Barral Traiteur :
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Barral Traiteur :
Re po r tage R Interv ep orta i ew geMi c hel Pi nel Barral Traiteur : une entreprise visionnaire et un modèle de développement intelligent Bertrand Barral, PDG de Barral Traiteur L'usine Barral Traiteur à Villeneuve-sur-Lot Une entreprise familiale pionnière en matière d’innovation Il y a 25 ans, Bernard Barral avait déjà véritablement l’esprit d’entreprise, en développant une gamme de conserves de luxe pour des magasins d’épicerie fine. Une démarche avant-gardiste à l’époque ! Les parents de Bertrand Barral, aujourd’hui PDG de l'usine, étaient alors agriculteurs dans le Tarn et Garonne. Bernard Barral a vite compris le potentiel que la cuisine et les produits frais sous vide représentaient. Toujours dans les années 80, ce visionnaire a été l’un des premiers à lancer 18 www.cfiaexpo.com CFIA 2011 des gammes de salades traiteurs en travaillant notamment pour des entreprises telles que Fleury Michon ou Stalaven. « Nous avons également développé la cuisson sous vide, explique Bertrand Barral. » L’entreprise a poursuivi sa progression et dans les années 90 se focalise véritablement sur le produit traiteur frais. « Même si nous étions conscients de notre savoir-faire, ce n’était plus suffisant. Il fallait nous doter d’un nouvel outil industriel pour pouvoir capter de nouveaux marchés et progresser. C'est ainsi qu'en 2006, l'usine s'installe à Villeneuve-sur-Lot et se développe sur deux marchés, la restauration et la MDD. En 2011 la marque de distributeur devrait atteindre 25% du CA. Les clients ? Carrefour, Dia, Leclerc, Cora, Match.... « Nos propres produits représentant donc un pourcentage de 75%. » : 25% en Grande Distribution, 25% en restauration, et le quart restant sur les réseaux de distribution traditionnels (bouchers, charcutiers, traiteurs…) ». développement en Europe et plus particulièrement dans les pays frontaliers ; nous sommes sur des opportunités, par exemple avec des contacts salon comme sur le dernier salon MDD Expo, où nous avons rencontré un partenaire potentiel au Royaume Uni. » Une addition de savoirfaire, la richesse et la marque de Barral Traiteur S’ouvrir vers de nouveaux marchés, une recette gagnante Paella et couscous représentent les plus gros volumes de Barral Traiteur. « Nous avons démarré la MDD par le cassoulet et le poulet basquaise « Nos régions ont du talent » ; cela a vraiment été une ouverture pour nous vers ce marché. Nous essayons cependant de nous fixer des objectifs de progression en équilibrant les marchés. » précise Bertrand Barral. Dans les deux prochaines années nous souhaitons renforcer notre positionnement sur du premium à travers des marques pour lesquelles nous travaillons déjà, telles "Nos régions ont du talent", "Patrimoine gourmand", etc... Personnellement, je ne suis pas persuadé que la tradition culinaire soit plus forte dans le Sud-Ouest qu'ailleurs, mais nous nous devons de la véhiculer et de la défendre. Nous sommes sur des développements à deux chiffres pour 2011, et 2012 devrait suivre cette progression. Notre volonté est de nous développer de façon plus importante en France. Nous n’avons pas spécialement une stratégie de développement à l’export mais il existe un potentiel de Barral Traiteur a plus d’une corde à son arc… depuis ces trois dernières années, l'entreprise s'oriente encore vers d’autres spécificités, comme les PAI. « Par exemple, nous travaillons déjà sur les garnitures pour pâtes. Je pense que les PAI représentent un vrai potentiel de développement », souligne Bertrand Barral. Autre marché en plein essor, le halal, que Barral Traiteur fabrique depuis quatre ans, avec les produits « Amine Halal ». Qu'en est-il du segment Bio ? « C’est un marché de complément et non stratégique pour nous. Cependant, nous nous intéressons au Bio par rapport à la MDD, et pouvons répondre à une demande spécifique des distributeurs. ». L'usine a un laboratoire interne mais travaille également avec un établissement externe agréé pour travailler sur les valeurs nutritionnelles des produits. Suite au PNNS (Programme national nutrition santé) mis en place en 2001, l'entreprise mène un combat permanent pour réduire le sel, les matières grasses, et jouer la carte de la naturalité dans la