maladies et troubles divers affectant les citrus au maroc
Transcription
maladies et troubles divers affectant les citrus au maroc
MALADIES ET TROUBLES DIVERS AFFECTANT
LES CITRUS AU MAROC
H.
CHAPOT
et J. CASSIN
SouuetnE
-
Maladies à virus
Maladies cryptogomiques
Carences
Alfections phYsiologiques
Allections génétiques
Conclusion.
Les citrus au Maroc, comme dans tous les autres pays producteurs,
payent un large tribut à diversesmaladieset troubles,dont la gravité varie
dans de larges proportions avec I'affection considérée.
Dans le but de lutter contre celles-ci, ou dans les cas les moins
favorables de composer avec elles, une recherchesystématiquede tous
les troubles affectant les citrus a été conduite depuis plusieurs années:
elle a abouti-à l'établissementdu bilan que l'on trouvera ci-après.
Ce bilan peut paraître lourd, notammenten ce qui concerneles maladies à virus. Ilierait toutefoiserronéd'en conclureque la situationsanitaire
est plus grave au Maroc que dans certains autres pays.méditerranéens
donf les communicationsà ce sujet paraissentplus optimistes.Il est probable, en efiet, que ces difiérencesne sont qu'apparenteset que les pays
dans lesquelsla situation semble la plus favorable sont ceux qui ont le
plus à progresseren matière de recherches.
MALADIES A VIRUS
Pendant très longtemps les maladies à virus n'ont pas présenté
apparemmentde dangerau Maroc du fait que leurs symptômesétaientpeu
apparentsou passaientinaperçus,qu'on les connaissaitmal et que la
Al Awamia l, pp. 107 à 142, octobre 1961.
108
H. CHAPOT ET J. CASSIN
culture traditionnelledes citrus utilisait surtout la propagationpar semis,
notammentpour les orangeslocaleset pour certainscitrons et limes.
L'ère de la culture commercialemodernedevait faire apparaîtreplus
complètementle problème des viroses,non seulementparce qu'on commençait à multiplier les citrus par voie de greffage,mais aussiparce que
les introductions de greffons ou de plants greftés entraînaienten même
tempsla multiplication de lignéesmalades.Enfin, la reproductionintensive
de certainesvariétés(orangesWashingtonet Valencia en particulier) par
certaines pépinières à partir d'un nombre très réduit d'introduotions
presque toutes infectées,a multiplié sur une grande échelle le nombre
d'arbresmalades.
Tristeza
Aucun déclin plus ou moins rapide et pouvant faire soupçonnerla
tristeza,tout au moins soussa forme typique,n'a jamais été observéjusqu'à
ce jour, bien que la presque totalité des orangeraiescommercialessoit
greftéesur bigaradier.
Néanmoins,depuisla note de WlrrecB et DRAKE(15) sur le citron
Meyer, une importanceplus grande a été accordéeau cas de cette variété
dont il existeau Maroc deux ou trois plantations,ainsi qu'un nombreréduit
d'arbresisolés.Depuis de nombreusesannéesles plants de citron Meyer
grefféssur bigaradierprésentaientdes anomaliesdifficilement explcables
et une très mauvaisevégétation,alors que greffés sur Rough Lemon le
comportementétait correct. L'hypothèsede la présenced'un virus voisin
de celui occasionnantla tristeza donnait une explication plausible.
Les tests effectuéssur lime Mexicaine à partir d'yeux de citronniers
Meyer de diversesorigines ont montré une réaction positive. (tg. 1) *.
On pourrait donc conclure à la présence de la tristeza; mais cette
conclusionn'explique pas pourquoi la maladie ne s'est pas propagéeaux
autresagrumesdu Maroc qui sont tous grefféssur bigaradier.
D'autres testssur liùe Mexicaine sont en cours sur d'autresvariétés,
comme les Satsumas,et sur des arbres antérieurementsurgrefféset dont
I'intermédiaireest de nature douteuse.Enfin, tous les arbres dépérissants
et dont le dépérissement
ne peut être expliqué par d'autrescausesque les
maladiesà virus sont systématiquement
testéssur lime Mexicaine ou sur
lime Beledi.
':' Toutes les photographies illustrant cet article ont été prises par H. Cnepor,
MALADIES ET TROUBLES DTVERS DES CITRUS AU MAROC
109
Les résultats ne sont pas encore acquis, mais pour le moment rien
ne semble indiquer la présence de la tristeza typique au Maroc, d'autant
que les seedlings naturels cultivés de limes vraies (genre Beledi) ont un
comportement normal alors que ce ne fut pas le cas dans les pays où la
tristeza est apparue (Égypte, Ccngo, Gold Coast).
Toutefois dans diverses régions du Maroc, il a été observé un dépérissement assez rapide d'orangers des, variétés Washington et Golden
Buckeye notamment (fig. 2).Dans certains cas on observe une overlapping
bud union, comme dans le cas du déclin des citronniers, dans d'autres cas
le point de greffe est normal.
Cette maladie se traduit, outre le rabougrissement de l'arbre, par
le jaunissernentdu feuillage et parfois la mort. Une fenêtre pratiquée dans
l'écorce à cheval sur le point de greffe montre un très lort pi4holing sur
la facç interne de l'écorce, auquel correspond une très grande abondance
de petits prolongements en forme d'aiguille sur la face externe du bois
(fie.3).
Ces symptômess'apparententà ceux décrits par Rrlcuenr, BEN"TAL
et GtNssunc (12).
Les indexations en cours permettront de préciser s'il s'agit de la tristeza ou d'une autre maladie'n'ayantpas de rapport avec elle.
Signalonspour terminer qu'un souci a récemment surgi au Maroc :
la présenceindubitable de la tristeza-en Espagne et son apparente gravité.
