Roanne Eco 9 - CCI du Roannais
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Roanne Eco 9 - CCI du Roannais
N°9 - Juin 2004 - 2,50 € Magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Roannais INTERVIEW Philippe Gregson, directeur général de Transcom pour l’Europe du Sud COMMERCE DISTRIBUTION Séma nage dans le bonheur RHÔNES-ALPES ÉCONOMIE PME-PMI : la marche vers l’innovation Dossier Biennale de Roanne : un “Davos” du textile N° 9 / JUIN 2004 ROANNE ECO INTERVIEW 6 PAGE SOMMAIRE Conjoncture Editorial par Bruno Frappat Philippe Gregson, directeur général de Transcom pour l’Europe du Sud Réalisation : Chambre de Commerce et d’Industrie du Roannais 4, rue Marengo 42334 Roanne Cedex Tél. : 04 77 44 54 64 Fax : 04 77 72 17 17 www.roanne.cci.fr E-mail : [email protected] Parmi les premiers convaincus de la pertinence économique de la candidature roannaise, Philippe Gregson revient sur cette implantation qui confirme la montée en puissance tertiaire du bassin de Roanne. Commission paritaire : 0307 B 05950 ISSN : 1632-9406 Directeur de la publication : Robert Barriquand DOSSIER INDUSTRIE PAGE 14 Haut de gamme Bouton-Renaud sur du velours Industrie Michelin : trente bougies et des millions de pneus International Bel Maille se développe aux Etats-Unis Séma nage dans le bonheur Secrétaire de rédaction : Claudine Auboyer Tourisme Biennale de Roanne : un “Davos” du textile Rédaction : Frédéric Thomasson, Agence de presse be.presse La renaissance du Château de Chassignol Services La Biennale Textile 2004, organisée pour la première fois en été (29 - 30 juin), sera plus que jamais le carrefour de toutes les réflexions sur l’avenir de la filière. Collaborations : Eric Billoir, Béatrice PerrodBonnamour, Photos : Thierry Beguin. Crédit photos : Jean-Baptiste Laissard, Moda Style. Sedicom Lyon/DB. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de la direction de Roanne Eco Biennale de Roanne : un “Davos” du textile Commerce Distribution Rédactrice en chef : Elisabeth Ballery Publicité : SARL Communiquer Tél. : 04 77 70 09 42 Interview Produits Actualités Dossier RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE Flashage, impression, façonnage et routage : Imprimerie Chirat 42540 St-Just-La-Pendue Distribution : La Poste LISTE DES ENTREPRISES CITÉES DANS CE NUMÉRO PAGE 39 PME-PMI : la marche vers l’innovation Pourquoi et comment innover ? Quels sont les freins rencontrés ? Quels outils peuvent favoriser les projets innovants ? Experts et dirigeants d’entreprise rhônalpins se prononcent sur ce sujet majeur. Absys, ACP, Agence d’architecture Brosselard et Troncy, Altibulle, AMI, Auberge Costelloise, Bel Maille, Bijouterie François Pidoux, Bouton-Renaud, Chassagnard, Château de Champlong, Château de Chassignol, Comptoir des levures, Création Mervil, Demurger, Deveaux SA, Devernois SA, Diam Group, Diffusion Maille, Equation, Gem, Giat Industries, Griffon, Guillaume Séraille, Hélair Industrie, Imprimerie Pougnard, Intexa, Jo’Ben, Mado Marcel, Manufacture de Velours et Peluches, MB Tricotage, Meubles Gilles Bretton, MG Nautic, Michelin, Moda Style, Monroe Etiquette, Mons Fromager, Noviloire, Pic’Ardi, Roberto, Rose Pomme, Comptoir des levures prend un tour de taille Multimédia La croissance ordonnée d’Absys Création-Reprise AMI veut du bien à ses clients Environnement Nigay, moteur de l’OHSAS 18 001 Etude Économique Les chiffres-clés du Roannais Histoire Economique La tuile et la brique, l’un des grands piliers de l’industrie du Roannais Culture 4 5 6 8 10 14 19 20 21 22 23 24 25 26 27 29 32 36 Une exposition temporaire et extraordinaire au Musée de Charlieu Séma, Transcom Worldwide France, Tricot Moss, Valentin Traiteur. Annonceurs : Bijouterie Allier - Julien d’Orcel, BNP Paribas, Château d’Ailly, Crédit Agricole, Dumoulin Traiteur, Eaux Minérales de Saint-Alban, Espace Peugeot 2 Roues, Gaz de France, La Gazette du Laboratoire, Le Progrès Voyages. JUIN 2004 >Roanne Éco< 3 RUBRIQUE CONJONCTURE Baromètre des chefs d’entreprises de service roannais Procédures collectives Source : Enquête CCI Source : Tribunal de Commerce de Roanne Bilan de votre activité au premier trimestre 2004 ☺ En hausse Stable En baisse Chiffre d’affaires 36,8 % 31,6 % 31,6 % Investissements 15,8 % 68,4 % 15,8 % 5,3 % 73,7 % 21,0 % Emploi 2001 2002 2003 Redressements judiciaires 50 48 55 Liquidations judiciaires 73 75 83 Total 123 123 138 Comment voyez-vous l’évolution de votre entreprise au 2ème trimestre 2004 ? ☺ En hausse Stable En baisse Chiffre d’affaires 44,4 % 38,9 % 16,7 % Investissements 5,5 % 77,8 % 16,7 % Emploi 11,1 % 77,8 % 11,1 % Evolution des offres d’emploi (1) sur le bassin roannais Source : ANPE Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre 354 676 577 364 734 674 2003 331 462 445 419 2004 439 586 601 590 (1) Toutes offres d’emploi confondues quels que soient le type et la durée du contrat. La Bourse Evolution du cours des entreprises roannaises ou d’établissements de groupes implantés en Roannais, cotés en Bourse Source : www.latribune.fr ENTREPRISE AU 31/12/2001 AU 31/12/2002 AU 31/12/2003 AU 30/04/2004 Cegid-Orli 19,59 10,38 17,30 23,58 Deveaux 80,50 80,50 83,15 87,10 Devernois 90,00 92,75 105,00 129,00 Imagine 35,00 10,00 10,89(1) 14,70(3) Imprimerie Chirat 11,99 13,00 14,83 15,99(4) Intexa 6,11 2,29 5,30 6,08(5) L3C Group 10,00 11,50 20,00 26,00 Manitowoc Co Inc (Potain) 31,10 25,56 31,20 30,93 Michelin 37,05 32,86 36,38 39,04 Plastohm 12,15 11,00 7,00(2) 7,95(6) (1) au 19/12/2003 - (2) au 9/12/2003 - (3) au 21/04/2004 - (4) au 19/04/2004 - (5) au 13/04/2004 - (6) au 26/04/2004 4 >Roanne Éco< JUIN 2004 Novembre Décembre 616 421 ÉDITORIAL Quelle époque ? Mais c’est la nôtre... Par Bruno Frappat est le réflexe de la couette : retarder le plus possible le moment d’en sortir ! Rester enfoui sous elle quand on pressent que le jour sera dur… Il arrive même aux journalistes d’éprouver cette tentation face aux sollicitations de l’actualité. Trop durs, trop noirs, trop cruels, les événements dont il va falloir se saisir. Trop accablantes ces “nouvelles du monde” qu’il va falloir commenter et où il n’est bruit que de fureurs, où il n’est question que de conflits sans fin, de terrorisme menaçant, de puissances qui n’en peuvent mais. Et, même au plus près de notre chère “proximité”, au plus “bas” de cette prétendue “France d’en-bas”, que de sombres perspectives ! Canicule, inondations, procès de pédophiles, hausse du chômage, accidents ou catastrophes en tous genres : la coupe n’est jamais pleine et déborde sans cesse. C’ Directeur de la rédaction de La Croix (depuis 1994). Directeur général, membre du Directoire de Bayard (depuis septembre 2000). Président du Comité Social de la Fondation de France (1987/1993). Administrateur de la Fondation de France (1990/1993). Membre du Haut Conseil de la Population et de la Famille (1996/1998). Distinction : 1er Lauréat du Prix des Editorialistes Victor Hugo (juin 2002). Œuvres : “Si les mots ont un sens” (1994 - Le Monde Editions), “L’humeur des Jours” (1996/2000) (2001 - Bayard Editions), “Chemin de mort... chemin de vie” (2004 - Bayard/La Croix). Il y a deux manières de se protéger. La fuite ou la lucidité. La couette ou la confrontation au réel. Excluons la fuite, décidément, qu’elle soit vers le bas ou vers le trop haut. Cette fuite serait une manière de lâcher nos contemporains en rase campagne, de les laisser seuls au milieu de leurs difficultés et de leurs angoisses, de se désolidariser sur le thème “cette époque est trop folle, je m’en vais cultiver mon jardin de sérénité, débrouillez-vous !”. Non, nous devons être solidaires de notre époque. Et cette époque, via la lucidité, avec les armes de la culture et de la positivité, en goûter les valeurs. Car, après tout, qui oserait citer une période de l’histoire humaine où tout baignait dans l’opulence, le bonheur et la gentillesse ? Qui peut croire qu’il ait existé un “âge d’or” ailleurs que dans l’imagination des inventeurs de mythes ? Le paradis terrestre, même aux yeux des croyants, fut une période d’une extrême brièveté. Même pas la durée de vie d’un couple moyen… Et Athènes, la miraculeuse démocratie, était-elle tendre aux esclaves et aux “barbares” ? Donc, la nostalgie est vaine, fausse et inopérante. Souvenons-nous, sans remonter jusqu’à la Genèse, de ce que fut, pour beaucoup, la pseudo “Belle époque”. Souvenonsnous de ce que furent les “Années folles” ailleurs que dans certains quartiers limités du Paris des années 20. Souvenons-nous de l’état des peuples (et du peuple) à l’entour de ces mythes. Souvenons-nous des révolutions, des guerres, civiles ou mondiales, des famines, Souvenons-nous même, au risque de choquer, de la catastrophe annoncée au sujet des pays les plus pauvres, dans les années 50. De la Chine, où la faim finirait par régler par l’absurde la question démographique. De l’Inde où, jamais, au grand jamais, le développement ne serait possible. Aujourd’hui, l’Inde est une démocratie et, économiquement, elle “décolle”. La Chine demeure, politiquement, au régime sec, mais on n’y meurt plus guère de faim. En France, après trente deux années de “crise”, qui se souvient que la richesse nationale (globale) a augmenté de cinquante pour cent depuis 1973 ? Pendant la crise, l’opulence continue. Cessons de maudire notre époque. Cessons de la croire plus dominée que les autres par les peurs, les haines et les dominations. La grande nouveauté, c’est que nous voyons ses défauts en direct, en gros plan, mais sans que nous soit suffisamment rappelé tout ce que l’inventivité humaine, la solidarité et le goût de la justice sont capables de faire à l’ombre du malheur. Alors, prenons l’actualité dominante (celle de la sensationnelle noirceur) avec les yeux de l’intelligence et de la volonté. Nous n’avons pas choisi de naître à notre époque ? Choisissons-y d’y vivre. Espérance comprise. JUIN 2004 >Roanne Éco< 5 RUBRIQUE INTERVIEW Philippe Gregson, directeur général de Transcom pour l’Europe du Sud En concurrence avec 80 sites en Europe, Roanne a séduit Transcom WorldWide, le numéro un continental de la relation client. Le site roannais, appelé à devenir l’un des plus importants du groupe (300 positions de travail, 500 salariés), fonctionne depuis le mois d’avril. Parmi les premiers convaincus de la pertinence économique de la candidature roannaise, Philippe Gregson revient sur cette implantation qui confirme la montée en puissance tertiaire du bassin de Roanne. notre attente et on nous a assuré qu’il serait prêt début avril, ce qui a été le cas. Troisièmement, nous nous sommes penchés sur l’aspect financier et sur les aides que nous pouvions obtenir. Mais en aucun cas cela n’a été l’élément moteur de la décision. Sur les 80 autres sites qui ont postulé, nous pouvions également obtenir des aides comparables à celles que nous avons eues dans la Loire. Quels éléments ont motivé votre décision d’ouvrir un quatrième centre de contacts sur le territoire français ? Philippe Gregson : L’implantation d’un nouveau centre était tout simplement indispensable à la progression de Transcom. Depuis plusieurs mois, nous étions confrontés à une forte augmentation de notre volume d’affaires, ce qui nous obligeait à sous-traiter entre 15 et 20% de notre activité. La création de ce quatrième centre en France va nous permettre de rapatrier progressivement cette sous-traitance, et de la réduire, au fil du temps, à 5% environ. Pourquoi avoir choisi Roanne ? Propos recueillis par Frédéric Thomasson 6 >Roanne Éco< JUIN 2004 Notre décision s’est fondée autour sur trois points. Premièrement, le bassin d’emploi. Nous avons mené une étude qui nous a assuré de trouver la main d’œuvre suffisante à notre développement. Deuxièmement, on nous a proposé un bâtiment qui convenait complètement à Votre principale préoccupation était donc de trouver un potentiel de main d’œuvre... Tout à fait. La main d’œuvre représente 70% de nos coûts. Notre premier souci est donc de nous assurer que le bassin d’emploi sur lequel nous nous installons est suffisamment armé. Chez Transcom, nous avons été des précurseurs dans le choix d’abandonner les grandes agglomérations au profit de villes moyennes, comme Raon-l’Etape, Tulle ou aujourd’hui Roanne. Cela confère deux avantages : d’abord, nous choisissons des sites où il n’y a pas de concurrence. Nous sommes ainsi les premiers pour recruter. Ensuite, nous nous sommes aperçus que le turn-over est beaucoup moins important dans les villes moyennes. On fidélise davantage nos collaborateurs, le cadre de vie est meilleur et les équipes bénéficient de conditions plus agréables. Personnellement c’est très clair : je préfère travailler à Roanne qu’à Milan. Quelles sont les qualités requises pour intégrer un centre de contacts ? C’est avant tout un métier de bon sens où il faut comprendre son interlocuteur qui, à l’autre bout du fil, n’est pas toujours content. Il y a une problématique à assimiler. Dans tous nos centres, nous essayons d’être multi-compétences afin de diversifier le travail de nos collaborateurs. Nous avons mis en place des formations initiales pour que chacun puisse très vite se familiariser avec notre métier. Chacun pourra se former au fil du temps. En huit à dix semaines, un opérateur dispose de la formation nécessaire à son autonomie. Nous sommes par ailleurs favorables à la progression interne. L’actuel directeur du centre de Tulle a commencé chef d’équipe à Vélizy. C’est tout de même un métier qui a mauvaise presse. Comment faire pour changer cette image ? D’abord améliorer les conditions de travail. Si, à une certaine époque, il y a eu un turn-over important dans les centres d’appels des grandes agglomérations, c’est que les conditions de travail étaient négligées. Encore une fois, Transcom essaie d’être pionnière et les installations roannaises en sont la preuve. Notre culture d’entreprise est basée sur la fidélisation des salariés. Si nous avons choisi ce bâtiment, c’est qu’il est neuf et clair, qu’il se situe non loin du centre ville. Nous aurons un peu de turn-over la première année car des gens vont se rendre compte que ce métier n’est pas fait pour eux. D’autres, à qui on aura mis le pied à l’étrier, postuleront pour d’autres places. C’est la règle. A mon avis, nous n’aurons pas de turn-over à cause des conditions de travail. INTERVIEW Il y a aussi une méconnaissance de la part du public vis-à-vis de ces métiers émergents... Absolument. D’ailleurs, dès que nous en aurons l’occasion, nous organiserons des journées portes ouvertes pour le grand public. C’est ce que nous faisons à Raon l’Etape. Là-bas, nous participons même aux Journées du Patrimoine ! La plupart des gens considèrent qu’il s’agit de métiers de standardistes. Ce n’est absolument pas ça. Nous produisons de l’appel téléphonique comme un fabricant de voitures conçoit et produit des automobiles. Nous sommes rentrés dans l’ère de l’industrialisation des services. Nous avons des critères de qualité. Un appel ou une réponse ne doivent rien au hasard. Ils doivent être travaillés, structurés, façonnés. Un appel téléphonique est un produit comme un autre. d’appels, gestion multicanaux, écrans plats. Nous investirons au total 1 million d’euros en matériel afin d’avoir, dès le départ, un centre très fonctionnel pour nos clients comme pour le personnel. Qui sont vos clients ? Nous comptons 80 clients environ. Transcom développe ses activités de relations clients (CRM) dans tous les secteurs industriels et commerciaux, notamment les télécommunications, le tourisme, les services financiers et bancaires, le recouvrement de créances, les assurances, le commerce électronique. Nous travaillons également de manière bénévole pour le Sidaction par exemple. Depuis 1995, nous avons implanté en moyenne un site chaque trimestre dans 21 pays différents, et nos services sont développés en 39 langues. Vous parlez de “centre de contacts” et non de “centre d’appels”. Pour quelle raison ? Comment se situe Transcom par rapport à sa concurrence ? La terminologie “centre d’appels” est un peu réductrice. D’abord parce que nous travaillons en communication sortante, mais aussi entrante. Ensuite parce que le téléphone n’est pas notre seul outil de travail. Nous effectuons également du backoffice, c’est-à-dire des réponses à nos interlocuteurs par mail, fax, courrier. Le centre de Roanne bénéficie d’un équipement au top de la technologie avec automates En moins de dix ans, Transcom est tout simplement devenue la plus importante entreprise européenne en terme de CRM. Nous comptons désormais près de 8500 collaborateurs. Transcom s’est forgée une image de qualité de services par rapport à ses concurrents. L’éternelle question que se posent nos prospects est de savoir s’ils achètent un prix ou de la qualité. Le offshore, qui consiste à délocaliser sa Transcom Worldwide en bref Création : 1995. Activité : spécialiste européen de la relation client (CRM). Effectif : 8 500 salariés. Siège : Luxembourg. Sites d’exploitation en France : Vélizy (Yvelines, 210 personnes, 145 positions d’opérateurs), Raon-l’Etape (Vosges, 350 personnes, 149 positions), Tulle (Corrèze, 450 personnes, 220 positions) et Roanne (500 personnes, 300 positions à l’horizon 2006-2007). Le site roannais est installé sur 2000 m2, Espace Jean-Baptiste-Clément. Sites d’exploitation en Europe : 40 centres dans 21 pays différents notamment en Suède et Espagne (cinq chacun), Allemagne et Italie (trois). Nouveaux pays en 2004 : Belgique et Hongrie. Groupe : Transcom est une filiale du Suédois Kinnevik, également présent dans l’industrie forestière, la pâte à papier et la communication (journal Metro, plusieurs chaînes de TV scandinaves...). Contexte : la France est le troisième pays européen en matière d’accueil de centres de contacts après la GrandeBretagne et l’Allemagne. Elle comptait 180 000 opérateurs en 2002 et en comptera plus de 300 000 en 2006. CRM dans des pays où la main d’œuvre est moins chère qu’en France, est intéressante sur des tâches à peu de valeur ajoutée, mais pas sur des tâches stratégiques pour l’entreprise. Comment s’effectuera la montée en puissance du centre de Roanne ? Le site de Roanne a ouvert comme prévu avec 65 personnes. Il montera en puissance dès la fin de l’année 2004, date à laquelle nous atteindrons 200 salariés. D’ici trois ans, nous devrions atteindre, voire dépasser 500 collaborateurs. Notre centre de Tulle a été créé avec 200 postes en 2001 et compte à ce jour plus de 400 salariés. Il n’y a aucune raison qu’on ne soit pas capable d’aller aussi vite sur le site de Roanne qui est destiné à compter 300 à 350 positions de travail à plein régime. Le centre de contacts de Roanne sera le plus important centre Transcom en France et l’un des plus importants en Europe. Sur le territoire national, il portera notre capacité à 800 positions de travail et 1200 salariés. Combien de candidatures avez-vous reçu ? Un millier. Très exactement 1009 à l’issue de nos premières annonces. Je dois souligner l’excellent travail effectué par l’ANPE de Riorges. De son côté, l’AFPI a établi de très bons pré-diagnostics suite aux premières candidatures, ce qui a facilité nos choix. Globalement je dois d’ailleurs dire que nous avons trouvé à Roanne une formidable mobilisation de tous les acteurs, qu’il s’agisse du Comité d’Expansion Economique de la Loire, de la CCI du Roannais, du Grand Roanne. Avant notre prise de décision, ils nous ont proposé un projet très bien ficelé, et une fois notre décision officialisée, ils ont vraiment facilité notre intégration. RUBRIQUE sa chance. Chez nous, personne n’est recalé a priori. Pour les postes d’encadrement, l’expérience est un atout certain et la pratique de l’anglais indispensable. Très rapidement, le centre de Roanne fonctionnera avec un directeur, un responsable des ressources humaines, un formateur et cinq responsables des opérations qui auront en charge une centaine de chargés de clientèle. Le centre est ouvert 7 jours sur 7 et de 8 à 23 heures. Quelle est la nature des contrats de travail ? Plus de 80% des contrats sont des CDI à temps complet. On conserve un volant de 20% de contrats plus flexibles pour faire face aux pics d’activité. Encore une fois, ce n’est pas dans la politique de Transcom de privilégier le travail à temps partiel. Les salaires des chargés de clientèle représentent le SMIC plus 10%, avec une partie variable qui peut aller jusqu’à 10% du salaire de base suivant les résultats. Quelles ont été les premières opérations confiées au centre de Roanne ? Pour l’instant, et pour quelques mois encore, nous effectuons l’information clientèle sur l’offre ADSL de Télé 2, société qui fait partie du même groupe que nous. Mais Roanne est dédié à accueillir d’autres clients au cours du second semestre. C’est encore un peu tôt pour en parler. Le premier bilan que l’on peut tirer c’est que tout est conforme à nos attentes. Nous étions 64 fin avril et 105 mi-mai. Nous sommes dans les temps. Quel a été le niveau de recrutement ? Concernant les emplois d’agents de télémarketing, nous avons recruté majoritairement des Bac à Bac + 2, mais tout le monde avait JUIN 2004 >Roanne Éco< 7 ZOOM PRODUITS Signé Serraille Pic’Ardi prend du galon “N otre truc chez Pic’Ardi : réaliser des exploits dans les délais. C’est notre force”, annonce d’emblée le sémillant Yves Ardinat. La société qu’il a créée en 1997 est spécialisée dans la broderie à façon (découpe laser, personnalisation) et la réalisation de programmes de broderie par informatique. “Selon le choix du client, nous réalisons la broderie sur nos machines ou nous concevons le programme, et il fait réaliser le travail où bon lui semble, en France ou à l’étranger”. Fort de 220 clients, Pic’Ardi (15 salariés) travaille à 80% avec des agences de publicité par l’objet. Son parc comprend quatre machines à broder multi-têtes ayant demandé des investissements importants, mais nécessaires. “La technologie a considérablement évolué. Il y a dix ans, on réalisait 10 000 points par jour. Aujourd’hui, on en effectue de 50 à 100 000”. Installée à Riorges, Pic’Ardi travaille en partenariat avec un fabricant d’uniformes qui lui confie la réalisation de galons, d’écussons, d’épaulettes pour la gendarmerie, les pompiers, la Marine... Pic’Ardi a également réalisé des écussons pour les combinaisons de pilotes Indy Car aux Etats-Unis. “C’est un travail de grande précision car, en cas d’accident, il ne faut pas que des tôles froissées s’accrochent aux matières textiles, ce qui pourrait emprisonner le pilote dans sa voiture et ralentir son évacuation”. Toujours soucieux d’aller de l’avant, Yves Ardinat a récemment étoffé son offre de points traditionnels (raseau, bourdon, fantaisie...) en relançant la broderie Cornely et le fameux point de chenette. Il a racheté pour cela plusieurs machines à main. “On réalise des petites séries pour la haute couture, explique l’homme de Pic’Ardi. On se fait connaître auprès de couturiers. Ce n’est pas ce qui nous fait vivre au quotidien mais cela nous permet de créer, d’innover et d’éviter la routine”. G uillaume Serraille est un étudiant en histoire de l’art pas comme les autres. Entre deux cours suivis à l’Université Lyon 2, il travaille le verre dans son atelier roannais du boulevard de Belgique. Adepte du fusing thermoformage (fusion de plusieurs couches de verre à 800°C), il réalise des pièces uniques : assiettes, plats, centres de table, vases, appliques murales, cache-néons, miroirs... Ses produits sont distribués en boutiques et galeries. Sa présence aux deux salons annuels “Maison et Objets” lui permet de faire apprécier son style, y compris aux Etats-Unis, vers lesquels il vient de faire partir quelques modèles. Il s’est également diversifié dans la fabrication de trophées et de logos pour les entreprises et les collectivités (trophée ville de Roanne du Paris-Nice 2004, logos Vitrines de Roanne...) et dans les aménagements intérieurs : réalisation de vitrages de portes sur mesure, fenêtres, parements de décoration, rosaces... Guillaume Serraille s’approvisionne en verre à fusing auprès de la verrerie de Saint-Just-Saint-Rambert. Il réalise ses créations originales à l’aide d’un coupe-verre avant de les placer sur des moulages en céramique. Un four électrique de 24 Kwatt (“de quoi alimenter trois villas”, plaisante-t-il) permet la cuisson. La montée et la descente en température sont rigoureusement planifiées. “L’étape la plus importante, c’est la descente, car c’est là que l’on risque de casser l’objet”. A 26 ans, Guillaume Serraille ne manque pas de talent. Un détour par sa salle d’exposition, ou son site (serraille.free.fr), s’impose vraiment. Quand le vin est tiré... D epuis plusieurs mois, les restaurateurs observent une baisse significative de la consommation de vin dans leurs établissements. “Au sein de l’Amicale des restaurateurs du Roannais, nous estimons cette baisse à 20% environ”, note Christophe Souchon, propriétaire de l’Auberge Costelloise (1 macaron au Guide Michelin). Afin de respecter la législation sur l’alcool au volant, les clients font l’impasse sur le vin, notamment lors des repas d’affaires, ou choisissent des 1/2 bouteilles. Inconvénient : dans un tel conditionnement, le vin perd de sa puissance. Les “Grands Crus” n’existent d’ailleurs qu’en 75 cl ou plus. Le restaurateur costellois a donc décidé de proposer à ses clients d’emmener les bouteilles non terminées. Un petit écriteau placé sur la table explique la démarche à suivre. “Cela permet de mettre à l’aise nos clients car, auparavant, beaucoup n’osaient pas le demander. Nous mettons à leur disposition un petit sac et ils partent avec leur bouteille sous le bras. Cette pratique est très courante dans le Bordelais. Cela permet de boire un bon vin sans se forcer à le terminer. On peut même l’apprécier, chez soi, le lendemain”. La pratique pourrait s’étendre prochainement à l’ensemble de l’Amicale des restaurateurs. Celle-ci proposerait un sac avec son logo et un bouchon plastique et liège. 