrir une sortie sans N° 784 du 04 Mars 2015 4 ACTUALITÉ B’ il a dit Président à vie… Lors de sa dernière rencontre avec ses parlementaires, le président de la République s’est prononcé à deux reprises sur l’amendement constitutionnel. L’agence mauritanienne d’information n’a pas occulté ces passages relatifs à la Constitution. Elle mentionne : ‘’ Le Président de la République a indiqué que la constitution ne peut être modifiée que par referendum, ajoutant qu'il y a des partis de l'opposition qui ont demandé la révision de la constitution.’’ Et d’ajouter, cette officine officielle de l’information, dans ce qu’elle ajoute et ce qu’elle sait toujours ajouter, depuis des temps immémoriaux que ‘’ Il a rappelé, à ce sujet, qu'il n'a pas demandé cette révision et n'a pas le désir de l'entreprendre. Il a ajouté qu'en tant que garant de la constitution, il promet de ne modifier ce document que pour l'intérêt suprême de la Nation.’’ On retient, dans ce qu’on retient, deux énoncés, rendus d’évidence, sur la langue présidentielle : ‘’ la Constitution ne peut-être modifiée que par référendum.’’ Et ‘’ sa promesse de ne pas modifier ce document – qu’est la constitution, ndlr- que pour l’intérêt suprême.’’ Et au passage, le président rappelle que l’amendement de la Constitution est une requête de certains partis de l’opposition. C’est la plus belle, celle-là. Puisque, le président sait plus que quiconque, - ironie du sort - au sein même de cette opposition sur laquelle il aime s’appuyer pour évoquer l’amendement de la Constitution qui est à l’origine de cet intérêt pour ce document des Lois de la République. La question n’émane pas, en tout cas, du forum national pour la démocratie et l’unité. Une autre opposition a bien déjà N° 784 du 04 Mars 2015 vécu son dialogue assorti d’élections et bien d’autres Nation ! Génial ! Et qui décide de l’intérêt suprême de la choses. Et cette rencontre avait comme ordre apparent du Nation ? Voyons, c’est le président de la République, le garant des institutions. Il a, depuis son accession au pouvoir, à l’entendre discourir, œuvrer pour l’intérêt suprême de la Nation. Il n’allait pas surseoir, ni renoncer, à cet intérêt parce qu’il risque de conduire le pays à un statu quo permanent. A quelque chose qui s’apparenterait à une présidence à vie. Président avide… jour la question du dialogue. L’amendement de la constitution était l’ordre du jour latent. Cet ordre du jour sur lequel devra zoomer et l’agence officielle d’information relayée par ses filles de langue de bois et la radio et la télévision nationales. Cette fameuse rencontre avec les parlementaires a permis, au moins au président, de mettre sur la table la question constitutionnelle. Et, il a avancé deux axes possibles pour un amendement de la Constitution. La voie référendaire et l’intérêt suprême de la Nation. Le premier axe se rapporte à l’aspect technique et au moyen possible pour un amendement. Le second axe renvoie au mobile, le motif pouvant conduire à un amendement. Voyons alors. Posons les bonnes questions, ou mauvaises. Qui décide du référendum ? C’est l’intérêt suprême de la B’... Les choses commencent à s’éclaircir quelque peu. S’éclaircir, sans pour autant, apporter une lumière salvatrice. Dans les ténèbres les plus épaisses et cruelles, la netteté se prononce. Ce n’est pas antinomique. On a longtemps devisé sur cet intérêt subit chez le président pour un dialogue presque sans raison évidence, ni objective. Luimême, il l’a dit. Le pays se porte à merveilles. Juste une affaire de stratégie, stratégique pour le redire. Le président s’envisage déjà dans l’après son ultime mandat. La question le hante, l’habite et l’obsède. Il se démange. Se démange à savoir. A jauger l’opinion. A rester, tout simplement. A demeurer, là. Accrocher coûte que coûte. Et ce n’est pas un document fait par des hommes qui l’en dissuaderait. Il ne se voit pas en dehors de son Palais de président. Il en a, on peut le dire, le palais fin. C’est une affaire de goût et d’insatiabilité face à laquelle toutes les Lois terrestres s’anéantissent et meurent de leur tragique mort de lois humaines et bassement terriennes. Pour lui, l’affaire n’est pas si compliquée que cela. Les choses lui ont réussi, jusqu’ici. Il y a qui en face ? Les choses lui ont réussi avec la même classe politique. Il n’y en pas d’autres ! Avec la même armée. On n’en pas une autre ! Il n’y pas de raison pour un départ Constitutionnel. Et une Constitu- Suite en page 6 5 SNIM Déclenchée depuis plus d’un mois à Zouerate, la grève des travailleurs de la SNIM s’est étendue à ceux de Nouadhibou qui, en solidarité avec leurs amis de cité minière, ont déclaré une grève illimitée à partir d’hier mardi (3 mars). Même si la direction de la SNIM, apparemment appuyée par les hautes autorités, minimise la portée de la grève sur son fonctionnement, elle est quand même bien suivie et pourrait, à terme, provoquer un arrêt total des activités du fleuron de l’industrie nationale. Du jamais vu ! Z ouerate. Lundi soir, au moment où la fête organisée par les grévistes de la SNIM battait son plein, tombe la nouvelle de l’entrée en grève des travailleurs de l’entreprise dans la capitale économique. Les applaudissements et youyous fusent de toute part. 33 jours d’arrêt de travail n’ont pas entamé l’enthousiasme des grévistes de Zouerate. Chez eux, le mouvement de grève est carrément entré dans les mœurs. Tous les matins, les travailleurs de chaque secteur sillonnent la ville pour rallier le point de regroupement désigné par les autorités de la Wilaya. Là, ils écoutent religieusement leurs délégués développer les dernières nouvelles du mouvement, avant de partir calmement pour regagner les tentes d’animation dressées par les gens de chaque département dans différents coins de Zouerate. Au cours de la cérémonie de lundi soir à Zouerate, le délégué des travailleurs avait pris la parole pour noter que pendant toute la période déjà écoulée, il n’y a pas eu le moindre incident. Fait sans précédent dans le monde, ajoute-t-il, ‘’tant