Extrait - Le combat d`une vie

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Extrait - Le combat d`une vie
Gaëtan Khélifa
roman
Le combat
d’une vie...
Gaëtan Khélifa
Le combat d’une vie...
roman
À Keira & Miley.
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‘‘La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure.’’
Saint Augustin
Paris, XIe arrondissement
Avril 2012
Le réveil venait de sonner everytime de Britney Spears et
après l’avoir éteint je me retourné a nouveau vers ma
femme qui était allongée sur le dos. Comme tous les matins,
avant de me lever, mon bras gauche l’enlaçait. Ma main
parcourait lentement les courbent du corps d’Emma. Je
caressais ses cuisses, son ventre, encore resté plat — après
les deux accouchements qu’elle avait subit — le début de sa
poitrine, son épaule et son cou avant d’y déposer un doux
baiser. Son bras était encore frais de la nuit passée. En
remontant la couverture sur elle, je lui murmuré au creux
de l’oreille quelques mots d’amour et lui indiqué que j’allais
prendre la douche.
Emma, comme a son habitude, me répondit d’un simple
signe de la tête, elle me rendait mon baiser et se retournait
pour finir sa nuit encore quelques minutes avant de se lever
à son tour.
Je me levé enfin. Dans la douche, je me remémoré encore
ces instants magique de complicité de la nuit d’amour
passée, de nos mots tendres et de la chaleur de nos corps
entrelacé.
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Le combat d’une vie
Tandis que je terminais de me préparer dans une salle de
bain embuée par les vapeurs d’eau bouillante, Emma s’était
déjà levée, avait enfilée un peignoir en satin rouge et avait
préparé mon petit déjeuné sans faire de bruit, sans réveiller
nos filles encore endormies.
Un moment de calme et de douceur flottait encore. Notre
appartement surprenait encore par la tendresse qui s’en
dégageait.
Situé au dernier étage d’une copropriété bourgeoise de
1980. En double exposition, il comportait une large terrasse
qui donnait sur un jardin privatif. Du haut du septième
étage, il offrait une vue imprenable sur le sacrée coeur, qui
donnait un sentiment de protection et d’apaisement. A
l’intérieur, il se composait d’un salon-cuisine à l’américaine,
entièrement équipée, qui pouvait faire rugir de jalousie
n’importe quel grand chef étoilé. D’un dressing, de deux
grandes chambres et d’une vaste salle de bains avec fenêtre.
Le sol était en parquet blond à lattes élargies, celles de la
salle de bains étant bleutés. Les murs blancs s’ornaient de
tableaux de grands maîtres.
La pièce principale quant à elle arborait un design
contemporain. Le mobilier était soigné, une immense
bibliothèque longeait l’un des murs. Des centaines
d’ouvrages élégamment reliés garnissaient les étagères. Des
oeuvres philosophiques de Platon, René Descartes ou bien
Karl Marx.
En tête de colonne, Qu’est-ce que la littérature ? de JeanPaul Sartre et le Dictionnaire philosophique de Voltaire
prenaient place sur la plus haute des étagères. Quelques
livres culinaire ainsi qu’une multitude de romans en tout
genre était perdus au bon milieu de tout ça. Au pied de
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Le combat d’une vie
cette somptueuse bibliothèque, deux fauteuils Charleston
invitaient à une assise profonde et donnaient une
irrésistible envie de s’affaler dedans, un bouquin à la main,
et s’abandonner pour le monde de la quiétude et de la
réflexion.
Une table-basse blanche nacré à pieds métallique, un
fauteuil trois place en cuir noir était installé sous un tableau
de Marilyne Monroe conçu par Andy Warhol et Les amants
bleus de Marc Chagall. Quelques luminaires en aluminium
éclairaient la pièce à vivre.
Sans un seul mot, sans aucun bruit, nous nous
comprenions d’un simple regard elle et moi.
Perché sur le tabouret qui accompagné le bar haut sur
lequel nous prenions nos petits déjeuné quotidien, elle était
assise en face de moi. Au bord de ses lèvre elle esquissait un
petit sourire en coin tout en buvant son chocolat chaud.
Au bout de dix minutes, une biscottes brisa enfin le
silence et nous commencions par entendre le son de notre
voix pour la première fois de la journée.
- Dommage, tu aurais presque pu prendre ton petit dej’
sans casser une biscotte ! Lançais-je d’un air taquin.
Son regard s’éveillait enfin.
- Dommage, tu aurais presque pu prendre ton petit dej’
sans bruit ! Me rétorqua t-elle en souriant.
- Bien dormi chérie ? Lui demandais-je enfin.
- Toujours dans tes bras. Nous nous sommes vite
endormis hier soir, enfin, surtout toi.
- Tu plaisante là, c’est toi qui t’est endormie dans mes
bras, la tête contre mon torse, comme d’habitude. Lui
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Le combat d’une vie
lançais-je pour répondre a son attaque matinale tout en
descendant de mon tabouret pour l’embrasser.
Nous venions de finir le petit déjeuné qu’elle nous avait
préparé — typiquement anglo-saxon — et m’aperçut que
j’allais être officiellement en retard dans quelques minutes.
Sur le pas de la porte, j’embrassais la femme de ma vie et
lui souhaitais une bonne journée en compagnie de nos deux
filles.
Lorsqu’elle me rattrapa au vol :
- Au fait, n’oubli pas de me laisser les clés de la voiture ce
matin. Tu te souviens, nous sommes mercredi, il n’y a pas
école. Alors je vais aller passer la journée chez ta tante ! Me
rappelait Emma soudainement.
