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Le contrôle interne du Credit Management Le contrôle interne du Credit Management LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Préface L’AFDCC (Association Française des Credit Managers et Conseils) et l’IFACI (Institut Français de l’Audit et du Contrôle Internes) ont décidé de mettre en commun leurs compétences pour écrire cet ouvrage dédié à l’audit et au contrôle interne en matière de Credit Management. L’idée initiale de cet ouvrage est venue suite à une rencontre entre Valérie Collot (ancienne présidente de l’AFDCC) et Farid Aractingi (président de l’IFACI) pour qui auditer et contrôler un service de Credit Management avaient du sens pour les entreprises et une formalisation des procédures était nécessaire. En effet, compte tenu de la crise économique qui provoque des défaillances d’entreprise, des retards de paiement et des défauts de paiement, la gestion du risque client englobant à la fois la prévention du risque clients et le recouvrement, devient un élément fondamental dans la stratégie des entreprises. Celles-ci, confrontées à des risques clients de plus en plus nombreux, doivent pouvoir compter sur un Credit Management performant et donc structuré. Ainsi, l’audit et le contrôle interne peuvent apporter au Credit Management des outils et un cadre pour aider à sa performance, augmenter sa productivité et valoriser ses équipes. Les équipes de l’AFDCC et celles de l’IFACI ont travaillé main dans la main pour rédiger cet ouvrage, l’AFDCC apportant ses connaissances du métier et l’IFACI ses connaissances en matière de process, procédures et référentiels. Tous les aspects du Credit Management ont été pris en compte dans cet ouvrage mais sous un angle Audit et Contrôle Interne : • Politique et stratégie du Credit Management • Analyse du risque client • Négociations contractuelles • Gestion opérationnelle du poste client • Recouvrement • Gestion comptable et financière du poste client • Processus support au Crédit client • Indicateurs de performance (KPI) et tableau de bord (Reporting) Ce fut un travail enrichissant, instructif et valorisant, chacune des équipes se nourrissant de l’expertise de l’autre. Les dirigeants d’entreprise, directeurs financiers, credit managers, comptables disposeront grâce à cet ouvrage d’un outil efficace pour le contrôle et le pilotage d’un service de Credit Management qui devient incontournable et se développera de plus en plus au sein des entreprises dans les années à venir. Vincent-Bruno LARGER Délégué Général, AFDCC 4 Philippe MOCQUARD Délégué Général, IFACI © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Remerciements Conception et rédaction : • Catherine N'SONDE, Credit manager, Bushnell-europe • Jean-Loup GROSSE, Consultant, OSC Solutions • Linda ROGER, Credit manager, startpeople • Vincent-Bruno LARGER, Secrétaire général, AFDCC • Marie-Laure VACHEROT, Directrice Groupe audit interne et risk management, Groupe Bel Comité de relecture : • Béatrice KI-ZERBO, Directeur de la Recherche, IFACI • Marie-Laure VACHEROT, Directrice Groupe audit interne et risk management, Groupe Bel • Vincent-Bruno LARGER, Secrétaire général, AFDCC • Nadine NOËL, Directeur de la trésorerie et du credit management, Manpower Groupe France • Bruno BLANCHET, Credit Manager Consultant, Groupement associatif CODINF Mise en forme : • Julie FERRE, Chargée de projets Recherche, IFACI © IFACI / AFDCC – Paris – janvier 2015 ISBN : 978-2-915042-66-5 Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, ou de ses ayants droits, ou ayants cause, est illicite (loi du 11 mars 1957, alinéa 1er de l’article 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal. © IFACI - AFDCC 5 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT 6 © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Table des matières Préface ........................................................................................................................................................................................... 4 Remerciements ............................................................................................................................................................................. 5 Introduction .................................................................................................................................................................................. 9 Processus n° 1 : Politique et stratégie du Credit Management .................................................................................................. 13 Processus n°2 : Analyse du risque client ................................................................................................................................... 16 Processus n°3 : Négociations contractuelles ............................................................................................................................ 20 Processus n°4 : Gestion opérationnelle du poste client .......................................................................................................... 24 Processus n°5 : Recouvrement .................................................................................................................................................. 30 Processus n° 6 : Gestion comptable et financière du poste client .......................................................................................... 35 Processus n°7 : Processus support au Crédit client ................................................................................................................. 38 Processus n°8 : Indicateurs de performance et tableau de bord ............................................................................................. 42 Bibliographie ............................................................................................................................................................................... 45 © IFACI - AFDCC 7 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT 8 © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Introduction Dans des contextes économiques et sectoriels tendus, avec des problématiques complexes de financement et de solvabilité des clients, le Credit management joue un rôle clé en contribuant conjointement à l’atteinte des objectifs commerciaux et des objectifs financiers. En effet, il permet le développement des ventes et l’optimisation du cash tout en minimisant le coût et le risque de crédit pour l'organisation. Il doit néanmoins faire face à des enjeux qui résultent de : • sa contribution directe au cycle opérationnel des entités dans la mesure où il participe à la relation commerciale et à l’étude de solvabilité des prospects ; • son rôle dans la continuité du business en tant qu’acteur de la sécurisation de l’actif des encours clients et opérateur dans le financement des besoins en fonds de roulement en collectant les créances tiers. Responsable du pilotage de l’encours client et animateur du processus de Credit management au sein des processus opérationnels et commerciaux, le Credit manager assume ses responsabilités en collaboration avec les fonctions support tels que les directions juridiques et fiscales. De fait, le Credit manager est un interlocuteur qui possède une double culture commerciale et financière. Le périmètre du Credit manager et son rattachement hiérarchique peuvent varier selon les entités et leur organisation. Selon les enquêtes1 de l’Association Française du Credit Management, il est généralement rattaché au Directeur financier ou à la direction générale. Selon son rattachement, son périmètre d’activité peut être limité à la gestion du risque financier ou bien inclure la comptabilité client, la facturation, l’administration des ventes, la trésorerie ou encore le contrôle de gestion. Compte tenu des enjeux du Credit management et de ses interactions avec les divers services des entités, cet ouvrage poursuit deux objectifs : • Analyser les enjeux couverts par le Credit management et les Credit managers au niveau : - stratégique, il s’agit de mettre en œuvre une politique crédit (risque et recouvrement) permettant le développement du chiffre d’affaires tout en minimisant les pertes sur créances, et accélérer les encaissements en minimisant les retards de paiement ; - opérationnel, l’analyse financière des clients, le suivi de leur encours et des lignes de crédit accordées, l’efficience des relances et du recouvrement des créances ; - financier, le scoring des prospects, le contrôle du crédit et la gestion du DSO (Days of Sales Outstanding ou ratio de rotation du poste client exprimé en nombre de jours de chiffre d’affaires) ; - commercial, l’optimisation de la relation commerciale dans la mesure de la préservation des actifs ; - de la conformité : Le respect de la LME (Loi de Modernisation de l’Economie) – et plus récemment la loi Hamon relative à la consommation. • Proposer un guide pratique à l’intention du Credit management, de la direction financière, de la direction comptable, de la direction commerciale et des ventes, du contrôle interne et de l’audit interne qui y trouveront des éléments pour l’analyse des risques liés aux cinq grandes finalités du processus Credit management : - contribuer à sécuriser le chiffre d’affaires, anticiper et maîtriser le risque client ; - permettre d’accélérer les flux de trésorerie, optimiser le cash et faire respecter les délais de règlement négociés ; - limiter le recours à la dette bancaire ou maximiser les placements ; - être le garant de la valeur d’actif « poste clients » ; - respecter la législation et la règlementation applicables à l’organisation. Comme tout manager, le Credit manager doit veiller à la robustesse de ses processus (reporting, systèmes d’information, communication, métiers, cotraitance, etc.) et piloter la performance de ses activités. Il s’agit notamment de : • s’assurer que la stratégie d’identification et de gestion du risque client, et du recouvrement des créances est intégrée à la stratégie commerciale et financière de l’organisation ; • préciser les limites de crédit par catégorie de client et/ou individuellement ; • piloter les processus de reporting du risque client, de relance et de recouvrement des créances ; • contribuer aux arbitrages entre les impératifs de développement commercial de l’organisation, et les risques financiers potentiels (retards de paiements, irrécouvrabilité) ; • faire preuve de capacités d’anticipation et de négociation dans le cadre de la résolution des litiges ; • piloter les projets informatiques liés aux opérations de gestion de l’encours clients (intégration avec le SI financier ou encore les bases de données des commerciaux) ; 1 © IFACI - AFDCC Enquête AFDCC 2012 : 61% des Credit managers sont rattachés au directeur financier et 8% sont rattachés au directeur général. 9 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT • maîtriser les activités externalisées ; • actualiser ses pratiques internes au fur et à mesure de l’évolution de la réglementation et des législations s’appliquant aux bornes du périmètre commercial de l’organisation. Le référentiel développé dans ce cahier peut également contribuer à l'amélioration du dispositif de contrôle interne global de l’organisation. Par exemple, le Credit management participe à la politique des risques par la gestion des encours client (rating des limites de crédit en fonction de l’appétence et aux modalités de gestion du risque client, transfert du risques). Le groupe de travail souligne l’importance d’un environnement de contrôle robuste en l’illustrant pour chacun des processus décrits : • la politique de gestion du risque client et de recouvrement ; • les définitions de fonction et les délégations d’autorisation ; • les modes opératoires des processus de relance et de recouvrement contentieux ; • la qualité et la sécurité du SI de recouvrement et gestion des encours clients : - dispositif et intégrité des données de la comptabilité clients ; - confidentialité des données sensibles ; • le reporting des encours clients et des risques encourus. Le groupe de travail a choisi de se concentrer sur 8 processus clés de la gestion de l’encours client significatifs en termes d’enjeux et d’objectifs pour l’organisation. • Processus de pilotage : - Stratégie politique du Credit management (Processus 1). - Indicateurs de performance et tableau de bord (Processus 8). • Processus opérationnels - Analyse du risque client (Processus 2). - Négociations contractuelles (Processus 3). - Gestion opérationnelle du poste clients (Processus 4). - Recouvrement (Processus 5). - Gestion comptable et financière du poste client (Processus 6). - Processus support au Crédit client (Processus 7). 