Extrait - Le combat d`une vie
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Extrait - Le combat d`une vie
Gaëtan Khélifa roman Le combat d’une vie... Gaëtan Khélifa Le combat d’une vie... roman À Keira & Miley. 1 ‘‘La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure.’’ Saint Augustin Paris, XIe arrondissement Avril 2012 Le réveil venait de sonner everytime de Britney Spears et après l’avoir éteint je me retourné a nouveau vers ma femme qui était allongée sur le dos. Comme tous les matins, avant de me lever, mon bras gauche l’enlaçait. Ma main parcourait lentement les courbent du corps d’Emma. Je caressais ses cuisses, son ventre, encore resté plat — après les deux accouchements qu’elle avait subit — le début de sa poitrine, son épaule et son cou avant d’y déposer un doux baiser. Son bras était encore frais de la nuit passée. En remontant la couverture sur elle, je lui murmuré au creux de l’oreille quelques mots d’amour et lui indiqué que j’allais prendre la douche. Emma, comme a son habitude, me répondit d’un simple signe de la tête, elle me rendait mon baiser et se retournait pour finir sa nuit encore quelques minutes avant de se lever à son tour. Je me levé enfin. Dans la douche, je me remémoré encore ces instants magique de complicité de la nuit d’amour passée, de nos mots tendres et de la chaleur de nos corps entrelacé. 4 Le combat d’une vie Tandis que je terminais de me préparer dans une salle de bain embuée par les vapeurs d’eau bouillante, Emma s’était déjà levée, avait enfilée un peignoir en satin rouge et avait préparé mon petit déjeuné sans faire de bruit, sans réveiller nos filles encore endormies. Un moment de calme et de douceur flottait encore. Notre appartement surprenait encore par la tendresse qui s’en dégageait. Situé au dernier étage d’une copropriété bourgeoise de 1980. En double exposition, il comportait une large terrasse qui donnait sur un jardin privatif. Du haut du septième étage, il offrait une vue imprenable sur le sacrée coeur, qui donnait un sentiment de protection et d’apaisement. A l’intérieur, il se composait d’un salon-cuisine à l’américaine, entièrement équipée, qui pouvait faire rugir de jalousie n’importe quel grand chef étoilé. D’un dressing, de deux grandes chambres et d’une vaste salle de bains avec fenêtre. Le sol était en parquet blond à lattes élargies, celles de la salle de bains étant bleutés. Les murs blancs s’ornaient de tableaux de grands maîtres. La pièce principale quant à elle arborait un design contemporain. Le mobilier était soigné, une immense bibliothèque longeait l’un des murs. Des centaines d’ouvrages élégamment reliés garnissaient les étagères. Des oeuvres philosophiques de Platon, René Descartes ou bien Karl Marx. En tête de colonne, Qu’est-ce que la littérature ? de JeanPaul Sartre et le Dictionnaire philosophique de Voltaire prenaient place sur la plus haute des étagères. Quelques livres culinaire ainsi qu’une multitude de romans en tout genre était perdus au bon milieu de tout ça. Au pied de 5 Le combat d’une vie cette somptueuse bibliothèque, deux fauteuils Charleston invitaient à une assise profonde et donnaient une irrésistible envie de s’affaler dedans, un bouquin à la main, et s’abandonner pour le monde de la quiétude et de la réflexion. Une table-basse blanche nacré à pieds métallique, un fauteuil trois place en cuir noir était installé sous un tableau de Marilyne Monroe conçu par Andy Warhol et Les amants bleus de Marc Chagall. Quelques luminaires en aluminium éclairaient la pièce à vivre. Sans un seul mot, sans aucun bruit, nous nous comprenions d’un simple regard elle et moi. Perché sur le tabouret qui accompagné le bar haut sur lequel nous prenions nos petits déjeuné quotidien, elle était assise en face de moi. Au bord de ses lèvre elle esquissait un petit sourire en coin tout en buvant son chocolat chaud. Au bout de dix minutes, une biscottes brisa enfin le silence et nous commencions par entendre le son de notre voix pour la première fois de la journée. - Dommage, tu aurais presque pu prendre ton petit dej’ sans casser une biscotte ! Lançais-je d’un air taquin. Son regard s’éveillait enfin. - Dommage, tu aurais presque pu prendre ton petit dej’ sans bruit ! Me rétorqua t-elle en souriant. - Bien dormi chérie ? Lui demandais-je enfin. - Toujours dans tes bras. Nous nous sommes vite endormis hier soir, enfin, surtout toi. - Tu plaisante là, c’est toi qui t’est endormie dans mes bras, la tête contre mon torse, comme d’habitude. Lui 6 Le combat d’une vie lançais-je pour répondre a son attaque matinale tout en descendant de mon tabouret pour l’embrasser. Nous venions de finir le petit déjeuné qu’elle nous avait préparé — typiquement anglo-saxon — et m’aperçut que j’allais être officiellement en retard dans quelques minutes. Sur le pas de la porte, j’embrassais la femme de ma vie et lui souhaitais une bonne journée en compagnie de nos deux filles. Lorsqu’elle me rattrapa au vol : - Au fait, n’oubli pas de me laisser les clés de la voiture ce matin. Tu te souviens, nous sommes mercredi, il n’y a pas école. Alors je