- Ah oui... Et bien... C’était pas prévu et c’est la première
fois que tu passe une journée en dehors de l’appartement,
avec les petites, et chez ma famille en plus. Mais bon,
pourquoi pas après tout ça sortira les petites.
Tiens, prend les clés de ma voiture, ma Gold et, met de
l’essence car je comptais faire le plein ce matin. Bon, je suis
vraiment en retard ce matin et je vais devoir prendre le
métro, même si ça ne m’aidera pas niveau horaire.
Embrasse Kim et Hannah de ma part, je n’ai vraiment plus
de temps ! Dis-leur que je les aiment fort et que je me
rattraperais ce soir. Nous fêterons ensemble les cinq mois
d’Hannah.
Je fit un dernier baiser à Emma et refermais la porte
derrière moi en prenant soin de ne pas la claquer trop fort
pour ne pas réveiller mes filles.
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Le combat d’une vie
En descendant les escaliers de notre immeuble, je
ressentais soudainement comme un malaise. Des vertiges,
une envie de vomir comme jamais. Sans y prêter
véritablement attention, je respirais profondément une fois
en contact avec l’air libre et me répété que ce n’étais sans
doute rien de grave. Un petit rien du tout. Je n’allais pas
rater une journée de travail juste pour ça...
D’habitude, lorsque je prenais les transports en commun
pour me rendre à mon bureau, j’envoyais des sms à Emma
sur le trajet. Parfois je l’appelais même pour lui indiquer les
dernières actualités lues dans le journal que je recevais
dans la boite aux lettres tous le matins. Nous débattions
souvent ensemble sur les différents faits marquants, les
nouvelles technologies, les derniers produits et dernières
mises à jours lancées par Apple, les disparitions de célébrités
mortes dans la nuit... Puis avant de passer les portes de ma
société, je lui souhaité une excellente journée et lui
demandé de ne pas hésiter à m’appeler si il arrivé quelque
chose a nos enfants ou elle-même. Je terminais toujours nos
conversation par un «Je t’aime chérie».
Ce matin là, ni sms, ni appels. Je n’étais pas dans mon
assiette. Je n’avais même pas ouvert le journal, il faut dire
que son gros titre ne m’inspirait pas beaucoup.
!
!
!
(Le Figaro - 6 avril 2011)
Projet PS : plus d’État, plus de dépenses
J’avais mis mes écouteurs et laissais mon iPod me
transporter dans les bienfaits musicaux. Pascal Obispo me
rappelait comme il était bon d’être un père en chantant
Millésime et je fermais les yeux dans le premier métro de la
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Le combat d’une vie
ligne 8 pour me laisser porter par les instruments à cordes
et la mélodie.
Pas un mot n’était sorti de ma bouche depuis le départ de
mon domicile. J’avais pourtant bousculé quelques
personnes se jetant à peine perdue dans la rame, pour ne
pas manquer leur métro. Pas un regard autour de moi, je
fixé longuement le bout de mes chaussures.
Arrivé à la Bastille, je regagnais le métro 1 et m’arrêtais à
l’esplanade de la Défense où se trouvait le siège européen
de ma société.
Je traversais le parvis, passais à proximité de la grande
arche et entrais dans une immense tour vitrée d’environ
deux-cent trente mètres de haut, abritant pratiquement cinq
mille cadres, toutes entreprises confondues.
Le siège de ma société était domicilié au vingt-sept et
vingt-huitième étage de cette «first tour». Pour regagner
mon nouveau bureau, je me dirigeais vers l’un des dix-huit
ascenseurs qui éjectaient les employés tous les cinq étages,
tels une pieuvre.
Toujours les écouteurs dans les oreilles, la liste de lecture
des musiques de mon iPhone n’était décidément pas
propice à la bonne humeur aujourd’hui et je traversais le
hall d’entrée sans adresser un bonjour à mes collègues. Je
fixé au loin la porte transparente de mon bureau comme un
objectif à atteindre coute que coute. Je n’avais pas envie de
discuter, de demander mon agenda pour la journée,
consulter la liste des rendez-vous, des objectifs, et encore
moins envie que mon assistante ne vienne me déranger
pour m’apporter la revue de presse du jour et mon moka
blanc quotidien.
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Le combat d’une vie
Seulement quelques minutes après m’être affalé sur mon
grand siège en cuir grainé, on frappa à ma porte.
Chloé, petite brune de vingt-trois ans à l’allure longiligne
et au regard bleu azur. Elle était habillée d’un tailleur noir à
liserées rouge vif de chez Chanel et des talons haut Christian
Louboutin qui lui faisait gagner douze centimètres à son
mètre soixante. Sa petite taille d’origine n’était pas un
handicap aujourd’hui puisqu’elle me dépassé grasse à ce
subterfuge typiquement féminin.
Mon assistante jonglait, tenant d’une main le breuvage
journalier encore chaud, de l’autre une dizaine de journaux
nationaux et internationaux : Le Monde, Le Canard Enchainé,
Le Figaro, L’équipe, The New-York Times...
- Va-y, entre Chloé. Lui lançais-je en soufflant de manière
exaspéré.
- Merci. Comment allez-vous aujourd’hui ? Je vous
apporte votre Moka et la revue de presse comme chaque
matin. J’ai également mis à jour votre calendrier pour la fin
de semaine. Vous pourrez le consulter comme toujours sur
votre téléphone professionnel, sur votre ordinateur et... sur
votre iPad.
- Très bien, pose tout sur la table. Nous avons des
réunions ce matin ?
- Nous en avons une seule oui. Toujours pour le même
dossier, concernant la restructuration de notre succursale
aux Etats-Unis.