10 © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Cartographie des processus Le groupe de travail n’a pas pris en compte les processus supervisés par le Credit Manager lorsque lui sont rattachés d’autres fonctions tels que par exemple, les services de la comptabilité client ou de la trésorerie. Bien que le rattachement et le périmètre du Credit Manager puissent varier d’une organisation à l’autre, les processus décrits dans le référentiel sont, a priori, tous mis en œuvre dans le cadre du Credit management et de la gestion du risque client. Par contre, leurs enjeux et leurs criticités peuvent dépendre du secteur d’activité du cœur de métier, de la typologie de la clientèle, du niveau d’externalisation, etc. Le lecteur est donc invité à adapter l'analyse des risques et les points de contrôle en fonction de ces éléments de contexte. Cette adaptation sera facilitée en suivant la trame du référentiel et la méthodologie appliquée : • une description de la finalité de chaque processus et des éléments de l’environnement de contrôle ; • l’énoncé des sous-processus, facilitant l’appréhension des objectifs majeurs ; • l’identification des risques, facteurs pénalisant la réalisation de ces objectifs ; • les points de contrôle permettant de maîtriser les risques au niveau accepté par l’organisation ; • de bonnes pratiques communément admises par la profession et promues par l’association professionnelle afin de faciliter une gestion concertée de la maîtrise du risque client au sein des organisations entre le credit manager et les commerciaux. © IFACI - AFDCC 11 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT 12 © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°1 : Stratégie et politique du Credit Management Finalité principale du processus Enoncer les obligations, usages et pratiques en termes de stratégie (le plan d’action établi pour atteindre les objectifs globaux et à moyen terme) et de politique (les principes d’action de l’organisation relatifs au Credit management). Environnement de contrôle Les instructions de l’organisation relatives au risque client et au recouvrement des créances, ainsi que la communication et la formation s’y rapportant. Etapes du processus Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Stratégie du crédit client Définition de la stratégie Validation de la stratégie © IFACI - AFDCC Ne pas définir la stratégie adaptée : - par manque d’implication des bons acteurs ; - du fait d’une vision partielle du portefeuille clients et des risques associés ; - par méconnaissance des enjeux et des objectifs commerciaux et financiers à court et moyen termes. L’élaboration de la stratégie reflète-t L’élaboration de la stratégie implique les elle les enjeux commerciaux, décideurs requis par la nature de financiers et du crédit client ? l’activité. La stratégie est-elle définie sur la base Les projections utilisées donnent une des projections opérationnelles et visibilité suffisante à moyen terme (par financières de l’entité à moyen terme ? exemple à trois ans). Si des indicateurs antérieurs existent, ils pourront être mis à disposition du groupe de travail chargé de l'élaboration de la stratégie. La stratégie est fondée sur une « balance âgée clients » fiable et exhaustive. Ne pas avoir la validation des directeurs compétents : direction financière, direction des ventes, direction générale. Ne pas avoir la validation dans des délais appropriés à l’activité et au recouvrement. Les approbateurs de la stratégie sontils identifiés ? Un calendrier prévisionnel de validation en lien avec le calendrier opérationnel est-il établi ? En cas de retard, des actions sont-elles mises en œuvre ? 13 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Actualisation de la stratégie Déploiement et mise en œuvre de la stratégie par une communication : - intra service Client (compta clientrecouvrement-crédit – contentieux) - Commerciaux - Trésorerie -… Risques Points de contrôle Obsolescence de la Des critères (internes et externes) de stratégie en cas de déclanchement de la revue de la changement des stratégie ont–ils été définis ? hypothèses de Le Credit manager intègre-t-il départ. l’évolution de ces critères ? Le cas Défaut de échéant, les travaux d’actualisation détection de (mise-à-jour mineure ou révision l’évolution des majeure) sont-ils engagés ? critères requérant une actualisation de la stratégie. Absence de communication à tous les acteurs concernés et dans les délais appropriés, afin qu’ils puissent établir leurs procédures concourant à un crédit client performant. Non-application de la mise en œuvre de la stratégie par l’un des acteurs. Bonnes pratiques de Credit management Un planning de réunion semestrielle est recommandé pour : contrôler que les principes et les arbitrages initiaux (début d’année / de cycle budgétaire) n’ont pas évolué ; veiller aux évolutions internes et externes, et en anticiper les impacts. Un calendrier de mise en œuvre de la stratégie a-t-il été défini ? Le calendrier a-t-il été diffusé simultanément à la communication de la stratégie ? Le groupe de travail s’est-il assuré auprès des managers des services contributeurs du respect des échéances dans la déclinaison de la stratégie au sein de leurs équipes ? Politique du crédit client Définition et Absence de suivi révision de la des règles de politique client Credit management. Difficulté d’arbitrage entre les différents services. Absence d'engagement de la direction générale. 14 La politique de Credit management définie est-elle en phase avec les modalités du Credit management ? L’arbitrage de la politique implique-t-il les départements commerciaux, financiers et juridiques ? La politique est-elle validée par la direction générale ? Outre les aspects réglementaires, la politique de Credit management couvret-elle les périmètres opérationnels suivants : - identification et mesure du risque client ; - traitement du risque client : limitation, réduction, transfert, mesure du risque résiduel ; - reporting du risque client ; - le recouvrement ; - les contributions et synergies transverses à la gestion du risque client. La direction générale adopte une politique de Credit management et s’assure de sa mise en œuvre. La direction générale définit une politique commerciale et une politique de Credit management compatibles dans leurs fonctionnements. Les modalités du Credit management incluent notamment : - l’organisation ; - la transcription dans les outils ; - les tableaux de bord ; - … Des exemples de contraintes réglementaires : - les délais de paiement/facturation ; - les tiers en procédures collectives ; - les activités spécifiques telles que les ventes aux particuliers, l’e-commerce… © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Contrôle et maîtrise du risque client Rédaction des conditions générales de ventes (CGV) © IFACI - AFDCC Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Les acteurs internes peuvent prendre des décisions non conformes avec la politique de la société. Les arbitrages du Credit manager sontils en accord avec la politique établie ? La direction générale définit les grandes lignes de la politique de Credit management pour permettre de gérer le risque client. Par exemple, le blocage de commande ou non, la fixation de limites de crédit ou non, la définition d’exceptions aux blocages ou non… Les CGV ne sont pas conformes : - aux politiques commerciales ou de Credit management ; - à la réglementation. Les CGV sont-elles cohérentes avec les politiques commerciale et de Credit management ? Quel est le cycle de révision des CGV ? Qui est chargé de surveiller et d’alerter de l’illicéité des CGV en vigueur ? La fixation de CGV traduit correctement le cadre juridique et financier de la relation commerciale de l’organisation. 15 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°2 : Analyse du risque client Finalité principale du processus Maîtriser le risque client et sécuriser l’encours client. Analyser la solvabilité des prospects pour définir la limite de crédit qui leur sera accordée. Définir les modalités contractuelles de facturation et de paiement par catégorie, voire par client. Procéder à l’actualisation des limites de crédit des clients en fonction de l’évolution de leur profil de risque. Environnement de contrôle La politique du risque client et ses modalités de communication et d’application. Le fichier client. Etapes du processus Risques Création du Perdre un prospect prospect : par manque de - Ouverture du réactivité du Credit dossier management. - Création Prendre des dans les SI risques inconsidérés : - en n’attendant pas ou en précipitant les limites d’encours autorisé par le Credit management ; - en ne respectant pas les limites applicables au niveau commercial. 16 Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Les modalités de gestion de l’analyse du risque client sont-elles formalisées par une procédure ? Les prospects sont-ils créés dans les délais fixés dans la procédure ? Tous les prospects sont-ils enregistrés dans le système ? © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Collecte des données du client Risques Absence de données exploitables sur les prospects. Les données ne sont pas transmises au Credit management : - dans les délais impartis ; - exhaustivement ; - par des documents juridiques et financiers fiables. Analyse du risque client © IFACI - AFDCC Erreur dans l'analyse de la situation du prospect et l’arbitrage rendu : - Absence d'accord pour un prospect de bonne qualité. - Accord pour un prospect douteux. Erreur dans la saisie des données du prospect dans le SI pour calculer le risque client. Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Les données prospects sont-elles Les données prospects sont collectées par intégralement collectées avant la prise les commerciaux et par d’autres moyens de position sur le prospect ? (INSEE, K-bis,…) Une liste des informations requises a-t- Achat de données financières ou elle été formalisée au sein d’une commerciales auprès de sociétés les procédure ? Comprend-elle au commercialisant minimum : Utilisation/exploitations des données - la raison sociale, financières et commerciales achetées - les adresses (commandes, livraison, paiement), - TVA intra-communautaire, - contacts, - conditions de paiement, - KBIS, - derniers bilans disponibles (3 ans), - appartenance à un groupe, - CGV acceptées et clause de réserve de propriété acceptée (s’il y a lieu) ou, - si, en tant que fournisseur, les conditions d’achat du client ont été acceptées, vérifier qu’elles sont compatibles avec les CGV ou faire valider les points d’écart. La fiabilité des données est-elle établie avant leur utilisation ? Les modalités de calcul et d’analyse des risques clients sont formalisées dans une procédure ? Le risque calculé est-il conforme à la situation du prospect au moment de l'analyse ? Le risque est-il calculé en prenant en compte l'ensemble des informations disponibles ? Le risque client est-il couvert (par une assurance-crédit ou des garanties) en fonction de la cause et de la mesure du risque du secteur d’activité et de l’entité elle-même ? Les analyses sont-elles revues périodiquement ? Consultation de l'historique prospect. Calcul du risque en utilisant des outils automatisés / informatisés. Consultation des bases de données commerciales, des clients préexistants. Validation des analyses effectuées. Actualisation des analyses des risques au minimum une fois par an. Benchmark entre pairs du même secteur d’activité. 