vais aller passer la journée chez ta tante ! Me rappelait Emma soudainement. - Ah oui... Et bien... C’était pas prévu et c’est la première fois que tu passe une journée en dehors de l’appartement, avec les petites, et chez ma famille en plus. Mais bon, pourquoi pas après tout ça sortira les petites. Tiens, prend les clés de ma voiture, ma Gold et, met de l’essence car je comptais faire le plein ce matin. Bon, je suis vraiment en retard ce matin et je vais devoir prendre le métro, même si ça ne m’aidera pas niveau horaire. Embrasse Kim et Hannah de ma part, je n’ai vraiment plus de temps ! Dis-leur que je les aiment fort et que je me rattraperais ce soir. Nous fêterons ensemble les cinq mois d’Hannah. Je fit un dernier baiser à Emma et refermais la porte derrière moi en prenant soin de ne pas la claquer trop fort pour ne pas réveiller mes filles. 7 Le combat d’une vie En descendant les escaliers de notre immeuble, je ressentais soudainement comme un malaise. Des vertiges, une envie de vomir comme jamais. Sans y prêter véritablement attention, je respirais profondément une fois en contact avec l’air libre et me répété que ce n’étais sans doute rien de grave. Un petit rien du tout. Je n’allais pas rater une journée de travail juste pour ça... D’habitude, lorsque je prenais les transports en commun pour me rendre à mon bureau, j’envoyais des sms à Emma sur le trajet. Parfois je l’appelais même pour lui indiquer les dernières actualités lues dans le journal que je recevais dans la boite aux lettres tous le matins. Nous débattions souvent ensemble sur les différents faits marquants, les nouvelles technologies, les derniers produits et dernières mises à jours lancées par Apple, les disparitions de célébrités mortes dans la nuit... Puis avant de passer les portes de ma société, je lui souhaité une excellente journée et lui demandé de ne pas hésiter à m’appeler si il arrivé quelque chose a nos enfants ou elle-même. Je terminais toujours nos conversation par un «Je t’aime chérie». Ce matin là, ni sms, ni appels. Je n’étais pas dans mon assiette. Je n’avais même pas ouvert le journal, il faut dire que son gros titre ne m’inspirait pas beaucoup. ! ! ! (Le Figaro - 6 avril 2011) Projet PS : plus d’État, plus de dépenses J’avais mis mes écouteurs et laissais mon iPod me transporter dans les bienfaits musicaux. Pascal Obispo me rappelait comme il était bon d’être un père en chantant Millésime et je fermais les yeux dans le premier métro de la 8 Le combat d’une vie ligne 8 pour me laisser porter par les instruments à cordes et la mélodie. Pas un mot n’était sorti de ma bouche depuis le départ de mon domicile. J’avais pourtant bousculé quelques personnes se jetant à peine perdue dans la rame, pour ne pas manquer leur métro. Pas un regard autour de moi, je fixé longuement le bout de mes chaussures. Arrivé à la Bastille, je regagnais le métro 1 et m’arrêtais à l’esplanade de la Défense où se trouvait le siège européen de ma société. Je traversais le parvis, passais à proximité de la grande arche et entrais dans une immense tour vitrée d’environ deux-cent trente mètres de haut, abritant pratiquement cinq mille cadres, toutes entreprises confondues. Le siège de ma société était domicilié au vingt-sept et vingt-huitième étage de cette «first tour». Pour regagner mon nouveau bureau, je me dirigeais vers l’un des dix-huit ascenseurs qui éjectaient les employés tous les cinq étages, tels une pieuvre. Toujours les écouteurs dans les oreilles, la liste de lecture des musiques de mon iPhone n’était décidément pas propice à la bonne humeur aujourd’hui et je traversais le hall d’entrée sans adresser un bonjour à mes collègues. Je fixé au loin la porte transparente de mon bureau comme un objectif à atteindre coute que coute. Je n’avais pas envie de discuter, de demander mon agenda pour la journée, consulter la liste des rendez-vous, des objectifs, et encore moins envie que mon assistante ne vienne me déranger pour m’apporter la revue de presse du jour et mon moka blanc quotidien. 9 Le combat d’une vie Seulement quelques minutes après m’être affalé sur mon grand siège en cuir grainé, on frappa à ma porte. Chloé, petite brune de vingt-trois ans à l’allure longiligne et au regard bleu azur. Elle était habillée d’un tailleur noir à liserées rouge vif de chez Chanel et des talons haut Christian Louboutin qui lui faisait gagner douze centimètres à son mètre soixante. Sa petite taille d’origine n’était pas un handicap aujourd’hui puisqu’elle me dépassé grasse à ce subterfuge typiquement féminin. Mon assistante jonglait, tenant d’une main le breuvage journalier encore chaud, de l’autre une dizaine de journaux nationaux et internationaux : Le Monde, Le Canard Enchainé, Le Figaro, L’équipe, The New-York Times... - Va-y, entre Chloé. Lui lançais-je en soufflant de manière exaspéré. - Merci. Comment allez-vous aujourd’hui ? Je vous apporte votre Moka et la revue de presse comme chaque matin. J’ai également mis à jour votre calendrier pour la fin de semaine. Vous pourrez le consulter comme toujours sur votre téléphone professionnel, sur votre