- Ah oui ; le contraire m’aurait étonné. Je ne vit que pour
les américains dans cette boite depuis que je suis à ce
poste. Bon laisse moi consulter ma boite mail et je t’appel
après pour qu’on puisse préparer cette foutue réunion en
bois. Et, au fait, arrête avec le vous. Je t’ai déjà dis une
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Le combat d’une vie
bonne dizaine de fois que nous avons presque le même
âge. Ce n’est pas pour trois ans de plus que je mérite
qu’une jeune femme me vouvoie.
- Ok, je vais essayer Sean. Très belles chaussures au fait,
elles sont nouvelles ?
Je n’eu pas le temps de répondre a sa question, que Chloé
avait déjà refermé la porte derrière elle.
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‘‘Les femmes sont faites pour être aimées,
pas pour être comprises.’’
Oscar Wilde
Cela faisait à peine dix minutes que Sean était parti.
Emma fila ranger les quelques assiettes, bols et verres
utilisés pour le petit déjeuné dans le lave-vaisselle. Elle se
dirigea d’un pas décidé vers la chambre puis sorti une
grande valise à roulettes monogramme, accompagnée de
son vanity assorti.
Elle commença à vider chaque tiroirs de sa commode puis
elle s’attaqua à une grande partie de la penderie d’une
immense armoire situé juste à côté du lit conjugal.
Tout était à présent jeté sur le lit. Jean’s, pantalons, tshirts, vestes, sous-vêtements griffés. L’ensemble des
vêtements qui commençaient à remplir considérablement à
valise représentaient une sommes importante d’argent.
Emma alla dans la salle de bains pour prendre l’ensemble
de ses produits de beautés et parfums. Une véritable valse
des plus grands couturiers, Dior, Chanel, Thierry Mugler,
Louis Vuitton, Guess... Il fallait maintenant pour elle faire un
choix décisif pour les paires de chaussures, escarpins,
bottes, ballerines et autres paires de talons hauts.
Finalement, elle ne trancha pas beaucoup et mis une
multitudes d’affaires dans une nouvelle valise à roulette,
plus petite que la précédente, mais tout aussi utile à ce
moment là.
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Le combat d’une vie
Il fallait maintenant qu’elle aille chercher ses documents
administratifs. Elle prit ses papiers, actes de naissances de
Kim et Hannah, acte de mariage, livret de famille, bulletins
de salaires, ordonnances médicales, radiographies et
échographies, quelques relevés de comptes, les avis
d’impositions des quatre dernières années et contrat de
vente du récent véhicule acheté.
Emma avait tout organisée dans les moindres détails pour
préparer sa fuite sans que son mari ne puisse se douter de
quoi que ce soit.
Ses deux valises étaient bouclées. Elle se dirigea à présent
dans la chambres de ses enfants. Kim et Hannah dormaient
encore à point fermé. Paisiblement allongée sur le dos,
Hannah, la cadette respirait tout à coup de plus en plus fort
et malgré les efforts de leur mère, pour ne faire aucun bruits
en entrant dans la pièce, Kim se réveilla soudainement.
- Tu fait quoi maman ? Demanda la fillette de trois ans,
encore à moitié endormie.
- Rien ma chérie, ne t'inquiète pas je t'expliquerais après.
Là, je dois prendre ton sac de voyage et tes affaires, ainsi
que celle de ta petite sœur. Lui répondit Emma en
chuchotant.
Hannah venait de se réveiller à son tour.
Il n'y a pas d'âge pour ressentir certaines choses, et les
deux sœurs étaient tellement liées l'une à l'autre, qu'elles
s'étaient rendus compte que quelque chose allait changer
dans leur vie et que ce changement interviendrait
aujourd'hui.
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Le combat d’une vie
Emma n’avait plus d'autre choix que d'ouvrir le volet
mécanique qui laissait passer les premiers rayons de soleil
d'une journée qui s'annonçait être l'une des plus chaude du
mois d'avril.
Ni une, ni deux, un sac de voyage rose fuchsia aux motifs
arrondis était sorti d’un placard prés à être rempli. La jeune
mère commença a ouvrir les armoires et les commodes de
ses deux petites filles.
Elle y sorti une grosse partie des affaires de Kim et
Hannah. Pantalons, pulls, t-shirts, sous-vêtements, vestes,
chaussures et chaussettes s’entassaient mélangés dans le
sac. Un gros sachet plastique, semblable à ceux utilisés pour
faire ses provisions dans les supermarchés allait servir pour
y accueillir les doudous et quelques jouets, ceux
qu’affectionnés tout particulièrement Kim et Hannah.
Une fois toutes les affaires réunis dans le hall d’entrée,
Emma alla préparer ses deux filles pour le grand voyage
qui les attendaient.
Kim ressemblait trait pour trait à son père Sean — en
beaucoup plus féminin et gracieux — ses petits yeux de
couleur marron foncé et son regard en amande lui donnait
ce côté espiègle, intrépide et maligne. Les cheveux de la
petite fillette étaient châtain foncé avec quelques mèches
plus claires et son teint était à la fois mat mais pâle
d’inquiétude ce matin là. Elle portait un t-shirt a manches
longues rouge aux motifs de petits lapins blanc, un jean
bleu brut et une paire de basket nike noire. Toujours dans
les «jambes de son papa», Kim avait hérité du caractère
particulier de Sean qui en faisait sa fierté. Les gens disait
d’elle que c’était une petite fille extrêmement bien élevé,
polis, gentille, souriante et très intelligente.