17 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Validation du risque client / définition des limites de crédit Saisie des limites de crédit Modification des données client 18 Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management La limite d’encours Les modalités et responsabilités en accordé n’est ni termes de validation des risques clients calculée ni acceptés sont-elles formalisées dans accordée. une procédure, sont-elles établies ? Le risque client est-il acté formellement ? Est-il validé par le Credit manager et le management commercial ? Le risque calculé reflète-t-il la situation du prospect au moment de l'analyse ? Le risque est-il calculé en prenant en compte l'intégralité des informations disponibles ? Les limites accordées ponctuellement sont-elles validées selon des modalités identiques à celles des limites permanentes ? Validation du plafond d’encours ou limites de crédit. Saisie des limites de crédit des clients dans le SI. Les dossiers sont contrôlés régulièrement par le management. Des seuils de délégation peuvent être instaurés. Le SI bloque les commandes au-delà des limites de crédit autorisées, quand le système le permet et la politique l’autorise. Dans les cas où aucune limite ne peut être fixée, les identifier spécifiquement et pratiquer une revue des comptes de ces clients au moins une fois par mois. Si le système le permet, paramétrer des alertes basées sur le comparatif entre l’encours et les limites de crédit selon une fréquence au moins mensuelle, voire plus fréquemment selon le système et la nature du business. Validation par une instance d’arbitrage. Erreur dans la Les données prospect saisies dans le SI saisie des données sont-elles fiables ? du prospect dans Les limites de crédit sont-elles le SI. accessibles en interne et La limite accordée systématiquement communiquées aux n’est pas clients ? formalisée dans les SI. Les limites ne sont pas connues par le service commercial. Les clients ne sont pas avertis de leur limite de crédit (sauf volonté expresse de l’organisation). Le Credit manager vérifie que le paramétrage des limites fixées dans les SI est fiable et conforme aux limites accordées après analyse. Actualisation irrégulière des données. Modification des données non conformes à la réalité, à la documentation détenue et aux calculs effectués. Validation du nouveau risque. Création des nouvelles limites du prospect dans le SI. Vérification annuelle des spécificités client. Contrôle des modifications. Le risque client potentiellement impacté par le changement des données client, est-il acté formellement ? Ce changement est-il validé par le Credit manager ? Les données prospect saisies dans le SI sont-elles actualisées ? © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Modification des limites de crédit Contrôle régulier des limites © IFACI - AFDCC Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Des ventes sont autorisées alors que les limites de crédit sont dépassées. Les clients et / ou les commerciaux ne sont pas avertis des nouvelles limites. Les modalités de communication interne et externe des limites de crédit accordées sont-elles établies aux départements concernés ? Les modalités de leur modification sont-elles formalisées dans une procédure ? Les modifications sont-elles validées conformément aux procédures et par les responsables ayant les pouvoirs requis ? Des contrôles existent-ils dans les SI pour empêcher des modifications non autorisées ? Les limites sont-elles soumises à réévaluation périodique ? Le Credit manager vérifie qu’il n’y a pas de modification des limites dans les SI sans validation préalable. Les dépassements de limites ne sont pas validés par le Credit manager. Un dépassement est-il possible sans intervention du Credit manager, soit dans les SI, soit en contournant les SI ? Des dépassements de limites sont-ils constatés sans validation au préalable par le Credit manager ou sans une décision collégiale (comité de crédit) ? Le Credit manager vérifie que les limites fixées sont respectées. Des rappels et des suivis sont mis en place en cas de dépassement. Mise en place d’alerte basée sur la comparaison de l’encours réel et du plafond de crédit. 19 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°3 : Négociations contractuelles Finalité principale du processus Enoncer les modalités générales d’établissement des contrats commerciaux. Détailler les modalités contractuelles spécifiques nécessaires à la performance des actions amiables et juridiques. Environnement de contrôle Le contrat commercial type. Les CGV. Les contrats clients. La communication pratiquée et les programmes de formation dispensée. Etapes du processus Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Processus contractuel global Définitions des Incompréhension attentes en des obligations matière de réciproques. facturation et Risque juridique de conditions en cas de de paiement contestation du client. Risque de contentieux. Rédaction d'un cadre juridique minimal pour tous les clients avec des CGV maximales 20 Risques juridiques et financiers en cas d’incident de paiement ou de contestation. Acceptation de clients trop risqués en cas de CGV trop peu exigeantes. Les conditions contractuelles en termes de facturation et de crédit client sontelles intégrées à l’approche commerciale du prospect ? Adaptation des règles de Credit management aux nouveaux marchés, clients. Relecture du contrat avant signature par des personnes compétentes : termes, modalités de règlement, garantie contrôlés par le Credit management. Formation et information des services commerciaux et de l’administration des ventes. Formation et information du service facturation. Lors des renouvellements de contrat, reprise des particularités constatées pendant la période passée. A défaut de contrat, les clients acceptent-ils formellement les CGV ? Le libellé des CGV communiquées aux clients est-il validé au préalable par le service juridique ? Les CGV sont validées par une expertise juridique, le Credit manager et la direction commerciale. Afin de bénéficier d’une opposabilité maximale, les CGV doivent être signées par les clients. A défaut, les CGV doivent être envoyées au client avec accusé réception ou bien figurer sur les bons de livraison ou de réception (qui sont signés contrairement aux factures). © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Impossibilité d’appliquer le contrat signé : perte d'image, Vérification de sources de litiges, la conformité détérioration de la juridique et relation client, opérationperte financière. nelle des Amende contrats administrative dans le cadre de Intégration des l’application de spécifications « Loi Hamon »1 requises pour pour toutes les la facturation, clauses illicites, le Credit voire abusives. management et Validation validées par incorrecte. les managers de ces fonctions Elaboration des contrats commerciaux Points de contrôle Existe-t-il une procédure relative à l’élaboration et à la validation des contrats signés par les clients ? La procédure a-t-elle été appliquée pour tous les contrats en cours? Les contrats sont-ils signés avant le début de la relation commerciale et avant la première commande ? Les contrats précisent-ils les modalités de paiement des produits ou services ? Le Credit manager a-t-il énoncé des conditions optimales à appliquer par les commerciaux lors de leur négociation commerciale ? Les rédacteurs et les signataires internes des contrats reçoivent-ils une information appropriée sur le plan des engagements juridiques réciproques et des spécificités sectorielles ? Bonnes pratiques de Credit management Des contrats « type » sont rédigés et mis à disposition des commerciaux. Ces contrats « types » comportent plusieurs parties spécifiant les modalités contractuelles en termes de : livraison, facturation, encaissement et recouvrement des créances. Ces contrats « types » ont été validés et revus périodiquement par les services juridique et fiscal des contrats. La procédure de validation des contrats définit les approbateurs et des délais de validation cohérents avec le planning commercial. Une veille permet de suivre les prises de position (DGCCRF, Fédérations professionnelles, jurisprudence …). Eléments contractuels négociés et spécifiques à la facturation et au Credit management Rédaction des clauses contractuelles spécifiques Signature d'un contrat sans validation préalable des conditions de crédit par le Credit manager. Signature d’un contrat inapplicable en matière de facturation (Systèmes informatiques de réception des commandes ou de facturation imposés par les divers clients ou clauses illicites voire abusives). Utilisation d'outil de couverture des risques financiers / d’assurance-crédit insatisfaisant. Les contrats spécifiques sont-ils signés après une validation préalable formalisée des conditions de crédit par le Credit manager ? Les exigences du client en termes de facturation ou de vérification sont-elles revues et validées par le service facturation ? Des litiges liés à des incidents relatifs aux modalités de paiement, contractuelles ou non, sont-ils constatés ? 1 © IFACI - AFDCC Relecture du contrat avant sa signature par les fonctions compétentes. Les termes ainsi que les modalités de règlement et garantie sont contrôlés par le Credit manager. Définition des clauses de compétences territoriales ou sectorielles pour les assureurs crédit. Elaboration de procédures de mise en place d'avenants ou de conditions particulières. Lors des renouvellements de contrat, prendre en compte les corrections des anomalies constatées dans le passé. Loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation, art. 31, art. 114, art. 123 et art. 125. 21 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Rédaction des clauses concernant les pénalités financières encourues en cas de retard de règlement par le client Risques Points de contrôle Méconnaissance par le client de ses risques financiers en cas de nonrespect des obligations légales et contractuelles en termes de délai de paiement. Absence de contrepartie pour le fournisseur au défaut de règlement du client. Impossibilité pour le fournisseur de sortir de sa relation commerciale. Tous les contrats de vente et les CGV intègrent-ils des sanctions financières à prendre à l’encontre des clients en cas de retard de paiement ? Une procédure décrit-elle les modalités de réclamation des pénalités de retard ? Une procédure décrit-elle les modalités d’annulation de ces pénalités ? Cette procédure est-elle effectivement appliquée en cas de retard de paiement ? Vérification de Signature d'un la conformité contrat avec un du mode de client présentant livraison à la un risque mise en place inacceptable. des assurances Perte de ventes à et garanties cause de conditions de Credit management trop strictes. Perte financière pour marchandise non ou mal assurée en cas de détérioration ou vol avéré. Les pénalités de retard et les indemnités forfaitaires de recouvrement, définies pour les actes commerciaux, sont mises en œuvre. Le Credit manager vérifie régulièrement la validité et la pertinence des taux et des forfaits utilisés. Les modalités d'application et de calcul des pénalités de retard et des indemnités forfaitaires de recouvrement sont détaillées dans les CGV et les contrats, et mentionnées sur les factures. Une instance d’arbitrage est mise en place en cas de divergence d’intérêts entre la force de vente et le Credit management. Les règles d’utilisation des termes de Le Credit manager définit des règles paiement (incoterms) sont-elles d'utilisation des Incoterms pour chaque définies dans les procédures internes type de ventes ou de marchés. communes au Credit manager et aux Utilisation des polices d'assurance. commerciaux ? Les incoterms sont-ils soumis au Credit manager pour validation préalable au début de la relation commerciale ? Des incidents et des litiges mettant en cause les incoterms contractuels sont-ils constatés ? Rédaction des Risque de remises Existe-t-il un contrat type avec des contreparties non maîtrisées. clauses d’attribution et de délivrance ? commerciales Risque financier : Dans le cas où le client a outrepassé ses avec les risque de marge, droits, a-t-on eu recours à la médiation critères impact sur le des relations inter-entreprises ? d'attribution et résultat, impact sur de délivrance les volumes vendus. 