Biladi n°770
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Biladi n°770
Mauritanie / Maroc N° 770 du 29 Octobre 2014 - hebdomadaire d’informations générales B’IL A DIT… La communication par l’ordure… B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Depuis la veille, la semaine dernière, on se mobilise pour la ville. On fixe un rendezvous à tous. Tous les responsables publics, ministres, députés, chefs de corps, généraux et autres hauts gradés, secrétaires généraux, directeurs, membres actifs et passifs du parti au pouvoir, acteurs de la société civile, bref tous les thuriféraires de l’ordre. Lire en page 4 et 6 RENTRÉE POLITIQUE AU FNDU On se donne le temps… Après plusieurs mois d’hibernation marqués par un silence radio total et une absence pesante de la scène politique, le Forum National pour l’Unité et la Démocratie (FNDU) prépare lentement sa rentrée politique qui ne devrait être effective qu’au début de l’année prochaine, 2015. Lire en page 5 CRISE MALIENNE Une autonomie qui ne dit pas son nom La communauté internationale a présenté aux acteurs de la crise malienne, lors des derniers pourparlers de paix Alger, un document qui contient des propositions qu’elle juge objectives pour faire cesser les hostilités et réconcilier les communautés du nord avec le pouvoir central. Lire en page 7 Plus de Passion que de Raison ! Prix : 200 UM L ÉDITO e gouvernement entier, son ‘’petit’’ chef et son grand boss, toute l’administration, tous les corps de l’armée, les forces de sécurité, les simples citoyens ‘’qui aiment leur pays’’…, tout ce monde est descendu, samedi dernier, dans les rues (juste certaines rues, pour être précis) de Nouakchott. Objectif déclaré : débarrasser la capitale de ses ordures. Vaste programme ! Nouakchott n’a jamais été vraiment une ville propre. Mais depuis la rupture unilatérale du contrat de la société française de nettoyage, en début d’année 2014, les ordures se sont entassées, de manière ostentatoire, très visible et ‘’agressive’’, dans toutes les rues et les espaces de la ville. Les (sur) efforts consentis par la communauté urbaine dans le domaine n’ont pas réussi à combler le vide laissé par le départ de l’opérateur français. Mais ont tout de même atténué les souffrances des habitants de la cité, en attendant de trouver une solution durable à cette question. Au lieu de laisser les services communaux imaginer la solution ou présenter les remèdes susceptibles d’endiguer le problème, les hautes autorités de l’Etat, plus démagogues que jamais, ont ‘’sauté sur l’occasion’’ et ont ordonné à tous les fonctionnaires de se jeter, pelle à la main, dans l’arène. Du président de la République au planton, tous ont sacrifié à la mode du jour : porter des tenues de sport et donner -juste donner- l’impression de participer à la ‘’grande campagne’’ de nettoyage de Nouakchott. Sans vraiment faire de résultats spectaculaire… D’ailleurs l’important dans ce genre de situation n’est pas d’aboutir à des résultats visibles et réels, non, le but est plutôt de paraitre à la télé afin d’impressionner le pauvre citoyen à travers ce montage monstrueux où chacun fait ce qui n’est pas, à l’origine, son boulot. La mission première du président et de ses ministres n’inclut pas du tout le nettoyage direct des cités du pays, c’est le boulot des services d’assainissement au niveau municipal. Quant à eux, ils devraient plutôt s’arrêter à concevoir un mécanisme à même de résoudre définitivement cette question jusqu’ici insoluble. Bien sûr il s’agit, comme disent les policiers, d’une simple opération coup de poing sans lendemain, menée par des non professionnels. Cette manière de faire nous rappelle de mauvais souvenir : l’époque des structures d’éducation des masses (SEM) et du volontarisme. Un eternel retour en arrière et des absurdes et archaïques méthodes qui ne mènent nulle part. Hebdomadaire d’informations et d’analyses BP : 1122 Nouakchott Tél : 00222 524 02 75 - 00222 524 02 75 Fax: 00222 524 02 75 e-mail : [email protected] www.rmibiladi.com DIRECTEUR DE PUBLICATION : Moussa Ould Hamed Tél : 22- 41-28-68 REDACTEUR EN CHEF: Abdelvetah Ould Mohamed : 44 30 14 40 COMITE DE REDACTION : Abdoulaye Ciré Bâ Mohamed Mahmoud Ould Targui Coulibaly Nouhoum Mohamed Mahmoud Ould Taleb Moussa Ould Hamed Ould Bladi RESPONSABLE COMMERCIAL : Mohamed Ould Naji Tel: 44 43 34 44 CORRESPONDANT A ATAR: Gueye Ahmet Tel: 4640 99 67 COLLABORATEURS Cheikh Sidya Charly MAQUETTE : Cheikh Oumar Tel: 46 74 67 35 / E-mail: [email protected] Siége: Immeuble BMCI, 5eme Etage, Apt: 508 TIRAGE : Imprimerie Nationale N° 770 du 29 Octobre 2014 2 INSOLITES INSOLITES La mode des clowns qui sèment la terreur arrive dans le Sud Un mariage sur le thème de "La petite sirène" Les fans de La petite sirène vont certainement se régaler en voyant ce qui suit. Une marque spécialisée dans les mariages et une chanteuse américaine ont collaboré ensemble pour reproduire le mariage d'Ariel et du Prince Eric. Le spécialiste web du mariage Your Cloud Parade s'est allié à la chanteuse et designer américaine Traci Hines. Ensemble ils ont reconstitué la scène de mariage qui unit Ariel, la petite sirène, à son prince charmant, Eric. Les clichés qui ressortent de ce faux mariage sont parfaitement dans l'esprit du film et reproduisent étroitement la scène en question, pour le plus grand plaisir des fans. Dans cette série de photos, Traci Hines joue le rôle de la petite sirène et le mannequin Leo Camacho interprète celui du Prince Eric. Ce n'est pas la première fois que les deux amis jouent au jeu des personnages Disney. Dans une vidéo datée du 5 mars, Traci et Leo se grimaient en Jasmine et Aladin pour animer l'anniversaire d'un enfant. Un "joggeur" frôle David Cameron: ouverture d'une enquête La police britannique a ouvert une enquête sur un "incident" impliquant le Premier ministre David Cameron qui a failli se faire renverser lundi par un homme à la coiffure rasta se rendant au pas de course "vers sa salle de gym". L'incident s'est produit lundi à Leeds, au nord de l'Angleterre, où le Premier ministre venait de terminer un discours. En route vers sa voiture, il a alors failli se faire percuter sur le trottoir par un homme, aussitôt ceinturé et plaqué au sol par les gardes du corps du Premier ministre. La vidéo a rapidement fait le tour du Royaume-Uni et soulevé des interrogations à la fois sur les motivations du jeune homme de 28 ans et sur la facilité avec laquelle il a pu approcher le chef du gouvernement. La police, qui a brièvement arrêté Dean Farley, a rapidement assuré que celui-ci n'était animé d'aucune intention malveillante et qu'il s'était seulement dépêché pour rejoindre son club de gym. Une version corroborée par le principal intéressé lui-même qui a assuré ne s'être rendu compte qu'une heure plus tard qu'il s'agissait de David Cameron. "Cela pose tout de même la question de l'efficacité des services de sécurité de Cameron", a-t-il déclaré à la BBC. C'est également l'avis d'un député conservateur, Mark Pritchard, qui a conclu à "une faille manifeste dans la sécurité qui aurait pu avoir des conséquences bien plus graves". David Cameron, lui-même, a préféré traiter l'incident avec humour, dans l'après-midi au Parlement, et a tenu à remercier ses gardes du corps pour leur dévouement. Une enquête