il est difficile que des milliers de travailleurs marchent tous les jours sans provoquer le moindre désordre’’. Un constat réel et vérifié, mais qui, explique un syndicaliste, n’a pas été apprécié à sa juste valeur au ACTUALITÉ Grève Totale sein du gouvernement. Ce dernier est de plus en plus sévèrement critiqué par les travailleurs grévistes. Particulièrement après les déclarations prêtées au chef de l’Etat pendant sa rencontre avec les parlementaires de la majorité, la semaine dernière. Il semble que celuici avait traité la grève de ‘’crime contre la Nation’’ qui n’a pas eu d’effet sur la production. Pas moins qu’un soutien ferme aux thèses ‘’surréalistes’’ développées par les hauts responsables de l’entreprise. Des thèses qui paraissent vraiment éloignées de la réalité. D’autant que tout cela n’a pas empêché les travailleurs de la SNIM à Nouadhibou d’emboiter le pas à leurs frères de Zouerate en déclarant la grève ouverte. Fuite en avant… Comme à son habitude, l’entreprise minière s’obstine à minimiser la portée du mouvement de grève au sein de ses employés. Son responsable à la communication, cité par nos confrères d’Al alakhbar.info, a déclaré que le mouvement n’a point affecté la production ni le travail à Nouadhibou. Une position qu’il n’a cessée de répéter depuis plus d’un mois et qui, selon beaucoup d’observateurs sur place, est loin de refléter la situation d’une entreprise qui est presque aux arrêts. Et qui tente par tous les moyens de donner l’impression qu’elle fonctionne normalement. Mais ce qui est le plus grave, dit le secrétaire général de la CGTM, c’est l’alignement aveugle du gouvernement sur les thèses de la SNIM. Celui-ci s’est manifesté, ajoute-t-il, à travers les manipulations tentées par l’inspecteur de travail à Nouadhibou et par son ministère de tutelle. Les deux avaient essayé, à travers la confection d’un procès verbal de non réconciliation, de convaincre les travailleurs de Nouadhibou de l’illégalité de leur mouvement. Intraitables sur la question et vexés par le comportement de l’administration de leur entreprise, ces derniers ont décidé d’aller en grève. Surtout après la volte-face de la SNIM qui avait accepté, lundi, de transmettre des convocations aux délégués des travailleurs de Zouerate pour l’ouverture de concertation le jeudi prochain, avant de se rétracter le soir et dire, sur la voix de son directeur des ressources humaines, l’impossibilité pour elle d’informer les gens de Zouerate. Il ne fallait que cela pour provoquer l’ire et la grève des travailleurs de Nouadhibou. Dans la journée de mardi, le préfet de Nouadhibou est allé rencontrer les grévistes. Il avait une seule et unique chose à leur dire : ‘’votre grève est illégale… Elle est manipulée par le MND –UFP, ndlr-‘’. Cette manière de voir les choses énerve les travailleurs et les pousse à persévérer dans leur grève. Mais que gagne le gouvernement à vouloir s’entêter aux côtés d’un directeur général qui a carrément échoué dans sa mission et qui parvient à faire l’unanimité contre lui. Pourtant il n’y a point de solution à cette dangereuse crise avant la démission de celui qui l’a provoquée… Abderrehmane Ould Targui N°784 du 04 Mars 2015 6 ACTUALITÉ B’ IL A DIT... B’ il a dit Suite de la page 4 tion, si elle n’envisage que le départ pour un président dont le mandat arrive à échéance, n’en est vraiment pas une. Elle serait même injuste, dans son entendement et dans son instant et son instinct présidentiel du moment. C’est dire, que dans sa tête, le premier magistrat du pays, se projette déjà dans ce futur insupportable et presque surréaliste. Qu’il doit préparer, maintenant. Qui ose ou peut l’en empêcher. De l’autre côté, il y aurait, peut-être, un homme, deux ou trois, pas beaucoup en tout cas. Avec le temps, en 2019, ils seront frappés par l’impossibilité d’un âge. Les autres sevrés pendant deux mandats seraient bien devenus plus sages et plus conciliants. Les prébendes refusées régleraient bien le reste. Le président pourrait bien, lui qui, jusqu’à présent, n’entrevoit, officiellement, il l’a dit et redit, la couleur d’aucune crise qui couve, songer à tous les scénarii possibles pour l’après 2019. Il n’a, en tout cas, pas fait d’efforts pour un départ apaisé. On lui attribue, en dépit de ses envolées de lutte contre la gabegie, une richesse devenue, jour après jour, depuis son avènement, croissante. On le verrait mal partir sans fracas. Bien de zones d’ombres se dévoileront, après un départ constitutionnel. Donc, l’homme, dans sa logique de calculateur, a tout intérêt à s’accrocher encore quelque temps. Tenter, essayer. Ça vaut peut-être la peine. Une présidence à vie, pour un président avide, ça colle bien. Le pouvoir c’est en quelque sorte, pour le maréchalissime de Rachid Mimouni, une peine…à vivre. Bonne vie. Et bonne peine. B’... N° 784 du 04 Mars 2015 BACOMAB Un financement durable de la Biodiversité en RIM C’est un fonds fiduciaire dont l’objectif premier est d’assurer un financement durable pour la préservation et la conservation de l’environnement marin sur le littoral mauritanien. “La fiducie est un transfert de propriété soumis à des conditions d’usage ou de durée’’, peut-on lire dans l’encyclopédie Wikipédia. Elle existe dans le droit musulman sous le nom de Waqf. Ce mécanisme de financement, chic et nouveau, est désormais entré dans notre pays en 2009 avec l’avènement du BACoMaB. Il s’agit d’une Fondation de droit anglais, reconnue « Œuvre de bienfaisance » au Royaume Uni, avec un accord de siège lui permettant d’exercer ses activités en Mauritanie, où elle est reconnue d’utilité publique depuis décembre 2010. Son objectif premier est de préserver la biodiversité dans le littoral mauritanien grâce à l’utilisation judicieuse du bénéfice généré par le placement de ses fonds dans domaines ‘’propres’’ et fortement lucratifs. Le capital du BACoMaB provient de l’Etat mauritanien, la Fondation MAVA, la Coopération Allemande (KFW), et la Coopération Française (AFD/FFEM). Ce capital est investi sur les marchés financiers