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HAUT RHIN Rapport du Président Commission Permanente du vendredi 15 février 2013 Service instructeur Service de l'Aide Sociale à l'Enfance N° CP-2013-2-4-4 Service consulté PROJET DE PROTOCOLE D'ACCORD ET DE COORDINATION RELATIF AUX MINEURS ÉTRANGERS ISOLÉS Résumé : Le présent rapport a pour objet de vous présenter pour validation le projet de protocole entre le Département du Haut-Rhin et les services de l'Etat (Préfecture, Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, Protection Judiciaire de la Jeunesse, magistrats (Parquets et Juges des Tutelles) et Police de l'Air et des Frontières) sur la coordination relative à l'accueil des Mineurs Etrangers Isolés (MIE). Le Département du Haut-Rhin est confronté depuis trois ans à une augmentation massive du nombre des Mineurs Isolés Etrangers (MIE) du fait de mouvements migratoires non contrôlés. Le Conseil Général se trouve dans l’obligation d’intervenir du fait de sa compétence en matière de protection de l’enfance. A ce jour, 65 MIE sont accueillis dans les Maisons d’Enfants à Caractère Social (MECS) et Foyers d’Action Educative (FAE). Il est manifeste que le dispositif global de protection de l’enfance est fragilisé par l’impact considérable de ces accueils. Précisons que 32 placements d’enfants en situation de danger sont en attente d’exécution à ce jour. En outre, le placement de ces MIE engendre un coût financier non négligeable au regard de nos contraintes budgétaires globales. La prise en charge de ces mineurs représente, en effet, un coût financier annuel moyen estimé à plus de 3 000 000 €. Au-delà des chiffres, le Service de l’Aide Sociale à l’Enfance est positionné, jusqu’à présent, comme principal, et parfois unique, interlocuteur sur ces situations. L’accueil des MIE suscite pourtant de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne les réseaux d’immigration qui acheminent ces enfants dans notre département. Dans ces conditions, il a paru nécessaire de repenser l’accueil et l’orientation de ces mineurs et d’organiser une concertation avec les services de l’Etat : Préfecture, Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (dont les bureaux mulhousiens sont chargés de l’accueil des primo arrivants), Protection Judicaire de la Jeunesse, magistrats (Parquet et Juges des Tutelles) et Police de l’Air et des Frontières (PAF). 1/2 Ainsi, suite à la saisine du Préfet, l’année 2012 a vu l’organisation de trois réunions de travail avec les services cités ci-dessus. Dans ce cadre, a été rédigé un projet de protocole, joint en annexe du présent rapport, afin de formaliser la collaboration entre les différents intervenants sur ce dossier et ainsi de contribuer au bon fonctionnement du recueil, du traitement et de l’évaluation des informations concernant les MIE dans le département. Le principal apport du protocole est d’organiser formellement pour tout MIE son audition par les services de Police (dans les faits, cette audition sera pratiquée par la PAF dans les jours qui suivent le signalement). Cela permettra ainsi de vérifier principalement le récit du mineur ainsi que ses documents d’identité et éventuellement en cas de doute sérieux sur la minorité, la PAF pourra en informer le Parquet qui peut décider d’une estimation médico-légale visant à déterminer l’âge. Concrètement, les services de l’Etat, et principalement ceux de la PAF et de la Justice pourront constater « de visu » le phénomène et prendre mieux en considération la réalité des réseaux d’organisation de l’immigration illégale. Au travers du récit de ces jeunes et des concordances dans les situations, il pourrait être décidé d’engager des enquêtes sur ces réseaux. Replacé dans sa fonction première, le Conseil Général, par le biais du Service de l’Aide Sociale à l’Enfance, continuera à assumer la prise en charge et la protection des MIE. Une évaluation du protocole sera réalisée annuellement avec tous les signataires. La Commission de la Solidarité du 14 janvier 2013 a formulé un avis favorable sur ce document. Il vous est demandé de bien vouloir valider le protocole et de m’autoriser à le signer. Je vous prie de bien vouloir en délibérer. Charles BUTTNER 2/2 Avant-Projet de protocole d’accord et de Coordination relatif aux mineurs étrangers isolés dans le département Haut-Rhin Entre : - Le Préfet du Haut-Rhin, Le Président du Conseil