Guide pédagogique
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Saison 2016 Guide pédagogique Pour une gestion concertée et durable de la pêche à pied de loisir 1 Document de travail Pointe aux Oies à marée basse. Crédit :A.Meirland / Agence des aires marines protégées 2 AVANT- PROPOS En quelques décennies, avec l’essor du tourisme et l’attractivité des littoraux, la pêche à pied de loisir s’est fortement développée, amenant un nouveau public essentiellement estival et familial à s’adonner à cette activité. Avec 2 millions d’adeptes, c’est l’une des activités les plus pratiquées sur le littoral français. Ce développement, associé à un manque de connaissance de la réglementation et des pratiques de pêche non respectueuses de l’environnement, peut avoir des conséquences sur la biodiversité, certains habitats fragiles, la qualité écologique des milieux marins littoraux et la ressource pêchée. Il est nécessaire d’être vigilant pour que l’activité de pêche à pied perdure dans le respect de l’environnement. Ce guide pédagogique vise à aider le personnel des structures d’accueil du public à répondre aux questions qui leur sont posées sur la pêche à pied de loisir et à orienter les pêcheurs vers les bonnes pratiques de pêche. Pourquoi faut-il s’informer avant d’aller pêcher ? Comment pêcher tout en respectant l’environnement ? Qui contacter pour plus d’infomations sur la pêche à pied de loisir ? Développé dans le cadre du projet Life Pêche à pied de loisir, ce guide est destiné aux structures d’accueil du public du Pas-de-Calais, de la Seine Maritime et de la Somme. Il a été coordonné par l’équipe du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale. 3 Salicornes en baie de Somme. Crédit :A.Meirland / Agence des aires marines protégées 4 SOMMAIRE INTRODUCTION……………………………………………………………………. 6 LA PECHE A PIED DE LOISIR …………………………………………………… 7 LES PRINCIPALES ESPECES PECHEES……………………………………… 9 LES BONNES PRATIQUES DE PECHE………………………………………… 10 LA REGLEMENTATION…………………………………………………………… 14 LES CLASSEMENTS SANITAIRES ET LA CONSOMMATION…………..….. 20 LE PROJET LIFE PECHE A PIED DE LOISIR……….…………………………. 24 LE PARC NATUREL MARIN DES ESTUAIRES PICARDS ET DE LA MER D’OPALE……………………………………………………………………………... 27 LES CONTACTS ET LIENS UTILES………………………………………………30 Les informations retrouvées dans ce guide sont données à titre indicatif et ne sauraient remplacer la réglementation officielle. 5 INTRODUCTION La mer a plusieurs facettes : lieu de vie pour de nombreuses espèces animales et végétales, ressource économique pour les hommes, mais aussi espace de détente et de loisir. La mer marque l’identité des habitants du littoral, souvent fortement attachés à leurs traditions et à leurs paysages maritimes. La tradition de la pêche à pied de loisir en France fait partie intégrante du patrimoine culturel des régions littorales. Cette activité traditionnelle est le support de la transmission de savoirs et un vecteur de sensibilisation à l’environnement marin. L’engouement pour les littoraux amène un nouveau public, essentiellement estival et familial, à s’adonner à ce loisir. Forte de 2 millions de pratiquants, la pêche à pied récréative nécessite d’être vigilant à ses interactions avec l’environnement pour que ce loisir perdure. En respectant les bonnes pratiques de pêche, nous préservons la ressource, le milieu marin et notre sécurité. Chaque pêcheur à pied contribue ainsi à ce que ce plaisir reste accessible à tous et pour longtemps. Les structures d’accueil du public jouent un rôle primordial pour faire passer le message des bonnes pratiques de pêche et aider les pêcheurs à pied de loisir à trouver les informations relatives à leur activité. Le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale souhaite, à travers ce guide, fournir aux structures d’accueil des outils et informations leur permettant de sensibiliser le grand public aux bonnes pratiques de pêche pour le maintien de leur pratique et la protection de l’environnement. Moulière d’Ambleteuse. Crédit :A.Meirland / Agence des aires marines protégées 6 LA PECHE A PIED DE LOISIR Une pratique largement répandue… Pratique traditionnelle des régions littorales, la pêche à pied de loisir voit son nombre d’adeptes augmenter du fait de l’engouement touristique pour le littoral, amenant un nouveau public essentiellement estival et familial à s’adonner à cette activité. Une étude réalisée par l’Ifremer et un institut de sondage français (BVA) évalue aujourd’hui