Rico 13bis - Paroles d`Ozoir
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Rico 13bis - Paroles d`Ozoir
R ico chets 2 =C «Ignorance est mère de tous les maux». Rabelais «Paroles d’Ozoir» n°13 - mars-avril 2004 Une grande surface à Ozoir L’ouverture, le 23 mars, rue François de Tessan, d’un centre commercial dédié à l’habillement, à la chaussure et aux produits culturels va-t-elle dynamiser le commerce local? d’un DVD, d’un CD, d’une E nvie cartouche d’encre pour votre imprimante, d’une paire de chaussures Reebook, Adidas ou Puma, d’une belle robe, d’un costume masculin, de matériel scolaire, d’un beau livre ou de tubes de peinture...? Inutile désormais de courir à Pontault-Combault: tout cela se trouvera dans le nouvel espace marchand qui ouvre ses portes à Ozoir. Selon le promoteur du projet, M. Roberto Giorgio, ce centre est une chance pour la ville. «Faute d’une offre locale suffisante, les habitants vont chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas sur place. Seul l’alimentaire résiste encore à Ozoir; si nous ne réagissons pas, les communes voisines continueront d’attirer la clientèle du secteur. Pour sauvegarder l’économie de cette ville, il faut lui donner des armes, donc des mètres carrés...». Des mètres carrés, M. Giorgio en a trouvé un bon paquet entre la rue Fran- çois de Tessan et la ligne de chemin de fer, à l’ouest de la ville. C’est là que vont ouvrir sous peu un Espace Temps consacré aux produits culturels, un grand magasin de chaussures et un Vétimarché. Géré par Mark Vander Plaetse et son épouse, l’Espace Temps devrait permettre aux consommateurs de produits culturels de consulter, écouter et voir avant de se décider à acheter. «Il n’y a pas de marchands de disques à Ozoir, la video ne se trouve qu’en location, quant à l’offre de livres, elle nous semble inadaptée au nombre d’habitants. Nous allons offrir un choix tel que les Ozoiriens ne jugeront plus nécessaire de se déplacer à la FNAC (lire la suite en page 8) enquête Adapter la ville aux handicapés un sacré paroissien ous, les anciens de la Brèche, l’avons N connu en 1969 lorsqu’avec toute sa famille, Claude Bachelier, quittant Casablanca, s’installa à Ozoir. Dès son arrivée, il se lia avec ses voisins et avec la paroisse pour devenir très vite le chef de la chorale naissante. À l’époque l’église ne disposait pour l’accompagnement musical que d’un harmonium. Grâce à son entregens et à sa farouche volonté, Claude parvint à nous dénicher un orgue... toujours en service aujourd’hui. De leur séjour au Maroc, les Bachelier ramenaient des habitudes et une cuisine pleine de soleil. Tous les ans, le 14 juillet, ils invitaient les amis de la Brèche à un couscous. Ceux qui ont connu la confiture d’oignons de Claude en salivent encore. Il serait trop long de dire tout ce que Claude et Christiane ont organisé dans notre ville. Je retiendrai quand même l’accompagnement très apprécié qu’ils offrirent, pendant des années, aux familles catholiques endeuillées. Ce qui a toujours frappé les amis, c’est la réussite familiale du couple Bachelier, riche de sept enfants unis et toujours heureux de se retrouver. Aujourd’hui, nous sommes nombreux à avoir perdu un ami à la générosité incomparable et, comme beaucoup d’Ozoiriens, je dis à Christiane et aux enfants que nous prenons part à leur peine. LOUIS GRAFFARD n ne voit pas beaucoup O de personnes handicapées dans nos rues, nos boutiques, nos lieux publics. Et pourtant elles existent, cloîtrées chez elles faute des élémentaires installations qui leur permettraient de profiter de la ville. Pour les satisfaire, il conviendrait de commencer par les consulter, connaître leurs difficultés et leurs besoins réels. 2003 ayant été déclarée «année européenne du handicap», on aurait pu penser que, depuis l’école jusqu’à la retraite, la person- ne handicapée allait enfin pouvoir trouver un environnement propice à sa totale intégration, être un citoyen parmi les autres dans une ville conçue pour lui comme pour les autres. Hélas, la montagne a accouché d’une souris... Objurgations gouvernementales obligeant, une rencontre fut organisée en février 2003 entre la municipalité d’Ozoir et les principales associations concernées. À ce jour elle n’a eu aucune suite. Comme dans beaucoup de villes, il y a quelques réalisations, mais elles sont sporadiques et ne permettent pas aux personnes à mobilité réduite de vaquer à leurs affaires. Quant aux aveugles et mal entendants, ils sont les grands oubliés. Or, mener une action efficace est possible et pas forcément coûteux. Nous avons pu le vérifier en nous promenant dans la ville de Metz. Tout est donc affaire de prise de conscience et, ensuite, de volonté politique... (lire le dossier en pages 4 et 5) parkings de la gare: château d’Ozoir payants ou pas payants? quel prix pour l’achat? Au deuxième temps de la valse… le rapport du cabinet spécialisé est présenté en Conseil municipal (le 18 décembre 2003). Il s’agit de demander les subventions aux partenaires ad hoc. Mais le maire, qui n’a jamais pris Eole que d’Ozoir à Roissy le jour de l’inauguration, et ne connaît pas de problèmes de fin de mois, fait valider un projet dont les premières phases supposent une réduction du nombre de places de stationnement et La commune refuse toujours de se porter acquéreur du château d’Ozoir et de son parc. «Trop cher», affirme le maire sans avancer d’autres arguments. Établir le prix du domaine n’est pourtant pas si difficile. Mais le résultat que l’on obtient ne justifie plus un choix qui se révèle beaucoup plus politique qu’économique... (lire la suite en page 3) (voir en page 3) La colère éclate facilement si une menace nouvelle pointe à l’horizon. Elle peut alors entraîner la mairie dans une drôle de danse en trois temps comme ce fut le cas, fin janvier, du côté de la gare d’Ozoir. u premier temps de la valse… il y a les prévisions marketing de la SNCF. Vous allez voir, le RER c’est 40 % de voyageurs en plus en quelques années. Voyez Torcy… Il faut vous y préparer. Un Comité de pôle, regroupant des représentants de la Ville, des transporteurs, des associations... est donc mis en place et une étude menée pour adapter les abords de notre gare (dans un rayon de 300 mètres) à cet afflux de voyageurs annoncés. A Mais que fait la police? e mystérieux agresseurs, au poil dru et hirsute, au langage incompréhensible, s’en sont pris récemment à des résidents du quartier Anne Frank. Les malheureuses victimes rentraient chez elles à l’issue d’une journée de dur labeur. Après enquête, les coupables ont été identifiés: il s'agissait de sangliers. Que fait la police? D Monsieur le Maire a informé les élus que la salle du Conseil (elle sert aussi de salle des mariages), venait d’être cambriolée. Disparus les câbles de raccordement des micros des élus minoritaires à la sono. Disparus aussi les fauteuils des mariés. Que fait la police? La loi française prévoit que tout conseiller municipal d’opposition a le droit de s’exprimer dans le journal local. À Ozoir, depuis deux ans, on refuse d’appliquer cette loi votée par le Parlement. Que fait la Justice? CLAUDE BRELNEIRA Bourbon intermittent Que faisait à Ozoir, lors de la soirée des vœux du Maire, le Prince Michel, Marie, Xavier, Waldemar, Georges, Robert, Charles, Aymard de Bourbon Parme, l’un des 114 Bourbons actuellement en vie? À peine descendu de sa Jaguar immatriculée dans le 92, on l’a vu monter sur l’estrade officielle et, un quart d’heure plus tard, plonger vers les petits fours. «Merci Michel d’être parmi nous ce soir» avait entre temps minaudé not’ bon mai(t)re Jean-François d’Ozoir. Finir intermittent du spectacle des vœux d’un godelureau qui se permet de vous tutoyer, pour une Altesse, quelle dégringolade... DANTON DE L’AUDACE Tribulations d’une banlieusarde dans le ventre d’Eole U n sacré progrès Eole? Telle ne fut pas mon impression, ce mardi, lors de mon premier voyage à Paris par ce moyen de transport. Il faut dire que je souffrais d’une sciatique, ce qui ne rend pas l’humeur badine. Alors, dès la montée dans le wagon, je me suis énervée: une énorme marche et un large trou séparent le quai du marchepied. Aïe ma sciatique! Et si un de mes pieds avait glissé dans ce trou? Vision d’horreur. Pressée de m’asseoir, je cherche… Aucun siège sur mon palier. Pour trouver où poser son postérieur, il