Général du Haut-Rhin, La Présidente du Tribunal de Grande Instance de Colmar, Le Président du Tribunal de Grande Instance de Mulhouse, Le Procureur de la République de Colmar, Le Procureur de la République de Mulhouse. Préambule : Le département du Haut-Rhin est confronté depuis quelques années à un flux migratoire important de mineurs isolés étrangers (MIE), notamment sur le territoire de la ville de Mulhouse. Une quinzaine de nationalités est représentée, avec une prédominance des pays d’Afrique Subsaharienne (notamment République Démocratique du Congo avec plus de 50 % de l’effectif des MIE) et une grande majorité de garçons. Le développement important depuis 2010 de ce phénomène entraîne un engorgement permanent des structures traditionnelles d’accueil de l’ASE Aussi, il est apparu nécessaire que toutes les institutions publiques concernées se mobilisent pour la meilleure évaluation possible des situations en vue d’une orientation adéquate. Page 1 / 5 1 Objet du protocole Le présent protocole a pour objet de formaliser le cadre de l’engagement et de la collaboration entre les différents signataires afin de coordonner l’ensemble des compétences et de définir les articulations entre les services de l’Etat, de la justice et du Département. Il s’inscrit dans la volonté des parties signataires de mettre en œuvre des actions opérationnelles et de contribuer notamment au bon fonctionnement du recueil, du traitement et de l’évaluation des informations concernant les mineurs étrangers isolés dans le département. ARTICLE 1 : Définition du « mineur isolé étranger » Par « mineur isolé étranger », il faut entendre : Un enfant étranger, se déclarant âgé de moins de 18 ans qui, n’étant accompagné ni de son père ni de sa mère, ne relève par ailleurs de la responsabilité d’aucun adulte identifié détenteur de l’exercice de l’autorité parentale à son égard. ARTICLE 2 : Procédure 2-1 - Avant ou lors de l’admission à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) 2-1-1 Investigations permettant la détermination de l’identité et de la minorité : Tout mineur isolé sur le territoire français, recueilli dans le département du Haut-Rhin est conduit devant les services de police ou de gendarmerie ou de la police aux frontières (PAF). Les services de police ou de gendarmerie remettent les mineurs au service PAF concerné, dans le cadre de leur accord respectif du 10 juin 2010 et du 15 février 2012. Dans la majorité des cas, ces mineurs sont signalés par le bureau mulhousien de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII). Il incombera donc à l’OFII, après une première audition, de saisir le service de la PAF concerné qui décidera d’un rendez-vous dans les meilleurs délais. Page 2 / 5 2 Les services de la PAF procèdent à l’audition du mineur, ainsi qu’à l’audition de la personne qui l’a recueilli afin d’aider à déterminer : - son âge ; - s’il est recherché ou s’il est en fugue d’un autre département ; - son identité ou le cas échéant l’acte d’état civil présenté ; - les conditions de son arrivée en France ; - l’identité de ses parents ainsi que les éventuelles attaches en France ou dans son pays d’origine ; - les conditions d’un éventuel retour dans son pays d’origine. Les services de la PAF informent du résultat de ces investigations et de l’ensemble des renseignements recueillis le Procureur de la République et le service de l’immigration de la Préfecture. 2-1-2 Vérification de la situation de minorité : En cas de doute sérieux sur la minorité, la PAF doit en informer le Parquet qui peut décider d’une estimation médico-légale visant à déterminer l’âge de celui qui se déclare mineur. En l’absence d’éléments établissant formellement qu’il s’agit d’une personne majeure, les services de la PAF remettent le mineur à l’ASE en application de l’article L 223-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles. 2-2 – Après l’admission à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) 2-2-1 L’accueil du mineur isolé étranger Après la remise du mineur isolé étranger à l’ASE, conformément aux dispositions législatives visées plus haut, l’ASE assure la prise en charge physique du mineur isolé étranger et saisit le Parquet territorialement compétent dans les 5 jours. Dans ce délai, le service de l’ASE procède, avec le Parquet, à un échange d’informations visant : - à requérir une estimation médico-légale de son âge en cas de doute sérieux sur sa minorité si le Parquet le décide ; à déterminer l’orientation juridique de sa prise en charge. 