formulation des recettes. Plus de 50% des fournisseurs de matières premières viennent du Sud-Ouest, les autres sont en France ou en Europe. La source d’approvisionnement sur les matières premières est très variée : cela peut être du frais, comme les tomates ou les choux farcis qui sont travaillés exclusivement à partir de légumes frais et destinés à être transformés à l'usine. Ensuite, différents types de matières premières sont utilisés : frais, frais sous vide, congelé, appertisé, épices déshydratées… L’activité étant en flux tendu, les différentes matières premières vont intégrer très vite la fabrication. « Nous faisons de la préparation de nuit sur ces produits, cela nous fait avancer considérablement » précise Bertrand Barral. Les semoules et riz qui sont de grosses matières premières pour l’entreprise arrivent en big bags d’une tonne qui alimentent une plateforme de pesée. Les épices sont assemblées dans un atelier à part. Que penser de la flambée des matières premières ? « Nous travaillons avec des contrats qui sont extrêmement difficiles à modifier, on nous explique qu’il faut préserver le pouvoir d’achat du consommateur… nous sommes un peu entre le marteau et l’enclume ! C’est extrêmement complexe à gérer. Nous avons heureusement deux leviers, c’est la productivité et l’innovation, avec les nouveaux marchés et produits. » Un esprit d'entreprise dans une dynamique créative Chez Barral Traiteur, on est toujours en quête de nouveaux produits. Trois personnes sont dédiées à la R&D. Un prestataire extérieur intervient également sur du développement de recette. « Nous réalisons depuis deux ans un gros travail sur la suppression des produits de synthèse, pour les remplacer par des produits naturels. Nos recherches s’orientent sur l’élimination des additifs et la naturalité. » En moyenne, l’entreprise travaille sur une centaine d’innovations chaque année. « Nous partons d’une étude de marché, ou nous identifions des types de produits qui se développent, les tendances… c'est alors un véritable travail de veille commercial et marketing qui va faire émerger des besoins de travail, de développement que nous allons réaliser en interne… nous sommes force de proposition. L’innovation sera vraiment une nouvelle recette, un nouveau concept de consommation. Un exemple récent ? Nous avons créé une gamme, l’omelette à la française, destinée au départ à la restauration, nous commençons à la diffuser chez les distributeurs. » Le projet peut répondre aussi à une demande précise des clients par rapport à un cahier des charges, une évolution de leur assortiment, etc. Pour Bertrand Barral, l’entreprise se positionne vraiment sur un marché qui tend à croître encore ces prochaines années. « Après avoir ressenti un certain tassement avant 2008, nous avons noté une belle progression du marché des plats cuisinés en 2010 (croissance d’environ 7%). Le consommateur recherche la praticité. Avec les heures de repas qui ont considérablement diminué le segment du snacking continue également à se développer très fortement. La gestion d'une nouvelle dimension industrielle En juin 2010 l'entreprise a commencé un programme d'investissement pour 12 Millions euros Site 10 000 m2 Effectif 2800 tonnes de chiffre d'affaires en 2010 près de 80 personnes certifié IFS version 5 de plats cuisinés en 2010 CFIA 2011 www.cfiaexpo.com 19 Re po r tage optimiser l'outil de production associé à l’embauche d'une vingtaine de personnes d'ici 2013, qui viendront grossir l'effectif des 75 personnes actuelles. L'usine fonctionne en 2X8 hormis durant les fêtes de fin d’année : ce sont alors 100 personnes qui s’attellent à la tâche durant quatre semaines. L'entreprise réalise 20% de son CA annuel, avec une activité de 6 jours sur 7 en 3X8 de novembre à fin décembre. Passer de 20 à 80 personnes n’est pas chose aisée, comme l’explique le PDG de l’entreprise : « Sur le plan humain, nous avons encore beaucoup de progrès à faire : nous sommes dans une entreprise familiale qui est passée du travail à la ferme à l'entreprise industrielle d'aujourd'hui. Je suppose que c'est une problématique que doivent rencontrer beaucoup de PME. La partie RH est gérée par la direction, le service comptabilité et les responsables d'ateliers. » Sur la politique de recrutement l’entreprise a deux