22 Bonnes pratiques de Credit management Formation du rédacteur et du signataire. Vérification par les services juridique et fiscal. Contrat annuel permettant de revoir les clauses régulièrement. Suivi des indicateurs de performance / de marge. Suivi des délais de règlement. Modification des termes au moment de renégociation. © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Rédaction de Risque financier. clauses Perte d'image – protectrices au risque de sein du contrat notoriété. (les clauses permettant de déroger aux clauses contractuelles Perte de rang dans voire de l'attribution mettre un préférentielle de la terme aux créance. contrats en cas de force majeure). Subir une juridiction moins favorable en fonction du litige. Définir et communiquer les moyens et délais de règlement consentis © IFACI - AFDCC Points de contrôle Tous les contrats ou les CGV comportent-ils un paragraphe dédié aux cas de force majeure ? Un paragraphe dédié au cas de force majeure ou de survenance de faits extraordinaires est-il systématiquement inclus dans les contrats types et ad’ hoc ? Bonnes pratiques de Credit management Selon le type d’activités, tenir compte des clauses de restriction de responsabilité du fournisseur en amont par rapport à celles du client en aval. Tous les contrats comportent-ils un Mise en place d'une clause de réserve de paragraphe dédié à une clause de propriété selon l’activité du fournisseur. réserve de propriété ? Des cas d’impossibilité d’application de la clause de réserve de propriété sont-ils constatés dans les procédures en cours ? Tous les contrats comportent-ils un paragraphe dédié à une clause attributive de juridiction ? Méconnaissance Les modalités de règlement sont-elles par le client de ses systématiquement négociées lors de la obligations négociation contractuelle avec le contractuelles. client ? Règlement tardif. Les motifs de retard de paiement des clients sont-ils liés à une Règlement en méconnaissance de leurs modalités dehors des normes contractuelles ? contractuelles (CGV, contrats Les pénalités de retard sont-elles ad’hoc). appliquées ? Les litiges récurrents sur factures sontils revus régulièrement et les conclusions formalisées et suivies ? Mise en place d'une clause attributive de juridiction. Transmission des règles de paiement aux clients (mentions obligatoires sur les factures ou le contrat). Faire appliquer les termes convenus : pénalités de retard et indemnité forfaitaire de recouvrement. Mettre en place un processus formalisé de suivi des litiges. En cas de volume significatif de facturation, de litiges ou d’organisation complexe (transverse, décentralisation partielle …), établir un comité litiges réunissant les différents d’intervenants, pour comprendre les causes récurrentes de litiges, voire les retards causés par des processus de la commande à la facturation et appliquer les plans d’action qui en découlent. 23 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°4 : Gestion opérationnelle du poste client Finalité principale du processus Accompagner l’activité et son développement tout en garantissant l’encours client et la rentabilité financière commerciale. Environnement de contrôle Procédures de calcul, négociation et révision des limites de crédit. Procédures de blocage et de déblocage des commandes. Modalités de communication et de sensibilisation. Etapes du processus Risques Bonnes pratiques de Credit management Points de contrôle Gestion des encours et des lignes de crédit Calcul et actualisation des lignes de crédit 24 Calcul erroné de la limite de crédit : - trop faible, elle peut entrainer une perte de chiffre d’affaires ; - trop importante, elle peut entrainer une perte financière consécutive au non recouvrement des créances. Calcul non actualisé des limites de crédit ne reflétant pas l’évolution du risque encouru et/ou les nouvelles opportunités commerciales et lésant des clients ou des résultats commerciaux. Les principes directeurs internes appliqués pour le calcul correspondentils aux marchés et aux typologies de clients ? La fréquence de calcul des lignes de crédit est-elle conforme à l’évolution des risques financiers potentiels encourus ? Un suivi de l’évolution de la solvabilité des clients est-il instauré périodiquement ? Ce suivi déclenche-t-il une actualisation des lignes de crédit ? La fiabilité des encours clients, sur la base desquels la solvabilité est évaluée et les limites octroyées, est-elle contrôlée ? (cf. Processus 6) La ligne de crédit de chaque client découle d’une méthode de calcul validée. Prise en compte de la réalité commerciale de la relation avec le client. Prise en compte de la situation financière du client lors de l’établissement des limites de crédit : analyse des états financiers, de l'historique. Calcul automatisé de l’encours après chaque émission de facture. Contrôle de l'encours par un rapprochement permanent et fiable entre les factures émises et les paiements reçus (cf. Processus 6). Les factures non encore établies sont à prendre en compte dans les calculs. © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Communication interne des lignes de crédit Négociation et renégociation des limites / lignes de crédit Bonnes pratiques de Credit management Risques Points de contrôle Ne pas informer les commerciaux de l’évolution des lignes de crédit : léser les résultats opérationnels par manque d’opportunités commerciales ou par perte de la marge. Inciter directement ou indirectement à la prise de commande sans validation du risque financier. Existe-t-il une procédure, validée par la direction financière, la direction commerciale et la direction informatique, qui formalise les modalités d’information entre le Credit management et les commerciaux ? Cette procédure est-elle appliquée en permanence ? Le SI permet-il de bloquer de nouvelles commandes si les limites de crédit sont dépassées ? Si le SI ne permet pas un blocage automatique des commandes, les limites de crédit sont-elles respectées par les commerciaux ? Le SI permet aux services commerciaux d’accéder en temps réel à l'information relative à chaque client. En cas d’impossibilité d’accès en temps réel, des procédures d’exception ou d’urgence doivent être instaurées. Ne pas optimiser les opportunités commerciales par défaut d’ajustement des limites de crédit. Les commerciaux renégocient des limites non conformes, sans respecter le processus requis de validation financière et la formalisation contractuelle. La procédure d’établissement des limites inclut-elle le processus de renégociation ? Le désaccord des clients sur le mode de calcul de l’encours et l’application des limites de crédit est-il isolé des autres motifs de contestation ? Toute renégociation des limites de crédits implique le financier, le commercial et le client et s’appuie sur l’historique du client. Mesures corollaires aux pratiques de maîtrise du risque client Garanties de Compliquer la paiement relation simples et sans commerciale aléa (sûres) compte tenu de l’expertise nécessaire pour maîtriser les garanties complexes. Amoindrir la sécurité de la couverture en choisissant des garanties incertaines. A-t-on demandé aux clients atteignant souvent leur plafond une garantie simple et sûre ? Les SI permettent-ils de connaître la limite de crédit totale (plafond standard1 + montant de la garantie) ? Donner aux commerciaux un argumentaire et une formation à la négociation de ce type de garanties simples. Signer une convention de dépôt de garantie validée par le service juridique. Faire rédiger par le service juridique un modèle de « garantie bancaire à première demande » ou, le cas échéant, lui soumettre les modèles proposés par les banques des clients. 1 © IFACI - AFDCC Limite de crédit issue de l’analyse initiale de la solvabilité. 25 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Garanties accordées par un tiers Garanties plus complexes sur les actifs des clients Risques Bonnes pratiques de Credit management La garantie peut Est-on certain qu’une garantie sûre et être en tout ou simple est toujours proposée en partie illusoire si premier ? elle est mal rédigée Les SI permettent-ils de connaître la ou si le garant est limite de crédit totale (plafond standard défaillant. + montant de la garantie) ? Tout acte de cautionnement risque d’être contesté lors de sa mise en œuvre. Son formalisme pointilleux peut prêter à interprétation par la partie adverse. Evaluer le profil de risque du garant comme si c’était un prospect. Dans le cas d’un aval sur effet de commerce, indiquer aux commerciaux la formule type à faire figurer sur l’effet. Dans le cas d’un aval sur document distinct, faire rédiger l’aval (acte de garantie) par le service juridique. Dans le cas de délégation de paiement et de cession de créance, faire rédiger par le service juridique des modèles ou lui soumettre ceux proposés par les clients. Décalage entre : - les valeurs de la garantie estimée (valeur au moment de la négociation de la garantie) et réalisée (valeur au moment de la réalisation de la garantie et/ou de la vente de l’actif) ; - le délai d’obtention de la garantie et la durée de sa réalisation en cas d’exécution ; - le coût de ces garanties par rapport à leur valeur lors de leur réalisation. A-t-on demandé une garantie plus complexe à tous les clients bénéficiant d’un moratoire de paiement ? Les SI permettent-ils de connaître la limite de crédit totale (plafond standard + montant de la garantie minimisée) c’est-à-dire la fourchette basse du montant de la garantie lors de sa négociation ? Etre vigilant quant à l’évaluation de la garantie et au rang de priorité offert au créancier. Confier au service juridique l’établissement des actes et leur enregistrement : nantissements, gages sur stocks et hypothèques (les 3 principaux types). L’étude d’opportunité est-elle cohérente (cf. sinistralité du secteur, montant des capitaux propres et des risques encourus) ? Réviser périodiquement le montant des primes payées en fonction du taux de « casse »1 communiqué par le Credit manager. Assurance Souscrire une crédit couverture inutile. « catastrophe » ou « excès de pertes » 1 Points de contrôle Le montant des pertes constatées + l’estimation des pertes à venir, soit la variation des provisions comptabilisées, le tout s’exprimant en % du chiffre d’affaires. 26 © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Assurancecrédit classique (technique de lissage des défauts de paiement dans le temps) Crédit documentaire1 Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Engager des coûts L’étude d’opportunité a-t-elle comparé Etablir une procédure d’application des financier ou l’assurance-crédit classique ou couvertures attribuées : négociation de organisationnel l’assurance-crédit externalisée avec la dépassement temporaire ; respect strict excessifs. situation où l’organisation est son du plafond assuré ou affectation d’un « propre assureur » ? « risque maison ». Entraver la progression du chiffre Plusieurs compagnies ont-elles été Etablir une procédure de suivi des d’affaires. mises en concurrence ? Le sont-elles de restrictions ou des suppressions de nouveau, au minimum tous les trois couverture, d’information des Ne pas bénéficier de la ans ? commerciaux et de renégociation des couverture payée conditions de paiement avec les quand les délais sont L’alternative « courtier » ou clients. dépassés. « souscription directe » a-t-elle été étudiée ? Comparer périodiquement le montant des primes payées avec celui des En cas d’insuffisance chronique des indemnités encaissées (segmenter par plafonds assurés, la souscription d’une type de clients, secteurs, etc.). assurance prenant le relai en multiple et au-delà du montant de couverture donné par l’assureur primaire auprès d’une autre compagnie a-t-elle été envisagée (« Top-Up ») ? Les défauts de paiement au bout du nombre de jours fixés au contrat d’assurance (sinistres) sont-ils déclarés conformément au contrat d’assurance ? Les SI permettent-ils de connaître la limite de crédit cumulée (plafond assuré + risque maison) soit le montant d’encours à partir duquel l’organisation assure elle-même le rôle de « TopUp » ? Ne pas identifier que le Les CREDOCs acceptés sont-ils Etablir une procédure de préconisation crédit documentaire irrévocables et confirmés par une de la SBLC vs CREDOC pour tous les (CREDOC) sécurise le banque de 1er rang ? contrats de vente d’équipement ou de client et peut se prestations de services ou de livraison Leurs risques sont-ils maîtrisés (en retourner contre le de biens fréquentes ou de faibles interne ou en externe) par des experts fournisseur car : montants. du CREDOC ? - les « réserves » (délais Les demandes de CREDOCs donnent- Lister les pays acceptant (plus ou ou conformité moins facilement) la SBLC, s’assurer elles lieu à