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Le combat d’une vie
Hannah, une petite tête ronde, des yeux vert foncé,
toujours souriante et beaucoup plus gracieuse que son ainé
au même âge d’après ses parent. Elle avait de petits
cheveux châtains clairs et quelques mèches blondes. La
benjamine portait quant à elle un t-shirt blanc et d’un petit
survêtement rose et blanc adidas. La paire de converse rose
lui donnait un aspect chic et décontracté du haut de ses cinq
mois. Elle était considérée comme une véritable «star» par
ses parents.
Il était temps pour Emma d’affiner les préparations du
départ. Elle se jeta sur le téléphone mural pour y composer
le numéro de téléphone de Nikolai mais personne ne
répondait. Emma raccrocha puis fit à nouveau un autre
numéro et une voix féminine répondit.
- Allo...
- Oui, allo Valeria ? C’est Emma !
- Ah oui, comment va-tu petite soeur ?
- Ca va, je t’appelle que quelques secondes. C’est bon, ça y
est, je pars...
- Comment ça tu pars ? Tu quitte Sean ? Tu a bien réfléchie
pour les petites ? Ton mari est au courant ? Ne me dit pas
que tu est en train de faire ce que tu m’a annoncé la
dernière fois !
- Oui, je le quitte, il n’est pas au courant. Je ne lui ai rien
dit, il le découvrira par lui-même. Il était tellement sure
que je ne pourrais jamais le quitter et partir comme ça. Ça
lui fera un drôle de choc ! Bref, je t’ai appelé pour te dire
que j’allais prendre la route avec les petites. J’ai demandé à
Kim si elle souhaitait rester ici avec son père ou venir avec
moi et sa petite soeur. Elle vient avec moi. Au moins on ne
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Le combat d’une vie
pourra pas me reprocher de ne pas avoir laissé le choix à
ma fille de choisir entre son père et moi.
- Oui enfin, elle n’a que trois ans. Alors pour lui laisser le
choix c’est un peut facile tu trouve pas. Elle choisira
toujours la personne qu’elle a en face d’elle. Tu imagine un
peut, si elle te dit vouloir rester avec son papa, tu la
laisserai toute seule dans la maison toute la journée ? Bref.
Mais tu va ou ?
- C’est pas le cas donc pas la peine d’en parler ! Je vais
rejoindre Nikolai. Je vais chez lui, il m’attend. J’ai tout
préparé ne t’inquiète pas, je sais ce que je fais.
- Mais tu ne le connais même pas ce type... Ca fait plus de
dix ans que vous ne vous êtes pas revu. Il a pu te raconter
n’importe quoi sur Facebook.
- Je lui fait confiance, je l’aime !
- Je ne sais pas comment tu peux tomber amoureuse d’un
mec que tu n’a jamais vu. La dernière fois vous n’aviez pas
dix ans. Et puis de ce que tu m’a déjà raconté, il à une
drôle de vie, moins sereine que celle que tu a actuellement.
Et puis il faut dire la vérité, tu n’aura plus la même vie...
Enfin je veux parler de confort matériel et financier, tu en
ai consciente ?
- Oui, je le sais, j’y ai réfléchie. Je lui parle seulement
depuis dix jours et il a su m’écouter et me dire ce que mon
mari ne me disait plus dit depuis quelques temps déjà.
- D’accord mais ce n’est pas tout. Et... quand et comment
va-tu annoncer le divorce à Sean ? Tu pense qu’il le
prendra comment ?
- Je ne sais pas encore comment il va le prendre. Très mal
je suppose car je pars avec les petites à brule pour point.
Mais bon je verrais bien. De toute façon ma décision est
prise et je ne reviendrais pas dessus.
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Le combat d’une vie
- Ok ok, ne t’énerve pas, c’est ton choix, tu verra bien par
la suite, après tout.
- Je voudrais te demander un dernier service, c’est
important.
- Vas-y, je t’écoute.
- Si Sean t’appelle, ne lui dit pas ou je suis, ne lui dit pas
que je suis chez Nikolai, ni l’adresse, ni la ville.
- Je n’aime pas ça pour Kim et Hannah. Tu a seulement
imaginé, si «ton» Nikolai était un fou comme ont en
entend parler au journal télévisé et qu’il t’a séduit juste
pour faire du mal à toi et aux petites ?
- Arrête un peut, je sais ce que je fais je t’ai dit ! Alors
promet-moi de ne rien lui dire si il t’appelle. Je sais qu’il le
ferra.
- Pfff, ok... Je veux bien le faire mais à une condition, tu
me donne de tes nouvelles une fois arrivé chez lui. Et les
jours suivants aussi. Autre chose, si Sean m’appelle,
comme tu le dit, et qu’il sait quelques chose pour toi et
Nikolai.
- Tu improvisera.
- Je ferai ce qu’il me semble juste.
- Ok, bon j’y vais. Bisous Val.
Le téléphone raccrocha avant même que Valeria ne puisse
répondre à sa petite soeur qui avait préparer sa fuite depuis
une semaine.
Emma recomposa le numéro de téléphone de son amant
avant de descendre les affaires dans la voiture et prendre la
route. Au bout de trois sonneries le jeune gigolo répondit
d’une voix ensommeillée.
- Allo...
- Chéri, c’est moi ! C’est bon je pars.
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Le combat d’une vie
- Ah... Heu... Ok ! Mais... Tu pars quand... Chérie.
- Et bien maintenant. Mes filles sont prêtes, les affaires
prêtes a être transportées dans la voiture. C’est bon, tout
est ok ! Il faut que je fasse vite maintenant. J’ai peur que
mon mari ne se soit déjà douté de quelque chose. Il était
bizarre depuis quelques jours, j’espère qu’il n’a rien vu. Il
m’a simplement embrassé tout à l’heure comme si il
préparé un coup. Je serais plus tranquille lorsque je serais
dans la voiture avec les petites et dans le trajet.