de la police a néanmoins été ouverte, à laquelle Downing Street a promis d'apporter toute sa coopération. Vous avez reconnu ce célèbre tableau de Picasso en Lego? Alors que le musée Picasso a créé l'événement en accueillant 10.000 visiteurs pour le weekend de sa réouverture à Paris, l'artiste Veronica Watson a revisité à sa façon le tableau le plus célèbre du peintre mythique. A l'aide de 800 briques Lego, celle-ci à récréé Guernica, la représentation cubiste de Picasso de la guerre civile espagnole (1937). Cet hommage minutieux a nécessité une journée et demie de travail à l'artiste, pour une œuvre de 15 sur 30 cm. Un jeune homme grimé en "clown agressif", qui vendredi soir à Marseillan (Hérault) avait endommagé la voiture d'un automobiliste, a été interpellé samedi, a-t-on appris auprès de la gendarmerie. Selon la même source, il a confié lors de son audition avoir succombé à la mode des "clowns qui attaquent" lancée sur les réseaux sociaux. Ce jeune homme a été remis en liberté après avoir été entendu et sera convoqué par la justice à une date qui n'a pas été précisée. Dans l'Hérault, six plaintes ont été déposées pour des agressions de "clowns qui sèment la terreur", un phénomène qui se propage sur Facebook mais qui n'avait pas touché l'Hérault jusque-là, ont indiqué le groupement de gendarmerie de l'Hérault et la direction départementale de la Sécurité publique de Montpellier. Des piétons et des automobilistes ont été victimes de ces clowns "qui effrayent" à Pézenas, Frontignan, Mauguio, Cessenon-sur-Orb et Maraussan. On devrait tous manger les gâteaux comme ce bébé On nous apprend dès notre plus jeune âge à nous tenir à table et à utiliser des couverts. Une question de savoir vivre qui restreint parfois le plaisir de manger. Bauer, un petit garçon qui fête ses 1 an dans la vidéo en tête d'article, n'a donc pas voulu s’embarrasser de telles conventions au moment de déguster son tout premier gâteau d'anniversaire. Après avoir découvert avec plaisir le goût sucré de cette pâtisserie au chocolat recouverte d'un glaçage vert et blanc, le bébé n'a en effet pas hésité à y mettre les mains puis à y enfoncer... la tête. Et vu sa réaction, l'expérience a dû être plutôt agréable. On serait bien tenté de faire la même chose la prochaine fois qu'il faudra souffler des bougies, pas vous? Un dirigeant de Google bat le record de Felix Baumgartner Un vice-président de Google a battu le record de saut en parachute en altitude, qui était détenu par l'Autrichien Felix Baumgartner, après avoir plongé vendredi à 41,4 km au-dessus de la surface de la Terre. Le saut a duré quinze minutes. Alan Eustace, resté en chute libre pendant environ 4 min et 30 secondes, a atterri à environ 110 kilomètres de l'endroit d'où il s'était envolé grâce à un énorme ballon, dans l'Etat du NouveauMexique. "Alan a connu une brève période d'apesanteur et dépassé la vitesse du son pendant 90 secondes", peut-on lire sur le site internet de Paragon Space Development Corp, la société qui a conçu sa combinaison, Le 14 octobre 2012, Felix Baumgartner avait sauté de 39.045 mètres. L’Association des Amis de Habib Ould Mahfoudh prie les lecteurs qui détiendraient les éditions suivantes des Journaux Le Calame : 52, Mauritanie Demain: 18 , Al Bayane: 7 - 12 - 66, de bien vouloir les signaler à la direction du journal. Merci 3 MAURITANIE / MAROC À LA UNE Plus de Passion que de Raison ! Les relations entre la Mauritanie et le Maroc ont souvent été marquées par une certaine passion. Originelle passion, dit-on, qui remonte à l’époque de la décolonisation. Devenu était indépendant, le pouvoir central à Nouakchott gardait toujours quelque part, en lui, les velléités expansionnistes du royaume, son voisin du nord. M okhtar Ould Daddah arrivera finalement à s’entendre avec Hassen II ; et iront même, tous les deux s’engager dans un conflit armé, contre le Front Polisario, pour la conquête du Sahara Occidental. L’arrivée des militaires au pouvoir à Nouakchott allait mettre fin, au moins, au front commun pour ‘’ la récupération et partage ’’ du territoire du Sahara. L’époque de Mohamed Khouna Ould Haidalla sera celle de la rupture ou presque. Le putsch manqué du 16 mars 1981 pourrait bien passer par là. Ould Haïdalla était réputé pour être plus proche de l’autre frère ennemi du royaume, l’Algérie. Au moins, une même position sur la question du Sahara Occidental. Sous le règne de Maaouya Ould Sid’Ahmed, on devait maintenir une distance du royaume avant de revenir à une position plus conciliante après l’avènement de Mohamed VI. Toutefois, même conciliant, Ould Taya ne s’empêchera pas de dire à l’un de ses collaborateurs de ‘’chercher un partenaire stratégique pour la compagnie, Air Mauritanie’’, en difficulté financière, en lui ‘’déconseil- lant la piste marocaine’’. ‘’Des marocains, lui lançait-il, déjà engagés financièrement dans le capital de Mauritel’’. A l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2007, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a reçu, par le truchement de quelque intermédiaire, une proposition alléchante visant le financement de sa campagne par Rabat. Poliment, il déclinait l’offre en signalant la sensibilité des relations de Nouakchott visà-vis de Rabat et d’Alger. Comme pour suggérer un juste milieu. Un équilibrisme devant marquer la relation mauritanienne avec ses deux voisins du nord. Et Aziz ? La marque marocaine du pouvoir du général putschiste qu’est Mohamed Ould Abdel Aziz était bien évidente dès les premiers jours. Des émissaires de la haute sécurité marocaine prenaient d’assaut la capitale mauritanienne. La Maroc ira même jusqu’à servir de passerelle bénéfique entre Nouakchott et les donateurs pays arabes du Golfe. L’ambassadeur mauritanien à Rabat, de l’époque, Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna ne trouvera aucune gêne de prendre part à un voyage diplomatique dans la région de Dakhla, Suite en page 7 que la Mauritanie n’ose, officielle- N° 770 du 29 Octobre 2014 ACTUALITÉ B’ il a dit La communication par l’ordure… B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Depuis la veille, la semaine dernière, on se mobilise pour la ville. On fixe un rendez-vous à tous. Tous les responsables publics, ministres, députés, chefs de corps, généraux et autres hauts gradés, secrétaires généraux, directeurs, membres actifs et passifs du parti au pouvoir, acteurs de la société civile, bref tous les thuriféraires de l’ordre, attendent, pelles dans une main, râteau dans une autre, incliné, chacun devant un détritus, un tas d’immondice, dans l’attente de l’arrivée imminente du premier magistrat du pays pour donner le coup d’envoi de ‘’la grande campagne’’ de nettoyage de la ville de Nouakchott. Chacun y va de son ordure. Chacun meurt d’envie, brûle de jalousie, à voir le président avec son râteau et sa pelle, et espère l’instant ‘’ d’une ordure’’ devenir la pelle, ou le râteau, à défaut de se muer en ‘’déchet chanceux’’ parce que choisi par le premier r-amasseur de l’ordure et des tas d’autres choses de la République Islamique de Mauritanie. N° 770 du 29 Octobre 2014 4 Un silence sans nom s’abat sur le quartier choyé. La foule tion se sont rassemblés, main dans la main, la pelle et le retient son souffle. Les moteurs arrêtent leurs bourdon- râteau, pour