8 >Roanne Éco< JUIN 2004 PRODUITS ZOOM Des meubles en héritage L’ estampille gravée au fer chaud sur chacun des meubles fabriqués par Gilles Bretton à Sevelinges authentifie leur origine, à la manière d’objets précieux. Cet ébéniste en meubles d’art et de tradition, formé au conservatoire des MOF (Meilleurs Ouvriers de France), crée “le patrimoine de demain”. Ses armoires, commodes, lits, tables, bibliothèques, secrétaires, guéridons, bahuts, sont issus d’une fabrication artisanale sur mesure avec sculpture main. Gilles Bretton utilise principalement des bois français (merisier, noyer, chêne), 100% massif. Soigneusement choisis et achetés sur pied, ils sont coupés à la descente de la sève en vieille lune. La provenance du bois, la qualité du terrain, la composition du sol, le climat, sont essentiels à la réalisation d’une belle pièce : “Tout part de la sélection. Le bois est une matière vivante qui peut cacher des défauts. Il faut être très exigeant”, explique Gilles Bretton. Coups, usures, écartement des assemblages, trous de vers, galeries, contribuent au vieillissement des fabrications. De la création à la livraison, Gilles Bretton réalise la pièce de A à Z, selon les désirs du client. “Nous travaillons en fonction de l’intérieur des gens, pour les couleurs et les dimensions notamment. On se met à leur portée. Ils peuvent d’ailleurs voir leur meuble en cours de fabrication”. L’atelier et le magasin sont ouverts au public du lundi au samedi, de 9 à 12 h et de 15h à 19 h. Gilles Bretton compte une clientèle régionale (Lyon, Roannais…), mais également nationale grâce à sa présence annuelle aux foires de Paris et Lyon, et à un site Internet (www.bretton.fr) très bien conçu. MG Nautic avec les moyens du bord T out petit, Guy Maisonnial s’est fait la main sur des maquettes. Adolescent, il a jeté par dessus bord les notices pour dessiner lui-même les plans de ses miniatures. Aujourd’hui, il est passé à la taille patron. “Je me suis aperçu que ma passion pouvait devenir mon métier. Mais au lieu de commencer par la construction de barques de pêche comme beaucoup l’auraient fait, nous avons décidé de construire ce qui pouvait tenir de plus grand dans l’atelier”. Résultat : sa société, MG Nautic, vient de mettre à l’eau un bateau de plaisance de 11 mètres de long et 3,50 m de large. Au côté de son ouvrier, Philippe Buffard, il a tout imaginé de A à Z. “La seule chose que l’on n’ait pas faite ce sont les cendriers”, plaisante-t-il. Coque, architecture intérieure (boiseries, coussins, rideaux), électronique de bord, propulsion, hydraulique : tout a été réalisé sur les bords de Loire, à quelques encablures du pont du Coteau. Le polyester, le sandwich en nid d’abeilles et le Nyangon, un bois rouge magnifique, ont servi de matériaux à la réalisation d’un bateau pour six personnes avec deux cabines, deux salles de bains et une cuisine intégrée. “Techniquement, nous avons souvent fait avec les moyens du bord mais nous n’avons jamais lésiné sur la qualité et la sécurité. Quand on veut un très bon résultat, il faut viser l’excellence”. La perfection du moule et du gel coat (la couleur) ont été salué par tous les spécialistes. Après deux ans de travail pour sortir le prototype, MG Nautic poursuit aujourd’hui ses démarches commerciales auprès des particuliers et des professionnels pour la location. Mais déjà un autre projet se profile : la construction d’un Bass Boat (4,80 par 2,10 m) destiné à la pêche très sportive d’un carnassier d’eau douce, le Black Bass... JUIN 2004 >Roanne Éco< 9 RUBRIQUE ACTUALITÉS Quatre millions d’euros pour le tronçon La Pacaudière-Changy L’Etat vient de libérer 4 millions d’euros pour démarrer les trois premiers ouvrages d’art de la déviation ChangyLa Pacaudière. Les travaux représenteront plus de 40 millions d’euros au total. Diam Group relance Demurger En difficultés depuis l’automne dernier, le spécialiste mondial du sciage des métaux, Demurger (Roanne), est passé sous la coupe de l’équipementier industriel Diam Group (Dardilly). Le repreneur maintiendra 196 emplois. Le holding Diam Group, dirigé par JeanThierry Catrice, chapeaute neuf sociétés dans trois secteurs d’activité : la fabrication de pièces coupantes pour l’électroménager (50% d’un CA global consolidé de 35 M€ en 2003 dont 65% à l’export), la production de lames pour l’industrie et la fabrication de coupe-batteries pour camions. Une entité Ultra Diam sera constituée à Roanne. 700 VBCI pour l’Armée de Terre Luc Vigneron, pdg de Giat Industries, a récemment présenté, à Satory, les deux premiers prototypes du VBCI (Véhicule blindé de combat d’infanterie) commandé par l’Armée de Terre française afin de remplacer l’AMX 10 P. Entre 2007 et 2015, 700 exemplaires seront fabriqués par Giat Systems, en partenariat avec Renault Trucks. Le VBCI (28 tonnes) devrait être assemblé à Roanne. Doté d’un moteur propulseur de 550 CV et de huit roues motrices, son habitacle permet de transporter onze hommes : huit combattants, un chef tactique, un tireur et un pilote. Le 3 joue... et gagne Les bijoux “Lucky Number” lancés par le bijoutier François Pidoux n’ont pas failli à leur réputation de portebonheur. Lors de l’émission “A la recherche de la nouvelle star” sur M6, le vainqueur final, Steeve, portait un “Lucky Number 3”, son numéro fétiche. Un beau coup médiatique pour la marque roannaise qui compte séduire les adeptes de la numérologie et les superstitieux en tous genres. 10 >Roanne Éco< JUIN 2004 Wearing roule pour Randy de Puniet assionné de moto et ancien pilote de compétition (plusieurs participations au Bol d’Or à son actif), Christian Laffond vit “un “véritable rêve éveillé” depuis le début de la saison mondiale de moto. Sa marque Wearing équipe en effet l’ensemble du Team LCR qui compte dans ses rangs le pilote français Randy de Puniet (4ème du Championnat du Monde 2003) et les italiens Locatelli et Pasini. LCR portera tout au long de la saison les polaires, blousons, sweats, chemises et pantalons de la marque Wearing, conçus et réalisés au Coteau par Moda Style, société spécialisée dans la transformation et la création de tissus maille et chaîne et trame dans le sportswear hommefemme-enfant. “Nous avons également habillé l’ensemble de l’organisation du Grand Prix de France qui s’est déroulé au Mans”, explique Christian Laffond. P Le chef d’entreprise compte sur ce partenariat très médiatique pour finaliser un projet de distribution de ses produits en Italie. Créée en 1994, Moda Style emploie 15 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires 2003 de 5 M€. Les nouvelles solutions d’Equation vec 700 points de vente et un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros, la société roannaise Equation, dirigée par Julien Levinger, affine sa stratégie. Tout en poursuivant la fabrication, le spécialiste du pull-over souhaite se réorienter vers la création et la conception de gammes pour la femme de 40 ans tout en portant un effort particulier sur la distribution. Cibles privilégiées : les grands magasins et l’export. A ACP et Diffusion Maille à Riorges Les sociétés ACP (menuiserie aluminium et véranda) et Diffusion Maille s’installeront prochainement à Riorges, dans un bâtiment de 2500 m2 qu’elles viennent de racheter au Grand Roanne. Olivier Boizet sélectionné par Alain Ducasse Olivier Boizet (Le Château de Champlong) a été sélectionné pour participer à l’opération “Fou de France” mise en place par Alain Ducasse. Un menu concocté par le chef roannais a ainsi été à la carte, pendant 15 jours, du très prestigieux Relais Plaza, au cœur de l’Hôtel Plaza Athénée, avenue Montaigne, à Paris. La Maison Mons était également Après avoir passé six ans en Asie dans l’industrie du satellite, David Levinger, 30 ans, intègre ainsi la société afin de développer l’international et plus particulièrement le marché occidental (Angleterre, Belgique, Italie, Espagne...). L’export devrait représenter 20% du chiffre d’affaires à trois ans et atteindre 40% à cinq ans. Une politique de marketing et de merchandising a également été mise en place autour des produits chez les détaillants (accessoires, PLV …). présente. Elle a mis à l’honneur l’un de ses produits : Le Lavort, fromage auvergnat au lait cru de brebis. Un nouveaux BTS textile à la rentrée Un partenariat entre l’UIT (Union des Industries Textiles) Roanne et Régions, l’AFPI Roanne et le CFA Textile régional va permettre de mettre en place à Roanne une nouvelle formation pour la filière textile : le BTS matériaux souples, option modélisme industriel. Il sera proposé sur deux ans sous forme d’apprentissage. Ce BTS remplacera, à la demande des professionnels, le Bac professionnel métiers de mode. Tribunal de commerce : élection des juges de 2004 à 2009 Pour être juge au Tribunal de commerce entre 2004 et 2009, il faut impérativement être inscrit sur la liste des électeurs des délégués consulaires préparée pour l’élection aux CCI du 3 novembre 2004. Les chefs d’entreprise sont automatiquement sur cette liste. Seront également inscrits les électeurs supplémentaires désignés par les entreprises sur le questionnaire retourné à la CCI. De plus, l’inscription de salariés qui occupent une fonction de cadre dirigeant est possible. Contacts : Alexia Frattini, Pascal Ubertalli - CCI du Roannais Tél. 04 77 44 54 64. ACTUALITÉS A89 : Roanne parmi “les atouts d’attractivité les plus sûrs” es présidents des Conseils généraux de la Loire, du Puy-de-Dôme et de Corrèze, des CCI de ces trois départements et de la société des autoroutes du Sud de la France ont signé récemment, à la CCI de Roanne, une charte de promotion économique et géopolitique de l’axe Bordeaux/La-Tour-deSalvagny. Afin de lancer les premières initiatives, un cabinet spécialisé (CODE) a été missionné. Il indique notamment que, “par leur dimension, leur rayonnement et leur potentiel, les carrefours autoroutiers, existants ou futurs, de Brive, Clermont-Ferrand et Roanne, sont les atouts les plus sûrs pour attirer sur l’itinéraire des investisseurs de rang national ou international”. Il indique par ailleurs que ces sites “sont appelés à devenir la vitrine et la référence pour l’accueil d’entreprises L Les lauriers des P’tits Toqués et de populations nouvelles”. Une fois mise en service, l’autouroute A89 traversera quatre régions (Aquitaine, Limousin, Auvergne, Rhône-Alpes) et six départements (Gironde, Dordogne, Corrèze, Puy-de-Dôme, Loire, Rhône). Elle reliera directement deux des cinq premières métropoles françaises (Bordeaux et Lyon) et croisera trois axes Nord-Sud en plein développement (A71/75, A20 et A77). Première transversale à ouvrir le Massif Central d’Est en Ouest, l’A89 souhaite mettre en avant les facilités d’accès aux équipements et aux services et promouvoir la qualité de vie. Les signataires de la charte ont prévu d’organiser annuellement “une Conférence des Territoires”, lieu de débat et de concertation des différents acteurs économiques. Valentin Traiteur et Roberto dans leur assiette a zone d’activités de la Demi-Lieue met les bouchées doubles en matière d’agro-alimentaire. Valentin Traiteur vient de s’installer dans un nouveau bâtiment de 8 700 m2 sur un terrain d’assiette de 40 000 m2. L’entreprise roannaise spécialisée dans la charcuterie pâtissière, a réalisé un investissement immobilier et matériel de 10 millions d’euros. Ce développement accompagnera la montée en puissance de la marque maison D’élistine qui s’appuie sur deux types de produits principalement : les tartes salées et les aspics qui bénéficient d’un concept moderne. En L RUBRIQUE 2008, la marque devrait représenter 20% d’un chiffre d’affaires prévu aux alentours de 35,5 millions d’euros (23 millions de prévisionnel pour 2004). A moyen terme, Valentin Traiteur (120 personnes) devrait doubler son effectif. Ce déménagement a également fait le bonheur de l’entreprise orléannaise Roberto qui cherchait un bâtiment fonctionnel pour poursuivre sa croissance. Ce fabricant de pâtes vertes va prendre place dans les anciens locaux de Valentin sur une surface de 4 000 m2. Entre 25 et 30 emplois seront créés à Roanne. Seize candidats, tous élèves de quatrième, se sont affrontés lors de la finale du P’tit Toqué. Au menu de l’épreuve : la préparation d’un plat à base de râble de lapin dans les cuisines du CFA de Mably, sous l’œil avisé de restaurateurs parrains de l’opération et d’enseignants du CFA. Trois jeunes lauréats ont été distingués à l’issue de la dégustation : Rudy Saïdi, Melvin Portailler et Alaric Grisard. Cette initiative destinée à encourager les vocations de cuisinier est organisée pour la quatrième année consécutive par l’Amicale des restaurateurs du Roannais et la CCI. Avant la finale, vingt-huit élèves présélectionnés avaient d’ailleurs eu l’occasion d’officier dans les cuisines des établissements partenaires. Guy Lassausaie, grand chef du fameux restaurant de Chasselay (deux étoiles au guide Michelin), présidait cette année le jury. AGENDA 7 juin 2004 Rencontre des Décideurs Economiques du Roannais sur l’évènement culturel ligérien : “Odyssée de la Terre d’Astrée”, CCI du Roannais. 16 et 17 juin 2004 Salon des Entrepreneurs, Palais des Congrès, Lyon. 28 juin 2004 Assemblée Générale Plénière de la CCI, Salle d’Honneur, CCI du Roannais. 29 et 30 juin 2004 11e Biennale Textile de Roanne, Salle Fontalon. 6 juillet 2004 Conférence “Développer un produit - Design et électronique”, Montrond-les-Bains. 7 juillet 2004 “Inoways - les chemins de l’innovation”, Cité Internationale, Lyon. 4 au 11 octobre 2004 Journées Nationales Portes Ouvertes Entreprises. 11 et 12 octobre 2004 Forum “Entreprendre en Roannais : créer, reprendre, transmettre”, Salle Fontalon, Roanne. Pour tout renseignement, contacter : Christiane Tél. : 04 77 44 54 64 JUIN 2004 >Roanne Éco< 11 RUBRIQUE ACTUALITÉS Question à Laurent Tiberghien, directeur de l’AFPI Roanne En quoi consiste la démarche expérimentale sur “l’entreprise élargie”, initiée à Roanne par l’AFPI en partenariat avec le CEFORALP ? “C ette opération se situe dans la continuité du programme d’amélioration continue “Production au Plus Juste”, lancé en Rhône-Alpes par le Ceforalp et relayé dans le Roannais par l’AFPI. Rappelons-le, ce programme a pour vocation d’optimiser l’organisation industrielle des entreprises en se centrant sur des problématiques coût, qualité, délai, innovation. La démarche PPJ comprend des interventions dans les entreprises, et des formations collectives qui permettent aux participants de bénéficier d’une dynamique de groupe et d’échanger des bonnes pratiques. L’opération “l’entreprise élargie, une communauté d’intérêt” s’en inspire, sauf que le groupe de travail réunit une entreprise “chef de file”, et ses fournisseurs. Les groupes vont dès lors se pencher sur une problématique commune au donneur d’ordre et à ses sous-traitants : gestion des flux et des délais, réduction des retards ou des non-conformités, contrôle des avis de modification sur les produits, traçabilité... Les améliorations apportées concerneront le donneur d’ordre, mais aussi les sous-traitants et leurs autres clients. Ces sociétés trouveront là matière à progresser, à se différencier en apportant davantage de valeur ajoutée. Les entreprises sont accompagnées par un consultant externe mais peuvent aussi disposer d’un consultant interne (cadre senior en formation mis à disposition pendant plusieurs mois). Ce programme est expérimental. Il concerne quatre entreprises chef de file en RhôneAlpes, dont l’une est située à Roanne, la société Noviloire. En fin d’année, l’opération sera évaluée par les partenaires financiers, en vue d’un possible élargissement en 2005. Le programme bénéficie du soutien du Fonds social européen, de la DRIRE Rhône-Alpes, du Conseil régional, de la DRTEFP, ce qui en rend le coût attractif. 12 >Roanne Éco< JUIN 2004 Priorité à l’immobilier d’entreprise Peut-on dire que le programme immobilier “hôtel financier ou juridique, selon les demandes des collectivités d’entreprises”, situé boulevard Jean-Baptiste Clément, ou les aides qui pouvaient être mise en œuvre, tout en engagé au début des années 2000 par la CCI du s’assurant de l’adéquation aux besoins. Le cas de l’hôtel Roannais, a permis l’implantation de Transcom ? d’entreprises ne déroge pas à cette règle ; l’un des bâtiJean-Louis Danjoux : Oui. Pour comprendre l’action ments était à peine terminé qu’il était déjà revendu aux de la CCI, il faut resituer cet événement dans un contexte collectivités, qui le mettaient à leur tour à disposition de plus global. L’immobilier d’entreprise est suivi par deux Transcom… En ce sens, l’implantation de Transcom n’est élus, Antoine Francioso et moi-même. L’engagement de la pas due à la chance. Nous avons su être là au bon moment, CCI sur cet axe correspond à la volonté du président en proposant un bâtiment disponible dans les délais exigés Lucien Deveaux de donner une impulsion forte au déve- par l’entreprise. Nous tirons cependant la leçon que seule loppement des entreprises. Mais cet engagement s’inscrit une politique qui sait prendre les devants et anticiper les lui-même dans une continuité besoins est de nature à perd’actions réalisées depuis une mettre des implantations de cinquantaine d’années. cette envergure… En 1954, la CCI construit la Quel bilan global dressezgare routière et participe activous de cette politique ? vement aux études d’urbaSi l’on fait aujourd’hui le nisme (schéma d’aménagepoint, plus de 200 hectares de ment de l’agglomération terrain ont été aménagés en roannaise) dont l’approbation Roannais par la CCI, et près lui permet en 1964 de lancer 2 de bâtiments de 90 000 m pour la première fois une d’activités ont été construits démarche de maîtrise d’ouou rénovés, représentant pluvrage, en achetant, puis en sieurs dizaine d’entreprises et aménageant les terrains de la plusieurs centaines d’emplois. zone industrielle du Coteau. On peut donc véritablement Entre 1969 et 1972, la CCI a parler d’un rôle structurant. reconduit l’opération en créant Cette contribution s’est effecla zone industrielle de Riorges. tuée sans arrière pensée Au vue du succès de ces pre“La CCI a acquis en immobilier un savoir-faire reconnu miers projets, les communes de facilitateur du développement des entreprises locales”. lucrative, puisqu’à chaque fois les montages ont été très ont sollicité la Chambre et étudiés, avec un prix au m2 passé des conventions avec elle pour aménager des espaces, mis cette fois à disposition des communes. Nous adapté aux cibles visées, offrant aux entreprises la possiavons par exemple réalisé en prestation de services l’amé- bilité d’acquérir, ou bien de louer leurs locaux. nagement de la zone industrielle de la Demi-Lieue Comment cette action se poursuivra-t-elle à l’avenir ? La Villette, à Riorges. Des opérations similaires ont été Nous nous inscrirons toujours dans une politique de prise conduites pour plusieurs communes de l’arrondissement. d’initiative qui facilite le développement des entreprises En parallèle, la CCI s’est lancée dans la construction ou la locales et crée les conditions favorables à l’implantation rénovation de bâtiments adaptés aux activités des entrede nouvelles activités. Tout cela en nous appuyant sur des prises. Ainsi, depuis 1972, nous avons construit près de études qui permettent de prendre un risque calculé ; en 13 000 m2 pour conforter le développement économique nous appuyant aussi sur des cabinets d’architecture, qui du Roannais, qu’il s’agisse du Centre de dédouanement, savent concevoir des bâtiments attractifs dans lesquels les de l’Institut François Passager ou des Halles Diderot. La équipes ont plaisir à travailler, et des espaces modulables CCI a réalisé également pour son propre compte ou en pour répondre aux besoins de différentes activités. partenariat avec les collectivités locales, plus de Nous venons de décider l’ajout d’une tranche supplémen75 000 m2 de bâtiments industriels, dont dernièrement taire au projet hôtel d’entreprises, d’une surface équival’hôtel d’entreprises dans lequel est venue s’implanter lente au bâtiment occupé par Transcom. Car sur les trois Transcom. bâtiments prévus initialement au projet, l’un a été intéCette compétence est-elle automatiquement du ressort gralement retenu par Transcom, et les deux autres sont déjà commercialisés à 90%. Un quatrième bâtiment sera des CCI ? Non. Mais au travers de toutes ces opérations, la CCI a donc construit pour reconstituer une capacité d’accueil et acquis un savoir-faire reconnu de facilitateur du dévelop- anticiper la demande. Et bien sûr, nous serons appelés à pement des entreprises locales. Ce savoir-faire en immo- engager d’autres programmes en fonction des besoins des bilier d’entreprise l’a amenée à gérer tout type de montage entreprises et en concertation avec les collectivités. ACTUALITÉS RUBRIQUE question à Monseigneur Philippe Barbarin : “L’Eglise n’a pas peur de reconnaître la noblesse du verbe entreprendre”. Le 19 mai, la CCI du Roannais accueillait Monseigneur Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, primat des Gaules, pour une conférence sur l’Eglise et l’Entreprise. Extraits. Dix pays de l’Europe centrale et orientale ont intégré l’Europe au 1er mai dernier. John Rawls, grand penseur américain disparu, assurait “que les inégalités peuvent être justes, à condition qu’elles améliorent le sort de tous”. Qu’en pensez-vous ? Monseigneur Philippe Barbarin : Il faut rappeler qu’égalité ne signifie pas uniformité. La justice, c’est que chacun reçoive le nécessaire pour vivre. Dans la différence, nous avons à trouver un enrichissement mutuel. En 2002, lors de son voyage en Pologne, le Pape s’est adressé aux Polonais, inquiets à l’idée d’entrer dans une Europe peu chrétienne, et les a invités à ne pas avoir peur : la Pologne apportera quelque chose de nouveau à l’Europe. “N’ayez pas peur”, c’est une parole que Jésus répète plusieurs fois à ses disciples. Faut-il en rester à nos craintes ? Les délocalisations déstabilisent les esprits. Je pense, par exemple, à toute l’industrie mécanique du Bugey qui part en Europe de l’Est. De ce fait, en Roumanie les salaires des ouvriers augmentent de 10% par an, ce qui est justice. Que les pays de l’Est progressent, cela devrait nous rendre heureux. En outre, l’histoire a montré que cela n’augmente pas le chômage à long terme, et stimule au contraire notre capacité d’invention. Certes, les moments de transition sont difficiles. Il existe un syndrome roannais à cause des difficultés du Giat. Mais n’oublions pas qu’il y a aussi des signes de renouveau : Transcom va créer 500 emplois. Quelle relation l’Eglise entretient-elle avec l’entreprise ? L’Eglise n’a pas peur de reconnaître la noblesse du verbe “entreprendre”. Les dirigeants d’entreprise prennent des risques, ils créent des emplois et font vivre la société. C’est un vrai service rendu que l’Eglise souligne dans l’encyclique du centenaire de la Doctrine sociale, “Centesimus annus”. Car le souci de l’Eglise est le bien de tous, et particulièrement des pauvres. Après la chute du mur de Berlin, le Pape a montré sa joie, mais son premier voyage en janvier 1990 a été pour le Burkina Faso, un des pays les plus pauvres du monde, comme pour dire : “Quand les pays riches se retrouvent, n’oublions pas les pauvres ! Si l’Est et l’Ouest apprennent à collaborer, qu’ils ne laissent pas tomber le Sud !”