Le Maroc, très proche de ce pays, en a importé beaucoup de matériel
végétal, dont certain est encore jeune ; si maintenant de telles importations
sont interdites, on peut toujours craindre cles introductions illégales, favoriséespar I'existencede villes espagnolescir ierritoire marocain. Tout le
programme de recherches sur les viroses des agrumes au Maroc doit
désormaistenir compte de cette circonstance.
Psorose
C'est la maladie la plus anciennementconluc au Maroc et on peut
dire que son apparition a coïncidéavec la création de plantationsd'orange
Washington,soit il y a environ 30 ans.
Mais cela ne veut pas dire que la psorosesoit limitée à cette variété,
ni surtout, comme certains auteurs méditerranéensvoudraient le faire
croire, absentedes variétésproprement méCiterranéennes.
110
H. CHAPOT ET J. CASSIN
La psorosea été reconnueau Maroc sur des variétésspécifiquement
méditerranéennes,
comme I'orange espagnoleCadenera (ûg. 4), et I'on
sait d'ailleurs d'après Ruccrrnr, que les variétés siciliennes d'oranges
sont aussi gravementaffectéespar la psorose.
Au Maroc, aprèsune périodependantlaquelle le scaly bark (psorose
A) fut considérécomme la forme la plus répanduede psorose,on tend
actuellementà estimer, au moins pour certainesrégions, que le concave
gum est prédominant(fig. 5).
Il ne semblepas gue la psoroseB ait été remarquée,non plus que
le crinkly leaf, mais pour cette dernièreforme de psorose,il conviendrait
d'étendreles observations,
car il est possiblequ'elle existe.
Pour le blind pocket (fig. 6), il est difficile de se prononcer, du fait
que certàins symptômessur tronc sont difficiles à attribuer au concave
gum plutôt qu'au blind pocket et dans certains cas on pourrait penser
que, sur un même arbre les deux maladiesexistent à la fois.
Sauf quelquestrès rares arbres (d'ailleurs porteurs d'autres maladies
à virus commele stubborn)il a étê jusqu'à ce jour impossiblede trouver
au Maroc des arbres suffisammentâgés (plus de 201ns) et dénués de
psoroseA, de concavegum ou de blind pocket parmi les deux plus intéressantesvariétésd'oranges: Washingtonet Valencia.
D'autre part, la pratique du surgreffage,trop abondammentemployée,
a déterminéI'infection de variétésqui n'étaientprobablement.pasatteintes
à I'origine.D'où une nouvellebasepour la difiusion de cette virose.
Xyloporose
Cette maladie est pendant longtemps passéetotalement inaperçue
alors qu'elle existe certainementau Maroc depuis 60 ou 80 ans, date de
l'introductiondespremiersplants greffésde mandarineCommune(appelée
Willow-leaf aux Etats-Unis).
En effet, on peut considérerque cettevariété est presqueentièrement
contaminéepar la xyloporose dans le bassin méditerranéen: Curros et
ah. (3) ont observéde 50 à 60 Vo d'arbrescontaminésen Égypte. Dans
d'autrespays la proportion est supérieure.
Au Maroc, le cas de la station expérimentalede Marrakech est typi
que : sur 116 arbresexaminés(mandarineCommunegrefféesur bigaradier)
appartenantà 10 originesdifférentes(Maroc, Espagne,Algérie, France),
54 montraient des symptômestrès nets (fig. 7), 7 étaientdouteux et 55
111
MALADIES ET TROUBLESDIVERS DES CITRUS AU MAROC
sans symptômes, ce qui ne veut pas dire qu'ils étaient obligatoirement
indemnes (tableau I).
Teslslu
I
Fréquence de la xyloporose sur mandarinier commun
(Station expérimentale de Marrakech 24 ans)
0nrcrne,
DU
GREFFON
A (Aleérie)
B
c
D
E (Espagne)
F
G
H
I (Maroc)
J (France)
NoMsnB
D'ARBRES
eXettIrXÉS
16
l6
t5
8
4
4
16
15
l5
Arbres grellés sur bigaradier
Not,tsne D',rRBRES
AVEC DES
syrrlprôups
venquÉs
Novnne
o'lnsnrs
No:rtsnB o'ltgtes
SANS
DOUTEUX
svuprôuBs
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0
I
I
0
0
0
0
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1
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t4
7
0
2
5
4
2
I
10
t4
J
L
J
I
0
116
Une autre introduction de greftonsest à I'origine de la xyloporoseau
Maroc : il y a de nombreusesannées,des arbres d'orange SHnvIourt
greffésmoitié sur bigaradier, moitié sur lime douce de Palestineont été
importés de Palestine.Tous les plants étaient infectés et présentaientdes
symptômescaractéristiques
surtout ceux sur lime douce (fig. 8).
L'observationdes nombreux tangelosintroduits au Maroc (8 variétés
vieilles lign{es, 10 variétés nucellaires) n'a pas montré de symptômes,
notammentIo tangelo Orlando vieille lignée, particulièrementsensible.
Cette dernièrevariété est formée d'arbresvigoureux à haute productivité.
La lime douce de Palestine,très sensibleà la xyloporose,est assez
cultivéeen milieu traditionnelsousle nom de Lemoun Helou. Les arbres,
qui sont desseedlings,
ne présententpas jusqu'àce jour de symptômesde
xyloporosedans le bois, non plus que d'autres variétés de limes douces
probablementidentiques(synonymes): Brazil Sweet et Columbia Sweet.
Enfrn, on doit signalerI'existencede plants de Clémentinier atteints
de xyloporoseet découvertspar ClnpnNrEn en 1959. Quelquesorangers
lt2
H. CHAPOT ET J. CASSIN
Washingtonle sont aussi,ayant probablementété surgrefféssur des mandarinierscommuilsdéjà porteursde la xyloporose.