Pour le reste, tout a fonctionné comme prévu. Il m’a
facilement laissé les clés de sa voiture et j’ai même eu le
droit à un «bonus», sa Gold.
- Il t’a donné sa carte-bleue ?
- Oui ! répondit Emma d’un ton enjoué. Pour faire
l’essence, sa tombe bien il va en falloir pour te rejoindre et
sans compter le péage. Et puis j’ai pris tout ce que j’ai pu,
comme tu me l’a demandé. Il reste encore mes affaires
d’hiver et ceux des petites mais bon, je trouverais bien le
moyen pour qu’il me les rapportent. Il aime trop ses filles
pour les laisser dans le besoin. Tu a raison, comme tu m’a
dit la dernière fois, le point de pression pour avoir ce que
je veux c’est de jouer sur la relation qu’il a avec Kim et
Hannah. Pour elles, il fera tout ce que je veux...
Par contre je laisse certaines choses pour Hannah. Tu a
bien tout ce qu’il faut, pas besoin de prendre de la
nourriture, le lit-parapluie, le transat...
- Oui ! Répondit voilement Nikolai en lui coupant la
parole. Je t’ai déjà dit que j’avais tout. Et bien tant mieux
chérie. Je t’attend ce soir alors. Il est au courant que tu le
quitte ?
- Oui il va être au courant ! Je lui ai écrit un mot et
lorsqu’il m’appellera je lui dirait une nouvelle fois.
18
Le combat d’une vie
- Bien. Alors tout est bon. Vivement ce soir que tu arrive.
A tout a l’heure, je te laisse j’ai des trucs à faire. Bisous.
- D’accord, bisous chéri, je t’...
La tonalité d’occupation sonnée déjà alors qu’Emma
n’avait pas fini de faire entendre son récent amour à
l’homme qu’elle était sur le point de rejoindre.
19
3
‘‘Le destin, c’est le caractère.’’
Novalis
Je décidais de quitter mon bureau un peut plus tard qu’à
l'accoutumé. Il était dix-huit heure passé de quelques
minutes lorsque je fermais consciencieusement la porte
vitrée de mon tout nouveau bureau.
Je sorti mon téléphone portable pour envoyer les
premiers SMS de la journée à ma femme...
06 avr. 2011 18:02
Chérie tu fais quoi ?
Chérie ? Ça va ? Pourquoi tu ne répond
pas, je m’inquiète.
... Je ne reçu, aucune réponse de la part d’Emma. Je
décidais donc de tenter de l’appeler sur le téléphone de
notre domicile. D’habitude, si elle n’avait pas entendu son
mobile, elle répondait aux appels émis sur le téléphone fixe.
A trois reprises, je tombais enfin sur sa douce voix :
«Bonjour.
Bienvenue chez Sean et Emma.
Nous sommes actuellement absent.
Laissez-nous vos coordonnées et l’objet de votre appel.
Nous ne manquerons pas de vous rappeler dès que possible.
A bientôt.»
20
Le combat d’une vie
Hormis, celle qui avait enregistré le message du
répondeur, indiquant qu’il n’y avait personne chez nous...
Je commençais alors à m’inquiéter de plus en plus et
imaginais le pire. Une multitude de scénarios catastrophes
se percutaient dans mon esprit. J’espérais qu’il ne soit rien
arrivé à Kim ou Hannah. J’imaginais ma femme qui avait
glissée en sortant de la douche et mes filles apeurées, seules
toute la journée à hurler au secours, à pleurer, sans manger,
sans boire.
Complètement traumatisé à ces idées, j’allongeais le pas
sachant que je ne pourrais pas être à la maison avant au
moins trente minutes.
Je prenais le premier métro en direction de notre domicile
et arrivé à la Bastille, je pris à nouveau mon mobile pour
appeler ma tante.
Mais oui, enfin. Quel imbécile je fais. Il était prévu qu’Emma et
les enfants passent la journée chez elle. Il n’y a pas de quoi
s’inquiéter donc...
Pour me rassurer je composais tout de même le numéro
du domicile de mon oncle.
Au bout du fil, ma tante, surprise de m’avoir au
téléphone prenait de mes nouvelles avant que je ne
l'interrompe pour lui demander si ma femme était déjà
partie et était en route pour notre appartement ou si elle
était encore chez elle, accompagnée de mes deux filles. La
surprise fut de tel lorsqu’elle me pris pour un fou...
- Tu t’est mis à boire ou fumer Sean ? Emma n’est jamais
venue à la maison aujourd’hui et elle ne m’a pas appelé
pour me prévenir qu’elle viendrait avec Kim et Hannah.
Me répondit-elle d’un air décontractée avant d’ajouter : Je
21
Le combat d’une vie
demande à ton cousin si il a reçu un texto de sa pars et si il
est au courant de quelque chose.
Bien entendu, mon cousin n’avait rien reçu et n’était pas
au courant que ma femme devait passer la journée chez lui.
Bien entendu, tout ceci se révéler être une mascarade pour
cacher les activités journaliers de mon épouse.
Il fallait à tout prix que je gagne mon appartement au
plus vite. Je sautais dans le métro qui venait d’arriver pour
m’y engouffrer malgré le nombre impressionnant de
personnes qui étaient déjà à bord de la rame à cette heure-ci
de la journée.
*
Il ne resté plus que quatre heures de route à Emma et ses
filles avant d’arriver à destination.
L’amant de la jeune maman de vingt-six ans vivait dans
un petit village du sud ouest. Dans les terres, il n’y avait
pas grand choses à y faire.