contre-proposition contestés de bonne de son actualisation permanente systématique de lettre de crédit « standou mauvaise foi) de compte-tenu de l’évolution des by » (Stand By Letter Credit - SBLC2) ? l’acheteur suspendent pratiques du commerce international. le paiement par les Comparer périodiquement le coût des banques au bon CREDOCs aux montants encaissés vouloir de celui-ci ; sans réserve et à ceux contestés. - la règlementation locale de certains pays ne permet pas la mise en œuvre d’un crédit documentaire. Compte tenu des coûts fixes du crédit documentaire, supporter des frais élevés lorsque les livraisons de marchandises sont fréquentes et de montant peu élevé. Le crédit documentaire (ou CREDOC) est une technique de paiement utilisée surtout à l’international. Cette technique est utilisée pour securiser l’acheteur. La SBLC est une garantie bancaire avec laquelle l’importateur garantit à son fournisseur que sa banque se substituera à lui s’il est défaillant, à condition que l’exportateur présente les documents réclamés comme preuve de l’existence de la créance. En savoir plus sur http://www.glossaire-international.com/pages/tous-lestermes/lettre-de-crundefineddit-stand-by 1 2 © IFACI - AFDCC 27 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Bonnes pratiques de Credit management Points de contrôle Contrôle et suspension des commandes Contrôle des commandes Laisser les encours dépasser les limites de crédit. Toute nouvelle commande est-elle prise Valoriser les commandes à la tarification en compte dès la commande pour actuelle. l’actualisation de l’encours? Existe-t-il une procédure validée par la direction financière et la direction commerciale pour formaliser les modalités de contrôle et de suspension des commandes des clients en cas de dépassement des limites de crédit et d’impossibilité de les augmenter ? Si les systèmes sont paramétrables, la DSI participe-t-elle à la validation de la procédure et assure-t-elle le paramétrage des règles ? Gestion Pratiquer des opérationnelle suspensions des intempestives de suspensions commandes avec de commandes un risque de mécontentement des commerciaux et des clients et de décrédibilisation du Credit management. Observe-t-on des contestations de suspension inappropriée des commandes d’un client ? Constate-t-on des dépassements, non autorisés par le Credit manager, des limites de crédit fixées manuellement ? Constate-t-on des modifications ponctuelles sans autorisation hiérarchique préalable des seuils d’autorisation dans les SI ? Une séparation opportune des tâches est mise en place afin d’éviter de cumuler les fonctions de gestion des exceptions et de prise des commande. Les paramétrages des SI doivent contribuer à la séparation des tâches entre la validation des exceptions et l’enregistrement des commandes. La séparation des tâches s’applique aux titulaires comme aux délégués. En cas d’impossibilité d’appliquer une séparation des tâches opérationnelles ou informatisées, des contrôles compensatoires sont à mettre en œuvre et leur résultat à contrôler par le Credit manager. Définir conjointement et sous l’autorité du Credit management les règles de suspension opérationnelles ou commerciales et les modalités de paramétrage du SI. Mettre en place une gestion par seuils d’alerte pour fluidifier le processus. Vérifier le maintien de la séparation des tâches au fur et à mesure des évolutions temporaires ou permanentes de l’organisation. Ne pas libérer la commande dans les délais requis par les opérations commerciales. Ne pas trouver de solution optimum pour la relation commerciale entre le client et l’organisation. Les modalités de déblocage sont-elles formalisées ? Si les SI ont contribué au blocage, les modalités de déblocage incluent-elles les interventions dans les SI ? Constate-t-on des déblocages inappropriés ou non validés conformément à la procédure des commandes d’un client ? Constate-t-on des retards dans la libération des commandes ayant entrainé des pertes de part de marché ? Associer dans une procédure unique les modalités de blocage et de déblocage. Libération des commandes 28 © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Bonnes pratiques de Credit management Points de contrôle Veille commerciale et concurrentielle Organisation de la veille Exploitation et utilisation des données financières et commerciales achetées © IFACI - AFDCC Limiter le critère Le périmètre de veille englobe-t-il tous d’analyse aux seuls les critères juridiques, fiscaux, enjeux financiers. comptables et commerciaux impactant le crédit client ? Ne pas obtenir une prestation avec un A-t-on comparé plusieurs offres de bon rapport fournisseurs avant la qualité / prix. contractualisation ? Ne pas sélectionner un prestataire compétent. Analyser la nature de ses besoins. Echanger avec d’autres Credit managers avant de s’engager avec un prestataire. Disposer et Le volume de données exploitées est-il manipuler trop ou dimensionné aux enjeux pas assez opérationnels ? d’information, et Les données utilisées ne sont-elles pas perdre en obsolètes ou sont-elles actualisées à la efficacité. bonne fréquence ? Utiliser des données obsolètes. Vérification de l’information avant son utilisation Validation du déroulement des mises à jour automatiques et régulières conformément au processus établi. Prévoir des alertes dans le système. 29 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°5 : Recouvrement Finalité principale du processus Définir le processus de recouvrement de l’étape amiable aux procédures judiciaires. Environnement de contrôle La politique de recouvrement. Les modalités de communication appliquées et la formation déployée. Etapes du processus Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Préparation du recouvrement Suivi des comptes clients (cf. Processus 6) Définition de la politique de recouvrement et des procédures de relance 30 Les comptes des L’exhaustivité de l’imputation dans les clients sont comptes clients des règlements est-elle inexacts. vérifiée avant le lancement des cycles de recouvrement ? L’analyse de la balance révèle des A-t-on un planning et un suivi des erreurs humaines. relances établis sur la base de la périodicité du contrôle de fiabilité des L’encours des soldes des comptes clients ? clients est sousestimé. La planification des cycles de relance successifs est fausse. Ne pas relancer tous les comptes consolidés et échus d’un client. Imputation des règlements dans les comptes clients et « lettrage » des comptes contrôlés régulièrement. Revue hiérarchique des contrôles et des corrections requises. Suivi d’indicateurs clés (taux d’arriérés, retard moyen de règlement, balance âgée). Ne pas établir une stratégie de relance performante et adaptée au portefeuille des clients : scénarii selon le type et notation des clients. Risque de pertes financières ou de perte de clients. Ne pas améliorer la performance des procédures de relance en fonction de leur efficacité mesurée. Définition des cycles de relance (de la fréquence et des degrés successifs). Rédaction des scripts de relance téléphonique et textes des relances écrites. Etablissement des typologies clients, des profils payeurs, des profils de risque, des notes de solvabilité et des scénarii de relance s'y appliquant. Validation des principes de recouvrement avec les opérationnels. Tests réguliers des paramétrages des systèmes et, au minimum, après toute intervention dans les SI. Suivi d’indicateurs clés par typologie de clients : Grands comptes / clients de la vente en détail… Les règles de relance applicables en termes de relance et les modalités opérationnelles sont-elles formellement établies ? Ces règles sont-elles régulièrement revues et actualisées si nécessaire ? Toute modification des modalités pratiques de relance donne-t-elle lieu à l’actualisation de la documentation afférente ? Les paramètres des systèmes comptables et de relance sont-ils alignés avec les règles définies ? Leur actualisation est-elle synchronisée aux modifications des règles ? Les responsabilités internes et la collaboration entre le recouvrement et le commercial sont-elles définies ? © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Le principe de séparation des tâches est-il respecté ? Le cas échéant, des contrôles compensatoires sont-ils définis et appliqués ? Définition de la politique de recouvrement et des procédures de relance (suite) Automatisation des cycles de relance : paramétrage des systèmes Préparation des relances Bonnes pratiques de Credit management Points de contrôle Ne pas appliquer Les cycles de relance sont-ils des niveaux de automatisés selon les critères de: relance en - Niveau de relance ? alignement avec la - Envoi des courriers ? politique de - Courriels de relance ? recouvrement et La performance des cycles de relance les procédures de est-elle évaluée ? Et optimisée ? relance. Ne pas optimiser la performance des cycles de relance. Optimiser la performance des procédures de relance en fonction de leur efficacité. Suivi d’indicateurs clés (retard moyen pondéré, délai de résolution des litiges, productivité). Des clients à relancer ne sont pas sélectionnés. L’arbitrage du mode de relance est inadapté au client et/ou à l’encours échu. Un client avec lequel un échéancier est en cours/un protocole a été négocié, est relancé à tort. Revue détaillée des balances âgées. Préparation des cycles de relances en application des règles établies. Définition, en concertation avec les commerciaux et le DAF, et application des modalités spécifiques aux typologies des clients. Validation interne plurifonctionnelle des portefeuilles de relances planifiées (commerciaux, comptabilité clients, recouvrement). Les retards de paiement sont-ils revus quotidiennement ? Les actions de recouvrement requises sont-elles identifiées en application des règles validées dans les procédures ? Les exceptions aux règles sont-elles validées par le credit manager ? La réception des promesses de paiement faites par le client est-elle contrôlée quotidiennement ? Les encours échus sont-ils intégralement relancés selon le cycle établi ? Les protocoles spécifiques / exceptionnels de relance sont-ils identifiés en fonction de la relance commerciale et les synergies internes sont-elles exploitées sous le pilotage et le strict contrôle du credit manager ? Les paiements reçus et les avoirs émis sont-ils lettrés le jour même ? Pré-relance / rappel avant échéance Pré-relance téléphonique © IFACI - AFDCC Ne pas formaliser l’appel et l’engagement de paiement oral du client. Ne pas formaliser l’existence d’un litige identifié et pénaliser sa résolution et le paiement. Les sommes dues sont-elles validées avec le client avant leurs dates d’échéance ? Les paiements à venir sont-ils communiqués à l’agent de recouvrement en synchronisation avec son planning de relance ? L'agent de recouvrement appelle le client et formalise les conclusions de l'appel. 