ordinateur et... sur votre iPad. - Très bien, pose tout sur la table. Nous avons des réunions ce matin ? - Nous en avons une seule oui. Toujours pour le même dossier, concernant la restructuration de notre succursale aux Etats-Unis. - Ah oui ; le contraire m’aurait étonné. Je ne vit que pour les américains dans cette boite depuis que je suis à ce poste. Bon laisse moi consulter ma boite mail et je t’appel après pour qu’on puisse préparer cette foutue réunion en bois. Et, au fait, arrête avec le vous. Je t’ai déjà dis une 10 Le combat d’une vie bonne dizaine de fois que nous avons presque le même âge. Ce n’est pas pour trois ans de plus que je mérite qu’une jeune femme me vouvoie. - Ok, je vais essayer Sean. Très belles chaussures au fait, elles sont nouvelles ? Je n’eu pas le temps de répondre a sa question, que Chloé avait déjà refermé la porte derrière elle. 11 2 ‘‘Les femmes sont faites pour être aimées, pas pour être comprises.’’ Oscar Wilde Cela faisait à peine dix minutes que Sean était parti. Emma fila ranger les quelques assiettes, bols et verres utilisés pour le petit déjeuné dans le lave-vaisselle. Elle se dirigea d’un pas décidé vers la chambre puis sorti une grande valise à roulettes monogramme, accompagnée de son vanity assorti. Elle commença à vider chaque tiroirs de sa commode puis elle s’attaqua à une grande partie de la penderie d’une immense armoire situé juste à côté du lit conjugal. Tout était à présent jeté sur le lit. Jean’s, pantalons, tshirts, vestes, sous-vêtements griffés. L’ensemble des vêtements qui commençaient à remplir considérablement à valise représentaient une sommes importante d’argent. Emma alla dans la salle de bains pour prendre l’ensemble de ses produits de beautés et parfums. Une véritable valse des plus grands couturiers, Dior, Chanel, Thierry Mugler, Louis Vuitton, Guess... Il fallait maintenant pour elle faire un choix décisif pour les paires de chaussures, escarpins, bottes, ballerines et autres paires de talons hauts. Finalement, elle ne trancha pas beaucoup et mis une multitudes d’affaires dans une nouvelle valise à roulette, plus petite que la précédente, mais tout aussi utile à ce moment là. 12 Le combat d’une vie Il fallait maintenant qu’elle aille chercher ses documents administratifs. Elle prit ses papiers, actes de naissances de Kim et Hannah, acte de mariage, livret de famille, bulletins de salaires, ordonnances médicales, radiographies et échographies, quelques relevés de comptes, les avis d’impositions des quatre dernières années et contrat de vente du récent véhicule acheté. Emma avait tout organisée dans les moindres détails pour préparer sa fuite sans que son mari ne puisse se douter de quoi que ce soit. Ses deux valises étaient bouclées. Elle se dirigea à présent dans la chambres de ses enfants. Kim et Hannah dormaient encore à point fermé. Paisiblement allongée sur le dos, Hannah, la cadette respirait tout à coup de plus en plus fort et malgré les efforts de leur mère, pour ne faire aucun bruits en entrant dans la pièce, Kim se réveilla soudainement. - Tu fait quoi maman ? Demanda la fillette de trois ans, encore à moitié endormie. - Rien ma chérie, ne t'inquiète pas je t'expliquerais après. Là, je dois prendre ton sac de voyage et tes affaires, ainsi que celle de ta petite sœur. Lui répondit Emma en chuchotant. Hannah venait de se réveiller à son tour. Il n'y a pas d'âge pour ressentir certaines choses, et les deux sœurs étaient tellement liées l'une à l'autre, qu'elles s'étaient rendus compte que quelque chose allait changer dans leur vie et que ce changement interviendrait aujourd'hui. 13 Le combat d’une vie Emma n’avait plus d'autre choix que d'ouvrir le volet mécanique qui laissait passer les premiers rayons de soleil d'une journée qui s'annonçait être l'une des plus chaude du mois d'avril. Ni une, ni deux, un sac de voyage rose fuchsia aux motifs arrondis était sorti d’un placard prés à être rempli. La jeune mère commença a ouvrir les armoires et les commodes de ses deux petites filles. Elle y sorti une grosse partie des affaires de Kim et Hannah. Pantalons, pulls, t-shirts, sous-vêtements, vestes, chaussures et chaussettes s’entassaient mélangés dans le sac. Un gros sachet plastique, semblable à ceux utilisés pour faire ses provisions dans les supermarchés allait servir pour y accueillir les doudous et quelques jouets, ceux qu’affectionnés tout particulièrement Kim et Hannah. Une fois toutes les affaires réunis dans le hall d’entrée, Emma alla préparer ses deux filles pour le grand voyage qui les attendaient. Kim ressemblait trait pour trait à son père Sean — en beaucoup plus féminin et gracieux — ses petits yeux de couleur marron foncé et son regard en amande lui donnait ce côté espiègle, intrépide et maligne. Les cheveux de la petite fillette étaient châtain foncé avec quelques mèches plus claires et son teint était à la fois mat mais pâle d’inquiétude ce matin là. Elle portait un t-shirt a manches longues rouge aux motifs de petits lapins blanc, un jean bleu brut et une paire de basket nike noire. Toujours dans les «jambes de son papa», Kim avait hérité du caractère particulier de Sean qui en faisait sa fierté. Les gens disait d’elle que c’était une petite fille extrêmement bien élevé, polis, gentille, souriante et très intelligente. 