ramasser deux crottes de chiens errants, trois bouses de vaches cornues, deux cornes du siècle dernier, quelques arêtes d’un poisson de jadis, trois quarts de couche-bébés, quelques fausses mèches de cheveux, une boîte de conserve qui n’a jamais rien conservé, un morceau de tissu décoloré, l’anse d’une théière…Toute une république mobilisée pour une affaire qui relève du plus petit service communal. Comme si son président et ses collaborateurs n’ont que ça à faire. La scène renvoie un peu à une ambiance de fin de règne. Un président qui n’a plus rien à proposer. Et qui saute sur une affaire de propreté de la ville qui doit se faire normalement sans tambours ni trompettes par ceux-là mêmes qui sont élus pour s’occuper de la ville. C’est-à-dire les maires. Depuis qu’il a pris les rênes du pouvoir, le président aime bien souvent faire des sorties médiatiques. Un peu de communication. Les premiers jours de son mandat, il opérait des sorties pour de grosses œuvres nationales. Des projets pharaoniques. Qui pourraient créer des milliers d’emplois, engendrer une activité économique porteuse et prometteuse. On se souvient de ses inaugurations. Ambitieuses. Même Poséidon n’a jamais, dans ses folies de grandeurs maritimes, nements. Les ânes cessent de braire. Les chiens retiennent songé ceindre la Méditerranée, connue, pourtant, de leurs aboiements. La caravane suspend son passage. Les toutes les mers par son calme et sa docilité. Mohamed chefs de corps en garde-à-vue, les ministres en m’as-tu- Ould Abdel Aziz, lui, a inauguré la ceinture de l’Atlanvu, les barons du parti au pouvoir en déjà-vu, la prési- tique. Des milliards d’ouguiyas, disaient et redisaient, dente de la communauté urbaine, ( la-cun-e), dans l’euphorie rectificative, les médias officiels, relayés en-dépourvue, tous attendent que le président de l’union même par tous leurs confrères du monde de l’information. africaine, président de la République balaie son ordure. Sahel Bunkerring, ou l’avitaillement des navires en haute Toute une République mobilisée avec ses médias offi- mer, un projet mort-né, les centrales énergétiques à n’en ciels, semi-officiels, privés et semi-privés pour dire et re- pas finir, et qui ne finissent jamais, les routes qui ne mèdire que le président de la République, ses ministres, ses nent, jusqu’à aujourd’hui, vers audéputés, ses généraux et officiers, toute son administra- cune destination, le nouvel aéroport Suite en page 6 5 RENTRÉE POLITIQUE AU FNDU Après plusieurs mois d’hibernation marqués par un silence radio total et une absence pesante de la scène politique, le Forum National pour l’Unité et la Démocratie (FNDU) prépare lentement sa rentrée politique qui ne devrait être effective qu’au début de l’année prochaine, 2015. C e collectif, créé en vue à la veille de l’élection présidentielle du 21 juin 2014 afin ‘’d’assécher les candidatures crédibles’’ à même de crédibiliser le scrutin à côté du candidat du pouvoir, est composé de dix sept partis politiques, des grandes centrales syndicales du pays, d’organisations de la société civile et de personnalités indépendantes. Il est maintenant très avancé dans le processus de mise en place de ses nouvelles instances, ou plutôt son nouvel organigramme. Son conseil de Suivi et d’orientation, sa plus haute instance, s’est réuni hier dans les locaux de ‘’La Case’’ afin d’adopter son fameux document, fruit de la réflexion d’une commission ad hoc qui fut désignée pour sa confection. Sauf accident de dernière minute, tout porte à croire que le document déjà discuté au sein de chacun des pôles du FNDU, sera adopté rapidement. Première information, Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine, colonel à la retraite, ancien ambassadeur, président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) sous le régime du Conseil National pour la Justice et la Démocratie (CMJD), prolonge son bail et reste aux commandes de la coalition hétéroclite. Au sein de la commission de réflexion, présidée par Moussa Fall, tous les pôles : politique, social et des personnalités indépendantes, étaient représentés. ACTUALITÉ On se donne le temps… en question dresse la situation catastrophique de la Mauritanie au plan politique, économique, sociale et sécuritaire, dans un contexte sous régional trouble. Pays au bord du gouffre En Mauritanie, le fait le plus saillant aujourd’hui « qui constitue une menace crédible pour la paix civile et l’unité nationale est certainement le délitement de l’environnement politique », constate d’entrée le document fleuve du FNDU. Un danger prégnant illustré « par l’apparition de Moubadarates à caractère tribal d’un côté, et la radicalisation des courants ethniques et sectaires, de l’autre». Cette évolution inquiétante s’explique par l’histoire politique récente d’un pays « qui reste dominé par la poursuite de la crise politique née du coup d’état du 06 août 2008, perpétré par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, et son entêtement dans la gestion unilatérale du pays ». Celui-ci a eu pour résultat le boycott des élections législatives et municipales de novembre 2013 par la quasitotalité des partis de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), et le boycott de l’élection présidentielle du 21 juin 2014 par toutes ces formations en plus de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), le parti du dirigeant haratine Messaoud Ould Boulkheïr. Ces différents scrutins « ont dévoilé la fraude et l’inféoCette commission a fini le travail et produit un rapport dation de la Commission Electorale Nationale indépenannonçant une véritable rentrée politique. Le document dante (CENI) et toutes les institutions publiques et privées (armée, administration, justice, biens publics, hommes d’affaires, médias, ulémas, banques…. Au pouvoir en place ». Constat tout aussi désolant au plan économique et social. D’où la nécessité de créer un nouveau rapport de forces par des actions de lutte novatrices et intelligentes en vue d’obliger le pouvoir à un dialogue désormais indispensable pour éviter des aventures du genre coup d’état, guerre civile, délitement totalement de l’Etat… De quelles actions s’agit-il ? Il apparemment attendre encore un temps supplémentaire. Tant cette coalition prend tout son temps, en long et en large, espérant entre temps que la situation change d’elle-même. Ce qui lui éviterait de se lancer dans une véritable ‘’aventure ambigüe. Elle qui tient à ne pas casser d’œufs pour faire ses omelettes… Ould Bladi N°770 du 29 Octobre 2014 ACTUALITÉ B’ IL A DIT... Suite de la page 4 international ( nain), conçu et construit à la base de quelques graines de sables mouvants, les villes fantômes qui sont habitées, c’est vrai, mais par les communautés de diables Vauvert… Qu’est-ce qu’on n’a pas vu comme inaugurations grandioses pendant ses premiers jours de règne ? De la communication de haute voltige, vu les milliards qu’on disait accompagnant de tels projets. Un premier mandat dans les hauteurs. Digne de la grandeur de la République. Et un président dynamique, actif et déterminé à marquer son coup et par-delà à rattacher son nom à ces projets impressionnants. C’était le début du premier mandat. Les projets n’ont jamais vu le jour, ni la nuit. Certains sont abandonnés. D’autres traînent. Plusieurs