31 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Pré-relance matérielle : courrier, courriel Pré-relance physique : visite du commercial, du credit manager ou d’un tiers Bonnes pratiques de Credit management Risques Points de contrôle Le client destinataire n’entre pas en possession du courrier ou du courriel de relance lui étant destiné. Le client décide d’ignorer la relance. Le destinataire de la relance est-il spécifiquement identifié ? Les sommes dues et le déclenchement des mesures applicables sont-ils rappelés au client avant leur échéance ? Les courriers et les courriels sont envoyés aux destinataires appropriés chez le client. Le client révèle une anomalie commerciale ou comptable dans la relation avec son fournisseur lors du rendez-vous. Les opportunités de valider les encours et les paiements à effectuer sont-elles exploitées lors des rendez-vous avec le client ? Tenir une liste actualisée des interlocuteurs contribuant au paiement. Prendre rendez-vous avec le client en cas de retard significatif ou inhabituel. Relance amiable Le cycle de relance amiable Le traitement des contestations clients La mise en place d’un moratoire ou d’une garantie 32 Le degré de Dans le cadre du précontentieux, tous relance du client les clients sont-ils relancés selon un est incorrect et non scénario formel, graduel en fonction de graduel. leurs typologie et notation interne ? Le cycle de relance Les relances effectuées (téléphone, s’arrête avant courriel, courrier) sont-elles paiement et/ou matérialisées dans le SI de sans validation recouvrement par les items suivants : hiérarchique par la date, support, réponse du client, finance. engagement de paiement ? Etablir et formaliser le déroulement des scénarii de relance. Ne pas être en Les pénalités de retard sont-elles L’obligation de comptabilisation s’applique conformité avec la toujours calculées et mentionnées aux après paiement. législation en clients lors des relances ? La réclamation des intérêts de retard. vigueur. Les exceptions à cette règle sont-elles L’inscription et le traitement des litiges Augmenter validées systématiquement et ayant émergé lors des relances. l’encours et le formellement par le Credit manager ou risque financier l’approbateur désigné (opérationnel ou inhérent pour commercial) ? raison Les litiges sont-ils suivis en commerciale. permanence pour permettre de lever les Ne pas optimiser obstacles au paiement des factures ? la démarche de recouvrement en n’impliquant pas le commercial. Accorder des Un échéancier de paiement est-il La validation interne, le contrôle des conditions formalisé pour offrir toutes les accords de report d'échéance et la mise en n’offrant pas de garanties ? place des échéanciers sont contrôlés par le garantie financière, Tout accord de report d’échéance de Credit manager, soit périodiquement, soit commerciale et au cas par cas selon les montants. paiement donné aux clients par les juridique. agents de recouvrement est-il validé par Des délégations de validation peuvent être Accorder des leur hiérarchie et/ou le Credit manager instaurées sous réserve de formalisation et prorogations selon le montant concerné ? du contrôle de leur respect. augmentant le risque client et d’amende administrative. © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus La mise en place d’un moratoire ou d’une garantie (suite) Risques Points de contrôle En cas de La gestion des moratoires est-elle décentralisation du centralisée ? recouvrement, Un modèle de moratoire, validé par un risque d’établir juriste, est-il utilisé systématiquement ? plusieurs moratoires à un même client ce qui engendre le risque de déclassement des créances par le juge du commerce en cas de procédure collective ou de recours en soutien abusif. Bonnes pratiques de Credit management Les moratoires doivent être utilisés de manière occasionnelle. Toute récurrence dénoterait un problème de financement structurel (soutien abusif). Traitement des Le recouvrement résultats des est suspendu et le relances et des risque financier actions postaugmente. relance Les échéances de promesses de régularisation interne et externe sontelles suivies quotidiennement afin de reprendre le cycle de relance normal ou d’arbitrer pour une procédure contentieuse ? Une mise en demeure a-t-elle été effectuée ? Le SI permet-il de générer des alertes aux échéances d’actions prédéfinies ? Suivi de l'apurement des litiges commerciaux révélés lors des relances amiables. Suivi des engagements de paiement des clients. Instauration de réunions régulières d’un comité de crédit traitant des litiges et retards. Le stade La décision de précontentieux remise du dossier au contentieux est prise avant l’exploitation de toutes les opportunités de relance amiable du client. Mission de la mise en demeure (étape préalable et point de départ de toute procédure judiciaire) manquera dans le dossier contentieux. Toute décision de porter le dossier au contentieux est-elle suivie de l’établissement d’un dossier recevable en respectant les délais prévus par les procédures internes ? Une mise en demeure a-t-elle été effectuée ? Le contenu de la mise en demeure incite-t-il au paiement rapide (par la mention du détail des désagréments et surcoûts à venir) ? Envoi d'une mise en demeure de payer par lettre recommandée avec accusé de réception au terme du cycle de relance amiable. Le recouvrement contentieux Mesures conservatoires et sûretés judiciaires © IFACI - AFDCC Ne pas recourir aux mesures conservatoires expose le créancier à être pris de vitesse par l’ouverture d’une procédure collective ou par l’organisation de son insolvabilité par le débiteur avant l’exécution d’une procédure individuelle. La recherche des actifs du débiteur appréhendables a-t-elle été menée dès la mise en demeure ? Si l’on ne dispose pas d’un impayé (chèque ou effet), d’une reconnaissance de dette ou d’un titre exécutoire, une requête auprès du tribunal de commerce a-t-elle été diligentée ? Mettre en œuvre des saisies conservatoires en mandatant des huissiers (sur les biens meubles). Mettre en œuvre des sûretés judiciaires sur des biens immeubles ou actifs incorporels par requêtes auprès des tribunaux de commerce. 33 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus L’obtention d’un titre exécutoire La conduite de l’exécution Risques Bonnes pratiques de Credit management Points de contrôle La procédure judiciaire retenue n’est pas la plus efficace. La procédure arbitrée est-elle conforme aux modalités contractuelles ? La procédure permet-elle d’optimiser les chances de recouvrement ? Un calendrier de suivi des procédures est-il établi et suivi en temps et en heure ? Traiter le dossier conformément à la procédure idoine : - le recouvrement de chèque impayé ; - la procédure d'injonction de payer ; - le référé provision ; - l'assignation en paiement au fond. L'assignation en redressement judiciaire. Les actifs du client ne permettent pas de recouvrer le montant correspondant à la créance. Si l’exécution ne concerne pas des sûretés obtenues au préalable, la recherche des actifs appréhendables du débiteur a-t-elle été menée afin de guider l’huissier ? Recourir à l’huissier pour réaliser les mesures conservatoires prises antérieurement (saisies ou sûretés judiciaires). Recourir à l’huissier pour l'exécution forcée de créances ou de biens corporels, meubles ou immobiliers. Cas de l’externalisation du recouvrement Organisation et mise en œuvre de la sous-traitance Sous-traiter dans des conditions commerciales insuffisantes ou non rentables. Sous-traiter à un prestataire qui encaisse les créances mais disparaît avec. Les prestataires sélectionnés sont-ils compétents pour les dossiers qui leur sont remis ? La sous-traitance est-elle rentable ? La relation commerciale est-elle préservée ? A titre préventif, tester sur quelques dossiers de recouvrement avant contractualisation de la relation. Sélection des agences de recouvrement : - expertise, périmètre d'intervention ; - négociation des coûts d'intervention ; - définition des modalités de soustraitance (par dossier, selon le stade de recouvrement des dossiers, selon la typologie des clients). Suivi de la performance via le site du prestataire, double échéancier interne. Recouvrement à l’échelle internationale Pilotage du risque Sous-traitance du recouvrement 34 Le risque financier Le risque financier encouru est-il encouru est total et mesuré dans son intégralité ? évolutif : Le risque financier encouru mesuré est- coûts, délais, il actualisé ? incertitudes sont à la fois supérieurs et délicats à gérer ; - l’applicabilité des décisions de justice (exequatur) est très aléatoire. Evaluer et suivre l'évolution du risque global (risque d'impayé / de contrepartie, de change...) et du préjudice éventuel. La prestation de sous-traitance n’est pas maîtrisée et les créances non recouvrées. Le prestataire encaisse les créances mais disparaît avec. Choix du prestataire : privilégier une société locale adhérente à un réseau international ou une entité locale d'un groupe international. Valider une rémunération du prestataire comprenant une part assise sur des indicateurs clés de qualité. Le sous-traitant retenu par pays et/ou par dossier maîtrise-t-il la législation locale ainsi que l’appareil judiciaire ? La performance du sous-traitant retenu est-elle reconnue ? © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°6 : Gestion comptable et financière du poste client Finalité principale du processus Etablir l’information financière permettant de : - suivre l’encours et le recouvrer efficacement ; - gérer les profils de risque et payeurs des clients ; - appréhender les risques financiers encourus. Optimiser la ressource en fond de roulement. Environnement de contrôle Procédures d’imputation, de calcul des provisions, de reclassement des encours en douteux. Mode opératoires de calcul du besoin en fonds de roulement (BFR). Intégrité des données. Paramétrage du système comptable et des tableaux financiers extra- comptables. Communication et formation pratiquées. Etapes du processus Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Gestion comptable Comptabilisa- Erreurs humaines tion et et erreurs imputation des informatiques règlements donnant lieu à des dans les comptes clients comptes inexacts : clients - oubli de comptabiliser un règlement ; - erreur dans le lettrage de la facture ; - imputation dans un mauvais compte client. Indicateurs financiers fondés sur des données erronées. L’exhaustivité des contestations de relance pour motif de paiement déjà effectué est-elle revue régulièrement ? Les rapprochements bancaires sont-ils contrôlés et analysés régulièrement ? La fréquence des contrôles par le Credit manager des anomalies et de leur régularisation est-elle cohérente avec la fréquence de la planification des relances ? Les actions correctives et préventives des anomalies comptables sont-elles adaptées ? et adoptées ? Validation par le Credit manager de l’analyse des écarts de rapprochements bancaires concernant les règlements clients et de leur régularisation. Dans la mesure du possible, allouer des ressources spécifiques aux régularisations (mauvais lettrage, double règlements…) et garder cette tâche en interne. Ceci permet d’identifier des mauvaises pratiques (fausse performance et détournement de fonds). Pouvoir disposer via le système informatique des cas de contestation de relance pour motif de paiement déjà effectué afin de les investiguer. Traitement des Défaut de lettrage règlements d’un règlement. non imputés L’exhaustivité des contestations de relance pour motif de paiement déjà effectué est-elle revue régulièrement ? Les rapprochements bancaires sont-ils contrôlés et analysés régulièrement ? Les comptes de crédits non lettrés et de transfert sont-ils contrôlés et analysés régulièrement ? Contrôle par le Credit manager du bon apurement : - des écarts de rapprochement bancaire ; - des contestations de relance pour motif de règlement effectué. Revue quotidienne par le Credit manager des comptes de transfert. © IFACI - AFDCC 35 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Traitement des Ne pas identifier différences de les écarts positifs règlement ou négatifs. Laisser dans les comptes les écarts sans en traiter la cause. Edition de la balance âgée Analyse des comptes clients de la classe 411 (plan comptable français), estimation des provisions Faire une requête avec des paramètres inexacts. Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Un état des factures non lettrées non soldées est-il édité et analysé régulièrement ? La fréquence d’analyse des différences de règlement est-elle cohérente avec la planification des relances, de l’analyse des encours clients et des provisions statistiques ? Procéder à un contrôle au minimum hebdomadaire par le Credit manager de l’état des factures en écart de règlement. Quelle méthodologie est appliquée pour s’assurer de la qualité d’imputation des comptes clients avant de procéder à l’édition de la balance âgée et à l’analyse des encours clients ? Cette méthodologie est-elle fiable ? A-t-on formalisé le mode opératoire pour éditer et diffuser la balance âgée ? Le solde de la balance est-il rapproché du compte tiers du Grand Livre ? Formaliser les procédures de contrôle préalables à l’édition de la balance âgée. S’assurer du respect de la procédure de contrôle et formaliser les contrôles effectuées. Automatiser le script de l’édition de la balance. Ne pas autoriser de manipulation manuelle des données de la balance âgée. Tester systématiquement les balances éditées en cas d’intervention dans les systèmes informatiques contribuant directement ou indirectement à l’édition de la balance âgée. Analyser les Comment s’assure-t-on que la Revue annuelle de la politique avec comptes clients sur vérification de l'imputation des comptes ajustement si nécessaire à l’évolution du la base d’une clients avant utilisation de la balance, a secteur d’activité. balance fausse ou été systématiquement effectuée ? Documenter les écarts ponctuels à la de comptes clients La politique relative aux provisions a-tpolitique. mal imputés. elle été formalisée et émise par le S’assurer de la cohérence avec les règles Directeur financier ? fiscales ou prévoir un état de passage Minimiser ou fluide et systématique entre les règles Une procédure de calcul et de surestimer les Groupe, locales et fiscales. comptabilisation des provisions a-t-elle provisions pour été établie par le Credit manager ? cause d’erreur sur Cette procédure est-elle cohérente avec la solvabilité réelle la politique de la direction financière ? des clients ou Les estimations des provisions sontd’utilisation des elles conformes aux politiques et provisions comme procédures applicables ? variable Toute exception aux politiques et d’ajustement. procédures établies est-elle validée ? Risque fiscal relatif à la déductibilité ou non des provisions. Comptabilisa- Mauvaise tion des comptabilisation provisions et des provisions reclassement (erreur humaine) des comptes Mauvais clients de la reclassement des classe 411 créances entre les (plan comptes clients comptable 411 et 416. français) en comptes clients litigieux de la classe 416 (plan comptable français) 36 Des écarts sont-ils décelés lors du Revue périodique des états comptables de rapprochement des écritures des provisions clients et des comptes clients mouvements des comptes comptables litigieux de la classe 416 par le Credit de provision avec les états de calcul des manager. provisions ? Des écarts sont-ils décelés lors du rapprochement des écritures de reclassification des comptes clients de la classe 411 vers les comptes clients litigieux de la classe 416 avec les états de calcul des provisions ? Les écarts éventuels identifiés sont-ils traités dans un délai compatible avec le calendrier financier ? © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Comptabilisa- Non-respect des tion en résultat délais et des procédures légales (Récupération de la TVA). Mauvaise écriture pour cause d’erreur humaine. Retard de traitement des dossiers. Reprise / augmentation des provisions Règles de calcul : encours, échu, non échu, lettré, non lettré Rapprochement entre états financiers, tiers clients et la balance générale Ne pas ajuster les provisions en fonction de la solvabilité du client et des mouvements comptables entre les comptes de la classe 411 et de la classe 416. Points de contrôle Une veille juridique et des formations Rapprocher les sources de veille juridique des personnes chargés des traitements utilisées et celles communiquées par les comptables sont-elles organisées et associations professionnelles (AFDCC par efficientes ? exemple). Un planning prévisionnel des revues Contrôler périodique les comptes à risque, des dossiers des clients en compte de la tels que les comptes de la classe 416 et les classe 416 est-il établi ? provisions. Le planning de la revue des écritures des comptes de la classe 416 est-il respecté et les conclusions des analyses formalisées ? Les éventuelles anomalies identifiées sont-elles traitées dans un délai compatible avec le calendrier financier ? Tout mouvement comptable sur les comptes de provisions est-il justifié par un document formalisé et validé par les personnes ayant l’autorité requise ? Tout mouvement entre des comptes de la classe 411 et de la classe 416 ou bien entre des comptes de la classe 416 et les pertes irrécouvrables donne-t-il lieu à une écriture simultanée dans les comptes de provision ? Les provisions sont-elles comptabilisées par des personnes mandatées à cet effet (parfois le contrôle de gestion) et un contrôle des écritures pratiqué avant clôture ? Modalités de calcul Les modalités de calcul sont-elles variant en fonction formalisées dans une procédure validée des opportunités par le Directeur financier ? ou des besoins Les calculs périodiques respectent-ils la financiers. procédure ? Les exceptions aux modalités de calcul de la procédure sont-elles validées par le Directeur financier ? Différence entre comptabilité tiers et comptabilité générale Bonnes pratiques de Credit management Contrôle des modalités de calcul automatisé si elles ne sont pas codées dans un système. Le contrôle de l’égalité entre le solde de Automatiser le rapprochement et mettre la balance tiers client et le montant en place une alerte en cas d’écart. reporté dans la ligne « clients » de la balance générale est-il effectué régulièrement et au moins à chaque échéance comptable et financière ? Les modalités de traitement des écarts constatés sont-elles formellement validées par la hiérarchie comptable et le Credit manager ? Gestion financière Calcul de la Bâtir une stratégie ressource en financière fond de prévisionnelle et roulement évaluer les pour performances intégration financières réelles dans le tableau sur une base de financement erronée (sur ou et prise en sous-évaluation). compte dans le calcul du BFR © IFACI - AFDCC Les modalités de calcul sont-elles Un mode opératoire détaillant les calculs formalisées avec une procédure validée peut être formalisé. par le Directeur financier ? Le plan de trésorerie peut intégrer cette étape et être validé dans le cadre des Les calculs périodiques sont-ils conformes à cette procédure ? procédures budgétaires et de planification. La fiabilité du paramétrage des calculs automatisés est-elle contrôlée périodiquement et systématiquement après toute intervention dans les systèmes d’information ou modification de leur paramétrage ? 37 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°7 : Processus support au Crédit client Finalité principale du processus Enoncer les modalités optimales de synergie entre les diverses fonctions contributrices à la maitrise du risque client et au recouvrement des créances. Environnement de contrôle Les procédures formalisant les processus transverses et les modes opératoires. Les descriptions de fonctions. La séparation des tâches et son paramétrage dans les systèmes d’information. La communication et la sensibilisation définies et mises en œuvre. Etapes du processus Commercial Fichier clients 38 Bonnes pratiques de Credit management Risques Points de contrôle Non formalisation des conditions contractuelles avant le début de la prestation ou de la commande. Le processus commercial (de vente) est-il formalisé et inclut-il la nécessité de signer les conditions commerciales avant le début de la prestation ? Les contrats ont-ils fait l’objet d’une validation interne avant signature par le client, au moins par le service juridique et le Credit management ? Avoir des données ne reflétant pas les dernières conditions contractuelles négociées. Le processus commercial (de vente) Avoir un référentiel unique, sinon : est-il formalisé et inclut-il les modalités - établir tous les points de contrôle de communication des données nécessaires à l’intégrité et à la fiabilité contractuelles au gestionnaire du fichier des données clients. clients ? - tendre vers un référentiel unique. Avoir des adresses inexactes pour la commande, la livraison, la facturation ou le paiement. Tous les documents commerciaux Déceler d’éventuels oublis d’actualisation (contrat et avenant, bon de par le croisement du fichier des avoirs avec commande/bon de livraison) incluentle relevé des modifications du fichier ils les 4 types d’adresse pour permettre clients. leur identification fiable ? Toutes les corrections ou modifications de facture sont-elles effectuées en appliquant un processus complet d’émission d’un avoir, de correction du fichier clients et / ou des données liées à la commande ou à la prestation puis d’émission d’une nouvelle facture ? Dans les cas exceptionnels, si la correction d’une facture peut être faite sans modification préalable du fichier clients, s’assure-t-on de l’actualisation a posteriori ? Les modalités peuvent spécifier une validation pluri fonctionnelle (commerciaux / Credit manager / juridique) avant leur signature conjointe. © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Facturation Trésorerie Comptabilité générale Risques Emettre une facture non conforme en termes de: - réglementation, - conditions contractuelles, - prestations ou livraisons. Bonnes pratiques de Credit management Conformité réglementaire : un Mettre en place un système d’aide processus préventif de veille légal et Piloter la qualité de la facturation par le fiscal et d’actualisation des modalités de nombre d’avoirs émis et par motifs. facturation est-il défini ? Piloter la qualité de l’envoi des factures : - manuel (poste), Ce processus est-il respecté ? - éditique (poste prestée), Conformité contractuelle : le processus - dématérialisé. commercial (de vente) est-il formalisé et inclut-il les modalités de communication interne par les commerciaux des données impactant la facturation ? Conformité commerciale : dans le cas d’un système ne permettant pas une facturation automatisée à partir du bon de livraison validé, un processus de facturation incluant le rapprochement entre la facture et le bon de livraison validé est-il établi ? est-il respecté ? Anomalie de Les opérationnels testent-ils les fonctionnement / interfaces lors de l’implémentation des interface entre les systèmes ? systèmes de Le Credit manager contrôle-t-il trésorerie et les exhaustivement la fiabilité des systèmes interfaces des flux quotidiens ? comptables / Credit Quelles sont les modalités de management. communication entre le trésorier et le Pénalisation de la Credit manager ? gestion du BFR par manque de communication entre le trésorier et le Credit manager. La collaboration s’applique en phase prévisionnelle et réalisée de gestion du BFR. Informer régulièrement le trésorier, des encaissements à venir et des profils payeurs pouvant influer sur les prévisions d’encaissements. La nécessité d’échanges périodique sur les moyens de paiement privilégié et les retours d’impayés bancaires. Ne pas avoir le planning de clôture comptable permettant de préparer les provisions des comptes clients à l’échéance requise. Le Credit manager veille-t-il à se faire confirmer ses échéances de clôture ? Le Credit manager anticipe la charge de travail et alerte la comptabilité générale pour toutes les tâches requises lors d’une clôture : lettrage, révision des provisions et des reclassifications des comptes des classes 411 et 416 et passage en pertes et profits. Le suivi des rapprochements bancaires et des comptes transitoires est-il défini ? Est-il pratiqué selon les modalités définies ? L’analyse des réclamations clients indiquant un « paiement déjà effectué » est-elle pratiquée régulièrement ? Le Credit manager s’informe des anomalies quotidiennes constatées par la comptabilité client. Par exemple : déduction abusive d’escomptes, prorogation ou retour tardif d’effets de commerce, différence sur règlements. Le Credit manager doit surveiller le taux de lettrage au jour même de la réception des règlements afin de garantir la qualité du recouvrement. Le Credit manager copilote avec la comptabilité clients le suivi du volume de contestations des relances par les clients. Comptabilité Mauvaise clients (variable allocation des en fonction du règlements dans rattachement les comptes ou non de la clients. comptabilité Mauvaise clients au Credit affectation des management) règlements aux factures. Mauvais lettrage. © IFACI - AFDCC Points de contrôle 39 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Contrôle de gestion / comptabilité analytique Veille juridique et réglementaire Informatique (Pour tout type de système : ERP avec module dédié ou système ad hoc, achat externe ou développement interne) Ressources Humaines 40 Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Le Credit manager Le Credit manager est-il destinataire des n’est pas impliqué plannings et reportings budgétaires dans la prévision élaborés par le contrôle de gestion ? et la mesure des Le Credit manager est-il convié aux ratios et états réunions d’organisation au même titre financiers incluant que les autres managers financiers ? les données de son périmètre : tableau de financement, budgets et DSO (Days of Sales Outstanding: ratio de rotation