Mis à part le cas de la mandarineCommunequi est grave comme
on I'a vu, la xyloporosene peut être considéréepour I'instantcommeune
virose économiquement
importante.
Néanmoins le surgreftagede la mairdarine Commune, variété dont
I'intérêt commercial est -.ombéà presque rien, par d'autres variétés plus
intéressantespoJr I'exportation. (Clémentine, oranges Washington et
Valencia), a entraîné une transmissionde la xyloporoseque portait le
mandarinier Commun, aux variétésainsi grefféessur lui et qui probablement, notammer.tdans le cas du Clémentinier,n'étaient pas porteuses
de cette virose.
Exocortis
L'estimationde la présencede I'exocortisa été pendanttrès longtemps rendue difficile du fait de l'absenced'un test rapide et aussi du
fait quc le trifoliata n'a jamaisété employécommeporte-greffeen culture
commerciale.On ne connaît qu'un petit nombre d'arbres,généralement
cultivés à titre d: curiosité, qui soient greffés sur trifoliata.
Il est donc difticile de juger de l'importancede I'exocortisd'autant
qu'avant de pouvoir réaliser l'étude exacte de la maladie par test colorimétrique de Cnlros (4), on se trouve pour les arbres grefféssur trifoliata
dans les conditionssuivantes:
1. Aucun arbre ne présenteun tronc lisse et de diamètreégal audu point de greffe; tous les arbresmontrentun fort
dessuset au-dessous
bourrelet de grefie, avec la partie du tronc correspondantau porte-greffg
très canneléeet de fort diamètrealors que la partie du tronc correspondant
au greffonest lissemais d'un diamètrebeaucoupplus faible (fig. 9).
2. Dans qu:lques cas, à ces caractèress'ajouteun fort écaillement,
symptôme indubitable de la présencede I'exocortis (fig. 10).
STUBBORN sur orange Washington
(à gauche fruit normal, à droite fruit < en gland >)
SEPTORIOSE sur grapefruit Marsh.
Haut: IMPIETRATURA sur orange Washington
à gauche fruit normal, à dloite quatre fruits malades
le second fruit à partir de la droite rang inférieur montre les dépôts de gomme
dans I'albedo, le flavedo ayant été enlevé.
Bas: PANACHURE héréditaire sur orange Shamout,
(origine génétique).
MALADIES ET TR,OUBLES DIVERS DES CITRUS AU MAROC
It3
Mais le p{emier cas reste lnexpliqué: le mauvaisbourrelet de greffe
et le rabougrissement
de I'arbrequi I'accompagne
est-ildû à desconditions
physiologiquesnaturelles,ou bien est-il dû à une lignée bénignedu rrrus
de I'exocortisse différenciantd'une lignée virulentequi seuleproduirait
l'écaillement,selon I'opinion de Fuzen (6) ?
Il semblequ'on puisserapprocherdu cas de l'exoçortissur trifoliata,
celui des écaillements
sur lime Rangpur.Dans ce cas,et si la réactionde
la lime Rangpurest bien une réactionà I'exocortis,ce qui n'ostpas admis
par tout le monde,la situationapparaîtraitau Maroc beaucoupplus mauvaise,car tous les greffageseffectuéssur lime Rangpur ont échoué,en
particulier ceux de I'essaide porte-greftesde la station dtAin Taoujdat :
toutes les lignées de grapefruit Marsh et surtout la lignée fructifère de
clémentine sans pépins ont présentéau bout de trois âns seulementun
très net rabougrissementde I'arbre, et un très fort écaillementdu tronc
(fig. 11, 12, I3).
D'autre part, un autre essai de porte-greffeseffectué par I'Institut
Françaisde RecherchesFruitièresen Guinée à partir de greffonsoriginaires du Maroc a échouéexactementpour les mêmescauses: il s,agissait
de vieilleslignéesde citron Eureka, de grapefruitMarsh, dl,orangeValencia
et de-mandarineCommune.L'écaillementdu tronc se produisitextrêmement vite, entraînantla mort plus ou moins rapide des arbres.
Si donc la lime Rangpur est indicatrice de I'exocortis,les différentes
lignéesde variétéscommerciales
de citrus au Maroc sont infectées.
Toutefois, comme le bigaradier est le seul porte-greffe utilisé au
Maroc, I'exocortisn'a pas à ce jour présentéla moindre importance
pratique,au moins apparemment.
C'est cependanun des problèmcsimportants pour I'avenir, du fait qu'il limite dès maintenantla possibilité
des expérimentationssur citrange Troyer, le Maroc ne possédantpas de
lignéescertifiéesde greftons.
Stubborn
Si sessymptômesfurent décelésdèq 1949 au Mbroc, ce ne fut qu'en
1951 qu'ils furent attribuésà cette maladie,attributronconfirméeultérieurement
par Klorz en 1953et 7957,Curlns en 1955puis Cnrrns et
ClnpnNrBn en 1959(5), à I'occasionde missionsd'étudesau Maroc.
Le stubbornrestepour le mornentau premierplan despréoccupations
en raisondu peu de connaissances
quenousavonsen généralsur sescaractéristiqueset surtoutsur son modede diffusion.
tt4
H. CHAPOT ET J. CASSIN
Cette maladie est très généralementrépandueau Maroc dans toutes
les plantations(fig. 14 et 15), comme c'est le cas, à notre avis, dans
presquetous les autrespays du bassinméditerranéen.Sa vitessede diftusion n'a pu encoreêtre déterminéeexactement,mais certainesobservations
faiteé par I'un de nous tant au Maroc que dans d'autres pays au Moyen
Orient semblentimpliquer un vecteur extérieur, probablementun insecte.