éthiques ou socialement responsables, générant des bénéfices qui seront utilisés pour financer durablement des activités de conservation et développement durable au bénéfice du Parc National du Banc d’Arguin et d’autres Aires Marines et Côtières en Mauritanie. Ce Fonds a été officiellement créé le 23 janvier 2009 sous le nom « Banc d’Arguin, and Coastal and Marine Biodiversity Trust Fund limited ». Sa reconnaissance d’utilité publique en Mauritanie, validée au Conseil des Ministres du 02 Décembre 2010, lui permettant de re- ©Hellio & Van Ingen cevoir des dons et legs, et de gérer des fonds publics, constitue un acte fort, par lequel l’État mauritanien a montré son attachement, valorisé et légitimé l’activité de la Fondation au bénéfice de la conservation de la biodiversité côtière et marine. Le BACoMaB est désormais soutenu par les autorités techniques et politiques de la Mauritanie au plus haut niveau. Ce fonds, o combien important, est encore presque inconnu en Mauritanie. Pourtant il s’apprête à tenir les assises des instances de sa gouvernance, fin mars, à Nouakchott. Notons que BACOMAB a déjà accordé une première subvention de 69 000 euros au Parc National du Banc d’Arguin en 2014 pour couvrir les coûts récurrents de la surveillance maritime du PNBA au cours du dernier semestre de l’année écoulé. Et compte entreprendre d’autres actions en faveur des populations autochtones, généralement tenues à l’écart de la réalisation et de la conception de programmes pompeusement initiés pour elles. 7 COURRIER RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE Le tribunal de Rosso vient de condamner, ce jeudi 15 janvier, Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l’IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste) et deux autres responsables, à deux ans de prison pour « offense et désobéissance à la force publique ». En réalité, ces militants anti-esclavagistes faisaient partie d’une caravane pacifique organisée par diverses organisations de défense des droits humains pour protester contre l’esclavage foncier dans les palmeraies du pays et dans la vallée du fleuve Sénégal. Il s’agissait pour eux de sensibiliser les populations sur la nécessité d’une réelle réforme agraire en faveur des esclaves et descendants d’esclaves (Harratines). Ils dénonçaient l’accaparement des terres agricoles par des lobbies politico-tribaux d’hommes d’affaires, de fonctionnaires, de religieux et de militaires qui profitent des expropriations : ainsi, sur 250 litiges fonciers opposant les Harratines à cette oligarchie, la justice a-t-elle toujours tranché en faveur de cette dernière, notamment dans les adwabâ, villages d’esclaves ou villages de culture. L’adoption par le gouvernement en mars 2014, en collaboration avec l’ONU, d’une feuille de route pour l’« éradication de l’esclavage dans une période d’un à deux ans », comprenant en particulier l’accès à la propriété foncière, prouve la résilience de l’institution. En fait, Biram Ould Dah Ould Abeid paie aujourd’hui l’addition de l’élection présidentielle du 21 juin 2014 : arrivé en deuxième position avec 8,6 % des voix, très loin des 81 % de l’actuel président, il avait pu cependant présenter un programme libérateur et faire entendre la voix des opprimés. La répression généralisée du mouvement anti-esclava- DIALOGUE POLITIQUE Charia et Esclavage giste s’inscrit dans un contexte de montée de l’islam radical, relayé ou instrumentalisé par le pouvoir politique, et porté par divers mouvements intégristes : Ansar Charia, Ahbab Rasoul, Initiative pour la défense des Oulémas et textes sacrés, Mouvement Hawa… Le 24 octobre 2014, l’imam de la grande mosquée de Nouakchott, dite mosquée saoudienne, Ahmedou Ould Lemrabott Ould Habibou Rahmane, avait traité les militants anti-esclavagistes d’« impies » et d’« apostats » et décrit l’organisation IRA comme « la cinquième colonne du judaïsme et de l’impiété en Mauritanie ». Ce même imam, gros propriétaire terrien et possesseur d’esclaves (à Ammara et Houbeïra, région du Trarza) selon l’IRA, est également le mufti officiel de la République islamique de Mauritanie. Lors de l’élection présidentielle, il affirmait dans ses prêches que le soutien au président Mohamed Ould Abdel Aziz était une obligation religieuse, accusant l’opposition d’être « égarée et anti-islamique par son alliance avec les démocraties sataniques, l’Occident et les Nations Unies, impies et croisés ». Or, dans ce pays, l’accusation d’impiété et d’apostasie peut conduire à une condamnation à mort. Ainsi fut fait, le 24 décembre 2014, pour Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir par le tribunal de Nouadhibou. La justice lui reproche un article publié sur les réseaux sociaux jugé « attentatoire à l’islam et à la personne du prophète ». Le jeune ingénieur, appartenant à la caste des forgerons, y dénonçait dans un arabe savant l’« iniquité » subie par les « couches marginales » de la société mecquoise au VIIe siècle et établissait un parallèle avec la perpétuation d’un « ordre social inique » actuellement en Mauritanie au détriment des groupes d’origine servile ou castée. L’énoncé du verdict, condamnation à mort par peloton Saut dans l’inconnu ? risque. Doublée d’une impunité irrévocable. Possible. Il y a beaucoup d’intérêt en jeu, qu’il est difficile de ressortir avec une lisibilité nette de la situation. En tout cas, avec tant de scénarii envisageables, on ne saurait prédire de l’issue d’un tel dialogue. Il aurait bien de longues journées devant lui. On n’est qu’au début d’une période qui en dirait bien long sur les lendemains. On ne sait si la conjoncture est favorable aux jeux de hautes voltiges. Il y a bien risque de dérapage. C’est d’autant plus évident dans un scénario où la Constitution du pays serait remise en cause. Puisque toute remise en cause, même au niveau du débat, dit serein et apaisé, ne prémunirait pas contre une autre plus musclée. On serait là parti dans des appréciations toutes subjectives, les unes, les autres. De toutes les façons, on n’en pas