14 Le combat d’une vie Hannah, une petite tête ronde, des yeux vert foncé, toujours souriante et beaucoup plus gracieuse que son ainé au même âge d’après ses parent. Elle avait de petits cheveux châtains clairs et quelques mèches blondes. La benjamine portait quant à elle un t-shirt blanc et d’un petit survêtement rose et blanc adidas. La paire de converse rose lui donnait un aspect chic et décontracté du haut de ses cinq mois. Elle était considérée comme une véritable «star» par ses parents. Il était temps pour Emma d’affiner les préparations du départ. Elle se jeta sur le téléphone mural pour y composer le numéro de téléphone de Nikolai mais personne ne répondait. Emma raccrocha puis fit à nouveau un autre numéro et une voix féminine répondit. - Allo... - Oui, allo Valeria ? C’est Emma ! - Ah oui, comment va-tu petite soeur ? - Ca va, je t’appelle que quelques secondes. C’est bon, ça y est, je pars... - Comment ça tu pars ? Tu quitte Sean ? Tu a bien réfléchie pour les petites ? Ton mari est au courant ? Ne me dit pas que tu est en train de faire ce que tu m’a annoncé la dernière fois ! - Oui, je le quitte, il n’est pas au courant. Je ne lui ai rien dit, il le découvrira par lui-même. Il était tellement sure que je ne pourrais jamais le quitter et partir comme ça. Ça lui fera un drôle de choc ! Bref, je t’ai appelé pour te dire que j’allais prendre la route avec les petites. J’ai demandé à Kim si elle souhaitait rester ici avec son père ou venir avec moi et sa petite soeur. Elle vient avec moi. Au moins on ne 15 Le combat d’une vie pourra pas me reprocher de ne pas avoir laissé le choix à ma fille de choisir entre son père et moi. - Oui enfin, elle n’a que trois ans. Alors pour lui laisser le choix c’est un peut facile tu trouve pas. Elle choisira toujours la personne qu’elle a en face d’elle. Tu imagine un peut, si elle te dit vouloir rester avec son papa, tu la laisserai toute seule dans la maison toute la journée ? Bref. Mais tu va ou ? - C’est pas le cas donc pas la peine d’en parler ! Je vais rejoindre Nikolai. Je vais chez lui, il m’attend. J’ai tout préparé ne t’inquiète pas, je sais ce que je fais. - Mais tu ne le connais même pas ce type... Ca fait plus de dix ans que vous ne vous êtes pas revu. Il a pu te raconter n’importe quoi sur Facebook. - Je lui fait confiance, je l’aime ! - Je ne sais pas comment tu peux tomber amoureuse d’un mec que tu n’a jamais vu. La dernière fois vous n’aviez pas dix ans. Et puis de ce que tu m’a déjà raconté, il à une drôle de vie, moins sereine que celle que tu a actuellement. Et puis il faut dire la vérité, tu n’aura plus la même vie... Enfin je veux parler de confort matériel et financier, tu en ai consciente ? - Oui, je le sais, j’y ai réfléchie. Je lui parle seulement depuis dix jours et il a su m’écouter et me dire ce que mon mari ne me disait plus dit depuis quelques temps déjà. - D’accord mais ce n’est pas tout. Et... quand et comment va-tu annoncer le divorce à Sean ? Tu pense qu’il le prendra comment ? - Je ne sais pas encore comment il va le prendre. Très mal je suppose car je pars avec les petites à brule pour point. Mais bon je verrais bien. De toute façon ma décision est prise et je ne reviendrais pas dessus. 16 Le combat d’une vie - Ok ok, ne t’énerve pas, c’est ton choix, tu verra bien par la suite, après tout. - Je voudrais te demander un dernier service, c’est important. - Vas-y, je t’écoute. - Si Sean t’appelle, ne lui dit pas ou je suis, ne lui dit pas que je suis chez Nikolai, ni l’adresse, ni la ville. - Je n’aime pas ça pour Kim et Hannah. Tu a seulement imaginé, si «ton» Nikolai était un fou comme ont en entend parler au journal télévisé et qu’il t’a séduit juste pour faire du mal à toi et aux petites ? - Arrête un peut, je sais ce que je fais je t’ai dit ! Alors promet-moi de ne rien lui dire si il t’appelle. Je sais qu’il le ferra. - Pfff, ok... Je veux bien le faire mais à une condition, tu me donne de tes nouvelles une fois arrivé chez lui. Et les jours suivants aussi. Autre chose, si Sean m’appelle, comme tu le dit, et qu’il sait quelques chose pour toi et Nikolai. - Tu improvisera. - Je ferai ce qu’il me semble juste. - Ok, bon j’y vais. Bisous Val. Le téléphone raccrocha avant même que Valeria ne puisse répondre à sa petite soeur qui avait préparer sa fuite depuis une semaine. Emma recomposa le numéro de téléphone de son amant avant de descendre les affaires dans la voiture et prendre la route. Au bout de trois sonneries le jeune gigolo répondit d’une voix ensommeillée. - Allo... - Chéri, c’est moi ! C’est bon je pars. 17 Le combat d’une vie - Ah... Heu... Ok ! Mais... Tu pars quand... Chérie. - Et bien maintenant. Mes filles sont prêtes, les affaires prêtes a être transportées dans la voiture. C’est bon, tout est ok ! Il faut que je fasse vite maintenant. J’ai peur que mon mari ne se soit déjà douté de quelque