Aux observationsque I'on possèdedéjà sur cette maladieen Arizona
et en Californie, et aux remarquesdéjà faites au Maroc, il semble qu'il
faille en ajouter d'autres récemmentfaites au Maroc et qui pourraient
dans une certainemesurerapprocher du stubborn la maladie du < greening u.
Ajoutons qu'à ce jou,r,'.aucun des arbres atteints de stubborn n'a
présentésur la face internè dé l'écorce ni sur la face externe du bois les
de la xyloporose,ce qui est une des
moindrespits et pegs caractéristiques
prêuvesde I'absencede rapport entre le stubborn et la xyloporose,l'autre
preuvedevantêtre trouvéedansles inoculationsen courssur lime doucede
Palestine.
Le stubborn affecte surtout les espècessuivantes: les oranges,qui
sont les plus touchées,notammentWashington,Surprise,Valencia, Grosse
Sanguine et dans une moindre mesure Hamlin, Tarocco, Petite Jaffa,
Shamouti, Vernia; les mandarines (Willow Leaf, Wilking, Temple et
Clémentine); les glapefruits qui sont les moins touchés'Rien de caractéristique n'a encoreété trouvé sur citronnier.
Inrpietratura
Cette maladie considéréepar Rucctnnl (13), qui la découvrit en
Sicile, comme une virose, est la plus récemmentreconnueau Maroc, bien
que sessymptômessoient connusdepuis 1934. Pour le moment son degré
de gravité n'a pu encoreêtre évaluéet elle est I'objet de recherches.
Ferment Gum (Rio Grande Gummosis)
Bien que l'agent causalde cette maladiesoit encoreinconnu, et qu'il
ne s'agissepas nécessairementd'une maladie à virus, il a semblé plus
commodede la classeravec les maladiesà virus, d'autant que certaines
de sesmanifestationsI'en rapprochent.
Cette maladie n'est pas rare ; elle affecte des citronniers Eureka et
Lisbonne, ainsi que quelquesvariétésd'oranges.L'importance des écoule-
MALADIES ET TROUBLESDIVERS DES CITRUS AU MAROC
115
mentsde gommevarie aussibien avecla saisonqu'avecle microclimat de
la région considérée.
Il n'a pas été possible d'évaluer I'importance économiquede cette
maladiequi semble,malgréles lésionsimportantesde l'écorceet le nombre
et la grandeur des plaies restant après la phase éruptive de la maladie,
sansinfluencesur la récolte (fig. 16).
La plantation de citronniersla plus affectéepar le Rio Grande gummosis a été constituée par des greffons choisis sur deux arbres (un
d'Eurekaet un de Lisbonne)très âgéset n'ayantjamais présentéle moindre
symptômede cette maladie.
MALADIES
CRYPTOGAMIQUES
Les maladies cryptogamiques sont après les maladies à virus les
parasites d'origine végétale les plus graves pour les citrus au Maroc. La
plus grande part de ce danger revient à la gommose à Phytophthora, le
reste des maladies fongiques n'atteignant pas au total la gravité de celle-ci.
Gommoseà Phytophthora
Les vieillesplantationsmarocainesd'orangersde semis,dont certaines
dépassent100 ans subsistentdifficilement en une lutte constantecontre
les Phytophthora, dont I'activité est intensifiée par I'augmentation des
facilitésd'irrigation.
Dans le reste du Maroc, tous les agrumesétant grefféssur bigaradier
(Citrus aurantiumL.),, les Phytophthorane causentde dégâtsque dans les
plantationsmal entretenuesou qui présententdes erreurs d'exécution,en
partiçulier un enterrementtrop profond du tronc, la partie sensiblede
I'arbre (oranger, citronnier, grapefruit) étant directement au contact du
sol : la maladie est notamment grave dans les terres lourdes du Gharb,
première région productrice d'agrumesdu Maroc.
Les porte-greftesautres que le bigaradier sont peu répandus: une
mode passagèrese porte sur le Rough Lemon, mode qui, si elle persistait,
pourrait se révéler désastreuse,les quelques essais déjà faits avec ce
porte-greffeayant abouti à un échecen raison de sa sensibilité aux Phytophthora,
116
H. CHAPOT ET J. CASSIN
Alternariose
L'alternariose (Alternaria citri Etrrs & PTERcE)est une maladie
afiectant presqueuniquementles orangesnavel et dont l'intensité de l'attaque varie largementavec les années.
Inconnue certainesannées,I'alternariosepeut en d'autres annéesà
automneet hiver pluvieux câuserdesdégâtsappréciables: c'est ainsi qu'en
novembre 1960, quelquesplantations de WashingtonNavel présentaient
de 5 à IO Vo de fruits très précocementcoloréset chûtant avant maturité
du fait de I'alternariose.
A signalerque souventcoexistentdansles fruits atteintsd'alternariose
des larves de la pyrale du caroubier (Myelois ceratoniae),sans qu'il soit
possiblede dire s'il s'agit d'un parasiteprimaire ou secondaire.
Aucun traitementn'est appliqué.
Melanose
La mélanose(Phomopsiscitri Flw.) fait depuis peu d'annéesdes
dégâtscroissants,en particulier dans le Gharb.
Sessymptômess'apparententà ceux du stem end rot américainmais
le plus souvent, la pourriture brune péri-pédonculairene se remarque
pas sur oranges,et la mélanosese limite à des plagesou plus fréquemment
à des larmes de couleur brune. Ces larmes semblent formées par des
développementsgommeuxproduits par les cellules des tissus situés sous
le flavedoen vue de s'opposerau développementdu mycelium (fig. 18 A).