Une boulangerie, un bar-restaurant qui faisait aussi office
d’hôtel, un petit supermarché et une école. Tous ces
établissements étaient réunis non loin de la place
principale, celle de la mairie.
Une seule route donnait accès aux lieux-dits, quartiers et
autres maisonnettes qui étaient construites en périphérie
du centre-ville.
*
Nikolai avait vingt-sept ans. Sa vie n’avait jamais était
très simple. Il y a cinq ans, alors qu’il s’était mis en couple
avec une femme, tout ne s’est pas terminé comme prévu.
Ensemble, ils ont eu un petit garçon qui répondait au nom
22
Le combat d’une vie
de Jérémy. Et puis comme dans de nombreux couples, qui
ne s’entendent plus et se sont séparé, fort heureusement,
sans trop de fracas pour protéger leur fils.
Nikolai passait en jugement pour déterminer les
modalités de droit de garde pour son fils qu’il ne voulait
pas à sa charge.
MESURES RELATIVES AUX ENFANTS :
Attendu que Madame Hélène SOMMIER et Monsieur Nikolai
RASSO exerceront l’autorité parentale sur leur enfant
mineur :
-Jérémy RASSO, né le 18 janvier 2006 à Perpignan.
En
application
des
dispositions
légales,
qu’érigées à l’article 372 du Code Civil.
telles
1.Droit de visite et d’hébergement :
La résidence des enfants sera fixée au domicile de la
mère.
Monsieur RASSO, exercera, quant à lui, un droit de visite
et d’hébergement libre sur son enfant.
Que
si
d’éventuelles
difficultés
se
profilent
et
surviennent, ce droit de visite et d’hébergement sera
réglementé suivant les modalités, ci-après énoncées :
•
La
moitié
des
vacances
scolaires,
avec
alternance annuelle : première moitié les années
paires, et seconde moitié les années impaires,
avec un délai de prévenance de quinze jours. Le
droit de visite et d’hébergement s’exerçant le
lendemain du dernier jour de scolarité.
•
Le père prendra les enfants le weekend de la
fête des pères, et la mère le weekend de la fête
des mères.
•
Tout jour férié qui suit ou précède une période
d’exercice du droit de visite et d’hébergement
sera automatiquement intégré dans cette période.
23
Le combat d’une vie
•
Tout changement de résidence habituelle des
enfants devra être notifié à l’autre parent dans
le délai d’un mois, à compter du changement de
domicile effectif.
Fier de ne pas avoir la garde de son fils, Nikolai pouvait
librement s’abandonner aux joies du célibat. Passant de
filles en filles, la petite maison individuelle qu’il louait était
devenu l’antre d’une maison close. Avec ses amis il
organisait des soirées privées ou alcools, drogues, femmes
et sexe s’entremêlaient. Initié à la débauche, Nikolai vivait
le moment présent. Sans emploi, il couvrait ses dépenses
grasse à une petite magouille élaborée en famille, avec son
père.
Quelques mois avant sa séparation il avait tout mis en
oeuvre pour se faire licencier de son poste de maçon et
avait attaqué son employeur aux prud’hommes. C’est à ce
moment là que son père était entré en jeu. Travaillant pour
l’inspection du travail, il avait négocié avec ses ‘‘collègues’’
une sanction exemplaire envers le patron de son fils. Tout
ceci en catimini.
Un soir de beuverie, Nikolai avait attrapé dans ses griffes
une petite brune à lunette. Il l’avait emmené dans l’une des
pièces de la maisonnette pour faire «ses affaires». Au bout
d’une demie heure, content de sa maigre performance, les
deux comparses se quittaient sans un mot.
La surprise fut de tel, lorsque la fameuse Vanessa l’appela
un après-midi de printemps pour lui annoncer qu’il allait
être papa et qu’il fallait trouver une solution dans l’urgence.
Malgré tout, il n’y avait pas d’erreur, Nikolai était bien le
24
Le combat d’une vie
père et une solution plus que raisonnable allait être prise.
Vanessa alla vivre chez le père de son futur enfant, qu’elle
souhaitait conserver.
C’été une petite fille de 3,520 Kg qui se prénommée
Louna. Contre toute attente, l’attitude de Nikolai n’avait
pas changé, il n’avait jamais était présent pour sa ‘‘copine’’
ni même lors des rendez-vous avec le gynécologue et ne le
sera jamais. Père pour la seconde fois mais cela ne faisait
pas de lui pour autant un homme responsable. Bien au
contraire, il se plaisait a se décrire comme quelqu’un qui
n’était pas câlin, attentionné, doux, serviable, et gentleman
envers la gente féminine.
Au bout de neuf mois de véritable calvaire, Vanessa avait
pris sa décision. Elle quitterait le père de sa fille en pleine
nuit, durant son sommeil car elle avait véritablement peur
de cet homme qui, trop souvent était violent avec elle.
Ce vendredi là, elle attendait que Nikolai rentrait, une
fois de plus, saoul comme un sac de vin. Les seuls mots
qu’il lançait envers sa compagne était d’une agressivité sans
compter.
- Hey la pute là, t’est pas encore couché à cette heure ? Tu
m’attend pour prendre ton coups encore !
La jeune mère ne lui répondait pas. Elle savait qu’il lui
resté seulement quelques heures avant de pouvoir enfin la
paix.
Vers quatre heure du matin, le chien de la maison était
endormi, tout comme son maître. Vanessa pris le sac à
langer, réveilla sa petite fille de dix mois qu’elle emmitoufla
dans une couverture bien chaude.
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Le combat d’une vie
Avant de partir elle pris soin de faire payer son attitude à
Nikolai en effectuant un virement bancaire sur un compte
externe et lui vider entièrement ses comptes.
