Prostitution - ECOLO Liège
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Prostitution - ECOLO Liège
Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 8 avril 2011Liège, le 07 avril 2011 Conférence de presse: Prostitution, un Centre Isatis à Liège, un autre à Seraing ? I. Introduction En 2009, la Ville de Liège a fermé les salons de prostitution du quartier Cathédrale, arguant des nuisances que créait l’activité pour les habitants, les commerçants, l’image du quartier. En fait, le Bourgmestre assimilait de façon erronée la prostitution de rue exercée par des toxicomanes et celle des salons, existant à Liège depuis des décennies sans impact négatif pour le quartier. Les filles ont donc du quitter leurs carrés sans qu’à aucun moment la Ville n’ait envisagée leur situation avec elles, et se sont envolées vers d’autres horizons. Entre autre à Seraing, qui a vu exploser l’activité prostitutionnelle de la rue Marnix. Willy Demeyer a depuis mis sur la table la proposition de création d’un centre de prostitution dont le profil nous semble intéressant, bien loin du projet privé et commercial de l’Eros Center d’Anvers. Récemment, Alain Mathot a saisi la balle et bond : il souhaite lui aussi un centre de ce type pour sa commune. Dans le même temps, il semble vouloir faire arrêter toute activité de prostitution rue Marnix. Ecolo est présent dans le projet Isatis, par la personne de Bénédicte Heindrichs, membre du CA de l’asbl. Les écologistes voient dans ce projet une réponse partielle aux difficultés liées à la prostitution (fragilité sociale des prostituées, risques encourus par elles dont les risques sanitaires, présence de proxénètes, traite des êtres humains, …). Si Ecolo peut en soutenir le principe, il ne faut cependant pas croire que la création de ce lieu suffira à rencontrer les besoins de ces personnes et ne répondra pas à toutes les formes de prostitution ! Les professionnels distinguent différents types de prostitution : la prostitution de rue (liée à la toxicomanie et particulièrement importante à Liège Ville), celle de vitrine, celle des bars, celle de luxe (call girls, escort girls), la traite des êtres humains. On doit encore y ajouter la prostitution clandestine, occasionnelle ou régulière et dont Internet est un des outils de contact. La réponse des bourgmestres liégeois et serésien est donc insuffisante. Ecolo fait des propositions pour étoffer le positionnement politique par rapport à ce projet Isatis et le rendre plus adéquat. Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 II. La situation à Liège et à Seraing A/ Situation à Liège Il y a un an, le conseil communal - à l’exception d’Ecolo - votait un règlement entrainant la fermeture des salons de prostitution dans le quartier Cathédrale-Nord. Désormais, plus aucune rue liégeoise ne peut admettre la prostitution de salon. C’est à cette époque qu’a été évoquée la création d’un Eros Center pour renforcer les vitrines et pour permettre aux prostituées de ne pas être rejetées dans la clandestinité. Ecolo a soutenu cette proposition avec comme principale préoccupation la sécurité des personnes prostituées, qui selon la police elle-même, ne pouvait plus être garantie avec la fermeture des salons sans plan d’accompagnement. Une ASBL regroupant les associations actives sur le terrain, un représentant par parti et des experts de la question, a été constituée et chargée de monter les volets administratif et financier d’ISATIS (Initiative sociale d’aide aux travailleurs indépendants du sexe). La question de la création d’un Eros Center n’a jamais été abordée au conseil communal. Il n’y a pas de majorité au sein du collège sur cette question. Une commission générale a toutefois eu lieu en décembre 2010 pour la première fois faire le point sur l’état d’avancement du dossier. Concrètement, on n’est pas très loin. Par contre, le contexte dans lequel se déroule cette réflexion a évolué. L’urgence a diminué même si c’est seulement en apparence. Certaines prostituées ont retrouvé un local à Seraing dans des conditions de surpopulation et d’exploitation, d’autres ont « disparu dans la nature », échappant aux possibilités de contrôle et d’aide. . On en sait dorénavant plus sur les aspects techniques d’un tel centre : son coût, les embuches juridiques, les questions que pose sa création … Cependant, cela met cruellement en lumière le manque de projet politique face à la prostitution à Liège. Le centre ISATIS ne va pas résoudre la question de la prostitution de rue liée à la toxicomanie, la ville n’a pas prévu de politique spécifique d’aide aux prostituées qui