faut soit descendre quatre marches très raides soit en monter six tout aussi abruptes. Ronchon, je m’assieds (les sièges sont minuscules et recouverts d’un aberrant velours déjà gras et râpé, peu engageant) et je lis mon journal. Voyage sans histoire jusqu’à la station Magenta... Fichtre! J’en frissonne encore: un univers à la Brazil (le film), froid, bétonné, des angles bruts, de hauts murs couleur mastic, un sol de même couleur en marbre pré-sali de traînées grises, de longs couloirs, des escalators qui montent puis qui descendent jusqu’aux entrailles de la terre, une lumière orangée glauque et sinistre diffusée par d’affreux lustres (c’est ça le design?). Aucun plan de métro visible. Je finis par en trouver un sur un petit panneau mobile où il est impossible de comprendre comment cette station Magenta s’articule avec les 2 diverses lignes. J’arrive au spectacle déjà fatiguée… Deux heures plus tard, je prends mon petit métro, la sciatique toujours en bandoulière. Comme je l’ai fait pendant trente ans de travail à Paris, je descends Gare de l’Est pour rejoindre Ozoir. Stupeur! On m’a volé mes trains de banlieue! Plus d’horaires direction Tournan ni cités voisines! Croyez-vous que, là où j’avais mes habitudes, un panneau m’indiquerait, où il faut désormais que je me rende? Non. Discrétion totale. Un gentil jeune homme me conseille de trimballer ma sciatique sur toute la longueur des pas-perdus, puis de prendre l’escalier à droite. L’escalier? Tu parles! C’est toute la rue d’Alsace, l’escalier, pas quelques marches à couvert de la verrière. Enfin, boitillant de plus en plus bas, me voici à Magenta. Je me crois sauvée: je sais que je dois prendre le RER E. Pas si simple. Il y a le E 53, le E 54, le E 49 et j’en passe. Croyez-vous qu’on m’indiquerait gentiment où chacun se dirige? Après un moment d’errance j’aperçois «Tournan» apposé sur un mur, mais sans flèche directrice. Un escalier à droite, un autre à gauche, ma latéralisation normale m’incline à droite. Pas de chance, il fallait prendre l’autre. Je remonte et je redescends sur le quai opposé... Un merveilleux progrès, Eole? Alors il est bien triste, le progrès… ISAMONA courrier Si le château lutter toujours... m’était conté O n disait autrefois: «des guerres il y en a toujours eu, il y en aura toujours». On dit aujourd’hui: «Il y a toujours eu des pauvres, il y en aura toujours»; «Il y a toujours eu des chômeurs, il y en aura toujours»... À entendre ceux qui tiennent pareils propos, ce monde ne pourrait qu’être chargé de misères et de difficultés pour ceux qui sont tombés du mauvais côté de la corbeille. Et c’est vrai - les bénévoles des associations caritatives le constatent - les conditions de vie s’aggravent, y compris à Ozoir. Mais où est la fatalité? «Ce n’est pas de ta faute, mais tu y es pour beaucoup, mon frère» disait le poète Nazim Hikmet. Ceux qui refusent d’accepter cette soi-disant fatalité savent que l’ordre des choses peut être changé pour éviter que les mêmes soient toujours utilisés comme chair à canon ou rejetés par le système économique. «Nous vivons dans la crainte, désormais nous vivrons dans l’espoir» écrivait Tristan Bernard, arrêté comme juif durant la dernière guerre mondiale. Qu’un tel homme ait pu dire cela durant les sombres heures du nazisme, devrait nous inciter à rêver d’un autre monde et à nous donner les moyens de faire évoluer le cours des choses... JACK HAVRANECK De ce château d’Ozoir, la volonté d’achat Précise qu’aux calendes grecques on y pensait déjà Oh! rage. Oh! Désespoir, Oh! château ennemi N’as tu donc tant vécu que pour cette infamie? Dans les têtes elle germait, ça ne date pas d’hier, Depuis longtemps, hélas, et de plusieurs manières... Deux permis de construire, qui s’y voyaient déjà Remisés au placard, le Préfet l’ordonna. Les panneaux d’affichage en furent-ils la seule cause? Déposés, retirés, tout ça manquait d’osmose. Par la faute d’un permis qu’on n’a pas su instruire On s’affaire en mairie, on est proche du délire. Construire n’importe comment, ce n’est pas si facile Le POS est bien voté, il rend le maire fébrile. Un parc et un verger transformés en logements Au plus loin où l’on pense, cela reste dément. Rendre urbanisable une parcelle classée Cela devait séduire les gens mal informés. Même si le maire l’accorde, détruire un espace vert, Ne concerne pas seulement les amoureux de la terre. Ozoiriens, pour nous, ce château c’est l’idylle De te voir transformé en un hôtel de Ville. Vivra-t-on assez vieux, château, je t’en supplie Pour voir enfin fleurir en ton sein la mairie? Les fleurs, les oiseaux, les enfants, les promeneurs, Ne rêvent qu’à s’emparer d’une si noble demeure. Les Ozoiriens le souhaitent, tout Ozoir le réclame Pourvu que le Conseil n’y perde pas son âme. JEAN-PIERRE LE CAZOULAT une inauguration parfaitement cocasse i le rire est bon pour la santé, alors l’inauguration de la salle des fêtes va me protéger de la maladie pour quelques mois. (...) Le 4 mars, à 19h, j’entre avec deux amies dans cette fameuse salle... et l’on nous invite aussitôt à en sortir pour le discours de M. le Maire et la cérémonie du dévoilement des lettres magiques. Cela fait très pharmacie: où est la croix verte? Le discours terminé, chacun veut se mettre au chaud car il fait frisquet. Hélàs, les portes sont bloquées. Priorité au maire qui doit franchir, en tête de la procession, le seuil de la salle des fêtes-salle de spectacles. S Q Volatile ui ne connaît l’expression: «politique de l’autruche»? Elle traduit le refus de prendre un danger ou une menace en considération. Si l’autruche se cache la tête, c’est donc pour ne pas se la prendre. (...) J’ai décidé d’offrir à «Ricochets» une autruche en guise de cadeau de nouvel an. Fière, joviale, l’œil à la fois malicieux et lucide, souhaitons qu’elle apporte à tous moins de souffrance et un peu de bonheur. ROGER COLLERAIS Nous lui emboitons le pas... Quelle mise en scène! Une haie de choristes (ceux de François de la StarAcadémy) nous accueille en tapant dans les mains et en scandant sur un air de Florent Pagny: «Bienvenue à l’Espace Horizon; vous ne vous attendiez pas à trouver un si bel endroit». On se croirait au milieu des Krishna. C’est tellement ridicule que nous éclatons de rire. Dans la salle, la municipalité n’a pas lésiné sur la taille et le nombre des affiches montrant en alternance un horizon sombre et un autre avec un arc-enciel, des fois qu’on aurait pas saisi le Abonnement message du premier coup (1). Nous voilà devant un grand rideau derrière lequel doit se passer le «show». Hélàs, le rideau refuse de s’ouvrir: il s’écoulera vingt minutes avant que l’on parvienne à le tirer. Nous sommes debout puisqu’il n’y a ni chaises ni gradins. Les petits fours? Pas encore tout à fait dégelés. Heureusement, il y a le champagne. Rien que pour ça, il fallait en être... SOPHIE LAURENT (1) Horizon 2000, était le nom de l’équipe de M. Oneto lors des dernières municipales. C’est toujours celui du groupe majoritaire au Conseil municipal (ndlr). (à retourner à «Paroles d’Ozoir», 6, rue Jules Renard - 77330 Ozoir-la-Ferrière). «Ricochets» ne peut vivre sans le soutien actif de ses lecteurs. Abonnez-vous et incitez vos proches et vos amis à faire de même... NOM: ........................................... Prénom: .................................................... Tel.:.......................... Adresse: ....................................................................... Je prends ............... abonnements de 10 numéros à Ricochets (20 euros pour deux années de lecture) Je prends un abonnement de soutien: 23 euros et plus. Je joins un chèque de euros à l’ordre de l’association «Paroles d’Ozoir». Date: Signature: Ricochets - n°13 - mars 2004 Edité par «Paroles d’Ozoir» (Pdt: Cl. Le Bihan). 6, rue Jules Renard, 77330 Ozoir-la-Ferrière. Directeur de la publication: Michel Lis. Rédacteur en chef: Jean-Louis Soulié. Photos: Michel Kafka et J.