2-2-2 La gestion du statut juridique du mineur isolé étranger Si le mineur isolé étranger apparaît isolé sur le territoire français et sans espoir de retour dans son pays, l’ASE procède à un signalement auprès du Procureur de la République en vue d’une saisine du juge des Tutelles, aux fins d’une ouverture de tutelle déférée au Président du Conseil Général par simple requête. Page 3 / 5 3 ARTICLE 3 : Droits du mineur Avant que l’autorité judiciaire n’ait pris une décision au fond, le mineur : - - dispose d’une affiliation de plein droit au régime général de la Sécurité Sociale ; peut déposer une demande d’asile s’il a atteint au minimum l’âge de 14 ans ; peut-être admis, s’il a plus de 16 ans « au moins à titre provisoire dans un établissement d’enseignement, avant d’avoir obtenu un titre de séjour » et s’il a moins de 16 ans, peut être inscrit dans un établissement scolaire, même sans que la personne titulaire de l’autorité parentale ne soit connue de cet établissement ; peut donner seul son consentement à un traitement ou à une intervention médicale qui s’impose pour sauvegarder sa santé (article L 1111-5 du Code de la Santé Publique). Dans tous les cas d’urgence, il peut être procédé à une intervention chirurgicale à son égard, même en l’absence du consentement écrit du titulaire de l’autorité parentale (article 27 et 28 du décret n°74-27 du 14/01/1974). ARTICLE 4 : Durée et évaluation du protocole Le présent protocole est reconduit chaque année par tacite reconduction sous réserve qu’un des signataires ne le dénonce avec préavis d’un mois. Les différents signataires conviennent de se réunir au minimum une fois par an, à l’initiative de l’un ou l’autre des partenaires, pour l’évaluation du dispositif et la mise à jour éventuelle du protocole, notamment en fonction de l’évolution de la législation en vigueur en la matière. Fait à Colmar, le Page 4 / 5 4 Le Préfet du Haut-Rhin Le Président du Conseil Général du Haut-Rhin La Présidente du TGI de Colmar La Présidente du TGI de Mulhouse Le Procureur de Colmar Le Procureur de Mulhouse Page 5 / 5 5 Page 1 sur 2 Alsace politique Accueil des mineurs isolés étrangers : les socialistes Bas-Rhinois dénoncent l'abandon du Conseil général Vendredi 13 septembre, le Conseil général du Bas-Rhin décidait de suspendre l'accueil des mineurs étrangers isolés, décision pour protester contre l'Etat qui dépasse les quotas qu'il a lui-même fixés. Publié le 16/09/2013 | 11:55, mis à jour le 16/09/2013 | 12:16 Guy-Dominique Kennel, président (UMP) du CG 67, est mis en cause par les socialistes Le département accueille ces jeunes âgés de 16 à 17 ans depuis l'année dernière. Au début du mois de septembre, l'Etat a demandé au Bas-Rhin de prendre en charge 4 jeunes de plus que les 25 initialement prévus (la ministre de la Justice Christiane Taubira a mis en place une cellule qui établit des quotas d'accueil par département). http://alsace.france3.fr/2013/09/16/accueil-des-mineurs-isoles-etrangers-les-socialiste... 16/09/2013 Page 2 sur 2 Face au manque de places, et pour protester contre cette augmentation subite des quotas, le Conseil général 67 a décidé de suspendre l'accueil. Dans un communiqué rendu public ce lundi, la fédération départementale du Parti socialiste déplore cette décision : "Il est parfaitement scandaleux de choisir une des populations les plus fragiles qui soient pour ce type de stratégie politicienne. Les mineurs étrangers isolés ne peuvent pas être les otages d'un bras de fer entre Guy-Dominique Kennel et l’État. Un tel acte est irresponsable et revient à mettre ces personnes en danger. Guy-Dominique Kennel mène là une politique stigmatisante, que nous ne saurions cautionner." Le Parti socialiste demande au Conseil général de revenir rapidement à la raison. nous vous recommandons Geispolsheim : un bus scolaire sort de la route Strasbourg : une femme meurt sous un tram Alerte à la pyrale du buis Salim, l'enfant renversé à Dole au mois d'août, est décédé hier. France 3 Franche Comté Spectaculaire vol de bois de chauffage en forêt de Chaux France 3 Franche Comté [?] ★ 0 commentaires 0 Laisser un commentaire... Meilleurs Communauté Partager ⤤ http://alsace.france3.fr/2013/09/16/accueil-des-mineurs-isoles-etrangers-les-socialiste... ⚙ 16/09/2013