. L’Eglise a pour mission d’aller de l’avant et de montrer au monde ce qu’il devrait devenir : une famille. Après l’attentat du 11 septembre 2001, alors que les Américains étaient stupéfaits et en plein désarroi, les évêques de Bagdad et de New-York se sont retrouvés, comme des frères, au Synode d’octobre, avec les évêques du monde entier. Propos recueillis par Béatrice Perrod-Bonnamour Jean Dalaudière, président de la Commission Tourisme à la CCI du Roannais En quoi consiste l’opération Journées Nationales Portes Ouvertes Entreprises ? “I l s’agit d’une opération qui s’inscrit en droite ligne du tourisme de découverte économique, ou tourisme industriel, que la CCI cherche à promouvoir en Roannais depuis une dizaine d’années. Car quel que soit le nom qu’on lui donne, la tendance est devenue un phénomène : 14,7 millions de Français ont visité des entreprises en 2001, contre 3 millions en 1990. Mais la France accuse toujours du retard. Seules 15 à 20% de nos entreprises seraient ouvertes au public, contre 70 à 80% en Allemagne, aux Etats-Unis et au Japon. Pour encourager les entreprises locales à ouvrir leurs portes, la CCI du Roannais s’est associée au concept “Journées Nationales Portes Ouvertes Entreprises”, lancé en 2003 par l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI). Près de 80 Chambre de Commerce et d’Industrie participent à cette opération, qui mobilise du 4 au 11 octobre, plus de 2 000 entreprises. La campagne de promotion et de communication auprès du grand public est prise en charge par les CCI. Pour le Roannais, nous comptons sur la participation d’une trentaine d’entreprises qui devraient accueillir 2000 à 2500 visiteurs. Nos équipes ont déjà recueilli l’adhésion d’entreprises de toute taille et tout secteur d’activité. Celles-ci voient à travers ces journées l’occasion de faire connaître leur métier, leurs produits, leur savoirfaire auprès des familles des salariés et du grand public. Et pour certaines, de faciliter leurs recrutements. Les premières entreprises inscrites : AMI, Bel Maille, Bucol Tissages, Chaudronnerie Berger, Chocolaterie Pâtisserie Pralus, Christian Cane, Doitrand, Eaux Minérales de St-Albanles-Eaux, Fenouillet, Ferme Collet, Fonderie Rey, GIAT Industries, Gimaex Gicar, Griffon, La Boîte à Cake, L’Orangerie, Manufacture de velours et peluches, Monroe Etiquette, Mons Fromager affineur, Motorop BRM Industries, Muguet SA, Pramac, Sextant Etiquettes, Rocharm Equipement, SFE, Sicarev, Ets Suchel, TAD, Transcom… Contact : Véronique Chassain Tél : 04 77 44 54 64. JUIN 2004 >Roanne Éco< 13 DOSSIER INDUSTRIE Biennale de Roanne : un “Davos” du textile Nouveaux produits, nouvelles technologies, nouvelle distribution, nouveaux consommateurs, nouvelles compétences... La Biennale Textile 2004, organisée pour la première fois en été (29-30 juin), sera plus que jamais le carrefour de toutes les réflexions sur l’avenir de la filière. A quelques mois du démantèlement des accords multi-fibres, les congressistes évoqueront la montée en puissance de la Chine, nouvel eldorado des fabricants mais aussi des distributeurs partis à la conquête d’un marché en pleine expansion. Le tout sous l’œil averti de Jacques Séguéla... Par Frédéric Thomasson 14 >Roanne Éco< JUIN 2004 e textile-habillement roannais n’a jamais été du style à rester les deux bras dans la même manche. L’existence depuis vingt ans de sa Biennale Textile en est l’illustration. La réflexion stratégique collective s’impose plus que jamais comme une règle de conduite dans une période de mondialisation qui ne laisse guère de place aux francstireurs. “La richesse du textile est en lui-même. Ce n’est pas un métier à part. Il vit, il se transforme. Pour l’essentiel de nos entreprises, demain sera fait de moins de production et de plus d’imagination. Alors, imaginons !”, clame Lucien Deveaux, président du groupe Deveaux SA et de la CCI du Roannais, à l’origine de la Biennale. L Une Biennale pour défricher de nouvelles pistes Avant de susciter la réflexion des 200 congressistes attendus, l’événement roannais a fait sa propre introspection. Nouvelle date (fin juin), nouveau lieu (salle Fontalon), nouvelle formule sur 24 heures et nouvelle organisation privilégiant les assemblées plénières. Le tout pour défricher de nouvelles pistes en terme de produits, de technologies, de distribution, de communication, de marketing, de formation, d’impact des pays émergents... “Cette palette évoque pratiquement toutes les thématiques actuelles et d’avenir, indique Eric Mézin, directeur général de l’URIC (Union Régionale des Industries de la Confection) en Nord-Pas-deCalais. On ne peut faire l’impasse Nathan Gabay, dirigeant de Jo’Ben, président de MUTEX, a adopté une politique de sourcing pour proposer “le bon produit au bon moment”. sur aucune. Il faut être bon en tout et rester humble car tout va très vite”. Les écarts de coûts du travail sur les différents points de la planète ne laissent guère d’alternatives aux industriels occidentaux en matière de fabrication. La délocalisation d’une partie de l’outil de production permet de rester compétitifs sur certains marchés. Mais cette réduction de voilure n’est pas une fatalité. “Sous l’effet de la concurrence mondiale, nos industries pourraient être irrémédiablement entrées dans la voie de la désindustrialisation, indique Claude Levy-Rueff, directeur des revues professionnelles l’Industrie Textile, Filière Maille et Textiles à Usages Techniques. Or des pistes de croissance ne cessent d’émerger sur le plan technique”. La Biennale 2004 évoquera notamment les possibilités offertes par les nouvelles fibres, INDUSTRIE l’impression numérique sur textile et le sans couture, technique utilisée par plusieurs industriels roannais dont MB Tricotage (pulls-overs, robes, jupes, débardeurs, tricotés d’une seule pièce selon la méthode “Intégrale”), Chassagnard (17 pulls sans couture dans la collection hiver 20042005) et prochainement Griffon. “Nos premiers modèles seront au point pour la collection été 2005”, indique Raoul Griffon. Le prix de revient d’un pull “intégral” est inférieur de 20% environ à celui d’un pull coupé et confectionné. La convergence des savoir-faire, des technologies et de l’immatériel “Tout ce qui se rapporte au confort tactile et au bien-être du consommateur va se développer, explique Laurence Caramaro (Institut Français du Textilehabillement). Les nanomatériaux et les nanoparticules font leur apparition. Ces dernières sont directement injectées dans les polymères sans en changer les propriétés”. Les produits de demain seront dotés de forts contenus immatériels. La question étant de savoir si le consommateur sera prêt à payer. “C’est tout le défi que nous devons relever, expliquait l’industriel Ermano Rondi, lors de la Biennale italienne “Tessile e futuro”, sœur jumelle de la Biennale roannaise. Il faut que le consommateur soit capable de comprendre la qualité. Dans le monde occidental, l’achat n’est pas toujours lié au besoin. Parfois, le client achète le produit non pour sa fonction, mais pour l’expérience qu’il procure. C’est en nous référant à ce comportement que nous devons travailler en amont”. Les textiles dits “intelligents” (tissus médicaux, tissus à mémoires de forme, anti-tâches, anti-bactériens, anti-UV, produits thermo-régulants...) trouvent eux, de nouveaux débouchés dans l’industrie, le secteur médical, le sport. “Ce sont des marchés beaucoup plus stables que la mode, et donc intéressants en matière de gestion”, complète Jo’Ben en mode “sourcing” P our Nathan Gabay, le pull-over n’a plus aucun secret. Chaque année, son entreprise, Jo’Ben, en fait fabriquer un bon million. Le rachat de la licence d’exploitation pour l’Europe des pulls Rica Lewis a même conforté sa place sur son créneau. “On souhaite désormais apparaître aux yeux de nos clients et de nos prospects comme “le” spécialiste du pull-over. Celui qui maîtrise toutes les données du marché”, explique Nathan Gabay. Jo’Ben s’est donc naturellement tournée vers une politique de sourcing. Objectif : proposer, en permanence, le bon produit au bon moment. “Tous les clients souhaitent avoir la meilleure qualité et le meilleur prix dans un délai donné. En planifiant avec nous leurs besoins, ils savent que nous leur fournirons ce qui se fait de mieux en fonction de leurs impératifs. Le produit commandé à huit jours et le produit planifié à deux mois n’ont évidemment pas le même prix. D’où l’intérêt de passer par un professionnel du sourcing qui maîtrise la création, la qualité de fabrication, le prix et les délais”. Fidèle à son concept de “pull service” basé sur la créativité et la réactivité, le fabricant roannais va au bout de ses idées. “Le sourcing est l’une des pistes à suivre par les fabricants occidentaux pour s’adapter à la demande, d’autant qu’il ôte tout risque au client en terme d’approvisionnement ou de mal-façon. Le risque, c’est nous qui l’endossons, considère le président de MUTEX. La seule restriction, pour faire du bon sourcing est d’être mono-produit afin de vraiment maîtriser tous les paramètres et tirer de réels avantages concurrentiels”. L’an dernier, Jo’Ben, qui compte parmi ses principaux clients les chaînes spécialisées (Camaïeu, Promod, Pimkie...) et les grands magasins, a stabilisé son chiffre d’affaires à 10,5 millions d’euros et a amélioré ses marges. DOSSIER “Le consommateur est plus averti, plus exigeant, et il a bien raison”, affirme Jean-Bernard Devernois, dirigeant de Devernois SA. Henri Bel, dirigeant de l’entreprise riorgeoise Bel Maille. Sa société s’est notamment penchée sur les problèmes rencontrés par les sportifs. Elle utilise des matériaux microthermiques, contenus dans des millions de microcapsules, capables d’absorber, d’emmagasiner, de répartir et de restituer, le moment venu, de grandes quantités de chaleur. Afin de partager les coûts de R&D, les industriels hexagonaux n’hésitent pas à mettre leurs expériences en commun. Le réseau national R2ith (Réseau industriel d’innovation du textilehabillement) a ainsi labellisé une dizaine de programmes de recherche : plate-forme technologique pour le non-tissé, métrologie des orthèses textiles, fonctionnalisation de supports textiles sous faisceau d’électrons, amélioration des performances au feu... L’intégration des outils numériques A Roanne, le CNNITH (Centre National du Numérique et de l’Innovation Textile-Habillement) s’est distingué récemment en lançant une première “cyber-collection”. Une dizaine d’industriels dont Mado Marcel (Neaux), Intexa (Roanne) et Christian Cane (Roanne) conçoivent actuellement une garde-robe virtuelle sous la direction du cabinet de style et de tendances Nelly Rodi. “Nous voulons prouver que les outils numériques constituent pour la profession une alternative à la conception et à la réalisation classique de vêtements”, explique Yann Perruchot, chef de projet au sein du CNNITH. Douze vêtements vont être imaginés. Ils seront conçus virtuellement pour une famille de trois personnes suivant quatre scènes de leur vie quotidienne. “Le numérique confère deux avantages essentiels : la diminution des coûts de production et la réduction des délais de réalisation”, poursuit Yann Perruchot. “Cela permet surtout de gagner du temps très en amont, poursuit Marc Broyer, pdg d’Intexa. Cela évite les allers-retours, facilite la compréhension entre les créatifs et la technique, et permet à nos clients JUIN 2004 >Roanne Éco< 15 DOSSIER INDUSTRIE Biennale de Roanne : un “Davos” du Textile de se faire une idée précise de ce que l’on peut faire avec nos produits, ce qui n’est pas toujours le cas avec de simples échanges d’échantillons”. L’expérience arrivera à son terme à l’automne prochain avec une mise en scène des différentes réalisations. Un véritable défilé de mode virtuel... La moindre erreur de segmentation est lourdement sanctionnée Autre piste de développement : l’approche marketing. Face à un consommateur de plus en plus zappeur, capable dans la même journée d’acheter un produit de grande série bon marché et un produit de marque haut de gamme, les plus sérieux observatoires de consommation en perdent leur latin. Le traditionnel classement des individus par famille est désormais complètement décalé. “Le consommateur est plus averti, plus exigeant, et il a bien raison”, explique JeanBernard Devernois qui, à la tête de son groupe de prêt-à-porter féminin, tente “de donner satisfaction à des femmes modernes, rodées au shopping. Elles veulent être aussi libres dans leurs vêtements que dans leur vie”. Les jeunes, dès la tranche 12-14 ans, sont aussi très courtisés par les professionnels du marketing. “Ce ne sont plus des suiveurs, mais des prescripteurs”, note Jean-Bernard Devernois. Moins sensibles aux discours publicitaires de masse, ils imposent leurs propres codes de communication. Et ne font pas de cadeau : la moindre erreur de segmentation est lourdement sanctionnée. Vouloir impunément décliner une gamme junior en gamme enfant peut jouer des tours. Plusieurs marques l’ont déjà appris à leurs dépens. Le consommateur est également de plus en plus sensible à la manière dont a été conçu le produit, notamment sur les méthodes de travail. La notion de citoyenneté avance et s’impose non seulement aux fabricants 16 >Roanne Éco< JUIN 2004 mais également aux distributeurs qui, sous la pression d’associations, se font plus sélectifs. Des campagnes de plus en plus personnalisées Le client revendique plus d’authenticité mais également plus de proximité. “Il y a 20 ans, une marque diffusait la même campagne de publicité dans tous les pays. Aujourd’hui, il n’en est plus question. Les campagnes sont très personnalisées”, explique Jacques Séguéla, vice-président d’Euro Advertising, “grand témoin” des travaux de la Biennale roannaise, qui se penchera également sur les segmentations imposées par les nouveaux modes de vie. “La vie est multiple, reprend Jean-Bernard Devernois. Elle foisonne d’occasions diffé- rentes. Le vêtement fait partie de ces occasions. Il ne doit pas gêner, il doit mettre à l’aise. Et si ce n’est pas le cas, on le jette”. L’arrivée en force du merchandising Avoir un bon produit et bien connaître son public ne suffisent cependant pas. Les circuits de distribution, tous secteurs confondus (habillement, ameublement, décoration...), sont de plus en plus variés (grande distribution, commerce de détail, chaînes spécialisées, grands magasins, vente à distance...) et incarnent autant de techniques de vente et d’approches consommateurs différentes. La progression du e-commerce (+67% en France en décembre 2003, 700 millions d’euros de CA tous secteurs confondus) offre une nouvelle voie de distribution, et pas seulement aux vépécistes. Sur les circuits plus traditionnels, les fabricants ont dû composer avec le recul du commerce indépendant, même si ce dernier s’est ressaisi en centre-ville. Certains ont fait le choix d’ouvrir leur propres boutiques en créant ou en renforçant l’impact de leur marque, d’autres ont préféré soutenir leur réseau en mettant en place différents partenariats, le mix des deux formules étant également pratiqué. Mais l’évolution la plus marquante de ces dernières années, c’est l’arrivée en force du merchandising. Objectif : capter l’intérêt du consommateur par tous les moyens (PLV, animations, packaging, visuels, mobiliers...). “Griffon” a toujours du souffle D ans sa jeunesse, Raoul Griffon a nagé le 100 mètres sous la minute. Aujourd’hui, il arpente les terrains de rugby et suit la foulée de son épouse à la course à pied. Jamais à bout de souffle, il fait partager à ceux qui l’entourent son incroyable dynamisme. Ce qu’il appelle son “optimisme réaliste”. “Notre métier est formidable. Il n’est pas toujours facile. Moi, j’ai toujours cru dans le textile et j’y croirai toujours”. Sans faire table rase du passé, l’entreprise qu’il dirige a entamé une métamorphose impressionnante. Côté communication, la marque “Griffon” a remplacé le “Griffon Frères”, et le logo a été stylisé. Côté collection, le spécialiste du prêt-à-porter féminin maille a adopté le total-look : “Nous avons élaboré des thématiques pour répondre aux envies de nos clientes qui sont des femmes élégantes, actives, dynamiques. Nous avons travaillé sur les coloris qui guident les déclinaisons à l’intérieur du thème”. Côté distribution enfin, “Griffon” s’appuie toujours sur sa boutique parisienne et vient d’en ouvrir une autre près de Clermont-Ferrand (Issoire). L’entreprise dispose également d’un point de vente à Roanne, près de son siège, et d’un magasin de gros au cœur du sentier parisien. Réservé aux détaillants, celui-ci incarne aussi un changement de stratégie. “Il s’agit d’un magasin d’actualisation et non de réassort comme par le passé. En fin de saison, on adapte nos collections pour que nos distributeurs puissent relancer leur proposition”. Dans les mois qui viennent, Raoul Griffon va également finaliser un projet de “partenariat enseigne” avec une partie de ses 1200 distributeurs-détaillants en France. En interne, le chef d’entreprise roannais a réussi à donner une “âme” à ses troupes. Le maintien d’une partie de l’outil de production n’y est pas étranger. “Nous sommes encore complètement intégré en tricotage rectiligne grâce à une vingtaine de métiers. A côté de cela nous sous-traitons sur Roanne ou au Maghreb. Les effectifs de production diminuent, d’autres secteurs progressent. C’est cela, l’évolution. Je n’ai jamais eu à effectuer un licenciement sec et j’espère que cela n’arrivera jamais. En revanche, nous planifions avec une grande rigueur les départs en retraite afin de garder dans l’entreprise du savoir-faire, de la matière grise, de la créativité”. Raoul Griffon, l’enthousiaste, a encore des projets plein la tête. Il les conduira avec son fils Guillaume. Après des études d’arts aux Etats-Unis, celui-ci planche sur le développement de l’infographie au sein de l’entreprise familiale qui emploie 80 personnes et a réalisé, en 2003, 13 millions d’euros de chiffre d’affaires. INDUSTRIE Les marques planifient leur offre grâce à des politiques d’actualisation de plus en plus pointues. “Les collections ne doivent plus être statiques. Une cliente passe une fois, deux fois dans un magasin. La troisième, si rien n’a changé, vous pouvez être certain qu’elle ne s’arrêtera plus”, explique Yves Mosnier, à la tête de la marque roannaise “Le Petit Baigneur”. Les nouvelles technologies, notamment la Rfid (technologie d’identification par ondes radio), vont amplifier le mouvement. L’arrivée sur le marché de ces “étiquettes intelligentes” vont permettre d’assurer une meilleure traçabilité des produits et de les amener au plus vite en linéaires, les logisticiens ayant déjà mesuré l’impact d’une telle innovation sur leur organisation interne. A court terme, les étagères devraient elles aussi être dotées de neurones : lorsqu’un article quittera l’étagère, l’information sera transmise instantanément. S’il est reposé, l’hésitation du consommateur sera transmise au fabricant qui tentera de l’analyser... Chaque jour qui passe voit naître un nouveau métier La Biennale roannaise consacrera également une table ronde aux salons du futur. “Le salon, c’est l’événement incontournable quel que soit le métier exercé au sein de la filière, explique Christian Cane, pdg de Création Mervil. C’est aussi un secteur en pleine évolution. Je crois que l’on va vers une spécialisation des salons par pays avec, sans doute, en France, une prédominance de la lingerie, puisque nous avons la chance d’organiser le plus grand événement au monde, le Salon International de la Lingerie, et d’avoir en province un salon de qualité, Lyon Mode City”. Autour de Nathan Gabay, président de MUTEX, les nouveaux métiers et compétences textiles seront évoqués. “Des métiers de Quand Roanne fait des “Folies” L e bilan des premières “Folies Textiles de Roanne” a été comptable : 41 000 visiteurs accueillis, dont 18 000 extérieurs au bassin local, 15 300 passages en caisse, 60 000 pièces vendues, 826 000 euros de chiffre d’affaires. Il a aussi été moral : cette première vente groupée* a confirmé la capacité des entreprises locales à mener à bien des projets commun sous la bannière MUTEX. “Nous voulions faire reconnaître Roanne dans sa grande variété de compétences textiles. Plus notre région aura une image forte, plus il sera facile d’infléchir des donneurs d’ordres”, explique Marc Jakubowicz (Rose Pomme). Quelques jours après l’opération, certains détaillants, interpellés par leurs clients habituels, ont d’ailleurs pris contact avec plusieurs exposants. “Le but de cette première n’était pas forcément la rentabilité financière, compte tenu de l’important budget de communication engagé, des coûts salariaux et des marges pratiquées. Mais cela a permis de réduire nos stocks et, pour beaucoup, d’avoir un contact avec le public. Pour des fabricants c’est très précieux, et malheureusement trop rare”. La reconduction de l’opération l’an prochain est d’ores et déjà acquise. Une édition “automne-hiver” pourrait même être organisée dès le mois de novembre 2004. “Dans le textile, il y a deux saisons. Deux “Folies Textiles” semblent donc logiques”, poursuit Marc Jakubovicz qui veut battre le fer pendant qu’il est chaud. “Le vrai succès, on le mesurera lors des prochaines ventes : si on double le nombre de visteurs extérieurs, alors le concept aura fait ses preuves”. (*) Les 19 fabricants regroupés à l’Espace Congrès de Roanne, du 22 au 25 avril dernier : Création Mervil (Roanne), Cukier (Roanne), Duo Tech'Style (Roanne), Equation (Riorges), Frantech (Roanne), Gérard Matel (Riorges), Jo’ Ben (Roanne), Jo’ Sam (Roanne), Montrico (Roanne), Pauporté (Le Coteau), Rose Pomme (Riorges), Lewinger (Roanne), Tricot Moss-Le Petit Baigneur (Roanne), La Mascotte (Roanne), Carré Blanc (Roanne), Muguet (Charlieu), Rotkopf (Riorges), F.G.M. (Roanne), Mic Mod (Riorges). DOSSIER Show-mode : 3000 personnes attendues D ésormais intégré au programme de la Biennale, le show-mode permettra de découvrir l’immense variété du textile-habillement roannais. Deux séances sont programmées, le mardi 29 juin (17h30 et 21h), salle Fontalon. Comme chaque année, 3000 personnes sont attendues. “C’est la rencontre d’une ville et de son industrie textile, explique Raoul Griffon, président de l’UIT Roanne et Régions. Une vingtaine d’entreprises ont répondu à notre invitation et présenteront leurs modèles, toujours sous la direction artistique de la société Mégalithe”. Les élèves du LP Carnot et les étudiants stylistes de Créatech (Technopôle Diderot) seront également associés, de même que le créateur roannais Jean-Louis Kurpiel. production disparaissent au profit de métiers à compétences élargies (méthodes, logistique, sourcing, achat international...), ceux de la création se professionnalisent en intégrant de plus en plus de compétences marketing et merchandising, tandis que les métiers de la distribution sont en pleine mutation. Améliorer ses performances de vente passe par la mise en scène du produit, la valorisation des matières, explique Yves Hugot, consultant textile et directeur de l’institut de formation Créatech. Chaque jour qui passe voit naître un nouveau métier. C’est la preuve d’une profession en pleine évolution qui cherche des signes forts pour se positionner”. Des signes qu’elle trouve parfois en commun. Les programmes MUTEX, via le groupement d’employeurs GEM (250 personnes formées en six ans, 100 contrats en cours), Vision Compétitive, et une approche canadienne par compétences, seront présentés aux congressistes. Comme à son habitude, la Biennale élargira le débat à d’autres professions. “On assiste à un décloisonnement de plus en plus marqué, indique Eric Mézin, qui dirigera une table ronde “interdisciplinarité-intersectorisation” au côté de Guy Monroe, spécialisé dans la fabrication d’étiquettes viticoles haut de gamme. Le client a le même raisonnement lorsqu’il se trouve devant un produit de consommation, qu’il s’agisse d’un pull-over ou d’une cafetière”. La Chine, usine du monde et eldorado Enfin, l’un des temps forts de l’évènement sera probablement la partie consacrée à la Chine. Le “big-bang” du 1er janvier 2005, qui marquera le démantèlement des accords multi-fibres, va accélérer la mondialisation des marchés du textile-habillement. Les stratégies de sourcing vers l’Asie devraient s’accélérer, et la Chine, déjà considérée comme “l’usine du monde”, va renforcer son attractivité. “En Chine, il y a un possible à tout, affirme Xavier Marin, délégué général de la Fédération de la maille. Mais la Chine, c’est aussi un marché qui s’ouvre avec 1,4 milliard d’habitants dont 400 millions dotés d’un fort pouvoir d’achat”. JUIN 2004 >Roanne Éco< 17 RUBRIQUE INDUSTRIE Biennale de Roanne : un “Davos” du Textile Même si la conquête de ce nouvel eldorado réclame patience et subtilité, les résultats sont au rendez-vous : 46 marques de luxe françaises sont présentes dans 22 villes chinoises. Elle y ont réalisé en 2003, 5% en moyenne de leur chiffre d’affaires. La faiblesse des droits de douane est une incitation supplémentaire à l’investissement, à condition d’éviter les pièges. “Pour réussir il faut trouver un partenaire chinois, ce qui n’est pas facile à cause principalement de la langue. Les problèmes de propriété, à tous les niveaux, peuvent également être un frein à un bon développement. Mais la France a une excellente image. L’important est de tenir ses engagements, ce que font très bien les Italiens. Ils sont d’ailleurs plus nombreux que les Français en Chine et mieux implantés”, poursuit Xavier Marin. Tout en prophétisant “plus de 20 ans de progression régulière du pouvoir d’achat d’au moins un tiers des Chinois”. Largement de quoi compenser les caprices occidentaux de la croissance. Frère Samuel : “Retrouver l’intelligence de ce que l’on fait” T rois jours par mois, Frère Samuel quitte sa communauté installée à Saint-Jodard, au Sud de Roanne. Moine-philosophe, il a été désigné, en 2001, parmi les cents “Global leaders for tomorrow” à Davos. Il a choisi le terrain de l’entreprise et des décideurs pour faire passer ses messages. Peugeot, La Redoute, l’Aérospatiale ont fait appel à sa réflexion. Au côté de Lucien Deveaux, il ouvrira la Biennale Textile 2004. Une façon de placer l’homme au centre des débats . “Nous avons un immense jardinage de la personne à accomplir, affirme-t-il. Le plus urgent, c’est de perdre du temps, de débrayer de la drogue de l’efficacité. Le “plus je réfléchis, plus je suis efficace” est archi-faux. Il faut revenir au présent, car l’intelligence de ce que l’on fait est en train de se perdre”. Et devant une profession qui doute, il fera paradoxalement l’éloge de la fragilité. “A force de vouloir tout gérer, on n’avance plus. Notre société a contracté depuis Descartes une maladie qui nous fait vivre dans la perpétuelle contrainte des obligations. Nous vivons dans l’obsession de la suppression des défauts. Ce n’est pas grave d’être fragile, c’est une chance”. C’est dans “ce réancrage humain” que des régions et des entreprises sont sorties de l’ornière, estime-t-il. Roanne serait sur cette voie : “C’est une région que j’ai quittée, il y a quinze ans, en pleine dépression suicidaire. Je la retrouve aujourd’hui en phase de rebond grâce à des hommes, à des initiatives collectives. Personne ne s’en sort tout seul : l’autre n’est jamais facultatif”. Le travail de différenciation et de créativité accompli par la filière du textile-habillement lui semble essentiel. “Il faut savoir se déconstruire pour reconstruire. Le bon pilotage s’appuie sur la valeur que l’on donne à tout ce que l’on entreprend”. Jacques Séguéla : “Stopper la crise de foi” R oanne veut faire de sa Biennale 2004, le “Davos” du Textile. Y aurait-il du Séguéla la-dessous ? “Pas du tout. J’aurai bien aimé mais la formule n’est pas de moi”, avoue le vice-président d’Havas Advertising, 4ème groupe mondial de communication (320 filiales, 20 000 salariés, 15 milliards d’euros de CA). Celui qui, à 20 ans, ralliait Perpignan à Karachi en 2CV, décrochait un doctorat en pharmacie à 25 ans, et réalisait quelques années plus tard les affiches de trois candidats (J. Chirac, F. Mitterrand, V. Giscard d’Estaing) pour la même élection, sera “le grand témoin” de l’événement roannais : “J’ai toujours été passionné par ce secteur qui a plus que jamais besoin du marketing et de la communication pour trouver de nouvelles voies. Car, au delà de la crise économique qui le freine, le textile est en pleine crise de foi. C’est une profession qui pendant trop longtemps s’est accrochée à son passé plus qu’elle n’a préparé son futur”. Une profession qui n’est pas sans lui rappeler celle de l’automobile au début des années 90 : “Il y a 15 ans, l’automobile en France était donnée pour morte. Personnellement, j’ai vécu dans ma chair la disparition annoncée de Citroën. Mais grâce à l’innovation, au design et une communication bien ciblée, les marques françaises ont repris le dessus. Et depuis trois ans, Citroën est la marque qui a le plus progressé dans le monde”. Pour Jacques Séguéla, pas de doute, “la survie” du textile-habillement français est dans la distribution : “La production a changé de terrain. Certains pays nous l’on confisquée et la Chine ne cesse d’amplifier le phénomène. Mais elle va aussi ouvrir son marché. Il faut profiter de la véritable estampille française pour être les numéros 1 de la distribution. Zara ne devrait pas être espagnole, elle devrait être française ! La France est à l’origine de 45% des marques de luxe mondiales. Cela doit avoir des retombées encore plus positives pour notre pays”. Il faudra mener, en parallèle, un combat plus soutenu contre la contrefaçon. “La contrefaçon est un acte criminel qui tue nos emplois. Les pouvoirs publics se mobilisent mais il faut aller encore plus loin. Il faut que l’acte citoyen accompagne l’acte d’achat. C’est une tendance du moment dont le textile doit profiter”. 