Voilà mon grand, c’est le prix a payer pour le bien être de ma
fille. Tu n’a jamais pris soin de l’élever, sale enfoiré ! Se dit à
voix basse Vanessa avant d’éteindre correctement
l’ordinateur qui était posé sur un petit bureau d’appoint.
Elle prit dans ses bras la fillette encore endormie, lui vissa
un petit bonnet sur la tête, ouvrit ensuite délicatement la
porte d’entrée puis l’une des deux portes en bois qui
suivait. Une fois dehors, elle repoussa les portes derrière
elle et ferma d’un tour de clef la porte en bois. La mère et
son bébé n’étaient plus qu’a quelques mètres de la liberté.
Une dizaine de pas dans le petit jardin puis, dans cette nuit
noire, sans aucun éclairage aux alentours, un bruit déchira
le silence. C’était celui du cliquetis du portillon qui se
trouvait au bord de l’allée centrale du lieu-dit.
Plus que quelques minutes et nous seront libre de cette vie de
merde ma chérie. Chuchotait Vanessa aux oreilles endormies
de sa fille.
Il était 04:39 du matin lorsque la voiture de Vanessa
prenait la route en direction de chez ses parents. L’idée que
lui avait prodiguée sa tante avait marché.
Nikolai allait devenir fou lorsqu’il se lèverait avec la
gueule de bois le lendemain. Il avait mis du temps avant de
se rendre compte que sa compagne était partie avec sa fille.
Un mois plus tard, un nouveau jugement au profit de
Nikolai — qui commençait à être coutumier du fait — allait
lui donner la possibilité de voir sa fille un weekend sur
deux, une fois de plus.
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Le combat d’une vie
Mais malgré tout, Vanessa en avait décidé autrement et
elle ne voulait pas respecter ce jugement. Pour elle,
l’attitude du père ne permettait pas de s'occuper
convenablement d’un enfant âgée d’a peine onze mois.
Durant six mois, Nikolai faisait régulièrement constater
par les services de gendarmeries de la commune, le fait que
la mère de sa fille ne voulait pas lui présenter son enfant.
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4
‘‘La surprise est l’épreuve du vrai courage’’
Aristote
J’arrivais enfin devant la résidence et hésité encore à
accéder dans un premier temps au parking sous-terrain afin
de voir si ma Peugeot 207, toute neuve, était encore là, ou
monter directement les étages pour accéder à mon
appartement. Mon intuition me disait de monter. Pour ne
pas rester coincé d’un ce vieil ascenseur — s’il avait décidé
de tomber en panne juste aujourd’hui — je décidais
d'emprunter la cage d’escaliers. Durant les cent vingt
marches, mon coeur ne cessait de battre de plus en plus
fort, toutes les mises en scènes de scénarios catastrophes
défilés dans ma tête, et puis... Un flash ! Je ralentissais mes
pas, plus besoin de me presser. Pour moi tout devenait
évident. Lorsque je rentrerais chez moi je n’aurais cas
tourner la tête en direction du bureau d’Emma. Si
l’ordinateur portable que je lui avait offert à Noël dernier
n’était plus là, cela voudra dire qu’elle est partie...
Je rentrais lentement la clef dans la serrure du haut de la
porte, habituellement lorsque nous quittions l’appartement
nous fermions le verrou à double-tour. Cette fois-ci un seul
tour avait était donné. J’ouvrais doucement la porte et
pouvais constater que les volets avaient été fermés, toutes
les pièces étaient sombres mais je pouvais encore distinguer
le mobilier.
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Le combat d’une vie
Chérie... Kim... Hannah ? Il y a quelqu’un ? Vous êtes là,
répondez-moi...
Mon premier reflex aura était d’appeler, mais aucune
réponses. En allumant la lumière du hall d’entrée, devant
mes yeux ébahis un parterre de sac plastiques jonchait le
sol, j’avançais alors vers la pièce principale et tournais ma
tête en direction du bureau vitré d’Emma pour avoir le
verdict de mon intuition.
L’ordinateur portable blanc nacré n’était plus là.
Putin, putin, putin... C’est pas possible... Je rêve bordel ! Mon
dieu, dites-moi que c’est un rêve, je vais me réveiller...
Je courrais vers ma chambre. Tous les tiroirs de la
commodes étaient restés ouverts ; et vide. Un tas de
vêtements appartenant à Emma étaient encore sur le lit —
qui n’avait même pas était fait — et jonchait le sol. La pièce
était dévastée comme après un cambriolage.
Complètement éreinté, je portais tant bien que mal mon
corps en direction de la chambre de Kim et Hannah pour y
constater que l’on n’avait même pas pris le soin de fermer
les portes des armoires de mes filles.
Je retrouvais des jouets leur appartenant d’ici et là, dans
toutes les pièces de mon immense appartement.
Comme je l’avais pressenti, ma femme était bel et bien
partie. Il était temps que les questions se bousculent au plus
profond de moi.
Pourquoi est-elle partie comme ça, sans rien dire ?
Pourquoi ne pas m’avoir prévenu ?
Ou sont mes filles ? Ou est partie ma femme ? Ou se trouventelles maintenant ?
Qu’ai-je fait pour mériter de vivre ces instants si dure ?
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Le combat d’une vie
Voilà à quoi sa sert de prendre soin de sa femme, de l’aimer plus
que tout et l’entretenir...
Je n’avais pas la moindre idée des réponses et n’en aurais
peut être jamais.
Mon téléphone avait du sonner une bonne vingtaine de
fois depuis mon arrivée et ma sinistre découverte. Je n’avais
pas répondu.