-L. Soulié. Annonces: Christiane Laurent. Promotion: Monique Le Cazoulat. Numéro ISSN: 1630-3806. N° Commission paritaire: 0104 G 82272. Imprimerie 2 GCA à Roissy-en-Brie. Dépot légal: décembre 2003. Le numéro: 2 euros. Abonnement pour 10 n°: 20 euros. Renseignements: 01.64.40.39.38. Email: [email protected] Ricochets - n° 13 mars-avril 2004 vie locale Élections Vieux Pays quel prix pour l’achat du château? Une pétition demandant que la commune se porte acquéreur du château d’Ozoir circule toujours en ville et vous êtes nombreux à nous écrire pour savoir si le refus du maire de faire jouer le droit de préemption de la commune est justifié. Retour sur un sujet déjà abordé. rop cher!». Pour le maire, T l’achat du château «ruinerait» « les finances municipales. «Faux» répondent ses opposants. «La commune en a tout à fait les moyens sans augmenter les impôts ni recourir à l’emprunt». Évaluer avec exactitude le coût d’une installation de la mairie au château et d’une ouverture du parc au public est difficille puisqu’il y aurait fatalement des négociations avec les propriétaires. On peut, en revanche, donner un ordre de grandeur qui se situe aux alentours de cinq millions d’euros. Cinq millions d’euros pour l’achat et la rénovation complète du bâtiment central, des communs et de la ferme de la Doutre utilisée comme annexe. Est-ce jouable? «Bien sûr que oui», affirment les «pour» qui s’appuient sur l’exemple récent de Méry-surOise. Cette commune de 9000 habitants vient en effet de racheter son château (pourtant beaucoup plus cher que le nôtre: 9,2 millions d’euros). «Cela prouve que des subventions sont possibles», notent les partisans du projet... «L’état des finances communales permet un achat en douceur, à condition de revoir le projet de ville», reconnaît Jacques Nedel. Pour l’ancien adjoint de JeanFrançois Oneto, le coût du transfert de la mairie à Arluison (choix actuel de la majorité municipale) s’élèverait à trois millions d’euros. Un chuffre avancé par le maire luimême. Manque donc deux millions... «Pas besoin d’augmenter les impôts pour les trouver», affirme Monique Bellas, conseillère municipale d’opposition. «La commune vient de toucher une manne inespérée de redressements fiscaux et l’excédent budgétaire 2004 dépasse de très loin la somme recherchée. Si le maire ne met pas cette situation exceptionnelle à profit pour acheter le château, il montrera que les raisons de son refus sont politiques et non économiques». J.-L. S Respecter le «jeu» démocratique Mode de scrutin compliqué, institutions mal identifiées, en ce début de campagne électorale, la majorité des Français se dit peu ou pas intéressée par les prochaines élections cantonales et régionales. À Ozoir, la volonté de vaincre du maire-candidat fait parfois fi du respect de la loi... « l’UMP qui craint le «vote E ntre sanction» et le PS qui n’a toujours pas de programme alternatif crédible, il y a un boulevard pour les extrêmes. De gauche ou de droite, ils vont encore cartonner». À la sortie de la librairie de la gare, Johan, vingt-sept ans, se risque au jeu des pronostics tout en affirmant qu’il n’ira pas voter. «Surtout pas à Ozoir», croit-il utile d’ajouter sans préciser le sens de son propos. Manque de motivation ou méconnaissance des enjeux, faute d’information? Si, pour les Régionales, le vote par listes permet un repérage assez aisé, pour les Cantonales (élection de nos représentants au Département) c’est l’incompréhension totale. D’autant qu’il est difficile de dire qui a le plus de chance de l’emporter entre le Conseiller général sortant, François Perrussot (PS), premier adjoint à Roissy, et le maire d’Ozoir, JeanFrançois Oneto (UMP). À moins, bien sûr, qu’un troisième larron, toujours possible en ces temps d’incertitude, mette ces deux là d’accord en leur jouant un tour à sa façon. Car les deux favoris rencontrent des difficultés de même nature. Le premier, confiant dans le fait que le canton est entre les mains de la gauche depuis des lustres, souffre de la discorde régnant au sein de l’équipe municipale roisséenne. «La faute au caractère autoritaire du maire», déclarent les adversaires de celle-ci. Iront-ils jusqu’à faire payer à François Perrussot la rancune accumulée à l’égard de sa tête de liste? Des voix de gauche pourraient bien faire défaut les 21 et 28 mars... En manquera-t-il, à Ozoir, au candidat UMP? C’est l’avis de ceux qui estiment qu’en matière d’autoritarisme le maire d’ici vaut largement celui de làbas. «La barque des libertés prises avec la loi républicaine commence à être un peu trop chargée», constate Jacques Loyer. Et l’ancien maire d’Ozoir de se lancer dans une dénonciation féroce du non respect de la loi par son successeur: «Fidèle à ses habitudes, Jean-François Oneto semble ne La Gare payants ou pas payants, les parkings? (suite de la première page) envisage de rendre ces parkings longue durée payants. Au troisième temps de la valse… la nouvelle se répand chez les commerçants de la gare. Une pétition recueille des centaines de signatures en quelques jours. Les commerçants estiment qu’ils perdraient une bonne part de leur clientèle, découragée, qui préfèrerait prendre le train à Roissy, où le parking reste gratuit. Les voyageurs trouvent déjà assez pénalisants les trajets longs et chers, sans avoir à y ajouter des frais de stationnement comme en plein Paris. La pression des citoyens est efficace. Alerté, le maire vient par trois fois négocier et finalement écrire sous la dictée des commerçants «qu’aucune décision de ce genre n’a été prise» et «qu’il n’y est pas favorable». Le service communication de la ville photocopie ce document en deux formats: l’un normal, l’autre agrandi… pour affichage ! Fin de la valse. scepticisme Trop longtemps ignorés, tenus à l’écart des études qui détermineront leur avenir, certains commerçants du quartier de la Ricochets - n° 13 mars-avril 2004 La démocratie a ses règles. L’une d’elle précise qu’il est interdit à tout candidat de coller ses affiches sur les panneaux officiels avant que la campagne ne soit déclarée ouverte... gare, sceptiques, n’osent croire à la sincérité de la lettre du maire écartant le stationnement payant: «Ce sera à vérifier à plus long terme. Pour l’instant, il voulait seulement faire retirer une pétition gênante en période préélectorale». «Mais je vais l’afficher, cette lettre, en surlignant la phrase où il est dit qu’il n’est pas favorable au stationnement payant» affirme la pharmacienne. D’autres, confiants, saisissent cet engagement comme tel, et conservent soigneusement un écrit, preuve d’un geste d’apaisement du premier magistrat de la ville. Il y a aussi des indifférents. Leurs commerces sont moins liés au flux des voyageurs qu’à la clientèle du quartier, alors ces questions de parkings sont secondaires. Ce qui compte, c’est la sécurité et l’installation de caméras de surveillance sur la place Roger-Nicolas et le retour de la Police nationale. «Faut-il attendre qu’il se passe à nouveau quelque chose de grave pour les voir revenir?». L’insatisfaction des commerçants, la tension permanente dans laquelle ils vivent se sentent dès que l’on interroge un peu. Y a-t-il un afflux de nouveaux clients? Difficile à dire – c’est trop tôt. Il y a bien des visages nouveaux, mais surtout beaucoup de fidèles, dont chaque commerçant connaît le nom ou le prénom… À rester calmement en observatrice chez l’un ou l’autre, la vie semble y couler, aimable, tranquille, au fil d’une activité incessante… Mélange miraculeux de sourire «commercial» et de réelle convivialité. Le commerce est un art difficile, au service de la paix sociale, et qu’il faut absolument préserver. MYRIAM AUJOUX connaître d’autre légalité que la sienne. Refusant toujours de donner la parole à ses opposants dans le journal municipal (après deux ans d’attente, nous venons de saisir la Justice), il colle ses affiches sur les panneaux avant l’ouverture de la campagne officielle, impose aux services techniques de la ville de travailler des journées entières pour organiser ses meetings électoraux, utilise le matériel municipal de façon scandaleuse, affiche son nom sur des calicots alors que cela n’est pas permis en période électorale, procède à des inaugurations dont le caractère politique n’échappe à personne. Certains employés municipaux se sont fait vertement reprocher leurs conversations avec des gens soupçonnés de ne pas pencher à droite». Selon M. Loyer, le maire aurait également décalé le repas des personnes âgées pour mieux faire passer le message de sa candidature. La campagne sera courte mais elle ne devrait pas décevoir les amateurs. J.