son nombre de pratiquants à plus de 2 millions. C’est l’une des activités les plus pratiquées sur le littoral français. Il est nécessaire d’être vigilant pour que ce loisir perdure dans le respect de l’environnement. … définie légalement, La pêche à pied peut être définie comme l’« ensemble des techniques de pêche qui sont pratiquées sans l'emploi (ou l'emploi accessoire) d'une embarcation sur le rivage et sur les rochers et îlots, par des pêcheurs se déplaçant essentiellement à pied ». Mais elle a également une définition légale : « On entend par pêche maritime à pied de loisir toute action de pêche qui s’exerce : - sans que le pêcheur cesse d’avoir un appui au sol; - sans équipement respiratoire permettant de rester immergé. » … et réglementée. Son exercice récréatif est défini par son aspect non commercial : le fruit de la pêche est destiné à la consommation exclusive du pêcheur et de sa famille et ne peut être vendu (décret 90-618 du 11 juillet 1990). En France, la pêche à pied récréative est réglementée. S’exerçant sur le Domaine Public Maritime (DPM), elle est pratiquée dans un espace naturel qui n’appartient à personne (ou à tout le monde). Il convient donc d’y établir des règles pour que l’ensemble des usages qui y sont pratiqués puissent cohabiter et perdurer. Salicorne Salicornia spp. Aster maritime Tripolium pannonicum 7 Récolte des salicornes en baie de Canche. Crédit :A.Meirland / Agence des aires marines protégées 8 LES PRINCIPALES ESPECES PECHEES LOCALEMENT Légende Grands crustacés (homard, araignée, étrille, tourteau) Coquillages fouisseurs (coque, couteau, lavagnon, telline) Moules Crevettes grises Végétaux marins (salicorne, aster maritime, lilas de mer) 9 LES BONNES PRATIQUES DE PECHE A PIED Le développement de la pêche à pied de loisir, associée à un manque de connaissance de la réglementation et des pratiques de pêche non respectueuses de l’environnement, peut avoir des conséquences sur la biodiversité, certains habitats fragiles, la qualité écologique des milieux marins littoraux et la ressource pêchée. Adopter les bonnes pratiques favorisera la durabilité de ce loisir dans le respect de l’environnement. Pensez à votre sécurité Préparez votre sortie de pêche : Attention aux horaires de marée : l’heure indiquée sur le calendrier des marées est celle de la basse mer, c’est l’heure à laquelle la pêche doit se terminer pour ne pas se laisser surprendre par la marée montante. Prenez connaissance des prévisions météo et prévoyez votre équipement en conséquence : par temps chaud, protégez-vous du soleil (casquette, eau, crème solaire, lunettes de soleil etc.), par temps froid, couvrez-vous et portez des vêtements imperméables ; attention au brouillard et aux orages. Renseignez vous sur l’état sanitaire du site sur lequel vous pêchez : les coquillages que vous ramassez peuvent s’avérer impropres à la consommation. Munissez-vous d’un téléphone portable pour pouvoir contacter les secours. Le numéro d’urgence est le 196 (CROSS Gris-Nez). Prévenez votre entourage de votre sortie et de l’heure approximative de votre retour. Sur place, attention aux coupures, aux entorses : ne pêchez pas pieds nus ! Apprenez et respectez la règlementation L’estran est un espace de partage entre divers usages : prenez connaissance des zones où la pêche à pied de loisir est interdite (concessions de culture marine, etc.). La connaissance et le respect des tailles minimales (mailles) sont indispensables au maintien d’une ressource de qualité pour le plaisir de chacun. Des outils sont à votre disposition : réglettes de pêche, dépliants, panneaux, sites Internet, etc. Demandez-les auprès des mairies, des offices de tourisme, des associations locales de pêcheurs, des services de l’Etat, ou des partenaires du projet Life Pêche à pied de loisir. Bouquet Palaemon sp. Crevette grise Crangon crangon 10 Pêchez raisonnablement Pour éviter le gaspillage : Ne pêchez que ce que vous consommerez. Le produit de la pêche est destiné à la consommation exclusive du pêcheur et de sa famille. Le fruit de sa pêche ne peut être donné à son voisin, ses collègues, … Respectez les quantités maximales autorisées. Prenez soin de votre récolte en la conservant au frais et en la consommant dans la journée. Faites dégorger les coquillages qui le nécessitent (fouisseurs). Respectez le travail des professionnels Les professionnels exploitent également les richesses de l’estran, ils sont les seuls à pouvoir revendre le produit de