Ne pouvant plus lutter j’avais laissé mon corps s’évanouir
sur le sol, la tête frappant contre le bas du canapé d’angle
du salon. Sans doute quelques longues minutes défilèrent et
je m’endormis.
*
Depuis plus de cinq minutes, Marie Ruffino tambourinait
sans relâche à la porte d’entrée.
- Sean ! Ouvre-moi, je sais que tu est la ! Ou est Emma ?
Ou sont les petites ?
Ne donnant aucune réponses, Marie sortit un double des
clés, celui que j’avais volontairement laissé chez la
concierge au cas ou un jour je perdrais mon trousseau je ne
sais où. Elle fit glisser la première clef dans le mauvais
verrou, la peur de voir l’inimaginable derrière cette porte la
faisait trembler. La deuxième clef était la bonne pour
pénétrer dans l’appartement.
J’étais plongé dans la pénombre en position foetal,
totalement blafard, commotionné.
- Sean, réveille-toi ! Cria Marie en se portant à mon
chevet.
- Qu’est-ce que tu fous chez moi ? Marmonnai-je.
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Le combat d’une vie
- Mais je me suis inquiété, Sean ! Je t’ai appelé au moins
dix fois depuis que je t’ai eu au téléphone à ta sortie de
boulot. Tu avais l’air désemparé lorsque je t’ai dit
qu’Emma n’était pas venue avec les petites. D’ailleurs ou
sont-elles ?
- Je n’en sais rien et c’est mon problème. Lui décrétai-je en
me redressant.
- Comment ça tu n’en sais rien ? S’étonna-t-elle.
Toujours assis au sol, contre le canapé, le visage dans les
mains, j’eus un haussement d’épaules, j’étais désespéré et
ne savais pas par ou commencer.
- Je ne sais pas ou est ma femme, ou son mes filles ! Je suis
rentré à la maison avec une bougie pour fêter les cinq mois
d’Hannah dans les mains. Emma n’a pas répondu a mes
SMS, elle était sensée passer la journée chez toi avec nos
filles. Au final, voilà dans quel état je retrouve mon
domicile : vide et sans les femmes que j’aime. Je n’en sais
pas plus, fin du résumé de l’épisode, tu est contente ?
répondis-je avec virulence tout en me levant difficilement.
Pris de vertiges, j’avais du mal à rester debout.
Soudain, une idée me traversa l’esprit. Encore assommé
par ce qu’il venait de m’arriver, je me dirigeait vers mon
bureau en vacillant. Posé à côté de mon ordinateur je
pouvais apercevoir qu’il y avait une feuille de papier pliée
en deux ainsi qu’un objet scintillant posé dessus. Je me
frottais les yeux et m’approchais en me tenant aux murs.
C’était un mot d’Emma...
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Le combat d’une vie
Sean,
Je part avec les petites.
plus confiance, etc...
Cette vie ne me convient plus,
Je serais sur MSN ce soir. A+
Emma.
... Il était accompagné de sa bague de fiançailles et de son
alliance. Cette fois-ci c’était bien la fin de notre histoire. Les
même questions revinrent dans ma tête comme un
boomerang. J’avais envie de vomir et à la fois de pleurer de
tristesse, du manque de mes filles, du manque de ma
femme. Je pensais tout à coups à tout ce qui allait changer
dans ma vie.
- Tu voulais savoir où est passée Emma, et bien voilà. Elle
est partie avec Kim et Hannah, elle m’a quitté et j’en serais
peut-être plus dans la soirée mais je n’y compte pas.
Lançais-je à ma tante qui venait de s'assoir.
- J’en reviens pas, me dit-elle bouche bée. Je sais que cela
ne me regarde pas et tu n’est pas obligé de me répondre,
mais... vous aviez des soucis dans votre couple ?
- Non ! Aucun souci apparent de mon côté. J’ai même été
voir un concessionnaire la semaine dernière pour qu’il
reprenne mon véhicule cet été. Nous voulions changer
pour prendre plus grand. On envisagé d’avoir un
troisième enfant, nous voulions essayer d’avoir un garçon !
Rétorquais-je d’un air désemparé.
- Tu veux que je reste ici ce soir, tu n’a pas l’air bien.
- Non !
- Tu est sure, je ne voudrais pas que tu fasse une bêtise.
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Le combat d’une vie
- Mais non ne t’en fait pas, je ne suis pas encore assez
stupide pour me foutre en l’air pour une femme. Et puis il
y a mes filles. Je ne vais pas les abandonner comme ça.
Marie avait enfilée son gilet bleu et ajouta avant de
partir :
- Si tu a besoin de quoi que se soit même durant la nuit,
n’hésite pas à m’appeler.
Je n’avais pas besoin de quoi que ce soit. Tout ce que je
désirais n’était plus là. Ce que j’avais besoin à cet instant
était ma femme et mes enfants.
J’allais m’installer dans ce fauteuil en cuir lorsque, le
regard dans le vague, je fixais le tableau magnétique
accroché sur le mur près de mon bureau, je m’approchais
comme si je venais de découvrir un trésor.
Scotché dans l’un des angles supérieur droit du tableau,
une puce téléphonique d’un abonnement pré-payé avait
disparue.
Mais oui, suis-je bête ! J’avais laissé cette puce ici au cas ou un
jour nous avions besoin d’un numéro de téléphone en urgence.
C’est pour cela que personne n’arrive à joindre Emma sur son
numéro habituel.
Je saisissais mon iPhone afin de composer le numéro que
j’avais pris soin de sauvegarder sur mon carnet d’adresse,
au cas ou...
TUUUT... TUUUT... TUUUT...
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