18 >Roanne Éco< JUIN 2004 HAUT DE GAMME RUBRIQUE question à Bouton-Renaud sur du velours Le groupe lyonnais a pris les commandes de la Manufacture de Velours et Peluches installée à Saint-Just-en-Chevalet. Sa confection unique en France du velours Jacquard fait le bonheur des plus grands noms du prêt-à-porter de luxe. ienvenue aux pays des petites bobines. Derrière la porte de la Manufacture de Velours et Peluches, accolée aux pentes de Saint-Just-en-Chevalet, elles vous accueillent par milliers. Leur forme, leur agencement, leur débit, vous font comprendre qu’elles sont là pour accomplir une noble tâche : elles confectionnent le fameux Velours Jacquard. Ce tissu tridimensionnel fait partie des plus difficiles à fabriquer. “Il est issu d’une technique très complexe. Il s’agit de résoudre un problème physique d’apport du poil par les petites bobines, du fil par les navettes et des chaînes en tissédouble”, résume Jean-François Renaud, gérant de la société filiale à 100% du groupe lyonnais Bouton-Renaud. L’histoire des deux entités a toujours été intimement liée. Lorsque l’entreprise de Saint-Just-enChevalet, relancée en 1982 sous la forme d’une SCOP (Bel d’Urfé), a de nouveau balbutié en 1997, Bouton-Renaud a spontanément franchi le pas de la reprise. “La SCOP a rencontré le problème classique de ce genre de structure au bout de quinze ans : des prises de décisions qui tardent et des investissements qui ne se font pas”. A contre-courant de nombreux professionnels attirés par les seules sirènes du négoce, Bouton-Renaud est passé du statut de donneur d’ordres à fabricant, intégrant au passage une teinturerie. “Nous sommes désormais un veloutier à part entière”. Et fier de l’être. Au cœur de l’atelier sanjustois, vingt métiers Jacquard produisent chaque semaine 80 mètres de tissu d’une extrême qualité. Ils côtoient une soixantaine de métiers classiques destinés à la fabrication d’unis. La confection est réalisée à partir de fonds soie avec ajout de matières naturelles (coton, lin) ou artificielles (viscose). Les écrus, livrés au teinturier pour les phases d’apprêts et d’ennoblissement, représentent le nec plus ultra. Ce positionnement “haut de gamme” n’est B pourtant pas délibéré. “C’est tout sauf un choix, renchérit Jean-François Renaud. C’est un salut. Il faut réaliser, en France, quarante opérations différentes pour obtenir le produit final. Vous imaginez le coût que cela représente. Quitte à être plus cher que les autres, autant aller au fond des choses plutôt que de diminuer la qualité et de subir de plein fouet la concurrence”. Spécialisée dans l’habillement, l’entreprise BoutonRenaud fournit les confectionneurs et fait le bonheur du prêt-à-porter de luxe : Prada, Dior, Armani, Gucci, Ralph Lauren... Robes, chemisiers longs ouverts, pantalons, le velours Jacquard est un passe partout. “Dans l’esprit des gens, ce n’est pas du velours. C’est du velours light”, indique le chef d’entreprise. Produit d’hiver par excellence, le velours n’autorise aucun faux-pas commercial : “Il y a une saison et il ne faut pas la rater. De mi-décembre à fin janvier, il faut inventer en vue des défilés, et de février à mai, il faut produire. Et quand vous avez une guerre d’Irak au beau milieu, cela peut être catastrophique”. La Manufacture de Velours et Peluches réalise à l’export 70% de son chiffre d’affaires (700 000 euros au total), vers une douzaine de pays, dont les Etats-Unis, le Canada, le Brésil, l’Arabie Saoudite, l’Italie, la Corée du Sud, le Japon... Le groupe emploie 50 personnes, dont 27 à Saint-Just-en-Chevalet, qui sera le théâtre le 26 juin prochain d’un défilé de mode orchestré par les habitants du village, les élèves de cinq collèges et les salariés de l’entreprise. “Quand nous sommes arrivés, nous avons remarqué que les gens de la Manufacture n’étaient pas vraiment conscients de la qualité des produits qu’ils confectionnaient. Le fait d’ouvrir l’entreprise vers l’extérieur a changé leur appréciation. Il serait aujourd’hui impossible de trouver en ville une telle qualité de travail manuel”. Jacki Caro, enseignant-chercheur ISTIL Roanne (Université Claude-Bernard Lyon 1) Que pensez-vous des mesures annoncées récemment en faveur de la recherche ? “J e pense, tout d’abord, qu’il est dommage d’avoir eu à imposer trois mois de fronde pour entendre enfin dire que “la recherche est une priorité pour la France”. Les revendications urgentes ont été satisfaites avec notamment la création de 550 postes statutaires (chercheurs, ingénieurs, techniciens) et le renfort de la recherche dans l’enseignement supérieur par 1000 nouveaux emplois dont 700 professeurs. Mais il faut se rendre à l’évidence : tout reste à faire sur le moyen et long terme. En effet, ces mesures vont pour l’heure atténuer la désespérance des plus jeunes chercheurs, mais l’avenir va reposer sur la qualité des Assises de la Recherche, des travaux du Comité d’Initiative et de Proposition (CIP), et du contenu précis de la loi de programmation et du budget 2005. Une bonne politique de recherche implique forcément des prises de risques, de la patience, de l’anticipation et de l’enthousiasme. Pour avancer et se mettre au niveau des Etats-Unis, il convient de réfléchir à la rénovation de l’organisation de la recherche, de mieux répartir les grandes charges (formation, recherche, administration) des enseignants-chercheurs, de mieux les évaluer et donc de les rémunérer à leur juste valeur. Les ponts recherche privée/publique et relations Universités/Industrie devraient se développer, ce qui implique aussi un changement de mentalités de la part de ceux qui attendent des retombées immédiates des travaux de recherche. La mise en place d’un système de renouvellement des chercheurs est également de nature à ce que les meilleurs ne partent pas vers des cieux californiens après que notre société les ait formés”. JUIN 2004 >Roanne Éco< 19 RUBRIQUE INDUSTRIE Roanne à la Une Au palmarès des cent villes de France dressé par le magazine l’Express, Roanne est loin de faire mauvaise figure. Si le classement n’est pas des meilleurs sur les items de la culture (96ème) et de la puissance économique (88ème), les résultats de notre ville en matière de sécurité (4ème rang), logement (16ème), éducation (38ème), commerce (10ème), se révèlent tout à fait excellents, notamment si l’on considère que les villes moyennes y sont comparées à Paris et aux grandes métropoles régionales. “Ces résultats représentent une divine surprise, estime Jean-Bernard Devernois, pdg de Devernois SA, membre élu de la CCI du Roannais. Nous avons tellement l’habitude de lire de mauvais jugements sur notre ville que je ne m’attendais pas à de telles positions. Ces classements ont le mérite d’être fondés sur des notions objectives, qui nous sont largement favorables. Si l’on considère par exemple, l’enclavement routier, un point jugé systématiquement critique par les Roannais, Roanne est classée 43ème sur 100, (avant la réalisation de l’A89) ce qui veut dire que 57 villes sont moins bien classées que nous. Qui l’aurait cru ?” A lire également, le dossier spécial du Nouvel Observateur consacré à Roanne. Où l’on (re)découvre, en douze pages, les talents, trésors cachés, mais aussi points forts et points faibles de la région. en bref Le Roannais sur France 5 Deux films ont été tournés en Roannais afin de présenter la démarche “Pays”. Après une présentation, en avant-première, à l’Espace Renoir en mars dernier, ils ont fait l’objet de deux diffusions sur France 5 en mai, dans le cadre de l’émission “Les Amphis de France 5”. 20 >Roanne Éco< JUIN 2004 Michelin : trente bougies et des millions de pneus Au rythme de quatre millions de pneus “très haut de gamme” fabriqués chaque année, l’usine roannaise de Michelin équipe la plupart des grands constructeurs mondiaux. Elle célèbre cette année son 30ème anniversaire. a planète Bibendum Roanne est en ébullition. Elle fête, depuis le début de l’année, ses trente ans d’existence, qui l’ont vu passer de 350 “habitants” en 1974, à 930 aujourd’hui ! Sa superficie a aussi augmenté : ses 82 000 m2 bâtis sur une vingtaine d’hectares (stockage Valmy compris) ont conforté, au fil des ans, son statut de premier opérateur privé de l’agglomération roannaise. Michelin Roanne est spécialisée dans la fabrication de pneumatiques très haut de gamme 16, 17 et 18 pouces (fiabilité jusqu’à 300 km/heure sur circuit). La majeure partie de sa production (4 millions de pneus par an) est vendue directement aux grands constructeurs étrangers (BMW, Audi, Volkswagen, Mercedes, Saab, Volvo, Nissan, Opel) et français (Renault, Peugeot, Citroën) pour certains de leurs modèles haut de gamme. Les pneumatiques “made in Roanne” sont utilisés à 75% en “première monte”, et à 25% en produits de remplacement via les réseaux Euromaster, Feu Vert, L’Auto Leclerc, G6, Siligom, Norauto et Point S. Chaque année, plusieurs millions d’euros sont investis afin d’adapter les moyens de production à la multiplication des nouvelles gammes. “La multiplication des modèles pratiquée par les constructeurs a entraîné de notre part la mise en place d’une forte politique de différenciation de produits, explique Thierry Chiche, 33 ans, directeur de Michelin Roanne depuis l’été dernier. Le nombre de produits fabriqués par Michelin Roanne a ainsi été multiplié par dix en quinze ans”. Si la R&D “produits” est effectuée à ClermontFerrand, l’usine de Roanne a toutes les cartes en main pour gérer cette complexité industrielle. C’est sur ce point qu’elle sera jugée à l’avenir. L “Nous avons des personnels de bon niveau. Il faut continuer à aller de l’avant, et à être encore plus performant. Nous avons besoin d’améliorer notre compétitivité. Le groupe nous a fixé des objectifs de performance de progrès très précis sur trois ans. A nous d’être à la hauteur”, explique Thierry Chiche, qui compte “chasser la complaisance”. “Rien n’est pire que d’être complaisant et de dire : j’y suis arrivé. Nous devons entrer dans une logique de progrès permanent. Nous avons chez Michelin des valeurs historiques qui portent sur le respect des hommes, des clients, des actionnaires, de l’environnement et des faits. Notre exigence individuelle et collective doit en permanence nous faire respecter les faits pour construire robuste. On ne bâtit pas une cathédrale sur du sable”. L’unité de Roanne, qui s’appuie sur 50 000 heures de formation par an et s’est ouverte à des consultants extérieurs pour affiner son plan d’amélioration de la compétitivité, a également intégré de nouvelles méthodes de progression. Elle a ainsi développé les fameux chantiers Kaizen basés sur la progression par percée sur une semaine. “L’insertion plus harmonieuse dans la ville et la région” fait également partie des objectifs qualitatifs de Michelin Roanne qui a mis en place plusieurs temps forts afin de souffler ses trente bougies : visites du site, publication d’un ouvrage écrit par huit jeunes retraités, et “Michelin Junior Bike”, organisé place des Promenades, à l’attention des jeunes roannais de quatre à onze ans. Les festivités prendront fin, les 12 et 13 juin, à l’occasion d’un grand week-end réservé aux salariés et aux proches de l’usine. L’esprit de famille Michelin, encore et toujours... INTERNATIONAL RUBRIQUE question à Bel Maille se développe aux Etats-Unis Le tricoteur riorgeois, qui figure parmi les leaders européens sur son marché, vient de mettre en place deux agents à New-York et Los Angeles. Sa part export atteint désormais 50%. a stratégie est aussi immuable qu’efficace. Lorsque Bel Maille décide d’explorer de nouvelles contrées, elle trouve d’abord un agent, participe à un salon local et, pour se donner toutes les chances de réussir, personnalise son offre en fonction des informations prises auprès des prospects et clients. “Le temps où la création française s’imposait quoiqu’il arrive est révolu, explique Véronique Renucci. Nous avons fait beaucoup d’efforts ces dernières années pour nous adapter aux différentes zones mondiales. C’est cette adaptabilité qui fait notre force. Notre collaboration avec nos clients-cibles nous permet d’enrichir les collections tout au long de l’année”. Jusqu’alors présente sur le marché américain via un agent situé au Canada, l’entreprise riorgeoise a décidé de passer la vitesse supérieure. Il y a un an, elle se dotait d’un agent à New-York. Début 2004, elle a entrepris la même démarche sur la côte Ouest (Los Angeles). Après l’Europe (80% de l’export) et le Japon, les Etats-Unis représentent une part croissante de l’activité de l’entreprise à l’international. “Ces deux nouvelles représentations ne sont pas le fruit du hasard”, reprend la co-dirigeante de l’entreprise, au côté de son frère, Henri Bel. L’entreprise mise sur une remontée du billet vert et sur une certaine parité euro-dollar pour être en bonne position sur ce marché. “Nous mettons en place une démarche de notoriété pour être prêts le moment venu. L’objectif est d’atteindre là-bas un million d’euros de chiffre d’affaires d’ici deux ou trois ans. Nous nous adressons principalement L aux grandes chaînes de magasins à l’influence croissante”. L’entreprise participe chaque année à un salon à New-York pour faire connaître ses produits. Elle rencontre également la plupart de ses clients étrangers lors du salon Première Vision, à Paris. “Récemment, nous avons reçu sur notre stand plus de 700 clients afin de leur présenter nos collections été 2005”, indique Véronique Renucci, satisfaite des résultats obtenus dans le Sud de l’Europe. “Grâce à ses centrales du type Mango ou Zara, l’Espagne est très dynamique, de même que l’Italie, performante sur le haut de gamme et qui a su maintenir un commerce indépendant fort”. Bel Maille (150 salariés) est désormais présente dans une vingtaine de pays et compte 25 agents. Son service export interne est composé de cinq personnes, dont deux responsables de zones. Pour la première fois de son histoire, sa part export a atteint, en 2003, la moitié d’un chiffre d’affaires global de 28 millions d’euros. Le tricoteur riorgeois figure parmi les leaders européens du tissu maille moyenne et haut de gamme. Ses deux collections annuelles, qui comptent environ 300 références, s’adressent principalement au prêt-à-porter féminin (60% de son activité) mais également aux lignes masculines, à l’enfant, à la lingerie, au maillot de bain, au sport... Chaque année, 5000 à 6000 kilomètres de tissus sont produits par l’unité riorgeoise qui s’est dotée, il y a trois ans, de sa propre unité d’ennoblissement pour ses fils teints. Patrick Vincent, direction “entreprises” de l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI) De nouvelles obligations réglementaires régissent les emballages en bois sur le plan international. De quoi s’agit-il ? “D es pays comme le Canada, le Mexique, et bientôt les EtatsUnis, imposent progressivement l’entrée sur leur territoire des seuls emballages en bois brut (palettes, bois de calage, bois d’emballages...) traités selon la norme internationale phytosanitaire NIMP 15 destinée à ralentir la dissémination d’organismes nuisibles. La Corée du Sud et la Chine devraient suivre la même voie. Dans le cadre de la “Convention Internationale pour la protection des végétaux”, la France s’emploie à transposer cette réglementation et à organiser l’application de la norme par la mise en place d’un programme sanitaire des emballages en bois. Les méthodes admises sont le traitement thermique du bois ou sa fumigation au bromure de méthyle. Le programme français limite l’agrément aux seuls producteurs et réparateurs d’emballages bois. Il exclut ainsi la possibilité, comme par le passé, de confier au transporteur-chargeur la fumigation des palettes chargées dans des zones portuaires ou logistiques. Il s’agit là d’un élément très important à prendre en compte de la part des entreprises exportatrices. Localement, la DRAF (Direction régionale de l’agriculture et de la forêt) et les transporteurs peuvent compléter l’information des entreprises, de même que le site très documenté du syndicat national des fabricants de palettes en bois (www.sypal.fr)”. JUIN 2004 >Roanne Éco< 21 RUBRIQUE COMMERCE DISTRIBUTION question à Séma nage dans le bonheur Jocelyne Panserat, chargée du “commerce en centre-ville” au sein de la CCI du Roannais Le commerce indépendant a largement participé aux “Folies Textiles” en animant la ville. Quel est votre sentiment sur cette “première” ? “E lle est globalement très positive. En terme d’activité, les restaurants, cafés, bars, pâtisseries, ont pleinement profité de l’effet de masse et ont réalisé un bon weekend. Les activités qui n’étaient pas directement concernées par le textile n’ont pas enregistré de véritable hausse de chiffre d’affaires sans pour autant constater de baisse. Quant aux enseignes textiles, elles ont bien travaillé. Les gens sont d’abord venus à Roanne pour la vente textile mise en place par les industriels à l’Espace Congrès, puis ont été très nombreux à compléter leurs envies en centre-ville, notamment en produits haut de gamme et en produits “homme”. Nous avons donné une bonne image de la ville à des gens qui avaient probablement des idées reçues. Le mérite des commerçants est d’avoir su proposer des animations de qualité qui ont rappelé les grands événements commerciaux d’autrefois. Les commerçants qui ont reçu Miss France et Miss Mayotte avaient pour la plupart eu la bonne idée d’inviter leurs meilleurs clients, ce qui a généré des ventes. Les prochaines “Folies Textiles” ? Sur le fond, je peux dire que nous serons de la partie. Sur la forme, nous avons besoin de concertation, notamment sur le plan financier. Il ne faut oublier que pour permettre aux commerçants de s’associer à l’événement, la CCI a apporté les 3/4 du financement. Je suis également satisfaite de la collaboration entre de nouvelles générations d’industriels et de commerçants. Nous avons joué les uns avec les autres. Le commerce a besoin d’une industrie roannaise forte qui maintienne des emplois, et Roanne a besoin d’un commerce de qualité pour maintenir son attractivité à tous les niveaux”. 22 >Roanne Éco< JUIN 2004 La Société d’Electricité et de Maintenance Alpha s’est tournée avec succès vers le marché de la piscine et du traitement de l’eau. Présente dans une vingtaine de départements, elle vient d’équiper le Club Med de Serre-Chevalier et s’est dotée d’une superbe salle d’exposition en centre-ville. atrick Bélivaud jette un œil aux chantiers récents. Le classement parle de lui-même : “A gauche, c’est notre activité électricité. A droite, l’activité piscines. Avec ça, vous avez tout compris”. Tout compris au repositionnement réussi de Séma (Société d’Electricité et de Maintenance Alpha), créée en 1991. “Au départ, nous étions positionnés uniquement sur l’électricité industrielle, notamment pour les PME du textile. Les difficultés de ce secteur nous ont conduit à réfléchir à une diversification”, explique le chef d’entreprise. Afin de ne pas couler à pic, Séma s’est tournée vers le marché de la piscine. Un double salto un peu guidé par le destin. “Le groupe Bayrol cherchait quelqu’un pour assurer son SAV dans la région. Nous avons envoyé des salariés en formation. Bayrol a été satisfait de nos prestations et nous a confié la distribution de ses produits”. Au fil de l’eau, Séma s’est imposée sur le marché de l’installation et de la maintenance d’équipements. “Côté installation, on s’occupe de tout, sauf de la maçonnerie”, précise Patrick Bélivaud, technicien reconnu et réparateur hors-pair. Séma compte ainsi plusieurs piscines municipales à son actif : Riom, Périgueux, Millau, Modane, La Bourboule... Son marché repose sur une vingtaine de départements, ce qui ne l’empêche pas d’être prophète en son pays puisqu’elle a équipé les piscines de Roanne, du Coteau, de La Clayette (rénovation) ainsi que des campings. Côté service, elle assure la maintenance et la réparation des robots de nettoyage des bassins, P l’ensemble des régulations (gestion de la qualité de l’eau, taux de chlore, ph...) et l’hivernage en fin de saison. Récemment, elle a équipé le Club Med de Serre-Chevalier et a fait l’objet depuis d’une deuxième consultation en vue d’intervenir sur un autre site du groupe. Ses prestations dans le traitement des eaux lui ont ouvert d’autres marchés, comme celui de la Centrale de Gravelines (Nord) équipée de robots de nettoyage des bassins situés au cœur du réacteur. Son activité électrique (20% du chiffre d’affaires désormais) auprès des industriels locaux s’est également doublée d’intervention dans le cadre de leurs stations de prétraitement (Bel Maille, Teintureries de Matel...). Elle installe notamment des indicateurs de contrôle et des préleveurs d’échantillons. La société, qui détient l’exclusivité française des robots suédois Weda, s’est aussi tournée vers l’installation de bassins chez les particuliers. “C’est un marché plus local, mais qui a progressé de 30% l’an dernier”. Son nouveau magasin, installé sur 1800 m2 au bas de la rue Salengro, à Roanne, (ex-garage Ford) propose accessoires techniques et ludiques (gonflables en tous genres) ainsi que des spas, jacuzzis, hammams, saunas... L’export constituera la prochaine étape de la société qui emploie douze personnes (dont deux intérimaires) et a dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires. “Nous avons un projet en Roumanie, dans la région de Piatra Neamt, jumelée avec Roanne. Il y a une demande et il est possible qu’on installe là-bas une petite structure”. TOURISME RUBRIQUE question à La renaissance du Château de Chassignol Sandrine et Patrick Duthy, propriétaires de la superbe bâtisse de Commelle-Vernay depuis 2001, ont aménagé trois chambres d’hôtes. La vie de château pour des touristes en quête de silence et de dépaysement. n distingue son imposante architecture à plusieurs centaines de mètres. On s’interroge sur son passé, sur ses propriétaires, passés et actuels, sur son état intérieur. A l’approche du mur d’enceinte et de la grille d’entrée, une partie du mystère s’éclaircit : un logo “Bed & Breakfast” en dit plus sur la nouvelle vie du Château de Chassignol, perché sur les hauteurs de Commelle-Vernay. La bâtisse du XVIème siècle s’est transformée, en 2001, en havre de paix pour touristes. Sandrine et Patrick Duthy, les nouveaux propriétaires, ont aménagé avec goût trois chambres d’hôtes : “Chardon”, meublée années 30, “Bambou”, à la déco moderne et raffinée, et “Blé” style campagnard. Chacune d’entre elles est équipée de douches et toilettes. Un petit salon permet de passer quelques moments de détente, de lire, de parler. De souffler tout simplement. Le couple partage sa cuisine avec les pensionnaires, le temps d’un petit-déjeuner à base de produits locaux : baguettes et croissants des boulangers de Commelle, Villerest et du Coteau, miel, mûres “du pré d’à côté”, pêches de vignes et “cerises du voisin”. Le tout pour 45 euros la chambre. L’été dernier, une piscine est venue agrémenter le tout. Belle inspiration qui a permis d’atténuer les effets de la canicule. Cet hiver, les travaux ont repris de plus belle. Sandrine, comptable, et Patrick, prothésiste dentaire, passent une bonne partie de leur temps libre à l’aménagement O d’une nouvelle salle de petit-déjeuner, d’une salle de jeu (billard et bar) et envisagent, à moyen terme, de mettre en place des petits séminaires ou des stages de découverte des métiers en partenariat avec des artisans du cru. “On a toujours aimé ce concept de chambres d’hôtes, explique Sandrine. Il faut aimer recevoir. On ne considère pas ça comme une activité commerciale, mais comme un échange avec des gens que l’on ne connaît pas et avec qui des liens se tissent rapidement. D’ailleurs on garde souvent des contacts. On s’envoie des mails très régulièrement”. Au tout début, le couple a surtout accueilli des personnes invitées à des fêtes de famille dans la région. “Aujourd’hui c’est différent. Nous avons moins de gens de passage mais beaucoup plus de touristes qui ont décidé de visiter le Roannais et qui restent un ou deux jours de plus. On sent que l’identité touristique du Roannais commence à se dessiner”. Sandrine et Patrick jouent les guides et indiquent à leurs hôtes les sites à ne manquer sous aucun prétexte, ainsi que les bonnes tables. Le référencement “Bed & Breakfast” a permis de faire connaître Chassignol à l’étranger grâce à une demi-douzaine de guides distribués en Italie, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, au Canada et au Benelux. Un site Internet (www.chateau-chassignol.com) complète l’information ainsi que le bouche à oreille, sans doute la meilleure des cartes de visite dans ce domaine. Jean-Michel Joly, Fondateur d’Altibulle Quelle est l’activité d’Altibulle ? “N ous proposons des vols touristiques en montgolfières. Nous avons plusieurs points de décollage, dont l’aérodrome de Roanne-Renaison et le Château de Chassignol à Commelle-Vernay. Le survol des gorges de la Loire fait partie des plus belles ballades, mais quand on monte dans le “panier”, on ne sait pas où on va. A chaque fois c’est une aventure ! Il faut compter environ 4 heures pour une sortie, dont 1 h à 1 h 30 de vol réel. Pendant le vol, nous sommes en liaison radio permanente avec un 4x4 qui vient récupérer l’équipage et le matériel sur le lieu d’atterrissage. J’ai lancé cette activité en mai 2003. J’ai été desservi par la canicule lors de la première saison. Je compte sur une bonne météo cette année. Une centaine de personnes ont déjà préréservé un vol pour les semaines ou les mois à venir. Le prix adulte est de 200 euros. C’est une très bonne idée-cadeau. Nous avons aussi mis en place un pack complet avec champagne à l’arrivée, produits régionaux, nuits en chambres d’hôtes. J’ai également un projet de communication en cours. La montgolfière est en effet un média original, notamment pour des collectivités ou des régions comme le Roannais qui veulent se faire connaître. Si ce projet abouti, nous participerons sans doute à quelques rassemblements en France ou en Suisse. Enfin, Altibulle propose des vols captifs, à 50 mètres de hauteur environ, à l’occasion d’un événement professionnel, d’une fête communale, d’une fête de famille. Pour les mariages, un envol en ballon libre peut être proposé aux jeunes mariés. Pour toutes les prestations, nous déplaçons une équipe complète pour l'exploitation de la montgolfière : pilotage, évolution, sécurité”. (www.altibulle.com) JUIN 2004 >Roanne Éco< 23 RUBRIQUE SERVICES question à Comptoir des levures prend un tour de taille Pierrette Rey, présidente du Tribunal de commerce de Paris et de la Conférence générale des Tribunaux de commerce Une loi de sauvegarde des entreprises est en cours d’élaboration. Quels en seront les principes? “S on principe de base, c’est de permettre à une entreprise en difficulté de venir se mettre sous la protection du Tribunal de commerce avant de se déclarer en cessation de paiement. Trop souvent, les entreprises se manifestent alors qu’elles sont déjà dans un état de coma dépassé. Cette perte de temps a des conséquences dramatiques et ruinent, neuf fois sur dix, les espoirs de sauver l’entreprise et ses emplois. Le nouveau texte s’inspire largement des procédures du droit américain en la matière. Par le biais de deux comités (un comité des banques et un comité des créanciers), nous souhaitons à chaque fois ouvrir le dialogue avec les uns et les autres pour que l’entreprise retrouve ses esprits et garde une chance de poursuivre son activité. Nous avons déjà dans notre droit deux types de procédures, la procédure ad hoc et la procédure de réglement amiable, sensées amorcer ce dialogue. Mais malheureusement, elles sont très peu utilisées puisqu’elles ne concernent que 1 300 cas chaque année en France sur 48 000 défaillances. Cette loi sur la sauvegarde doit représenter un véritable souffle novateur. Si tout va bien, elle pourrait être en place en 2005. Elle devrait concerner prioritairement les entreprises de plus de 250 ou 300 salariés, mais rien n’est encore arrêté. Nous savons que ce texte est attendu avec impatience car sa nature préventive est à même de rétablir un véritable climat de confiance entre tous les acteurs. J’ai d’ailleurs pu m’en apercevoir lors du congrès régional des 4ème et 5ème régions qui a rassemblé plus de 100 magistrats consulaires, le 15 mai à Roanne”. 