-L. SOULIÉ Les propositions présentées au Conseil municipal PHASE 1 Opération n°1: Reconfigurer la gare routière et réaménager l’avenue Raoul-Nordling. La gare routière reste au centre devant la gare RER (6 quais et un rond-point de retournement). Le stationnement des voitures particulières y est interdit. L’espace piétonnier est agrandi, place RogerNicolas. Installation d’équipement de vidéo-surveillance et information dynamique des voyageurs. Un trottoir est créé côté habitat, avenue Raoul Nordling, au détriment des pelouses actuelles. Opération n° 2: Aménagement du parking nord. Les 200 places sont ramenées à 119. Les places des commerçants ont été contestées lors de la discussion au Conseil municipal car elles seraient sans assise juridique. Un chemin piéton est prévu le long de la voie ferrée. Opération n° 3: Aménagement du parking sud. Les 295 places sont ramenées à 276. Mais 68 places seront créées sous le château d’eau, en prolongement du parking actuel. Il n’y aura plus de stationnement de courte durée (zone bleue) sur ce parking. PHASE 2 Une rue est ouverte reliant l’avenue Nordling à la rue Félix-Éboué, à l’extrémité du Foyer, réintégrant ce quartier dans la circulation urbaine et facilitant l’accès au parking annexe. PHASE 3 Aménagement de la parcelle verte le long de la rue FélixÉboué pour un nouveau parking et des jeux de proximité (2 terrains de basket et 5 pistes de boules). 3 dossier Accessibilité É patant! Une cela se fait dans certaines villes, d’un bip lui faisant personne en savoir que quelqu’un qui fauteuil roulant ne peut pas monter l’attend sur le trottoir avec une peut très facile- ordonnance… ment accéder au La caissière du cinéma est aimable: alertée, elle fait bureau de poste entrer les personnes qui en ont besoin par la porte de d’Ozoir: la sortie. Mais il faut un accompagnateur pour acheter le rampe est large, lisse et de faible pente. Mais une fois billet et la prévenir. Pour aller emprunter un livre à la la porte franchie, c’est une autre histoire. Impossible bibliothèque, miracle, il existe un monte-personnes… de se faufiler dans le labyrinthe de la file d’attente Mais il est si poussif qu’il semble avoir été délaissé, et comme tout le monde. Bien entendu les clients préde toute façon, il est fermé à clé. sents, avec un aimable sourire, proposeront de laisser Sauf sur le quai de la gare, il n’existe nulle part de leur tour en tête de file, et voilà notre handicapé, lui bande à picots signalant aux malvoyants qu’ils ont qui ne souhaite rien tant que de passer inaperçu, signa- atteint le rebord du trottoir. Aucun feu rouge n’est lé à l’attention générale. Et que se passe-t-il lorsque, équipé pour eux d’un signal sonore. Aucun pictogramaprès force manœuvres pour se glisser dans l’étroit me clair ne remplace les panneaux indicatifs à l’inten«espace de discrétion», il se retrouve devant le guition des handicapés mentaux. Et bien entendu, personchet? Rien. Il ne se passe rien: le comptoir lui arrive à ne, ni officiels ni organisateurs de spectacles, ne songe hauteur des sourcils… La machine à composter a été à la présence d’un interprète en langue des signes pour conçue à bonne hauteur, mais pas le distributeur de les malentendants. monnaie. On pourrait multiplier abondamment les exemples À la mairie, le service de l’état civil (mais aucun des d’obstacles à l’autonomie. «C’est l’inaccessibilité services relatifs à l’enfance et à la scolarité) est accesgénérale, constate Daniel, handicapé moteur. Sans sible aux personnes à mobilité difficile. Que dire en aide, en fauteuil il est impossible de circuler même sur revanche du Syndicat d’Initiatives, du poste de police, les avenues principales: on se retrouve tout de suite du Relais Emploi (quinze marches pour ce dernier)? coincé par des voitures garées n’importe comment et il Si Intermarché, Franprix, Lidl sont de plain-pied, il est n’y a presque pas de bateaux… Moi, j’ai renoncé!» impossible aux personnes en fauteuil À Metz, ville où l’intégration roulant et à celles dont la marche est des personnes handicapées et difficile, de faire leurs courses dans les dépendantes est une des prioriboutiques de la ville: presque toutes tés de la politique municipale, présentent une ou deux marches à l’entout passage piéton est signalé par une bande podotactile intétrée. La palme du n’importe quoi grée dans la chaussée. Ainsi revient sans conteste au quartier comavertis, les aveugles et mal mercial de la Source, où des places de stationnement réservées ont été aména- voyants n’ont plus qu’à attendre le signal sonore leur indiquant gées, mais où la pente des trottoirs et qu’ils peuvent traverser sans les bordures bétonnées constituent des danger. Ce signal est déclenché empêchements par un boîtier que tout handicapé messin a en sa possession rédhibitoires. Peut-être un jour la phar(les visiteurs et touristes peumacie, au moins elle, s’équipera comme vent se le procurer, pour la durée de leur séjour, à l’Office de tourisme de la ville). Transports, logement, travail... Le règne du n’importe quoi ême avec des parents formidables, le souhait de tout jeune handicapé est de vivre en autonomie. Responsable de soi-même. Libre. La difficulté est tout à fait surmontable pour peu qu’urbanistes et promoteurs y aient pensé en amont de leurs travaux. La loi en fait désormais obligation, mais cette mesure est récente et ne s’est encore que peu concrétisée dans les faits. A Ozoir comme partout, trouver un appartement de plain-pied ou doté d’un vaste ascenseur, de portes larges, d’une place de parking réservée à proximité, demande de très longues recherches. Quant au signal lumineux en guise de sonnette pour les malentendants, à l’ascenseur parlant pour les mal voyants, n’en parlons même pas... Une fois la merveille trouvée, il incombe encore à la personne handicapée d’aménager, à ses frais, son appartement en fonction de ses besoins spécifiques. our un handicapé ozoirien, se déplacer relève de l’exploit. Les cars ne présentent aucune facilité d’accès. A la gare, on atteint le summum du n’importe quoi. Oui, on a prévu des places de parking M P 4 réservées: elles ne sont pas aux normes. Oui, il existe une rampe d’accès extérieur: sa grille est fermée à clé. L’ascenseur est en panne. Une affiche l’indique: il suffit d’alerter le personnel du guichet pour rencontrer une aide. À condition d’arriver très en avance et en dehors des heures d’affluence (et au retour de Paris, quand on débarque sur le quai, que fait-on?). En admettant que la personne à mobilité réduite soit parvenue à atteindre le quai malgré le double escalier à franchir, comment monter dans le RER vu l’espace séparant le quai du marchepied? Le malvoyant devra trouver une personne complaisante pour lui indiquer la station à laquelle il veut descendre: les gares ne sont pas signalées vocalement dans les wagons. ien n’est donné sans mal aux personnes handicapées (ou à leurs familles) pour accéder à une intégration dans le monde du travail. Les structures, les aides, la législation existent, mais... Il convient tout d’abord de faire évaluer son taux d’incapacité par la COTOREP R qui est habilitée à délivrer la carte permettant d’avoir accès aux dispositifs spécialisés d’aide à l’insertion professionnelle et à la formation. Ensuite, après avoir suivi une formation pertinente, il faut trouver un employeur bien informé. À Ozoir, si certaines entreprises font appel à la sous-traitance auprès du CAT bien peu emploient directement une personne handicapée. Par crainte ou ignorance la plupart du temps, elles préfèrent verser leur quote-part à l’AGEFIPH plutôt que de se risquer à quelques embauches pour remplir leur obligation de 6% de l’effectif. Pourtant, ce même organisme, c’est sa vocation, pourrait financer des aménagements de postes adaptés ainsi que la formation du salarié… Adapter la ville aux handicap Cette enquête ne traite que des handicaps moteurs et sensoriels. Le handicap mental sera abordé dans un prochain numéro. L’intégration, c’est tous les jours... Témoignage: je suis né, mon cerveau n'a pas Q uand été oxygéné assez vite. Ces quelques secondes d'asphyxie ont déterminé toute ma vie: je me déplace en fauteuil électrique, coordonne très mal mes mouvements. Je ne peux ni écrire à la main, ni boire directement au verre. Je ne suis jamais sûr qu’une cuillerée que je porte à ma bouche y arrivera sans encombre. J'ai de grandes difficultés d'élocution même si les oreilles