chose. Il était bizarre depuis quelques jours, j’espère qu’il n’a rien vu. Il m’a simplement embrassé tout à l’heure comme si il préparé un coup. Je serais plus tranquille lorsque je serais dans la voiture avec les petites et dans le trajet. Pour le reste, tout a fonctionné comme prévu. Il m’a facilement laissé les clés de sa voiture et j’ai même eu le droit à un «bonus», sa Gold. - Il t’a donné sa carte-bleue ? - Oui ! répondit Emma d’un ton enjoué. Pour faire l’essence, sa tombe bien il va en falloir pour te rejoindre et sans compter le péage. Et puis j’ai pris tout ce que j’ai pu, comme tu me l’a demandé. Il reste encore mes affaires d’hiver et ceux des petites mais bon, je trouverais bien le moyen pour qu’il me les rapportent. Il aime trop ses filles pour les laisser dans le besoin. Tu a raison, comme tu m’a dit la dernière fois, le point de pression pour avoir ce que je veux c’est de jouer sur la relation qu’il a avec Kim et Hannah. Pour elles, il fera tout ce que je veux... Par contre je laisse certaines choses pour Hannah. Tu a bien tout ce qu’il faut, pas besoin de prendre de la nourriture, le lit-parapluie, le transat... - Oui ! Répondit voilement Nikolai en lui coupant la parole. Je t’ai déjà dit que j’avais tout. Et bien tant mieux chérie. Je t’attend ce soir alors. Il est au courant que tu le quitte ? - Oui il va être au courant ! Je lui ai écrit un mot et lorsqu’il m’appellera je lui dirait une nouvelle fois. 18 Le combat d’une vie - Bien. Alors tout est bon. Vivement ce soir que tu arrive. A tout a l’heure, je te laisse j’ai des trucs à faire. Bisous. - D’accord, bisous chéri, je t’... La tonalité d’occupation sonnée déjà alors qu’Emma n’avait pas fini de faire entendre son récent amour à l’homme qu’elle était sur le point de rejoindre. 19 3 ‘‘Le destin, c’est le caractère.’’ Novalis Je décidais de quitter mon bureau un peut plus tard qu’à l'accoutumé. Il était dix-huit heure passé de quelques minutes lorsque je fermais consciencieusement la porte vitrée de mon tout nouveau bureau. Je sorti mon téléphone portable pour envoyer les premiers SMS de la journée à ma femme... 06 avr. 2011 18:02 Chérie tu fais quoi ? Chérie ? Ça va ? Pourquoi tu ne répond pas, je m’inquiète. ... Je ne reçu, aucune réponse de la part d’Emma. Je décidais donc de tenter de l’appeler sur le téléphone de notre domicile. D’habitude, si elle n’avait pas entendu son mobile, elle répondait aux appels émis sur le téléphone fixe. A trois reprises, je tombais enfin sur sa douce voix : «Bonjour. Bienvenue chez Sean et Emma. Nous sommes actuellement absent. Laissez-nous vos coordonnées et l’objet de votre appel. Nous ne manquerons pas de vous rappeler dès que possible. A bientôt.» 20 Le combat d’une vie Hormis, celle qui avait enregistré le message du répondeur, indiquant qu’il n’y avait personne chez nous... Je commençais alors à m’inquiéter de plus en plus et imaginais le pire. Une multitude de scénarios catastrophes se percutaient dans mon esprit. J’espérais qu’il ne soit rien arrivé à Kim ou Hannah. J’imaginais ma femme qui avait glissée en sortant de la douche et mes filles apeurées, seules toute la journée à hurler au secours, à pleurer, sans manger, sans boire. Complètement traumatisé à ces idées, j’allongeais le pas sachant que je ne pourrais pas être à la maison avant au moins trente minutes. Je prenais le premier métro en direction de notre domicile et arrivé à la Bastille, je pris à nouveau mon mobile pour appeler ma tante. Mais oui, enfin. Quel imbécile je fais. Il était prévu qu’Emma et les enfants passent la journée chez elle. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter donc... Pour me rassurer je composais tout de même le numéro du domicile de mon oncle. Au bout du fil, ma tante, surprise de m’avoir au téléphone prenait de mes nouvelles avant que je ne l'interrompe pour lui demander si ma femme était déjà partie et était en route pour notre appartement ou si elle était encore chez elle, accompagnée de mes deux filles. La surprise fut de tel lorsqu’elle me pris pour un fou... - Tu t’est mis à boire ou fumer Sean ? Emma n’est jamais venue à la maison aujourd’hui et elle ne m’a pas appelé pour me prévenir qu’elle viendrait avec Kim et Hannah. Me répondit-elle d’un air décontractée avant d’ajouter : Je 21 Le combat d’une vie demande à ton cousin si il a reçu un texto de sa pars et si il est au courant de quelque chose. Bien entendu, mon cousin n’avait rien reçu et n’était pas au courant que ma femme devait passer la journée chez lui. Bien entendu, tout ceci se révéler être une mascarade pour cacher les activités journaliers de mon épouse. Il fallait à tout prix que je gagne mon appartement au plus vite. Je sautais dans le métro qui venait d’arriver pour m’y engouffrer malgré le nombre impressionnant de personnes qui étaient déjà à bord de la rame à cette heure-ci de la journée. * Il ne resté plus que quatre heures de route à Emma et ses filles avant d’arriver à destination. L’amant de la jeune maman de vingt-six ans vivait dans un petit village du sud ouest. Dans les terres, il n’y avait pas grand choses