ne verront jamais la lumière du jour. Il a inauguré, quand il a inauguré, ces jours-ci, on peut le dire aujourd’hui, des idées. Des noms sans attributs. Des contenants sans contenus. B’... Enterrez-le, s’il vous plait ! B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Au début de son second mandat, le président semble avoir retrouvé sa raison. On ne parle plus de projets grandioses. On revoit à la baisse ses ambitions pour le pays. On regarde désormais en bas. Le sol. Et on ramasse N° 770 du 29 Octobre 2014 6 B’ il a dit quelques pestilences et toxicités nauséabondes pour marquer son mandat. C’est dire le niveau de la chute de la République. On tombe sur l’ordure. Et on en fait un cheval de bataille. On imagine bien où peut conduire un morceau d’ordure. Si les inaugurations de projets prometteurs n’ont su conduire à aucun espoir, aucun bonheur, ce n’est pas le ramassis d’excréments qui va conduire aux bonnes senteurs- et santé- républicaines. C’est évident qu’on n’a plus rien à dire, ni redire. Que les inaugurations présidentielles, aussi salvatrices à l’affiche soient-elles, ne sauraient dépasser leurs délais de péremption. Elles avaient une durée de vie, visiblement, on ne l’a pas compris à l’époque. On en parle autant que le nom ait gardé son sens de nom, son intégrité sémiologique. Avant qu’il ne meure de sa mauvaise mort de nom, se désagrégeant pour tomber en mille fragments, épars, formant des détritus d’anciens quelque chose que le président de la République et ses proches collaborateurs se mobilisent pour enterrer enfin sous forme d’ordures nocives, qui, dit- on, dans ce qu’on dit, salit la figure de la ville. Comme quoi la communication par et pour l’ordure n’est que l’autre versant de la communication par et pour l’inauguration. Le commencement ressemble quelquefois à la fin. La frontière entre les deux extrêmes est si ténue qu’on oublie souvent à quel bout on se situe ! On ne sait pas quelle méchante langue de nos contrées a dit ça un jour passé ? : ‘’ Enterrez, s’il vous plait ce que vous avez fait là-bas.’’ Là-bas, c’était un puits. Là, c’en un autre, mais sans source. Tari. Il n’a de puits que le nom. Enterrez-le donc, s’il vous plait. Il est dangereux. B’... 7 ACTUALITÉ CRISE MALIENNE Une autonomie qui ne dit pas son nom La communauté internationale a présenté aux acteurs de la crise malienne, lors des derniers pourparlers de paix Alger, un document qui contient des propositions qu’elle juge objectives pour faire cesser les hostilités et réconcilier les communautés du nord avec le pouvoir central. Notre pays a assisté à cette réunion où il a été représenté par la secrétaire d’Etat aux affaires maghrébines et africaines, Hindou Mint Aïnina. B ien qu’éclipsée un moment par l’apparition d’un cas d’Ebola dans le pays, la crise du Nord Mali continue d’inquiéter et d’attirer l’attention de toute la communauté internationale. Celle-ci a transmis aux belligérants un document qui consacre une large autonomie à la région de l’Azawad, instable depuis déjà plus de deux décennies. Au cours de cette période, la zone a connu plusieurs conflits armés qui n’ont jamais été traités de manière convenable. Ce qui a provoqué la dangereuse crise de 2012 qui a failli emporter avec elle le Mali et toutes ses institutions. N’eut été l’intervention de l’ancienne puissance occupante, les Djihadistes, qui avaient pris le contrôle de la plus grande partie du territoire de ce pays, filaient directement vers la capitale Bamako. Cette terrible crise, qui ébranle encore toute la région sahélo-saharienne, ne semble pas avoir outre mesure alerté les voisins maliens. Ni le pouvoir central, ni les fractions rebelles du nord n’ont pris de leçon et chacun continue de faire comme si rien n’a changé dans leur pays. MAURITANIE / MAROC Au sud, le pouvoir central fait exactement comme ses prédécesseurs et cherche à gagner du temps, même si ce temps ne parait pas jouer en sa faveur. Mais que peut-il sérieusement faire ? Surtout qu’il se trouve coincé entre une opinion publique et une classe politique qui sont hyper mobilisées pour, surtout, ne rien céder aux gens du nord qui, à leurs yeux, ne sont que des traitres, des bandits de grand chemin et des trafiquants de tout genre. Une monnaie que leurs rendent bien leurs compatriotes du nord, dopés par une réelle suprématie militaire des mouvements rebelles sur l’armée malienne, faible, démobilisée et sous armée. Toutes les fois que les deux parties se sont affrontées, celle-ci n’a pu tenir la partie et a vite cédé ses positions. Pourtant l’état vraiment catastrophique de l’armée malienne ne parait influencé les positions gouvernementales à l’égard des ‘’bandits’’ du Nord. Ces derniers, particulièrement le MNLA qui a été réellement chassé de presque toute les villes de l’Azawad par les combattants MUJAO et qui n’est revenu à la région qu’après l’intervention de l’armée française, sont eux aussi intraitables, campent sur des positions jusqu’auboutistes et ne veulent surtout rien céder au gouvernement malien. Ce tableau nous permet de comprendre que la confiance s’est bien effondrée entre ces partenaires pourtant condamnés à vivre ensemble, sous le même toit : le République du Mali. Ils comprennent bien cela, mais aucun n’est disposé à faire le plus minime effort en direction de l’autre. Face à ce dilemme, la communauté internationale veut Plus de Passion que de Raison ! ment, attribuer au Maroc. Il y avait, sans doute, des liens plus qu’amicaux. Un intérêt commun, en quelque sorte. Un intérêt sans doute nourri, à l’époque, par l’intransigeance du pouvoir algérien à l’égard des putschistes de Nouakchott. Or, l’entente ne fera pas long feu. En 2010, la Mauritanie va rappeler son ambassadeur à Rabat, admis à la retraite, certes, mais prié de rentrer dare-dare. Un diplomate mauritanien assurant les affaires sera affecté peu après dans une autre représentation. L’ambassade devra se contenter de la gestion d’un fonctionnaire, sans aucun titre diplomatique. On ne savait pas les raisons d’un tel si prompt délitement des rapports. On savait déjà qu’un exilé volontaire, Mohamed Ould Bouamatou, n’appréciant que trop peu l’homme fort de Nouakchott, avait élu domicile à Marrakech. Un autre opposant déclaré d’Ould Abdel Aziz, Moustapha Chafi, fait du Maroc sa résidence familiale. Un réchauffement ? Les relations connaissent-elles un nouveau réchauffement ? Tout porte à le croire. Le mois d’octobre courant, le ministre de l’intérieur marocain a invité son homologue mauritanien, accompagné de son directeur adjoint de la aller vite. Même s’il faut contraindre les belligérants à s’entendre autour d’une feuille de route qui risque de mécontenter tout le monde. Tant il est vrai que les partenaires étrangers sont plus intéressés par la lutte contre le terrorisme jihadiste et les trafics illicites que par la résolution de la crise malienne. Une donne que semble occulter les frères ennemis malien… Quoi qu’il en soit les médiateurs de la crise malienne sous la houlette d’Alger ont élaboré des propositions qui ont été transmises aux parties maliennes lors de la dernière réunion tenue en Algérie en présence de représentants des médiateurs, des organisations régionales, continentales et internationales et des pays concernés par la crise. La fameuse