24 >Roanne Éco< JUIN 2004 Avec une croissance de 3 à 5% par an et près de 8000 références à son actif, le distributeur roannais gagne des parts de marché. Son installation à la Demi-Lieue lui a ouvert l’appétit. omptoir des Levures a toujours été “plus sucré que salé”. Pour Eric Triouleyre, pdg de la société depuis 1995, il s’agit d’un héritage du passé. “A l’origine, Comptoir des Levures était un levurier. Il fournissait les boulangers-pâtissiers en sucre, en fruits confits, en matières grasses, en sel, et bien sûr en levures”. La gourmandise n’étant pas toujours un vilain défaut, la société a pris du poids en s’intéressant à l’ensemble des métiers de bouche : les restaurateurs, les charcutiers-traiteurs, les fabricants de pizzas, tout en conservant son marché historique qu’elle est désormais capable d’approvisionner à 100% en matières premières, confiserie, surgelés, petit matériel, emballages... Sa zone de diffusion est large. Elle comprend le Nord de la Loire, la Saône-etLoire, le Beaujolais, les contours de Lyon et une partie de l’Allier. Afin d’obtenir les meilleurs prix, elle s’appuie sur trois groupements d’achats : l’UNL (Union des Négociants Levuriers), MAGEL (produits de confiserie) et L’Echo du Goût (surgelés). Les catalogues régulièrement réactualisés de ces trois structures permettent de présenter aux clients une très large panoplie de produits ainsi que les bonnes affaires en cours. Au total, Comptoir des Levures est capable de proposer à ses 800 clients entre 6000 et 8000 références différentes. Les livraisons sont hebdomadaires pour la plupart d’entre eux. Trois C chauffeurs-livreurs s’acquittent de cette tâche. L’équipe de seize personnes est également composée de cinq commerciaux, de trois magasiniers, de trois administratifs, d’une personne polyvalente et du chef d’entreprise : “Notre installation à la Demi-Lieue sur 2000 m2 de bâtiments et 10000 m2 de terrain nous a permis d’optimiser nos conditions de travail et notre prestation de services”. L’investissement s’est élevé à un million d’euros. La société connaît une croissance régulière de 3 à 5% depuis plusieurs années et a atteint quatre millions d’euros de chiffre d’affaires. L’extension a permis de lancer un “cash”. Ouvert toute la semaine, celui-ci a séduit une nouvelle clientèle de restaurateurs, d’associations pour leurs soirées (boissons, vaisselle jetable) et de fournir les particuliers, en dragées notamment. “Nous recevons également ce que j’appelle les ménagères-pâtissières qui souhaitent trouver des produits d’une qualité professionnelle”. Très attentive à l’évolution des habitudes alimentaires, l’entreprise n’a pas négligé le “boom” de la restauration hors foyer et le développement des formules “entrée chaude-dessert-boisson”. Les habitudes de travail des professionnels ont également changé. “Nous avons développé des gammes de surgelés de qualité”, indique Eric Triouleyre. Comptoir des Levures compte aussi parmi ses clients plusieurs PME roannaises de l’agro-alimentaire. MULTIMÉDIA RUBRIQUE question à La croissance ordonnée d’Absys Spécialisée dans l’accueil téléphonique, la société dirigée à Thizy par Philippe et Marie-Jo Grancher vient de lancer la construction du centre le plus ergonomique d’Europe. Elle traite annuellement plus de 400 000 appels. l’autre bout du fil, la voix de l’opératrice est claire, posée, rassurante. Rien de très surprenant. Vous êtes en relation avec ce qui se fait de mieux dans le domaine de l’accueil téléphonique. Absys, société créée à Thizy par Philippe et Marie-Jo Grancher, connaît une croissance spectaculaire : 270 000 appels traités en 2001, 340 000 en 2002 et 415 000 l’an dernier dont 30% en anglais. Absys (15 salariés) propose à ses 400 clients quatre services différents : de la permanence téléphonique (simple prise de message), de la gestion de standard à distance, de la réception d’appels SAV-Hot-line (dépannage 24 h/24, 7 jours sur 7) et de l’accueil téléphonique à vocation commerciale. “Nous ne sommes pas un centre d’appels, précise Philippe Grancher. Nous gérons exclusivement des appels entrants. Notre clientèle est très diversifiée en terme de taille, de un à 100 000 salariés, mais également en secteurs d’activité. C’est ce qui fait la richesse de notre métier et élargit chaque jour notre culture”. Renault Trucks, Total, Géodis, Maporama, Polyexpert, France Online qui gère les Aéroports de Paris, GFF, une filiale de Vinci, mais aussi Western Digital et Maxtor, les deux principaux fabricants mondiaux de supports informatiques, font partie des références d’Absys, qui travaille également pour des administrations et pour de nombreux médecins en gestion d’agendas. Discrètement installé dans les faubourgs de Thizy, le site d’exploitation d’Absys passera beaucoup moins inaperçu dans quelques mois. “Nous venons de lancer les travaux d’un équipement ultra-moderne. Il s’agira tout simplement A du plus moderne et du plus ergonomique centre d’accueil téléphonique en Europe”, annonce Philippe Grancher, qui n’a négligé aucun détail, notamment en matière de conditions de travail. “Pour faire ce métier correctement, il faut du personnel stable et de haut niveau. L’ennemi, c’est le turn-over. Je suis un partisan de la hiérarchie polymorphe où, dans la même minute, une employée est tour à tour responsable de sa collègue puis sous la responsabilité de celleci. Chaque salarié est responsable d’une partie des clients. En moyenne, une heure de travail est composée de 23 minutes de réception téléphonique et de 37 minutes de gestion de dossier”. L’architecte Thierry Brosselard (Roanne) et le bureau d’études Hélair Industrie (Cublize) ont particulièrement travaillé l’acoustique (absorbants phoniques), la lumière, l’éclairage, le chauffage et la communication visuelle du nouveau centre, qui s’étendra sur 620 m2 (1,2 million d’euro d’investissement) dont un tiers de plateau technique : 36 positions de travail seront disposées en deux demi-cercles sans box, à la manière d’un orchestre. Un espace paysager et un espace de vie de 90 m2 avec sanitaires, vestiaires, cuisine, salon, chaîne hi-fi, TV avec câble et accès privé à Internet, permettront aux opératrices de se détendre. La nouvelle organisation créera de nouveaux emplois. Dès sa mise en service, en novembre prochain, le centre sera ouvert de 8 h à 21 h, six jours sur sept. De quoi soutenir la belle croissance d’Absys, dont le chiffre d’affaires s’est établi à 870 K€ l’an dernier. Alain Diab, président du club des acteurs du numérique de la Loire (CANL) Quel est l’objectif des “Network Loire” que vient d’organiser pour la première fois votre association ? “L es Network Loire sont des rencontres entre les professionnels du numérique membres du CANL et un certain nombre de partenaires extérieurs, notamment institutionnels. Ce rendez-vous, qui devrait à l’avenir être bimestriel, permet de faire le point sur les technologies, sur l’évolution des besoins et sur les projets des uns et des autres. Plus généralement, nous souhaitons, au sein du Club des acteurs du numérique, qu’une véritable image de la filière numérique dans la Loire se constitue peu à peu et qu’elle soit reconnue en Rhône-Alpes. Le numérique dans notre région, ce n’est pas uniquement Lyon et Grenoble. Il y a dans la Loire de nombreuses sociétés performantes qui ont besoin de travailler à la mise en place d’un projet fédérateur de communication et de commercialisation de leur offre. Au sein de l’association, nous sommes actuellement cinquante entreprises. Quelques-unes sont roannaises. A ce titre, je souhaite d’ailleurs que l’association roannaise ARTIC prenne tout sa place au sein de notre club, y compris au sein de notre conseil d’administration. J’espère également que nous organiserons bientôt un “Network Loire” à Roanne. Nous allons établir une cartographie très précise des compétences ligériennes et soutenir nos commissions internes consacrées notamment à l’emploi, à la formation et à la veille technologique. Notre filière est jeune. Pour qu’elle soit forte, il faut qu’elle soit soudée”. JUIN 2004 >Roanne Éco< 25 RUBRIQUE CRÉATION-REPRISE question à AMI veut du bien à ses clients Eric Babin, nouveau dirigeant de l’Imprimerie Pougnard Vous venez de reprendre l’une des plus anciennes imprimeries roannaises. Quels sont vos projets de développement ? “L’ Imprimerie Pougnard a en effet une histoire puisqu’elle a été créée en 1920. Mes liens familiaux avec Georges Pougnard, qui a fait valoir ses droits à la retraite, vont perpétuer la tradition puisqu’il s’agit, en quelque sorte, de la quatrième génération à la tête de l’entreprise. Il n’est d’ailleurs pas question de changer de nom. Notre développement a débuté par un déménagement dans des locaux plus fonctionnels, au 55 rue Denis Papin. Sur le plan technique, nous avons investi dans une machine deux couleurs Heidelberg qui va nous permettre de réaliser des travaux plus aboutis. Nous avons également intégré un nouveau commercial afin de développer notre clientèle, y compris sur la Saône-et-Loire, le Rhône et le Puy-de-Dôme. Pour l’heure, nous travaillons principalement avec une clientèle professionnelle composée de PMI-PME tous secteurs confondus. Notre chiffre d’affaires, qui s’élève à 750 K€ environ, est complété par des travaux pour les administrations et collectivités (15%), les associations (10%) et les particuliers (3%) par le biais de faire-part. Nous imprimons les bulletins municipaux d’une douzaine de communes roannaises ainsi que la lettre de l’Hôpital de Roanne. Récemment nous avons réalisé les affiches des Folies Textiles de Roanne. L’Imprimerie Pougnard compte onze salariés”. 26 >Roanne Éco< JUIN 2004 Philippe Clairet, Aveyronnais d’origine, a choisi le seuil de Neulise pour franchir le pas de la création d’entreprise. Plus qu’un simple sous-traitant, l’Atelier Métallurgique Industriel souhaite participer à la croissance de ses donneurs d’ordres. organisation d’une grande entreprise, les outils de production d’une moyenne et la flexibilité d’une petite. La philosophie d’AMI, société récemment créée sur la zone d’activité économique des Jacquins à Neulise, tient en une phrase. A l’image de son fondateur, Philippe Clairet, cette entreprise spécialisée dans la tôlerie et la chaudronnerie industrielle (découpe, pliage, montage) s’est donné les moyens de réussir : “J’ai souhaité qu’on soit tout de suite en ordre de marche, explique le chef d’entreprise. Dans notre métier, le client veut avoir en face de lui un industriel bien organisé avec des outils adaptés et performants. Nous sommes souvent au milieu de la chaîne de fabrication. Par conséquent, nous devons tout faire pour que le client de notre donneur d’ordre soit à son tour satisfait. Si c’est le cas, notre partenariat durera. Nous devons avoir cette culture client ancrée en nous”. Plus qu’un simple exécutant en sous-traitance, AMI s’efforce d’apporter une réelle valeur ajoutée à ses réalisations. Pour relever ce challenge, “pas question de partir petit bras”, prévient Philippe Clairet, qui s’est doté d’un parc machines à la pointe de la technologie, capable d’assurer un travail de qualité dans les meilleurs délais : table de découpe laser (acier, inox, aluminium), plieuse trois mètres (huit axes de mouvements), postes de soudure (Tig 400 A, pulsé 400 A, semiauto...). Au total, plus de 1,4 million d’euros d’investissements, coût immobilier compris (800 m2 d’atelier). AMI travaille pour le secteur du poids lourd, du mobilier urbain et pour des fabricants L’ d’irrodoseur (arrosage des champs). Elle façonne des tôles plates et en tire un produit fini ou semi-fini selon les commandes. L’équipe se compose de cinq personnes : un directeur commercial, un chargé d’affaires (devis, approvisionnement, suivi de livraisons), un chef d’atelier, un responsable méthodes et un soudeur. Là encore, l’organigramme est prêt. Il ne demande qu’à s’étoffer : “L’objectif, c’est d’être dix d’ici trois ans. On mise sur un premier chiffre d’affaires de 550 K€. Pour le moment, on est dans les taquets”, indique Philippe Clairet, dont l’accent chantant dévoile des origines aveyronnaises. Lauréat de la promotion 2003 de Loire Entreprendre, Philippe Clairet, auparavant directeur d’un site de 120 personnes (APR, groupe Alliance Métal) à Lyon, n’a pas vécu la création d’entreprise comme un long parcours semé d’embûches. “C’est peutêtre parce que j’étais prêt. En fait, j’ai toujours souhaité créer mon entreprise. Si j’ai passé 24 ans dans ce milieu, à différents postes, c’était pour me persuader que j’en étais capable. Les conseils d’autres chefs d’entreprises m’ont aussi beaucoup aidé. Ce sont les mieux placés pour nous mettre sur des bons rails. J’ai également apprécié le soutien des administrations, quelles qu’elles soient, et des élus de la communauté de communes du Pays entre Loire et Rhône qui ont cru en l’homme. Ça aussi c’est crucial”. De son côté, il ne doute pas un instant de la pertinence de son choix géographique : “Je voulais m’installer là car avec l’A89, cette zone va devenir stratégique. Aujourd’hui, on est à l’entrée de Saint-Etienne. Bientôt on sera aux portes de Lyon”. ENVIRONNEMENT RUBRIQUE question à Nigay, moteur de l’OHSAS 18 001 Volet sociétal de la démarche QSE (Qualité-Sécurité-Environnement), le référentiel sécurité OHSAS 18 001 permet aux entreprises de répondre aux obligations réglementaires, tout en préservant leur productivité. a santé et la sécurité au travail ont toujours constitué un enjeu important pour les entreprises. Mais contrairement aux normes de qualité (ISO 9 001) ou à la norme environnementale (ISO 14 001), aucun “outil étalon” des bonnes pratiques n’existait jusqu’à l’apparition, en 1999, du référentiel OHSAS 18 001. Dix ans après la directive européenne de 1989 qui portait sur l’amélioration de la santé et de la sécurité sur les lieux de travail, l’OHSAS 18 001 harmonise les pratiques des différents états membres de l’Europe. Impulsée par le British Standards Institute en collaboration avec les organismes membres de l’ISO (Organisation internationale de normalisation), la norme permet aussi aux entreprises de se mettre en conformité avec leur propre code du travail. Un outil très précieux dont se servent de plus en plus les entreprises françaises pour se mettre en conformité avec le décret du 5 novembre 2001 qui leur fait obligation de “créer et conserver un document portant sur l’évaluation des risques”. Dans la Loire, plusieurs entreprises se sont lancées dans cette démarche au sein d’un club conjoint QSE (Qualité-Sécurité-Environnement), dont font notamment partie les CCI, l’ALSAPE* et l’ARACQ**. Au sein de ce club, l’entreprise Nigay (Feurs), numéro un français de la fabrication de caramel aromatique (50 salariés), fait figure de moteur. “Nous nous sommes lancés parmi les premiers dans des démarches qualité et environnement, explique Henri Nigay. La sécurité est une forme de prolongement de nos efforts. C’est le pilier sociétal du triptyque QSE”. La motivation des salariés, satisfaits de voir que leur sécurité est prise en compte par la direction, se trouve souvent décuplée. L’OHSAS 18 001 conforte également dans leur action les membres du CHSCT (Comité d’hygiène sécurité et conditions L de travail) et renforce les liens avec les partenaires sociaux. Sur le plan externe, une certification OHSAS 18001 véhicule une image de transparence, de bonne gestion sociale, et instaure de meilleures relations avec l’administration chargée du contrôle régalien. “Nous considérons cependant que la seule identification des risques n’est pas une fin en soi, reprend Henri Nigay. Nous préférons insister sur la meilleure efficacité globale que procure ce type de management. Face à une réglementation qui se contente d’ouvrir le parapluie administratif et de montrer le bâton, nous faisons la preuve que la carotte peut aussi être intéressante, en terme de tranquillité réglementaire pour le chef d’entreprise, et surtout en terme de forte réduction de la probabilité d’occurrence d’accidents du travail impliquant une hausse des cotisations et des arrêts de travail, toujours très déstabilisants pour la production”. L’entreprise qui brigue une telle certification doit réaliser un diagnostic en amont des risques auxquels elle peut être exposée. Une fois cette analyse réalisée, elle doit se doter d’indicateurs (taux d’accidents du travail, fréquence, taux de gravité...) et d’outils capables de mettre en application des actions concrètes d’amélioration de la sécurité et de la performance globale. “Chacun doit être acteur dans l’entreprise. L’implication et la motivation des salariés est indispensable”, note Henri Nigay, par ailleurs président de l’ARACQ qui fêtera ses vingt ans, le 22 juin, à Montrond-lesBains, sur le thème du développement durable. Elisabeth Dartois, chargée de mission APDD Quel est le rôle de l’APDD ? “L’ Association pour les Pratiques du Développement Durable a été créée en 1997 par trois écoles d’ingénieurs : l’INSA Lyon, l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne et l’ENSAM Chambéry, avec le soutien de l’Aderly. L’APDD, qui a une vocation régionale, est installée à Saint-Etienne. En liaison avec la DRIRE, nous accompagnons les entreprises dans la mise en œuvre des pratiques de développement durable. Nous avons également élargi notre action aux territoires. Pour cela, nous avons développé un certain nombre d’outils pédagogiques : fiches thématiques, films vidéos, conception et réalisation d’un logiciel de questionnement qui évoquera l’ensemble des thématiques au niveau environnemental, social, etc... Nous aidons nos interlocuteurs à cerner le concept et nous accompagnons ceux qui veulent aller plus loin dans la démarche. Nous avons notamment mis en place, avec l’appui des fonds FEDER, une opération collective de sensibilisation. Une centaine de personnes ont été informées, plus particulièrement au sein de PME-PMI du Sud de la Loire. Cette opération se poursuivra jusqu’en septembre 2004 et nous espérons sensibiliser des entreprises du Nord du département. Nous comptons ensuite passer de la sensibilisation à l’action. L’APDD est présidée par Jacques Perrin, ingénieur INSA Grenoble, et a pour secrétaire général, Olivier Bérerd. Pour plus d’informations, les PME-PMI intéressées par notre démarche peuvent consulter le site www.agora21.org/apdd ”. (*) ALSAPE : Association des entreprises Loire Supérieure Auvergne pour la prévention des Pollutions industrielles et la protection de l’Environnement. (**) ARACQ : Association Régionale pour l’Amélioration de la Compétitivité par la Qualité. JUIN 2004 >Roanne Éco< 27 (2) Vous êtes 18 150 lecteurs du magazine Roanne Éco Roanne Éco a confié l’analyse de son lectorat à l’institut IPSOS(1), deuxième groupe mondial des sociétés d’études par enquête. 94% des lecteurs sont satisfaits de la présentation du magazine et 87% apprécient le contenu des informations, 79 % sont des lecteurs réguliers, Plus de 2/3 des lecteurs estiment trouver dans ce magazine des informations qu’ils ne trouvent pas ailleurs, Chaque numéro est lu en moyenne par 3,6 personnes(3). (1) Enquête réalisée par téléphone auprès de 300 ressortissants destinataires du magazine Roanne Éco. (2) Résultat de 18 150 obtenu par multiplication du taux de circulation déclaré par le nombre de lecteurs annuels. (3) Estimation faite par les lecteurs. Une enquête complémentaire a été réalisée par la CCI auprès d’un échantillon de 45 entreprises, interrogées en mars dernier par téléphone. Parmi les commentaires recensés : Sur la forme : “articles courts, faciles à lire”, “bonnes photos, bonne pagination”, “complet, agréable à lire”, “rubriques globalement attractives, attrayantes”. Sur le fond : “revue qui donne de bonnes informations générales”, “motivant de voir des entreprises qui réussissent”, “permet de comprendre le Roannais, de voir comment des gens ont des projets et les font aboutir”. ROANNE ÉCO, MAGAZINE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DU ROANNAIS 4, rue Marengo - 42334 Roanne Cedex - Tél. : 04 77 44 54 64 - Fax : 04 77 72 17 17 E-mail : [email protected] - www.roanne.cci.fr ÉTUDE ÉCONOMIQUE Les chiffres-clés du Roannais RUBRIQUE Géographie humaine Superficie Loire : 1 780 km2 soit 37% de la Loire. Espaces et Territoires Source : INSEE > Espaces de vie : Densité : 86 habitants au km2. - Zone d’attraction : 256 810 habitants* - Zone d’emploi : 172 717 habitants - Unité urbaine : 80 276 habitants. Démographie : - Population (habitants) : La zone d’attraction correspond à une entité territoriale sur laquelle se concentrent des flux socio-économiques et des échanges commerciaux. Pour le Roannais, cette zone englobe l’arrondissement de Roanne et s’étend sur trois départements, le Rhône, la Saône-et-Loire, l’Allier et le seuil limitrophe de Loire Sud. La zone d’emploi est un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent. Celle de Roanne est composée de son arrondissement et des deux cantons rhodaniens de Thizy et Amplepuis. L’unité urbaine est un ensemble de communes dont les zones bâties sont distantes de moins de Arrondissement de Roanne Roannais/ Loire 1990 156 252 20,93% 1999 152 682 20,94% Source : INSEE RGP 1990 et 1999 Source : INSEE 1999 - Population totale Cartographie : CCI du Roannais 200 m. Celle de Roanne comprend treize communes : Commelle-Vernay, Le Coteau, Mably, Pouilly-les-Nonains, Renaison, Riorges, Roanne, Saint-Alban-les-Eaux, Saint-André-d’Apchon, Saint-Haon-le-Châtel, Saint-Léger-sur-Roanne et Villerest. (*) Source : INSEE - RGP 1999 - PSDC - Population des principales communes : Roanne : . . . . . . . . . . . . 38 880 Riorges : . . . . . . . . . . . . 10 068 Mably : . . . . . . . . . . . . . . 7 636 Le Coteau : . . . . . . . . . . 7 376 Villerest : . . . . . . . . . . . . 4 246 Commelle-Vernay : . . . . 2 793 Charlieu : . . . . . . . . . . . . 3 592 Pouilly-s/Charlieu : . . . . 2 720 Renaison : . . . . . . . . . . . 2 658 Balbigny : . . . . . . . . . . . 2 618 Perreux : . . . . . . . . . . . . . 2 074 Source : INSEE RGP 1999 > Espaces administratifs : > Espace de projet : communes et cantons intercommunalités Nombre de cantons Nombre de communes Arrondissement de Roanne 11 115 Département de la Loire 36 327 Dossier réalisé par le service Information Economique de la CCI du Roannais. Communautés de communes et Communauté d’agglomération Barrage de Villerest JUIN 2004 >Roanne Éco< 29 RUBRIQUE ÉTUDE ÉCONOMIQUE Tourisme > Mouvements domicile-travail Fréquentation touristique 2003 des musées et monuments du Roannais Monuments : . Château de La Roche (St-PriestLa-Roche) : 14 354 visiteurs. . Abbaye Bénédictine (Charlieu) : 13 316 visiteurs. . Couvent des Cordeliers (St-Niziersous-Charlieu) : 7 654 visiteurs. . Eglise abbatiale (La BénissonDieu) : 5 571 visiteurs. . Prieuré (Pommiers-en-Forez) : 5 343 visiteurs. Musées : . Musée J. Déchelette (Roanne) : 16 783 visiteurs. . Musée de la Soierie (Charlieu) : 9 490 visiteurs. . Automusée du Forez (St-GermainLaval) : 8 500 visiteurs. . Musée Alice Taverne (Ambierle) : 6 278 visiteurs. . Musée Hospitalier (Charlieu) : 5 104 visiteurs. . Musée du Tissage (Bussières) : 4 117 visiteurs. . Musée de l’Heure et du Feu (Villerest) : 1 309 visiteurs. Activités de loisirs : . Péniche “Infatigable” (Briennon) : 12 000 passagers. . Parc des canaux (Briennon) : 10 000 visiteurs. . Petit train touristique (CommelleVernay) : 9 460 visiteurs. . Arboretum des Grands Murcins (Arcon) : 30 756 visiteurs. Les navettes domicile-travail représentent les mouvements que la population active ayant un emploi est amenée à réaliser pour se rendre sur son lieu de travail. Dans le Roannais, 88% des actifs ayant un emploi, soit 52 705 personnes, résident et se déplacent pour travailler dans l’arrondissement. 12% des actifs, soit 7 113 personnes, sortent du Roannais (flux sortant) vers les territoires suivants : Rhône : 48,7% Loire Sud : 26,7% Saône-et-Loire : 9,3% Allier : 2,2% Puy-de-Dôme : 1,9% Paris : 1,1% Savoie, Ain, Isère, Haute-Savoie : 3,3% Autres : 6,9%. 3 565 personnes qui n’habitent pas dans le Roannais viennent cependant y travailler. Ce flux entrant provient de : Rhône : 20,7% Loire Sud : 34,4% Saône-et-Loire : 30,2% Allier : 6,4% Puy-de-Dôme : 1,6% Paris : 0,2% Savoie, Ain, Isère, Haute-Savoie : 1,3% Autres : 5,2%. 