leur pêche. Sur l’estran, l’élevage des coquillages fait vivre les conchyliculteurs et leur famille, respectez les activités de culture marine : laissez en place pierres, coquillages et autres matériaux servant de collecteurs et ne pêchez pas à moins de 25 mètres des concessions de cultures marines (bouchots, concessions de salicorne). Respectez le milieu naturel et prenez-en soin Le retournement des rochers provoque la disparition de 30 à 70 % de la biodiversité de l’estran : remettez les rochers que vous retournez à leur place d’origine et dans le bon sens. Laissez où vous les avez trouvé les animaux qui ne seront pas consommés, les femelles qui portent des œufs et les crustacés qui viennent de muer (animaux mous et vides). Lors de la pêche à la crevette, triez-les prises en bas de l’estran de préférence dans l’eau pour assurer la survie des organismes relâchés. Adoptez des techniques de pêche douces pour protéger au maximum la biodiversité de l’estran. Profitez de votre sortie pour découvrir la biodiversité extraordinaire de l’estran Les estrans sont des milieux très riches, aux espèces variées et originales : des découvertes inépuisables pour petits et grands ! Lavagnon Scrobicularia plana Couteau Ensis directus Une pêche à pied durable est possible. Si chaque pêcheur adopte les bons comportements, les estrans seront généreux pour longtemps… 11 Les réglettes : un concentré d’informations à emmener avec soi à la pêche à pied Des réglettes à destination des pêcheurs à pied de loisir sont distribuées sur l’estran pour les sensibiliser au moment de la pêche, ainsi que dans les offices du tourisme. Elles concentrent la plupart des informations réglementaires nécessaires lors d’une sortie de pêche ainsi que quelques conseils sur les bonnes pratiques de pêche à mettre en œuvre. Bonnes pratiques de pêche à pied Réglette à accrocher au panier de pêche Posez votre coquillage ou votre crustacé dessus : si l’animal est plus petit, laissez-le grandir ! Tailles minimales et quantités à respecter 12 Utilisation de la réglette pour préserver la ressource sur la moulière de la Pointe aux Oies à Wimereux. Crédit : Lola De Cubber/Agence des aires marines protégées 13 LA REGLEMENTATION Qui fait la réglementation ? La pêche à pied récréative s’exerce au sein d’un espace naturel qui appartient à tous et à personne en particulier, c’est un bien commun. La règlementation a ainsi pour but d’établir des règles pour que l’ensemble des usages qui y sont pratiqués puissent cohabiter et perdurer. La réglementation relative à la pêche à pied de loisir vise également à assurer la pérennité de la ressource et par là même, celle de l’activité. La pêche maritime de loisir est soumise aux dispositions réglementaires nationales et communautaires (Union Européenne) applicables aux pêcheurs professionnels en ce qui concerne : La taille minimale des captures autorisées Les caractéristiques et conditions d’emploi des engins de pêche Les zones et périodes de pêche L’existence d’interdictions et d’arrêtés de pêche De manière générale pour la pêche à pied de loisir, deux niveaux réglementaires aux compétences distinctes ont été mis en place : Au niveau national, le ministère publie un arrêté qui défini les tailles minimales de captures ainsi que la manière de mesurer chaque espèce à la vue d’expertises scientifiques les justifiant. Celui-ci englobe la totalité du territoire métropolitain. Il est disponible sur le site internet des différentes Directions Interrégionales de la Mer (DIRM). Au niveau régional ou départemental, les préfectures publient des arrêtés préfectoraux qui réglementent : - Les quantités maximales de prélèvement, - Les périodes de pêche autorisées, - Les outils (ou engins de pêche) autorisés pour chaque espèce et la définition des caractéristiques de ces outils. Ils sont disponibles sur tous les sites internet des préfectures dans la rubrique associée à la mer et au littoral. L’ensemble de la réglementation applicable sur le périmètre du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale est résumé dans le tableau pages 16-17. Attention ! La réglementation est susceptible d’évoluer et d’être régulièrement modifiée, il est de votre responsabilité de vous assurer que votre source d’information est à jour. Informez – vous auprès de votre mairie ! Moule Mytilus edulis 14 Qui fait respecter la réglementation ? Au sein du Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l’Energie (MEDDE), la Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture (DPMA) veille à l’application de la réglementation de l’exercice de la pêche et organise, en liaison avec les autres directions, le contrôle et la surveillance des zones de pêche. Au niveau régional, le préfet de région est compétent en matière de réglementation et de police des pêches. Ses équipes forment les Directions Interrégionales de la Mer (DIRM). Le préfet de région délègue sa compétence aux directions régionales des affaires maritimes pour prendre des mesures coercitives plus contraignantes (compétence élargie à la réglementation des pêches). Au niveau local, la pêche à pied de loisir est contrôlée par les services déconcentrés de l’Etat : Directions Départementales des Territoires et de la mer – Délégations mer et littoral (DDTM-DML), douanes, gendarmerie maritime, mais peut aussi l’être par des organismes tels que l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), des gardes pêches du Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CRPMEM), ou des gardes assermentés d’espaces naturels protégés. Tourteau Cancer pagurus 15 Tableau récapitulatif de la réglementation en vigueur au 01/01/2016 dans le Pas-de-Calais et la Somme Espèces Tailles minimales1 Quantité maximale par personne et par jour2 Outil(s) autorisé(s)2 Commentaires CRUSTACES Araignée de mer 12 cm (longueur) Crabe vert Crevette grise 3 cm (longueur) 5 kg Bouquet 5 cm (longueur) 5 kg Étrille 6,5 cm (largeur) Tourteau 14 cm (largeur) Homard Main, haveneau ou épuisette de maille sèche supérieure à 8 mm de côté. Croc inférieur à 150 cm. 8,7 cm de longueur céphalothoracique Pêche interdite de femelles grainées COQUILLAGES Bigorneau / Vignot Coque / Hénon 3 cm (largeur) Couteau 10 cm (longueur) Lavagnon 3 cm (largeur) Telline 2,5 cm (longueur) Patelle Moule 4 cm (longueur) 5 kg Main 5 kg Main ou Griffe à trois dents 2 kg Main 5 kg Main 5 kg Main ou Cuillère Se référer aux arrêtés pour les ouvertures et fermetures de gisements. Se référer aux arrêtés pour les ouvertures et fermetures de gisements. 16 1 Tailles minimales Espèces Quantité maximale par personne et par 2 jour Outil(s) 2 autorisé(s) Commentaires VEGETAUX MARINS Salicorne 0,5 kg Aster 0,5 kg Lilas de mer Un bouquet qui tient dans une main est préconisé Couteau (arrachage interdit) Pour le Pas-de-Calais, uniquement du 15 juillet au 15 août entre l’école de voile d’Étaples et la station d’épuration. POISSONS Bar commun 4 42 cm Flet 20 cm Hareng 20 cm Limande 20 cm Limande sole 25 cm Maquereau 27 cm Turbot 30 cm Mulet 30 cm Plie carrelet Sole commune Merlu 42 cm 27 cm 24 cm 27 cm Pêche à la ligne tenue à la main : ligne grée d’un maximum de 12 hameçons (et marquage des poissons) ; Ligne de fond : maximum 2 lignes de 30 hameçons par pêcheur ; interdit du 15 juin au 15 septembre inclus. L’engin doit être identifié avec le nom et prénom du propriétaire. 30 cm Merlan Morue cabillaud Aucune capture autorisée jusqu’au 30 juin (no kill possible). Après, 1 bar par jour par pêcheur. 6 poissons par jour et par pêcheur (max 3 de 20 par navire) 11 poissons par jour 3 et par navire 11 poissons par jour 3 et par navire 10 poissons par jour 3 et par navire Filets fixes : soumis à autorisation par le préfet du département concerné et à déclaration des quantités pêchées.1 filet de 50mx2m, 90mm de mailles mouillées étirées, ne sont pas autorisés partout. L’engin doit être identifié avec le nom et prénom du propriétaire. Casiers : 2 par pêcheur. L’engin doit être identifié avec le nom et prénom du propriétaire. : Consommation et cueillette autorisées dans un cadre familial : Espèces devant être marquées (arrêté du 17 mai 2011 imposant le marquage des captures effectuées dans le cadre de la pêche maritime de loisir) pour lutter contre le braconnage. 1 Arrêté du 29 janvier 2013 modifiant l’arrêté du 26 octobre 2012 déterminant la taille minimale ou le poids minimal de capture des poissons et autres organismes marins (pour une espèce donnée ou une zone géographique donnée). 2 Arrêté 50/2014 du 17 Juillet 2014 réglementant l’exercice de la pêche maritime à pied de loisir sur le littoral du Pas-de-Calais et de la Somme. 