proposition de règlement de la crise malienne ressemble, à quelques différences près, au dernier accord du siècle dernier signé par les mêmes parties sous la tutelle d’Alger. Les nouvelles modifications de l’ancien accord concernent l’élection des autorités des trois régions de l’Azawad, l’autonomie presque total de Bamako, révision de la constitution pour introduire un Sénat dans le dispositif institutionnel et, enfin, présence de représentant des populations du nord au gouvernement central, avec au moins un poste de souveraineté… Ce texte de projet d’accord comprend une grande partie des revendications du nord, même s’il évite d’évoquer le concept d’autonomie qui fâche le gouvernement malien et presque toute la classe politique à Bamako. Reste maintenant à savoir si la paix sera signée en fin compte. Et surtout si les deux parties allaient tenir leurs engagements. Il est en effet plus difficile de respecter l’accord plus que de le signer… Suite de la page 3 sûreté, pour une visite officielle à Rabat. Plusieurs conventions ayant trait à la sécurité et la migration clandestine ont été signées La semaine dernière, le ministre marocain des affaires étrangères a effectué une visite à Nouakchott. Il s’est dit, au cours d’une longue sortie médiatique sur l’excellence des relations entre les deux voisins, porteur d’un message verbal du roi Mohamed VI à l’adresse du président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz. Le déclic de la normalisation des relations, ne serait-ce qu’en apparence, revient en tout cas à Rabat. On ne sait pas vraiment qu’est-ce qui rapproche Rabat de Nouakchott, aujourd’hui ? Ni ce qui les a éloignés, hier ? AVT Consultez notre site en français: WWW.rmibiladi.com/fr/ N°770 du 29 Octobre 2014 8 ACTUALITÉ SNIM Le reflexe du naufragé… La société nationale industrielle et minière (SNIM), ébranlée par l’effondrement des cours du fer, ne sait plus quoi faire. Sa direction, plus prompte à jouer à la ‘’rectification’’ plutôt qu’à gérer l’entreprise de manière rationnelle, ne sait plus à quel saint se vouer et semble vraiment paniquée par la nouvelle conjoncture marquée par une décote importante des prix du minerai sur le marché. Surtout qu’elle n’avait rien épargné pour les moments difficiles comme celui qui lui tombe actuellement sur la tête. I ncompétente et très peu prévoyante, l’actuelle direction du fleuron de l’industrie nationale a décidé de se tourner vers ses clients afin de les mobiliser sur ses difficultés dans la perspective d’une éventuelle renégociation des contrats déjà passés avec eux. Cela fait partie des mesures que l’ADG compte mettre en œuvre pour faire face à la conjoncture difficile qui risque bien de se prolonger à cause du ralentissement de l’activité industrielle au niveau mondial, la découverte de minerais de fer moins couteux à produire et plus proche des marchés traditionnels du produit. D’ailleurs la multinationale Xtrata, qui dispose de licences d’exploitation d’un gisement de fer dans le nord de la Mauritanie et qui est partenaire de la SNIM pour l’exploitation d’un autre gisement, hésiterait à poursuivre son aventure dans notre pays. C’est pour dire combien la conjoncture est difficile pour le secteur du fer. En panne d’idée, la SNIM s’est adressée donc à ses clients pour la secourir. Eux qui risquent bien de décevoir ses attentes. Surtout, explique l’un d’eux, qu’elle n’avait particulièrement pensé à eux pendant que les cours du fer culminaient à des niveaux record. Celui ne sait certainement pas que l’entreprise nationale ne s’est pas intéressée à elle-même pendant la période faste. COMMUNIQUÉ Projet TOOGGA Le projet TOOGGA et ses partenaires ont le plaisir d’informer ceux qui entendent participer au colloque scientifique qu’ils organisent au Banc d’Arguin que : Le transfert vers Chami se fera le vendredi 31 octobre. Rendez-vous sur le parking de l'ENS à 6H30 pour un départ à 7H00. Il y aura un bus pour ceux qui n'ont pas de véhicules personnels ou qui ne voudront pas prendre le leur. Il est demandé à ceux qui voudront prendre leur véhicule personnel de prévoir un covoiturage pour éviter de voyer avec des places vides. L'organisation du colloque prendra en charge les frais de carburant pour ceux qui utiliseront leur véhicule personnel en covoiturage. Le participants au colloque seront équipé de badge. D'autres détails seront donnés sur place. Voici les contacts en cas de besoin: Pr. Mohamed BABA + 33 (0)6 22 77 81 40 [email protected] Dr. Lemhaba YARBA +222 657 60 48/612 83 32 [email protected] Pr. Ahmed Ismail BOUMEDIANA +222 22 00 31 26/36 35 44 79 [email protected] Ing. Cheikh Abdallahi SAID +222 36 30 16 16 [email protected] Dr. Ahmedou SOULE +222 22 20 89 25/46 41 28 34 [email protected] Dr. Mohamedou Ould Isselmou 00 222 36 61 86 42 [email protected] Dr. Ahmedou Vadel 0022222368520 [email protected] VIENT DE PARAÎTRE ea u Le griot de l’emir TRANSPORTS ou v N SALAM Nouvelle Ligne Nouakchott-Dakar et Dakar-Nouakchott Départ Nouakchott: tous les dimanche à 7 heures du matin. Départ de Dakar: tous les lundi à 23 heures. N° 770 du 29 Octobre 2014 Gardien de traditions séculaires et de rythmes ensoleillés, héritier d’une tribu légendaire et désormais dispersée, un griot erre, un luth à la main, entre des campements inconnus, dans un Sahara des temps anciens où les haines tenaces côtoient les violentes passions. Révolté par l’affront fait à son amie, la belle Khadija, poussée à la mort par l’émir souverain, le griot de la grande tribu quitte la terre des nomades et s’exile à Tombouctou, cité des savoirs et des marabouts. Il y retrouve la paix, la générosité et l’amour. Mais son destin l’appelle ailleurs, au pays des Maures où il porte haut sa voix afin de semer les graines de la révolte. Car, dans ces espaces infinis, c’est la musique des pères qui réveille l’orgueil des hommes et les fureurs du désert. Tel un chant lyrique, ce roman nous transporte dans la poésie des sables, en un temps où les poètesgriots, par la seule force de leur verbe ont le pouvoir de renverser le cours de l’histoire. Viennent à nous les légendes d’un monde qui, aujourd’hui, s’évanouit. 9 SPORT COUPE ARABE (U-17) JO-2016 Les cadets qataris ont écarté, jeudi 23 Octobre, à Doha les Mourabitoune de la Coupe arabe U17, en s’imposant 3 à 1. Réduits à dix à la 66mn, après l’expulsion de Hassen Ahmed et menés 1 à 0, suite au but matinal (6 e)du capitaine des Mourabitoune, Mohamed Abderahmane, les jeunes qatari ont su s'arracher pour obtenir une victoire importante. Les Mourabitoune ont sombré, humiliés par des qataris euphoriques et incroyables de facilité durant une dizaine de minutes. Un laps de temps qui a suffi aux joueurs de l’émirat pour inscrire trois buts contre des Mourabitoune à la rue. D’abord, un énorme coup de poignard d’un défenseur des Mourabitoune qui offert l’égalisation au qatari en marquant à la 81 contre son camp. De quoi annoncer une suite à sens unique. La démonstration s'est poursuivie dans une ambiance incroyable. Les jambes coupées, la tête dans le sac, la défense des Mourabitoune était à la rue sur un corner. Les qatari doublent ainsi la mise à la 86e. Un nouveau but sans opposition. La sélection olympique mauritanienne affrontera la Libye, au cours du premier tour des éliminatoires africaines pour les Jeux