30 >Roanne Éco< JUIN 2004 Mouvements domicile-travail Voies et moyens de communication Les principaux aménagements routiers prévus dans le Roannais Le Roannais dispose d’une situation géographique privilégiée à proximité des grands axes nationaux et européens. Les investissements programmés dans les futures années pour développer et améliorer les axes majeurs qui traversent le territoire (routiers, autoroutiers, ferroviaires) seront déterminants pour son développement économique et son intégration dans les grands systèmes d'échanges Nord - Sud et Ouest-Est. ÉTUDE ÉCONOMIQUE L’emploi RUBRIQUE Tourisme Capacité d’accueil touristique en nombre de lits : > Population active Source : INSEE RGP 1999 67 820 personnes (44,4% de la population totale) dont 59 807 actifs ayant un emploi. Roannais % Loire > Emploi salarié privé et public Source : Enquête CCI du Roannais - ASSEDIC 31/12/2002 (hors agriculture) Secteurs Secondaire (privé + public) Tertiaire privé Tertiaire public Total Nombre 17 911 18 943 9 984 46 838 Evolution sur 1 an - 5,5% + 0,6% + 0,5% - 1,8% Part (%) 38,3 40,4 21,3 100,0 > Taux de chômage au 31 décembre 2003 (derniers chiffres connus) Source : INSEE Roanne (Zone d’emploi) Loire 9,1% (1) Rhône-Alpes 9,8% (2) France 8,8%(2) 9,7%(2) (1) Taux de chômage brut - (2) Taux de chômage CVS provisoires 1 534 25,4% Campings 1 060 35,0% 184 36,0% 521 26,4% 600 15,4% 133 34,3% Autres : aires naturelles camping-car, HLL* 147 19,9% Capacité totale 4 179 25,2% Chambres d’hôtes Gîtes ruraux et gîtes de groupes Hébergements collectifs Meublés touristiques (*) HLL : Habitats Légers de Loisirs. > Qualification des emplois Source : Comité départemental du tourisme de la Loire et Service permanent d’observation touristique -2003 Source : INSEE RGP 1999, dernières données disponibles Nombre d’emplois Hôtels classés tourisme Roannais Loire Rhône-Alpes Agriculteurs 4,3% 2,7% 2,1% Chefs d’entreprises Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions intermédiaires 8,7% 7,9% 7,5% 7,3% 9,1% 12,1% 19,3% 22,1% 24,2% Employés 26,2% 27,5% 27,3% Ouvriers 34,2% 30,7% 26,8% Saint-Haon-Le-Châtel Enseignement supérieur - Pôles d’innovations 1 803 étudiants à la rentrée 2003/2004 se sont engagés dans plus de 40 cycles de formation proposées par les établissements publics et privés de la région roannaise. Le développement de l’enseignement supérieur et le regroupement de la filière Textile en un seul site, a permis l’émergence d’un pôle technologique textile innovant sur le Technopôle Diderot avec : - CREATECH, associée à Lyon I et Lyon II, - ITECH (Institut Textile et Chimique de Lyon), - la plate-forme IFTH avec le CNNITH (Centre National du Numérique et d’Innovation du Textile Habillement), - et ISTIL (Institut des Sciences et Techniques de l’Ingénieur de Lyon). Dans le domaine des TIC : avec TICRAL (Technologies de l’Information Communication Rhône Alpes Loire), les formations : Euromaster TIC, licence professionnelle “Génie logiciel” à l’IUT et BTS Informatique de Gestion du CERFOP, offrent de véritables savoir-faire et savoir-former en Roannais. Le Centre Universitaire regroupe les formations de l’Université de Saint-Etienne et de l’IUT de Roanne. Il abrite le LASPI, groupe d’universitaires-chercheurs de quatre laboratoires rhônalpins, qui se penche sur l’étude de stratégies de développement des entreprises. Charlieu Evolution sur 13 ans du nombre d’étudiants de l’enseignement supérieur dans le Roannais 1991/92 1992/93 1993/94 1994/95 1995/96 1996/97 1997/98 1998/99 99/2000 2000/01 2001/02 2002/03 2003/04 Nbre 1 365 étudiants 1 562 1 547 1 428 1 506 1 590 1 558 1 590 1 597 1 616 1 777 1 830 1 803 Source : Grand Roanne JUIN 2004 >Roanne Éco< 31 RUBRIQUE HISTOIRE ÉCONOMIQUE Roanne Brique, héritière de quatre siècles d’histoire L’entreprise Roanne Brique, installée à Mably, est l’héritière d’une histoire qui s’enracine dans le XVIIe siècle. Vers les années 1650, des ouvriers Belges remarquèrent la présence d’argile à Mably. Fabricants de briques en terre cuite dans leur pays, ce fait ne manqua pas de les intéresser. Ils effectuèrent des sondages. Ceux-ci révélèrent que les gisements d’argile étaient importants et de très bonne qualité. Les Belges achetèrent alors plusieurs parcelles. Pendant plus d’un siècle, des mois d’avril au mois d’octobre, ils vinrent y extraire l’argile pour fabriquer des briques. A partir des années 1780, des habitants du Roannais se lancèrent à leur tour dans cette activité. Ils donnèrent naissance à huit tuileries. Elles n’employaient, sans doute, pas plus de trois personnes chacune, les ouvriers travaillant de seize à dix-huit heures par jour. La présence de ces petites entreprises donna naissance à un petit hameau appelé Les Tuileries. La fabrication de tuiles et de briques dans ce petit hameau disparut au cours du XIXe siècle. Aujourd’hui, Les Tuileries sont devenues un quartier de Mably. Vers 1825, Amand Cancalon, fils d’un commerçant roannais, créa la première tuilerie véritablement industrielle de Mably. Il l’installa en bordure ouest de la route de Paris. En taille, elle dépassa toutes celles qui existaient déjà. En 1865, elle fut parmi les premières à s’équiper d’une machine à vapeur et à mécaniser sa fabrication. Cette modernisation lui permit de devenir la plus importante tuilerie du Roannais. François Cancalon, ingénieur et cousin de Amand Cancalon, succéda à ce dernier dans les année 1870. François Cancalon fit connaître un remarquable essor à son entreprise. Il faut dire qu’il était indubitablement un homme en avance sur son temps. Ainsi, déposa-t-il de nombreux brevets, comme par exemple celui des hourdis-toitures ou des hourdisplafonds suspendus. ... suite page 33 Rubrique réalisée par Eric Billoir 32 >Roanne Éco< JUIN 2004 La tuile et la brique, l’un des grands piliers de l’industrie du Roannais La fabrication des tuiles et des briques est apparue en Roannais il y a des centaines d’années, et ne cessa de se développer à travers les siècles. Au XIXe, cette activité fut l’une des premières du Roannais à s’industrialiser. Elle prit alors une dimension nationale et internationale. Au XXe siècle, le succès des tuileries roannaises ne se démentit pas, mais il s’accompagna d’une forte réduction du nombre d’entreprises de ce secteur. Les tuileries Cancalon (1902) par le peintre roannais Jean Puy ans la région roannaise, le terme de tuilerie désignait, en général, une entreprise produisant, bien sûr, des tuiles, mais également des briques. Cette particularité s’explique parce qu’autrefois les fabricants préféraient mettre en avant la production de tuiles. Une telle démarche venait du fait que pendant très longtemps, la fabrication de tuiles était considérée comme beaucoup plus noble que celle des briques. L’existence des tuileries en Roannais est très ancienne. Rodumna, la Roanne antique, possédait des maisons aux murs de briques et aux toits couverts de tuiles. Cela indique qu’il existait dès cette époque des tuileries dans la cité roannaise ou ses environs. Leur présence est également attestée au Moyen-Age. Au XIIe siècle, par exemple, elles sont capables de fournir des chantiers aussi importants que celui de l’impressionnante abbaye de La-Bénisson-Dieu. Au XVIIe siècle, leur nombre fut particulièrement important. Leur activité fut stimulée par l’arrivée d’ouvriers spécialisés originaires du Limousin, et surtout de la D Creuse. Si certains d’entre eux se fixèrent en Roannais, la plupart demeurèrent des travailleurs saisonniers. Ils venaient en mars pour repartir en novembre. Les premiers ouvriers limousins arrivèrent en Roannais grâce à Monseigneur Antoine Charpin, évêque de Limoges. Ils les avaient envoyés pour aider son frère qui possédait une tuilerie près de Roanne. Au cours de ce même siècle, des ouvriers Belges lancèrent la fabrication de tuiles et de briques à Mably. Tout comme les limousins, leur activité était saisonnière. Au XVIIIe siècle, des habitants de Roanne et sa région installèrent à leur tour des tuileries à Mably et à Riorges. Une dimension nationale et internationale Au tout début du XIXe siècle, que ce soit à Mably, Montagny, Pouilly-sous-Charlieu, Perreux ou ailleurs, les tuileries étaient encore artisanales. La première tuilerie de type industrielle apparut à Mably dans les années 1820. L’industrialisation de toutes les tuileries demanda plusieurs décennies. HISTOIRE ÉCONOMIQUE RUBRIQUE ... suite de la page 32 Elle fit des tuileries l’un des piliers de l’industrie du Roannais. Leur succès leur permit d’embaucher une main d’œuvre considérable. Celle-ci fut d’abord locale et essentiellement d’origine paysanne. Elle finit par ne plus être suffisante. Il fallut alors faire appel à des travailleurs de l’extérieur. Ils vinrent tout d’abord de départements plus ou moins proches de la Loire, comme par exemple la Creuse. Puis arrivèrent des ouvriers étrangers. A l’origine, il s’agissait essentiellement de Belges. Ils travaillaient par campagne à la fabrication des briques pleines, dites briques belges. Aux Belges succédèrent les Polonais, les Tchécoslovaques, les Hongrois, les Italiens, les Espagnols, les Portugais et enfin les ressortissants des pays d’Afrique du Nord. Les tuileries ne contribuèrent pas à l’industrialisation du Roannais uniquement par leur développement. Elles facilitèrent cette dernière en fournissant aux autres secteurs les matériaux de construction de leurs usines. Elles furent aussi, en partie, à l’origine de l’installation de l’une des plus grandes entreprises roannaises. En effet, elles furent l’une des raisons qui, en 1916, poussèrent l’Etat à installer un gigantesque arsenal à Roanne. Leur présence donnait l’assurance d’obtenir les énormes quantités de briques et de tuiles nécessaires à la réalisation de ce projet. L’industrialisation permit aux tuileries d’avoir les capacités de répondre aux demandes du marché national et international où elles occupèrent une place de tout premier ordre. Les briques, les tuiles du Roannais et leurs dérivés étaient écoulés dans une grande partie de la France, en particulier en Saône-et-Loire, dans l’Allier, en Alsace, à Saint-Etienne, à Lyon, dans le Jura. Elles trouvaient également preneurs au-delà des frontières, principalement en Belgique et en Allemagne. Au début des années 1980, les usines Cancalon de Mably honorèrent même une commande de tuiles pour le Usine Roanne-Mably - Exposition de Roanne Avec les Grandes Tuileries Réunies, il inventa l’un des premiers groupes industriels de son temps. Ce groupe comprenait la Grande Tuilerie de Bourgogne à Montchanin-les-Mines, Perrusson Fils et Desfontaines à Ecuisses, St-Léger-sur-Dheune et Sancoins, Adenot Frères à Châlonsur-Saône, Jacob Frères et Fils à Navilly, François Cancalon à Roanne, Laveaux-Marlhins à St-Léger-surDheune. En 1885, un second Roannais, Louis Puy, le père du peintre Jean Puy, associé à Mme veuve Marcel Cancalon, propriétaire de la tuilerie du Mayollet à Riorges, fondèrent à leur tour une tuilerie à Mably. Ils l’implantèrent sur le bord Est de la route de Paris. Cette usine, extrêmement moderne pour son époque, devint rapidement la principale rivale des établissements de François Cancalon. La concurrence entre les deux entreprises fut particulièrement sévère. Leurs rapports en devinrent même inamicaux. N’ayant pas de successeur, en 1914, François Cancalon, cèda sa tuilerie à André Col. Celui-ci était tanneur à Moulins. Avec le bois restant après le tannage, il construisait des hangars avec des charpentes en bois rond assemblées par des corbeaux métalliques. Ce système fut utilisé pour la construction des hangars des tuileries et de l’arsenal de Roanne. En 1914, la demande en hangars devint considérable. André Col rencontrait beaucoup de difficultés pour trouver les tuiles nécessaires à leur couverture. C’est pourquoi il décida de se porter acquéreur des usines Cancalon. En 1930, André Col les revendit à Maurice Espinos, descendant de la famille Cancalon. En 1969/1970, une nouvelle unité fut construite à Mably. Elle fut baptisée Roanne Brique. En 1973, JeanPierre Espinos, le fils et successeur de Maurice Espinos, associé à Pierre Fressonnet, descendant de la famille Puy, opérèrent la fusion des tuileries de Mably et de Roanne. Ils leur redonnèrent le nom historique et prestigieux de Cancalon. En 1990, Cancalon fut absorbé par le groupe Imetal, appelé aujourd’hui Imerys Terre Cuite. JUIN 2004 >Roanne Éco< 33 RUBRIQUE HISTOIRE ÉCONOMIQUE La fabrication des tuiles et des briques dans les années 1940 Dans le Roannais, l’argile n’était pas triée. Sa qualité était telle, qu’elle pouvait être indifféremment utilisée pour les tuiles et les briques. L’argile était transportée en brouette du dépôt de l’usine aux cylindres qui la malaxait et la transformait en boudins qui tombaient dans la galetière. D’un côté de cette machine sortaient les briques à trous, de l’autre des galettes qui servaient à la fabrication des tuiles. Les briques allaient directement au séchoir. Le pressage permettait de transformer les galettes en tuiles. Il s’effectuait avec une presse manuelle dont le moule pesait cinquante-deux kilos. L’ouvrier qui l’actionnait, le presseur, devait donc posséder une grande force physique. Une fois pressées, les tuiles étaient mises au séchage sur des étagères. Quand elles étaient sèches, il fallait les décoller de leur support. Le même travail devait être réalisé pour la brique filée (briques pleines). Cette tâche portait le nom de dégrillage. Après cette étape, avait lieu le ramassage des millions (briques cassées). Ceux-ci étaient mis dans des bacs puis recouverts d’eau. Ils trempaient jusqu’à ce que la terre ramollisse. Ils servaient à faire des briques destinées aux plafonds ou aux galendages, c’est-à-dire aux cloisons intérieures. Tuiles et briques partaient pour le four en voitures à bras, nommées bagnoles. Les chauffeurs de fours faisaient les 3 x 8 car les fours fonctionnaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L’enfournage débutait à quatre heures du matin. Il se terminait, en général, vers midi. Un espace était ménagé entre les briques ou les tuiles à cuire et les cuites. Cela permettait de rester à distance de la chaleur insupportable du feu. La cuisson durait environ vingt-quatre heures. Le défournage commençait vers quatre heures du matin pour finir vers onze heures, onze heures trente. Les défourneurs étaient payés à la tâche. Ils déposaient les tuiles et les briques sur un quai où elles étaient contrôlées. 34 >Roanne Éco< JUIN 2004 roi Fhad d’Arabie. Elles étaient d’une couleur verte spécialement créée pour l’occasion. Les raisons de la réussite La réussite des tuileries du Roannais ne tint pas uniquement à leur industrialisation. Elle fut également due à la qualité de leurs productions qui était hautement renommée. Ainsi, par exemple, les tuiles Cancalon étaient-elles connues de tous les spécialistes pour leur parfaite résistance au gel, à la flexion et à la compression. Dans les années 1950 et 1960, la demande était telle, que les délais de livraison atteignaient parfois un an. Quatre facteurs expliquent cette qualité exceptionnelle. Le premier était le savoir-faire des entreprises. Le second était l’esprit d’innovation dont firent preuve certains industriels, tel François Cancalon qui déposa nombre de brevets remarquables. Le troisième était l’excellence des argiles du Roannais. Chaque entreprise avait sa propre carrière. Celles de Cancalon étaient situées près de leurs usines, aux Tuileries, à Mably. L’argile de l’usine de Briennon est d’abord venue d’une carrière de La-BénissonDieu, puis de Mably. Cette dernière se trouvait non loin de celle de Cancalon. A Pouilly-sousCharlieu, les carrières se trouvaient dans un rayon de cinq à six kilomètres autour de l’usine. Il en allait de même pour Iguerande, mais dans une zone de trois à quatre kilomètres. En fonction de leurs caractéristiques, les argiles permettaient la fabrication de tel ou tel produit. Le dernier facPlanche extraite d’un catalogue des Grandes Tuileries Mécaniques François Cancalon teur de réussite résidait dans un solide sens du commerce. Chaque entreprise employait des représentants chargés de joindre et de s’occuper des clients, où qu’ils se trouvent. Ils devaient également rechercher en permanence de nouveaux marchés. La concurrence entre tuileries était rude, en particulier sur le marché régional. De onze à une unité de production L’industrialisation et les évolutions de l’économie conduisirent les tuileries du Roannais à une forte concentration. Avant la seconde guerre mondiale, il existait onze tuileries en Roannais. Deux étaient implantées à Mably, une à Roanne, une à La Bénisson-Dieu, une à Saint-Germain-Lespinasse, une à Iguerande, une à Riorges, deux à Pouillysous-Charlieu, une à Briennon. Dans les années 1970, il restait encore six usines, l’une à Iguerande, deux à Pouilly-sous-Charlieu, une autre à Briennon, et enfin deux à Mably. Au total, elles employaient 450 à 500 personnes. A elles seules, les usines Cancalon de Mably comptaient 250 à 300 employés. Les usines d’Iguerande, de Pouilly-sous-Charlieu, de Briennon, furent absorbées par un grand groupe. L’entreprise de Pouillysous-Charlieu fut vendue parce que son patron n’avait pas de successeur. Toutes ces usines étaient installées en centre ville. Cela les empêcha de disposer de l’espace indispensable à leur expansion et à leur modernisation. Elles disparurent les unes après les autres dans les années 80. La fermeture de la tuilerie d’Iguerande résulta également de Planche extraite d’un catalogue de la Société Anonyme des Tuileries de Roanne HISTOIRE ÉCONOMIQUE Vue générale de la Tuilerie Boiron à Briennon ses difficultés sans cesse grandissantes à trouver de l’argile de qualité. L’usine de Pouilly-sousCharlieu fut rasée. A son emplacement furent construits des immeubles d’habitation. A Briennon, les locaux utilisables furent conservés. Une société de location de bateaux de croisière fluviale et un pôle médical s’y installèrent. Au cours des années 70, Roanne Brique, à Mably, fut fortement ébranlée par les fortes augmentations des prix du pétrole. Un peu plus tard, lorsqu’il fallut investir pour se moderniser, l’entreprise ne put le supporter. Elle fut obligée de déposer son bilan en 1986-1987. Cependant, elle reçut l’autorisation de poursuivre son activité. Cancalon déposa son bilan à la même époque que Roanne Brique. L’usine fut définitivement fermée après un an d’occupation. Elle a été vendue et a changé d’activité. Aujourd’hui, la seule tuilerie du Roannais est Roanne Brique, à Mably. Elle fabrique des briques et les carrobrics. Les carrobrics sont des cloisons prêtes à peindre ou à tapisser, constituées d’éléments de grande dimension. Roanne Brique exporte 30% de sa production, principalement vers l’Espagne. L’établissement Charles Berthelier et Compagnie - Tuilerie - Iguerande L a tuilerie d’Iguerande, en Saône-et-Loire, à une vingtaine de kilomètres au nord de Roanne, a fermé ses portes au début des années 1980. Elle était née en 1912. Son créateur et patron était un ancien agent de maîtrise de la tuilerie Boiron de Briennon. Il s’appelait Charles Berthelier. Il nomma son entreprise Etablissement Charles Berthelier et Compagnie- tuilerie-Iguerande (Saône-et-Loire). Son site produisait, bien sûr, des tuiles, mais également des briques. Il fabriqua aussi en petite quantité des boisseaux (conduits de cheminées). La société employait plus d’une quarantaine d’ouvriers, qui habitaient Iguerande et ses environs. Un certain nombre d’entre eux étaient logés par l’entreprise dans des habitations situées près de l’usine. Le patron lui-même résidait à proximité. La tuilerie d’Iguerande vendait sa production dans le France entière. Entre 1939 et 1949, ses produits étaient livrés par camions.Tous les chargements s’effectuaient à la main. Cinq à huit camions étaient chargés chaque après-midi. Le transport se faisait également par la voie ferrée et fluviale. Pour les expéditions par train, les briques ou les tuiles étaient amenées par le camion de l’usine à la gare d’Iguerande, aujourd’hui fermée. Comme le camion ne pouvait transporter que cinq tonnes, il devait faire plusieurs voyages. Le chargement d’un wagon de vingt tonnes prenait une journée. Les péniches accostaient sur les bords du canal latéral de la Loire qui passait à une cinquantaine de mètres de la tuilerie. Un délai de chargement était imposé par les mariniers. S’il n'était pas respecté, des pénalités devaient être payées. Il fallait environ trois jours pour charger les péniches. Elles emportaient des cargaisons de 80 tonnes. Briques et tuiles étaient amenées par deux brouettes remplies par deux ouvrières, puis poussées par deux ouvriers. Deux autres ouvrières étaient chargées d’empiler les briques et les tuiles dans les cales. L’essentiel de la production de la tuilerie Berthelier était convoyé par la voie fluviale et routière. RUBRIQUE Un demi siècle d’évolution Avant la seconde guerre mondiale, la cuisson des briques et des tuiles s’effectuait dans des fours Hoffman. Ces fours circulaires, inventés par l’ingénieur dont ils portent le nom, étaient chauffés au charbon. Les briques et les tuiles y étaient entreposées et sorties manuellement. Pour les cuire, le feu progressait lentement dans le four. Après 1945, apparut le four-tunnel. Le premier fut expérimenté en 1948 par la Fédération Française des Tuiles et Briques, présidée par Maurice Espinos. Cette expérimentation eut lieu à la tuilerie de Mably dirigée par Maurice Espinos. Dans le four-tunnel, le foyer est fixe. Briques et tuiles sont empilées sur un wagon qui se déplace dans la zone de feu. A l’origine, le four tunnel fonctionnait au charbon, puis au début des années 1960 il passa au fioul. Aujourd’hui, il utilise le gaz et ses dimensions en longueur, largeur et hauteur ont été multipliées par trois ou par quatre, selon les usines. Cela lui a permis d’atteindre des capacités de production de plusieurs centaines de tonnes par jour. Dans les années 1940, dans les carrières, l’argile était encore extraite à la pelle et à la pioche puis triée sur place. Dans les années 1950, les pelleteuses s’imposèrent. Avec elles, il n’était plus question de tri. Les argiles étaient complètement mélangées. Des laboratoires ont alors été installés dans les usines pour procéder à des analyses et des essais très complexes afin d’obtenir un mélange parfait à partir de l’argile non triée. Dans le domaine de la fabrication, une nouvelle mécanisation et automatisation commencèrent à s’imposer à partir des années 1950/1960. A l’époque, les tuileries étaient obligées d’acheter les machines en Allemagne ou en Italie. Les machines italiennes ou allemandes posaient quelques problèmes. Leur utilisation demandait un temps d’adaptation. Aujourd’hui, des usines françaises produisent tout le matériel dont ont besoin les tuileries. Par souci de rentabilité, les usines ont fait d’importants investissements pour se spécialiser. Par exemple, Roanne Brique, à Mably, ne produit plus qu’un type de brique et des carrobrics. JUIN 2004 >Roanne Éco< 35 RUBRIQUE CULTURE “Les Musicales de Charlieu” font leur cinéma L’association “Crescendo”, pour son troisième Festival musical, propose un film-concert. Tandis que sur grand écran sera projeté le film muet “L’homme qui rit”, réalisé par Paul Léni en 1928 d’après le roman de Victor Hugo, Gabriel Thibaudeau au pupitre dirigera l’Octuor de France, constitué d’un quintette à cordes, d’une clarinette, d’un basson, d’un cor et d’un piano. Le chef d’orchestre canadien, qui a composé la musique spécialement pour le film, “fait parler” chaque personnage par la voix d’un instrument. Face à l’écran, il mène, à l’image près, l’Octuor qui, lui, est face au public. Cet ensemble instrumental, spécialiste des projections concerts, se produit régulièrement à Bagatelle à Paris et dans le monde entier. Cette “première” ciné-concert, hors festival, est soutenue par la CCI. Une exposition temporaire et extraordinaire au Musée de Charlieu Dans les combles du musée, Danièle Miguet, conservateur du patrimoine, veille sur un Eden d’eucalyptus, de yuccas, de figuiers de Barbarie ou encore de gousses de flamboyant, de bambous, de magnolias, de catalpas, transmutés… par les mains d’or de Marie-Noëlle Fontan. L’artiste parisienne qui a vécu en Amérique centrale croise fils de lin et végétaux exotiques en chaîne et trame de lumière. Eblouissant ! Samedi 10 juillet à 21 h 30 en l’église des Cordeliers de Saint-Nizier-sous-Charlieu. Prix des places 20 euros. Sept concerts de haute qualité au programme des Musicales Ces concerts seront interprétés dans les lieux prestigieux que sont l’église des Cordeliers de Saint-Nizier-sousCharlieu, l’abbaye Bénédictine de Charlieu, l’église de la Bénisson-Dieu. Des pièces de musique classique, baroque, romantique et contemporaine seront jouées par des orchestres de qualité tels, l’Orchestre Symphonique du CNR de Lyon, l’Orchestre de Chambre d’Auvergne, le CNR de St-Etienne. Participation de talents prometteurs avec notamment la clarinettiste Béatrice Berne, qui animera le concert Master-Class. Contact : Office de Tourisme du Pays de Charlieu Place Saint-Philibert à Charlieu Tél : 04 77 60 12 42. Prix des places de 10 à 20 euros selon le concert. 