attentives me comprennent très bien. Je suis un « infirme moteur cérébral » (I.M.C.). J'ai passé douze ans de ma vie dans des centres spécialisés. Et puis un jour, bac B en poche, me voilà parachuté dans un amphi de huit cents étudiants, tous valides. Ce fut, je crois, mon plus grand choc lié à la notion de «différence». Que pouvais-je faire au milieu d'un groupe de jeunes à l’image aussi éloignée de la mienne ? J’ai très vite compris que si je ne n’allais pas vers les autres, eux ne viendraient pas vers moi. Cette attitude passive du monde «valide» est souvent dénuée de toute méchanceté ou dédain. Elle tient seulement à la peur du handicap. Pour casser ce mur invisible, il faut faire le premier pas et ne jamais avoir l'air de «porter» son handicap. On peut en parler certes, mais sans que cela envahisse tout le champ de la communication. Il faut aussi savoir être à l'écoute des autres. De bons résultats dans les études, du dynamisme et de l’humour m’ont permis de devenir un élément moteur à l'université d'Amiens. Mon appartement fut très vite un lieu d’échanges et de soirées mémorables. Ma volonté de m’intégrer a ainsi puisé sa force dans les rencontres. Dans la ville lorraine, il n’est pas un seul escalier qui ne soit flanqué d’une rampe destinée aux personnes en fauteuils roulants, aux mamans promenant leurs bébés dans des poussettes, ou aux personnes âgées ayant quelque difficulté à monter ou descendre des marches. Tout au long de ma vie, aides et soutiens ont contribué à ma conquête d'autonomie. L’intégration a aussi un coût financier. Si l'aménagement de mon habitat, ma voiture, mon matériel informatique n'avaient pas été pris en charge par la collectivité, jamais je n'aurais pu vivre seul, conduire, poursuivre mes études, me rendre à mon travail aussi facilement. Il est donc regrettable qu’obtenir les subventions indispensables à toute personne handicapée exige un invraisemblable parcours du combattant. L'énergie que l’on peut perdre dans d’interminables démarches administratives! Ces efforts énormes, conjugués aux problèmes directs du handicap, découragent nombre d'entre nous, qui préfèrent se retrancher dans des foyers. Comment condamner leur inertie ? J’ai moi-même rencontré au cours de ma vie de nombreux obstacles, échecs et déceptions. Mais aujourd’hui, titulaire d'un DESS, je travaille comme webmestre dans une collectivité locale, conduis ma voiture, sors énormément et j'ai beaucoup d’amis. On me demande quelle serait, à mon avis, la priorité des priorités en termes d’aménagement urbain… Le problème du déplacement dans sa globalité (transports en commun inadaptés, places de parking réservées non respectées, inaccessibilité des logements et de nombreux bâtiments publics....) constitue, à mon sens, un des grands facteurs d’exclusion de la vie de la cité des personnes en situation de handicap. Aussi, la première priorité qui me tient à cœur paraît basique: il faut rendre acces- Ricochets - n° 13 mars-avril 2004 Pragmatiques, de nombreuses grandes surfaces ont intégré dans leur stratégie commerciale le fait que le vieillissement de la population va multiplier le nombre des personnes à mobilité réduite. À l’inverse, la quasi totalité des commerces d’Ozoir demeure interdite aux handicapés. La place «parking réservé» (quand elle est respectée) ne suffit pas à résoudre tous les problèmes d’accessibilité. és Enquête: Christiane Laurent et Isabelle Monin Soulié L’office de tourisme de Metz met à disposition des aveugles des cartes en relief de tous les monuments de la ville. Le non voyant, en arpentant les rues, peut ainsi se représenter les merveilles qu’il côtoie... Dans ce bâtiment, derrière une partie du comptoir à hauteur de fauteuil, une jeune handicapée diplômée assure avec compétence un accueil chaleureux. sibles aux fauteuils roulants tous les trottoirs de France et de Navarre. C’est loin d’être le cas aujourd’hui. Il m’arrive souvent d'être bloqué dans mes déplacements par une hauteur de trottoir infranchissable. Lorsque je trouve un bateau aménagé, je l'emprunte avec un sentiment de liberté. Mais il n’est pas rare que, trois ou quatre cents mètres plus loin, il me faille revenir en arrière, car l'autre extrémité est beaucoup trop haute et rend la descente périlleuse ou impossible. Et me voilà obligé de braver les dangers de la jungle automobile. La notion de "personne en situation de handicap" remplace maintenant celle, plus statique et définitive, de "personne handicapée". On envisage ainsi que cette personne, au sein d’un environnement adapté, puisse accomplir les mêmes activités que tout autre citoyen. Des efforts certains ont été faits, notamment en termes d'accessibilité dans certaines de nos villes, bâtiments publics, écoles et universités… Ils restent cependant ponctuels et disparates, et manquent d'une harmonie globale sur le plan national. Une politique nationale d'accessibilité en milieu urbain est donc absolument indispensable, mais, ne l’oublions pas, l’intégration se fera d'abord dans nos villages, villes et quartiers, et commence… dans les relations de palier. VICTOR RODRIGUES Une centaine de fauteuils roulants à Ozoir ? Tous handicaps confondus (sensoriels, moteurs, mentaux), en France en 1991 l’INSEE recensait 5,5 millions de personnes déclarant un handicap ou une gêne dans la vie quotidienne, et 1,8 million déclarant un handicap sévère restreignant significativement leur autonomie. Si l’on extrapole ces chiffres à la proportion d’une ville de 20.000 habitants comme la nôtre… cela fait du monde (1). Où sont-ils? Que font-ils? Pourquoi les côtoyons-nous si rarement? aucune définiE ntionFrance, n’est donnée du handicap. Depuis 1993, celui-ci s’évalue en «taux d’incapacité», notion peu gratifiante pour la personne concernée. L’évolution s’en est faite lentement au cours du XXe siècle. La première approche officielle du concept est apparue peu après le conflit de 14-18, pour prendre en compte la situation des invalides de guerre. Mais ce n’est que beaucoup plus tard que la notion s’étend aux invalides civils. Les lois progressent par petits bonds désordonnés: «assistance aux infirmes» (1949), «reclassement professionnel du travailleur handicapé» (1957)… Jusqu’à la fameuse «loi d’orientation de 1975» (remodelée en 1993) qui s’efforce de rationaliser les dispositifs antérieurs et pose les principes généraux suivis jusqu’à nos jours: importance de la prévention et du dépistage; obligation sinon scolaire du moins éducative; accès à tout ce qui fait la vie sociale et maintien si pos- Des chances plein le cartable Apprendre et jouer au milieu de camarades de son âge, qu’il ne voie pas, n’entende rien, se déplace en fauteuil ou qu’une maladie chronique l’oblige à des soins fréquents, tel est le droit absolu de tout enfant... prescrit: l’école «ordinaiL are»loialel’obligation de l’accueillir. ontacté par l’Association des défi- de la section randonnée pédestre de la VSOP n’a pas hésité une seconde: «Cette rencontre pouvait, en joignant l’utile à l’agréable, diversifier nos activités ». Un beau dimanche, huit malvoyants ou aveugles avec sept chiens guides et des accompagnateurs voyants, soit vingt-six personnes au total, s’engagèrent donc en forêt de Ferrières. «Notre handicap nous permet de développer certains sens: l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût; mais nos sensibilités sont les mêmes que celles des voyants», expliqua Sophie, aveugle de naissance. Journaliste, elle travaille sur son ordinateur (clavier tactile) et à la radio. «Les aveugles acquérent une parfaite autonomie et nous n’avons eu nul besoin de les materner, constate Henri, un accompagnateur. Le pique-nique permit des échanges enrichissants et le retour s’effectua dans la joie et la bonne humeur. Depuis lors, j’oublie mes petits bobos pour avoir un autre regard sur la vie». ROGER COLLERAIS N B: Une nouvelle sortie est prévue dimanche 14 mars pour la randonnée de la mi-carême. Ricochets - n° 13 mars-avril 2004 (1) Environ 2000 handicapés légers, 600 handicapés sévères et plus d’une centaine de fauteuils roulants. Il existait il y a une dizaine d’années à Ozoir une section handisport. Elle a disparu, faute d’effectifs. Une telle organisation ne peut être envisagée que dans le cadre d’une intercommunalité. À Metz, des places pour les fauteuils roulants sont