Olympiques de Rio 2016, selon le tirage au sort effectué,à Addis Abeba en Ethiopie. Présentement, il n’existe pas encore sur le terrain de sélection mauritanienne des moins de 23 ans. Aucun staff n’a, depuis l’avènement de l’équipe fédérale actuelle, jamais été mis en place. Un manque criant de vision stratégique en la matière. Un gap énorme dans la constitution des sélections nationales. En cas d’accord des autorités pour la participation de la future sélection, il est fort attendu que la FFRIM « bricole » comme à son habitude une sélection sortie des méandres, pour prendre part à ces joutes. Aussi étrange que cela, la Mauritanie n'a jamais disposé dans son histoire récente d'équipe olympique. Face à la Libye, en proie à une guerre civile fratricide, les Mourabitoune inexistants auront un avantage certain au cas où les Chevaliers de la Méditerranée ne déclaraient pas forfaits. En cas de qualification, les Mourabitoune U23 devront se mesurer au Mali. Le vainqueur de cette confrontation devra en découdre au troisième tour des éliminatoires le Gabon. les deux premiers tours sont prévus au mois de mai 2015 Le tournoi qualificatif du tournoi olympique aura lieu en République Démocratique du Congo en décembre 2015. Huit pays dont la RD Congo (pays hôte) participeront à cette compétition, précédée de deux tours éliminatoires. Les demi-finalistes de la CAN-2015 des U-23 seront qualifiés pour le tournoi de football des JO-2016.Ces olympiades auront lieu durant l'été 2016. Le Qatar écarte la Mauritanie Les protégés de Luis Fuertes Sastre baissent sensiblement le pied. Incapable de réagir et à bout de nerfs, les cadets encaissent un troisième but, suite au pénalty transformé par Mounir. Un but accueilli par les clameurs des supporters qatari. Dépités et humiliés, les Mourabitoune plient bagages et sortent ainsi de la compétition, après un second revers. Un échec retentissant de la bande à Sastre, qui n'arrive pas en une année de préparation à mettre en place une sélection compétitive, en dépit des moyens conséquents mis à sa disposition et de l'estime débordante du prince des ténèbres envers cette sélection bâtie sur des critères subjectifs et à des dessins inavoués. Les Mourabitoune face à la Libye Rassemblés par Saydou Nourou T. N°770 du 29 Octobre 2014 10 ÉCONOMIES ZONE EURO Le risque de déflation et de récession reste limité La Banque centrale européenne (BCE) juge que le risque de déflation et de récession dans la zone euro est limité, mais reste vigilante face au ralentissement de la hausse des prix ces derniers mois, a déclaré mardi son chef économiste dans la presse. "Le risque de déflation est limité. Je trouve très difficile à accepter la forte probabilité de déflation (30%) publiée par le Fonds monétaire international pour la zone euro", a déclaré Peter Praet, chef économiste de l'institution monétaire de Francfort, dans un entretien à la presse publié sur le site internet de la BCE. "Nos modèles traduisent des chiffres beaucoup plus faibles. Mais nous devons rester vigilants (...) Nous ne sommes pas satisfaits du niveau actuellement bas de l'inflation et nous suivons de près" cette évolution, a ajouté le Belge, précisant que "le conseil des gouverneurs est unanimement préparé à prendre des mesures non conventionnelles". "Si nécessaire, nous n'hésiterons pas. Rien n'est exclu", a-t-il poursuivi. L'inflation a ralenti en septembre dans la zone euro à 0,3%, son niveau le plus faible depuis octobre 2009, ce qui la place très loin de l'objectif de moyen terme de la BCE d'une hausse des prix légèrement inférieure à 2%. Cette situation attise les craintes de déflation en zone euro, un scénario de baisse des prix auto-entretenue synonyme de marasme économique. Pour endiguer ce risque, la banque centrale a dévoilé en juin et en septembre un vaste arsenal de mesures destinées à fournir de nouvelles liquidités bon marché aux banques, qui assurent 80% du financement du secteur privé en zone euro. La BCE espère ainsi relancer la dynamique du crédit dans la région et par ricochet l'activité économique. PORTUGAL Plusieurs indicateurs publiés ces derniers mois ont toutefois jeté une ombre sur les espoirs de reprise rapide, à l'image du baromètre Ifo du moral des entrepreneurs allemands qui a enregistré en octobre son sixième repli d'affilée. "Nous assistons à un ralentissement de la dynamique économique (...) Nous prenons cela au sérieux", a assuré M. Praet, tout en précisant ne pas craindre que les 18 pays de la zone euro ne retombent en récession. "Il ne faut pas exagérer: notre scénario de base d'un redémarrage économique graduel est toujours réaliste. (...) Les indicateurs de confiance pour les troisième et quatrième trimestres suggèrent une hausse marginale de la croissance en zone euro", même si "cette dynamique n'est certainement pas assez forte pour donner lieu à une croissance auto-entretenue", a-t-il ajouté. La troïka de retour pour scruter le budget et le secteur bancaire La troïka (UE-FMI-BCE) des créanciers internationaux du Portugal a entamé mardi à Lisbonne sa première visite depuis la sortie du pays en mai de son plan de sauvetage, consacrée au budget 2015 et au secteur bancaire. Cette mission technique, qui devra durer environ une semaine, portera en outre sur "la mise en oeuvre des réformes structurelles", selon un porteparole de la Commission européenne. A un an des élections législatives, le gouvernement portugais a présenté un projet de budget pour 2015 sans mesure d'austérité supplémentaire et a relevé sa prévision de déficit à 2,7% du PIB, légèrement au-dessus de l'objectif de 2,5% fixé par ses créanciers. Pour y arriver, la coalition de centre droit mise surtout sur l'embellie de l'économie et la reprise de l'emploi, susceptibles d'améliorer les recettes fiscales. Sa prévision d'une croissance de 1,5% en 2015 est toutefois jugée optimiste. L'OCDE table ainsi sur une hausse du PIB limitée à 1,3%, en raison des perspectives de croissance plus sombres pour la zone euro, dans un rapport publié lundi. Autre entorse à l'orthodoxie budgétaire, le Portugal compte baisser son déficit structurel (hors impact de la conjoncture sur les finances publiques) de seulement 0,1 point de PIB en 2015, alors que les règles européennes prévoient 0,5 point. La visite de la troïka sera également l'occasion d'évaluer le secteur financier toujours fragile du Portugal, trois mois après le sauvetage de Banco Espirito Santo (BES) et N° 770 du 29 Octobre 2014 INDE Airbus Défense et Tata font une offre conjointe pour l'armée Airbus Defence and Space, filiale d'Airbus Group, et la division défense et aéronautique du groupe indien Tata, Tata Advanced Systems (TASL), ont remis une offre conjointe pour le remplacement de la flotte indienne d'appareils de transport militaire Avro par des Airbus C-295. "Au total, 56 Avro doivent être remplacés. Si l'appel d'offre est remporté, Airbus Defence and Space fournira les 16 premiers exemplaires depuis sa propre ligne d'assemblage. Les 40 autres appareils seront fabriqués et assemblés par Tata Advanced Systems en Inde", détaille Airbus Defence and Space dans un communiqué mardi. "Nous sommes extrêmement contents d'annoncer notre partenariat avec Airbus Defence and Space pour le remplacement des appareils Avro pour l'armée de l'air