Il ne s'ensuitpas toujours une pourriture très nette, le développement
du mycelium étant arrêté par la chaleur, mais les fruits restent profondément tachéset sont inexportables.
La pourriture humide du fruit est rare sur place au Maroc, mais se
rencontresur fruits originairesdu Maroc dans les pays importateurs,comme I'ont montré Monslu et MoREAU(9).
Si les dégâtsde la mélanosedevaientcontinuer au cours des années
futures dans la région du Gharb, il est certain qu'un traitement approprié
devrait être préventivementappliqué.
Septoriose
Les dégâtsde la septoriose(Septorlasp.) ne paraissentreconnusque
depuis peu d'années,mais semblent dans certaines régions comme le
MALADIES ET TROUBLES DIVERS DES CITRUS AU MAROC
ll7
Gharb (Sidi Slimane) et la région de Meknès, assezgraves pour que I'on
s'en inquiète.
La septoriose aflecte en premier lieu les grapefruits, et sur cette
espèceles cratères produits par le champignon peuvent atteindre d'assez
grandes dimensions. Les dégâts sont également sensibles sur oranges
Valencia (fig. 18 B).
Les pertes actuellement dues à la septoriose, qui rend les fruits
inexportables, justifieraient probablement un traitement.
Greasy Spot
Le greasy spot causé par Mycosphaerella horii Ha's.A,trouble depuis
longiemps la végétationdes agrumes,en particulier celle des grapefruits. en
occasionnantsur le limbe des feuilles des taches d'apparence huileuse, de
taille très vanable, couvrant rarement la totalité du limbe, mais confluant
parfois en larges plages, pouvant être confondues avec les dégâts de la
mélanose,bien que n'étant pas aussi protubérantes.
La chute de feuilles paraît insensible et à ce jour on peut considérçr
le greasy spot comme une affection sans gravité.
Stylar end rot
La cause réelle du stylar end rot n'est pas connue, et il n'est pas
démontré qu'il s'agissed'une maladie fongique ; certains auteurs y voient
une aftectionphysiologique.
Toutes les bergamotes cultivées au Maroc, malgré la diversité des
régions où elles végètent, sont affectéespar le stylar end rot. Il s'ensuit
souvent une très forte chute de fruits, qui serait catastrophique si cette
variété était cultivée à l'échelle commerciale.
Certaines limes (comme la lime Bearss) et quelques limettes (limette
Millsweet) montrent aussi de fortes attaques de stylar end rot.
Toutes les variétés attaquées étant seulement d'intérêt botanique et
n'étant pas à ce jour entrées en grande culture, le stvlar end rot ne peut
être considéré comme dangereux, d'autant qu'il n'a pas été rencontré sur
citrons, à rebours de ce qui existe en Clalifornie.
Chancre concentrique
Des cas de chancre concentrique (Fomes applanatus (Fn.) Glrr.)
ont été remarquées par CHII-ns (5) au cours d'une mission au Maroc
mais l'étendue des dégâts de ce champignon ne peut encore être évaluée.
118
H. CHAPOT ET J. CASSIN
Fonte des semis
La destructiontotale ou partielle de semisd'agrumesest un fait assez
courant. L'agent causalest difficile à isoler parmi les nombreux champignons rencontréssur les plantulesdétruites'
La fonte des sêmisaffectesurtout les plants croissantdansles milieux
anciennementinfectéset non traités.
Pourriture brune
Produitepar le mêmechampignonque celui occasionnantla gommose,
la pourriture brune occasionnequelquesdégâtssur les fruits (en particulier
les orangesnavels)des branchesbasses,sur les arbres plantés en terrain
lourd. C'est très souvent le cas lors des hivers fortement pluvieux dans
le Gharb.
En plus de la perte de fruits ainsi causée,il faut noter qu'un gland
nombre àe fruits pôurris sont récoltés avec le reste-et contaminentles
fruits sains avec lesquelsils sont entreposésdans les usines d'emballage.
Les dommagesne se révèlent qu'au cours du.'transportvers-l'Europe.
Moisissures
Les moisissuresn'ont pas d'importance commerciale s-ur pied au
Maroc. On ne peut platiquement rencontrer sur les arbres que la moisissure
verte(Peniciltiim digitatarnSlcc.) sur desfruits blessés.Certairiesannées,
il arrive, pour descausesnon encoreélucidées,qu'unepartie plus ou moins
gtande dé la récolte d'orangeséclate sur I'arbre ; les fruits sont aussitôt
ènvahispar la moisissureverte, mais celle-ci n'atteint que des fiuits déjà
rendus impropresau commerce.
La moisissureverte est toutefois un parasite majeur des fruits en
cours de transport.Des méthodesplus rationnellesde cueillette,de transport à I'usine et d'emballagediminueraientdans de grandesproportions
le développementde ce champignon.
Pourridié
Des cas de pourridié causépar la pourriture blanche(Rosellinianecatrix (Hmr.) Bnnr.) ont été reconnusen diversesrégions du Maroc: il
s'agit généralementd'arbresfortement irrigués et placésdansdes terrains
AeJaiUteprofondeur, une couche d'argile plus ou moins épaissecourant
non loin de la surface.
MALADIES ET TROUBLESDIVERS DES CITRUS AU MAROC
119
L'extension du pourridié à partir d'un ou plusieurs arbres atteints
et cette maladiene constituepas actuellementun
n'est jamaisconsidéra-ble
réel danger.
CARENCES
Les carences affectent beaucoup I'agrumiculture marocaine bien
qu'elles apparaissentcomme secondairesaux agtumiculteurs non prévenus.
Certainesd'entre-ellesseraientfacilementcorrigibleset à peu de frais,
entraînantainsi un substantielaccroissementdes récoltesen qualité et en
quantité, mais jusqu'à ce jour il ne semblepas qu'un effort réel ait été
fait en ce sens.