systématiquement aménagées dans les tribunes des équipements sportifs et culturels. Une balade presque ordinaire C cients visuels qui propose des sorties en Ile-de-France, Henri Daëns, président sible dans un cadre ordinaire de travail et de vie. Parallèlement sont créées la Commission Technique d’Orientation et de Reclassement Professionnel (COTOREP) pour les adultes à partir de 20 ans, ainsi que les Commissions Départementales de l’Éducation Spéciale (CDES) pour les enfants et adolescents. Malgré la nette avancée, médecins, éducateurs, associations, handicapés euxmêmes ont reproché à cette loi sa globalisation sans finesse et son trop grand flou permettant toutes les interprétations. Les récentes modifications proposées à l’issue de «l’année du handicap» (elles offrent en particulier une amélioration de la situation financière de la personne handicapée) ne semblent pas prendre mieux en compte la diversité des problèmes. Pour les classes maternelles et primaires, enseignants et municipalités unissent leurs efforts en ce sens (1). À Ozoir, ces dernières années, aucun problème insurmontable ne s’est présenté. Écoles et collèges, avec la plupart des classes de plain-pied, ignorent les difficultés d’accessibilité. Marie Laurencin accueille actuellement une élève en fauteuil roulant et l’école primaire Belle-Croix en compte deux. Les autres facteurs handicapants sont étudiés au cas par cas dans les bureaux de la CCPE, dans une aile de l’école Arluison. M. Sivadier, qui en est chargé, précise: «Nous tentons toujours l’intégra- tion, même si celle-ci, parfois, est très difficile et se limite à moins d’une heure par semaine. Chaque dossier est soigneusement étudié avec les parents, les enseignants, psychologues, ergothérapeutes et médecins scolaires. Nous n’avons jamais rencontré de difficultés avec les municipalités successives lorsque des aménagements (de locaux ou de personnel) ont dû être envisagés.» Un enfant handicapé compte pour deux dans l’effectif d’une classe. Des Assistants de Vie Scolaire sont détachés pour apporter une aide matérielle dans les cas lourds «Mais, déplore monsieur Sivadier, ce sont des emplois à temps partiel, mal formés et mal rémunérés, ce qui n’as- sure aucune stabilité.» L’enseignement scolaire est souvent complété par des soins à la maison assurés par le Service d’Education et de Soins Spécialisés à Domicile (SESSAD). Il arrive que des enfants ne soient pas immédiatement scolarisables en milieu ordinaire, on les fait alors passer par la classe d’intégration scolaire (CLIS) qui, pour une raison d’effectif, est actuellement située à Roissy-en-Brie. Outre l’évident bénéfice retiré de son intégration scolaire par l’enfant handicapé, sa présence constitue un plus pour ses petits camarades qui apprennent ainsi à ne plus craindre la différence et à se montrer spontanément solidaires. (1) Sous les directives de la Commission de Circonscription pour le Préélémentaire et Elémentaire (CCPE) et avec l’aide du Réseau d’Aide aux Enfants en Difficultés (RASED). 5 culture exposition spectacle I’eau source de vie la 4 nuit de la poésie e L’«Exp’eau solidarité» invitera, début mai, à un passionnant voyage sur la planète H2 O. L’argent récolté lors de cette manifestation, imaginée et mise en chantier par l’antenne locale du Secours populaire, financera un ouvrage hydraulique en Afrique. Q ue d’eau, que d’eau!». S’il était encore de ce monde, le président Mac-Mahon en perdrait son discours comme devant les crues de la Garonne. Du 5 au 11 mai, l’Espace Besson ouvre grand les vannes à une exposition consacrée au plus précieux des trésors. Une dizaine de stands thématiques, un décor inédit, des jeux, des projections de films, des baptêmes de plongée dans la piscine municipale, un concert de «chansons aquatiques» et un débat pour ne parler que d’eau. Sous toutes ses formes et dans tous ses états. Douce ou de mer, pure ou polluée, convoitée ou gaspillée, source de vie mais cause de mort lorsqu’elle vient à manquer ou s’avise à sortir de son lit. Le sujet semble si vaste qu’on en perdrait pied. C’est précisément la raison pour laquelle le Secours Populaire l’a choisi comme thème central d’une opération à la fois pédagogique et solidaire. « En mai 2002, Jack Havraneck, ingénieur en retraite avait, avec l’aide du designer Christian Ragot, mis sur pied une très belle exposition sur la vie en Afrique Subsaharienne au profit d’un village du Burkina-Faso. Cette fois encore, les «Lorsque l’on parle de développement, de mondialisation ou d’environnement, la question de l’eau est toujours présente. organisateurs visent le coup double. Un: sensibiliser les Ozoiriens et leurs enfants (plus de 1500 élèves des écoles sont attendus) aux enjeux de «l’or bleu». Deux: par le biais d’une vente d’objets d’art, récolter des fonds pour financer un ouvrage hydraulique de l’autre côté de la Méditerranée. « Pour aider le Secours Populaire à dresser cet aqueduc symbolique entre deux continents: l’UNICEF, l’UNESCO, la Ligue de Protection des Oiseaux, la Fédération d’Études et de sports sous-marins, le Laboratoire de météorologie dynamique de Paris V, la Société de gestion des eaux de Paris ou encore La Générale et la Lyonnaise des Eaux. En tout quinze participants, chacun apportant son eau au moulin jusqu’à aborder cette certitude (thème du débat organisé le vendredi 9 mars): «L’eau est aussi nécessaire que l’air pour vivre». Maud Fontenoy, première femme à avoir traversé l’Atlantique à la rame et marraine de cette «Exp’eau» en sait quelque chose: privée d’eau douce au dessus d’un océan, elle avait du boire son urine pour ne pas mourir déshydratée. Une histoire qui ne manque pas de sel pour souligner tous les paradoxes de l’eau. FLAVIEN PLOUZENNEC E lle égaye la vie des amoureux de belles phrases et de beaux sentiments notre nuit de la poésie et, cette année, nous avons décidé de vivre la modernité. Au placard (doré) les vieux copains Hugo, Prévert, Vian et consorts. Place aux poètes vivants». Enfoncé dans son fauteuil de cuir, Claude Le Bihan, Officier des Arts et des Lettres, ancien Directeur de l’Action culturelle à «Télérama», fait répéter ses troupes. C’est à peine s’il consent à s’extraire quelques minutes de sa tâche pour répondre au questionneur. L’heure est aux derniers ajustements et le maître est difficile. «Les auteurs modernes ont l’audace d’être limpides, écoutables par le commun des mortels», lâche-t-il en bougonnant. Puis, l’enthousiasme reprenant le dessus: «Il faut partir à la découverte des merveilleux poèmes de Jacques Lacarrière, Andrée Chedid, André Welter, Jean l’Anselme, Thierry Renard, MarieClaire Blanquart, Seyhmus Daktekin... et de tous ceux que Gallimard a eu la bonne idée de regrouper dans une anthologie poétique intitulée «Une salve d’avenir, l’Espoir». C’est un régal». L’espoir: ce sera le thème de la nuit du 13 mars qui, l’habitude en est désormais prise, se déroulera dans les beaux bâtiments du lycée Lino Ventura. Gageons que Françoise Dellyes, Catherine Dumontier, Dominique Humeau, Josyane Kruger, Huguette Le Bihan, Isabelle Soulié, Anaïs Souquet, portrait Franck et Juliette Du 18 mars au 11 avril, Salle Gaveau à Paris, Franck Steckar, accompagnera Juliette, pour un show anniversaire. «Ricochets» saisi cette occasion pour faire plus ample connaissance avec ce persussioniste, pianiste et accordéoniste, installé en famille à Ozoir depuis dix-huit ans. I « l manque pas d'air celui-là!». Dès la première répétition, voilà qu'il fait du gringue à la copine de la «patronne». «Une drague volontairement grotesque», nuance l'intéressé. Elle provoquera d'ailleurs un grand éclat de rire, prompt à détendre l'atmosphère et sceller le début d'une belle histoire. Celle de Franck et Juliette, douze ans de musique commune, six albums et des concerts par centaines. Juliette Nouredine: artiste en chair et en gueule, poète et trublion de la chanson à texte, sacrée sur le tard «Révélation de l'année» aux Victoires de 97. Franck Steckar: yeux farceurs et houppette à la Tintin, musi- 6 cien multicartes (percussions, piano et accordéon), installé en famille à Ozoir depuis dix-huit ans. Les deux se produisent, avec le reste de leur bande, à partir du 18 mars jusqu'au 11 avril, Salle Gaveau à Paris. «Juliette, 20 ans, ma vie, mon œuvre, mon orchestre»: un show anniversaire qui revisite