connu vraiment, ou très peu en tout cas, hélas, de président africain issu de l’univers militaire intelligible dans son exercice du pouvoir. C’est comme si on perd la raison de fait, une fois installé d’exécution, fut accueillie par des scènes de liesse, tandis que le célèbre prêcheur Mohamed Ould Sidi Yahya diffusait une nouvelle cassette dans laquelle il félicite le pouvoir mauritanien pour son application de la charia. La militante pour l’égalité sociale, contre l’esclavage et le droit des femmes, présidente de l’Association des femmes chefs de famille (AFCF), Aminetou Mint El Moctar qui avait apporté publiquement son soutien à Ould M’Kheitir fut à son tour accusée d’apostasie. Le dirigeant d’un courant islamiste radical Ahbab Rasoul (les amis du prophète), Yadhih Ould Dahi, s’empressa d’édicter une fatwa de mort, relayée par plusieurs mosquées : « Cette malveillante qui défend M’Kheitir et dit qu’il est un détenu d’opinion et qui a demandé sa libération et qu’on lui rende son épouse, celle qui décrit le groupe des ‘amis du prophète’ comme des Boko Haram et des Takfiri car ils n’ont fait que demander de l’équité pour le prophète et le respect de son honneur, qu’elle soit damnée par Allah, les anges et les gens réunis. Aujourd’hui j’annonce avec la bénédiction d’Allah son apostasie pour avoir minimisé les atteintes à l’honneur du prophète. C’est une infidèle dont [verser] le sang [est] licite. Quiconque la tue ou lui arrache les deux yeux sera rétribué chez Allah. » C’est avec inquiétude pour la vie d’Aminetou Mint El Moctar que l’on constate la liberté laissée à un individu de lancer un tel appel au meurtre sans qu’aucune autorité administrative ou politique ne réagisse. Suite en page 8 Suite de la page 3 à la plus haute hiérarchie du pouvoir. On pense même mieux l’être. Si bien installé qu’on prétend avoir tout l’appareil militaire sous sa botte. Mohamed Ould Abdel Aziz serait-il dans cette psychologie, là ? On ne sait pas. Pas encore. Même si en ce moment même, où se boucle ce papier, il est en train d’effectuer une visite à l’Etat-major militaire. Une réunion ! Oui, mais pour dire ou ne pas dire quoi ? On dirait bien que les choses bougent dans sa tête. Se bousculent. C’est tant mieux, si elles ne bougent encore que dans sa tête ! AVT Consultez notre site en français: WWW.rmibiladi.com/fr/ N°784 du 04 Mars 2015 8 ACTUALITÉ Suite de la page 7 KING DORY, LE "BOA" DES OCÉANS: RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE Le navire King Dory épinglé par l'organisation internationale Greenpeace pour ses capacités destructrices est signalé dans les eaux territoriales mauritaniennes, apprend-on de plusieurs sources concordantes. Selon certaines sources, il bénéficierait même d'une autorisation de pêche. Surnommé le "Boa" des Océans le King Dory est de la stature des navires de pêche pelagique pourchassés en Afrique de l'Ouest et dans le monde pour leurs effets destructeurs sur la biomasse et la concurrence des communautés locales qui vivent de ces poissons. Traqué par des organisations comme Greenpeace, ce bateau présent en Mauritanie apparait comme un "fantôme". Il pourrait éteindre délibérément AIS (système d'identifcation automatique) pour noyer ses déplacements. Toujours est-il que le même navire russe d'origine bat pavillon Saint-Vincentet-les-Grenadines. Un pavillon de complaisance. Le "Boa" des océans fait partie des 29 navires russes à l'origine d'un énorme scandale au Sénégal voisin. Chassés des eaux sénégalaises, ces bateaux ont pu trouver affectation en Mauritanie. Ces navires seraient consignés au profit de la société Inok NV, Belgium/Urais Energy, Russia, par une société dont les patrons sont proches de l'ancien délégué à la surveillace des pêches et au contrôle en mer (Dspcm), Au fond, ces stigmatisations viennent à point nommé pour détourner les Mauritaniens des difficultés économiques : retard dans l’exécution de grands projets, chute du prix du fer dont l’exploitation sert de caisse noire au régime, non-reconduction de l’accord de pêche avec l’Union européenne, série d’énormes scandales financiers qui portent sur le détournement de plusieurs milliards d’ouguiyas. Mais le pouvoir joue un jeu dangereux en instrumentalisant la religion pour consolider son hégémonie et tenter d’endiguer les mouvements sociaux contre l’esclavage et pour les droits civiques des groupes considérés comme « subalternes ». La perpétuation d’un ordre statutaire et hiérarchique vieux de plusieurs siècles désormais adossé à un islamisme radical risque de provoquer l’implosion de la Mauritanie et son basculement aux mains des fanatiques religieux. Dans ce pays, la concomitance de l’érection de la charia en unique source de droit (mai 1980) et la proclamation de l’abolition de l’esclavage (juillet 1980) alimente une résistance politique, juridique et religieuse multiforme à la suppression définitive de l’assujettissement. De fait, pour la quasi totalité du corps religieux et pour tous les esclavagistes, la charia légitime l’institution servile — malgré sa criminalisation en 2007 — et conforte ainsi tous ceux qui font une interprétation rétrograde des textes religieux. Dernier ouvrage paru : « Esclavages et abolitions en terres d’islam : Tunisie, Arabie saoudite, Maroc, Mauritanie, Soudan », Bruxelles, André Versaille éditeur, 2010. Traqué par les organisations internationales, il trouve refuge dans nos eaux! Cheikh Ould Baya, présentement conseiller technique du ministre des pêches. De même le mastodonte King Dory propriété de la société LYNTOWN OVERSEAS LIMITED est consigné par la BCDP en Mauritanie. A l'issue du dernier conseil des ministres, le ministre des pêches prétendaient que les autorités mauritaniennes étaient lancées dans une dynamique de pêche responsable dans nos eaux territoriales. Le président Mohamed Ould Abdelaziz avait lui-même promis en janvier dernier de hisser la transparence dans le secteur des pêches à celle des industries extractives. Mauriweb (Mauritanie) Charia et Esclavage ROGER BOTTE, anthropologue, Institut