Zinc
La carenceeî zinc est universellementrépandueau Maroc et il ést
peu d'orangeraiesoù il ne soit pas possibled'en déceler les symptômes.
ÈUe est paiticulièrementmarquéi dans la zone côtière, notamment dans
où il n'est pas rare de noter une diminution très
les partiis sablonneuses,
nette de la taille des feuilles et un rabougrissementdes rameaux.
Ses symptômes,en particulier la marbrure jaune. des limbes, ont
souvent trndâo"" à dispaiaître en êté, faisant penser à I'agrumiculteur
que la carencea disParu.
Fer
La chloroseferrique produite par immobilisation des sels de fer en
milieu alcalin est très marquéedansle Souss,un peu moins dans le Tadla
et assezsporadiqueailleurs. Toutefois, les citronniers, quelle que soit la
région du^Maroc où ils végètent,montrent assezsouvent des symptômes
foliaires de cette carence.
La chloroseferrique est accentuée,notammentdans le Souss,par des
irrigationstrop importântes.Des essaisde traitementsont en cours, traitements à basede chelates.
Mcngonèse
La carenceen manganèseest rarement décelable,car sessymptômes
sont souventassociésà ceux de la carenceen zinc. Néanmoinselle a pu
être mise en évidencedans quelquescas, sur des arbres présentantun
124
H. CHAPOT ET J. CASSIN
feuillage de belle taille, alors que la carence en zlnc aurait entraîné une
diminution du calibre des feuilles.
Aucun traitement n'est effectué contre cette carence.
Magnésium
Comme pour la carence en manganèse,la carence en magnésium est
souvent masquée par les effets de la carence en zinc, et par là, difiicile
à identifier. Aucun traitement ne lui est appliqué.
Cuiwe
rapportés,
De rares cas de carenceen cuivre ont été anciennement
notammentsur citronnier,mais ils n'ont jamais pu être retrouvés,bien
qu'aucuntraiternentn'ait été utilisé.
AFFECTIONS PHYSIOLOGIQUES
Il n'est pas d'affection d'origine physiologique qui soit aussi grave
que le g<rulrcge (fig. 18 C).
Le gaufrage fait perdre au Maroc des dizaines de millions chaque
année en rendant totalement impropres à I'exportation des fruits qui, par
ailleurs, sont d'excellente qualité. De plus, certains fruits présentant du
gaufrage échappent au tri lors du conditionnement et après la mise en
caisseéclatent aux points de rupture causéspar cette maladie ; ils entraînent le développement de pourritures et de moisissures qui contaminent
les autres fruits et déprécient les lots à I'arrivée dans le pays importateur.
Le gaufrage est considéré par certains (2) comme étant en liaison
avec I'absorption du calcium, par d'autres comme étant en liaison avec
celle du potassium. Il n'a pas encore été possible de trouver la cause
réelle de ce désordre. Il semble de plus extrêmement lié à la migration
de I'eau dans la plante: le gaufrage est d'autant plus sévère que la saison
esi plus humide, que I'arbre est planté dans un terrain lourd où I'eau
s'accumule, etc. Les fruits les plus atteints sont ceux de l'intérieur de
I'arbre.
Cette affection ne semble avoir aucun rapport avec le degré de maturation du fruit, comme le pensent certains auteurs américains, et les fentes
de I'albedo peuvent se remarquer précocement sur des fruits encore très
loin de leur point de maturité.
MALADIES ET TROUBLES DIVERS DES CITRUS AU MAROC
t2l
Le gaufrage est connu dans pratiquement tous les pays agrumicoles:
il est connu sous le nom de creasing aux Etats-Unis et de arancio spigato
en Italie (11).
La découvertede la causeréelle du gaufrage,et probablement en conséquencede son traitement, constituerait une amélioration considérablede
I'industrie agrumicole au Maroc'
Il faut noter que certains auteurs ont confondu gaufrage, maladie
probablement physiologique, et soufflure ou boursouflement, phénomène
normal lié à la plerne maturation chez certaines espèces.
AFFECTIONS GENETIQUES
parmi les causes de diminution de la production au Maroc, il est
nécessairede citer divers troubles transmissiblespar greffage mais qui ne
semblent pas pathologiques, tout au moins trois d'entre eux, le quatrième
étant d'origine plus incertaine.
Panachure
Des panachures généralisées sont depuis longtemps connues sur
diverses variétés d'oranges, de citrons et de bigarades,les rendant propres
à un certain emploi ornemental.
Mais une panachure d'un type différent a été relevé dans une plantation d'orange Shamouti (Jaffa) : la panachure n'affecte que certaines branches de I'arbre et se remarque aussi sur les fruits qui présentent des plages
diversement colorées. Ce trouble est transmissible par greffage.
Crinkle scurf
Une plantation relativement âgée d'orange Yalencia Late compte un
grand nombre d'arbres dont -les feuilles sont ondulées et presque gaufrées'
Les fruits sont normaux. De jeunes plantations effectuéesavec des greffons prélevés accidentellement sur ces arbres ont reproduit ces malformations. Le rendement des arbres et la qualité des fruits ne semblent pas
afiectés. Ce trouble est décrit en Floride par KNonn (8) comme d'ordre
seulement génétique et non pathologique.
r22
H. CHAPOT ET J. CASSIN
Craquelures de l'écorce
Tous les arbresd'orangerShamouti(variété appeléeJaffa au Maroc)
présententsur le tronc et sur les branchescharpentièresdes fentessouvent
très allongées,disposéeslongitudinalementet sur toute la surface de
l'écorce.Ces fentesne s'ouvrentque très rarement à I'extérieur et tout en
laissantdes cicatricestrès visibles,ne semblentpas influer sur la végétation
des arbres.