à y faire. Une boulangerie, un bar-restaurant qui faisait aussi office d’hôtel, un petit supermarché et une école. Tous ces établissements étaient réunis non loin de la place principale, celle de la mairie. Une seule route donnait accès aux lieux-dits, quartiers et autres maisonnettes qui étaient construites en périphérie du centre-ville. * Nikolai avait vingt-sept ans. Sa vie n’avait jamais était très simple. Il y a cinq ans, alors qu’il s’était mis en couple avec une femme, tout ne s’est pas terminé comme prévu. Ensemble, ils ont eu un petit garçon qui répondait au nom 22 Le combat d’une vie de Jérémy. Et puis comme dans de nombreux couples, qui ne s’entendent plus et se sont séparé, fort heureusement, sans trop de fracas pour protéger leur fils. Nikolai passait en jugement pour déterminer les modalités de droit de garde pour son fils qu’il ne voulait pas à sa charge. MESURES RELATIVES AUX ENFANTS : Attendu que Madame Hélène SOMMIER et Monsieur Nikolai RASSO exerceront l’autorité parentale sur leur enfant mineur : -Jérémy RASSO, né le 18 janvier 2006 à Perpignan. En application des dispositions légales, qu’érigées à l’article 372 du Code Civil. telles 1.Droit de visite et d’hébergement : La résidence des enfants sera fixée au domicile de la mère. Monsieur RASSO, exercera, quant à lui, un droit de visite et d’hébergement libre sur son enfant. Que si d’éventuelles difficultés se profilent et surviennent, ce droit de visite et d’hébergement sera réglementé suivant les modalités, ci-après énoncées : • La moitié des vacances scolaires, avec alternance annuelle : première moitié les années paires, et seconde moitié les années impaires, avec un délai de prévenance de quinze jours. Le droit de visite et d’hébergement s’exerçant le lendemain du dernier jour de scolarité. • Le père prendra les enfants le weekend de la fête des pères, et la mère le weekend de la fête des mères. • Tout jour férié qui suit ou précède une période d’exercice du droit de visite et d’hébergement sera automatiquement intégré dans cette période. 23 Le combat d’une vie • Tout changement de résidence habituelle des enfants devra être notifié à l’autre parent dans le délai d’un mois, à compter du changement de domicile effectif. Fier de ne pas avoir la garde de son fils, Nikolai pouvait librement s’abandonner aux joies du célibat. Passant de filles en filles, la petite maison individuelle qu’il louait était devenu l’antre d’une maison close. Avec ses amis il organisait des soirées privées ou alcools, drogues, femmes et sexe s’entremêlaient. Initié à la débauche, Nikolai vivait le moment présent. Sans emploi, il couvrait ses dépenses grasse à une petite magouille élaborée en famille, avec son père. Quelques mois avant sa séparation il avait tout mis en oeuvre pour se faire licencier de son poste de maçon et avait attaqué son employeur aux prud’hommes. C’est à ce moment là que son père était entré en jeu. Travaillant pour l’inspection du travail, il avait négocié avec ses ‘‘collègues’’ une sanction exemplaire envers le patron de son fils. Tout ceci en catimini. Un soir de beuverie, Nikolai avait attrapé dans ses griffes une petite brune à lunette. Il l’avait emmené dans l’une des pièces de la maisonnette pour faire «ses affaires». Au bout d’une demie heure, content de sa maigre performance, les deux comparses se quittaient sans un mot. La surprise fut de tel, lorsque la fameuse Vanessa l’appela un après-midi de printemps pour lui annoncer qu’il allait être papa et qu’il fallait trouver une solution dans l’urgence. Malgré tout, il n’y avait pas d’erreur, Nikolai était bien le 24 Le combat d’une vie père et une solution plus que raisonnable allait être prise. Vanessa alla vivre chez le père de son futur enfant, qu’elle souhaitait conserver. C’été une petite fille de 3,520 Kg qui se prénommée Louna. Contre toute attente, l’attitude de Nikolai n’avait pas changé, il n’avait jamais était présent pour sa ‘‘copine’’ ni même lors des rendez-vous avec le gynécologue et ne le sera jamais. Père pour la seconde fois mais cela ne faisait pas de lui pour autant un homme responsable. Bien au contraire, il se plaisait a se décrire comme quelqu’un qui n’était pas câlin, attentionné, doux, serviable, et gentleman envers la gente féminine. Au bout de neuf mois de véritable calvaire, Vanessa avait pris sa décision. Elle quitterait le père de sa fille en pleine nuit, durant son sommeil car elle avait véritablement peur de cet homme qui, trop souvent était violent avec elle. Ce vendredi là, elle attendait que Nikolai rentrait, une fois de plus, saoul comme un sac de vin. Les seuls mots qu’il lançait envers sa compagne était d’une agressivité sans compter. - Hey la pute là, t’est pas encore couché à cette heure ? Tu m’attend pour prendre ton coups encore ! La jeune mère ne lui répondait pas. Elle savait qu’il lui resté seulement quelques heures avant de pouvoir enfin la paix. Vers quatre heure du matin, le chien de la maison était endormi, tout comme son maître. Vanessa pris le sac à langer, réveilla sa petite fille de dix mois qu’elle emmitoufla dans une couverture bien chaude. 