la déjà longue carrière de la «mécano des mots», sous la forme d'un contrôle technique bidonnant. «La salle va devenir un garage sponsorisé par Dunlop et Uniroyal, avec musiciens en bleu de travail et vidange du piano», se marre Franck Steckar, nommé pour l'occasion «responsable des soufflets et vilebrequins». Ce job, tout ce qu'il y a de plus sérieux, le musicien le décroche en 1992, quand son ami pianiste Michel Goubin, lui parle des projets de Juliette, figure des pianos-bars toulousains révélée quelques années plus tôt au Printemps de Bourges. «Elle faisait des one-manshow et voulait monter un orchestre. Moi je n'avais jamais entendu parler d'elle. La chanson, ça n'était pas trop mon truc», se souvient Franck Steckar qui, à l'époque, réserve l'essentiel de ses talents au jazz et au rythmn'blues. «On a réussi à mettre en place une cohabitation extraordinaire, très riche. Juliette sait mettre en valeur ses musiciens, laisse beaucoup de champ libre». On s'est aperçu que nos deux pères se connaissaient». Comme celui de Juliette, le père de Franck est musicien. Une sacré pointure même. Tromboniste et tubiste, Marc Steckar a joué avec Aznavour puis Nougaro, et posé sa griffe en studio sur plus d'une galette. Le fils, né en 1964, a profité de l'ADN et des encouragements pour endosser la carrière. Après quelques studieuses années de piano - poursuivies en autodidacte - Franck opte pour les percussions. A 20 ans, il décroche le premier prix du Conservatoire National de Paris. Son père lui offre aussi son premier contrat en l'intégrant au Tubapack, un combo jazz de renommée internationale. Il y restera jusqu'en décembre dernier, date de la dissolution de l'orchestre. Fidèle mais «jamais exclusif», intermittent invétéré et militant - «Moi, ça va, j'ai fait mes heures. Mais beaucoup d'autres risquent de se retrouver privés de droits» - Franck Steckar s'est construit entretemps un CV aussi vaste que sa curiosité. Il a collectionné les groupes de jazz et les orchestres classiques, accompagné des dizaines d'artistes sur scène (Nino Ferrer, Gilbert Lafaille, Lio.), mis ses talents d'arrangeur-compositeur au service de jeunes chanteurs de variété. Aujourd’hui, il assure l'intérim pour «Capt'ain Mercier» (rythm'n blues) et reste un incontournable de «Mama Kaya» et ses spectacles pour enfants. Des enfants, ce papa cool de quarante ans marié à un professeur de physique chimie, en a deux. Une fille et un garçon avec qui il partage son autre passion, celle de la plongée sous-marine. Inscrit en famille au club local, le pianiste adepte du monde du silence s'offre, dès qu'il le peut, une petite escapade en Mer Rouge. «C'est assez magique. On a le sentiment d'appréhender un univers qui n'est pas le sien et auquel on apprend à s'adapter». Un exercice dans lequel le musicien de Juliette est aujourd'hui passé maître. FLAVIEN PLOUZENNEC Ricochets - n° 13 mars-avril 2004 Calixte Vernhes, Jean-Pierre Le Cazoulat, Léon Amégan, François Carbonel, Augustin Raimbault, Claude Le Bihan..., toute la bande du groupe des poètes de «Paroles d’Ozoir», sauront faire passer le message avant d’ouvrir la voie au bonheur en musique. Vente de mimosa, courant février, dans la galerie commerciale du Carrefour de Pontault-Combault. Le but du Lions Club d’Ozoir est de trouver l’argent nécessaire au financement des frais d’éducation de chiens-guides qu’il remettra ensuite gratuitement aux non-voyants. Car, cette année, Euterpe accompagnera ses sœurs Erato, Polymnie et Calliope en revêtant, de prime abord, les traits d’Audouy, Brunet et Renault. Ces trois-là sont imprévisibles: on prend avec eux un ticket pour les bords de Marne et on se retrouve en plein océan Atlantique au milieu des flibustiers. M’étonnerait pas qu’ils interprêtent des chants de marins... Après quoi Claude et ses copains nous présenteront Clovis et son ami Le Marquis. Clovis, c’est un extraterrestre, ou plutôt un extralunaire. On a dit de lui un jour qu’il était un bienfaiteur de l’humanité. C’est parfaitement exact... Musicien virtuose, ancien de la célèbre fanfare des Beaux-Arts, il joue d’une trentaine d’instruments dont un bon nombre sont issus de son imagination. Le saxo et la flûte voisinent avec la râpe à fromages et la poêle à marrons; la guitare et l’accordéon font bon ménage avec le gainsbourophone, le saucisson et le chandelier. Clown, musicien, chanteur, chansonnier, poète farfelu, tel est Clovis dont le spectacle, truffé de gags, mené à un rythme délirant, enchante, étourdit et nous fait quitter les rivages saumâtres de la morosité quotidienne. Ça n’est pas remboursé par la Sécu, mais ça devrait. ANTOINE BOUGOT barres à mine, bêches, burins, poinçons, ciseaux à brique, pioches... La TAILLANDERIE 8, rue Lavoisier - BP 71 - Z.I. d’Ozoir-la-Ferrière 01.60.02.94.60 Ricochets - n° 13 mars-avril 2004 association On pourrait, en croisant ces distingués messieurs du Lions d’Ozoir, s’imaginer qu’ils s’en vont à leur club pour y jouer au bridge ou fumer un cigare. On aurait tort. le Lions Club: british et efficace Dès la première édition du téléthon, les Lions de France ont été les partenaires de l’Association Française de lutte contre les Myopathies (AFM). Ils eurent à gérer, les centres téléphoniques de promesses de dons et leurs 4000 lignes. a première chose que nous offrons, c’est du temps, pas de l’argent: quand on entre au Lions, on le fait pour servir». Comme tous ses prédécesseurs à la Présidence du Lions Club d’Ozoir (le renouvellement du poste est annuel), François Coudray est ferme sur les principes qui définissent l’éthique du Lionisme. «Si un doute s’élève quant à la valeur morale de ma position, ou de mon action envers les autres, je dois prendre le doute contre moi-même», liton dans la charte d’un mouvement dont les membres s’essaient à vivre un humanisme moderne. Avec, par ailleurs, un constant souci d’efficacité dans l’organisation des multiples actions qu’ils mènent dans les domaines médical, social et culturel... Car les Lions participent aussi bien à l’implantation de centres de soins dans les pays en voie de développement qu’à la création de bibliothèques sonores pour les personnes sourdes (mise à disposition de cassettes de livres lus et enregistrés par des bénévoles). Ils peuvent encore offrir aux enfants défavorisés des séjours en vacances à la mer, à la montagne ou en forêt, financer un concert philharmo- L « nique, participer à un projet éducatif, acheter deux tonnes de conserves pour un centre d’action sociale, soutenir un projet local d’insertion pour un jeune RMIste... On pourrait allonger cette liste à l’infini tant l’activité est protéiforme. Les organisateurs des Dicozoir le savent bien, eux qui reçoivent chaque année l’appui de Lions à l’efficacité appréciée. L’autre caractéristique des actions du Lions local est l’originalité. Ne va-t-il pas, le 28 mars, organiser une «journée golf» à Ozoir pour soutenir financièrement la lutte contre certaines formes de cancers touchant les enfants? Les aides ponctuelles (offre d’un ordinateur à une jeune handicapée, financement Les recet es d’une classe partie pour gravir le toit de l’Europe...) alternent avec des mobilisations plus larges, par exemple lors de tempêtes ou de tremblements de terre... Majoritairement issus de professions libérales, les membres du club sont intronisés après une période durant laquelle le postulant découvre «que l’on n’entre pas dans ce club comme on va au marché». Quant aux Lionnes, on les voit en maintes occasions soutenir leurs époux. Aussi ne comprend-on pas toujours très bien pourquoi le club local n’a pas opté, comme d’autres, pour une moderne mixité. Mais il est vrai que cet aspect très british fait aussi partie du charme indéniable du Lions Club d’Ozoir. J.