3 Arrêté 74/2012 du 21 mai 2012 portant limitation des captures effectuées à partir de navires autres que ceux titulaires d’un rôle d’équipage de pêche en Manche et Mer du Nord. 4 Règlement (UE) 2016/72 du Conseil du 22 janvier 2016 établissant, pour 2016, les possibilités de pêche pour certains stocks halieutiques et groupes de stocks halieutiques, applicables dans les eaux de l'Union et, pour les navires de pêche de l'Union, dans certaines eaux n'appartenant pas à l'Union, et modifiant le règlement (UE) 2015/104 17 Interdictions générales de pêche à pied de loisir La pêche est interdite : La nuit (entre le coucher et le lever du soleil) Dans les ports (attention aux limites des ports, parfois plus grandes que celles présumées) et à moins de 300m du port du Tréport. A moins de 25 m des bouchots, des concessions de salicorne, et autres concessions de cultures marines (concessions de moules à plat). Pour les coquillages, dans les zones insalubres, ou dans les zones sans classement sanitaire. Interdictions spécifiques de pêche à pied associées à certaines espèces ou groupes d’espèces : La pêche à pied professionnelle : Les professionnels exploitent les richesses de l’estran, ils sont les seuls à pouvoir revendre le produit de leur pêche. Ainsi, sur le territoire du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale, 345 pêcheurs à pied de coques professionnels, les « hénoniers », 51 pêcheurs à pied de moules professionnels, les « mouliers », ainsi que 126 pêcheurs à pied professionnels de salicornes, tirent leurs revenus directement des ressources de l’estran. La gestion de ces ressources (coques, moules, et salicornes) a pour objectif de leur assurer une activité pérenne. Ainsi, lorsqu’un gisement a été suffisamment exploité, un arrêté en décrète la fermeture pour permettre à la ressource de grandir et/ou recoloniser le milieu sans subir de pressions extérieures. A l’inverse, lorsqu’un gisement interdit temporairement à la pêche présente à nouveau des individus de bonne taille et une densité de colonisation intéressante, un arrêté peut décréter son ouverture à la pêche à pied. Les périodes d’ouverture de la pêche à pied professionnelle et de la pêche à pied de loisir sont les mêmes. Exemple des gisements de moules du Boulonnais Par exemple, l’arrêté 22/2015 du 10 février 2015 portant sur l’ouverture de la pêche à pied des moules sur les gisements naturels du Boulonnais établit l’ouverture du gisement du fort de l’Heurt, à Le Portel, préalablement fermé, seulement à certaines dates : - du mardi 17 février 2015 au mardi 24 février 2015 inclus, du jeudi 05 mars 2015 au mardi 10 mars 2015 inclus, du mercredi 18 mars 2015 au mercredi 25 mars 2015 inclus, du samedi 04 avril 2015 au mercredi 08 avril 2015 inclus, du jeudi 16 avril 2015 au jeudi 23 avril inclus. Coque Cerastoderma edule Telline Donax vittatus 18 Exemple des gisements de coques de la baie de Somme et de la baie d’Authie L’ouverture et la fermeture des gisements classés : la baie de Somme et la baie d’Authie (voir chapitre Classements sanitaires et consommation des produits de la pêche), comme pour les moules, sont soumises à arrêté. L’arrêté 127/2014 du 11/12/2014 interdit la pêche à pied des coques en baie de Somme nord à compter du 12/12/2014. L’arrêté 111/2014 du 27/11/2014 interdit la pêche à pied des coques en baie d’Authie à compter du 05/12/2014. Interdictions temporaires A la suite de phénomènes de pollution, de prolifération d’algues toxiques, etc. certaines zones peuvent être fermées temporairement à la pêche. Dans d’autres cas, seulement certains coquillages sont interdits à la pêche par un arrêté préfectoral interdisant toute pêche de loisir et professionnelle. Les classements sanitaires peuvent évoluer fréquemment. Il est nécessaire de bien s’informer de l’état du site avant la sortie de pêche auprès de la mairie à laquelle est rattaché le site de pêche ou à défaut l’Agence Régionale de Santé. Araignée de mer Maja brachydactyla 19 CLASSEMENTS SANITAIRES ET CONSOMMATION Que signifient les classements « A », « B », « C » ? Le suivi de la qualité sanitaire des coquillages en pêche à pied récréative est réalisé par l’Ifremer sur notre territoire. Il est basé sur des prélèvements microbiologiques mensuels qui sont ensuite analysés. Ce suivi n’est toutefois pas systématique et tous les sites de pêche à pied de loisir ne sont pas concernés : lorsqu’un site n’est pas suivi, la pêche à pied est interdite sur ce site. Après obtention des résultats, les sites sont classés en différentes catégories selon leur qualité (bonne qualité, qualité moyenne, qualité médiocre, mauvaise qualité) et des recommandations sont émises. Ces recommandations sont ensuite transmises à la Préfecture, qui peut alors émettre des arrêtés de classements