25 Le combat d’une vie Avant de partir elle pris soin de faire payer son attitude à Nikolai en effectuant un virement bancaire sur un compte externe et lui vider entièrement ses comptes. Voilà mon grand, c’est le prix a payer pour le bien être de ma fille. Tu n’a jamais pris soin de l’élever, sale enfoiré ! Se dit à voix basse Vanessa avant d’éteindre correctement l’ordinateur qui était posé sur un petit bureau d’appoint. Elle prit dans ses bras la fillette encore endormie, lui vissa un petit bonnet sur la tête, ouvrit ensuite délicatement la porte d’entrée puis l’une des deux portes en bois qui suivait. Une fois dehors, elle repoussa les portes derrière elle et ferma d’un tour de clef la porte en bois. La mère et son bébé n’étaient plus qu’a quelques mètres de la liberté. Une dizaine de pas dans le petit jardin puis, dans cette nuit noire, sans aucun éclairage aux alentours, un bruit déchira le silence. C’était celui du cliquetis du portillon qui se trouvait au bord de l’allée centrale du lieu-dit. Plus que quelques minutes et nous seront libre de cette vie de merde ma chérie. Chuchotait Vanessa aux oreilles endormies de sa fille. Il était 04:39 du matin lorsque la voiture de Vanessa prenait la route en direction de chez ses parents. L’idée que lui avait prodiguée sa tante avait marché. Nikolai allait devenir fou lorsqu’il se lèverait avec la gueule de bois le lendemain. Il avait mis du temps avant de se rendre compte que sa compagne était partie avec sa fille. Un mois plus tard, un nouveau jugement au profit de Nikolai — qui commençait à être coutumier du fait — allait lui donner la possibilité de voir sa fille un weekend sur deux, une fois de plus. 26 Le combat d’une vie Mais malgré tout, Vanessa en avait décidé autrement et elle ne voulait pas respecter ce jugement. Pour elle, l’attitude du père ne permettait pas de s'occuper convenablement d’un enfant âgée d’a peine onze mois. Durant six mois, Nikolai faisait régulièrement constater par les services de gendarmeries de la commune, le fait que la mère de sa fille ne voulait pas lui présenter son enfant. 27 4 ‘‘La surprise est l’épreuve du vrai courage’’ Aristote J’arrivais enfin devant la résidence et hésité encore à accéder dans un premier temps au parking sous-terrain afin de voir si ma Peugeot 207, toute neuve, était encore là, ou monter directement les étages pour accéder à mon appartement. Mon intuition me disait de monter. Pour ne pas rester coincé d’un ce vieil ascenseur — s’il avait décidé de tomber en panne juste aujourd’hui — je décidais d'emprunter la cage d’escaliers. Durant les cent vingt marches, mon coeur ne cessait de battre de plus en plus fort, toutes les mises en scènes de scénarios catastrophes défilés dans ma tête, et puis... Un flash ! Je ralentissais mes pas, plus besoin de me presser. Pour moi tout devenait évident. Lorsque je rentrerais chez moi je n’aurais cas tourner la tête en direction du bureau d’Emma. Si l’ordinateur portable que je lui avait offert à Noël dernier n’était plus là, cela voudra dire qu’elle est partie... Je rentrais lentement la clef dans la serrure du haut de la porte, habituellement lorsque nous quittions l’appartement nous fermions le verrou à double-tour. Cette fois-ci un seul tour avait était donné. J’ouvrais doucement la porte et pouvais constater que les volets avaient été fermés, toutes les pièces étaient sombres mais je pouvais encore distinguer le mobilier. 28 Le combat d’une vie Chérie... Kim... Hannah ? Il y a quelqu’un ? Vous êtes là, répondez-moi... Mon premier reflex aura était d’appeler, mais aucune réponses. En allumant la lumière du hall d’entrée, devant mes yeux ébahis un parterre de sac plastiques jonchait le sol, j’avançais alors vers la pièce principale et tournais ma tête en direction du bureau vitré d’Emma pour avoir le verdict de mon intuition. L’ordinateur portable blanc nacré n’était plus là. Putin, putin, putin... C’est pas possible... Je rêve bordel ! Mon dieu, dites-moi que c’est un rêve, je vais me réveiller... Je courrais vers ma chambre. Tous les tiroirs de la commodes étaient restés ouverts ; et vide. Un tas de vêtements appartenant à Emma étaient encore sur le lit — qui n’avait même pas était fait — et jonchait le sol. La pièce était dévastée comme après un cambriolage. Complètement éreinté, je portais tant bien que mal mon corps en direction de la chambre de Kim et Hannah pour y constater que l’on n’avait même pas pris le soin de fermer les portes des armoires de mes filles. Je retrouvais des jouets leur appartenant d’ici et là, dans toutes les pièces de mon immense appartement. Comme je l’avais pressenti, ma femme était bel et bien partie. Il était temps que les questions se bousculent au plus profond de moi. Pourquoi est-elle partie comme ça, sans rien dire ? Pourquoi ne pas m’avoir prévenu ? Ou sont mes filles ? Ou est partie ma femme ? Ou se trouventelles maintenant ? Qu’ai-je fait pour mériter de vivre ces instants si dure ? 