des mondes africains (IMAF). Le griot de l’emir ea u VIENT DE PARAÎTRE TRANSPORTS ou v N SALAM Nouvelle Ligne Nouakchott-Dakar et Dakar-Nouakchott Départ Nouakchott: tous les dimanche à 7 heures du matin. Départ de Dakar: tous les lundi à 23 heures. N° 784 du 04 Mars 2015 Gardien de traditions séculaires et de rythmes ensoleillés, héritier d’une tribu légendaire et désormais dispersée, un griot erre, un luth à la main, entre des campements inconnus, dans un Sahara des temps anciens où les haines tenaces côtoient les violentes passions. Révolté par l’affront fait à son amie, la belle Khadija, poussée à la mort par l’émir souverain, le griot de la grande tribu quitte la terre des nomades et s’exile à Tombouctou, cité des savoirs et des marabouts. Il y retrouve la paix, la générosité et l’amour. Mais son destin l’appelle ailleurs, au pays des Maures où il porte haut sa voix afin de semer les graines de la révolte. Car, dans ces espaces infinis, c’est la musique des pères qui réveille l’orgueil des hommes et les fureurs du désert. Tel un chant lyrique, ce roman nous transporte dans la poésie des sables, en un temps où les poètes-griots, par la seule force de leur verbe ont le pouvoir de renverser le cours de l’histoire. Viennent à nous les légendes d’un monde qui, aujourd’hui, s’évanouit. 9 CAN U17 SPORTS Le Mali champion ! Le Mali s’est adjugé dimanche la 11è édition de la CAN U17 de la CAF (Confédération africaine de football). Les Aiglonnets se sont imposés 2-0 devant l’Afrique du Sud. C’est la première fois que le Mali se hisse sur la plus haute marche du podium dans la compétition après sa 2è place en 1997. Dans cette finale très disputée, il faut attendre la seconde période de jeu pour débloquer les compteurs. Siaka Bagayoko ouvre le score à la 67è minute. derrière, les Amajimbos d’Afrique du Sud tentent de recoller au score mais les tentatives d’Eric Mayo et Luvuyo Mkatshana n’inquiètent pas Alou Traoré, le goal du Mali. A 10 minutes, du terme du match, Aly Malle (homme du match) se défait de deux défenseurs en enfonce le clou. Image de prévisualisation YouTube Le Mali savoure son sacre. Un peu plus tôt, la Guinée a décroché la médaille de bronze après le succès 3-1 devant le Nigéria en match comptant pour la 3è place. En octobre prochain, au Chili, ces 4 équipes défendront les couleurs de l’Afrique à la Coupe du monde U17. . La Guinée a terminé la compétition avec une place de troisième sur huit équipes participantes. Opposé au Ni- géria pour la finale de la consolation, le Syli cadet s’est imposé (1-3) dimanche au stade Général Seyni Kountché de Niamey. Piqués au vif par l’ouverture du score de Victor Osimhen (29e), désormais meilleur buteur de la compétition avec quatre buts, les poulains d’Hamidou Camara ont réagi dans la foulée grâce à un but d’Aboubacar Touré et d’Abdoulaye Jules Keita. Le Nigéria encaissera le troisième but de la partie à la 53ème. Bien servi par Naby Bangoura à la rentrée de la surface nigériane, Abdoulaye Jules Keita ne rate pas l’offrande et double la mise en marquant son deuxième but de la rencontre. MAURITANIE Journées de concertation sur la jeunesse et les sports Des journées de concertation sur la jeunesse et les sports se tiendront prochainement,à Nouakchott. Ce conclave permettra au département d'initier une large concertation avec les acteurs des deux secteurs, en vue de la mise sur pied de stratégie dans ces domaines. C'est ainsi que Mme Coumba Ba a évoqué à cette occasion, les mesures prises par le département, pour l'organisation de ces journées, lors de l'audience accordée à l'ambassadeur de France en Mauritanie. Au cours de cet entretien, elle a rappelé l'adoption, lors de l'avant dernière réunion du conseil des ministres d'un projet de loi relatif à la redynamisation des sports et des loisirs dans le milieu scolaire. Avec Joel Meyer, Dr Coumba Ba a abordé « les moyens de renforcement de la coopération mauritano-française, particulièrement dans le domaine de la jeunesse et des sports ». De son côté, le diplomate français a exprimé au cours de cette audience, « la disponibilité de son pays à soutenir les activités liées à la promotion de la jeunesse et des sports que le département compte organiser, indiquant que la jeunesse est une force vive qui doit être mise à contribution dans les opérations de développement », indique l'AMI. Abondant dans le même sens, l'ambassadeur du Japon en Mauritanie, Yushida Juin, a exprimé, suite à l'entretien avec la ministre de la Jeunesse et des Sports, « la disponibilité de son pays à soutenir le secteur de la jeunesse et des sports qui se charge de plus de 70% des habitants du pays ». Rassemblés par Saydou Nourou T. N°784 du 04 Mars 2015 10 ÉCONOMIES BOURSE PARIS ZONE EURO La Bourse de Paris était en timide hausse mardi à la mi-journée (+0,29%), restant prudente faute de rendez-vous notable au programme et avant une fin de semaine chargée. A 12H00, l'indice CAC 40 prenait 14,25 points à 4391,57 points, dans un volume d'échanges de 1,0 milliard d'euros. La veille, il avait perdu 0,69%. "Le marché reste en mode appétit au risque, porté à la fois par la bonne tenue des indices américains, notamment du Nasdaq, et par la perspective des rachats d'actifs publics et privés par la BCE à partir de mi-mars", résume Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque. Wall Street a fini en hausse lundi permettant au Dow Jones de battre un record de clôture et au Nasdaq de dépasser les 5000 points. Ces performances s'expliquent principalement par les politiques monétaires très généreuses des banques centrales à travers le monde. Le soutien le plus notable viendra de la Banque centrale européenne (BCE) qui a annoncé en début d'année un vaste programme de rachats d'actifs. La BCE pourrait donner plus de détails sur ces mesures lors de sa réunion de jeudi, d'autant que les rachats de titres doivent débuter en mars. La fin de semaine sera particulièrement chargée pour les marchés, qui surveilleront, outre la BCE, les chiffres mensuels de l'emploi