souhaitent quitter la profession. Plus largement le plan de lutte contre la pauvreté n’aborde pas ce public cible. C’est pourquoi, pour vraiment prendre le problème à bras le corps, le phénomène doit être abordé sous ses différentes facettes. B/ Situation à Seraing Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 Les salons liégeois fermés, la prostitution dans l’entité sérésienne a presque triplé en moins de deux ans (d’une centaine de filles à un peu moins de trois cents !) Ce qui, fatalement, a engendré une multiplication des problèmes connexes au phénomène de la prostitution : proxénétisme soft ou hard, drogues, criminalité diverse, violences périphériques… Les outrances immobilières se sont multipliées dans le même temps : le prix de location des salons, souvent insalubres, a explosé. Un immeuble peut rapporter jusqu’à 10 000 euros par mois… On peut même soupçonner de la spéculation, puisqu’il se dit que certains propriétaires déploieraient une grande énergie à vendre actuellement leur bien de la rue Marnix à certaines locataires. De plus, il a été reconnu il y a quelques mois, en Conseil de police de la zone Seraing-Neupré, que des acteurs nouveaux du secteur s’implantaient ou tentaient de s’implanter à Seraing. Il s’agirait de bandes en provenance d’Europe centrale et de l’Est, dont le parcours criminel a été radicalement endurci par les conflits qui y ont eu lieu. Pas de foi, pas de loi. Bref, le pire, là où le terme « traite des êtres humains » trouve vraiment à s’appliquer dans sa formulation la plus littérale. Une prostitution plus conventionnelle Jusqu’alors, la prostitution à Seraing était relativement « maîtrisée ». Contrairement à une métropole comme Liège, notre ville connait une prostitution « classique » : des salons avec vitrine. Mais pas ou peu de prostitution de rue (souvent liée à la drogue) etc. L’explosion du nombre des travailleuses du sexe pourrait, à terme, favoriser cette diversification. Raison de plus pour ne pas fermer les yeux et tâcher d’apporter des réponses en matière de sécurité, de conditions dignes d’activité et de protection. Fermer les yeux ? Le groupe ECOLO l’a dit au Conseil communal du 28 mars dernier : si la prostitution est interpellante par définition, il serait trop simple de regarder ailleurs quand elle est évoquée, de l’interdire sur le territoire de la ville, et donc, soit de la « rejeter » dans des communes voisines, soit d’induire des situations de semi-clandestinité qui rendraient les conditions de vie des femmes et hommes concernés encore bien plus précaires et insécurisantes. 3/ Pour une gestion « publique » et une sécurité accrue Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 Ecolo a donc accepté le principe de l’aménagement d’un espace dédié à la prostitution dans le bas de Seraing, mais c’est sur base de trois exigences : - que la gestion n’en soit pas laissée au privé. Par définition, son objectif serait d’en retirer les plus importants profits possibles. Il va de soi que ce n’est pas l’objectif poursuivi, de plus cela ouvrirait la porte à des comportements « laxistes ». Dès lors, nous optons pour une structure à caractère associatif et non lucratif avec un cadrage public dont les bénéfices devront être utilisés au bénéfice de la réinsertion et de la protection des prostituées. L’intégration à l’asbl Isatis nous semble à l’heure actuelle la piste la plus sérieuse ; - que des agents soient présents sur les lieux. Même si la formule doit encore être précisée, nous avons exigé un engagement clair en ce qui concerne la présence sur place de policiers accessibles et disponibles. Si l’endroit n’est pas sécurisé, la criminalité va y prospérer et risque de s’étendre au (futur…) centre, proche, de Seraing. Ce qui serait une hérésie par rapport aux projets urbanistiques en cours. - que la lutte contre la traite des être humains soit intensifiée et coordonnée dans l’agglomération. III. Le projet Isatis : à quelles problématiques répond-il, quelles sont les questions encore posées ? Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 Le projet Isatis a pour objectif d’offrir aux femmes et aux hommes qui se prostituent un espace sécurisé et protégé. Il s’agit de mettre à leur disposition, avec des loyers les plus faibles possibles, des salons qui leur garantissent les conditions d’hygiène maximale mais également un environnement éloigné des violences de la rue, des pressions de proxénètes ou d’acteurs de la traite. Les clients bénéficieront des mêmes protections. L’asbl Isatis qui serait chargée de la gestion de cet espace ne pourra faire de bénéfice financier à partir des revenus de ces professionnelles du sexe. L’argent devra servir à financer le bâtiment, son entretien et le personnel de gestion et d’organisation mais une fois l’investissement amorti, il s’agira de consacrer les recettes au développement d’activités de soutien, de prévention, d’accompagnement des prostituées d’une manière globale, y compris à destination de celles (et de ceux) qui ne pourront ou ne voudront accéder à l’espace protégé. Cette asbl devra édicter des règles d’occupation des espaces, des règles de respect relationnel entre les professionnelles et les clients. Une équipe de « gestionnaires du lieu » devra être constituée de manière à garantir cette sécurité et ce fonctionnement 24h sur 24. Il faudra bien sûr rester conscients que seules quelques dizaines de femmes et d’hommes pourront bénéficier de cette infrastructure et que les règles de conduite et les mesures de sécurité ne vaudront que pour l’intérieur de cet espace. Une fois hors de celui-ci, ces protections tomberont. D’où l’importance que cet espace Isatis ne soit qu’un des dispositifs d’une politique globale de la prostitution dans nos villes de Liège et de Seraing et l’importance de consacrer des moyens à l’accompagnement et à la prévention de manière beaucoup plus large. Isatis envisage d’exiger des locataires de salon l’adoption du statut d’indépendant de manière à leur garantir une couverture en sécurité sociale et soins de santé et de leur éviter des contrôles Inasti qui les mettent en situation d’endettement. Mais il ne faut pas ici non plus être naïfs, ce statut nécessite de la rigueur et une gestion saine de ses revenus. De nombreuses professionnelles auront besoin de guidance et d’accompagnement, ce qu’Isatis souhaite leur apporter en facilitant des partenariats avec des organismes compétents. De même ce statut impliquera le choix d’une profession reconnue et accessible…ce qui n’est pas évident non plus car à long terme se posera la question de la reconnaissance ou non de la profession de « prostitution- professionnel du sexe ». Cela existe dans certains Etats comme la Suisse et la Nouvelle Zélande (le Canada y réfléchit) mais est loin d’avoir été débattu dans notre pays. Ces questions devront être abordées avant de réaliser un tel projet si nous voulons pouvoir assumer toutes les conséquences des choix posés. Un élément important à prendre en compte également dans l’élaboration d’un tel projet est la répartition des rôles entre : Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 - les gestionnaires de l’espace, Isatis, les gardiens de l’ordre, de la sécurité et de la protection vis-à-vis des réseaux de traite, les conseillers, si nécessaires, dans les obligations administratives liées au statut et à ses contraintes, les accompagnants et travailleurs sociaux intervenant dans le champ relationnel, préventif et de soutien dans leurs projets de vie, Ces rôles ne peuvent se confondre car la relation de confiance nécessaire à l’accompagnement de ces femmes et de ces hommes doit pouvoir se développer et se poursuivre quelque soit leur conformité ou non aux exigences de statut, de comportement et de gestion. Enfin, des interrogations sont aussi à rencontrer quant au rôle et à la place des politiques dans une telle structure. Se pose bien sûr la question relative au proxénétisme dont pourrait être accusée une commune ou des mandataires politiques s’ils gèrent une structure dont les revenus sont issus de la prostitution. Des élus dans un CA d’une asbl comme Isatis, même s’ils y siègent à titre personnel, ne sont-ils pas représentants du pouvoir communal sachant que la commune compte sur ce lieu pour « gérer la prostitution de leur ville ». Se pose aussi la question du respect de ces femmes et de ces hommes aux comportements « hors norme » vis-à-vis desquels il faudra faire preuve de reconnaissance, avec qui il faudra de plus en plus cogérer cet espace (par exemple en les introduisant dans le CA de l’asbl), avec le risque à certains moments d’être sur des longueurs d’ondes différentes de celles des autorités communales. Comment garantir l’autonomie de ces administrateurs ? Une structure coopérative ne serait-elle pas plus appropriée, en sachant bien entendu qu’il faudrait sans doute procéder par étapes successives pour permettre à ces professionnelles de repérer celles et ceux qui pourrait se charger du travail contraignant de gestion et d’organisation tout en s’encadrant des gestionnaires professionnels ? IV. A quoi le projet Isatis ne répond-il pas ? Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 Le projet Isatis au niveau de son champ d’intervention spécifique va dans le sens d’une gestion raisonnée du phénomène prostitutionnel. L’attention à la protection des travailleuses du sexe sur le plan de la sécurité physique et socio-sanitaire serait une première en région liégeoise comme en Belgique. La possibilité énoncée pour les personnes prostituées de pouvoir prendre part au CA de la future structure est également une approche novatrice qu’il s’agit de soutenir. Pour ce qui est de l’approche globale du phénomène par les pouvoirs publics, en revanche, nous identifions plusieurs limites. Trop souvent, les villes et communes confrontées à la présence du travail du sexe sur leurs territoires, quand elles ne surinvestissent pas le seul créneau sécuritaire, semblent avoir des difficultés à appréhender le phénomène dans toute sa diversité. Une forme de prostitution n’est pas l’autre –prostitution de rue, de salon, en club, ou encore prostitution occasionnelle- témoignent de parcours différents, de confrontation des principales et principaux intéressé-es à des problèmes distincts. Nous restons inquiets quant à la rencontre des enjeux liés à ces différentes pratiques par les autorités locales mais également par les services de Police et les acteurs judiciaires. A. Projet Isatis, les zones d’incertitudes 1/ Le facteur temps : Le projet Isatis s’il se concrétise permettra de répondre à un certain profil de prostitu-é-e : les travailleuses de salon des anciens carrés du quartier Cathédrale-Nord pourront ainsi y trouver un nouvel espace. Mais selon quels délais ? Plus d’un an s’est écoulé depuis les fermetures. Aujourd’hui, une grande partie de celles-ci sont toujours sans solution, renvoyées à la clandestinité et la précarisation de leurs conditions de travail. On est loin d’une gestion concertée associant acteurs communaux, policiers et associatifs en amont de toute implémentation de changement telle qu’elle a été mise en œuvre à Anvers au sein du quartier du Port. En région liégeoise, la démarche semble avoir été inversée : c’est seulement suite aux fermetures qu’une réflexion est laborieusement entamée. La différence de traitement, l’absence de réelle mise en réseau des acteurs et les conséquences sur les conditions de vie des travailleuses du sexe qui s’en suivent ne peuvent perdurer. 2/ L’absence de réponse aux réalités de la prostitution de rue : Comme Bruxelles et Anvers, Liège est confrontée à la prostitution de rue. Le type d’accompagnement social et administratif envisagé par Isatis restera Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 inacceptable pour ces publics vivant une prostitution couplée à la toxicomanie et à des situations de grande précarité. Les associations Espace-P et ICAR poursuivront leur travail auprès de ces publics fragilisés. Nous pensons cependant qu’il est du devoir des pouvoirs publics de développer des dispositifs adaptés permettant d’accroître autant que possible la sécurité et l’accès aux services médico-sociaux des prostitué-es de rue. L’instauration de « zones de tolérance » sur l’espace public (« zones P ») constitue à ce jour l’une des rares pistes mise en place avec succès à l’étranger (Luxembourg-ville, Auckland). Il s’agit d’espaces en centre-ville où le racolage est toléré moyennant un cadre négocié avec la municipalité (créneaux horaires stricts, dresscode, etc.) et prévoyant un rôle renégocié des services de police présents sur ces zones. 3/ L’incertitude sur le devenir des salons de prostitution : L’Isatis-Center ne répond pas à la question du maintien de salons sur le territoire liégeois. De l’avis des acteurs associatifs, une partie de la clientèle des salons ne passera pas les portes de l’Isatis. De même certain-e-s travailleur-e-s continueront de pratiquer hors de cette future structure. Le projet Isatis risque de créer une «nouvelle invisibilité» pour celles et ceux qui n’ayant plus de salons et ne pouvant se conformer aux exigences d’Isatis, se retrouveront dans d’autres lieux inaccessibles pour les accompagnants. Pour nous, il est donc essentiel que l’ouverture d’un Isatis-center ne soit pas reprise par les autorités comme prétexte de fermeture des salons et vitrines en région liégeoise. Une telle attitude engendrerait une clandestinisation supplémentaire inacceptable et peu en phase avec une approche intégrant amélioration des conditions de travail, lutte contre le proxénétisme immobilier et lutte contre la traite des êtres humains dans ce secteur. B. « Sécurité, santé, dignité » : Pour un travail policier cohérent et concerté Il s’agit pour nous de pouvoir envisager la prostitution en tant que réalité et de pouvoir l’encadrer sans jugement moral. Pour répondre aux incertitudes et aux éléments non rencontrés par le projet Isatis, nous plaidons pour la construction d’un projet global, un « plan prostitution ». Au-delà des acteurs locaux, la mobilisation des instances fédérales est ici plus que jamais nécessaire. Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 1/ Limites du cadre légal et travail policier : Le cadre légal abolitionniste prévalant depuis 1948 n’érige pas la prostitution en infraction mais tend à rendre son exercice plus difficile. Les faits réprimés sont de trois types : répression de « l’entraînement d’autrui à la débauche », répression de « l’exploitation de la débauche », répression du « racolage » et de la publicité liée au commerce du sexe. Nous remarquons que l’interprétation de ces notions diffère d’une agglomération à l’autre ou encore d’un service de Police à l’autre (notamment entre PJF et Police zonale). Ainsi, alors que le « racolage » n’est plus poursuivi par les Parquets souhaitant se concentrer à raison sur la traite et le proxénétisme immobilier, l’on constate qu’une « traque » des prostituées sur la voie publique perdure en dépit du bon sens. Cet aspect a d’ores et déjà fait l’objet de questions parlementaires aux Ministres de l’Intérieur et de la Justice. Devant la réserve des réponses nous ne manqueront pas de les interpeller à nouveau. 2/ Attention sans faille à la poursuite des faits de traite : Si pour une part des travailleurs et travailleuses du sexe, un certain choix est parfois évoqué, les dérives vers l’exploitation immobilière et/ou la traite des êtres humains sont également une réalité. L’arsenal législatif en la matière a été renforcé par les lois TEH (1995). La fermeture d’espaces physiques de prostitution ainsi que le développement des plateformes numériques intermédiaires peuvent amener une individualisation des conditions de travail accroissant les risques pour les travailleuses du sexe. Les services de Police à l’échelon local comme fédéral doivent pouvoir s’adapter à ces nouveaux enjeux. Contact presse Ecolo Régionale de Liège Tél : 04/232.30.00 V. Conclusions Evoquer la prostitution n’est pas simple. Outre qu’on évoque une activité liée au sexe, de nombreuses questions se posent très rapidement : comment éviter de banaliser cette activité, comment ne pas développer une approche marquée par la morale et les tabous, faut-il donner un statut professionnel (et donc une protection sociale) aux personnes prostituées sans tomber dans la banalisation, … ? Toutes ces questions doivent être posées au niveau fédéral, et sans doute est-il temps que le débat soit ouvert, comme il l’a été dans d’autres pays comme la Suisse et ses cantons, le Canada et la Nouvelle-Zélande. C’est également au niveau du Parlement fédéral que les notions de « racolage », d’« incitation à la débauche » et publicité y afférent, de « zones P » doivent être abordées. Le Code pénal doit évoluer, en tenant compte de l’évolution sociétale et en misant sur la sécurité, la santé et la dignité des personnes. En attendant que ce débat s’ouvre, les autorités locales ne peuvent pas se mettre la tête dans le sable et doivent affronter la situation au mieux, en préservant au mieux santé et ordre public. Sans doute la présence de politiques dans le CA d’Isatis est-elle ambigüe, mais on peut considérer Isatis comme une forme de projet pilote, comme on l’a fait pour une autre thématique avec la distribution contrôlée d’héroïne. Cependant, si elles souhaitent réellement affronter la situation avec pragmatisme, les communes ne peuvent pas tout miser sur Isatis. Elles doivent développer un plan global préparé avec tous les acteurs concernés : professionnel-les, travailleurs sociaux, police et parquet, politiques et viser à répondre aux différentes situations de prostitution. La présence et les activités des bandes liées à la traite des êtres humains doivent être jugulées, tant que le phénomène en est à un stade encore pas trop avancé. Cela nécessite une intensification et une coordination au niveau de l’agglomération liégeoise. Enfin, tout un travail de prévention centré sur la vie sexuelle et affective peut également être développé par des acteurs sanitaires, sociaux et éducatifs des communes ou travaillant sur la commune (planning familial, animation « vie affective et sexuelle » dans le cursus scolaire, centre de santé, médecins généralistes …). Ecolo attend des autorités liégeoises et serésiennes qu’elles favorisent la mise en place concrète de réseaux entre ces services autour de cet objectif de prévention.