29 Le combat d’une vie Voilà à quoi sa sert de prendre soin de sa femme, de l’aimer plus que tout et l’entretenir... Je n’avais pas la moindre idée des réponses et n’en aurais peut être jamais. Mon téléphone avait du sonner une bonne vingtaine de fois depuis mon arrivée et ma sinistre découverte. Je n’avais pas répondu. Ne pouvant plus lutter j’avais laissé mon corps s’évanouir sur le sol, la tête frappant contre le bas du canapé d’angle du salon. Sans doute quelques longues minutes défilèrent et je m’endormis. * Depuis plus de cinq minutes, Marie Ruffino tambourinait sans relâche à la porte d’entrée. - Sean ! Ouvre-moi, je sais que tu est la ! Ou est Emma ? Ou sont les petites ? Ne donnant aucune réponses, Marie sortit un double des clés, celui que j’avais volontairement laissé chez la concierge au cas ou un jour je perdrais mon trousseau je ne sais où. Elle fit glisser la première clef dans le mauvais verrou, la peur de voir l’inimaginable derrière cette porte la faisait trembler. La deuxième clef était la bonne pour pénétrer dans l’appartement. J’étais plongé dans la pénombre en position foetal, totalement blafard, commotionné. - Sean, réveille-toi ! Cria Marie en se portant à mon chevet. - Qu’est-ce que tu fous chez moi ? Marmonnai-je. 30 Le combat d’une vie - Mais je me suis inquiété, Sean ! Je t’ai appelé au moins dix fois depuis que je t’ai eu au téléphone à ta sortie de boulot. Tu avais l’air désemparé lorsque je t’ai dit qu’Emma n’était pas venue avec les petites. D’ailleurs ou sont-elles ? - Je n’en sais rien et c’est mon problème. Lui décrétai-je en me redressant. - Comment ça tu n’en sais rien ? S’étonna-t-elle. Toujours assis au sol, contre le canapé, le visage dans les mains, j’eus un haussement d’épaules, j’étais désespéré et ne savais pas par ou commencer. - Je ne sais pas ou est ma femme, ou son mes filles ! Je suis rentré à la maison avec une bougie pour fêter les cinq mois d’Hannah dans les mains. Emma n’a pas répondu a mes SMS, elle était sensée passer la journée chez toi avec nos filles. Au final, voilà dans quel état je retrouve mon domicile : vide et sans les femmes que j’aime. Je n’en sais pas plus, fin du résumé de l’épisode, tu est contente ? répondis-je avec virulence tout en me levant difficilement. Pris de vertiges, j’avais du mal à rester debout. Soudain, une idée me traversa l’esprit. Encore assommé par ce qu’il venait de m’arriver, je me dirigeait vers mon bureau en vacillant. Posé à côté de mon ordinateur je pouvais apercevoir qu’il y avait une feuille de papier pliée en deux ainsi qu’un objet scintillant posé dessus. Je me frottais les yeux et m’approchais en me tenant aux murs. C’était un mot d’Emma... 31 Le combat d’une vie Sean, Je part avec les petites. plus confiance, etc... Cette vie ne me convient plus, Je serais sur MSN ce soir. A+ Emma. ... Il était accompagné de sa bague de fiançailles et de son alliance. Cette fois-ci c’était bien la fin de notre histoire. Les même questions revinrent dans ma tête comme un boomerang. J’avais envie de vomir et à la fois de pleurer de tristesse, du manque de mes filles, du manque de ma femme. Je pensais tout à coups à tout ce qui allait changer dans ma vie. - Tu voulais savoir où est passée Emma, et bien voilà. Elle est partie avec Kim et Hannah, elle m’a quitté et j’en serais peut-être plus dans la soirée mais je n’y compte pas. Lançais-je à ma tante qui venait de s'assoir. - J’en reviens pas, me dit-elle bouche bée. Je sais que cela ne me regarde pas et tu n’est pas obligé de me répondre, mais... vous aviez des soucis dans votre couple ? - Non ! Aucun souci apparent de mon côté. J’ai même été voir un concessionnaire la semaine dernière pour qu’il reprenne mon véhicule cet été. Nous voulions changer pour prendre plus grand. On envisagé d’avoir un troisième enfant, nous voulions essayer d’avoir un garçon ! Rétorquais-je d’un air désemparé. - Tu veux que je reste ici ce soir, tu n’a pas l’air bien. - Non ! - Tu est sure, je ne voudrais pas que tu fasse une bêtise. 32 Le combat d’une vie - Mais non ne t’en fait pas, je ne suis pas encore assez stupide pour me foutre en l’air pour une femme. Et puis il y a mes filles. Je ne vais pas les abandonner comme ça. Marie avait enfilée son gilet bleu et ajouta avant de partir : - Si tu a besoin de quoi que se soit même durant la nuit, n’hésite pas à m’appeler. Je n’avais pas besoin de quoi que ce soit. Tout ce que je désirais n’était plus là. Ce que j’avais besoin à cet instant était ma femme et mes enfants. J’allais m’installer dans ce fauteuil en cuir lorsque, le regard dans le vague, je fixais le tableau magnétique accroché sur le mur près de mon bureau, je m’approchais comme si je venais de découvrir un trésor. Scotché dans l’un des angles supérieur droit du tableau, une puce téléphonique d’un abonnement pré-payé avait disparue. Mais oui, suis-je bête ! J’avais laissé cette puce ici au cas ou un jour nous avions besoin d’un numéro de téléphone en urgence. C’est pour cela que personne n’arrive à joindre Emma sur son numéro habituel. Je saisissais mon iPhone afin de composer le numéro que j’avais pris soin de sauvegarder sur mon carnet d’adresse, au cas ou... TUUUT... TUUUT... TUUUT... 33