du poste client exprimé en nombre de jours de chiffre d’affaires). Entretenir une bonne collaboration opérationnelle entre les managers et entre les collaborateurs. Non-conformité Les modalités de veille réglementaire réglementaire pour sont-elles définies et sont-elles cause d’ignorance actualisées régulièrement ? d’un nouveau Cette veille inclut-elle au minimum le texte. Credit management, le service juridique, les activités externalisées ? S’assurer du niveau de maîtrise des spécificités réglementaires des secteurs d’activité des clients (ex marchés publics). Parangonnage (benchmark), adhésion à des organismes paritaires ou à des associations du secteur d’activité qui contribuent à la connaissance et au suivi des évolutions réglementaires applicables. Volatilité et indisponibilité des données ou du système, perte des données et système non maintenu. Défaut d’anticipation des mises à jour requises. Les systèmes de Credit management Le Credit manager pilote la sécurité sont-ils référencés dans la cartographie informatique de son périmètre des systèmes informatiques de la DSI ? opérationnel : plan d’archivage des données et son plan de continuité Les systèmes, les reprises et les d’activité. sauvegardes sont-ils testés régulièrement ? Leurs modalités de Le Credit manager contrôle la prise en mise en œuvre et les modes opératoires compte de ses projets informatiques dans sont-ils formalisés et communiqués aux les priorités de la DSI. utilisateurs clés ? Le Credit manager a-t-il élaboré un planning de ses besoins informatiques et des projets afférents ? Cette prévision est-elle révisée au moins lors des exercices budgétaires ? Ne pas disposer de La description de poste des différents compétences contributeurs au crédit-client sont-elles techniques et formalisées ? relationnelles en Les descriptions de postes sont-elles termes qualitatif et révisées suite aux évolutions internes quantitatif par dans l’organisation ? rapport à la charge Les plans de formation annuels de travail requise. permettent-ils d’assurer l’actualisation des compétences ? Revue annuelles des compétences du service pour définir les besoins de formation à court et moyen termes. © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Risques Gestion des Négocier un fonctions souscontrat dont la traitées : prestation ne - Informations correspond pas opérationaux besoins nelles opérationnels. (informations Négocier un de solvabilité contrat dans des clients) termes - Information économiques non technique performants. (veille Sous-traiter auprès juridique) d’un prestataire - Recouvredont la qualité du ment service est (sousinsuffisante. traitance de l'intégralité ou d'une phase spécifique du recouvrement) © IFACI - AFDCC Points de contrôle Le processus d’externalisation commence-t-il par l’établissement d’un cahier des charges établi sur la base de l’analyse des besoins opérationnels ? Une étude a-t-elle été réalisée pour valider l’opportunité d’externalisation ? Le Credit manager procède-t-il à la comparaison des solutions et des prestataires envisagés auprès de ses pairs ? Une fois le prestataire identifié, des tests unitaires ou à grande échelle sontils pratiqués avant engagement contractuel ? Bonnes pratiques de Credit management Demander une expertise juridique au moment de l’établissement du contrat. Requérir le support du service Achats pour la phase de négociation du contrat. S’informer auprès des associations professionnelles (AFDCC) des meilleures pratiques. 41 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Processus n°8 : Indicateurs de performance et tableau de bord Finalité principale du processus S’assurer que le tableau de bord et les indicateurs de performance suivis permettent d’atteindre les objectifs. Environnement de contrôle La politique de Crédit clients. L’ensemble des procédures (crédit client, comptabilité clients, recouvrement contentieux). Le processus de communication interne de la politique et des procédures. Etapes du processus Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Indicateurs de performance Définition Actualisation des indicateurs 42 Ne pas avoir Les indicateurs d’efficacité retenus Communiquer la définition et le mode de sélectionné les permettent-ils de suivre l'ensemble des calcul des indicateurs d’efficacité à toute indicateurs les plus objectifs des fonctions impliquées dans personne ayant des objectifs liés aux pertinents à suivre le Credit management ? résultats du Credit management. et à analyser.. Les indicateurs choisis sont-ils validés Se tromper dans la par un panel de personnes ayant des définition des objectifs qui leur sont assignés et en indicateurs. corrélation avec la politique de Crédit client ? Commettre des erreurs dans les Les indicateurs de qualité et d’activité formules de calcul retenus permettent-ils d'expliquer les retenues. dérives dans l’atteinte des objectifs de la politique de Crédit client ? Ne pas actualiser Une périodicité de révision est-elle Planifier une révision au moins annuelle les indicateurs. définie et appliquée ? de l’ensemble des indicateurs retenus. Ne plus refléter les Des révisions ponctuelles sont-elles Maintenir l’ancien et le nouveau mode de impératifs du déclenchées en fonction de l’évolution calcul en parallèle durant au moins douze processus ayant des processus ? mois (si fréquence mensuelle) ou trois ans évolué. (fréquence annuelle). En cas d’actualisation d’un indicateur, En cas de l’ancien et le nouveau mode de calcul changement du sont-ils maintenus en parallèle pendant mode de calcul des une durée suffisante pour permettre de indicateurs, perdre s’assurer de leur continuité ? la comparabilité dans le temps. © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Périodicité Suivi, analyse de l’évolution des indicateurs à usage interne et plan d’actions Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Surcharge inutile (périodicité trop fréquente de calcul des indicateurs). Analyse trop générale (périodicité insuffisante) ou trop fine (périodicité trop fréquente). La périodicité de la mesure des Les indicateurs opérationnels peuvent être indicateurs est-elle en phase avec celle mensuels, ou plus fréquents. des objectifs ? Les indicateurs informatifs peuvent être trimestriels ou annuels. Les arbitrages de périodicité sont-ils validés par le Credit manager et soumis à sa hiérarchie ? Piloter sans visibilité en l’absence d’analyse. Ne pas disposer, pour commenter les tableaux de bord, de l’analyse des indicateurs à usage interne hors tableau de bord. Le Credit manager suit-il l’évolution de tous ces indicateurs internes ? En cas de dérive des indicateurs, a-t-il pris des mesures correctrices ? A défaut, a-t-il investigué auprès des autres fonctions concernées ? Les variations d’indicateurs résultants de plusieurs composantes (exemple du DSO_ Days of Sales Outstanding ou ratio de rotation du poste client exprimé en nombre de jours de chiffre d’affaires) sont analysées en exploitant la variation des indicateurs primaires. Tableaux de bord Conception et actualisation des tableaux de bord Périodicité © IFACI - AFDCC Etablir des tableaux de bord décorrélés des objectifs ou insuffisamment orientés métiers. Inadéquation des indicateurs par rapport aux destinataires provoquant un désintérêt et par conséquent, la méconnaissance des performances et de la maîtrise du risque clients encouru. Chaque fonction destinataire reçoit-elle uniquement les indicateurs dont elle a besoin ? La hiérarchie valide-t-elle la structure des tableaux de bord et les indicateurs choisis ? S’assure-t-on de l’évolution de la structure et du contenu des tableaux de bord pour refléter les changements significatifs du processus ? La liste des destinataires des tableaux de bord inclut-elle tous les contributeurs au Credit management ? Procéder à un arbitrage éclairé entre l’envoi de l’exhaustivité des indicateurs et une sélection appropriée aux destinataires. Surcharge inutile La périodicité de la diffusion a-t-elle été Définir avec chaque fonction la périodicité et lassitude des validée avec chaque service lui convenant. destinataires en destinataire ? cas de périodicité La périodicité prévue est-elle trop rapprochée. respectée ? Manque de repères chez les destinataires en cas de périodicité insuffisante. 43 LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Etapes du processus Temps de réalisation Analyse des tableaux de bord Plan d’action post-analyse des tableaux de bord 44 Risques Points de contrôle Bonnes pratiques de Credit management Manque de L’échéance de diffusion des tableaux de profondeur des bord est-elle planifiée en « J+ » ? analyses et des Est-elle respectée ? commentaires (si trop bref). Manque de temps pour mener les actions correctrices (si trop long). Les tableaux de bord opérationnels (influençant les actions internes) sont diffusés le plus rapidement possible en fin de période. Les tableaux de bord informatifs peuvent être diffusés ultérieurement. Un défaut d’analyse peut conduire à un contre-sens dans les conclusions. Tous les indicateurs de tous les tableaux de bord sont-ils commentés avec concision et pertinence ? Un « estimé à échéance » est-il évalué à mi-course pour tous les indicateurs liés à des objectifs de performance individuels ou collectifs ? Evaluer l’impact des actions correctrices antérieures définies lors de la diffusion précédente et le formaliser. Des plans d’action imprécis, voire confus, pénalisent l’atteinte des objectifs. L’absence de plan d’actions correctives appropriées s’apparente à la politique du « chien crevé au fil de l’eau »… Les plans d’action sont-ils formalisés et diffusés aux destinataires pertinents et dans des délais appropriés ? Procède-t-on à une évaluation du plan d’action lors de l’échéance suivante ? Les plans d’action éventuels doivent s’attacher au redressement des composantes primaires des indicateurs dérivants. © IFACI - AFDCC LE CONTRÔLE INTERNE DU CREDIT MANAGEMENT Bibliographie Règlementation / Législation • Code de commerce, pour les marchés privés (incluant LME et loi Hamon) • Code des marchés publics • Code civil et Code de la consommation, pour les particuliers Référentiels • Cadre de Référence International des Pratiques Professionnelles de l'audit interne / IIA – IFACI – 2014 • COSO, Référentiel Intégré de Contrôle Interne, Principes de mise en oeuvre et de pilotage / PwC – IFACI – Eyrolles – 2014 • COSO, Référentiel Intégré de Contrôle Interne, Application au reporting financier externe / PwC – IFACI – Eyrolles – 2014 • Les dispositifs de gestion des risques et de contrôle interne / Autorité des Marchés Financiers – 2010 • Les dispositifs de gestion des risques et de contrôle interne – Guide de mise en œuvre pour les valeurs moyennes et petites / Autorité des Marchés Financiers – 2010 Ouvrages, articles, conférences • Le crédit inter-entreprises, un mal nécessaire / Bruno Blanchet et Didier Voyenne – Edition Economica – 2012 • Optimiser sa trésorerie par le Credit client / Jean-Christophe Pic et Jean-Michel Erault – Vuibert – 2012 • Credit management – gérer le risque client / Axelle Labadie et Olivier Rousseau – Edition Economica – 1996 • Le magazine mensuel des métiers du Credit Management édité par l’Association des Crédit-managers : « Fonction Crédit » • Documentation technique : - les « Fiches techniques AFDCC » - Les « Guides AFDCC – Pratiques du Crédit Management » - Les « Cahiers du crédit » encore disponibles ? • Rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement https://www.banque-france.fr/publications/publications/rapport-de-lobservatoire-des-delais-de-paiement.html • Guide de bonnes pratiques des donneurs d'ordres en matière de délais de paiement http://images.cdaf.fr/cdaf/UtilisateursFichiers/201406/30_bonnes_pratiques-reduire_les_delais_de_paiement.pdf Associations professionnelles • AFDCC : L’association des credit managers, [email protected] • IFACI : L'Institut Français de l'Audit et du Contrôle Internes, [email protected] © IFACI - AFDCC 45 Réalisation : Ebzone Communication (www.ebzone.fr) – Crédit photo : Börsenkurse © benjaminnolte - Fotolia AFDCC - L’Association des Credit Managers 14, rue Pergolèse - 75116 Paris Tél. : 01 40 20 95 74 - www.afdcc.com IFACI - Institut Français de l’Audit et du Contrôle internes 98 bis, boulevard Haussmann - 75008 Paris Tél. : 01 40 08 48 00 - www.ifaci.com