indienne. C'est une étape majeure pour le développement de la fabrication d'avions en Inde", a commenté Mr S. Ramadorai, président de TASL, soulignant que le conglomérat était prêt à construire entièrement les avions en Inde. De son côté, le vice-président chargé de la division militaire d'Airbus, Domingo Urena Raso, a estimé que l'avion de transport militaire C-295 était un appareil "extrêmement fiable qui a fait ses preuves dans les conditions opérationnelles les plus difficiles". Il a rappelé que 19 pays avait déjà commandé cet avion. Le C-295 de nouvelle génération est un avion de transport à usage civil et militaire approprié aux missions d'aide humanitaire, de sécurité du territoire et de surveillance environnementale. Avion tactique de taille moyenne qui offre polyvalence et flexibilité pour le transport de personnel, de troupes et de charges volumineuses, il est aussi utilisé pour l'évacuation de blessés, les tâches logistiques et de communication ou le largage aérien. Le C-295 fait partie de la famille d'appareils d'Airbus Defence and Space, qui comprend également les platesformes NC212i et CN235 plus petites. ITALIE hausse de la confiance des entreprises en octobre au lendemain de l'échec de Banco Comercial Português (BCP) aux tests de résistance de la BCE. La troïka s'invitera deux fois par an au Portugal, au moins jusqu'en 2035, c'est-à-dire jusqu'au remboursement de 75% des prêts accordés dans le cadre de son plan d'aide international de 78 milliards d'euros, qui avait permis au pays d'échapper à la faillite en 2011. Le gouvernement avait renoncé en juin à la dernière tranche du plan, d'un montant de 2,6 milliards d'euros, faute d'avoir présenté à ses créanciers des mesures d'austérité censées remplacer celles qui ont été censurées par la Cour constitutionnelle. A l'instar de l'Irlande, le Portugal étudie la possibilité de rembourser en avance des prêts accordés par le Fonds monétaire international (FMI), afin de réduire le coût du service de sa dette. Cette requête, qui n'a pas encore été présentée officiellement, devrait figurer parmi les sujets à aborder avec la troïka. L'indice composite mesurant la confiance des entreprises italiennes du sect e u r manufacturier, de la construction, des services et du commerce, a progressé en octobre, après avoir reculé les deux mois précédents, a annoncé mardi l'Institut national de la statistique (Istat). L'indice s'est établi à 89,3 points contre 86,9 en septembre (chiffre corrigé en hausse), reflétant une amélioration de la confiance dans tous les secteurs, a précisé Istat dans un communiqué. Dans le secteur manufacturier, l'indice a progressé à 96 points contre 95,5 en septembre, l'indice de la construction passe de 75,5 à 77,5 et celui des services de 85,1 à 89,2. L'indice du commerce de détail augmente également, passant de 92,1 à 93,9, la confiance s'améliorant tant dans la grande distribution que dans les petits commerces. 11 INTERNATIONALES PÉTROLE TUNISIE Londres (awp/afp) - Les prix du pétrole évoluaient autour de l'équilibre mardi en cours d'échanges européens, tentant de se stabiliser après une séance agitée lundi, dans un marché où les fondamentaux restent baissiers. Vers 11H00 GMT (12H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 85,87 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 4 cents par rapport à la clôture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance grappillait 7 cents, à 81,07 dollars. Les cours du brut ont tout particulièrement souffert lundi, le WTI dégringolant à un nouveau plus bas depuis fin juin 2012 (à 79,44 dollars le baril), après un rapport de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs abaissant ses prévisions de prix du pétrole pour 2015. Les cours de l'or noir se sont toutefois repris en fin de séance pour finir quasi stables. Mais "le moral général du marché reste négatif" et les plus bas de lundi pourraient de nouveau être testés mardi, jugeaient les analystes de Commerzbank. "Actuellement, il semble peu probable que l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) fasse quelque chose pour remédier au surplus d'offre sur le marché", estimaient-ils. Plusieurs analystes rapportaient ainsi les propos d'un responsable de la Compagnie nationale iranienne des pétroles (NIOC), selon qui il est improbable que l'Opep modifie son plafond de production fin novembre. Les douze États membres du cartel doivent se réunir le 27 novembre à Vienne, pour discuter notamment de leur cible commune de production (actuellement fixée à 30 millions de barils par jour). "En raison des divergences évidentes entre les pays mem- La mission d'observation électorale de l'Union européenne a jugé mardi "crédibles et transparentes" les élections législatives en Tunisie. Ces dernières ont été remportées par Nida Tounes, devant les islamistes d'Ennahdha. "Le peuple tunisien a renforcé son engagement démocratique grâce à des élections crédibles et transparentes qui ont permis aux Tunisiens de toutes sensibilités politiques de voter librement", a déclaré, mardi 28 octobre, la chef de la mission d'observation électorale de l'Union européenne, Annemie Neyts-Uyttebroeck. Selon elle, la journée électorale s'est déroulée "dans une ambiance sereine et de manière ordonnée". Les observateurs européens ont également salué le déroulement de la campagne électorale "largement dans le calme" et respectant "les libertés d'expression et de rassemblement". Le premier scrutin libre de l'histoire de la Tunisie avait été l'élection de l'Assemblée nationale constituante en octobre 2011, remporté par Ennahda. Les législatives du 26 octobre et la présidentielle prévue le 23 novembre sont cruciales pour doter le pays berceau du Printemps arabe d'institutions pérennes, près de quatre ans après la révolte de janvier 2011. Les cours tentent de se stabiliser dans un marché pessimiste bres de l'Opep à propos de l'ajustement des capacités de production, il est peu probable qu'un accord significatif intervienne entre l'Arabie Saoudite, qui plaide pour le statu quo, et le Venezuela et l'Algérie, qui militent pour une diminution importante de la production", pointait Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque. "Manifestement, l'Arabie Saoudite n'est pas prête à être, une nouvelle fois, la variable d'ajustement du marché pétrolier et préfère profiter de la baisse actuelle pour conquérir de nouvelles parts de marché, particulièrement en Asie", expliquait-il. Le marché pétrolier mondial est actuellement déséquilibré, une offre trop abondante faisant face à une demande qui peine. Cette situation a conduit les prix du pétrole à dégringoler d'environ 25% depuis la mi-juin alors qu'ils évoluaient depuis 2011 dans une fourchette de prix relativement étroite (entre 100 et 120 dollars pour le Brent). HONG KONG Le mouvement prodémocratie marque un mois de manifestations Des milliers de militants prodémocratie se sont rassemblés mardi soir à Hong Kong afin de marquer un mois de manifestations de masse tandis que les dirigeants du mouvement ont dit qu'ils pourraient demander à rencontrer directement les autorités chinoises . Plusieurs milliers de personnes se sont réunies dans la soirée à Admiralty, un des trois sites occupés près du siège du pouvoir, dans l'ancienne colonie britannique