1887 attentat de madrid

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1887 attentat de madrid
1887
ATTENTAT DE MADRID
Bazaine évadé, Louis Hillairaud
s’était
mis
à voyager,
comme
représentant d’une maison de vins de Bordeaux. Il courait alors des bruits
indiquant que Bazaine était à Barcelone ; il se rendit une première fois sur le
territoire espagnol mais n’y trouva aucune trace de l’exilé. Il pensait que le
maréchal pouvait se trouver à Madrid, mais faute d’argent, il lui fallait revenir
travailler en France.
Son serment de venger la Patrie commençait à lui devenir pesant. Le
13 avril 1887, il fait ses adieux à sa famille et embarque sur un steamer pour
Bilbao et de là, à Madrid.
Dans la capitale espagnole, il s’offre les services d’un interprète et,
après bien des recherches, ils parviennent à localiser l’habitation du maréchal
Bazaine.
Se faisant passer pour un journaliste, il réussit à avoir un rendez-vous
pour une entrevue.
Se rendant au domicile, un homme de 76 ans le reçu, c’était Bazaine ;
il avait bien grossi et paraissait fatigué.
La conversation s’engagea sur les conditions de résistance de la ville
de Metz puis sur sa reddition. Les explications
que donnait le maréchal
excitaient le jeune homme qui protestait sur chaque explication.
Louis avait un profond respect pour les vieillards et sa résolution
commençait à basculer. Mais lorsque Bazaine ajouta cette phrase :
« Et puis, que voulez-vous ? Les Alsaciens et les Lorrains ne sont pas
Français, ils sont Allemands ! »
Louis sortit son poignard de sa poche et leva le bras sur l’homme qui
était assis. Se sentant visé à la poitrine, le maréchal baissa la tête dans un
mouvement de défense et reçut le coup dans le crâne.
Bernard Morasin –La Rochelais qui voulait tuer Bazaine - 2005
1887
ATTENTAT DE MADRID
Le maréchal appela son serviteur qui entra, Louis était là, sans bouger
puis il quitta la résidence pendant que le serviteur s’occupait de son maître. La
police qui avait été appelée, n’eut aucun mal à rattraper l’assassin et à
l’arrêter.
Il fut questionné et emprisonné le 19 avril 1887.
En France, les journaux relataient la tentative d’assassinat ; certains
annonçaient l’évènement en prenant position en sa faveur ; d’autres restaient
plus nuancés.
Le procès de Louis Débuta le 9 novembre 1887. Les médecins
déclarèrent l’auteur de l’action comme un halluciné.
Condamné à huit ans de travaux forcés, Louis n’en effectuera que six ;
gracié, il sera libéré en 1894.
Quant à Bazaine, il décéda l’année suivante des suites de ses blessures
dont il ne se remit jamais complètement.
Le patriotisme de Louis ne s’était pas éteint et quand la guerre de
1914 débuta, il s’engagea pour la durée de la guerre.
Il fut affecté au 14e
régiment d’artillerie à Bruyères dans les Vosges, mais, atteint d’une bronchite
et de rhumatisme, il fut réformé en 1915.
Louis Hillairaud décéde le 15 mars 1936 à l’hôpital Saint-Louis à l’âge
de 87 ans.
Bernard Morasin –La Rochelais qui voulait tuer Bazaine - 2005