sanitaires temporaires ou pérennes : En zone classée « catégorie A », la pêche et la consommation des coquillages est autorisée sans restriction pour les pêcheurs à pied de loisir. En zone classée « catégorie B », la pêche est autorisée mais la cuisson des coquillages est nécessaire pour les pêcheurs à pied de loisir. En zones classées « catégorie C », les coquillages pêchés sans reparcage ultérieur sont impropres à la consommation et la pêche à pied de loisir est interdite. Et les professionnels ? Le suivi de la qualité des coquillages pour la conchyliculture et la pêche à pied professionnelle est réalisé par l’Ifremer. Il est basé sur des prélèvements mensuels (bimensuels en cas d’alertes ou de situation à risque) qui sont ensuite analysés. Ce suivi est réalisé sur l’intégralité des gisements classés sur lesquels s’exercent des activités professionnelles de production de coquillages. Les résultats issus de ces relevés peuvent être utilisés par les préfets pour prendre des arrêtés temporaires de fermeture de ces gisements aux activités professionnelles et récréatives. Le classement utilisé en pêche à pied de loisir est adapté du modèle de classement utilisé pour les professionnels. Dans la réglementation concernant la pêche récréative, le code rural et de la pêche maritime indique seulement que « la pêche à titre non professionnel des coquillages vivants destinés à la consommation humaine ne peut être pratiquée dans les zones de production que sur les gisements naturels situés dans des zones classées A ou B ». Cependant, les professionnels disposent de procédés de purification spécifiques pour les coquillages (reparcage, bassins de purification) dont ne disposent pas les pêcheurs de loisir ; aussi les mesures et interdictions édictées pour les catégories B et C diffèrent-elles entre les deux types de classement. Pêcheurs à pied de loisir, il est essentiel de connaître le classement sanitaire du site sur lequel vous allez pêcher. Informez-vous auprès de votre mairie ! 20 Consommation des produits de la pêche Les coquillages bivalves filtrent des quantités d’eau importantes pour leurs besoins physiologiques. Ce faisant, ils concentrent dans leur chair les particules présentent dans le milieu marin (eau et sédiment) : Les éléments nutritifs et les oligoéléments, mais aussi les phytoplanctons (plancton végétal ou microalgues) toxiques ou non Les contaminants chimiques ou micropolluants Les contaminants microbiologiques (bactéries, virus, parasites) Plusieurs types de contamination des coquillages sont donc possibles : La contamination par phycotoxines, secrétées par certaines espèces de phytoplancton (microalgues) et susceptibles de nuire à la santé humaine, d’autant plus qu’elles sont thermostables et résistent donc à la cuisson. Le réseau REPHY de l’Ifremer est chargé de sa surveillance. La contamination chimique, liée à la présence de composés tels que les contaminants métalliques (cadmium, plomb, mercure, etc.), les hydrocarbures, les pesticides… Leurs effets diffèrent mais ils peuvent devenir dangereux pour la santé, en fonction de leur concentration, la quantité et la fréquence à laquelle le consommateur y est exposé. En effet, une exposition à long terme à certains contaminants peut perturber le système endocrinien, altérer la fertilité et parfois favoriser le développement d’un cancer. Le réseau ROCCH de l’Ifremer est chargé de sa surveillance. La contamination microbiologique (ou bactériologique), liée à la présence en quantité excessive de germes dans l’eau et les aliments, dont certains sont pathogènes pour l’homme (cf cartes page suivante). Le réseau Rémi de l’Ifremer est chargé de sa surveillance. Le risque que se développe une pathologie chez le consommateur dépend à la fois de l’état physiologique et immunitaire de celui-ci, de la toxicité de l’agent pathogène en cause et de la dose ingérée. Attention, tous les consommateurs ne sont pas égaux face aux risques sanitaires ! Etrille Necora puber 21 Sur le territoire du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale, la qualité microbiologique des eaux conchylicoles au 1er janvier 2016 pour les coquillages non fouisseurs (moules) et les coquillages fouisseurs (coques, couteaux, tellines, lavagnons et palourdes) est la suivante: Par exemple, les seuls sites de pêche où il est possible de pêcher la coque sont la baie d’Authie et la baie de Somme (il est par la suite nécessaire de vérifier l’ouverture de ces sites grâce aux arrêtés d’ouverture et de fermeture des sites de pêche comme détaillé dans la rubrique « Interdictions de pêche »). A savoir ! La cuisson des coquillages agit uniquement sur les risques de contamination microbiologique : elle n’a aucun effet sur les toxines (elles sont thermostables et résistent à la cuisson), ni sur les contaminants d’origine chimiques. C’est pourquoi il est primordial de respecter la réglementation et de s’informer de la qualité sanitaire des sites avant toute sortie de pêche à pied. Informez-vous auprès de votre mairie ! 