Un phénomènevoisin seremarquesur les arbresde la variétêd'orange
sanguinePortugaise.
Il s'agit de troubles d'origine probablement génétiqueet de toute
façon sansgravité.
Déclin du citronnier
Tous les citronniers examinésau Maroc, à l'exception de très rares
individus, présententdes caractéristiquesmorphologiquesaberrantesqui
font penserqu'ils pourraientêtre porteursd'une affectionsérieuse.
Les tissusde grefton au-dessusdu point de grefte croissentexag&ément et recouvrentpeu à peu le point de greffe (overlappingbud union).
(fig. 17).
Si I'on pratique une fenêtre à I'endroit du point de greffe et à cheval
sur celui-ci, on observesur la face externedu bois, au-dessusdu point de
greffe (partie correspondantau greffon) de très profondes cavités longitudinalesauxquellescorrespondentsur la face interne de l'écorcedes protubérancesmarquées,allongéeset aplatiestransversalement.
De plus à la hauteur du point de greffe et sur la partie situéeimmédiatementau-dessus,on observeun très fin et très abondantpinholing sar
la face interne de l'écorce,auquel correspondla présenced'innombrables
petits prolongementsen forme d'aiguille sur la face externedu bois.
de I'arbre lui-même ne s'observepas toujours bien
Le dépérissement
qu'il ne soit pas rare. Toutefois tous les procédésde culture qui ont pour
résultatd'affaiblir I'arbre, en particulier la taille telle qu'on la pratique dans
le bassinméditerranéen,entraînentsoùventun déclin rapide de I'arbre et
sa mort. Tous les arbres en question sont grefféssur bigaradier.
La causeexacte de cette affection est inconnue: les arbres atteints
proviennentaussibien de souchesmarocainesque d'introductionsd'Algérie. Il est d'ailleurs à noter que cette affection est égalementcouranteen
MALADIES ET TROUBLESDIVERS DES CITRUS AU MAROC
t23
Espagneet en Italie. Il sembleque le déclin du citronnier pourrait avoir
desràpportsavecle sievetube neuosisétudiépar ScnNuorn (14)'
Bien que la culture du citronnier au Maroc n'ait pas une gtande
importancepar rapport à celle des autresespèces,le déclin du citronnier
,r'àt pur negtigeuUiecar il sembleque ses dégâtss'aggraverontau fur et
à mesureqr.é tét citronniersdeviendrontplus âgés,les plus atteintsactuellement étant les plus vieux ; l'âge le plus critique semble approcher de
20 ans.
La nécrosedestubescriblés,dont nous avonsrappeléle rapport avec
le déclin du citronnier au Maroc est considéréepar la plupart des auteurs
comme d'origine génétiqueou physiologique,mais non pathologique'
CONCLUSION
En conclusion,on peut dire que si le nombredes maladieset troubles
divers affectantles citrus au Maroc paraît à premièrevue élevé,la gravité
de ceux-ci est en réalité très variable'
Les maladiesà virus constituentde loin le principal facteur de basse
productivité de I'orangeraiemarocaine: c'est en premier lieu le stubborn
qu'on doit rendre responsable,suivi par les deux principales formes de
psorore.La tristeza est un danger en puissancequ'on ne doit pas sousèstimer,de même que I'exocortiSqui pourra un jour montrer son importancelorsqu'ondevraremplacerle bigaradierpar le citrangeTroyer comme
porte-greffe.
Des maladies cryptogamiques,seule la gommose à Phytophthora
présenteun certain degré de gravité. Encore faut-il considérerqu'il s'agit
à'une affectionque dessoinsculturauxbien conduitspermettraientd'éviter.
Les carencesviennenten troisièmelieu : la carenceen zinc très généralementrépandue,celle en fer plus intensémentmarquéelà où elle existe,
sont des causesde baissede rendementtrop souventignoréesdes agrumiculteurs.
Le gaufrageenfin, est certainesannées,une des raisons principales
sinon la raison principale de I'importance des écarts de triage, donc du
manque à gagner subi par le producteur'
Mai 1961.
124
H. CHAPOT ET J. CASSIN
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126
H. CHAPOT ET J. CASSIN
RESUME
Les auteursétablissentle bilan pour le Maroc des maladieset affections physiologiquesou génétiquesrencontréessur citrus.
Les plus graves et les plus répanduessont les maladies à virus :
psorose(psoroseA, concavegum, blind pocket),le stubborn,la xyloporose,
I'exocortis, I'impietratura. La tristeza n'a été rencontréeque sur citron
Meyer, mais certains déclins d'oranger doivent être testés.
A côté des maladiesà virus, on a relevé sur citronniers et orangers
le ferment gum (Florida ou Rio Grande gummosis)d'origine inconnue.
Parmi les maladiescryptogamiques,la plus grave est due aax phytophthora qui attaquenttroncs et fruits (gommoseet pourriture brune).
On a relevé aussil'alternariose,la melanose(stem end iot), la septoriose,
la pourriture stylaire (stylar end rot), le pourridié à Rosellinia, le greasy
spot.
Après les maladiescryptogamiques,on cite les carences.'carenceen
zinc complètementgénéralisée,
carenceen fer, gravedanscertainesrégions,
carenceen manganèse,magnésiumet cuivre.
Une afiectiond'origine probablementphysiologiqueatteintgravement
les orangeset clémentines: le gaufrage.
Parmi les allections génétiqueson relève une panachuresur oranges
Shamouti,le crinkle scurf et enfin presquetous les citronnierssont affectés
par un trouble d'origine inconnue qui sembletrès proche de la nécrose
des tubes criblés.
H.C.