façons de procéder. Bertrand Barral tient à recruter localement. « Malgré le fait que nous soyons dans un bassin d'emploi sinistré, il nous est important de rester implanté ici, de nous y développer et de recruter localement. Nous faisons également de la formation interne. Notre objectif est de fidéliser les personnes recrutées. Le turn over est un point que nous devons améliorer. » C'est ainsi que depuis cette année, l'entreprise travaille sur un projet : on forme une équipe de tuteurs dont le rôle va être d'accueillir, d'accompagner, former les nouveaux salariés en interne. Dans l'encadrement, pour la plupart, les personnes ont plus de 10 ans d'entreprise et cela représente un socle important. L'entreprise a toujours mis un point d'honneur à s'investir dans la vie économique locale, en étant partenaire de toutes les manifestations ciblant l’emploi, mais aussi « en intervenant ponctuellement dans les écoles pour expliquer nos métiers. » Barral est également partenaire depuis six ans de la journée pour l’emploi des personnes handicapées. « De ces rencontres, en ont résulté des échanges très intéressants qui ont abouti à des emplois. Que penser de la désaffection des jeunes pour les métiers agroalimentaires ? Je pense que ce problème résulte d'un déficit au niveau de la communication, dans le lien formation/ école/entreprise. Nous devons absolument rendre plus attractif le secteur et valoriser les métiers. » Cette Barral Traiteur, l’historique • 1975 : Bernard et Claudine Barral, agriculteurs, se lancent dans la transformation et la commercialisation des produits du terroir • 1984 : commercialisation de conserves de luxe – création d’une gamme de salade traiteur • 1987 : Déménagement sur l’usine de Penne d’Agenais (47) • 1991 : Bernard Barral se lance dans le plat cuisiné traiteur frais pasteurisé sous vide • 1996 : Barral Traiteur cesse l’activité de produits appertisés pour se concentrer sur le secteur frais • 2006 : Installation sur le nouveau site industriel de 10 000 m2 à Villeneuve-sur-Lot • 2010 : Certification IFS version 5 du site et des activités. 20 année, Barral Traiteur a pour objectif un important projet d’amélioration des conditions de travail et donc d’investissements liés (outils de manutention etc…). La problématique des TMS est un fléau ; la mécanisation contribue à les réduire. « Nous jouons également sur les changements de postes, pour éviter la répétition. Suite au CFIA, nous avons trouvé des solutions sur ce plan : nous devons réaliser des essais sur des adaptations techniques, pour la manipulation de charges lourdes etc… ». Des investissements matériels et humains Barral Traiteur a commencé un programme d’investissement l’an dernier d’un million d’euros qui s’est achevé en mai 2011 : nouvelle ligne de production, augmentation de la capacité à cuire, mise en packaging automatique, l’informatique… Les fournisseurs de machines sont français, allemands, italiens (Cassel, AMC2, Mondini, Filpack, CB Emballages, Mecapac, Seria) « Nous avons trois lignes automatiques de conditionnement avec une ligne manuelle (pour certains produits comme les cassolettes et plats cuisinés conditionnés en Faïence). La maintenance est gérée par trois personnes, qui s’occupent de l’entretien et des adaptations de matériel. L’entrepôt se situe sur le site même, la logistique est sous-traitée, avec TFE et EBREX. « Nous sommes ainsi capables de livrer tous les points en France, A pour B au départ de Villeneuve-sur-Lot ». Une partie des 4500 m2 de surface restante est dédiée à la réception, au stockage, transports des matières premières et produits finis. Ce sont 7 à 30 tonnes de produits qui sortent de l’usine chaque jour : c’est une fourchette très large car la production varie en fonction des saisons, des opérations et des journées. Les produits sur chariots vont être cuits et refroidis, R ep orta ge “ Le CFIA Nous le visitons chaque année. C’est un salon très intéressant, complet, à taille humaine. Lors de cette édition 2011 nous avions des projets et préparé une liste des entreprises à visiter. Sur une journée nous avons pu remplir ainsi nos objectifs, notamment par rapport à du process. La partie PAI également nous a donné quelques idées de développement pour nos fabrications. Bertrand Barral, PDG de Barral Traiteur avant