-L. S cuisine de Françoise Il n’est pas une fête, pas une manifestation à laquelle Françoise soit invitée, sans qu’on la voie arriver les bras chargés de plateaux aux contenus multicolores. Et c’est tellement délicieux que tout est avalé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire… «Vous l’avez dit, commente Françoise. Les gens avalent, on se demande s’ils font seulement attention à ce qu’ils mangent. Pourtant, c’est rien que du bon, varié et si possible pas trop courant. La base, c’est du bon pain de mie. Il faut prendre des grandes tranches plutôt que les petits carrés, c’est plus économique et plus moelleux. On enlève la croûte et on les coupe en quatre, ou en deux triangles. Pour la garniture, j’écrase tout. Alors il y a plusieurs variantes. Gros succès, en général, pour celle-là: fromage bleu (roquefort ou bleu d’Auvergne, ou autre à votre goût) pilé avec des noix et un peu de beurre (Vous n’y mettez pas un petit alcool, cognac ou marc, demande la rédactrice? Si vous voulez, répond Françoise, mais ça cache un peu le goût du fromage). Dernièrement j’ai innové et ça a beaucoup plu: j’ai fait cuire des poivrons rouges dans de l’huile, tout doucement et assez longtemps, puis je les ai écrasés avec du saumon frais juste poché et quelques gouttes de tabasco pour relever (il faut toujours que ce soit bien relevé, ces petits trucs), c’est très bon et c’est joliment coloré. Pour contraster en couleur, à côté on peut faire olives vertes ou noires (toujours écrasées) et un peu d’huile d’olive. Pour rester dans les tons verts: avocats avec citron et tabasco. Et à côté de ça une touche de rose clair: jambon malaxé avec un peu de beurre et du poivre. Après, il y a les plus classiques: le pâté par exemple. Là il faut relever mais aussi acidifier. On mettra donc des herbes, estragon, aneth ou ciboulette, et puis des cornichons ou des olives. N’oublions pas le classique thon adouci par l’huile d’olive et réveillé par le citron. Et on ne manquera pas de rester dans la tradition française avec la bien classique petite rondelle de saucisson sur pain beurré, surmontée d’un cornichon. On remarquera qu’il n’y a nulle part d’oignon ou d’ail: pensons à l’haleine fraîche pour les conversations de coktail!» La rédactrice, décidément bien intempestive aujourd’hui, ajoute que chez soi, si on ne veut pas bourrer le bidon de ses invités avant de leur servir un délicieux dîner, on peut mettre toutes ces bonnes et belles préparations sur des tranches de concombre ou de radis noir, ou en garnir de petites feuilles d’endives. PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE MONIN SOULIÉ 7 quelques nouveaux commerces Pépins et mandarine La boutique de Marion a ouvert le 20 décembre et compte déjà plus de mille pièces. Dans ce dépôt-vente de vêtements pour enfants de 0 à douze ans, vous trouverez aussi des jouets premier âge, des articles de puériculture (landaus, lits pou bébés etc.), des vêtements de grossesse, le tout en excellent état. 79, avenue du Général de Gaulle. Ouvert du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h. Tél.: 01 60 02 20 39 L’élégance en rondeur Ozoir 77 Prêt à porter homme fashion Avec sa boutique branchée pour homme, Mademoiselle Sorin veut "amener la mode parisienne chez nous à des prix cassés". Elle propose jusqu'à 50% de réduction sur certains articles par rapport aux prix pratiqués dans la capitale. Ses marques: B&B (son premier fournisseur), Costello, Hispanic, qu'elle est la seule à distribuer dans la région. 13, avenue du Général Leclerc ouvert de 10h30 à 12h30 et de 15h30 à 20h (sauf Dimanche, Lundi matin et Jeudi matin) Samedi ouverture non stop. Chez «Modes 77», rue Auguste Hudier, à deux pas de «Franprix», Martine Girod habille la femme du 40 au 54. Voire plus... L ’activité du vêtement est devenue diffcile depuis une dizaine d’années. Les habitudes on changé, on s’habille moins et on dépense davantage dans le loisir. Autrefois, on s’habillait le dimanche ou pour aller dîner dehors. Maintenant, c’est le tout jean, même pour certains mariages. Liberté retrouvée, certes, mais on peut avoir des regrets: c’est une belle chose de porter des vêtements élégants...». Malgré ces constats, Martine Girod n’est pas mécontente de la fréquentation de sa boutique «Modes 77». L’accueil amical qu’elle y offre, ses conseils pertinents, la qualité des marques proposées, les retouches gratuites, tout lui assure la fidélité de sa clientèle. «Parfois même les mères de mes clientes, qui habitent en province, viennent chez moi quand elles ren- « M. Giorgio, le promotteur du projet... dent visite à leurs filles». Et pour peu que l’on soit dotée de quelques rondeurs (il paraît que la mode y revient), on est assuré de trouver sur les portants la petite robe, l’ensemble, la jupe ou le pantalon qui vont bien tomber. «C’est une question de coupe, commente madame Girod. Les bonnes marques (Karting, Virginie, Claude Havrey, Rondissimo, Coutureine...) savent placer la pince qu’il faut, l’empiècement qui décolle le vêtement, la taille élastiquée qui assure le confort. Et avec de jolies étoffes, des couleurs gaies, même les femmes un peu fortes éprouvent un réel plaisir à s’habiller». Depuis quelques temps, la boutique n’est plus ouverte le dimanche matin: «La réduction du temps de travail incite sans doute un grand nombre de familles à s’absenter le Pain Fanny week-end, suppose Martine. Inutile donc de faire de la présence pour ne voir personne. En revanche, «Modes 77» travaille bien le vendredi: les habitudes d’achat se seraient-elles déplacées? Martine ne pense pas que la proximité de la galerie commerciale de Pontault puisse lui faire du tort: «Je ne propose ni les mêmes produits, ni le même service». Visiblement, elle n’est pas près de perdre son beau sourire chaleureux. ÈVE ALFONSO Le ranch 77 Ouvert depuis le 2 mars, sert sur place et livre gratuitement pizzas, menus tex-mex ou grecs, salades et sandwichs. 4, avenue Grimeler, ouvert 7 jours sur 7 de 11h à 14h30 et de 18h à 22h30. Fermé le Dimanche midi. Tél.: 01 64 40 01 01 , «Modes 77», 8, rue Auguste Hudier. Tél.: 01.64.40.13.41. Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h 30 et de 15h 30 à 19h 30. Ouvert le dimanche matin sur rendez-vous. Fermé le lundi. Retouches gratuites. Une grande surface La réception des premiers vêtemnts, quinze jours avant l’ouverture du Vétimarché. s’ouvre à Ozoir (suite de la première page) ou chez Virgin». Cinq vendeurs spécialisés ont été recrutés et un point d’accueil central est prévu pour ceux qui ne souhaitent pas passer des heures à chercher. «Un plus par rapport aux hypermarchés où ce service est inexistant», constate M. Vander Plaetse. de l’ado à la mamie Du côté de Vétimarché, Sandra, 26 ans, fille de Roberto, se montre pleine d’une juvénile ardeur. Son objectif: proposer des vêtements de qualité pour hommes, femmes et enfants à des prix raisonnables. Cible prioritaire: les moins de trente-cinq ans... mais pas seulement. Des marques, bien sûr, et le service comme petit plus: retouches gratuites, paiement en trois fois sans frais et douze personnes pour conseiller la clientèle le désirant... «Je crois Casa Ouvert depuis le 5 février, c’est un termmial de cuisson haut de gamme pour un pain de qualité. Les croissants au beurre des Charentes sont délicieux, et les panini maison et pan-bagnats, bien appétissants. Avec sa dizaine de tables, cet endroit convivial est à l'image des patrons: très sympatique. Notez la formule café-croissant pour 1 euro 50, et la pan-bagnat au Nutella qui a déjà ses accros. 1, rue Danton, ouvert de 7h30 à 19h; le samedi jusqu'à 16h, fermé le dimanche. Tél.: 01 60 02 49 79 que nous sommes en mesure de répondre aux attentes de l’adolescente moderne, de sa mère qui travaille et a besoin de changer de tenue tous les jours, et de sa grand mère, mamie moderne qui s’habille dans le coup mais cherche quelque chose d’adapté à son âge. Quant aux hommes, ils trouveront enfin chez nous ce qui leur a fait si longtemps défaut à Ozoir» constate Sandra Giorgio. «L’ouverture du centre commercial de la rue François de Tessan, loin de nuire au commerce local, va créer une dynamique qui profitera à l’ensemble du commerce local». affirme son père. Un point de vue partagé par beaucoup de commerçants, même parmi ceux directement concernés. Certains toutefois reconnaissent qu’ils craignent un peu cette concurrence nouvelle. JEAN-LOUIS SOULIÉ LUBE Design over Sandra Giorgio qui prend la direction de Vétimarché Frank Vander Plaetse gèrera l’«Espace Temps» MEUBLES DE STYLES ANCIENS DENNEMOR Cuisines - Salles de bains Rangements Maison Fondée en 1870 41, Av. du général De Gaulle 94510 LA QUEUE EN BRIE (N4) 01 45 76 30 19 20 bis, avenue du général Leclerc - 77330 Ozoir-la-Ferrière Tél.: 01.60.34.55.55. Fax: 01.60.34.55.58. E-mail: [email protected] 8 Ricochets - n° 13 mars-avril 2004
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