américain vendredi. En attendant, "la séance du jour sera la plus calme de la semaine au niveau des statistiques attendues", note le courtier Aurel BGC. Les investisseurs se contentés de la forte progression de 2,9% des ventes de détail en Allemagne pour janvier. "Très peu d'indicateurs macroéconomiques vont ponctuer la séance du jour donc tout porte à croire qu'elle sera assez peu volatile", remarque M. Dembik. Parmi les valeurs, Technicolor bondissait (+4,62% à 5,77 euros) après avoir conclu un accord avec son principal actionnaire Vector Capital, mettant fin à des procédures Bruxelles (awp/afp) Les prix à la production industrielle ont diminué de 0,9% en janvier par rapport à décembre dans la zone euro, après une baisse de 1,0% le mois précédent, selon les données publiées mardi par l'office européen de statistiques Eurostat. Sur un an, les prix à la production industrielle ont diminué de 3,4% dans la zone euro. En janvier par rapport à décembre, le recul de 0,9% s'explique par des baisses de 3,2% dans le secteur de l'énergie, de 0,5% pour les biens intermédiaires et de 0,2% pour les biens de consommation non durables. Les prix ont en revanche augmenté de 0,2% pour les biens d'investissement et de 0,3% pour les biens de consommation durables. Les prix dans l'ensemble de l'industrie à l'exception du secteur de l'énergie ont reculé de 0,2%. Les prix à la production industrielle ont diminué dans presque tous les Etats de la zone euro. Les baisses les plus marquées ont été observées aux Pays-Bas (-3,6%) et en Lituanie (-3,1%), ainsi qu'en Irlande (-2,6%). Les prix à la production industrielle ont augmenté uniquement en Lettonie (+0,4%), au Luxembourg et à Malte (+0,1% chacun) et sont restés stables en Slovénie. Dans l'ensemble de l'Union européenne, les prix à la production industrielle ont baissé de 1,2% en janvier par rapport à décembre. Ils ont reculé de 4,1% sur un an. Le CAC 40 avance prudemment, en l'absence de rendez-vous notable PÉTROLE judiciaires. Safran était sous pression (-0,44% à 63,48 euros), après la vente par l'Etat de 3,96% du capital pour un milliard d'euros. De même, Veolia souffrait (-2,18% à 17,06 euros), alors que l'assureur mutualiste français Groupama a cédé 5,05% du capital. Numericable-SFR était pénalisé (-0,19% à 58,22 euros) par un abaissement de recommandation de Goldman Sachs à "neutre", contre "acheter" précédemment. Ipsen reculait (-1,27% à 45,38 euros) après avoir publié un bénéfice net 2014 en légère hausse de 0,7%, soutenu par les ventes de médicaments de spécialité. Vivendi était bien orienté (+3,11% à 21,39 euros). Bolloré (-0,32% à 4,96 euros) a acquis 40,5 millions de titres supplémentaires, faisant passer sa participation dans le groupe de médias de 5,15% à 8,15%. Vallourec bondissait (+6,14% à 23,00 euros), profitant d'un intérêt spéculatif après une note évoquant un possible rachat. Technip prenait 2,65% à 59,23 euros après avoir remporté un contrat d'au moins 500 millions d'euros au Brésil, portant sur le développement en cours du champ de Lula Alto. Le brut grimpe aidé par des achats spéculatifs Londres (awp/afp) - Les prix du pétrole grimpaient de nouveau mardi en cours d'échanges européens, aidés par des achats spéculatifs mais dans un marché restant inquiet sur la surabondance d'offre d'or noir. Vers 11H15 GMT/12h15 HEC, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 60,76 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,22 dollar par rapport à la clôture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance gagnait 71 cents à 50,30 dollars. Les prix de la référence européenne du brut se reprenaient mardi, après avoir perdu près de 5% de leur valeur la veille. Le Brent avait pourtant terminé sur une bonne note en février, gagnant près de 18% sur le mois, une performance plus vue depuis mai 2009. Mais les analystes de Commerzbank demeuraient sur leurs gardes, prévenant que les gains du mois dernier avaient été en partie liés à la spéculation. "La faiblesse des prix lundi a été vue par une majorité d'opérateurs comme une bonne opportunité d'acheter", ce qui a soutenu les cours du Brent mardi pendant les échanges asiatiques et en début d'échanges européens, selon les analystes. "Il est impossible de savoir combien de temps ce schéma (spéculatif) va continuer", notaienton chez Commerzbank. Le WTI grimpait lui aussi, aidé par un rebond technique mardi mais la surabondance d'offre sur les marchés continuait de peser sur les cours, la plupart des analystes n'entrevoyant pas de rebond ferme N° 784 du 04 Mars 2015 des prix avant le deuxième semestre 2015, voir la fin de l'année. "Les réserves de Cushing peuvent encore accueillir plus de 20 millions de barils et l'on s'attend à ce qu'elles soient remplies, ce qui va mettre sous pression le WTI", notaient les analystes de PVM. Les statistiques hebdomadaires du Département américain de l'Énergie américain (DoE) qui sortent le mercredi devraient donc continuer à influencer les cours du WTI. Les marchés prêtaient également attention aux négociations sur le nucléaire iranien qui ont repris lundi. Les puissances occidentales, qui ont imposé à l'Iran un arsenal de sanctions économiques, y compris contre le secteur pétrolier, sont engagées dans de difficiles négociations avec Téhéran pour le convaincre d'abandonner son programme nucléaire controversé. "Il y a une chose dont le marché du pétrole n'a pas besoin: c'est le pétrole Iranien", constataient les analystes de PVM. D'autant plus que les analystes notaient que la production en Libye avait grimpé au dessus des 400,000 barils par jour, d'après la compagnie nationale de pétrole libyenne, et que la production irakienne augmentait après avoir été affecté par des intempéries en février. Les prix à la production industrielle en baisse de 0,9% en janvier ESPAGNE Le nombre de chômeurs repart à la baisse en février Le nombre de chômeurs est reparti à la baisse en février en Espagne mais reste élevé à 4,512 millions, a annoncé mardi le ministère de l'Emploi, après une hausse au mois