36 >Roanne Éco< JUIN 2004 Le bonheur est au Musée, cours y vite, cours y vite... à Charlieu, il est filé ! Chemin d’herbes, tableaux de végétaux et de graminées tissées... es tenues de gala de la galerie des robes de soie forment une haie d’honneur au public avant qu’il n’emprunte un tapis de plantes et de fleurs séchées conduisant à un jardin extraordinaire niché dans les combles. “Marie-Noëlle Fontan recompose la nature en œuvres d’art qui attirent des milliers de visiteurs de Rhône-Alpes, de Bourgogne, d’Auvergne, des quatre coins de France et de l’étranger”, se réjouit Danièle Miguet. “Le bouche à oreille marche très fort. Pour découvrir l’univers de rêve de cette créatrice internationale, le public choisit l’exposition de Charlieu plutôt que celle présentée à la bibliothèque Forney à Paris qui, spécialisée en Art Déco, ne dispose que de peu de pièces”. Faire “quelque chose” avec des plantes, voilà une pratique que l’on connaît bien au Musée de Charlieu : plantes de l’apothicairerie de l’hôpital devenues outils de soins, plantes textiles comme le coton, le lin, le chanvre devenant étoffes après leur passage par le métier à tisser, poursuit Danièle Miguet. C’est donc tout naturellement que nous avons été attirés par une autre utilisation des L plantes, celle pratiquée par Marie-Noëlle Fontan : les plantes devenant œuvres d’art”. Dans l’espace botanique aménagé, tout est calme, beauté et volupté. L’œil écoute. La narine frémit. A droite de l’entrée, le mur s’est habillé d’une mosaïque végétale. “Le lin fait le lien. MarieNoëlle joue sur la couleur et les différentes textures”. Des feuilles de catalpa et de magnolia sous forme de tableau, sortent de leur cadre. Des gousses de Calliandre se tortillent en une sorte de long insecte vertébré. Le “peigne de singe” se veut coussin mais toutes piques dehors. Tel un oursin. Des haricots d’un rouge orangé pimpant forment une chaîne d’amitié avec des gousses d’érythrine brunes glissant vers le noir. Des tiges de palmier dattier trottent comme des mille-pattes. Singulière dînette de poupée dont les éléments se composent de gousses lin et de leucoena ! La fleur d’un palmier se laisse prendre au filet d’une feuille de figuier de Barbarie. Tandis que des cannes de bambou coupées en lamelles vernissées ne peuvent partager une partie de pêche. CULTURE Ode au végétal Comme d’un ciel étoilé en été, tombe un voile - on dirait une tarlatane - réalisé à partir de rafles de raisin. “Ce que vous jetez après avoir mangé les grains de la grappe”, explique Danièle. MarieNoëlle, au montage de ce triptyque arachnéen, met en résonance des tonalités de rouge et de bleu. Tout près un nuage de monnaie du pape tombe en pluie de grâces. Des feuilles froissées de plantes guatémaltèques se crispent en peau de lézard. Inimaginable ! l’artiste tisse les épines de cactus. Elle rassemble des philodendrons en un patchwork de soixante-dix petits carrés de plantes et de racines tissées. Des motifs comme pour les buipils - caracos guatémaltèques - s’y remarquent, dignes des brochés de nos soyeux charliendins ou L’huile/toile “Tisserande et ses enfants” de Firmin Girard entre au Musée L es Musées de Charlieu (Soierie et Hospitalier) et la Société des Amis des Arts, ont acquis une toile emblématique pour la région, intitulée “Tisserande et ses enfants”, signée par Firmin Girard, né à Poncin (1838-1921). Ce “petit-maître” de grande notoriété qui adopta Charlieu, peignit sur “le motif” à Fontainebleau, en compagnie des maîtres de Barbizon. Il connut Renoir, Sisley, Monet à l’atelier Charles Gleyre. “L’acquisition de ce tableau à la petite fille de Firmin Girard, Mme Chaudois, est capitale”, a expliqué Danièle Miguet, conservateur du Patrimoine de Charlieu, lors de l’inauguration, le 2 mai dernier, lors de la journée nationale du Printemps des Musées sur le thème “Histoire, Histoire”. “Elle vient compléter le fonds Firmin Girard du Musée. Le thème du “tissage à domicile” a été très peu traité par les grands maîtres, mis à part par Van Gogh, Sérusier. Et Yvonne Montet*, la demoiselle de Sévelinges, spécialiste de paysages et de vie rurale de la région. Elle s’inscrit dans le droit fil de la vocation du Musée”. Cet achat a pu être réalisé grâce au soutien de la DRAC et de la FRAM, des souscriptions et du mécénat de particuliers. (*) Danièle Miguet a retrouvé l'œuvre de cette artiste peintre régionale de qualité oubliée, née en 1894 et morte en 1951 à Sévelinges, à qui elle consacra un catalogue et une rétrospective en avril 1990. lyonnais. Il y a encore sur le mur du fond, “les ailes du Brésil” prêtes à prendre leur envol, telles des chauve-souris. Cette ode au règne végétal passe encore par des pommes de pins grignotées par les écureuils, et récupérées tout simplement en Maurienne. Le visiteur découvrira encore le livre d’or des sept plantes aromatiques, sous vitrine, et un parterre de fleurs abrité par une maison de verre. Correspondances “J’aime avant tout la nature. Je me promène au Jardin des Plantes, mais aussi dans d’autres parcs parisiens. En ramassant des plantes, des fleurs, des feuilles, des écorces, j’essaie de les restituer dans un même paysage. Je ne mélange pas les continents. A chaque pays, à chaque région, son tissage de plantes”, précise Marie-Noëlle. L’artiste, diplômée en Histoire de l’art, cultive son jardin sur un petit balcon et son art dans son appartement parisien du XVème. Après avoir vécu au Mexique, au Guatemala, au Salvador, elle s’inspire des techniques de tissage traditionnelles et ancestrales des ethnies grâce à la connaissance du tissage manuel, qu’elle tient de sa mère. Ainsi tissera-t-elle en forme d’œuvres d’art des végétaux autochtones, sur un métier composé d’un simple cadre et de deux peignes aux écarts différents. Son travail original éblouit. A tel point qu’une trentaine d’expositions filent dans le monde entier. Marie-Noëlle est un grand nom parmi les artistes textiles françaises. Elle parle le langage des fleurs, des plantes, des arbres. Pour elle, comme pour le poète, “la nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles” que la tisserande telle une fée, traduit en tapisseries végétales. Exposition : jusqu’au 30 novembre 2004 Tarif : 4,30 euros. Visites guidées : pour les groupes, sur réservation à l’Office de Tourisme au 04 77 60 12 42. Avec le concours de la DRAC Rhône-Alpes, du Conseil Général de la Loire, et de la Ville de Charlieu. Musées de Charlieu 9, bd Général Leclerc - 42190 Charlieu (Loire en Rhône-Alpes) Tél. 04 77 60 28 84 [email protected] De mars à juin et de septembre à novembre : Du mardi au dimanche de 14 h à 18 h. Juillet et août : Tous les jours de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h. RUBRIQUE Musées à Charlieu L’ancien Hôtel-Dieu, beau bâtiment du XVIIIe abrite le Musée de la Soierie et le Musée Hospitalier. Des lieux patrimoniaux visités avec bonheur chaque été par une foule de touristes étrangers. Charlieu la soyeuse Le Musée de la soierie, créé en 1992, a été couronné du label “musée contrôlé” décerné par le Ministère de la Culture. Charlieu, petite sœur de la capitale de la soierie qu’est Lyon, reste un centre important de production de soieries haut de gamme recherchées par les grands de la haute-couture tels Yves Saint-Laurent, Kenzo, Dior, Christian Lacroix… et par les maisons prestigieuses d’ameublement. Métiers à tisser anciens et modernes en état de fonctionnement - métier à bras, Jacquard ou à jet d’air… ainsi que du matériel de préparation de jadis, et des collections d’étoffes témoignent de la gloire et du savoir-faire exceptionnel des tisserands charliendins qui forment encore une corporation unique en France. A découvrir à l’étage, la ronde royale de robes de soie. Sans oublier la boutique. Charlieu l’hospitalière Le cadre et la vie donnée aux malades par les Sœurs Sainte-Marthe sont ressuscités dans l’ancien Hôtel-Dieu, où a opéré, alors qu’il ne s’agissait que d’un centre de soins, dit-on, Michel Servet au XVIIe, réfugié à Charlieu. Etonnante enfilade de lits à rideaux blancs dans la vaste salle des malades qui ouvre sur la chapelle et son retable en bois doré du XVIIIe. A découvrir la salle de chirurgie et de soins, la lingerie et ses meubles anciens et l’exceptionnelle apothicairerie, tapissée de faïences classées du siècle des Lumières, à l’ambiance olfactive reconstituée. Pratique : Durée des visites : 1 h 15 pour le Musée de la soierie, 1 h pour le Musée hospitalier. Tarifs : 3,25 euros/personne si moins de 20 personnes. 2,50 euros/personne si plus de 20 personnes. Pages réalisées par Béatrice Perrod-Bonnamour JUIN 2004 >Roanne Éco< 37 PME-PMI : la marche vers l’innovation L’étude réalisée dans le cadre de la démarche Inoways, menée par les Chambres de commerce et d’industrie de Rhône-Alpes et leurs partenaires, souligne les enjeux de l’innovation, et dresse un panorama des stratégies engagées dans les PME-PMI. Pourquoi et comment innover ? Quels sont les freins rencontrés ? Quels outils peuvent favoriser les projets innovants ? Des experts et dirigeants d’entreprises se prononcent sur ce sujet majeur. Par Fabienne Combier L es entreprises estiment qu’il y a urgence à innover : c’est l’un des constats d’Inoways, initiée par les CCI de Rhône-Alpes en partenariat avec la Métallurgie rhôdanienne, la Caisse des dépôts et consignations et le cabinet Ernst&Young. “Les sociétés qui perdurent sont celles qui innovent !”, assure Jean-Claude Millet, à l’origine de plusieurs entreprises dans la Drôme. Clé de la compétitivité, levier essentiel pour disposer d’un avantage concurrentiel, l’innovation peut s’avérer vitale, a fortiori pour une PME-PMI. “L’innovation est le seul moyen de survie, c’est l’énergie de l’entreprise”, clame Jean-François Piquard, président du comité de suivi d’Inoways. “Compte tenu de la mondialisation, elle seule permet de gagner sur la concurrence”, poursuit-il. “L’une de nos priorités : faire prendre conscience aux entreprises de cet enjeu croissant dans un contexte d’ouverture des marchés”, renchérit Thierry Barrandon, directeur du développement industriel de la Métallurgie rhôdanienne. Des tables rondes et des interviews qui ont rassemblé plus de 400 entreprises de 50 à 250 salariés dans le cadre d’Inoways, en 2003, ont permis de dresser un état des lieux complet de l’innovation en RhôneAlpes. L’étude dévoile aussi les pré- “Les sociétés qui perdurent sont celles qui innovent”, insiste Jean-Claude Millet, président du conseil de surveillance d’Epitact. Ce dossier, réalisé pour la Chambre régionale de commerce et d’industrie, est diffusé par les magazines : Info CCI, Haute-Savoie (27 500 ex.) - Informations Économiques, Saint-Etienne-Montbrison (20000 ex.) - L’Économie Drômoise (16000 ex.) - Nord-Isère Économie (13000 ex.) - Partenaire Villefranche et Beaujolais (9000 ex.) - Partenaires Savoie (23000 ex.) - Présences, Grenoble (37000 ex.) - Roanne Éco (10000 ex.). Photos : Thierry Beguin (Roanne), Pierre Borasci (Grenoble), Box et Fred (Lyon), Jean-Claude Crépet (Saint-Médard-en-Forez), Studio Lattard (Drôme) - Tous droits réservés. Contact : Elisabeth Ballery. Tél. : 04 76 28 28 66. JUIN 2004 >Roanne Éco< 39 RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE DOSSIER INNOVATION PME-PMI : la marche vers l’innovation occupations et les expériences des dirigeants de PME-PMI sur le thème de l’innovation. L’étude initiale. Inoways établit ainsi une typologie de quatre populations au profil bien distinct : les entreprises qui estiment innover (49 %), apparemment consommatrices d’outils favorisant cette politique (créativité, veille, études de marchés), et développant une politique de protection ; celles se sentant “peu concernées” par le sujet (23 %) ; les “apprentis” (11 %) affichant leur volonté de progresser ; enfin, les filiales de groupes non autonomes en matière d’innovation (17 %). Des chiffres qui confirment que les PME-PMI dans leur ensemble n’innovent pas assez. Ces résultats recoupent les enseignements d’autres études plus globales. Il est ainsi établi que les entreprises françaises accusent un retard certain par rapport aux autres pays de l’Europe des 15. D’après le ministère de l’Industrie, les entreprises françaises déposent annuellement 17 000 brevets, contre 30 000 et 60 000 pour leurs homologues britanniques et allemandes. “Quatre brevets sur cinq en France sont dé- posés par des sociétés étrangères, remarque pour sa part Patrick Thivillier, du cabinet stéphanois Laurent et Charas et membre du bureau de la Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle. La protection industrielle n’est pas inscrite dans la culture française.” Le cabinet parisien Regimbeau a mené, de son côté, une étude nationale auprès de quelque 300 PMEPMI de 20 à 499 salariés entre octobre et novembre 2003. Il en ressort une certaine méconnaissance de la notion de propriété industrielle, considérée comme la “chasse gardée” de spécialistes. Les enquêtées perçoivent également mal le retour sur investissement et adoptent davantage une stratégie défensive plutôt que préventive. Une innovation aux multiples visages. S’il ne prend pas toute la mesure de l’innovation, le brevet permet en tout cas de chiffrer une certaine réalité. Il représente également un des indicateurs du dynamisme d’une entreprise, et le révélateur de son degré de protection. Or, de ce point de vue, “les entreprises françaises n’adoptent pas vraiment de politique de protection, admet Jean-François Piquard. Elles devraient être davantage sensibilisées”. Patrick Combes, conseiller en développement technologique à la CCI de Saint-Etienne, l’affirme : “L’enjeu futur pour les PME-PMI est de disposer d’une forte stratégie de propriété industrielle.” “Le brevet permet à l’entreprise de se défendre contre toute copie durant 20 ans, explique Patrick Thivillier, ensuite l’invention tombe dans le domaine public. Malgré la rapidité des cycles d’innovation, il est préférable de breveter son invention, car l’entreprise gardera toujours une longueur d’avance. Mais il faut savoir quoi déposer. Mieux vaut toujours garder secret le savoir-faire ou le procédé de fabrication !” Outre l’innovation technologique, une entreprise peut faire preuve de créativité dans ses outils de production, sa manière de vendre, de réduire ses coûts, de modifier ses procédés de fabrication, dans sa stratégie marketing ou de communication, dans son organisation. “L’innovation passe aussi par les services, souligne Didier Bic, directeur de Kässbohrer France. Nous assurons par exemple, depuis peu, une formation “Il faut semer la culture de l’innovation dans nos entreprises”, préconise Jean-François Piquard, président du comité de suivi d’Inoways. 40 >Roanne Éco< JUIN 2004 aux conducteurs de dameuses spécifiques aux snow-parks. Autre nouveauté : alors qu’auparavant la maintenance était assurée sur place, avec les limites techniques que cela impose, nous nous engageons aujourd’hui à ramasser les trains de chenilles dans les stations de ski et à effectuer les révisions au sein même de notre usine.” Les obstacles à l’innovation. Inoways dresse aussi un constat rassurant : 56 % des entreprises affichent l’urgence d’innover. Mais de multiples obstacles jalonnent leur route. Certains sont liés aux mentalités : 47 % des dirigeants admettent une résistance interne au changement. Par ailleurs, 59 % expriment leur difficulté à anticiper les besoins et contraintes du marché, et 48 % n’arrivent pas à mesurer le retour sur investissement des actions engagées. La question du financement reste également un souci pour 42 % des sociétés interrogées. Les freins à l’innovation proviennent de causes diverses : le manque de compétences, de moyens humains, le risque financier ou le manque de temps. “Nous constatons qu’il reste encore beaucoup de sociétés à convertir”, souligne Thierry Barandon. “Pour un dirigeant de petite société, il est difficile d’investir dans un projet d’innovation plutôt que dans une nouvelle machine, car la rentabilité n’apparaît pas immédiatement, remarque Vincent Ramus, délégué régional d’Ernst&Young, partenaire d’Inoways. A nous de ne pas laisser le chef d’entreprise seul, mais de l’aider et de l’encourager tout au long de sa démarche. Il faut du reste clarifier le niveau de prise de risque par rapport aux retombées économiques que l’on peut espérer.” Les secrets de la réussite. “Il faut commencer par semer la culture de l’innovation, insiste JeanFrançois Piquard. Chaque salarié, quelle que soit sa place dans l’entreprise, doit prendre conscience de l’intérêt d’innover. La mission des cadres dirigeants consistera à repérer et valoriser les créatifs au sein de leur société, et créer un climat propice à l’innovation.” “Réussir une innovation, c’est générer de la valeur ajoutée, créer des INNOVATION DOSSIER reprise titre “Notre bureau R&D réfléchit à des innovations à la pointe de la technologie, tel le badge Ski mains libres”, affirme l’équipe de Skidata France. sans analyser l’environnement industriel existant.” L’innovation en partenariat. “Nous combinons les savoir-faire”, reconnaît Didier Blanchard, directeur commercial de Skidata France. Leader européen de la billetterie et du contrôle d’accès, Skidata (CA 2003 : 7 M€, 38 salariés à Montmélian) a ainsi uni ses forces à une consœur savoyarde, Photoneige. “Le fruit de ce partenariat a donné naissance à un distributeur automatique de forfait avec photo intégrée qui équipe aujourd’hui une vingtaine de stations en France, explique Didier Blanchard. Déjà présent pour les forfaits dans 150 stations, Skidata peut compter sur un fort potentiel d’équipement en distributeur automatique.” Avec un budget R&D estimé entre 5 et 10 % du chiffre d’affaires, Skidata développe des produits à la pointe de la technologie, tel son badge Ski mains-libres muni d’une carte à puce. “Nous avons souvent des idées avant-gardistes, il faut savoir attendre le moment où le marché est suffisamment mûr.” L’exemple de Photoneige et Skidata demeure relativement exceptionnel. “La recherche coopérative a des effets positifs car elle coûte moins cher, reconnaît Jean-François Piquard. Mais ses chances de réussite sont multipliées lorsque les deux sociétés partenaires évoluent sur des marchés différents.” Pour les TPE et petites entreprises, l’association avec un bureau d’études paraît souvent indispensable. Pourtant, Jean-François Piquard insiste sur la nécessité de disposer de compétences internes : “Sans nécessairement posséder un département R&D, la PME-PMI doit Kässbohrer : de multiples pistes de développement eader mondial sur le marché des dameuses, l’Allemand Kässbohrer dispose d’une filiale à Tours-en-Savoie. Si l’innovation “produits” est réalisée essentiellement en Allemagne, le site français (CA 2003 : 27,9 M€, 38 salariés) apporte lui aussi ses idées révolutionnaires. Dernière en date : l’équipement des dameuses en GPS. “Ce nouveau système de gestion du damage apporte un plus indéniable aux chauffeurs par les informations fournies (localisation sur le domaine, nombre de passages, épaisseur de neige), explique Didier Bic, directeur France. Il permet de travailler quelles que soient les conditions (nuit, brouillard, neige).” Kässbohrer teste actuellement ce procédé dans la station de L’Alpe-d’Huez (Isère). “L’innovation passe par l’anticipation et l’écoute des besoins de nos clients, poursuit Didier Bic. Nous travaillons d’ailleurs en collaboration avec eux pour apporter les améliorations nécessaires.” Soutenue par l’Anvar, Kässbohrer a fait appel à trois autres sociétés pour la mise au point de son invention : PGES (GPS) et ATP montage (conception et réalisation de machines), en Isère, et Altitude Consulting, spécialiste briançonnais de la sécurité en montagne. La filiale française dispose par ailleurs d’un responsable hors neige, chargé de trouver des débouchés pour l’été. A partir des machines d’occasion, Kässbohrer réalise des engins sur mesure pour le débroussaillement, le nettoyage des plages, le ramassage des vignes. “La neige représente 90 % de notre activité, remarque Didier Bic. Développer le marché multisaison permettrait de faire face aux années de faible enneigement.” L RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE emplois”, prévient Pierre Billat, conseiller en développement technologique à la CCI de Grenoble. “Les PME-PMI cherchent parfois à concevoir un produit sans savoir à quel besoin il peut répondre, avance, de son côté, Vincent Ramus. Il faut se poser les bonnes questions, avoir une idée claire de l’application d’une découverte. La phase critique est de faire émerger l’idée. Pour cela, il faut générer la créativité au sein de l’entreprise et identifier les attentes des clients. Ensuite, cela nécessite la conviction et l’implication de toutes les parties prenantes. Autrement dit, il faut vendre l’innovation en interne. Une fois l’idée définie, on peut réfléchir à la faisabilité économique : va-t-on lever des fonds ? Etablir un partenariat ? Faire appel à un bureau d’études externe ? Il est certain que l’on gère mieux le risque en s’associant à des partenaires par exemple.” Jean-Claude Millet, président du conseil de surveillance d’Epitact, PME drômoise, a engrangé les expériences en création et en soutien d’entreprises. Il constate : “Les conditions favorables à l’innovation reposent sur trois acteurs : le visionnaire, à même d’imaginer les projets à l’horizon de plusieurs années, le manager, pour mettre en musique, et le technicien en charge de la conception. L’entreprise se développera à condition que ces trois ressources soient disponibles.” Quand, en 1996, Jean-Claude Millet arrive au chevet de PSMN, “la société drômoise de trois salariés se mourait dans la sous-traitance”. “Nous avons examiné son savoir-faire, défini une nouvelle vocation : faire des produits interfaces de confort pour le corps humain, et donner un nouveau nom qui reflète cette orientation. Aujourd’hui, nous développons et distribuons notre propre gamme de produits. Epitact a été totalement transformée, compte désormais 30 salariés (dont deux docteurs et trois ingénieurs en R&D), et affiche, pour les trois premiers mois de 2004, 50 % de croissance !” A la CCI de Saint-Etienne, Patrick Combes insiste de son côté sur l’importance de la veille technologique. “Il faut se tenir au courant de ce qui se fait ailleurs. Les PME-PMI réfléchissent souvent dans leur coin, JUIN 2004 >Roanne Éco< 41 RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE DOSSIER INNOVATION PME-PMI : la marche vers l’innovation développer une filière de l’innovation.” Le partenariat avec les laboratoires de recherche fait également partie des recettes pour innover. “Sur ce point, la situation est catastrophique en France, dénonce JeanFrançois Piquard. Les laboratoires français travaillent avec des industriels européens, car c’est la condition même du financement des programmes européens. Du coup, les entreprises de la région ne bénéficient pas toujours des fruits de la recherche locale.” Comment aider les PME-PMI ? Le financement reste bien entendu une donnée importante pour la mise en œuvre d’un projet d’innovation. “Mais les aides pour la propriété industrielle sont sousdimensionnées par rapport à celles pour l’investissement industriel ou l’immobilier par exemple”, regrette Jean-Claude Millet. Tout ne se résume pas pour autant aux aides financières. Le soutien, l’accompagnement, les réseaux d’échange entre dirigeants sont primordiaux. “Beaucoup d’entreprises méconnaissent les aides et soutiens dont elles peuvent bénéficier”, constate Jean-François Piquard. “Le dispositif d’appui à l’innovation est perfectible, reconnaît le comité Inoways. Les acteurs nombreux sont mal coordonnés et l’offre d’aides peu lisible. Du coup, les PME-PMI ne savent pas toujours à qui s’adresser.” Les Chambres de commerce et d’industrie font à ce titre partie des interlocuteurs clés. “Nous devons agir, animer des communautés pour les entreprises de 50 à 250 salariés, une population qui a le plus de difficultés à innover”, estime Pierre Billat, à la CCI de Grenoble. En Rhône-Alpes, cinq centres européens d’entreprise et d’innovation (CEEI) ont été créés dans le but de stimuler les projets novateurs. Il s’agit de Novacité à Lyon, Thésame à Annecy, Savoie Technolac, CEEI Loire, et Alimentec, en cours de labellisation, à Bourg-en-Bresse. “Le concept des CEEI, créé par la Commission européenne, date de 1984, précise Luc Sollier-Bresset, directeur du CEEI Loire. Ces structures existent depuis plus longtemps que les incubateurs académiques et leur intérêt réside dans l’accompagne- 42 >Roanne Éco< JUIN 2004 Les 7 axes du plan Fontaine : Création du statut de société unipersonnelle d’investissement providentiel (SUIP) pour favoriser les sociétés d’investissements du type business angels (mesure applicable depuis le 1er janvier 2004). Allègement des charges pour les jeunes entreprises innovantes de moins de huit ans (mesure applicable depuis le 1er janvier 2004). Nouvelles aides ciblées pour les entreprises qui investissent en R&D : allègements fiscaux, aides fiscales, crédit impôt recherche (CRI)*. Financements publics plus proches du terrain avec une simplification des aides à l’innovation et un fonctionnement en réseau coordonné par l’Anvar. Meilleure valorisation de la recherche par les entreprises : contrats de partenariat entre recherche publique et privée, sensibilisation au dépôt de brevets, création de jeunes entreprises innovantes. Favoriser la culture de l’innovation par des actions de sensibilisation en liaison avec l’Education nationale ; engager une dynamique européenne avec un objectif de 3 % du PIB consacré à la R&D à atteindre d’ici à 2010. Soutien à la R&D industrielle stratégique dans trois domaines prioritaires : les technologies de l’information et de la communication ; la qualité de vie, la gestion du vivant et l’environnement ; la croissance et la compétitivité durable. * Le régime fiscal du CRI est remanié. Les avantages sont augmentés pour les dépenses engagées à compter du 1er janvier 2004 et ses conditions d’utilisation assouplies. Le plafond du CRI passe de 6,1 M€ à 8 M€. ment des entrepreneurs depuis la création jusqu’au suivi postprojet.” Fondé en janvier 2003, le CEEI Loire comprend l’ensemble des acteurs économiques du département : les CCI de Saint-Etienne et de Roanne, le Conseil général, Saint-Etienne Métropole et le Grand Roanne. “Ce partenariat constitue une grande première pour le département”, avance Jean-Claude Fuchs, président du CEEI Loire. De son côté, le Centre relais innovation Rhône-Alpes-Auvergne (CRI RAA), créé par la Chambre régionale de commerce et d’industrie (CRCI), en partenariat avec l’Anvar et animé par l’Arist Rhône-Alpes et l’Arist Auvergne, accompagne les projets des PME-PMI. Il leur fournit un accès aux technologies innovantes européennes, les aide à trouver des partenariats transnationaux, et favorise les transferts de technologie. Il intervient également pour valoriser les résultats de recherche et trouver des débouchés via des partenariats industriels. En 2003, le CRI RAA a accompagné Quelques facteurs clés de succès de l’innovation : Décider et afficher une stratégie d’innovation. Se doter de compétences nécessaires : des personnes adaptées, formées, créatives. Mettre en place une veille : connaître les marchés, les concurrents, les besoins des clients. Faire partie de réseaux