passée dans le giron chinois. Elles ont déployé des parapluies, symboles de leur mouvement et ont observé 87 secondes de silence, en souvenir des 87 salves de gaz lacrymogène tirées par les policiers le 28 septembre. Ces tirs, dirigés contre des manifestants qui avaient envahi une avenue près du Conseil législatif, avaient fortement choqué tant à Hong Kong qu'à l'étranger. En réaction, les protestataires étaient descendus dans la rue par dizaines de milliers. Et si en quatre semaines, leur nombre s'est considérablement réduit, ils bloquent toujours d'importantes artères de la ville, perturbant fortement les transports et l'activité économique. Territoire chinois bénéficiant d'une large autonomie, l'ancienne colonie britannique connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Les manifestants exigent l'instauration du suffrage universel lors de l'élection du prochain chef de l'exécutif local en 2017. Pékin a approuvé le principe "une voix, un vote" mais réservé à un comité de grands électeurs majoritairement favorable au Parti communiste chinois (PCC) le soin de présélectionner les candidats. Alex Chow, président de la Fédération des étudiants de Hong Kong, a déclaré qu'il demanderait à rencontrer le Premier ministre chinois Li Kegiang si le gouvernement local ne transmettait pas fidèlement les revendications du mouvement aux autorités chinoises. Lors d'une rencontre la semaine dernière avec les étudiants, le gouvernement local a tendu une branche d'olivier, proposant de rendre à Pékin un rapport sur les événements et de mettre en place une commission conjointe sur les réformes politiques après 2017. Ce rapport doit faire état des exigences de suffrage universel, a dit Alex Chow. "Si le gouvernement de Hong Kong a des problèmes pour accéder à nos exigences, nous espérons sincèrement que des arrangements pourront être trouvés afin que nous puissions rencontrer directement le Premier ministre Li Kegiang dès que possible", a-t-il dit. C'est la première fois que les étudiants, fer de lance du mouvement, évoquent une rencontre directe avec Pékin. En 1989, les étudiants chinois avant rencontré le Premier ministre Li Peng pour des discussions infructueuses, avant la répression sanglante du mouvement par l'armée chinoise place Tiananmen. Le mouvement semble dans l'impasse. Peu d'observateurs s'attendent à ce que Pékin cède aux exigences des manifestants, qui sont conscients de la lassitude occasionnée par les blocages auprès des sept millions d'habitants. Les observateurs de l'UE saluent des élections "crédibles et transparentes" SYRIE Des peshmergas quittent leur base en Irak pour rejoindre Kobané Des combattants kurdes irakiens ont quitté leur base dans le nord de l'Irak pour rejoindre la ville syrienne de Kobané et la défendre contre les jihadistes du groupe Etat islamique, a constaté un correspondant de l'AFP. Deux officiers kurdes ont confirmé le départ de leur base à Erbil d'un contingent de 80 combattants qui prendra la route et d'un autre de 72 qui rejoindra par voie aérienne la Turquie, qui a autorisé le passage de son territoire à des peshmergas envoyés en renfort à Kobané. ENERGIES MARINES CMN entre au capital d'Hydroquest La groupe CMN (Constructions mécaniques de Normandie) est entré à hauteur de 10% au capital d'Hydroquest, fabricant de parcs d'hydroliennes, ont annoncé mardi les deux entreprises dans un communiqué. Cette prise de participation intervient alors que les deux entreprises sont partenaires depuis deux ans dans le domaine des hydroliennes marines, à travers le projet Searieus. Ce projet vise à concevoir, produire, installer et exploiter un parc pilote de 10 hydroliennes d'une capacité de 13 mégawatts dans la zone du Raz Blanchard (BasseNormandie). Il fait partie d'un des huit projets remis à l'Ademe dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt, clos en mai dernier. Les hydroliennes sont des turbines qui exploitent les courants marins pour produire de l'électricité. Jusqu'ici, Hydroquest, créée en 2010 à Grenoble, a développé et commercialisé sa technologie pour un environnement fluvial. CNM, historiquement implantée à Cherbourg, est spécialiste de la construction navale de navires militaires et civils. N°769 du 22 Octobre 2014 12 DERNIÈRE MAURICHRONIQUE Maurichronique : Une crotte à la barre… Dis-toi, que j’ai la chance, moi. Je savais que je l’avais, la chance. Depuis ma naissance, elle m’accompagnait. Elle m’accompagne encore toujours, et davantage, Dieu merci. Tu imagines, le jour où je suis sortie au monde ? Non, tu ne peux pas savoir ! Tu dormais, j’en suis sûre. Tu n’étais même pas née, je crois. Ou bien tu étais encore dans la campagne. Ou ta mère l’était encore, bien avant ta naissance. Ou dans les langes, étais-tu. Ah, j’ai oublié, mon œil, toi, dans les langes, ça alors ! Tu n’en as jamais eues, des langes. Qu’est-ce que je suis en train de débiter. Ne fais pas la mine ! C’est ma journée. Celle de ma chance. Je suis sortie au monde une nuit de plein hivernage. Une pluie torrentielle s’abattait toute la soirée durant. Le ciel avait vidé ses tripes ce soir-là, sur la ville. Le bourdonnement des tonnerres assourdissait mes minuscules oreilles. Le scintillement des éclairs aveuglait l’infime ouverture de mes yeux. J’étais encore à l’intérieur. Tout ça, me N° 770 du 29 Octobre 2014 parvenait dans mon petit univers prénatal. Elle s’est tenue sur ses quatre pattes. L’éclair fendait le ciel. Le tonnerre jouait la repartie. Le sol croulait sous ses pattes, gluant, visqueux, des innombrables fatras et écumes de la vie. Je naquis en cet instant. J’entendis, juste avant ma sortie au monde, entre colères célestes, ma porteuse aboyer. Une cascade d’aboiements avant qu’elle ne me jetât dans la marre. Spongieuse, j’entamai une vie de désagrégation. Perdue, en mille particules, mes fragments allaient négocier une errance sans fin. Sans fin. J’ai dit sans fin ! Enfin presque, disons. Chaque portion de moi trouva refuge, qui dans la cavité logeant jadis l’œil droit du mouton sacrifié pour la fête de tabaski suivante, qui dans le coin intérieur d’une boîte de sardine, qui collée contre un morceau de verre cassé… Dis-toi, que je me dis que j’ai la chance. Aujourd’hui, mes particules de débris se retrouvent. Les morceaux se recollent. Et, c’est lui, là, en haut, qui a, de ses propres mains, rassemblé mes membres égarés. De sa pelle, de son râteau, il a su dénicher chaque partie de moi et l’a ramenée jusqu’à moi. Jusqu’à moi. Je suis choyée. Non seulement, je suis heureuse, pleinement heureuse, mais, j’ai la chance que ma reconstitution a été faite grâce au premier homme de ces contrées. Il m’a reconstruite. Dis-toi, que je suis reconstruite. Ne pleure pas. Ne te tue. Ne sois pas envieuse. Ma grande barre de fer, ne désespère pas, je sais que c’est une mauvaise journée pour toi. Un peu comme la soirée de ma venue au monde. Des foudres partout. Des mares assassines. Une heure de séparation, d’abysses et de désolation. Je sais. C’est tout comme. Mais, je n’y peux rien. Toi-même, tu n’y pouvais rien. Tu es née en ta journée de déconstruction. Tu es née déconstruite. Peut-être viendrait, un jour, un premier quelque chose et reprendrait, qui sait, ta reconstruction. Mouna Mint Ennas
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