de janvier traditionnellement mauvais pour l'emploi. Le pays comptait à fin février 13.538 chômeurs de moins qu'un mois plus tôt. Sur un an, le nombre de personnes inscrites sur les listes des agences pour l'emploi a diminué de 300.333, soit "la plus forte baisse interannuelle depuis 1999", selon un communiqué. Le ministère ne donne pas de taux de chômage. Selon l'Institut national de la statistique (INE) qui prend en compte les personnes recherchant activement un travail, qu'elles soient inscrites ou non sur les listes des demandeurs d'emploi, ce taux s'élevait à fin 2014 à 23,7%. L'INE à cette date comptait 5,46 millions de chômeurs. L'Espagne est sortie de cinq années de récession ou de croissance nulle en 2014, avec une croissance de son produit intérieur brut (PIB) de 1,4%. Mais cette reprise ne suffit pas à régler la question de l'emploi et l'Espagne reste sur ce point en queue de peloton de la zone euro, seule la Grèce faisant pire. 11 INTERNATIONALES NUCLÉAIRE IRANIEN NIGERIA Le discours de Benjamin Netanyahou, mardi devant le Congrès américain, est une épine dans le pied du président Barack Obama, qui défend un accord avec l'Iran sur son programme nucléaire. Le Premier ministre israélien ne cache pas son désaccord. La mauvaise qualité de leurs relations n'est pas un secret. Barack Obama et Benjamin Netanyahou ne se sont jamais vraiment entendus, et la visite du Premier ministre israélien, qui n'a pas prévu de rencontrer le président américain, ne fait qu'attiser l'irritation de la Maison Blanche. C'est que les démocrates américains voient d'un mauvais œil le choix de la date de cette visite, à quelques semaines des législatives en Israël et alors même que Washington essaie de conclure un accord avec l'Iran pour encadrer le programme nucléaire de la République islamique, ce à quoi Netanyahou s'oppose farouchement. Comble de l'affront, Benjamin Netanyahou doit s'exprimer, mardi 3 mars, devant le Congrès américain, à l'invitation des élus républicains et sans consultation avec la Maison Blanche. Barack Obama a cependant tenu à souligner qu'il n'avait pas de "problème personnel" avec le dirigeant israélien. "D'un point de vue politique, nous pensons que c'est une erreur de la part du Premier ministre de n'importe quel pays de s'exprimer devant le Congrès, quelques semaines avant de se présenter à une élection", a-t-il expliqué, ne voulant pas donner l'impression que les États-Unis - où plus de cinq millions de juifs résident - soutiennent le Premier ministre israélien sortant dans sa campagne. "Mission historique" pour faire échouer l'accord avec Téhéran Plus que la politique interne israélienne, c'est la question du nucléaire iranien qui cristallise les tensions. Benjamin Netanyahou a fait clairement savoir qu'il ne soutenait pas l'initiative occidentale de traiter avec Téhéran. Il s'est même dit "en mission historique" en terre américaine pour torpiller l'accord. Il en va de la "survie" de l'État hébreu, a-t-il tonné lundi devant 16 000 délégués du puissant lobby pro-israélien Aipac (American Israel Public Affairs Committee). "Benjamin Netanyahou a fait toutes sortes de déclarations", a critiqué Barack Obama dans un entretien à L'armée tchadienne a mené une offensive contre Boko Haram au Nigeria et repris la ville de Dikwa, dans le nordest du pays. Dikwa était aux mains du groupe islamiste Boko Haram depuis plusieurs semaines. Selon l'étatmajor de l'armée tchadienne, il y a eu un mort et trentequatre blessés du côté tchadien et il y a des morts également dans les rangs des islamistes. Un important matériel militaire a été récupéré au cours de l'opération. Notre correspondant au Tchad, Madjiasra Nako, a pu se rendre à Dikwa où l'armée tchadienne continue son ratissage. L'armée tchadienne qui venait de Gambaru a attaqué les islamistes au nord de la ville. « La bataille a été intense, il nous a fallu près d'une heure pour entrer dans Dikwa », racontent des officiers qui ont pris part à la bataille. « Nous nous sommes rendu compte que les islamistes défendaient leur poste de commandement, une grande villa située à l'entrée de la ville », ont-ils ajouté. Dans la villa, une grande bâtisse avec des murs hauts où sont plantés les drapeaux de Boko Haram, les traces des combats sont encore visibles. Des murs éventrés, des motos brulées, des marmites renversées ainsi que des corps des islamistes entassés dans des chambres où ils se sont réfugiés pendant l'attaque, en témoignent. Après avoir pris le camp, les forces tchadiennes ont avancé rue après rue, tuant un nombre important d'islamistes. Certains ont réussi à fuir la ville. Il n'y a pas de chiffres disponibles ce lundi soir sur le nombre d'islamistes tués. Après avoir sécurisé la ville, les militaires tchadiens se sont retirés sur une plaine hors de Dikwa comptant dans leurs rangs un mort et trente-quatre blessés. Le torchon brûle entre Obama et Netanyahou ACCORD D'ALGER l'agence Reuters. "Cela allait être un très mauvais accord. Cela allait permettre à l'Iran de récupérer 50 milliards de dollars. L'Iran ne respecterait pas l'accord. Rien de cela ne s'est vérifié", a-t-il dénoncé. "À de nombreux égards, l'Iran a fait machine arrière sur certains éléments de son programme", a insisté le président américain qui veut, comme les autres pays du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), signer d'ici au 31 mars un accord politique définitif avec l'Iran. Au moment même où Netanyahou s'exprimera devant les élus, républicains ou démocrates, dont nombre sont hostiles à la politique d'Obama sur l'Iran, les chefs des diplomaties américaine et iranienne, John Kerry et Mohammad Javad Zarif, se retrouveront en Suisse pour poursuivre les négociations en vue d'un accord. "Israël et les États-Unis sont d'accord pour que l'Iran n'ait pas d'armes nucléaires. Mais nous ne sommes pas d'accord sur la meilleure manière de l'empêcher de développer ces armes", a reconnu le dirigeant israélien. Bien que les deux côtés ont joué l'apaisement à l'arrivée de Netanyahou sur le sol