leur mise en barquettes. « Ce sont des produits que l’on a mélangé, précuit, dont nous avons fabriqué les sauces… toute la cuisine est en amont, ensuite nous réalisons un travail d’assembleur. » Certains postes vont être remplacés par des systèmes de pesage et dosage (peseuses associatives filpack, doseuses Seria et CB Emballages). Les conditionnements vont des monoportions aux grosses barquettes 10 parts pour les bouchers charcutiers traiteurs et la restauration. Toute la partie production d’air froid et comprimé est sous-traitée. L’entreprise est certifiée IFS. Chaque recette a son protocole de contrôle. Celui-ci s'effectue tout au long de la chaîne de production, que ce soit en termes organoleptiques, physico chimiques, ... « Un des points essentiels chez nous, ce sont les phases de cuisson et de refroidissement des produits. Nous avons une équipe qualité composée de quatre personnes, avec des analyses bactério et un contrôle qualité quotidien. » Avec cette équipe, l'audit croisé est l’une des méthodes de la démarche qualité appliquée en interne. De là naissent de véritables échanges entre les différents services ; chacun se sent concerné et s'investit dans la mission. « Nous avons une inspection mensuelle en termes de contrôles également sur tous les services de l'entreprise ». Un système de notation permet de mieux mesurer chaque mois les progressions ou problématiques. Le développement durable au cœur de l’entreprise Le site de 10 000 m2 offre trois accès bien distincts pour le personnel, les matières, et l’élimination des déchets. Barral Traiteur a sa propre station de traitement des eaux usées. Toute une zone est dédiée au tri des déchets. « Nous menons des actions à la source, avec l’amélioration de la filière de traitement des déchets. Ensuite, il est important de trouver des solutions techniques et d’organisation pour limiter les consommations d’eau et d’énergie. Cela peut aller des techniques de nettoyage aux installations électriques qui vont baisser en puissance ou en besoin… nous avons réduit ces deux dernières années notre ratio quantité produit et énergie consommée, que ce soit sur le gaz, l’électricité et l’eau. Cette démarche personnelle correspond aussi à une demande de nos clients. Nous suivons donc cette ligne de conduite avec eux, notamment en signant des contrats de progrès environnementaux. Nous avons également signé avec le Conseil Général du Lot et Garonne, un engagement sur trois ans pour améliorer notre contribution à la protection environnementale » Sur la surface disponible de l’usine, 4500m2 offrent de véritables opportunités : « nous pourrions agrandir l’usine sans stopper la production. Là aussi les clients voient ce potentiel important et constatent qu’ils peuvent nous confier des projets… nous pourrons y répondre sans problème ! » Ce dont Bertrand Barral peut être le plus fier ? « L’intelligence avec laquelle s’est faite la transition avec mon père, qu’il m’ait fait confiance et que tout se soit bien passé. L’entreprise a continué à progresser (20% de progression l’an dernier !). Nous ne sommes pas dans un contexte des plus faciles, mais il nous est important de contribuer, à notre niveau, à la vie économique… Si l’on fait bien notre travail, il y a vraiment aujourd’hui des opportunités à saisir, des marchés à prendre ! » Comme le dit si bien Bertrand Barral, et cela est indéniable, « Barral Traiteur, c’est l’esprit d'équipe et l’envie de gagner ! » > En 2010 Ce que j’ai aimé… Nous avons suivi notre plan de développement et réussi à gagner les marchés que nous nous étions fixés, 2010 a été une année de confirmation par rapport à la croissance de cette entreprise. Sur un plan plus personnel c’est une année exceptionnelle avec la naissance de ma petite fille Amalia ! Ce que j’ai moins aimé… L’hypocrisie qui règne autour des polémiques entre politiques, distributeurs et industriels. Nous avons également connu une crise par rapport à des produits purement financiers et nous nous retrouvons deux ans après, avec une possible crise alimentaire résultant d’une spéculation sur les matières premières…ce que je trouve effrayant et inquiétant, ce sont surtout les répercussions de tout cela dans d’autres parties du monde, avec des personnes qui meurent de faim ! CFIA 2011 www.cfiaexpo.com 21