22 Vert de mai (Phaeocystis) sur la plage de Wimereux. Crédit : Lola de cubber/Agence des aires marines protégées 23 LE PROJET LIFE PECHE A PIED DE LOISIR Le projet Life Pêche à pied de loisir a pour objectif d’accompagner les pêcheurs à pied récréatifs à préserver leur activité de pêche dans le respect des estrans. D’une durée de 4 ans (2013-2017), ce projet est cofinancé par la Commission européenne, la Communauté d’agglomération de La Rochelle et le Conservatoire du littoral. Il émane d’une réflexion issue du Réseau national pour une pêche à pied récréative durable, constitué d’associations de défense de la nature et de pêcheurs de loisir, de services de l’Etat, de gestionnaires d’aires marines protégées et de collectivités territoriales. Un projet d’ampleur nationale… D’ampleur nationale, le Life Pêche à pied de loisir est développé sur 11 territoires pilotes, avec 10 partenaires. Localisation des territoires pilotes du projet Life Pêche à pied de loisir Crédit : Y. Souche / Agence des aires marines protégées pour le Life Pêche à pied de loisir 24 …Pour lequel de nombreux acteurs s’impliquent Multipartenaire, ce projet rassemble des dizaines de structures nationales, régionales et locales, formant ainsi un important réseau. Il est coordonné par l’Agence des aires marines protégées. Les bénéficiaires associés sont les centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE) Baie de Morlaix, Littoral Basque et Marennes Oléron, l’association VivArmor Nature, le Comité Régional des Pêches et des Elevages Marins des Pays de Loire (COREPEM), l’Institut des Milieux Aquatiques (IMA), la Communauté d’agglomération de La Rochelle, Brest Métropole, le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan et la Fédération Nationale des Pêcheurs Plaisanciers et Sportifs de France (FNPPSF). Descente à la mer. Crédit M. Morineaux / Agence des aires marines protégées Les objectifs du projet Mettre en place les moyens de gouvernance et d’actions pour préserver la biodiversité des estrans. Mieux comprendre les interactions de la pêche à pied sur les milieux littoraux, la faune et la flore. Faire évoluer les pratiques des pêcheurs à pied. Contribuer à l’élaboration et la mise en œuvre des plans de gestion des aires marines protégées. Encourager d’autres territoires à mettre en œuvre des actions de sensibilisation. Maintenir à l’issue du projet les actions de terrain auprès des pratiquants, ainsi que la coordination locale et nationale. 25 Pratique de la pêche à pied au fort de l'Heurt, au Portel. Crédit : Marie-Dominique Monbrun / Agence des aires marines protégées 26 LE PARC NATUREL MARIN DES ESTUAIRES PICARDS ET DE LA MER D’OPALE Connaître, protéger et développer durablement Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale est une aire marine protégée, un espace protégé en mer qui répond à trois objectifs : la connaissance, la protection du milieu marin, le développement durable des activités maritimes. Créé le 11 décembre 2012, c’est le cinquième Parc naturel marin de France et le premier de la façade maritime Manche – Mer du Nord. Le Parc couvre 2300 km² d’espace marin et longe 118 km de côtes. Il fait partie de l’Agence des aires marines protégées, un établissement public sous la tutelle du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le Parc est géré par un conseil de gestion composé d’acteurs locaux : des élus, des représentants des usagers professionnels et de loisirs, des organismes environnementaux et culturels, des centres de recherche scientifique et des services de l’Etat. Le conseil décide de la politique du parc selon les orientations de gestion fixées dans le décret de création. Le plan de gestion du Parc, adopté le 10 décembre 2015, donne les grands axes d’action pour les quinze années à venir et permet au Parc de rendre des avis sur tous les projets qui concernent son territoire. Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale constitue, de par sa localisation, un carrefour biologique et économique majeur. Activités humaines et environnement marin y sont historiquement et culturellement liés. Baie de Somme. Crédit : Laurent Mignaux / MEDDE-MLETR 27 Localisation du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale Les orientations de gestion Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale a été créé pour répondre à huit grands objectifs, appelés « orientations de gestion » : Mieux connaître le milieu marin et partager cette connaissance Protéger les écosystèmes et le patrimoine naturel marin Contribuer au bon état écologique des eaux marines Mieux connaître, faire connaître, et préserver les paysages marins et sousmarins, les biens culturels Coordonner de manière partenariale la gestion des espaces protégés en mer ou contigus à la mer Développer de manière durable les différentes pêches, activités essentielles à l’économie locale Développer de manière durable les activités économiques actuelles (le tourisme, les sports et loisirs en mer…), ou futures, en restant ouvert à l’innovation et à de nouveaux usages Coopérer avec les pays voisins pour la protection et la gestion d’un espace marin commun 28 Le parc en quelques chiffres : 2 300 km 2 d’espace marin 118 km de linéaire côtier 64 m de profondeur maximale 7 fleuves côtiers Slack, Wimereux, Liane, Canche, Authie, Somme, Bresle 120 km2 d’espace estuarien 3 départements Pas-de-Calais, Somme et Seine-Maritime 37 communes Pêcheurs de crevettes grises à Camiers. Crédit : Laurent Mignaux / MEDDE-MLETR Le Parc naturel marin se donne pour objectif la préservation à long terme de ces richesses naturelles, humaines et culturelles. Homard Homarus gammarus 29 CONTACTS ET LIENS UTILES Antoine Meirland/ Chargé de mission Life Pêche à pied de loisir Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale 03 91 18 11 04 / [email protected] 44, rue de Folkestone - 62 200 Boulogne-sur-Mer Direction Départementale des Territoires et de la Mer 62 Délégation à la Mer et au Littoral 03 21 30 53 23 / [email protected] 96, quai Gambetta - 62 200 Boulogne-sur-Mer Documents utiles relatifs au programme LIFE Pêche à pied de loisir sur le périmètre du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale Accès : ftp://extlife:[email protected] Login : extlife / Mot de passe : projetlife Site internet : www.pecheapied-loisir.fr (en construction) Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale 03 21 99 15 80 / 44, rue de Folkestone - 62 200 Boulogne-sur-Mer Site internet : www.aires-marines.fr/parc-marin-estuaires-picards-mer-opale Direction Interrégionale de la Mer Manche Est – Mer du Nord (régions Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Basse-Normandie) 4 rue du colonel Fabien – 76 083 Le Havre Tél : 02 35 19 29 99 - Fax : 02 35 43 38 70 Site Internet : www.dirm-memn.developpement-durable.gouv.fr Renseignements concernant la qualité microbiologique des gisements de coquillages : http://www.zones-conchylicoles.eaufrance.fr 30 Platier rocheux de la Pointe aux Oies à Wimereux. Crédit : Lola De Cubber / Agence des aires marines protégées Pour citer ce document De Cubber L., Beck, F., Meirland, A.. 2016. Guide pédagogique pour une gestion concertée et durable de la pêche à pied de loisir. Life + Pêche à pied de loisir, Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale. 32 p. Rédacteurs Lola De Cubber, Florence Beck, Antoine Meirland, Agence des aires marines protégées Remerciements Richard Coz, Pierrick Duval, Marie-Christine Gruselle, Morgane JeanJean, Marie Morineau, Margaux Pinel, Pauline Poisson, Morgane Ricard, Etienne Rogeau, Delphine Roncin, Dominique Viard, Héloïse You. Conception, illustration Yann Souche, Agence des aires marines protégées pour le Life Pêche à pied de loisir Imprimé en janvier 2016 31 Ce petit guide pédagogique pour une pêche à pied intelligente et durable sert de support à la formation des structures d’accueil du public du Pas-de-Calais, de la Seine Maritime et de la Somme à propos de la pêche à pied de loisir et des conseils qui lui sont relatifs. Il est développé par l’équipe du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale qui travaille sur le projet LIFE + Pêche à pied de loisir, coordonné par l’Agence des Aires Marines Protégées et cofinancé par l’Union Européenne, qui a pour but d’accompagner les pêcheurs à pied récréatifs vers un meilleur respect du milieu marin pour le maintien de leur pratique. 32