RESUMEN
Los autoresestablecenel compendiode las enfermedades
y afecciones
fisioldgicaso genéticas,halladasen Marruecos sobre citrus.
Las mâs graves y extendidasson las enfermedadesproducidaspor
virus, a saber:psorosis(psorosisA, concavegum, blind pocket), la stubborn, la xyloporosis,la impietratura. La tristeza se encuentrasolamente
sobre el limon Meyer, pero deben aûn ser examinadasciertas degeneraciones de naranjos.
Juntamentecon éstasenfermedadesdebidas a virus, se han encontrado sobre limonerosy naranjosel ferment gum (Florida o Rio Grande
gummosis),de origen desconocido.
t2'7
MALADIES ET TROUBLES DIVERS DES CITRUS AU MAROC
Entre las enfermedades criptogdmicas la mâs grave es debida a los
Phytophthora que atacan troncos y frutos (gomosis y el podrecimiento
truno). Se ha descubierto tambien la alternariosis,la melanosis (stem end
rot), la septoriosis, el podrecimiento del estilo (stylar end rot), la enfermedad causada por Rosellinla, el greasy spot.
Después de las enfermedades criptogâmicas se citan las carencias:
la carencia en zinc se halla muy generalizada, la carencia en hierro, grave
en algunas regiones, carencia en manganeso, magnesio y cobre.
Otra afecciôn probablemente de origen liliolôgico ataca gravemente
las naranjas y clementinas: el creasing.
Entre las alecciones genéticas se seflalan unos matices sobre naranjas
Shamouti, el crinkle scurf, y por riltimo casi la totalidad de los limoneros
se hallan atacados por un trastorno de origen desconocido quc parece
ser muy parecido a la necrôsis de los tubos picados.
J.G.
SUMMARY
The authors present a general record survey of the diseasesand
physiological or genetical disorders encounteredon citrus in Morocco.
psorosis(psoroThe most widespreasand injurious are the virus diseases.'
sis A, concavegum, blind pocket),stubborn,xyloporosis,exocortis,impietratura. Tristezahas only beenfound on Meyer lemon, but a few decining
orangetrees must be tested.Beside virus diseases,ferment gum (Florida
or Rio Grande gummosis),of unknown origin, has been discoveredon
lemon and sweetorange trees.
Among the fungus diseasesthe most seriousis causedby Phytophthora, which attacks the stems and fruit (foot and brown rot). Blackrot,
melanose(stemend rot), septoriapitting, stylar end rot, Rosellinrcroot-rot,
greassyspot have also been encountered.
After the fungusdiseasestl'rcdefienciesare mentioned:entirely generalised zinc deficiency,iron deficiency,seriousin a few areas,manganese,
magnesiumand copper defiencies.Creasing,a disorder of possibly physiological origin, seriouslyaffectssweet orange and clementinemandarin
trees,
Crinkle scurf, a variegation on Shamouti oranges,is to be noticed
among the genetical disorders, and, at last, almost all lemon trees are
affectedby a disorder similar to sieve tube necrosis.
J.P.G.
r28
H. CHAPOT ET J. CASSIN
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Flc. l.
Tristeza sur citron Meyer - Infections sur lime Mexicaine.
- T : témoin non infecté.
- Fort pitting dans le bois de la lime infectée.Décolorationdes nervures
dans le limbe d'une feuille provenantd'une lime infectée(Marrakech).
Frc. 2. Déclin de I'oranger. Oranger Washington greffé sur bigaradier. Arbre de
l0 ans, 1,80 cm de haut (Beni Mellal).
f r r c . 3 . Echantillons d'écorce des orangers de la fig. 2. Fort < pinholing >) sur le
point de greffe (voir les flèches)et sur le bigaradier. Les grands trous sur
I'oranger sont des bourgeons (Beni Mellal).
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Fig. 4
FrG. 4. Psorose (scaly bark) sur oranger Cadenera (origine espagnole),région de
Casablanca.
Fra. 5. Psorose (concave gam) sur oranger Washington âgé de 28 ans (Sidi Slimane).
Frc. 6. Psorose(blind pocket) sur oranger Washington (environs de Sidi Slimane).
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Frc. 8. Xylttpttrttsc sur orangc Shqmouti greffée sur lime douce de Palestine
< Pitting > sous le point de
limportée de Palestine). Arbre âgé de 28 ans.
greffc. (Larache).
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IWill(rw'ieilti gretlée sur
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Frc.8.
X y l t t p o r o s e s l l l o r a n g e Sharnouti greffée sur lime douce de Palestine
(importée de Palestine). Arbrc âgé cle 2[J ans. < Pitting > sous le point de
greffe. (Larache).
Flc;. 9. (llérnentinier sur trifoliata, âgé de 25 ans.'I'rês rnauvaise greffe nrais aucun
écaillcment du trifoliata (Sor,rk el Arba tlr-r Rharh). (Tronc cotrr.ert de
chaux pour prévenir les coups de soleill,
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Frc. 10. Exotortis. Orange Portugaise sanguine sur trifoli:rfa. Mattvaise affinité et
écaillement (Sidi Yahia du Rharb).
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YS.
Wi
Fir
Fig. I3
Flc.11. Clémentinier (clone sélectionnépour sa fructification ct ses fruits sans
pépins) grefïé sur bigaradier. Arbre âgé de 3 ans. Bonne alïirrité et écorce
lisse.
Ftc. I2. Exocorîis. Clémentinier (mêmesclone, endroit et âgc que celui de la fig. I l)
greffé sur lime Rangpur,iabougrissement
remarquable.Pour i'écorcevoir
fig. 13.
FIc. 13. Exocortis. Desquamationde l'écorce de la lime Rangpur (cf. fie. l2).
Fig.
Fig.