L`auteur Roberto ARLT
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L`auteur Roberto ARLT
. Buenos Aires, dans les années trente est une immense mégapole de l’émigration. Et dans ce contexte est né, en 1900, un très grand écrivain Roberto Arlt. Sa mère est italienne, son père est allemand. Il mourra jeune à quarante-deux ans non sans avoir occupé, de son vivant, une place à part dans la littérature argentine. Contemporain de Borges, il en est l’exact opposé, la figure inverse. Chez lui le monde des fantasmes s’exprime avec une immédiateté extrême, et l’écriture ne s’embarrasse pas d’emblèmes érudits pour mettre en scène les figures de la mort, du sexe, du crime, du suicide et de la faute. Arlt en était parfaitement conscient. Il voulait créer des œuvres ayant « la violence d’un cross à la mâchoire ». Il avait conscience d’écrire de manière sauvage, hâtive, précipité à l’image de la violence de ce qu’il avait à dire et avec son urgence. L’originalité et la richesse de son écriture vient de cette capacité à mélanger, brasser, différents langages : le parler de Buenos Aires des années 30, l’argot argentin, le lunfardo, l’espagnol classique, le lexique des traductions et toute la littérature de seconde main formée par les romans feuilletons, les magazines populaires, etc. Son écriture, son urgence, son combat, sa ténacité ont tout de suite fait de lui une figure hautement polémique et symbolique des Lettres argentines. Les générations actuelles saluent en lui un vrai commencement : une littérature authentiquement moderne est née. Son œuvre est riche : romans, nouvelles, chroniques journalistiques, théâtre. Citons son chef-d’œuvre Les Sept Fous (Los siete locos, 1929) ou ces « Aguas fuertes », chroniques dans le journal quotidien El Mundo, tellement célèbres et attendues que la vente triplait le jour de sa parution. * L’auteur Roberto ARLT * D’autres romans Le Jouet enragé (El juguete rabioso, 1926), Les Lance-flammes (Los lanzallamas, 1931), La Danse du feu (El amor brujo, 1933), des nouvelles, des contes , Le Petit bossu (El Jorobadito, 1933), L’Éleveur de gorilles (El criador de gorilas, 1941) et des pièces de théâtres comme Saverio le cruel. (Saverio el Cruel, 1936), L’Île déserte (La isla desierta,1938), Preuve d’amour (Prueba de amor) 300 millions (300 millones), Un terrible voyage (Un viaje terrible, 1941)