américain, les deux parties campent sur leur position. La conseillère du président Barack Obama, Susan Rice, a enjoint lundi le Congrès à ne pas imposer de nouvelles sanctions contre l'Iran, pour préserver les chances d'un accord. Le Premier ministre israélien, même s'il a promis que son discours ne serait pas "irrespectueux", ne devrait pas manquer de critiquer devant les élus américains le rapprochement entre Washington et Téhéran. Bamako va devoir expliquer sa position Les différentes délégations maliennes qui étaient présentes à Alger ces derniers jours ont commencé à consulter leurs bases. Le gouvernement de Bamako se dit plutôt satisfait de l'accord validé dimanche matin, même si la Coordination des mouvements de l'Azawad a refusé d'approuver le document. Ses militants ne veulent pas d'un accord qui ne parle ni d'autonomie de l'Azawad ni de fédéralisme. La cérémonie de signature officielle de ce texte est prévue dans un mois et d'ici là, il va falloir convaincre. Le gouvernement va devoir expliquer pourquoi il considère que le projet d'accord de paix est une bonne chose. De retour d’Alger, la délégation officielle malienne se dit plutôt satisfaite après avoir paraphé le projet d’accord. « Pour nous, c’est un compromis, pas une compromission, a déclaré Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et chef de la délégation. Un compromis qui permet aux Maliens de s’engager dans un cadre qui leur permettra de retrouver la paix, la sécurité, l’entente, la réconciliation nationale. » Néanmoins, il a très rapidement reconnu que l’accord n’était pas suffisant pour faire la paix. « Comprenant qu’il n’y a pas de paix sans accord [...], le paraphe met fin à la phase des négociations. En- suite interviendra la signature et ensuite suivra la phase de la mise en œuvre qui va être encore beaucoup plus difficile et complexe. » Le gouvernement malien, a rappelé le ministre des Affaires étrangères, espère que toutes les parties signeront bientôt à Bamako, l’accord de paix. En attendant, il est question de mener ici une vaste campagne d'explications sur le texte paraphé et de calmer la colère de certains partis politiques et associations tels que le Collectif des ressortissants du Nord (Coren) qui rejette ce qu’ils appellent « les importantes concessions faites aux groupes armés». L’armée tchadienne a repris Dikwa aux mains de Boko Haram ÉGYPTE Deux morts et neuf blessés dans un attentat devant la Cour suprême Deux personnes sont mortes et neuf autres ont été blessées lundi, dans l'explosion d'une bombe au Caire, près de la Cour suprême égyptienne. La déflagration s'est produite en pleine heure de pointe dans un quartier très animé du Caire. Un premier bilan de sources médicales faisait état de onze blessés, dont un grave. Un homme âgé de 22 ans "a succombé à des blessures à la colonne vertébrale" et un second, âgé de 24 ans, est décédé d'une hémorragie interne et de blessures à la tête, a précisé le porte-parole du ministère Hossam Abdel Ghaffar. Neuf autres personnes, dont sept policiers, ont blessées dans l'explosion, a-t-il ajouté. La bombe, dissimulée sous une voiture, visait vraisemblablement des policiers qui stationnent habituellement près de la Cour. La police a bouclé le secteur et des démineurs, accompagnés de chiens, ont passé le secteur au peigne fin, les ambulances essayant de rejoindre le site en se frayant un chemin parmi la foule de passants agglutinés. En octobre 2014 déjà, douze personnes avaient été blessées dans l'explosion d'une bombe dans le même quartier, près de la Cour suprême. Dimanche soir encore, deux personnes sont mortes dans un attentat comparable près d'un commissariat de la ville d'Assouan, en Haute-Égypte. N°784 du 04 Mars 2015 12 DERNIÈRE MAURICHRONIQUE Maurichronique : La mort d’un nom… …’’Le nom est mort. Mort depuis longtemps et son bec. Tu sais pourquoi ? C’est pour colmater courrions derrière ses traces. Il est mort. Auau fil des temps. Je n’en ai rattrapé qu’un la brèche béante de ce nid, défait par l’usure. jourd’hui, il est mort. Nous lui avons fait porter soupçon d’ombre. Une ombre diaphane, cor- Tu as vu, un peu plus vers le haut. Le nid juste nos déboires, nos échecs, nos colères folles et rompue et défigurée par mille et une échan- au-dessus. Juché sur un autre rameau. Tu as insensées. Il a trop porté. C’était lourd. Trop crures. Le nom a entamé sa fin et depuis, il a vu comment les oiseaux se déplacent d’un nid lourd. Il a rendu l’âme. C’est une mort partacessé de finir. Il a assez porté. Il a transporté à l’autre. Et vivent depuis toujours et chaque gée par nous tous. assez. Aujourd’hui, il est bien mort. jour dans une paix équilibrée et sensée. Chacun a apporté son coup. Chacun a trop en- Et il ne saurait porter quoi que ça. Tu as vu ce Le soleil me tape à la calvitie. Le froid au flanc. foncé. Aucun et à aucun instant n’a songé ap- rameau qui tangue. Tu as vu le nid qu’il berce. Il n’y a plus de nom protecteur. J’en ai hérité, porté une herbe morte pour refaire le nid. Le Les oiseaux qui y fondent et fécondent. Et re- quand j’ai hérité, une syllabe d’ancien quelque rameau a vacillé. Il a essayé de tenir un peu prennent leurs envols d’oiseaux heureux et chose, d’un rien éternel. J’ai été injuste. Nous contre les courants qui soufflaient de partout gais d’avoir un nid quelque part sur lequel ils étions injustes. Tous chacun de sa position a et de nulle part. Rien à faire. Les tresses se sont sauraient faire empire. Tu as vu la colombe, là- creusé, a puisé jusqu'à fond dans ce nom. Il a défaites. Les œufs tombèrent et s’éclaboussè- bas, agrippée à une herbe morte. Et qui fait gémi. Pleuré mille nuits. Il a supplié. Il a crié sa rent sur le sol. Le nom se désagrégea en mille ses petits pas. Et doucement, sûrement, avec fin. Insensibles étions-nous. Eternel, avions- morceaux. Mourut mille et une morts…’’ tact et prudence, elle tient l’herbe morte dans nous pensé. Tant que l’ombre était là, nous N° 784 du 04 Mars 2015 Mouna Mint Ennas
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