d’innovation qui facilitent les solutions techniques. Tisser des liens avec les sources d’innovation, pour avoir une bonne connaissance des moyens disponibles et réussir son innovation à chaque stade de la vie du produit : études, fabrication, commercialisation, international. Développer une culture de l’innovation. (Source : d’après Jean-François Piquard.) En savoir plus : www.cr-rhone-alpes.fr www.rhone-alpes.cci.fr/actualites/inoways/index.php www.presencerhonealpes.com/ www.arist.rhone-alpes.cci.fr/ www.industrie.gouv.fr/index.htm www.inpi.fr www.anvar.fr Date à retenir : Le 7 juillet, colloque de synthèse d’Inoways, à partir de 16h30, à la Cité internationale de Lyon. près de 270 clients et a conclu plusieurs partenariats transnationaux sur des technologies d’avenir. Et après ? Au-delà du diagnostic, Inoways a pour ambition de bâtir un plan d’actions efficace avec l’ensemble des partenaires en vue d’aider les PME-PMI. Pour faire progresser l’innovation régionale, le Comité de suivi et son président, Jean-François Piquard, préconisent plusieurs mesures clés : fédérer les acteurs publics et privés ; apporter des méthodes et développer les compétences internes des entreprises ; sensibiliser les plus réticentes à s’intéresser à l’innovation et, notamment, convaincre la cible de la sous-traitance à sortir de la pure logique de process ; développer une politique territoriale volontariste renforçant l’attractivité régionale, autrement dit faire venir les capital-risqueurs en région. “La région s’inscrit très clairement dans la dorsale européenne des régions les plus actives en matière de R&D, souligne Christian Gauduel, président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie. Mais pour que Rhône-Alpes conserve l’une des toutes premières places européennes, l’innovation doit clairement faire partie des priorités régionales.” Dans tous les cas, la démarche Inoways se veut complémentaire au plan de soutien à l’innovation présentée fin 2002 par Nicole Fontaine, alors ministre délégué à l’Industrie. Par ailleurs, le Conseil régional Rhône-Alpes a annoncé, le 21 avril dernier, la création d’une Agence régionale de l’innovation et du développement. Trois missions lui seraient confiées : faciliter, professionnaliser, mutualiser les dispositifs de transfert de technologies, de valorisation et de création d’entreprises innovantes ; identifier et formuler les besoins de recherche à partir de la demande économique ou sociale ; faire connaître à l’international le potentiel scientifique et technique de Rhône-Alpes pour attirer les investisseurs. INNOVATION Technogenia : avancer bien protégé epuis sa création en 1979, Technogenia, à Saint-Jorioz (Haute-Savoie), a constamment cherché à innover. Fabricant de carbure de tungstène fondu utilisé pour des revêtements anti-usure dans de nombreux secteurs industriels, la PME-PMI a déjà déposé une trentaine de brevets. En 1998, elle a ainsi reçu le trophée national de l’innovation décerné par l’INPI. “Le dépôt de brevets fait partie de notre stratégie, le but étant de limiter les concurrents, explique Hervé Maybon, directeur général. Sans innovation, nous serions très vite balayés car nous devons affronter les multinationales américaines.” Leader mondial avec 60 % des parts de marché, Technogenia (CA 2003 : 6 à 7 M€, une trentaine de salariés) se situe sur une niche. Elle consacre 8 à 10 % de son chiffre d’affaires à la R&D. “Nous innovons dans les produits, tel le cordon de soudure, et dans les procédés de fabrication, comme le procédé de revêtement au laser, poursuit le directeur. Si l’on veut continuer d’exister, il faut toujours avoir un temps d’avance. Nos atouts ? La recherche et l’anticipation des besoins qui nous permettent de proposer aux clients des produits performants totalement innovants.” En plus de sa propre équipe d’ingénieurs, Technogenia s’appuie, pour son développement, sur l’Anvar, le CNRS et les laboratoires français et européens. DOSSIER Eurosalmon : une autre façon d’acheter son poisson ntier, en filet, en pavé, fumé, on croyait connaître le saumon sous toutes ses formes. A Saint-Jean-d’Ardières (Rhône), Eurosalmon en a imaginé une autre : le saumon frais fileté, désarêté et reconstitué comme si de rien n’était ! “Notre idée consistait à créer une nouvelle forme de vente et d’achat, explique le dirigeant, Martial Cochet. Il existait déjà, chez les traiteurs, du saumon cuit prédécoupé. Désormais, le consommateur trouvera à la poissonnerie des grandes surfaces du saumon frais sous la même forme ! L’intérêt ? Le côté pratique puisque l’on demandera 200 g de saumon comme 200 g de viande.” L’innovation ne se situe donc pas dans le produit en lui-même, mais dans la façon de le vendre et, en amont, dans le procédé de transformation. Il a fallu en effet à Eurosalmon modifier une machine existante et former les salariés à une nouvelle technique. “Nous espérons prendre des parts de marchés aux pays nordiques, soutient Martial Cochet. Mais nous nous situons dans l’inconnu quant aux retombées économiques. Il faut totalement créer le marché en Europe. Aux Etats-Unis, ce mode de consommation existe déjà, c’est d’ailleurs de là que nous nous sommes inspirés.” Avec 30 salariés, Eurosalmon transforme 3500 tonnes de saumon par an pour un chiffre d’affaires de 10 M€. E D STM : l’innovation à tous les étages eux raisons me poussent à innover : satisfaire la clientèle et respecter la réglementation.” Directeur de STM, à Saint-Martind’Hères (Isère), Serge Rimann travaille depuis 1999 dans le secteur de la serrurerie, la tôlerie et la métallerie. La conception et l’habillage des cabines d’ascenseurs représentent les deux tiers de son chiffre d’affaires (CA 2003 : 1,4 M€, 14 salariés). Pour répondre aux attentes des ascensoristes, Serge Rimann propose désormais son propre produit : “J’ai inventé un système de pylônes d’ascenseurs adaptable à tous les styles d’immeubles, même les plus anciens. Pour les plans et l’étude de charges notamment, j’ai collaboré avec un bureau d’études indépendant car nous ne possédions pas les compétences en interne.” STM a pris cependant toutes les précautions d’usage en déposant un brevet. Par ailleurs, la loi de Robien, dont les décrets d’application devraient paraître prochainement, impose une mise en conformité du parc d’ascenseurs. “Pour anticiper la loi, nous avons réfléchi à ce nouveau concept de cabines.” L’invention a d’ailleurs valu à la société le prix de l’innovation 2003 décerné par la Chambre de commerce et d’industrie de Grenoble. L’innovation et la créativité constituent en réalité un état d’esprit chez STM, toujours à la recherche de l’amélioration, l’adaptation ou l’invention de la pièce qui fera la différence. La TPE ne dispose pas encore de son propre personnel en R&D, mais elle devrait à l’avenir se rapprocher plus étroitement d’un bureau d’études. “D RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE JUIN 2004 >Roanne Éco< 43 DOSSIER INNOVATION RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE PME-PMI : la marche vers l’innovation A2E Technologies : un site dédié à la R&D iégeant dans le Loiret, le concepteur électronique A2E Technologies a établi son département R&D (13 salariés) à Villefontaine. “En Isère, nous travaillons dans l’électronique de puissance et la haute énergie impulsionnelle, explique le directeur industriel, Roger Milly. Nos réalisations se retrouvent dans de multiples applications prometteuses (plasma, désactivation bactérienne…).” Comme tout bureau d’études, A2E Technologies travaille en lien étroit avec les chercheurs et les industriels. “Chaque produit est unique et conçu pour un client en particulier. La recherche est financée par celui-ci. Mais sans les laboratoires, nous ne pourrions plus être à la pointe, note Roger Milly. Dans notre secteur, il faut compter quatre à cinq ans entre l’innovation et l’application. Les retombées économiques ne sont donc pas immédiates.” Véritable bureau d’études du client, A2E Technologies dépend entièrement des projets R&D des industriels. “Paradoxalement, c’est en période de crise que les entreprises cherchent le moins à innover !”, remarque Roger Milly. Leader européen sur un marché de niche, A2E Technologies participe depuis huit ans à des programmes européens. “C’est une excellente manière de nous confronter aux technologies nouvelles et aux divers projets menés par les industriels et les laboratoires européens.” En innovation constante, le bureau isérois vient de mettre au point une petite révolution dans son secteur : une charge modulaire de batteries bipolaires. La société a d’ailleurs obtenu une mention spéciale “innovation” lors du Trophée de l’innovation 2003 de la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Isère. S Allègre : une centaine de nouveau-nés par an pécialiste des produits de petite puériculture, Allègre Puériculture (CA 2003 : 34 à 35 M€ pour une centaine de salariés) renouvelle 30 % de sa gamme chaque année sur 400 références. L’innovation fait partie intégrante de la philosophie et de la stratégie de la société stéphanoise. Pour le n°1 français, il s’agit de faire face à la concurrence, mais aussi de coller aux tendances du marché. “Le développement des produits jetables, et le nomadisme du fait des 35 h, nous obligent à réfléchir à des adaptations de produits existants ou à des créations pures”, résume Christian Koetzel, directeur marketing. En plus d’un bureau R&D en Allemagne, Allègre s’appuie sur de nombreux prestataires extérieurs, cabinets d’ingénieurs, agences de design, laboratoires indépendants. “Une fois le prototype conçu, nous le testons auprès d’un panel de jeunes mamans. Notre secteur d’activité et notre philosophie impliquent une grande proximité et interactivité avec le consommateur.” En pratique, le développement d’un produit peut se dérouler sur plusieurs années, mais prend au minimum entre 9 et 12 mois. “Attention, prévient Christian Koetzel, notre cible est le bébé de 0 à 3 ans, notre clientèle se renouvelle donc très vite. La durée de développement de l’innovation doit prendre en compte cette donnée.” Plusieurs fois primée pour ses innovations dans les tétines et biberons notamment, Allègre dépose régulièrement des brevets pour protéger ses modèles ou leur design. Un budget non négligeable, mais indispensable pour une protection internationale. S Imagine : l’innovation au service de l’industriel diteur de logiciels de modélisation et simulation de systèmes hydromécaniques, Imagine (CA 2003 : 5,3 M€, 65 salariés à Roanne) connaît depuis 2000 un vrai décollage commercial. “La simulation de systèmes techniques permet d’optimiser et d’accélérer la mise au point de produits fiables et performants, explique Vincent Braibant, président du directoire. Pour être réactifs et réduire le cycle de développement de leurs produits, les industriels ont besoin de simulation en amont, dès le processus de conception. C’est à ce stade que nous intervenons.” Développé depuis 1994, Amesim, le logiciel phare d’Imagine, connaît des améliorations et des développements constants. La multitude de fonctions offertes aux clients permet une adaptation au plus près de leurs besoins. Dans sa stratégie d’innovation, Imagine s’est associée à des partenaires de renom, tels Renault ou l’Institut français du pétrole, auxquels s’ajoutent d’autres industriels et laboratoires de recherche. La clientèle d’Imagine se retrouve à hauteur de 70 % dans l’automobile, 20 % dans l’aéronautique, et 10 % dans diverses industries. “Nous évoluons sur un marché de niche où la concurrence est vive”, précise Vincent Braibant. Déjà bien implanté au niveau mondial, il entend accroître sa position. “Le marché s’avère très prometteur, affirme-t-il. Tout milite en faveur d’une vision système et d’un besoin de modèles physiques globaux : l’organisation industrielle, le développement de la “mécatronique” et l’évolution des techniques de calcul.” E 44 >Roanne Éco< JUIN 2004 TÊTES D’AFFICHE EN VUE BRASSEUR D’IDÉES A CALCULATEUR Nouveau conquérant P De haut vol lus jeune pilote de France à 17 ans, Didier Bougarel est un grand voyageur. Dans l’âme et dans les airs. Ses expériences professionnelles lui ont permis de concilier deux passions : l’aéronautique et l’international. Commentateur financier des sociétés aéronautiques cotées en Bourse, directeur export pour les avions Pierre Robin, responsable commercial chez Apache aviation, puis dans une société de réparation aéronautique, Didier Bougarel pratique durant ses loisirs le vol de démonstration. Inquiet de constater l’absence de plus en plus marquée du jeune public et de jeunes pilotes lors des meetings aériens, il souhaite apporter un nouveau souffle à la voltige. “Il n’existait aucune patrouille féminine au monde, j’ai décidé de la créer”, explique-t-il simplement. En avril 2003, il fonde la SARL Winglets à Montélimar. Après une dure sélection, six femmes pilotes, les Winglets Angels, sont retenues. “Nous proposons aux sociétés de promouvoir leur image en affichant leurs couleurs sur nos ailes, visibles lors des meetings, manifestations, vols de découverte. Grâce à nos avions biplaces, nous organiserons des baptêmes de voltige. Enfin, nous souhaitons commercialiser des produits dérivés : textile, parfumerie… D’ici la fin de l’année, nous sortirons une bande dessinée inspirée des Winglets Angels.” Actuellement en formation intensive, les six pilotes s’apprêtent à décoller dès cet été. ■ P RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE our ses 20 ans, Apache change de look et d’orientation. L’agence de communication annecienne s’appelle désormais “Nouvel Apache”. Patrick Le Roux, directeur général depuis 2001, a pris les commandes en janvier en tant que président, secondé par deux associés, Eric Chalvin, directeur de création, et Henri Déplante, directeur des études. “Etre plus créatif, proche des clients, associer le créateur et le commercial dans chacun de nos projets”, telle est la volonté affichée de Patrick Le Roux, car “nous voulons nous tourner encore davantage vers le produit agence”, précise le président. Apache compte 35 collaborateurs pour une marge brute de 3,2 M€ et des clients dans l’agroalimentaire (Routin), les loisirs (articles de pêche Sensas), l’hygiène et la santé (biberons Tigex), les services (Banque Populaire des Alpes) ou encore la distribution (8 à Huit). Bien implanté localement avec des contrats pour de nombreuses entreprises des deux Savoie, Patrick Le Roux lorgne maintenant sur Grenoble, où il espère conquérir son premier contrat d’ici à la fin de l’année. L’agence a récemment remporté le budget du centre commercial Bercy 2, ce qui le place en acteur national de la communication. “A l’avenir, Nouvel Apache a pour ambition de compléter sa pôle de compétences dans le web et le marketing opérationnel notamment”, prévient Patrick Le Roux. ■ L e travail de Thierry Allet pourrait se résumer en quelques mots : “S’assurer que le bâtiment tient debout !” Après huit ans au sein de la société iséroise Robobat (logiciel de calcul de structures), Thierry Allet a créé son propre bureau technique spécialisé en calcul de structures complexes. ACDI (Acier calcul dessin ingénierie) est née à Sassenage (Isère) en 1997. Depuis, elle engrange les contrats, une cinquantaine par an. Et non des moindres. Notamment le palais de justice de Grenoble, “la plus grosse structure à ce jour en raison de la technicité du bâtiment alliant béton, métal et verre, et de la quantité de calculs”, mais aussi les tribunes pour les JO de Salt Lake City, du grand prix de F1 de Montréal ou du tournoi de tennis de Hong-Kong… ACDI intervient dès la conception du projet, en partenariat avec les architectes, ou en phase de construction. L’une de ses dernières études de taille : les tribunes pour les Jeux olympiques d’Athènes. Les calculs devaient intégrer, en plus, la sismicité, l’une des spécialités d’ACDI. “Ce qui me plaît, avoue l’entrepreneur, c’est l’éventail de projets sur lesquels je suis missionné.” Car, en dehors de l’activité “bâtiment”, Thierry Allet effectue également des calculs pour des pièces mécaniques, des aires de jeux pour enfants, ou encore des toboggans aquatiques. Pour chaque structure, il faut tenir compte des contraintes normatives propres à chaque pays. “Et, même en Europe, il n’existe pas encore de normes véritablement communes !” Mais la complexité n’effraie point l’homme de calculs. ■ 33 ans, Sylvain Chiron est à la tête de la florissante brasserie du Mont-Blanc. Monter une entreprise relevant plus du parcours du combattant que de l’autoroute, il a balisé son itinéraire : “J’ai appris le savoir-faire des brasseurs dans les deux plus prestigieuses abbayes de Belgique.” Sa démarche marketing s’appuie sur le passé brassicole savoyard. “Dans les années 1900, il existait beaucoup de brasseries de village”, explique-t-il. Cette fabrication artisanale a connu son âge d’or jusqu’aux années 1950. Une concentration progressive a suivi, puis une extinction au profit des trusts et de la bière industrielle. Légataire de cette tradition, Sylvain Chiron sait l’importance de l’eau dans la fabrication de la bière. De prospections en rencontres, ses pas l’ont mené aux Houches. Sous le dôme du Goûter jaillit la source miraculeuse de l’Enchapleuze. “Les analyses ont prouvé qu’elle était d’une pureté sans égal.” Sylvain Chiron s’est choisi une raison sociale en résonance avec sa recherche d’authenticité. En 1997, sa brasserie du Mont-Blanc voit le jour. Basée à La Motte-Servolex, les sirops Dolin assurent la distribution locale, tandis que des camions-citernes la ravitaillent en eau de source. Bière blonde, blanche et même ice-bear, les produits sont haut de gamme : “Qualité de l’eau, pur malt plutôt que des brisures de riz, triple fermentation…” Désireux de rajeunir la gamme, Sylvain Chiron a créé une bière aromatisée au génépi. “L’année prochaine, la brasserie distillerie du Mont-Blanc, tout en gardant une attache en Savoie, s’installera aux Houches. “Il y aura aussi des ateliers artisanaux.” Deux nouvelles bières devraient voir le jour, mais chut… Le secret de fabrication est bien gardé. ■ JUIN 2004 >Roanne Éco< 45 RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE EN VUE TÊTES D’AFFICHE Sur son petit navire ans, Dehaudronnier mainpendant de 20fer C Q Jean-François Solé cultivait parallèlement uand il a repris une Décodrôme vraie passion pour laDesign, voile. Apetite tel point entreprise qu’il aspécialisée décidé de créerdans en novembre le fer forgé,dernier PedrosaMolina, société 50 construction de ans, possédaitdeune bateaux, solide Coqalu. expérience dans besoins “Les le secteur et du les meuble goûts deenlatant clientèle que commercial. ont beaucoup“Décodrôme évolué, a-t-ila été pu constater. placée en liquidationpropose Coqualu judiciaire des quatre voiliers ans généreux après sa création, en volumeraconte-t-il. alliant des J’ai qualités senti au-dessus que l’entreprise de la moyenne se situait et parfaitement sur un créneau adaptés àporteur, une utilisation et j’ai relevé grandele croisière.” défi de la reprise”. Dans son Implantée atelier de dans Gleizéun(Rhône), petit village du Diois, à Recoubeau, Jean-François Solé réaliselalasociété coque conçoit en du mobilierépais aluminium et deset articles sous-traite de décoration la finition incorporantetdul’accastillage. intérieure fer forgé : tables, Le premier chaises, voilier fin avril,lustres, Coqalu bougeoirs. est déjà Les tringleslivré de rideaux, au travail mélangent pour sa deuxième commande. créations les matériaux. Elles associent Par rapport paraux exemple bateaux le fer produits au bois à la pierre en série, ou l’entreprise au verre. Lapeut fabrication proposerestune réalisée par des du personnalisation sous-traitants, modèle. En Décodrôme s’associant àassurant l’architecte ensuite LuclesBouvet, finitions. à l’origine “Nous commercialisons des voiliers de grands nos produits navigateurs, auprès de magasins spécialisés Jean-François Solé a en cherché mobilier à construire et décoration un bateau, sur pourtoute un budget la France. raisonnable Nous exportons (170 kE), répondant 30% de laauxproduction exigencesende Allemagne et au performances et de Bénélux. confortLadessociété amateurs réalisait: launemoitié avertis longueur de son de chiffre 10,65 m, d’affaires à l’international un gréement simple, quanduneje résistance l’ai reprise, je souhaitais àmais toute épreuve, led’abord Généricasseoir 35 peut l’activité sur bases saines avant de accueillir six des à huit personnes. Le carnet reprendre de commandes le marché du chantier, à l’export.” pourtant L’objectif de phase Pedro Molina est maintenant de à en de démarrage, commence développer et leIn mélange se remplir. l’ameublement Adhérent à Made des matériaux Beaujolais, une pour marque répondre qui promeut à un marché les savoir-faire encore locaux, plus large. Jean-François Grâce à sa marque Solé dévoilera Arte Viva ses qui trésors propose du 15desauarticles de qualité, Décodrôme bien 20 septembre prochain est au désormais Grand Pavois connue. Depuis ■ son renouveau, la petite de La Rochelle. entreprise du Diois a accru ses effectifs de six à dix salariés. Le premier exercice s’est terminé sur un chiffre d’affaires de 1,07 M€. En 2002, il pourrait atteindre 1,83 M€. ■ Réalisée par Dominique Bonnot, Fabienne Combier et Sylviane Doise. 46 >Roanne Éco< JUIN 2004 INVENTEUR DE L’INSOLITE C hristian Levis débute sa carrière comme ouvrier. Dix ans plus tard, il obtient un diplôme d’ingénieur mécanicien et part au Nigeria, puis au Koweit et en Libye. Chef d’atelier à 24 ans, inspecteur technique, directeur d’usine, Christian Levis gravit les échelons au sein de la société Lohr, n° 1 mondial de la construction de véhicules de transport de voitures. En 1985, après 20 ans d’expérience professionnelle, il lance sa propre société, à Bourgoin-Jallieu, Arci (Atelier de réparations et constructions individuelles). Son activité ? “Nous réalisons tous véhicules spéciaux, des voitures intelligentes, des moutons à cinq pattes !” Depuis 2001, il travaille en collaboration avec Rémy Julienne pour Disney Land Studio, à Paris. Il a conçu l’ensemble des structures d’entraînement de l’école de cascade de Disney et prépare actuellement une plate-forme de simulation de secousses sismiques. Avec une telle carte de visite, Christian Levis et ses six collaborateurs interviennent pour des demandes les plus insolites, mais aussi pour apporter des solutions pratiques aux corps de métiers traditionnels. Arci conçoit des machines parfois uniques au monde. Sa dernière invention : une façonneuse de bûche réalisée pour un exploitant forestier et pour laquelle Arci a obtenu une aide de l’Anvar et le soutien de la CCI du NordIsère. “Nous déposons en moyenne trois brevets par an, précise le gérant. Mais je ne suis que le chef d’orchestre qui se sert des compétences de son équipe d’ingénieurs”, tient-il à rappeler. ■ Tanneurs de luxe Romans, les Tanneries Roux (CA : 17,5 M€, 106 salariés) affichent fièrement leurs 201 ans. Propriété de la famille Roux jusqu’en 1995, elles ont été rachetées par l’actuel PDG Jean-Claude Ricomard. Dans les années 1800, les Tanneries Roux fabriquaient essentiellement du cuir pour la sellerie et la courroierie. Jusque dans les années 1970, le cuir pour les chaussures constituait 90 % de la production. Depuis 20 ans, l’entreprise a amorcé un virage vers la maroquinerie de luxe. “Aujourd’hui, 80 % de la production est destinée à la maroquinerie, 10 % à l’horlogerie et 10 % aux chaussures”, remarque Jean-Luc Couvreur, directeur industriel. Les Tanneries Roux travaillent pour les références les plus prestigieuses. “En France, nous ne sommes que cinq tanneurs sur le marché du luxe en peau de veau”, souligne Jean-Luc Couvreur. Pour cette société bicentenaire, la pérennité s’explique par l’innovation constante : dans la gestion des ressources humaines, dans le renouvellement des collections, le développement de nouveaux procédés de fabrication, mais aussi dans le respect des normes environnementales qui la contraint à trouver des solutions novatrices pour le traitement des effluents. “Nous pratiquons un métier lié à la mode, poursuit le directeur industriel. Même en étant éloigné du consommateur final, il faut être proche de ses attentes, sentir les tendances. Nous cultivons l’esprit d’innovation.” Avec cinq personnes en R&D, les Tanneries Roux n’hésitent pas à tenter des essais et proposer des prototypes aux maroquiniers. C’est aussi comme cela que se fait la mode. ■ A Entre présent et avenir renoblois, Jacques Perrin, 64 ans, est depuis un an et demi président de l’APDD, l’Association pour les pratiques du développement durable, basée à Saint-Etienne. Ingénieur Insa de formation, chercheur en sciences économiques au CNRS, et aujourd’hui directeur de recherche émérite en innovation et méthodes de conception des produits nouveaux, Jacques Perrin participe activement à la mise en œuvre du développement durable au sein des entreprises. Et des PME-PMI en particulier. Créée en 1997 par trois écoles d’ingénieurs – l’Insa à Lyon, l’Ecole nationale supérieure des Mines à Saint-Etienne, et l’ENS des Arts et Métiers à Chambéry –, avec le soutien de l’Aderly, l’APDD a pour vocation de favoriser la sensibilisation et la formation, initiale et continue, des ingénieurs. Avant d’élargir son action en direction des entreprises. “Notre mission principale se recentre aujourd’hui vers la sensibilisation et l’accompagnement des entreprises, en liaison avec la Drire, et à la mise en œuvre des pratiques de développement durable. Cela en intégrant la prise en compte de la relation avec les territoires”, explique Jacques Perrin. Pour cela, l’APDD a développé un certain nombre d’outils pédagogiques : fiches thématiques, films vidéo, conception et réalisation du logiciel Quidd pour une réflexion préalable à l’élaboration d’une stratégie de développement durable dans l’entreprise, création d’un jeu d’entreprise en partenariat avec les étudiants de l’Insa, etc. L’association, qui regroupe une trentaine de membres, participe, avec le Pôle de l’eau et Agora 21, à la création d’un centre de ressources sur le développement durable dans la région stéphanoise. ■ G
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Roanne Eco n°17 - Juin 2006
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